Gasprom, l’Allemagne et le gazoduc NordStream-2

Ce billet est une réflexion personnelle, il n’y a donc pas de sources citées.

Comme ils l’ont toujours fait les Américains se comportent en cow-boys et veulent dominer le monde comme ils ont dominé les grandes plaines et l’Ouest en exterminant si besoin était les population indigènes. Après avoir mis en place un système d’asservissement des pays européens depuis la fin de la seconde guerre mondiale leur objectif est aujourd’hui de mettre la main sur les ressources naturelles de la Russie comme ils l’ont fait en Irak sans grand succès. Tous les arguments les plus tordus sont donc utilisés par l’administration américaine pour ternir l’image de la Russie. Depuis le retour de la Crimée au sein de la Fédération de Russie après un référendum démocratique organisé non pas par Moscou mais par la population résidente conformément à une disposition de l’ONU précisant le droit des peuples à disposer de leur sort, ce camouflet infligé aux Etats-Unis (selon leur analyse) n’a pas été digéré et la Russie est devenue la bête noire de l’administration américaine. Toutes les occasions sont bonnes pour infliger des sanctions à la Russie et il faut admirer la patience et le pragmatisme du Kremlin.

Le cas du gazoduc NordStream-2 met au grand jour l’inconséquence de la politique étrangère américaine non plus contre la Russie mais contre l’Allemagne et par voie de conséquence contre l’ensemble de l’Europe car, pour les Américains ce n’est pas la perte du marché du gaz naturel liquéfié nord-américain qui serait à déplorer mais l’effritement de leur asservissement de l’Europe tel qu’ils l’ont construit depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Le directeur de Gasprom a averti amicalement l’Allemagne que si le gazoduc n’était pas terminé avant l’hiver 2021-2022 leu pays se trouverait au devant de graves problèmes énergétiques. Le parti écologique allemand est bien placé pour diriger l’Allemagne après les élections législatives prochaines et il encourage avec la CDU le rapide achèvement des travaux de la pose du gazoduc car le charbon de mauvaise qualité utilisé pour produire de l’électricité nuit à leur sérénité. On ne peut que déplorer que la Chancelière n’ait pas osé faire preuve de plus de fermeté : six mois ont été perdus et dans six mois ce sera l’hiver. L’immense bateau russe qui pose la dernière partie du gazoduc se trouve dans les eaux territoriales allemandes et les travaux ont repris.

En dépit des menaces américaines le gazoduc sera terminé à temps. À nouveau les Américains auront perdu une bataille commerciale et on ne peut qu’espérer que l’Europe s’en trouvera confortée dans la mesure où elle comprendra enfin que depuis la chute du mur de Berlin et de l’URSS son avenir ne peut être assuré que par un rapprochement avec la Russie. Le Général de Gaulle l’avait formulé avec ce fameux concept d’Europe de l’Atlantique à l’Oural. Les Européens, à moins de consentir à leur servitude vis-à-vis des Etats-Unis, doivent s’ouvrir vers la Russie. Ce pays n’a plus aucune ambition hégémonique ni idéologique. Alors le gazoduc NordStream-2 est une chance pour l’Europe et cette chance doit être saisie …

Brève. Géopolitique européenne

La tension est ravivée en Ukraine par l’entremise du parti démocrate américain. C’est une vieille histoire qui date de l’administration Obama. La vraie raison de ces déclarations tonitruantes provenant surtout de l’Ouest est le gazoduc NordStream-2. Les Américains veulent contrôler les approvisionnements énergétiques de l’Europe occidentale et à quelques mois du départ à la retraite de la Chancelière Merkel il était nécessaire de mettre la pression sur l’Allemagne, le pays européen le plus impatient de pouvoir disposer du gaz naturel russe. La politique de « verdissement » du secteur de l’énergie allemand a rencontré d’immenses difficultés au cours de l’hiver passé : des moulins à vent en berne, des panneaux solaires recouverts de neige, ce qui a démontré que le passage aux énergies renouvelables (intermittentes) n’était pas acquis. À tel point que des centrales thermiques censées être fermées définitivement ont du reprendre du service in extremis en raison des conditions météorologiques. Si dans moins d’un an le gazoduc NordStream-2 n’est pas opérationnel alors la situation de l’ensemble de l’économie allemande deviendra très délicate.

Alors que se passe-t-il dans de Donbass ? Le gouvernement central de Kiev a donné carte blanche aux groupes néo-nazis lourdement armés de « se défouler » en bombardant ici et là des populations civiles. Ces néo-nazis sont soutenus par la CIA qui veut attiser les tensions entre le Donbass russophone et chrétien orthodoxe et le reste du pays « ukrainophone », un dialecte proche du polonais, il faut appeler un chat un chat, et à majorité catholique. Que les Russes aient décidé d’effectuer des manœuvres militaires sur son territoire, rien ne les en empêche. Les aboiements du Secrétaire général de l’OTAN frisent le comique. Imaginez que le gouvernement suisse manifeste sa désapprobation auprès du gouvernement français parce que des bataillons de chasseurs alpins de l’armée de terre française sont en manœuvre dans le massif du Mont-Blanc, le monde entier serait pris d’un immense fou-rire.

Les USA, dans leur rêve hégémonique, veulent intégrer l’Ukraine dans l’OTAN et ni la Russie ni la Biélorussie ne veulent en entendre parler. D’autre part la CIA prétend que l’Oblast de Kaliningrad doit être supprimé car il n’a aucune raison d’être. Il est d’ailleurs révélateur que les actions de la CIA dans ce territoire russe coïncident avec les récents évènements d’Ukraine. La désinformation organisée par la CIA est tellement efficace que les chefs d’Etat européens demandent maintenant à la Russie de retirer ses troupes du Donbass ! On croit rêver. La Russie se moque de l’Ukraine mais elle réagira si des aventuriers suicidaires osent pénétrer sur le territoire russe. C’est normal.

Le parti démocrate US veut déclencher une guerre pour relancer l’économie américaine car seul le complexe militaro-industriel américain est encore en état de fonctionnement. La Russie veut vendre son gaz et n’a cure des gesticulations des Ukrainiens. D’autre part quelle que soit sa nationalité et la nature de sa mission un navire pénétrant dans la Mer Noire ne peut pas y séjourner plus de trois semaines (Convention de Montreux, 1936) s’il ne bat pas le pavillon de l’un des pays riverains et des navires de l’US-Navy ont été contraints de quitter la Mer Noire très récemment. Enfin l’Ukraine est un pays divisé et selon les statuts de l’OTAN aucun pays candidats pour rejoindre cette organisation doit d’abord régler ses problèmes nationaux. Or ces problèmes datent de plus de deux siècles et il y a fort à parier que la seule solution est une partition de ce pays artificiel. Quant au gaz russe l’Allemagne finira par taper du poing sur la table pour signifier aux Américains qu’ils s’occupent de leurs problèmes domestiques, qu’ils cessent de mentir comme ils l’ont fait depuis le 11 septembre et qu’ils reconnaissent qu’ils n’ont plus aucun droit sur les autres pays du monde.

