Notre monde de mensonges

Si le discours sur l’inflation dont nous sommes nourris est vrai, la politique de sanctions du gouvernement américain n’a aucun sens car les pires victimes sont les populations américaines et européennes qui paient les restrictions d’approvisionnement par des prix et des taux d’intérêt plus élevés.

Comme la Russie est un exportateur d’énergie et de minéraux, des prix plus élevés se traduisent par une augmentation des recettes d’exportation. Ce sont les Américains et les Européens frappés par les prix élevés qui subissent les sanctions.

Demandez-vous pourquoi, avec les pénuries d’approvisionnement, les chaînes d’approvisionnement perturbées par la politique de verrouillage insensée et la hausse de l’inflation, le gouvernement américain a fait grimper l’inflation en inhibant l’approvisionnement avec des sanctions. La cause de l’inflation actuelle est-elle l’impression d’argent par la Réserve fédérale ou la réduction de l’offre de biens et de services causée par le protocole Covid de Washington et les « sanctions russes » ?

Demandez-vous pourquoi le régime Biden est plus préoccupé par l’État gangster ukrainien que par le taux d’inflation américain et le bien-être des citoyens américains.

Demandez-vous si le prix élevé actuel de l’essence est vraiment le résultat de sanctions empêchant le pétrole d’arriver sur le marché. Autant que je sache, la Russie continue de vendre du pétrole et du gaz naturel. Seuls les petits achats américains de pétrole russe ont cessé. La faible quantité de pétrole en cause ne peut expliquer la hausse des prix. Ce sont très probablement les compagnies pétrolières qui utilisent le récit de la « crise » pour augmenter les prix.

Demandez-vous si une hausse des taux d’intérêt d’un demi-point de pourcentage est suffisante pour provoquer une baisse de 1 000 du Dow Jones. Vraisemblablement, l’argument est qu’un taux d’intérêt plus élevé augmente les coûts et fait baisser les bénéfices, donc le déclin du marché boursier. Mais si des taux d’intérêt plus élevés augmentent les coûts, comment sont-ils anti-inflationnistes ? Très probablement, le marché boursier a chuté parce que la Réserve fédérale a déclaré qu’elle mettait fin à sa politique d’impression de monnaie pour soutenir les cours des actions et des obligations. Au lieu de cela, la Réserve fédérale va vendre des actions et des obligations de son portefeuille de 9 billions de dollars construit en achetant des actions et des obligations pendant plus d’une décennie afin de soutenir les banques de New York et Wall Street. Lorsque l’assouplissement quantitatif a commencé, le portefeuille de la Réserve fédérale était de 800 milliards de dollars. Aujourd’hui, il est 11 fois plus grand. Cette énorme augmentation du portefeuille de la Réserve fédérale explique la longue ascension du Dow Jones et les fortunes faites à Wall Street.

Aucun des récits dont nous sommes nourris n’est vrai. Les récits servent des agendas qui ne sont pas divulgués au public.

C’est une fiction que les « démocraties occidentales » sont autonomes. Comment les gens peuvent-ils s’autogouverner alors qu’ils vivent dans un monde gouverné par de fausses explications au service d’agendas cachés ?

Article de Paul Craig Roberts. Note de votre serviteur. Paul C. Roberts est un vieux renard ayant servi l’administration américaine depuis Ronald Reagan. Il fait toujours des analyses avec un recul admirable et ce billet paru sur son blog il y a quelques jours dit tout, il n’y a rien à ajouter. Remplacez la Réserve fédérale par la Banque Centrale européenne, songez au taux d’inflation en Europe qui flirte aujourd’hui avec les 11 % par an, il ne faut pas se voiler la face, et enfin il ne faut pas ignorer que le taux des obligations à 10 ans est maintenant positif dans tous les pays d’Europe, y compris la Suisse ! La note de la France va être dégradée dans les prochains jours et elle ne pourra plus alors emprunter à très court terme avec des taux négatifs pour rouler sa dette, elle en est là, mais l’Agence France-Trésor ne trouve plus de souscripteurs. Conclusion : bientôt le FMI viendra mettre le nez dans les finances de la France.

Ukraine : le domaine du mensonge et de la réécriture de l’histoire en temps réel

En 2014 Victoria Nulland organisa avec le concours de la CIA les « évènements de Maïdan » dont le seul but était de faire fuir le Président élu pro-russe qui fut contraint de s’exiler en Russie. Son successeur mis en place par les Américains, un dénommé Porochenko qui porte bien son nom, et qui interdit l’enseignement du russe dans les écoles, mit fin au paiement des retraites dans les oblasts russophones, ne rétribua les fonctionnaires locaux que s’ils étaient ukrainophones et ordonna à son armée noyautée par des brigades non officielles ouvertement nazies de commencer à bombarder les villes du Donbass. Peu après ces évènements et ces mesures vexatoires mises en application, les russophones du Donbass et de la péninsule de Crimée organisèrent des « votations » comme on dit en Suisse pour connaître l’opinion populaire. Les habitants de la péninsule de Crimée votèrent massivement pour un rattachement immédiat à la fédération de Russie. La Crimée est hautement stratégique et immédiatement les Occidentaux réagirent en sanctionnant la Russie.

Les habitants du Donbass subirent des bombardements incessants occasionnant la mort de plus de 13000 personnes. On a en Occident tendance à occulter cette partie de l’histoire récente de l’Ukraine. À la fin de l’année 2021 il y eut d’importants mouvements de troupes à l’ouest du Donbass laissant présager une véritable boucherie car le pouvoir politique de Kiev, refusant toute négociation dans le cadre des accords de Minsk, voulaient en finir avec ces « porcs de russophones ». Que fit le Président russe ? Sentant un génocide se préparer il organisa une remise en ordre du Donbass, une opération spéciale pour garantir la sécurité des populations civiles de cette partie de l’Ukraine répondant à l’appel de ces dernières. Des familles entières vivaient leur quotidien dans des caves pour échapper aux bombardements quotidiens, les rares personnes courageuses s’aventurant des la rue étaient abattues par des snipers, si les occidentaux, confortablement installés dans leur salon pour voir défiler la propagande occidentale ne comprennent pas ce que cela signifie, ils sont irrécupérables.

Quand le Président russe a proposé au parlement la reconnaissance des républiques autoproclamées du Donbass il n’y avait plus place pour la moindre hésitation, les bataillons ukronazis étaient prêts à la boucherie.

Voilà la genèse du conflit ukrainien actuel qui a été largement documentée par des journalistes françaises courageuses, je cite, Chrystèle Néant et Anne-Laure Bonnel qui ont fait leur travail sur le terrain au péril de leur vie. Et l’Occident dans cette histoire : une monstrueuse suite de mensonges, c’est Poutine l’agresseur, c’est Poutine le mangeur d’enfants alors que les nazis ukrainiens éventraient sans hésiter des femmes enceintes sous prétexte qu’elles étaient russophones.

