Les femmes simulent souvent (trop souvent) leur plaisir sexuel …

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Une récente étude réalisée auprès de 1683 jeunes couples hétérosexuels a montré clairement deux choses qui ne demandaient d’ailleurs même pas confirmation. D’une part 87 % des hommes atteignent rapidement un orgasme lorsqu’ils font l’amour avec leur partenaire et parmi ces derniers 43 % d’entre eux sont convaincus à tort que leur partenaire a aussi fait l’expérience d’un orgasme éventuellement simultané, on peut toujours rêver … D’autre part seulement 49 % des femmes ont déclaré atteindre un orgasme régulièrement et ont déploré que leur partenaire disposait d’une méconnaissance totale de leur anatomie et ne se concentrait que sur la pénétration qui pour lui n’était que la seule façon pour elles d’atteindre le plaisir (source : Journal of Sexual Medicine, doi : 10.1016/j.sxm.2018.05.018). L’étude a suggéré que les couples devaient mieux communiquer pour améliorer la qualité de leur relation sexuelle. On ne pouvait pas conclure autrement.

Une autre étude à ce sujet a été réalisée en 2014 auprès de 481 étudiantes d’une grande université de Pennsylvanie recrutées par des professeurs de la faculté de psychologie sur le campus. Ces étudiantes, hétérosexuelles, devaient satisfaire deux critères : avoir des relations sexuelles régulières mais aussi avoir été confrontées à plusieurs occasions à simuler un orgasme avec leur partenaire. Le but de cette étude était de classer les motivations des femmes les conduisant à ce type de comportement. Elles devaient classer la qualité de leurs relations sexuelles en termes de satisfaction sur une échelle de 1 à 5, c’est-à-dire de « jamais » à « toujours », qu’il s’agisse d’une relation dite normale ou de sexe dit « oral ». Diverses techniques d’analyse statistique sans paramètres de classement préalables ont permis d’éliciter quelques critères par ordre d’importance, qu’il s’agisse de sexe avec pénétration ou de sexe oral, expliquant les raisons pour lesquelles les femmes simulaient dans plus de 50 % des cas un orgasme satisfaisant.

Dans le cas d’une relation avec pénétration il s’agissait pour ce type de comportement de simulation et par ordre décroissant d’importance de tricherie altruiste, de peur de l’insécurité, de stimuler le désir de son partenaire et enfin de ne pas risquer une prochaine relation décevante. Dans le cas de la relation sexuelle orale, à peu près les mêmes critères étaient retrouvés avec en supplément la peur de révéler l’incapacité de leur partenaire à favoriser leur orgasme. Ces simulations avaient donc pour unique but d’éviter d’ouvrir un débat sur la méconnaissance de leurs partenaire masculin au sujet de leur anatomie, situation qui aurait pu mettre à mal leur relation amoureuse.

Il ressort de ces études que la majorité des hommes, du moins aux USA, ont une totale méconnaissance de l’anatomie féminine. Nombre d’entre eux ignorent l’existence du clitoris ou s’ils en ont entendu parler quelle est sa localisation précise. Selon le Docteur Kate Moyle, analyste de la psychosexualité, il est préférable que les couples parlent de leur pratique sexuelle non pas quand ils sont pris par cette problématique mais à tête reposée car la simulation systématique de la satisfaction sexuelle finit tôt ou tard par une destruction du couple, toute communication devenant progressivement impossible (source : Archives of Sexual Behavior, doi : 10.1007/s10508-013-0212-z). Inspiré d’un article paru sur The Guardian. Je signale à mes lectrices qu’il existe un compte Instagram intitulé « T’a joui ? » mis en place par la journaliste parisienne Dora Moutot faisant l’éloge du plaisir sexuel féminin.

Un rôle physiologique de l’orgasme féminin ?

