Blague belge : plus de masques !

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Je n’ai rien contre les Belges – au contraire j’adore l’humour wallon – mais parfois il s’agit de très mauvaises blagues surtout quand c’est un ministre de la santé qui en est l’auteur.

Des millions de masques FFP3 ont été détruits en 2019 sur ordre du Ministre de la santé parce qu’ils avaient été achetés pour se protéger contre la grippe H1N1 supposée carrément mortelle. Ce fut la même situation en France avec en plus des millions de vaccins qui ont fini dans une décharge d’ordures ménagères ou au four. Les ministres, cons comme des poulets d’élevage, se sont pliés aux injonctions des fabricants de masques qui précisent que ces bouts de tissu ont une durée de vie limitée y compris s’ils restent dans leur emballage d’origine intacts. Donc au delà d’une certaine date il faut les détruire. C’est tout aussi stupide que d’imprimer une date de péremption sur un pot de miel ou un paquet de sel. C’est vrai, une fois …

Il faut respecter la stupidité des régulateurs télécommandés par la commission de Bruxelles. Voilà où en est l’Europe.

Source et capture d’écran :

https://www.levif.be/actualite/belgique/quand-maggie-de-block-faisait-detruire-six-millions-de-masques-contre-le-coronavirus-sans-les-remplacer/article-normal-1268215.html?cookie_check=1585053132

Coronavirus et Italie : pourquoi tant de propagande ?

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Mes lecteurs n’ignorent pas que je suis un peu contrarien. Alors, quand je constate que les médias ne parlent plus ou n’écrivent plus que des articles au sujet de l’épidémie de coronavirus qui se répand dans le monde entier à l’exclusion de tout autre sujet susceptible de présenter un certain intérêt, je trouve cela plutôt suspect. Le cas de l’Italie est exemplaire dans ce domaine que je qualifierai de désinformation ou de « surinformation » agressive et voici ce qui m’a convaincu d’écrire ce billet. Un article paru en novembre 2019 et soumis pour publication le 31 mai de la même année dans une revue scientifique à comité de lecture, travail effectué sous la direction du Docteur Aldo Rosano de l’Institut National de la Santé à Rome en Italie, fait état de l’évolution de la mortalité de la grippe à Influenza dans ce pays au cours des périodes hivernales depuis 2013-2014 jusqu’en 2016-2017, ILI signifiant « Influenza Like Illness ». La mortalité due au virus Influenza a été estimée en utilisant l’index Goldstein qui est le produit du pourcentage de patients présentant des signes de maladie similaire à l’Influenza par le pourcentage de patients détectés comme positifs pour le virus. Cet indice donne un idée de l’excès de morts au cours de la grippe dite saisonnière.

Effectuer une simple soustraction entre le nombre de décès au cours des 5 mois d’hiver et le nombre de décès au cours des 5 mois d’été peut donner une autre indication du surnombre de décès dus à la grippe mais il englobe aussi les décès provoqués par les basses températures, la mortalité par les basses températures étant très supérieure à celle provoquée par les températures dites caniculaires.

Et que constate-t-on ? Au cours de la période d’étude environ 9 % de la population italienne totale a souffert de la grippe saisonnière, la plus forte incidence étant constatée chez les enfants de moins de 5 ans. Le taux de mortalité a été le plus élevé chez les personnes de plus de 65 ans. Ce taux de mortalité atteignait 40 % chez les personnes âgées de 75 ans et plus. Entre 2013 et 2017 il y eut en Italie 1 457 038 décès provoqués par le virus Influenza. Dans le détail, pour chaque période hivernale de 2013-2014 jusqu’à 2016-2017 inclus il y a eu respectivement 345168 morts puis 366507, 340226 et enfin 366859 décès … vous avez bien lu, il n’y a pas d’erreur.

