Religion et santé mentale : une corrélation positive confirmée

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C’est le sociologue français Emile Durkheim qui le premier établit en 1897 un semblant de relation entre le taux de suicide et la pratique religieuse. Cet auteur, mondialement reconnu comme étant le créateur de la sociologie moderne, introduisit le concept de conscience collective et il rapprocha le taux de suicide observé des deux principales religions chrétiennes de l’époque, le catholicisme et le protestantisme. Sans recourir aux méthodes modernes d’analyse sociologique il remarqua que ce taux était significativement inférieur chez les catholiques pratiquants. La notion de conscience collective étant alors un terme mal défini Durkheim attribua cette différence au fait que la religion catholique facilite une plus complète intégration dans la mesure où cette pratique religieuse laisse moins d’autonomie en termes de croyance que la religion protestante. Cette étude qui fit grand bruit lors de sa publication vient de faire l’objet d’une vaste enquête aux USA, le suicide étant dans ce pays la quatrième cause de mortalité chez les personnes de 18 à 65 ans.

Le Docteur Tyler Vanderweele (Université de Harvard) a utilisé la base de données relative à la santé du personnel hospitalier nord-américain essentiellement féminin suivie et mise à jour depuis 1976. Les analyses statistiques multifactorielles sur 89708 participants sur un total de 121700 personnes inclurent les pratiques religieuses répertoriées en 1992 et 1996. Tous les autres facteurs pouvant influer sur les tendances suicidaires tels que la consommation d’alcool, de café, de drogues ainsi que les symptômes dépressifs et le statut social, statut marital, nombre d’amis, etc, ont été passés au crible lors de l’analyse de ces données. Il en est ressorti toutes sortes de renseignements d’ordre sociologique qui corroborent les premières observations de Durkheim. Par exemple les personnes participant à un office religieux (au temple ou à l’église) au moins une fois par semaine consommaient moins d’antidépresseurs, fumaient moins et étaient plus souvent marié(e)s que les personnes n’ayant aucune pratique religieuse. Quant au taux de suicide (réussi ou tentative) il s’est trouvé qu’il était 5 fois inférieur quand les sujets assistaient régulièrement à un office religieux catholique alors que ce taux était plus élevé chez les personnes pratiquant la religion protestante quelle qu’elle soit.

Le suicide est considéré par la religion chrétienne comme une faute et c’est la seule explication qui ressort de cette étude bien que la différence entre les catholiques et les protestants s’estompe quand les sujets, se déclarant pourtant soit catholiques soit protestants, ne vont que très rarement ou pas du tout assister à des offices religieux. Indéniablement, et comme Durkheim le nota dans son ouvrage « Le Suicide », la religion est donc centrale dans le concept de conscience collective mais pas seulement car pris individuellement les sujets étudiés intègrent les préceptes de l’enseignement religieux dans leur vie, le respect de celle-ci et par voie de conséquence le respect de leur santé physique et mentale.

Source : JAMA Psychiatry, doi : 10.1001/jamapsychiatry.2016.1243

Illustration : Emile Durkheim (Wikipedia)

Le Pape veut béatifier Blaise Pascal !

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Comme Mozart et Schubert, deux génies de la musique, Blaise Pascal mourut à 39 ans et il fut aussi un génie autodidacte dans le domaine de la physique et des mathématiques. À 19 ans il inventa la machine à calculer (illustration : la « pascaline ») après avoir revisité les notions de vide et de pression qu’avait ébauché Torricelli et ayant papillonné dans de nombreux autres domaines des mathématiques comme par exemple la géométrie projective qui fut reprise au même moment par un autre illustre mathématicien français, Pierre Fermat, un ami de Pascal, pour établir les principes de base des calculs de probabilité. Pascal, Blaise de son prénom, fut également durant cette période d’une intense créativité intellectuelle un talentueux trousseur de jupons. Sa soeur le convertit au jansénisme en 1594 (lire ci-dessous) et ce fut alors une errance philosophico-religieuse d’écrivain plutôt polémiste qui mit à mal les Jésuites dans son pamphlet « Les Provinciales » . Ce dont je me souviens de manière la plus vivante de l’oeuvre de Pascal est son petit livre intitulé « Les Pensées » publié à titre posthume, un petit chef-d’oeuvre inégalé de philosophie encore plus sublime que les Pensées de Marc-Aurèle. Mais avant sa mort Pascal ne quitta jamais sa passion pour les mathématiques. Il explora par exemple par le calcul les courbes appelées cycloïdes …

