La pandémie de coronavirus modifiera à jamais l’ordre mondial

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Par Henry Kissinger, paru dans le NY-Times le 4 avril 2020

L’atmosphère surréaliste dans laquelle nous plonge la pandémie de Covid-19 me rappelle ce que j’ai pu ressentir jeune homme, dans la 84e Division d’Infanterie, durant la Bataille des Ardennes. Aujourd’hui comme à la fin de 1944 règne ce sentiment d’un insaisissable danger, qui ne vise personne en particulier, mais frappe au hasard et sans merci. Une différence importante caractérisait cependant ces temps lointains par rapport à notre époque : la capacité de résistance des Américains se nourrissait de la poursuite d’un objectif national suprême. Aujourd’hui, dans un pays divisé, l’efficacité et la clairvoyance doivent guider l’action du gouvernement pour surmonter des obstacles sans précédent par leur ampleur et leur portée mondiale. Conserver la confiance du public est essentiel à la solidarité sociale, à la relation entre les sociétés, à la paix et à la stabilité internationales.

La cohésion et la prospérité des nations reposent sur la conviction que leurs institutions peuvent prévoir les catastrophes, endiguer leurs effets et restaurer la stabilité. Lorsque la pandémie de Covid-19 sera passée, les institutions de nombreux pays donneront l’impression d’avoir échoué. La question n’est pas de savoir si ce jugement est juste d’un point de vue objectif. La réalité est qu’après le coronavirus, le monde ne sera jamais plus comme avant. Se quereller aujourd’hui à propos du passé ne peut que rendre plus compliqué ce qu’il convient de faire.

Le coronavirus a frappé dans des proportions et avec une brutalité inédites. Sa progression est exponentielle : aux Etats-Unis, le nombre de cas double tous les cinq jours. A l’heure où je rédige ces lignes, il n’existe pas de remède. Les équipements médicaux sont en quantité insuffisante pour faire face aux vagues de plus en plus importantes de malades. Les unités de soins intensifs seront bientôt débordées, quand elles ne le sont pas déjà. Les tests ne permettent pas d’identifier l’étendue de l’infection, et encore moins d’inverser sa diffusion. La mise au point d’un vaccin pourrait prendre douze à dix-huit mois.

L’administration américaine a fait ce qu’il fallait pour éviter une catastrophe immédiate. Le test ultime sera de savoir si la propagation du virus peut être arrêtée, puis inversée d’une manière et dans des proportions qui préservent la confiance du public dans la capacité des Américains à se gouverner. L’effort déployé face à la crise, quelles que soient son ampleur et sa nécessité, ne doit pas empêcher le lancement urgent d’une initiative parallèle pour assurer la transition vers le nouvel ordre de l’après-coronavirus.

Les dirigeants gèrent la crise pour l’essentiel à l’échelle nationale mais l’effet de désagrégation que le virus produit sur les sociétés ne connaît pas les frontières. Si l’impact sur la santé des individus sera, espérons-le, temporaire, les bouleversements politiques et économiques que la pandémie provoque pourraient être sensibles durant plusieurs générations. Aucun pays, pas même les Etats-Unis, ne peut vaincre le virus sur la base d’un effort purement national. Faire face aux besoins du moment doit en définitive s’accompagner d’une vision et d’un programme communs sur le plan mondial. Si nous ne menons pas les deux de front, nous aurons le pire de chacun des deux.

Au vu des enseignements tirés de l’élaboration du Plan Marshall et du Projet Manhattan, les Etats-Unis doivent consentir un effort considérable dans trois domaines. Il faut d’abord renforcer la capacité mondiale de résistance aux maladies infectieuses. Tranquillisés par les victoires de la science médicale que sont le vaccin contre la poliomyélite et l’éradication de la variole, ou encore cette merveille naissante de la technique et des statistiques qu’est le diagnostic médical fondé sur l’intelligence artificielle, nous avons fait montre d’un dangereux excès de confiance. Nous devons mettre au point de nouvelles techniques et technologies de contrôle des infections et des vaccins proportionnels à l’ampleur des populations. Villes, Etats et régions doivent se préparer systématiquement à protéger leur population contre les pandémies en constituant des stocks, en procédant à une planification conjointe et en explorant les frontières de la science.