Note à l’intention de mes honorables lecteurs. Cette semaine je fais visiter l’île de Tenerife à l’un de mes neveux et j’en ferai profiter mes lecteurs avec quelques photos de cet endroit parfois surprenant.

Brève. Histoire de vaccins

Quand il y a des centaines de milliards de dollars en jeu dans une activité commerciale quelconque inévitablement il y a de la corruption, de la très grosse corruption à tous les étages. Il ne faudra pas tenter de me faire croire que les firmes pharmaceutiques qui commercialisent un vaccin à base d’ARN messager ne savaient pas que le SARS-CoV-2 était sujet à des mutations. La séquence utilisée étant celle publiée au début de l’année 2020 par la Chine. Inutile de se poser plus de questions si l’un ou l’autre des vaccins administrés aujourd’hui n’est que peu efficace ou ne procure pas une immunité suffisante pour qu’un sujet vacciné ne soit pas contagieux s’il est en contact avec une nouvelle souche mutée sur la protéine Spike-1. Les gouvernements semblent découvrir, stupéfaits, que la science biologique représente pour eux un mystère insondable. C’est pourtant facile à comprendre : l’anticorps fabriqué par la personne vaccinée après traduction de l’ARN messager injecté est spécifique, très spécifique, d’une configuration spatiale particulière de cette protéine Spike-1. Chez les virus mutants des amino-acides ont changé et la conformation a pu également changer. La vaccination est alors un coup d’épée dans l’eau très coûteux.

Les dirigeants politiques européens, pieds et poings liés par le lobby pharmaceutique, n’ont plus d’autres alternatives que de vacciner massivement toute la population puisqu’ils nient toujours l’existence de traitements préventifs et curatifs en phase précoce de la maladie. Ce sont les exigences qui ne seront jamais rendues publiques du lobby pharmaceutique. Il faut que le virus continue a tuer (surtout des vieux) pour que les firmes pharmaceutiques engrangent le maximum de dollars. La situation est donc figée. Ces politiciens, y compris en Suisse, pays pourtant réputé pour son calme et son civisme, ont tellement malmené leurs peuples que la situation sociale est devenue progressivement insupportable. Ces politiciens s’en moquent et ils n’avoueront jamais qu’ils ont été achetés par les grandes firmes pharmaceutiques. Et tant pis pour les populations si ces vaccins provoquent des thromboses, des chocs anaphylactiques et d’autres désagréments mineurs, tant pis si ces vaccins n’immunisent pas totalement les sujets vaccinés, tant pis (ou plutôt tant mieux) si le virus circule toujours, les politiciens toucheront encore plus de bonus puisque la santé a été totalement financiarisée car les malades sont considérés comme du bétail, comme des objets du marché financier.

À l’illustration ci-dessus il manque une légende. Cette photo composite a été réalisée à la fin du mois de mars 2021 au cours d’une visioconférence entre Putine, Merkel et Macron. Ces deux derniers chefs d’Etat européens se sont demandé s’ils n’allaient pas faire appel au vaccin russe Sputnik V. J’imagine une légende du genre : « combien on va demander de pognon à Valdimir ? ». Oui, j’ai l’esprit mal tourné mais cette sombre histoire de vaccins sent vraiment très mauvais …

Brève. La Belgique n’est plus une démocratie

Suivant un dépôt de plainte d’un collectif de citoyens belges le Tribunal de première instance de Bruxelles avait rendu son jugement. Il était considéré dans ce jugement que les mesures restrictives prises par le gouvernement belge pour lutter contre la pandémie coronavirale étaient illégales. Dans tout Etat de droit se prétendant être une démocratie la justice doit être indépendante du pouvoir. C’est encore le cas en Espagne et en Italie mais pour combien de temps ? La Belgique vient de franchir la ligne rouge. Le Ministre belge de la justice a déclaré à la télévision hier mercredi 31 mars que le gouvernement ne lèverait pas les mesures et le Ministre de la santé a déclaré de son côté qu’il était « impressionné » par la décision du tribunal.

Comme en France qui n’est plus depuis non plus une démocratie le Ministre belge de la santé a déclaré, droit dans ses bottes qu’il allait mettre en place une « Loi Pandémie » pour couper court à toute discussion. Dans le même temps le gouvernement belge a fait appel de la décision du tribunal.

Le royaume de Belgique n’est plus une démocratie. D’autres pays vont suivre suivant les recommandations du World Economic Forum présidé par Klaus Schwab qui préconisent la mise en place de régimes autoritaires en Europe pour combattre le réchauffement du climat et maintenant depuis une année le coronavirus. Le cœur fondateur de l’Europe est en train de pourrir par la tête. Alors que tous ces pays qui prétendent être (encore) des démocraties ne cessent de critiquer le régime russe de Vladimir Poutine en mettant en avant la grotesque histoire Navalny ils devraient d’abord reconnaître qu’ils basculent les uns après les autres dans le totalitarisme quand la justice n’est plus indépendante du pouvoir exécutif. Je rappelle à mes lecteurs de France que ce pays a déjà basculé depuis 2017 lorsque le pouvoir en place aujourd’hui a pris le contrôle de la justice avec l’affaire Fillon. Une vraie démocratie n’a pas besoin d’un ministre de la justice, celle-ci doit faire son travail en toute indépendance, encore faut-il que le pouvoir exécutif lui en donne les moyens, ce qui n’est plus le cas de la France depuis de nombreuses années. Je doute que toutes les plaintes déposées auprès des tribunaux français au sujet de l’épidémie coronavirale trouvent un aboutissement.

En Finlande, alors que le gouvernement envisageait des mesures très restrictives pour contrôler l’épidémie de SARS-CoV-2 le Comité des Affaires Constitutionnelles, organe indépendant du pouvoir exécutif, a prévenu le gouvernement et le parlement que ces mesures étaient contraires à la constitution. Ce qui est tout à fait étonnant est le fait que les citoyens ne réagissent pas quand les gouvernements piétinent la constitution et, comme en France, gouvernent par décret. C’est inimaginable.

