Grand froid : où est l’énergie renouvelable ?

 

Grand froid: l’approvisionnement électrique de la France assuré mercredi

Paris – La France sera suffisamment approvisionnée en électricité mercredi pour affronter la vague de froid, mais la situation reste « sous forte vigilance » pour les jours suivants, même si aucune coupure de courant n’est prévue à ce stade, a indiqué RTE mardi.

« Pour la journée de demain, RTE aura les capacités de production disponibles en France et à l’étranger suffisantes pour couvrir les besoins électriques de la France », a déclaré un porte-parole du gestionnaire du réseau de transport d’électricité, lors d’une conférence téléphonique.

Au niveau national, la température moyenne sera de 6°C sous les normales de saison, un peu moins froide que le niveau de -6,4°C prévu initialement par Météo France, ce qui réduit légèrement la consommation électrique anticipée, a-t-il détaillé.

L’Hexagone est en effet hautement « thermosensible »: la popularité des radiateurs électriques, qui chauffent un tiers des logements, fait qu’une baisse d’un degré de la température hivernale représente une consommation additionnelle de courant de l’ordre de 2.400 mégawatts (MW), l’équivalent de deux gros réacteurs nucléaires.

Le gestionnaire du réseau à haute tension prévoit une consommation de 93.000 mégawatts à la pointe de 19H00 mercredi, quand les Français regagnent leur domicile et poussent le chauffage, face à une production totale disponible en France de 91.250 MW, à laquelle s’ajoutent de 2.000 MW à 4.000 MW de capacités d’importation. « En conséquence, les solutions exceptionnelles graduelles prévues en cas de vague de froid importante et durable ne seront pas activées pour la journée de demain », a indiqué le porte-parole de la filiale d’EDF. « Il n’y a évidemment par de coupure programmée non plus pour la journée de demain et pour le reste de la semaine à ce stade », a-t-il ajouté. Les capacités d’importation de la France sont réduites par la vague de froid qui touche également les pays voisins, tandis que ses moyens de production étaient amputés de six réacteurs nucléaires à l’arrêt mardi, sur les 58 que compte le parc français d’EDF.

Parmi les mesures susceptibles d’être activées figurent entre autres le lancement d’alertes incitant les consommateurs à réduire leur consommation en heures de pointe, l’interruption de l’alimentation de 21 sites industriels ou la réduction de la tension de 5% sur le réseau.

Pour jeudi, avec une température qui devrait se situer 5,7° sous les normales saisonnières, RTE prévoit une consommation de 94.700 MW. Les prévisions seront réactualisées mercredi en fin d’après-midi, le déclenchement de mesures exceptionnelles demeurant une option possible. « La situation reste sous forte vigilance » jeudi et vendredi, a indiqué le porte-parole, « puisque la vague de froid va se poursuivre jusqu’à la fin de la semaine ». Durant le week-end, la consommation d’électricité se réduit, l’industrie tournant alors au ralenti.

(©AFP / 17 janvier 2017 19h46)

Quand j’ai lu cette dépêche de l’Agence France Propagande je me suis posé une seule question : les énergies renouvelables, les moulins à vent, les panneaux solaires et les fermenteurs de biomasse ne peuvent-ils pas pallier à la demande supplémentaire en énergie ? C’est à grands frais (pour les contribuables) que ces énergies alternatives ont été installées par le gouvernement afin de réduire de 50 % l’apport du nucléaire dans le paysage énergétique de la France comme l’a rappelé avec un peu trop de désinvolture Manu Valls à l’horizon 2025 ! C’est tout simplement grotesque qu’un candidat à la magistrature suprême tienne de tels propos. La France est donc condamnée à importer des kWh à grands frais auprès des pays voisins puisque les températures sont « anormalement » basses alors que six réacteurs nucléaires sont toujours à l’arrêt pour inspection de sécurité. Ces arrêts ont été effectués à la demande des écologistes qui ont considéré, sans aucune preuve tangible à l’appui, que l’acier des boites à eau des générateurs de vapeur pouvait être « anormalement » trop riche en carbone. Dans l’anormal on ne fait pas mieux comme démagogie …

Tous les Français risquent un black-out qui se répercuterait alors sur l’ensemble de l’Europe car la production électrique de la France est un élément stabilisateur indispensable pour l’ensemble du réseau électrique de la zone européenne continentale.

