Souvenirs érotiques

À mon âge bientôt vénérable je n’ai plus de vie sexuelle, en réalité il y a déjà plusieurs années que je ne me suis pas senti tenté par une nouvelle aventure amoureuse. Je me surprends à ne plus contempler une belle femme dans la rue que comme faisant partie du décor sans ressentir le moindre désir ou le moindre intérêt autre qu’esthétique. Je m’excuse donc auprès de mes lectrices qui pourraient trouver cette remarque liminaire un peu vexante. Par conséquent ma vie amoureuse étant réduite à néant je me remémore parfois des souvenirs croustillants, ceux qui m’ont vraiment mis dans une situation inattendue et qui sont enfouis dans ma mémoire. Quand j’avais écrit mes mémoires érotiques il y a une trentaine d’années et que j’avais soumis mon manuscrit au fils de Régine Deforges, éditeur sis dans une petite rue à Pigalle, il avait sauté de joie en me déclarant « enfin un homme, il n’y a que des femmes qui écrivent des trucs érotiques ». Pour vous en convaincre écoutez attentivement ce tribunal des flagrants délires anthologique de Pierre Desproges : https://www.youtube.com/watch?v=RYicXvNidCk

Pourquoi alors les hommes ne s’aventurent-ils que très rarement dans ce genre littéraire, la réponse est claire : les femmes construisent des romans car elles n’osent que très rarement parler de leurs fantasmes érotiques dont la diversité est étonnante. Pour illustrer ce commentaire je vais donc relater une expérience vécue il y a maintenant près de vingt cinq années, et en ces temps de morosité généralisée je réussirai peut-être à faire sourire quelques-uns de mes lecteurs.

Il y a donc au moins 25 ans une très belle femme bouscula ma vie. Elle débordait d’activité en position horizontale mais aussi dans bien d’autres positions que je ne décrirai pas ici car je déborderai sur le sujet de ce billet. Elle m’avoua sans honte aucune qu’elle aimait faire l’amour avec un homme mais qu’elle ne dédaignait pas se livrer à des activités similaires avec une partenaire féminine. Je manifestai un peu de surprise car je n’aurais jamais imaginé que cette charmante créature puisse se livrer à des ébats amoureux avec une personne du même sexe bien que prétendant être libéral dans ce domaine avec cependant une restriction stricte : je n’ai jamais, au grand jamais, été attiré par les hommes, l’attirance vers les femmes relevant, pour votre serviteur au moins, de l’instinct et de la recherche de la douceur et de la tendresse dont seule une femme détient le secret.

J’avais décidé de ne plus me raser et ce petit détail a son importance dans la suite de mon récit. Cette charmante personne m’expliqua en détail comment se déroulaient les secrets d’alcôve entre deux femmes. Par exemple elle décrivit très précisément comment une femme donnait du plaisir à sa partenaire et il est aisé pour un homme d’imaginer la scène, lui qui apprécie plus que tout de reproduire avec sa partenaire ce qu’une femme fait avec la sienne. Ce qui m’étonna particulièrement fut sa remarque pourtant anodine quand nous échangions un long baiser : « je m’imagine que le bout de ta langue c’est comme mon clitoris quand tu embrasses mon sexe, avec tous les poils de ta barbe qui sont tout autour ». 

Cette remarque me conduisit à reconsidérer la signification que peut revêtir un baiser avec un homme pour une femme qui vit épisodiquement des expériences homosexuelles. Ce court récit est authentique et il illustre parfaitement quel degré de sophistication la femme peut atteindre dans ses rêveries érotiques malgré le fait que les hommes, la plupart d’entre eux, ignorent tout du mécanisme de l’érotisme féminin et encore moins de celui de leur plaisir. En conclusion le fils de Régine Deforges avait raison, les femmes sont destinées par nature à écrire des romans érotiques …

