Promenade à Odessa

Chronique parue sur le site Donbass-Insider le 31 janvier 2023

La ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna s’est rendue à Odessa ce jeudi 26 janvier, – en soutien au régime kiévien. Quatrième visite depuis le début de l’opération militaire spéciale russe en Ukraine. Elle est venue : «témoigner du soutien dans la durée de la France au peuple ukrainien ». Prenant en compte : « les besoins immédiats et urgents en matière militaire et civile », elle a promis à Dmytro Kuleba, sbire de Zelensky, un système de défense aérienne et trois millions d’euros. Paris, en effet : « devrait aider l’Ukraine non seulement à se défendre, mais aussi à restaurer son indépendance et sa souveraineté ». Rien de moins !

Annalena Baerbock, ministre allemande des affaires étrangères, a pour sa part récemment déclaré : « Nous menons une guerre contre la Russie ». L’Union Européenne, dont la France fait partie, pour mémoire, – et l’Allemagne sont en guerre contre la Russie.

Le Quay d’Orsay s’est insurgé : « Nous répondons très clairement que nous ne sommes pas en guerre avec la Russie et aucun de nos partenaires ne l’est », a souligné la porte-parole Anne-Claire Legendre, lors d’un point de presse jeudi 26 janvier. On est tout de même en présence de certaines contradictions.

Catherine Colonna, lors de sa conférence de presse à Odessa, a également indiqué que : « La France n’avait pas encore pris de décision concernant les demandes de l’Ukraine de lui fournir des chars Leclerc. » Paris, en début de mois, a annoncé l’envoi de véhicules de combat blindés légers sur roue AMX-10RC. Concernant les chars Leclerc, « Rien n’est exclu », a déclaré le président français Emmanuel Macron.

Pour quelle raison doute-t-il de fournir des chars français Leclerc au régime de Kiev ? Honneur ou déshonneur ? Crainte d’alimenter l’escalade avec la Russie ? Ne pas trop dépouiller les armées françaises ? Les Ukrainiens sont friands de chars, mais ils veulent aussi des systèmes de défense anti-aérienne, des systèmes de radar et des munitions. Resterait-il un résidu de conscience morale chez le président français ?

Honneur ou déshonneur

La honte ou la Patrie. Qui sauvera la France ? La honte ou la dignité. Les héros raciniens dans la tragédie classique mouraient pour sauver leur honneur. Racine, notre XVIIe siècle français – Devoir et honneur. Amour de la vertu et du mérite, tel est l’honneur. Estime de soi, pouvoir se regarder dans un miroir, sans avoir à rougir. Les valeurs morales, étaient écrites avec le sang si nécessaire. Nos ancêtres se battaient en duel, si leur honneur était bafoué. Quel est celui qui a le sens de l’honneur ? Le sentiment de sa propre réputation, de sa propre dignité. Ne plus avoir d’honneur, qu’est-ce, sinon totalement déchoir, à ses propres yeux, sinon vivre dans le mensonge.

Corneille, notre XVIIe siècle français – L’honneur, le devoir, la gloire, la générosité. « La gloire, c’est l’honneur, l’estime de soi et des autres, dans une réputation sans tâche » (Charles Dédéyan). « Il y a dans l’honneur et la gloire l’idée d’obligation ; il s’agit bien, ici et là, d’un devoir. Mais le sentiment de la gloire, du moins dans son mouvement le plus beau, ressemble plus à une exigence intime qu’à ce qu’on doit aux règles de l’honneur, toujours un peu extérieures et de société. » (Octave Nadal). « L’honneur cornélien va consister essentiellement pour le personnage à continuer à mériter le nom de descendant de son père, autrement dit, à perpétuer le passé. Et le nom du père qui se perpétue d’une génération à l’autre vient précisément de la gloire, ou plus exactement de l’honneur familial qui a été établi dans le passé. … Le descendant est donc par devoir appelé à conserver cet honneur en évitant tout acte honteux. Ainsi le devoir est une exigence de l’honneur ou de la gloire de la race des âmes bien nées, c’est-à-dire des généreux. » (Ben Jukpor)

Don Diègue, à son fils : « Je t’ai donné la vie, et tu me rends ma gloire ; Et d’autant que l’honneur m’est plus cher que le jour […] » (Le Cid, III, 6)

Déchéance française

Odessa est une ville très appréciée des français, puisque déjà en mars 2022, Bernard Henry Levy s’y était rendu. Il avait déambulé dans les rues aux côtés du gouverneur Maxime Martchenko, ancien commandant du bataillon Aidar (de 2015 à 2017), groupe paramilitaire néo-nazi. Très content de lui, BHL s’est félicité d’avoir inscrit la devise républicaine française « liberté, égalité, fraternité », sur une barricade de la ville d’Odessa. Quelle barricade ? Nul ne le sait.

Mais précisément, que s’est-il passé à Odessa en 2014 ? En particulier le 2 mai 2014 ? Un incendie criminel ravagea la Maison des syndicats, siège des pro-russes, où s’étaient réfugiés un grand nombre de personnes, que les ukro-nazis avaient appelé à tuer. Le feu qui enflamma les bâtiments provoqua la mort d’une soixantaine de personnes intoxiquées par les fumées ou tentant d’y échapper en sautant par les fenêtres. Aucune enquête judiciaire sérieuse, silence dans les médias français.

Et encore un témoignage, récent, – qui a été rapporté par le canal Patriotes Russes Information (le 20 novembre 2022). Bien évidemment, nous ne connaissons pas le nom de l’auteur, – qui prend de graves risques, non seulement pour lui-même, mais encore pour les siens.

« Je vous écris d’Odessa, une ville russe qui a sa propre histoire tragique, son propre Khatyn, lorsque des néonazis ont brûlé des innocents à la Maison des syndicats le 2 mai 2014 …

La situation est tendue. Les téléphones sont vérifiés aux points de contrôle, où ils recherchent les abonnements aux chaînes russes. … Pression psychologique et contrainte physique.

A Odessa, hier et aujourd’hui, des gens sont sortis pour protester contre la panne de courant. Les forces de sécurité et le SBU sont arrivés … Certains furent détenus et livrés au lavage de cerveau et à l’intimidation. Le nazisme flagrant dans sa forme la plus pure.

Les situations de ce genre sont nombreuses. Toute dissidence est réprimée, punie et considérée comme du fantasme et des mensonges.

Nous combattons tout l’enfer, conduit par l’Occident collectif et les autorités ukrainiennes, qui veulent déchirer les liens spirituels de la Sainte Rus’. Ils veulent détruire la culture, la morale, réécrire l’histoire pour eux-mêmes et nous forcer à penser tous comme ils le veulent. Toute dissidence est punie de prison et d’outrages. Les gens sont intimidés. Ils ont interdit l’enseignement de la langue russe dans les écoles, ils ont interdit les classiques russes et la diffusion de la musique russe dans les médias.

Maintenant en Ukraine, la russophobie se répand au maximum – la haine de tout ce qui est russe.

L’Eglise canonique en Ukraine est sous occupation du régime de Kyiv. Elle est privée de tous les droits et de la protection de l’État. Des églises sont saisies, des prêtres et des laïcs sont battus, des perquisitions sont faites parmi le clergé et l’épiscopat de l’UOC.

Tout cela se fait en accord avec les autorités qui, avec les schismatiques, veulent liquider l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou.

La Russie a pris sur ses épaules une mission très importante – aider les habitants de l’Ukraine, qui se trouvent dans des conditions difficiles, en libérant des territoires et des villes afin de redonner aux gens l’espoir d’une vie normale.

C’est le cri de l’âme d’un homme profondément touché ! C’est le cri de l’âme d’un homme qui prie de tout son coeur pour que la Russie libère l’Ukraine de ce joug nazi, de la calomnie et du mensonge, de la peur et du désespoir.

La plupart des Odessans le comprennent et attendent que la paix vienne et que la Palmyre du Sud retourne chez elle dans son port natal !

Eh bien, vous ne pouvez rien faire avec le fait qu’Odessa est une ville russe. Rien. Tout le monde comprend cela. Les néo-nazis en particulier. Ils écrasent maintenant Odessa, parce que la majorité ici est pour la Russie.

Dieu est avec nous !
La vérité est avec nous ! »

Le 29 décembre 2022, des ouvriers déboulonnèrent la statue de l’impératrice russe Catherine II dans le centre d’Odessa. Symbole de l’héritage impérial russe, Catherine la Grande fut la fondatrice de la ville moderne d’Odessa au XVIIIe siècle. La statue du général russe Alexandre Souvorov a subi le même sort. A Kiev, les rues Dostoïevski et Tourgueniev ont disparu.

Et Catherine Colonna, d’indiquer sur son compte twitter : « Odessa entre au patrimoine mondial de l’Unesco. » (25 janvier 2023) Notre ministre française Catherine Colonna, ose rivaliser avec, – l’impératrice Catherine II de toutes les Russies ? – Il a fallu rayer Catherine II de toutes les Russies de la mémoire de la ville, fondée par elle, – pour qu’Odessa entre au patrimoine de l’Unesco, – vidée de son patrimoine (russe) ?

Ainsi Catherine Colonna, – au beau nom corse, s’est promenée à Odessa. Notre ministre des affaires étrangères a promis beaucoup de choses aux ukrainiens – puis aux alliés (roumains) de l’OTAN. Au nom de qui ? De Napoléon Bonaparte ? Bernard Henry Levy lui aussi est venu réaffirmer la victoire de la Révolution française de 1789, – la terreur, Robespierre, – à Odessa, ville impériale.

Maintenant, souvenons-nous de ce qui s’est passé.

Les armées napoléoniennes, qui sont allées victorieusement jusqu’à Moscou, quand sont-elles rentrées (en France) ? Pour beaucoup, jamais. Enterrées sur place en Russie, ou tombées dans le fleuve gelé. Attention à la Russie.

Le Jugement de Dieu est terrible ! On n’attaque pas impunément l’héritière de la Rome chrétienne antique.

Tous ceux qui sont allés se promener en Russie, ne sont pas revenus.

Donc, si Catherine Colonna a l’intention d’aller se promener à Moscou, – à Kaliningrad, et ailleurs, elle ferait mieux d’y réfléchir à deux fois.

