Le projet hégémonique des Nations-Unies, donc des USA

En mai 2000, Kofi Annan, secrétaire général des Nations-Unies déclarait : « Depuis la mise en place de l’ONU, plus de 500 conventions multilatérales ont été conclues et prises dans leur ensemble celles-ci forment une assise légale pour l’établissement d’un monde meilleur ». Il existe une multitude de « filiales » de l’ONU qui ont toutes pour but d’émettre des recommandations de bonne gouvernance comme par exemple le Bureau International du travail, l’OMS (organisation mondiale de la santé), la FAO (food and agriculture organization), ou encore l’IPCC en ce qui concerne le climat. Cette « filiale » particulière de l’ONU est par définition un organisme politique puisqu’il regroupe des représentants des gouvernements de tous les membres de l’ONU. Et pour une bonne acceptation de ses décisions cet organisme, tel un travesti, a revêtu les apparences – uniquement les apparences – de la science.

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Les officiels de l’ONU ont donc délibérément décidé, dans le cas du climat, d’utiliser la science, une aubaine créée de toutes pièces, pour faire progresser leur agenda qui est, soyons clairvoyants, tout sauf défenseur de la liberté. Le monde moderne a besoin d’énergie pour fonctionner, beaucoup d’énergie. Toute action tentant de réduire, restreindre ou limiter notre consommation d’énergie réduit, limite et restreint d’autant nos choix quotidiens qui sont où et comment vivre, travailler, étudier, voyager. En tant que personne résidant dans un pays libre au XXIe siècle, je ne suis pas prêt à accepter que les Nations-Unies me dictent comment vivre, me loger, me nourrir et travailler. Les Nations-Unies n’ont aucune autorité sur ma propre personne.

Il faudra travailler durement pour changer cette attitude des Nations-Unies. Par exemple au mois de décembre dernier les Accords de Marrakech sur les migrations globales ont été clairement mis en place pour reconnaître que les migrants avaient plus d’importance que les libertés fondamentales des personnes citoyennes de leur pays. Voilà ce que désire l’ONU dans le monde selon elle. Et l’ONU a tout fait pour que les médias politiquement corrects couvrent l’évènement dans un sens favorable au risque de perdre leur liberté d’expression. Et c’est ainsi que ces médias occultent par tous les moyens le combat entre les individus qui croient encore à la démocratie et ceux qui approuvent et encouragent la gouvernance mondiale. La gouvernance mondiale se met en place progressivement à la faveur d’un réseau de plus en plus dense de recommandations onusiennes qui empiètent sur nos libertés.

Ces conventions multilatérales dont parlait Kofi Annan ont pour seul but d’imposer des normes onusiennes dans tous les pays au mépris des décisions et des jugements des citoyens et de leurs représentants démocratiquement élus.

https://youtu.be/j459Rlp6k3Q

Nos traditions, nos lois et nos constitutions seront tout simplement mises au panier et accords après accords le « cadre juridique global » que mentionnait Annan sera mis en place et amenuisera lentement nos libertés. Annan était convaincu que « le monde meilleur » auquel il faisait allusion serait bénéfique à l’humanité. Il le serait effectivement si nous tous préférons être traités comme des enfants plutôt que des adultes en charge de notre propre destinée, en d’autres termes si nous acceptons que les officiels de l’ONU sont moralement et intellectuellement nos supérieurs. C’est sous l’impulsion de l’ONU que les juridictions transnationales ont établi des décisions légales qui rendent progressivement les juridictions nationales inopérantes. C’est pour cette raison que l’ONU fait pression sur les juges et dans le contexte de l’affaire du climat c’est exactement ce qui se passe. Si nous prenons conscience du danger que représente la gouvernance mondiale il faudra alors retirer notre pays de la plupart des accords et directives que l’ONU a mis en place depuis sa création. L’ONU n’est plus un organisme de maintien de la paix mais un organisme totalitaire.

Source : adapté d’un billet de Donna Laframboise

Commentaire. Les institutions de Bruxelles qui pilotent l’évolution de l’Union Européenne ont adopté l’agenda de l’ONU à l’échelle de l’Europe et c’est petit à petit, sans possibilité de retour en arrière, que la Commission européenne, constituée de personnalités non élues comme les représentants des pays aux Nations-Unies et encore moins les membres du Conseil de sécurité, institue un état supra-national en Europe. Comme personne ne l’ignore l’Union européenne est le vassal des USA au niveau de la défense avec l’OTAN, au niveau de la monnaie avec le dollar qui constitue encore 60 % des échanges commerciaux entre la zone euro et les pays hors zone euro, cette devise restant d’ailleurs au troisième rang mondial après le dollar et le yuan alors que l’Union européenne, prise dans son ensemble, est la première puissance économique dans le monde. On ne peut que constater que les USA ont délibérément freiné l’ascension de l’euro sur le plan des échanges commerciaux mondiaux, bien entendu dans son propre intérêt renforcé par l’extra-territorialité de ses lois.

