Si vous voulez tout savoir sur la genèse du conflit ukrainien 

Il vous suffit de regarder ce brillant exposé d’une diplomate russe par le site LivreNoir.

Toujours aux Marquises qu’il me semble de plus en plus improbable de m’en éloigner, je laisse le temps s’écouler avec délectation. Je ne ferai donc aucun commentaire au sujet de cette émission et ceci d’autant plus qu’il n’y a rien à en débattre. Katya Kopylova, diplomate russe :

Nous sommes à une nanoseconde de l’apocalypse nucléaire

Par Paul Craig Roberts. La « méta-stratégie » nucléaire des gouvernements américains a fait le constat que des niveaux de destruction acceptable devront être acceptés au cours d’une guerre nucléaire contre la Russie et/ou la Chine dans la mesure où les Etats-Unis sortiront vainqueurs du conflit. Le plan de la Rand Corporation pour le Pentagone admet qu’il y a encore une fenêtre étroite jusqu’en 2025 et peut-être 2030 (dans 3 à 8 ans) pendant que les USA considèrent qu’ils ont encore la supériorité les rendant capables de gagner une guerre nucléaire qui reste encore hypothétique. Cette hypothèse repose sur le fait que la Chine acceptera sa défaite plutôt que d’utiliser l’arme nucléaire. Un gouvernement sain d’esprit déclencherait-il une guerre sur de telles considérations ?

Il y a deux hypothèses hautement risquées dans les plans de guerre du Pentagone. La première est que les USA dominent les mers et que via des avions et des missiles les infrastructures industrielles et sociales chinoises peuvent être détruites. L’autre hypothèse tout aussi risquée serait que la Russie resterait en dehors du conflit USA-Chine selon le fait qu’il existe une confusion au Kremlin, l’incapacité du gouvernement russe à fournir un espoir de coopération pacifique avec l’Ouest et l’incapacité du Kremlin à admettre que la doctrine néoconservatrice de l’hégémonie américaine sur le monde est tout sauf une fantaisie et certainement pas une doctrine opérationnelle. Il est donc possible que le Kremlin resterait un spectateur d’un conflit USA-Chine.

Le Kremlin est passé à coté de nombreuses opportunités mais il est difficile de croire que Poutine sera assez stupide pour ne pas s’allier avec la Chine et dans ce cas-là les USA rentreront dans l’histoire passée. Pour plus d’informations on peut lire ceci :https://web.archive.org/web/20220429035113/https://journal-neo.org/2021/09/27/us-war-plans-with-china-taking-shape/

Et l’hypothèse du Pentagone qu’en cas de guerre nucléaire afin de conquérir la Chine il n’y aura que des dommages acceptables sur le sol américain dans la mesure où les USA sortiront vainqueurs du conflit. Le Pentagone ne mentionne jamais combien de villes seront détruites et combien de millions d’Américains seront considérés comme un niveau acceptable de destruction. Mais c’est suffisant d’affirmer que le complexe militaro-industriel sera à la hauteur de la tache. La seule chose qui importe pour la doctrine néoconservatrice est l’hégémonie américaine, pas la vie des citoyens américains. Pour les néocons tant que les USA pourront imposer leur pouvoir sur des territoires dévastés où toute vie sera impossible ils auront gagné. Ces néocons sont vraiment des fous et ils contrôlent la politique étrangère américaine et sa politique militaire. Tout ça devrait vous effrayer et vous éveiller mais ce n’est pas le cas. Les jeunes restent les yeux rivés sur leur smart-phone et n’ont aucune idée de la réalité. Il vivent déjà dans un monde virtuel. Les vieux savent qu’ils ont entendu d’une menace nucléaire toute leur vie durant et ils savent que ça n’arrivera pas car il n’y aura aucun vainqueur. Il s’agit d’une compréhension très surréaliste spécialement quand on sert au peuple américain une doctrine qui précise que les USA gagneront cette guerre nucléaire s’ils n’attendent pas 2025 ou pire 2030.

Eric Zuesse stimulé par Berletic a écrit que Washington envisage de conquérir et la Chine et la Russie : https://southfront.org/u-s-game-plan-to-conquer-russia-china-is-clarified/ . La réalité est que la troisième guerre mondiale a commencé en Ukraine, une guerre arrangée par Washington. Il n’y a aucun doute dans mon esprit que l’armée russe est tout à fait capable de détruire l’OTAN en quelques instants. Le problème de la Russie est le Kremlin où règne l’hésitation et la confusion. Le Kremlin est incapable de comprendre le fait que Washington a perdu la raison. En réalité Poutine a agi en pensant que Washington lui permettrait d’opérer une intervention limitée au Donbass pour protéger les Russes. Autant Poutine que Lavrov ont cru que cette opération limitée consistant à nettoyer le Donbass des nazis ukrainiens serait acceptée par Washington.

Comment l’une des plus grandes puissances militaire peut-elle faire une telle erreur ? La seule explication plausible que j’ai pu trouver est le lavage de cerveau des élites intellectuelles russes durant la période Yeltsin qui a rendu ces élites sourdes, muettes et aveugles. On pourrait ajouter stupides. Poutine et Lavrov ont correctement décrit la situation mais ils ne peuvent pas faire grand chose. Il y a beaucoup de palabres mais peu d’actes. Apparemment le Kremlin continuera à vendre du gaz aux pays membres de l’OTAN et ainsi ils pourront continuer leur guerre contre la Russie. Pour paraphraser Alain de Lille au onzième siècle « pas de souveraineté maintenant mais l’argent fait tout ». Cette pensée semble bien s’appliquer à la Russie.

Zuesse, aussi honnête qu’un extrémiste de gauche n’est pas toujours crédible. La gauche américaine est toujours nourrie de mythes au sujet de Reagan et voici l’une des affirmations de Zuesse à ce sujet :

« j’ai bien compris que le plan du gouvernement américain était de tromper l’équipe dirigeante de Gorbachev en lui faisant croire que les USA mettraient fin à la guerre froide lorsque le Pacte de Varsovie serait dissous mais la réalité était toute autre, les Américains planifiaient l’encerclement de la Russie en étendant l’OTAN jusqu’à la frontière russe ».