Les pays occidentaux, à commencer par la France et l’Allemagne qui n’ont strictement rien fait pour faire appliquer les accords de Minsk, mentent chaque jour, chaque minute. Ils ont sanctionné la Russie. Pas de chance le peuple russe a su s’organiser depuis les premières sanctions relatives au rattachement de la Crimée. Les Occidentaux otaniens paieront pour leurs mensonges et ils en subissent déjà les conséquences. Jamais Vladimir Poutine ne reculera. Les quelques rares politiciens européens restants le savent. Ils devront se rendre à la raison ou accepter le délabrement attendu de l’Europe, de son euro artificiel, de sa Commission aussi corrompue que les gouvernements successifs de Kiev. Et l’effet en retour de ces sanctions envers la Russie sera tout simplement dévastateur. Personnellement je souhaite que l’Europe souffre, comme une punition d’avoir soutenu un régime ukrainien à la tête duquel se trouve un individu drogué et corrompu, d’avoir armé les yeux fermés des bataillons de fanatiques nazis qui n’ont qu’une idée, massacrer des russophones. Honte à l’Europe, honte aux Etats-Unis, Honte à l’Allemagne et à la France qui n’ont pas fait respecter les accords de Minsk, honte à tous les idiots qui regardent les journaux télévisés chaque jour pour se donner bonne conscience. Les Occidentaux emmenés par les Américains sont des spécialistes de la réécriture de l’histoire et aujourd’hui cette attitude scandaleuse s’effectue en temps réel. Cette histoire, dans 50 ou 100 ans révèlera les turpitudes hégémoniques des Américains. Ce sera un mauvais souvenir car l’empire américain aura disparu comme l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui, vouée à l’échec … 

Hydrocarbures : une grave crise à venir ?

Le comité de justice du Sénat américain vient d’adopter un acte anti OPEP, le NOPEC bill. Cette disposition était dans les tuyaux du Sénat depuis de nombreuses années mais la situation en Ukraine a changé la donne puisque la Russie, premier producteur de pétrole et de gaz dans le monde, fait partie de l’OPEP+ et aussi, il ne faut pas l’oublier, l’Arabie saoudite vend son pétrole à la Chine et accepte les yuans en paiement. Par conséquent les Américains s’énervent. Reste à savoir si le vieux Joe va signer cet acte qui ouvrira la possibilité pourr les Etats-Unis de poursuivre devant la justice américaine le cartel de l’OPEP. Le Congrès américain, dont la majorité est démocrate, a approuvé cette décision sénatoriale. Cependant la Chambre de commerce américaine et l’American Petroleum Institute se sont élevés contre cette acte car une telle décision pourrait également nuire à l’industrie pétrolière américaine.

L’Arabie saoudite a déjà manifesté son hostilité pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le pétrole. Le Royaume saoudien se plaint du peu de soutien apporté par les USA dans sa guerre contre les Houtis au Yemen. On l’a oubliée mais c’est toujours la guerre dans ce pays avec des centaines de milliers d’enfants qui meurent de faim. Pour les Américains ce n’est pas important car les prémices d’un rapprochement entre l’Arabie saoudite et l’Iran rendent encore plus furieux le vieux Joe. La CIA a mis ses doigts plein de sang dans cette affaire en envoyant son directeur Bill Burns discrètement à la rencontre de Mohammad bin Salman pour calmer le jeu.

Si cet acte est signé par le vieux Joe la situation pourrait s’aggraver avec une augmentation brutale du prix du pétrole, des sanctions contre certains des membres de l’OPEP qui sont les suivants : Iran, Irak, Arabie saoudite, Venezuela, Indonésie, Émirats arabes unis, Algérie, Équateur, Angola, Guinée équatoriale, Gabon, Congo et … Russie en tant qu’observateur prenant part aux décisions. Est-ce la dernière machination grossière de l’impérialisme américain pour garder la main sur le pétrole au niveau mondial ? Il sera très intéressant de suivre l’évolution des cours du pétrole, et du gaz, dans les prochaines semaines si le vieux Joe signe cet acte. Bon courage !

Source : Oilprice.com Voir aussi : https://www.congress.gov/bill/117th-congress/house-bill/2393/text

Mensonges de la FED sur l’inflation, sanctions contre la Russie et Nouvel Ordre Mondial

La Réserve fédérale et la plupart des autres banques centrales mondiales mentent sur la façon dont les taux d’intérêt affectent l’inflation. Ce n’est pas une mince affaire, car il est clair que cela est utilisé pour inaugurer une dépression économique mondiale, cette fois bien pire que dans les années 1930, en utilisant la Russie comme bouc émissaire à blâmer, alors que les pouvoirs en place se préparent à pousser le monde dans ce que Joe Biden a récemment appelé « un Nouvel Ordre Mondial ».

Article de F. Willliam Engdahl, consultant en risques stratégiques et conférencier. Engdahl est diplômé en sciences politiques de l’Université de Princeton et un essayiste renommé dans le domaine de l’énergie. Il écrit des articles exclusivement pour le magasine en ligne New Eastern Outlook où cet article a été publié le 28 mars 2022.

J’ai fait valoir à de nombreuses reprises que chaque dépression ou récession économique majeure du siècle dernier, depuis la création de la Réserve fédérale américaine, a été le résultat politique délibéré des actions de la Fed. La situation actuelle est clairement une répétition de cela. Les récentes déclarations et actions de la Fed en matière de lutte contre l’inflation indiquent qu’elle prévoit de provoquer une véritable dépression mondiale dans les prochains mois. Le conflit en Ukraine et le flot insensé de sanctions imposées par les pays de l’OTAN à tout ce qui est russe seront utilisés pour accélérer le processus d’inflation mondiale dans les domaines de la nourriture, de l’énergie et de tout le reste, et permettront de rejeter la faute sur la Russie tandis que la Fed s’en sortira indemne. Suivez les créateurs d’argent.

Si nous examinons les récentes déclarations de la Fed, de loin la banque centrale la plus puissante du monde, indépendamment des prédictions sur la disparition imminente du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale, il devient évident qu’elle ment ouvertement. N’oubliez pas que la même Fed a délibérément maintenu les taux d’intérêt à un niveau proche de zéro pendant plus de 14 ans depuis la crise de 2008 pour renflouer Wall Street au détriment de l’économie réelle. Maintenant, ils prétendent qu’ils doivent inverser les taux pour le bien de cette économie. Ils mentent tout simplement.

La fausse courbe de Philips

Ces dernières années, le président turc Erdogan a été sévèrement attaqué pour avoir affirmé que des taux d’intérêt plus élevés de la banque centrale n’étaient pas efficaces pour contrôler la forte inflation en Turquie. Ironiquement, il a raison sur toute la ligne. Il a osé s’attaquer à l’orthodoxie monétaire actuelle, ce dont les marchés financiers l’ont puni en attaquant la lire. La base de la théorie sur les taux d’intérêt et l’inflation actuelle remonte à un article publié en 1958 par A.W. Philips, alors à la London School of Economics. Philips, examinant les données économiques britanniques sur les salaires et l’inflation sur un siècle, a conclu qu’il existait une relation inverse entre les salaires et l’inflation.

