Billet d’humeur politique : l’affaire Jamal Khashoggi

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Ce ne pourrait être qu’un fait divers, un assassinat fomenté par des barbouzes et commandité par un gouvernement étranger pour se débarrasser d’un opposant. Pour la France l’assassinat de Ben Barka, crime commandité par les services du Roi du Maroc, en est un exemple et il serait décent que le gouvernement français ne se mêle pas de ce qui s’est passé le 2 octobre dernier à Istanbul. L’horreur même du crime perpétré au Consulat d’Arabie saoudite qui est remontée jusqu’au gouvernement d’Ankara a quelque peu énervé les chancelleries puis les gouvernements occidentaux, mais pas tous comme on a pu le déplorer dans les chaumières. Une balle en plein coeur c’est une chose mais la profusion de détails fournis par le gouvernement turc ne peut que glacer d’horreur. Tabassage puis section systématique des doigts des mains les uns après les autres, puis des avant-bras très minutieusement alors que le journaliste du Washington Post était encore vivant est digne non plus seulement d’un film d’horreur façon Brian de Palma ou John Carpenter mais constitue un véritable documentaire des pratiques moyenâgeuses qui font partie du quotidien du Royaume saoudien. Probablement en partie vidé de son sang l’homme a finalement été décapité avec un sabre. Le gouvernement britannique n’a pas vraiment protesté, du moins mollement. La Maison-Blanche a considéré – ironie qui n’a convaincu personne – que cet acte de barbarie était le fait d’individus irresponsables ayant agi pour leur propre compte.

On ne peut que constater que les USA et la G-B ont pris des gants avec l’Arabie saoudite et c’est proprement écoeurant mais il y a des faits qui expliquent leur attitude. Bien que l’Arabie saoudite soit un royaume totalement anti-démocratique les Américains et les Anglais sont des alliés indéfectibles de ce pays alors qu’il finance le terrorisme salafiste partout dans le monde et qu’il devrait être considéré comme un ennemi par Washington. Vous n’y pensez pas ! Ce pays est le premier producteur de pétrole du monde à quelques barils près. Pour la Grande-Bretagne et les USA, l’Arabie saoudite est leur premier client pour leurs entreprises d’armement. Il est préférable qu’ils soient faux-culs et ne dénoncent pas trop ouvertement les pratiques impardonnables de la dynastie Saoud. De plus ce pays richissime est en train de détruire systématiquement le Yémen en massacrant des enfants et des civils innocents, en bombardant des hôpitaux, des écoles, des autobus scolaires bondés d’enfants innocents, des entrepôts de nourriture, des centrales électriques, des usines de traitement d’eau, bref en précipitant dans une misère et une famine terribles plus de 13 millions de personnes. Ces deux coquins – je veux dire les USA et la Grande-Bretagne – ne disent pas un mot sur ce qui se passe au Yémen car c’est bon pour leurs ventes d’armes et leur assistance militaire sur place grassement rémunérée !

D’abord en ce qui concerne le Yémen on ne peut que constater que ces deux alliés indéfectibles, les USA et la Grande-Bretagne, n’ont pas changé d’un iota leur comportement depuis maintenant 75 ans. Durant la seconde guerre mondiale la tactique anglaise était, avec l’aide des Américains, de raser des villes allemandes entières qui n’étaient même pas des cibles stratégiques, peu importe le nombre de morts, surtout des civils. Quant aux Américains durant leur guerre contre le Japon, la tactique de l’armée américaine était de ne pas faire de prisonniers c’est-à-dire de massacrer tout le monde, les militaires et leurs familles qui vivaient dans les îles qu’ils se sont ensuite approprié comme celles de l’archipel des Mariannes mais aussi avec le bombardement systématique de Tokyo pendant plusieurs semaines qui détruisit une grande partie de la ville massacrant au passage des centaines de milliers de personnes.

Quant au pétrole si les Saoudiens trouvent qu’on les titille un peu trop ils menaceront de fermer les vannes, un moyen de chantage dont personne ne détient la solution de rechange : certainement pas l’Iran ni la Russie puisque ces deux « puissances » pétrolières sont sous le coup de sanctions décrétées unilatéralement par Washington et approuvées tout de suite par Londres : on retrouve ces deux coquins et leur innommable manière d’agir pour ensuite réécrire l’histoire afin de laver leur conscience vis-à-vis du reste du monde, ne soyons tout de même pas totalement dupes …

Enfin, les services géologiques américains, l’USGS, ne sont pas sans ignorer que depuis déjà une bonne dizaine d’années ce n’est plus l’Arabie saoudite qui est le pays détenteur des plus importantes réserves de pétrole dans le monde, c’est presque devenu caricatural. Juste deux « petits » détails significatifs qui montrent bien que les USA mentent (personne ne s’en étonne plus car mentir est devenu compulsif à Washington) au sujet des réserves de pétrole saoudiennes et de la production du pays. L’Arabie saoudite utilise la moitié du pétrole pompé de son sous-sol pour produire de l’électricité qui sert à alimenter en grande partie les usines de dessalage d’eau de mer et les équipements d’air conditionné. D’autre part ce n’est plus un secret pour personne, Aramco injecte de l’eau salée dans un nombre croissant de gisements pour non pas faciliter le pompage du pétrole mais parce que celui-ci se raréfie.

Voilà ce qu’est la réalité de l’Arabie saoudite : un pays aux moeurs moyenâgeuses mais trop riche pour être malmené en particulier par les Anglais et les Américains dont l’argument est non pas « pétrole contre nourriture » mais « armes contre pétrole ». C’est à pleurer !

Illustration : manifestation devant l’ambassade saoudienne à Washington

Les sanctions économiques contre l’Iran pourraient affaiblir le dollar.

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Article de Nick Cunningham paru sur le site Oilprice.com

Entre parenthèses et en italique figurent des notes ajoutées par votre serviteur.

