Plusieurs fruits et légumes chaque jour ? Un non-sens pour la santé …

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Depuis des années les médias nous serinent à longueur de journée que manger des fruits et des légumes chaque jour et même plusieurs fois par jour c’est bon pour la santé. En réalité qu’en est-il vraiment de cette affirmation à l’emporte-pièce ? Tout simplement un gros mensonge ! Certes les vitamines trouvées dans les fruits – essentiellement les vitamines du groupe B mais pas toutes – sont utiles pour la santé alors que ces fruits contiennent en outre des quantités extravagantes de sucres directement assimilables par l’organisme à ne pas confondre avec les sucres dits « lents », amidon et fécule par exemple.

Et le sucre commence à devenir la bête noire des nutritionnistes car les autorités sanitaires de nombreux pays et pas seulement de l’OCDE ont finalement reconnu que l’abus de sucres était carrément mauvais pour la santé : l’obésité est bien corrélée à la quantité de sucre ingérée par un individu chaque jour. Outre le pain, les pâtes, les pommes de terre et les pâtisseries (les 4 P) qui sont majoritairement constitués de sucres, les fruits sont également très riches en carbohydrates. Une banane contient un peu plus de 25 grammes de sucre et une orange 15 grammes. Manger 3 à 4 fruits par jour représente jusqu’à 90 grammes de sucre.

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Il se trouve qu’au cours de la patiente sélection des fruits durant plusieurs millénaires a conduit à augmenter du manière générale la teneur en sucre des fruits mais aussi des légumes tout en améliorant leurs propriétés organoleptiques : goût, aspect, conservation, couleur et bien d’autres traits. La pastèque, telle qu’elle a été peinte par Giovanni Stanchi au XVIIe siècle n’avait rien à voir avec celle d’aujourd’hui,

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de même que la banane qui était littéralement envahie de pépins (illustration en début de billet) ou encore la pêche et la carotte (illustrations : carotte sauvage et carotte moderne).

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Systématiquement tous les fruits ou légumes se sont vus au cours de la sélection enrichis en sucres, y compris les carottes !

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Il ne faut donc pas prendre à la lettre les recommandations des nutritionnistes. Si je mange une à deux bananes chaque jour c’est aussi parce c’est bon pour lutter contre les contractures musculaires et quand je suis dans un restaurant je suis souvent effaré de voir d’autres clients manger du pain pour accompagner un mets contenant des pommes de terre ou des légumineuses, haricots, fèves, etc, c’est tout simplement rajouter des sucres à des sucres, puis en dessert se régaler d’une salade de fruits  (ici dans l’archipel des Canaries c’est la pleine saison des fraises, excellentes par ailleurs) dégustées avec un ou deux biscuits : tout simplement un non-sens sanitaire.

Sources et illustrations : Science Alert et blog de Donna Laframboise

Nouvelles du Japon : les shokuhin sanpuru

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Au milieu des années 1930, Monsieur Takizo Iwasaki regardait les gouttes de cire tomber sur le tatami de sa salle de séjour et il eut une soudaine inspiration : fabriquer de la fausse nourriture avec de la cire. C’était pour lui sinon un défi du moins un jeu pour mystifier son épouse Suzu. Après des mois de tentatives il finit par confectionner dans le secret une fausse omelette en partie recouverte de sauce tomate également fausse. L’épouse de Takizo fut tellement surprise par le réalisme qu’elle encouragea son époux à persévérer. Cela se passait à Gujo Hachiman, un petit village perdu dans les montagnes à trois heures de route à l’ouest de Tokyo (illustration).