Tout dépend de qui gouverne à Washington : le Président ou les néocons et le complexe militaro-industriel ? Si le gouvernement est incarné par le Président en tant que représentant du peuple alors à l’évidence l’intention du Président Reagan était de mettre fin à la guerre froide et non pas de la gagner. Il l’a affirmé à de nombreuses reprises. Il mit en place une comité présidentiel top-secret avec autorité sur la CIA afin de se faire une opinion au sujet des affirmations de la CIA qui affirmait que les USA perdraient la course aux armements si celle-ci était un moyen d’amener Gorbatchev à la table de négociation pour terminer la guerre froide et non pour gagner la course aux armements. L’équipe rapprochée de Reagan examina les documents de la CIA et il apparut que cet organisme voulait préserver son budget comme celui du complexe militaro-industriel et celui du complexe de sécurité militaire car si l’administration Reagan mettait fin à la guerre froide il faudrait alors trouver un ennemi. Dans le cas contraire tout cet édifice s’écroulerait.

Ronald Reagan était un outsider pour l’establishment républicain dirigé à l’époque par George H.W. Bush, vice président et ancien directeur de la CIA. Huit années de règne de Reagan suivis par huit ans avec Jack Kemp signifiait alors la fin de l’establishment républicain et des nombreuses ficelles que ce parti tire quotidiennement. Les partis politiques sont plus intéressés par l’argent et le pouvoir que par les intérêts de la nation. Voila ce que fut Reagan et les rares partisans dans son équipe, défier la puissance et le profit dans l’intérêt de la paix mondiale.

Les médias américains, les prostituées de la CIA, attaquèrent l’administration Reagan. Mais ce fut un échec car leur narratif n’étais complètement structuré. James Baker, le bras droit de G.H.W. Bush admit qu’il avait promis à Gorbatchev qu’il n’y aurait pas d’extension de l’OTAN à l’est. Mais il n’y a aucun document signé et l’histoire fut modifiée plus tard par l’administration. Zuesse est passé à coté de la vraie histoire car il succombe à sa propre idéologie et il est incapable de comprendre que Reagan puis Trump étaient des outsiders qui avancèrent l’idée que le système politique pouvait enfin est rendu au contrôle du peuple. Les médias et la gauche américaine ont tout fait pour que cela n’arrive pas. Par conséquent nous sommes aujourd’hui en face d’une guerre nucléaire et ce n’est qu’une question de minutes sauf si Poutine décide de se rendre.

Les Etats-Unis sont beaucoup plus divisés qu’en 1860. Les démocrates considèrent que les blancs sont des racistes et constituent une barrière à la justice sociale en encourageant les mouvements de protection des noirs et toutes les déviances sexuelles. Par les médias et le système éducatif les Américains blancs sont encore plus diabolisés que les juifs durant l’Allemagne nazie. Une fois que les blancs seront devenus une minorité, l’objectif principal des Démocrates, leur sort ressemblera à celui des Français dans Le Camp des Saints. Les Républicains sont inutiles. Leur but ultime est de rendre sa splendeur à l’Amérique ce qui plaide en faveur de l’agenda hégémonique des néoconservateurs. Ce à quoi doit faire face l’Amérique demande une analyse objective des faits mais ces faits ne sont plus politiquement corrects. Ils n’entrent plus dans le cadre du narratif communément accepté et par conséquent ces faits sont faux et rejetés comme désinformation. Durant ma vie j’ai constaté que mon pays sombre dans la dégénérescence, l’ignorance et les forces du mal. La nation dans laquelle je suis né n’existe plus que comme un carte sur une mappemonde.

Commentaire. La Russie est intervenue dans le cadre d’accords d’assistance militaire en Syrie pour aider le président syrien à se débarrasser des Djihadistes soutenus par Washington. D’ailleurs les USA exploitent toujours du pétrole dans l’est de la Syrie de façon totalement illégale avec leur complicité. C’est un scandale que ne dénoncent même plus les médias occidentaux. Quant au Donbass, c’est à l’appel des deux républiques autoproclamées de Lugansk et de Donetsk que la Russie est intervenue militairement pour mettre fin aux bombardements incessants des populations civiles russophones par les ukronazis depuis 2014. Poutine se rendra à la table des négociations lorsque l’opération spéciale aura pris fin. Si les critères de légalité n’ont pas l’air de préoccuper les néoconservateurs américains ces deux interventions, selon le droit international sont tout à fait légales. Je pense que PC Roberts a commis une erreur de jugement, ce qui n’enlève rien à la valeur de ses analyses.

L’OTAN s’engage dans une agression directe contre la Russie

Clarification : Dans cet article, j’écris (Paul Craig Roberts) qu’en vertu de la doctrine néoconservatrice Wolfowitz de l’hégémonie américaine, « le Kremlin a deux choix. La Russie peut renoncer à sa souveraineté ou détruire l’Occident. La Russie n’a pas d’autre choix. Le monde entier doit le comprendre. » Je ne préconise pas que la Russie détruise l’Occident. Je souligne simplement que, pendant trois décennies, l’Occident a confronté la Russie à ce choix limité. Poutine lui-même s’en est plaint à maintes reprises. Je trouve étonnant que la « communauté de politique étrangère » occidentale, quelle qu’elle soit, ait permis une politique qui coince ainsi une puissante puissance nucléaire comme la Russie. Et ça continue. Maintenant, la Lituanie bloque l’accès de la Russie à une partie de son territoire, l’enclave de Kaliningrad. C’est de la folie. Cela confirme les conclusions russes selon lesquelles seule la force peut contraindre l’Occident. Une guerre plus large est l’objectif de Washington. Paul Craig Roberts, 22 juin 2022

Comme je l’ai écrit à maintes reprises, l’opération du Kremlin en Ukraine ne peut pas être limitée. Washington ne le permettra pas. Washington a déjà élargi le conflit, et l’élargit encore. Les néoconservateurs juifs insensés qui contrôlent la politique étrangère américaine ont prévalu sur la Lituanie minuscule et impuissante pour violer l’accord avec la Russie pour la fourniture de Kaliningrad et a reçu un ultimatum russe. Le porte-parole idiot du département d’État, Ned Price, a rejeté l’ultimatum comme une « fanfaronnade ». En d’autres termes, Washington lance une guerre plus large.

