La politique étrangère américaine n’a jamais varié depuis 70 ans

J’ai bien spécifié dans le titre de ce billet 70 ans car la nouvelle histoire de la politique américaine contemporaine devrait en réalité débuter après l’épouvantable débâcle de l’armée américaine qui mit fin à la guerre du Vietnam. Depuis la capitulation du Japon et de l’Allemagne les Etats-Unis ont sévi dans 37 pays dans le monde et provoqué la mort de plus de 20 millions de personnes … Rien n’a en réalité changé depuis que les émigrants, au début de ce processus de transfert de populations de l’Europe anglophone vers l’Amérique du Nord. Ce fut d’abord le massacre systématique des indigènes amérindiens dont il ne reste que quelques communautés parquées dans des « réserves » dont il faut accélérer la disparition à coup de drogues, de pop-corn et d’alcool. La situation est exactement identique en Australie avec les Aborigènes qui sont encouragés dans une surconsommation d’alcool et de nourriture qui ne leur convient pas. J’ai vu des Aborigènes au nord du Queensland qui étaient déjà ivres à 10 heures du matin dans la banlieue de Bundaberg. L’horreur. Et c’est la même situation pour les Inuits qui se gavent aujourd’hui de coca-cola et de nourriture industrielle alors qu’ils ont survécu pendant des milliers d’années en se nourrissant de viande crue de phoque. Les Amérindiens d’Amérique du Nord, les Aborigènes d’Australie et les Inuits sont condamnés, c’est inscrit dans le programme d’épuration ethnique profondément inscrit dans le comportement des anglo-saxons.

Le titre de ce billet devrait en effet englober cette période d’invasion meurtrière de l’Amérique du Nord par des aventuriers sans foi ni loi et c’est toujours la même situation aujourd’hui. Je ne m’étendrai pas sur l’inique esclavagisme nord-américain avec des centaines de milliers de « noirs » traités comme des animaux qui ont sué et sont morts pour constituer d’immenses fortunes toujours existantes. Bref, quand on ose parler de la démocratie américaine, il faudrait se souvenir de ce peuple génocidaire et de ses exactions incessantes sur la scène internationale depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Après la Conférence Yalta la propension génocidaire des anglo-saxons nord-américains a prospéré avec la guerre froide d’une part et le projet dit « Opération Condor » en ce qui concerne le Continent américain dans son entier, c’est-à-dire l’Amérique centrale et l’Amérique du sud, comprenez un territoire habité par des sous-hommes comme les Noirs ou les Amérindiens et des « Chicanos » plus ou moins métissés.

Outre ce programme peu reluisant, la toute puissance américaine a combattu le communisme pendant toute la guerre froide, Corée puis Vietnam, Cuba, Allende au Chili, et encore aujourd’hui le Venezuela. Des épisodes maintenant oubliés comme le renversement du Président Sukarno en 1965 car il était un sympathisant du régime de Moscou, le renversement de Mossadegh en Iran, démocratiquement élu mais également proche de Moscou, bref la liste est longue et les bilans en pertes humaines parfois inimaginables. Puis arrivèrent les « guerres du pétrole » dont par exemple le coup d’Etat organisé en Angola pour nettoyer ce pays des troupes cubaines appelées par le Président de l’époque pour maintenir l’ordre, résultat près de 700000 morts. Inutile de rappeler ici les conflits en Irak et en Syrie qui sentent le pétrole. Les petits pays d’Amérique centrale ont été maintenus dans le giron du politiquement correct car les grandes compagnies fruitières comme Dole ou Chiquita avaient d’immenses intérêts dans ces pays, ce n’étaient des guerres pour le pétrole mais pour les bananes ou les ananas. Pour peu que ces petits pays expriment des velléités de réformes agraire alors c’était toute de suite la guerre.

Après la chute de l’URSS les Américains ont littéralement colonisé l’ensemble des pays de l’ex-pacte de Varsovie. L’article de Popular Resistance relate même le cas de la Hongrie dont la révolte contre l’Union soviétique fut largement encouragée par Radio Free Europe, un organisme de propagande américain qui ne dissimulait même pas son anti-communisme.

Aujourd’hui les USA cherchent un ennemi et n’en reste que deux, la Chine et la Russie. Ce sont deux pays nucléarisés et la situation se complique car tout conflit ne pourra que dégénérer en guerre nucléaire. L’Assemblée Générale de l’ONU est inopérante et encore moins le Conseil de Sécurité. L’humanité toute entière est donc menacée par le pays le plus dangereux du monde, les Etats-Unis d’Amérique.

Et si l’ONU demandait à la France de restituer Mayotte à la République des Comores

En ces temps troublés qui par la force des choses trouveront une solution diplomatique il reste un litige entre l’Assemblée générale des Nations Unies et la France qui n’a jamais été clairement épuré si on peut dire les choses ainsi. La France, un pays qui vit un déclin sociétal, industriel et économique accéléré, qui n’est plus que la dixième puissance économique mondiale, et encore je suis optimiste, gonfle son jabot, tel un coq, en provoquant des navires turcs dans une zone qui n’a rien à voir avec l’espace maritime de son pays, masque de ce fait la vacuité affligeante de sa politique étrangère. On pourrait écrire des dizaines de pages au sujet la lente descente aux enfers de la France. À commencer par les gesticulations du Président français au sujet de l’avenir de l’Europe qui ne vont certainement pas plaire aux Américains. Supposons donc que l’Assemblée Générale des Nations Unies décide de rouvrir le dossier relatif à Mayotte, dossier qui a été enterré à la demande justement de la France, membre du Conseil de Sécurité et disposant donc d’un droit de veto, alors la réouverture d’un tel dossier ferait grand bruit et pourrait avoir des répercussions géopolitiques inattendues.