Après ce très bref résumé de sa biographie, on ne peut pas dire pour quelles raisons le Pape déciderait de béatifier Pascal. Cette décision surréaliste – Pascal fut un inlassable pourfendeur épistolaire des Jésuites – repose sur l’unique fait que le 23 novembre 1654, entre 22h30 et minuit et demi il entendit des voix, eut des visions et la foi lui fut révélée. Il décida de s’infliger une retraite mystique au couvent janséniste de Port-Royal. L’histoire ne dit pas s’il continua à laisser libre cours à son attirance pour la gent féminine, il est raisonnable d’en douter. Donc, le Pape, comme pour les deux bergères de Fatima dont il fit récemment des « saintes », a décidé de simplement le béatifier. C’est tout simplement déshonorant pour la mémoire de cet Auvergnat Ô combien illustre.

Source biographique et illustration : Wikipedia. Un prochain billet de ce blog sera consacré aux personnes qui « entendent des voix ».

La papauté et les histoires de couple

La papauté et les histoires de couple

Finalement le pape a fait un grand pas en avant (en arrière ?) en reconnaissant qu’après tout les divorcés pouvaient réintégrer le giron bisou-bisou de l’église. En d’autres termes une femme et un homme divorcés pourront se marier civilement et – ensuite – réintégrer l’église dont la loi fondamentale qui a érigé le mariage en dogme (de je ne sais pas trop quoi) ne peut être transgressée. Ouf ! Les divorcés ne seront donc plus excommuniés et échapperont ainsi à la géhenne éternelle. C’est un grand pas de franchi mais on ne sait pas trop si les divorcés peuvent à nouveau communier (voir ci-dessous).

Pour les LGBTs il faudra attendre car le pape a beau chercher dans les livres saints il n’en est fait mention nulle part.

L’union libre, si c’est de l’amour ( et seulement si ! ), peut aussi être acceptée au sein rassurant de l’église. On est ravi de l’apprendre. Je pense aux Espagnols, jadis très cathos, qui vivent maintenant majoritairement en union libre. Dans son exhortation intitulée « Amoris laetitia » (La « joie de l’amour », tout un programme !) Francisco plaide au long de 260 pages de texte revues et corrigées par les prélats du Vatican, tous plus ou moins pédophiles ou complices de curés pédophiles comme le prélat des Gaules, le dénommé Barbarin, spécialistes bien connus en matière d’amour et de sexe pour une forme de souplesse sans condamnation définitive (en pensant aux divorcés) à condition que ces derniers satisfassent à un certain nombre de critères. L’abstinence sexuelle recommandée aux couples formés de divorcés pour recevoir la communion (j’avoue que je ne connaissais pas ce détail grotesque) est donc assouplie : encore une fois c’est un grand pas en avant mais il faudra que les dits couples se soumettent à un examen détaillé appelé « forum interne » par devant un curé ou un évêque, difficile d’imaginer les propos échangés lors de ce forum en question. Et si tout se passe bien ces couples de divorcés ou vivant en union libre pourront alors convoler en justes noces avec naturellement la bénédiction de cette union charnelle par le curé.

Adapté de dépêches d’agence dont AFP

La nature de l’âme et Marc-Aurèle

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Au lendemain de la fête juive Purim et en ce vendredi (saint) célébré par les chrétiens je laisse à mes lecteurs tout le loisir d’apprécier la teneur de cette pensée de Marc-Aurèle, Empereur romain et philosophe à ses heures (121 – 180 après JC).