Alors il va falloir brûler du gaz et du charbon, merci pour le climat. Par un concours de malchance incroyable les réserves de gaz naturel sont quasiment épuisées et aucun méthanier n’est en vue depuis l’Algérie : un véritable coup monté ! J’ai aperçu ce matin ancré au large de Santa Cruz de Tenerife un méthanier avec ses 4 sphères caractéristiques visiblement à vide et attendant un ordre d’affrêtement de l’Algérie. Les installations algériennes de liquéfaction du méthane ont de gros problêmes récurrents de maintenance et il se trouve que le pays est incapable d’honorer les contrats de livraison de gaz. Alors, faudra-t-il demander aux Français de tous souffler en coeur pour faire tourner les moulins à vent et plaire ainsi à Mademoiselle Ségolène ? Voilà où en est réduite la France, le pays le moins pollueur du monde en terme de kWh produits, pour plaire aux écologistes qui détestent autant l’uranium que le CO2 … Du grand n’importe quoi !

Pire encore quand j’ai découvert cette autre dépêche de l’Agence France Propagande quelques heures plus tard :

Grand froid: la France connaît une « trop forte dépendance » au nucléaire (Royal)

Paris – La ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, a reconnu mardi qu’il existait en France « une trop forte dépendance » au nucléaire, alors que les pouvoirs publics appellent à limiter la consommation électrique en raison de la vague de froid.

« On le voit actuellement qu’il y a une trop forte dépendance puisque, dès qu’il y a plusieurs réacteurs à l’arrêt pour des raisons de contrôles de la sûreté nucléaire par l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire, ndlr), on se rend compte qu’il y a une tension sur l’énergie », a déclaré Mme Royal lors de la cérémonie de voeux de son ministère.

La ministre a insisté sur le besoin de rééquilibrer le mix énergétique en France, en prenant appui sur la loi de transition énergétique, qui prévoit de ramener de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité à l’horizon 2025.

« En changeant ses comportements, on peut économiser la production de quatre réacteurs nucléaires », a insisté Mme Royal, ajoutant que cela permettait aussi de faire baisser le prix de l’électricité car « plus il y a de demande, plus il y a de tension sur les prix ».

La ministre a estimé que « d’un côté, on a beaucoup de gaspillage et de l’autre côté une précarité énergetique avec des gens qui n’ont pas les moyens de se chauffer ».

Mme Royal a assuré avoir « demandé l’extinction de tous les bureaux la nuit », jugeant qu’il y avait « une marge d’action pour faire en sorte de diminuer la tension sur le courant et la précarité énergétique ».

De son côté, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE a assuré mardi que la France serait suffisamment approvisionnée en électricité mercredi, pour affronter la vague de froid.

« La situation reste sous forte vigilance » jeudi et vendredi, a également indiqué un porte-parole du groupe lors d’une conférence téléphonique, « puisque la vague de froid va se poursuivre jusqu’à la fin de la semaine ».

(©AFP / 17 janvier 2017 21h48)

Je me suis permis de mettre en caractères gras quelques propos de Mademoiselle Royal pour bien montrer que le gouvernement nage dans une totale imprécision. Quatre réacteurs de moins « en changeant de comportement », cela ne fait pas le compte, un élève de CM1 le comprendrait. D’autre part Mademoiselle Royal ignore une directive émise par l’EDF conseillant aux entreprises de ne pas éteindre les bureaux la nuit pour préserver la stabilité du réseau de distribution. Il s’agit pour la plupart de ces éclairages de systèmes économiques qui induisent une forte perturbation du « cosinus phi » lorsqu’ils sont remis sous tension. Mademoiselle Royal est d’une ignorance crasse, elle parle de ce qu’elle ne connait pas et ferait mieux et le plus rapidement possible de disparaître du paysage énergétique et médiatique français …

Crise climatique : l’IEA, une émanation de l’OCDE, suit le mouvement écolo !

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Le dernier rapport de l’IEA (Agence Internationale de l’Energie) dit aussi World Energy Outlook est un chef-d’oeuvre de propagande réchauffiste. Je n’en ai lu que le résumé disponible au public gratuitement et c’est surprenant de la première à la dernière ligne. Il faut dire que l’IEA est une émanation de l’OCDE (OECD en anglais pour être cohérent) et que ces deux organismes supranationaux sont basés à Paris, l’OCDE pompeusement au Château de la Muette en bordure du Bois de Boulogne et l’IEA plus humblement Rue de la Fédération. L’actuel secrétaire général de l’OCDE est un pur apparatchik international, mexicain d’origine, répondant au nom d’Angel Gurria. Le budget annuel de l’OCDE est de plus de 360 millions de dollars par an … Aucun commentaire.