L’Europe constitue pour l’ONU une sorte de laboratoire, le modèle à l’échelle européenne du processus de main-mise d’une administration supra-nationale – ce qu’est de facto la Commission de Bruxelles – pour poursuivre la gouvernance mondiale téléguidée par Washington tout en soutenant les dissensions entre les Etats européens afin d’éviter une montée en puissance économique et monétaire de l’Union pour préserver, cela va de soi, la suprématie du dollar. Ce n’est pas un hasard si le FMI, la Banque Mondiale et l’ONU se trouvent sur le territoire américain et sont sous le contrôle de Washington, quoiqu’on en dise béatement. Ce n’est pas un hasard non plus si les USA contrôlent le système GPS, internet et le système Swift de paiement international, et enfin ce n’est pas un hasard si les USA ont les moyens techniques largement utilisés pour espionner n’importe qui, n’importe où dans le monde car le contrôle du WEB est entre les mains de la NSA avec la complaisance assumée de Google, Facebook et des autres firmes américaines impliquées dans les technologies de l’information. Toutes les parlottes des politiciens européens me paraissent n’être que du théâtre de mauvaise qualité. Au sein de l’Union européenne il est regrettable de constater que la France, avec son Président adoubé par le Club de Bilderberg, le World Economic Forum (Davos) et les grandes banques supranationales dont la banque Rothschild est à l’avant-garde de cette mise en place d’un état totalitaire à l’échelle nationale qui préfigure ce nouvel ordre mondiale car on ne peut que constater que le « pays des droits de l’homme » a renié depuis bien longtemps ses principes de gouvernance au profit du pouvoir financier. Il reste sur le plan mondial que la Chine, d’ailleurs de concert avec la Russie et quelques autres entités nationales, restera un pays opposé à ce projet même s’il doit leur en coûter une guerre contre les USA.

Le déclin et la chute inévitable de l’Union Européenne

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Voici un autre regard venu d’outre-atlantique. Traduction d’un article de Charles Hugh Smith paru sur son site charleshughsmith.blogspot.com

La fin des modèles néoféodaux et néocolonialistes était inévitable et il en sera de même du projet d’intégration et d’exploitation européen. Le fait que la monnaie unique, l’euro, fracturerait plutôt qu’unirait l’Europe avait été compris bien avant son introduction le premier Janvier 2002. L’euro, monnaie commune à 19 des 28 Etats membres de l’Union européenne, n’est que l’une des diverses institutions qui unissent les nations à l’Union mais c’est le pivot de l’intégration financière présentée comme l’un des principaux avantages de l’adhésion à cette Union. Pourtant le scepticisme quant aux avantages de l’adhésion à l’UE augmente tandis que les citoyens s’interrogent sur l’abandon de la souveraineté nationale avec une intensité renouvelée.

L’élite des technocrates au pouvoir dans l’UE tente de marginaliser les critiques populistes, nationalistes ou fascistes, ignorant la réalité qui est pourtant que la source réelle de la tyrannie qui s’installe en Europe est le fait de ces technocrates non élus qui ont acquis au fil des années des pouvoirs extraordinaires afin de dépouiller les citoyens des pays membres de leurs libertés civiles, notamment leur droit à la dissidence, et de la signification de leur droit de vote. Comme je l’ai expliqué patiemment depuis 2012 la structure sous-jacente de l’UE est le néo-colonialisme, en particulier la néo-colonisation financière. Sans même se dissimuler les institutions financières du noyau central de l’UE ont colonisé la périphérie via l’Euro et ont imposé aux citoyens un système de servage profitant à la seule finance.

Pour comprendre ce qu’est ce modèle de financiarisation néo-colonialiste il faut rappeler ce qu’était le modèle classique du colonialisme. La puissance coloniale conquérait un territoire et s’assurait la domination des élites locales en collaborant parfois avec ces dernières puis elle procédait à l’exploitation des ressources et du travail de la nouvelle colonie pour enrichir la nation impériale et ses élites. Ce modèle colonial a été démantelé sous la pression des Nations-Unies après la seconde guerre mondiale. Les anciennes colonies ont acquis leur indépendance et ce processus a diminué la richesse et le pouvoir des anciennes puissances coloniales.

En réponse à ce processus les puissances financières mondiales ont cherché à établir un contrôle financier plutôt que politique. C’est la base de la dynamique du modèle néo-colonial de financiarisation qui substitue le pouvoir économique de la financiarisation (dette, effet de levier et spéculation) au pouvoir brutal de la conquête et du contrôle politique. La principale stratégie de la financiarisation est de développer du crédit à faible coût à l’intention de ceux (les pays) qui n’ont pas un accès direct au capital et quand ils auront mordu à l’appât alors ils ne pourront plus qu’accepter un crédit plus onéreux. Quand le crédit atteint des niveaux insupportables (pour ces pays) alors les prêteurs exigent des collatéraux ou des conditions commerciales favorables ou encore des concessions financières.

Cependant le pillage économique des anciennes colonies a atteint ses limites et en conséquence les puissances financières globales ont développé le modèle néo-colonial moderne qui applique ces mêmes techniques au niveau local dans le cas de l’Europe. C’est ainsi que des nations comme la Grèce, le Portugal, Chypre, … ont été classées parmi les nations périphériques pouvant être exploitées par le noyau financier central et l’Euro est l’outil idéal pour exploiter ces nations qui n’auraient jamais pu générer des bulles immobilières (comme l’Espagne) sans que les vannes du crédit bon marché soient grandes ouvertes.

Dans le néo-colonialisme financiarisé les puissances financières concluent un contrat avec les élites et les populations locales de la périphérie. Ces « colonisés » périphériques empruntent de la monnaie pour acheter des biens manufacturés dans les pays centraux et ils enrichissent alors les élites de ce centre par les profits réalisés en vendant ces biens, par les intérêts de leur dette nécessaire pour acheter ces biens et maintenir un niveau de vie domestique élevé et enfin en favorisant un véritable écrémage des actifs de ces pays périphériques.

