A la mémoire de Rita Levi-Montalcini

 

 

Les publications de Rita Levi-Montalcini ont trainé sur mon bureau, dans le laboratoire, pendant toutes les années où j’ai travaillé sur les facteurs de croissance. J’avais eu l’immense privilège d’assister à une conférence que cette petite femme effacée et à la voix perchée donna lors d’un congrès de biologie, je crois me souvenir à Amsterdam, alors que le séquençage chimique des protéines en était à ses balbutiements, un domaine dans lequel j’allais quelques années plus tard, après ma thèse et sans le savoir, me perfectionner à UCLA sous la direction d’Emil Smith, l’un des grands spécialistes de l’époque dans cette spécialité ardue qui n’est plus qu’un souvenir anecdotique aujourd’hui pour les biologistes et les biochimistes.

Avec Stanley Cohen, Rita Levi-Montalcini découvrit les signaux chimiques (protéiques) qui commandent la croissance et la différenciation cellulaires, tant des cellules nerveuses que des cellules épidermales et ces travaux d’avant-garde valurent à ces deux scientifiques hors du commun le prix Nobel en 1986. Depuis ces travaux précurseurs, nombres de facteurs de croissance et de régulation cellulaires ont été découverts et leur mode d’action élucidé. Les applications en sont nombreuses tant en recherche fondamentale qu’en bio-médecine comme par exemple l’orientation de la différenciation des cellules souches pour des usages thérapeutiques. Et tous ces travaux ont été rendus possibles par les découvertes de Rita Levi-Montalcini et de Stanley Cohen dans les années 60.

C’est avec une certaine émotion que j’ai appris la mort de cette grande dame hier à Rome à l’age de 103.

 

Quand les célébrités s’intéressent à la science, voilà ce que cela donne !

 

 

En septembre 2012, en pleine campagne électorale, Mitt Romney se demandait haut et fort pourquoi les pilotes de ligne n’ouvraient tout simplement pas la vitre du cockpit s’il y avait un feu à bord (se demandant, et c’est ma remarque personnelle, si la dépression causée n’allait pas tout simplement éteindre le feu), l’ingénieur en aéronautique Jacob Whitfield lui répondit que ce serait bien pire car l’air pressurisé aspiré vers l’extérieur causerait beaucoup plus de dégâts et de blessures qu’un incendie pouvant être maitrisé par le personnel à bord.

 

Depuis qu’elle a mis au monde son enfant, l’actrice January Jones s’administre chaque jour des gélules contenant de la poudre lyophilisée de placenta pour être en bonne santé. Une diététicienne du StGeorge Hospital de Londres lui a répondu qu’en dehors d’un apport en fer, le placenta, cru, cuit ou en poudre, n’apportait aucun bénéfice nutritionnel et pouvait plutôt être déconseillé car il constitue un filtre pour protéger le fœtus des toxines circulant dans le sang de la mère.

 

L’actrice Patsy Palmer se frotte les jambes avec des grains de café pour éviter des accumulations de graisse pouvant conduire à de la cellulite, c’est ce qu’elle a déclaré à la télévision ! Un pharmacien de renom (Gary Moss) lui a répondu que si la cellulite pouvait avoir un effet bénéfique contre la cellulite (il a bien dit « pouvait avoir ») se frotter les jambes avec des grains de café aurait un effet totalement improbable puisque la caféine est emprisonnée dans la structure du grain de café et ne peut en aucun cas pénétrer dans la peau.

 

Quant à Michael Phelps, le champion olympique de natation, il déclare que pisser dans une piscine n’est pas dangereux puisque l’eau javellisée détruira tout. Le biochimiste Stuart Jones lui a répondu du tac au tac que l’urine est essentiellement stérile et que le chlore n’aurait rien à tuer (à moins d’être lourdement atteint par une infection urinaire, remarque personnelle, auquel cas toute baignade serait prohibée non pas pour des raisons d’hygiène mais pour ne pas aggraver le cas).

 

Enfin, pour la star du pop Simon Cowell qui s’auto-administre de l’oxygène pour se donner de l’énergie, un médecin du centre médical pour l’altitude, l’espace et les environnements extrêmes l’a mis en garde contre cette pratique plutôt dangereuse qui risque tout bonnement d’endommager irréversiblement les poumons …

 

Mais quand les célébrités colportent des idées reçues (d’on ne sait où) et totalement infondées, les médias s’en emparent et les ignorants les considèrent vite comme des vérités.

 

Source : Reuters

Les Mayas se sont trompés d’une année dans leur calendrier !

 

La comète ISON récemment découverte par deux astronomes amateurs russes devrait arriver près de notre planète bleue entre octobre 2013 et janvier 2014 et être tellement brillante qu’on pourra presque la voir en plein jour à moins qu’elle soit tout simplement vaporisée par la chaleur solaire avant d’arriver près de nous. Elle se trouve actuellement un peu plus loin que Jupiter et devrait croiser dans les environs de Mars en septembre prochain.

