En vacances, profitez du soleil mais sans en abuser

Plectranthus_barbatus.jpg

En cette période estivale les rituels bains de soleil à la plage ou plus prosaïquement dans son jardin font presque partie du folklore des vacances. Cette pratique n’est pas sans dangers surtout pour les personnes qui ont la peau claire et n’arrivent pas à bronzer. Étymologiquement la peau va prendre la couleur du bronze mais outre l’aspect esthétique recherché il s’agit d’une réaction de celle-ci aux rayons ultra-violets (UV) dont les effets cancérigènes sont prouvés contrairement à ceux de beaucoup d’autres produits considérés comme « probables cancérigènes » sans qu’il n’y ait jamais eu de preuves formelle de cet effet. Mais là n’est pas l’objet de ce court billet.

Toutes les crèmes dites solaires supposées protéger la peau des rayons UV ont, sans exception, une efficacité médiocre. Si elles contiennent effectivement des produits arrêtant les UV ces produits sont détruits par ces derniers et il faudrait se tartiner la peau toutes les 5 minutes pour espérer une protection significative. Il existe pourtant une plante qui stimule la production, sans bain de soleil, de la mélanine par la peau, la substance qui protège naturellement contre les rayons UV et conduit au bronzage tant recherché.

400px-Forskolin.svg.png

Cette plante, de la famille des coléus, le Plectranthus barbatus, synthétise un composé chimique appelé forskoline du nom précédent de cette plante le Coleus forskohlii ou coléus indien. Il s’agit d’un diterpène qui n’a pas d’effet de protection sur les UV mais stimule la peau pour produire massivement de la mélanine selon un mécanisme biologique plutôt complexe au sujet duquel je ne m’étendrai pas. Appliquée en lotion sur la peau, une décoction aqueuse de cette plante provoque un « bronzage » protecteur rapide et il paraît, selon la médecine traditionnelle indienne qu’en tisane ce coléus serait même un hypotenseur.

Source : ScienceAlert, illustrations Wikipedia

« Aloe vera » : encore une grosse arnaque !

800px-Aloe_vera_flower_inset.png

Quand j’étais enfant je suçais mon pouce et mes parents ne trouvèrent pas d’autre moyen pour corriger cette habitude que de me barbouiller le pouce avec de l' »aloès », une sorte de jus brunâtre que la pharmacienne du village vendait dans ce seul but. Je me souviens très bien de cette célibataire entre deux âges aux cheveux graisseux tressés sur le sommet de la tête, semblant gênée par sa grosse poitrine tendue sous sa blouse blanche, avec une grosse paire de lunettes d’écaille cachant son inquiétant visage qui officiait au milieu de flacons variés dans un réduit où flottait une odeur indescriptible d’iode, d’antiseptiques et de parfum bon marché.

Le résultat de l’application de l' »aloès » était une sorte de teinture et un gout amer du doigt qui était supposé me dissuader de continuer à sucer mon pouce. C’était la seule application connue de ce qu’on appelle maintenant pompeusement l’Aloe vera. Et depuis cette époque rien n’a vraiment changé car toutes les études tendant à prouver que cette plante présentait des effets bénéfiques variés sur la peau ont échoué : l’aloès n’a strictement aucun effet bénéfique pour la peau ! L’unique principe actif de l’Aloe vera est donc l’aloïne, une anthraquinone glycosylée au goût amer très prononcé qui imprègne la peau durablement.

L’utilisation du mot latin a pourtant induit une nouvelle mode et on ne compte plus aujourd’hui le nombre impressionnant de produits supposés contenir des extraits de cette plante qui pousse comme du chiendent dans certaines contrées dont en particulier les Iles Canaries. Les crèmes, les pommades, les gels, les lotions diverses et variées, si possible de couleur verte (artificielle) et parfumées (artificiellement) assurent la fortune de laboratoires de cosmétologie pas vraiment regardants qui se sont précipité les yeux fermés dans cette escroquerie juteuse. Sans jeu de mot, car les feuilles charnues de cette plante dite succulente emmagasinent de l’eau dans un tissu incolore et opalescent pas vraiment « juteux » qui serait à la base de tous ces effets prétendument bénéfiques pour la peau.

Ici aux Canaries les touristes se font arnaquer dans des boutiques spécialisées dans la vente de toutes sortes de préparations soit-disant à base d’Aloe vera. Or des contrôles très sérieux effectués par des laboratoires indépendants mandatés par Bloomberg aux USA pour rechercher au moins deux des composants de cette plante, l’aloïne et accessoirement l’acemannane, ont clairement montré qu’ils sont systématiquement absents de ces préparations frelatées aux noms et aux propriétés mensongères. À n’en pas douter un instant la situation est identique en Europe.

