Energie : en Allemagne c’est du grand n’importe quoi !

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Après le grand tremblement de terre du 11 mars 2011 qui fit 20000 morts et disparus au Japon et endommagea la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi entre autres installations industrielles, l’Allemagne prit la décision brutale de se passer de l’énergie nucléaire. L’idée était déjà dans l’air puisque le gouvernement fédéral avait pensé à mettre en place une accise (voir note) sur l’uranium avec la bonne intention d’utiliser plus tard les revenus de cette dernière pour financer les coûts de prolongation des permis d’exploitation et de démantèlement de ces centrales électriques. Après l’accident japonais le gouvernement fédéral précipita l’application de l’accise sur l’uranium qui consistait à taxer chaque gramme d’uranium de 145 euros, vous avez bien lu : chaque gramme … Cette taxe était supposée rapporter au gouvernement 2,3 milliards d’euros par an. Après l’accident de Fukushima 8 réacteurs allemands furent fermés et la part du nucléaire dans la production d’électricité est passée de 25 % avant 2011 à 12 % aujourd’hui.

Près de la moitié de l’énergie électrique produite en Allemagne provient des centrales à charbon et lignite. Quant aux centrales électriques brûlant du gaz naturel (15 % du total produit) elles servent essentiellement à pallier aux déficiences des moulins à vent installés à la hâte dans le nord du pays.

Les sociétés de production d’électricité opérateurs des centrales nucléaires – il n’en reste que 8 opérationnelles – sont EOn, EnBW et RWE. Lors de la mise en place de cette accise, ces compagnies ont déposé un recours auprès de la Cour de Justice de Hambourg qui répondit deux ans plus tard qu’elle n’était pas compétente pour statuer sur le caractère constitutionnel de cette taxe ni en regard de la loi allemande ni en regard des lois européennes.

Les trois compagnies déposèrent donc un dossier auprès de la Cour Européenne de Justice qui rendit son avis en juin 2015. Cette accise était conforme aux règlementations européennes en vigueur. Pourtant la loi européenne est supposée exempter de taxe les combustibles utilisés pour produire de l’électricité, que ce soient le charbon, le fuel lourd, le gaz naturel ou encore la bio-masse. L’uranium ne figure pas dans cette liste ! Les compagnies EOn, EnBW et RWE ont donc en dernier recours fait appel aux compétences de la Cour Constitutionnelle Fédérale à Karlsruhe qui vient de rendre son verdict : l’accise appliquée depuis 2011 à l’uranium est non conforme à la Constitution allemande et donc nulle.

Le Gouvernement fédéral allemand va devoir rembourser aux compagnies d’électricité des sommes substantielles. EOn va recevoir 2,8 milliards d’euros indûment payés plus 450 millions d’intérêts, et RWE et EnBW respectivement 1,7 et 1,44 milliard.

Ce qui ressort de cette affaire est clair, la politique énergétique allemande a atteint un degré de surréalisme inimaginable. Sous la pression des partis écologistes l’accise sur l’uranium a été mise en place sans que sa conformité constitutionnelle soit un instant étudiée. De plus, la fermeture prématurée de la moitié du parc nucléaire allemand a précipité une augmentation insoutenable du prix du kWh pour les particuliers qui a doublé en 5 ans alors qu’il était le moins cher d’Europe à la production avec le mix nucléaire-charbon. L’ensemble du marché européen de l’électricité a été déstabilisé et au final l’Allemagne, malgré des forêts de moulins à vent dans le nord du pays, n’a pas réduit d’un gramme ses émissions de CO2 produites par les centrales électriques. Malgré le tableau désastreux que présente la production d’électricité en Allemagne, en France le pitre Nicolas Hulot envisage de fermer autoritairement tous les réacteurs type 900 MW car ce sont les « plus vieux » donc, par pure idéologie les « plus dangereux ». Hulot est paraît-il le plus populaire des ministres du gouvernement actuel, c’est dire à quel point les Français sont aveugles et ne veulent surtout pas savoir ce qui les attend pour leur facture d’électricité. Il leur suffit pourtant de constater ce qui se passe en Allemagne, un vrai désastre !

Source : World Nuclear News, illustration centrale électrique au charbon de RWE.