Des petites fissures, encore des petites fissures … 

Au cours des années 1980 j’ai travaillé dans la valorisation des technologies nucléaires françaises auprès d’EDF à Paris. Une grande partie de mon travail consistait à faire visiter les sites de production d’EDF à des clients étrangers. Tous ces visiteurs, surtout nord-américains, étaient tout simplement émerveillés par la haute technicité des ingénieurs et des techniciens à l’oeuvre par exemple dans le bâtiment réacteur lors d’un arrêt pour rechargement en combustible. La visite la plus spectaculaire pour ces potentiels clients était celle du chantier de Cruas. La première tranche était raccordée au réseau et ces visiteurs pouvaient assister à l’organisation extraordinaire du chantier comportant trois autres unités en cours de construction, l’une d’entres elles effectuant les essais à chaud dits de timbrage du circuit primaire. Il s’agissait de la tranche Cruas-3. Tous les ingénieurs, techniciens et sous-traitants avaient fait leurs premières expériences sur les sites de Tricastin ou de Bugey. La mise en chantier d’une tranche du site de Cruas se terminait ainsi 5 ans plus tard par un raccordement effectif au réseau. Cinq années pour construire une usine d’une puissance nominale de 915 MW électrique : un prouesse devenue aujourd’hui un rêve. Lors de la visite d’une unité en fonctionnement celle-ci était limitée à la salle de la turbine et de l’alternateur et de la piscine de désactivation des assemblages de combustible usés. On ne pouvait qu’entrevoir la grande porte d’entrée du bâtiment réacteur hermétiquement fermée car il était impossible d’y pénétrer.

Lors d’une visite dans le bâtiment réacteur je vantais la robotisation dans les parties dites très chaudes du circuit primaire comme le nettoyage des boites à eau des générateurs de vapeur ou encore de la cuve du réacteur. Des robots complexes évitaient au personnel de se faire irradier par les boues, invisibles d’ailleurs, qui s’accumulaient entre deux rechargements en combustible. Tous ces robots étaient issus de la collaboration entre des ingénieurs du CEA, d’EDF et de petites entreprises hautement spécialisées. Dans le bâtiment réacteur personne ne portait son regard vers le plafond de ce dernier. Pourtant il y avait un fouillis de tubulures masquées en partie par l’énorme portique capable de soulever un générateur de vapeur s’il fallait le changer en raison d’un trop grand nombre de tubes fuyards. À ce sujet un robot inspectait minutieusement à chaque arrêt de tranche les quelques 260 tubes de chaque générateur de vapeur pour obstruer ceux qui présentaient une fuite depuis les boites à eau situées dans la partie inférieure du générateur.

L’inextricable réseau de tubes pendus dans la partie haute du bâtiment réacteur avait pour fonction de refroidir l’ensemble de ce bâtiment en cas d’incident. L’incident de Three Miles Island, conception Babcock&Wilcox, avait marqué les esprits car ce système de refroidissement de sécurité avait heureusement fonctionné correctement. Les problèmes de corrosion dits sous contrainte de l’ensemble de ce circuit de sécurité animent aujourd’hui les esprits des béotiens. Il faut expliquer ce que cela signifie. En cours de fonctionnement le bâtiment réacteur est hermétiquement fermé et la chaleur qui y règne est de l’ordre, dans la partie haute, là où se trouve le circuit d’aspersion de sécurité avec de l’eau froide, d’environ 200 degrés. L’atmosphère du bâtiment n’est pas inerte puisqu’il y a de l’oxygène et l’ensemble est soumis à un flux de neutrons. Ces conditions favorisent l’apparition de corrosions malgré le fait que l’acier utilisé pour toutes les tubulures du circuit de refroidissement d’urgence est de la meilleure qualité possible, d’une manière générale de l’acier 316-L, l’un des alliages le plus résistant à la corrosion.