Honneur, ou déshonneur, choisissons. Mais si nous choisissons le déshonneur, nous trouverons peut-être aussi : la mort.

Anne Colombini

Commentaire de votre serviteur. Le président français n’ignorait pas que Madame Merkel et François Hollande, son prédécesseur au Palais avaient à dessein trainé les pieds pour ne pas faire appliquer les accords de Minsk-2. Le président français a donc menti aux Français en recevant Vladimir Poutine à Brégançon, il a menti au Président russe en se rendant au Kremlin ensuite et il ment encore aux Français en déléguant sa parole à la Ministre Catherine Colonna. Les Français doivent s’attendre à des mesures de rétorsion de la part de Moscou et comme je l’exposais dans le court billet sur ce blog la Russie a déjà pris des mesures à l’encontre de l’Europe occidentale en réservant sa production de céréales exportée exclusivement aux pays africains et aux autres pays amis quelles que soient les difficultés que rencontreront les agriculteurs européens et en particulier français pour s’approvisionner en engrais de synthèse. Pour l’instant l’approvisionnement en uranium enrichi à 4 % en isotope 238 est assuré pour la France qui est dépendant à hauteur de 30 % de la Russie dans ce créneau particulier tant que l’usine d’enrichissement Georges Besse-2 n’est pas totalement opérationnelle. Pour tous les autres matériaux et minerais tous les pays ennemis de la Russie font face à des difficultés d’approvisionnement qui vont devenir critiques pour leurs économies comme par exemple le titane pour la société Airbus qui représente un part importante dans le calcul du PNB français. Si la Russie ne possède pas de ressources minières en minerai riche en titane comme l’ilmenite ce pays est néanmoins le troisième producteur de titane de haut degré de pureté après la Chine et le Japon, la production domestique de ce métal par l’Ukraine ayant disparu du marché mondial en 2022. Enfin toujours à propos des céréales russes l’Algérie et l’Egypte, deux pays qui sont loin d’être autosuffisants pour cette denrée alimentaire de base ont formellement déclaré leur candidature pour intégrer les BRICS. Il en est de même pour l’Iran. Ces nouvelles alliances qui se dessinent préfigurent un nouvel ordre mondial multipolaire qui est synonyme d’une relégation de l’Occident (Europe et Amérique du Nord) au second plan.

La géopolitique c’est comme l’Univers et comme un cocon de ver à soie

Lorsque je contemple avec émerveillement les images transmises par le télescope James Webb, alors que dans le même temps je suis confronté à un flux continu d’informations, je me dis qu’il est possible de contester toutes ces informations car jamais la vérité n’est abordée avec franchise et toutes les affirmations des journalistes sont teintées de mensonges. Les images de ce merveilleux télescope ont le mérite d’être des observations objectives et factuelles de l’Univers tel qu’on le soupçonnait avec les données recueillies par son prédécesseur le télescope Hubble. Pour se faire une idée de l’incroyable diversité des objets répandus dans tout l’Univers il suffit de contempler ces images, ici le fameux “quintet” de galaxies avec en toile de fond les plus lointaines autres galaxies de l’Univers. On pourrait rapprocher cette image des 5 continents de la Terre. Les dernières théories des astrophysiciens prennent en compte un réseau de “fils” gravitationnels reliant les galaxies les unes aux autres avec des flux de matière dont la convergence créé une nouvelle galaxie. C’est peut-être là qu’il faut rechercher la matière noire et l’énergie noire.

Il en est de même de la variété des changements auxquels les peuples de la Terre sont déjà soumis car l’histoire, comme le temps, ne s’arrête jamais. Il faut, pour discerner toutes les tendances parfois contradictoires en apparence qui affluent de toute part, posséder une puissance d’analyse susceptible d’en faire une synthèse compréhensible. Il faut être un remarquable analyste de la géopolitique pour conclure que l’évolution de la géopolitique est ainsi et quelles sont les raisons profondes de cette évolution. Et il est rare de trouver dans le fatras des informations quel est le véritable fil conducteur reliant tous ces paramètres qui pris isolément ne revêtent aucune signification. C’est un peu la situation des enfants qui étaient entrainés autrefois dans les magnaneries pour trouver le bout de l’unique fil qui forme un cocon de soie : la géopolitique est comme un cocon de ver à soie, elle est constituée d’un seul fil conducteur et bien malin celui qui arrive à en trouver le bout et le dérouler pour comprendre le véritable puzzle complexe que constitue cette géopolitique. Il y a très longtemps que je ne regarde plus la télévision. J’avais acheté une antenne parabolique quand je vivais au Vanuatu car l’occasion des Jeux Olympiques de Sydney m’avait convaincu d’effectuer cet achat d’autant plus que j’aime beaucoup cette magnifique ville et que le Vanuatu n’avait qu’une heure d’avance sur la côte est de l’Australie. Ici à Papeete la compagnie de téléphone a insisté pour me vendre un abonnement télévisuel et j’ai refusé.

Pour toutes les sources d’information que je parcours chaque matin il est extrêmement rare de trouver une analyse géopolitique de valeur. Par hasard, il y a deux jours, j’ai regardé un exposé d’Alain Juillet présenté devant un auditoire de l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale de Provence il y a quelques semaines. C’est un pur délice ! On comprend tout ce qui se trame dans le monde sans que personne, je dis bien personne, n’en soupçonne la formidable interconnexion à l’échelle de la planète. Aucune région du monde n’est épargnée par le fil conducteur de la géopolitique et l’évolution de celle-ci. Comme le cocon du ver à soie il n’y a qu’un seul fil conducteur dans l’évolution de la géopolitique de même que toutes les galaxies sont connectées entre elles par un flux gravitationnel et un flux de matière. Je conseille donc très vivement les lecteurs de ce blog de regarder avec attention, y compris deux fois de suite s’il le faut, car tous les mots de l’exposé d’Alain Juillet sont pesés et empreints d’une lourde signification. Et à 80 ans Alain Juillet a l’esprit beaucoup plus clair que la très grande majorité des journalistes qui s’agitent sur le papier des quotidiens et sur l’écran plat des télévisions. Bon visionnage ! https://www.youtube.com/watch?v=XHjObEp-2iA

«La Troisième Guerre mondiale a commencé»

Emmanuel Todd

10/01/2023 Emmanuel Todd avec Fabien Clairefond du Figaro Vox

Penseur scandaleux pour les uns, intellectuel visionnaire pour les autres, «rebelle destroy» selon ses propres termes, Emmanuel Todd ne laisse pas indifférent. L’auteur de La Chute finale, qui prédisait dès 1976 l’effondrement de l’Union soviétique, était resté discret en France sur la question de la guerre en Ukraine

L’anthropologue réservait jusqu’ici la plupart de ses interventions sur le sujet au public japonais, publiant même dans l’Archipel un essai au titre provocateur: La Troisième Guerre mondiale a déjà commencé. Pour Le Figaro, il détaille sa thèse iconoclaste. Il y rappelle que si l’Ukraine résiste militairement, la Russie n’a pas été écrasée économiquement. Une double surprise qui rend, selon lui, incertaine l’issue du conflit.

Emmanuel Todd est anthropologue, historien, essayiste, prospectiviste, auteur de nombreux ouvrages. 

Plusieurs d’entre eux, comme «La Chute finale», «L’Illusion économique» ou «Après l’empire», sont devenus des classiques des sciences sociales. 

Son dernier ouvrage, «La Troisième Guerre mondiale a commencé», est paru en 2022 au Japon et s’est écoulé à 100.000 exemplaires.

Pourquoi publier un livre sur la guerre en Ukraine au Japon et pas en France?

 Les Japonais sont tout aussi antirusses que les Européens. Mais ils sont géographiquement éloignés du conflit, il n’y a donc pas un véritable sentiment d’urgence, ils n’ont pas notre rapport émotionnel à l’Ukraine. Et là-bas, je n’ai pas du tout le même statut. Ici, j’ai la réputation absurde d’être un «rebelle destroy», alors qu’au Japon je suis un anthropologue, un historien et un géopoliticien respecté, qui s’exprime dans tous les grands journaux et revues, et dont tous les livres sont publiés. Je peux m’exprimer là-bas dans une ambiance sereine, ce que j’ai d’abord fait dans des revues, puis en publiant ce livre, qui est un recueil d’entretiens. Cet ouvrage s’appelle La Troisième Guerre mondiale a déjà commencé, avec 100.000 exemplaires vendus aujourd’hui.

La Troisième Guerre mondiale : pourquoi ce titre?

Parce que c’est la réalité, la Troisième Guerre mondiale a commencé. Il est vrai qu’elle a commencé «petitement» et avec deux surprises. On est parti dans cette guerre avec l’idée que l’armée de la Russie était très puissante et que son économie était très faible. On pensait que l’Ukraine allait se faire écraser militairement et que la Russie se ferait écraser économiquement par l’Occident. Or il s’est passé l’inverse. L’Ukraine n’a pas été écrasée militairement même si elle a perdu à cette date 16% de son territoire ; la Russie n’a pas été écrasée économiquement. Au moment où je vous parle, le rouble a pris 8% par rapport au dollar et 18% par rapport à l’euro depuis la veille de l’entrée en guerre.

Il y a donc eu une sorte de quiproquo. Mais il est évident que le conflit, en passant d’une guerre territoriale limitée à un affrontement économique global, entre l’ensemble de l’Occident d’une part et la Russie adossée à la Chine d’autre part, est devenu une guerre mondiale. Même si les violences militaires sont faibles par rapport à celles des guerres mondiales précédentes.

N’exagérez-vous pas? L’Occident n’est pas directement engagé militairement…

Nous fournissons des armes quand même. Nous tuons des Russes, même si nous ne nous exposons pas nous-mêmes. Mais il reste vrai que nous, Européens, sommes surtout engagés économiquement. Nous sentons d’ailleurs venir notre véritable entrée en guerre par l’inflation et les pénuries.