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Quant à l’IEA, créée en 1973 sous l’impulsion d’Henry Kissinger au plus fort de la crise pétrolière, elle dépend de l’OCDE bien qu’elle fasse un peu double-emploi pour les questions d’énergie avec cette dernière organisation. L’essentiel de la mission de l’IEA à ne pas confondre avec l’IAEA (Agence internationale de l’énergie atomique basée à Vienne en Autriche) est de tenir à jour des statistiques et de proposer chaque année au monde politique des directives sur le long terme au sujet de la production d’énergie. Bien que coopérant avec trois pays n’en faisant pas partie (car ne faisant pas partie non plus de l’OCDE), la Chine, l’Inde et la Russie, l’IEA émet donc des directives qui se résument selon Wikipedia en trois E : Energy security, Economic development et Environmental protection. Chacun sait que le développement économique est intimement lié à la disponibilité en énergie, or la production d’énergie est détrimentale pour l’environnement. La tâche de l’IEA consiste donc un peu paradoxalement à faire en sorte que ses directives entrent dans le cadre de ces trois E, ce qui est loin d’être évident.

Dans son dernier rapport l’IEA a donc ménagé la chèvre et le choux dans un incroyable morceau d’anthologique réthorique relevant de la plus pure propagande réchauffiste en limitant son analyse prospective uniquement au but fixé par la COP21, c’est-à-dire limiter le réchauffement du climat à 2°C d’ici la fin du siècle en limitant par conséquent la teneur en CO2 atmosphérique à moins de 450 parties par million puisque la doxa dit que ce gaz présente un effet de serre et qu’il participe donc au réchauffement du climat.

Pour l’IEA il n’est maintenant plus question de « peak-oil », pourtant une de ses préoccupations originelles il y a encore une dizaine d’années en dénonçant les propos alarmistes de certaines organisations non gouvernementales, il n’est plus question de transition du charbon vers le gaz naturel, il est maintenant urgent pour les « experts » de cet organisme d’investir dans les énergies renouvelables et cela massivement sinon … sinon ce sera la fin du monde ! Puisqu’on ne parle que de production d’électricité toujours et encore, la seule industrie coupable de produire du CO2 alors que nulle part le rapport de l’IEA, du moins dans le résumé, ne mentionne les transports automobiles, il est donc indispensable d’investir massivement dans les énergies renouvelables incluant l’énergie nucléaire. Comme je n’ai pas pu lire le rapport complet qui est payant – je ne sollicite pas mes lecteurs pour m’aider financièrement – je ne suis pas en mesure de citer les estimations de l’IEA mais à la louche pour se mettre en conformité avec les accords de la COP21 il faudra investir une vingtaine de trillions de dollars d’ici 2030, une vingtaine de milliers de milliards de dollars, et en 13 ans ça fait vraiment beaucoup, avec en parallèle la mise en place de technologies gigantesques de stockage de l’énergie puisque les énergies renouvelables sont par définition intermittentes, et également la mise en place d’infrastructures de transport de ces énergies dont ne veulent pour le moment pas entendre parler les partis verts comme ils ne veulent pas non plus entendre parler de l’énergie nucléaire, secteur qui selon ce rapport devrait croître d’un facteur 2,5 d’ici 2040 pour que les objectifs de la COP21 puissent être éventuellement atteints.

Autant dire que l’IEA prêche dans le désert … Encore un rapport coûteux pour rien, tout simplement.

Résumé du rapport 2016 (illustration) disponible sur le site de l’IEA ( http://www.iea.org). L’autre illustration est le Château de la Muette, belle demeure avec des notes de chauffage salées !

L’ultra-coûteuse saga d’ITER continue … pour rien

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Quand Reagan et Gorbachev signèrent en 1985 un agrément pour la construction de l’International Thermonuclear Experimental Reactor, plus connu sous le nom d’ITER en construction à Cadarache dans le sud de la France, paradoxalement à l’endroit même où se trouve une branche importante du CEA qui produit quelques-uns des ingrédients des bombes thermonucléaires françaises, ces deux politiciens ne savaient probablement pas de quoi ils parlaient.