Il s’agit des statistiques les plus élevées de l’Union européenne en raison du vieillissement accéléré de la population italienne. Revenons donc au « virus couronné » millésime 2019. Comme pour l’Influenza ce virus touche aussi en majeure partie les seniors de plus de 65 ans et les jeunes de moins de 15 ans, le plus souvent porteurs asymptomatiques du virus ou ne présentant que des cas cliniques bénins  et qui constituent le principal facteur de dissémination du virus de l’Influenza.  Il est très probable qu’il en est de même pour le coronavirus. La question que s’est posé avec raison l’Institut National de la Santé d’Italie est l’opportunité de vacciner aussi les jeunes de moins de 15 ans contre la grippe saisonnière même si ce vaccin n’est pas toujours aussi efficace qu’on ne l’espère en début de campagne de vaccination.

Venons-en donc à l’objet de ce billet. Chaque année passée les médias européens ont-ils insisté sur le nombre de décès particulièrement élevés provoqués en Italie par la grippe saisonnière ? La réponse est non. Alors pour quelle raison, en cette année 2020, la situation italienne fait-elle l’objet d’une intense campagne d’information, accusant le gouvernement italien de toux les maux ? Comme l’indique clairement l’illustration en début de billet le pic de décès provoqués par la grippe saisonnière varie entre le mois d’avril et le mois de juillet selon les années. La pyramide des âges en Italie a une forme de sapin de Noël culminant avec la tranche d’âge 45-55 ans et hors population d’immigrés récents le taux de fertilité en Italie est de 1,29 enfant par femme féconde. La situation grippale de l’Italie ne va donc pas s’améliorer durant les années à venir. Incriminer le gouvernement italien pour son manque de préparation à cette grippe à coronavirus est inapproprié et privilégier le coronavirus pour expliquer la situation sanitaire sévissant présentement en Italie relève d’une propagande mensongère.

Source et illustration : https://doi.org/10.1016/j.ijid.2019.08.003

Qui va gagner la guerre du climat ?

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Article de Francis Menton paru fin novembre 2019 sur son site manhattancontrarian (https://www.manhattancontrarian.com/about )

Si vous obtenez la plupart de vos informations en lisant passivement ce qui apparaît dans une sorte de flux Facebook ou Google ou équivalent, vous avez probablement l’impression que les guerres climatiques sont terminées et que les militants du climat ont balayé le champ de bataille. Dans mon cas, je ne compte certainement pas sur ce type de sources toxiques d’informations, mais je surveille régulièrement de nombreux autres sites d’information dans la catégorie «grand public» – le New York Times, le Washington Post, Bloomberg, The Economist, Politico, et plusieurs des réseaux de télévision comme CBS, ABC, NBC et CNN. Tous ceux-ci (et bien d’autres) ont clairement mis une interdiction absolue sur toute nouvelle ou information qui jetterait la moindre lumière négative sur la proposition selon laquelle une «crise climatique» imminente doit être résolue par la transformation gouvernementale de l’économie mondiale.

Je vais donner quelques exemples montrant jusqu’où est allé ce type d’information. En septembre, l’adolescente suédoise mentalement instable Greta Thunberg, dont la seule qualification était sa passion ignorante pour l’extrémisme climatique, a obtenu la tribune du «Sommet sur l’action pour le climat» de l’ONU pour un grand discours. Extrait:

« Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos mots vides de sens. Et pourtant, je fais partie de ceux qui ont de la chance. Les gens souffrent. Les gens meurent. Des écosystèmes entiers s’effondrent. Nous sommes au début d’une extinction massive, et tout ce dont vous pouvez parler, c’est de l’argent et du conte de fées de la croissance économique éternelle. Comment osez-vous ! »

On pourrait imaginer que des gens sensés voudraient rester aussi loin de Greta que possible de peur d’être accusés de maltraitance d’enfants. Mais en réalité Greta est célébrée comme une héroïne. En octobre, quelque chose appelé le Conseil Nordique a décerné à la jeune Greta son prix environnemental 2019. (Il semble qu’elle ait rejeté la récompense, revendiquant ainsi pour elle-même un niveau de sainteté encore plus élevé parmi les vrais croyants.)

