L’armée rouge de médiocres : le système universitaire occidental est de type soviétique.

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Dans un article paru dans le Boston Globe du 15 avril 2019 intitulé « A Message to All Professional Thinkers : We Either Hang Together or We Hang Separately » (Message à tous les intellectuels : ou bien nous restons tous ensemble ou bien nous nous séparons), l’historien Niall Ferguson (illustration, voir note) a décrit la « sortie » maintenant routinière des professeurs conservateurs des universités américaines par les marxistes d’extrême-gauche qui contrôlent la plupart des universités américaines. (C’est exactement la même situation en Europe et en France, du moins pour le souvenir que j’en ai). La procédure habituelle consiste d’abord à répandre une fausse nouvelle au sujet de ce qu’aurait pu raconter sur Facebook ou un autre réseau social un professeur conservateur, ou libertarien, dans un nombre de tweets frôlant une odieuse folie. Les médias locaux reprennent alors l’information et l’amplifient. Les collègues « indépendants » soit font le gros dos pour ne pas se compromettre soit abondent dans le sens de l’administration de l’université dans le seul but de bénéficier plus tard d’une petite augmentation de salaire. Si le professeur conservateur ou libertarien incriminé n’est pas sous contrat (on dit dans ce cas associé ou invité) il est tout simplement viré. Mais s’il est sous contrat il est alors marginalisé, harcelé, victime de discrimination et alors il est encouragé à quitter son poste volontairement, ce qui lui évitera de poursuivre sa carrière dans un enfer. Les bureaucrates des ressources humaines ne s’inquiètent jamais des environnements de travail hostiles des membres du staff enseignant conservateurs ou libertariens. Seuls ceux qui affichent franchement des idées de gauche sont protégés et ne font jamais l’objet de telles dérives verbales ou écrites.

Les professeurs et les administrateurs qui appliquent ce genre de censure généralisée dans le plus pur style KGB sont ce que Ferguson appelle « l’Armée Rouge des Médiocres ». Ce sont bien des médiocres car très peu d’entre eux sont de véritables érudits ou de véritables scientifiques mais sont plutôt des voyous politiques dénués de toute instruction qui ont simplement continué à aller à l’école pendant toute leur vie d’adultes, armés de diplômes académiques prestigieux, sur le papier seulement, dans des disciplines factices et frauduleuses telles que les « sciences sociales », la « théologie féministe » ou les « études mondialistes globalisées ». Ce sont, dit Ferguson, les descendants directs de l’idéologie antilibérale et égalitaire qui avait jadis réprimé la liberté d’expression en Europe orientale à l’époque du bloc soviétique. La réalité est bien pire que ce que décrit Ferguson dans son court ouvrage. La discrimination à l’embauche est ouvertement anti-conservatrice et anti-libertarienne depuis des décennies. Qui ne se souvient plus avoir assisté à une conférence du Liberty Fund (voir note), il y a 30 ans, au cours de laquelle le Professeur Henri Manne déclara : « nous avons perdu les universités ». Il faisait allusion à la prise de contrôle presque complète du système universitaires américain par les gauchistes, déjà à cette époque, et de la lutte systématique contre la liberté académique et la liberté d’expression. L’attaque de la gauche contre la liberté d’expression s’est depuis lors étendue de façon exponentielle avec des codes de discours, des espaces sécurisés, l’obligation de signaler aux autorités les discours « dangereux », des manifestations organisées pour protester contre les orateurs classés conservateurs sur les campus et bien d’autres tactiques dignes de la Stasi ou du KGB.

Il y a quelques exceptions comme le Grove City College et le Hillsdale College qui n’ont jamais accepté de financements publics ainsi que quelques programmes universitaires financés par d’anciens élèves maintenant fortunés mais il ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan académique. Même dans ces conditions les universitaires conservateurs financés par de tels anciens donateurs sont généralement considérés par la faculté majoritairement de gauche comme des imposteurs qui doivent être sinon exterminés du moins expulsés. De tels programmes peuvent représenter moins de 1 % du budget du corps professoral d’une université et le reste est financé par le gouvernement. Néanmoins les membres de la faculté, tous de gauche, ont là l’occasion de se plaindre sans cesse du prétendu « parti-pris » illégitime dont la cause est non pas le financement public à hauteur de 99 % mais le financement privé à hauteur de 1 %. Le financement public à hauteur de 99 % ne peut pas favoriser le gouvernement dans la recherche et l’enseignement. Seuls les dons privés et volontaires expliquent cette prise de position défavorable. Cette situation concerne des centaines de collèges et d’universités mal étiquetées « privées » qui reçoivent des milliards de dollars de fonds publics chaque année. Le fameux dicton « celui qui accepte le shilling du Roi devient l’homme du Roi » est toujours d’actualité.

Niall Ferguson termine son op-ed par un appel en faveur d’un « traité universitaire non conformiste » parmi ceux des professeurs et administrateurs qui défendent toujours la liberté d’expression. Les censeurs universitaires crypto-communistes doivent être confrontés à des représailles massives tout comme l’Union soviétique a menacé des universitaires pendant la guerre froide. C’est ce qu’il veut dire quand il dit que « nous » devons rester ensemble ou séparément. Un tel « traité » n’obtiendrait probablement que très peu de signatures en raison du fait que, à quelques rares exceptions près, tout le monde universitaire américain est une institution socialiste. Presque toutes les universités sont partiellement ou totalement financées par le gouvernement. Par ce financement le gouvernement contrôle les moyens de production : la définition même du socialisme. En conséquence tous les professeurs d’université sont par essence des bureaucrates du gouvernement et comme tous les bureaucrates ils savent que la meilleure façon de survivre est de ne jamais enfreindre les règles ni de faire de vagues, même si ces règles sont complètement pourries. Ils ont compris que s’ils rechignent l’armée rouge des médiocres se vengera, les licenciera si possible ou du moins ne leur accordera plus aucune augmentation de salaire au mérite. Ils peuvent aussi être assujettis à donner un cours à 8 heures du matin sur le campus principal et un autre cours à 20 heures le même jour sur un des campus distants de l’université en guise de revanche.

Les conseils d’administration des universités sont pour la plupart inutiles car ils sont manipulés de l’intérieur, intimidés, et ils doivent souvent mentir. Nombre d’entre eux restent silencieux car se plaindre signifierait qu’ils seraient alors exclus du conseil ce qui ternirait par ailleurs leur carrière. Par exemple dans ma propre ville où je travaille l’ancien diplômé Tom Clancy, célèbre auteur, s’est plaint lors d’une réunion d’administrateurs de l’université que les frais de scolarité étaient si élevés que le fils d’un employé des postes, comme lui, ne pourrait jamais se le permettre. Il a été radié du conseil l’année suivante. Les universités n’ont pas d’actionnaires car ce sont soit des institutions publiques soit des institutions à but non lucratif. Il est même déroutant d’apprendre qui sont les véritables « consommateurs » des universités assis dans les salles de cours puisqu’ils paient rarement les frais de scolarité exorbitants, du moins jusqu’à ce qu’ils obtiennent leur diplôme et soient alors confrontés à des montagnes de dette que représentent les prêts étudiants garantis par le gouvernement.

Tout le système universitaire est un système socialiste de contrôle monopolistique de l’enseignement dit « supérieur » qui est maintenant fermement tenu par des idéologues de gauche secondés par une vaste armée de fraudeurs et d’imposteurs sans éducation réelle, ennemis jurés de la liberté d’expression, de la liberté universitaire et de la liberté d’enquêter. Comme le disait si justement F. Hayek dans son ouvrage « The Road to Serfdom » (La route vers la servitude) dans un chapitre intitulé « La Fin de la Vérité » : « dans quelque régime collectiviste que ce soit la vérité n’est pas déterminée par la recherche, la discussion, le débat ou l’investigation scientifique, mais par les décrets et les platitudes de l’Etat. Dans un tel monde le mépris de la liberté intellectuelle est répandu parmi ces intellectuels qui ont adopté une religion collectiviste et qui sont acclamés en tant que leaders intellectuels« . Sous un tel régime « l’intolérance est vantée publiquement » écrivait Hayek en 1944. Ceci est une description parfaite des universités américaines d’aujourd’hui.

C’est le chemin que suit le monde universitaire depuis plusieurs générations maintenant et aucune espèce de « traité » conclu entre des professeurs conservateurs et des professeurs progressistes (de gauche) ne pourrait améliorer cette situation car, comme tous les bureaucrates du gouvernement, ils se contentent de compter le temps qui passe jusqu’à la retraite, alors la liberté académique ne peut que s’effondrer. Le salut reposera sur les institutions privées de la société civile, les associations éducatives comme le Mises Institute, le mouvement d’enseignement à domicile, le curriculum promu par Ron Paul (médecin) et, plus important encore, la sécession des masses d’étudiants qui sont passés par ces académies d’endoctrinement socialiste, ce que les universités et les écoles publiques sont devenues. En attendant nous avons besoin de plus de Niall Ferguson pour au moins sonner l’alarme sur la nécessité d’une résistance massive à ce système totalitaire.