Je suis allé plusieurs fois à Mayotte pour acheter des fleurs d’ylang-ylang à Combani il y a 20 ans, et cet ensemble de deux îles n’était pas encore un département français. La vie y était paisible, la présence militaire française était discrète, les Mahorais étaient jaloux de leur appartenance à la République française. Aujourd’hui Mayotte, devenue département français, faisant donc partie de l’Union européenne, est la porte d’entrée que choisissent les Comoriens pour arriver en Europe, mais l’Europe c’est loin et c’est là le problème. Plus de la moitié de la population, estimée à 700000 habitants, sur un territoire à peine plus grand qu’un petit département de la France métropolitaine, est d’origine immigrée en provenance des îles de la République des Comores, ancien protectorat français. Quelques rappels historiques permettront de situer le problème de Mayotte. En 1974, sous l’influence des mouvements indépendantistes mahorais (les habitants de Mayotte) vis-à-vis des autres îles des Comores, la France organise un référendum et Mayotte vote pour son maintien au sein de la République française. En dépit du fait que la Charte des Nations-Unies reconnaît le droit des peuples à disposer de leur destin par des voies légales, comprenez une requête déposée auprès de l’ONU, cet organisme n’a jamais reconnu la validité du scrutin du référendum organisé par la France. L’affaire en est restée là.

Passons maintenant à la Crimée. À la suite des événements dits de Maidan le Parlement de la région autonome de Crimée, statut d’autonomie datant de 1991, organise un référendum auprès de la population en 2014. Le résultat était prévisible car la population de cette péninsule est largement russophone et de plus la Russie dispose de l’immense base militaire et navale de Sebastopol qui ne faisait pas partie de l’Ukraine ni de la région autonome de Crimée. La population de la Crimée vote massivement pour le rattachement à la Russie, comme Mayotte l’avait fait en 1974, quarante ans plus tôt. La communauté internationale n’a jamais reconnu la validité de ce référendum. Parce qu’aucune demande n’avait été déposée auprès des Nations-Unies ? Non bien sûr car les USA, instigateurs des évènements de Maidan, et les Européens, considérant que c’était un coup monté par la Russie exigèrent de l’Ukraine qu’elle ne reconnaisse pas ce référendum. La situation n’a pas évolué depuis et les sanctions décrétées par les USA et l’Europe à l’encontre de la Russie sont toujours appliquées.

Il y a donc clairement deux poids et deux mesures. La France n’aurait jamais dû « s’approprier » Mayotte et la Russie n’aurait jamais dû « annexer » la Crimée. Les Nations-Unies ont fermé les yeux sur le cas de Mayotte. En toute logique la communauté internationale devrait aussi fermer les yeux sur le cas de la Crimée, les sanctions iniques dont est victime la Russie devraient être levées car pourquoi pas aussi des sanctions contre la France qui a « annexé » Mayotte à l’issue d’un référendum jamais approuvé par l’ONU ! Puisque la France n’a plus aucun pouvoir géopolitique, l’Europe étant gouvernée par les Etats-Unis et l’OTAN, les deux dossiers épineux de Mayotte et de la Crimée devraient être déposés sur le bureau de l’Assemblée générale des Nations-Unies, Assemblée qui devrait selon toute logique et en vertu de la Charte de cet organisme statuer sur les cas de Mayotte et de la Crimée indépendamment du Conseil de sécurité. Mais j’ai du rêver les yeux ouverts en écrivant ce billet …

Pour info ce documentaire réalisé il y a quelques jours à Mayotte qui a en partie motivé ce billet : https://www.youtube.com/watch?v=TmfiRT-vFE8&ab_channel=RTFrance

Brève. Une petite note d’optimisme pour 2022 ?

Comme je l’avais annoncé dans un billet précédent sur ce blog l’Allemagne a donc définitivement fermé 4 réacteurs nucléaires ce 31 décembre 2021 comme prévu. Cette décision n’a pas été remise en cause en raison du fait que le gazoduc NordStream-2 n’est toujours pas opérationnel pour des raisons officiellement juridiques. En réalité l’administration américaine est derrière cet embrouillamini consistant à exiger que la société NordStream AG soit domiciliée en Allemagne et l’opinion publique allemande n’a rien compris de même que le nouveau chancelier. Des bateaux de LNG arrivent à Hambourg et Dresde en provenance des Etats-Unis et les Allemands vont payer encore plus cher leur gaz. Qu’à cela ne tienne l’idéologie a gagné et les 4 réacteurs nucléaires ne seront jamais remis en exploitation.

Vladimir Putin ne peut que constater que l’Europe est devenue esclave des USA et ne dispose plus d’aucun pouvoir décisionnel. Si le prix de la « btu » de méthane est revenu au niveau de juillet dernier c’est en raison de deux facteurs : une forte baisse de la demande des gros consommateurs industriels allemands conformément aux exigences du gouvernement en cette fin d’année et aussi, surtout, une baisse dangereuse des stocks. Cette baisse est donc artificielle et a été organisée pour éviter une tension sociale alimentée par la hausse du prix de l’énergie pour les particuliers, les industriels bénéficiant toujours de tarifs préférentiels. Malgré le « réchauffement climatique » les rigueurs hivernales sont inévitables et les deux premiers mois de 2022 attireront l’attention de tous les analystes. Combien faudra-t-il de navires de LNG pour rétablir la situation ? Personne n’en sait rien et une descente d’air arctique sur l’Europe et la catastrophe sera inévitable.

En cette nouvelle année je souhaite à tous les Européens de faire l’expérience d’un black-out avec toutes ses conséquences terribles pour les plus démunis. Peut-être qu’enfin les peuples se réveilleront et prendront conscience que les politiques écologistes mises en place conduiront leurs pays à la ruine. Alors ils iront demander des comptes à leurs dirigeants politiques, c’est aussi un des mes souhaits pour cette année nouvelle. Et mon dernier souhait, on peut toujours rêver, est que l’Europe se réveille enfin, dise non aux Etats-Unis et noue des relations politiques et commerciales avec la Russie.