« Si les âmes survivent, comment depuis l’éternité l’atmosphère peut-elle les contenir ? Et comment la terre peut-elle contenir les corps qu’on y ensevelit depuis si longtemps ? De même qu’ici-bas la transformation et la décomposition des corps, après un certain temps, fait de la place aux autres, de même les âmes lâchées dans l’atmosphère, au bout d’un moment, se transforment, se répandent et s’embrassent dans l’universelle raison génératrice et ainsi reprises, font de la place aux suivantes. Voilà ce qu’on pourrait répondre dans l’hypothèse de la survivance des âmes. Et pour les corps, il ne faut pas seulement compter ceux que l’on enterre mais aussi les animaux que nous et les autres espèces mangeons chaque jour. En effet, bon nombre d’êtres vivants sont consommés et pour ainsi dire ensevelis dans les corps de ceux qui s’en nourrissent ; et cependant, par transformation en sang, en air ou en feu, ils sont assimilés. Quelle est la voie de la vérité sur ce point ? C’est la distinction entre la matière et la cause formelle.« 

À l’évidence Marc-Aurèle ne croyait pas en l’existence de l’âme, un dogme déjà formulé par les Anciens et repris pour sa propre cause prosélyte par l’Eglise Chrétienne alors balbutiante comme elle adapta la plupart des festivités païennes dans le même courant idéologique. De même Marc-Aurèle ne croyait pas à la résurrection de la chair, un autre dogme de l’Eglise Chrétienne car, comme il le dit avec limpidité et élégance, les corps sont recyclés et par conséquent, dès leur passage de l’état de vie à l’état de mort, ils sont indifférenciés en matière élémentaire, le fameux « rien ne se crée, rien ne se perd » de Lavoisier, cité de mémoire. La suite de cette histoire de la mise en place de la religion chrétienne que vécut Marc-Aurèle, bien avant l’apparition de l’Islam qui procéda des mêmes tactiques rhétoriques, est d’abord l’invention invraisemblable d’un dieu en trois états, mais vraisemblable pour capter les esprits crédules encore habitués aux dieux païens. En effet puisqu’il était devenu impératif de convertir des polythéistes à une pratique religieuse ne faisant mention que d’un seul dieu, quel merveilleux subterfuge que la trinité ! Il fallait y penser en effet … Imaginer un dieu au centre de tout l’univers non pas une unique personne mais une sorte d’être hybride tridimensionnel ne pouvait que fasciner les croyants car il s’agissait d’une sorte de magie mais en réalité un montage idéologique grossier pour ensuite faire avaler n’importe quoi à ces êtres soumis indéfectiblement à l’autorité religieuse tels des grenouilles décérébrées. Ne parlons même pas des fadaises grotesques comme la transsubstantiation (le vin changé en sang et le pain en chair) ou la virginité de Marie, un autre dogme qui apparut plus tard.

On en revient donc à l’âme et c’est là que l’Eglise a fait très fort en exploitant pendant des siècles l’imbécillité des croyants parfois convertis de force à cette religion perverse. Il s’est agi de répandre la peur du châtiment éternel, de l’enfer, de la damnation de l’âme, de la résurrection promise seulement aux fidèles et non aux pécheurs. L’église chrétienne n’a eu de cesse de codifier la vie des croyants tout en leur prélevant au passage de lourdes taxes pour le salut de leur âme. Toute cette idéologie est parfaitement cohérente, car la religion chrétienne (et les religions quelles qu’elles soient) est la résultante d’une machination dont la finalité est l’exploitation des croyants. Et selon ses principes de prosélytisme tous les excès ont été autorisés sinon encouragés pendant des siècles depuis l’extermination de peuples entiers, les pillages de grande envergure, les viols, les destructions, les tribunaux, les tortures, les bains de sang … pour le salut des âmes.

Pendant des siècles il a fallu entretenir la peur, la peur de l’enfer promis aux âmes des pécheurs, des fautifs, de ceux qui ne suivaient pas les enseignements de l’église, car cette peur a permis à l’Eglise de Rome de rançonner les croyants et d’amasser des richesses invraisemblables entassées dans les caves du Vatican. Cette pratique a été reprise par les Mormons : chaque « croyant » de Joseph Smith doit laisser un mois de salaire par an à l’église mormon pour le salut de son âme. Il suffit de rouler sur Santa Monica Boulevard à West Los Angeles pour constater l’opulence de cette église d’un nouveau genre qui n’a fait que reprendre les principes économiques et bassement mercantiles de l’église chrétienne qui furent organisés dès les premiers siècles.