Note 1 : l’accise est un impôt indirect calculé non pas sur la valeur d’un produit mais sur sa quantité. En France la taxe sur les alcools, calculée en degrés/hectolitre ou encore celle sur les produits pétroliers sont des accises. Il s’agit d’un des plus vieux impôts mis en place dans le monde car son calcul est simple et ne demande que peu de personnel pour le recouvrer.

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Note 2 : À propos d’énergies vertes la société allemande Uniper, opérateur des centrales électriques thermiques classiques d’EOn et filiale de cette dernière, a créé à Gardane (Bouches-du-Rhône, illustration ci-dessus) avec l’aide de fonds publics français, c’est-à-dire avec les impôts du contribuable, une centrale thermique brûlant du bois à raison de 850 000 tonnes par an pour remplacer le charbon. C’est bien connu : le bois c’est de l’énergie verte donc ça ne pollue pas ! Sauf que les habitants alentour se sont émus des retombées sanitaires d’un tel projet. De plus d’où proviendra ce bois ? Bonne question qui n’a jamais été abordée en détail. Certaines mauvaises langues racontent qu’une partie de ce combustible « vert » serait importé de Pologne et du Canada et l’autre des forêts françaises. Comme c’est beau l’écologie !

La course aux hydrates de méthane est engagée

La course aux hydrates de méthane est engagée

À quelques jours d’intervalle le Japon puis la Chine ont annoncé avoir réussi à extraire avec succès des hydrates de méthane des fonds sous-marins. Ce n’est pas la première tentative nippone que j’avais relaté sur ce blog (voir le lien) mais la technique en elle-même est délicate et demandera encore de nombreuses mises au point avant d’être commercialement exploitable. Les autorité japonaises (MITI) estiment que seulement dans la partie orientale de la fosse de Nankai, au large des agglomérations de Tokyo et Osaka et sur environ 500 km, il y a suffisamment de méthane exploitable pour satisfaire la consommation du pays pendant au moins 6 ans. La Chine pour sa part a réussi le même tour de force dans la Mer de Chine, à 300km au sud de Hong-Kong.

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Selon les estimations de l’USGS (Bureau géologique américain) la quantité d’hydrates de méthane dispersés dans le monde représente plus que l’ensemble de toutes les réserves prouvées de gaz naturel et de pétrole, de quoi inciter les pays gourmands en énergie à se pencher sérieusement sur cette source d’énergie qui présente également l’avantage de se renouveller partiellement au cours du temps. On est donc encore loin, très loin, du si redouté « peak oil » :

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Des hydrates de méthane il y en a presque partout dans le monde si les conditions de température et de pression sont favorables. Cependant l’extraction de ce produit particulier n’est pas aisée car il est instable et il doit être temporairement stocké à bord de la plate-forme d’exploration ou d’exploitation puis gazéifié, séché, comprimé et enfin évacué à terre par bateau spécial ou à l’aide d’un gazoduc. Cette source d’énergie extrêmement prometteuse n’en est donc pour l’instant qu’à ses balbutiements mais un pays comme le Japon qui dépend à 100 % de ses importations pour satisfaire ses besoins en énergie n’hésite pas à investir d’importants capitaux dans cette technique qui il y a à peine dix ans relevait encore de la science-fiction.

Il est facile de comprendre que la Chine ait mis en place un programme d’occupation de la Mer de Chine Méridionale à l’examen de cette carte :

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La course aux sources d’énergie carbonée n’est pas terminée, elle ne fait que commencer …

Sources et illustrations : Reuters, wattsupwiththat, CNN

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/03/12/une-avancee-decisive-dans-lexploitation-de-lhydrate-de-methane/

Pétrole, tout va bien ? Pas si sûr …

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Vitol, personne ne connaît cette société et n’en a jamais entendu parler. C’est pourtant le plus important acteur du négoce de pétrole dans le monde, un très gros business qui est entre les mains des 5 principales firmes se partageant ce gâteau (illustration). Chaque fluctuation du prix du baril de pétrole, à chaque seconde, que ce soit en Extrême-Orient ou en Europe, représente quelques milliards de dollars et il y a des gagnants et des perdants dans ce gigantesque jeu de roulette. Pourtant le moral de ces sociétés totalement opaques dont personne ne connait exactement la domiciliation exacte n’est pas au beau fixe.

