Quand les vautours se nourrissent de la bête avant qu’elle ne meure …

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Selon le Wall Street Journal de dimanche dernier (28 mai 2017) Goldman-Sachs (G-S) a acheté pour 2,8 milliards de dollars d’obligations – en valeur faciale – de la Banque Centrale du Vénézuela, non pas des obligations d’Etat mais de la PDVSA (Petroleos de Venezuela SA) émises en 2014 et arrivant à échéance en 2022. Comme PDVSA est la seule société du pays qui permet encore à l’Etat vénézuélien de disposer de devises il est facile de comprendre l’intérêt de G-S dans cet arrangement qui a été mis au point par des banquiers européens. La situation financière du pays n’est pas reluisante puisqu’il reste un peu moins de 11 milliards de devises dans les caisses. L’inflation est galopante, le FMI estime qu’elle atteindra 720 % cette année. Les troubles sociaux alimentés par la faim et le dénuement total de la population ont déjà fait plus de 60 morts …

Goldman-Sachs n’a déboursé que 865 millions de dollars pour boucler cette transaction potentiellement ultra-rentable à terme et c’est facile à comprendre en raison des risque de défaut du Vénézuela. Maduro s’est engagé à honorer la dette du pays quel qu’en soit le coût mais seulement en 2017 il devra trouver 4,6 milliards de dollars. Golman-Sachs se repaît du sang de la bête pour accélérer sa mort, pariant très gros sur un changement de régime à la faveur du mécontentement populaire qui va grandissant …

Source : Wall Street Journal

Pétunias : une extermination aveugle !

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C’est une histoire qui défie le bon sens commun et qui fera date dans l’histoire de la stupidité de l’espèce humaine, tant en Europe qu’en Amérique du Nord. Il y a deux ans un biologiste finlandais se promenait dans la ville d’Helsinki quand son regard fut attiré par des pétunias de couleur rouge-saumon. Comme il avait travaillé quelques trente ans auparavant sur les pigments des végétaux et l’expression des gènes qui leur étaient associés il eut la curiosité de prélever une tige et quelques feuilles de ces pétunias et les emmena dans son laboratoire. Il constata qu’il s’agissait de pétunias qui exprimaient un gène en provenance de maïs qui est responsable de la couleur jaune des grains de cette céréale, la pelargonidine. Si vous grignotez du pop-corn vous ne craignez rien, ce pigment est totalement inoffensif …

Comme tout bon scientifique jaloux de son honnêteté, le dénommé Teemu Teeri confirma que ces pétunias contenaient et exprimaient un « gène étranger » et qu’il se demandait bien comment de tels pétunias avaient bien pu se retrouver sur le marché alors qu’il est interdit en Europe et en Amérique du Nord de disséminer dans la nature des plantes modifiées génétiquement sans autorisation conformément aux lois en vigueur. Cette information fit la Une des médias bien intentionnés et les autorités européennes et nord-américaines ont entrepris de faire le ménage et tous les pétunias suspects ont été détruits.

Car en effet le terme transgénique, dans le subconscient de l’homme de la rue, est synonyme de toxique … résultat d’une campagne de désinformation savamment orchestrée par des ONGs « bien intentionnées » également dont le but n’est pas de préserver l’intégrité originelle du biotope végétal de la planète mais de s’opposer à tout progrès technologique quel qu’il soit.

Au mois d’avril, Teeri confia à un de ses anciens doctorants qui travaille maintenant au Ministère de l’Agriculture finlandais qu’il avait des doutes sur la réelle nature de ces pétunias. À la fin du mois d’avril l’organisme finlandais en charge de la sécurité alimentaire (c’est important de le noter surtout quand il s’agit de pétunias) fit retirer du marché 8 variétés de pétunias. Tous les autres pays européens ainsi que les USA ont suivi les directives finlandaises et c’est maintenant le carnage dans la famille des pétunias. Dans le doute, les producteurs de plants de pétunias qui ne veulent pas investir dans des contrôles génétiques hors de prix puisqu’ils doivent être effectués par des laboratoires assermentés ont préféré incinérer leur production plutôt que de s’exposer à des poursuites judiciaires.

Cette histoire rocambolesque est révélatrice du degré incroyable d’imbécillité qu’ont atteint les agences gouvernementales de contrôle sanitaire des aliments : les OGMs c’est toxique, point barre, y compris et a fortiori les pétunias …

Source et illustration : Science magazine

Nouvelles du Japon. Les livraisons à domicile : il faut être chez soi !