En gros, Philips, qui a rassemblé ses données dans ce que l’on appelle aujourd’hui la courbe de Philips, a conclu que l’inflation et le chômage ont une relation inverse. Une inflation plus élevée est associée à un chômage plus faible et vice versa. Pourtant, la corrélation ne prouve pas la causalité, et même les propres économistes de la Fed ont publié des études démontrant l’invalidité de la courbe de Philips. En 2018, l’économiste de Princeton Alan Blinder, ancien vice-président de la Fed, a noté que « la corrélation entre le chômage et les variations de l’inflation est presque nulle… L’inflation a à peine bougé lorsque le chômage a augmenté et diminué ».

Malgré cela, la Réserve fédérale, ainsi que la plupart des banques centrales du monde entier depuis les années 1970, ont utilisé cette notion de courbe de Philips pour justifier la hausse des taux d’intérêt afin de « tuer » l’inflation. Le plus célèbre d’entre eux est le président de la Fed, Paul Volcker, qui, en 1979, a relevé les taux d’intérêt directeurs aux États-Unis (en même temps que la Banque d’Angleterre) de 300% pour les porter à près de 20%, déclenchant ainsi la pire récession américaine depuis les années 1930.

Volcker a imputé l’inflation extrêmement élevée de 1979 à 1982 aux revendications salariales des travailleurs. Il a commodément ignoré la véritable cause de l’inflation mondiale de l’époque, à savoir la flambée des prix du pétrole et des céréales jusqu’aux années 1980, conséquence des actions géopolitiques de David Rockefeller, le patron de Volcker, qui a créé les chocs pétroliers des années 1970. J’en parle abondamment dans mon livre « A Century of War : Anglo-American Oil Politics » (Un siècle de guerre : la politique pétrolière anglo-américaine).

Depuis la brutale opération Volcker sur les taux d’intérêt, la Fed et les autres banques centrales ont pris l’habitude de dire que la hausse de l’inflation doit être « domptée » par une hausse des taux d’intérêt. En fait, ceux qui en profitent sont les principales banques de Wall Street qui détiennent la dette du Trésor américain.

Les causes de l’inflation récente

La cause de la hausse alarmante de l’inflation depuis le verrouillage du COVID en 2020 n’a rien à voir, ou presque, avec la hausse des salaires ou une économie en plein essor. Le relèvement des taux pour créer un « atterrissage en douceur » ou une soi-disant récession légère n’aura pratiquement aucun effet sur l’inflation réelle.

Les prix montent en flèche pour les produits de première nécessité que les familles doivent acheter. Selon une étude de l’économiste américain Mike « Mish » Shedlock, plus de 80% des composantes de l’indice des prix à la consommation américain utilisé pour mesurer officiellement l’inflation est constitué de ce que l’on appelle les « composantes inélastiques ». Cela inclut surtout les coûts du logement, de l’essence, des transports, de l’alimentation, de l’assurance médicale et de l’éducation. La plupart des familles ne sont pas en mesure de réduire sérieusement l’un ou l’autre de ces coûts de vie nécessaires, même si les taux d’intérêt sont plus élevés.

Le coût des denrées alimentaires s’envole avec l’apparition de pénuries mondiales de céréales, d’huile de tournesol et d’engrais, en raison de la hausse vertigineuse du coût du gaz naturel pour fabriquer des engrais azotés. Cette situation existait bien avant le conflit ukrainien. L’élimination des exportations de blé russes et ukrainiennes en raison des sanctions et de la guerre peut réduire jusqu’à 30% l’offre mondiale de céréales. La sécheresse dans le Midwest américain et en Amérique du Sud, ainsi que les fortes inondations en Chine, contribuent à l’explosion des coûts alimentaires. Le gaz naturel est en hausse en raison de l’agenda insensé de l’UE et de Biden sur le thème « zéro carbone », qui vise à éliminer toutes les énergies à base d’hydrocarbures dans les années à venir. Maintenant, à cause des sanctions suicidaires de l’Occident contre la Russie, une source majeure de carburant diesel mondial, la Russie, est éliminée. La Russie est le deuxième plus grand exportateur de pétrole brut au monde après l’Arabie saoudite. Elle est le plus grand exportateur de gaz naturel au monde, principalement vers l’UE.

Sanctions, urée et micropuces

Pour illustrer à quel point l’économie mondiale est devenue interconnectée, la Chine a imposé en octobre 2021 des contrôles sévères sur les exportations d’urée, un composant clé non seulement des engrais, mais aussi d’un additif pour moteur diesel, le DEF ou l’AdBlue, dont la plupart des moteurs diesel modernes ont besoin pour contrôler les émissions d’oxyde d’azote. Sans AdBlue, les moteurs ne fonctionnent pas. Cela menace les camions, les tracteurs agricoles, les moissonneuses, les équipements de construction. L’armée américaine utilise du carburant diesel dans les réservoirs et les camions. Maintenant, avec les sanctions contre la Russie, le deuxième exportateur mondial de diesel raffiné est contraint de se retirer. L’UE importe la moitié de son diesel de Russie. Shell et BP ont averti les acheteurs allemands de problèmes potentiels d’approvisionnement et les prix s’envolent. Cette perte de diesel intervient alors que les stocks de gazole en Europe sont à leur plus bas niveau depuis 2008. Aux États-Unis, selon OilPrice.com, la situation est encore plus grave. Là-bas, les stocks de gazole sont inférieurs de 21% à la moyenne saisonnière des cinq années précédant la pandémie.

Le gaz néon est un sous-produit de la production d’acier. Environ 50% du gaz néon de haute pureté pour les semi-conducteurs, indispensable aux lasers nécessaires à la lithographie pour fabriquer des puces, provient de deux entreprises ukrainiennes, Ingas et Cryoin. Toutes deux s’approvisionnent en néon auprès d’aciéries russes. L’une est basée à Odessa et l’autre à Marioupol. Depuis le début des combats il y a un mois, les deux usines ont fermé. En outre, selon la société californienne TECHCET, « la Russie est une source cruciale de C4F6 que plusieurs fournisseurs américains achètent et purifient pour l’utiliser dans les processus de lithographie avancés pour la production de puces ». De même, la Russie produit environ un tiers de tout le palladium mondial utilisé dans les convertisseurs catalytiques des voitures et dans les capteurs et la mémoire émergente (MRAM).

Oleg Izumrovov, un expert russe en informatique, souligne en outre que la Russie « représente aujourd’hui 80% du marché des substrats en saphir – de fines plaques en pierre artificielle, qui sont utilisées en opto et microélectronique pour construire des couches de divers matériaux, par exemple du silicium. Elles sont utilisées dans tous les processeurs du monde – AMD et Intel ne font pas exception ». Il ajoute : « Notre position est encore plus forte dans la chimie spéciale de la gravure des puces à l’aide de composants ultra-purs. La Russie représente 100% de l’offre mondiale de diverses terres rares utilisées à ces fins ». Sans oublier que la Russie est le deuxième producteur mondial de nickel et d’aluminium.

Alors que Washington ne cesse d’aggraver les sanctions contre la Russie, ce n’est qu’une question de semaines avant que ces liens de la chaîne d’approvisionnement n’aient un impact sur l’inflation mondiale et américaine à un degré jamais vu de mémoire récente. Lors de la réunion de l’OTAN à Bruxelles le 24 mars, Joe Biden a tenté (sans succès pour l’instant) de pousser les États membres de l’UE à sanctionner le pétrole et le gaz russes. Les prix de l’énergie sont déjà en train de grimper en flèche au niveau mondial et Joe Biden a admis à un journaliste que les prix allaient augmenter considérablement pour les denrées alimentaires et l’énergie, en rejetant la faute sur le conflit en Ukraine.