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Malgré les affirmations récentes de la patronne du FMI qui comme chacun sait fait partie du club très sélect des personnes responsables mais pas coupables (cf. l’affaire Tapie), l’économie mondiale va décidément de plus en plus mal à tel point que le CEO de Vitol, un certain Monsieur Kho, a récemment déclaré que la réduction récente de la production décidée par l’OPEP n’avait eu pratiquement aucun effet sur l’évolution du prix du baril car la demande s’essouffle tant en Chine qu’en Inde, mais également dans de nombreux pays émergents ainsi qu’en Europe. De surcroît la reprise du pompage de pétrole aux USA n’arrange pas vraiment la situation. Les cours mondiaux du pétrole sont en effet à l’affut de l’état des stocks de brut et de produits raffinés sur le territoire américain. Or l’administration US dispose de tous les outils pour influer sur le cours du pétrole, si possible en publiant de fausses statistiques pour le plus grand bien de négociants comme Glencore, une multinationale implantée dans plus de 90 pays dans le monde et qui s’intéresse à toutes les matières premières sans exception, depuis le cuivre et le nickel en passant par le zinc, le charbon, les denrées alimentaires et naturellement le pétrole. Basée au Pays-Bas, Glencore est le concurrent direct de Vitol dans le négoce des produits pétroliers malgré le fait que son activité pétrolière est minoritaire au sein de ses activités.

L’Agence Internationale de l’Énergie, bien que tenant des propos rassurants, concède que la croissance molle va perdurer, l’injection massive de liquidités dans les circuits économiques par les grandes banques centrales, FED, BCE et BoJ, n’a pas eu les effets escomptés sur la croissance. Celle-ci est en berne, dans l’attente du cygne noir qui précipitera la grande crise économique mondiale que tous les responsables politiques redoutent. Les signaux avant-coureurs se trouvent parfois là où on ne les attend pas.

Source : Bloomberg

Le plan Macron de « transition énergétique » : une utopie …

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L’Académie des Sciences française a rendu public un rapport édifiant sur ce qu’il est de bon ton d’appeler la « transition énergétique » car si on est politiquement correct il faut décarboner l’énergie afin de sauver la planète de la fournaise et le nouveau Président de la République française a grosso modo repris les projets mis sur le papier par l’ex de son prédécesseur, la Miss Ségolène alias Grande Prêtresse mondiale du climat. Selon l’idéologie pure et dure des écologistes en ce qui concerne cette transition énergétique il s’agira pour la France de développer les énergies renouvelables, ce qui pourrait dans l’esprit de cet ex-banquier, générer 50 milliards d’investissement, ce n’est pas votre serviteur qui l’affirme mais l’agence Bloomberg. Suivant les principes onusiens de l’ « investissement responsable » BNP Paribas Assest Management a suivi Amundi (Crédit Agricole) en émettant des obligations « vertes » afin de financer ce projet, délirant comme vous allez vous en rendre compte, d’énergies renouvelables pour l’horizon 2023. Ci-dessus en un graphique l’objectif du Sieur Macron (source Bloomberg).

Pour bien comprendre l’absurdité de ce projet il faut faire quelques rappels succincts au sujet de la situation énergétique de la France. Trente-neuf pour cent de toute l’énergie primaire consommée en France provient des 58 réacteurs nucléaires, en d’autres termes deux cinquièmes. Inutile de rappeler ici que les centrales nucléaires ne rejettent aucun CO2 dans l’atmosphère et projeter de remplacer les réacteurs dits vieillissants – mais qui pourraient encore fonctionner sans encombre pendant peut-être encore plus de 30 ans – par des sources d’énergie renouvelable, car ne produisant pas de CO2, est en soi une première aberration. Je rappelle à mes lecteurs que la France se classe deuxième dans le monde après le Québec pour la production d’énergie électrique non carbonée, c’est un fait incontestable malheureusement remis en cause par les écologistes qui ont développé avec le temps une allergie incurable à l’uranium …

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La France produit 416 TWh d’électricité d’origine nucléaire sur un total d’électricité produit de 546 TWh (source Wikipedia, graphique ci-dessus) pour une puissance installée de 61,3 TW électriques répartie sur 58 réacteurs avec un taux de disponibilité de près de 84 %, ce qui constitue une prouesse mondiale que personne n’est en droit de contester. L’énergie nucléaire représente donc le pilier incontournable de la production d’électricité dans ce pays et prétendre faire passer la part du nucléaire de 76 % (actuellement) à 50 % à l’horizon 2025 en remplaçant donc 274 TWh de production par des énergies renouvelables tient du rêve et le rapport de l’Académie des Sciences du 19 Avril 2017 le montre parfaitement.