Ensuite, il convient de panser les blessures de l’économie mondiale. Les dirigeants du monde entier ont tiré des leçons importantes de la crise financière de 2008. La crise économique actuelle est cependant plus complexe : la contraction résultant de la pandémie de coronavirus est, dans sa rapidité et sa portée planétaire, sans précédent dans l’Histoire. Et les mesures indispensables de protection de la santé publique, comme la distanciation sociale et la fermeture des écoles et des entreprises, contribuent aux difficultés économiques. Il faudra aussi mettre en oeuvre des programmes pour atténuer les effets du chaos imminent sur les populations les plus vulnérables de la planète.

Enfin, les principes de l’ordre libéral international doivent être préservés. Le mythe fondateur de l’Etat moderne est une ville fortifiée protégée par des dirigeants puissants, parfois despotiques, parfois bienveillants, mais disposant toujours d’une force suffisante pour prémunir leur peuple contre un ennemi extérieur. Les penseurs des Lumières ont restructuré ce concept, affirmant que l’objectif d’un Etat légitime était de pourvoir aux besoins fondamentaux du peuple : sécurité, ordre, bien-être économique et justice. Les individus ne peuvent pas satisfaire ces besoins tous seuls. La pandémie a donné lieu à un anachronisme, faisant renaître la ville fortifiée à une époque où la prospérité dépend des échanges mondiaux et de la libre circulation des individus.

Les démocraties du monde doivent défendre et préserver les valeurs qu’elles ont héritées des Lumières. Si le monde devait renoncer à équilibrer pouvoir et légitimité, le contrat social se désintégrerait tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières nationales. Pour autant, cette question millénaire de la légitimité et du pouvoir ne peut pas être réglée en même temps que se déploient les efforts pour vaincre le Covid-19. Chacun doit faire preuve de retenue, tant en politique intérieure que dans la diplomatie internationale. Des priorités doivent être établies.

Depuis la Bataille des Ardennes, nous avons évolué vers un monde de prospérité croissante, d’où la dignité humaine est sortie renforcée. Aujourd’hui, nous sommes à un tournant. Les dirigeants ont un défi historique à relever : gérer la crise tout en bâtissant l’avenir. Leur échec pourrait consumer le monde.

(Traduction trouvée sur le site Voltairenet.org)

Commentaire de la part de votre serviteur. Kissinger prévoit donc un changement planétaire après la pandémie. Certes il y aura un grand changement mais pas comme l’indique ce « cher Henry » dans une prose évasive. Ce changement sera avant tout économique à l’échelle mondiale. L’épicentre de l’économie va se déplacer vers l’Extrême Orient. La Chine a su maîtriser son épidémie en ne confinant que moins de 1 % de sa population, essentiellement la province de Hubei. L’économie du pays n’a jamais été mise à l’arrêt total comme dans les principaux pays européens. Il en a été de même pour la Corée du sud, Taïwan (il paraît que ce pays n’existe plus selon l’OMS), le Japon ou encore le Vietnam pour les principaux pays industrialisés de la région auxquels il faut ajouter la Malaisie, l’Indonésie et les Philippines. Dans tous ces pays l’activité économique n’a jamais cessé depuis l’apparition du virus en question. Les pays européens ont choisi le suicide économique plutôt qu’une gestion rationnelle de cette grippe à l’exception de l’Allemagne, des pays scandinaves et de quelques pays de la sphère d’influence germanique. Il apparaît de plus en plus évident que l’Union européenne, qui a fait preuve d’un manque total de solidarité, s’achemine vers une terrible crise économique qui fera imploser cet ensemble artificiel basé sur une monnaie artificielle qui défavorise les pays dont l’économie est mal gérée au profit de ceux capables de bien gérer leurs affaires. Avec un transfert de l’épicentre économique mondial vers l’extrême orient la chute de l’Union européenne sera d’autant plus évidente alors que l’Europe des 27 était il y a encore quelques mois la première puissance économique du monde. Quant aux Etats-Unis, plutôt que de tenter de se maintenir dans leur position de leaders mondiaux avec leur vieux démon de domination impérialiste, ils vont se retrouver à l’issue de cette pandémie appauvris avec un nombre de chômeurs totalement impossibles à gérer. Tels un animal blessé ils n’auront plus d’autre choix que d’attaquer leurs ennemis traditionnels qui ne répondent pas à leurs critères de démocratie. La liste des futures victimes des USA est claire : la Chine si elle touche à leur allié qu’est Taïwan, l’Iran peut-être – peut-être car l’Iran a un allié puissant qu’est la Russie – mais, très improbable il y a encore aussi quelques mois, l’Arabie saoudite. Quant à l’instauration d’un nouvel ordre mondial, nécessairement autoritaire et coercitif, j’émets quelques doutes car tous ceux qui auront souffert du confinement et de ses conséquences, un avant-goût d’un totalitarisme étatique, auront beaucoup de mal à supporter à nouveau une autorité, quelqu’en soit l’auteur? Bref, le monde d’après la pandémie sera différent mais pas tout à fait comme l’imagine Kissinger.