Poutine a fait une grosse erreur au début, qui présente un immense intérêt socio-historique. Ceux qui travaillaient sur l’Ukraine à la veille de la guerre considéraient ce pays, non comme une démocratie naissante, mais comme une société en décomposition et un «failed state» en devenir. On se demandait si l’Ukraine avait perdu 10 millions ou 15 millions d’habitants depuis son indépendance. On ne peut trancher parce que l’Ukraine ne fait plus de recensement depuis 2001, signe classique d’une société qui a peur de la réalité. Je pense que le calcul du Kremlin a été que cette société en décomposition s’effondrerait au premier choc, voire même dirait «bienvenue maman» à la sainte Russie. Mais ce que l’on a découvert, à l’opposé, c’est qu’une société en décomposition, si elle est alimentée par des ressources financières et militaires extérieures, peut trouver dans la guerre un type nouveau d’équilibre, et même un horizon, une espérance. Les Russes ne pouvaient pas le prévoir. Personne ne le pouvait.

Mais est-ce que les Russes n’ont pas sous-estimé, malgré l’État de décomposition réelle de la société, la force du sentiment national ukrainien, voire la force du sentiment européen de soutien envers l’Ukraine? Et vous-même ne le sous-estimez-vous pas?

Je ne sais pas. Je travaille là-dessus, mais en chercheur, c’est-à-dire en admettant qu’il y a des choses que l’on ne sait pas. Et pour moi, bizarrement, l’une des champs sur lesquels j’ai trop peu d’informations pour trancher, c’est l’Ukraine. Je pourrais vous dire, sur la foi de données anciennes, que le système familial de la petite Russie était nucléaire, plus individualiste que le système Grand Russe, qui était davantage communautaire, collectiviste. Ça, je peux vous le dire, mais ce qu’est devenue l’Ukraine, avec des mouvements de population massifs, une auto-sélection de certains types sociaux par le maintien sur place ou par l’émigration avant et pendant la guerre, je ne peux pas vous en parler, on ne sait pas pour l’instant.

L’un des paradoxes que j’affronte, c’est que la Russie elle ne me pose pas de problème de compréhension. C’est là-dessus que je suis le plus en décalage par rapport à mon environnement occidental. Je comprends l’émotion de tous, il m’est pénible de parler en historien froid. Mais quand on pense à Jules César enfermant Vercingétorix dans Alésia, puis l’emmenant à Rome pour célébrer son triomphe, on ne se demande pas si les Romains étaient méchants, ou déficients par les valeurs. Aujourd’hui, dans l’émotion, en phase avec mon propre pays, je vois bien l’entrée de l’armée russe en territoire ukrainien, les bombardements et les morts, la destruction des infrastructures énergétiques, les Ukrainiens crevant de froid tout l’hiver. Mais pour moi, le comportement de Poutine et des Russes est lisible autrement et je vais vous dire comment.

Pour commencer, j’avoue avoir été cueilli à froid par le début de la guerre, je n’y croyais pas. Je partage aujourd’hui l’analyse du géopoliticien «réaliste» américain John Mearsheimer. Ce dernier faisait le constat suivant: Il nous disait que l’Ukraine, dont l’armée avait été prise en main par des militaires de l’Otan (américains, britanniques et polonais) depuis au moins 2014, était donc de facto membre de l’Otan, et que les Russes avaient annoncé qu’ils ne toléreraient jamais une Ukraine membre de l’Otan. Ces Russes font donc, (ainsi que Poutine nous l’a dit la veille de l’attaque) une guerre de leur point de vue défensive et préventive. Mearsheimer ajoutait que nous n’aurions aucune raison de nous réjouir d’éventuelles difficultés des Russes parce que, comme il s’agit pour eux d’une question existentielle, plus ça serait dur, plus ils frapperaient fort. L’analyse semble se vérifier. J’ajouterais un complément et une critique à l’analyse de Mearsheimer.

Lesquels?

Pour le complément: lorsqu’il dit que l’Ukraine était de facto membre de l’Otan, il ne va pas assez loin. L’Allemagne et la France étaient, elles, devenues des partenaires mineurs dans l’Otan et n’étaient pas au courant de ce qui se tramait en Ukraine sur le plan militaire. On a critiqué la naïveté française et allemande parce que nos gouvernements ne croyaient pas en la possibilité d’une invasion russe. Certes, mais parce qu’ils ne savaient pas qu’Américains, Britanniques et Polonais pouvaient permettre à l’Ukraine d’être en mesure de mener une guerre élargie. L’axe fondamental de l’Otan maintenant, c’est Washington-Londres-Varsovie-Kiev.

Maintenant la critique: Mearsheimer, en bon Américain, surestime son pays. Il considère que, si pour les Russes la guerre d’Ukraine est existentielle, pour les Américains elle n’est au fond qu’un «jeu» de puissance parmi d’autres. Après le Vietnam, l’Irak et l’Afghanistan, une débâcle de plus ou de moins…. Quelle importance? L’axiome de base de la géopolitique américaine, c’est: «On peut faire tout ce qu’on veut parce qu’on est à l’abri, au loin, entre deux océans, il ne nous arrivera jamais rien». Rien ne serait existentiel pour l’Amérique. Insuffisance d’analyse qui conduit aujourd’hui Biden à une fuite en avant. L’Amérique est fragile. La résistance de l’économie russe pousse le système impérial américain vers le précipice. Personne n’avait prévu que l’économie russe tiendrait face à la «puissance économique» de l’Otan. Je crois que les Russes eux-mêmes ne l’avaient pas anticipé.

Si l’économie russe résistait indéfiniment aux sanctions et parvenait à épuiser l’économie européenne, tandis qu’elle-même subsisterait, adossée à la Chine, les contrôles monétaire et financier américains du monde s’effondreraient, et avec eux la possibilité pour les États-Unis de financer pour rien leur énorme déficit commercial. Cette guerre est donc devenue existentielle pour les États-Unis. Pas plus que la Russie, ils ne peuvent se retirer du conflit, ils ne peuvent lâcher. C’est pour ça que nous sommes désormais dans une guerre sans fin, dans un affrontement dont l’issue doit être l’effondrement de l’un ou de l’autre. Chinois, Indiens et Saoudiens, entre autres, jubilent.

Mais l’armée russe semble tout de même dans une très mauvaise posture. Certains vont jusqu’à prédire l’effondrement du régime, vous n’y croyez pas?

Non, au début il semble y avoir eu, en Russie, une hésitation, le sentiment d’avoir été abusé, de ne pas avoir été prévenu. Mais là, les Russes sont installés dans la guerre, et Poutine bénéficie de quelque chose dont on n’a pas idée, c’est que les années 2000, les années Poutine, ont été pour les Russes les années du retour à l’équilibre, du retour à une vie normale. Je pense que Macron représentera à l’opposé pour les Français la découverte d’un monde imprévisible et dangereux, des retrouvailles avec la peur. Les années 90 ont été pour la Russie une période de souffrance inouïe. Les années 2000 ont été un retour à la normale, et pas seulement en termes de niveau de vie: on a vu les taux de suicide et d’homicide s’effondrer, et surtout, mon indicateur fétiche, le taux de mortalité infantile, plonger et même passer au-dessous du taux américain.

Dans l’esprit des Russes, Poutine incarne (au sens fort, christique), cette stabilité. Et, fondamentalement, les Russes ordinaires estiment, comme leur président, faire une guerre défensive. Ils ont conscience d’avoir fait des erreurs au début, mais leur bonne préparation économique a augmenté leur confiance, non pas face à l’Ukraine (la résistance des Ukrainiens est pour eux interprétable, ils sont courageux comme des Russes, jamais des Occidentaux ne se battraient si bien!), mais face à ce qu’ils appellent «l’Occident collectif», ou bien «les États-Unis et leurs vassaux». La véritable priorité du régime russe, ce n’est pas la victoire militaire sur le terrain, c’est de ne pas perdre la stabilité sociale acquise dans les 20 dernières années.

Ils font donc cette guerre «à l’économie», surtout une économie d’hommes. Parce que la Russie garde son problème démographique, avec une fécondité de 1,5, enfant par femme. Dans cinq ans ils vont avoir des classes d’âge creuses. À mon avis, ils doivent gagner la guerre en 5 ans, ou la perdre. Une durée normale pour une guerre mondiale. Ils font donc cette guerre à l’économie, en reconstruisant une économie de guerre partielle, mais en voulant préserver les hommes. C’est le sens du repli de Kherson , après ceux des régions de Kharkiv, et de Kiev. Nous comptons les kilomètres carrés repris par les Ukrainiens, mais les Russes eux attendent la chute des économies européennes. Nous sommes leur front principal. Je peux évidemment me tromper mais je vis avec la notion que le comportement des Russes est lisible, parce que rationnel et dur. Les inconnues sont ailleurs.

Vous expliquez que les Russes perçoivent ce conflit comme «une guerre défensive», mais personne n’a tenté d’envahir la Russie, et aujourd’hui, du fait de la guerre, l’Otan n’a jamais eu autant d’influence à l’Est avec les pays Baltes qui veulent l’intégrer.

Pour vous répondre, je vous propose un exercice psycho-géographique, qui peut se faire par un mouvement de zoom arrière. Si on regarde la carte d’Ukraine, on voit l’entrée des troupes russes par le Nord, l’Est, le Sud… Et là, effectivement, on a la vision d’une invasion russe, il n’y a pas d’autre mot. Mais si on fait un immense zoom arrière, vers une perception du monde, mettons jusqu’à Washington, on voit que les canons et missiles de l’Otan convergent de très loin vers le champ de bataille, mouvement d’armes qui avait commencé avant la guerre. Bakhmout est à 8400 kilomètres de Washington mais à 130 kilomètres de la frontière russe. Une simple lecture de la carte du monde permet je pense, d’envisager l’hypothèse que «Oui, du point de vue russe, cela doit être une guerre défensive.»

Selon vous, l’entrée en guerre des Russes s’explique aussi par le relatif déclin des États-Unis…

Dans “Après l’empire”, publié en 2002, j’évoquais le déclin de longue période des États-Unis et le retour de la puissance russe. Depuis 2002, l’Amérique enchaîne échecs et replis. Les États-Unis ont envahi l’Irak, mais en sont repartis laissant l’Iran acteur majeur du Moyen-Orient. Ils ont fui l’Afghanistan. La satellisation de l’Ukraine par l’Europe et par les États-Unis n’a pas représenté un surcroît de dynamisme occidental mais l’épuisement d’une vague lancée vers 1990, relayée par le ressentiment antirusse des Polonais et des Baltes. Or c’est dans ce contexte de reflux américain que les Russes ont pris la décision de mettre au pas l’Ukraine, parce qu’ils avaient le sentiment d’avoir enfin les moyens techniques de le faire.