Aucun de ces effets, dont la plupart commencent seulement à se répercuter sur le coût et même la disponibilité des denrées alimentaires et d’autres produits essentiels, ne peut être modifié par une hausse des taux des fonds fédéraux de la Réserve fédérale. Et la Fed le sait. Avec leurs actions, ils jettent littéralement du kérosène sur un feu économique brûlant. Elle soulignera les hausses alarmantes de l’inflation d’ici mai et réitérera son faux « remède », à savoir des taux d’intérêt plus élevés qui risquent de plonger les États-Unis et le reste du monde dans une dépression mondiale qui fera paraître les années 1930 bénignes. Nous pouvons nous attendre à ce que l’on parle beaucoup de l’introduction d’une monnaie numérique de banque centrale pour remplacer le dollar à ce moment-là. Bienvenue dans la Grande Réinitialisation de Davos.

Poutine est un fin diplomate …

Après avoir été traité de poutinolâtre je récidive dans mes analyses qui ne concernent que moi-même. Le Président russe a donc décidé le 23 mars 2022 que le gaz russe serait exclusivement payé par les Occidentaux en monnaie russe et il ne reste que quelques jours pour que les banques européennes s’organisent pour acheter des roubles (ou des yuans) sur les marchés. Au delà de la date fixée par le Kremlin le gaz sera coupé. Cette décision n’est pas unique dans le monde. L’Arabie saoudite a accepté le paiement de son pétrole livré aux Chinois en yuans. La Russie a accepté également le paiement de la facture pétrolière de l’Inde en roupies. La Corée et le Japon n’obtiendront pas l’autorisation des Américains de faire de même, du moins pour le moment.

Cette décision de la Russie n’est pas sans conséquences. Le signal a été donné pour le processus de dédollarisation des échanges commerciaux internationaux. C’est un immense événement. Les médias occidentaux ont assimilé cette décision de la Russie comme une manœuvre pour mettre en difficulté l’Europe. C’est faux car l’Arabie saoudite avait décidé d »être payée eu yuans il y a une dizaine de jours. Je ne lis pas la presse main-stream américaine mais cette décision de Riyad a certainement provoqué quelques émois à Wall Street.

Au niveau des marchés la bourse de Moscou a finalement ouvert ce lundi et après une forte chute consécutive à l’intervention de l’armée russe en Ukraine pour effectuer ce que l’on pourrait dire une opération de police afin d’éliminer les commandos néo-nazi sans foi ni loi qui n’ont d’autre objectif depuis 8 que d’exterminer les populations russophones du Donbass, cette bourse de Moscou a rebondi de 20 %. Parallèlement le rouble s’est apprécié de 20 % ces derniers jours. Les sanctions de cour d’école infligées par les pays occidentaux à la Russie vont se retourner contre eux et la situation économique de l’Europe va se dégrader très fortement et de manière durable jusqu’au jour où les décideurs politiques européens avaleront leur chapeau et diront clairement aux Américains de s’occuper de leurs propre linge sale.

Cette décision de Moscou aura donc de très lourdes conséquences dont en particulier une redéfinition de la géopolitique mondiale sur des bases multipolaires plus saines, l’éviction progressive du dollar des transactions mondiales étant la clé de cette redéfinition.

Le fait que les Américains aient sollicité le Vénézuela et l’Iran pour vendre plus de pétrole pour stabiliser les cours est révélateur. Les émissaires américains ont essuyé une fin de non-recevoir : « du pétrole oui, mais toutes les sanctions supprimées ». L’ignominie de l’attitude américaine est ainsi révélée au grand jour. Il s’agit d’un élément important pour redéfinir cette géopolitique mondiale sans le dollar et sans l’extraterritorialité des lois américaines. Il en sera terminé de l’impérialisme américain qui pourrit le monde entier depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Insupportable mais vrai : l’Europe et les Etats-Unis ont oublié les évènements de Yougoslavie

Alors que les pays occidentaux ont atteint le paroxysme du mensonge au sujet de la remise en ordre de l’Ukraine par la Russie, invasion selon les pays occidentaux, pour faire une véritable opération de police dans les régions russophones bombardées tous les jours par les forces armées gouvernementales ukrainiennes depuis 2014. Si l’Organisation des Nations-Unies avait depuis les évènements de Maïdan rempli leur devoir des casques bleus auraient été envoyés dans l’est de l’Ukraine … mais on ne sait plus trop quand l’ONU a pris ces dix dernières années une telle décision et où ces fameux casques bleus se sont déployés.

Certainement pas dans l’ancienne Yougoslavie, beaucoup plus près de Paris ou Milan que l’Ukraine, puisque l’OTAN, principal acteur de cette guerre, n’en voulait pas. Les forces otaniennes ont bombardé la Serbie pendant 78 jours après avoir accusé les dirigeants serbes de crimes de guerre sous le prétexte fallacieux que les Serbes se livraient à des activités génocidaires dans la province du Kosovo. Constatant que le pouvoir central de Belgrade était attaqué frontalement toutes les provinces revendiquèrent leur indépendance mais dans la réalité il se passait au Kosovo un véritable génocide à l’égard des Slaves organisé et financé par l’Albanie et et soutenu par l’OTAN. Cette ex-sous-province de la Serbie était peuplée de musulmans et de chrétiens orthodoxes et ils ne parlaient pas la même langue. Tous les Slaves ont fui vers la Serbie (ceux qui n’ont pas été exterminés), les églises détruites ou transformées en mosquées. Et encore aujourd’hui il n’est pas apprécié de parler de la guerre de la Yougoslavie car les pays européens n’ont toujours pas pu laver leur conscience de leur fautes criminelles.

Le parallèle entre le Kosovo et le Donbas est évident. Dans le cas de la Yougoslavie l’OTAN est intervenue directement mais dans le cas du Donbas elle n’est intervenue qu’indirectement en finançant, entrainant et équipant l’armée ukrainienne pour provoquer un génocide des russophones du sud et de l’est du pays. Pour se faire une bonne réputation l’OTAN a traduit divers dirigeants serbes devant la Cour Internationale de Justice pour génocide et crimes de guerre. Aujourd’hui encore l’Occident refuse de reconnaître la réalité et ne pense qu’à ses intérêts, encouragé en cela par les Etats-Unis. Il est tout à fait incroyable de constater le peu de mémoire dont font preuve les Etats européens. Les Slaves étaient considérés comme des sous-hommes par Hitler, un argument repris par les commandos nazis Azov et l’Occident ne dit rien et pire encore supporte matériellement ces nazis.

L’Europe est revenue en 1940 mais en regardant dans un miroir déformant. Plus personne ne parle de l’agression de la Serbie par les forces de l’OTAN et tous les pays de l’Union européenne sont coupables des bombardements des villes serbes dont surtout Belgrade. Je vais bientôt quitter l’Europe définitivement pour finir ma vie au Japon sans aucun regret. Ce qui se passe en Europe au sujet des évènements d’Ukraine est une marque de dégénérescence profonde du mental des peuples transmise par les dirigeants politiques, le coronavirus avait déjà porté un grand coup à la faculté de discernement des populations mais les évènements d’Ukraine ont vraiment achevé la dignité de tous les peuples d’Europe occidentale. 