Par définition les énergies dites renouvelables sont incapables de fournir de l’électricité en continu. Quand il n’y a pas (ou trop) de vent les moulins à vent ne produisent rien du tout et la nuit les panneaux photo-voltaïques ne produisent rien du tout non plus. Le concept de « gratuité » des énergies renouvelables est un leurre économique et surtout idéologique dans lequel Macron s’est engouffré tête baissée car il faut toujours avoir présente une source d’énergie électrique fiable pour pallier à cette intermittence fatale. Le cas de l’Allemagne est exemplaire dans la stupidité de la transition énergétique que ce pays a adopté à la suite de l’accident de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima-Daiichi. Couvrant à grand frais une grande partie de son territoire national de moulins à vent afin d’arrêter tous les réacteurs nucléaires aux alentours de 2025 (la moitié d’entre eux est déjà arrêtée définitivement) ce pays n’a pas réduit d’un gramme ses émissions de CO2 en 6 ans alors que le prix du kW a doublé dans le même temps. C’est du renouvelable, oui, mais pas pour le porte-monnaie des consommateurs et la fameuse (et fumeuse) empreinte carbone de l’Allemagne fait que ce pays est le plus mauvais élève de l’Europe dans ce domaine !

Pour bien faire dans le meilleur des mondes énergétiques (électriques) possibles il faudrait pouvoir stocker l’électricité « verte ». Or la France a atteint ses limites en termes de stockage hydroélectrique. Reste donc le stockage à l’aide batteries d’accumulateurs, toutes les autres technologies de stockage relèvent de l’utopie économique. Selon le plan Macron de transition énergétique, soit 45 GW de puissance électrique renouvelable installée produisant au mieux 2,25 GWh il faudrait disposer afin de stocker cette énergie, tenez-vous bien assis, 372000 tonnes de batteries d’accumulateurs au lithium dont la fabrication nécessiterait 11100 tonnes de lithium, soit 28 % de la production actuelle mondiale de lithium. Ce n’est pas moi qui invente ces chiffres, ils figurent en clair dans le rapport de l’Académie des Sciences. C’est écrit en toutes lettres dans ce rapport : si on voulait stocker deux jours de production électrique française à l’aide de batteries d’accumulateurs (une situation qui pourrait se présenter si le plan Macron est mis en place) il faudrait 12 millions de tonnes de batteries nécessitant pas moins de 360000 tonnes de lithium alors que la production annuelle mondiale de lithium n’est actuellement que de 40000 tonnes !

Restent les véhicules automobiles électriques qui constituent le gros de la consommation d’énergie primaire ainsi que la majeure partie des émissions de CO2 en France. À ce propos je rappelle à mes lecteurs que la fermeture prématurée des deux réacteurs nucléaires de Fessenheim privera de recharge quotidienne 400000 véhicules électriques. Rien qu’à la lueur de toutes ces données il est inutile d’épiloguer, Macron a repris le plan élaboré par l’ex de l’ex-président les yeux fermés et avec une stupidité atterrante. Qui peut croire un instant qu’il fera mieux dans d’autres domaines économiques et sociaux durant son quinquennat ? Pour ma part j’émets de sérieux doutes …

Sources : Wikipedia, Bloomberg et le rapport de l’Académie des Sciences du 19 avril 2017 disponible sur le site de l’Institut de France : http://www.academie-sciences.fr/fr/Libres-points-de-vue-d-academiciens/libres-points-de-vue-d-academiciens-sur-l-energie.html