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Compte tenu des différences anatomiques et physiologiques évidentes entre la femme et l’homme, ce dernier – beaucoup plus que la femme d’ailleurs – a toujours tenté d’expliquer la nature de l’orgasme féminin afin de se considérer comme l’acteur principal de ce processus physiologique. Le plaisir sexuel féminin, pour certaines religions, n’a même pas lieu d’être, c’est dire à quel point il a été vilipendé au cours des siècles. Les « bons chrétiens » ne disait-ils pas il y a encore peu d’années que « une femme honnête ne doit pas avoir de plaisir« , l’orgasme masculin concrétisé par une éjaculation étant la seule forme de plaisir sexuel reconnue (par l’homme). Pour l’homme, donc, la nature même de l’orgasme féminin fut et est encore un sujet de débats dans la communauté scientifique (et au comptoir du café du commerce au coin de la rue). Il y a encore peu d’années, dans les années 1970, certains médecins avaient émis l’hypothèse que les règles contenaient une substance toxique qu’ils avaient appelé ménotoxine et puisqu’elle provoquait le flétrissement des fleurs (vraiment n’importe quoi …) l’homme courait un réel danger en voulant avoir un rapport sexuel avec une femme qui avait ses règles. Je n’invente rien c’est écrit en toutes lettres dans un article du Guardian !

Lien : http://www.mum.org/menotox.htm

La question centrale que les physiologistes (surtout masculins) se sont posé est l’utilité de l’orgasme féminin. S’il ne fait aucun doute qu’en ce qui concerne l’homme il est lié à la contraction des minuscules muscles des vésicules séminales pour expulser le sperme, dans la même problématique l’homme a tenté de lier l’orgasme féminin à ce qu’il a appelé pompeusement et par une sorte de mimétisme une éjaculation vaginale. En toute logique ce serait pour faciliter la pénétration du pénis or les physiologistes se sont rendu compte finalement que persévérer dans cette direction de recherche était erroné à moins qu’une relation sexuelle (hétérosexuelle) suive un protocole bien défini comme cela fut magnifiquement illustré dans le fameux film de Robert Mulligan « Un été 42 » : les préliminaires … Donc les physiologistes ont réalisé une étude minutieuse avec le lapin, un animal de laboratoire dont la femelle présente la particularité d’être sexuellement réceptive quel que soit son stade hormonal reproductif. Pour expliquer en effet un trait particulier apparaissant au cours de l’évolution il est judicieux d’étudier d’autres animaux placentaires afin de faire la part entre le rôle de l’orgasme de la femelle dans le processus de reproduction en liaison avec celui du mâle qui est crucial pour la transmission du sperme et donc de déterminer la signification de ce trait plutôt que son origine au cours de l’évolution. Cependant le choix du lapin pour de telles études apparut inapproprié car ces mêmes physiologistes ont constaté un peu trop tard que la lapine possédait effectivement un clitoris mais que celui-ci se trouvait à quelques millimètres à l’intérieur du vagin.

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Deux constatations ont finalement abouti à une explication physiologique de l’orgasme féminin. D’une part le clitoris est plus éloigné de l’orifice vaginal chez la femme que chez tous les autres primates et la confirmation relativement récente de la présence des corps caverneux du clitoris entourant l’entrée du vagin a permis d’envisager une éventuelle relation entre la pénétration du pénis et l’orgasme féminin. D’autre part, et ce trait est commun chez tous les animaux placentaires, l’orgasme féminin provoque une véritable inondation de l’organisme par de l’ocytocine, une hormone neuro-hypophysaire essentielle pour l’ensemble du cycle de reproduction.

Chez les lapins par exemple mais plus encore chez les félins l’orgasme de la femelle au cours d’une copulation stimule l’ovulation alors qu’elle est spontanée chez une grande majorité d’autres mammifères placentaires car l’ovulation est corrélée au cycle hormonal lié à l’ovulation. S’il est très difficile sinon impossible d’identifier un orgasme chez les femelles d’animaux la fonction de l’orgasme chez la femme a évolué vers le seul plaisir sans qu’il ait une signification physiologique majeure. Comme le dit le Docteur Elisabeth Lloyd, biologiste à l’Université de l’Indiana, je cite : « l’orgasme féminin est un fantastique bonus, même s’il a perdu toute sa signification au cours de l’évolution« .

Reste la question des orgasmes multiples dont seulement entre 14 et 16 % des femmes déclarent être les bénéficiaires. Des études récentes ont montré que ces femmes, pour ainsi dire privilégiées, ont une activité cérébrale au niveau des ondes alpha différente de celle des femmes ne faisant l’expérience que d’un seul orgasme et parfois difficilement. Chez ces femmes ces ondes alpha sont significativement plus lentes. Aucune explication satisfaisante n’a pu encore être apportée à cette observation. De là à prétendre que l’orgasme féminin est plus cérébral que physique il n’y a qu’un pas que pour ma part je refuse de franchir mais qui l’a été par de nombreux hommes et en particulier les médecins généralistes qui se sont spécialisé dans la gynécolobie et l’obstétrique.