Le conflit dans le Donbass est allé lentement, parce que c’est une guerre au milieu du peuple russe attaché à l’Ukraine par les dirigeants soviétiques. Les troupes russes combattent avec précaution pour minimiser la mort de civils et les destructions dans la région du Donbass, d’où les forces ukrainiennes sont chassées et détruites. Une guerre plus large ne sera pas menée parmi les populations russes. Le monde n’a jamais vu une telle insouciance que Washington et l’OTAN manifestent. Les démocrates sordides et complètement corrompus ont désespérément besoin d’une guerre pour rallier les Américains au gouvernement et empêcher un anéantissement démocrate lors des élections de mi-mandat. Dans leurs efforts pour s’accrocher au pouvoir, les démocrates et les médias prostitués élargissent la guerre. C’est dangereux au-delà de toute attente. Le gouvernement russe a déclaré il y a quelque temps que la Russie ne combattra plus jamais sur son propre territoire.

Il est ahurissant que le Kremlin ait cru que son intervention dans le Donbass pourrait être limitée. Il est inexplicable que le Kremlin ait réussi à mal interpréter l’Occident qui a complètement rejeté les efforts du Kremlin pour parvenir à un accord de sécurité mutuelle. Apparemment, le Kremlin n’a pas pris la doctrine de Wolfowitz au sérieux. Le Kremlin et les imbéciles intégrationnistes atlantistes russes ont besoin de l’apprendre par cœur et de le répéter chaque matin au réveil car il est la doctrine opérationnelle. En vertu de cette doctrine, le Kremlin a deux choix. La Russie peut renoncer à sa souveraineté ou la Russie peut détruire l’Occident. La Russie n’a pas d’autre choix. Le monde entier doit le comprendre.

Encore une fois, je demande : L’Occident pousse-t-il la Russie trop loin ? Lisez ces déclarations russes de haut niveau et répondez à la question pour vous-même:

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a souligné lundi que la décision de Vilnius était « sans précédent » et « une violation de tout et de rien ».

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré que les actions « provocatrices » de Vilnius constituent une violation des obligations juridiques internationales du pays de permettre le transit de marchandises entre la Russie et Kaliningrad. Elle a déclaré que la Russie considère cette mesure comme « ouvertement hostile » et que, à moins que la Lituanie ne lève immédiatement ces restrictions, la Russie se réserve le droit de « défendre ses intérêts nationaux ».

Le chef de la Commission de défense de la souveraineté de l’État de la Russie, Andreï Klimov, a prévenu : « résoudre le problème du transit de Kaliningrad créé par la Lituanie par TOUS les moyens que nous avons choisis. »

Washington et ses marionnettes européennes provoquent intentionnellement des conflits entre la Lituanie et la Russie et l’attitude russe se durcit. Les néoconservateurs fous qui contrôlent la politique étrangère américaine nous conduisent à la guerre nucléaire. La Russie ne fera plus jamais confiance à l’Occident ( https://www.rt.com/russia/557570-russia-never-trust-west/ ). Je ne connais aucune raison autre que l’illusion du pouvoir pour Washington de s’attendre à ce que la Russie et la Chine subordonnent leur souveraineté et leurs intérêts à Washington. Cette attente totalement irréelle des néoconservateurs conduit à l’Armageddon. Discours de Poutine : Le peuple russe est-il prêt à faire son devoir et à détruire l’Occident dépravé et diabolique ? https://www.unz.com/aanglin/putin-gives-historic-speech-calls-sanctions-stupid-says-russia-a-thousand-year-old-empire-that-wont-crack/

Jusqu’où oseront-ils mentir ?

Je regarde le site Donbass Insider de Christelle Néant et quelques autres sources d’information au sujet du conflit ukrainien. Les sites d’information francophones du Maghreb dénoncent les mensonges répétés des Occidentaux, c’est dire à quel point l’exaspération est présente partout. Seuls les petits caniches européens, la Corée, le Japon, le Canada et l’Australie soutiennent les mensonges de Biden, de Johnson, et de Von der Leyen, emportés par la réthorique du président ukrainien notoirement cocaïnomane qui continue ses shows comme s’il était sur un plateau télé. Et tout le monde le croit ! Plus de 2500 néo-nazis et leurs instructeurs occidentaux ont été faits prisonniers, comparaîtront devant un tribunal et la plupart seront déportés dans un camp en Sibérie afin qu’ils réfléchissent sur la portée de leurs actes. C’est très bien ainsi. Si vous voulez tout savoir sur l’opération spéciale russe en Ukraine russophone je vous invite à voir dans son intégralité l’exposé de Jacques Baud, un fin connaisseur de la situation présente à l’est de l’Europe et dont voici le lien : https://www.youtube.com/watch?v=G11HqBqtkj8&ab_channel=DialogueFranco-Russe . On ne peut pas accuser Jacques Baud d’être pro-russe car il expose des faits incontestables. Aujourd’hui l’armée russe encercle des personnels de l’armée ukrainienne ainsi que des membres des commandos nazi d’Azov équipés et entrainés par l’Occident alors que il y a 80 ans ces mêmes Occidentaux combattaient le régime nazi allemand. Cette attitude surprenante n’a pas l’air de gêner les Européens ni surtout Ursula ou Macron. À croire que ces deux sinistres personnages sont devenus des sympathisants de l’idéologie nazie. J’ai de la peine à le croire.