Le désastre annoncé de l’économie allemande

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Je suis de très près le blog de Pierre Gosselin (notrickszone.com) et je me suis permis d’écrire un billet inspiré de l’un de ses derniers articles, tous parfaitement documentés au sujet de la politique énergétique allemande. Depuis le grand tsunami du 11 mars 2011 qui dévasta le nord-est de l’île japonaise de Honshu le pouvoir politique allemand a pris la décision irréversible d’abandonner l’énergie nucléaire et de développer à outrance les énergies renouvelables tout en déplaçant des villages entiers afin d’extraire à ciel ouvert, donc à peu de frais, un charbon brun de mauvaise qualité brûlé dans des usines de production d’électricité disséminées sur tout le territoire allemand. De ce fait l’Allemagne est devenu le pays le plus pollueur d’Europe. Cette décision d’abandonner l’uranium a été prise sous la pression constante des partis écologistes apparemment allergiques à ce métal auquel ont été préférées à grands frais les énergies vertes dites renouvelables. Les dispositions législatives ont encadré (comme d’ailleurs en France et d’autres pays européens) les tarifs du kWh d’origine « verte » c’est-à-dire provenant de l’éolien et du photovoltaïque essentiellement. Les grandes compagnies d’électricité E.on et RWE ont été priées de bien vouloir acheter au prix fort ces kWh « verts » et les revendre au prix du marché.

C’est comme si la Chancelière Merkel obligeait la firme Mercedes à vendre 5 000 euros des véhicules dont la fabrication a coûté 30 000 de ces mêmes euros sortis d’usine ! En conséquence les deux compagnies d’électricité les plus importantes d’Allemagne ont vu leurs finances se dégrader année après année à tel point qu’aujourd’hui leur endettement est alarmant alors que ces compagnies étaient florissantes il y a à peine dix ans. Les pertes d’E.on sur l’année 2016 s’élèvent à 12,4 milliards d’euros, donnée non définitive, et elles avaient déjà atteint 7 milliards en 2015. Quant aux pertes de RWE elles atteignent la « modeste » somme de 5,7 milliards. Des milliers d’employés de ces deux compagnies se sont retrouvées au chômage pour limiter ces pertes et pendant ce temps le prix du kWh ne cesse d’augmenter au compteur des particuliers – il a doublé en 5 ans sans qu’il y ait eu une inflation notable – car il faut absolument préserver la santé de l’industrie allemande qui bénéficie toujours de tarifs préférentiels. Les voitures Mercedes sont fabriquées par des robots et les pièces sont produites (quand elles le sont en Allemagne) avec des machines-outils sans aucune intervention humaine mais tout cet équipement consomme de l’électricité, beaucoup d’électricité …

À dire vrai l’économie allemande subventionnée de manière indirecte par tous les habitants qui commencent à souffrir de coupures d’électricité – un comble ! – ne pourra que s’effondrer brutalement dans un proche avenir. Devant une telle situation le Ministre Peter Altmaier, ancien Ministre de l’Environnement et actuellement Ministre des Affaires Spéciales, très proche de la Chancelière, a déclaré il y a quelques jours que la politique énergétique allemande devait absolument être revue sinon abandonnée car c’est un désastre industriel, financier et écologique puisque l’Allemagne, depuis 2011, n’a pas réduit d’un gramme sa production de CO2 (dixit le Ministre lors d’une interview au journal Die Welt) … ajoutant que la politique de protection du climat telle qu’elle a été engagée par l’Allemagne est totalement contre-productive. Il faut enfin ajouter que les coûts la gestion des combustibles usés des centrales nucléaires et le démantèlement de ces dernières fera partie de la feuille d’impôt de tous les Allemands. Bienvenue dans un monde dénucléarisé meilleur !

BRÈVE : Hamon veut fermer dix réacteurs nucléaires

BRÈVE : Hamon veut fermer dix réacteurs nucléaires

Une information qui n’a pas été reprise par la presse est significative de la dangereuse évolution de la politique énergétique « post-Fukushima » allemande : les consommateurs de l’Allemagne ont subi des coupures d’électricité à répétition sur les réseaux basse tension car il fallait privilégier les consommateurs industriels. Les moulins à vent et les panneaux solaires n’arrivent pas à l’évidence à prendre en charge la fermeture récente de 8 réacteurs nucléaires.