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Qu’en est-il aujourd’hui ? En deux ou trois mille ans le cerveau pourtant très malléable de l’homme n’a pas vraiment évolué et il est toujours aussi perméable à toutes sortes de prosélytismes et le dernier en date est le changement climatique. Il s’agit d’une nouvelle sorte de religion très bien organisée dont le but initial est de culpabiliser les populations crédules qui ignorent qu’elles sont manipulées par un pouvoir caché aux mains de quelques centaines de grandes multinationales pour lesquelles il n’a fallu qu’un clignotement de paupières pour comprendre qu’il y avait très, très gros à gagner avec cette peur nouvelle du changement climatique, la nouvelle peur millénaire parfaitement orchestrée par ces obscures puissances financières, exploitant les délires des marginaux des années 1970.

Tout a commencé avec la peur des essais nucléaires atmosphériques puis l’invention de l’effet néfaste des CFCs sur la couche d’ozone, ce fameux trou dont personne ne soupçonnait l’existence avant que des satellites en décèlent la présence. Ce fut la première campagne de désinformation de grande envergure de la NASA qui servit les intérêts d’une grande multinationale, la Dow Chemical Co, qui avait justement, comme par hasard, un substitut aux CFCs pour sauver l’humanité de ces vilains rayons UV dévastateurs.

Puis ce furent des accumulations de délires orchestrés par les organisations étatiques américaines dont encore la NASA avec les affirmations mensongères de James Hansen, pendant des années spécialiste de l’atmosphère de la planète Vénus, qui transposa en un modèle erroné ses observations vers l’atmosphère de la Terre. Curieusement, ce scientifique sembla ignorer l’effet de la gravité sur l’atmosphère d’une planète, qu’il s’agisse de Vénus ou de la Terre. Compte tenu de l’aura dont était entouré James Hansen, il n’en fallut pas plus pour construire un nouveau schéma de peur millénaire, le réchauffement climatique combiné à la théorie de l’effet de serre des gaz émis par l’activité humaine.

Cette nouvelle religion est née au tournant de ces années 70 et elle perdure aujourd’hui, elle est devenue institutionnelle, comme le devint la religion chrétienne durant le règne de Marc-Aurèle. Il fallait en effet que les institutions en place du temps de cet empereur se plient à la propagande de cette nouvelle religion comme aujourd’hui les gouvernements, les institutions internationales et les grandes corporations ont vendu leur âme à la cause du changement climatique. Marc-Aurèle, philosophe et fondamentalement polythéiste, en d’autres termes réfractaire à toutes sortes d’opinions transcendantales imposées, s’avoua finalement vaincu par la religion chrétienne car il reconnut à la fin de sa vie qu’il avait lui aussi peur de la mort et de l’au-delà.

On aurait pu espérer que les progrès scientifiques et techniques comme par exemple le décryptage du fonctionnement du monde vivant introduiraient une certaine dose de rationalisme dans le cerveau des humains. Il n’en est rien, le cerveau humain, malgré sa complexité, n’a pas suivi l’évolution rapide des sciences et il reste perméable à l’irrationnel et aux faux prophètes (il n’y a pas de « vrais » prophètes non plus). La nouvelle peur climatique, irrationnelle et entièrement adossée à de la fausse science, procède des mêmes techniques idéologiques développées par les religions pour assoir leur pouvoir temporel. Pendant des siècles l’Eglise chrétienne fut un système totalitaire basé sur la peur avec une symbolique représentée par la croix, originellement un instrument de supplice ! L’Eglise de Scientologie Climatique a exploité les même vieilles recettes de la religion : la peur, la culpabilisation et le supplice de l’enfer promis à l’humanité toute entière si elle ne rachète pas ses fautes en limitant sa consommation d’énergie et en réduisant sa natalité. Le XXIe siècle a bien mal commencé en plongeant tête baissée et les yeux fermés dans un obscurantisme détestable. Peut-être bien que Marc-Aurèle, philosophe stoïcien austère, y retrouverait quelques-uns de ses principes …

L’origine des religions ( 2 ) Les évènements climatiques ?

