Déconnecté !

Déconnecté !

Peut-être que mes fidèles lecteurs ont cru que j’étais mort, de mort lente, sur un sentier de randonnée dans la montagne. Il n’en fut rien. Je suis allé avec ma novia chez mes amis dans leur nid d’aigle. Rassurez-vous il n’y a pas d’aigles mais seulement des faucons qui chassent des lézards et des lapins.

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La connexion internet était tellement lente que pour ouvrir la page wordpress c’était mission impossible. J’ai donc renoncé à faire quoi que ce soit et j’ai plié mon MacBook. Je me suis donc, totalement déconnecté du monde extérieur, replongé dans les travaux ancestraux des pauvres agriculteurs du coin qui vivaient de productions agricoles de subsistance. Dans ce paysage escarpé où il est beaucoup plus facile de trouver des cailloux et des pierres volcaniques qui sonnent comme un verre de cristal, ces paysans rassemblaient les pierres, construisaient des murs pour ménager des terrasses afin d’y produire surtout des pommes de terre dont la variété à peau noire et chair jaune … Un vrai délice.

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J’ai donc entrepris de réparer un mur d’environ 1m40 de haut qui s’était effondré sur un peu plus de 1m 50. Je ne savais pas que ce travail serait au dessus de mes forces mais je suis tout de même arrivé à mes fins et si tout mon corps est aujourd’hui douloureux j’ai apprécié ce retour vers la nature tout en étant déconnecté du monde extérieur. Un cocktail de circonstance assez fantastique qui me laissera un souvenir merveilleux quand je serai définitivement remis de ces exercices physiques qui à l’évidence ne sont plus de mon âge …

Histoire de tomates

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La Chine est le premier producteur de tomates du monde avec 52 millions de tonnes sur un total mondial de 170 millions suivie de loin par l’Inde (19 Mt), les USA (15 Mt) puis la Turquie (12 Mt). Certes il y a beaucoup d’habitants en Chine mais consomment-ils tous quotidiennement des tomates ? Pas si sûr selon le journaliste Jean-Baptiste Malet qui a enquêté sur la tomate chinoise. Et ce qu’il décrit dans son livre à paraître prochainement « L’empire de l’Or Rouge » est assez effrayant.

Comment les Chinois se sont lancé massivement dans la production de tomates, tout simplement parce que l’Italie avait mis au point des machines pour produire industriellement du concentré de tomates alors qu’il y a une trentaine d’années les consommateurs chinois ne connaissaient même pas la sauce tomate et encore moins le ketchup. Les industriels italiens sont allé rencontrer des hauts responsables à Pékin et leur ont vanté leur maîtrise de la production de sauce tomate. Le pouvoir central a donc décidé de lancer dans la culture industrielle les provinces reculées du Xinjiang pour occuper les paysans miséreux. Résultat la Chine contrôle aujourd’hui le marché mondial du concentré de tomate.

Ironie de la situation actuelle l’Italie importe aujourd’hui massivement ce concentré en provenance de Chine dont la qualité n’est pas toujours satisfaisante ni de surcroit contrôlée, pire encore certains pays d’Afrique délaissent leur production locale de tomates pour acheter des briques de concentré de tomate de médiocre qualité et à bas prix made in PRC. Voilà un résultat inattendu de la mondialisation de l’agriculture car il n’y a pas que l’industrie textile et l’électronique qui exploitent des travailleurs à bas prix dans les pays d’Asie. Pire encore puisque Malet cite le Ghana dans on ouvrage, les paysans appauvris de ce pays s’expatrient en Italie pour assurer la récolte de tomates car en pleine saison de production il faut cueillir ce fruit 24h sur 24 et 7 jours sur 7 ! Quand vous consommerez du jus de tomate, de la sauce ou du ketchup il y a de fortes chances que vous ingurgitiez un produit fabriqué avec du concentré de tomates made in PRC puisqu’il n’existe aucune régulation sur la provenance des tomates ou de leurs dérivés …

Source : RTS info

Nouvelles des îles

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Que mes lecteurs se rassurent je suis toujours vivant ! Un couple d’amis, une Française et un Néerlandais, nous ont invités mon amie espagnole et votre serviteur à passer le week-end dans leur nid d’aigle, une maison totalement isolée au bout d’un chemin dans la montagne surplombant l’océan. On se serait cru au bout du monde. La liaison avec le monde extérieur, je veux parler d’internet, était tellement lente et capricieuse que j’ai opté pour un silence épistolaire prolongé et quand je suis rentré tard chez moi hier lundi je n’ai pas eu le courage d’ouvrir ma boite de courrier électronique. Position géographique oblige la langue commune adoptée pour converser entre nous quatre fut l’espagnol.

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Comme le bureau de vote se trouve à Santa Cruz, c’est-à-dire à 80 kilomètres, je ne suis même pas allé voter et d’ailleurs cela n’aurait rien changé à la donne car les dés politiques étaient pipés. Pour les amateurs d’exotisme il n’est pas nécessaire de parcourir des milliers de kilomètres car on trouve facilement dans l’île de Tenerife des sites vraiment inattendus. Le hameau de Genovese se trouve sur la commune de Garachico (dernière illustration) dont on peut voir une partie depuis la maison. De l’autre côté se trouve le volcan Teide (3718 m) :

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La nature est sauvage, préservée, impénétrable, en quelque sorte abandonnée à elle-même bien qu’il soit possible de soupçonner la présence d’anciennes terrasses qui furent cultivées en des temps que la mémoire humaine a oublié. Certaines d’entre elles sont en cours de rénovation par mon ami néerlandais car il projète de cultiver des maracuja (Passiflora edulis), autrement dit des fruits de la passion. Je l’ai aidé à remonter un mur de soutènement en pierres de basalte sèches et j’ai eu la surprise de découvrir que je me débrouillais très bien. Comme je suis toujours animé d’une certaine curiosité intellectuelle j’ai tenté de savoir pourquoi je possédais cette sorte de don qui étonna mon ami anciennement informaticien de son état. Choisir un bloc de basalte et lui trouver exactement la position adéquate dans cette construction méticuleuse devant soutenir par la suite des tonnes de terre. Pour trouver une explication à la précision de mes gestes, les mains gantées car les pierres volcaniques sont très coupantes et abrasives, il m’a fallu remonter à mon enfance alors que j’avais seulement huit ans.