Coronavirus : connais pas !

J’ai publié en ligne sur mon blog plus de 3200 articles depuis septembre 2011 et j’ai eu la paresse – même en étant confiné dans mon modeste meublé de location – de rechercher si je n’avais pas déjà écrit un papier déclinant comme un verbe ou un mot latin l’historique de ma santé, ce que le médecin généraliste du système de santé étatique espagnol m’avait demandé lorsque je me suis installé ici à Tenerife. Je me souviens qu’elle (c’est une femme) ne m’ausculta même pas ni ne prit ma tension artérielle et se contenta de pianoter sur le clavier de son ordinateur en écoutant ce que je lui racontais et je fus convoqué pour une prise de sang la semaine suivante. En Espagne le système de santé public consiste en des dispensaires où on accède à des médecins spécialistes que si le généraliste qui s’occupe de votre cas en décide ainsi. Avoir un rendez-vous avec par exemple un spécialiste des problèmes de squelette, genre hernies discales, peut rencontrer un délai de 15 mois. Accéder aux services d’urgence à l’hôpital dépend également du « bon vouloir » du médecin généraliste qui vous gère ou du moins qui feint de gérer votre santé. En bref il vaut mieux être bien portant. Je fus convoqué quelques jours plus tard par un message sur mon téléphone portable pour une visite relative au résultat de ma prise de sang et Malthida, c’est le prénom de ma généraliste, me prescrit des statines car elle trouvait que j’avais trop de cholestérol. Je lui fis comprendre dans mon espagnol à l’époque très approximatif que je refusais de prendre ce poison. Etc …

J’en viens donc au descriptif détaillé de mon passé « clinique » que j’avais exposé à un vieux médecin australien qui avait sévit durant toute sa carrière en Papouasie-Nouvelle Guinée lorsque j’habitais à Port-Vila au Vanuatu. Ce dernier, dans sa sagesse, m’avait déclaré que j’étais vraiment une exception. Curieusement Mathilda n’eut pas la même réaction : je n’étais qu’un malade anonyme dont le fichier était entré dans l’ordinateur du système de santé espagnol, sans plus. En quelque sorte une fonctionnaire qui n’avait plus rien d’un médecin « de famille » comme il en existait en France autrefois et probablement en Espagne aussi.

Ce que j’avais exposé à ce vieux médecin australien et que j’ai répété à Mathilda se résume ainsi. Comme beaucoup d’enfants de ma génération j’ai souffert de diverses maladies infantiles, virales pour la plupart : rougeole, oreillons, rubéole, varicelle, scarlatine, otites et grippes. Puis à l’âge de 15 ans je fus hospitalisé dans un sanatorium pour enfants qu’on appelait pudiquement un préventorium pour isoler les malades souffrant de tuberculose pulmonaire afin de ne pas répandre la maladie. J’étais en pension chez les curés qui avaient accepté par charité d’admettre un élève dans ma classe dont les parents étaient notoirement tuberculeux.  Nous nous retrouvèrent 7 élèves de la même classe dans le même préventorium dans les montagnes de Haute-Savoie. C’est d’ailleurs la principale raison pour laquelle je hais la religion, l’église et les curés qui n’hésitaient pas à tripoter les élèves dans le recoin d’un couloir sombre du pensionnat …