Les douloureuses sanctions infligées à l’Iran constituent à l’évidence la démonstration du but final du Trésor américain : mettre à genoux les autres Etats du monde en suivant la ligne de la politique américaine de ne plus importer de pétrole depuis l’Iran en dépit d’une désapprobation largement répandue. Nous n’en sommes qu’au début du premier chapitre d’une longue histoire qui pourrait aboutir à la fin de la suprématie du dollar US. Le rôle international prépondérant du billet vert dans le système financier international est la seule raison permettant aux USA d’empêcher la plupart des pays du monde d’acheter du pétrole à l’Iran. Le marché international du pétrole s’effectue en dollars ainsi que beaucoup d’autres marchés internationaux. Plus de 88 % des échanges internationaux sont libellés en dollars !

De plus la plupart des grandes multinationales ont inévitablement des liens avec l’économie américaine et ainsi, en face du choix de commercer avec l’Iran ou de se voir coupées du système financier américain et du marché américain, le choix est évident. Ceci signifie que même si les gouvernements des pays européens, par exemple, choisissaient d’opter pour une politique d’importation du pétrole iranien, la domination américaine sur le système financier international leur laisserait en réalité peu de latitude pour en faire ainsi. Les politiciens européens ont tenté de trouver un moyen de maintenir des relations commerciales avec l’Iran dans le cadre des accords sur la question nucléaire de 2015 que l’Iran respecte toujours (selon les inspections inopinées de l’Agence internationale de l’énergie atomique) mais cela ne vaut pas du tout dire que les raffineurs européens qui sont des entreprises privées courront le risque d’être sanctionnés par les USA en continuant à importer du pétrole d’Iran. Dans les faits ils ont déjà drastiquement diminué depuis plus d’un mois leurs importations.

Il semble que la suprématie du dollar est incontournable.

Mais ce n’est pas encore la fin de l’histoire. Pour différentes raisons l’administration Trump est en train de menacer le dollar même si cela ne paraît pas encore évident. Après tout le dollar s’est renchéri par rapport à bien d’autres devises ces derniers mois (essentiellement par rapport aux devises nationales de pays émergents, depuis l’Argentine à la Malaisie en passant par la Turquie et l’Afrique du Sud ou encore l’Algérie et la Tunisie, une bonne vingtaine de pays), la croissance du produit intérieur brut américain a été supérieure à celle de bien d’autres pays (selon les statistiques US officielles à considérer avec précaution) et nombre de pays et d’organisations se sont ralliés aux décisions de sanctions américaines notoirement dirigées à l’encontre de la Russie, du Vénézuela et de l’Iran. Pourtant la politique extérieure « America First » avec sa guerre commerciale et ses tarifs douaniers arbitraires, les tensions trans-atlantiques et d’autres rivalités géopolitiques sont des facteurs qui pourraient bien déchoir le dollar de son perchoir dominateur.

Selon certains analystes c’est pourtant l’usage généralisé de sanctions qui apparait comme étant le facteur le plus dommageable finalement à la suprématie mondiale du dollar. Et c’est justement et en particulier le cas en ce qui concerne l’Iran. Dans le cas de l’Iran les Etats-Unis portent un préjudice à ces sanctions en tant qu’argument de politique intérieure américaine comme l’a écrit Kelsey Davenport, un analyste de l’association du contrôle des armes, dans les lignes du Washington Post au mois d’août dernier : « les USA ont placé trop d’Etats entre l’enclume et le marteau ».

Le Président de la Commission européenne Jean-Claude Junker a déclaré il y a quelques jours que le statu de l’euro devrait être élevé au statut de monnaie de réserve (au niveau mondial) pour casser la suprématie du dollar sur l’Europe. Junker a insisté sur le fait que l’Europe paie 80 % de ses importations de produits pétroliers en dollars alors qu’elle n’importe même pas 2 % de ses besoins en ces produits depuis les USA :  » il n’y a aucune logique à ce que l’Europe paie ses importations de produits pétroliers en dollars et non pas en euros » a dit un diplomate reprenant les propos de Junker. En effet la plupart des importations européennes énergétiques proviennent de Russie et du Moyen-Orient. Il semble évident du point de vue du système financier international sous influence des Américains que n’importe quel raffineur européen qui veut importer du pétrole d’Iran, d’Irak ou de Russie doit payer ces importations en dollars et doit dès lors se plier aux exigences de Washington même si aucune entité financière américaine est impliquée dans ces transactions commerciales.

Naturellement tant que les intérêts européens étaient alignés sur ceux de Washington cet arrangement fonctionnait parfaitement. Mais les intérêts au sujet du financement de l’OTAN, par exemple, ou la décision américaine de se retirer des accords sur le climat de Paris mais surtout de se retirer également des accords sur le nucléaire iranien, ces intérêts divergent à l’évidence. Dans ces conditions les exigences de l’administration Trump de réduire à zéro les importations européennes de pétrole depuis l’Iran est la goutte qui a fait déborder le vase. Certains diplomates à Bruxelles prônent tout simplement une désolidarisation de l’Europe vis-à-vis des accords commerciaux avec les USA toujours en cours de négociation.

L’incapacité totale des Européens de contrer les décisions américaines et la domination du dollar a conduit certains d’entre eux à imaginer des solutions alternatives. Certains ont proposé la mise en place d’un système de paiement alternatif au système international (contrôlé par les USA), d’autres ont suggéré de payer le pétrole iranien en euros. Au mois d’août la Commission européenne a même décidé d’une aide financière de 18 millions d’euros à l’Iran. Plus récemment la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne travaillent sur la mise en place d’un véhicule financier spécial pour aider l’Iran à contourner les sanctions américaines et permettre à ce pays de continuer à exporter son pétrole vers l’Europe. Selon le quotidien allemand Der Spiegel ce « véhicule » court-circuiterait les moyens de paiement traditionnels contrôlés par les les USA.