Les physiologistes sérieux considèrent définitivement que l’orgasme réside dans une sensibilité du clitoris exacerbée par un afflux de sang lors de la stimulation sexuelle et que l’existence du point G (point de Gräfenberg) justifiant une origine vaginale de l’orgasme est un pur fantasme masculin monté de toute pièce par les hommes pour justifier le fait que la pénétration du pénis est indispensable pour que la femme atteigne un orgasme, encore une attitude totalement erronée de l’homme face au mystère de l’orgasme féminin. Et pour cause la pénétration met en contact l’os pubien de l’homme avec son homologue féminin. Or ce contact entraine naturellement une stimulation du clitoris pouvant parfois conduire à un orgasme chez la femme … Messieurs cessez de vous sentir maîtres dans ce domaine du mystère de l’orgasme féminin, vous n’êtes qu’un acteur subalterne le plus souvent inexpérimenté que ne recherche que son propre plaisir.

Inspiré d’un article paru dans le Guardian (première illustration) et aussi

https://doi.org/10.1002/jes.b.22690 , doi : 10.1007/s00192-012-1831-y , autre illustration : Meg Ryan dans le film « Quand Harry rencontre Sally » (capture d’écran).

Note à l’intention de mes fidèles lecteurs. Comme ce billet suscitera de nombreuses remarques et qu’en cette période estivale bon nombre d’entre vous ont d’autres préoccupations, durant les 4 semaines à venir je ne mettrai en ligne un billet que tous les deux ou trois jours. Bonnes vacances à tous et merci pour votre assiduité.

Au Rwanda, le plaisir féminin est le ciment du couple

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Dans ce petit pays d’Afrique de l’Est, le plaisir féminin est considéré comme la garantie de l’union des foyers. Le kunyaza et le gukuna, deux traditions érotiques, sont transmises de génération en génération … 

Il y a très longtemps au Rwanda, une reine se languissait de son époux retenu loin d’elle par la guerre. Eperdue de désir, elle ordonne à un esclave de la rejoindre dans sa chambre. L’homme s’exécute, mais il est tétanisé à l’idée du sort qui l’attend, si le roi ne venait à découvrir l’affaire à son retour. Tremblant de tout son corps, il ne parvient pas à pénétrer la souveraine. Mais son sexe, en frottant contre les lèvres et le clitoris de la dame, provoque un jaillissement de plaisir.

Cette histoire qui se raconte de père en fils et de mère en fille au Rwanda, est à l’origine d’un véritable culte de la femme fontaine, popularisé hors des frontières du pays par le documentaire « L’Eau Sacrée » du Belge Olivier Jourdain (2016). C’est sur cette légende que repose la pratique du kunyaza, un acte sexuel voulant que l’homme caresse le sexe de la femme à l’aide de son pénis pour «faire jaillir l’eau», et qui s’enseigne comme l’un des piliers du mariage.

«Nous aidons les couples à améliorer leur sexualité»

C’est du moins ainsi que Fanny, 32 ans, infirmière et animatrice de radio, le présente: «Le kunyaza unit les familles et chasse le désordre dans les foyers.» Sur les ondes de Flash FM, la jeune femme contribue à l’émission de sa sœur Vestine Dusabe, Zirara Zubakwa, que l’on peut traduire par «construire les ménages pendant la nuit». Un show devenu, en l’espace d’une quinzaine d’années, un rendez-vous très populaire au Rwanda. «La semaine, nous parlons de relations, de mariage et luttons contre la violence faite aux femmes. Et, tous les vendredis à 1h du matin, lorsque les enfants sont couchés, nous aidons les couples à améliorer leur sexualité. Nous leur expliquons, par exemple, comment avoir de bons préliminaires», explique la jeune femme enceinte de son sixième enfant, à un mois du terme.

« Tout le Rwanda écoute notre émission. Et, pendant que nous parlons de théorie, les couples pratiquent dans leur chambre à coucher ».