Crise ukrainienne : quelle crise ?

Je ne partage qu’avec moi-même les lignes qui vont suivre en espérant qu’elles contribueront à se faire une opinion non passionnelle à mes lecteurs. Il est nécessaire de faire une petite description de l’Ukraine. À l’ouest du pays la population est plutôt rurale, catholique en grande majorité et parlant une langue apparentée au polonais. À l’est la situation est différente. La population est majoritairement russophone et industrieuse au sens littéral du terme. Depuis la chute de l’Union soviétique l’Ukraine est devenue un pays profondément corrompu, corruption largement favorisée par l’attention particulière que lui portait l’Europe en l’inondant d’investissements qui n’arrivèrent jamais dans l’escarcelle du peuple. Les visées hégémoniques de l’OTAN ont amplifié ce phénomène favorisé par le coup monté de la Place Maiden à Kiev fomenté par la CIA sur ordre du Président Obama avec l’accord tacite de l’Europe qui, il n’est plus besoin de le nier, est asservie à l’OTAN. À la suite des évènements de Maiden des milices ouvertement nazies, arborant des croix gammées sur leurs uniformes, issues des populations de l’ouest du pays, se promirent d’en découdre avec les russophones, dynamisées par une haine de toujours et il y eut donc une guerre civile qui ne fut jamais reconnue comme telle. La population de la péninsule de Crimée à 95 % russophone craignit pour son avenir et organisa une consultation populaire dont le résultat fut un rattachement à « la mère patrie ». Au cours de ces évènements plus de 200000 soldats de l’armée ukrainienne désertèrent pour se réfugier en Crimée. La Russie accepta cette consultation populaire et la Crimée rejoignit la Russie.

L’Occident n’entendit pas les choses ainsi et considéra que la Russie avait annexé la péninsule où se trouve la grande base navale russe de Sébastopol que l’OTAN convoitait. La région du Donbas fut totalement dévastée au cours de cette guerre civile. Près de 5 millions d’Ukrainiens russophones émigrèrent vers l’est, c’est-à-dire la Russie, qui ne put que les accueillir en leur proposant un passeport et des aides multiples afin qu’ils aient l’espoir d’une nouvelle vie calme loin des hordes de nazis corrompus à la solde du gouvernement de Kiev. Naturellement la haine ancestrale entre ces deux populations ne s’est pas évanouie, au contraire, elle est attisée par la propagande européenne ambigüe qui oscille entre une intégration à l’Union européenne signifiant que ce pays doit donc automatiquement intégrer l’OTAN et la poursuite du conflit civil interne. La situation de l’Ukraine est critique, l’inflation dépasse 10 %, les investisseurs ont quitté le pays, l’activité industrielle est totalement arrêtée et la misère et le mécontentement concernent maintenant la population de l’ouest qui est déçue par les promesses mensongères du gouvernement qui lui faisait miroiter une adhésion à l’Europe et ce sont des milices nazies qui font régner un semblant d’ordre.

Les Américains ne veulent pas perdre la face ni leur fierté et ils n’hésiteront pas à inonder leurs alliés de propagande mensongère, empêtrés dans un bourbier qu’ils ont eux-mêmes créé avec les événements de Maiden. Afin de ne pas avouer leurs projets d’intégration de ce pays à l’OTAN, n’ayant jamais digéré l’intégration de la Crimée à la Russie qui, je le répète fut le résultat d’une décision démocratique des habitants de cette péninsule, les Américains imaginent que la Russie va envahir la partie orientale de ce pays ruiné. Les Russes s’en moquent, ils n’ont rien à faire de ce pays dévasté. Le seul souci de Moscou est de constater que ces fanatiques de l’ouest de l’Ukraine aient des velléités d’invasion soit de la péninsule de Crimée soit du sol russe à l’est des frontières de ce pays. Il est donc parfaitement compréhensible que le gouvernement du Kremlin amasse quelques troupes pour surveiller cette frontière ainsi que celle de la péninsule de Crimée. Les évènements récents datant de quelques jours ou heures montrent l’énervement de l’Ukraine et du pacte de l’OTAN tant dans l’espace aérien que l’espace maritime. Il faut préciser que l’accès à la Mer d’Azov est maintenant soumis au contrôle de la Russie et le gouvernement de Kiev est particulièrement nerveux à ce sujet car le seul port de cette mer, Mariupol, bien que pratiquement inutilisable depuis la guerre civile, représente néanmoins un objectif stratégique. Il faut à ce sujet préciser que cette ville est pratiquement vide de ses habitants.

En conclusion les Européens, les médias et les politiciens européens n’ont rien compris et ils succombent encore une fois aux mensonges éhontés de la Maison-Blanche.

Je voudrais enfin rappeler à ceux qui auraient oublié l’histoire que ces vrais nazis ukrainiens se nourrissent encore de l’idéologie hitlérienne comme le firent leurs frères polonais lors de la seconde guerre mondiale et qui furent les meilleurs exécutants de l’idéologie d’épuration ethnique et religieuse du troisième Reich sur leur sol. La Pologne se distingua par son zèle exterminateur de toutes les minorités qui vivaient dans son pays. L’ouest de l’Ukraine peuplé en réalité de Polonais suit le même chemin, nourrissant comme les Polonais d’aujourd’hui, une haine viscérale des Russes. Il faudrait que les Polonais réexaminent leur histoire. Oh, je sais que je ne vais pas me faire d’amis avec ce billet mais il me paraît nécessaire de remettre les choses à leur place. Et pour terminer l’armée ukrainienne devra bien régler les tirs d’artillerie destinés à en finir avec la rébellion du Donbas maintenant que les routes non entretenues sont praticables en raison des températures inférieures à zéro degré car si quelque obus venait à tomber en territoire russe ce serait alors une toute autre histoire. 