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L’apparition des croyances en une entité supérieure à l’homme, un facteur contribuant à l’organisation sociétale des groupes humains, reste obscure. Le mystère des grottes profondes a certainement contribué à la conceptualisation d’un être suprême à qui on doit le respect ou au moins une dévotion et une reconnaissance. À la surface de la Terre, pour rester plus matérialiste, ce fut d’abord et avant tout autre paramètre la disponibilité en nourriture qui induisit l’apparition de rites célébrant le Soleil, puis la pluie avec la manifestation terrifiante des orages. Dès la sédentarisation des chasseurs-cueilleurs avec l’apparition de l’élevage et de l’agriculture, ces deux facteurs essentiels à la vie, Soleil et pluie, permit la structuration de la notion d’êtres supérieurs et de divinités appropriées à l’organisation des groupes humains en les moralisant. Il y eut en effet très tôt dans l’évolution des sociétés humaines des dieux bons et des dieux mauvais reflétant le bien et le mal existant dans ces groupes humains.

Pour tenter d’établir une corrélation entre les paramètres climatiques favorables à la culture et l’élevage et la nature des êtres supérieurs vénérés ou invoqués dans des rites « religieux » 389 groupes humains ont été étudiés. Bien que l’on ait tendance à ne considérer que quatre ou cinq grandes religions dans le monde, il existe une multitude de pratiques relevant parfois de la magie mais toutes faisant référence à l’existence d’un être transcendantal le plus souvent lié à l’agriculture et/ou l’élevage et donc aux conditions climatiques. Ces « dieux » remplissent une fonction moralisatrice car ils sont considérés par les « anciens » ou les chefs ou encore les sorciers comme des exemples que les sociétés doivent suivre.

L’étude réalisée par une collaboration internationale entre USA, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande et parue dans les PNAS en open access ( http://www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1408701111 ) et schématisée par l’illustration ci-dessus indique clairement une répartition régionale sans interpénétration entre dieux moralisateurs (points bleus) et déités ou esprits sans influence moralisatrice (points rouges) sur les sociétés humaines étudiées. La liste de ces sociétés est intéressante à parcourir et disponible en suivant le lien ici : http://www.pnas.org/content/suppl/2014/11/05/1408701111.DCSupplemental/pnas.1408701111.sd01.csv . L’illustration indique en grisé foncé les zones de pluviosité élevée et donc de production végétale satisfaisante pour soutenir la vie. On a en effet coutume de dire dans les pays tropicaux et équatoriaux qu’il suffit de se baisser pour se nourrir. L’Amérique du Nord constitue un exemple particulier d’animisme lié à l’abondance de nourriture dans les grandes plaines et de la même abondance sur la côte ouest en raison de la richesse de la mer et des forêts. Les zones intertropicales sont également largement dominées par des pratiques religieuses ne faisant pas intervenir d’être suprême moralisateur car la pluviométrie et l’abondance de nourriture atténuent les éventuels désordres sociétaux.

La partie nord de l’Afrique, depuis le Sahel, et l’Europe sont dominées par des pratiques religieuses impliquant des divinités supérieures moralisatrices. Elles correspondent à des sociétés pratiquant pour la plupart l’élevage en parallèle à une agriculture dont une grande partie est destinée à l’élevage. La propriété individuelle étant considérée comme une valeur sociétale la base de l’organisation de ces groupes humains reposait sur des valeurs morales devant être respectées à l’image du (des) dieu(x) moralisateur(s). Cette étude a montré une parfaite cohérence entre la pratique de l’élevage et de l’agriculture organisée avec une notion de propriété individuelle et cette vénération d’un être suprême ayant pu prendre toutes les identités possibles.

Cette étude montre donc que la notion de divin était originellement conceptuelle et a contribué, au cours de l’évolution des sociétés humaines, à établir des règles de vie en communauté à l’inverse de la magie et du chamanisme qui n’ont que très peu contribué à l’organisation de ces sociétés.

Source : PNAS

Le Démon est toujours parmi nous !