L’autre vrai pilier de la démocratie est l’information, qu’il s’agisse des quotidiens papier ou des sites, aujourd’hui, disponibles sur internet. Le Japon est une démocratie un peu autoritaire, très administrative, mais la constitution y est respectée scrupuleusement. La presse papier est l’une des plus foisonnantes du monde. Pour donner un aperçu de cette presse papier japonaise le Yomiuri Shimbun tire à 10 millions d’exemplaires chaque jour, l’Asahi Shimbun 8 millions, le Mainichi Shimbun à 4 millions et le Nikkei Shimbun à 3 millions d’exemplaires. Certes ces quotidiens appartiennent des grands groupes financiers mais ils délivrent des informations aussi impartiales que possible. Et, cerise sur le gâteau, ils respectent les décisions gouvernementales tout en les commentant largement afin d’alimenter le débat démocratique. En Europe occidentale la presse est entre les mains de groupes industriels et financiers qui sont main dans la main avec le pouvoir. La France est vraiment caricaturale dans le genre : tous les canaux d’information, papier ou télévisuel, sont contrôlés par des financiers qui contrôlent également le pouvoir. Comment voulez-vous que dans ces conditions – justice et information contrôlées par le pouvoir – un pays prétende être encore une démocratie ?

L’Europe des Six des années 1960 a disparu, remplacée par une technocratie tentaculaire corrompue qui a mis la main avec délectation sur 21 pays supplémentaires et les quelques démocraties qui restaient encore disparaissent les unes après les autres. Triste bilan …

Géopolitique. Diverses remarques : USA et Europe

Je voudrais présenter mes plus humbles excuses auprès de mes fidèles lecteurs car je n’ai pas l’intuition analytique surprenante par sa finesse d’Emmanuel Todd qui, bien avant la chute du mur de Berlin, eut l’audace de prédire le collapsus du bloc soviétique. Todd a récidivé en prédisant la chute de l’Empire américain dont on assiste aujourd’hui à la déliquescence. Ce pays, il y a encore quelques années, dominait le monde et, miné par l’usage de diverses drogues, par l’extravagante consommation de boissons sucrées conduisant à un surpoids de près de 60 % de la population avec toutes ses conséquences pathologiques, une chute alarmante de l’espérance de vie, une mortalité infantile en augmentation et un chômage massif de près d’un tiers de la population active, ce pays ne peut que régresser.

J’avais écrit des billets de politique-fiction sur ce blog et je me suis systématiquement trompé. Mais pour ce qui concerne les Etats-Unis, la situation est préoccupante. Juste une remarque préliminaire. Si le vieux « Joe » avait dit à son électorat au moment de la campagne électorale présidentielle, clairement, qu’il allait au cours de la première année de son mandat entrer en guerre contre un pays de son choix, ces électeurs auraient-t-ils voté pour lui ? En ce qui concerne mes « fictions » je me suis trompé au sujet d’un encombrement des maternités à la fin de l’année 2020, neuf mois après le premier confinement qu’ont subi les Français. J’avais oublié qu’en France le nombre annuel d’avortements atteint le chiffre invraisemblable de 280000 par an. Et pour une révolution lors du 150e anniversaire de la Commune, rien ne s’est passé et Christophe Claudel dont j’ai inséré sur ce blog son article l’a très bien expliqué dans une prose un peu laborieuse : les Français sont devenus des moutons dociles et il n’y a plus rien à espérer.

Pour se donner l’illusion qu’il est encore le leader du monde l’Amérique, maintenant dirigée par une équipe hétéroclite constituée d’opportunistes en tous genres, n’a plus d’autre choix que de fomenter un conflit armé avec un pays quelconque pour redémarrer une pseudo activité industrielle, comme si les USA vivaient encore les années 1940 lorsque Roosevelt orienta la totalité de l’industrie américaine pour fournir à l’Europe le soutien qui permit à la Grande-Bretagne de vaincre l’Allemagne nazie. Au passage il faut rappeler que sans la percée sur le front est de l’armée soviétique les Américains et les Anglais auraient rencontré de réelles difficultés pour vaincre le IIIe Reich. Comme chacun sait les vainqueurs réécrivent l’histoire comme ils l’entendent, mais c’est une autre affaire.

Malheureusement pour les Etats-Unis la donne géopolitique a changé. À force de traiter les Russes et les Chinois de « sous-hommes » incapables d’installer une démocratie « à l’américaine », excusez l’euphémisme, la politique américaine a réussi ce qu’elle devait éviter à tout prix : rapprocher la Chine et la Russie. En conséquence toute velléité guerrière quelle qu’elle soit de la part des USA à l’encontre de quelque pays que ce soit, aujourd’hui, constituera un très grand risque, une aventure à coup sûr perdante. L’administration Biden devrait prendre conscience que le monde a changé depuis Obama, le bloc Russie + Chine constitue un challenge qui ne pourra même pas conduire à un conflit nucléaire dont personne ne veut puisqu’il s’agirait de la plus grande extinction massive depuis la chute de la météorite qui anéantit les dinosaures il y a 65 millions d’années. Économiquement en chute libre les Etats-Unis sont devenus dépendants de la Chine, comme d’ailleurs l’Europe, et « faire des misères » à ce pays est un jeu qui se retournera contre le peuple américain.

Emmanuel Todd avait raison en prédisant la chute de l’empire américain et il a raison également en prédisant la chute de l’Union européenne. En effet l’Europe est le « pré carré » des Américains. L’Europe occidentale était déjà sous la coupe des USA lors de la guerre froide et depuis la chute du mur de Berlin c’est l’ensemble de l’Union élargie qui est dominée militairement par les Américains. À cette domination militaire il faut ajouter la domination économique et financière, le dollar étant toujours la monnaie d’échange au sein de l’Europe, le système SWIFT (américain) et les lois extraterritoriales américaines rendant de fait l’ensemble de l’économie européenne prisonnière des USA. Tout projet industriel ou commercial non conforme à la doctrine américaine est, en Europe, soigneusement combattu par tous les moyens, les plus tordus, par les Américains. L’exemple du gazoduc NordStream-2 en est une illustration.