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Aujourd’hui cette petite ville s’enorgueillit d’être le berceau d’une industrie de la fausse nourriture – le shokuhin sanpuru – présentée en vitrine de nombreux restaurant et qui pèse pas moins de 90 millions de dollars par an ! Aujourd’hui tout est fabriqué avec de la matière plastique et ce ne sont plus seulement les devantures de restaurant qui en sont décorées mais les petits industriels de Gujo Hachiman produisent d’amusantes clés USB ou des objets variés pour coller sur la porte d’un réfrigérateur. L’impression 3D a été essayée mais la main des employés de ces petites entreprises est irremplaçable. Pour ces spécialistes le plus difficile est la reproduction aussi fidèle que possible d’un sushi qui donne vraiment envie d’entrer dans le restaurant :

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Cette industrie a pris son essor à la fin de la deuxième guerre mondiale car lire le japonais n’est pas facile et voir le plat que l’on désire s’offrir est un moyen beaucoup plus simple que de tenter d’aider un consommateur étranger à choisir son menu.

Source partielle : The Guardian. Illustrations : une rue de Gujo Hachiman prise depuis le temple Cho Kyo Ji, l’omelette prototype de Takizo Iwasaki, devanture d’un restaurant à Tokyo, Suginami-ku (source privée).

Nouvelles du Japon : une histoire de bananes

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Après les avocats sans noyaux voilà maintenant les bananes avec une peau comestible : la banane Mongee, mot japonais qui se traduit par « Incroyable ». D’abord pour pouvoir manger leur peau ces bananes sont produites sans pesticides dans une ferme située dans le sud de l’île japonaise principale de Honshu. L’un des collaborateurs de cette ferme (D&T Farm) s’est amusé à soumettre les bananes à divers traitements physiques pour rendre la peau comestible et il a trouvé après de nombreuses tentatives qu’en refroidissant le fruit lentement jusqu’à la température de moins 60 °C, à peu près celle de la neige carbonique, puis en laissant décongeler lentement la peau s’amincit et elle peut être ingérée sans encombre.

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Il faut tout de même attendre que cette peau se recouvre de petites taches brunes ce qui signifie alors qu’elle est « à point ». Il paraît selon des dégustateurs que le fruit a acquis un goût d’ananas. Mais pour s’offrir un tel délice il faudra tout de même débourser entre 5 et 10 euros par banane …

Source et illustrations : D&T Farm ( https://www.dt-farm.com/media )

Le gluten c’est bon pour la santé … des cheveux !

Le gluten c’est bon pour la santé … des cheveux !

J’ai trouvé sur les rayonnages de mon petit supermarché local du sucre de canne roux sans gluten, c’est vrai ( ! ) ce n’est pas nouveau car il n’y a jamais eu de gluten dans le sucre, ce qui est nouveau c’est le petit signal qui permet de vendre ce sucre plus cher. D’ailleurs les industriels qui éliminent par lavage de la farine de blé cette protéine pourtant essentielle pour une bonne panification et une souplesse de la mie du pain doivent se débarrasser de tout ce gluten qui semble avoir acquis un statut de poison violent alors qu’une proportion infime de la population souffre de douleurs intestinales provoquées par cette protéine parfaitement supportée par plus de 99 % d’entre nous. C’est essentiellement une affaire de marketing : le marché des denrées sans gluten a été créé de toutes pièces par les producteurs de produits alimentaires avec la complicité des distributeurs et de certains médecins bienveillants.

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C’est comme le sel sans sodium pour les hypertendus, ça existe aussi. Il s’agit en réalité de chlorure de potassium mais alors il me vient une question salée au bout de la langue : pourquoi les entreprises qui commercialisent ce « sel », car chimiquement parlant il s’agit bien d’un sel, n’apposent-elles pas un signe indiquant que ce « faux sel » est radioactif ? Il est vrai que plus personne ne s’approcherait du rayon de mon petit supermarché s’il y avait un tel signe sur le pot de faux sel (illustration trouvée sur le net). Il y a aussi dans mon petit supermarché un gros présentoir de bananes locales qui sont fort bonnes et je m’en délecte deux fois par jour car c’est excellent pour éliminer les crampes et les contractures musculaires. Pourquoi n’apposent-on pas aussi un petit signe indiquant que ces fruits sont radioactifs puisqu’ils sont particulièrement riches en potassium (voir le lien sur ce blog) ? Voilà où en est arrivée l’absurdité du marketing moderne qui a entrainé une imbécillité et amplifié une crédulité sans bornes des consommateurs.