En substance les banques allemandes et françaises mais aussi néerlandaises ont colonisé les pays de la périphérie européenne via la financiarisation de l’euro ce qui a favorisé l’extension massive de la dette de ces pays et les banques et les exportateurs ont réalisé d’immenses profits au détriment de ces pays périphériques. Dès lors les actifs et les intérêts de la dette affluent vers le noyau central de l’Europe. Le sauvetage de la Grèce n’a que très marginalement profité aux citoyens de ce pays : à peine 8 % des 284 milliards d’euros ayant servi au renflouement de la dette grecque sont arrivés jusqu’au citoyen grec, l’essentiel est allé vers les puissances financières pour le paiement des intérêts. Le noyau central européen a dénudé la Grèce de son indépendance financière et politique, exactement comme l’ont fait les puissances coloniales au XIXe siècle avec les pays africains et indo-asiatiques en les privant de leurs ressources, de leurs biens et de leur indépendance politique.

En substance le noyau central de l’UE a atteint la perfection du néo-colonialisme mais aussi du néo-féodalisme. Les nations périphériques sont en réalité les débiteurs néo-coloniaux du noyau et les contribuables des nations du noyau central sont maintenant les serfs féodaux dont le travail est dédié à la production de biens dans le cadre du schéma global de financiarisation et qui ne feront que se dégrader. Ce néo-colonialisme profite à la fois à l’aristocratie du noyau central mais également aux oligarchies de la périphérie. Il suffit de constater comment la Grèce a été littéralement ruinée.

L’UE a atteint la phase finale du modèle néo-colonial de financiarisation et avec celui-ci il n’y a plus de marchés à exploiter, il n’y a plus d’actifs à dépouiller et les serfs (les « gilets jaunes ») du noyau central se lassent d’être systématiquement dépouillés par la kleptocratie européenne.

À ce stade, l’aristocratie financière se trouve aux prises avec un dilemme insoluble : l’annulation des créances en souffrance annule également les flux d’actifs et de revenus, car chaque dette constitue l’actif et le flux de revenus du noyau central. Lorsque tous ces actifs fantômes seront reconnus comme sans valeur alors le système implosera.

Cet épuisement du système néo-colonial-néo-féodal mis en place en Europe était inévitable et il en résultera le déclin et la chute du projet européen d’intégration et d’exploitation de type colonial des pays de l’UE par les oligarques au pouvoir.

La gigantesque révélation d’Angela Merkel

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Mes lecteurs se diront que je retarde dans l’actualité. Je n’ai pas de télévision chez moi, je ne lis aucun journal papier et je ne fais que parcourir les titres de quelques quotidiens disponibles sur le Web. L’essentiel des informations qui me parviennent proviennent de blogs anglo-saxons, québécois parfois, mais aussi les quotidiens francophones suisses ou belges, pour ce qui concerne les informations relatives à la France. Et comme étant un ancien scientifique je fais une revue quotidienne de quelques sites d’informations strictement scientifiques et je ne m’intéresse qu’aux articles appuyés sur des publications dans des journaux à comités de lecture mais jamais je ne prête une quelconque attention à des sites qui ont redigéré et le plus souvent déformé des informations pour les orienter à leur guise.

Bref, en « surfant » sur la chaine youtube où on trouve tout ce que l’on veut et son contraire je suis tombé par hasard sur un site québécois qui vaut le coup d’être regardé bien que datant du 14 novembre dernier. Ce qu’a dit la Chancelière Merkel à Donald Trump, le nationaliste bec et ongles américain presque caricatural, est édifiant et également terrifiant. Et pourtant j’avoue n’avoir pas noté cette information. Voici la traduction des propos d’Angela Merkel :

« À notre époque les Etats-Nations doivent aujourd’hui – devraient aujourd’hui, je veux dire – se préparer à abandonner leur souveraineté, mais naturellement selon une procédure ordonnée » … « Si vous faites partie de ceux qui pensent qu’ils peuvent résoudre tous les problèmes par eux-mêmes, c’est du nationalisme dans sa forme la plus radicale. Ce n’est pas du patriotisme ».

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C’est un aveu public de la part de la plus puissante politicienne d’Europe adressée aussi à tous les chefs d’Etat qu’une gouvernance supra-nationale se met progressivement en place. Le totalitarisme à l’échelle européenne sous la houlette des USA, de l’OTAN et de la CIA avec le leadership allemand ( ? ) paraît donc inévitable pour Merkel et il faut tous s’y préparer. Déclarer que le patriotisme et le nationalisme sont deux concepts séparés mérite réflexion.

Par un effet du hasard j’ai reçu hier la lettre de Donna Laframboise à laquelle je suis abonné, journaliste canadienne anglophone (malgré son patronyme), qui est tout à fait révélatrice et je vous livre une traduction de son billet ci-dessous.

Sans frontières nationales une démocratie est condamnée à mourir

Autrefois les peuples étaient gouvernés par le Roi et l’Eglise. le Roi décrétait. Nous les paysans nous obéissions. L’Eglise a insisté et nous les paysans nous nous sommes soumis.

Puis quelque chose de merveilleux advint. Les gens ordinaires ont été autorisés à voter et ils ont cru que par leur droit de vote ils pourraient écarter les mauvais leaders politiques, pas par des effusions de sang mais de manière ordonnée, par leurs suffrages. Ceci a été appelé la démocratie : un gouvernement avec l’assentiment des citoyens votants. Les Présidents ne sont des présidents que parce que nous les choisissons. Si les premiers ministres ignorent nos préoccupations alors nous ne voterons pas pour eux la prochaine fois. Nous voterons pour quelqu’un d’autre et ils feront leur valise.

La démocratie est donc un système de responsabilisation. les mauvaises lois peuvent être abrogées, les mauvaises politiques peuvent être remises en question et les électeurs pourront choisir quelqu’un qui changera de stratégie politique.

la démocratie ne peut pas fonctionner sans frontières nationales claires. Les électeurs d’un pays « A » décident de leur propre destin et seulement de leur destin. Les résultats des élections sont applicables sur leur territoire mais pas au delà. Dans le pays voisin, la nation « B », les électeurs ont le droit de choisir une autre voie et ils vivront avec les conséquences de leur décision à l’intérieur de leur territoire.