Personne ne sait encore avec quel matériau seront construits les échangeurs de chaleur et le tore de confinement du plasma, la question étant d’en trouver un résistant à des températures frisant le million de degré et à un bombardement neutronique extrêmement intense qui détruira très rapidement toute la structure en forme de tore où sera confiné le plasma de deutérium et de tritium qui devrait permettre cette fusion sur laquelle tous les espoirs d’une « énergie propre » et inépuisable sont fondés. De plus l’ensemble de cette machine à gaz deviendra rapidement tellement radioactive qu’il sera impossible d’y intervenir pendant des milliers d’années … mais personne n’en parle, c’est trop gênant.

Juste un exemple pour situer le problème. Le grand accélérateur de hadrons du CERN qui ne fait qu’accélérer des particules tout au long d’un cercle de 28 kilomètres comprend aussi des aimants et ces particules, quand elles s’entrechoquent, émettent tellement de radiations qu’il faut remplacer certains matériaux devenus hautement radioactifs pratiquement tous les 5 ans à grands frais le plus souvent à l’aide de robots télécommandés à distance. C’est tout de même curieux que les ingénieurs qui travaillent pour le projet ITER n’aient pas intégré dans leur tête les gros problèmes de maintenance du CERN qu’ils connaissent pourtant parfaitement alors que la CERN ne réalise pas de fusions à proprement parler mais seulement des chocs frontaux de particules et d’ions plus ou moins lourds qui provoquent des gerbes d’intenses radiations.

Ce projet ITER est une pure vue de l’esprit, une extravagance incroyablement coûteuse pour accoucher d’une ruine qui n’aura produit finalement aucun kilowatt commercial.

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En 1985 le coût initial du projet était estimé à 5 milliards de dollars de l’époque car l’euro n’existait pas encore. Les personnes autorisées mentionnaient qu’en 2015 tout serait plié et que le réacteur serait opérationnel. Quel beau rêve ! Aux alentours de 2005 le coût global de cette construction fut réévalué à 9 milliards d’euros, un détail … En 2010 ce coût atteignit 15 milliards et maintenant, en 2016, la facture s’élèvera probablement à 20 milliards. Les prévisions font état d’une première « fusion » réussie aux alentours de 2025 mais, soyons prudents tout de même, les premiers kilowatts ne seront produits qu’en … 2035, naturellement si tout va bien.

Qui paie pour ce délire ? Les pays qui ont ratifié ce projet, c’est-à-dire les contribuables de l’Union Européenne, des USA, de la Russie, de l’Inde, de la Chine, de la Corée et du Japon. Et ça va continuer puisqu’une estimation réalisée par l’agence Nikkei prévoit qu’en 2022 le budget d’ITER sera révisé à la hausse à 26 milliards d’euros pour éventuellement atteindre 40 milliards au final, ben voyons !

Tout ça pour un projet qui ne sera jamais couronné de succès ! Les opposants utilisent des arguments totalement débiles en avançant que 62 éoliennes off-shore de nouvelle génération produisent la même quantité d’électricité que celle programmée pour ITER au final (500 MW électriques) et ils avancent des arguments encore plus fallacieux à propos de l’énergie nucléaire civile par fission qui a fait ses preuves depuis des années en surestimant systématiquement les coûts du démantèlement des réacteurs et du retraitement des combustibles irradiés. Il s’agit de désinformations tout aussi grossières que celle qu’on trouve sur le site officiel d’ITER ( https://www.iter.org/ ) où les problèmes techniques totalement insolubles mentionnés ci-dessus sont soigneusement occultés. Le fantasmagorique projet ITER est une pompe à fric scandaleuse, un scandale auquel il faut que les gouvernements des pays partie-prenante mettent fin aussi vite que possible.