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Mais revenons au gluten. Que faire de tout ce gluten extrait de la farine de blé ? Un article très sérieux paru dans la revue Royal Society of Chemistry, doi : 10.1098/rsos.171216 en accès libre, démontre que le gluten judicieusement modifié chimiquement pour le rendre soluble dans l’eau puis incorporé à un shampooing est excellent pour la santé des cheveux. Les fibres de kératine, le principal constituant des cheveux, sont « réparées », deviennent plus souples et visiblement plus résistantes aux attaques des détergents contenus dans les shampooings courants ! Ouf, on va enfin trouver des produits contenant à dessein du gluten ou du moins ce qu’il en reste après ces traitements chimiques et ils seront bons pour la santé … des cheveux.

Illustration via AAAS : un cheveu endommagé.

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/08/11/le-paradoxe-de-la-banane/

Les sandwiches c’est mauvais pour le climat

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Comme je l’avais mentionné dans un précédent billet relatif au programme français de réduction de l’empreinte carbone du pays, se loger et se chauffer, se déplacer et enfin se nourrir, trois besoins primordiaux de chacun d’entre nous, c’est mauvais pour le climat selon les « experts ». Bis repetita placent : des chercheurs de l’Université de Manchester ont identifié les sandwiches comme une incroyable source de carbone. Les Britanniques consomment, selon l’Association du Sandwich (mais oui ça existe), 11,5 milliards de ces délicatesses gustatives chaque année. Ils ont étudié 40 types de sandwiches et évalué minutieusement l’empreinte carbone de chacun d’eux. Les pires en la matière sont ceux qui contiennent de la viande de porc, du fromage ou ces crevettes. Mais la palme est décernée au sandwich spécial petit-déjeuner : oeufs, bacon et saucisses. Un seul de ces sandwiches produirait selon l’étude 1441 grammes de CO2 soit l’équivalent d’une voiture parcourant 19 kilomètres. J’avoue admirer la précision de l’étude ! Globalement l’empreinte carbone des 11,5 milliards de sandwiches consommés chaque année en Grande-Bretagne est identique à celle de 8 millions de voitures sans prendre en compte les pétulances des consommateurs, cela va de soi.

De même que l’obsolescence programmée est devenue la bête noire des écolos la date de péremption des sandwiches devrait être revue et allongée mais pas seulement. En effet, toujours selon cette étude passionnante que je n’ai pas lu, rassurez vous, il faudrait aussi optimiser les recettes, la conservation, l’emballage et le transport de ces admirables mets, sans oublier naturellement le recyclage des déchets. Conclusion : se nourrir accélère la dégradation du climat ! Quand on pense que ce sont les contribuables qui financent par leurs impôts ce genre d’études, c’est à vous couper l’appétit … Tant et si bien que les gouvernements, Hulot en premier lieu pour donner l’exemple, vont peut-être imposer par décret un jour de jeûne par semaine pour sauver le climat !

Source : ats, illustration : Reuters

Le paradoxe français

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Durant de nombreuses années et dès le début des années 1970 la population occidentale a été soumise à une propagande organisée par le lobby de l’industrie agro-alimentaire essentiellement nord-américain qui consistait à créer et maintenir la peur des graisses animales. Sans vraiment de preuves scientifiques avérées les graisses animales furent déclarées nocives car elles provoquaient des accidentes cardio-vasculaires. Il était en effet de toute première importance d’assurer de confortables revenus aux producteurs d’huiles végétales. L’industrie sucrière promut dans le même temps les bienfaits du sucre. Les progrès concomitants de l’industrie permirent d’élaborer des sirops enrichis en fructose provenant du traitement de l’amidon de maïs, une matière première très peu coûteuse qui ne demandait qu’à être valorisée pour réaliser des profits monstrueux. De même apparurent les huiles partiellement hydrogénées qui constituent un non-sens physiologique de par leur dangerosité.