John Lennon avait écrit les paroles d’une de ses chansons « Imagine » :

« Imaginez qu’il n’y a plus de pays

C’est pas si difficile d’y parvenir

Plus personne à tuer ou pour qui mourir

Et plus de religion non plus

Imaginez tous les peuples vivant en paix … « 

Mais un monde sans pays est un monde dans lequel l’autonomie gouvernementale, c’est-à-dire des citoyens pilotant leur propre navire, est impossible. La paix universelle n’est qu’une belle fantaisie. L’oppression est ce qui arrive nécessairement quand les dirigeants sont irresponsables et quand les gens ordinaires n’ont plus de voix au chapitre. C’est alors le retour du vieux et terrible monde pour lequel nos prédécesseurs ont tant peiné pour s’en échapper, un monde dans lequel ce seront les nouveaux rois qui décideront et les paysans se plieront et un monde dans lequel les nouvelles églises insisteront pour que les paysans se soumettent.

Heureusement que mon espérance de vie n’est plus, statistiquement, que de quelques années, je ne verrai pas cette horreur se mettre en place … Note. To take swipe at somebody … = gifler quelqu’un …

https://www.youtube.com/watch?=BOmn4seBIVQ et aussi :

https://genius.com/John-lennon-imagine-lyrics

Géopolitique : le mystère du rouble

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Traduction d’un article de Tom Luongo paru sur le site ZeroHedge le 28 décembre 2018.

Le rouble russe est reparti à la hausse cette semaine passée à la faveur de la déroute mondiale des cours des actions et des matières premières provoquée par la hausse des taux d’intérêt de la Réserve Fédérale américaine. La banque centrale de Russie avait réagi auparavant de manière un peu excessive à la hausse de l’inflation alors que l’économie mondiale va évoluer en 2019 chaotiquement dans un contexte géopolitique incertain. Les prix du pétrole évoluent parallèlement au cours des actions alors que les marchés sont entrés dans une phase de grande volatilité en prévision d’une récession mondiale. En temps normal le cours du rouble est très fortement lié à l’évolution des prix du pétrole. Pourtant le rouble n’a pas du tout, ces dernières semaines, réagi à la baisse considérable du cours du Brent.

Alors que le cours du Brent a accusé une baisse de 38 % depuis octobre, le rouble a fluctué dans une fourchette de 4 % pour un taux de change de 67 % pour un dollar. C’est une stabilité étonnante compte tenu de la volatilité du cours du Brent. Depuis le début de l’année 2018 le rouble a surréagi à l’intensification des sanctions imposées par les USA, en particulier au moment où l’intensification des sanctions à l’encontre de l’Iran et du Vénézuela avait maintenu les cours du pétrole à un niveau élevé.

Perspectives sur les cours du pétrole.

Le cours du rouble s’est redressé cette dernière semaine alors que la volatilité des cours du pétrole s’accentuait. En effet, en raison du volume de l’offre le cours du Brent ne peut pas durablement être maintenu au dessus de 65 dollars le baril. Et ce cours n’est pas non plus supportable en dessous de 40 dollars pour à peu près tout le monde, l’Arabie saoudite en raison de ses contraintes budgétaires ou encore les entreprises de « fracking » américaines acculées à des dettes gigantesques.

Depuis que le rouble a flotté à la fin de l’année 2014 la Russie a été de moins en moins impactée par les fluctuations des prix du pétrole, parce que les coûts domestiques sont payés en roubles et que les revenus en dollars sont compensés par un rouble plus faible. Ce sont les dépenses publiques qui pâtissent des baisses de prix du pétrole. Mais d’autre part les cours élevés lors d’une partie de cette année 2018 a rempli les coffres de la Russie qui a dégagé un excédent budgétaire de 2,1 % du PIB. La Russie dispose d’un système d’auto-budgétisation basé sur les recettes tarifaires du pétrole et alors le budget sera ajusté en fonction des prix anticipés du pétrole. Donc, compte tenu des 1,2 millions de baril/jour communiqués à l’OPEP il ne faut pas s’attendre à ce que le gouvernement russe envisage un baril à 80 dollars en 2019 et c’est ici un signal baissier.

L’énergie représente la majeure partie des exportations russes mais cette proportion diminue régulièrement au fur et à mesure que d’autres industries deviennent matures. En 2017 le pétrole et le gaz représentaient un peu moins de 60 % des exportations contre 69 % en 2014. Si le prix des hydrocarbures augmente en 2019 cette part pourrait également augmenter mais les exportations hors hydrocarbures ont atteint en 2018 un record de 147 milliards de dollars selon une déclaration de Andrey Slepnev, Directeur Général du Russian Export Center. C’est un fait nouveau important. Le choc des sanctions américaines et la baisse des prix des hydrocarbures aurait dû affecter le cours du rouble comme celà a été le cas avec la lire turque et ce devait être l’espoir de Capitol Hill. Or ce ne fut pas le cas et cela montre bien la part croissante du commerce russe hors zone dollar : les exportations russes continuent à croître grâce au rouble faible et à la stature d’homme d’Etat de Poutine. Et l’effet direct est d’encourager davantage de pays disposés à se soustraire aux sanctions américaines à commercer directement avec la Russie.

La vraie guerre idéologique.