Le magnésium : arme géostratégique ?

Le magnésium est le quatrième élément le plus abondant de la croute terrestre après le fer, l’oxygène et le silicium. C’est le troisième plus abondant composant de l’eau de mer après le sodium et le chlore. Ce métal se trouve toujours combiné à d’autres éléments. Seuls quelques minéraux sont des sources exploitables de magnésium dont la dolomite, le talc et l’olivine. Les quatre cinquième du magnésium métal produit dans le monde, 1 million de tonnes par an, proviennent de Chine. Comme pour l’aluminium cette production comprend une électrolyse du chlorure de magnésium obtenu après diverses étapes chimiques qui diffèrent selon le minerai utilisé. Dans l’industrie le magnésium est le troisième métal par son importance après le fer et l’aluminium et il entre dans une multitude d’applications depuis les alliages notamment avec l’aluminium mais également en électronique, en chimie de synthèse … L’une des utilisations grand-public du magnésium est sa présence, allié à l’aluminium, pour la confection des canettes de boissons variées (près de 400 milliards par an dans le monde).

À ce jour le cours du magnésium est de 31500 yuans/tonne, soit environ 4100 euros, après avoir connu une augmentation de 94 % en une année. Cette augmentation s’explique par le renchérissement du prix de l’énergie électrique et des carburants. Il existe d’autres raisons car parmi tous les métaux cotés à la bourse de Shanghaï, gallium, germanium, manganèse, indium, néodyme et tellure, outre les autres lanthanides, c’est le magnésium qui a connu la plus importante augmentation de prix. Ce serait donc la demande qui serait la cause de cette augmentation du prix de la tonne de magnésium combinée à la situation de monopole de la Chine sur ce marché. La reprise économique de la Chine, qui n’est maintenant « que » de 5 % par an, expliquerait cette hausse. Les pays occidentaux, en particulier les Etats-Unis, ont choisi de s’en remettre à la Chine pour leurs approvisionnements en magnésium. Cette stratégie comporte un risque et le gouvernement de Pékin entend le faire comprendre aux Occidentaux qui ne se privent pas de critiquer la politique du gouvernement chinois.

Par exemple le néodyme utilisé pour confectionner les aimants permanents des moulins à vent a vu son cours, toujours à la bourse de Shanghaï, n’augmenter que de 58 % en une année pour atteindre 128000 euros la tonne. C’est une faible augmentation en pourcentage par rapport au magnésium qui s’explique par le fait que la Chine est le premier producteur de ce métal et le premier utilisateur pour la fabrication de l’élément producteur d’électricité des moulins à vent destinés à l’exportation alors que la production massive de voitures électriques « made in PRC » utilise beaucoup de magnésium pour tous les alliages à base d’aluminium. Un métal aussi « trivial » que le magnésium constitue donc bien une arme stratégique et les Occidentaux seraient bien avisés de laisser les Chinois tranquilles car ils disposent d’arguments économiques imparables pour se faire respecter.

La guerre des monnaies (suite)

Dans un billet précédent je dissertais de l’antagonisme entre la Chine et les USA. J’ai omis quelques remarques que l’opinion a tendance à amalgamer ou ignorer. D’abord les revendications territoriales de la Chine concernant Taïwan n’aboutiront jamais à un conflit armé entre les USA et la Chine. Il existe en effet un accord non écrit entre les 5 puissances dotées officiellement de l’arme nucléaire dont le fondement est de ne pas utiliser l’arme nucléaire en cas de conflit entre ces 5 puissances. Israël, le Pakistan, l’Inde et la Corée du Nord ne font pas partie de ce club. Personne ne connait l’état de leur armement ni celui des vecteurs qu’ils peuvent déployer pour tenter d’anéantir à distance un ennemi. Les 5 pays « nucléarisés » disposent d’un arsenal suffisant et opérationnel à tout moment pour détruire une grande partie de la Terre. Ils ne s’affronteront donc jamais directement tout simplement car ils ne savent pas qui sortira gagnant d’un tel conflit si tant est qu’il y aura un survivant. En conséquence les USA n’entreront jamais en conflit armé direct avec la Chine au sujet de Taïwan. Ces deux pays n’ont aucun intérêt à voir cette île détruite par des bombardements pour satisfaire une revendication territoriale, pour l’un, et une position stratégique pour l’autre. Taïwan possède un atout majeur, son entreprise TSMC. Il faudra au moins dix ans pour que l’usine TSMC-bis en construction sur le sol américain soit opérationnelle et la Chine ne sera opérationnelle dans cette technologie qu’en 2030 au plus tôt avec une résolution légèrement inférieure à 10 nanomètres alors que TSMC a déjà atteint 4 nanomètres. En d’autres termes un circuit produit par TSMC aujourd’hui sera, dans dix ans, toujours plus performant (d’un facteur 2) à la meilleure technologie que pourra atteindre la Chine.

L’autre point qui obligera en quelque sorte la Chine à modérer ses velléités d’annexion de Taïwan est la proximité de l’immense installation militaire terrestre et maritime américaine d’Okinawa au sud de Kyushu au Japon qui se trouve à 20 minutes de vol d’un F-16 (ou d’un F-35 s’il est en état de vol). Le Japon n’est pas exclu de la stratégie américaine car des entreprises nippones spécialisées mondialement dans les matériaux composites travaillent activement dans le cadre d’un contrat avec Raytheon et Lockheed-Martin pour la mise au point d’un chasseur et d’un bombardier super-furtifs. De toutes les façons un conflit armé entre la Chine et les USA serait destructeur sans même l’usage d’un quelconque armement nucléaire et les Américains auraient beaucoup à perdre. L’industrie américaine est en effet incapable de produire à domicile ce qu’elle importe de Chine. Avant d’envisager un conflit armé avec la Chine il faudra en premier lieu « ré-industrialiser » le pays. Or un tel processus durera plus de dix ans.