Pour beaucoup de raisons un tel système ne verra probablement jamais le jour ou aura un impact très limité. Il faudra par exemple que les compagnies privées acceptent d’adhérer à ce système et il y a pour l’instant très peu d’évidence que les raffineurs européens soient tentés de prendre un tel risque. Par ailleurs tenter d’élever le statut de l’euro pour le rendre égal à celui du dollar est une entreprise qui se compte en années. Malgré tout, les efforts croissants pour donner à l’euro plus d’importance dans les transactions internationales et pas seulement pour le pétrole ainsi que beaucoup d’autres initiatives pour affaiblir l’influence de Washington sur la finance internationale pourraient bien un de ces jours miner la domination mondiale du billet vert. Et pendant ce temps-là, plus tôt cette année et pour des raisons qui lui sont propres, la Chine a ouvert un marché des contrats à terme sur le pétrole libellés en yuans à la bourse de Shanghaï. Cette initiative a pour but de renforcer le rôle du yuan mais aussi de réduire les risques de parité monétaire et d’une manière plus globale de renforcer le rôle de la Chine dans les échanges commerciaux internationaux aux dépens du dollar.

La toute-puissance du dollar est toujours d’actualité mais l’usage de sanctions agressives par l’administration Trump bien illustrées par tolérance zéro vis-à-vis de l’Iran pourrait bien miner cette toute-puissance à terme si de plus en plus de pays commencent à chercher des alternatives.

Black-out total en France et en Grande-Bretagne sur les évènements survenus en Syrie le 17 septembre 2018

Tout ce que les organes de presse main-stream de ces deux pays, radio, télévision et presse papier, ont indiqué est que l’avion de reconnaissance de l’armée russe Iliouchine Il-20 a été abattu par la défense anti-aérienne syrienne, et par erreur … D’autres informations n’ont pas filtré car elles pourraient embarrasser les gouvernement français, anglais et israéliens. Le monde a frôlé l’embrasement généralisé ce 17 septembre, une situation particulièrement critique dont la France, ancienne puissance coloniale (comme la Grande-Bretagne) en Syrie a largement contribué à aggraver. Cet évènement relaté en détail par le journaliste d’investigation résidant à Damas Thierry Meyssan sur son site montre clairement que l’occupant du Palais de l’Elysée à Paris, par ailleurs chef des armées, a perdu la raison et ne comprend strictement rien à la politique internationale. Je n’aimerais pas être à la place de son ministre des affaires étrangères.

J’invite mes lecteurs à se reporter à l’article de ce journaliste – dix minutes de lecture soigneuse car on apprend beaucoup de l’histoire passée qui explique le présent – dont voici le lien : http://www.voltairenet.org/article203057.html pour se faire une idée de l’inconséquence dommageable du Président de la République Française tant pour la France que pour l’Europe en général.

Meyssan livre une analyse très pertinente des conséquences de cette intervention franco-britannico-israëlienne qui rappelle à de nombreux égards celle conduite contre Nasser en 1956 par exactement la même coalition. Il est tout à fait significatif que les Américains ont refusé de participer à cette opération et Meyssan énumère avec une clarté digne d’un journaliste de classe internationale les effets à moyen terme sur la redistribution des cartes dans la région qui paraît inévitable et qui laissera l’Europe comme un lamentable laissé-pour-compte qui devra survivre dans un monde dans lequel les puissances dominantes seront la Chine, alliée à la Russie avec tous les autres pays de l’Asie (peut-être bien aussi le Japon, premier partenaire commercial de la Chine) et d’un autre côté le monde anglo-saxon, USA, Grande-Bretagne post-brexit, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande, les 5 grandes oreilles qui contrôlent l’ensemble des trafics de l’information dans le monde. Les USA se rebiffent déjà avec la guerre commerciale initiée par le Président Trump et c’est tout à fait significatif de la réaction ressemblant à celle d’un animal blessé qui ne trouve plus quel moyen trouver pour sa survie. Les USA sont donc devenus dangereux mais Trump a probablement pris conscience des limites des possibilités financières et logistiques de ses capacités d’interventions militaires à l’étranger. Et il s’agit ici d’un véritable espoir pour la survie de l’humanité. Bonne lecture dominicale.

Les « trumperies » du Donald

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En anglais trump veut dire atout pour les joueurs de carte et c’est à se demander si le Président américain dirige son pays comme un joueur de poker tente de dominer le jeu qu’il partage avec trois autres partenaires. Pour ce qui concerne ce billet les trois autres partenaires de cette partie de poker sont l’Europe, la Chine et la Russie. Dans le cas présent il ne s’agit plus d’une partie entre amis où le point vaut un dollar mais des milliards de dollars entre nations. Cependant il connait les cartes des autres joueurs et de plus ils n’ont pas tous des dollars en poche. Sur le tapis vert il y a des euros, des roubles et des yuans et ça complique sérieusement la situation.

Pour cet embargo douanier sur l’acier décrété par la Maison-Blanche – il faut appeler les choses par leur nom – on peut se demander à juste titre si Trump a bien compris la situation internationale. Il suffit de quelques graphiques pour se faire une idée de l’immense erreur que Trump a commis en voulant taxer outre mesure l’acier importé sur le territoire américain. Car les USA dépendent d’importations d’acier sous forme de tôles, de poutres, de linéaires laminés, bref, sans importations massives d’acier les capacités de production domestique ne permettent pas d’alimenter l’industrie américaine et en particulier l’industrie automobile. Deux graphiques (source Worldsteel : https://worldsteel.org/media-centre/press-releases/2018/world-steel-in-figures-2018.html ) en disent plus que n’importe quel texte.

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Les deux principaux producteurs d’acier sont la Chine et le Japon mais ces deux pays exportent essentiellement vers les USA une partie de leur production. En effet les USA, bien que produisant un peu plus de 80 millions de tonnes d’acier (2017) en utilisent 130 millions pour leur industrie. Ces droits de douane vont à n’en pas douter avoir un impact néfaste sur l’activité économique américaine.