Jacques Baud, dans la dernière partie de son exposé, fait un rappel instructif de l’historique de la Crimée depuis la chute de l’URSS et pour les personnes encore dubitatives son propos est très instructif. Mais tant les Américains que les Européens veulent toujours ignorer l’histoire et pour arriver à leur fin ils mentent, ils inventent des scenarii qui sont de la pure fiction. Après la prise de contrôle de la ville de Mariupol et de l’usine Azovstal la situation est devenue inattendue pour les Occidentaux : les combattants de l’armée ukrainienne, à court de munitions, de carburant et de nourriture car les voies de communication et les dépôts d’armes et de carburant à l’arrière du front ont été systématiquement détruits par l’armée de l’air russe, eh bien ces combattants se rendent aux forces militaires des républiques du Donbass appuyées par l’armée russe. Ils sont respectés selon la Convention de Genève et convoyés vers des camps de rétention où ils sont convenablement traités. Le plus extraordinaire mensonge dans ce registre est le refus de la Croix Rouge d’intervenir dans cette suite d’évènements car les rapports qui remonteraient alors au niveau des dirigeants occidentaux pourraient bien être accablants pour eux : une terrible dénonciation de leurs mensonges … À lire aussi ces textes :https://www.algeriepatriotique.com/2022/05/21/la-chute-dazovstal-tournant-majeur-dans-la-guerre-en-ukraine/ et https://www.algeriepatriotique.com/2022/05/25/la-guerre-dalgerie-plane-sur-larmee-francaise-engagee-de-force-en-ukraine/

L’effet boomerang des sanctions contre la Russie

Lorsque l’Union européenne et les Etats-Unis ont décidé de sanctions économiques contre la Russie après l’opération spéciale initiée pour protéger les populations russophones de l’est de l’Ukraine quotidiennement bombardées par les forces ouvertement nazies ayant noyauté l’armée régulière du pays, ce fut plus de 300 milliards de dollars de réserve de changes russes qui ont été gelées. La Russie a reconstitué en deux mois les deux tiers de ces réserves de change en exportant à prix fort des distillats de pétrole dont l’Occident a besoin ainsi que du gaz. Les médias occidentaux ont tendance à confondre pétrole brut et kérosène ou diesel. C’est une erreur qui participe à la propagande anti-russe occidentale. L’image perçue par de nombreux pays représentant plus de 4 milliards d’habitants de la planète est simple : on ne peut plus faire confiance ni au dollar ni à l’euro puisqu’à tout moment les USA et l’Europe peuvent bloquer les avoir bancaires dans ces devises.

Les Américains ont agi comme ces cow-boys croyant que tout leur était permis dans l’ouest américain mais leur décision s’est retournée contre eux. La défiance envers le dollar va leur coûter très cher, ainsi que la même défiance envers l’euro. Les Européens ont suivi comme des larbins décérébrés les décisions de la Maison-Blanche. La Chine avait déjà pris les dispositions nécessaires pour pallier à ces décisions bien avant les événement d’Ukraine comme par exemple la cotation du pétrole en yuans à la bourse de Shanghai. L’Arabie saoudite a fait fi de l’accord entre les USA et la famille Saoud et se fait rémunérer en yuans pour tout baril vendu à la Chine.

Sachant que la Russie est le premier producteur d’or du monde suivie par la Chine il ne fait aucun doute que la suprématie du dollar comme monnaie d’échange internationale, déconnectée du cours de l’or, est gravement écornée. En effet la vraie nature du dollar et de l’euro est maintenant claire : ce sont des monnaies de singe en lesquelles plus personne ne peut accorder une quelconque confiance. Que va-t-il se passer sur les marchés ? Si aujourd’hui tout reste normal, c’est le calme avant la tempête. Les indices boursiers continuent à augmenter, les prix des matières premières semblent stabilisés, cependant l’inflation d’origine monétaire plus que conjoncturelle ne pourra plus être maîtrisée, ni par un contrôle autoritaire des prix, ni par l’augmentation continue des taux des obligations à dix ans, alors la suite est évidente. Toutes les économies occidentales vont se retrouver en faillite et la Chine et la Russie seront les deux grandes gagnantes. En d’autres temps on aurait fait la guerre pour moins que cela. Quand Napoléon est arrivé au pouvoir, constatant que les caisses de l’Etat étaient vides, il alla faire son marché en Italie du Nord (et les Français en sont toujours fiers) mais les temps ont changé, tout conflit entre deux puissances nucléarisées se terminera très mal pour l’ensemble de l’humanité.

Les Etats-Unis n’agresseront jamais frontalement ni la Russie ni la Chine s’apercevant aujourd’hui qu’ils ont tout fait pour rapprocher ces deux pays, bientôt suivis par l’Inde et d’autres pays comme le Brésil. Il ne reste qu’une seule alternative pour les Occidentaux : se débarrasser des politiciens corrompus qui gouvernent et prennent des décisions désastreuses pour les peuples car encore une fois ce sont les peuples qui souffriront. La Russie est leader mondial dans la production et l’exportation de matières premières essentielles pour l’économie comme le palladium, les diamants industriels, le nickel, le chrome, l’étain, l’aluminium, l’uranium, le tungstène, le platine, le cuivre et certains lanthanides outre le pétrole, le gaz et le charbon. Dans les faits l’Occident ne peut pas se passer des ressources naturelles de la Russie et sanctionner ce pays est synonyme d’arrêt de mort et c’est pourtant ce qu’ont décidé les Européens emmenés par Ursula Von der Leyen, le pantin femelle mégalomane de la Maison-Blanche et de l’OTAN. Par voie de conséquence les sanctions monétaires contre la Russie vont précipiter la chute de l’Europe, la disparition du dollar et de l’euro, deux monnaies qui ne sont que du papier sans valeur en lesquelles on ne peut plus faire confiance et à l’échelle planétaire une descente aux enfers de l’Empire américain pour un meilleur bien-être de l’humanité toute entière.

Pour conclure ce billet inspiré d’un article paru sur le site ZeroHedge Jerome Powell a déclaré il y a quelques jours qu’ « il est possible d’avoir plus d’une monnaie de réserve », bel aveu de la panique qui règne dans le monde financier nord-américain.

Notre monde de mensonges

Si le discours sur l’inflation dont nous sommes nourris est vrai, la politique de sanctions du gouvernement américain n’a aucun sens car les pires victimes sont les populations américaines et européennes qui paient les restrictions d’approvisionnement par des prix et des taux d’intérêt plus élevés.

Comme la Russie est un exportateur d’énergie et de minéraux, des prix plus élevés se traduisent par une augmentation des recettes d’exportation. Ce sont les Américains et les Européens frappés par les prix élevés qui subissent les sanctions.

Demandez-vous pourquoi, avec les pénuries d’approvisionnement, les chaînes d’approvisionnement perturbées par la politique de verrouillage insensée et la hausse de l’inflation, le gouvernement américain a fait grimper l’inflation en inhibant l’approvisionnement avec des sanctions. La cause de l’inflation actuelle est-elle l’impression d’argent par la Réserve fédérale ou la réduction de l’offre de biens et de services causée par le protocole Covid de Washington et les « sanctions russes » ?