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On peut acheter tout ce que l’on désire avec Amazon au Japon et à Tokyo quand on effectue sa commande tranquillement le soir après le travail on est pratiquement certain d’être livré dans les 24 heures quand l’article commandé est disponible en stock dans l’un des centres de distribution de l’immense agglomération tokyoïte. Il y a cependant une limitation à ces délais exemplaires de livraison : il faut que l’acheteur se trouve chez lui quand le livreur, n’importe quelle compagnie privée y compris d’ailleurs la poste, vient sonner à votre porte. Au sujet de la poste il est également intéressant de rappeler ici que le courrier est parfois distribué le dimanche en fin de journée – pour que les postiers sur leurs drôles de petites motocyclettes rouges n’aient à effectuer qu’une journée normale de travail le lundi – et pourtant la Poste japonaise est une entreprise publique …

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Comme l’immense majorité des habitants de cette gigantesque conurbation utilisent le train, le métro et les autobus pour se déplacer et que beaucoup de personnes travaillent parfois tard le soir s’il n’y a personne à la maison pour se faire livrer un paquet ça pose un réel problème d’organisation de la logistique des distributeurs en particulier d’Amazon. Les gares, pour la plupart d’entre elles, sont configurées de telle manière qu’on ne sait pas si elles ne font pas partie d’un centre commercial car tout y est imbriqué : quand on sort d’un train on se trouve déjà dans un centre commercial parfois immense où les salary-men et les office-ladies s’attardent parfois après leur journée au bureau. Le rôle des gares ferroviaires ou de métro est de faciliter la vie des rudes travailleurs. Elles ont donc organisé un système de retraits de colis pour les salariés tardifs qui étaient naturellement absents de leur domicile lorsqu’Amazon ou éventuellement la Poste devait leur livrer leur commande de la veille.

Le système est simple : quand un consommateur effectue sa commande avec son smartphone ou son ordinateur il entre un code secret et spécifie à partir de quelle heure et dans quelle gare la livraison devra être effectuée. Quand il arrive le soir, quelque fois après 22 heures, il lui suffit d’aller pianoter son nom et ce code sur l’écran tactile de la machine et la porte du compartiment – il y en a de plusieurs tailles – s’ouvre. Il récupère son colis et rentre chez lui tranquillement. C’est un PUDO une station dédiée aux livraisons qu’il est impossible d’effectuer à domicile. C’est beaucoup plus efficace et beaucoup moins coûteux que les drones de livraison et moins coûteux également que les livraisons à domicile. J’ai d’ailleurs de la peine à imaginer le ciel de Tokyo encombré par des milliers de ces machines qui occupent en ce moment Amazon, mais c’est uniquement dans un but publicitaire sinon pour amuser ceux qui veulent bien y croire.

Photos prise à la station JR et de métro d’Ogikubo à Tokyo. La gare d’Ogikubo est une petite gare. Le trafic d’environ 180000 personnes par jour se partage entre les trains et le métro (terminus de la ligne Marunouchi).

L’assassinat de JFK signa la fin de la démocratie américaine

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Hasard du calendrier, John F. Kennedy aurait eu 100 ans demain lundi 29 mai 2017. Hasard car ce lundi est aussi aux USA le jour des morts pour la patrie, le « Memorial Day ». Le billet qui suit est une traduction par mes soins le 25 mai d’un article de Paul Craig Roberts parue le 24 de ce même mois que j’ai préféré mettre en ligne la veille du Memorial Day.

JFK fut assassiné le 22 novembre 1963 à Dallas à l’âge de 46 ans peu avant de terminer la troisième année de son mandat de Président des Etats-Unis. Les chercheurs qui ont passé des années à réunir les évidences sur cet évènement ont conclu que le Président Kennedy avait été assassiné par une conspiration entre la CIA, les Chefs d’Etat-Major et les services secrets. Kennedy entra à la Maison-Blanche avec la stature d’un guerrier froid mais il apprit très vite lors de ses interactions avec la CIA et les Chefs d’Etat-Major que le complexe militaro-sécuritaire industriel américain avait un agenda servant ses propres intérêts et que cet agenda constituait un danger pour l’humanité.

Il entreprit donc de réduire les tensions entre les USA et l’Union Soviétique. Ses refus réitérés d’invasion de Cuba, du projet Northwoods (voir note 1), d’une attaque nucléaire préventive de l’Union Soviétique et son intention de retirer l’armée américaine du Vietnam s’il était réélu ainsi que ses discours relatifs à une nouvelle politique étrangère à l’ère nucléaire suffirent largement à convaincre le complexe militaro-sécuritaire industriel qu’il oeuvrait contre ses intérêts. Les conservateurs considéraient qu’il faisait preuve de naïveté vis-à-vis de l’Union Soviétique et constituait donc un danger pour la nation. C’étaient les vraies raisons de son assassinat qui furent scellées lorsque Kennedy annonça le 10 juin 1963 le début de négociations avec l’Union Soviétique pour aboutir à un traité d’interdiction des essais nucléaires atmosphériques (voir note 2).

La mise en scène de Lee Oswald ne fut jamais convaincante d’autant que des films réalisés par des spectateurs contredisaient les affirmations des enquêteurs. Le Président Johnson ne put jamais suivre de près l’enquête, non pas parce qu’il était vice-président lors de l’évènement ou qu’il voulait tromper le peuple américain mais parce qu’étaler au grand jour la vraie histoire aurait profondément mis à mal la confiance des Américains en leur gouvernement à un moment critique des relations USA-URSS. Pour que cette affaire soit « emballée » il fallait toute la confiance du Chef de la Cour Suprême, Earl Warren, pour diriger la commission en charge de faire la lumière sur l’assassinat. Warren comprit tout de suite l’importance de sa mission afin de préserver la confiance que l’opinion publique accordait à l’armée, aux services de sécurité nationale ainsi que la confiance des alliés des USA.