Pendant ce temps, en Allemagne, un groupe de réflexion appelé l’Institut européen pour le climat et l’énergie (EIKE dans l’acronyme allemand) prévoyait de tenir une conférence sur le climat dans un hôtel appelé le NH à Munich. Voici ce qu’a commenté NoTricksZone le 19 novembre 2019 :

« Selon le porte-parole d’EIKE, le professeur Horst-Joachim Lüdecke, «une foule de gauchistes verts» a fait pression sur la direction de l’hôtel du NH Congress Center de Munich (Aschheim) «pour annuler illégalement le contrat d’hébergement».

Apparemment, la faute impardonnable d’EIKE était de permettre à certains scientifiques du camp sceptique de comparaître et de parler lors de leur conférence. EIKE s’est adressé au tribunal pour tenter d’obtenir une injonction contre l’annulation de dernière minute de son contrat, mais le tribunal allemand a confirmé l’annulation au motif que la «sécurité» primait sur la liberté d’expression contrefaite. NTZ (notrickszone) a indiqué dans une mise à jour que la conférence a pu trouver un autre lieu à la dernière minute et continuer. Naturellement ce changement de dernière minute de lieu et tenu secret a constitué un énorme problème pour obtenir de la publicité pour la conférence.

Les tout derniers vestiges de la dissidence sont donc en train de disparaître. Certes, la transformation de l’économie mondiale et de son utilisation de l’énergie ne peut pas être stoppée.

En fait, ailleurs dans le monde, la réalité continue de l’emporter sur l’hystérie. Vous souvenez-vous des rapports d’il y a quelques années selon lesquels la Chine cessait de développer l’énergie fossile et devenait un «leader du climat» en optant pour les énergies éoliennes et solaires à la mode ? Eh bien, c’était tout simplement une « fake-news ». Ce mois-ci, un organisme appelé Global Energy Monitor a publié un nouveau rapport sur ce qui se passe sur le terrain en Chine. Résultat : 148 gigaWatts de capacité électrique au charbon en construction active ou avec reprise de la construction après suspension des travaux. Les gens du Global Energy Monitor (qui semblent être associés à la campagne End Coal) ne pourraient pas être plus horrifiés :

« Au cours de la période 2014-2016 des permis de construction représentant 245 GW électriques ont été approuvés soit presque autant que l’ensemble des centrales électriques à charbon américaines (254 GW) amplifiant ce qui était déjà une flotte d’électricité au charbon surdimensionnée, avec une moyenne en charge horaire pour les centrales au charbon de la Chine oscillant autour de 50% depuis 2015. Aujourd’hui, 147,7 GW de centrales au charbon sont soit en construction active soit des suspensions de construction qui devraient être relancés – un montant presque égal à la capacité actuelle de charbon de l’Union européenne (150 GW ). Les groupes industriels de l’industrie du charbon et de l’énergie proposent au gouvernement central d’augmenter la capacité totale de production d’électricité au charbon de 20 à 40%, donc entre 1200 et 1400 GW dans le cadre du plan d’infrastructure 2035 de la Chine ».

Avec 1400 GW de capacité de production d’électricité au charbon, la Chine se rapprocherait de 6 fois de la capacité de production électrique à partir de charbon des États-Unis. Pourquoi encore une fois on nous dérange avec toute cette affaire de décarbonisation aux USA et en Europe ? (liens en fin de billet).