Ce qui arrive aujourd’hui devait arriver. Des inspecteurs de l’ASN, l’agence de sécurité du nucléaire, ont découvert de nombreux point de corrosion dans l’ensemble de ce circuit de refroidissement de sécurité d’urgence et, soumis à la peur du nucléaire insufflé par les groupes politiques et autres organisations ouvertement anti-nucléaires a fait le reste. L’énergie nucléaire est dangereuse et on ne peut pas se défaire de cet a priori stupide car totalement injustifié pour plaire par exemple aux Allemands qui envient la France, d’une part, mais reconnaissent sans jamais le dire que leur politique énergétique d’abandon total du nucléaire conduit le pays au désastre. Les organisations écologiques de tout poil répandent la peur car quelques fissures dans un circuit non essentiel qui n’a fonctionné que très rarement depuis Three Miles Island rend tout d’un coup obsolète l’énergie nucléaire civile.

La peur rend idiot, le cerveau ne fonctionne plus que dans le mode reptilien, voilà où en sont aujourd’hui les inspecteurs de l’ASN, encouragés par les organisations anti-nucléaire qui ne savent rien du fonctionnement d’un réacteur et qui de surcroit n’ont jamais pénétré dans un bâtiment réacteur.

Autre source à consulter : https://www.ifrap.org/agriculture-et-energie/46-du-parc-nucleaire-dedf-est-encore-larret

Chronique cinématographique : « Le Sexe Faible »

Quel réalisateur oserait aujourd’hui titrer son œuvre ainsi ? Avant même la sortie du film il y aurait une levée de boucliers pour condamner un tel film. Et pourtant ce film datant de 1933 est une chronique acide et cynique de la bourgeoise parisienne fortunée pouvant s’offrir le luxe de vivre dans un palace parisien l’année durant. La principale préoccupation des mères de famille est de trouver une épouse à leur fils. Mais cette future épouse doit être richement dotée, comprenez disposer lors de son mariage d’une fortune que ses parents lui auront attribué dans ce seul but : trouver un époux du même milieu social. Le valet de chambre pétri de dérision à l’égard des clientes de l’hôtel sert de confident, de messager, d’informateur, et il lui arrive parfois de dénouer des intrigues complexes ou encore de mettre un des clients en contact avec un prêteur si ce client souffre de difficultés pécuniaires passagères voire récurrentes.

Parmi les acteurs maintenant tombés dans l’oubli comme Marguerite Moreno ou Victor Boucher la présence de Pierre Brasseur, l’un de ces chers chasseurs de dot. Cette peinture de la bourgeoisie des années 1930 est terriblement cynique et relègue l’homme, et non pas la femme, au triste rôle de dire « oui maman c’est celle que je veux épouser » contraint et forcé par la pression sociale. Les femmes jeunes sont des appâts mais ce ne sont pas elles qui sont faibles. Elles sont manipulées par leurs parents et doivent accepter leurs décisions en l’absence de tout sentiment amoureux. Ce sont bien les hommes représentants dans ce film de leur faiblesse et de leur soumission aux traditions bourgeoises.

Robert Siodmark, Allemand d’origine juive, a choisi de s’exiler dès l’arrivée d’Hitler au pouvoir en 1933, d’abord à Paris puis à Hollywood.inéma

Revue de presse du 24 au 28 octobre 2022 (Pierre Jovanovic)

Regardez bien ce graphique que Thomas Malthus aurait adoré analyser. Certes, le créateur a un peu triché puisqu’il fait partir la courbe de 10.000 ans avant Jésus Christ, ce qui donne un impact visuel phénoménal (ou: comment tricher avec des graphiques). Il aurait été plus honnête de démarrer à partir du XVIIIe ou plutôt XIXe siècle pour une simple raison: le développement du savoir médical, ne serait-ce que la simple obligation faite aux médecins et/ou sage-femmes de se laver les mains avant de procéder à l’accouchement. Ce sont les découvertes de Louis Pasteur et d’Ignace Semmelweis qui ont bouleversé la natalité humaine. 

Bref, si en 1928 (malgré la guerre 14-18) la Terre comptait 2 milliards d’habitants, l’avancée scientifique a permis de gagner 1 milliard de plus en 1960 avec 3 milliards, soit 1 milliard sur 32 ans. Avec l’arrivée de l’aviation globale, en 1975, en juste 15 ans donc, la population est passée à 4 milliards. 