Je sors de la lecture d’un ouvrage de S. Jaishankar, ministre des Affaires étrangères de l’Inde (The India Way), publié juste avant la guerre, qui voit la faiblesse américaine , qui sait que l’affrontement entre la Chine et les États-Unis ne fera pas de vainqueur mais va donner de l’espace à un pays comme l’Inde, et à bien d’autres. J’ajoute: mais pas aux Européens. Partout on voit l’affaiblissement des États-Unis, mais pas en Europe et au Japon parce que l’un des effets de la rétraction du système impérial est que les États-Unis renforcent leur emprise sur leurs protectorats initiaux.

Si on lit Brzeziński (Le Grand Échiquier), on voit que l’empire américain s’est constitué à la fin de la deuxième Guerre mondiale par la conquête de l’Allemagne et du Japon, qui sont toujours aujourd’hui des protectorats. À mesure que le système américain se rétracte, il pèse de plus en plus lourdement sur les élites locales des protectorats (et j’inclus ici l’ensemble de l’Europe). Les premiers à perdre toute autonomie nationale, seront (ou sont déjà) les Anglais et les Australiens. Internet a produit dans l’anglosphère une interaction humaine avec les États-Unis d’une telle intensité que leurs élites universitaires, médiatiques et artistiques sont pour ainsi dire annexées. Sur le continent européen nous sommes un peu protégés par nos langues nationales, mais la chute de notre autonomie est considérable, et rapide. Souvenons-nous de la guerre d’Irak, lorsque Chirac, Schröder et Poutine faisaient des conférences de presse communes contre la guerre

Beaucoup d’observateurs soulignent que la Russie a le PIB de l’Espagne, ne surestimez-vous pas sa puissance économique et sa capacité de résistance?

La guerre devient un test de l’économie politique, elle est le grand révélateur. Le PIB de la Russie et de la Biélorussie représente 3,3% du PIB occidental (États-Unis, anglosphère, Europe, Japon, Corée du Sud), pratiquement rien. On peut se demander comment ce PIB insignifiant peut faire face et continuer à produire des missiles. La raison en est que le PIB est une mesure fictive de la production. Si on retire du PIB américain la moitié de ses dépenses de santé surfacturées, puis la «richesse produite» par l’activité de ses avocats, par les prisons les mieux remplies du monde, puis par toute une économie de services mal définis incluant la «production» de ses 15 à 20.000 économistes au salaire moyen de 120 000 dollars, on se rend compte qu’une part importante de ce PIB est de la vapeur d’eau. La guerre nous ramène à l’économie réelle, elle permet de comprendre ce qu’est la véritable richesse des nations, la capacité de production, et donc la capacité de guerre. Si on revient à des variables matérielles, on voit l’économie russe. En 2014, nous mettons en place les premières sanctions importantes contre la Russie, mais elle augmente alors sa production de blé, qui passe de 40 à 90 millions de tonnes en 2020. Alors que, grâce au néo-libéralisme, la production américaine de blé, entre 1980 et 2020, est passée de 80 à 40 millions de tonnes. La Russie est aussi devenue le premier exportateur de centrales nucléaires. En 2007, les Américains expliquaient que leur adversaire stratégique était dans un tel état de déliquescence nucléaire que bientôt les États-Unis auraient une capacité de première frappe sur une Russie qui ne pourrait répondre. Aujourd’hui, les Russes sont en supériorité nucléaire avec leurs missiles hypersoniques.

La Russie a donc une véritable capacité d’adaptation. Quand on veut se moquer des économies centralisées, on souligne leur rigidité, et quand on fait l’apologie du capitalisme, on vante sa flexibilité. On a raison. Pour qu’une économie soit flexible, il faut bien sûr le marché, des mécanismes financiers et monétaires. Mais il faut d’abord une population active qui sache faire des choses. Les États-Unis sont maintenant plus de deux fois plus peuplés que la Russie (2,2 fois dans les tranches d’âges étudiantes). Reste qu’avec des proportions par cohortes comparables de jeunes faisant des études supérieures, aux États-Unis, 7% font des études d’ingénieur, alors qu’en Russie c’est 25%. Ce qui veut dire qu’avec 2,2 fois moins de personnes qui étudient, les Russes forment 30% de plus d’ingénieurs. Les États-Unis bouchent le trou avec des étudiants étrangers, mais qui sont principalement Indiens et plus encore Chinois. Cette ressource de substitution n’est pas sûre et diminue déjà. C’est le dilemme fondamental de l’économie américaine: elle ne peut faire face à la concurrence chinoise qu’en important de la main-d’œuvre qualifiée chinoise. Je propose ici le concept d’équilibrisme économique. L’économie russe, quant à elle, a accepté les règles de fonctionnement du marché (c’est même une obsession de Poutine de les préserver), mais avec un très grand rôle de l’État, mais elle tient aussi sa flexibilité des formations d’ingénieurs qui permettent les adaptations, industrielles et militaires.

Beaucoup d’observateurs pensent, au contraire, que Vladimir Poutine a profité de la rente des matières premières sans avoir su développer son économie…

Si c’était le cas, cette guerre n’aurait pas eu lieu. L’une des choses marquantes dans ce conflit, et qui le rend si incertain, c’est qu’il pose (comme toute guerre moderne), la question de l’équilibre entre technologies avancées et production de masse. Il ne fait aucun doute que les États-Unis disposent de certaines des technologies militaires les plus avancées, et qui ont parfois été décisives pour les succès militaires ukrainiens. Mais quand on entre dans la durée, dans une guerre d’attrition, pas seulement du côté des ressources humaines mais aussi matérielles, la capacité à continuer dépend de l’industrie de production d’armes moins haut de gamme. Et nous retrouvons, revenant par la fenêtre, la question de la globalisation et le problème fondamental des Occidentaux: nous avons délocalisé une telle proportion de nos activités industrielles que nous ne savons pas si notre production de guerre peut suivre. Le problème est admis. CNN, le New York Times et le Pentagone se demandent si l’Amérique arrivera à relancer les chaînes de production de tel ou tel type de missile. Mais on ne sait pas non plus si les Russes sont capables de suivre le rythme d’un tel conflit. L’issue et la solution de la guerre dépendront de la capacité des deux systèmes à produire des armements.

Selon vous cette guerre est non seulement militaire et économique, mais aussi idéologique et culturelle…

Je m’exprime ici surtout en tant qu’anthropologue. Il y a eu en Russie des structures familiales plus denses, communautaires, dont certaines valeurs ont survécu. Il y a un sentiment patriotique russe qui est quelque chose dont on n’a pas idée ici, nourri par le subconscient d’une nation famille. La Russie avait une organisation familiale patrilinéaire, c’est-à-dire dans laquelle les hommes sont centraux et elle ne peut adhérer à toutes les innovations occidentales néoféministes, LGBT, transgenres… Quand nous voyons la Douma russe voter une législation encore plus répressive sur «la propagande LGBT», nous nous sentons supérieurs. Je peux ressentir ça en tant qu’Occidental ordinaire. Mais d’un point de vue géopolitique, si nous pensons en termes de soft-power, c’est une erreur. Sur 75% de la planète, l’organisation de parenté était patrilinéaire et l’on peut y sentir une forte compréhension des attitudes russes. Pour le non-Occident collectif , la Russie affirme un conservatisme moral rassurant. L’Amérique latine cependant est ici du côté occidental.

Quand on fait de la géopolitique, on s’intéresse à de multiples domaines: les rapports de force énergétiques, militaires, la production d’armes (qui renvoie aux rapports de force industriels). Mais il y a aussi le rapport de force idéologique et culturel, ce que les Américains appellent le «soft power». L’URSS avait une certaine forme de soft power, le communisme, qui influençait une partie de l’Italie, les Chinois, les Vietnamiens, les Serbes, les ouvriers français… Mais le communisme faisait au fond horreur à l’ensemble du monde musulman par son athéisme et n’inspirait rien de particulier à l’Inde, hors du Bengale-Occidental et du Kerala. Or, aujourd’hui, la Russie telle qu’elle s’est repositionnée comme archétype de la grande puissance, non seulement anticolonialiste, mais aussi patrilinéaire et conservatrice des mœurs traditionnelles, peut séduire beaucoup plus loin. Les Américains se sentent aujourd’hui trahis par l’Arabie saoudite qui refuse d’augmenter sa production de pétrole, malgré la crise énergétique due à la guerre, et prend de fait le parti des Russes: pour une part, bien sûr, par intérêt pétrolier. Mais il est évident que la Russie de Poutine, devenu moralement conservatrice, est devenue sympathique aux Saoudiens dont je suis sûr qu’ils ont un peu de mal avec les débats américains sur l’accès des femmes transgenres (définies comme mâles à la conception) aux toilettes pour dames.

Les journaux occidentaux sont tragiquement amusants, ils ne cessent de dire: «La Russie est isolée, la Russie est isolée». Mais quand on regarde les votes des Nations unies, on constate que 75% du monde ne suit pas l’Occident, qui paraît alors tout petit. Si l’on est anthropologue, on peut expliquer la carte, d’une part des pays classés comme ayant un bon niveau de démocratie par The Economist (à savoir l’anglosphère, l’Europe…) , d’autre part des pays autoritaires, qui s’étalent de l’Afrique jusqu’à la Chine en traversant le monde arabe et la Russie. Pour un anthropologue, c’est une carte banale. Sur la périphérie «occidentale» on trouve les pays de structure familiale nucléaire avec des systèmes de parenté bilatéraux, c’est-à-dire où les parentés masculines et féminines sont équivalentes dans la définition du statut social de l’enfant. Et au centre, avec le gros de la masse afro-euro-asiatique, on trouve les organisations familiales communautaires et patrilinéaires. On voit alors que ce conflit, décrit par nos médias comme un conflit de valeurs politiques, est à un niveau plus profond un conflit de valeurs anthropologiques. C’est cette inconscience et cette profondeur qui rendent la confrontation dangereuse. Source : blogs de Mediapart

Note de votre serviteur. Au Japon on trouve tous les ouvrages d’Emmanuel Todd en français et une grande partie d’entre eux traduits en japonais. Cet anthropologue dont j’ai lu beaucoup d’oeuvres dont en particulier “Origine des Systèmes Familiaux”, une étude absolument incontournable, que l’ai même lu deux fois car la première lecture ne permet pas de saisir dans leur profondeur certains arguments, est probablement, du moins selon moi, le plus grand anthropologue français présent. Todd est dénigré par les intellectuels progressistes car ses idées et ses analyses ne correspondent pas à leur idéologie globaliste. Et puisque j’ai utilisé ce néologisme j’ai l’occasion d’exposer mon opinion au sujet du globalisme. Cette idéologie n’est pas adaptée à la nature humaine qui est au contraire fondamentalement individualiste. Le globalisme a conduit au marxisme-léninisme tel que l’a enduré le peuple russe pendant 70 ans. La nature profonde de l’Homo sapiens sapiens n’a pas fondamentalement évolué depuis 100000 ans, il réagit souvent avec son cerveau “reptilien” et se recroqueville dans une cellule familiale aujourd’hui restreinte dans le monde moderne alors que la vraie structure ancestrale de la cellule familiale avait pris la forme de cellules étendues englobant plusieurs générations comme cela a été très bien décrit dans l’ouvrage de Todd que j’ai cité plus haut.

