La peur du vide

Andromeda_Galaxy_(with_h-alpha).jpg

Les astronomes observent et les astrophysiciens calculent et quand les observations semblent inexplicables ces derniers inventent des théories parfois hilarantes. Et c’est dans ce travers qu’ont échoué – à mon humble avis – une équipe franco-israélienne d’astrophysiciens sous la direction du Professeur Yehuda Hoffman de la Hebrew University de Jerusalem.

Pour comprendre le raisonnement de ces scientifiques il faut faire quelques petits rappels. La Terre tourne sur elle-même et au niveau de l’Equateur la vitesse de rotation est de 1600 km/h. C’est la raison pour laquelle il est judicieux de lancer des fusées vers l’espace depuis une installation proche de l’équateur comme en Guyane par exemple car la fusée, avant même d’avoir décollé, se déplace (par rapport à l’espace) à cette vitesse de 1600 km/h que naturellement on ne ressent pas quand on a les pieds sur le plancher des vaches. La Terre tourne autour du Soleil – pour ne pas lui tomber dessus en raison de la gravité – à une vitesse d’environ 100000 km/h et encore une fois personne sur la Terre ne ressent cette vitesse de déplacement de la Terre autour du Soleil. Ce n’est pas tout et on peut avoir alors le vertige si on y pense, le Soleil gravite autour du centre de la Voie Lactée – « notre galaxie » – à la vitesse pas négligeable du tout de 850000 km/h ! Si, dans un monde où tout est relatif, on ajoute qu’il faut au Soleil plus de 200 millions d’années pour faire un tour complet autour du trou noir se situant au centre de la Voie Lactée, cette vitesse semble alors infime …

À cette énumération il faut enfin tenir compte de la vitesse de déplacement de notre galaxie, de concert avec sa soeur jumelle la Galaxie d’Andromède (illustration), vers un groupe d’autres galaxies appelé Le Grand Attracteur. Cette vitesse de déplacement qui est le résultat de la gravité exercée par cette concentration de galaxies est de 2 millions de km/h soit 630 km par seconde. Le Grand Attracteur est situé à 150 millions d’années lumière de la Voie Lactée et de la galaxie d’Andromède qui sont distantes l’une de l’autre de « seulement » 2,5 millions d’années lumière. Il faut noter au passage que cette galaxie est la seule visible à l’oeil nu dans le ciel boréal et que son « image » qui nous parvient aujourd’hui a été émise avant même que l’homme existe sur la Terre …

Cette équipe d’astrophysiciens s’est intéressée à un autre groupe de galaxies situé à 600 millions d’années lumière de « notre » Voie Lactée appelé la Concentration de Shapley, donc très au delà du Grand Attracteur. Or, par le calcul, la vitesse de déplacement de la Voie Lactée vers le Grand Attracteur ne peut pas être expliquée par la présence de cet autre région à forte densité et forte population de galaxies car elle est située beaucoup trop loin pour avoir un effet sur cette vitesse de déplacement. Les astrophysiciens ont donc imaginé que notre galaxie fuyait une zone de l’espace intergalactique curieusement désertique, c’est-à-dire très pauvre en galaxies, qui vient d’être découverte à l’opposé du Grand Attracteur (par rapport à « notre » galaxie). Notre galaxie, en quelque sorte, a donc tout simplement peur du vide comme en ont conclu ces astrophysiciens et elle fuit cette région sombre et sans matière. Il fallait avoir vraiment beaucoup d’imagination pour y penser et j’avoue que mon petit cerveau n’a pas saisi la subtilité de cette nouvelle théorie que je trouve totalement absurde, mais je ne partage cette opinion qu’avec moi-même … Ces travaux ont néanmoins fait l’objet d’une publication dans Nature, soi : 10.1038/s41550-016-0036 Illustration : Galaxie d’Andromède, Wikipedia

Ilc_9yr_moll4096.png

Note à l’intention de mes lecteurs exigeants. Comme l’ont donc revendiqué dans cet article les auteurs de l’étude il existe dans l’Univers des zones à forte densité de matière et d’autres zones au contraire vides de tout objet céleste. Il s’agit d’une propriété de l’Univers appelée anisotropie, en d’autres termes l’Univers n’est pas homogène comme l’ont montré les mesures du bruit de fond cosmologique (illustration ci-dessus) correspondant à une température de 2,72 degrés K. Toutes sortes de théories ont été avancées pour expliquer cette anisotropie dont en particulier le modèle du Big-Bang.

Le Soleil est entré en léthargie

Capture d’écran 2016-12-02 à 17.16.11.png

Entre le 14 et le 18 novembre 2016, la surface du Soleil était totalement uniforme, c’est-à-dire sans aucune tache. Les taches solaires sont la signature de l’intensité du champ magnétique de l’astre. Comme le Soleil tourne autour de lui-même en 25 jours il faudra attendre encore une semaine pour avoir la confirmation qu’il est entré dans un période de sommeil magnétique prolongée. D’abord le cycle #24 se termine – il a culminé en 2014 – avec une pauvreté en taches solaires jamais observée depuis la fin du XVIIIe siècle et les prévisions de plusieurs équipes d’astrophysiciens indiquent que le prochain cycle solaire sera ponctué de seulement quelques manifestations timides d’activité magnétique. La Nasa (source de l’image) se perd en conjectures puisque depuis le mois de juin passé l’activité solaire est anormalement faible. Déjà en 2014 les spécialistes du Soleil de la NASA s’inquiétaient de ce soudain sommeil de l’astre source de toute vie sur Terre. Et il avouent n’avoir aucune explication à donner au sujet de ces observations alors que le minimum inter-cycle ne devrait être atteint qu’en 2021 … Tout au plus ils déclarent que l’activité solaire est hautement imprévisible. Le Docteur Valentina Zharkova, dont j’ai relaté les travaux à plusieurs reprises sur ce blog, va certainement apprécier !