Trump et Poutine sont maintenant en guerre idéologique sur la manière de faire du commerce. Trump a choisi un comportement mafieux consistant à punir les gens qui veulent faire des affaires avec d’autres pays que les USA alors que Poutine s’inspire d’un Dale Carnegie cherchant des victoires commerciales là où il pourra y parvenir. Trump a le bâton, Poutine propose les carottes … Il est triste de constater ce que sont devenus les Etats-Unis. Trump est persuadé qu’il pourra refaire l’Amérique à son image. Il dit souvent que son pays doit être respecté. Mais ce n’est pas ce que l’on perçoit en observant le monde politique américain. En fait c’est tout le contraire : Trump veut être obéi et il considère que le pouvoir américain doit être respecté. Mais ce n’est pas le cas, c’est du ressentiment, et il devrait être assez intelligent pour comprendre ça ! Trump sape la seule chose qui fait du dollar un dollar, la stabilité et la confiance.

Poutine de son côté a choisi d’ignorer Trump et de tisser des relations commerciales qui lient la Russie et ses voisins. À Washington les néoconservateurs hystériques crient de manière incohérente qu’il faut « anihiler l’infuence russe ». C’est simplement un message codé pour dire : « nous voulons que la Russie soit pauvre, faible et incapable de se défendre afin que nous puissions la prendre en charge ».

La réalité est toute différente : chaque pipe-line construit entre la Russie et l’Europe, l’Inde ou la Chine réduit la probabilité de conflits entre ces pays et la Russie. De ce point de vue la Russie utilise ses immenses ressources énergétiques pour sauvegarder son avenir. C’est la « diplomatie du pipe-line » et la position de Washington découle de cette théorie dépassée des « grandes puissances » sur la façon de jouer le grand jeu de la géopolitique.

La Russie connaît trop bien l’esprit belligérent des USA et des élites européennes à son égard. Ce pays a fait avec pendant des siècles et Poutine sait très bien, comme n’importe quel étudiant en histoire, qu’il a le temps et que ce temps est son meilleur allié. Lorsque l’on considère le paysage géopolitique on doit considérer la tendance générale, les joueurs autour de la table et leurs motivations. Pour la Russie l’objectif est une voie indépendante qui ne la réduit pas à la merci des impératifs politiques américains. Personne n’est jamais sorti indemne d’un conflit économique avec les USA mais ce n’est pas vraiment l’objectif. L’objectif de la Russie c’est de minimiser les dommages et de rétablir des relations locales solides qui se sont délabrées après la chute de l’URSS.

Le Premier Ministre russe Dmitri Medvedev a finalement dit clairement que les leaders politiques de son pays ont tourné une page dans leur manière de penser. Il a déclaré que les sanctions américaines avaient poussé Moscou et Pékin à utiliser leurs propres monnaies dans leurs échanges commerciaux « ce qui aurait dû être fait il y a plus de dix ans ». « Commercer en roubles est une priorité absolue, ce qui, soit dit en passant, devrait à termer transformer le rouble, monnaie convertible, en une monnaie de réserve » a aussi déclaré le Premier Ministre russe. Et cette position explique les nombreuses entrevues de Poutine pour construire un zone commerciale en Asie avec le rouble comme alternative au dollar.

La tendance géopolitique est donc claire, l’Occident est surendetté. La chasse aux taxes pour renflouer les budgets se poursuivra sans fin. Les Etats-Unis ne sont intéressés que par le maintien de leur pouvoir. C’est exactement ce que veut dire Trump par son « Make America Great Again ». Et il fera tout pour atteindre cet objectif ce qui rend la politique nord-américaine agressive, violente et vindicative. Et ce n’est pas une recette sur le long terme pour atteindre une stabilité économique et politique. Ce que l’administration Trump craint au plus haut point est que la Russie soit capable de mettre en place un système institutionnel et monétaire parallèle fonctionnant en dehors du contrôle américain.

Mais là où Trump se trompe est que les peuples réagissent aux provocations. Chaque fois que le dollar devient plus cher c’est une occasion de plus où un pays décide de ne plus l’utiliser. Ainsi un rouble stable, insensible aux sanctions et aux fluctuations brutales des cours du pétrole facilite grandement ces prises de décisions. Chaque jour apportant une nouvelle transaction réglée en roubles ou une autre cargaison de pétrole payée en yuans et échangé contre de l’or est un autre jour qui rapproche de la réalité géopolitique de demain.

Source : ZeroHedge, illustration ZeroHedge

La disparition de l’Occident « blanc »

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En Afrique du Sud aujourd’hui le sport national n’est plus le safari mais le massacre des agriculteurs blancs établis dans ce pays depuis plusieurs générations. C’est un remake de ce qui arriva dans l’Etat voisin la Rhodésie alors le plus grand producteur agricole d’Afrique australe devenu le Zimbabwe, l’un des Etats les plus pauvres de cette région, après que les Blancs furent massacrés ou expropriés et expulsés pour ceux qui échappèrent à la mort. Cette constatation a conduit Paul Craig Roberts (paulcraigroberts.org) à une réflexion sur le devenir des démocraties occidentales majoritairement « blanches ». Voici donc une traduction de ses billets parus les 2 et 3 janvier de cette nouvelle année sur son site.

La disparition de l’Occident : Les Blancs ont-ils un futur ?

La politique identitaire est maintenant la définition caractéristique du libéralisme progressiste de gauche de l’idéologie du Parti Démocrate (américain). C’est une idéologie de haine à l’égard de ceux qui ont la peau blanche : la politique identitaire est complètement en opposition avec le multiculturalisme de la société. L’Occident a utilisé des mesures économiques pour forcer l’Afrique du Sud à rendre le pouvoir au Noirs. La situation est restée plus ou moins stable tant qu’il n’y avait qu’un seul parti politique noir (l’ANC). Cependant l’apparition d’un second parti politique noir a eu pour conséquence une compétition entre ces deux partis pour déterminer qui haïrait le plus les Blancs.