– Fanny, infirmière et animatrice de radio

Installée dans son fauteuil, elle affirme sans ciller: «Tout le Rwanda écoute notre émission. Et, pendant que nous parlons de théorie, les couples pratiquent dans leur chambre à coucher.» Pas question cependant de prôner une sexualité libérée du mariage: «Ce n’est pas conforme à notre culture. Nous perpétuons la tradition du kunyaza pour éviter les infidélités et préserver le couple. Car, sans entente sexuelle, pas d’harmonie.»


Au départ, ce programme radio n’était pas du goût des autorités. Les animatrices ont été priées de parler un peu moins de sexualité. «Mais, à la longue, lorsqu’ils ont constaté notre succès, ils ont changé d’avis. Depuis, l’émission a reçu des prix», affirme Fanny. Sa sœur Vestine Dusabe parcourt aussi les campagnes pour animer des ateliers sur la sexualité. A cette occasion, elle préconise une autre pratique, corollaire du kunyaza, auprès des jeunes Rwandaises: le gukuna, présenté comme une technique pour accéder au plaisir féminin.


Forme de rite de passage à l’âge adulte, cette coutume consiste à tirer sur les petites lèvres pour les agrandir. Ses adeptes lui attribuent une fonction érotique et hygiénique: en recouvrant l’entrée du vagin, la peau formerait un «rideau» censé le protéger. Les jeunes filles sont initiées au gukuna peu avant la puberté par des femmes plus âgées de la famille, souvent une tante paternelle. Longtemps obligatoire, cette pratique pouvait conduire à la rupture d’un mariage, si l’homme découvrait que son épouse n’avait pas un sexe «conforme».

Une tradition paradoxale

Le gukuna est considéré par des militants féministes et ONG internationales comme une mutilation sexuelle. «On pousse les filles à transformer leur sexe pour correspondre à une norme. Et on leur inculque plus tard que si elles n’éjaculent pas, elles sont de mauvaises femmes. Celles qui ne sécrètent pas suffisamment de liquide durant l’acte sexuel sont surnommées «roches», souligne Peace Tumwesigire, installée dans le canapé de son salon. Elle-même a été marquée par une expérience initiatique qui lui a laissé un amer souvenir: «J’avais 10 ans, ma sœur 9. Ma cousine de 26 ans nous a montré comment tirer sur nos lèvres, comme on trait une vache. C’était très douloureux. En rentrant, j’ai raconté cela à mes parents. Mon père s’est mis en colère et ma mère m’a sermonnée, m’expliquant que c’était un secret.»


D’autres femmes affirment au contraire que le gukuna possède un pouvoir libérateur, en permettant aux jeunes filles de mieux connaître leur corps et de développer leur sensualité. C’est ce que souligne l’anthropologue italienne Michela Fusaschi dans un essai sur cette tradition. Le gukuna a résisté à la colonisation et sa diabolisation par l’église catholique, qui l’assimilait à la masturbation et à la dépravation. Il tend à perdre son importance aujourd’hui. Beaucoup de jeunes femmes la perçoivent comme une coutume désuète. Mais l’émission très populaire Zirara Zubakwa suscite un nouvel engouement autour du plaisir féminin.

Article paru sur Le Temps (Genève). Autres liens :

https://en.wikipedia.org/wiki/Kunyaza

https://en.wikipedia.org/wiki/Labia_stretching

https://youtu.be/51PYJIcNQzg

Le machisme pseudo-scientifique a pris un sérieux coup dans l’aile !

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À la fin des années 1920 la découverte des estrogènes, dont en particulier l’estradiol et la progestérone, permit d’établir un lien entre l’activité ovarienne et le cycle menstruel de la femme. Il ne fallut pas longtemps pour que l’homme considère alors que la femme n’était qu’un objet de plaisir régi par des fluctuations hormonales indépendantes de sa volonté et dont les pulsions sexuelles étaient soumises à ces hormones. Toutes sortes de fantasmes surgirent dans la littérature pseudo-scientifique soutenant par exemple le fait que les femmes étaient « plus » attirées par les hommes quand elles se trouvaient précisément vivre les quelques jours durant lesquels la conjonction des taux sanguins d’estradiol et de progestérone étaient propices à l’ovulation. Certains « théoriciens » dans le genre échafaudèrent toutes sortes d’hypothèses de travail permettant de prouver que c’était bien la réalité, en d’autres termes qu’une femme était plus « facile » lorsqu’elle était en pleine ovulation.