J’avais participé du regard à l’empierrage d’un puits qu’avait fait creuser mon père au début des années 50 car toute la famille souffrait du manque d’eau durant les interminables étés secs à répétition. Le maçon choisissait chaque pierre en la tournant et la retournant comme si elle avait en quelque sorte une personnalité, un rôle bien précis à jouer. Je redécouvris ces gestes probablement enfouis dans ma mémoire depuis ma tendre enfance. Je n’appris que lundi matin que le petit Manu avait été élu et dorénavant n’importe quoi pourra arriver à la France pourvu que je reçoive chaque mois ma retraite. Je ne sais même pas si j’irai voter pour les législatives. Rendez-vous demain mercredi, je vous parlerai à nouveau de gluten et puis ce seront d’autres sujets variés.

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Rectificatif

Sur les conseils d’un de mes plus fidèles lecteurs, j’ai mis dans la corbeille aux oubliettes le billet relatif à l’Islam en Espagne. J’avoue avoir pris pour la vérité un article paru sur un site d’information canadien. Il apparaît donc qu’internet est un véhicule parfaitement adapté pour faciliter la diffusion de fausses informations dans tous les domaines. Une information est très vite oubliée et remplacée tout aussi rapidement par un autre scoop. Les utilisateurs d’internet, dont je fais partie, perdent alors tout sens critique et il leur devient de plus en plus difficile de se forger une opinion compte tenu du foisonnement de sites en tous genres teintés de toutes sortes d’idéologies ou soumis aux directives de pouvoirs politiques.

J’ai été piégé et je ne suis certainement pas un cas isolé : il en va de même dans tous les domaines, de l’économie, de la politique, des rumeurs et autres faits divers tronqués, manipulés dans le but de répandre des messages qui sont conformes aux intérêts de groupes de pression anonymes et de gouvernements qui utilisent cet internet pour se justifier. Même la « vraie science », pure et dure, les articles scientifiques supposés relater une vérité vérifiable et reproductible sont parfois de simples torchons. Nous baignons quotidiennement, à chaque milli-seconde dans une soupe d’informations et notre cerveau est bien incapable de discerner le vrai du faux à moins d’effectuer un travail en profondeur. Je ne suis pas un journaliste d’investigation, loin de là !

Je m’excuse donc auprès de mes chers lecteurs pour cet impair regrettable …

Histoire de noeuds et de de lacets

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Pendant de nombreuses années je m’énervais car les lacets de mes chaussures se détendaient et finissaient par se défaire sauf si j’assurais ces noeuds avec un double-noeud malheureusement difficile à défaire. Normal, il faut pour que les lacets ne se défassent pas réaliser un noeud plat (b) et non un faux noeud en huit selon mon vocabulaire (a), encore que je ne sois pas tout à fait certain de cette définition. Bref, cette histoire de noeuds de lacets de chaussures qui se défont immanquablement quand on marche a hautement perturbé des scientifiques en herbe de l’Université de Berkeley qui se sont penché « scientifiquement » sur ce problème affectant les sportifs mais aussi les piétons lambda dont je fais partie.

Depuis donc de nombreuses années je réalise par un coup de main très facile à mémoriser un noeud plat qui a la particularité de s’auto-serrer et qui reste pourtant facile à défaire. Tous les marins connaissent ce noeud et voici une illustration de ce que ça donne avec des lacets :

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Ces trois étudiants de « graduate school » probablement promis à un grand avenir en recherche scientifique se sont fendus d’un article agrémenté de 14 figures, rien que ça, décrivant toutes sortes de tests montrant sans ambiguïté comment et pourquoi les lacets se défont. Une incroyable découverte scientifique provenant de l’Université de Berkeley qu’il faut donc croire ! Il suffit pourtant de penser en laçant ses chaussures comment réaliser un noeud plat avec les deux boucles. Pas besoin de réaliser des expériences complexes pour prouver les mécanismes de phénomènes aussi simples.

Source et illustrations : Proceedings of the Royal Society series A en accès libre, http://doi.org/10.6078/D15K5K

Une autre histoire de ronds : les langues parlées dans le monde.

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L’espagnol arrive en deuxième position après le chinois mais si le marathi, l’urdu et le tegulu sont ajoutés à l’hindi, ces langues indoeuropéennes arrivent en deuxième position après le chinois comme pour les populations (voir un précédent billet).

Il y a aussi la créativité linguistique et dans ce domaine la Papouasie-Nouvelle Guinée arrive largement première, talonnée par l’Indonésie. Mais le domaine de cette diversité le Vanuatu arrive largement en tête si on se reporte au nombre d’habitants : 110 langues différentes pour moins de 300000 habitants, en gros une langue différente pour 3000 habitants … outre le bislama et les deux autres langues officielles, le français et l’anglais. Dans ce pays, d’un village à un autre, pourtant voisins d’une vingtaine de kilomètres, sans bislama les habitants ne se comprendraient pas. Comme quoi la créativité humaine n’a pas de limites.

Sources : UNESCO et autres organismes internationaux