Il sera intéressant de voir quelle attitude l’Occident adoptera envers ce nouvel apartheid, une dénonciation et des sanctions économiques adaptées et suffisantes pour restaurer la sécurité des Blancs d’Afrique du Sud, ou bien si l’apartheid noir sera accepté comme l’est celui d’Israël pour les Palestiniens. Les populations blanches majoritaires aux USA et en Europe sont déjà devenues des citoyens de seconde zone. Seuls les Blancs sont responsables de discours et de crimes de haine car seules les minorités sont offensées. Alors que les Blancs, la majorité dans les pays occidentaux, ont déjà perdu leur liberté de parole et d’autres droits, quel sera leur avenir quand ils deviendront minoritaires ? Les politiciens en Europe et aux USA, corrompus et traitres, ont-ils mis en place le multiculturalisme pour favoriser un génocide des Blancs ?

Il est banal de dire que les pays occidentaux sont des démocraties. En réalité il s’agit d’oligarchies chez lesquelles le droit de vote des citoyens leur confère un blanc-seing qui procure une légitimité au gouvernement mais ce vote ne change rien au fait que les élus restent sous la tutelle de groupes d’intérêt supranationaux organisés. Le Président Trump en est l’exemple le plus récent. Il a été bloqué dans son projet de réduction des tensions avec la Russie.

L’Union Européenne, depuis sa création, est une entité anti-démocratique. Les tromperies sont sa ligne de conduite. Au tout début il s’agissait d’une zone de libre-échange. Puis la monnaie commune fut mise en place. La mise en place d’une politique fiscale unifiée et centralisée ne fera que reléguer les Etats souverains à de simples provinces de l’Union. Les pays qui ont osé voter contre une trop étroite intégration ont subi des menaces et les fonctionnaires de Bruxelles ont froncé les sourcils et ces pays ont été contraints de voter à nouveau tandis que les médias avaient pour mission de convaincre le peuple qu’il n’y avait pas d’autre alternative au risque d’être des laissés-pour-compte condamnés à vivre dans un marigot.

En dépit des faits, les politiciens ont alimenté la fiction que les pays membres de l’Union européenne resteraient des démocraties soucieuses des souhaits de leurs citoyens. La Chancelière allemande Merkel qui termine sa carrière en ayant imposé à son pays l’arrivée de plus de un million d’immigrants par une décision unilatérale imposée aux citoyens allemands et à l’économie allemande a détruit cette fiction. À l’évidence Merkel se moque de ce que pense son peuple. Elle a à nouveau manifesté son dédain total pour la démocratie lors d’un récent meeting de la Fondation Konrad Adenauer à Berlin quand elle a condamné ceux qui pensent que les politiciens devraient être à l’écoute des citoyens. Le peuple allemand, a-t-elle dit, « ce sont juste des individus qui vivent dans un pays et des individus ce n’est pas la définition du peuple germanique« . Le peuple allemand est constitué aussi par qui que ce soit immigrant en Allemagne conformément au Pacte sur les Migration de l’ONU. Merkel a ajouté que « les Etats-Nations doit se préparer dès maintenant à abandonner leur souveraineté« , a-t-elle aussi ajouté. Le Président français Macron l’a soutenue. Il a déclaré que « le nationalisme français est une trahison« . En d’autre termes c’est une trahison que de soutenir que la France est française. Pour Macron le patriotisme c’est aussi inclure l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie à la France. Le chemin pour les Français de préserver leur souveraineté est de l’abandonner à Bruxelles et d’abandonner tout contrôle sur les affaires étrangères, les migrations et la politique fiscale et budgétaire.

Merkel et Macron parlent d’une soumission de l’Allemagne et de la France au Nouvel Ordre Mondial mais ils se gardent bien de dire ce que signifie ce Nouvel Ordre Mondial. Leurs propos indiquent que l’un des aspects de ce nouvel ordre mondial est le remplacement de la culture des populations allemandes et françaises par celles du Tiers-Monde comme dans « Le camp des Saints » (voir note en fin de billet). Aux Etats-Unis le Nouvel Ordre Mondial signifie plutôt l’hégémonie américaine sur le reste du monde. Les néoconservateurs qui ont contrôlé les affaires étrangères US depuis le régime Clinton pensent que les USA sont la « nation indispensable » ayant le droit et le devoir d’imposer ses vues sur le monde entier.

Les organisations globalistes considèrent que le Nouvel Ordre Mondial constitue leur immunité vis-à-vis des lois des pays souverains. D’autres y voient un grand dessein des Rothschild ou d’une autre conspiration juive pour saigner l’économie mondiale à leur profit. Avec autant de définitions différentes il est difficile de discerner quelle serait le type d’organisation constituant une menace pour la survie de la souveraineté des Etats. Ou peut-être toutes à la fois ?

Il reste que, dans le monde occidental, le nationalisme c’est-à-dire la base du patriotisme est maintenant synonyme, et merci à la politique identitaire, de la « suprématie blanche ». Et en vertu de cette politique identitaire l’idéologie en vogue aujourd’hui aux USA est que le pouvoir du peuple blanc doit être réduit et sujet à des punitions pour tout crime au nom de cette suprématie blanche.

En conséquence, les prises de position aux USA, en Allemagne et en France en arrivent à la même conclusion : les Blancs sont coupables et doivent donner leurs pays aux autres. Toute protestation contre cette exigence surprenante sera suivie d’une restriction des libertés individuelles et ce sera le cas avec le soutien des gouvernements. N’en voit-on pas dès maintenant les prémisces ?