 

Le Pape s’est déclaré opposé au créationisme. C’est une bonne nouvelle en soi. Il est vrai que la démarche du Vatican de nier le créationisme relève d’une pure logique scientifique qui finalement admet l’hypothèse darwinienne de l’évolution maintenant largement confirmée par des milliers d’études sur l’ADN. L’ensemble du monde vivant évolue, que ce soient les animaux y compris l’homme, les plantes, les insectes ou les microorganismes. Le monde tel qu’on le connait n’a pas été figé une fois pour toutes à sa création par un être suprême tel qu’il est dit dans la Bible. Il aura fallu plusieurs milliards d’années pour qu’apparaissent les premiers êtres organisés puis en quelques centaines de millions d’années l’explosion du monde des vertébrés a finalement conduit à l’homme. On retrouve des gènes chez l’homme qui sont présents dans les levures, on ne peut donc pas nier l’évolution sur la base des écrits de la Bible relatifs à la création du monde. Le Pape a donc pris position et réfuté d’un revers de main cette pseudo-science pour le moins obscurantiste.

Par contre et c’est un peu surprenant, le même Pape, faisant preuve de clairvoyance scientifique d’un côté, retombe dans les pires aspects de la religion en accueillant à Rome, à l’occasion de la fête des morts le Congrès des exorcistes et l’Eglise catholique en compte pas moins de 300 dûment reconnus pour leurs pouvoirs presque surnaturels d’engager le combat contre le Démon.

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Ça me rappelle cet excellent film de Mikael Håfström, Le Rite (2011), avec l’immense Anthony Hopkins qui, tout curé qu’il est au Vatican dans ce film, exorcise les possédés du démon dans des mises en scène tellement réalistes qu’on croit être soi-même possédé. Dans son rôle, c’est un spécialiste en la matière et il « éduque » un jeune américain à la pratique complexe de l’extirpation du démon qui a pris possession d’êtres humains un peu fragiles psychologiquement. Pour l’Eglise être exorciste n’est pas un travail d’amateur. Et pour cause ! Il existe une association internationale des exorcistes reconnue d’ « utilité religieuse » pas plus tard qu’en juin dernier par la très sérieuse et très honorable Congrégation pour le Clergé dont le siège est au Vatican. Les « bonnes pratiques » de l’exorcisme ont été précisément définies et elles font la part entre la possession par le démon et une banale maladie mentale.

Si vous croyez rêver en lisant ces lignes, pincez-vous car c’est vrai ! L’article 1172 ou plutôt le « Canon » 1172 de la Loi Canon définit très précisément l’exorcisme. Pour exercer ce métier un peu (très) spécial il faut être reconnu apte par le Vatican. À Rome le Père Vicenzo Taraborelli « consulte » tous les matins, sauf le jeudi, sur simple appel téléphonique. Bien qu’âgé de 76 ans ce vénérable exorciste sévissant depuis plus de 50 ans effectue parfois une centaine d’interventions par semaine et il peut se glorifier devant les anges d’avoir formé durant sa carrière plusieurs centaines d’exorcistes car le mal ne fait qu’empirer. Pour le Vatican, l’affaiblissement de la foi est propice au démon qui prend possession d’un nombre croissant de personnes qui finissent par perdre la raison à la suite des œuvres incontrôlables du diable.

Malgré toutes les avancées scientifiques récentes concernant la biochimie et le fonctionnement du cerveau, l’exorcisme constitue un aspect spirituel de cette approche qui peut convenir à certains croyants se sentant possédés par le diable. C’est en tous les cas l’argument qu’avancent les très sérieux spécialistes vaticanesques de l’exorcisme. Le rite de l’exorcisme est parfaitement codifié par l’Eglise catholique, ce n’est pas du cinéma mais bien la réalité. Après une brève confession personnelle pour se purifier l’âme l’exorciste arrose le possédé d’eau bénite et récite des prières variées puis se met carrément à insulter le diable en lui demandant instamment de quitter l’âme qu’il a possédé. C’est écrit là : http://www.catholic.org/prayers/prayer.php?p=683 . À la fin du rite le possédé guéri, donc délivré du démon, est prié d’assister à la messe chaque jour pendant au moins une semaine, en quelque sorte une convalescence.

Conclusion, pour le Pape qui fait pourtant preuve d’une certaine ouverture d’esprit, le démon est toujours parmi nous et beaucoup plus présent qu’on a tendance à le croire … Mais au fait c’est qui, c’est quoi, qui c’est celui-là ? Il est probablement très difficile pour un esprit rationnel d’obtenir une réponse satisfaisante de la part du Vatican.

