Dans le domaine du « bio » tout est permis y compris – et surtout – les grosses arnaques

 

 

 

Comme la plupart des fruits la perte d’eau et l’entrée d’oxygène dans la chair de ces derniers accélèrent leur mûrissement et leur perte de qualités organoleptiques et gustatives. Il existe depuis longtemps une parade avec les agrumes consistant à les recouvrir d’une cire minérale qui imperméabilise la peau évitant alors ce phénomène d’échanges entre l’intérieur du fruit et l’extérieur. Ainsi les agrumes traités se conserve mieux. Il s’agit d’un procédé largement utilisé par les producteurs mais il y a un gros hic qui ne plaisait pas aux écolos : appliquer le même traitement aux avocats est non conforme à ces activistes qui ne veulent pas entendre parler de tous les produits dérivés du pétrole. Mais au fait l’allergie à l’uranium et l’allergie au pétrole ne sont toujours pas des maladies répertoriées par l’OMS alors qu’elles concernent un nombre toujours croissant d’individus, mais je m’égare …

Revenons donc aux avocats. Le dénommé James Rogers, CEO de la petite entreprise Apeel Science, sise à Santa Barbara en Californie a trouvé une alternative à la cire issue du pétrole pour protéger les avocats. Il a organisé la récupération de tout ce que les supermarchés rejetaient comme fruits et légumes invendables car trop mûrs voire carrément pourris. Cette matière première gratuite lui a permis d’extraire – on ne sait pas trop avec quels solvants – des graisses garanties d’origine végétale, donc naturelles c’est-à-dire « bio », pour recouvrir la peau des avocats. Il fallait y penser parce qu’au cas où vous ayez une grosse faim et que vous décidiez de manger la peau de l’avocat (pas la personne qui défend vos intérêts mais le fruit) elle n’est pas recouverte d’un vilain produit d’origine pétrolière, ouf !

Résultat de l’opération : au lieu de devenir immangeables après 4 jours les avocats sont encore consommables pendant deux jours supplémentaires, on n’arrête plus le progrès dans l’arnaque organisée et ce qui est invraisemblable est que cette société a été financée par la Fondation Bill&Melinda Gates. Comme quoi les grands esprits se rencontrent toujours quand il s’agit de faire du business avec du vent …

Source et illustration : The Guardian. Allez aussi vous promener sur ce site qui concerne le mûrissement des avocats, c’est instructif : calavo.com/storepdfs/ProRipeVIP-Brochure.pdf

Du thon « avarié » dans nos assiettes, ce n’est pas un scoop

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Un excellent moyen peu coûteux de surcroit de faire croire que le thon est frais est de le traiter avec du monoxyde de carbone. Il est facile de comprendre ce qui se passe. Le thon rouge est un poisson au sang chaud et sa chair en est imprégnée. Au cours de la conservation du poisson cette chair acquiert un aspect gris-brunâtre peu attirant pour le consommateur. Cette couleur est due à l’hémoglobine qui a perdu l’oxygène qui lui était lié. Traiter la chair du thon avec du CO (ne pas confondre avec le CO2 qui brunirait encore plus le thon) redonne sa couleur vive à la chair. Il est important de noter que les seules protéines susceptibles de fixer de l’oxyde de carbone sont les cytochromes, également rouges, et l’hémoglobine. En effet du thon ou tout autre viande traités avec de l’oxyde de carbone ne présentent en fait aucun danger bien que l’oxyde de carbone soit un gaz aussi toxique pour l’organisme que le cyanure … C’est un moyen peu élégant et totalement illégal de mettre sur le marché du thon à la limite d’être avarié qui est largement utilisé dans de nombreux pays.

Normalement le thon doit être vidé, lavé à l’eau de mer et mis dans un congélateur à moins 20°C dès qu’il a été pêché. Ce n’est malheureusement pas le cas pour de nombreux petits artisans-pêcheurs mais également pour de plus gros professionnels dont l’équipement frigorifique de leur embarcation est parfois défaillant.