Source et illustration : Nikkei et Wolfstreet

Nucléaire de 4e génération c’est chose faite en Chine

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Alors qu’EDF n’en finit pas de chercher une solution pour le financement du projet Hinkley Point C en Grande-Bretagne consistant en un EPR pour le moment et peut-être un deuxième EPR et que la même compagnie doit également trouver un autre financement, certes moindre mais tout de même également conséquent, pour racheter la division NP d’Areva, on se demande comment le fleuron énergétique français va pouvoir survivre à toutes ces ponctions. Faire appel aux investisseurs ? Pas question d’autant plus qu’EDF a été exclu du CAC40 en raison de la dépréciation du cours de l’action et que les investisseurs ne se précipiteront certainement pas pour investir dans une entreprise détenue à 80 % par l’Etat français qui ne brille pas par ses qualités de gestionnaire. Augmenter le prix du kW, pas question non plus puisque ce prix est décidé par les ronds de cuir qui sévissent autour des jupons de Ségolène. Parallèlement EDF doit acheter, selon la loi, des kW « renouvelables » hors de prix et les revendre à perte. Le cocktail est tellement défavorable que n’importe quel analyste spécialiste du secteur de l’énergie (dont je ne fais pas partie) peut émettre de sérieux doutes sur la viabilité financière de cette entreprise. Il reste naturellement les contribuables et les factures d’électricité … Au final de sont donc bien Monsieur et Madame Michu qui paieront la gestion étatique catastrophique tant d’EDF que d’Areva.

Force est de constater que la France est maintenant en retard d’une génération, on peut même dire de deux générations, dans le domaine de l’électronucléaire et ce sont les Chinois et les Russes qui ont pris une avance indéniable. La Russie, comme je me suis plu à le rappeler dans ce blog, est le seul pays au monde à développer les surrégénérateurs refroidis avec du sodium, type Super-Phénix, une technologie lamentablement abandonnée par le gouvernement Jospin, mais ce n’est pas tout. La Chine termine la construction de deux unités jumelles pilotes du vrai réacteur nucléaire de quatrième génération, le surrégénérateur à haute température (HTR) avec refroidissement par de l’hélium directement couplé à une turbine fonctionnant selon le type dit de Brayton (voir le lien). Ce type de réacteur pourra « brûler » aussi bien de l’uranium-238 que du thorium et ne s’embarrassera pas des actinides que ne peut pas gérer un réacteur à eau pressurisée comme un EPR car ils seront également fissionnés et serviront de combustible.

Ce type de réacteur présente deux particularités qui constituent des avantages considérables en regard de la complexité de fonctionnement des réacteurs à eau pressurisée. Il n’est pas nécessaire de l’arrêter tous les deux ans pour rechargement avec du combustible neuf. Les modélisations ont montré que ce type d’installation à neutrons rapides peut fonctionner au moins dix ans sans rechargement. De plus le rendement énergétique est considérablement amélioré par rapport à un réacteur de type EPR car le gaz de refroidissement sort du réacteur à la température de 850 degrés. En vertu du principe de Carnot également appelé deuxième principe de la thermodynamique le rendement de la machine tournante permettant de produire in fine de l’électricité est proportionnel à la différence de température entre le fluide entrant et le fluide sortant. Cependant dans une installation mettant en jeu une turbine en circuit fermé type Brayton, ce rendement énergétique est encore amélioré et atteint aisément celui des centrales électriques à gaz naturel, soit environ 60 %, ce qui n’a rien à voir avec le mirifique rendement promis pour un EPR d’environ 37 % si ma mémoire ne me fait pas trop défaut.

Le schéma ci-dessous (Wikipedia) illustre clairement comment fonctionnera une telle installation et il va sans dire que les deux unités de démonstration d’une puissance totale de 210 MW électriques actionnant une seule turbine à gaz en cours de construction sur le site de Shidaowan dans la province de Shandong vont rester dans l’histoire de l’évolution de l’électronucléaire car il s’agit d’une avancée technologique considérable.

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Comme on peut le constater dans la partie droite de l’illustration il s’agit d’un circuit fermé. Deux compresseurs couplés à la turbine renvoient le gaz sous pression et refroidi par deux échangeurs de chaleur vers le réacteur. Il ne s’agit plus d’une application directe du fameux principe de Carnot mais d’une amélioration de ce dernier à l’aide de compresseurs qui divertissent une partie de l’énergie fournie par la turbine pour compresser le fluide, ici de l’hélium qui sera chauffé par le réacteur. Contre-intuitivement ce type d’installation atteint des rendements idéaux tout en maintenant le fluide caloporteur en circuit fermé, ce que requiert un réacteur nucléaire pour éviter tout contamination externe. Le choix de l’hélium qui est un très mauvais capteur de neutrons (contrairement à l’eau) permet de mettre en place ce concept thermodynamique.