Le dernier point à considérer dans cette guerre des monnaies qui voit le jour est l’attitude de la Russie, l’Union européenne étant considérée dans ce jeu stratégique comme une quantité négligeable. Si les Américains étaient de fins politiciens, ce qui est loin d’être le cas, ils devraient d’abord se rapprocher de la Russie plutôt que de l’Australie ! La Russie est préoccupée par les visées économiques de la Chine sur la Sibérie. La « route de la soie » ferroviaire qui emprunte le territoire russe sur des milliers de kilomètres constitue un sujet de réflexion pour le Kremlin. Plutôt que de laisser croiser des navires de guerre à proximité de la péninsule de Crimée les Américains seraient bien avisés de renouer des relations de bonne entente avec la Russie. En décidant avec l’Europe de sanctions contre la Russie les Américains ont anéanti toute crédibilité au sujet de leur stratégie d’encerclement maritime de la Chine car il faudrait aussi que la Chine soit « encerclée » par la terre, comprenez la Russie. Mais les Américains sont trop fiers d’eux-mêmes pour reconnaître qu’ils ont fait une grave erreur stratégique dans leur attitude vis-à-vis de la Russie. Sans le soutien de la Russie les USA ne pourront jamais maîtriser les projets de dé-dollarisation de la Chine. Et un tel soutien relève de l’hypothèse puisque Moscou est également en faveur d’un abandon du dollar pour les échanges internationaux.

La conclusion est évidente : à terme le leadership américain disparaîtra avec le dollar, en d’autres termes la « globalisation adossées au roi dollar » puis l’Union européenne s’effondrera, c’est inévitable, et un nouvel équilibre s’établira avec une Chine plus modérée, confrontée elle aussi à des problèmes démographiques sérieux et qui s’occupera plus de ce qui se passe à l’intérieur du pays car le parti dominant redoute tout mouvement populaire de mécontentement comme celui qui enfle avec la possible faillite d’Evergrande car d’autres promoteurs immobiliers pourraient suivre. Le colosse chinois a des pieds d’argile et les responsables politiques en sont conscients. Ils savent que tant les Américains que les Européens ne peuvent se passer des produits « made in PRC » et cette situation durera encore longtemps car les Chinois ont une autre notion du temps que les Occidentaux.

Les non-dits du contrat sous-marinier France-Australie

Si les Américains sont coutumiers des coups tordus pour faire annuler des contrats entre leurs alliés et d’autres clients il faut rappeler quelques précédents qui ont concerné la France. Par exemple, sous la pression des USA ont dénoncé le contrat de fournitures de porte-hélicoptères à la Russie. La France aurait pu protester mais a adopté un profil bas. La Suisse a acheté des F35 alors que la France était très bien placée dans les négociations pour vendre des Rafale. La Suisse a donc à son tour subi la pression américaine. Et une multitude d’autres contrats concernant l’armement n’ont pas pu être négociés encore une fois sous la pression américaine. Mais le cas des sous-marins à propulsion diesel, si la dénonciation du contrat par Canberra paraît humiliant, ce n’est pas tout a fait le cas.

Ce contrat était mal ficelé dès le départ. Les Australiens voulaient un « design » extérieur identique à la série Barracuda des sous-marins nucléaires français sans chaudière nucléaire mais avec un moteur diesel. Ce design externe entrainait de nombreuses modifications à l’intérieur de la coque puisque la chaudière nucléaire a un encombrement très inférieur à celui d’un diesel. Problème : les Français ne sont plus propriétaires des turbines vapeur actionnant les groupes électrogènes d’un sous-marin nucléaire puisque la technologie a été vendu avec une désinvolture condamnable par Macron à General Electric. Vendre des sous-marins à propulsion nucléaire à l’Australie n’était donc plus possible pour cette première raison. De plus l’Australie est signataire du traité de non-prolifération nucléaire (comme la France) mais dans le cas de sous-marins à propulsion nucléaire les pays concernés ignorent ce traité. Ce n’est pas du tout un détail puisque l’IAEA vient d’être saisie du dossier AUKUS.

Dès le départ le contrat France-Australie était mal ficelé, la construction effective des submersibles n’était pas définie clairement, l’Australie mettant en avant une expertise nationale qui malheureusement n’existe pas dans les faits. Le Japon et l’Allemagne étaient en lice pour l’obtention de ce contrat non pas avec des moteurs diesel mais avec des piles à hydrogène, ce qui correspond mieux aux impératifs des critères de détection sonore dans la zone englobant toute l’Asie du sud-est. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne disposant de la technologie des sous-marins nucléaires et ont donc fait le nécessaire pour que Canberra mette fin à ce contrat. Depuis 2016, en effet, les Américains n’ont cessé de reprocher à l’Australie sa légèreté, arguant du fait que la Chine risquait d’envahir Taïwan bien avant la fourniture du premier sous-marin français prévue pour 2030 au plus tôt. Dès la signature de ce contrat l’Allemagne, également, fit pression sur le gouvernement fédéral australien pour qu’il finisse par comprendre qu’il avait fait un mauvais choix, entendez les sous-marins allemands ont une meilleure autonomie que ceux équipés de moteurs diesel. Il s’agit d’un argument de poids plaidant en faveur des sous-marins à pile à hydrogène, allemands ou japonais, mais ne tenant plus dans le cas de sous-marins nucléaires dont l’autonomie n’est limitée que par l’arrêt pour rechargement en uranium légèrement enrichi, de l’ordre de 8 % en isotope 235.