Il y a pire encore. Les USA ont entrainé l’Europe dans le déclin idéologique en exportant les analyses ultra-gauchistes émanant des campus universitaires, y compris des plus prestigieuses universités de la côte est comme de la côte ouest. Les mouvements LGBT ou BLM (Black Live Matters) ont trouvé un terrain de choix en particulier dans les universités françaises qui, comme le gouvernement feint de l’ignorer, sont des pétaudières de gauchistes prétendant réformer le monde en attendant d’hypothétiques allocations de chômage. Ce qui sévit aujourd’hui dans ces universités me rappelle les conversations houleuses auxquelles j’ai participé en mai 1968 à l’Université de Lyon. J’osais dire haut et fort aux étudiants avec qui je suivais les cours de biologie que lorsqu’ils auraient décroché un poste de recherche pour préparer une thèse de doctorat leurs revendications s’éteindraient avec une rapidité proportionnelle au montant de leur premier salaire. C’est exactement ce qui arriva. Aujourd’hui la situation est très différente. Comme pour les hôpitaux les universités sont des laissées pour compte budgétaires et les rares diplômés français s’expatrient.

Donc l’Europe s’enfonce dans le déclin et le SARS-CoV-2 a juste un peu accéléré ce processus mortifère inexorable. Bienvenue dans un monde où tout sera beau et tous seront gentils … Prochain billet de géopolitique, le cas des Ouïghours.

NordStream-II, un enjeu européen majeur et vital

À l’époque maintenant révolue de l’administration Trump la Maison-Blanche était particulièrement hostile au gazoduc Nordstream-II pour diverses raisons, d’abord la « russophobie » prédominante mais aussi et surtout le marché allemand potentiel du gaz liquéfié en provenance des multiples puits forés dans la roche-mère américaine auquel il fallait trouver un débouché vers l’Europe et en particulier l’Allemagne était le client solvable visé. Cette politique américaine entrait dans le cadre du vieux dessein américain de main-mise sur l’Europe datant de la fin de la deuxième guerre mondiale. Depuis les évènements d’Ukraine largement fomentés par l’administration Obama (il a été nobélisé pour ses faits d’armes) et le rattachement de la Crimée après un référendum populaire de tous les habitants de cette péninsule à la Russie le projet NordStream-II a fait l’objet d’une multitude de chantages de la part des USA. L’Ukraine, se voyant privée à terme des revenus engendrés par le passage du premier gazoduc traversant son territoire depuis la Russie vers l’Europe, a organisé un forcing constant sur la Maison-Blanche pour ruiner le projet NordStream-II. Forts de l’extraterritorialité de leurs lois les américains ont menacé de sanctions tous les actionnaires du projet : Gasprom, Royal Dutch Shell, OMV et Engie pour ne citer que les plus emblématiques. Ce projet d’un montant de 9,5 milliards de dollars est garanti par une série de banques qui ont très gros à perdre en cas d’arrêt définitif de ce projet : Euler Hermes, coordinateur, Crédit Agricole, Société Générale, Commerzbank, Unicredit, Deutsche Bank, SMBC (Japon), RBS, … Une multitude d’entreprises européennes sont impliquées dans ce projet ainsi que Sumitomo ou encore Rolls-Royce (Sources Wikipedia).

Avec l’arrivée du vieux Joe Biden la donne a quelque peu changé, en apparence du moins, puisque la pression des écologistes américains a brusquement remis en question la fracturation hydraulique des roches-mères et les nouvelles explorations semblent restreintes. L’Allemagne, montrée du doigts, cette fois par les écologistes allemands et français, a un réel besoin de ce gaz russe pour réduire sa consommation de charbon. Pourtant le Président français pousse la chancelière allemande à abandonner le projet NordStream alors qu’il est presque achevé, conformément à sa politique de totale soumission à la Maison-Blanche. Il semble d’ailleurs qu’il n’ait pas encore digéré que le locataire de la Maison-Blanche a changé … De son côté la Pologne, évincée de ce projet, ne dit mot et va probablement se tourner soit vers la France, soit vers les USA, pour lancer un programme de nucléaire civil audacieux et s’affranchir également de son charbon pourtant domestique pour la production d’électricité. C’est sans ignorer la présidente de la Commission européenne qui est une crypto-écologiste notoire et qui rappelle à la Pologne les engagements « verts » de la Commission.

Un autre point qui n’a peut-être rien à voir avec le projet NordStream est l’affaire Navalny mais que Macron a osé mentionner. Comme le leader de la contestation à Hong-Kong, Navalny est piloté par la CIA. Comme à son habitude ce service de la CIA a procuré des documents photographiques susceptibles de ternir l’image de Vladimir Poutine. Or il se trouve que la photo qui a fait le tour du monde et représentant l’hypothétique palace personnel de Poutine n’est autre qu’un hôtel de luxe en construction situé dans le sud de l’Allemagne au bord d’un lac. Comme chacun sait l’Allemagne est sous la haute surveillance de la CIA (cf les écoutes téléphoniques dont a été victime Angela Merkel) et cette histoire Navalny arrive à point nommé pour discréditer l’utilité du projet NordStream, une sorte de complot ourdi par l’administration Trump mais repris au galop par le vieux Joe.

On en arrive donc au problème récurrent du choix de la source d’énergie pour la production d’énergie électrique. L’Allemagne a décidé de démanteler la totalité de son parc nucléaire et la Pologne subit la pression des écologistes de la Commission européenne pour s’affranchir de son charbon. Il lui reste le choix entre les moulins à vent + les panneaux solaires ou l’énergie nucléaire et, bien pensante, la Commission de Bruxelles songe à pousser la Pologne à s’adresser aux Américains ou aux Français pour construire des centrales nucléaires. Drôle de choix quand on sait que les Etats-Unis n’ont pas construit une seule centrale nucléaire depuis plus de 30 ans et que la France est incapable de respecter les délais de construction tant de l’EPR finlandais que de l’EPR français. Le projet britannique d’Hinkley Point C arrivera-t-il à son terme un jour ? Nul ne le sait. Autant les Américains que les Français ont perdu dramatiquement leur savoir-faire dans le domaine du nucléaire civil.

Pour rappel les deux EPR chinois de Taishan ont été construits en 9 ans et la technologie des turbines Arabelle, fleuron d’Alstom-Energie vendu par Macron aux Américains, a été cédée clés en main à la société chinoise Dongfang Electric. Il ne reste donc dans le monde que deux pays capables de construire des réacteurs nucléaires : la Chine et … la Russie. Il est difficile d’imaginer que la Pologne fasse appel à la Russie car ce pays est son ennemi héréditaire. Pour ce qui concerne la Chine, le « China-bashing » systématique organisé par les USA et repris stupidement par l’Europe complique la situation. La Pologne n’a pas d’autre choix que de continuer à extraire son charbon pour produire son électricité quoiqu’en pense la Présidente de la Commission européenne.