Il en résulta l’épidémie maintenant presque planétaire – du moins dans les pays développés, y compris la Chine – de l’obésité et de toutes les pathologies qui y sont liées. Et pourtant l’industrie agro-alimentaire ignora sciemment des études antérieures qui avaient montré sans la moindre contestation possible que les graisses animales n’étaient pas mauvaises pour la santé. Des travaux présentés le 5 avril 1957 à un meeting de l’American Epidemiological Society à Albany dans l’Etat de New-York indiquaient clairement que l’incidence de maladies cardio-vasculaires était proportionnelle à la richesse en graisses animales de l’alimentation étudié par pays mais que la France était une exception : l’ « exception française » qui fut par la suite attribuée au resveratrol présent dans le vin rouge. Nous allons y revenir.

Les graisses animales comprennent le saindoux, la graisse de porc et également le beurre, le fromage et les oeufs qui sont classés dans cette catégorie par la FAO, organisme onusien basé, je crois, à Rome. Pour justifier l’exception française partagée par plusieurs pays du nord de l’Europe le lobby de l’agro-alimentaire organisa des études sur le resveratrol pour expliquer, au moins, l’exception française. Il est rapidement apparu, au cours d’études subséquentes, que pour qu’un effet significatif du resveratrol sur les artères coronaires soit identifié il fallait boire au minimum 6 litres de vin rouge par jour ! Cette simple constatation révéla la supercherie organisée par le lobby de l’industrie agro-alimentaire.

Aujourd’hui la santé des populations se dégrade avec l’ingestion massive de sucres et de graisses végétales partiellement hydrogénées dont la toxicité pour le métabolisme est pourtant reconnue, faut-il le répéter : la margarine est tout simplement toxique pour la santé. Revenir en arrière et faire amende honorable semble être une démarche impossible tant pour les organismes internationaux que pour les gouvernements. Et pourtant quoi de meilleur que des pommes de terre coupées en cubes et cuites dans du beurre, du saindoux ou de la graisse de porc comme ma mère avait coutume de le faire presque chaque jour dans une coquelle de fonte. O tempora, O mores.

Source et illustration : J. Yerushalmy et H. E. Hilleboe (Université de Berkeley), New-York State Journal of Medicine, 1957, pp. 2343-2352 via le blog de Donna Laframboise

Comment cuire des oeufs brouillés

 

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L’un des petits délices du matin qui me manque car je ne cuisine pas chez moi non pas parce que j’ai ni casserole ni poêle mais parce que je préfère aller au restaurant ce sont les oeufs brouillés. Rien de plus simple en apparence que de préparer des oeufs brouillés et de plus c’est d’une simplicité extrême : des oeufs et rien de plus. Selon Daniel Patterson, un chef de San Francisco étoilé Michelin, quand on cuisine il faut suivre ses sens et non pas les recettes encore qu’il faille aussi respecter certaines proportions pour les ingrédients. Et les sens pour ce cuisinier c’est aussi la vue : l’aspect du mets que l’on prépare a tout autant d’importance que le goût et l’odeur, tout un programme !

Alors comment Patterson prépare les oeufs brouillés ? Il prend une petite poêle profonde, on peut aussi utiliser une casserole, dans laquelle il fait chauffer de l’eau légèrement salée au préalable. Pendant ce même temps il bat les oeufs. Quand l’eau bout il verse les oeufs battus directement dans l’eau qu’il a agité juste avant avec une spatule. Il couvre la poêle et compte jusqu’à 20. Il suffit alors de retirer les oeufs délicatement avec une large écumoire, de les égoutter rapidement dans une passoire et de les servir en les saupoudrant de sel, poivre et éventuellement un peu de fromage râpé en ayant pris soin d’éliminer toute eau résiduelle en penchant l’assiette et en épongeant cette eau avec une serviette en papier … Rien de plus simple.

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Vu sur Bloomberg, illustrations Daniel Patterson