Notes. Les cas de censure sont de plus en plus fréquents en particulier en Suède ces derniers jours lorsqu’une femme a mis en ligne un clip vidéo montrant la décapitation d’un combattant. Il en est de même de l’omerta imposée aux médias au sujet des agressions sexuelles commises par des immigrants en Allemagne, en Belgique, en France et en Suède.

Le Camp des Saints est une fiction de Jean Raspail parue en 1973 relatant les effets d’une immigration massive en Occident, et en particulier en France. Selon Jean Cau « Et si Raspail, avec Le Camp des Saints, n’était ni un prophète ni un romancier visionnaire, mais simplement un implacable historien de notre futur ?  »

Billet d’humeur politique : la Crimée vs Mayotte

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Il y a quelques jours des navires de l’armée ukrainienne ont pénétré dans la mer d’Azov et ont été arraisonnés par la marine russe. Un certain nombre de marins ukrainiens ont été mis sous les verrous. La Russie a revendiqué une violation des eaux territoriales de la Crimée, donc de la Russie. L’affaire a terriblement préoccupé les chancelleries occidentales dans la mesure où, dans la foulée le Président ukrainien, marionnette notoirement fasciste mise en place par les USA à la suite des évènements de la Place Maiden, a immédiatement déclaré la loi martiale et un couvre-feu dans toutes les provinces de l’est du pays.

Il s’est avéré après enquête de la Russie que ces vedettes rapides étaient remarquablement équipées en électronique de surveillance et qu’elles n’étaient là que pour tester les réactions de l’armée russe qui a installé des équipements sécuritaires de surveillance du nouveau pont enjambant le détroit de Kerch, passage obligé des navires du port ukrainien de Marioupol.

L’argument toujours resservi par les « démocraties » occidentales est que la Russie a annexé la Crimée à la suite d’un référendum qu’elle avait organisé à cet effet. Voici une capture d’écran du site officiel France Diplomatie :

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Il est clairement indiqué que la Russie a annexé illégalement la Crimée. Or ces « démocraties » occidentales appuient leur jugement sur la légalité de ce référendum qui a été organisé par les Ukrainiens eux-mêmes sans intervention de Moscou, ce qui a été confirmé par des observateurs du Parlement européen venus sur place, en vertu du droit fondamental figurant dans la Charte des Nations-Unies stipulant que les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes. Pour ce qui concerne cette légalité quand un Etat – l’Ukraine – supprime la cour constitutionnelle (à la suite des évènements de Maiden) et détruit en réalité la continuité de ses institutions il n’y a plus lieu d’invoquer le fait que ce référendum était légal ou non.

Je pose alors une question au Président français qui s’agite à l’encontre de la Russie en se pliant servilement aux décisions de Washington au sujet des sanctions économiques imposées à la Russie : quid de l’annexion de Mayotte, île faisant partie de l’archipel des Comores, un pays à qui la France avait récemment rendu sa souveraineté quand elle s’est retirée de Madagascar à la suite d’un référendum organisé par Paris en 1974 ? Seule l’île de Mayotte avait opté pour rester française et ce référendum d’auto-détermination avait été jugé illégal par le Conseil de sécurité de l’ONU. Pour y faire face la France avait pour la première fois usé de son droit de veto.

Aujourd’hui, dans cette île, nouveau département français, les Maorais sont submergés par des immigrants à tel point que plus de 60 % de la population est constituée d’Anjouanais, immigrés illégaux. Il en est de même pour la Crimée qui sert de tête de pont à tous les russophones d’Ukraine pour fuir l’état fasciste de Kiev. Un référendum a été librement organisé dans la péninsule de Crimée, faut-t-il le répéter, au plus fort du conflit opposant les Ukrainiens non russophones et majoritairement catholiques aux populations de l’est du pays et de la Crimée, chrétiens orthodoxes et russophones. Or la Crimée, craignant une invasion des bandes fascistes lourdement armées par Kiev (cf. le missile ayant abattu le vol MH17) n’a eu d’autres choix que d’organiser ce référendum d’auto-détermination pour se réfugier sous l’aile de Moscou.

Je réitère ma question : pourquoi deux poids, deux mesures entre Mayotte, île que je connais bien pour y être allé acheter des fleurs d’ylang-ylang, et la Crimée ? Avant de faire la leçon au Président Poutine il faudrait que les démocraties occidentales, dont en particulier la France, balaient d’abord devant leur porte. Et ce d’autant plus qu’il est écrit dans la Charte des Nations-Unies que les peuples ont le droit de disposer de leur liberté et d’éventuellement revendiquer leur indépendance, je le répète encore car il s’agit du fond du problème. C’est ce qui pourrait arriver par exemple dans le cas du Brexit si l’Irlande du Nord organise un référendum pour quitter le Royaume-Uni et se rapprocher de la République d’Irlande : elle aurait tout à y gagner … À l’instar de la France la Grande-Bretagne utilisera-t-elle alors son droit de veto pour s’opposer à ce référendum ? Ce serait une première qui remettrait les esprits en place au sujet de la Crimée …

Force est de constater que le monde politique a la mémoire courte. La Crimée fut cédée à l’Ukraine par l’URSS pour des raisons administratives plus que linguistiques ou religieuses. Les évènements de la Place Maïden, fomentés par les services secrets anglais et américains, ont eu pour résultat un conflit armé entre les communautés russophones et le reste du pays. Aujourd’hui l’Ukraine est au bord de la faillite et ne survit qu’avec le droit de passage du gaz russe sur son territoire en direction de l’Europe occidentale et les aides substantielles de l’Union européenne et des USA. L’industrie du pays est au point mort, la population ne peut plus se chauffer et les denrées de première nécessité se font rares. Plus de 3 millions d’Ukrainiens ont fui vers la Russie. La dérive fasciste que connait ce pays devrait logiquement conduire les pays de l’Union européenne à plus de fermeté et de retenue. Il n’en est rien car il faudrait alors que ces pays, dont en particulier la Grande-Bretagne et la France, reconnaissent leurs erreurs de jugement au sujet du Président Valdimir Poutine. Allons-nous nous battre encore une fois pour la Crimée ?