Lors de cet évènement la CIA introduisit le concept de « théorie de la conspiration » dans le lexique politique, une technique permettant de discréditer le scepticisme de la Commission Warren en contrôlant étroitement toute information livrée aux médias. Ce terme de théorie de la conspiration a été ultérieurement utilisé pour valider de fausses explications tout en déformant la vérité. Le Président Kennedy était aussi déterminé à classer le lobby israélien (très actif aux USA) parmi les agents extérieurs et à bloquer l’acquisition par Israël d’armement nucléaire. Son assassinat libéra les contraintes qui pesaient sur Israël. Dans un discours aux Nations-Unies en 1961 JFK déclara :

 » Chaque habitant de notre planète doit savoir qu’un jour celle-ci pourrait devenir inhabitable. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant vit sous l’épée de Damoclès nucléaire, attachée par le plus mince des fils qui peut être rompu à n’importe quel moment par accident, mauvais calcul ou par folie. Ces armes de guerre doivent être détruites avant de nous détruire nous-mêmes. Il est donc dans notre intention d’affronter l’Union Soviétique, non pas pour une course aux armements, mais pour une course vers la paix, pour avancer conjointement, pas à pas, étape par étape, jusqu’à ce qu’un complet désarmement ait été atteint. « 

Si ce discours reçut un accueil chaleureux et des encouragements tant du leader soviétique Nikita Khrushchev que de nombreux pays européens il consterna les « faucons » (warhawks) et les Chefs d’Etat-Major. En termes de quantités et de qualités (missiles) d’armements nucléaires les USA étaient en avance sur l’Union Soviétique ce qui aux yeux de l’Etat-Major (voir le lien) autorisait les USA à procéder à une attaque nucléaire surprise de l’URSS. Beaucoup pensaient qu’un désarmement nucléaire donnerait les coudées franches à l’URSS pour envahir le reste de l’Europe. Les « faucons » considéraient cette éventualité comme beaucoup plus menaçante qu’un conflit nucléaire et beaucoup de personnalités militaires de haut rang regardaient JFK comme décidé à affaiblir les USA vis-à-vis de l’Union Soviétique.

L’assassinat de John F. Kennedy fut donc d’un énorme coût pour l’humanité toute entière. Kennedy et Khrushchev auraient collaboré pour désamorcer la crise cubaine des missiles en mettant un terme à la guerre froide bien avant que le complexe militaro-sécuritaire finisse par refermer son gant de fer sur le gouvernement américain. Israël n’aurait jamais disposé d’armement nucléaire et classer le lobby israélien comme agent de l’étranger aurait évité la main-mise d’Israël sur le gouvernement américain. Durant son second mandat JFK aurait démantelé la CIA en milliers d’entités sans pouvoir réel, un projet qu’il formula à son frère Robert, et le Deep State aurait été balayé de la scène politique avant qu’il ne devienne plus puissant que le Président américain lui-même.

Mais le complexe militaro-sécuritaire frappa le premier à Dallas et tira une balle qui annula toutes ces promesses, mettant ainsi fin à la démocratie américaine …

Source : http://www.paulcraigroberts.org/2017/05/24/jfk-100-paul-craig-roberts/

Note 1. Le projet Northwoods devait faire croire à l’opinion publique américaine que Cuba représentait un danger pour les USA. Il s’agissait d’organiser des attentats et des actes de sabotage sur le sol américain qui seraient attribués aux agents cubains (voir : https://en.wikipedia.org/wiki/Operation_Northwoods )

Note 2. Il existe trois traités d’interdiction des essais nucléaires. Le premier appelé aussi traité « limité » fut co-signé le 10 octobre 1963 par les USA, l’Union Soviétique et la Grande-Bretagne. Il interdisait les essais nucléaires atmosphériques, dans l’espace et sous-marins. Seuls les essais terrestres souterrains furent dès lors autorisés. Ce traité fut finalement suivi en 1996 par le CTBT ou Comprehensive Nuclear Test-Ban Treaty adopté par les Nations-Unies et ratifié par la plupart des pays à l’exception de l’Inde, du Pakistan et de la Corée du Nord ( voir à ce sujet : https://en.wikipedia.org/wiki/Comprehensive_Nuclear-Test-Ban_Treaty )

Lire aussi :

http://prospect.org/article/did-us-military-plan-nuclear-first-strike-1963

Les Etats-Unis et la paix dans le monde : une blague macabre

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Depuis la fin de la seconde guerre mondiale les USA ont provoqué plus de 20 millions de morts et plus de 200 millions de blessés dans 37 pays différents de par le monde c’est-à-dire l’équivalent de plus de 10000 « 11 septembre ». Il est important de faire cette comparaison car les attentats du 9/11 ont en quelque sorte institutionnalisé la nouvelle croisade américaine contre le terrorisme. Cette statistique macabre est approximative car il est difficile d’évaluer les conséquences des interventions américaines dans les pays étrangers en termes d’exécutions sommaires ou de conflits civils provoqués par l’installation de régimes politiques à la solde de Washington. Un seul exemple suffira à situer cette difficulté : lorsque le Shah fut installé par la CIA à Téhéran nul ne sait combien de personnes disparurent dans ce pays à la suite de poursuites systématiques des opposants par la police politique mise en place avec l’aide de cette même CIA en Iran pour servir le Shah. Quant au nombre de soldats et d’agents américains morts sur les divers lieux d’intervention il est tout simplement ridicule et n’a pas été pris en compte dans ces statistiques. Juste pour la guerre d’Irak il y eut 1 455 590 morts du côté irakien et seulement 4801 du côté américain, ce sont des statistiques « officielles » recueillies par des ONGs indépendantes englobant ce que les Américains ont coutume d’appeler pudiquement les dommages collatéraux.