Géopolitique. L’année 2023 pourrait devenir “radioactive”

Il faut se rendre à l’évidence : tous les dirigeants européens ont enfoui leur tête dans le sable et nient le danger qui menace le monde entier et en particulier l’Europe occidentale. Ces politiciens ne sont tout de même pas totalement stupides ou alors les électeurs ont été abusés par leur intelligence de théâtre consistant à faire en sorte d’être réélus. L’exemple le plus significatif qui a concerné les Français récemment est l’élection présidentielle. Alors que les observateurs avisés et les services de renseignement savaient que la situation ukrainienne ne pouvait que dégénérer, inutile de rappeler les velléités génocidaires du gouvernement ukrainien à l’égard des population russophones, tous savaient et pourtant au cours de cette campagne électorale le sujet concernait des affaires domestiques médiocrement intéressantes. Personne n’a abordé le sujet qui concerne le monde entier, c’est-à-dire un conflit en Ukraine en gestation soigneusement préparé par les vassaux européens otaniens de Washington jusqu’à son explosion. Personne n’a abordé le danger qui se profilait : un conflit généralisé entre les USA et leurs vassaux européens et tous les autres pays et non des moindres puisqu’il s’agira de la Chine, de la Russie, de l’Iran et d’une multitude d’autres pays qui ne supportent plus l’hégémonie de Washington et du dollar US sur le monde.

Aujourd’hui la situation en Ukraine peut dégénérer à tout instant et autant les Allemands que les Français le savaient puisqu’ils n’ont pas fait leur devoir d’éviter le conflit actuel en activant les accords de Minsk-2. Tout au contraire ils ont préparé cette guerre qui s’aggravera et se mondialisera quand les Britanniques et les Américains enverront des bataillons sur le théâtre du conflit. Le conflit actuel entre l’OTAN et la Russie par matériel, capitaux et mercenaires interposés deviendra ouvert et ce conflit se généralisera en quelques jours, il ne faut plus rêver. Les motivations des Américains suivis par les Anglais sont de deux ordres. Le peuple russe est constitué d’ethnies diverses mais le “russe blanc” de l’ouest du pays est un slave pratiquant une religion considérée comme déviante, le christianisme orthodoxe : des sous-hommes qui ne sont pas protestants ni anglo-saxons … il ne faut pas chercher plus loin les origines du mépris que manifestent les Anglais et les Américains pour les Russes. L’autre motivation des Américains est de maintenir leur suprématie assise sur le monde depuis la fin de la seconde guerre mondiale et pour atteindre ce but il y a deux paramètres à maîtriser : la monnaie et les ressources naturelles. Or la Russie est le pays du monde dont le sous-sol est le plus riche, c’est incontestable. Et depuis que les habitants de la Crimée ont décidé de leur rattachement à la Fédération de Russie à la suite d’une consultation populaire, exactement ce qu’avait organisé la France aux Comores, l’une des îles ayant choisi de rester française, la Russie a été punie par des mesures financières. Qu’à cela ne tienne ces sous-hommes slaves se sont organisés pour s’affranchir des contraintes monétaires liées à l’utilisation du dollar universellement sur les marchés. Sentant le vent venir les Chinois, entre parenthèses également considérés comme des sous-hommes par les Anglo-saxons, ont fait de même et se sont rapproché de la Russie.

N’y a-t-il pas là assez de motifs pour faire nerveux l’Oncle Sam ? Par conséquent une guerre étendue est devenue inévitable et ce sont les anglo-saxons qui seront les grands perdants. L’Europe otanienne n’est déjà plus que l’ombre d’elle-même. Et quand on sait que les grandes villes européennes se trouvent à moins d’une heure de portée des missiles hyper-soniques russes chargés d’ogives nucléaires toutes au moins dix fois plus puissantes que celle larguée sur Hiroshima les Européens devraient, dans un ultime sursaut de sagesse entamer des négociations avec la Russie plutôt que de livrer massivement des armes et des subsides au régime le plus corrompu du monde. Mais la corruption faisant aussi partie du style de vie des anglo-saxons dans ces conditions ils pensent que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Les suisses ont déjà prévu un tel conflit nucléaire et ils remettent en état et réapprovisionnent leurs abris anti-nucléaires. À ce propos je me souviens être allé rendre visite à des amis rencontrés au Vanuatu à Veysonnaz dans le Valais. Leur maison disposait d’un abri anti-nucléaire comme beaucoup d’habitations individuelles en Suisse. Personne ne connait la parade à ces nouvelles armes. Et les destructions potentielles sont inimaginables : Londres, Paris, Berlin et Bruxelles seront les premières cibles !

Si n’importe quel politiciens européen censé et non aveuglé par l’idéologie raciste et mercantile des anglo-saxons prenait conscience du danger il déciderait immédiatement pour la survie de son peuple de négocier avec le Kremlin qui en intervenant manu militari en Ukraine n’a fait que protéger ses frères russophones persécutés et bombardés depuis les évènements de Maidan. Pourquoi Kouchner et BHL, les deux apôtres de l’intervention humanitaire, n’ont-ils jamais réagi à cet état de fait dans le Donbass ? Trente mille morts depuis Maidan ne leur suffisait pas … parce que les Russes, comme je l’ai écrit plus haut, sont des slaves (“slave” en anglais veut dire esclave), donc des sous-hommes. C’est bien triste et je suis beaucoup plus pessimiste qu’Alastair Crooke dans son éditorial du 13 janvier mis en ligne sur le site Strategic Culture (https://strategic-culture.org/news/2023/01/13/the-2023-war-setting-the-theatre/ )

Pourquoi les prix de l’énergie ont augmenté en Europe, en France et dans le monde ?

Ce billet est un ensemble de réflexions. Il peut paraître un peu décousu mais le fil directeur reste l’énergie … Ce ne sont pas les évènements d’Ukraine qui sont la cause de l’augmentation internationale du prix de l’énergie contrairement à ce que les médias « main-stream » que d’aucuns traduisent maintenant par « de grand chemin ». Il faut analyser le paysage énergétique des principaux consommateurs de cette énergie depuis l’Amérique du Nord à l’Asie en passant par l’Europe. Depuis l’instauration des critères dits ESG aux alentours de l’année 2010 (https://en.wikipedia.org/wiki/Environmental,_social,_and_corporate_governance ) les grandes compagnies pétrolières et gazières occidentales ont vu les investissements de recherche de nouveaux gisements de pétrole et de gaz réduits de 340 milliards de dollars. Seuls Rosnef et Gasprom qui opèrent exclusivement sur le territoire de la Fédération de Russie ont continué à investir dans la recherche de nouveaux gisements avec des succès majeurs comme dans la Mer d’Okhotsk située entre l’île de Sakhalin au nord d’Hokkaido et la péninsule du Kamchatka. Toutes les explorations et les mises en exploitation des gisements identifiés précédemment ailleurs dans le monde ont été arrêtées. Par conséquent l’offre a diminué en regard de la demande et le jeu naturel de la fixation des prix par le marché a eu son effet.

Aux Etats-Unis lors de la première moitié du mandat Biden l’oléoduc XXL supposé acheminer le pétrole extrait des schistes bitumeux de l’Alberta au Canada a été arrêté et les exploitants de gaz de schiste de roche mère n’a pas été encouragé. L’oléoduc XXL supposé alimenter les raffineries du Texas spécialisées dans le traitement des pétroles lourds type vénézuélien n’est toujours pas d’actualité, l’industrie pétrolière iranienne est toujours soumises aux sanctions américaines, les gisements prometteurs situés au large de la province du Cap en Afrique du Sud ne sont toujours pas en exploitation ainsi que ceux découverts au nord du Brésil et de la Guyane française. Tous conjugués ces éléments ont conduit à une forte augmentation des prix du gaz et des produits pétroliers raffinés. Dès le débuts des évènements d’Ukraine les USA ont retourné leur veste car il y avait de gros profits à réaliser en vendant du gaz de schiste (liquéfié) à l’Europe occidentale. Il ne faut pas être dupe, le sabotage des gazoducs NordStream 1 et 2 a été prémédité pour que les Etats-Unis vendent leur gaz de schiste aux Européens de même qu’ils ne veulent pas entendre parler du gaz iranien.

En ce qui concerne l’énergie nucléaire on peut dire que la situation est identique. Les seuls pays continuant à investir dans cette énergie sont la Chine et la Russie et quelques autres pays dont l’Inde qui construit des unités de production importées de Russie ou de Chine. La Chine développe des SMR haute température très prometteurs et la Russie continue à développer la filière à neutrons rapide que l’Europe malheureusement abandonné lors de la fermeture de l’usine NERSA de Creys-Malville. Les Allemands, sous la pression constante des écologistes (ceux-là mêmes qui ont obtenu la fermeture de l’usine de Fessenheim) ont été contraints de fermer l’ensemble de leur parc nucléaire pour des raisons strictement idéologiques. Dans le même contexte de pression de la part de ces écologistes, les gouvernements successifs français ont lancé dans l’air, sans réfléchir un instant, que le « mix » énergétique français ne devrait comprendre que 50 % de nucléaire, une décision sans aucune espèce de fondement ni économique ni technique. La France, subissant la pression des Allemands, a baissé les bras et s’est conformée au marché spot du kWh dont les modalités ont été mises en place par Berlin et que la France a appliqué servilement (voir à la fin de ce billet à propos des lois NOME et ARENH). En un mot l’unique producteur français (EDF) doit vendre ses kWh à un prix décidé par le gouvernement français aux détaillants qui revendent ces électrons au prix du marché spot déterminé la veille par le fixing sur le prix du dernier kWh produit, dans la plupart des situations par des turbines à gaz. De facto ce prix est indexé sur le prix du gaz.