Capture d’écran 2017-01-08 à 17.15.38.png

Pour obtenir un kilo d’extrait sec d’Aloe vera il faut récolter à la main 400 kilos de feuilles en se protégeant avec des gants épais. Or cet extrait est avantageusement remplacé par une vulgaire maltodextrine, un additif alimentaire qui ne coûte que quelques dollars le kilo. Pourquoi se priver : abuser de la bonne foi d’une clientèle manipulée par une publicité mensongère qui a envahi les pages web avec la complicité mercantile de Google est tellement facile …

Source : Bloomberg

Traitement anti-rides avec du Botox : attention danger !

Capture d’écran 2016-08-14 à 18.48.33.png

En dehors du fait que moins d’un millionième de gramme de toxine botulique peut tuer un adulte, ce produit maintenant commercialisé par la société Allergen sous le nom de Botox® est très largement utilisé en cosmétique pour améliorer l’aspect du visage. Cette toxine est en effet un violent inhibiteur de la production d’acétylcholine dans les jonctions synaptiques des neurones conduisant à une paralysie musculaire. Cet effet est mis à profit par les esthéticiens pour prévenir la formation de rides outre bien d’autres applications à caractère strictement médical. Mais l’utilisation de Botox est-elle aussi anodine que le prétendent ces médecins esthéticiens pas toujours diplômés ? C’est la question que se sont posé des biologistes de l’Université du Wisconsin à Madison.

La conclusion de leurs travaux parus dans le journal Cell est sans appel : l’utilisation de Botox est dangereuse pour le cerveau ! Mesdames, avant de décider de vous faire traiter le visage pour éviter l’apparition de rides, réfléchissez-y à deux fois en pensant à l’intégrité de votre cerveau …

En cultivant des neurones dans un système à deux compartiments les biologistes dirigés par le Docteur Edwin Chapman ont montré clairement que la toxine Botox migrait vers les neurones situés en amont via les jonctions synaptiques selon un processus de transport axonal endommageant alors ces derniers neurones comme le montre la figure ci-dessous :

Capture d’écran 2016-08-14 à 18.32.15.png

L’effet local recherché par les esthéticiens se situe au niveau de l’injection de Botox qui se lie à un récepteur (SNARE) conduisant à une paralysie musculaire discrète. Mais il y a aussi un autre mécanisme qui prend en charge la molécule de toxine, qui est une protéine, et la rend capable d’être transportée le long des axones pour se retrouver ensuite loin du point d’injection. La toxine se lie en effet à d’autres composants du fluide intracellulaire pour former des petits complexes schématisés dans la figure par des petits cercles gris, la toxine étant, elle, schématisée par un point bleu. La conséquence sciemment ignorée par les esthéticiens malgré des mises en garde répétés des régulateurs par précaution car il n’existait pas jusqu’à cette étude récente de preuve formelle d’un effet délétère du Botox sur le cerveau est une atteinte de certains neurones éloignés du point d’injection.

L’utilisation du Botox en cosmétique (esthétique) est un gros business mais c’est dangereux quoiqu’en pense la société Allergen (voir le lien).

Source et illustration : http://dx.doi.org/10.1016/j.celrep.2016.06.104

et aussi : http://www.allergan.com/miscellaneous-pages/allergan-pdf-files/2013annualreport

Capture d’écran 2016-08-14 à 18.48.33.png

Se laver les cheveux tous les jours : une mauvaise habitude

Capture d’écran 2016-06-10 à 11.26.41.png

Kim Kardashian se lave les cheveux seulement deux fois par semaine et elle a bien raison ! Se shampouiner les cheveux élimine le sébum naturellement sécrété par les glandes sébacées alors que cette matière huileuse est bénéfique pour l’épiderme mais également pour les cheveux. Le sébum protège en effet la peau et les cheveux d’une déshydratation excessive. Qui ne s’est pas rendu compte qu’après un lavage des cheveux à l’aide d’un détergent y compris très peu agressif des pellicules se formaient inévitablement. C’est tout simplement parce que l’épiderme est déshydraté après ce lavage puisqu’il n’y a plus de sébum. D’ailleurs les shampooings dits « anti-pelliculaires » contiennent des corps gras. Les Marquésiennes, après s’être lavé leur longue chevelure, utilisent du Monoï parfumé avec des petites fleurs de l’ylang-ylang local qui pousse un peu de partout dans la forêt pour re-huiler cette dernière et maintenir son aspect brillant si particulier.