Demandez-vous pourquoi le régime Biden est plus préoccupé par l’État gangster ukrainien que par le taux d’inflation américain et le bien-être des citoyens américains.

Demandez-vous si le prix élevé actuel de l’essence est vraiment le résultat de sanctions empêchant le pétrole d’arriver sur le marché. Autant que je sache, la Russie continue de vendre du pétrole et du gaz naturel. Seuls les petits achats américains de pétrole russe ont cessé. La faible quantité de pétrole en cause ne peut expliquer la hausse des prix. Ce sont très probablement les compagnies pétrolières qui utilisent le récit de la « crise » pour augmenter les prix.

Demandez-vous si une hausse des taux d’intérêt d’un demi-point de pourcentage est suffisante pour provoquer une baisse de 1 000 du Dow Jones. Vraisemblablement, l’argument est qu’un taux d’intérêt plus élevé augmente les coûts et fait baisser les bénéfices, donc le déclin du marché boursier. Mais si des taux d’intérêt plus élevés augmentent les coûts, comment sont-ils anti-inflationnistes ? Très probablement, le marché boursier a chuté parce que la Réserve fédérale a déclaré qu’elle mettait fin à sa politique d’impression de monnaie pour soutenir les cours des actions et des obligations. Au lieu de cela, la Réserve fédérale va vendre des actions et des obligations de son portefeuille de 9 billions de dollars construit en achetant des actions et des obligations pendant plus d’une décennie afin de soutenir les banques de New York et Wall Street. Lorsque l’assouplissement quantitatif a commencé, le portefeuille de la Réserve fédérale était de 800 milliards de dollars. Aujourd’hui, il est 11 fois plus grand. Cette énorme augmentation du portefeuille de la Réserve fédérale explique la longue ascension du Dow Jones et les fortunes faites à Wall Street.

Aucun des récits dont nous sommes nourris n’est vrai. Les récits servent des agendas qui ne sont pas divulgués au public.

C’est une fiction que les « démocraties occidentales » sont autonomes. Comment les gens peuvent-ils s’autogouverner alors qu’ils vivent dans un monde gouverné par de fausses explications au service d’agendas cachés ?

Article de Paul Craig Roberts. Note de votre serviteur. Paul C. Roberts est un vieux renard ayant servi l’administration américaine depuis Ronald Reagan. Il fait toujours des analyses avec un recul admirable et ce billet paru sur son blog il y a quelques jours dit tout, il n’y a rien à ajouter. Remplacez la Réserve fédérale par la Banque Centrale européenne, songez au taux d’inflation en Europe qui flirte aujourd’hui avec les 11 % par an, il ne faut pas se voiler la face, et enfin il ne faut pas ignorer que le taux des obligations à 10 ans est maintenant positif dans tous les pays d’Europe, y compris la Suisse ! La note de la France va être dégradée dans les prochains jours et elle ne pourra plus alors emprunter à très court terme avec des taux négatifs pour rouler sa dette, elle en est là, mais l’Agence France-Trésor ne trouve plus de souscripteurs. Conclusion : bientôt le FMI viendra mettre le nez dans les finances de la France.

Ukraine : le domaine du mensonge et de la réécriture de l’histoire en temps réel

En 2014 Victoria Nulland organisa avec le concours de la CIA les « évènements de Maïdan » dont le seul but était de faire fuir le Président élu pro-russe qui fut contraint de s’exiler en Russie. Son successeur mis en place par les Américains, un dénommé Porochenko qui porte bien son nom, et qui interdit l’enseignement du russe dans les écoles, mit fin au paiement des retraites dans les oblasts russophones, ne rétribua les fonctionnaires locaux que s’ils étaient ukrainophones et ordonna à son armée noyautée par des brigades non officielles ouvertement nazies de commencer à bombarder les villes du Donbass. Peu après ces évènements et ces mesures vexatoires mises en application, les russophones du Donbass et de la péninsule de Crimée organisèrent des « votations » comme on dit en Suisse pour connaître l’opinion populaire. Les habitants de la péninsule de Crimée votèrent massivement pour un rattachement immédiat à la fédération de Russie. La Crimée est hautement stratégique et immédiatement les Occidentaux réagirent en sanctionnant la Russie.

Les habitants du Donbass subirent des bombardements incessants occasionnant la mort de plus de 13000 personnes. On a en Occident tendance à occulter cette partie de l’histoire récente de l’Ukraine. À la fin de l’année 2021 il y eut d’importants mouvements de troupes à l’ouest du Donbass laissant présager une véritable boucherie car le pouvoir politique de Kiev, refusant toute négociation dans le cadre des accords de Minsk, voulaient en finir avec ces « porcs de russophones ». Que fit le Président russe ? Sentant un génocide se préparer il organisa une remise en ordre du Donbass, une opération spéciale pour garantir la sécurité des populations civiles de cette partie de l’Ukraine répondant à l’appel de ces dernières. Des familles entières vivaient leur quotidien dans des caves pour échapper aux bombardements quotidiens, les rares personnes courageuses s’aventurant des la rue étaient abattues par des snipers, si les occidentaux, confortablement installés dans leur salon pour voir défiler la propagande occidentale ne comprennent pas ce que cela signifie, ils sont irrécupérables.

Quand le Président russe a proposé au parlement la reconnaissance des républiques autoproclamées du Donbass il n’y avait plus place pour la moindre hésitation, les bataillons ukronazis étaient prêts à la boucherie.

Voilà la genèse du conflit ukrainien actuel qui a été largement documentée par des journalistes françaises courageuses, je cite, Chrystèle Néant et Anne-Laure Bonnel qui ont fait leur travail sur le terrain au péril de leur vie. Et l’Occident dans cette histoire : une monstrueuse suite de mensonges, c’est Poutine l’agresseur, c’est Poutine le mangeur d’enfants alors que les nazis ukrainiens éventraient sans hésiter des femmes enceintes sous prétexte qu’elles étaient russophones.