Un récente étude réalisée à l’Institut de Neurosciences et de Psychologie de l’Université de Glasgow parue dans la revue Psychological Science vient d’infirmer ces fantasmes machistes d’un valeur scientifique douteuse qui aura perduré durant près d’un siècle (voir le lien en fin de billet). C’est en retouchant avec le logiciel Photoshop des photos de visages d’hommes pour les « féminiser » légèrement et les soumettant selon un protocole standardisé au regard d’un échantillon de femmes suivant ou non un traitement contraceptif avec en parallèle un dosage des hormones sexuelles présentes dans la salive que l’hypothèse d’une soumission de la femme à son statut hormonal a été complêtement démontée en faisant appel à 584 participantes hétérosexuelles en âge de procréer. Cette étude a également montré que l’utilisation de pilules contraceptives ne modifiait en rien la libido de la femme contrairement à des idées reçues relevant du plus pur machisme de très mauvaise facture …

Lien et illustrations : doi : 10.1177/0956797618760197 en accès libre

De l’utilité des poils pubiens

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Le sixième article le plus lu de mon modeste blog était relatif aux poils pubiens (7 août 2012) et mon expérience toute nouvelle d’une relation durable, amoureuse – et par conséquent sexuelle – avec une Canarienne de dix ans ma cadette, mais quelle est l’importance d’une telle différence d’âge quand on a plus de 60 ans …, m’a finalement conduit à faire part à mes lecteurs sans aucune espèce d’inhibition de quelques constatations très intimes que j’ai traité avec la plus objective approche scientifique ou du moins analytique. À quoi servent donc les poils pubiens ?

J’ai accumulé plus de deux ans d’observations très intimes pour me faire une idée de cette utilité des poils pubiens non pas d’un point de vue esthétique positif ou négatif selon l’approche que l’on a choisi mais de l’utilité physiologique de ces derniers. Sans vouloir m’attirer les foudres des LGBT je ne considérerai dans ma réflexion que les hétérosexuels bien qu’il me soit arrivé une fois de regretter d’avoir repoussé les avances insistantes d’un homosexuel. Pour mettre en appétit mes lecteurs afin qu’ils se plient à la lecture de la totalité de ce billet en mettant de côté durant quelques minutes l’éducation coercitive qu’ils ont parfois reçu voici donc une petite histoire vécue qui est néanmoins éloignée du sujet de ce billet mais qui entre plutôt dans la thématique LGBT.

Je me trouvais un jour – il y a bien des années – à Sarlat en Périgord et je me surpris moi-même en pénétrant dans une boutique d’antiquités par simple curiosité. Un homme assis dans un profond fauteuil, aux cheveux graisseux, tout aussi graisseux que son anatomie, me souhaita la bienvenue discrètement. Mon regard fut attiré presque immédiatement par une magnifique commode marquetée de style Louis XV. J’examinai en détail l’intérieur des tiroirs qui sont souvent révélateurs de la supercherie d’une copie et regardai l’arrière du meuble pour tenter d’y trouver une signature. Le gros homme, intrigué par ma curiosité, se leva et me dit presque dans le creux de l’oreille en appliquant sa grosse main sur mon arrière-train : « Elle est certifiée d’époque et la nuit et elle est à toi ». J’ai repensé bien souvent à cette commode magnifique mais passer une nuit, certainement pas, ni ne serait-ce quelques minutes pour subir une sodomisation de la part d’un individu aussi repoussant eut été hors de question. S’il s’était agi d’un éphèbe (illustration : le corps de l’éphèbe Apoxyomenos, Musée de Zagreb) peut-être aurais-je eu un instant d’hésitation … après tout Henry IV déclara que Paris valait bien une messe, lui qui était un parpaillot du Béarn.