Quelques mots au sujet des autres « tromperies » de Washington. Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) les USA sont devenus les premiers producteurs d’hydrocarbures, avant l’Arabie saoudite et la Russie. La Maison-Blanche a même déclaré que grâce aux techniques de fracture hydraulique des roches mères en particulier dans le bassin de Bakken (Dakota) les USA étaient autosuffisants depuis près de 18 mois. À tel point que les USA ont déjà commencé à exporter du gaz naturel liquéfié vers la Pologne. Mais où est le lézard puisque l’agence internationale de l’énergie, quant à elle, indique (chiffres de 2017) que les USA importaient toujours 7,9 millions de barils de pétrole par jour. Enfin, s’il s’agissait de favoriser l’industrie américaine il est important de noter que la plupart des entreprises, petites ou grandes, impliquées de la fracturation des roches mères sont endettées et qu’à l’instar de Tesla elles n’ont encore jamais dégagé de bénéfices et leurs dettes sont adossées sur le pétrole qu’elle produiront dans le futur. N’importe quel investisseur comprend que le lézard est vraiment gros.

On ne peut que conclure que Donald Trump a tiré les mauvaises cartes dans cette partie de poker menteur pour l’économie américaine qui, elle, va à terme se retrouver toute nue. On appelle ce genre de jeu du strip-poker …

Afghanistan : cimetière des Empires

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C’est le titre d’un article d’Eric Margolis, journaliste et écrivain américain paru sur le site LewRockwell le 18 août 2018. Les ajouts entre parenthèses sont de mon fait.

Après dix-huit années sanglantes, la plus longue guerre menée par les Américains dans leur histoire continue sans issue ni raison en Afghanistan. Dans ce pays un peuple vaillant, jaloux de son indépendance, constitué des tribus montagnardes, les Pashtounes, a combattu sans relâche le tout puissant empire américain et l’a conduit dans une impasse qui a déjà coûté 4000 milliards de dollars aux contribuables américains, 2371 morts et 20320 blessés. Nul ne sait combien d’Afghans ont été tués, c’est top secret. Les tribus pashtounes de l’alliance des Talibans combattent pour débarrasser leur pays de toutes les troupes étrangères et éliminer le régime fantoche pro-occidental de Kaboul qui prétend être le gouvernement légitime du pays. Retirer l’armée américaine (et ses mercenaires) et ce régime tombera en quelques jours. Tout ça a des relents de guerre du Vietnam. Les douloureuses leçons de ce conflit du Vietnam ont été complètement oubliées et les mêmes erreurs se produisent en Afghanistan. Les mensonges et les discours réjouissants des politiciens, des généraux de l’armée et des médias continuent sans cesse.

Cette semaine passée, les force talibanes ont occupé la ville d’importance stratégique de Ghazni sur la route de Peshawar à Kaboul. Il a fallu trois jours d’attaques massives de l’armée américaine avec des bombardiers lourds B-1, des hélicoptères Apache, des chasseurs A-10 et toutes sortes d’avions massés dans les bases américaines d’Afghanistan, du Pakistan, du Qatar et de la cinquième flotte américaine pour arriver finalement à bout de cette attaque. Simultanément l’alliance talibane a attaqué des cibles militaires importantes autour de Kaboul et d’autres régions rurales tuant des centaines de troupes militaires, en quelque sorte une offensive du Tet afghane. L’armée afghane et la police n’ont opposé qu’une faible résistance ou se sont tout simplement enfuies. Des quartiers entiers de Ghazni ont été détruits. Les hauts gradés de l’armée impérialiste américaine et leurs satrapes afghans n’ont pu cacher leur embarras alors qu’ils venaient de déclarer avoir définitivement pacifié cette partie du pays. Les efforts de l’administration Trump pour soumettre les Talibans en les bombardant sont clairement un échec. Le commandement américain hésite à déployer des troupes au sol de peur d’essuyer de lourdes pertes. Et dans le même temps l’armée commence à être à court de bombes.

Les routes afghanes sont maintenant tellement dangereuses que toutes les actions militaires américaines doivent être aériennes. Les Talibans contrôlent à peu près 50 % du territoire afghan et ce serait 100 % si les Américains partaient. Les Talibans contrôlent la vie nocturne. Ces Talibans ne sont pas et n’ont jamais été des « terroristes » comme la propagande de Washington l’a clamé. J’étais en Afghanistan lors de la création de ce mouvement par un groupe d’étudiants religieux armés par le Pakistan pour mettre un terme au banditisme apparu lors de la guerre civile (après le retrait des Soviétiques), avec les viols des femmes et les meurtres des communistes. Quand les Talibans acquirent un certain pouvoir ils éliminèrent plus de 95 % de la culture de l’opium et du commerce d’héroïne. Après l’invasion américaine, leur alliance avec les ancien communistes afghans et les tribus tadjikes du nord du pays, la production d’opium et d’héroïne reprit de plus belle. Aujourd’hui l’Afghanistan est le plus important producteur du monde d’opium, d’héroïne et de morphine alors que les autorités américaines déclarent que ces productions sont le fait des Talibans. C’est encore un autre gros mensonge. Les seigneurs de la guerre afghans qui soutiennent le régime du Président Ashraf Ghani contrôlent entièrement la production et l’exportation des opioïdes. L’armée et la police secrète bénéficient par ce biais d’importants revenus. Comment les camions chargés d’héroïne pourraient passer les frontières avec le Pakistan et les pays d’Asie centrale ?