Venons-en donc à la chronologie des interventions américaines hors du sol de la bannière étoilée et comme les lecteurs vont le découvrir la stratégie américaine n’a jamais changé depuis la fin du dernier conflit mondial. L’exemple le plus représentatif en est l’intervention américaine en Afghanistan, le premier de cette liste.

Afghanistan

Sous prétexte d’affaiblir l’URSS par le sud les Américains finançaient les Mujahidins afghans afin de répandre la terreur dans les provinces de l’Union Soviétique ce qui provoqua l’intervention des Russes. C’est le Président Carter qui prit cette décision le 3 juillet 1979 avant même l’intervention russe le 24 décembre de la même année suivant en cela les conseils de Zbigniew Brzezinski. Lors de l’intervention américaine en Afghanistan à la suite des attentats du 11 septembre, les Américains ont provoqué la mort par bombardements d’au moins 12000 personnes dès les premiers jours de cette intervention. Les USA occupent toujours ce pays et nul ne sait combien de morts et de blessés ont été laissés pour compte sur le terrain.

Angola

En 1977 quand les Portugais se retirèrent définitivement de l’Angola, une guérilla s’installa dans le pays pour déloger le gouvernement en place et reconnu par les Nations-Unies. Washington finança la rébellion – l’Unita – car le gouvernement en place était aidé par des troupes cubaines, ce qui justifia une intervention américaine. Les USA réussirent à impliquer l’Afrique du Sud, un pays ami de l’Oncle Sam, pour envahir l’Angola : résultat des opérations 750 000 morts. Depuis lors l’Angola est étroitement surveillé par les agents américains et le pétrole coule à flot.

Argentine

À la suite de la mort d’Eva Peron et de la réélection de Juan Peron en 1951 la CIA organisa une guerre civile pour finalement mettre en place un gouvernement de transition militaire et l’organisation d’élections qui aboutirent à un nouveau régime favorable aux « idées démocratiques » de Washington. Cette transition dura près de 10 ans et près de 70000 personnes furent assassinées ou disparurent bien que des statistiques précises n’existent pas. Pour s’attirer la sympathie des Argentins, le gouvernement américain indemnisa par la suite les familles des victimes à hauteur de deux-cent-mille dollars chacune. Aujourd’hui l’Argentine est en ordre et le Président actuel est totalement soutenu par les USA.

Bengladesh et Pakistan

Après le retrait des Anglais de l’Empire des Indes trois pays émergèrent, le Pakistan de l’Ouest, l’Inde et le Pakistan de l’Est à la suite de mouvements de populations indescriptibles. Washington, qui soutenait le régime autoritaire du Pakistan de l’Ouest favorisa en 1971 la brutale invasion de la partie appelée aujourd’hui Bengladesh qui voulait faire sécession en armant lourdement le Pakistan de l’Ouest. Le Pakistan fut vaincu à la suite de l’intervention de l’Inde qui avait accueilli plus de 10 millions de réfugiés. Nul ne sait exactement combien de victimes furent occasionnées par ce sanglant conflit, probablement 3 millions …

Bolivie

En 1952, à la suite d’élections présidentielles contestées, le Mouvement nationaliste révolutionnaire (MNR) mit à la tête du pays Victor Paz Estenssoro. Celui-ci entama de profondes réformes dont un redécoupage agraire, l’introduction du suffrage universel et la nationalisation des mines, en particulier de cuivre. Les Américains, dont l’Amérique du Sud a toujours été leur chasse gardée, entreprirent de fomenter un coup d’état et mirent en place un régime répressif incarné par Hugo Banzer Suarez qui rétablit l’ordre, c’est-à-dire une totale allégeance à Washington. Cette période trouble de l’histoire récente de la Bolivie occasionna au moins un millier de morts. Les mines de cuivre sont sous le contrôle des Américains, merci !

Brésil

Le Brésil comme l’Argentine, la Bolivie, le Chili, le Paraguay et l’Uruguay a toujours été étroitement surveillé par les USA dans le cadre d’un programme secret appelé Opération Condor. Selon des documents déclassifiés ce plan aurait occasionné dans ces divers pays au moins 13000 morts et disparus.

Cambodge

Lorsque les administrations Johnson puis Nixon décidèrent de bombarder le Cambodge qui servait, selon elles, de base arrière au Viet-Cong, les pertes humaines et matérielles furent immenses et favorisèrent l’émergence des Khmers Rouges de Pol-Pot. Diverses ONGs humanitaires considèrent que les massacres systématiques organisés par les Khmers rouges sont la conséquence directe des exactions américaines car la CIA soutenait ce régime ouvertement. Le nombre total de victimes est estimé à au moins trois millions y compris celles des bombardements américains.