Si la France n’avait pas vendu Alstom-Energie à General Electric elle aurait pu proposer la vente de sous-marins nucléaires à l’Australie mais ce n’est qu’une hypothèse car elle aurait nécessité l’accord de la Maison-Blanche. De plus pour des raisons de respect de non-prolifération des technologies nucléaires militaires, l’Australie n’aurait pas vu la création du moindre emploi sur son sol, ce qui sera le cas dans le cadre de l’accord AUKUS puisque ces sous-marins à propulsion nucléaire seront fournis clé en main avec contrat de maintenance qui échappera totalement à l’Australie. Donc la France, coutumière des contrats mal ficelés, a évincé l’Allemagne et le Japon. Ce contrat était tellement mal rédigé qu’en réalité seulement une dizaine de milliards d’euros nets seraient revenus dans les caisses françaises et non pas 56 comme la grande presse l’écrit ou le clame. Macron s’est donc retrouvé ridiculisé sur deux tableaux : impossibilité de vendre des sous-marins nucléaires et un contrat aux aboutissants totalement flous. Le cœur des vierges effarouchées, y compris avec la voix de Le Drian, sonne donc vraiment faux. La France est définitivement marginalisée sur la scène internationale avec un Président totalement incompétent et un Ministre des affaires étrangères qui n’a même pas été capable d’obtenir un quelconque renseignement des « services ». Comme a coutume de l’écrire H16 ce pays est définitivement foutu.

L’illustration ci-dessus (source informationclearinghouse.info) montre la différence d’autonomie entre les sous-marins diesel (SSK) et les sous-marins nucléaires (SSN). Dans le contexte géopolitique actuel il est évident que les sous-marins nucléaires présentent des avantages incontestables, surtout pour les américains …

L’ombre fasciste de la nuit la plus longue de l’opération Barbarossa hante toujours l’Europe. C’est incroyablement préoccupant

Article de Finian Cunningham paru le 22 juin sur le site strategic-culture.org. « Pour comprendre le présent il faut connaître le passé »*.

Cette semaine marque le quatre-vingtième anniversaire de l’invasion nazie de l’Union soviétique. Il s’en est suivi une longue nuit d’horreur au cours de laquelle la Seconde Guerre mondiale s’est intensifiée pour anéantir des dizaines de millions de vies. L’opération Barbarossa a été lancée le 22 juin 1944, à quelques heures du solstice d’été, le jour le plus long de l’année dans l’hémisphère nord. L’invasion comprenait 3,3 millions de soldats du Reich nazi déployés sur une ligne de front de près de 3 000 kilomètres. Elle est considérée comme la plus grande force d’invasion de l’histoire militaire. L’Allemagne nazie était déjà en guerre avec la Grande-Bretagne et la France après avoir conquis la Pologne en septembre 1939. Mais ce qui a suivi dans l’offensive contre l’Union soviétique était la solution finale du génocide nazi à plein régime.

Parmi les troupes régulières de la Wehrmacht se trouvaient des escadrons de la mort SS dont la tâche infernale assignée par les dirigeants nazis était l’extermination des Juifs, des Slaves et des Bolcheviks. Au cours des deux années et demie qui ont suivi avant que l’Armée rouge ne repousse et finalement anéantisse l’Allemagne nazie, jusqu’à 27 millions de citoyens soviétiques mourraient de violence et de privation.

De nombreuses victimes ont été tuées dans des massacres à grande échelle ou après avoir été parquées dans des camps d’extermination, dont la plupart ont été créés sur le territoire polonais. Les plus connus étaient Auschwitz, Treblinka, Belzec, Chelmno, Sobibor et Majdanek, où les chambres à gaz et les crématoires ont fait des millions de morts.

Lors d’une cérémonie de commémoration à Berlin, le président allemand Frank-Walter Steinmeier a parlé solennellement de la guerre nazie lancée contre l’Union soviétique, qualifiant son horreur de « barbarie meurtrière ».

« Dès le premier jour, la campagne allemande a été motivée par la haine, l’antisémitisme et l’anti-bolchevisme, par la folie raciste contre les peuples slaves et asiatiques de l’Union soviétique », a déclaré Steinmeier. « Ceux qui ont mené cette guerre ont tué de toutes les manières possibles, avec une brutalité et une cruauté sans précédent », a-t-il ajouté. « C’était la barbarie allemande, elle a coûté des millions de vies et a dévasté le continent ».

Une correction importante à ces remarques est qu’il ne s’agissait pas uniquement de « barbarie allemande ». La machine à tuer nazie a été aidée et encouragée par d’autres forces européennes, y compris des rangs de collaborateurs d’Ukraine, de Pologne, de Roumanie, de Hongrie, entre autres, ainsi que des États baltes d’Estonie, de Lettonie et de Lituanie. C’était la barbarie fasciste.

L’Allemand Steinmeier a poursuivi en déclarant : « Seuls ceux qui apprennent à lire les traces du passé dans le présent pourront contribuer à un avenir qui évite les guerres, rejette la tyrannie et permet une coexistence pacifique en toute liberté ».

Et c’est ce qui est déconcertant. De nombreux hommes politiques à travers l’Europe et aux États-Unis semblent incapables de lire « les traces du passé dans le présent » pour éviter les guerres et permettre une coexistence pacifique. L’expansion incessante des forces de l’OTAN autour des frontières de la Russie se poursuit sans relâche et avec une rationalisation inquiétante. Comme l’a souligné le président russe Vladimir Poutine dans un article publié dans les médias allemands cette semaine pour commémorer le 80e anniversaire de l’opération Barbarossa, l’expansion imprudente de l’OTAN menace directement la sécurité de l’Europe.