De ce fait les USA sont devenus les premiers complices au monde du trafic d’opioïdes. C’est l’une des plus honteuses conséquences de la guerre d’Afghanistan. Constater que la puissance de feu de l’armée américaine, la plus importante au monde a ravagé l’Afghanistan, un petit pays tellement pauvre que beaucoup de gens n’ont même pas de chaussures aux pieds est aussi une honte pour le peuple américain. Les Paschtounes ont vaincu les armées d’Alexandre le Grand, Gengis Khan les Empereurs mongoles et les armées britanniques. Les USA seront le prochain empire défait dans ce cimetière des Empires. Personne à Washington n’est capable d’énoncer une bonne raison de continuer cette guerre coloniale en Afghanistan. On entend dire que les Américains restent dans ce pays parce qu’il y a des ressources minérales ou qu’il faut que la démocratie et les droits des femmes soient respectés. C’est un pur non-sens. Un possible raison serait de ne pas laisser la Chine contrôler ce pays (d’une importance stratégique indéniable) mais les dirigeants chinois sont trop intelligents pour accepter ce cadeau empoisonné. Ils ont déjà largement à faire avec la rébellion musulmane des Uighours.

À ce sujet il est intéressant de rappeler que les soi-disant camps d’entrainement au terrorisme supposés avoir été découverts en Afghanistan en 2001 étaient en réalité des centre d’entrainement à la guérilla organisés et financés par les services secrets pakistanais pour entrainer des tribus rebelles kashmiris et des centres d’entrainement organisés et financés par la CIA pour les combattants Uighours exilés de Chine. La rumeur que les USA se devaient d’envahir l’Afghanistan pour capturer Ben Laden, l’auteur montré du doigt des attentats du 11 septembre est inexacte. Les attaques furent organisées par des Saoudiens depuis Hambourg et Madrid et non depuis l’Afghanistan. Personne n’est certain que Ben Laden était effectivement derrière ces attentats… Le journaliste et ami Arnaud de Borchgrave, maintenant décédé, partageait mes doutes et insistait sur le fait que le Mollah Omar avait proposé à Ben Laden d’être traduit devant un tribunal dans un pays musulman de son choix pour prouver son innocence ou avouer ses fautes.

Le Président Bush surpris dans son sommeil par les attentats du 11 septembre, humilié, devait trouver une cible facile pour se venger et ce fut l’Afghanistan, le cimetière des Empires.

Illustration : source : ericmargolis.com

Commentaires. J’ai inséré quelques commentaires entre parenthèses et en caractères italiques et ma traduction est aussi fidèle que possible. Il m’est venu à l’esprit de remémorer à mes lecteurs cette causerie d’Emmanuel Todd qui prévoyait en 2002 – il y a 16 ans – la chute de l’Empire américain. Bonne vidéo au cours de laquelle Todd mentionne l’incroyable scandale Enron-Andersen : https://www.youtube.com/watch?v=zJWuzhqs6H8 . J’ajouterai enfin que depuis le début de l’année 2018 il y a eu « seulement » 7800 morts, chiffre officiel, aux USA par overdose de différentes drogues incluant l’héroïne auxquels il faudrait ajouter le nombre d’homicides entre clans de dealers, ça laisse rêveur.

 

Voici le Vrai Régime Nazi Ukrainien mis en place par les USA

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Ce texte est la traduction d’un article du journaliste d’investigation Eric Zuesse paru sur le site The Strategic Culture Foundation. Les addenda entre parenthèses et en caractère italiques sont de mon cru pour une meilleure compréhension des propos de ce texte. Bonne lecture !

L’importance de l’illustration ci-dessus est virtuellement impubliable dans un quelconque média aux USA (et en Europe) parce que ces médias ont pour mission de tromper l’opinion en ce qui concerne les réalités internationales les plus préoccupantes – comme par exemple le fait que les USA ont installé un régime nazi en Ukraine dirigé contre la Russie – et que maintenant les USA mentent en accusant la Russie de faire ce qu’elle a le devoir faire pour se protéger de ce régime nazi qui se trouve à sa porte. Cette photo compte parmi les nombreuses autres qui ont été publiées dans l’excellent article d’Asa Winstanley le 4 Juillet 2018 sur l’ « Electronic Intifada ». Le titre de son article était  » Israël arme les néo-nazis ukrainiens » et il montrait comment Israël soutient le gouvernement raciste-fasciste (ou idéologiquement nazi) de l’Ukraine actuelle (lien en fin de billet). Ce sont des nazis non pas animés d’antisémitisme (comme ce fut le cas du régime nazi hitlérien) mais de russophobie, la vraie raison pour laquelle les USA ont mis en place ce régime.

Israël participe à cette coalition créée par les USA quand ils ont mis en place ce régime à Kiev, manoeuvre décidée par Obama dès 2011, organisée le 1er mars 2013 et finalisée en février 2014 avec le soutien total du Département d’Etat américain et de la CIA en organisant des manifestations massives anti-corruption Place Maiden à Kiev qui furent émaillées de tirs de snipers sans discernements, snipers financés par les USA – bien que ce dernier point n’ait jamais été mentionné par les médias américains (ni européens) – ni comment ils furent recrutés ni comment ils furent financés et ni de qui ils reçurent les ordres de tirer.

Comment maintenant croire les médias (tant US qu’européens) qui cachent toujours de telles réalités avérées au public ? Les sanctions américaines contre la Russie et les exercices de l’OTAN équipée de blindés et de missiles américains le long de la frontière russe sont uniquement basés sur des mensonges qui vont être explicités ci-après.

Pour les médias américains (et européens) le renversement et le remplacement du régime ukrainien démocratiquement élu fut « la révolution de Maiden » ou encore « la révolution ukrainienne de 2014 » mais jamais le « coup d’état organisé par Obama ». Ces médias mentent à l’évidence et jamais plus on ne pourra les croire. C’est ainsi que pour George Friedman, le fondateur et propriétaire de la « private CIA » appelée Stratfor (des mercenaires privés payés par le Pentagone et la CIA qui sévissent en particulier en Afghanistan), Maiden fut le coup d’état le plus flagrant de l’histoire mais seulement quand il tient ses propos à des médias russes car il nie avoir tenu de tels propos quand il est questionné par des médias américains. Les mensonges deviennent ainsi une obligation sémantique pour ces médias.