L’Empire américain s’auto-détruit. Mais personne ne pensait que ça arriverait si vite

Souvent, les empires suivent le cours d’une tragédie grecque, provoquant précisément le destin qu’ils cherchaient à éviter. C’est certainement le cas de l’empire américain, qui se démantèle dans un mouvement en slow-motion, mais pas si slow qu’on pourrait le penser.

L’hypothèse de base des prévisions économiques et diplomatiques, c’est que chaque pays agit en fonction de son propre intérêt. Mais un tel raisonnement n’est d’aucune utilité dans le monde actuel. Ainsi, les observateurs de tout l’éventail politique utilisent des expressions telles que « se tirer une balle dans le pied » pour décrire la confrontation diplomatique des États-Unis avec la Russie et leurs alliés.

Pendant plus d’une génération, les diplomates américains les plus éminents ont tiré la sonnette d’alarme sur ce qu’ils pensaient être la menace extérieure ultime, à savoir une alliance entre la Russie et la Chine qui dominerait l’Eurasie. Or, les sanctions économiques et la confrontation militaire imposées par l’Amérique ont rapproché ces deux pays et en poussent d’autres dans leur naissante orbite eurasienne.

La puissance économique et financière américaine était censée empêcher la réalisation de ce destin. [En 1971, les États-Unis ont mis fin aux accords de Bretton Woods qui garantissait la convertibilité du dollar en or]. Au cours du demi-siècle qui a suivi la disparition de l’or, les banques centrales du monde ont fonctionné à partir de l’étalon dollar. Elles détenaient ainsi leurs réserves monétaires internationales sous forme de titres du Trésor US, de dépôts bancaires US et d’actions ou obligations US. Le standard établi à partir des bons du Trésor a permis à l’Amérique de financer ses dépenses militaires à l’étranger, mais aussi de prendre le contrôle des investissements dans d’autres pays simplement en créant des reconnaissances de dettes en dollars. Pour les États-Unis, les déficits de la balance des paiements terminent donc sous forme de réserves dans les banques centrales des pays en excédent de paiements. Les débiteurs du Sud, eux, ont besoin de dollars pour payer leurs obligataires et commercer avec l’extérieur.  

Ce privilège monétaire – le seigneuriage du dollar – a permis à la diplomatie américaine d’imposer des politiques néolibérales au reste du monde, sans devoir trop recourir à la force militaire, sauf pour s’emparer du pétrole du Proche-Orient.

La récente escalade des sanctions américaines a bloqué le commerce et les investissements de l’Europe, de l’Asie et d’autres pays avec la Russie, l’Iran et la Chine. Pour les alliés des États-Unis, l’impact a été énorme sur les coûts d’opportunité – les coûts des opportunités manquées. De plus, le gouvernement US a récemment confisqué l’or et les réserves étrangères du Venezuela, de l’Afghanistan et maintenant de la Russie (1). Il a également saisi de manière ciblée les comptes bancaires de riches étrangers – sans doute dans l’espoir de gagner leur cœur et leur esprit, tout en récupérant l’argent de leurs comptes séquestrés. Tout cela a mis fin à l’idée que les avoirs en dollars, ou ceux en livres sterling ou en euros dans les satellites de l’Otan, sont un refuge d’investissement sûr lorsque les conditions économiques mondiales deviennent chancelantes.

Je suis donc quelque peu désabusé par la vitesse à laquelle ce système financier centré sur les États-Unis s’est dédollarisé en l’espace d’un an ou deux. Dans mon livre Super Imperialism, le thème principal portait sur la façon dont, au cours des cinquante dernières années, l’étalon des bons du Trésor US avait canalisé l’épargne étrangère vers les marchés financiers et les banques américaines, permettant ainsi à la Diplomatie du Dollar de s’en sortir. Je pensais que la dédollarisation serait menée par la Chine et la Russie pour qu’elles prennent le contrôle de leurs économies et ainsi éviter le type de polarisation financière qui débouche sur des politiques d’austérité aux États-Unis (2). Mais ce sont les autorités américaines elles-mêmes qui poussent les Russes et les Chinois à surmonter les hésitations qu’ils avaient à se dédollariser.

Je m’attendais à ce que la fin de l’économie impériale dollarisée soit provoquée par la rupture avec d’autres pays. Mais ce n’est pas ce qui s’est passé. Les diplomates américains ont choisi de mettre eux-mêmes fin à la dollarisation internationale, tout en aidant la Russie à se doter de ses propres moyens de production pour une agriculture et une industrie autonomes. En fait, ce processus de fracture mondiale est en cours depuis quelques années déjà. Il a commencé avec les sanctions qui empêchaient les alliés des États-Unis au sein de l’Otan ainsi que d’autres satellites économiques de commercer avec la Russie. Pour la Russie, ces sanctions ont eu le même effet que des tarifs douaniers protecteurs.

La Russie était restée trop fascinée par l’idéologie du marché libre pour prendre des mesures visant à protéger sa propre agriculture ou son industrie. Les États-Unis lui ont apporté l’aide dont elle avait besoin en lui imposant, par le biais de sanctions, l’autosuffisance intérieure. Lorsque les États baltes ont perdu le marché russe du fromage et d’autres produits agricoles, la Russie a rapidement créé son propre secteur fromager et laitier – tout en devenant le premier exportateur mondial de céréales.

La Russie découvre (ou est sur le point de découvrir) qu’elle n’a pas besoin de dollars américains pour garantir le taux de change du rouble. Sa banque centrale peut créer les roubles nécessaires pour payer les salaires nationaux et soutenir la formation de capital. Finalement, les confiscations américaines pourraient donc amener la Russie à mettre un terme à la philosophie monétaire néolibérale, comme le préconise depuis longtemps Sergei Glaziev, fervent partisan de la MMT [Théorie Monétaire Moderne].

La même dynamique qui sape les ostensibles objectifs des États-Unis s’est manifestée à travers les sanctions US contre les principaux milliardaires russes. La thérapie de choc néolibérale et les privatisations des années 1990 n’ont laissé aux kleptocrates russes qu’un seul moyen d’encaisser les actifs qu’ils avaient arrachés au domaine public: incorporer leurs recettes et vendre leurs actions à Londres et à New York. L’épargne nationale ayant été anéantie, les conseillers américains avaient persuadé la banque centrale russe de ne pas créer sa propre monnaie en roubles.

Le résultat, c’est que le patrimoine national russe en pétrole, gaz et minéraux n’a pas été utilisé pour financer une rationalisation de l’industrie et du logement en Russie. Au lieu d’être investis dans la création de nouveaux moyens de production russes, les revenus de la privatisation ont été dépensés par les nouveaux riches dans l’immobilier britannique de luxe, les yachts et d’autres actifs de la fuite mondiale de capitaux. Mais la prise en otage des avoirs russes en dollars, en livres sterling et en euro a fait de la City de Londres un lieu trop risqué pour y conserver des actifs. En imposant des sanctions aux Russes les plus riches et les plus proches de Poutine, les responsables américains espéraient les inciter à s’opposer à une rupture avec l’Occident et dans la foulée, à en faire de serviables agents d’influence de l’Otan. Sauf que pour les milliardaires russes, leur propre pays commence à apparaître comme une place plus sure.