On ne peut que constater que la Chine a maintenant une « génération » d’avance dans le domaine du nucléaire civil. Pour preuve un deuxième projet vient de passer avec succès les qualifications préliminaires. Il s’agit de deux installations de 600 MW comportant chacune trois unités de 200 MW et trois turbines Brayton dont la construction a été décidée sur le site de Ruijin dans la province du Jiangxi et programmée pour être couplée au réseau électrique dans le courant de l’année 2021. Ce développement de l’énergie nucléaire de quatrième génération en Chine est le fruit d’une étroite collaboration entre la China Nuclear Engineering Company et l’Université de Tsinghua qui concentre la fine fleur des ingénieurs spécialisés dans ce domaine. CNEC bénéficie d’une grande indépendance vis-à-vis du gouvernement central chinois qui lui a confié le soin de résoudre les problèmes énergétiques du pays en se focalisant sur ces énergies nouvelles qui n’ont rien à voir avec les moulins à vent ou les panneaux solaires.

On ne peut donc que constater avec amertume que la France, encore leader mondial dans le domaine du nucléaire il y a 20 ans, a détruit son tissu industriel en raison d’une gestion étatique déplorable et sans aucune espèce de vision prospective, la recherche et le développement dans ce domaine crucial pour les générations futures ayant tout simplement été oblitérés par des décisions irrationnelles de nature politicienne. C’est un désastre annoncé depuis longtemps et confirmé par l’avènement de ces énergies dites renouvelables imposées par les mouvements « verts » qui aggravent la situation financière d’EDF et la prive de toute latitude pour s’orienter vers l’avenir. À en pleurer !

Source : World Nuclear Association, illustration : cuve du réacteur de Shidaowan, 25 mètres de haut et 700 tonnes, source China Huaneng.

Et aussi : https://en.wikipedia.org/wiki/Closed-cycle_gas_turbine

COP21 : les retombées financières de cette loufoque imposture …

 

Selon Bloomberg si les 195 pays qui ont apposé leur signature avec de l’encre magique au bas du document final de la réunion du Bourget en décembre dernier pour atteindre les objectifs de limitation du réchauffement global il faudra mettre au pot 12100 milliards de dollars dans les énergies renouvelables durant les 25 années à venir. Ça laisse rêveur et ce n’est pas tout à fait ce que prévoyaient les financiers en embuscade lors du grand raout organisé par Ségolène et Laurent. Cette estimation issue du Bloomberg New Energy Finance basée à Londres et du CERES, un organisme basé à Boston, a déjà estimé que les investissements dans les énergies renouvelables sont d’ors et déjà évalués pour les prochaines 25 années à 6900 milliards de dollars seulement pour les investissements privés. Il faudra ajouter à cette dépense au moins 5200 milliards de dollars d’origine publique pour arriver à atteindre les objectifs fixés par l’ONU via l’IPCC pour contenir le réchauffement global en dessous des deux degrés fixés par la COP21.

Nulle part dans ces estimations il n’est fait mention d’énergie d’origine nucléaire. Pour rappel, le nouveau standard des réacteurs nucléaires développé par la Chine, le Hualong One, qui va être produit en série, une unité d’une puissance électrique de 1000 MW, ne coûtera « que » 7,5 milliards de dollar l’unité. Les 6900 milliards d’investissements privés représentent la petite bagatelle de 920 réacteurs Hualong One ou 460 EPR dans la projection de leur coût effectif de construction.

Selon les conclusions du document final de la COP21, il faut fournir au monde des solutions sur le long terme crédibles afin de limiter le réchauffement en dessous de 2 degrés.

La Chine s’est véhémentement opposée à toute réduction autoritaire de ses émissions de carbone et elle a raison : ce pays est déjà engagé dans la construction de 28 réacteurs nucléaires et une trentaine d’autres projets sont prévus. Le nouveau standard Hualong One qui est une version améliorée de l’ACP1000 incluant un nouveau design des assemblages de combustibles pour atteindre un meilleur rendement qui sont en cours de validation sera très probablement le standard qui s’imposera dans les années à venir tant en Chine que dans bien d’autres pays avides d’énergie pour assurer leur développement économique faisant fi des énergies renouvelables peu sûres et économiquement non rentables.

En résumé, les décisions prises à l’issue de la COP21 qui seront réitérées lors de la COP22 au Maroc ne sont que des non-sens économiques.