Comme Kim Kardashian, il est plutôt approprié de laver ses cheveux une à deux fois par semaine et de les rincer chaque jour pour éliminer la poussière, c’est suffisant.

Cependant et selon la nature des cheveux, le sébum adhère à ces derniers en maintenant leur solidité et des cheveux bouclés naturellement requièrent plus de corps gras pour leur intégrité structurale. Enfin les colorations et le chauffage des cheveux pour leur imprimer des courbures permanentes sont des agressions qu’il faudrait éviter ou limiter. Un dernier conseil, manger de la glycine – une douzaine de grammes chaque jour – est un excellent traitement pour les cheveux …

Source : Business Insider

Le vieillissement du visage : pas de traitement en vue

Capture d’écran 2016-05-02 à 16.52.09.png

Le « look » facial est l’un des plus importants arguments de marketing des cosméticiens. Mais la question est de connaitre les raisons pour lesquelles certaines personnes du même âge paraissent plus vieilles que d’autres. C’est ce à quoi se sont attaqués une équipe de biologistes de l’Université de Leiden sponsorisée par Unilever, l’un des géants mondiaux de la cosmétique et ils n’ont pas été déçus malgré la minceur des résultats obtenus. Une femme voulant paraître plus jeune pourra se tartiner de crèmes apaisantes, rajeunissantes, revitalisantes, anti-rides, anti-vieillesse ou je ne sais quoi encore … dans ce domaine les cosméticiens font preuve d’une créativité surprenante, elle ne pourra rien contre le vieillissement de son épiderme facial, un processus qui ne dépend que … de la génétique.

Depuis des temps immémoriaux les femmes cherchent à paraître plus jeunes, un signe de bonne santé et de fécondité. Or le vieillissement du corps et donc de l’épiderme est un processus inexorable qui est la résultante d’une multitude de facteurs. L’apparition de rides, de taches de vieillesse, de dépigmentation constituent la hantise des femmes qui veulent à tout prix paraître encore jeunes et séduisantes. Il y a cependant des femmes qui semblent, de par leur aspect visuel, vieillir plus lentement que d’autres. C’est sur la base de cette observation qu’une équipe de 5 personnes, une sorte de jury de la beauté, a examiné et noté l’aspect de la face de 2693 personnes, toutes originaires des Pays-Bas, hommes et femmes, pour en déterminer ce qu’on pourrait appeler l’ « âge facial ».

Après avoir établi un classement, une étude du génome de ces personnes a été effectuée afin d’établir une carte des SNPs (single nucleotide polymorphisms) et la réponse n’a pas tardé : l’apparence faciale « plus vieille » est liée à une abondance des SNPs au niveau d’un gène particulier appelé MC1R et ce n’est pas n’importe quel gène puisqu’il s’agit de celui codant pour le récepteur de la mélanocortine (voir ci-dessous). Là où les choses se compliquent si on se place du point de vue du cosméticien, c’est tout simplement parce qu’il ne pourra jamais rien faire pour influer sur une déficience de ce récepteur : des femmes (et des hommes) possédant dans leur bagage génétique des gènes du MC1R codant pour un récepteur de la mélanocortine déficient auront, les années passant, un aspect « plus vieux », point à la ligne.

Capture d’écran 2016-05-02 à 17.15.06.png

Cette étude n’est pourtant pas un coup d’épée dans l’eau car elle révèle que l’aspect du vieillissement est bel et bien multifactoriel, outre le mauvais fonctionnement de la télomérase, un enzyme qui maintient peu ou prou une longueur satisfaisante des extrémités des chromosomes, les télomères, dont on a découvert la fonction avec le syndrome de Werner qui conduit à un vieillissement généralisé et prématuré de l’organisme. Le récepteur de la mélanocortine est important pour l’organisme à plus d’un titre et pas seulement pour l’aspect de l’épiderme car la protéine en question, sécrétée par l’hypophyse, est multifonctionnelle. Elle conduit effectivement à la MSH, l’hormone stimulant les mélanocytes et participant par ailleurs à la régulation énergétique de l’organisme, mais également à l’ACTH, celle qui régule le fonctionnement des glandes surrénales et enfin à la lipotropine, sous deux formes, une autre hormone qui régule le fonctionnement du tissu adipeux et intervient dans le développement de l’obésité. Il s’agit donc bien d’un processus complexe ciblant de nombreux aspects du métabolisme et toute perturbation conduit à une dégradation, entre autres signes extérieurs, de l’aspect visuel du visage aussi bien chez les femmes que chez les hommes.