Moralité de cette sombre histoire : si l’Europe occidentale refuse de normaliser ses relations avec la Russie elle signe par conséquent son arrêt de mort économique. Le « Green New Deal » à l’européenne décidé par Madame Van der Leyen est déjà un arrêt de mort. L’arrêt du projet NordStream provoquera des tensions au niveau des banques européennes qui seront un autre facteur d’accélération du collapsus généralisé de l’économie européenne. Sans la création d’une Europe « de l’Atlantique à l’Oural » cette Europe telle que nous la connaissons aujourd’hui va tout simplement disparaître …

Pour ceux de mes lecteurs qui désireraient approfondir mon analyse cette conversation me paraît intéressante : https://www.youtube.com/watch?v=DgLlxpFue34&t=62s

Standard&Poor analyse le futur énergétique de l’Europe : il n’y a de place pour aucun optimisme …

La transition énergétique « propre » de l’Union européenne « laisse de côté un certain nombre de technologies éprouvées » dans une approche qui est « plus une économie politique qu’une économie de marché », a déclaré cette semaine un analyste du cabinet S&P Global Ratings Infrastructure and Utilities. (Les brefs commentaires et ajouts de mon cru figurent entre parenthèses et en caractères italiques).

S’adressant aux journalistes le 16 novembre 2020, avant la conférence annuelle de l’agence de notation sur les infrastructures et les services publics, Pierre Georges, directeur principal de EMEA Utilities (producteurs d’électricité de la zone Europe-Moyen-Orient-Afrique), a déclaré que la part de la capacité nucléaire dans le mix énergétique du bloc européen devrait baisser de 32 GW d’ici 2030 par rapport à son niveau de 2018. Il s’agit du chiffre net de S&P pour l’UE et le Royaume-Uni, (qui comprend la mise en service de la centrale nucléaire de Mochovce en Slovaquie sur cette période (2020)). L’Allemagne, l’Espagne et la Belgique – qui ont toutes des plans de sortie du nucléaire – représentaient respectivement 9,5 GW, 7,1 GW et 5,8 GW de capacité nucléaire à la fin 2018. Le chiffre de 32 GW est une baisse de capacité légèrement plus rapide que celle projetée dans le scénario le plus bas du rapport sur le combustible nucléaire de l’Association nucléaire mondiale.

Interrogé sur l’avenir de la nouvelle construction nucléaire en Europe, Pierre Georges a déclaré : « Mis à part les développements des nouvelles technologies, des points d’interrogation planent sur les perspectives du secteur nucléaire en Europe datant d’avant la pandémie et celles-ci persistent ». Le parc de réacteurs vieillissant à travers l’Europe atteint sa 40e année dans de nombreux pays, a-t-il déclaré, et le démantèlement de ces centrales est « inévitable ». Les nouveaux projets de construction au Royaume-Uni, en Hongrie et en Pologne ne mettront pas de nouvelles capacités en ligne avant 2030, a-t-il ajouté (hors EPRs d’Olkiluoto et de Flamanville).

Le manque de nouvelles unités va au-delà de la question de l’acceptation publique du nucléaire, a-t-il dit, et des problèmes de la chaîne d’approvisionnement (et de la gestion des déchets). Le savoir-faire et l’expertise disparaissent lentement mais sûrement, il faut donc vraiment relancer une nouvelle industrie pour y arriver dans les décennies à venir. Les perspectives pour les petits réacteurs modulaires pourraient être meilleures que pour les usines à grande échelle, a-t-il dit, et celles-ci pourraient éventuellement faire partie du secteur de la production d’hydrogène.

Choix technologiques

La croissance des énergies renouvelables n’a pas été affectée par la pandémie en raison d’un renforcement des signaux politiques nationaux et européens, a-t-il déclaré. Les moteurs politiques de cette année comprennent le fonds de relance de 750 milliards d’euros de la Commission européenne. L’objectif de l’UE est une réduction de 55% ou plus des émissions d’ici 2030 et de la neutralité carbone d’ici 2050, en matière d’hydrogène vert capacité d’électrolyse de 6 GW d’ici 2024 et de 40 GW d’ici 2030 (à l’évidence cela relève du rêve 6GW = 7 réacteurs nucléaires type Fessenheim), l’Allemagne portant ses objectifs éoliens offshore à 20 GW d’ici 2030 et 40 GW d’ici 2040, et le Royaume-Uni (qui ne fait plus partie de l’Union européenne) augmentant son objectif éolien offshore en 2030 de 30 GW à 40 GW. Mais les ambitions gouvernementales pour le « net zéro » se déroulent dans un environnement macro-économique « fragile », a-t-il dit, et de nouveaux modèles d’investissement devront être définis.

Il y a la question autour du « bon choix » de technologie, a-t-il dit, car « une technologie appliquée trop rapidement peut être dangereuse voire mortelle, mais aller trop lentement ne nous permettra pas d’atteindre les objectifs zéro carbone ». (Pierre Georges n’a pas précisé ce qu’était dans son esprit une technologie mortelle : mortelle en terme de vie humaine ou mortelle pour l’économie ?) « La transition énergétique de l’UE laisse de côté un certain nombre de technologies éprouvées par le passé, ce qui impliquera une adaptation plus drastique. C’est le cas des acteurs des énergies fossiles – charbon, pétrole et gaz – et dans une certaine mesure l’industrie nucléaire ». Il a été demandé à Pierre Georges s’il y avait un décalage entre les projections de l’Agence internationale de l’énergie (IEA) et d’autres organisations selon lesquelles le nucléaire doit être inclus dans la transition énergétique propre si le monde veut atteindre les objectifs de réduction des émissions de carbone, et le fait que la taxonomie de l’UE sur la finance durable néglige le rôle de l’énergie nucléaire. Il a déclaré à ce sujet : « Le nucléaire est bien sûr une technologie proche du zéro carbone qui pourrait avoir un rôle à jouer. Les questions qui se posent aujourd’hui sont qu’il faut trouver le bon modèle [de financement]. La France, qui est le pays le plus exposé lorsque il s’agit du nucléaire retarde toute réponse sur le « nouveau » nucléaire jusqu’au prochain mandat présidentiel et vous pouvez voir que c’est un sujet hautement sensible politiquement. Mais c’est aussi très rationnel, étant donné l’incapacité jusqu’à présent à achever les projets existants, que ce soit avec Olkiluoto-3 en Finlande ou Flamanville en France. Regardez ces deux projets et posez-vous la question suivante : pouvons-nous effectivement construire un nouveau cycle d’investissement pour le nucléaire alors qu’il est tout à fait évident qu’il existe aujourd’hui des faiblesses techniques et d’expertise dans l’industrie ? » (Les deux EPRs du site chinois de Taishan dont la construction a commencé en 2009 ont été connectés au réseau respectivement en 2018 et 2019, ce détail n’a pas échappé à Pierre Georges qui en a conclu qu’il n’y avait plus d’expertise dans ce domaine industriel en Europe. Les prochaines unités construites en Europe le seront par la Chine ou la Russie). Les prévisions de l’IEA ont une vision globale et prennent ainsi en compte les chaînes d’approvisionnement nucléaire en Russie et en Chine, où les pipelines d’investissement sont plus certains et l’expertise dans le nucléaire « ne s’est jamais éteinte ».