Article de Thomas DiLorenzo paru sur le site LewRockwell.com. L’ensemble de cet article de DiLorenzo s’applique à la majeure partie des universités européennes, canadiennes et australiennes. La dérive crypto-marxiste des universités et des instituts de recherche français s’est accélérée avec les évènements de mai 1968 et n’a jamais cessé de s’amplifier. J’en sais personnellement quelque chose puisque je terminais mon cursus de maîtrise à l’Université précisément en 1968. Je peux affirmer que dans le Ministère de l’Éducation et de la Recherche (le même ministère ou deux ministères séparés, cela n’a aucune importance) seul le Ministre, interchangeable par définition, n’est pas un crypto-marxiste déclaré. Toute l’administration de l’Education nationale est ultra-gauchiste sans aucune exception, depuis le cabinet du Ministre jusqu’à la moindre école de village. Toutes les administrations des instituts de recherche sont de couleur marxiste d’ultra-gauche. La situation française est strictement identique à celle des Etats-Unis et c’est la raison pour laquelle j’ai trouvé utile de traduire cet article pour le faire figurer sur mon blog.

Note. Niall Ferguson, historien d’origine écossaise, a enseigné l’histoire à l’Université d’Harvard. Il a écrit de nombreux ouvrages et chroniques dans divers journaux. Ferguson a introduit le concept historique « Eurabian » décrivant la déchristianisation de l’Europe ouvrant toutes grandes ses portes au fanatisme islamiste. (source : https://en.wikipedia.org/wiki/Niall_Ferguson). Le Liberty Fund est une fondation sans but lucratif promouvant les idées libertariennes.

Pourquoi cet engouement pour les drogues psychotropes ?

Une minutieuse étude réalisée à l’Université McGill à Montréal vient de montrer encore une fois, si cela était nécessaire, la lente mais certaine décadence de l’Europe. Il existe des « marqueurs » pour déterminer si une économie progresse ou au contraire est en récession. Il suffit par exemple d’examiner les données relatives au transport routier, par mer et par chemin de fer. D’autres paramètres sont utilisés par les économistes comme les carnets de commande des fabricants de carton, le Baltic Dry Index ou encore la consommation de combustibles fossiles. Il est alors possible de se faire une idée de l’évolution de l’économie. Mais qu’en est-il des sociétés humaines, des nations, des villes ? Quels marqueurs révélant les grandes tendances sociétales peuvent être utilisés pour discerner l’évolution des peuples ? Inutile de rappeler le nombre de téléphones cellulaires par personne, le nombre de téléviseurs ou encore le nombre de véhicules automobiles par ménage : ce sont des marqueurs de consommation car tous ces biens sont devenus des marqueurs de la consommation courante.

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Ces chercheurs de l’Université McGill se sont intéresser à la teneur en drogues et en leurs dérivés métaboliques dans les eaux usées en sortie d’usines de traitement et d’épuration de diverses grandes villes, en particulier en Europe. Ce type d’étude avait déjà été réalisée pour quantifier l’utilisation de produits anticonceptionnels dans les grandes villes, étude qui indiquait, en son temps, la fulgurante ascension de l’utilisation de ces produits au fur et à mesure de leur autorisation de vente. On était aux alentours des années 1980 et depuis lors force est de constater que les taux de natalité dans les pays européens ont fortement chuté, ceci expliquant cela. La puissance et la rapidité des techniques analytiques modernes ont été appliquées aux drogues illicites, MDMA, cocaïne, amphétamine et méthamphétamine, et leur présence dans les eaux usées que les traitements d’épuration ne permettent pas d’éliminer comme les anticonceptionnels d’ailleurs. Pour l’Europe l’étude a concerné plus de 60 millions de personnes réparties dans 25 villes et agglomérations urbaines de tailles diverses. La nature des drogues utilisées varie selon les pays. Par exemple la cocaïne semble la drogue la plus populaire dans des villes comme Londres, Bristol, Amsterdam, Zürich, Genève, StGall ou encore Anvers alors qu’à Oslo, Prague ou Bratislava ce sont les méthamphétamines qui sont le plus consommées. À Dortmund, Berlin, Francfort, Amsterdam ou Bristol l’amphétamine s’offre une belle part du « gâteau ». Par pays la Suisse, le pays de l’ordre et de la propreté, l’usage global de ces 4 drogues est le plus élevé par habitant suivi des Pays-Bas, de la Belgique, de la Grande-Bretagne et de la côte méditerranéenne espagnole, si tant est que cette étude, focalisée sur les grandes villes, est globalement significative.

La consommation de MDMA est aussi en forte augmentation à Amsterdam, Anvers, Zürich, Genève, Barcelone mais également en Finlande, Oslo et Reykjavik, par contre la méthamphétamine est curieusement très populaire et parfois en forte augmentation dans le sud-est de l’Allemagne (Dresde), en République tchèque et en Slovaquie sans atteindre les niveaux très élevés de consommation enregistrés par la même approche expérimentale aux USA, en Australie, Nouvelle-Zélande ou Corée du Sud. Comment interpréter les résultats de cette étude ? Il est inutile de disserter sur des pages et des pages pour rapprocher cet engouement pour les drogues psychotropes citées ici avec l’incertitude existentielle qui a envahi tous les pays européens liée à un bien-être et un confort matériel qui amoindrissent les capacités de jugement des individus.

Cette incertitude n’est pas récente. En réalité elle date des bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki, le véritable point de départ de l’intrusion de la science dans la vie quotidienne, pour ces bombardements dans la pire des horreurs jamais imaginée par l’homme, et aujourd’hui on est arrivé au sommet de cette soumission de l’homme de la rue à la science ne serait-ce qu’avec son téléphone portable, le seul objet en apparence très simple qui est vendu sans notice d’utilisation. Cet objet devenu en une dizaine d’années d’une banalité extrême a fait appel pour sa conception aux résultats innovants des travaux de 15 prix Nobel de physique. On ne peut pas faire mieux comme intrusion de la science dans la vie quotidienne ! Pourquoi ai-je mentionné la première utilisation de bombes nucléaires pour anéantir des populations innocentes ? Parce que l’humanité dispose aujourd’hui pour la première fois de son histoire d’armes d’auto-destruction globale. Qu’y a-t-il de plus révélateur de l’ampleur notre incertitude existentielle alors que paradoxalement les pays occidentaux baignent dans l’opulence matérielle ?

Les récents progrès de la chimie et de la biologie ont bouleversé la signification de notre propre existence et ont banalisé le fonctionnement de notre corps. N’y a-t-il pas aussi là matière à éprouver une certaine incertitude existentielle ? Enfin, à travers ce que l’on appelle les « réseaux sociaux » est apparue la multitude d’informations réelles, souvent déformées ou carrément fausses en flux continu qui contribue par son ampleur à gonfler géométriquement cette incertitude. Il est donc facile d’expliquer ces engouement pour toutes sortes de « fleurs du mal » que sont ces molécules chimiques naturelles ou artificielles utilisées presque universellement dans le monde. Ce phénomène de société peut enfin s’expliquer aussi par le fait que depuis l’apparition des théories malthusiennes du Club de Rome puis du principe de précaution c’est la première fois depuis le début de la révolution industrielle que nous sommes concrètement confrontés aux effets pervers de notre inadaptation aux progrès scientifiques. En bref, depuis l’invention de la machine à vapeur les générations successives ont oeuvré afin que leurs enfants aient une vie meilleure que la leur. Depuis les bombardements nucléaires de deux villes du Japon et les préceptes détestables du Club de Rome notre avenir est devenu très sombre en seulement deux générations. Beaucoup d’hommes politiques mais aussi quelques scientifiques osent déclarer que dans le passé c’était mieux qu’aujourd’hui ! L’utilisation de toutes ces drogues psychotropes trouve au terme de ces quelques considérations sa justification, mais je me suis peut-être égaré …

 

L’Allemagne au bord du gouffre, l’Europe menacée de toutes parts

L’hebdomadaire en ligne allemand Focus écrit que l’Allemagne est en train de devenir le « malade économique européen » en majeure partie à cause des prix élevés de l’énergie et du radicalisme environnemental. L’hebdomadaire explique la baisse de la production industrielle allemande, citant des chiffres provenant des secteurs de l’automobile, de la chimie et de la pharmacie, qui ont tous besoin de grandes quantités d’énergie.

La production industrielle allemande est en chute libre.

La production économique allemande, au bord de la récession, ralentit nettement depuis le début de l’année 2018 et se situe maintenant sous la moyenne européenne. Focus cite un graphique de Commerzbank Research qui montre la moyenne mobile sur 3 mois de la production industrielle allemande, l’indice 100 datant de 2015 :

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Prix élevés de l’énergie, environnementalisme hostile.

Focus mentionne que les atouts de l’Allemagne en tant que pays favorable à l’industrie se dégradent et qu’elle fait tout pour délocaliser ses productions non conformes aux réglementations de protection de l’environnement au-delà de ses frontières. Focus note aussi que les entreprises allemandes paient lourdement les prix de l’électricité les plus élevés d’Europe et ce paramètre pèse considérablement sur l’industrie chimique en particulier.

Sous l’attaque de l’environnementalisme radical.