Unilever, comme d’autres cosméticiens, pourra créer à l’infini des crèmes de beauté anti-vieillissement, rien n’y fera si ce récepteur est génétiquement endommagé à moins de ruser et d’y incorporer des substances dont les propriétés pharmacologiques sont encore inconnues et qui n’ont donc pas actuellement d’usage thérapeutique comme par exemple le BMS-470539, un produit anti-inflammatoire qui se fixe spécifiquement sur le récepteur MC1R (voir le lien). Dans un prochain billet je proposerai à mes lecteurs une autre approche inattendue des effets de la mélanocortine.

Source et illustration : http://dx.doi.org/10.1016/j.cub.2016.03.008

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1476-5381.2010.00688.x/abstract;jsessionid=5ABFDC4B8197FCBB7AE4ECEEB80A5B98.f03t04

La beauté du visage féminin a un prix : des allergies

Capture d’écran 2015-11-07 à 17.48.47

Je ne lis pas les magazines exclusivement réservés à une clientèle féminine. Ils font tellement de publicité pour les produits de beauté qu’il est certain qu’ils ne dénigreront jamais ces derniers au risque de perdre leurs annonceurs. Et pourtant on peut considérer que cette lacune est non seulement une faute grave mais également un manque de respect pour les lectrices : la plupart des produits de beauté, fonds de teint, couleurs pour les paupières, les pommettes ou les cils, rouges à lèvre, crèmes hydratantes, colorants capillaires et autres produits de beauté tels que les shampoings, les déodorants ou les gels-douche contiennent des allergènes puissants et des substances cancérigènes.

La plupart des parfums utilisés en cosmétiques sont allergènes et ce pouvoir allergène est amplifié par les conservateurs comme la paraphénylène-diamine ou la methylisothiazolinone. Près d’une femme sur cinq souffrira dans sa vie de dermatite de contact au niveau du visage ( PMID : 19268112 ). Certains hommes ne sont pas à l’abri de ce type d’allergie car les crèmes à raser et les lotions après rasage contiennent ces même molécules dangereuses.

Un agent de préservation largement utilisés dans tous ces produits cosmétiques très courants est le quaternium-15 appelé aussi Dowicide Q. Comme son nom l’indique il est fabriqué par la Dow Chemical Company et c’est un bactéricide. Cette propriété bactéricide et également fongicide est due au fait que cette drôle de molécule en forme de cage se dégrade en produisant du formaldéhyde ou formol.

Undefined_Quaternium-15

Or le formol est non seulement allergène ( doi:10.1111/j.1600-0536.2009.01615.x ) mais classé parmi les produits potentiellement cancérigènes et comme son usage est interdit en cosmétique en tant que bactéricide les fabricants ont trouvé la parade en incluant dans leurs formulations le quaternium-15. Ce n’est pas tout ! Beaucoup de produits cosmétiques ou de « beauté » contiennent du propylène glycol, un vulgaire antigel, également allergène. Se procurer des produits de beauté dans des échoppes dites « bio » n’arrange pas la situation. Pour ne prendre qu’un exemple parmi bien d’autres la ligne de produits de beauté dits bio Burt’s Bees ( burtsbees.co.uk ) contient très souvent du propolis contenu dans la cire d’abeille, en particulier les rouges à lèvre. Or certaines personnes développent à la longue une allergie au propolis sans qu’on ne sache exactement s’il en est directement la cause.

On ne peut pas exclure que les produits naturels ne présentent pas de propriétés allergènes, le baume du Pérou en est un exemple caricatural. Ce liquide aromatique huileux est extrait des écorces d’un arbre originaire d’Amérique centrale ( Myroxolon balsamum ) et rappelle l’odeur de la vanille et de la cannelle. Pour cette raison il est très largement utilisé, certes en quantités infimes, dans un grand nombre de produits cosmétiques comme parfum. Or cette huile essentielle est également puissamment allergène.

Madame, la prochaine fois que vous utiliserez du rouge à lèvres, votre bouche pourrait soudainement ressembler à un vilain groin de cochon. Il vous faudra alors plusieurs jours voire semaines pour retrouver votre beauté originale mais après cet incident désagréable évitez d’utiliser l’un ou l’autre de vos produits de beauté favoris contenant l’une ou l’autre des substances énumérées ci-dessus. Assurez-vous également que vos crèmes de beauté ne contiennent pas d’extraits de mangue car la peau de ce fruit contient aussi un allergène particulièrement puissant et dévastateur appelé urushiol …

Inspiré d’un article paru dans The Daily Beast