Les pays occidentaux, à commencer par la France et l’Allemagne qui n’ont strictement rien fait pour faire appliquer les accords de Minsk, mentent chaque jour, chaque minute. Ils ont sanctionné la Russie. Pas de chance le peuple russe a su s’organiser depuis les premières sanctions relatives au rattachement de la Crimée. Les Occidentaux otaniens paieront pour leurs mensonges et ils en subissent déjà les conséquences. Jamais Vladimir Poutine ne reculera. Les quelques rares politiciens européens restants le savent. Ils devront se rendre à la raison ou accepter le délabrement attendu de l’Europe, de son euro artificiel, de sa Commission aussi corrompue que les gouvernements successifs de Kiev. Et l’effet en retour de ces sanctions envers la Russie sera tout simplement dévastateur. Personnellement je souhaite que l’Europe souffre, comme une punition d’avoir soutenu un régime ukrainien à la tête duquel se trouve un individu drogué et corrompu, d’avoir armé les yeux fermés des bataillons de fanatiques nazis qui n’ont qu’une idée, massacrer des russophones. Honte à l’Europe, honte aux Etats-Unis, Honte à l’Allemagne et à la France qui n’ont pas fait respecter les accords de Minsk, honte à tous les idiots qui regardent les journaux télévisés chaque jour pour se donner bonne conscience. Les Occidentaux emmenés par les Américains sont des spécialistes de la réécriture de l’histoire et aujourd’hui cette attitude scandaleuse s’effectue en temps réel. Cette histoire, dans 50 ou 100 ans révèlera les turpitudes hégémoniques des Américains. Ce sera un mauvais souvenir car l’empire américain aura disparu comme l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui, vouée à l’échec … 

Hydrocarbures : une grave crise à venir ?

Le comité de justice du Sénat américain vient d’adopter un acte anti OPEP, le NOPEC bill. Cette disposition était dans les tuyaux du Sénat depuis de nombreuses années mais la situation en Ukraine a changé la donne puisque la Russie, premier producteur de pétrole et de gaz dans le monde, fait partie de l’OPEP+ et aussi, il ne faut pas l’oublier, l’Arabie saoudite vend son pétrole à la Chine et accepte les yuans en paiement. Par conséquent les Américains s’énervent. Reste à savoir si le vieux Joe va signer cet acte qui ouvrira la possibilité pourr les Etats-Unis de poursuivre devant la justice américaine le cartel de l’OPEP. Le Congrès américain, dont la majorité est démocrate, a approuvé cette décision sénatoriale. Cependant la Chambre de commerce américaine et l’American Petroleum Institute se sont élevés contre cette acte car une telle décision pourrait également nuire à l’industrie pétrolière américaine.

L’Arabie saoudite a déjà manifesté son hostilité pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le pétrole. Le Royaume saoudien se plaint du peu de soutien apporté par les USA dans sa guerre contre les Houtis au Yemen. On l’a oubliée mais c’est toujours la guerre dans ce pays avec des centaines de milliers d’enfants qui meurent de faim. Pour les Américains ce n’est pas important car les prémices d’un rapprochement entre l’Arabie saoudite et l’Iran rendent encore plus furieux le vieux Joe. La CIA a mis ses doigts plein de sang dans cette affaire en envoyant son directeur Bill Burns discrètement à la rencontre de Mohammad bin Salman pour calmer le jeu.

Si cet acte est signé par le vieux Joe la situation pourrait s’aggraver avec une augmentation brutale du prix du pétrole, des sanctions contre certains des membres de l’OPEP qui sont les suivants : Iran, Irak, Arabie saoudite, Venezuela, Indonésie, Émirats arabes unis, Algérie, Équateur, Angola, Guinée équatoriale, Gabon, Congo et … Russie en tant qu’observateur prenant part aux décisions. Est-ce la dernière machination grossière de l’impérialisme américain pour garder la main sur le pétrole au niveau mondial ? Il sera très intéressant de suivre l’évolution des cours du pétrole, et du gaz, dans les prochaines semaines si le vieux Joe signe cet acte. Bon courage !

Source : Oilprice.com Voir aussi : https://www.congress.gov/bill/117th-congress/house-bill/2393/text

Mensonges de la FED sur l’inflation, sanctions contre la Russie et Nouvel Ordre Mondial

La Réserve fédérale et la plupart des autres banques centrales mondiales mentent sur la façon dont les taux d’intérêt affectent l’inflation. Ce n’est pas une mince affaire, car il est clair que cela est utilisé pour inaugurer une dépression économique mondiale, cette fois bien pire que dans les années 1930, en utilisant la Russie comme bouc émissaire à blâmer, alors que les pouvoirs en place se préparent à pousser le monde dans ce que Joe Biden a récemment appelé « un Nouvel Ordre Mondial ».

Article de F. Willliam Engdahl, consultant en risques stratégiques et conférencier. Engdahl est diplômé en sciences politiques de l’Université de Princeton et un essayiste renommé dans le domaine de l’énergie. Il écrit des articles exclusivement pour le magasine en ligne New Eastern Outlook où cet article a été publié le 28 mars 2022.

J’ai fait valoir à de nombreuses reprises que chaque dépression ou récession économique majeure du siècle dernier, depuis la création de la Réserve fédérale américaine, a été le résultat politique délibéré des actions de la Fed. La situation actuelle est clairement une répétition de cela. Les récentes déclarations et actions de la Fed en matière de lutte contre l’inflation indiquent qu’elle prévoit de provoquer une véritable dépression mondiale dans les prochains mois. Le conflit en Ukraine et le flot insensé de sanctions imposées par les pays de l’OTAN à tout ce qui est russe seront utilisés pour accélérer le processus d’inflation mondiale dans les domaines de la nourriture, de l’énergie et de tout le reste, et permettront de rejeter la faute sur la Russie tandis que la Fed s’en sortira indemne. Suivez les créateurs d’argent.

Si nous examinons les récentes déclarations de la Fed, de loin la banque centrale la plus puissante du monde, indépendamment des prédictions sur la disparition imminente du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale, il devient évident qu’elle ment ouvertement. N’oubliez pas que la même Fed a délibérément maintenu les taux d’intérêt à un niveau proche de zéro pendant plus de 14 ans depuis la crise de 2008 pour renflouer Wall Street au détriment de l’économie réelle. Maintenant, ils prétendent qu’ils doivent inverser les taux pour le bien de cette économie. Ils mentent tout simplement.