Tchad (Chad)

Lorsque Hissen Habre fut mis au pouvoir par la CIA en juin 1982 ce dernier resta au pouvoir durant 8 années. Au moins 40000 victimes de répressions violentes furent répertoriées. Lorsque certaines familles de disparus résidant depuis lors en Belgique tentèrent de poursuivre cet individu devant les tribunaux de Bruxelles pour tortures et assassinats les Américains organisèrent un odieux chantage à l’encontre du gouvernement belge afin de ne pas donner suite à cette demande (1983).

Chili

La CIA interféra lors des élections présidentielles chiliennes en 1958 et 1964 mais en 1970 le candidat socialiste Salvador Allende fut élu. Diverses tentatives de la CIA pour éliminer physiquement Allende échurent et Nixon déclara : « faites en sorte que l’économie du Chili souffre ». Il s’ensuivit une campagne savamment organisée par les services secrets américains de guérilla, sabotages, bombes et terreur. Les multinationales américaines présentes sur le sol chilien organisèrent des grèves à répétition. Finalement le 11 septembre 1973 Allende mourut dans des circonstances inexpliquées. Au cours de la présidence de Pinochet entre 3000 et 5000 Chiliens furent torturés, exécutés sommairement ou disparurent. Aujourd’hui le Chili est un pays calme et prospère, merci Oncle Sam …

Colombie

Le conflit interminable entre les forces armées régulières de Colombie et la guérilla dite des Farc n’a rien d’anecdotique puisque la CIA a depuis le tout début soutenu cette guérilla. Nul ne sait quelles furent les motivations du gouvernement américain dans cette prise de position, peut-être les plantations de cola. Toujours est-il que cette guérilla a provoqué la mort d’au moins 87000 personnes. Curieusement les agents de la CIA ont également aidé financièrement les escadrons de la mort, des milices gouvernementales officieuses.

Cuba

Seule l’invasion avortée de la Baie des Cochons est à noter dans l’intervention américaine à Cuba en avril 1961. Cent-quatorze américains furent tués par les forces cubaines et 1189 prisonniers furent échangés après 20 mois de détention contre 53 millions de dollars de nourriture et de médicaments. Du côté cubain il y aurait eu entre 2000 et 4000 morts essentiellement lors du bombardement d’une route à l’aide de napalm, une stratégie reprise plus tard en Irak.

Congo ex-belge aujourd’hui République Démocratique du Congo, ex-Zaïre

Lorsque le Congo belge devint indépendant en 1960 le Premier Ministre Patrice Lumumba qui ne partageait pas vraiment les idées démocratiques de Washington fut rapidement éliminé par la CIA bien que son assassinat fut imputé aux services secrets belges. Depuis une paix durable n’a jamais prévalu dans ce pays qui regorge de richesses minérales dont en particulier de coltan. La plupart des conflits armés qui secouent ce pays périodiquement sont organisés et financés par les USA. Nul ne sait combien les exactions américaines ont provoqué de morts en cinquante années d’instabilité. Note : le coltan est un minerai riche en tantale et en niobium. Le tantale est notamment utilisé dans la construction d’éoliennes. L’exploitation de ce minerai a provoqué des troubles récurrents dans la région d’Ituri en RDC.

République Dominicaine

En 1962 le nouveau président de la République Dominicaine, un dénommé Juan Bosch déplut au Président Johnson en raison des réformes agraires qu’il envisageait de mettre en place. La CIA fut promptement mandatée pour le déloger. Trois ans plus tard le parti de Bosch tenta de le réinstaller au pouvoir. Cette fois l’armée américaine intervint, forte de 22000 marines et autres fantassins sous prétexte de protéger les intérêts des résidents étrangers. Trois mille soldats de l’armée dominicaine périrent au cours des affrontements qui s’ensuivirent.

Timor Oriental (East Timor)

Quand les Américains vendent des armes à un pays la loi (américaine) stipule qu’elles ne doivent pas être utilisées pour agresser un pays tiers. Comme on peut le constater aujourd’hui cette loi n’est jamais respectée (cf. l’Arabie Saoudite et le Yémen). Elle ne fut pas respectée par le Président indonésien Suharto le lendemain même d’une visite du Président Gerald Ford accompagné de Henry Kissinger à Djakarta en décembre 1975. L’armée indonésienne lourdement armée (par les américains) attaqua le Timor oriental et sur un total de 700000 habitants deux cent mille d’entre eux furent massacrés. Soixante ans plus tard, lors d’une cérémonie pacifiste, des rescapés du massacre voulurent commémorer ce sombre évènement dans la ville de Dili. Ils se heurtèrent aux troupes de choc de l’armée indonésienne. Des pleins camions de cadavres furent aperçus déversant leur chargement dans la mer.

El Salvador

Ce petit pays de 8 millions d’habitants fut ravagé par une guerre civile entre 1981 et 1992 financée par les USA afin de mettre un terme à des mouvements sociaux revendiquant plus de justice. Les évènements débutèrent pas le massacre de 900 villageois de El Mozote. La majorité des massacres, tortures et assassinats furent le fait de cadres de l’armée salvadorienne formés dans des écoles militaires américaines. Cette guerre civile qui n’en avait en apparence que le nom fit 75000 victimes car la CIA n’admettait pas qu’un régime plus démocratique puisse s’installer un jour dans ce pays.