L’inscription de l’énergie nucléaire dans la nomenclature européenne en tant qu’énergie renouvelable laisse un espoir encore ténu que les investisseurs s’intéresseront à nouveau à cette forme de production d’énergie. Les petits réacteurs modulaires pourraient attirer des capitaux. Mais il reste le combustible le plus utilisé dans le monde pour produire de l’électricité et il s’agit du charbon dont les réserves mondiales prouvées et économiquement exploitables seront en mesure de satisfaire une demande au rythme actuel pendant encore au moins un siècle, d’ailleurs personne n’entend parler d’un « pic de charbon » contrairement au pétrole dont l’avènement est repoussé tous les dix ans. Les investissements se tarissant ce « peak oil » pourrait cependant devenir plus proche.

En résumé le prix de l’énergie ne cessera d’augmenter dans les années à venir malgré le retour sur les marchés de l’Iran et du Vénézuela prévu lorsque le gaz de schiste américain s’épuisera, une éventualité proche dans le temps qu’il faut garder en mémoire. Et au milieu de tout cela les énergies vertes ou dites renouvelables n’ont aucune place économique à laquelle se fier. D’ailleurs le volume des investissements dits ESG ne cessent de décroître, ce qui est un signe de prise de conscience réaliste des investisseurs.

Mais il y a un point qu’il faut aborder ici et qui concerne tous les Français, les entreprises petites et grandes et les particuliers. Un petit historique de la mise en place du marché libre de l’électricité dans l’Union européenne s’impose. En 2011, afin de « libéraliser » le marché de l’électricité la France suit servilement les directives européennes de mise en place du marché de l’électricité et, ce n’est pas une coïncidence, la mise en place de la loi NOME et de la loi ARENHsont adoptées presque à la date du grand tsunami qui ravagea le Japon dont la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi. S’il faut insister sur le cas de la France c’est tout simplement parce l’Etat français est le plus « nucléarisé » du monde et que l’opérateur est une entreprise d’Etat, ce qui déplait aux néo-libéraux et aux écologistes de l’intelligentsia européenne.

La loi NOME adoptée le 7 décembre 2010 ( https://www.cre.fr/Pages-annexes/Glossaire/LOI-NOME ) stipule que le marché de l’électricité

doit être ouvert aux opérateurs privés selon les directives européennes de libéralisation totale de tous les marchés. La Commission Champsaur a oublié de comprendre que l’électricité n’est pas une denrée comme les autres parce que les électrons ne peuvent pas être stockés comme par exemple de la laine ou du sucre. Le producteur d’électricité en l’occurence EDF pour la France doit en temps réel adapter la production à la consommation. Cette loi NOME adoptée sous l’administration Sarkozy sur ordre de l’Allemagne n’a donc pas pris en compte cet élément pourtant central. Elle a été suivie de la loi ARENH dont le décret d’application date du 28 avril 2011 ( https://www.cre.fr/Pages-annexes/Glossaire/arenh ) et elle régule le tarif de l’électricité produite spécifiquement par le producteur « historique » français, c’est-à-dire l’électricité d’origine nucléaire associée à l’énergie hydraulique. Il n’est pas difficile de comprendre la forte connotation idéologique de cette loi sous la pression des écologistes allemands. En deux mots il faut fragiliser EDF pour finalement démanteler le parc nucléaire français et la France s’est mise à genoux devant l’Allemagne pour défavoriser EDF en vue de ce démantèlement alors que l’Allemagne venait de décider de l’abandon de son énergie nucléaire après le grand tsunami du 11 mars 2011.

Si on ne prend pas de pincettes pour le dire Sarkozy, puis Hollande qui a laissé faire, sont deux traitres à la nation française. Le président actuel est également un traitre puisque depuis que les vannes approvisionnant l’Europe et en particulier l’Allemagne en gaz russe à bon marché ont été fermées et les gazoducs sous-marins sabotés sur ordre des USA il n’a rien fait pour sauver l’économie française massacrée par des tarifs électriques déments qui ne font qu’enrichir des parasites financiers qui ni ne produisent ni ne transporte les électrons. Pour faire court, les Français doivent payer et c’est leur punition de ne pas avoir suivi l’Allemagne en ne dénucléarisant pas le pays. On vit dans un monde totalement surréaliste créé de toutes pièces par des politiciens corrompus qui ne pensent qu’à leur intérêt personnel et à celui des financiers et se courbent devant le plus fort : pour les Français ce sont les Allemands qui dirigent et pour les Européens ce sont les Américains qui dirigent. Fin de l’histoire. Pour se faire une idée de la crise énergétique actuelle voici une vidéo intéressante : https://insolentiae.com/tv-finance-la-france-a-perdu-sa-souverainete-energetique/

Deux enfants de putes !

Depuis que j’ai laissé sur ce blog un article intitulé “Fils de pute …” en octobre 2016 je me sens libre de relater mes impressions sur la géopolitique actuellehttps://jacqueshenry.wordpress.com/2016/10/03/fils-de-pute/ en des termes crus. En ce début d’année qui n’augure vraiment rien de bon je voudrais établir un parallèle entre le prix Nobel de la paix Obama et le couple d’enfants de pute que sont Merkel et Hollande. Consécutivement Merkel et Hollande ont déclaré qu’ils n’avaient jamais soutenu les accords ni de Minsk-1 ni de Minsk-2 dont ils étaient garants avec le président russe et le Conseil de sécurité des Nations-Unies. La raison de leur mépris pour ces accords était claire : laisser à l’Ukraine le temps de s’armer et de s’organiser pour parer à l’évidence d’une invasion de la Russie dont le but était défendre, protéger et libérer les populations civiles russophones de l’est et du sud de l’Ukraine soumises à des bombardements incessants et des séries de décisions vexatoires mises en place par le gouvernement de Kiev depuis le coup d’Etat de Maïdan fomenté par la CIA et Victoria Nulland. Les estimations font état de 15000 à 30000 morts civils dans le Donbass depuis les évènements de Maïdan. Le choix de la population de la péninsule de Crimée d’être rattachée à la Fédération de Russie à la suite d’un référendum démocratique a conforté le gouvernement ukrainien à intensifier ses efforts de fortification du “front” défini comme la frontière ethnique entre les ukrainophones et les russophones.

Le Président de la Fédération de Russie espérait que ces accords de Minsk éviteraient un conflit qui, à ses yeux, allait devenir inévitable si la situation des populations du Donbass continuait à empirer. Merkel et Hollande trainèrent les pieds pour faire respecter par Kiev ces accords de Minsk comme ils l’ont déclaré tout récemment. Ces deux fauteurs de guerre, sous les ordres de Washington et de son bras armé l’OTAN, sont donc restés lamentablement inactifs. Ce sont eux les responsables du conflit actuel qui se terminera sans aucun doute par une destruction de l’Ukraine et sa partition en diverses entités comprenant la partie très majoritairement russophone du Donbass jusqu’à Odessa, une rétrocession des territoires anciennement parties intégrantes de la Hongrie à la fin de la première guerre mondiale, de des territoires la Pologne à la suite du redécoupage des frontières à l’époque de Staline et de la Roumanie dépossédée de la Moldavie devenue une république soviétique à l’issue de la seconde guerre mondiale également selon la volonté de Staline. Ces trois pays ont affirmé leurs revendications territoriales car les frontières actuelles sont pour le moins artificielles.

Durant l’occupation allemande la grande moitié sud-ouest de l’Ukraine fut nazifiée et il en reste aujourd’hui un noyau dur de nationalistes qui ne cachent pas leur sympathie pour l’ancien régime nazi, les bandéristes du nom de leur chef et inspirateur Stepan Bandera, l’un des pires criminels de guerre du vingtième siècle, dont l’idéologie criminelle a été reprise par les bataillons Azov par exemple qui se sont fait un plaisir de massacrer de sang froid les civils innocents du Donbass.

Ceci étant écrit l’objectif présent du Président de la Fédération de Russie est d’affaiblir le potentiel humain de l’armée ukrainienne et de détruire systématiquement les équipements militaires qui ont été fournis par l’Occident pour alimenter ce conflit dans le but d’affaiblir la Russie. On assiste aujourd’hui à une aide militaire massive de la Chine, de l’Iran et même de la Corée du Nord apportée à la Russie pour renforcer son potentiel destructeur afin de mettre un terme à ce conflit. La guerre d’usure mise en place par Moscou avec l’appui des Républiques du Donbass consiste à réduire le potentiel humain de l’armée ukrainienne. On parle de près de 1000 combattants mis hors d’état chaque jour tués et blessés, près des “chaudrons” fortifiés situés à l’ouest de Donetsk, dans les localités d’Artemiosk et Soledar. Le nombre de combattants qui seront pris au piège dans ces chaudrons dont l’encerclement est en bonne voie est estimé à plus de 70000 ! Lorsque ces “citadelles” fortifiées imbriquées dans le paysage urbain seront tombées alors les bombardements qui ont débuté en 2015 sur la ville de Donetsk cesseront et les civils pourront reprendre une vie normale.