Le personnage qui se trouve au centre de la photo est Andrei Biletsky ou Beletsky dont le bataillon (qu’il a fondé) est directement financé par les contribuables américains, c’est-à-dire par le gouvernement américain. Il a publiquement déclaré que l’idéologie de ce bataillon et sa propre idéologie est le socialisme, pour lui une négation de la démocratie, le racisme qui l’anime étant dirigé contre les Sémites et les sous-humains qu’ils utilisent et finalement une affirmation de l’impérialisme devant aboutir à la création d’un Troisième Empire ukrainien, un troisième Reich ukrainien, et voici quelques traits de son idéologie directement inspirée d’Hitler mais avec le mot « German » remplacé par le mot « Ukrainian ».

Le Nationalisme Social Ukrainien. Le symbole de son bataillon qui figure sur la photo est le signe inversé du Wolfsangel nazi. L’idée maîtresse du nationalisme social mystique ukrainien est qu’il n’est pas constitué d’individus séparés et mécaniquement unis en entité appelée « ukrainienne » avec un passeport ukrainien mais plutôt un organisme biologique national qui constituera un peuple nouveau, un peuple hautement développé physiquement, intellectuellement et spirituellement. Et il attirera les autres individus pour renforcer la nation. Le nationalisme social se distingue clairement des autres mouvements politiques d’extrême droite car il se base sur un triade fondamentale : le socialisme, le racisme et l’impérialisme.

Socialisme. « Nous combattons pour créer une communauté nationale harmonieuse. Dans son principe le socialisme nie totalement la démocratie et le libéralisme qui engendrent une nation grise « rozbytthya » de second ordre avec des personnalités constituées en « ochlocratie ». Au contraire nous prônons l’idée d’une solidarité nationale, d’une hiérarchie naturelle et d’une discipline, les bases de notre nouvelle société. Inutile de considérer un foule de démocrates qui sont incapables de donner un sens à leur propre destinée et encore moins à l’Etat mais une sélection naturelle des élites de la Nation, de vrais leaders ukrainiens nés en Ukraine ».

Racisme. « Notre nationalisme n’est rien qu’un château de sable s’il n’est pas fondé sur la pureté du sang. Si la spiritualité, la culture et la langue ukrainiennes sont uniques c’est parce que notre nature raciale est unique. Si l’Ukraine doit devenir un paradis sur la Terre c’est parce que notre race le veut. Par conséquent nous devons gérer notre nation en commençant par une épuration raciale. La mission historique de notre nation, un moment décisif de ce siècle, est de mener les peuples blancs du monde vers la croisade finale pour leur survie. Nous devons diriger cette croisade contre les sémites et les sous-humains qu’ils utilisent ».

Impérialisme. « Nous allons changer les appellations « Ukraine indépendante », Ukraine Unie » et Ukrainiens » par une nation impériale qui a une longue histoire. Le devoir de la présente génération est de créer un Troisième Empire, troisième reich ukrainien, une Grande Ukraine. Tous les organismes dans la nature veulent s’étendre, se reproduire et croître en nombre. Cette loi est universelle. La supprimer signifie l’extinction, la mort. La diminution de la croissance de la population signifie la mort biologique de cette nation, l’extinction de son expansion politique et le déclin de l’Etat. Si nous devenons forts, nous prendrons ce qui nous revient de droit et plus encore, nous construirons un empire super-puissant, la Grande Ukraine ».

« Le Nationalisme Social a pour but de protéger toutes les vieilles valeurs aryennes ukrainiennes oubliées dans notre société moderne. Seule leur préservation et leur amélioration par des groupes de combattants fanatiques peut aboutir à la victoire finale de la civilisation européenne dans le combat mondial. Cette prise de position est réaliste et il ne peut en être autrement. Gloire à l’Ukraine ! ». Signé Andrei Beletsky.

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Le régime mis en place et imposé par les USA en Ukraine a déjà perpétré des massacres de masse à l’encontre des Ukrainiens russophones (à l’est de l’Ukraine, majoritairement russophone) et il (Beletsky) insiste sur le fait qu’il faudra finalement tous les tuer. Tout ça est financé par les contribuables tant des USA que d’Israël mais aussi des Pays-Bas, de la Pologne et d’autres alliés des Etats-Unis qui ont contribué à la formation des Bataillons Azov de Beletsky et qui financent aussi le gouvernement de Kiev qu’Obama a installé en 2014. La photo ci-dessus montre l’enseignement de la manipulation du lance-roquettes dans une école où figure sur un mur le portrait d’Hitler. Barack Obama était un libéral mais il était aussi en secret un raciste fasciste russophobe et ce gouvernement ukrainien n’existerait pas aujourd’hui si le gouvernement précédent, démocratiquement élu, non raciste et non fasciste (russophile) n’avait pas été remplacé sur décision d’Obama.

Tant que le parti démocrate américain continuera à soutenir cette décision d’Obama et le gouvernement nazi de Kiev le parti républicain US continuera à être en mesure d’être qualifié lui-même de nazisme, bipartisan – parce qu’il l’est – mais l’unité bipartisane sur une telle situation ne signifie pas du tout qu’elle est politiquement correcte et même pas qu’elle n’est pas tout aussi bien raciste et fasciste, en un mot nazie. C’est pour cette raison que les médias continuent à apporter leur soutien au régime ukrainien au lieu d’en dénoncer les excès : ces médias continuent à mentir.

Les « News » américaines ne cessent de clamer que si Trump condamnait le régime ukrainien actuel il agirait contre les intérêts des USA, il serait donc anti-américain, il ne serait même plus « un » Américain. À de très rares exceptions près les médias américains (et européens) soutiennent le régime de Kiev mis en place par les USA. Le quotiden « The Hill » fut en son temps et pour une fois courageux en imprimant un article exceptionnel intitulé « The Reality of néo-Nazis in Ukraine is far from Kremlin Propaganda » ( lien : thehill.com/opinion/international/359609-the-reality-of-neo-nazis-in-the-ukraine-is-far-from-kremlin-propaganda ) dans lequel il démontre à quel point le système bipartisan américain soutient le régime ukrainien nazi mis en place par Obama, c’est sinistre mais c’est la réalité qui reste cachée par les médias américains (et européens).