Avancée rapide jusqu’en 2022: 8 milliards d’habitants (pour simplifier) soit 4 milliards de plus en l’espace de 47 ans -par rapport à 1975. 

On peut estimer qu’en 2070 la population arrivera à 16 milliards et à environ 20 milliards en 2100. 

Et c’est précisément à cause de cette progression estimée que le club Davos et Bill Gates ont convaincu le reste des ultra-riches (dont les avions privés ne peuvent même pas se garer à Genève, tant ils sont nombreux) qu’il était nécessaire de REDUIRE LA POPULATION. 

Je rappelle que Bill Gates ont parle depuis plus de 10 ans, et que l’astuce trouvée pour maquiller ce génocide consiste à le cacher sous « l’empreinte carbone qui créé le réchauffement du climat » ! 

Il expliquait à la presse depuis des années que les habitants émettaient trop de carbone qui entraînait le réchauffement du climat, d’où la nécéssite d’imposer un « passeport carbone » qui a en réalité vu le jour sous le faux-nom de « passe sanitaire« . 

Il va de soi que ce graphique participe naturellement à cette terreur « carbone / réchauffement » que tous les médias diffusent et la raison pour laquelle Laurent Joffrin a demandé à imposer un passe-carbone (si, si) dans l’une des émissions de Pascal Praud sur C-News voici 10 jours. 

Vous avez tous les éléments… 

Vous comprenez maintenant mieux pourquoi Bill Gates vaccine toute l’Afrique via son organisation vaccinale GAVI ! Pourquoi Macron lui a remis la Légion d’Honneur et pourquoi Gates, Trudeau et lui sont les grands favoris de Klaus Schwab. Ils n’ont pas hésité à massacrer financièrement les médecins et infirmières qui ont refusé le vaccin. 

Un indice sur le graphique (en haut): les experts aux Nations-Unies estiment qu’en 2100 il n’y aura « que » 11 milliards. Où sont passés les 9 milliards d’habitants logiquement prévus ? 

…. un Ange passe, effrayé ! 

Et avec la guerre en Ukraine et la Russie, eh bien Bill Gates se frotte les mains. Il a déclaré sur une chaîne américaine que « cette guerre était une bonne chose sur le long terme parce que cela va accélérer la transition ! » (sic)  
Et il va plus loin, en ajoutant que les privations d’électricité et la crise énergétique européenne permettront d’arriver aux nouvelles approches plus rapidement ». Comme vous le voyez, il est d’une parfaite logique avec lui-même et sa stratégie voir ici sa video. Cela vous confirme aussi mon interview de la semaine passée avec Planètes360. 
C’est sûr qu’avec ses diverses maison de 25 pièces chacune, son yacht et ses 5 ou 6 avions, Bil Gates est bien placé pour nous parler d’économies d’énergie. Revue de Presse par Pierre Jovanovic

Mon commentaire. Ce qui a accéléré la croissance exponentielle de la population est l’amélioration de l’hygiène comme l’a mentionné Pierre mais également l’avènement des antibiotiques, avènement favorisé par la seconde guerre mondiale avec les besoins en pénicilline et enfin la production massive d’engrais azotés de synthèse. Comme tout être vivant l’abondance de nourriture favorise la natalité, qu’il s’agisse des pigeons des villes abondamment nourris par des âmes charitables alors que ce geste est interdit par la loi dans la plupart des pays civilisés ou encore un autre exemple trivial : les élevages de saumons gavés de nourriture peu ragoutante alors qu’en pleine mer il est impossible d’en capturer. L’optimum climatique médiéval n’a-t-il pas vu exploser la population européenne car il n’y avait plus de famines à répétition en raison de conditions météorologiques clémentes.