Depuis que j’ai laissé sur ce blog un article intitulé “Fils de pute …” en octobre 2016 je me sens libre de relater mes impressions sur la géopolitique actuellehttps://jacqueshenry.wordpress.com/2016/10/03/fils-de-pute/ en des termes crus. En ce début d’année qui n’augure vraiment rien de bon je voudrais établir un parallèle entre le prix Nobel de la paix Obama et le couple d’enfants de pute que sont Merkel et Hollande. Consécutivement Merkel et Hollande ont déclaré qu’ils n’avaient jamais soutenu les accords ni de Minsk-1 ni de Minsk-2 dont ils étaient garants avec le président russe et le Conseil de sécurité des Nations-Unies. La raison de leur mépris pour ces accords était claire : laisser à l’Ukraine le temps de s’armer et de s’organiser pour parer à l’évidence d’une invasion de la Russie dont le but était défendre, protéger et libérer les populations civiles russophones de l’est et du sud de l’Ukraine soumises à des bombardements incessants et des séries de décisions vexatoires mises en place par le gouvernement de Kiev depuis le coup d’Etat de Maïdan fomenté par la CIA et Victoria Nulland. Les estimations font état de 15000 à 30000 morts civils dans le Donbass depuis les évènements de Maïdan. Le choix de la population de la péninsule de Crimée d’être rattachée à la Fédération de Russie à la suite d’un référendum démocratique a conforté le gouvernement ukrainien à intensifier ses efforts de fortification du “front” défini comme la frontière ethnique entre les ukrainophones et les russophones.

Le Président de la Fédération de Russie espérait que ces accords de Minsk éviteraient un conflit qui, à ses yeux, allait devenir inévitable si la situation des populations du Donbass continuait à empirer. Merkel et Hollande trainèrent les pieds pour faire respecter par Kiev ces accords de Minsk comme ils l’ont déclaré tout récemment. Ces deux fauteurs de guerre, sous les ordres de Washington et de son bras armé l’OTAN, sont donc restés lamentablement inactifs. Ce sont eux les responsables du conflit actuel qui se terminera sans aucun doute par une destruction de l’Ukraine et sa partition en diverses entités comprenant la partie très majoritairement russophone du Donbass jusqu’à Odessa, une rétrocession des territoires anciennement parties intégrantes de la Hongrie à la fin de la première guerre mondiale, de des territoires la Pologne à la suite du redécoupage des frontières à l’époque de Staline et de la Roumanie dépossédée de la Moldavie devenue une république soviétique à l’issue de la seconde guerre mondiale également selon la volonté de Staline. Ces trois pays ont affirmé leurs revendications territoriales car les frontières actuelles sont pour le moins artificielles.

Durant l’occupation allemande la grande moitié sud-ouest de l’Ukraine fut nazifiée et il en reste aujourd’hui un noyau dur de nationalistes qui ne cachent pas leur sympathie pour l’ancien régime nazi, les bandéristes du nom de leur chef et inspirateur Stepan Bandera, l’un des pires criminels de guerre du vingtième siècle, dont l’idéologie criminelle a été reprise par les bataillons Azov par exemple qui se sont fait un plaisir de massacrer de sang froid les civils innocents du Donbass.

Ceci étant écrit l’objectif présent du Président de la Fédération de Russie est d’affaiblir le potentiel humain de l’armée ukrainienne et de détruire systématiquement les équipements militaires qui ont été fournis par l’Occident pour alimenter ce conflit dans le but d’affaiblir la Russie. On assiste aujourd’hui à une aide militaire massive de la Chine, de l’Iran et même de la Corée du Nord apportée à la Russie pour renforcer son potentiel destructeur afin de mettre un terme à ce conflit. La guerre d’usure mise en place par Moscou avec l’appui des Républiques du Donbass consiste à réduire le potentiel humain de l’armée ukrainienne. On parle de près de 1000 combattants mis hors d’état chaque jour tués et blessés, près des “chaudrons” fortifiés situés à l’ouest de Donetsk, dans les localités d’Artemiosk et Soledar. Le nombre de combattants qui seront pris au piège dans ces chaudrons dont l’encerclement est en bonne voie est estimé à plus de 70000 ! Lorsque ces “citadelles” fortifiées imbriquées dans le paysage urbain seront tombées alors les bombardements qui ont débuté en 2015 sur la ville de Donetsk cesseront et les civils pourront reprendre une vie normale.

Géopolitique : les jours de l’Europe sont-ils comptés ?

Plus je lis d’articles de politique ou regarde des reportages teintés de parti-pris, plus je finis par être convaincu que l’Allemagne n’est qu’une colonie asservie par les Etats-Unis. Certes les entreprises allemandes sont comblées en vendant leurs mercedes, audi et autres porsche par pleins bateaux sur le marché américain mais ils ont en contre-partie accepté qu’un arsenal nucléaire américain soit installé sur leur sol. Les Allemands ont levé le voile quand l’ex-chancelière a affirmé qu’elle n’avait pas soutenu les accords de Minsk pour que l’Ukraine se prépare à la guerre inévitable, à ses yeux mais surtout aux yeux de l’organisation militaire américaine qui domine l’Europe. Merkel savait-elle aussi que le gazoduc Nord-Stream-2 ne serait jamais fonctionnel ? La réponse est certainement positive, auquel cas l’ex-chancelière est une traitre à l’Etat allemand et à toutes les entreprises allemande, néerlandaise, française et russe qui ont cofinancé le projet. Sauf qu’elle a agi selon le bon vouloir de Washington ! Dans ces conditions ce n’est pas à la Russie qu’il faudrait faire le moindre reproche mais à l’Allemagne si les Européens doivent acheter leur gaz aux USA quatre à cinq fois plus cher que ce que propose la Russie à la Chine par gazoduc ou même liquéfié. Je ne mentionnerai même pas le double jeu théâtral du président français dont la crédibilité sur le plan international est proche de zéro. Quand il a invité Poutine à Brégançon c’était une mise en scène honteuse …

Asservis par la Maison-Blanche et son bras armé l’OTAN, les membres de l’Union européenne n’ont plus aucun pouvoir et agissent en fonction des désirs des néo-conservateurs américains. Pour la France il suffit de constater le désir du Président français de supprimer le corps diplomatique du pays et dans son petit cerveau d’adolescent pervers narcissique retardé cette décision lui paraît normale car la politique étrangère française suit celle du secrétaire d’Etat américain relayée par le secrétaire général de l’OTAN. Pour Washington l’Europe n’est qu’un champ de bataille au même titre que l’Afghanistan ou l’Irak afin de favoriser le fonctionnement du secteur de l’industrie américaine de l’armement. Pour les USA il n’y a pas de problème puisque la dette stratosphérique de l’Etat américain est payée par tous les autres pays sous forme de T-bonds, des bouts de papier sans valeur. J’aimerais connaître l’opinion des dirigeants des banques centrales chinoise et japonaise à ce sujet. La Chine a trouvé la parade car elle finance ses investissements en Afrique, par exemple, avec des T-bonds US. C’est un moyen élégant de s’en débarrasser à bon compte.

Pourquoi alors les américains sont-ils toujours aussi belliqueux ? Tout simplement parce que l’ »American Way of Life » n’est qu’un très lointain souvenir qui ne séduit plus personne et parce que les Américains sont des impérialistes viscéraux. Demandez à des habitants de n’importe quel pays d’Afrique ce qu’ils pensent de cet « American Way of Life » : le racisme anti-afro-américain qui sévit toujours aux USA ne s’est jamais bien vendu en Afrique, le racisme anti-latino non plus comme en Amérique du Sud. Alors seule la force reste persuasive. Et l’attitude américaine peut se résumer ainsi : « si vous ne faites pas comme nous le voulons alors vous êtes un ennemi de l’Amérique ». C’est un raisonnement puéril de nos jours car nous ne sommes plus au dix-huitième siècle au cours duquel n’importe quel différend entre familles royales européennes se réglait par les armes. Il est intéressant de rappeler la guerre de succession d’Espagne conclue après 14 années de conflit par le traité d’Utrecht qui peut être qualifiée de première guerre mondiale puisqu’elle vit le conflit européen s’étendre jusqu’aux Antilles et jusqu’à la Turquie. Ce conflit majeur trop oublié aujourd’hui posa les fondations de l’Europe d’aujourd’hui. Il faut néanmoins noter que ni la Russie ni les Etats-Unis n’y participèrent d’autant plus que les Etats-Unis n’existaient pas en tant que nation à cette époque et que la Russie, à la même époque, était en guerre contre la Suède pour avoir accès à la Mer Baltique. Ni Pierre le Grand ni le roi de Suède n’étaient concernés par la succession au trône d’Espagne.

Les conflits entre familles royales d’antan se sont transformés en conflits entre puissances économiques et ce sont toujours les mêmes, les peuples, qui paient la facture, avec leurs impôts et du fait des destructions immobilières. Les stratèges s’en moquent. À l’issue de la guerre de succession d’Espagne la France était exsangue et le peuple dans la misère et malgré ce petit détail Louis XIV est toujours considéré comme le monarque français le plus remarquable. Lequel des chefs d’Etat actuels restera dans l’Histoire ? Si l’humanité survit par petits groupes à un conflit nucléaire généralisé comment ce début de siècle sera-t-il analysé et jugé ? Il est indéniable que l’Europe occidentale telle qu’elle est aujourd’hui aura disparu et un grand nombre de villes européennes auront été détruites, de même que les grandes villes américaines qui auront subi exactement le même sort. L’apocalypse climatique dont on nous serine l’arrivée prochaine aura été éclipsé dans les quelques mémoires qui resteront dans 20 ou 30 ans.

En ces temps de fêtes de fin d’année dont je me moque personnellement il reste cependant un minuscule espoir au moins pour les classes laborieuses qui sont déjà les premières à souffrir de la situation géopolitique actuelle, les décideurs politiques n’ont pas encore atteint le degré de paranoïa d’un Docteur Strangelove (Stanley Kubrick, 1964) paru peu de temps après la crise de Cuba en 1962 car à moins d’être devenus réellement fous ils savent qu’un conflit nucléarise signe la disparition de 99,9 % de l’humanité. Conformément à l’atmosphère festif de fin d’année je reste donc optimiste mais il est certain que l’Europe telle qu’elle est devenue à ce jour ne sera plus jamais la même lorsque le conflit ukrainien sera achevé.

Si vous voulez tout savoir sur la genèse du conflit ukrainien 

Il vous suffit de regarder ce brillant exposé d’une diplomate russe par le site LivreNoir.