Mais je m’égare, revenons donc à mes considérations relatives aux poils pubiens, considérations qui ne concernent donc que les hétérosexuels. Ils ne servent pas seulement à dissiper la sueur mais également à atténuer les frottements épidermiques des deux partenaires quand ils font l’amour. Pour preuve, après avoir enduré plusieurs mois de multiples meurtrissures des parties intimes de mon anatomie parce que ma compagne pensait qu’elle devait maîtriser la croissance de sa toison pubienne pour des raisons strictement esthétiques dont je me moquais éperdument, et pour cause, elle finit pas comprendre à force de persuasion de ma part qu’il était plus convenable pour un plaisir partagé et surtout pour mon confort épidermique personnel qu’elle cesse de tailler et raser compulsivement sa toison intime. Aujourd’hui, après plus de deux ans de fidélité – une véritable prouesse personnelle – j’ai au moins découvert une chose importante : l’utilité des poils qui se trouvent dans une région anatomique qu’on n’expose normalement pas au regard est tout simplement un élément important du confort sexuel.

Dans le genre trans-genre (suite) il y a parfois des couacs

Dans le genre trans-genre (suite) il y a parfois des couacs

Dans un précédent billet était relaté l’histoire de cet homme qui se transforma en femme pour être capable d’allaiter l’enfant de sa compagne. Il s’agissait donc d’un couple hétérosexuel au sens génétique du terme qui avait l’apparence d’un couple de lesbiennes. Il ne faut pas détourner pudiquement le regard, c’est la réalité. Lorsque j’écrivais ce billet ma « novia » (fiancée ou compagne en espagnol) me raconta le cas du fils d’amis de ses parents qui à l’âge de 18 ans décida de changer de sexe pour vivre avec son « novio ». Il alla voir un médecin dans une clinique privée et exposa son intention de se « trans-genrer », les parents étaient prêts à résoudre les graves problèmes psychologiques de leur fils en fermant les yeux et en ouvrant largement leur porte-monnaie.

Ce post-ado alla donc jusqu’au bout de la procédure, si on peut utiliser ce mot, puisque papa et maman payaient, je suppose, pour se débarrasser de leur fils qui ternissait la réputation de la famille. Il se plia à une intervention chirurgicale que l’on pourrait qualifier d’émasculation totale mais pas tout à fait puisque la peau de son pénis servit à créer un vagin et celle du scrotum un semblant de vulve avec grandes et petites lèvres, tout un programme pour le chirurgien qui s’est probablement bien enrichi au passage.

Bref, ce jeune homme, une fois remis de ce long cheminement et avec une poitrine d’adolescente couronnant sa transformation à base d’hormones féminisantes s’offrit à son compagnon pour un « accouplement » entre deux homosexuels sur le plan génétique mais d’apparence hétérosexuelle. Le pauvre naïf avait oublié que la peau de la verge est extrêmement sensible, très innervée et très fine. La pénétration avec abondance de lubrifiant du pénis de son compagnon déclencha un tel supplice qu’il ne put envisager d’autres rapports pseudo-hétérosexuel. Il est aujourd’hui dans un hôpital psychiatrique probablement jusqu’à la fin de ses jours, privé de pénis et de testicules et incapable d’offrir une quelconque satisfaction à un homme avec son faux vagin et lui-même définitivement privé de tout plaisir sexuel. Selon ma compagne ce cas pourrait s’expliquer par une erreur du chirurgien qui aurait oublié de neutraliser certains nerfs de la peau du pénis. Je ne suis pas spécialiste en la matière mais cette histoire a conforté mon opinion sur le fait que les trans-genres souffrent de graves problèmes psychologiques et tant pis si je m’attire les foudres épistolaires des LGBT.

Le plaisir sexuel féminin est toujours tabou !

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Aphrodite, ici une reproduction de la Vénus de Milo, était dans la Grèce antique la déesse de l’amour, de la beauté, du plaisir et de la procréation. Pour les Grecs une seule déesse, et non pas un dieu, matérialisait donc dans les esprits ces quatre notions qui n’en faisaient donc qu’une seule car elles sont effectivement liées. Comment, en effet, dissocier l’amour dit « charnel » du plaisir sexuel, de la beauté du corps de la femme et de la procréation. Il y a quelques jours j’ai laissé un billet sur ce blog relatant la censure par Facebook d’une photo du tableau de Courbet et j’ai osé illustrer le texte avec deux photos d’une sculpture – ou plutôt un moulage – que j’ai réalisé tranquillement chez moi avec la patience et l’assistance de ma compagne qui a bien voulu se prêter à ce jeu particulier.