Pour des raisons que l’élite internationale nie toujours que le climat est en voie de refroidissement depuis l’optimum climatique de plusieurs milliers d’années de l’Holocène qui favorisa le « verdissement » du Sahara, immense étendue parsemée de cours d’eau et de lacs. Les « élites » comme Bill Gates, Klaus Schwab y compris le jésuite Gaël Giraud, fervent disciple de la « décarbonisation » de la planète alors que précisément l’abondance de CO2 favorise la croissance végétale ( lien ci-dessous) . Autant se taire et attendre avec patience les années 2060-2080 quand il y aura un vrai refroidissement du climat que l’on commence d’ailleurs à constater avec les épisodes de sécheresse imputés à tort à ce fameux réchauffement du climat qui n’est qu’un prétexte pour asservir l’humanité par ces élites.https://www.youtube.com/watch?v=n7oj2m8B0iM&ab_channel=Thinkerview

Enfin je me suis décidé !

Depuis de nombreux mois je voulais rassembler tous les billets de mon blog concernant le réchauffement ou le changement du climat. Lorsque j’ai décidé d’écrire sur mon blog, je lisais ou écoutais distraitement des articles ou des causeries au sujet de ce climat sans jamais avoir fait l’effort de comprendre ce dont il s’agissait d’un point de vue scientifique. En effet les journalistes de plume ou de plateau télévisuel semblaient exposer des idées acquises avec des dépêches d’agence ou de très doctes rapports de réunions internationales telles que le Congrès de Rio. Ma curiosité d’ancien scientifique m’encouragea à me documenter non pas en me limitant à ce que je pouvais trouver dans la presse ou pire encore sur Wikipedia (en anglais). Ce fut un long travail de mise à niveau ressemblant à ce qu’un étudiant peut, ou pouvait effectuer en première ou deuxième année de maîtrise.

Comme mon cerveau est encore à peu près fonctionnel j’ai pu retrouver dans ce cerveau et sans trop de difficultés les cours de physique et de chimie que j’avais suivi à la fin des années 1960. Je n’y connaissais rien en matière de climat. Autant l’énergie nucléaire m’est encore aujourd’hui familière comme la biologie moléculaire mais le climat était un trou noir, un domaine tellement compliqué que certains spécialistes ne comprennent rien et l’avouent. En me souvenant de cette sorte de lacune j’ai donc décidé de rassembler tous les billets de mon blog relatifs au climat, de la modifier si nécessaire et d’en fa ire une sorte d’ouvrage que je pourrai soumettre à un éditeur sans chercher à réaliser un quelconque profit.

L’introduction de cet ouvrage ressemblera donc au présent billet.

Aux Marquises et en Polynésie la vie n’est pas si belle …

Ce billet a été rédigé il y a une dizaine de jours. Que mes lecteurs excusent le retard dans sa mise en ligne.

Depuis bientôt six semaines que je séjourne aux îles Marquises, entre Hiva-Oa et Fatu-Hiva j’ai été confronté au coût de la vie proche de celui que l’on endure à Tokyo ou à Paris. De plus, se loger à un prix abordable est très problématique. La vie paradisiaque dans cet archipel est donc un leurre. La seule satisfaction est la beauté des paysages et la gentillesse des habitants qui, je n’en doute pas un instant aussi, est aussi un leurre. La modernité occidentale (ou globale si vous voulez) a atteint ces îles perdues au milieu du Pacifique. La majeure partie des habitants d’Omoa à Fatu-Hiva est rémunérée par l’Etat français, comprenez le gouvernement de la Polynésie sis à Papeete. Les prix des terrains et de l’immobilier ont atteint des sommets, en particulier à Papeete, en raison de l’engouement nord-américain pour les îles sous le vent depuis que par exemple un certain Marlon Brando a acheté un coin d’atoll à Bora-Bora pour y construire une résidence devenue depuis un hôtel de très grand luxe où se précipite la jet-set internationale.