Puis lors d’un séjour aux Îles Marquises je fus victime de la dengue, une terrible fièvre hémorragique virale. Au Vanuatu je souffris d’une amibiase puis de paludisme dont je garde toujours les séquelles depuis 22 ans avec des crises périodiques. C’est la raison pour laquelle je connais bien la chloroquine. J’allais oublier que je fus en contact avec les virus des hépatites A, B et C, contact révélé par une analyse sanguine détaillée. J’eus en effet, enfant, ce que l’on appelait une « jaunisse » et plus tard une intoxication violente avec des moules roulantes ramassées sur les plages de l’île de Ré après une tempête. Pour l’hépatite C j’ai encore des doutes. Bref, ce vieux médecin australien qui avait écrit à ses heures perdues un traité mathématique de stratégie à l’usage des joueurs de bridge m’avait déclaré modestement que mon système immunitaire avait été tellement sollicité que je n’avais aucun souci à me faire pour ma santé, que je pouvais continuer à picoler et séduire les femmes, ça maintient en bonne santé et surtout il ne faut pas se préoccuper de sa santé, c’est stressant : la pire des maladies !

Alors que le corps médical prescrit à tort et à travers des antibiotiques pour n’importe quel bobo il ne comprend pas que cette pratique affaiblit le système immunitaire créant ainsi des malades captifs puisque les bactéries deviennent résistantes à de nombreux principes actifs pour le plus grand bonheur des laboratoires pharmaceutiques. Ces derniers redoublent de créativité pour mettre sur le marché des médicaments de plus en plus sophistiqués afin de réaliser de plus en plus de profits au détriment des malades et des systèmes de santé étatiques eux-mêmes de plus en plus coûteux. Le cercle est bouclé et la crise actuelle du coronavirus est là pour accentuer ce cercle vicieux. Et quand un médecin spécialiste de haut vol ressort un vieux médicament pour combattre une nouvelle maladie il bouscule l’organisation mercantile de la pharmacie et alors les politiciens montent au créneau pour défendre le lobby pharmaceutique grand bienfaiteur de ces politiciens sans scrupule. Ce monde est foutu.

Blague belge : plus de masques !

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Je n’ai rien contre les Belges – au contraire j’adore l’humour wallon – mais parfois il s’agit de très mauvaises blagues surtout quand c’est un ministre de la santé qui en est l’auteur.

Des millions de masques FFP3 ont été détruits en 2019 sur ordre du Ministre de la santé parce qu’ils avaient été achetés pour se protéger contre la grippe H1N1 supposée carrément mortelle. Ce fut la même situation en France avec en plus des millions de vaccins qui ont fini dans une décharge d’ordures ménagères ou au four. Les ministres, cons comme des poulets d’élevage, se sont pliés aux injonctions des fabricants de masques qui précisent que ces bouts de tissu ont une durée de vie limitée y compris s’ils restent dans leur emballage d’origine intacts. Donc au delà d’une certaine date il faut les détruire. C’est tout aussi stupide que d’imprimer une date de péremption sur un pot de miel ou un paquet de sel. C’est vrai, une fois …

Il faut respecter la stupidité des régulateurs télécommandés par la commission de Bruxelles. Voilà où en est l’Europe.

Source et capture d’écran :

https://www.levif.be/actualite/belgique/quand-maggie-de-block-faisait-detruire-six-millions-de-masques-contre-le-coronavirus-sans-les-remplacer/article-normal-1268215.html?cookie_check=1585053132

Coronavirus et Italie : pourquoi tant de propagande ?

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Mes lecteurs n’ignorent pas que je suis un peu contrarien. Alors, quand je constate que les médias ne parlent plus ou n’écrivent plus que des articles au sujet de l’épidémie de coronavirus qui se répand dans le monde entier à l’exclusion de tout autre sujet susceptible de présenter un certain intérêt, je trouve cela plutôt suspect. Le cas de l’Italie est exemplaire dans ce domaine que je qualifierai de désinformation ou de « surinformation » agressive et voici ce qui m’a convaincu d’écrire ce billet. Un article paru en novembre 2019 et soumis pour publication le 31 mai de la même année dans une revue scientifique à comité de lecture, travail effectué sous la direction du Docteur Aldo Rosano de l’Institut National de la Santé à Rome en Italie, fait état de l’évolution de la mortalité de la grippe à Influenza dans ce pays au cours des périodes hivernales depuis 2013-2014 jusqu’en 2016-2017, ILI signifiant « Influenza Like Illness ». La mortalité due au virus Influenza a été estimée en utilisant l’index Goldstein qui est le produit du pourcentage de patients présentant des signes de maladie similaire à l’Influenza par le pourcentage de patients détectés comme positifs pour le virus. Cet indice donne un idée de l’excès de morts au cours de la grippe dite saisonnière.