Je me suis longuement demandé pourquoi elle m’avait justement donné son accord pour lui mouler son sexe car elle s’était plutôt pliée à cette véritable épreuve, je passe sur les détails de la technique du moulage. Et j’ai trouvé un élément de réponse : contrairement à l’homme la femme ne voit pas son sexe directement sans faire un effort et s’arcbouter pour éventuellement apercevoir son clitoris. Et c’est la raison pour laquelle selon une étude réalisée à l’Université du Wisconsin, un tiers des adolescentes ne connaissent pas leur anatomie « intime » en revanche elles peuvent parfaitement dessiner les attributs sexuels de l’homme. En d’autres termes jamais personne ne leur a expliqué que leur clitoris était précisément lié au plaisir sexuel, ni les enseignants, ni les médecins, ni à plus forte raison les parents, et j’ajouterai certainement pas les imams dans les pays musulmans … L’éducation sexuelle au collège n’est pas approchée correctement car elle dissocie le plaisir de l’acte de procréation. La même étude américaine mentionne également que moins de 50 % des collégiennes sont correctement préparées à la venue de leurs premières règles que ce soit par leur mère ou par les enseignants !

Une étude réalisée par le centre de recherche sur le cancer Eve Appeal en Grande-Bretagne a montré que près de 50 % des adolescents ne savent pas précisément identifier le vagin sur une illustration schématique représentant le sexe féminin et que la grande majorité (78 %) d’entre eux ignorent où se trouve le clitoris. C’est dire à quel point la qualité de l’éducation sexuelle laisse à désirer.

Pour l’homme la situation est plus claire car le plaisir est lié à l’éjaculation or l’éjaculation est aussi synonyme de procréation. C’est pourquoi le plaisir sexuel masculin est mieux accepté culturellement d’où d’ailleurs cette situation également admise à tort que la femme n’est alors qu’un objet de plaisir pour la seule satisfaction de l’homme. Une autre étude réalisée par le Kinsey Institute (kinseyinstitute.org) indique que plus de 85 % des hommes atteignent rapidement et aisément un orgasme alors que seulement 60 % des femmes déclarent timidement atteindre leur plaisir. De plus l’homme parle plus volontiers de ce que sa partenaire pourrait faire pour que la relation soit satisfaisante (surtout pour lui) alors que la femme reste en général très réservée. Toujours selon cet institut la femme n’ose pas parler ouvertement de son plaisir car elle n’a pas reçu d’éducation qui positive le plaisir sexuel.

Chez les Grecs anciens il était reconnu que la sexualité formait un tout incluant le plaisir tant de la femme que de l’homme et ce n’est pas un hasard si le dieu du plaisir avait une représentation féminine. Puisque la civilisation occidentale moderne prône l’égalité des « genres » pourquoi le plaisir sexuel féminin est-il toujours considéré comme un sujet tabou ? Durant des siècles n’a-t-on pas déclaré haut et fort qu’ « une femme honnête n’a pas de plaisir » ? Les musulmans ont résolu ce problême civilisationnel dérangeant pour les hommes en légalisant l’excision qui est devenue au fil des siècles obligatoire dans de nombreux pays : la femme n’a pas le droit d’éprouver un quelconque plaisir sexuel. Par exemple en Egypte 96 % des femmes sont excisées !

Comme le dit très justement l’auteure américaine Peggy Orenstein « nous avons éduqué une génération de filles pour qu’elles s’expriment, qu’elles attendent un traitement égalitaire à la maison, à l’école, à l’université, et sur leur lieu de travail. Il est grand temps qu’elles revendiquent maintenant une « justice intime » dans leur vie personnelle« . Peggy Orenstein est l’auteur d’un bestseller intitulé Girls & Sex (2016) sous-titré « De l’importance de parler aux jeunes filles du plaisir sexuel« .

Inspiré d’un article paru dans The Guardian sous la plume de Shannon Bledsoe et voir aussi doi : 10.1080/15546128.2016.1209451 et https://www.npr.org/sections/health-shots/2016/03/29/472211301/girls-sex-and-the-importance-of-talking-to-young-women-about-pleasure (que je conseille à mes lecteurs anglophones de lire à défaut de se procurer le livre de Peggy Orenstein) , illustration Associated Press : atelier de moulage du musée d’Athènes.