La voie vers une économie nette zéro carbone présente aux services publics un certain nombre de défis technologiques dans la mesure où le secteur de l’électricité est « encore en phase de R&D pour que la décarbonisation se produise », a-t-il déclaré. Ces défis incluent le développement de technologies de production de l’hydrogène et de capture du carbone et l’intégration de la numérisation (difficile de comprendre de quoi il s’agit, les « smart-grids » peut-être, encore une vue de l’esprit : on ne pilote pas la consommation électrique d’un logement comme on pilote la consommation d’un pays tout entier). Un autre défi, non seulement dans le secteur des producteurs d’électricité mais aussi dans le pétrole et le gaz, est d’adopter une approche stratégique de la gouvernance environnementale, sociale et d’entreprise en ligne avec la transition vers l’énergie propre. Un autre défi consiste à déplacer l’accent mis dans la réglementation des préoccupations sur le maintien des industries très grosses consommatrices d’électricité et donc à l’incitation des opérateurs de réseau et des développeurs d’infrastructures à faire les investissements nécessaires. (De ce fait il est prévisible que dans quelques années seulement il n’y aura plus de sidérurgie ni de production d’aluminium en Europe et l’industrie chimique sera gravement pénalisée).

La vie après COVID

La voie de la reprise après la pandémie de coronavirus « reste cahotique » mais le rebond des économies dans les États membres de l’UE après la première vague de verrouillage a été plus fort que prévu, a déclaré Georges. Selon S&P, le PIB de la zone euro dans son ensemble a baissé cette année de 7,4% par rapport à son niveau de 2019, mais devrait augmenter de 6,1% en 2021. À titre de comparaison, les variations des PIB des États-Unis et de la Chine ont été respectivement, -4% et + 2,1% cette année et devraient augmenter de 3,9% et 6,9% l’an prochain (Ah bon ! chacun ses prévisions mais je serais beaucoup plus pessimiste. Exemple : le Japon n’a jamais confiné le pays et l’activité économique et industrielle n’a pas cessé comme c’est encore le cas dans certains pays européens. Pourtant l’économie japonaise s’est contracté de 5 % sur les 9 premiers mois de 2020 simplement en raison du ralentissement de l’économie de ses pays clients, c’est-à-dire des facteurs extérieurs au Japon). « La situation favorable est susceptible de perdurer et, de plus, le monde financier fait également pression pour une économie plus verte visant à construire un portefeuille de prêts dans le développement durable et l’innovation verte. Les investisseurs qui s’intéressent à l’Europe intègrent de plus en plus les facteurs énergétiques dans leur analyse et leurs choix d’investissement », a-t-il déclaré. « Cela change progressivement les stratégies des entreprises qui y intègrent de plus en plus le cadre énergétique ».

Sur ce que la pandémie COVID-19 signifie pour la transition énergétique, Georges a déclaré que les infrastructures énergétiques entrent dans une décennie d ‘« investissement de super-cycle ». « C’est formidable, mais qu’arrive-t-il à la chaîne d’approvisionnement et à la clientèle, qui ne bénéficient pas de la même manière dans leur cœur de métier, et sont peut-être un peu démunis pour faire face à cette croissance ? Le secteur des services publics aura toujours un bilan assez serré et Il faudra trouver un équilibre avec les opportunités d’investissement élevées. C’est vraiment ce dont nous aurons besoin pour saisir pleinement les prochaines mises à jour de la stratégie découlant du secteur de l’énergie pour nous assurer que cette combinaison de croissance élevée et de bilans contraints puisse fonctionner ensemble ». La nouvelle situation créée par la pandémie a conduit à des « messages contrastés » sur les infrastructures, a-t-il déclaré. « Nous voyons d’un côté que le COVID-19 affecte certains secteurs du monde des infrastructures, comme les aéroports et les transports en général. D’un autre côté, les considérations environnementales, la lutte contre le changement climatique et l’assouplissement des restrictions budgétaires donnent un énorme coup de pouce aux besoins en infrastructures, ouvrant la voie à une décennie de super-cycle d’investissement à partir des infrastructures vertes à une époque de coût du capital historiquement bas ».

S&P prévoit que les investissements dans les énergies renouvelables « augmenteront massivement » dans le monde et qu’il y aura « quatre fois plus de solaire, trois fois plus d’éolien terrestre et trois fois plus d’éolien offshore » d’ici 2030. Dans l’UE et au Royaume-Uni, cela va provoquer un changement de paradigme, a déclaré Georges, avec une capacité installée d’énergie renouvelable augmentant de 50% d’ici 2025 par rapport aux niveaux de 2018. « Nous pensons que les réseaux électriques se développeront le plus pour connecter et intégrer les énergies renouvelables, tandis que les réseaux de gaz ont plus d’incertitudes dans une économie décarbonée, et nous voyons leurs perspectives à long terme dépendant de la montée en puissance de l’hydrogène. L’intégration de la numérisation nécessitera une mise à niveau de l’infrastructure de base existante, ce qui nécessitera des investissements massifs », a-t-il déclaré.

« Les défis incluent le fait que cette transition énergétique est une économie politique par opposition à l’économie de marché que nous connaissons bien. Elle découlera de l’efficacité énergétique ainsi que de la décarbonisation et de l’électrification de l’économie. Ces défis seront coûteux et nécessiteront un consensus de la part de tous les gouvernements ». (Quand on sait que les gouvernements et les entreprises rémunèrent les agence de notation et d’analyses pour qu’elles leur présentent de telles divagations on ne peut qu’être figé d’effroi. Première question : comment les pays européens produiront-ils massivement de l’hydrogène, 6 GW d’ici 2024 et 40 GW d’ici 2030, 40 GW représentant 22 fois la capacité de la totalité de la centrale nucléaire de Fessenheim, 2 réacteurs de 0,9 Gwe, maintenant fermée et destinée à la ferraille. J’ignore quelles sont les qualifications du staff de S&P mais il est évident que cette institution a viré vers l’écolo-gauchisme pur et dur pour oser déclarer un tel tissu d’inepties).