Une vaste campagne européenne de dépistage des fraudeurs a été réalisée par Europol avec l’appui d’Interpol entre décembre 2017 et mars 2018 dans 67 pays. Des stocks de thon périmé « recoloré » par traitement avec de l’oxyde de carbone et conditionné ensuite avec du lait en poudre pour bébé qui avait aussi dépassé la date limite d’utilisation ont été trouvé dans de nombreux ports de pêche en particulier au Vietnam. Ce sont plus de 3600 tonnes de thon qui ont été saisis et 749 personnes ont été arrêtées ou font l’objet d’une enquête criminelle.

Il est opportun d’ajouter pour tout de même rassurer les consommateurs qu’un morceau de thon de couleur brune n’est pas nécessairement synonyme de toxicité. En Suisse l’Office fédéral de la sécurité alimentaire n’a pas trouvé de lots de thon présentant cette couleur qui aient été considérés comme impropres à la consommation après analyses sanitaires détaillées …

Source et illustration : SonntagsZeitung

Plusieurs fruits et légumes chaque jour ? Un non-sens pour la santé …

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Depuis des années les médias nous serinent à longueur de journée que manger des fruits et des légumes chaque jour et même plusieurs fois par jour c’est bon pour la santé. En réalité qu’en est-il vraiment de cette affirmation à l’emporte-pièce ? Tout simplement un gros mensonge ! Certes les vitamines trouvées dans les fruits – essentiellement les vitamines du groupe B mais pas toutes – sont utiles pour la santé alors que ces fruits contiennent en outre des quantités extravagantes de sucres directement assimilables par l’organisme à ne pas confondre avec les sucres dits « lents », amidon et fécule par exemple.

Et le sucre commence à devenir la bête noire des nutritionnistes car les autorités sanitaires de nombreux pays et pas seulement de l’OCDE ont finalement reconnu que l’abus de sucres était carrément mauvais pour la santé : l’obésité est bien corrélée à la quantité de sucre ingérée par un individu chaque jour. Outre le pain, les pâtes, les pommes de terre et les pâtisseries (les 4 P) qui sont majoritairement constitués de sucres, les fruits sont également très riches en carbohydrates. Une banane contient un peu plus de 25 grammes de sucre et une orange 15 grammes. Manger 3 à 4 fruits par jour représente jusqu’à 90 grammes de sucre.

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Il se trouve qu’au cours de la patiente sélection des fruits durant plusieurs millénaires a conduit à augmenter du manière générale la teneur en sucre des fruits mais aussi des légumes tout en améliorant leurs propriétés organoleptiques : goût, aspect, conservation, couleur et bien d’autres traits. La pastèque, telle qu’elle a été peinte par Giovanni Stanchi au XVIIe siècle n’avait rien à voir avec celle d’aujourd’hui,

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de même que la banane qui était littéralement envahie de pépins (illustration en début de billet) ou encore la pêche et la carotte (illustrations : carotte sauvage et carotte moderne).

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Systématiquement tous les fruits ou légumes se sont vus au cours de la sélection enrichis en sucres, y compris les carottes !

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Il ne faut donc pas prendre à la lettre les recommandations des nutritionnistes. Si je mange une à deux bananes chaque jour c’est aussi parce c’est bon pour lutter contre les contractures musculaires et quand je suis dans un restaurant je suis souvent effaré de voir d’autres clients manger du pain pour accompagner un mets contenant des pommes de terre ou des légumineuses, haricots, fèves, etc, c’est tout simplement rajouter des sucres à des sucres, puis en dessert se régaler d’une salade de fruits  (ici dans l’archipel des Canaries c’est la pleine saison des fraises, excellentes par ailleurs) dégustées avec un ou deux biscuits : tout simplement un non-sens sanitaire.