Depuis plusieurs décennies, la Réserve fédérale et le Trésor se sont battus pour empêcher l’or de retrouver son rôle dans les réserves internationales. Mais comment l’Inde et l’Arabie saoudite vont-elles considérer leurs avoirs en dollars alors que Biden et Blinken tentent de les forcer à suivre l’ »ordre fondé sur des règles » des États-Unis plutôt que leur propre intérêt national ? Les récents diktats des États-Unis ne leur laissent guère d’autre choix que de commencer à protéger leur propre autonomie politique. Comment? En convertissant leurs avoirs en dollars et en euros en or, un actif qui écarte tout risque politique d’être pris en otage par les exigences de plus en plus coûteuses et perturbatrices des États-Unis.

Après le blocage des réserves étrangères de la Russie et la chute du taux de change du rouble, la diplomatie américaine a soumis l’Europe de manière abjecte en demandant à ses gouvernements de pousser leurs entreprises à se débarrasser de leurs actifs russes pour quelques centimes seulement par dollar. Pire, Blackstone, Goldman Sachs et d’autres investisseurs américains se sont empressés d’acheter ce dont Shell Oil et d’autres sociétés étrangères se débarrassaient.

Personne ne pensait que l’ordre mondial d’après-guerre (1945-2020) céderait aussi rapidement. Un ordre économique international véritablement nouveau est en train d’émerger, même si l’on ne sait pas encore exactement quelle forme il prendra. En confrontation avec la Russie, la stratégie des États-Unis et de l’Otan visant à « exciter l’ours » a désormais dépassé le seuil de la masse critique. Il ne s’agit plus seulement de l’Ukraine qui est le déclencheur, un catalyseur pour éloigner une grande partie du monde de l’orbite des États-Unis et de l’Otan.

La prochaine épreuve de force pourrait avoir lieu en Europe même. Des politiciens nationalistes pourraient chercher à s’affranchir de la mainmise excessive des États-Unis sur leurs alliés européens et autres, Washington tentant vainement de les maintenir dans la dépendance du commerce et des investissements basés aux États-Unis. Le prix de leur obéissance sans faille est lourd: une inflation des coûts pour leur industrie et un renon de leurs politiques électorales démocratiques pour pouvoir se subordonner aux proconsuls US de l’Otan.

Ces conséquences ne peuvent pas vraiment être considérées comme « involontaires ». Trop d’observateurs ont indiqué exactement ce qui allait se passer – à commencer par le président Poutine et le ministre des Affaires étrangères Lavrov. Ils avaient expliqué quelle serait leur réponse si l’Otan insistait pour les acculer dans un coin tout en attaquant les russophones d’Ukraine orientale et en déplaçant des armes lourdes vers la frontière occidentale de la Russie. Les conséquences étaient prévues. Les néoconservateurs qui contrôlent la politique étrangère des États-Unis s’en fichaient tout simplement. Reconnaître les préoccupations du président russe faisait de vous un Putinversteher [quelqu’un qui comprend Poutine].

Les responsables européens ne se sont pas gênés pour faire part au monde entier de leurs inquiétudes quant au fait que Donald Trump était fou et qu’il allait chambouler la diplomatie internationale. Mais ils semblent avoir été pris de court par la résurgence, au sein de l’administration Biden, de la haine viscérale envers la Russie manifestée par le secrétaire d’État Blinken et Victoria Nuland-Kagan. Le mode d’expression et les manières de Trump étaient peut-être grossiers, mais le gang des néocons américains a des obsessions de confrontation beaucoup plus menaçantes à l’échelle mondiale. Pour eux, il s’agissait de savoir quelle réalité sortirait victorieuse : la « réalité » qu’ils croyaient pouvoir fabriquer, ou la réalité économique hors du contrôle des États-Unis.

Ce que les pays étrangers n’ont pas fait par eux-mêmes – en remplaçant le FMI, la Banque mondiale et les autres instruments de la diplomatie US – les politiciens américains les obligent à le faire. Les pays d’Europe, du Proche-Orient et du Sud pourraient prendre leurs distances en fonction de leurs propres intérêts économiques à long terme. Mais c’est l’Amérique qui les pousse à le faire, comme elle l’a fait avec la Russie et la Chine. De plus en plus de politiciens cherchent à obtenir le soutien de leurs électeurs en leur demandant s’ils ne seraient pas mieux servis par de nouveaux accords monétaires destinés à remplacer le commerce en dollars, les investissements en dollars et même le service de la dette étrangère en dollars.

La compression des prix de l’énergie et des denrées alimentaires frappe particulièrement durement les pays du Sud. Elle coïncide avec leurs propres problèmes liés au Covid-19 et à l’imminence de l’échéance du service de la dette dollarisée. Quelque chose doit céder. Combien de temps ces pays vont-ils imposer l’austérité pour payer les détenteurs étrangers d’obligations ?

Comment les économies américaine et européenne s’en sortiront-elles avec les sanctions qu’elles ont imposées au gaz et au pétrole russes, au cobalt, à l’aluminium, au palladium et à d’autres matériaux de base ? Les diplomates américains ont dressé une liste de matières premières dont leur économie a désespérément besoin et qui sont donc exemptées des sanctions commerciales. M. Poutine dispose ainsi d’une liste pratique de leviers de pression qu’il peut utiliser pour remodeler la diplomatie mondiale et, ce faisant, aider les pays européens et les autres à se libérer du rideau de fer que l’Amérique a imposé pour enfermer ses satellites dans la dépendance des fournitures américaines à prix élevé.

Mais la rupture définitive avec l’aventurisme de l’OTAN doit venir des États-Unis mêmes. À l’approche des élections de mi-mandat de cette année, les politiciens trouveront un terrain fertile en montrant aux électeurs américains que l’inflation des prix induite par l’essence et l’énergie est un sous-produit politique de l’administration Biden qui bloque les exportations de pétrole et de gaz russes. Le gaz est nécessaire non seulement pour le chauffage et la production d’énergie, mais aussi pour fabriquer des engrais, dont il y a déjà une pénurie mondiale. Cette situation est exacerbée par le blocage des exportations de céréales russes et ukrainiennes, ce qui fait monter en flèche les prix des denrées alimentaires aux États-Unis et en Europe.

On observe déjà un décalage interpellant entre la vision réaliste du secteur financier et celle promue par les médias dominants de l’Otan. Ce lundi 7 mars par exemple, les marchés boursiers européens ont plongé à l’ouverture, tandis que le pétrole Brent grimpait à 130 dollars le baril. Dans Today, le JT matinal de la BBC, le député conservateur Alan Duncan, négociant en pétrole, a tiré la sonnette d’alarme: la perspective d’un quasi-doublement des prix du gaz naturel menaçait de faillite les entreprises qui se sont engagées à fournir à l’Europe du gaz aux anciens tarifs. Mais revenant à ses infos militaires « Deux minutes de haine », la BBC n’a cessé d’applaudir les courageux combattants ukrainiens et les politiciens de l’Otan qui réclament davantage de soutien militaire. À New York, l’indice Dow Jones a plongé de 650 points, et l’or a grimpé à plus de 2 000 dollars l’once – reflétant l’opinion du secteur financier sur la façon dont le jeu des États-Unis est susceptible de se dérouler. Les prix du nickel ont augmenté encore plus: 40 %.