Et en Allemagne, le fantasme selon lequel l’énergie éolienne peut être compétitive par rapport à l’énergie fossile continue également de se heurter au mur du monde réel. Der Spiegel a rapporté le 19 novembre que la fin de certaines subventions, ainsi que l’opposition des écologistes locaux qui ne veulent pas de forêts d’éoliennes laides dans leurs localités, ont mis l’industrie éolienne allemande (et européenne) en «chute libre»:

« Les fabricants de turbines et de panneaux solaires tombent comme des mouches, alors que les subventions sont annulées dans presque toute l’Europe. Les emplois dits «verts» sont facilement créés mais disparaissent tout aussi facilement. Les «industries» éolienne et solaire qui ont donné naissance à ces emplois ne peuvent tout simplement pas survivre sans subventions massives indéfiniment, ce qui signifie que leurs jours sont comptés. Le couperet étant dirigé vers les subventions à travers le monde, leur disparition définitive n’est qu’une question de temps. Cette suppression des subventions dans toute l’Europe a pratiquement détruit l’industrie éolienne : en Allemagne, au cours de cette année 2019, 35 éoliennes terrestres insignifiantes ont été érigées jusqu’à présent. En 2018 douze pays de l’Union européenne (UE) n’ont pas installé «une seule éolienne».

Pendant ce temps, la fracturation hydraulique aux États-Unis continue de maintenir une offre abondante de pétrole et de gaz à des prix raisonnables (voir note). Des pétro-Etats comme la Russie, le Venezuela, l’Iran et l’Arabie saoudite sont sur les starting-blocks. Alors, qui gagne vraiment les guerres climatiques ?

Note. L’épidémie de coronavirus dont la dangerosité a été amplifiée à outrance par la totalité des médias a conduit à une profonde déprime de l’ensemble des économies et du cours du baril de pétrole. Les entreprises de « fracking » nord-américaines, lourdement endettées seront les premières victimes de cette crise économique qui ne pourra que s’auto-amplifier. La donne sur les marchés du pétrole et du gaz sera donc modifiée dans les prochains mois. Dans le même temps si les banques centrales occidentales décident de procéder à de l’ « helicopter-money » pour sauver ce qui peut encore être sauvé de l’économie les pays occidentaux s’achemineront alors vers la pire des situations, ce que les économistes appellent la « stagflation », c’est-à-dire une croissance économique nulle voire une récession avec une inflation provoquée par l’abondance de liquidités conjuguée à la raréfaction de produits de consommation courante, abondance de liquidités qui en aucun cas ne sera efficace pour redresser l’économie. Je suis loin d’être un économiste mais je constate qu’aucun analyste n’ose utiliser ce terme de stagflation, la pire des situations imaginables.

Liens (en anglais). https://www.npr.org/2019/09/23/763452863/transcript-greta-thunbergs-speech-at-the-u-n-climate-action-summit?t=1583948400266

https://www.washingtonpost.com/climate-environment/2019/10/30/greta-thunberg-rejects-prestigious-honor-saying-climate-crisis-needs-action-not-awards/

https://notrickszone.com/2019/11/19/radicals-bully-nh-munich-conference-center-force-cancellation-of-13th-skeptic-climate-conference/

https://www.manhattancontrarian.com/blog/2017/6/8/believe-me-you-dont-have-to-worry-about-china-seizing-climate-leadership?rq=china%20climate%20leader

https://endcoal.org/wp-content/uploads/2019/11/Out-of-Step-English-final.pdf

https://stopthesethings.com/2019/11/19/game-over-german-wind-industry-in-freefall-turbine-makers-sack-thousands-in-mass-layoffs/

La loi de l’entropie maximale des administrations

Plus une organisation a passé de temps à ressembler à ce qu’elle est déjà, plus la force pour continuer dans cette direction devient prégnante.Toutes les organisations humaines ont tendance à s’auto-amplifier. Il s’agit de la huitième loi d’Angus (voir note).

Il y a un effet qui fait obstacle à toutes les sociétés, même les plus efficaces. C’est la tendance naturelle de toute organisation à devenir toujours plus semblable à ce qu’elle est déjà. C’est ce qu’on appelle une tendance « auto-amplificatrice ». Plus une organisation a passé de temps à ressembler à elle-même, plus le besoin de continuer dans cette direction devient fort – comme de la matière aspirée dans un trou noir. Finalement, l’administration, l’organisation, le parti politique, … perd toute sa capacité à évoluer ou à changer, sans reconnaître comment cela s’est produit.