Le Grand Reset du WEF : pas pour tout le monde !

Ce dimanche passé à Hanoï au Vietnam a été enfin conclu le RCEP ou Regional Comprehensive Economic Partnership, la plus importante zone de libre-échange du monde représentant plus de 2 milliards de personnes. Aux dix pays membres de l’ASEAN, Myanmar, Thaïlande, Cambodge, Laos, Vietnam, Philippines, Brunei, Malaisie, Indonésie, et Singapour, se sont joint à cet ensemble la Chine, la Corée (du sud), le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Sur les parchemins du traité la République de Chine, appelée aussi Taïwan, ne figure pas malgré le fait que l’économie de ce pays, rapportée au nombre d’habitants (23 millions), est identique à celui de la France. La signature de ce traité qui avait fait l’objet de très longues discussions depuis 2012 a été donc effective à la suite du retrait par décision de Donald Trump de l’accord commercial trans-Pacifique plus connu sous l’acronyme de TPP. Le RCEP comprend donc un tiers de la population du monde et près de 30 % du produit brut mondial.

Si les conséquences de ce traité paraissent effrayantes pour l’Union européenne qui patauge dans le marasme depuis la crise de 2008 ainsi que pour Donald Trump qui a eu un sursaut de mauvaise humeur, la mise en place de cet accord de libre-échange global ne sera effective qu’après d’autres discussions entre tous ces pays malgré le fait qu’il existe déjà une multitude d’accords de libre-échange bilatéraux dans cette nouvelle zone économique gigantesque. Le pilier de base de ce traité est que tous les pays seront traités sur une base d’égalité. Ceci sous-entend que chaque membre sera incité à chercher des fournisseurs et des clients dans cette zone RCEP. Ce traité historique pourra changer la face du monde et définitivement déplacer l’épicentre économique du monde dans cette zone. Après ratification définitive par les Parlements de chaque pays membre l’Europe et l’Amérique n’auront plus que leurs yeux pour pleurer. S’il paraît incongru que l’Australie et la Nouvelle-Zélande se soient jointes à ce traité il est cependant compréhensible que ces deux pays soient partie prenante de l’avenir économique de cette zone. En effet l’Australie est le premier exportateur de charbon et de minerai de fer vers cette zone et la Nouvelle-Zélande un partenaire important pour l’exportation de viande, de produits laitiers et de laine vers la Chine, le Japon, la Corée et d’autres pays comme Singapour (le plus petit de la zone) ou le Vietnam.

Parallèlement à la mise en place d’un accord global de libre-échange les accords de swap sont d’ors et déjà envisagés. Il en existe entre certains pays comme notamment la Chine et le Japon. L’autre projet auquel tiennent les Chinois est l’élaboration rapide de l’équivalent de la procédure de paiement électronique interbancaire SWIFT réservée à cette zone, les transactions hors-RCEP relevant du système SWIFT. Mais la mise en place d’une monnaie commune n’est pas à l’ordre du jour, probablement parce que l’exemple de la zone euro n’est pas vraiment convaincant … Source partielle : BBC News

Le grand reset, le nouvel ordre mondial : qui sera concerné ?

Ces commentaires sont une suite de l’article de Peter Koenig. Le rêve des « hommes de Davos », en d’autres termes du Forum Économique Mondial (WEF), d’imposer au monde entier une gouvernance globale ne se réalisera pas si des pays, importants économiquement, refusent d’accepter des lois et des systèmes de gouvernance qui leur sont étrangers ou imposés par des étrangers. Chaque pays a une histoire qui lui est propre, chaque pays vit avec ses coutumes et il est difficile d’imaginer qu’un pays comme le Vietnam, avec ses 96 millions d’habitants, puisse accepter que des représentants de l’intelligentsia internationale viennent leur imposer un autre modèle politique et social. Le Vietnam n’a pas oublié la guerre que lui imposa les Etats-Unis, le premier pays concerné par l’élaboration de la mise en place de cette gouvernance mondiale.

En effet, Washington n’acceptera jamais que le dollar US soit rétrogradé au rang de monnaie nationale. Or les plans du WEF font la part belle à une monnaie internationale qui ne sera pas nécessairement adossée au dollar US. Le Vietnam se trouve dans le nouvel épicentre économique mondial qui compte, sans englober l’Inde, le Pakistan, le Myanmar et le Bangladesh, 2180 millions de personnes. Les pays leaders de cet ensemble sont la Chine, la Corée, le Japon et Taïwan. Les autres entités nationales majeures de cet ensemble sont, donc, le Vietnam, la Thaïlande avec 66 millions d’habitants, l’Indonésie (270 millions), les Philippines (109 millions), la Malaise (32 millions, ensemble auquel il faut ajouter Singapour. C’est dans cette zone que les affaires se développent et attirent des volumes gigantesques de capitaux. Les investisseurs ont compris que le plan du WEF ne concerne finalement que l’Europe, les USA et peut-être le Canada et l’Australie. Ce dernier pays s’orientera naturellement vers le nouveau pole économique extrême-oriental quelle que soit l’attitude écolo-gauchiste du gouvernement actuel de Canberra qui veut bannir les exportations de charbon et de minerai de fer vers la Chine, la Corée et le Japon parce que ce n’est pas « green ».

Il ne faut pas oublier dans cette description du nouveau pole de croissance mondiale la Russie. Ce pays fait en effet partie de cette zone, géographiquement parlant, et compte bien jouer un rôle économique important ne se limitant pas à la seule Chine. Les immenses étendues sibériennes qui jouxtent la Chine font déjà l’objet d’une implantation économique chinoise très dynamique dans des villes comme Vladivostok, Khabarovsk ou encore Irkutsk et Yakutsk. La Chine et les autres pays énumérés ci-dessus représentent des marchés immenses pour la Russie. L’erreur majeure de l’Europe a été de se détourner de la Russie en se pliant aux contraintes politiques imposées par Washington et cette erreur stratégique conduira l’Europe à sa perte. D’ailleurs l’Europe n’est-elle pas déjà en ruine ?