Par un effet de contagion, pourrait-on dire, le coût de la vie est devenu insupportable et des pans entiers de la population se sont retrouvés marginalisés. C’est ça la mondialisation telle qu’elle a été imaginée par le monde politique occidental : une classe très minoritaire ultra-riche et l’immense foule restante qui n’a que des miettes pour vivre. Je me souviens d’un de mes neveux qui était chauffeur de taxi saisonnier à Tignes, une des stations prisées par, à l’époque, les richissimes hommes d’affaire qui pillaient les restes de l’Union soviétique mais aussi bien d’autres personnages de l’Europe entière. Ils arrivaient avec seulement leur carte de crédit, achetaient tout ce dont ils avaient besoin pour leur séjour dans la neige poudreuse de cette station et repartaient en laissant tout ce qu’ils avaient acquis dans leur chambre d’hôtel, laissant à mon neveu un pourboire royal lorsque qu’il fallait les accompagner à l’aéroport de Lyon ou celui de Genève. Et s’il fallait ne pas respecter les limites de vitesse, car ces représentants de l’oligarchie apatride sont toujours en retard, ils laissaient un ou deux billets de 500 francs au cas ou mon neveu ait été repéré par la police en complément du prix de la course proprement dite.

C’est exactement ce qui « pollue » maintenant la Polynésie française. Il paraît que dans les Gambier et les Australes la vie y est encore plus calme. Je ne m’y aventurerai pas car, paradoxalement, ce calme que j’ai rencontre ici à Omoa m’était presque insupportable, trop habitué à vivre dans une ville depuis de nombreuses années. Bref, j’envisage sérieusement de retourner dans les prochaines semaines dans un environnement plus urbain, peut-être la France, ma mère patrie, qui sait, ou un autre pays improbable en Afrique, l’un de ces petits pays du Golfe de Guinée anciennement colonies françaises, pourquoi pas … Cependant la misère y sera omniprésente et un tel spectacle me paraîtra effrayant.

Chers lecteurs, je vous raconterai la suite de mon aventure au cours de mes prochains billets qui s’espacent malheureusement en raison des liaisons sur le réseau internet assez aléatoires.

Sevrage …

J’expérimente depuis plusieurs jours une absence totale de connexion au réseau internet. Cet outil m’était utile pour m’informer de la politique, de l’économie, de l’évolution des problèmes sociétaux, et des avancées (ou des reculs) de la science. Par exemple et pour revenir à mes sujets de prédilection, l’énergie, le coronavirus, le climat sont devenus en quelques heures des souvenirs. J’en suis surpris dans la mesure où je m’intéressais parfois avec passion à ces divers sujets quotidiennement. Certes je me sens allégé et je regarde des films, j’écoute de la musique et souvent je tente de terminer des mots croisés que j’avais abandonné croyant qu’il était plus utile d’écrire un billet sur mon blog.

Bref, tout a changé et si dans la minute j’enrage de ne pas pouvoir ne serait-ce envoyer un message à l’un de mes proches, cet énervement s’estompe et je me rends compte que ce formidable outil qu’est internet n’est pas aussi utile qu’on a tendance à le croire dans la vie quotidienne. Mais l’adaptation à cette absence n’est pas simple. Il faut occuper les moments du quotidien et surtout ne plus penser aux préoccupations qui en réalité étaient catalysées par cet outil.

Dans l’île reculée de Fatu-Hiva où je me trouvais encore pour quelques jours la vie quotidienne des habitants de ce minuscule village qu’est Omoa est, me semble-t-il également perturbée par un défaut temporaire sur le réseau 4G, excusez du peu, car tous disposent d’un téléphone portable et l’utilisent compulsivement comme n’importe quel parisien ou tokyoïte. 

Petite chronique marquisienne du jour

Comme l’a si bien décrit Jacques Brel dans l’une de ses ultimes chansons “aux Marquises le temps s’immobilise”. Un peu contraint et forcé je me trouve en ce moment à Atuona, le village où vécut Brel, et je dois passer deux nuits dans le seul hôtel de luxe, ce qui n’est pas du tout mon habitude, d’Atuona (île d’Hiva Oa) le chef-lieu des Marquises du sud où se trouve une banque et y ouvrir un compte, un bureau de poste pour m’abonner à internet, une agence d’Air Tahiti, des commodités indispensables quand on doit gérer un changement de statut de retraité de l’Etat français. En effet, je n’habite plus dans un pays étranger mais à nouveau en France ! Cet hôtel, pour les curieux l’Hanakee Lodge, a accueilli le président de la république il y a quelques mois, et pourtant dans cet hôtel fréquenté par des touristes habitués des voyages organisés le temps s’immobilise aussi malgré une pléthore de personnel.