Au cours d’une campagne récente et concertée menée par des groupes de défense de l’environnement l’Allemagne a été vivement attaquée pour ne pas prendre au sérieux la lutte contre le changement climatique et pour ne pas prendre des mesures rapides pour transformer son approvisionnement en énergie en approvisionnement écologique. Maintenant la pression de la part de ces groupes radicaux (Fridays for Future et Extinction-Rebellion) s’oriente contre les moteurs à combustion interne et contre ce qui reste des centrales nucléaires allemandes en réclamant aussi la sortie du charbon. Les analystes de Commerzbank insistent pourtant sur le fait que de telles revendications ne feront qu’augmenter encore plus le prix de l’électricité ce qui rendra le pays encore moins attractif pour l’industrie.

Ces même écologistes ont fait pression sur le gouvernement allemand pour rendre encore plus dures les régulations sur les émissions de gaz à effet de serre et de polluants – par exemple les produits azotés tels que les nitrates – par l’agriculture. Comme aux Pays-Bas, en Espagne, en Belgique et en France les agriculteurs ont bloqué de nombreuses grandes voies de circulation automobile et invité les ministres fédéraux Klöckner et Schulze à discuter avec eux des plans en matière d’agriculture et de lutte contre le changement climatique afin qu’ils puissent s’exprimer, il en va de leur survie.

Les troubles et les manifestations populaires se répandent dans de nombreux pays européens. Pour aggraver la situation la Grande-Bretagne pourrait quitter l’Europe sans accord tandis que des millions de réfugiés attendent d’entrer massivement en Europe depuis le Moyen-Orient, la Turquie et l’Afrique du nord. La situation des camps de réfugiés en Grèce et en Italie est devenue intenable et ne pourra conduire qu’à des déferlements de réfugiés dans toute l’Union européenne.

La dernière chose dont l’Europe a besoin aujourd’hui ce sont ces politiques énergétiques insensées, destructrices de l’industrie et de l’emploi. Une période économiquement difficile, une précarité énergétique et des millions de réfugiés : voilà les paramètres conduisant à une situation extrêmement explosive en Europe. Le moment est venu pour les dirigeants européens de se calmer et d’admettre que leurs politiques environnementalistes ne sont qu’un rêve naïf et destructeur.

Adapté d’un billet de Pierre Gosselin (notrickszone.com)

Note. Une interview très récente du journaliste Pierre Jovanovic indique clairement l’état alarmant de l’industrie automobile allemande. Voici quelques chiffres. Fabricants de pneus allemands. Good Year + Michelin Allemagne + Continental Allemagne : 3900 licenciements. Mercedes : 10000 licenciements en préparation, Ford Allemagne, 6 usines fermées : 12000 licenciements, VW : 7000 licenciements en 2018 + 3000 prévus avant la fin de l’année 2019. Robots Kuka + Fujitsu : 1850 licenciements, BMW : 4000 licenciements, Audi : 10000 licenciements à l’étude, etc. Jovanovic ajoute que l’économie allemande plonge et que dans quelques mois ce seront les économies française, italienne et espagnole qui suivront. Rien de réjouissant.

Dernière minute. Selon ZeroHedge la Bundesbank vient d’acheter 90000 onces d’or sur les marchés internationaux, une première depuis 21 ans. C’est très peu par rapport aux achats chinois ou russes mais il faut agréger cette information avec celles provenant d’autres canaux d’information. Il faut reconnaître que la situation de l’Allemagne n’est pas encore désespérée mais tout de même très inquiétante : merci aux mouvements écologistes allemands !

Petite histoire pas du tout fictive : un black-out généralisé en Europe occidentale ?

La ville de Caracas et ses environs ont connu il y a quelques mois un black-out pendant plusieurs jours créant un chaos indescriptible. La population était heureusement habituée aux coupures d’électricité récurrentes depuis plusieurs années mais jamais un tel black-out avait duré aussi longtemps. En Californie, l’Etat le plus riche des USA, la compagnie de gaz et d’électricité PG&E, en faillite, a organisé lors d’un épisode de vents violents des black-out partiels concernant tout de même parfois plus de 200000 foyers. La raison incroyable pour un Etat aussi riche est l’état de délabrement avancé du réseau de distribution électrique basse et moyenne tension pouvant provoquer des incendies comme ce fut le cas il y a un an au nord de l’agglomération de Los Angeles. Mais que se passerait-il si un black-out généralisé s’étendait à toute l’Europe occidentale ?

Presque tous les pays européens sont interconnectés et un défaut sur une partie du réseau provoqué par une trop forte demande en énergie ou au contraire une trop forte charge sur ce réseau provoquerait très rapidement un black-out général par un enchainement incontrôlable de défauts. Un défaut peut aussi être provoqué par des conditions météorologiques extrêmes comme par exemple de très fortes chutes de neige. La neige peut en effet s’agglomérer sur les conducteurs électriques aériens et provoquer par son poids une chute ou une rupture de ces derniers. Enfin une forte tempête magnétique solaire peut provoquer un black-out total sans oublier naturellement une ou plusieurs attaques terroristes ciblées sur des centres de dispatching stratégiquement importants.

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La première conséquence du black-out est une déconnection de toutes les usines productrices d’électricité du réseau car elles ne peuvent plus « évacuer » l’énergie produite puisque ce réseau est devenu soudainement inopérant. Les centrales électriques utilisant du gaz naturel présentent les inconvénients les moins critiques car elles peuvent être mises à l’arrêt en quelques minutes et il est possible de rétablir leur fonctionnement tout aussi rapidement. Pour les usines utilisant du charbon et du fuel lourd la situation n’est pas critique car les chaudières produisant de la vapeur ont une inertie thermique relativement peu élevée. Ce n’est pas le cas des centrales nucléaires. Les barres de contrôle et l’injection de borate dans le circuit de refroidissement primaire vont stopper la fission mais l’inertie thermique de l’ensemble du combustible et de la cuve du réacteur est grande. Une mise à l’arrêt va nécessiter un refroidissement rapide et continu du coeur du réacteur tant que le réseau électrique sera incapable d’accepter de l’énergie.

La reconstruction du réseau est progressive car il est impératif de rétablir les capacités de stabilité du réseau électrique. En effet, afin d’éviter tout risque de nouvelle instabilité il faut adapter la demande à la production électrique et le rétablissement du réseau ne peut en aucun cas être atteint en quelques heures. Or compte tenu des capacités de réserve de production, dans le cas présent les petits systèmes de production en particulier hydroélectriques, au delà de trois jours de black-out la situation devient de plus en plus critique et la reconstruction du réseau de plus en plus longue et difficile. C’est la raison pour laquelle un black-out généralisé sur l’Europe occidentale aurait des conséquences incalculables sur l’ensemble des populations et de l’économie.

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Les centrales nucléaires ne peuvent redevenir capable de produire de l’électricité rapidement que, et uniquement, si le black-out n’a pas été trop long. Au delà de 5 jours d’arrêt il faudra autant de jours pour produire à nouveau de la vapeur de qualité suffisante pour que les turbines puissent fonctionner et ainsi de suite. Seules les usines fonctionnant avec du gaz naturel pourront rapidement être reconnectées au réseau en reconstruction progressive. Compte tenu de la taille du réseau électrique européen le rétablissement intégral de ce dernier pourrait nécessiter plusieurs jours en étant optimiste. Les spécialistes dans ce domaine sont très diserts car il ne faut pas affoler les populations. Certains ingénieurs de l’armée suisse ont levé un coin du voile et c’est tout simplement terrifiant.

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Quelles peuvent être les conséquences d’un black-out ?

Immédiatement la population est confrontée à une totale impossibilité d’effectuer toute une série d’opérations de base comme par exemple se nourrir : ni les fours à micro-ondes ni les réfrigérateurs ne fonctionnent. Les distributeurs de billets et les lecteurs de carte de paiement sont inopérants, les feux de signalisation dans les villes sont éteints et il devient rapidement très difficile de se déplacer dans les villes. Il n’y a plus d’eau puisque les pompes ne fonctionnent plus, plus de gaz naturel puisqu’il n’y a plus de pompes et de compresseurs opérationnels, plus de téléphones fixes ou portables, plus d’informations. La nuit les villes sont plongées dans l’obscurité totale et par mesure de sécurité les forces de police et les militaires imposent très rapidement un couvre-feu strict afin de prévenir tout vandalisme ou pillage puisque les systèmes d’alarme ne fonctionnent plus. La plupart des entreprises industrielles sont à l’arrêt, les hôpitaux ne fonctionnent plus qu’à petite vitesse pour éviter au maximum d’épuiser leurs réserves de carburant pour l’alimentation des groupes électrogènes. En effet, la distribution de carburants est devenue également totalement arrêtée. La situation ne peut qu’empirer au point de devenir dangereuse socio-économiquement parlant au fur et à mesure que le black-out se prolonge.