Les conséquences sont une flexibilité réduite, un portefeuille de solutions en diminution pour faire face à des problèmes qui évoluent inévitablement, et une perte de capacité à trouver de nouveaux adeptes ou clients ou même à rester en contact avec les clients ou les administrés existants. Si vous savez que cet effet existe, il existe aussi des tactiques que vous pouvez utiliser pour y remédier, bien qu’elles ne fonctionnent pas identiquement pour toutes les organisations dont il est fait mention ici. Pour avoir une chance d’y faire face, on doit d’abord comprendre pourquoi cela se produit.

Dans les systèmes inconscients, les opposés nuisent

C’est un comportement normal d’aimer travailler avec des gens qui vous mettent à l’aise. La plupart des gens croient naturellement en ceux qui sont d’accord avec eux, qui voient les choses comme ils le font, qui parlent en utilisant le même vocabulaire qu’eux. Ils considèrent souvent ces gens comme «plus intelligents» ou «meilleurs» que ceux qui ne le font pas. Les gestionnaires qui embauchent sont stochastiquement plus susceptibles d’embaucher des gens qui sont «plus intelligents» ou « meilleurs » et ils ont donc tendance à embaucher des gens comme eux.

Parfois, cette tendance à l’embauche n’affecte un groupe que par l’émergence du même type de personnalité ou d’identification ethnique. Fréquemment, cependant les approches de résolution de problèmes s’homogénéisent car les patrons favorisent inconsciemment les employés qui raisonnent comme le patron (« les yeux et les oreilles du chef ») et défavorisent ou ignorent le personnel qui ne le fait pas (« les étrangers »).

Ce modèle de gestion exerce un champ gravitationnel qui façonne le comportement, comme un énorme trou noir.

Les «étrangers» sont un peu moins susceptibles d’obtenir des promotions ou des affectations à fort impact, tandis que les «yeux du chef» auront tendance à en obtenir davantage. Ceux du milieu commenceront à graviter davantage vers les choix et les styles préférés afin qu’ils puissent obtenir l’approbation de leurs supérieurs hiérarchiques ou pour éviter d’être ignorés. C’est ainsi qu’une organisation se fige dans un modèle qui devient progressivement immuable. Afin de maintenir une efficacité satisfaisante la seule alternative est alors de grossir monstrueusement son personnel en créant des sous-directions, des comités d’étude, des cercles de réflexion, des filiales qui ne sont pas autonomes, etc … C’est cet exact processus qui bloque le pouvoir décisionnel des gouvernements des démocraties occidentales qui finissent, par ce processus, à ne plus être des démocraties mais des administrations tentaculaires. En Europe deux magnifiques exemples illustrent la huitième loi d’Angus. Il s’agit de la Commission de Bruxelles et de la Banque centrale européenne et au niveau mondial l’Organisation des Nations-Unies est emblématique du niveau d’incompétence qu’elle a atteint au fil des décennies passées. En France le ministère de l’éducation nationale est l’archétype d’une administration tentaculaire totalement prisonnière de son gigantisme. Les quatre institutions citées ici sont devenues des monstres qu’il est devenu impossible de réformer : elles sont devenues d’énormes machines créant de l’entropie …

Inspiré de très loin d’un article paru sur le site CounterPunch. Note. Henry Forbes Angus (1891-1991), professeur à l’Université de British Columbia, enseigna les sciences politiques et la sociologie. Il était diplômé de l’école de droit de l’Université d’Oxford.

Un chainon manquant dans l’évolution de l’homme

Il y a quelques années la découverte d’une phalange humaine puis de deux dents dans la grotte de Denisova permit à l’aide du séquençage presque complet de l’ADN d’établir que l’homme moderne eut des relations sexuelles avec les peuplades d’hommes plus primitifs présents sur le continent eurasiatique, dont les néanderthaliens. Le pourcentage de gènes provenant de ces deux catégories d’humains archaïques encore présents dans les populations modernes, aussi appelé taux d’introgression, a pu ainsi être déterminé. Nous sommes donc tous porteurs, à des degrés divers, d’informations génétiques provenant des néanderthaliens ou des denisovans (voir les liens sur ce blog).