En France le candidat au trône élyséen, Benoit Hamon, vient de déclarer qu’il était plus rentable pour EDF, donc pour l’Etat, de fermer toutes les unités arrivant en ‘fin de vie » car les travaux nécessaires pour la prolongation de leur fonctionnement décidée par une instance indépendante, je le rappelle, serait trop coûteuse et estimée à 51 milliards, selon EDF. Les deux unités de la centrale nucléaire de Fessenheim qui ont reçu l’agrément de prolongation de dix ans (au moins) de fonctionnement ont été déjà préparées pour cette exploitation. Mais non ! Elles vont être arrêtées : un non-sens économique et financier total que Monsieur Hamon veut d’ors et déjà multiplier par 5. Hamon n’est qu’un rêveur et un incapable qui veut attirer les voix des écolos en déclarant droit dans ses bottes que, je cite la dépêche de l’Agence France Propagande :  » le coût du maintien ou (du) prolongement de l’espérance de vie de nos réacteurs nucléaires est estimé à 60 milliards d’euros qui renchérissent le coût de l’électricité produite par le nucléaire, et le rapproche de facto du coût de l’électricité produite par des énergies renouvelables« . N’importe quoi …

Source : AFP. J’ai corrigé une faute d’orthographe dans le texte reproduit ici en caractères gras.

L’Europe en récession depuis 2007 et ce n’est qu’un avant-goût …

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Ce sont des données lapidaires, non manipulées et dénuées de toute arrière-pensée politicienne : selon l’office des statistiques européen (Eurostat) la consommation intérieure brute d’énergie dans l’Union Européenne est tombée en 2015 sous son niveau de 1990. En 1990 cette consommation était de 1667 millions de tonnes équivalent-pétrole (Mtep ou Mtoe en anglais, voir note en fin de billet). Elle n’était plus que de 1626 Mtep en 2015 après avoir atteint un pic en 2006 à 1840 Mtep.

La consommation brute d’énergie est un indicateur très précis de l’activité économique tous postes confondus. Force est de constater que l’économie de l’Union Européenne est en récession depuis la crise de 2007-2008 quoi qu’en disent toutes les autres statistiques reprises par les médias, les politiciens et les banquiers. La croissance économique de la zone euro ne repose donc que sur la croissance de la dette des Etats, des entreprises et des ménages grâce à la politique accommodante de la Banque Centrale Européenne.

Ce qui est moins rassurant pour les tenants du réchauffement climatique est que les importations de combustibles fossiles (pétrole, gaz et charbon) ont durant cette période 1990-2015 globalement augmenté depuis 2011 en particulier en Allemagne et au Royaume-Uni. En 1990 il fallait une Tep (tonne équivalent-pétrole) produite en Europe pour une Tep consommée, aujourd’hui les deux tiers sont importées. En d’autres termes la production pétrolière de la Mer du Nord a chuté et les extractions de charbon ont également diminué considérablement. L’Europe n’atteindra ses objectifs de réduction des émissions de CO2 fixés par la loi – si l’on peut dire les choses ainsi – et malgré cette réduction de la consommation d’énergie primaire, qu’avec une réduction encore plus sensible de la consommation d’énergie primaire. Il est donc clair que l’ensemble des pays européens n’auront plus d’autre choix que de s’enfoncer dans une récession violente, durable et dévastatrice sur le plan social avec un appauvrissement concomitant de l’ensemble de la population. L’objectif COP21 est en effet d’atteindre une consommation d’énergie primaire de 1483 Mtep en 2020, soit une consommation finale d’énergie de 1086 Mtep, dans trois ans !! Et ce ne sont pas les énergies renouvelables loin d’être fiables qui permettront d’atteindre cet objectif par trop ambitieux et totalement surréaliste.

Et pourtant tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles selon les médias !

Source : Eurostat

Note. Pour les puristes une Tep correspond à la production théorique de 11,6 MWh et équivaut énergétiquement parlant à 1,42 Tec (tonne équivalent-charbon, tce en anglais). Pour fixer les idées, les deux réacteurs nucléaires de Fessenheim dont la fermeture (définitive ?) est politiquement programmée devraient – CHACUN – brûler a minima 78 tonnes de pétrole par heure, soit 680000 tonnes de pétrole chaque année pour produire la même quantité d’électricité dégageant dans l’atmosphère 1760000 tonnes de CO2 car il faudra bien produire de l’électricité d’une façon ou d’une autre et de manière fiable et constante pour remplacer la production électrique de ces deux réacteurs … Quant aux objectifs allemands de quitter totalement l’énergie nucléaire en 2022, difficile d’imaginer comment le pays arrivera à alimenter son industrie en électricité sinon en brûlant encore plus de charbon, de pétrole et de gaz.