Toute la société se paralyse progressivement et c’est inévitable. Personne, aucun pays, aucun gouvernement, aucun politicien n’a pris une quelconque mesure à l’échelle d’une population en cas de black-out durant plus de trois jours, ce qui est un minimum dans le cas de l’ensemble du réseau européen. Très rapidement, en quelques jours seulement, s’installera dans la population un autre aspect terrifiant : le stress alimentaire combiné à la pénurie de carburant et à la totale absence des réseaux de distribution des denrées alimentaires. En quelques jours seulement la plupart des produits de première nécessité disparaissent. Par exemple en Suisse les ménages disposent de trois jours de nourriture, à Bordeaux un jour seulement et à Paris moins d’une journée.

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Une autre conséquence inattendue mais jamais abordée est la perte totale de la mémoire des banques de données dépendant d’une alimentation électrique fiable pour rester fonctionnelles autant dire que le jour où il redevient possible d’accéder à internet on s’aperçoit que tout a disparu ! Tous les utilisateurs du « cloud », que ce soit des particuliers ou des entreprises seront vraiment désappointés. Je laisse à mes lecteurs le soin d’imaginer ce qui se passerait en cas de prolongement au delà d’une semaine. Je ne suis pas collapsologue mais un « simple » black-out de quelques jours en Europe occidentale aurait des conséquences tout simplement terribles que personne n’ose aborder.

Au sujet de possibles « cyber-attaques » pouvant perturber une centrale nucléaire, je rassure tout de suite mes lecteurs car l’ensemble des système informatiques de pilotage des centrales nucléaires – je parle ici de la France – sont totalement indépendants du réseau internet. Pour EDF en France il existe un réseau « intranet » hautement sécurisé par lequel sont acheminés les ordres de pilotage de puissance des installations hydroélectriques et de certains réacteurs nucléaires dont la puissance est pilotable à +5/-5 % de leur puissance opérationnelle réglée à 95 % de la puissance nominale. Ce réseau intranet propre à EDF est lui-même isolé du réseau internet transnational. Juste une dernière remarque à ce sujet : la privatisation programmée des ouvrages hydroélectriques français ressemble à une haute trahison permettant à des acteurs privés d’interférer avec le fonctionnement de l’électricien national (EDF), la seule entreprise française encore en bonne santé … mais pour combien de temps.

Inspiré d’une conférence présentée à l’INRIA de Grenoble en France par Grégoire Chambaz, ingénieur membre de l’armée suisse. Illustrations tirées de cette conférence : youtube.com/watch?v=u9sau9f1FCM

Climat. L’Allemagne mais aussi toute l’Union Européenne au bord du gouffre

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Madame Ursula Von der Leyen a persisté et signé (pas encore) le programme contraignant du Green European New Deal. La nouvelle présidente de la Commission européenne est allemande. Pourtant elle semble ignorer le résultat d’une enquête très sérieuse émanant de l’Union allemande des Académies des Sciences et des Humanités et d’autres organismes scientifiques parue en novembre 2017. Cette étude démontre clairement quel sera le fardeau financier pour chaque foyer fiscal ou individu pour atteindre l’objectif de réduction de 50 % des émissions de carbone. Jusqu’en 2035 il en coûtera à chaque foyer fiscal la somme de 1050 euros par mois pour atteindre cet objectif. Vous avez bien lu, par mois, il n’y a pas d’erreur. Ces impôts et taxes collectés auprès des citoyens devront en effet être suffisants pour collecter au moins 6100 milliards d’euros ( entre 4600 et 7600 selon l’étude) soit plus de deux fois le produit intérieur brut actuel de l’Allemagne.

Entre 2035 et 2050, l’autre étape du programme devant aboutir à une « neutralité carbone » – nul ne sait ce que cela signifie – verra la charge fiscale des ménages augmenter encore de 320 euros pour atteindre un total de 1370 euros mensuels. Il est difficile de croire que Madame Von der Leyen ignore le contenu de ce rapport. Elle prépare donc le suicide de l’Union européenne sur l’autel de l’Eglise de Scientologie Climatique. Transposons ces projections à la France en considérant un PIB de 2300 milliards d’euros et en oubliant la charge de la dette et le déficit commercial chronique, ce qui rendra de fait toute initiative relative à la « décarbonation » de la France très délicate. En effet, entre 2020 et 2035 la France devra donc, selon ces projections émanant non pas de visionnaires mais de spécialistes, consacrer 4600 milliards d’euros (deux fois son PIB en suivant l’étude allemande) pour atteindre 50 % de réduction de ses émissions de carbone se répartissant essentiellement dans les transports, le chauffage domestique et l’industrie. Sans pénaliser l’industrie, ce qu’évite de faire l’Allemagne depuis déjà une décennie avec des prix de l’électricité très avantageux pour les industriels, il faudra répartir ces 4600 milliards sur les 38 millions de foyers fiscaux (2017) pendant 15 ans. Chaque mois les contribuables français devront payer 672 euros de « taxe green new deal » pour satisfaire les délires d’Ursula Von der Leyen. Cet impôt passera ensuite de 672 à 877 euros par mois jusqu’en 2050. Et après ? … on verra.

Comme les énergies dites renouvelables sont toutes aléatoires, y compris les panneaux photovoltaïques, il faudra, pour décarboner les transports et le chauffage domestique, construire encore plus de centrales nucléaires : ce n’est pas moi qui l’affirme, c’est l’IPCC ! La France avec EDF (qu’Emmanuel Macron veut fragiliser en privatisant les ouvrages hydroélectriques) était le leader mondial de la technologie du nucléaire civil. Ce pays devra donc s’activer sérieusement pour retrouver cette position de leader car il serait absurde, après avoir cédé les turbines vapeur Arabelle à General Electric, que ce soient les Chinois qui construisent les futures centrales nucléaires françaises équipées de turbines américaines. Le mouvement est déjà lancé en Grande-Bretagne sur le site de Hinkley Point C avec une ingénierie franco-chinoise et des turbines Arabelle … américaines.

Chers contribuables de tous les pays européens préparez-vous à être mis à contribution très lourdement dans les prochaines années. Et pendant ce temps-là la jeunesse insouciante manifeste pour sauver le climat plutôt que d’aller à l’école (illustration : sous les pins de Rome).

Source : http://www.tichyseinblick.de avec une traduction de P. Gosselin sur son site notrickszone.com

Petite leçon d’histoire à Justin Trudeau (… et à beaucoup d’autres).

 

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Par Michael Jabara Carley, article paru sur le site voltairenet.org

Alors que le gouvernement polonais demande, trois quart de siècles plus tard, des dommages de guerre à l’Allemagne, la presse internationale souligne la responsabilité soviétique dans la Seconde Guerre mondiale. C’est oublier que durant six ans, l’URSS essaya de former une alliance contre le nazisme et ne trouva aucun soutien. C’est oublier qu’en 1938, l’alliance de la Grande-Bretagne, de la France et de la Pologne avec l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste lors des accords de Munich dépeça la Tchécoslovaquie au profit de l’Allemagne et de la Pologne. En réalité, l’accord germano-soviétique de 1939, qui dépeça la Pologne, n’est que la conséquence de l’anti-soviétisme européen.

Le 23 août 2019, le cabinet du Premier ministre canadien a diffusé une déclaration à l’occasion de la « journée du Ruban noir », une journée nationale établie par le Parlement européen en 2008-2009 et dédiée à la commémoration des victimes du « totalitarisme » fasciste et communiste et à la signature, en 1939, du Pacte de non-agression entre l’Allemagne et l’Union soviétique, communément appelé « pacte Molotov-Ribbentrop ». Divers mouvements politiques de centre-droit au sein du Parlement européen ainsi que l’Assemblée parlementaire de l’Otan ont lancé ou soutenu cette idée. En 2009, lors de sa réunion en Lituanie, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a adopté une résolution « comparant les rôles qu’ont joué l’URSS et l’Allemagne nazie dans le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. »

La déclaration du Premier ministre Justin Trudeau suit ces lignes de façon analogue. En voici quelques extraits : « La journée du Ruban noir marque le sombre anniversaire du pacte Molotov-Ribbentrop. Signé entre l’Union soviétique et l’Allemagne nazie en 1939 pour diviser l’Europe centrale et orientale, ce pacte tristement célèbre a ouvert la voie aux atrocités effroyables perpétrées par ces régimes. Dans les années qui ont suivi, les régimes soviétique et nazi ont dépouillé des pays de leur autonomie, forcé des familles à fuir leur foyer et déchiré des communautés entières notamment des communautés juives et roms. À travers l’Europe, ils ont provoqué des souffrances immenses, alors que des millions de personnes ont été assassinées sans raison ou privées de leurs droits, de leurs libertés et de leur dignité [italiques ajoutées]. »

Déclaration censée résumer les causes et le déroulement de la Seconde Guerre mondiale, elle n’est en fait qu’une parodie des événements réels des années 1930 et des années de guerre. C’est une « histoire falsifiée » qui est motivée par des raisons politiques. Il ne s’agit en réalité que d’un tissu de mensonges.