Tenter de forcer la Russie à répondre militairement et à ainsi faire mauvaise figure aux yeux du reste du monde s’avère être un coup monté. L’objectif était simplement de démontrer la nécessité pour l’Europe de contribuer davantage à l’Otan, d’acheter plus de matériel militaire américain et de s’enfermer plus encore dans une dépendance commerciale et monétaire vis-à-vis des États-Unis. Mais l’instabilité qui en résulte a pour effet de faire passer les États-Unis pour une menace aussi grande que la Russie.

Article de Michael Hudson paru sur le site Investig’action le 11 mars 2022. Hudson, professeur d’économie à l’Université du Missouri à Kansas City, est conseiller du groupe de réforme de la Lettonie.

La gigantesque erreur qu’ont décidé de commettre les Occidentaux

Alors que la Russie est allé mettre de l’ordre en Ukraine, pays pourri par les néo-nazis soutenus par l’Occident et dirigé par un saltimbanque corrompu adoubé par Klaus Schwab, tiens tiens, les sanctions et menaces de sanction pleuvent comme un gros orage de grêle. Le plus gros grêlon est l’interdiction pour la Russie d’accès au système SWIFT auquel songent les Anglo-saxons. L’Union européenne, le pantin (à roulettes) des USA, a donc approuvé l’idée d’exclure les banques russes du système SWIFT. Il est étrange de constater que les Européens ne comprennent pas l’immense risque d’une telle décision. En effet, de nombreux pays commercent avec la Russie et pas seulement en achetant du gaz à ce pays. Car il y a toute la face cachée du système financier qui va être affecté directement. Les transactions sur les options (appelées produits dérivés), les ETF et les simples investissements en devises vont être profondément perturbés et qui en seront les premières victimes ? Les banques européennes et les fonds de pension de la zone euro et par extension le fond souverain norvégien.

Le gouvernement russe a décrété la fermeture de la bourse de Moscou ce lundi 28 février mais c’est reporter l’échéance d’un véritable bain de sang financier occidental. Les grands financiers de Wall Street et de la City tentent d’éviter que les anglo-saxons en arrivent à cette décision fatale pour l’économie européenne et l’ensemble du système financier occidental mais ce sont les politiciens corrompus de Washington qui prendront la décision dans l’émotion et sans en évaluer les conséquences. L’OPEC+ doit se réunir cette semaine pour tenter d’assouplir le marché du pétrole mais il faudra compter avec la Russie qui n’est pas vraiment prête à faire des concessions, on les comprend. Les principales banques à risque en Europe sont la BNP, la Société Générale, Unicredit, Intesa/Sanpaolo, Santander et Deutschbank suivies par d’autres établissements de moindre taille et ces banques pourraient connaître le même effondrement que Lehman Brothers, en bien pire, car leur capitalisation n’est pas suffisante pour affronter le choc de l’interdiction d’accès de la Russie à SWIFT.

Il est important de noter que depuis environ une année la Russie a revendu les T-bonds américains qu’elle détenait sur le second marché et a réduit à presque zéro ses réserves de change en dollars. Si la Russie appelle à la rescousse les banques chinoises qui ont passé des accords de swap rouble/renminbi alors ces banques chinoises pourraient à leur tour être privées d’accès à SWIFT. Ce sera alors vraiment un bain de sang financier à l’échelle planétaire. Il est donc urgentissime que le conflit ukrainien cesse avant qu’il ne soit trop tard. La crise de 2008 pourrait paraître alors lilliputienne.

Inspiré d’un article de ZeroHedge. Selon les dernières informations la Russie a toujours accès au système SWIFT.

Les exactions répétées de l’OTAN … jusqu’à l’Ukraine

En raison de l’évolution des évènements je tenais à mettre en ligne ce billet écrit il y a plus de deux jours. Je ne suis donc pas certain d’assurer ma fidélité ce vendredi.

Entre les mois de mars 1998 et juin 2020 l’OTAN a abondamment bombardé la Serbie qui tentait de mettre fin à des exactions des Albanais du Kosovo sur le territoire de ce qui était encore la Yougoslavie. Cette agression sans mandat de l’ONU fut applaudie par les démocraties occidentales. L’intervention de l’OTAN n’entrait pas dans le cadre de sa mission puisqu’il s’agissait d’évènements d’ordre civil qui ne la concernaient pas. Depuis 2011 la coalition occidentale s’est efforcé d’alimenter une guerre civile par djihadistes interposés financés par l’Occident pour tenter de mettre à genou le régime légitimement au pouvoir à Damas en Syrie sans aucun mandat des Nations-Unies. Cette guerre civile dure toujours et après une litanie de mensonges, la spécialité des Anglais et des Américains, la situation semble stabilisée mais reste très fragile. Il faudra que le gouvernement de Damas attende encore pour retrouver ses frontières originelles. Qu’est-ce que l’OTAN avait à faire dans ce conflit ? Enfin l’intervention, encore une fois de l’OTAN, en Libye est exemplaire. Sous le prétexte fallacieux d’un conflit potentiellement meurtrier entre des dissidents opposés au régime en place dénoncé par BHL, le grand analyste géopolitique que tous les Français connaissent, une coalition franco-britannique avec le soutien des bases américaines situées dans le sud de l’Italie attaqua la Libye encore une fois sans aucun mandat des Nations-Unies. On connait ce qu’en fut le résultat.

Aujourd’hui la situation se répète en Ukraine. Après avoir fomenté un coup d’Etat à Kiev dont le souvenir est la Révolution de Maïdan en février 2014 organisée par les services secrets britanniques et américains la situation dans ce pays n’a jamais cessé d’être perturbée. Le renversement du régime pro-russe de Kiev qui était à l’origine la raison d’être de cet événement a conduit la partie ukrainophone et catholique du pays à alimenter une guerre civile pour éradiquer les russophones de religion orthodoxe de l’est du pays. Les habitants de la péninsule de Crimée, péninsule qui abrite la très importante installation militaire russe de Sébastopol ont vite compris qu’ils devaient craindre une invasion des forces ukrainiennes néo-nazies et ils ont organisé une consultation populaire qui a conduit cette province à se rattacher à la Russie.