Grenade

Quand Maurice Bishop devint Président de ce petit Etat en 1979 il refusa de participer au blocus de Cuba. La CIA n’eut alors de cesse de déstabiliser le pays et finalement l’armée américaine envahit l’île le 25 octobre 1983 laissant derrière elle 277 morts pour deux raisons mensongères : la construction d’un aéroport qui pourrait être utilisé pour attaquer les USA et le fait totalement erroné que certains étudiants américains présents sur l’île étaient menacés.

Guatemala

En 1951 le Président démocratiquement élu Jacobo Arbenz entreprit de nationaliser les terres en friches appartenant la société américaine United Fruit pour les redistribuer aux paysans sans terre. La United Fruit répliqua immédiatement en embauchant 300 mercenaires qui bloquèrent les dépôts de pétrole et de produits raffinés et sabotèrent les trains. La CIA organisa un « coup » en 1954 pour destituer le Président. Durant les 50 années qui suivirent ce furent les années noires dirigées par les agents de la CIA de l’intérieur : deux-cent-mille personnes furent assassinées par une armée toute dévouée au Département d’Etat américain et aux grandes compagnies fruitières américaines. Plus de 400 villages mayas furent rayés de la carte, un génocide qui passa largement inaperçu dans le monde occidental.

Haïti

Entre les années 1957 et 1986 Haïti était dirigé d’une main de fer par la famille Duvalier père puis fils avec le soutien financier du Département d’Etat américain via l’Etat d’Israël. Durant ces années de terreur quotidienne qui ne profitèrent qu’à l’infime minorité blanche de l’île près de 100000 opposants furent passés par les armes. L’influence de la CIA n’a jamais cessé puisque le Président Aristide, bien décidé à mettre un terme à la corruption généralisée, fut rapidement satellisé pour sauvegarder les privilèges de la caste blanche. Il vit maintenant en exil en Afrique du Sud.

Honduras

Le Honduras constitue l’un des exemples les plus évidents de la pratique de la torture par les agents de la CIA et de ses sbires. Le Honduras servait de base arrière pour les Sandinistes du Nicaragua (voir infra). Les ONGs estiment que plus de 400 personnes furent torturées par le Battalion 316 sur ordre de la CIA.

Hongrie

En 1956 la propagande de Radio Free Europe encouragea, parfois agressivement, une rébellion anti-soviétique promettant un soutien imminent de l’Occident. Résultat : les manifestations furent écrasées dans le sang occasionnant la mort de plus de 3000 personnes.

Indonésie

En 1965 un coup d’Etat organisé par le Département d’Etat américain remplaça le Général Sukarno par le Général Suharto. La politique répressive qui s’ensuivit fit entre un demi-million et trois millions de morts. L’aide américaine ne s’est jamais tarie puisque entre 1993 et 1997 Djakarta a reçu 100 millions d’aide économique par an et des dizaines de millions de dollars d’équipements militaires, instructeurs compris, qui furent utilisées au Timor (voir supra).

Iran

Durant la guerre Iran-Irak l’Iran perdit plus de 260000 soldats (voir ci-après). Le 3 juillet 1988 le bateau américain USS Vincennes croisait dans les eaux territoriales iraniennes pour approvisionner l’armée irakienne. Il essuya des tirs de vedettes iraniennes et durant cette brève bataille deux missiles américains allèrent malencontreusement abattre un Airbus civil iranien faisant 290 victimes. Cet évènement rappelle étrangement le vol MH17 abattu au dessus de l’Ukraine par les forces armées de Kiev à la solde de la CIA depuis les évènements de Maiden.

Irak

Durant les 8 années de guerre Iran-Irak 105000 irakiens trouvèrent la mort et le pays reçut une aide massive des USA se comptant en dizaines de milliards de dollars incluant toutes sortes d’armements y compris des agents chimiques et biologiques. Les USA se frottèrent les mains car les deux pays s’appauvrissaient et si cette guerre avait continué plus longtemps le Département d’Etat aurait laissé faire.

La guerre USA-Irak fut provoquée par l’invasion du Koweit par les troupes de Saddam Hussein le 2 août 1990 alors que l’ambassadeur US à Bagdad avait quelques jours auparavant assuré le chef d’Etat irakien qu’il comprenait les revendications territoriales de son pays au sujet de ce petit émirat qui avait toujours fait partie de la nation irakienne. En réalité il s’agissait d’un piège très bien prémédité qui exacerba la population américaine lorsque la fille de l’ambassadeur du Koweit à Washington déclara faussement devant le Congrès que Saddam Hussein débranchait les couveuses des bébés dans les hôpitaux de Bagdad. L’intervention aérienne américaine commença le 17 janvier 1991 et dura 42 jours. Puis le Président Bush (senior) ordonna l’assaut terrestre durant lequel 150 militaires américains trouvèrent la mort alors que plus de 200000 irakiens moururent sur la route de la mort (cf. La Baie des Cochons) laissant au passage 400 tonnes d’uranium appauvri sur le sol irakien sous forme de munitions perdues. Les sanctions économiques, la destruction des infrastructures et des hôpitaux occasionna entre 1990 et 1996 la mort de plus de 560000 enfants irakiens selon la FAO, l’UNICEF et diverses autres organisations non-gouvernementales. Ces infractions systématiques aux conventions internationales n’avaient pas d’autre but que de pousser la population irakienne à s’insurger contre le pouvoir irakien.