Commençons par le commencement. Fin janvier 1933, le président Paul von Hindenburg nomma Adolf Hitler chancelier de l’Allemagne. En quelques mois, le gouvernement d’Hitler déclara illégaux les partis communistes et socialistes allemands et commença à mettre en place un État à parti unique. Grâce au traité de Rapallo signé en 1922, le gouvernement soviétique avait jusqu’ici maintenu des relations correctes ou tolérables avec l’Allemagne de Weimar. Toutefois, le nouveau gouvernement nazi renonça à cette politique et lança une campagne de propagande contre l’Union soviétique et ses représentants diplomatiques, commerciaux et d’affaires travaillant en Allemagne. Les nazis vandalisaient parfois des installations commerciales soviétiques et passaient à tabac les employés.

À Moscou, on déclencha la sonnette d’alarme. Des diplomates soviétiques, notamment le commissaire du peuple aux Affaires étrangères avaient lu Mein Kampf d’Hitler, un livre publié au milieu des années 1920 et dans lequel ce dernier détaille son plan pour imposer la domination allemande sur toute l’Europe. Ce bréviaire, devenu un best-seller en Allemagne, constituait dans n’importe quelle maison allemande, l’accessoire indispensable pour étoffer la cheminée ou la table du salon. Dans Mein Kampf, pour ceux d’entre vous qui ne le sauraient pas, les juifs constituent avec les slaves la catégorie des Untermenschen, des sous-hommes voués uniquement à l’esclavage ou qui ne méritent pas de vivre. Mais, le génocide nazi n’allait pas seulement cibler les juifs. Les territoires soviétiques à l’est de l’Oural allaient appartenir aux Allemands. La France faisait également partie des ennemis naturels qu’il fallait éliminer.

« Qu’en est-il du livre d’Hitler ? » Litvinov posait souvent la question aux diplomates allemands qui se trouvaient à Moscou. Oh ça, répondaient-ils, n’y prêtez pas attention. Hitler ne pense pas vraiment ce qu’il a écrit. Litvinov sourit poliment devant de tels propos, mais n’en croyait pas un seul mot !

En décembre 1933, le gouvernement soviétique instaura officiellement une nouvelle politique de sécurité collective et d’assistance mutuelle afin de résister à l’Allemagne nazie. Que signifiait exactement cette nouvelle politique ? L’idée du gouvernement soviétique était de reconstituer les forces de l’entente qui avaient fait face à l’Allemagne lors de la Première Guerre mondiale et qui seraient composées de la France, de la Grande-Bretagne, des États-Unis et même de l’Italie fasciste. Même si on ne le disait pas ouvertement, cette nouvelle politique désignait une stratégie d’endiguement et de préparation à la guerre contre l’Allemagne nazie, au cas où l’endiguement serait un échec.

En octobre 1933, Litvinov fut envoyé par Joseph Staline aux États-Unis pour négocier la reconnaissance diplomatique du gouvernement soviétique par les États-Unis. Il s’est entretenu avec le nouveau président états-unien, Franklin D. Roosevelt, au sujet de la sécurité collective pour faire face au Japon impérial et à l’Allemagne nazie. Les relations américano-soviétiques repartirent alors sur de bonnes bases. Mais en 1934, le département d’État (dont ses membres, à quelques exceptions près, étaient anticommunistes) sabota le rapprochement entrepris par Roosevelt et Litvinov.

Au même moment, des diplomates soviétiques abordaient la question de la sécurité collective avec le ministre français des Affaires étrangères, Joseph Paul-Boncour. En 1933 et 1934, Paul-Boncour et son successeur Louis Barthou développèrent des relations plus étroites avec l’URSS. Ce rapprochement s’expliquait par une raison très simple : les deux nations se sentaient menacées par l’Allemagne nazie. Mais, les très prometteuses relations franco-soviétiques furent sabotées par Pierre Laval, le successeur de Barthou, après la mort de ce dernier en Octobre 1934 à Marseille, lors de l’attentat contre le roi Alexandre 1er de Yougoslavie. Laval était un anticommuniste qui préférait un rapprochement avec l’Allemagne nazie qu’avec l’URSS et sa politique de sécurité collective. Laval n’était pas très favorable au pacte d’assistance mutuelle franco-soviétique, qui fut finalement signé en mai 1935 mais dont il retarda la ratification à l’Assemblée nationale française. J’appelle ce pacte la « coquille vide ». Le mal était déjà fait lorsqu’il fut écarté du pouvoir en janvier 1936. Après la défaite de la France devant l’Allemagne nazie en 1940, Laval collabora avec les Nazis. Condamné à mort pour haute trahison, il est fusillé à l’automne 1945.

Les diplomates soviétiques menaient également des pourparlers en Grande-Bretagne pour un rapprochement entre les deux nations. L’objectif était de jeter les bases pour une sécurité collective contre l’Allemagne nazie. Là aussi, la politique fut sapée, d’abord par la signature en juin 1935 de l’accord naval anglo-allemand. Il s’agissait d’un accord bilatéral, portant autorisation, pour l’Allemagne, du réarmement de sa flotte navale. Il prit de court les Français et les Soviétiques, qui considèrent cet accord comme un acte de trahison. Début 1936, un nouveau ministre britannique des Affaires étrangères, Anthony Eden, mit un terme au rapprochement en raison de « propagande » communiste. Les diplomates soviétiques croyaient qu’il était un « ami ». Il n’en était rien.

À chaque fois, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne coupaient court aux discussions prometteuses avec l’Union soviétique. De ce qu’on sait aujourd’hui, pourquoi ces gouvernements feraient-ils une chose aussi étrange en apparence ? Parce que les dirigeants états-uniens, français et britanniques étaient fortement influencés par l’anticommunisme et la soviétophobie, qu’ils ne percevaient pas la menace nazie. La plupart d’entre eux se montraient plutôt bienveillants à l’égard d’Hitler. Le fascisme constituait un bastion qui défendait le capitalisme contre l’expansion du communisme et l’essor de l’influence soviétique en Europe. La grande question qui se posait dans les années 1930 était : « Qui est notre ennemi n°1 ? » : l’Allemagne nazie ou l’URSS ? Bien souvent, la majorité de ces dirigeants répondit à côté de la plaque. Ils préférèrent amorcer un rapprochement avec l’Allemagne nazie que de se tourner vers la politique de sécurité collective et l’assistance mutuelle proposées par l’URSS. Pour les dirigeants européens, qui craignaient le communisme et manquaient souvent de confiance en eux, le fascisme représentait la force, la puissance et la bravoure. Pour ces dirigeants incertains de leur virilité et de leur sécurité face à l’essor de l’influence soviétique, les uniformes en cuir, l’odeur de sueur qu’exhalaient des dizaines de milliers de fascistes, défilant avec leurs tambours, leurs drapeaux et leurs flambeaux, étaient semblables à des aphrodisiaques. L’éclatement de la guerre civile espagnole en juin 1936 transforma la politique européenne en créant un clivage entre la droite et la gauche et rendit ainsi impossible l’assistance mutuelle contre l’Allemagne.

Le cas de l’Italie était particulier. Le gouvernement soviétique maintenait des relations correctes avec Rome même si l’Italie était un pays fasciste et la Russie, un État communiste. L’Italie avait combattu aux côtés de l’Entente durant la Première Guerre mondiale et Litvinov souhaitait l’attirer dans la nouvelle coalition qu’il tentait de former. Benito Mussolini avait toutefois des ambitions impérialistes en Afrique de l’Est où il déclencha une guerre d’agression contre l’Abyssinie, le dernier territoire n’ayant jamais été colonisé par les puissances européennes. Pour faire court, la crise abyssinienne marquait le début de la fin des espoirs de Litvinov pour rallier l’Italie à sa cause.

Les diplomates soviétiques connurent aussi leurs premiers succès en Roumanie. Le ministre roumain des Affaires étrangères, Nicolae Titulescu, était favorable à la sécurité collective et travaillait en étroite collaboration avec Litvinov pour améliorer les relations soviéto-roumaines. C’était lui, en dépit de la fourberie et de la mauvaise foi de Laval, qui avait soutenu Litvinov lorsque ce dernier menait des pourparlers avec la France pour la signature du pacte d’assistance mutuelle. Bien que Titulescu et Litvinov aient abordé la question de l’assistance mutuelle, les discussions n’aboutirent à rien. La Roumanie était gouvernée par des dirigeants d’extrême droite qui s’opposaient à l’amélioration des relations avec les Soviétiques. En août 1936, Titulescu se retrouva écarté de la scène politique et fut contraint de démissionner. Il passa la plupart de son temps à l’étranger, craignant pour sa vie à Bucarest.

Tout comme Titulescu, le président de la Tchécoslovaquie, Eduard Beneš, était favorable à la sécurité collective contre la menace nazie. En mai 1935, il signa le pacte d’assistance mutuelle avec l’URSS, mais l’affaiblit pour éviter d’aller au-delà de celui que les Soviétiques avaient signé avec la France et qui fut saboté par Laval. Les Tchécoslovaques craignaient l’Allemagne nazie et ce, à juste titre. Mais, ils ne s’allieraient pas complètement avec l’URSS sans le soutien total de la Grande-Bretagne et de la France, ce qu’ils n’obtiendraient jamais.