Lors de son sommet annuel qui s’est tenu la semaine dernière à Bruxelles, l’alliance de l’OTAN dirigée par les États-Unis a vilipendé à plusieurs reprises la Russie pour avoir « menacé la sécurité de l’Europe ». Ces accusations déforment la réalité. C’est la posture offensive de l’OTAN envers la Russie qui met en péril la stabilité stratégique.

Comme Poutine l’a noté, lorsque la guerre froide entre l’Occident et l’Union soviétique a pris fin il y a trois décennies, l’Europe a manqué une occasion de faire évoluer les structures de sécurité dans le cadre d’un partenariat avec la Russie. Sous la direction des États-Unis, l’OTAN est devenue une agence de recrutement contre Moscou. Confrontation au lieu de coopération. Malheureusement, il y a peu de signes de ce changement dynamique, malgré les appels de la Russie pour des relations plus raisonnées.

L’alliance de 30 membres comprend désormais des États européens dont les politiciens expriment une russophobie ouvertement déclarée. Sous l’influence malsaine des partis ultranationalistes polonais et baltes, s’est développé un révisionnisme inquiétant concernant la Seconde Guerre mondiale, ou la Grande Guerre patriotique comme on l’appelle en Russie, où les crimes de l’Allemagne nazie sont assimilés, de manière méprisable, aux crimes de l’ère soviétique.

La polarisation de l’Europe a été une politique délibérée sous l’OTAN qui a entraîné des tensions extrêmes entre les États-Unis et leurs alliés, d’une part, et la Russie de l’autre. La désignation de l’Ukraine et de la Géorgie, deux anciennes républiques soviétiques, pour devenir membres de l’OTAN est une provocation calculée contre la Russie. Cette décision pourrait potentiellement voir des missiles balistiques américains installés à la frontière de la Russie par une alliance militaire qui définit la Russie comme une menace pour l’Europe.

Lors de la récente cérémonie commémorative présidée par le président allemand Steinmeier pour rappeler au monde la pire horreur de l’histoire moderne, il faut déplorer que l’ambassadeur d’Ukraine ait refusé d’y assister. L’événement a eu lieu au Musée germano-russe de Berlin. C’était le site où l’Allemagne nazie a signé une capitulation inconditionnelle le 8 mai 1945, devant des représentants de l’Union soviétique, des États-Unis et de la Grande-Bretagne. (La date était le 9 mai à l’heure de Moscou.)

L’ambassadeur ukrainien Andrij Melnyk a rejeté l’invitation car il a déclaré que le lieu était « un affront » car trop axé sur les souffrances de la Russie.

C’est alors que les forces ukrainiennes soutenues par l’OTAN sous le contrôle d’un régime de Kiev qui glorifie les collaborateurs nazis bombardent le peuple russe de l’est de l’Ukraine dans une guerre qui dure depuis plus de sept ans. Le régime de Kiev a été porté au pouvoir par un coup d’État soutenu par les États-Unis et l’Europe contre un président élu en février 2014. Le régime est enhardi dans son agression anti-russe par le soutien financier et militaire de Washington et de Bruxelles.

Il est en effet troublant de constater que même lorsque des dirigeants comme le président allemand Frank-Walter Steinmeier semblent parler solennellement et sagement de l’horreur de la guerre, il y a toujours un manque étonnant de conscience du danger de guerre comme en témoignent les politiques de Washington et de ses alliés. Est-ce vraiment un manque de conscience ou quelque chose de plus cynique ?

L’ombre fasciste de la nuit la plus longue de l’opération Barbarossa hante toujours l’Europe. C’est incroyablement désolant. *Citation ajoutée par votre serviteur et dont j’ai oublié l’auteur.

Brève. Changement de paradigme géopolitique ?

Joe Biden et Vlad Poutine vont tailler le bout de gras à Genève dans quelques jours et que vont-ils se raconter ? En 2015 je relatais sur ce blog les commentaires de Paul Craig Roberts, fameux analyste politique américain. Il mettait en garde l’administration américaine contre son antagonisme injustifié à l’égard de la Russie, ce qui a conduit les années suivantes à un rapprochement entre la Chine et ce pays. Les Etats-Unis ont pris conscience que cette politique anti-russe exacerbée par la soi-disante annexion de la Crimée par la Russie allait être catastrophique. Il y a quelques jours le Président Biden a levé toutes les sanctions américaines contre les entreprises participant au projet NordStream-2. Ce projet sera donc opérationnel durant l’automne prochain. Madame Merkel a donc gagné la partie et cédera son siège de chancelière auréolée des remerciements de la part de son peuple car le gaz russe est la seule solution pour que l’industrie allemande perdure. Simultanément les revendications de l’Ukraine sont balayées d’un revers de main.

Au menu des discussions entre Joe et Vlad il y aura donc la levée des sanctions contre la Russie qui apparaissent contre-productives en raison du positionnement anti-chinois de l’administration américaine. D’ailleurs Poutine se sent menacé sur ses marches orientales par une véritable invasion chinoise de Kabarovsk à Yakoutsk et les vues chinoises sur le transsibérien pour la mise en place de la route de la soie sont préoccupantes. Bref, si la Maison-Blanche cède aux demandes du Kremlin (et réciproquement) alors une sorte de normalisation entre les USA, l’Europe et la Russie pourra être envisagée car le temps presse. Quoi de plus normal que la Russie se rapproche de l’Europe. C’était l’analyse réaliste du Général de Gaulle.