Effectuer une simple soustraction entre le nombre de décès au cours des 5 mois d’hiver et le nombre de décès au cours des 5 mois d’été peut donner une autre indication du surnombre de décès dus à la grippe mais il englobe aussi les décès provoqués par les basses températures, la mortalité par les basses températures étant très supérieure à celle provoquée par les températures dites caniculaires.

Et que constate-t-on ? Au cours de la période d’étude environ 9 % de la population italienne totale a souffert de la grippe saisonnière, la plus forte incidence étant constatée chez les enfants de moins de 5 ans. Le taux de mortalité a été le plus élevé chez les personnes de plus de 65 ans. Ce taux de mortalité atteignait 40 % chez les personnes âgées de 75 ans et plus. Entre 2013 et 2017 il y eut en Italie 1 457 038 décès provoqués par le virus Influenza. Dans le détail, pour chaque période hivernale de 2013-2014 jusqu’à 2016-2017 inclus il y a eu respectivement 345168 morts puis 366507, 340226 et enfin 366859 décès … vous avez bien lu, il n’y a pas d’erreur.

Il s’agit des statistiques les plus élevées de l’Union européenne en raison du vieillissement accéléré de la population italienne. Revenons donc au « virus couronné » millésime 2019. Comme pour l’Influenza ce virus touche aussi en majeure partie les seniors de plus de 65 ans et les jeunes de moins de 15 ans, le plus souvent porteurs asymptomatiques du virus ou ne présentant que des cas cliniques bénins  et qui constituent le principal facteur de dissémination du virus de l’Influenza.  Il est très probable qu’il en est de même pour le coronavirus. La question que s’est posé avec raison l’Institut National de la Santé d’Italie est l’opportunité de vacciner aussi les jeunes de moins de 15 ans contre la grippe saisonnière même si ce vaccin n’est pas toujours aussi efficace qu’on ne l’espère en début de campagne de vaccination.

Venons-en donc à l’objet de ce billet. Chaque année passée les médias européens ont-ils insisté sur le nombre de décès particulièrement élevés provoqués en Italie par la grippe saisonnière ? La réponse est non. Alors pour quelle raison, en cette année 2020, la situation italienne fait-elle l’objet d’une intense campagne d’information, accusant le gouvernement italien de toux les maux ? Comme l’indique clairement l’illustration en début de billet le pic de décès provoqués par la grippe saisonnière varie entre le mois d’avril et le mois de juillet selon les années. La pyramide des âges en Italie a une forme de sapin de Noël culminant avec la tranche d’âge 45-55 ans et hors population d’immigrés récents le taux de fertilité en Italie est de 1,29 enfant par femme féconde. La situation grippale de l’Italie ne va donc pas s’améliorer durant les années à venir. Incriminer le gouvernement italien pour son manque de préparation à cette grippe à coronavirus est inapproprié et privilégier le coronavirus pour expliquer la situation sanitaire sévissant présentement en Italie relève d’une propagande mensongère.

Source et illustration : https://doi.org/10.1016/j.ijid.2019.08.003

Qui va gagner la guerre du climat ?

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Article de Francis Menton paru fin novembre 2019 sur son site manhattancontrarian (https://www.manhattancontrarian.com/about )

Si vous obtenez la plupart de vos informations en lisant passivement ce qui apparaît dans une sorte de flux Facebook ou Google ou équivalent, vous avez probablement l’impression que les guerres climatiques sont terminées et que les militants du climat ont balayé le champ de bataille. Dans mon cas, je ne compte certainement pas sur ce type de sources toxiques d’informations, mais je surveille régulièrement de nombreux autres sites d’information dans la catégorie «grand public» – le New York Times, le Washington Post, Bloomberg, The Economist, Politico, et plusieurs des réseaux de télévision comme CBS, ABC, NBC et CNN. Tous ceux-ci (et bien d’autres) ont clairement mis une interdiction absolue sur toute nouvelle ou information qui jetterait la moindre lumière négative sur la proposition selon laquelle une «crise climatique» imminente doit être résolue par la transformation gouvernementale de l’économie mondiale.