Sources : Bloomberg, IAE et CNNC

En toute logique il faudrait aussi gérer les déchets radioactifs du charbon …

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Les sols sont naturellement radioactifs et comme le charbon est un dépôt naturellement présent dans le sol ce dernier est également radioactif. Il n’y a rien d’étonnant à cela car d’ailleurs l’eau de mer est également radioactive. Mais quand on brûle du charbon comme autrefois dans les locomotives à vapeur et maintenant dans de nombreuses centrales électriques comme tout près de la France c’est-à-dire en Allemagne, le problème de la radioactivité naturellement présente dans le charbon devient préoccupant. Pratiquement toutes les unités de production d’électricité sont munies de dépoussiéreurs électrostatiques des fumées afin de réduire au maximum l’émission de micro (nano) particules dans l’atmosphère. Les poussières sont stockées tant bien que mal afin d’éviter si possible toute contamination de personnes et accessoirement de l’environnement. Ces poussières contiennent par exemple du sélénium ou encore de l’arsenic mais plus préoccupant elles contiennent aussi des isotopes radioactifs provenant de la fission naturelle de l’uranium 235 et du thorium 232 qui ne sont pas très bons pour la santé, je cite : radium 228, radium 226 et plomb 210. Une récente étude parue dans Environment Science and Technology a montré que la radioactivité présente dans le charbon se retrouvait concentrée d’un facteur 10 dans les cendres par rapport à la teneur originale dans le charbon et atteignait jusqu’à six fois la radioactivité naturelle des sols. Aux USA ces cendres sont stockées dans des bassins et humidifiées afin de ne pas se disperser au moindre souffle d’air. Or il n’existe aucune régulation relative à la sureté de ces bassins et n’importe quelle fuite dans le milieu environnant pourrait être une catastrophe.

Pourquoi relater une telle étude, mais tout simplement pour la rapprocher de la situation actuelle dans la région contaminée par l’accident de la centrale de Fukushima-Daiichi qui a fait et fait encore couler beaucoup d’encre. Il faut relativiser les faits. Les cendres issues des centrales électriques présentent en moyenne une radioactivité comprise entre 200 et 300 Bq/kg. Pour rappel la radioactivité naturelle moyenne aux USA est de 50 Bq/kg soit environ 10 mSv/an. Mais parler de radioactivité en termes de sieverts brouille la réalité et les esprits car le sievert est une dose reçue exprimée en Joules alors que les becquerels sont la véritable mesure de la radioactivité existante. Pour encore relativiser ce problème, notre corps est radioactif en raison de la présence naturelle de l’isotope 40 du potassium qui représente environ 60 Bq/kg soit une douzaine de mSv/an, dose à laquelle nous sommes soumis toute notre vie. Si on ajoute la radioactivité naturelle à laquelle nous sommes soumis quotidiennement, on atteint bon an mal an un peu plus de 20 mSv.

Dans les environs de la centrale japonaise, on a autorisé les habitants de la ville de Nahara à réintégrer leur domicile définitivement car la radioactivité résiduelle mesurée correspond à une dose légèrement inférieure à 20 mSV/an … pas de quoi être alarmiste comme l’est le dénommé Jan Vande Putte de Greenpeace qui a déclaré « le niveau de contamination est très variable dans cette localité et selon les maisons, ce qui risque de créer des tensions entre les personnes ». On n’en attendait pas plus d’un organisme comme Greenpeace dont la mauvaise foi a dépassé les limites de l’acceptable, car il n’y avait franchement pas matière à faire un quelconque commentaire au sujet de ce non-évènement. Illustration : Le Lac Hyco (Caroline du Nord) près de cette centrale électrique au charbon est un bassin de rétention de cendres, crédit Duke University. 

Sources : dépêche ATS 05.09.2015 11:20, DOI: 10.1021/acs.est.5b01978

Qu’on ferme Fessenheim, peut-être, mais qui paiera ?

Transition énergétique: EDF pourra bien demander à être indemnisé pour les fermetures de réacteurs

Paris – EDF pourra bien demander une indemnisation s’il est contraint de fermer des réacteurs du fait de la loi sur la transition énergétique, selon l’avis rendu jeudi soir par le Conseil constitutionnel, un enjeu potentiellement ruineux pour l’Etat selon le député de l’opposition Hervé Mariton.

Le Conseil constitutionnel a validé jeudi la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte, qui fixe des objectifs de réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité et dans la consommation des énergies fossiles.