Les Mayas se seraient-ils trompé dans leurs prévisions ? De tous temps mais plus aujourd’hui les comètes ont effrayé le bon peuple qui croyait à une manifestation néfaste des dieux et constituaient des signes avant-coureurs de catastrophes.

En 1680, une comète très brillante apparut dans le ciel et je suis allé par curiosité vérifier quels avaient été les évènements marqués par cette comète. C’est très simple, il suffit d’entrer 1680 sur Google et la page Wikipedia est bien documentée. Seul fait divers, dirions-nous aujourd’hui, fut un autodafé sur la Plaza Mayor à Madrid qui s’ensuivit de la mort sur le bûcher d’une vingtaine de « judaïsants » récalcitrants, les autres ayant opté pour la foi très catholique exigée par l’Inquisition.

 

Source : Reuters

Pour en finir avec la polémique sur le maïs Mon 810 ?

 

Une étude détaillée réalisée sur des porcs dont la physiologie digestive est proche des humains a récemment montré que si l’on nourrit des truies gestantes puis allaitantes avec du maïs Mon 810 qui exprime la toxine du Bacillus thuringiensis (Bt) pour le rendre résistant à certains insectes ravageurs, aucune différence significative ne peut être détectée même si le transgène est présent dans le sang, le lait et les tissus des truies et des porcelets. Le transgène est la protéine Bt et non le gène lui-même appelé Cry1Ab. Les analyses sanguines tant des truies que des porcelets n’ont pas révélé de différences significatives avec des groupes témoins nourris avec un maïs non transgénique, aucun phénomène d’allergie n’a pu être noté et il n’a pas été possible de détecter des anticorps dirigés contre le transgène ou des fragments de ce dernier. Cette étude indépendante, réalisée à l’Institut de Biotechnologie de l’Université de Mexico et en partie financée par l’Union Européenne a été conduite sur deux lots de 12 truies avec du maïs Bt et du maïs contrôle parent, c’est-à-dire exactement identique au précédent en dehors du transgène introduit (lignées PR34N44 et PR34N43 respectivement).

Il faut espérer que cette étude mettra un terme aux errements des ignorants qui se réclament d’un monde plus sain sans OGM.

A ce propos, je voudrais signaler à mes lecteurs qu’une étude réalisée récemment à l’Université d’Arizona a montré clairement que neuf femmes allaitantes sur dix excrétaient dans leur lait du triclosan, une organo-chloré présent dans nombre de crèmes, savons liquides, shampooings, lingettes ou encore dentifrices. Or quand on sait que cet antiseptique est un perturbateur endocrinien reconnu et est également cancérigène, sans apporter un quelconque bénéfice pour la santé, on se demande vraiment quel combat mener contre l’industrie chimique !

 

Sources : Arizona State University et PlosOne.

Chauve-souris : la clé de la longévité ?

J’ai lu il y a quelques jours que les chauve-souris étaient des animaux dangereux puisqu’elles peuvent transmettre des virus mortels pour l’homme comme le virus Ebola de triste renommée mais qui tue plus vite que son ombre et n’est donc pas en mesure de causer une épidémie à grande échelle. Pour quelle raison les chauve-souris, le seul mammifère capables de voler de ses propres ailes, résistent à de tels virus mortels et vivent comparativement à d’autres mammifères de la même taille jusqu’à 40 années alors qu’un rat (de laboratoire) ne vit qu’au plus trois années. C’est un peu comme si l’homme vivait dix fois plus longtemps, soit 700 ans … je veux bien admettre que ma comparaison est spécieuse mais il n’en a pas fallu beaucoup plus pour que des biologistes de l’Université de Californie à Riverside s’intéressent de plus près aux chauve-souris pour comprendre pourquoi leur système immunitaire semblait les protéger contre des virus mortels et pourquoi elles avaient une espérance de vie exceptionnelle.

La plupart des virus ne sont pas directement mortels car ils ont besoin de leur hôte pour se multiplier, ce sont souvent les défenses immunitaires de l’organisme qui en combattant le virus déclenchent une cascade d’évènements parfois mortels comme l’hypercytokinémie qui vient à bout du virus mais aussi des cellules hôtes et des tissus eux-mêmes. Or ces biologistes ont remarqué que les chauve-souris n’exprimaient pas le gène responsable de la surproduction de cytokines et étaient porteuses de nombreux virus sans en être affectées.

Plus incroyable encore, c’est aussi en étudiant les gènes de ces mammifères volants que les mêmes chercheurs ont découvert comment ils pouvaient produire de tels efforts sans endommager leur organisme. Quand on sait qu’un effort physique intense et prolongé produit des radicaux libres hautement délétères pour la cellule et en particulier l’ADN, une cause suspectée parmi d’autres des cancers, les chauve-souris sont équipées d’un arsenal enzymatique qui leur permet de réparer les dommages dus aux radicaux libres et peut-être aussi de vivre aussi longtemps.