Je vais donner quelques exemples montrant jusqu’où est allé ce type d’information. En septembre, l’adolescente suédoise mentalement instable Greta Thunberg, dont la seule qualification était sa passion ignorante pour l’extrémisme climatique, a obtenu la tribune du «Sommet sur l’action pour le climat» de l’ONU pour un grand discours. Extrait:

« Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos mots vides de sens. Et pourtant, je fais partie de ceux qui ont de la chance. Les gens souffrent. Les gens meurent. Des écosystèmes entiers s’effondrent. Nous sommes au début d’une extinction massive, et tout ce dont vous pouvez parler, c’est de l’argent et du conte de fées de la croissance économique éternelle. Comment osez-vous ! »

On pourrait imaginer que des gens sensés voudraient rester aussi loin de Greta que possible de peur d’être accusés de maltraitance d’enfants. Mais en réalité Greta est célébrée comme une héroïne. En octobre, quelque chose appelé le Conseil Nordique a décerné à la jeune Greta son prix environnemental 2019. (Il semble qu’elle ait rejeté la récompense, revendiquant ainsi pour elle-même un niveau de sainteté encore plus élevé parmi les vrais croyants.)

Pendant ce temps, en Allemagne, un groupe de réflexion appelé l’Institut européen pour le climat et l’énergie (EIKE dans l’acronyme allemand) prévoyait de tenir une conférence sur le climat dans un hôtel appelé le NH à Munich. Voici ce qu’a commenté NoTricksZone le 19 novembre 2019 :

« Selon le porte-parole d’EIKE, le professeur Horst-Joachim Lüdecke, «une foule de gauchistes verts» a fait pression sur la direction de l’hôtel du NH Congress Center de Munich (Aschheim) «pour annuler illégalement le contrat d’hébergement».

Apparemment, la faute impardonnable d’EIKE était de permettre à certains scientifiques du camp sceptique de comparaître et de parler lors de leur conférence. EIKE s’est adressé au tribunal pour tenter d’obtenir une injonction contre l’annulation de dernière minute de son contrat, mais le tribunal allemand a confirmé l’annulation au motif que la «sécurité» primait sur la liberté d’expression contrefaite. NTZ (notrickszone) a indiqué dans une mise à jour que la conférence a pu trouver un autre lieu à la dernière minute et continuer. Naturellement ce changement de dernière minute de lieu et tenu secret a constitué un énorme problème pour obtenir de la publicité pour la conférence.

Les tout derniers vestiges de la dissidence sont donc en train de disparaître. Certes, la transformation de l’économie mondiale et de son utilisation de l’énergie ne peut pas être stoppée.

En fait, ailleurs dans le monde, la réalité continue de l’emporter sur l’hystérie. Vous souvenez-vous des rapports d’il y a quelques années selon lesquels la Chine cessait de développer l’énergie fossile et devenait un «leader du climat» en optant pour les énergies éoliennes et solaires à la mode ? Eh bien, c’était tout simplement une « fake-news ». Ce mois-ci, un organisme appelé Global Energy Monitor a publié un nouveau rapport sur ce qui se passe sur le terrain en Chine. Résultat : 148 gigaWatts de capacité électrique au charbon en construction active ou avec reprise de la construction après suspension des travaux. Les gens du Global Energy Monitor (qui semblent être associés à la campagne End Coal) ne pourraient pas être plus horrifiés :

« Au cours de la période 2014-2016 des permis de construction représentant 245 GW électriques ont été approuvés soit presque autant que l’ensemble des centrales électriques à charbon américaines (254 GW) amplifiant ce qui était déjà une flotte d’électricité au charbon surdimensionnée, avec une moyenne en charge horaire pour les centrales au charbon de la Chine oscillant autour de 50% depuis 2015. Aujourd’hui, 147,7 GW de centrales au charbon sont soit en construction active soit des suspensions de construction qui devraient être relancés – un montant presque égal à la capacité actuelle de charbon de l’Union européenne (150 GW ). Les groupes industriels de l’industrie du charbon et de l’énergie proposent au gouvernement central d’augmenter la capacité totale de production d’électricité au charbon de 20 à 40%, donc entre 1200 et 1400 GW dans le cadre du plan d’infrastructure 2035 de la Chine ».