Au cours du repas de midi, j’ai commandé une bière Hinano pour accompagner un plat de poisson cru baignant dans du lait de coco, le prix d’un verre de vin blanc étant tout simplement prohibitif. On ne m’a jamais apporté la bière sur ma table alors que les charmantes serveuses discutaient avec les quelques convives présents. Finalement à la fin de ce plat excellent j’ai commandé un café allongé sans sucre. J’ai attendu plus de 20 minutes pour qu’on m’apporte un café aromatisé avec de la vanille et … sucré. Et la jeune serveuse arborant une fleur de tiaré sur l’oreille droite, signe que son cœur était à prendre, est venue s’occuper de votre serviteur. Il semble bien que le temps s’immobilise aux Marquises … Les Marquisiennes sont toutes bien enrobée et je racontais à cette charmante personne que lorsqu’on mange des spaghettis, ou un plat de pommes de terre il est inutile de manger aussi du pain car on ajoute du sucre à du sucre et ainsi un excès de sucre est dévié par le métabolisme en acides gras. Elle prit quelques minutes pour comprendre ce que je lui exposais et me répondit après avoir tenté d’éluder la conversation très respectueuse selon moi elle me déclara que les Marquisiens sont tout aussi bien portants et qu’ils apprécient les femmes également bien enrobées. Sans vouloir faire d’humour un peu grinçant si le temps s’immobilise aux Marquises il favorise aussi l’embonpoint … et comme disait aussi Brel les femmes aux Marquises sont lascives.

Un avant goût du paradis ?

Je voudrais rassurer les respectés lecteurs de mon blog que j’ai négligé depuis plusieurs jours. Je me suis retiré dans un tout petit village dans l’île de Fatu-Hiva, la plus méridionale de l’archipel des Marquises, et la plus isolée en ce qui concerne les communications maritimes avec peut-être l’île de Hua-Uka. Je ne resterai probablement pas dans cette île car l’isolement est difficile à gérer et je le ressens presque douloureusement dans la mesure où je ne me connecte à internet que quelques minutes chaque jour, ne disposant toujours pas d’un abonnement à internet. C’est assez compliqué et cette situation me rappelle mon arrivée dans les îles Canaries. Pour pouvoir louer un logement il fallait avoir un compte en banque mais pour ouvrir un compte dans une banque il fallait justifier d’un domicile, en quelque sorte un cercle vicieux que j’ai retrouvé ici et qui, pour l’instant n’est pas résolu.

On pourrait se décourager en se trouvant dans une telle situation mais il faut laisser, comme disait “tonton” du temps au temps et aux Marquises “le temps n’a pas de prise” (Brel). Depuis dix jours je me trouve dans le tout petit village d’Omoa, une rue bordée de maisons au milieu de la verdure arborée, des arbres à pain, des cocotiers, des pamplemoussiers ou encore des corossoliers, l’extrême richesse du sol volcanique qui permit durant des temps immémoriaux aux Marquisiens de vivre confortablement sans oublier les ressources halieutiques dont l’abondance a tendance à diminuer depuis qu”un politicien local a autorisé la flotte hauturière chinoise à piller ces ressources sans que ni les locataires de l’Elysée, à Paris, ni le pseudo-ministère des affaires maritimes dit des Dom-Tom ne s’en inquiète.

Dans peu d’années il n’y aura plus de thon dans le monde et ce seront ces décideurs politiques totalement incompétents qui seront les premiers coupables, corrompus qu’ils sont tous. Petite précision au sujet du thon, il s’agit d’un des très rares poissons à sang chaud et sa maturité sexuelle est atteinte à l’âge de 5 ans, ce qui signifie que tous les thons pêchés aujourd’hui n’ont pas encore atteint leur maturité sexuelle et par voie de conséquence les thons vont tout simplement disparaître comme les baleines furent menacées au dix-neuvième siècle puis sauvées par la découverte du pétrole car la baleine était surtout exploitée pour sa graisse dont un fabriquait de l’huile.