Sources et illustrations : Science Alert et blog de Donna Laframboise

Nouvelles du Japon : les shokuhin sanpuru

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Au milieu des années 1930, Monsieur Takizo Iwasaki regardait les gouttes de cire tomber sur le tatami de sa salle de séjour et il eut une soudaine inspiration : fabriquer de la fausse nourriture avec de la cire. C’était pour lui sinon un défi du moins un jeu pour mystifier son épouse Suzu. Après des mois de tentatives il finit par confectionner dans le secret une fausse omelette en partie recouverte de sauce tomate également fausse. L’épouse de Takizo fut tellement surprise par le réalisme qu’elle encouragea son époux à persévérer. Cela se passait à Gujo Hachiman, un petit village perdu dans les montagnes à trois heures de route à l’ouest de Tokyo (illustration).

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Aujourd’hui cette petite ville s’enorgueillit d’être le berceau d’une industrie de la fausse nourriture – le shokuhin sanpuru – présentée en vitrine de nombreux restaurant et qui pèse pas moins de 90 millions de dollars par an ! Aujourd’hui tout est fabriqué avec de la matière plastique et ce ne sont plus seulement les devantures de restaurant qui en sont décorées mais les petits industriels de Gujo Hachiman produisent d’amusantes clés USB ou des objets variés pour coller sur la porte d’un réfrigérateur. L’impression 3D a été essayée mais la main des employés de ces petites entreprises est irremplaçable. Pour ces spécialistes le plus difficile est la reproduction aussi fidèle que possible d’un sushi qui donne vraiment envie d’entrer dans le restaurant :

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Cette industrie a pris son essor à la fin de la deuxième guerre mondiale car lire le japonais n’est pas facile et voir le plat que l’on désire s’offrir est un moyen beaucoup plus simple que de tenter d’aider un consommateur étranger à choisir son menu.

Source partielle : The Guardian. Illustrations : une rue de Gujo Hachiman prise depuis le temple Cho Kyo Ji, l’omelette prototype de Takizo Iwasaki, devanture d’un restaurant à Tokyo, Suginami-ku (source privée).

Nouvelles du Japon : une histoire de bananes

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Après les avocats sans noyaux voilà maintenant les bananes avec une peau comestible : la banane Mongee, mot japonais qui se traduit par « Incroyable ». D’abord pour pouvoir manger leur peau ces bananes sont produites sans pesticides dans une ferme située dans le sud de l’île japonaise principale de Honshu. L’un des collaborateurs de cette ferme (D&T Farm) s’est amusé à soumettre les bananes à divers traitements physiques pour rendre la peau comestible et il a trouvé après de nombreuses tentatives qu’en refroidissant le fruit lentement jusqu’à la température de moins 60 °C, à peu près celle de la neige carbonique, puis en laissant décongeler lentement la peau s’amincit et elle peut être ingérée sans encombre.

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Il faut tout de même attendre que cette peau se recouvre de petites taches brunes ce qui signifie alors qu’elle est « à point ». Il paraît selon des dégustateurs que le fruit a acquis un goût d’ananas. Mais pour s’offrir un tel délice il faudra tout de même débourser entre 5 et 10 euros par banane …

Source et illustrations : D&T Farm ( https://www.dt-farm.com/media )

Le gluten c’est bon pour la santé … des cheveux !

Le gluten c’est bon pour la santé … des cheveux !

J’ai trouvé sur les rayonnages de mon petit supermarché local du sucre de canne roux sans gluten, c’est vrai ( ! ) ce n’est pas nouveau car il n’y a jamais eu de gluten dans le sucre, ce qui est nouveau c’est le petit signal qui permet de vendre ce sucre plus cher. D’ailleurs les industriels qui éliminent par lavage de la farine de blé cette protéine pourtant essentielle pour une bonne panification et une souplesse de la mie du pain doivent se débarrasser de tout ce gluten qui semble avoir acquis un statut de poison violent alors qu’une proportion infime de la population souffre de douleurs intestinales provoquées par cette protéine parfaitement supportée par plus de 99 % d’entre nous. C’est essentiellement une affaire de marketing : le marché des denrées sans gluten a été créé de toutes pièces par les producteurs de produits alimentaires avec la complicité des distributeurs et de certains médecins bienveillants.