L’hypothèse généralement admise de la sortie d’Afrique de l’homme moderne négligea les mouvements de populations dans le continent africain. La découverte de fossiles humains anciens au Maroc, antérieurs à la « sortie d’Afrique » fit resurgir l’idée qu’il aurait pu coexister également en Afrique des introgressions entre Africains dits « modernes » et des populations humaines archaïques.

Des scientifiques du Département de Génétique humaine de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) se sont donc penché sur cette hypothèse. Leur travail a consisté à étudier le spectre des fréquences de présence de séquences d’ADN sur des sites de cet ADN qui conditionnent l’apparition d’un phénotype particulier. Il s’agit d’analyses statistiques complexes pouvant aboutir à la mise en évidence d’introgressions. Ce type d’analyse a été appliqué afin d’établir les taux d’introgression entre les hommes modernes « sortis d’Afrique » et les néanderthaliens ou les denisovans. Les génomes de trois populations d’Afrique de l’Ouest ont donc été analysés dans ce but : les Esans au Nigeria, les Gambiens dans la partie ouest de la Gambie et enfin les Mendés en Sierra Leone ainsi que les Luhyas au Kenya.

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Il ressort de ces travaux que le modèle généralement admis de « filiation » entre groupes d’humains doit être remis en question puisqu’il existe une introgression entre Africains dont est issu l’homme moderne et un ancêtre inconnu ayant divergé 27000 générations avant aujourd’hui, soit approximativement 1 million d’années avant l’ère commune. La figure ci-dessus illustre cette modification. La partie A est le modèle généralement admis. Y figure l’introgression entre un ancêtre inconnu (UA) et les denisovans (D) entre 300 et 500000 ans avant l’ère commune. L’introgression entre les ancêtres communs aux Européens modernes (sortis d’Afrique (Eur)) et aux Africains de l’ouest (W Afr) et les néanderthaliens environ 300000 ans avant l’ère commune et enfin l’introgression plus tardive entre les néanderthaliens (N) et les européens modernes (c’est-à-dire sortis d’Afrique) il y a environ 50 à 70000 ans.

La remise en question de ce modèle figure dans la partie B de l’illustration. Il y a eu une introgression importante – jusqu’à 20 % des gènes – entre l’ancêtre commun à l’homme moderne et aux Africains de l’ouest avec une population dite fantôme qui aurait divergé de l’ancêtre commun aux néanderthaliens et aux denisovans avant l’apparition de ces deux dernières populations. Pourquoi un tel taux d’introgression a pu exister ? L’explication se trouve dans le fait que ces groupes humains inter-féconds n’étaient pas nombreux en termes de population, au mieux 30000 individus, et quand ils se rencontraient par le fait du hasard il suffisait de quelques dizaines d’accouplements inter-groupes pour que l’empreinte génétique de la descendance soit relativement bien marquée par ces introgressions. Cette étude met enfin en évidence la complexité du patrimoine génétique de l’homme moderne résultant de cette inter-fécondité entre les divers groupes qui coexistaient malgré l’ancienneté des divergences pouvant dater d’un million d’années voire plus. Malgré le fait que la recherche de restes humains soit illusoire dans des régions où le climat tropical sévit, l’examen détaillé des ADNs actuels a mis en évidence cette introgression dont nous sommes, hommes modernes, également porteurs et sans de puissants moyens de calcul jamais cette nouvelle information n’aurait pu être détectée.

Source : DOI : 10.1126/sciadv.aax5097

https://jacqueshenry.wordpress.com/2018/11/28/denisovans-et-neandertaliens-une-tres-vieille-histoire-damour/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/11/25/lhomme-de-neandertal-et-lhomme-moderne-une-longue-histoire-de-sexe/