Source : The Daily Beast

Réflexion sur les « Reyes Magos »

En ces temps de fête que je méprise totalement puisque je ne crois ni aux dieux ni aux diables et encore moins aux anges puisque l’essentiel de ces fêtes correspond à des trucs païens repris et adaptés par les religieux pour formater les crédules, ceux qui ont peur de l’au-delà. Cette peur a été et est toujours la source de la richesse de toutes les églises, en quelque sorte le pari fameux de Pascal adapté aux foules. S’il faut lire les Pensées de Pascal dans leur détail pour comprendre ce que signifie ce pari, je doute que la foule qui regardait ce soir les Reyes Magos défiler dans les rues de Santa Cruz de Tenerife, traduisez les Rois Mages, comprenne réellement ce que signifie le pari d’un des plus grands cerveaux français.

J’ai lu et relu les Pensées mais pour ce qui est du Pari, j’avoue que j’ai toujours été hermétique tant à sa formulation qu’à sa signification. Le Pari consiste à jouer sa vie à la roulette comme au casino, il peut se résumer ainsi : « puisqu’il n’y a rien à perdre (et tout à gagner), pourquoi ne pas jouer ». C’est à mon sens non seulement une absurdité mais également une déviance idéologique d’un penseur qui aurait bien mieux fait de se consacrer aux mathématiques plutôt que de philosopher sur la religion. Et quand je dis déviance, je suis loin de la réalité car Pascal n’ignorait pas que, comme tout scientifique, cette notion de rachat, de pardon ou de résurrection des corps est une foutaise inventée par l’église pour récolter le maximum de biens des croyants au nom du salut de leur âme. L’âme, encore un concept, un dogme, une invention de l’église qui a ainsi rançonné les croyants, riches ou pauvres, pendant deux millénaires, et ne vous faites pas d’illusion, ça continue !

La nouvelle peur du changement climatique entre dans ce genre de démarche. On peut dire que puisque nous avons consommé à outrance et que nous polluons l’atmosphère avec les rejets de notre inconscience, pour notre salut, il faut maintenant payer. C’est le pari de Pascal revisité par les écologistes. C’est effrayant quand on sait que les élucubrations de l’IPCC au sujet de l’effet de serre ne sont basés sur aucune évidence scientifique, c’est plutôt le contraire, un gigantesque mensonge, comme les religieux ont rançonné pendant des siècles les croyants moutons asservis par les curés pour le salut de leur âme.

Il y a tellement d’analogies dans ces démarches totalement démagogiques que je me suis permis de pondre ce billet d’humeur vespéral alors que la foule hideuse, vulgaire à l’extrême, des spectateurs du défilé des Reyes Magos est repartie en laissant les trottoirs de la ville jonchés de détritus. Savent-ils au moins qu’ils n’ont pas d’âme, qu’il n’y a pas d’au-delà, que le paradis n’existe pas ni l’enfer d’ailleurs (au moins c’est une petite note réjouissante) et que les anges n’existent pas ni les saints, que tout est une pure invention parce que les humains ont tout simplement peur de la mort. Vous vous souvenez de cette histoire incroyable du chimpanzé élevé par un couple d’Américains qui avaient aussi dans leur maison un chien. Ils avaient appris au chimpanzé à parler en ameslan, le langage par gestes des sourds-muets. Un jour le copain du singe, je veux parler du chien, se fit écraser par une voiture dans la rue. Ses maîtres firent comprendre au singe que son ami était mort et qu’il ne le reverrait jamais. Le singe s’enferma dans une profonde déprime et finit par se suicider. Pour nous, humains, proches cousins des singes, c’est exactement la même histoire, nous avons peur de la mort comme ce singe et le pari de Pascal est vraiment utile pour contourner cette peur qui vient de la nuit des temps puisque le singe la partage avec nous, ce qui est inexplicable et ce dernier point demande réflexion …

Personnellement la mort ne me fait pas peur, j’ai de quoi m’euthanasier en douceur et je connais la recette. Pascal devait certainement avoir peur de la mort alors qu’il était pourtant un scientifique. J’avoue que je suis perplexe. Les Reyes Magos n’ont rien apporté d’autre que des illusions savamment entretenues par l’église, quel gâchis et quelle régression intellectuelle ! Mais ça ne date pas d’hier malheureusement …