Les Occidentaux n’ont toujours pas compris qu’ils avaient mis le feu aux poudres en février 2014 dans un pays divisé entre les habitants de l’ouest et du centre du pays et les russophones de l’est, essentiellement du Donbas. L’armée ukrainienne n’a jamais cessé de bombarder les villages et les villes de cette région. Le sort de la Crimée, sans cette consultation populaire et son rattachement à la Russie, aurait été identique. Comme en Yougoslavie, comme en Syrie et comme en Libye il s’agit de guerres civiles. Le cas du conflit en Arménie est exemplaire de la mauvaise foi de l’OTAN et plus généralement des Occidentaux. Bien que chrétiens les Arméniens ont été attaqués par l’Azerbaïdjan et la Turquie. Il est vrai que l’Arménie ne se situait pas dans le rayon d’action de cette organisation militaire agressive mais il a fallu l’intervention de la Russie pour mettre fin à ce conflit ethnique et religieux. Les frontières de l’Arménie ont été modifiées puisque l’Azerbaïdjan a annexé une partie de l’Arménie sans que qui que ce soit en Europe occidentale s’en émeuve.

Alors, devant ces exactions peu glorieuses et répétées des membres de l’OTAN, Moscou a décidé d’agir pour protéger les populations russophones du Donbas et mettre un terme aux agressions des commandos néo-nazis de Kiev. Il est tout à fait remarquable de constater que les Occidentaux inversent la situation qui fut créée par les événement de Maïdan par eux-mêmes. Contrairement à ce que les médias répètent en boucle ce ne sont pas les russophones du Donbas qui bombardent les ukrainiens de l’ouest mais très exactement l’inverse. Le pouvoir russe a décidé de nettoyer l’abcès et de mettre ainsi fin à cette guerre civile qui dure depuis maintenant 8 ans. Jusqu’où ira la Russie ? Nul ne le sait pour l’instant. Mais en tout état de cause les sanctions infligées à la Russie seront contre-productives. Fermer la Russie à l’accès au système SWIFT n’aura aucune conséquence sur l’économie de la Russie mais sera lourde de conséquences pour des pays comme l’Allemagne. Qui plus est, confrontée à ces dures sanctions le Kremlin pourrait décider d’arrêter tout transit de gaz par le réseau ukrainien et éventuellement arrêter celui de Nord-Stream-1, pourquoi pas ? Les Américains ne diront rien puisque ce sera tout bénéfice pour eux. Mais ce sera vite la panique totale en Europe occidentale : chacun récolte les graines qu’il a semé … Cette vidéo à voir absolument :https://www.youtube.com/watch?v=Qv1-s0IYHeE&ab_channel=SudRadio

Note. Plus personne ne parle du vol MH17 qui, selon la réthorique occidentale, fut imputé aux forces du Donbas pro-russes sans aucun commencement de preuve. Encore une fois les Occidentaux, Néerlandais compris, se sont ridiculisés car l’enjeu politique depuis le tout début de la Révolution de Maïdan était l’occupation, au sens littéral du terme, de l’Ukraine par l’OTAN pour menacer directement la Russie. J’ai écouté l’allocution de Biden ce soir et j’ai constaté que seules maintenant les sanctions financières et commerciales sont les armes qui restent aux USA pour contrecarrer les visées de la Russie. Comme Obama Biden est un « fils de pute ».

Crise ukrainienne : l’histoire se répète

Alors que le Président français s’apprête à rendre visite à Vladimir Poutine pour se gonfler le jabot, ce sera encore peine perdue. Président honorifique de l’Union européenne il serait avisé de prendre en compte la position de l’Allemagne mais en réalité ce n’est pas le point important bien qu’il ait invité le chancelier allemand Olaf Scholz à l’accompagner. La Russie a tout fait pour doubler le volume de son gaz exporté vers l’Europe avec le gazoduc NS2. Des différends juridiques difficiles à comprendre bloquent depuis plusieurs mois le fonctionnement de ce gazoduc. En réalité, encore une fois, il faut y voir la main de Washington qui ne peut pas accepter la dépendance de l’Europe au gaz russe. Beau et louable prétexte … Une nouvelle fois l’analyse est éloignée de la réalité qui est la suivante : la Russie libellera le prix de son gaz en euros.

Il faut remonter dans l’histoire pour comprendre l’attitude américaine dont la puissance est adossée au pétrodollar depuis la fin de la deuxième guerre mondiale et le cas de l’Ukraine est une suite de cette histoire. Lorsque l’Irak proposa aux Européens de leur vendre son pétrole libellé en euros, à l’époque déjà existant comme monnaie fiduciaire, ce fut immédiatement la guerre. Lorsque le dirigeant libyen osa faire la même proposition le résultat ne se fit pas attendre, ce fut la guerre confiée aux Anglais et aux Français avec l’appui logistique des bases militaires américaines situées dans le sud de l’Italie. L’histoire n’a pas évolué : les Américains exigent que le commerce international soit libellé en dollars. Tout pays rebelle sera puni. Les Européens, esclaves de Washington, n’ont pas droit à la parole.

Pourquoi l’Ukraine n’intéresse pas le Kremlin ? Les Ukrainiens russophones et de confession chrétienne orthodoxe représentent un cinquième de la population totale soit environ 8 millions de personnes. Si on soustrait la population de la péninsule de Crimée qui a rejoint la mère patrie russe à la suite d’un référendum démocratique non reconnu par l’ONU, soit 2,5 millions de personnes, il reste alors 5,5 millions de russophones dans le Donbas. Or plus de 4 millions de personnes ont déjà fui cette région en direction de la Russie et parfois de la Biélorussie. Il ont reçu immédiatement un passeport russe. Il reste donc au pire 2 millions de russophone dans cette partie de l’Ukraine. Le Donbas a toujours été le berceau de la sidérurgie du pays et de toutes sortes d’autres productions industrielles. Tout est à l’arrêt depuis les évènements de Maiden fomentés par la CIA. Cet état de fait explique la situation économique désastreuse du pays. C’est donc une longue histoire. Si les forces armées de l’Ukraine de Kiev non russophones et néo-nazis qui arborent fièrement le Sowilo, l’insigne des SS, veulent en finir avec cette minorité russophone, ce qui se prépare, la communauté internationale devra réagir, car il s’agira d’un génocide, une extermination sans pitié de tous les Ukrainiens russophones qui restent dans ce pays. Il ne reste plus d’autre choix à ce reliquat de russophones de quitter le pays et d’aller se réfugier en Russie. C’est le seul point qui pourrait préoccuper Moscou.

On est donc loin des préoccupations énergétiques qui énervent les Etats-Unis mais la Maison-Blanche utilise ce faux prétexte pour menacer la Russie. C’est un faux prétexte en effet, un faux drapeau, la stratégie fourbe et mensongère que les Américains ont toujours utilisé par le passé. Cette stratégie américaine a eu des conséquences immédiates avec la signature ce vendredi 4 février 2022 d’un accord de livraison de gaz à la Chine utilisant le nouveau gazoduc traversant la Mongolie qui est sur le point d’être inauguré. De plus la mise en exploitation du champ gazier de Yuzhno-Kirinskoye en Sibérie centrale et celle des champs gaziers off-shore dans la région de la péninsule de Sakhaline incitent la Russie à s’orienter vers l’extrême-Orient. Le contrat sino-russe fait état de paiement du gaz russe par la Chine en euros ! Serait-ce un signe d’une détente au sujet du dossier ukrainien et d’un futur géopolitique où la Russie se rapprocherait de l’Europe ? Toujours est-il que ce contrat, bien qu’indépendant des évènements ukrainiens, doit certainement rendre les américains très nerveux.