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La seconde guerre USA-Irak

Celle-ci débuta juste après les attentats du 11 septembre et est toujours pendante. Son but fut d’éliminer physiquement Saddam Hussein, accusé à tort de détenir des stocks invraisemblables d’armes de destruction massive. Les Américains étaient venu en Irak pour installer la démocratie, ils ont échoué en précipitant le pays dans le chaos. Les Américains étaient venu en Irak pour délivrer le peuple d’un dictateur : il fallait l’éliminer car il constituait une preuve vivante des mensonges du Département d’Etat et de la CIA. À ce jour la deuxième guerre d’Irak a provoqué la mort de 640000 personnes dont les leaders américains sont responsables.

La guerre israélo-palestinienne

Les conflits récurrents entre Israël et la Palestine ont provoqué la mort de 200000 personnes alors que les USA ont toujours aidé financièrement Israël, aidant même ce pays à s’équiper d’armement nucléaire.

Corée (Korea)

Selon l’administration Harry Truman la Corée du Nord envahit le sud le 25 juin 1950 en dépit du fait que la Corée du Nord faisait état de 2617 incursions armées en direction de son territoire depuis 1948. Prétendre comme l’a fait l’administration Truman que la Russie soutenait le Nord est un mythe. Avant même une quelconque décision des Nations-Unies les USA attaquèrent le Nord en utilisant massivement du napalm. Durant ce conflit plus de trois millions de civils furent tués, certaines estimations faisant état de 4 millions de victimes. L’armée américaine largua 650000 tonnes de bombes dont 43000 tonnes de bombes au napalm.

Laos

Entre 1965 et 1973, durant la guerre du Vietnam, l’armée américaine utilisa plus de 2 millions de tonnes de bombes pour anéantir sans succès majeur les bases arrières du Vietcong mais ce n’était qu’un prétexte pour également annihiler le Pathet Lao, un parti politique de gauche forcément ennemi de la démocratie. Comme il s’agissait d’une sorte de guerre secrète, c’est-à-dire non officielle, l’estimation du nombre de victimes varies entre 500000 et 2 millions de morts.

Népal

Ce pays occupe une place stratégique entre l’Inde et la Chine et a été sur-armé par les Américains pour combattre une rébellion maoïste des paysans voulant accéder aux terres. Les estimations du nombre de victimes varie entre 8000 et 12000 entre 1996 et 2002.

Nicaragua

Le conflit entre Sandinistes et Contra dura plusieurs années après l’élection de Somoza en 1981. Les Américains soutenaient les Contra, une guérilla anti-communiste. Le conflit largement alimenté par les USA occasionna la mort de plus de 25000 personnes lorsqu’il se termina en 1990.

Panama

En décembre 1989 les troupes US envahirent le Panama pour ostensiblement arrêter Manuel Noriega pourtant un agent notoire de la CIA mais malheureusement pour lui un sympathisant des Sandinistes du Nicaragua. Près de 4000 personnes moururent lors de cette intervention qui prouve à quel point les Américains se considèrent comme les maîtres du monde et peuvent arrêter n’importe qui n’importe où en usant de la violence.

Philippines

Pays contrôlé par les USA depuis plus d’un siècle, les Philippines ont toujours eu des difficultés pour se développer car les Américains n’ont jamais voulu en entendre parler. Sous la présidence de Fernando Marcos, un ami de tous les présidents américains, plus de 100000 Philippins moururent de mort violente avec la contribution des services de renseignement américains.

Soudan

Le cas du Soudan est exemplaire de la manière dont l’administration américaine manipule la désinformation et le mensonge. Entre 1955, date d’accession à l’indépendance de ce pays, et 2003 la guerre civile entre factions rivales fit plus de 2 millions de morts sans compter les victimes des guerres civiles du Darfour. En 1978 les vastes réserves de pétrole du pays furent découvertes et tout de suite le pays devint le sixième pays au monde à bénéficier d’une aide militaire des USA. Le gouvernement de Khartoum était donc ami de Washington. Cependant en août 1998 les Américains larguèrent 75 missiles Cruise sur une usine supposée appartenir à Oussama Ben Laden et fabricant des armes chimiques. En réalité il s’agissait du seul laboratoire pharmaceutique du pays approvisionnant la population en médicaments pour traiter la malaria, la tuberculose et d’autres maladies. Ce bombardement injustifié provoqua la mort de centaines de milliers de personnes ne pouvant plus se procurer de médicaments. Un autre bel exemple de l’impunité dont s’arrogent les Américains pour bombarder qui ils désirent et où ils le décident.