La fausse courbe de Philips

Ces dernières années, le président turc Erdogan a été sévèrement attaqué pour avoir affirmé que des taux d’intérêt plus élevés de la banque centrale n’étaient pas efficaces pour contrôler la forte inflation en Turquie. Ironiquement, il a raison sur toute la ligne. Il a osé s’attaquer à l’orthodoxie monétaire actuelle, ce dont les marchés financiers l’ont puni en attaquant la lire. La base de la théorie sur les taux d’intérêt et l’inflation actuelle remonte à un article publié en 1958 par A.W. Philips, alors à la London School of Economics. Philips, examinant les données économiques britanniques sur les salaires et l’inflation sur un siècle, a conclu qu’il existait une relation inverse entre les salaires et l’inflation.

En gros, Philips, qui a rassemblé ses données dans ce que l’on appelle aujourd’hui la courbe de Philips, a conclu que l’inflation et le chômage ont une relation inverse. Une inflation plus élevée est associée à un chômage plus faible et vice versa. Pourtant, la corrélation ne prouve pas la causalité, et même les propres économistes de la Fed ont publié des études démontrant l’invalidité de la courbe de Philips. En 2018, l’économiste de Princeton Alan Blinder, ancien vice-président de la Fed, a noté que « la corrélation entre le chômage et les variations de l’inflation est presque nulle… L’inflation a à peine bougé lorsque le chômage a augmenté et diminué ».

Malgré cela, la Réserve fédérale, ainsi que la plupart des banques centrales du monde entier depuis les années 1970, ont utilisé cette notion de courbe de Philips pour justifier la hausse des taux d’intérêt afin de « tuer » l’inflation. Le plus célèbre d’entre eux est le président de la Fed, Paul Volcker, qui, en 1979, a relevé les taux d’intérêt directeurs aux États-Unis (en même temps que la Banque d’Angleterre) de 300% pour les porter à près de 20%, déclenchant ainsi la pire récession américaine depuis les années 1930.

Volcker a imputé l’inflation extrêmement élevée de 1979 à 1982 aux revendications salariales des travailleurs. Il a commodément ignoré la véritable cause de l’inflation mondiale de l’époque, à savoir la flambée des prix du pétrole et des céréales jusqu’aux années 1980, conséquence des actions géopolitiques de David Rockefeller, le patron de Volcker, qui a créé les chocs pétroliers des années 1970. J’en parle abondamment dans mon livre « A Century of War : Anglo-American Oil Politics » (Un siècle de guerre : la politique pétrolière anglo-américaine).

Depuis la brutale opération Volcker sur les taux d’intérêt, la Fed et les autres banques centrales ont pris l’habitude de dire que la hausse de l’inflation doit être « domptée » par une hausse des taux d’intérêt. En fait, ceux qui en profitent sont les principales banques de Wall Street qui détiennent la dette du Trésor américain.

Les causes de l’inflation récente

La cause de la hausse alarmante de l’inflation depuis le verrouillage du COVID en 2020 n’a rien à voir, ou presque, avec la hausse des salaires ou une économie en plein essor. Le relèvement des taux pour créer un « atterrissage en douceur » ou une soi-disant récession légère n’aura pratiquement aucun effet sur l’inflation réelle.

Les prix montent en flèche pour les produits de première nécessité que les familles doivent acheter. Selon une étude de l’économiste américain Mike « Mish » Shedlock, plus de 80% des composantes de l’indice des prix à la consommation américain utilisé pour mesurer officiellement l’inflation est constitué de ce que l’on appelle les « composantes inélastiques ». Cela inclut surtout les coûts du logement, de l’essence, des transports, de l’alimentation, de l’assurance médicale et de l’éducation. La plupart des familles ne sont pas en mesure de réduire sérieusement l’un ou l’autre de ces coûts de vie nécessaires, même si les taux d’intérêt sont plus élevés.

Le coût des denrées alimentaires s’envole avec l’apparition de pénuries mondiales de céréales, d’huile de tournesol et d’engrais, en raison de la hausse vertigineuse du coût du gaz naturel pour fabriquer des engrais azotés. Cette situation existait bien avant le conflit ukrainien. L’élimination des exportations de blé russes et ukrainiennes en raison des sanctions et de la guerre peut réduire jusqu’à 30% l’offre mondiale de céréales. La sécheresse dans le Midwest américain et en Amérique du Sud, ainsi que les fortes inondations en Chine, contribuent à l’explosion des coûts alimentaires. Le gaz naturel est en hausse en raison de l’agenda insensé de l’UE et de Biden sur le thème « zéro carbone », qui vise à éliminer toutes les énergies à base d’hydrocarbures dans les années à venir. Maintenant, à cause des sanctions suicidaires de l’Occident contre la Russie, une source majeure de carburant diesel mondial, la Russie, est éliminée. La Russie est le deuxième plus grand exportateur de pétrole brut au monde après l’Arabie saoudite. Elle est le plus grand exportateur de gaz naturel au monde, principalement vers l’UE.

Sanctions, urée et micropuces

Pour illustrer à quel point l’économie mondiale est devenue interconnectée, la Chine a imposé en octobre 2021 des contrôles sévères sur les exportations d’urée, un composant clé non seulement des engrais, mais aussi d’un additif pour moteur diesel, le DEF ou l’AdBlue, dont la plupart des moteurs diesel modernes ont besoin pour contrôler les émissions d’oxyde d’azote. Sans AdBlue, les moteurs ne fonctionnent pas. Cela menace les camions, les tracteurs agricoles, les moissonneuses, les équipements de construction. L’armée américaine utilise du carburant diesel dans les réservoirs et les camions. Maintenant, avec les sanctions contre la Russie, le deuxième exportateur mondial de diesel raffiné est contraint de se retirer. L’UE importe la moitié de son diesel de Russie. Shell et BP ont averti les acheteurs allemands de problèmes potentiels d’approvisionnement et les prix s’envolent. Cette perte de diesel intervient alors que les stocks de gazole en Europe sont à leur plus bas niveau depuis 2008. Aux États-Unis, selon OilPrice.com, la situation est encore plus grave. Là-bas, les stocks de gazole sont inférieurs de 21% à la moyenne saisonnière des cinq années précédant la pandémie.