Si je dis « encore une fois » c’est tout simplement parce que mon arrière-grand-père paternel est allé se battre en Crimée en 1853, guerre expéditionnaire des Anglais et des Français, alliés de l’Empire Ottoman, pour repousser la Russie de cette péninsule. Si cette guerre occasionna la mort de près de 700000 combattants plus de la moitié d’entre eux moururent de choléra. Il faut noter qu’à l’époque l’Ukraine n’existait pas.

Les américains sont-ils toujours crédibles ?

Les américains sont-ils toujours crédibles ?

Après avoir dénoncé l’accord de Paris – c’était leur droit – les USA ont continué dans la même veine en dénonçant l’accord sur le nucléaire iranien sachant parfaitement que cet acte aurait des conséquences considérables pour l’ensemble des pays européens. Ces derniers semblent tétanisés à l’idée d’outrepasser la décision américaine, pays qui fait la pluie et le beau temps avec son inique pouvoir d’extraterritorialité quand il y a des dollars en jeu. Sans vouloir être vulgaire la Maison-Blanche nous tient tous par les couilles. Les Chinois et les Russes l’ont compris avant l’Union européenne et ils ont conclu des accords de swap entre eux. Le Japon, bien qu’ayant également conclu des accords de swap yuan-yen, subit la pression constante de Washington pour ne pas trop énerver son « occupant » et quand je dis « occupant » c’est tout simplement parce que de facto les USA occupent le Japon depuis 1945. Idem pour la Corée du Sud. Toute initiative diplomatique pouvant déboucher sur un rapprochement voire une réunification avec la partie nord-coréenne est scrutée à la loupe par les chiens de garde de Washington car il faudra que ce processus leur convienne. Pour l’ensemble de l’Europe c’est blanc-bonnet et bonnet-blanc.

Venons-en à l’OTAN. C’est un magnifique outil d’asservissement de l’ensemble de l’Europe occidentale par les Américains. Lors de l’effondrement du bloc soviétique, Russes et Américains s’étaient mis d’accord pour que l’OTAN ne s’étende pas aux ex-pays satellites de Moscou. Qu’à cela ne tienne, les Américains ne se sont pas privés pour installer des troupes et des armements à quelques kilomètres de la frontière russe tout en fomentant le coup d’Etat de Kiev.

Non contents de n’avoir dénoncé que trois accords Washington vient aussi de se retirer unilatéralement d’un important traité avec la Russie relatif au non-déploiement de missiles de portée intermédiaire porteurs de charge nucléaire. C’est ce fou de John Bolton, un faucon à moustache (les pires), conseiller à la sécurité nationale qui l’a exigé. Ce triste individu travaille pour le complexe militaro-industriel à qui il faut donner un os à ronger. L’accord sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (500-5000 km) appelé en français FNI, forces nucléaires à portée intermédiaire, avait été conclu entre la Russie, à l’époque encore l’Union Soviétique, et les USA et avait eu pour avantage de détendre quelque peu les relations entre les deux blocs. Bolton affirme que la Russie s’est dotée d’un vecteur appelée par l’OTAN 9M729 qui est en violation directe avec le FNI. Or Moscou nie farouchement que ce missile soit effectivement orienté vers l’Europe, si tant est que ce missile existe. Pour Washington la situation est plutôt ardue car il faudra bien qu’un des pays d’Europe accepte d’ « héberger » sur son sol des missiles nucléaires d’une portée de 500 à 5000 km. De plus ce fameux complexe militaro-industriel américain n’a pas les moyens de développer une parade équivalente au 9M729 s’il existe réellement, il faut le répéter car c’est peut-être encore une affabulation de Bolton et de l’administration américaine.

Dans la réalité la dénonciation de ce traité est dirigée non pas à l’encontre de la Russie mais plutôt envers la Chine qui dispose depuis peu de missiles de portée intermédiaire surnommés « tueurs de porte-avion » et sans la capacité de menacer le territoire chinois avec des outils conventionnels, c’est-à-dire des missiles balistiques ou de croisière, Washington perd un levier important dans le bras de fer engagé avec Pékin pour la domination de la région Asie-Pacifique. Cette dénonciation du traité FNI est donc une menace pour la Chine qui devra tôt ou tard négocier avec les USA au sujet d’une limitation des armements. Si tel était le cas les USA bénéficieraient alors d’un soutien de la Russie dans la perspective du renouvellement de l’accord Start concernant les missiles balistiques de longue portée à tête nucléaire qui doit être renégocié en 2021.

Pour bien faire « mûrir » la Chine et la préparer à cette éventualité les USA ont aussi violé les accords de l’OMC – encore des accords bafoués ouvertement – en sanctionnant lourdement la Chine avec des droits de douane parfois exorbitants. Cependant cette arme économique pourrait bien se retourner contre les consommateurs américains dont près de 100 millions n’ont pas les moyens financiers d’acheter des produits « made in USA » et n’ayant pas d’autre choix que d’acheter des produits « made in PRC ». Tout est presque clair. L’aigle impérial américain est à bout de souffle et son hégémonie mondiale est sérieusement remise en cause. La partie de poker à trois (l’Europe n’est que figurant autour de la table et c’est bien regrettable) entre la Chine, la Russie et les USA n’est pas terminée mais pourrait mal se terminer pour l’Empire américain.

Inspiré d’un article paru dans Le Temps de Genève.