La Tchécoslovaquie et la Roumanie regardaient du côté d’une puissance comme la France et n’iraient pas au-delà des engagements pris par cette dernière à l’égard de l’URSS. La France, quant à elle, regardait du côté de la Grande-Bretagne. Les Britanniques jouaient un rôle essentiel en ces temps-là. S’ils étaient prêts à s’engager, à s’allier avec l’URSS, tous en feraient autant. Sans leur engagement, tout volait en éclats.

L’Union soviétique tenta aussi d’améliorer ses relations avec la Pologne. Là également, les diplomates soviétiques ne parvinrent pas à atteindre leurs objectifs en raison de la signature du pacte de non-agression entre le gouvernement polonais et l’Allemagne nazie en janvier 1934. Les dirigeants polonais n’ont jamais caché leur désir de s’allier avec l’Allemagne nazie. La Pologne renonça à améliorer ses relations avec l’URSS. Elle fit constamment obstruction à la sécurité collective en sabotant les tentatives soviétiques de créer une alliance anti-nazie. Pire encore, les Polonais jouèrent le rôle de complices lors du démembrement de la Tchécoslovaquie par les Nazis en 1938, avant qu’ils ne soient victimes de l’agression de ces mêmes Nazis en 1939. Les diplomates soviétiques avaient prévenu à plusieurs reprises leurs homologues polonais que leur pays se dirigeait tout droit à sa perte si on ne changeait pas sa politique. Au moment propice, l’Allemagne se retournerait contre eux et les anéantirait. Mais ils ne prenaient pas au sérieux ces avertissements et en riaient. Les Russes sont des « barbares », disaient-ils, les Allemands, un peuple « civilisé ». Le choix entre ces deux peuples était donc évident.

Soyons clairs. Les archives montrent nettement que le gouvernement soviétique a proposé sa politique de sécurité collective et une assistance mutuelle à la France, la Grande-Bretagne, la Pologne, la Roumanie, la Tchécoslovaquie et même à l’Italie fasciste. Mais, dans chaque cas, les propositions furent rejetées, voire méprisées, comme c’est le cas de la Pologne, le grand perturbateur de la mise en application de la sécurité collective dans la période qui précède la guerre en 1939. Aux États-Unis, le département d’État sabota l’amélioration des relations avec Moscou. À l’automne 1936, toutes les négociations des Soviétiques pour une assistance mutuelle tombèrent à l’eau et ils se retrouvèrent seuls. Personne ne voulait s’allier avec Moscou pour se mettre ensuite l’Allemagne à dos : toutes les puissances européennes mentionnées ci-dessus, menèrent des pourparlers avec Berlin pour éloigner le loup loin de leurs habitats. Même la Tchécoslovaquie en fit autant. Énoncée ou non, l’idée était de pousser Hitler à réorienter ses ambitions vers l’Est, contre l’URSS.

Survint ensuite « la trahison de Munich » en septembre 1938. La Grande-Bretagne et la France livrèrent la Tchécoslovaquie à l’Allemagne. « La paix à tout prix », déclara Neville Chamberlain, le premier ministre britannique. La Grande-Bretagne et la France abandonnèrent la Tchécoslovaquie, qui fut démembrée au prix de « la paix ». La Pologne obtint une modeste part du butin au titre de cet accord honteux. Winston Churchill la comparait à « un chacal ». En février 1939, on pouvait lire dans le Manchester Guardian que cette conciliation de la part des Britanniques était un plan qui consistait à acheter ses ennemis en vendant ses amis. Cette description est juste.

Il existait toutefois, en 1939, une toute dernière opportunité de signer le pacte d’assistance mutuelle anglo-franco-soviétique contre l’Allemagne nazie. Je l’appelle l’ « alliance qui n’a jamais existé ». En avril 1939, le gouvernement soviétique proposa à la France et à la Grande-Bretagne une alliance militaire et politique contre l’Allemagne nazie. Les conditions relatives à la constitution de cette alliance furent soumises sur papier à Paris et Londres. À l’automne 1939, la guerre semblait inévitable. Ce qui restait de la Yougoslavie disparut en mars, englouti par la Wehrmacht sans coup férir. Au cours de ce mois, Hitler soutenait que les Allemands peuplaient la ville de Memel, en Lituanie. En avril, un sondage de Gallup mené en Grande-Bretagne et en France révéla qu’une très grande partie de la population britannique et française était pour une alliance avec l’Union soviétique. Churchill, qui était alors député ordinaire, déclarait à la Chambre des communes que, sans l’URSS à leurs côtés, ils ne pourraient se défendre contre les Allemands.

Logiquement, on pourrait penser que les dirigeants britanniques et français auraient saisi à deux mains les propositions des Soviétiques. Mais ce ne fut pas le cas. Le ministère britannique des Affaires étrangères rejeta la proposition d’alliance tripartite de l’Union soviétique. La France, à contrecœur, dut s’aligner sur la position britannique. Litvinov fut démis de ses fonctions de commissaire du peuple aux Affaires étrangères et fut remplacé par Viacheslav M. Molotov, fidèle second de Staline. La politique soviétique demeura inchangée pendant un certain temps. En mai, Molotov envoya un message à la Pologne dans lequel il précisait que, si le pays le souhaitait, le gouvernement soviétique le prêterait main forte s’il était agressé par l’Allemagne. Aussi incroyable que cela puisse paraître, les Polonais repoussèrent la main tendue de Molotov dès le lendemain.

Malgré le premier refus des Britanniques de s’allier avec les Soviétiques, les pourparlers pour une alliance anglo-franco-soviétique se poursuivirent pendant l’été 1939. Pourtant, au même moment, les dirigeants britanniques furent surpris en train de négocier avec les Allemands pour amorcer une certaine détente au cours de la dernière heure avec Hitler. L’information fut révélée dans les journaux britanniques à la fin du mois de juillet, au moment où la Grande-Bretagne et la France s’apprêtaient à envoyer des délégations militaires à Moscou pour contracter une alliance. La nouvelle provoqua un scandale à Londres, ce qui fit naître chez les Soviétiques, des doutes concernant la bonne foi des Anglais et des Français. Ce fut le moment où Molotov commença à s’intéresser aux propositions d‘accords des Allemands.

C’était le premier scandale d’une longue série à venir. Les délégations militaires franco-britanniques se rendirent à Moscou à bord d’un navire de commerce affrété et naviguant à faible allure, à une vitesse maximale de treize nœuds. Un responsable du ministère britannique des Affaires étrangères avait suggéré qu’on embarque les délégations dans une flotte composée de croiseurs de la Royal Navy pour faire passer un message. Le ministre britannique des Affaires étrangères, Edward Lord Halifax, trouvait cette idée trop provocatrice. Voilà pourquoi les délégations françaises et britanniques partirent à bord d’un navire de commerce et mirent cinq jours avant d’arriver en URSS. Compte tenu du contexte où une guerre pouvait éclater à tout moment, cinq jours pesait sur la balance.

Cette situation pouvait-elle être devenir plus grotesque ? Elle pouvait bel et bien l’être. Le négociateur en chef britannique, l’amiral Sir Reginald Drax, n’était pas habilité à signer un accord avec le camp soviétique. Son homologue français, le général Joseph Doumenc, ne possédait qu’une vague lettre d’autorisation du président du Conseil. Il était autorisé à négocier mais ne pouvait pas signer un accord. Doumenc et Drax n’appartenaient pas à l’effectif statutaire. À l’inverse, le camp soviétique était composé du commissaire du peuple à la Guerre disposant des pleins pouvoirs. « Tout indique jusqu’ici que les négociateurs militaires soviétiques sont vraiment prêts à faire des affaires », informa l’ambassadeur britannique à Moscou. Contrairement à ces derniers, les délégations britanniques avaient pour instruction d’y « aller très lentement ». Lorsque Drax rencontra le ministre britannique des Affaires étrangères avant leur départ pour Moscou, il lui posa une question sur « les risques de voir les négociations échouer ». « Il y eut un silence bref mais frappant, et le ministre britannique des Affaires étrangères fit alors remarquer que, dans l’ensemble, il serait préférable de prolonger les négociations le plus longtemps possible ». Doumenc nota qu’il était envoyé à Moscou « les mains vides ». Ils n’avaient absolument rien à offrir aux négociateurs soviétiques. Les Britanniques pourraient dépêcher deux divisions en France si une guerre éclatait en Europe. L’Armée rouge pourrait mobiliser très rapidement une centaine de divisions et les forces soviétiques venaient juste de venir à bout des Japonais après de rudes combats à la frontière de la Mandchourie. Staline n’en croyait pas ses oreilles. « Ces gens ne sont pas sérieux », conclut-il. Et il avait bien raison. Les dirigeants français et britanniques pensaient pouvoir se payer la tête de Staline. C’était une grosse erreur de leur part.