Le gaz néon est un sous-produit de la production d’acier. Environ 50% du gaz néon de haute pureté pour les semi-conducteurs, indispensable aux lasers nécessaires à la lithographie pour fabriquer des puces, provient de deux entreprises ukrainiennes, Ingas et Cryoin. Toutes deux s’approvisionnent en néon auprès d’aciéries russes. L’une est basée à Odessa et l’autre à Marioupol. Depuis le début des combats il y a un mois, les deux usines ont fermé. En outre, selon la société californienne TECHCET, « la Russie est une source cruciale de C4F6 que plusieurs fournisseurs américains achètent et purifient pour l’utiliser dans les processus de lithographie avancés pour la production de puces ». De même, la Russie produit environ un tiers de tout le palladium mondial utilisé dans les convertisseurs catalytiques des voitures et dans les capteurs et la mémoire émergente (MRAM).

Oleg Izumrovov, un expert russe en informatique, souligne en outre que la Russie « représente aujourd’hui 80% du marché des substrats en saphir – de fines plaques en pierre artificielle, qui sont utilisées en opto et microélectronique pour construire des couches de divers matériaux, par exemple du silicium. Elles sont utilisées dans tous les processeurs du monde – AMD et Intel ne font pas exception ». Il ajoute : « Notre position est encore plus forte dans la chimie spéciale de la gravure des puces à l’aide de composants ultra-purs. La Russie représente 100% de l’offre mondiale de diverses terres rares utilisées à ces fins ». Sans oublier que la Russie est le deuxième producteur mondial de nickel et d’aluminium.

Alors que Washington ne cesse d’aggraver les sanctions contre la Russie, ce n’est qu’une question de semaines avant que ces liens de la chaîne d’approvisionnement n’aient un impact sur l’inflation mondiale et américaine à un degré jamais vu de mémoire récente. Lors de la réunion de l’OTAN à Bruxelles le 24 mars, Joe Biden a tenté (sans succès pour l’instant) de pousser les États membres de l’UE à sanctionner le pétrole et le gaz russes. Les prix de l’énergie sont déjà en train de grimper en flèche au niveau mondial et Joe Biden a admis à un journaliste que les prix allaient augmenter considérablement pour les denrées alimentaires et l’énergie, en rejetant la faute sur le conflit en Ukraine.

Aucun de ces effets, dont la plupart commencent seulement à se répercuter sur le coût et même la disponibilité des denrées alimentaires et d’autres produits essentiels, ne peut être modifié par une hausse des taux des fonds fédéraux de la Réserve fédérale. Et la Fed le sait. Avec leurs actions, ils jettent littéralement du kérosène sur un feu économique brûlant. Elle soulignera les hausses alarmantes de l’inflation d’ici mai et réitérera son faux « remède », à savoir des taux d’intérêt plus élevés qui risquent de plonger les États-Unis et le reste du monde dans une dépression mondiale qui fera paraître les années 1930 bénignes. Nous pouvons nous attendre à ce que l’on parle beaucoup de l’introduction d’une monnaie numérique de banque centrale pour remplacer le dollar à ce moment-là. Bienvenue dans la Grande Réinitialisation de Davos.

Poutine est un fin diplomate …

Après avoir été traité de poutinolâtre je récidive dans mes analyses qui ne concernent que moi-même. Le Président russe a donc décidé le 23 mars 2022 que le gaz russe serait exclusivement payé par les Occidentaux en monnaie russe et il ne reste que quelques jours pour que les banques européennes s’organisent pour acheter des roubles (ou des yuans) sur les marchés. Au delà de la date fixée par le Kremlin le gaz sera coupé. Cette décision n’est pas unique dans le monde. L’Arabie saoudite a accepté le paiement de son pétrole livré aux Chinois en yuans. La Russie a accepté également le paiement de la facture pétrolière de l’Inde en roupies. La Corée et le Japon n’obtiendront pas l’autorisation des Américains de faire de même, du moins pour le moment.

Cette décision de la Russie n’est pas sans conséquences. Le signal a été donné pour le processus de dédollarisation des échanges commerciaux internationaux. C’est un immense événement. Les médias occidentaux ont assimilé cette décision de la Russie comme une manœuvre pour mettre en difficulté l’Europe. C’est faux car l’Arabie saoudite avait décidé d »être payée eu yuans il y a une dizaine de jours. Je ne lis pas la presse main-stream américaine mais cette décision de Riyad a certainement provoqué quelques émois à Wall Street.

Au niveau des marchés la bourse de Moscou a finalement ouvert ce lundi et après une forte chute consécutive à l’intervention de l’armée russe en Ukraine pour effectuer ce que l’on pourrait dire une opération de police afin d’éliminer les commandos néo-nazi sans foi ni loi qui n’ont d’autre objectif depuis 8 que d’exterminer les populations russophones du Donbass, cette bourse de Moscou a rebondi de 20 %. Parallèlement le rouble s’est apprécié de 20 % ces derniers jours. Les sanctions de cour d’école infligées par les pays occidentaux à la Russie vont se retourner contre eux et la situation économique de l’Europe va se dégrader très fortement et de manière durable jusqu’au jour où les décideurs politiques européens avaleront leur chapeau et diront clairement aux Américains de s’occuper de leurs propre linge sale.

Cette décision de Moscou aura donc de très lourdes conséquences dont en particulier une redéfinition de la géopolitique mondiale sur des bases multipolaires plus saines, l’éviction progressive du dollar des transactions mondiales étant la clé de cette redéfinition.

Le fait que les Américains aient sollicité le Vénézuela et l’Iran pour vendre plus de pétrole pour stabiliser les cours est révélateur. Les émissaires américains ont essuyé une fin de non-recevoir : « du pétrole oui, mais toutes les sanctions supprimées ». L’ignominie de l’attitude américaine est ainsi révélée au grand jour. Il s’agit d’un élément important pour redéfinir cette géopolitique mondiale sans le dollar et sans l’extraterritorialité des lois américaines. Il en sera terminé de l’impérialisme américain qui pourrit le monde entier depuis la fin de la seconde guerre mondiale.