Il y a un autre facteur jouant en faveur de ce rapprochement : la présence russe au Moyen-Orient. L’Occident a perdu la guerre en Syrie et les Etats-Unis ont perdu la guerre en Afghanistan. Sans laisser le champ totalement libre à la Russie il est raisonnablement de penser que la Russie peut jouer un rôle majeur pour tempérer les velléités hégémoniques de la Turquie. Pour la Russie la Turquie est inscrite dans son histoire qui date du XVIIe siècle et même avant car dès le règne du Tsar Nicolas Premier la défense de la chrétienté orthodoxe est une véritable obsession pour les Russes. Le conflit latent actuel entre la Turquie et la Grèce, bastion de la religion orthodoxe européenne avec la Serbie, concentre l’attention de la Russie. Après le camouflet des Américains en Afghanistan force est de constater que les Russes ont parfaitement bien compris comment combattre le Jihad qu’ils ont connu sur leur propre territoire et il serait souhaitable que Biden comprenne l’avantage stratégique que possèdent les Russes au Moyen-Orient.

Enfin, il est évident que de nombreux points devront ensuite être abordés pour atteindre une véritable normalisation des relations entre le bloc occidental et la Russie. L’URSS et la guerre froide font partie du passé, le présent et l’avenir doivent être envisagés avec plus de sérénité et de pragmatisme. Il en va de l’avenir du monde occidental car ni l’Europe, ni la Russie ni l’Amérique du Nord ne pourront échapper au rouleau compresseur chinois sans s’unir. C’est pourquoi cette rencontre revêt une importance à ne pas négliger. Malgré cet espoir il ne faut pas non plus être dupe, ce sommet ne sera suivi d’aucunes décisions et ce ne sera pas une surprise. Illustration : le parc La Grange à Genève où aura lieu la rencontre Biden Poutine.

Brève. Géopolitique européenne

La tension est ravivée en Ukraine par l’entremise du parti démocrate américain. C’est une vieille histoire qui date de l’administration Obama. La vraie raison de ces déclarations tonitruantes provenant surtout de l’Ouest est le gazoduc NordStream-2. Les Américains veulent contrôler les approvisionnements énergétiques de l’Europe occidentale et à quelques mois du départ à la retraite de la Chancelière Merkel il était nécessaire de mettre la pression sur l’Allemagne, le pays européen le plus impatient de pouvoir disposer du gaz naturel russe. La politique de « verdissement » du secteur de l’énergie allemand a rencontré d’immenses difficultés au cours de l’hiver passé : des moulins à vent en berne, des panneaux solaires recouverts de neige, ce qui a démontré que le passage aux énergies renouvelables (intermittentes) n’était pas acquis. À tel point que des centrales thermiques censées être fermées définitivement ont du reprendre du service in extremis en raison des conditions météorologiques. Si dans moins d’un an le gazoduc NordStream-2 n’est pas opérationnel alors la situation de l’ensemble de l’économie allemande deviendra très délicate.

Alors que se passe-t-il dans de Donbass ? Le gouvernement central de Kiev a donné carte blanche aux groupes néo-nazis lourdement armés de « se défouler » en bombardant ici et là des populations civiles. Ces néo-nazis sont soutenus par la CIA qui veut attiser les tensions entre le Donbass russophone et chrétien orthodoxe et le reste du pays « ukrainophone », un dialecte proche du polonais, il faut appeler un chat un chat, et à majorité catholique. Que les Russes aient décidé d’effectuer des manœuvres militaires sur son territoire, rien ne les en empêche. Les aboiements du Secrétaire général de l’OTAN frisent le comique. Imaginez que le gouvernement suisse manifeste sa désapprobation auprès du gouvernement français parce que des bataillons de chasseurs alpins de l’armée de terre française sont en manœuvre dans le massif du Mont-Blanc, le monde entier serait pris d’un immense fou-rire.

Les USA, dans leur rêve hégémonique, veulent intégrer l’Ukraine dans l’OTAN et ni la Russie ni la Biélorussie ne veulent en entendre parler. D’autre part la CIA prétend que l’Oblast de Kaliningrad doit être supprimé car il n’a aucune raison d’être. Il est d’ailleurs révélateur que les actions de la CIA dans ce territoire russe coïncident avec les récents évènements d’Ukraine. La désinformation organisée par la CIA est tellement efficace que les chefs d’Etat européens demandent maintenant à la Russie de retirer ses troupes du Donbass ! On croit rêver. La Russie se moque de l’Ukraine mais elle réagira si des aventuriers suicidaires osent pénétrer sur le territoire russe. C’est normal.

Le parti démocrate US veut déclencher une guerre pour relancer l’économie américaine car seul le complexe militaro-industriel américain est encore en état de fonctionnement. La Russie veut vendre son gaz et n’a cure des gesticulations des Ukrainiens. D’autre part quelle que soit sa nationalité et la nature de sa mission un navire pénétrant dans la Mer Noire ne peut pas y séjourner plus de trois semaines (Convention de Montreux, 1936) s’il ne bat pas le pavillon de l’un des pays riverains et des navires de l’US-Navy ont été contraints de quitter la Mer Noire très récemment. Enfin l’Ukraine est un pays divisé et selon les statuts de l’OTAN aucun pays candidats pour rejoindre cette organisation doit d’abord régler ses problèmes nationaux. Or ces problèmes datent de plus de deux siècles et il y a fort à parier que la seule solution est une partition de ce pays artificiel. Quant au gaz russe l’Allemagne finira par taper du poing sur la table pour signifier aux Américains qu’ils s’occupent de leurs problèmes domestiques, qu’ils cessent de mentir comme ils l’ont fait depuis le 11 septembre et qu’ils reconnaissent qu’ils n’ont plus aucun droit sur les autres pays du monde.

Note à l’intention de mes honorables lecteurs. Cette semaine je fais visiter l’île de Tenerife à l’un de mes neveux et j’en ferai profiter mes lecteurs avec quelques photos de cet endroit parfois surprenant.