Comme quoi la curiosité des scientifiques n’a pas de limite et entre-ouvre quelques espoirs pour trouver l’élixir de jouvence …

 

Source : Reuters

Après la fin du monde … (lamine, SIRT 1, Hutchinson-Gilford, vieillissement)

 

Des biologistes de l’Université de Hong-Kong viennent de montrer que le vieillissement prématuré ou syndrome de Hutchinson-Gilford qui touche un enfant sur quatre millions était le résultat d’une interaction défectueuse entre la lamine A et le gène codant pour la sirtuine. Je sens que mes lecteurs ont déjà mal à la tête et ne comprennent pas le sens de mon billet intitulé « Après la fin du monde » mais ils vont comprendre. Le gène SIRT 1 code pour une activité enzymatique qui désacétyle (encore un mot savant) des protéines impliquées dans l’intégrité du noyau cellulaire et donc de la bonne réplication des chromosomes c’est-à-dire de la multiplication cellulaire. Pour faire simple quand une cellule doit se multiplier pour satisfaire un besoin métabolique comme par exemple la croissance la lamine, une protéine filamenteuse située à l’intérieur de la membrane du noyau cellulaire interagit avec le gène codant pour la sirtuine (SIRT 1) et le processus de multiplication cellulaire est alors initié après acétylation de la lamine. La désacétylation inhibe en quelque sorte cette activité de la lamine sur le gène SIRT 1, ce que les biologistes appellent une boucle rétroactive de régulation.

Les biologistes de Hong-Kong se sont intéressés aux enfants qui vieillissent prématurément ( syndrome de Hutchinson-Gilford) et ont montré que la lamine de ces derniers était modifiée par une mutation qui amenuisait l’interaction de cette protéine constituante de la partie interne de la membrane du noyau avec le gène SIRT 1 (ou en tous les cas son ARN messager) rendant toute multiplication cellulaire difficile ou au moins fortement ralentie conduisant au vieillissement prématuré. Or, on sait également que ce type de régulation a été observé dans des situations pathologiques diverses comme le diabète de type II en relation avec l’obésité, c’est dire l’importance de cette découverte quand on sait que près des deux tiers des Américains, des Mexicains et des Espagnols sont obèses ou en sur-poids.

Mais plus intéressant, en dehors du diabète de type II et de l’obésité car après tout l’obésité est avant tout une question d’hygiène alimentaire personnelle, le gène SIRT 1 est aussi associé à la longévité en contrôlant le vieillissement cellulaire (apoptose) et ce dernier rôle a été clairement mis en évidence chez la levure et confirmé par les chercheurs d’Hong-Kong.

 

Rien à voir avec la fin du monde, me direz-vous, et pourtant … si on peut trouver un moyen d’agir directement sur l’expression du gène SIRT 1, alors on aura trouvé un moyen de prolonger la vie peut-être jusqu’à la fin du monde !

 

Source: Reuters

Le Bon Plaisir (Francis Girod) : critique politico-cinématographique

J’ai revu ce soir par hasard un film de Francis Girod remarquablement interprété par Trintignant, Deneuve et Serrault intitulé « Le Bon Plaisir » et je conseille à ceux qui disposent de ce film dans leurs archives piratées ou simplement enregistrées à la télévision de le revoir. Je ne savais pas que ce film dont le scénario est une imagination de Françoise Giroud basée sur des faits réels, la véritable existence de Mazarine, la fille naturelle de François Mitterrand. Jusque là rien de vraiment excitant ou nouveau, tout y est dit sur wikipedia ou IMDB. Mais j’ai relevé une phrase vraiment révélatrice du Président, Trintignant incarnant Mitterand, à propos de son dauphin : « c’est un édredon ! ».

Je n’invente rien, et que mes lecteurs se donnent la peine de revoir ce film, quand le Président parle de son dauphin, il le qualifie d’édredon, or, depuis Mitterand, c’est le capitaine de pédalo qui gère la destinée de la France, c’est donc le dauphin fictif de Mitterrand, et le scénario prémonitoire de Françoise Giroud se vérifie dans les fait aujourd’hui car le président actuel de la France est en train d’endormir les Français avec des réunions, des comités, des rapports à n’en plus finir qui coutent de l’argent au pays pour repousser l’heure de vérité, celle où il devra constater son incompétence, ses mensonges répétés et son comportement systématique d’esquive lorsqu’il est confronté aux problèmes centraux du pays. Le Président a tous les pouvoirs et il en abuse pour abuser les électeurs et les contribuables, mais jusqu’à quand cette mascarade durera-t-elle … Les Français sont endormis par « l’édredon » mais le réveil sera douloureux !