Après toute la fourberie et la mauvaise foi dont ils ont fait preuve, qu’auriez-vous fait à la place de Staline ou à la place de n’importe quel dirigeant russe ? Prenons, par exemple, le cas des Polonais. Ils ont contrarié les plans des Soviétiques à Londres, Paris, Bucarest, Berlin et même à Tokyo… Partout où ils pouvaient mettre des bâtons dans les roues des Soviétiques. Ils partagèrent avec Hitler le butin du démembrement de la Tchécoslovaquie. En 1939, ils essayèrent de compromettre, à la dernière minute, une alliance anti-nazie dont l’URSS était signataire. Je sais que tout ceci paraît invraisemblable, comme une histoire sensationnelle dans un mauvais roman, mais c’est la réalité. Et pourtant, les Polonais ont osé accuser le camp soviétique de les avoir poignardés dans le dos. C’était le renard qui prêchait aux poules. Les dirigeants du pays ont causé leur propre perte et celle de leur peuple. Depuis lors, rien n’a changé. Le gouvernement polonais marque le début de la Seconde Guerre mondiale en invitant les anciennes puissances de l’Axe à Varsovie. Il ignore la Fédération de Russie et son Armée rouge, qui pourtant, ont libéré la Pologne en payant au prix fort (plusieurs victimes). C’est un fait historique que les nationalistes polonais ne peuvent tout simplement pas digérer et qu’ils cherchent à effacer de nos mémoires.

Après avoir tenté, pendant près de six ans, de créer en Europe une large coalition anti-allemande (notamment avec la Grande-Bretagne et la France), le gouvernement soviétique revenait les mains vides. Vides. Même si l’URSS s’était retrouvée seule vers la fin de 1936, ses dirigeants tentaient de conclure des accords avec la France et la Grande-Bretagne. Les Britanniques, les Français, les Roumains, les Tchécoslovaques, et surtout les Polonais, avaient saboté, rejeté, esquivé, fragilisé les propositions et accords des Soviétiques et essayé, eux-mêmes, de passer des accords avec Berlin pour sauver leur peau. Sourires polis et complices, c’était comme s’ils rendaient service à Moscou en faisant plaisir aux diplomates soviétiques qui leur parlaient de Mein Kampf et de la menace nazie. Le gouvernement soviétique craignait d’être délaissé et d’être obligé de combattre seul la Wehrmacht, pendant que les Français et les Britanniques joueraient aux arbitres à l’ouest. Après tout, c’est exactement ce qu’ils ont fait quand la Pologne est tombée début septembre, en seulement quelques jours, entre les mains des envahisseurs de la Wehrmacht. Si la France et la Grande-Bretagne ne lèveraient pas le petit doigt pour aider la Pologne, auraient-elles fait plus pour l’URSS ? C’est une question que Staline et ses collègues se sont certainement posée.

Le pacte germano-soviétique ou pacte Molotov-Ribbentrop résulte de l’incapacité des Soviétiques de former une coalition anti-nazie avec les puissances occidentales. Le pacte était affreux. C’était un sauve-qui-peut soviétique, et il contenait un codicille secret qui prévoyait la création de « sphères d’influence » en Europe de l’Est « en cas de… réaménagement(s) territorial ou politique ». Mais ce n’était pas pire que ce que les Français et les Britanniques ont fait à Munich. « C’est la réponse du berger à la bergère », nota l’ambassadeur de France à Moscou. Le démembrement de la Tchécoslovaquie n’était que le prélude des évènements qui suivirent. Comme l’a si bien dit, il y a longtemps, l’historien britannique, feu A.J.P. Taylor : les violentes accusations formulées par les Occidentaux à l’encontre de l’URSS « provenaient de ces mêmes dirigeants politiques qui se sont rendus à Munich…. En réalité, les Russes n’ont fait que ce que les dirigeants occidentaux avaient envisagé eux-mêmes de faire. L’amertume de ces derniers était l’amertume de la déception, mêlée de colère et dont les déclarations communistes n’étaient pas plus sincères que leurs propres déclarations en faveur de la démocratie (leurs négociations avec Hitler le prouvent) ».

Il s’ensuit une période d’apaisement soviétique vis-à-vis de l’Allemagne nazie pas plus attrayante que la politique d’apaisement anglo-française qui l’a précédée. Staline commit alors une énorme erreur de jugement. Il négligea les mises en garde de son propre service de renseignement militaire contre une invasion de l’URSS par l’Allemagne nazie. Il se disait qu’Hitler ne serait pas assez fou pour envahir l’Union soviétique alors que la Grande-Bretagne était toujours une puissance belligérante. Quelle erreur de sa part ! Le 22 juin 1941, les puissances de l’Axe déployèrent une force militaire impressionnante et envahirent l’Union soviétique le long d’un front allant de la mer Baltique à la mer Noire.

Cette invasion marque le début de la Grande Guerre patriotique, une guerre d’une violence inouïe et d’un niveau inimaginable de brutalité et de destruction qui aura duré 1418 jours. L’URSS finit par s’allier avec la Grande-Bretagne et les États-Unis pour combattre l’Allemagne nazie. Ce fut l’Alliance des Trois Grands (Grande-Bretagne, États-Unis, URSS). La France avait bien entendu disparu, à la suite de la débâcle de son armée, écrasée par les troupes allemandes en mai 1940. Pendant les trois premières années de combat, de juin 1941 à juin 1944, l’Armée rouge se battait, presque toute seule, contre la Wehrmacht. Quelle ironie ! Staline avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour éviter de se retrouver seul face à l’Allemagne, et pourtant, son Armée rouge dut affronter, presque toute seule, les troupes allemandes et les puissances de l’Axe. Mais un retournement de situation se produisit à Stalingrad, seize mois avant le débarquement des Alliés occidentaux en Normandie. Voici ce qu’a écrit le président Roosevelt à Staline le 4 février 1943, au lendemain de la reddition des dernières forces allemandes à Stalingrad. « En tant que Commandant en chef des Forces armées des États-Unis d’Amérique, je vous félicite pour la brillante victoire, à Stalingrad, des armées placées sous votre commandement suprême. Les 162 jours de combat épique pour le contrôle de la ville qui a toujours honoré votre nom et le résultat décisif que tous les Américains [États-uniens] célèbrent aujourd’hui, resteront l’une des fiertés des peuples unis contre le nazisme et ses imitateurs. Les commandants et les combattants de vos armées sur les fronts ainsi que les hommes et les femmes qui les ont soutenus, dans les usines comme dans les champs, se sont unis, non seulement pour couvrir de gloire les divisions de leur pays, mais aussi pour insuffler, par leur exemple, une nouvelle détermination à toutes les Nations Unies pour faire plier toute résistance et provoquer ainsi la défaite finale et la capitulation sans condition de l’ennemi commun. » Comme Churchill avait dit à Roosevelt à peu près au même moment : « Dis-moi, qui se bat vraiment aujourd’hui ? Staline tout seul ! Et regarde comment il se débrouille… ». Nous ne devrions pas, en effet, oublier avec quelle ténacité l’Armée rouge a combattu.

De juin 1941 à septembre 1943, aucune division états-unienne, britannique ou canadienne n’a combattu sur le continent européen. Aucune ! Les combats en Afrique du Nord n’étaient qu’un évènement mineur lors duquel les forces anglo-américaines affrontèrent deux divisions allemandes au moment où l’Allemagne déployait plus de deux cents divisions sur le front soviétique. La campagne d’Italie, qui débuta en septembre 1943, fut un fiasco. Elle paralysa plus de divisions alliées que de troupes allemandes. Lorsque les alliés occidentaux débarquèrent enfin en France, la Wehrmacht n’était plus que l’ombre d’elle-même. L’armée allemande n’était plus aussi puissante que lorsqu’elle franchissait les frontières soviétiques en juin 1941. Le débarquement en Normandie, une stratégie rendue possible par les efforts de l’Armée rouge, fut une douche froide. Elle n’a eu, en aucun cas, une influence « décisive » sur l’issue de la Seconde Guerre mondiale, contrairement à ce que prétendent les médias traditionnels occidentaux.

En Union soviétique, le peuple soviétique, les Slaves comme les Juifs furent victimes d’une tentative de génocide perpétrée par les Allemands, qui les pillaient, brûlaient et assassinaient sans relâche. On estime que 17 millions de civils ont péri aux mains des armées nazies et de leurs complices ukrainiens et baltes. Dix millions de soldats de l’Armée rouge ont perdu la vie au cours de la guerre, en libérant l’Union soviétique et les pays de l’Est et en éliminant la brute nazie dans sa tanière à Berlin. Une grande partie de l’Union soviétique, allant de Stalingrad à l’est jusqu’au Caucase et de Sébastopol au sud jusqu’aux frontières roumaine, polonaise et balte, à l’ouest et au nord, fut dévastée. Bien qu’il y ait eu des massacres de civils perpétrés par les nazis à Oradour-sur-Glane (France) et à Lidice (Tchécoslovaquie), on en compte des centaines en Union soviétique, en Biélorussie et en Ukraine, dans des endroits dont les noms nous sont inconnus ou qui ne sont mentionnés que dans des archives soviétiques encore inexplorées ou non publiées. Quels que soient les péchés, les turpitudes et les erreurs commises par le gouvernement soviétique entre septembre 1939 et juin 1941, ce dernier s’est racheté grâce à ses énormes sacrifices et à la victoire de ses divisions sur l’Allemagne nazie.