Il est donc facile de comprendre pourquoi ce couard de Trump continue à soutenir une telle politique plutôt que de la condamner et c’est aussi pourquoi il est clair qu’il ne veut pas condamner la politique de son prédécesseur qui a « volé » l’Ukraine et ainsi qu’il continue à accuser la Russie d’avoir « volé » la Crimée. Si Trump voulait vraiment dénoncer les mensonges de la presse américaine, alors il faudrait qu’il dénonce d’abord les manigances d’Obama (Prix Nobel de la Paix, je le rappelle à mes lecteurs) dans un discours majeur à la nation américaine illustrée par des documents vidéos montrant l’évidence actuelle de l’Ukraine qui choquerait le pays entier et ouvrirait un réel débat national, débat dont l’aristocratie américaine (entendez le complexe militaro-industriel, le « Deep State ») ne veut pas entendre parler.

Avec de tels médias comment une démocratie peut-elle encore survivre aux Etats-Unis ? Ce pays pourra-t-il éviter une troisième guerre mondiale ? La situation est fondamentalement identique à celle de la tentative de prise de contrôle de la Syrie mais les mensonges de la presse ont été plus aisément démontrés qu’au sujet de l’Ukraine. Le gouvernement américain actuel n’est pas représentatif de son peuple, c’est une réalité. Nous sommes arrivés dans une version non fictive mais historique du roman de George Orwell 1984 et ça se passe sous nos yeux, maintenant …

Article d’Eric Zuesse paru sur le site strategic-culture.org sous le titre : « This the Real, Americanized, Nazi-Dominated Ukraine » le 7 août 2018, illustration strategic-culture.org

Autre lien : https://electronicintifada.net/content/israel-arming-neo-nazis-ukraine/24876 dont je conseille vivement à mes fidèles lecteurs de recommander autour d’eux.

Les réunions Bilderberg : tout un programme !

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Le secret entourant les réunions Bilderberg entre les personnes les plus puissantes de la planète a fait l’objet d’une multitude de théories du complot depuis leur création en 1954. À huis-clos l’élite globale discute des affaires mondiales mais certaines personnes pensent qu’il s’agit d’établir un nouvel ordre mondial et de contrôler globalement la politique. En marge du dernier meeting qui s’est tenu à Turin cette année la journaliste Erica Doyle Higgins a publié un article dans The Sun dont voici une traduction aussi fidèle que possible décrivant les sujets qui ont été abordés et quelques-unes des personnalités qui se sont retrouvées à ce meeting.

Que sont les meetings Bilderberg ? Ces meetings sont organisés exclusivement sur invitation pour des « discussions informelles » entre leaders de l’industrie et du commerce d’Europe et d’Amérique du Nord au sujet des grandes tendances et des principaux sujets mondiaux. Les participants sont invités s’ils « peuvent apporter des perspectives intéressantes et des points de vue différents« . Chaque année entre 120 et 150 leaders politiques et experts de l’industrie, de la finance, du monde scientifique et des médias se rendent à ces meetings. Les participants peuvent utiliser les informations qu’ils ont collecté mais sans jamais citer les noms des sources en respectant les règles de confidentialité de la Chatham House (voir note en fin de billet). Enfin il n’y a aucun ordre du jour, aucune résolution adoptée, aucun vote et aucun communiqué final. Les journalistes ne sont pas autorisés à assister aux débats et discussions pour « encourager le plus haut niveau des dialogues » selon le Groupe Bilderberg.

Quelles sont les théories de complot entourant les réunions Bilderberg ? Le secret entourant ces réunions a donné lieu à toutes sortes de théories sur le rôle de ce groupe qui aurait l’intention de créer un nouvel ordre mondial constitué de gros bonnets de la finance, des grandes corporations et des leaders de la politique pour contrôler la politique mondiale. En 2000 le politicien anglais Lord Denis Healey (illustration) qui a participé aux réunions Bilderberg pendant des décennies déclara au Guardian « Dire que nous avons discuté d’un ordre mondial est exagéré mais pas complètement faux. Nous pensons qu’il est inadéquat de continuer à se battre, à tuer des gens et rendre des millions d’autres sans abri. Nous pensons donc qu’une seule communauté dans le monde serait une bonne chose« . D’autres complotistes ont constaté que Bill Clinton participa au Bilderberg en 1991 avant de devenir Président des USA comme Tony Blair en 1993 avant de devenir Premier Ministre, ce qui est une preuve du pouvoir de ce groupe. Les participants ont toujours nié que les réunions puissent influencer les affaires internationales à quelques exceptions près comme le déclara Lord Healey : « Pendant la guerre des Falklands le gouvernement britannique avait suggéré des sanctions internationales contre l’Argentine, menace unanimement rejetée par la communauté internationale. Ce sujet fut largement approuvé lors de la réunion Bilderberg qui eut lieu au Danemark. De retour au sein de leurs gouvernements respectifs les politiciens firent en sorte que ces sanctions soient approuvées aux Nations-Unies« .

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Dans son livre « A Choice, not an Echo » l’activiste politique Phyllis Schlafly suggéra que le Parti Républicain US était contrôlé par Bilderberg afin de paver une ordre communiste mondial. En 2010 le Président Fidel Castro écrivit un article dans le journal du Parti communiste cubain Granma au sujet de la « sinistre attitude des lobbyistes du Bilderberg » manipulant le public « pour installer un gouvernement mondial ne connaissant pas de frontières ne rendant de comptes qu’à lui-même« . Certains ont affirmé que l’un des fondateurs de Bilderberg, le Prince Bernhard des Pays-Bas était un ancien nazi, ce qu’il nia lors de sa dernière interview peu de temps avant sa mort en 2004.