Le fait que les investisseurs transfèrent massivement des capitaux dans ces pays de l’Extrême-Orient signifie clairement que l’Europe est en état de mort cérébrale pour reprendre un mot du Président français au sujet de l’OTAN. À la suite de la chute du mur de Berlin les Européens, plutôt que de suivre comme des moutons les Américains, auraient été beaucoup plus avisés d’exiger la dissolution de l’OTAN. La Commission européenne n’a plus aucun pouvoir de décision, tout se passe dans le bâtiment d’à côté : le siège du QG de l’OTAN à Bruxelles. L’OTAN a tellement asservi l’Union européenne que celle-ci a été entrainée dans des conflits qui n’avaient rien à voir avec sa propre sécurité, je pense à l’Irak, à l’Afghanistan, au Kosovo, à la Syrie et à la Libye. De plus l’Europe a accepté le déploiement de l’armée américaine jusqu’aux frontières ouest de la Russie alors que ce pays n’a plus aucune visée territoriale depuis la chute du rideau de fer. À ce sujet l’attitude de la Chancelière Merkel est presque caricatural ! Elle veut bien du gaz russe (NordStream II) mais dans le même temps elle garde en elle une rancoeur irréductible à l’encontre de l’URSS qui, selon elle, lui a pourri sa jeunesse en RDA. C’est une raison que l’on pourrait dire épidermique de la position d’Angela Merkel qui se plie aux désirs des Américains au sujet de la Russie en ce qui concerne la défense de l’Europe. Au risque de me répéter dans ces lignes la Russie n’alimente aucune idée d’hégémonie sur l’Europe : elle est déjà tournée vers l’Extrême-Orient.

Le cas de la Crimée est exemplaire de l’incohérence totale de la politique européenne sur la scène internationale. Inutile de rappeler l’incroyable scandale du vol MH17 dont le dossier a été totalement occulté par les Pays-Bas sur ordre de l’OTAN ni des ingérences de l’Europe au côté de la CIA à Kiev. Mais le plus scandaleux encore est l’attitude de l’Europe face à la soi-disant annexion de la Crimée par la Russie. Ce sont les habitants de cette péninsule qui ont décidé, et non pas Moscou, de quitter l’Ukraine. Il faut dire que l’attitude de l’Europe dans cet événement n’est pas reluisante : l’Europe a accepté l’annexion par le Maroc du Sahara Occidental ainsi que l’annexion de Mayotte par la France, deux situations qui n’ont jamais été reconnues par les Nations-Unies, faut-il le rappeler. Pourquoi encore une fois deux poids, deux mesures ? Parce que l’OTAN est derrière tout cela et son but est de préparer une confrontation de l’Europe avec la Russie qui se moque bien de ce conglomérat hétéroclite de pays qui n’arrivent pas à s’entendre sauf pour la taille des cornichons ou le diamètre des pommes, et encore …

Donc l’Europe, le ventre mou du monde, est mûre pour accepter sans protester une gouvernance supranationale selon les objectifs du WEF avec pour guide suprême le président d’un groupe d’oligarques apatrides. L’instrumentalisation et la gestion de la pandémie de SARS-CoV-2 par les pays européens révèle clairement leur soumission ce projet. La Suède et le Professeur Didier Raoult en France jouent les trouble-fait et tous les médias acquis au projet du WEF n’ont eu de cesse de ternir leur image : dans cette histoire de SARS-CoV-2 on n’est plus à un scandale près. En conclusion les démocraties européennes et l’Amérique du Nord n’ont plus d’avenir, ce qui n’est pas le cas du reste du monde et certainement pas le cas de la zone économique extrême-orientale.

Économie française : encéphalogramme plat !

La croissance économique d’un pays peut être estimée par deux approches toujours valables compte tenu de la forte dépendance de la plupart des économies occidentales aux combustibles fossiles : la consommation de ces derniers ou l’émission dans l’atmosphère de divers gaz résultant de cette consommation. Une série de satellites permet d’obtenir en temps réel les émissions de CO2 et d’oxydes d’azote provenant de la combustion de ces combustibles fossiles. Leur utilisation se répartit entre la production d’électricité, le transport terrestre, le transport aérien, le transport maritime, l’industrie et le chauffage urbain et résidentiel. Ce dernier poste de consommation (ou d’émission de CO2) est saisonnier. L’agrégation de toutes ces données a permis de mettre en évidence une profonde dépression économique à l’échelle mondiale au cours de la première moitié de l’année 2020 en comparaison de la même période de l’année 2019 :

Ce déclin a été le plus violent aux USA et en Europe. Et parmi les pays de l’Union européenne les plus « économes » en combustibles fossiles durant les 6 premiers mois de l’année 2020 on trouve l’Espagne avec 18,8 % d’émissions de CO2 (ou de combustion de combustibles fossiles) en moins par rapport à la même période de 2019 suivie par l’Allemagne et le Royaume-Uni (moins 15 %) la France (moins 14,2 %) et l’Italie (moins 13,7 %). Il est opportun sinon nécessaire de faire une correction pour la France car ce pays a utilisé très peu ou pas du tout de combustibles fossiles pour générer de l’électricité en regard des autres pays européens où cette utilisation de combustibles fossiles est dédiée pour 50 % à cette production d’électricité. Pour la France, pays qui intéresse la majorité des lecteurs de ce blog, si le paysage énergétique était sensiblement équivalent à celui des autres pays européens la chute des émissions de CO2 correspondrait donc à un ralentissement profond de l’activité industrielle utilisant des combustibles fossiles combiné à un ralentissement des transports terrestres autres que les chemins de fer majoritairement électrifiés.

Considérant donc que l’utilisation de combustibles fossiles est un marqueur de la vivacité de la croissance économique et que dans les pays européens cette utilisation est en moyenne dédiée à hauteur de 50 % à la production d’énergie électrique, alors cette chute des émissions de CO2 (ou de consommation, virtuelle, de combustibles fossiles) n’est plus, pour la France, de 14 % mais de 28 %. Dans un précédent billet sur ce blog je prévoyais déjà en mai une chute globale de l’économie française de 20 % pour l’année 2020 (lien ci-dessous) il serait plus probable que cette chute atteigne au mieux 25 % voire au pire 28 % comme je viens de le mentionner. Je n’aimerais pas du tout être aujourd’hui un membre du gouvernement français qui ne cesse de répéter de manière mensongère que la chute de l’activité économique française ne dépassera pas 10 % en 2020 … et avec ce reconfinement qui vient d’être mis en place pour une durée inconnue la situation pourrait bien atteindre ces 28 % de chute, une catastrophe aux conséquences dramatiques dont le gouvernement français n’a pas l’air de se préoccuper !

Source : https://doi.org/10.1038/s41467-020-18922-7 en accès libre. Je suggère à mes fidèles lecteurs d’ouvrir cet article et de regarder en détail la Figure 2.

Autre lien: https://jacqueshenry.wordpress.com/2020/05/15/en-france-les-ecolos-deconfines-ont-repris-les-manettes-pour-le-pire/