Toujours aux Marquises qu’il me semble de plus en plus improbable de m’en éloigner, je laisse le temps s’écouler avec délectation. Je ne ferai donc aucun commentaire au sujet de cette émission et ceci d’autant plus qu’il n’y a rien à en débattre. Katya Kopylova, diplomate russe :

Nous sommes à une nanoseconde de l’apocalypse nucléaire

Par Paul Craig Roberts. La « méta-stratégie » nucléaire des gouvernements américains a fait le constat que des niveaux de destruction acceptable devront être acceptés au cours d’une guerre nucléaire contre la Russie et/ou la Chine dans la mesure où les Etats-Unis sortiront vainqueurs du conflit. Le plan de la Rand Corporation pour le Pentagone admet qu’il y a encore une fenêtre étroite jusqu’en 2025 et peut-être 2030 (dans 3 à 8 ans) pendant que les USA considèrent qu’ils ont encore la supériorité les rendant capables de gagner une guerre nucléaire qui reste encore hypothétique. Cette hypothèse repose sur le fait que la Chine acceptera sa défaite plutôt que d’utiliser l’arme nucléaire. Un gouvernement sain d’esprit déclencherait-il une guerre sur de telles considérations ?

Il y a deux hypothèses hautement risquées dans les plans de guerre du Pentagone. La première est que les USA dominent les mers et que via des avions et des missiles les infrastructures industrielles et sociales chinoises peuvent être détruites. L’autre hypothèse tout aussi risquée serait que la Russie resterait en dehors du conflit USA-Chine selon le fait qu’il existe une confusion au Kremlin, l’incapacité du gouvernement russe à fournir un espoir de coopération pacifique avec l’Ouest et l’incapacité du Kremlin à admettre que la doctrine néoconservatrice de l’hégémonie américaine sur le monde est tout sauf une fantaisie et certainement pas une doctrine opérationnelle. Il est donc possible que le Kremlin resterait un spectateur d’un conflit USA-Chine.

Le Kremlin est passé à coté de nombreuses opportunités mais il est difficile de croire que Poutine sera assez stupide pour ne pas s’allier avec la Chine et dans ce cas-là les USA rentreront dans l’histoire passée. Pour plus d’informations on peut lire ceci :https://web.archive.org/web/20220429035113/https://journal-neo.org/2021/09/27/us-war-plans-with-china-taking-shape/

Et l’hypothèse du Pentagone qu’en cas de guerre nucléaire afin de conquérir la Chine il n’y aura que des dommages acceptables sur le sol américain dans la mesure où les USA sortiront vainqueurs du conflit. Le Pentagone ne mentionne jamais combien de villes seront détruites et combien de millions d’Américains seront considérés comme un niveau acceptable de destruction. Mais c’est suffisant d’affirmer que le complexe militaro-industriel sera à la hauteur de la tache. La seule chose qui importe pour la doctrine néoconservatrice est l’hégémonie américaine, pas la vie des citoyens américains. Pour les néocons tant que les USA pourront imposer leur pouvoir sur des territoires dévastés où toute vie sera impossible ils auront gagné. Ces néocons sont vraiment des fous et ils contrôlent la politique étrangère américaine et sa politique militaire. Tout ça devrait vous effrayer et vous éveiller mais ce n’est pas le cas. Les jeunes restent les yeux rivés sur leur smart-phone et n’ont aucune idée de la réalité. Il vivent déjà dans un monde virtuel. Les vieux savent qu’ils ont entendu d’une menace nucléaire toute leur vie durant et ils savent que ça n’arrivera pas car il n’y aura aucun vainqueur. Il s’agit d’une compréhension très surréaliste spécialement quand on sert au peuple américain une doctrine qui précise que les USA gagneront cette guerre nucléaire s’ils n’attendent pas 2025 ou pire 2030.

Eric Zuesse stimulé par Berletic a écrit que Washington envisage de conquérir et la Chine et la Russie : https://southfront.org/u-s-game-plan-to-conquer-russia-china-is-clarified/ . La réalité est que la troisième guerre mondiale a commencé en Ukraine, une guerre arrangée par Washington. Il n’y a aucun doute dans mon esprit que l’armée russe est tout à fait capable de détruire l’OTAN en quelques instants. Le problème de la Russie est le Kremlin où règne l’hésitation et la confusion. Le Kremlin est incapable de comprendre le fait que Washington a perdu la raison. En réalité Poutine a agi en pensant que Washington lui permettrait d’opérer une intervention limitée au Donbass pour protéger les Russes. Autant Poutine que Lavrov ont cru que cette opération limitée consistant à nettoyer le Donbass des nazis ukrainiens serait acceptée par Washington.

Comment l’une des plus grandes puissances militaire peut-elle faire une telle erreur ? La seule explication plausible que j’ai pu trouver est le lavage de cerveau des élites intellectuelles russes durant la période Yeltsin qui a rendu ces élites sourdes, muettes et aveugles. On pourrait ajouter stupides. Poutine et Lavrov ont correctement décrit la situation mais ils ne peuvent pas faire grand chose. Il y a beaucoup de palabres mais peu d’actes. Apparemment le Kremlin continuera à vendre du gaz aux pays membres de l’OTAN et ainsi ils pourront continuer leur guerre contre la Russie. Pour paraphraser Alain de Lille au onzième siècle « pas de souveraineté maintenant mais l’argent fait tout ». Cette pensée semble bien s’appliquer à la Russie.

Zuesse, aussi honnête qu’un extrémiste de gauche n’est pas toujours crédible. La gauche américaine est toujours nourrie de mythes au sujet de Reagan et voici l’une des affirmations de Zuesse à ce sujet :

« j’ai bien compris que le plan du gouvernement américain était de tromper l’équipe dirigeante de Gorbachev en lui faisant croire que les USA mettraient fin à la guerre froide lorsque le Pacte de Varsovie serait dissous mais la réalité était toute autre, les Américains planifiaient l’encerclement de la Russie en étendant l’OTAN jusqu’à la frontière russe ».

Tout dépend de qui gouverne à Washington : le Président ou les néocons et le complexe militaro-industriel ? Si le gouvernement est incarné par le Président en tant que représentant du peuple alors à l’évidence l’intention du Président Reagan était de mettre fin à la guerre froide et non pas de la gagner. Il l’a affirmé à de nombreuses reprises. Il mit en place une comité présidentiel top-secret avec autorité sur la CIA afin de se faire une opinion au sujet des affirmations de la CIA qui affirmait que les USA perdraient la course aux armements si celle-ci était un moyen d’amener Gorbatchev à la table de négociation pour terminer la guerre froide et non pour gagner la course aux armements. L’équipe rapprochée de Reagan examina les documents de la CIA et il apparut que cet organisme voulait préserver son budget comme celui du complexe militaro-industriel et celui du complexe de sécurité militaire car si l’administration Reagan mettait fin à la guerre froide il faudrait alors trouver un ennemi. Dans le cas contraire tout cet édifice s’écroulerait.

Ronald Reagan était un outsider pour l’establishment républicain dirigé à l’époque par George H.W. Bush, vice président et ancien directeur de la CIA. Huit années de règne de Reagan suivis par huit ans avec Jack Kemp signifiait alors la fin de l’establishment républicain et des nombreuses ficelles que ce parti tire quotidiennement. Les partis politiques sont plus intéressés par l’argent et le pouvoir que par les intérêts de la nation. Voila ce que fut Reagan et les rares partisans dans son équipe, défier la puissance et le profit dans l’intérêt de la paix mondiale.

Les médias américains, les prostituées de la CIA, attaquèrent l’administration Reagan. Mais ce fut un échec car leur narratif n’étais complètement structuré. James Baker, le bras droit de G.H.W. Bush admit qu’il avait promis à Gorbatchev qu’il n’y aurait pas d’extension de l’OTAN à l’est. Mais il n’y a aucun document signé et l’histoire fut modifiée plus tard par l’administration. Zuesse est passé à coté de la vraie histoire car il succombe à sa propre idéologie et il est incapable de comprendre que Reagan puis Trump étaient des outsiders qui avancèrent l’idée que le système politique pouvait enfin est rendu au contrôle du peuple. Les médias et la gauche américaine ont tout fait pour que cela n’arrive pas. Par conséquent nous sommes aujourd’hui en face d’une guerre nucléaire et ce n’est qu’une question de minutes sauf si Poutine décide de se rendre.

Les Etats-Unis sont beaucoup plus divisés qu’en 1860. Les démocrates considèrent que les blancs sont des racistes et constituent une barrière à la justice sociale en encourageant les mouvements de protection des noirs et toutes les déviances sexuelles. Par les médias et le système éducatif les Américains blancs sont encore plus diabolisés que les juifs durant l’Allemagne nazie. Une fois que les blancs seront devenus une minorité, l’objectif principal des Démocrates, leur sort ressemblera à celui des Français dans Le Camp des Saints. Les Républicains sont inutiles. Leur but ultime est de rendre sa splendeur à l’Amérique ce qui plaide en faveur de l’agenda hégémonique des néoconservateurs. Ce à quoi doit faire face l’Amérique demande une analyse objective des faits mais ces faits ne sont plus politiquement corrects. Ils n’entrent plus dans le cadre du narratif communément accepté et par conséquent ces faits sont faux et rejetés comme désinformation. Durant ma vie j’ai constaté que mon pays sombre dans la dégénérescence, l’ignorance et les forces du mal. La nation dans laquelle je suis né n’existe plus que comme un carte sur une mappemonde.

Commentaire. La Russie est intervenue dans le cadre d’accords d’assistance militaire en Syrie pour aider le président syrien à se débarrasser des Djihadistes soutenus par Washington. D’ailleurs les USA exploitent toujours du pétrole dans l’est de la Syrie de façon totalement illégale avec leur complicité. C’est un scandale que ne dénoncent même plus les médias occidentaux. Quant au Donbass, c’est à l’appel des deux républiques autoproclamées de Lugansk et de Donetsk que la Russie est intervenue militairement pour mettre fin aux bombardements incessants des populations civiles russophones par les ukronazis depuis 2014. Poutine se rendra à la table des négociations lorsque l’opération spéciale aura pris fin. Si les critères de légalité n’ont pas l’air de préoccuper les néoconservateurs américains ces deux interventions, selon le droit international sont tout à fait légales. Je pense que PC Roberts a commis une erreur de jugement, ce qui n’enlève rien à la valeur de ses analyses.