Qui participa au meeting 2018 à Turin ? Ce meeting a été présidé par Henri de Castries, Directeur de l’Institut Montaigne basé à Paris. Parmi les participants on peut citer José Manuel Barroso, ancien Président de la Commission Européenne et maintenant Président de Goldman-Sachs International, Dominique Anglade, Premier Ministre du Québec et Ministre de l’Économie, des Sciences et de l’Éducation, Ben van Beuren, CEO de Royal Dutch Shell, Ana P. Botin, CEO du groupe bancaire espagnol Santander, Eamonn Brennan, Directeur Général d’Eurocontrol, l’organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne, Mark Carney, Gouverneur de la Banque d’Angleterre, Elena Cattaneo, Directeur du laboratoire Stem Cell Biology, Paschal Donohue, Ministre des finances irlandais, Bernard Emie, Directeur au Ministère des Armées français, Stanley Fischer, ancien Directeur de la FED et ancien Gouverneur de la Banque d’Israël, John Micklewait, éditeur en chef de Bloomberg, Zanny Minton Beddoes, éditeur en chef de The Economist, Son Éminence Pietro Parolin, cardinal, secrétaire d’Etat du Vatican, George Osborne, éditeur du London Evening Standard et ancien Chancelier de l’Echiquier, Amber Rudd, membre du Parlement britannique et ancienne ministre de l’intérieur (Home Secretary), Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN, Matthew Turpin, directeur pour la Chine au National Security Council britannique, Murat Yetkin, éditeur en chef du Hurriyet Daily News, …

Quels thèmes ont été abordés ? Lors du meeting qui s’est tenu du 7 au 10 juin 2018 à Turin en Italie réunissant 131 participants de 23 pays différents, les principaux thèmes abordés concernaient la montée du populisme en Europe, le défi des inégalités, le futur du monde du travail, l’intelligence artificielle, les USA avant les élections de mi-mandat, le libre-échange, le leadership américain, la Russie, l’ordinateur quantique, l’Arabie Saoudite et l’Iran, le monde « post-vérité ». En 2017 le meeting avait abordé la politique de Donald Trump, l’Alliance transatlantique, la prolifération nucléaire et la guerre de l’information. En 2016 les membres du Bilderberg discutèrent de la Chine, de l’immigration vers l’Europe, de la cybersécurité et du paysage politique américain et en 2015 l’intelligence artificielle, la cybersécurité, la menace des armes chimiques, le terrorisme et le Moyen-Orient furent les sujets discutés.

Source et illustrations dont Denis Healey et une manifestante lors de la réunion Bilderberg  de 2017 en Autriche : The Sun du 20 juin 2018

Commentaire personnel. Cet article appelle à quelques remarques de ma part, remarques que je ne partage qu’avec moi-même comme avait coutume de le dire le très regretté Pierre Desproges. D’après les 18 personnalités listées dans l’article d’ Erica Doyle Higgins on ne peut que constater une collusion entre la haute finance, le monde politique et le monde des affaires en général. Quelle était l’identité des 105 autres personnes invitées à cette réunion intime ? Nul ne le sait car il s’agit d’un secret jalousement gardé. Il ne faut en effet pas trop éventer les intentions cachées des politiciens au pouvoir dans tel ou tel pays. Il est évident de constater que Goldman-Sachs étend les tentacules de sa pieuvre financière en particulier en Europe avec la bénédiction (sur la Bible) de la Maison-Blanche et de la Commission Européenne. La présence de Madame Botin dans cette docte assemblée est révélatrice d’une position de détresse de l’Espagne du point de vue financier et les évènements ultérieurs à cette réunion du Bilderberg ont été rapidement révélateurs du malaise de la politique de ce pays quand Mariano Rajoy a été proprement déposé pour corruption quelques semaines plus tard : n’est-ce pas là une autre preuve des actions souterraines de Bilderberg ? Madame Botin, affiliée à l’Opus Dei (comme Rajoy d’ailleurs) a-t-elle les dix doigts de ses mains parfaitement propres ? Curieux aussi de constater la présence du Cardinal Parolin. Il faut dire que le Vatican est très probablement l’Etat souverain le plus riche du monde en termes de réserves en or et pierres précieuses honteusement collectées pendant des siècles auprès des populaces qui croyaient en la rédemption de leur âme par la simple dépossession de leurs biens au profit de l’Eglise. La présence d’Elena Cataeno en dit long aussi sur les préoccupations qui agitent cette élite transnationale au sujet de la manipulation de l’être humain pour mieux l’asservir : 1984, THX1138 et puis quoi encore ? Je pense pour ma part que ce Bilderberg rassemble chaque année les membres d’une sorte de secte qui dissimule ses objectifs : dominer le monde entier et l’asservir. Restez sur vos gardes, braves gens, prenez vos fourches et vos manches de pioche car dans quelques années, avec les technologies de la manipulation de l’opinion (cf. Cambridge Analytica et Facebook) au profit de ces futurs dictateurs mondiaux qui se rassemblent aux réunions Bilderberg la notion de démocratie ne sera qu’un lointain souvenir et si les peuples ne réagissent pas rapidement dans moins d’une décennie ce sera trop tard. Vraiment, je n’arrive pas à imaginer dans quel horrible monde mes petits-enfants vivront. Peut-être qu’il est préférable de ne rien imaginer pour dormir tranquille durant les quelques années qui me restent à vivre …

Note. La règle de la Chatham House fut formalisée en 1927 et s’énonce ainsi : « Quand une réunion, ou l’une de ses parties, se déroule sous la règle de Chatham House, les participants sont libres d’utiliser les informations collectées à cette occasion, mais ils ne doivent révéler ni l’identité, ni l’affiliation des personnes à l’origine de ces informations, de même qu’ils ne doivent pas révéler l’identité des autres participants » (Wikipedia). Cette règle est notamment appliquée pour les sources journalistiques