Avec 1400 GW de capacité de production d’électricité au charbon, la Chine se rapprocherait de 6 fois de la capacité de production électrique à partir de charbon des États-Unis. Pourquoi encore une fois on nous dérange avec toute cette affaire de décarbonisation aux USA et en Europe ? (liens en fin de billet).

Et en Allemagne, le fantasme selon lequel l’énergie éolienne peut être compétitive par rapport à l’énergie fossile continue également de se heurter au mur du monde réel. Der Spiegel a rapporté le 19 novembre que la fin de certaines subventions, ainsi que l’opposition des écologistes locaux qui ne veulent pas de forêts d’éoliennes laides dans leurs localités, ont mis l’industrie éolienne allemande (et européenne) en «chute libre»:

« Les fabricants de turbines et de panneaux solaires tombent comme des mouches, alors que les subventions sont annulées dans presque toute l’Europe. Les emplois dits «verts» sont facilement créés mais disparaissent tout aussi facilement. Les «industries» éolienne et solaire qui ont donné naissance à ces emplois ne peuvent tout simplement pas survivre sans subventions massives indéfiniment, ce qui signifie que leurs jours sont comptés. Le couperet étant dirigé vers les subventions à travers le monde, leur disparition définitive n’est qu’une question de temps. Cette suppression des subventions dans toute l’Europe a pratiquement détruit l’industrie éolienne : en Allemagne, au cours de cette année 2019, 35 éoliennes terrestres insignifiantes ont été érigées jusqu’à présent. En 2018 douze pays de l’Union européenne (UE) n’ont pas installé «une seule éolienne».

Pendant ce temps, la fracturation hydraulique aux États-Unis continue de maintenir une offre abondante de pétrole et de gaz à des prix raisonnables (voir note). Des pétro-Etats comme la Russie, le Venezuela, l’Iran et l’Arabie saoudite sont sur les starting-blocks. Alors, qui gagne vraiment les guerres climatiques ?

Note. L’épidémie de coronavirus dont la dangerosité a été amplifiée à outrance par la totalité des médias a conduit à une profonde déprime de l’ensemble des économies et du cours du baril de pétrole. Les entreprises de « fracking » nord-américaines, lourdement endettées seront les premières victimes de cette crise économique qui ne pourra que s’auto-amplifier. La donne sur les marchés du pétrole et du gaz sera donc modifiée dans les prochains mois. Dans le même temps si les banques centrales occidentales décident de procéder à de l’ « helicopter-money » pour sauver ce qui peut encore être sauvé de l’économie les pays occidentaux s’achemineront alors vers la pire des situations, ce que les économistes appellent la « stagflation », c’est-à-dire une croissance économique nulle voire une récession avec une inflation provoquée par l’abondance de liquidités conjuguée à la raréfaction de produits de consommation courante, abondance de liquidités qui en aucun cas ne sera efficace pour redresser l’économie. Je suis loin d’être un économiste mais je constate qu’aucun analyste n’ose utiliser ce terme de stagflation, la pire des situations imaginables.

Liens (en anglais). https://www.npr.org/2019/09/23/763452863/transcript-greta-thunbergs-speech-at-the-u-n-climate-action-summit?t=1583948400266

https://www.washingtonpost.com/climate-environment/2019/10/30/greta-thunberg-rejects-prestigious-honor-saying-climate-crisis-needs-action-not-awards/

https://notrickszone.com/2019/11/19/radicals-bully-nh-munich-conference-center-force-cancellation-of-13th-skeptic-climate-conference/

https://www.manhattancontrarian.com/blog/2017/6/8/believe-me-you-dont-have-to-worry-about-china-seizing-climate-leadership?rq=china%20climate%20leader

https://endcoal.org/wp-content/uploads/2019/11/Out-of-Step-English-final.pdf

https://stopthesethings.com/2019/11/19/game-over-german-wind-industry-in-freefall-turbine-makers-sack-thousands-in-mass-layoffs/

La loi de l’entropie maximale des administrations

Plus une organisation a passé de temps à ressembler à ce qu’elle est déjà, plus la force pour continuer dans cette direction devient prégnante.Toutes les organisations humaines ont tendance à s’auto-amplifier. Il s’agit de la huitième loi d’Angus (voir note).