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C’est comme le sel sans sodium pour les hypertendus, ça existe aussi. Il s’agit en réalité de chlorure de potassium mais alors il me vient une question salée au bout de la langue : pourquoi les entreprises qui commercialisent ce « sel », car chimiquement parlant il s’agit bien d’un sel, n’apposent-elles pas un signe indiquant que ce « faux sel » est radioactif ? Il est vrai que plus personne ne s’approcherait du rayon de mon petit supermarché s’il y avait un tel signe sur le pot de faux sel (illustration trouvée sur le net). Il y a aussi dans mon petit supermarché un gros présentoir de bananes locales qui sont fort bonnes et je m’en délecte deux fois par jour car c’est excellent pour éliminer les crampes et les contractures musculaires. Pourquoi n’apposent-on pas aussi un petit signe indiquant que ces fruits sont radioactifs puisqu’ils sont particulièrement riches en potassium (voir le lien sur ce blog) ? Voilà où en est arrivée l’absurdité du marketing moderne qui a entrainé une imbécillité et amplifié une crédulité sans bornes des consommateurs.

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Mais revenons au gluten. Que faire de tout ce gluten extrait de la farine de blé ? Un article très sérieux paru dans la revue Royal Society of Chemistry, doi : 10.1098/rsos.171216 en accès libre, démontre que le gluten judicieusement modifié chimiquement pour le rendre soluble dans l’eau puis incorporé à un shampooing est excellent pour la santé des cheveux. Les fibres de kératine, le principal constituant des cheveux, sont « réparées », deviennent plus souples et visiblement plus résistantes aux attaques des détergents contenus dans les shampooings courants ! Ouf, on va enfin trouver des produits contenant à dessein du gluten ou du moins ce qu’il en reste après ces traitements chimiques et ils seront bons pour la santé … des cheveux.

Illustration via AAAS : un cheveu endommagé.

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/08/11/le-paradoxe-de-la-banane/

Les sandwiches c’est mauvais pour le climat

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Comme je l’avais mentionné dans un précédent billet relatif au programme français de réduction de l’empreinte carbone du pays, se loger et se chauffer, se déplacer et enfin se nourrir, trois besoins primordiaux de chacun d’entre nous, c’est mauvais pour le climat selon les « experts ». Bis repetita placent : des chercheurs de l’Université de Manchester ont identifié les sandwiches comme une incroyable source de carbone. Les Britanniques consomment, selon l’Association du Sandwich (mais oui ça existe), 11,5 milliards de ces délicatesses gustatives chaque année. Ils ont étudié 40 types de sandwiches et évalué minutieusement l’empreinte carbone de chacun d’eux. Les pires en la matière sont ceux qui contiennent de la viande de porc, du fromage ou ces crevettes. Mais la palme est décernée au sandwich spécial petit-déjeuner : oeufs, bacon et saucisses. Un seul de ces sandwiches produirait selon l’étude 1441 grammes de CO2 soit l’équivalent d’une voiture parcourant 19 kilomètres. J’avoue admirer la précision de l’étude ! Globalement l’empreinte carbone des 11,5 milliards de sandwiches consommés chaque année en Grande-Bretagne est identique à celle de 8 millions de voitures sans prendre en compte les pétulances des consommateurs, cela va de soi.

De même que l’obsolescence programmée est devenue la bête noire des écolos la date de péremption des sandwiches devrait être revue et allongée mais pas seulement. En effet, toujours selon cette étude passionnante que je n’ai pas lu, rassurez vous, il faudrait aussi optimiser les recettes, la conservation, l’emballage et le transport de ces admirables mets, sans oublier naturellement le recyclage des déchets. Conclusion : se nourrir accélère la dégradation du climat ! Quand on pense que ce sont les contribuables qui financent par leurs impôts ce genre d’études, c’est à vous couper l’appétit … Tant et si bien que les gouvernements, Hulot en premier lieu pour donner l’exemple, vont peut-être imposer par décret un jour de jeûne par semaine pour sauver le climat !

Source : ats, illustration : Reuters