Comme je digresse en me dispersant dans mon inspiration parlons maintenant de l’huile de coprah. Il y a peu de cocotiers ici dans le village blotti entre les montagnes mais dans beaucoup d’autres îles, par exemple au Vanuatu ou encore aux Antilles il reste des cocoteraies désertées pour une raison simple malgré le fait que j’aie pu apercevoir des séchoirs à coprah ici et là dans le village. Réunir des noix, les casser et en extraire la chair, la faire sécher au soleil au moins 6 jours est tout simplement un travail qui était réservé aux esclaves durant les siècles passés. C’est trop dur comme métier, casser les noix, extraire la chair avec un outil recourbé pour la faire maturer au soleil et l’expédier à l’huilerie à Papeete, c’est un travail qui ne paie même pas la sueur de son homme.

Les temps ont changé, le savon est fabriqué avec d’autres huiles végétales, les thons sont remplacés par des poissons d’élevage et la vie continue. J’allais écrire “jusqu’à quand ?” mais je n’ai pas de réponse à cette question car j’ignore ce qui se passe en Ukraine ou à Bruxelles, j’ignore quelle sera l’ampleur de la révolte populaire en Europe cet automne et je m’en moque complètement, je suis maintenant dans les Îles Marquises, un endroit où le temps n’a pas de prise … et je peux affirmer que Jacques Brel avait raison, j’ai séjourné il y a plus de 25 ans dans cet archipel et rien n’a changé, strictement rien, on se dit bonjour dans la rue, les femmes se décorent avec une fleur d’ibiscus sur l’oreille, à droite si leur cœur est libre et réciproquement, on se tutoie et on est souriant …

Carnet de voyage … à destination

Ayant quitté le Japon le 6 août depuis l’aéroport de Tokyo Narita embarquant dans le terminal international de Skyteam totalement désertique, une ambiance de mort effrayante, je suis enfin arrivé à destination ce lundi 22 août après une halte à Nouméa, une autre à Papeete et une ultime halte à Atuona dans l’île d’Hiva Oa, archipel des Marquises. Je me trouve maintenant dans un tout petit village tout en longueur blotti dans une vallée entourée de montagnes volcaniques impressionnante recouvertes de forêt tropicale. Il s’agit du village d’Omoa, chef-lieu de l’île de Fatu-Hiva, la plus méridionale de l’archipel.

J’envisage de rester ici quelques mois voire plus encore. Pour les amateurs de voyages pour accéder à cette île sans aéroport il n’y a que deux solutions, embarquer sur l’Aranui depuis Papeete ou arriver en avion depuis Papeete-Faaa à Hiva Oa et ensuite prendre un petit bateau depuis Atuona en direction de Fatu Hiva si on n’a pas le mal de mer car la houle venant d’Amérique du sud et négociée de travers est tout à fait éprouvante pendant les quatre heures de traversée.

Dans le village d’Omoa tout le monde se tutoie et on se dit bonjour quand on croise quelqu’un dans le village. Ceci me rappelle ma petite enfance dans mon petit hameau natal. Tout est calme, le temps s’est immobilisé comme le disait si justement Jacques Brel à un détail près l’envahissement des technologies de communication, internet, téléphone cellulaire : les jeunes n’ont plus de machette à la main mais leur téléphone portable. J’avais séjourné il y a plus de 25 ans dans cet archipel et je pense que ce changement de civilisation et de style de vie sera préjudiciable à l’avenir des Marquisiens. Ils vivront toujours dans des îles paradisiaques mais l’enfer des technologies modernes détruira ce style de vie proche de la nature que leur avait légué leurs ancêtres déjà malmené par les missionnaires qui arrivèrent ici pour civiliser ces “sauvages” dont 95 % moururent de rougeole et de grippe car ils n’avaient jamais été en contact avec ces virus venus d’ailleurs.