Il y a un effet qui fait obstacle à toutes les sociétés, même les plus efficaces. C’est la tendance naturelle de toute organisation à devenir toujours plus semblable à ce qu’elle est déjà. C’est ce qu’on appelle une tendance « auto-amplificatrice ». Plus une organisation a passé de temps à ressembler à elle-même, plus le besoin de continuer dans cette direction devient fort – comme de la matière aspirée dans un trou noir. Finalement, l’administration, l’organisation, le parti politique, … perd toute sa capacité à évoluer ou à changer, sans reconnaître comment cela s’est produit.

Les conséquences sont une flexibilité réduite, un portefeuille de solutions en diminution pour faire face à des problèmes qui évoluent inévitablement, et une perte de capacité à trouver de nouveaux adeptes ou clients ou même à rester en contact avec les clients ou les administrés existants. Si vous savez que cet effet existe, il existe aussi des tactiques que vous pouvez utiliser pour y remédier, bien qu’elles ne fonctionnent pas identiquement pour toutes les organisations dont il est fait mention ici. Pour avoir une chance d’y faire face, on doit d’abord comprendre pourquoi cela se produit.

Dans les systèmes inconscients, les opposés nuisent

C’est un comportement normal d’aimer travailler avec des gens qui vous mettent à l’aise. La plupart des gens croient naturellement en ceux qui sont d’accord avec eux, qui voient les choses comme ils le font, qui parlent en utilisant le même vocabulaire qu’eux. Ils considèrent souvent ces gens comme «plus intelligents» ou «meilleurs» que ceux qui ne le font pas. Les gestionnaires qui embauchent sont stochastiquement plus susceptibles d’embaucher des gens qui sont «plus intelligents» ou « meilleurs » et ils ont donc tendance à embaucher des gens comme eux.

Parfois, cette tendance à l’embauche n’affecte un groupe que par l’émergence du même type de personnalité ou d’identification ethnique. Fréquemment, cependant les approches de résolution de problèmes s’homogénéisent car les patrons favorisent inconsciemment les employés qui raisonnent comme le patron (« les yeux et les oreilles du chef ») et défavorisent ou ignorent le personnel qui ne le fait pas (« les étrangers »).

Ce modèle de gestion exerce un champ gravitationnel qui façonne le comportement, comme un énorme trou noir.

Les «étrangers» sont un peu moins susceptibles d’obtenir des promotions ou des affectations à fort impact, tandis que les «yeux du chef» auront tendance à en obtenir davantage. Ceux du milieu commenceront à graviter davantage vers les choix et les styles préférés afin qu’ils puissent obtenir l’approbation de leurs supérieurs hiérarchiques ou pour éviter d’être ignorés. C’est ainsi qu’une organisation se fige dans un modèle qui devient progressivement immuable. Afin de maintenir une efficacité satisfaisante la seule alternative est alors de grossir monstrueusement son personnel en créant des sous-directions, des comités d’étude, des cercles de réflexion, des filiales qui ne sont pas autonomes, etc … C’est cet exact processus qui bloque le pouvoir décisionnel des gouvernements des démocraties occidentales qui finissent, par ce processus, à ne plus être des démocraties mais des administrations tentaculaires. En Europe deux magnifiques exemples illustrent la huitième loi d’Angus. Il s’agit de la Commission de Bruxelles et de la Banque centrale européenne et au niveau mondial l’Organisation des Nations-Unies est emblématique du niveau d’incompétence qu’elle a atteint au fil des décennies passées. En France le ministère de l’éducation nationale est l’archétype d’une administration tentaculaire totalement prisonnière de son gigantisme. Les quatre institutions citées ici sont devenues des monstres qu’il est devenu impossible de réformer : elles sont devenues d’énormes machines créant de l’entropie …

Inspiré de très loin d’un article paru sur le site CounterPunch. Note. Henry Forbes Angus (1891-1991), professeur à l’Université de British Columbia, enseigna les sciences politiques et la sociologie. Il était diplômé de l’école de droit de l’Université d’Oxford.