À la lumière de ces faits, la déclaration du Premier ministre Justin Trudeau le 23 août est une propagande anti-russe motivée par des raisons politiques et qui ne sert aucun intérêt national du Canada. Trudeau a insulté, sans raison, non seulement le gouvernement de la Fédération de Russie, mais aussi tous les Russes dont les parents et grands-parents ont participé à la Grande Guerre patriotique. Il tente d’ôter toute légitimité au caractère émancipateur de la guerre de l’URSS contre l’envahisseur allemand et de discréditer ainsi l’effort de guerre des Soviétiques. La déclaration de Trudeau sert les intérêts de sa ministre des Affaires étrangères à Ottawa d’origine ukrainienne, Chrystia Freeland, une russophobe qui rend hommage à son défunt grand-père, un complice ukrainien des Nazis en Pologne sous occupation allemande. Elle soutient un régime à Kiev qui est issu d’un coup d’État violent contre le président ukrainien élu (le coup d’État du Maïdan). Ce régime est également soutenu par des milices fascistes et, à l’étranger, par l’Union européenne et par les États-Unis. Aussi absurde que cela puisse paraître, ce régime commémore les actes des complices des Allemands lors de la Seconde Guerre mondiale, traités aujourd’hui, en héros nationaux. Il faudrait d’urgence donner une leçon d’histoire au Premier ministre canadien avant qu’il n’insulte de nouveau le peuple russe, et qu’il discrédite en même temps, les sacrifices des soldats et marins canadiens, qui se sont alliés avec l’URSS pour combattre l’ennemi commun.

Michael Jabara Carley

Traduction Mouhamadou Mourtada Fall 

Source Strategic Culture Foundation

 


Actualité. Iran – USA – Europe

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À l’issue de l’accord entre l’Iran et la ‘Commission du plan d’action compréhensif », c’est lourd, c’est dit, le JCPOA, un organisme émanant de cet accord et supervisé par l’agence internationale de l’énergie atomique (IAEA) et l’ONU, a mandaté des experts internationaux indépendants pour contrôler les activités d’enrichissement d’uranium en Iran. Le JCPOA a été signé en Juillet 2015 entre l’Iran et les E3/EU+3, c’est-à-dire la Chine, la France, l’Allemagne, la Russie, la Grande-Bretagne et les USA. Il a été mis en application en Janvier 2016. Selon les termes de cet accord l’Iran s’engage à limiter ses activités d’enrichissement d’uranium, à se débarrasser de son stock d’uranium enrichi au delà d’une teneur en isotope 235 supérieure à 4 % et de limiter ses activités ultérieures de stockage d’uranium enrichi à 4 % pendant les 15 prochaines années.

Le Président iranien Hassan Rouhani a prévenu les signataires du JCPOA hors USA le 8 mai 2019 que s’ils ne prenaient pas de mesure pour protéger l’économie de l’Iran contre les sanctions décidées par les USA unilatéralement sans consulter les autres signataires du traité son pays reprendrait ses activités d’enrichissement au delà des limites autorisées par le traité et au delà d’un délai de 60 jours sans action de ces signataires. La position du gouvernement iranien avait au moins le mérite d’être claire. D’ailleurs Rouhani a prévenu hier 5 juillet 2019 que dès le 7 l’Iran reprendra ses activités d’enrichissement « autant qu’il le faudra ». Le Haut commissaire aux affaires internationales européen, les ministres des affaires étrangères de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne ont déclaré qu’ils restaient toujours en faveur du traité et de son application scrupuleuse par l’Iran. L’attitude des dirigeants Iraniens à l’égard de l’Europe est claire : ils veulent que l’Union européenne agisse rapidement.

Selon les termes de l’accord JCPOA il est interdit à l’Iran de détenir plus de 300 kg d’uranium (équivalent métal mais sous forme d’oxyde) enrichi à 4 % or le 17 juin dernier l’Organisation de l’Energie Atomique iranienne a prévenu que ses stocks dépasseraient cette limite le 27 juin. L’agence de presse iranienne ISNA a confirmé ces derniers jours que cette limite avait été dépassée. Les représentants de la JCPOA se sont donc réunis le 28 juin pour appeler l’Iran à respecter les termes de l’accord et à discuter d’une procédure pour contourner les sanctions imposées par les USA sans avoir consulté les co-signataires de l’accord JCPOA. La réunion était présidée par le secrétaire aux affaires extérieurs européennes Helga Schmid mandatée par le Haut Commissaire européen Federica Mogherini. Elle comprenait l’Iran, la Chine, la France, l’Allemagne, la Russie et la Grande-Bretagne.

Sur le site du Ministère des Affaires Etrangères de Russie, le vice-ministre des affaires étrangères Sergey Ryabkov a déclaré que le retrait des USA du JCPOA était regrettable, qu’il mettait en danger le processus d’application du traité et que ce retrait était en claire violation de la résolution 2231 du Conseil de Sécurité des Nations-Unies. Ce retrait constituait un sérieux coup pour la sécurité régionale (au Moyen-Orient) et mondiale.

Ryabkov a ajouté qu’il était du devoir des autres signataires de trouver des mesures pratiques pour que l’Iran puisse exporter son uranium enrichi ainsi que ses stocks d’eau lourde en dépit des sanctions américaines. Il a ajouté que l’IAEA était le seul organisme autorisé à faire appliquer par l’Iran ses obligations dans le cadre du JCPOA et qu’il était d’une extrême importance que l’IAEA remplisse scrupuleusement sa mission de contrôle des activités nucléaires iraniennes. La « commission conjointe » a également précisé que selon le paragraphe 8 des dispositions mises en place lors de la réunion des ministres du 6 Juin 2018 il était du devoir des pays signataires de mettre en place des mesures concrètes afin de maintenir des conditions de normalisation des relations économiques et commerciales avec l’Iran. Après la réunion de la dernière semaine de ce mois de Juin passé, les déclarations ont clairement signifié qu’il était du devoir des signataires (hors USA) d’oeuvrer pour préserver la stabilité et la paix dans la région moyen-orientale. Dans le même temps il était du devoir de ces derniers d’oeuvrer de telle sorte que les sanctions US soient levées, sanctions pour lesquelles ils exprimaient leur vif regret …

Madame Helga Schmid a insisté sur les progrès du mécanisme INSTEX (INstrument in Support of Trade EXchanges), un véhicule spécial mis en place par la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne en janvier 2019 pour faciliter les transactions commerciales avec l’Iran hors dollar. Ces trois pays ont informé les participants au meeting que l’INSTEX était opérationnel, accessible à tous les membres de l’Union Européenne et que les premières transactions étaient en cours de traitement. Ce mécanisme INSTEX est destiné à être ouvert à d’autres pays ne faisant pas partie de l’Union Européenne, selon Helga Schmid.

Les participants ont aussi été informés des progrès effectués dans la mise en conformité du réacteur de recherche iranien Arak ainsi que l’installation de production d’isotopes faisant partie de la conversion de l’usine de Fordow dans le cadre des termes du JCPOA. L’IAEA a confirmé que dans le cadre du JCPOA l’Iran avait déjà exporté vers la Russie 11 tonnes d’uranium métal vers la Russie, démantelé une grande partie des centrifugeuses de Natanz et de Fordow et que le réacteur Arak ne pouvait plus être opérationnel car les ouvertures de la cuve du coeur du réacteur avaient été pratiquées selon les termes du traité JCPOA.

Source : IAEA

Commentaire. Le trio Bolton-Pompeo-Trump se moque des accords internationaux et des résolutions de l’ONU, ce n’est pas nouveau dans l’attitude américaine. Les Américains se croient toujours les maîtres du monde et ils croient également que leur dollar subsistera à leurs turpitudes. Ils considèrent que le « billet vert » leur permettra de dominer le monde. Si les Européens, appuyés par la Chine et la Russie – cette fois-çi c’est un élément nouveau – refusent de « baisser leur culotte », excusez cette expression avilissante, et résistent au diktat américain en implémentant le dispositif INSTEX alors la suprématie du dollar sera détruite de facto. Les Iraniens commerceront en roubles, en yuans ou en or et donc, si les dirigeants européens ont une once de respect d’eux-mêmes, en euros. Reste à savoir quelle sera l’attitude à l’évidence pro-européenne de Christine Lagarde mais aussi, imprégnée de culture anglo-saxonne depuis de nombreuses années, vendue aux intérêts de la politique de la Maison-Blanche (je peux me tromper et je l’espère). Les Allemands à qui a été confiée la responsabilité de co-signer l’accord JCPOA alors qu’ils ne sont pas une « puissance nucléaire » devraient honorer leur engagement. Par contre faire confiance aux Anglais … on n’est plus à l’époque de Churchill ! Bref, sans la pression des Russes et des Chinois, alliés de l’Iran et qui n’ont pas du tout apprécié le revirement de l’administration américaine, si Trump et ses complices « imbéciles » comme le dit si bien Paul C. Roberts ne considèrent pas la réalité de la situation ils récolteront une « dédollarisation » accélérée du commerce international et un rapprochement inévitable entre l’Europe et la Russie et le jeu de poker menteur organisé par la Maison-Blanche s’arrêtera parce que aucun des autres joueurs ne pariera plus sur le dollar.