Elle prévoit aussi que la capacité du parc nucléaire français soit désormais plafonnée à 63,2 gigawatts, soit la puissance actuelle des 58 réacteurs (19 centrales) qu’il comprend, tous exploités par EDF.

Parmi les points abordés dans sa décision, le Conseil a considéré que la loi n’empêchait en rien l’exploitant de prétendre à une indemnisation du préjudice subi s’il ferme un réacteur pour respecter ce plafond. Et ceci alors qu’un article prévoyant explicitement une telle indemnisation et introduit dans le projet de loi par les sénateurs avait été retiré ultérieurement du texte.

Ainsi, si EDF vient à fermer la centrale alsacienne de Fessenheim (Haut-Rhin) ou d’autres réacteurs, parallèlement à l’entrée en service de l’EPR de Flamanville (Manche) prévue au 2e semestre 2017, pour respecter ce plafond, le groupe sera bien en droit de réclamer à l’Etat une compensation de son manque à gagner.

Hervé Mariton, député Les Républicains de la Drôme et rapporteur du budget de l’écologie à la Commission des finances, a mis en garde vendredi contre le coût financier d’une telle indemnisation, une question qui fait débat depuis le début du quinquennat.

L’enjeu est potentiellement considérable, a déclaré à l’AFP le député qui l’évalue en milliards pour Fessenheim et en dizaines de milliards sur l’ensemble de la stratégie de capage (ou plafonnement) du parc nucléaire. C’est un point contesté par le gouvernement jusqu’à présent (…) et potentiellement ruineux, a-t-il insisté, tout en relevant que le Conseil constitutionnel n’avait pour sa part avancé aucun chiffre.

Selon un rapport coprésenté par M. Mariton l’an dernier, le coût global de la fermeture de la centrale de Fessenheim s’établirait à quelque 5 milliards d’euros, dont 4 milliards d’indemnisation pour son exploitant EDF. Un montant qui avait été jugé farfelu par la ministre de l’Ecologie et de l’Energie, Ségolène Royal.

(©AFP / 14 août 2015 15h39)

Dans la torpeur estivale cette dépêche de l’Agence France Propagande ne m’a pas échappé et j’ai tout de suite recherché un billet que j’avais laissé sur mon blog en 2013 suite à des informations communiquées par un contact au sein même d’EDF qui comme on dit est très bien informé mais veut garder l’anonymat. Pour la CGT la fermeture prématurée et totalement injustifiée techniquement et industriellement de la centrale de Fessenheim s’élèvera à une perte globale de 38 milliards d’euros pour EDF si on prend seulement en compte l’autorisation de poursuivre son exploitation de 2016 à 2026 comme elle a été accordée par l’ASN. On peut imaginer que l’ASN pourrait en 2026 à nouveau prolonger l’exploitation de cette centrale pour une nouvelle période de dix années car la technologie utilisée pour la série des 900 MW est d’une robustesse exemplaire. En dehors des quelques problèmes rencontrés précocement avec les générateurs de vapeurs qui ont tous été changés, jamais cette série industrielle n’a présenté de problèmes majeurs. Le pilotage de la puissance et l’ensemble de l’électronique ont été rénovés. Ces installations sont comme neuves et leur arrêt pour des raisons politiques et idéologiques constitue une aberration économique monstrueuse. Dans la mesure où il s’agit d’une atteinte flagrante au patrimoine industriel national il est normal et fort heureusement souhaitable que la CGT s’opposera à cette fermeture autoritaire décrétée par des politiciens qui n’ont pas d’autre objectif que d’appauvrir les contribuables qui devront d’une manière ou d’une autre payer cette facture astronomique alors que leurs parents et grand-parents ont contribué par leurs impôts à financer le parc nucléaire français qui est certainement l’un des plus sûrs du monde grâce d’ailleurs aux exigences de sécurité de tous les instants de la CGT.

Puisqu’il est d’actualité de réduire les émissions de carbone on a quelques difficultés à comprendre la prise de position du gouvernement qui est contradictoire avec cet objectif.

On ne peut que rester circonspect sinon incrédule devant une telle mauvaise gestion des affaires de l’Etat et des biens des contribuables car tout de même le parc nucléaire français fait partie du patrimoine industriel public français et appartient in fine à chaque citoyen.

Lien : https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/01/26/suite-mon-billet-sur-la-fermeture-annoncee-du-cpn-de-fessenheim/