Vietnam

Avant même que la France ne se retire de la scène vietnamienne des pourparlers pour une solution pacifique entre le Nord et le Sud avaient été initiés en secret. Cependant dans le cadre de sa stratégie globale de combat du communisme les Américains affichèrent rapidement leur soutien à Diem à Saïgon. En août 1964 l’indicent du Golfe du Tonkin, fabriqué de toute pièce, provoqua l’entrée en guerre ouverte des américains dans le conflit alors qu’ils étaient déjà profondément impliqués dans le maintien au pouvoir de Diem au sud. Les atrocités perpétrées par les Américains font état de près de 8 millions de morts durant ce conflit en comptant les morts au Laos et au Cambodge. Près d’un million de Chinois périrent également durant ce conflit alors que Robert McNamara s’arrêta au nombre global de 3,4 millions. Aujourd’hui le Vietnam est un allié économique des USA …

Yougoslavie

Pour les Américains la Yougoslavie a toujours été considérée comme un appendice intolérable de la Russie surtout après l’effondrement du bloc soviétique bien que son Président le Maréchal Tito déclara son pays non-aligné durant toute la guerre froide. Cependant après la chute du mur de Berlin les Américains et les Allemands collaborèrent activement pour précipiter le démantèlement de cette république fédérale, un véritable patch-work d’ethnies et de religions différentes. Les services secrets américains n’eurent de cesse d’attiser les haines entre ces peuples qui ne demandaient pourtant qu’à vivre en paix ensemble pour obtenir un démantèlement du pays. Le décompte du nombre de victimes n’a jamais été aisé et varie entre 107000 morts – chiffre officiel – et plus de 300000

Sources : popularresistance.org, adapté d’un article de James A. Lucas, journaliste et écrivain, paru en novembre 2015 et réédité en 2017 avec plus d’une centaine de références.

Pétrole, tout va bien ? Pas si sûr …

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Vitol, personne ne connaît cette société et n’en a jamais entendu parler. C’est pourtant le plus important acteur du négoce de pétrole dans le monde, un très gros business qui est entre les mains des 5 principales firmes se partageant ce gâteau (illustration). Chaque fluctuation du prix du baril de pétrole, à chaque seconde, que ce soit en Extrême-Orient ou en Europe, représente quelques milliards de dollars et il y a des gagnants et des perdants dans ce gigantesque jeu de roulette. Pourtant le moral de ces sociétés totalement opaques dont personne ne connait exactement la domiciliation exacte n’est pas au beau fixe.

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Malgré les affirmations récentes de la patronne du FMI qui comme chacun sait fait partie du club très sélect des personnes responsables mais pas coupables (cf. l’affaire Tapie), l’économie mondiale va décidément de plus en plus mal à tel point que le CEO de Vitol, un certain Monsieur Kho, a récemment déclaré que la réduction récente de la production décidée par l’OPEP n’avait eu pratiquement aucun effet sur l’évolution du prix du baril car la demande s’essouffle tant en Chine qu’en Inde, mais également dans de nombreux pays émergents ainsi qu’en Europe. De surcroît la reprise du pompage de pétrole aux USA n’arrange pas vraiment la situation. Les cours mondiaux du pétrole sont en effet à l’affut de l’état des stocks de brut et de produits raffinés sur le territoire américain. Or l’administration US dispose de tous les outils pour influer sur le cours du pétrole, si possible en publiant de fausses statistiques pour le plus grand bien de négociants comme Glencore, une multinationale implantée dans plus de 90 pays dans le monde et qui s’intéresse à toutes les matières premières sans exception, depuis le cuivre et le nickel en passant par le zinc, le charbon, les denrées alimentaires et naturellement le pétrole. Basée au Pays-Bas, Glencore est le concurrent direct de Vitol dans le négoce des produits pétroliers malgré le fait que son activité pétrolière est minoritaire au sein de ses activités.

L’Agence Internationale de l’Énergie, bien que tenant des propos rassurants, concède que la croissance molle va perdurer, l’injection massive de liquidités dans les circuits économiques par les grandes banques centrales, FED, BCE et BoJ, n’a pas eu les effets escomptés sur la croissance. Celle-ci est en berne, dans l’attente du cygne noir qui précipitera la grande crise économique mondiale que tous les responsables politiques redoutent. Les signaux avant-coureurs se trouvent parfois là où on ne les attend pas.

Source : Bloomberg

Alstom dans la tourmente …

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La Suisse a doublé la France dans les liaisons ferroviaires transalpines vers l’Italie à la suite de l’achèvement du tunnel du Gothard. La liaison ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin a été repoussée aux calendes gréco-romaines, trop chère, anti-écolo, pas certaine d’être rentable, bref pour aller de Lyon à Milan on continuera à emprunter les sentiers muletiers, c’est mieux pour la nature. Les Suisses, conscients de leur statut d’enclave au milieu de l’Union Européenne, ont mis plus de dix ans pour percer le tunnel du Gothard et ils n’ont pas attendu pour équiper cette ligne de trains à grande vitesse qu’Alstom leur propose ses services. En bon gestionnaires de leur industrie les Helvètes ont confié la construction de 29 rames de 400 mètres de long capables de transporter jusqu’à 250 km/h 810 passagers assis à une entreprise suisse. Les trains appelés « Giruno » ont été construits par la société Stadler Rail basée à Bussnang dans le canton de Thurgovie à l’extrême nord-est de la Confédération.

Dans des délais très brefs cette liaison à grande vitesse sera prolongée jusqu’à Bâle via les cantons du Tessin et Lucerne. Reste donc l’utilité de la liaison Lyon-Turin-Milan … La Suisse a tout simplement pris de court la région Rhône-Alpes et la société Alstom dont j’ai dénoncé le marketing désastreux sur ce blog.

Source et illustration : RST.info Relire aussi : https://jacqueshenry.wordpress.com/2016/08/27/souvenirs-souvenirs/