Clitoris et pénis : l’égalité artistique des sexes

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Je me souviens être allé diner à Tokyo dans un restaurant à Roppongi Hills, l’un des quartiers les plus cosmopolites de cette immense ville. Il y avait pendu au plafond un pénis d’environ 3 mètres de long et de presque un mètre de diamètre. Il suffisait de toucher du bout du doigt cette sculpture dont les qualités décoratives étaient plutôt limitées pour qu’elle se mette à osciller en un mouvement évocateur qui semblait profondément intéresser les filles qui se trouvaient là. Je n’en dirai pas plus quand les statistiques prétendent que plus de 60 % des Japonaises ne font que très rarement voire jamais l’amour. et n’envisagent pas de de se marier un jour.

Est-ce la méconnaissance de leur anatomie par les hommes qui les persuade de choisir le célibat ? En Suisse, la municipalité de Neuchatel a pris les devants et va exposer, cette fois dehors et à la vue de tous les passants de tous âges un clitoris de plus de 2 mètres de haut, une sculpture de l’artiste genevois Mathias Pfund nommée « Instant Pleasure ». On peut traduire cet intitulé par « plaisir immédiat » ou encore « instant du plaisir ». L’illustration trouvée sur le site de RTS est évocatrice si on s’est préalablement informé de la structure interne de cet organe du plaisir « immédiat » de la femme. Les enfants demanderont peut-être à leur mère ce que peut bien représenter cet objet bizarre et elles seront certainement très embarrassées pour imaginer une réponse adéquate qui satisfasse leur bambin. On n’arrête plus le progrès, y compris en Suisse.

Source : rts.ch

Amour conjugal et sexe : un harmonieux compromis …

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John Updike disait : « Le sexe c’est comme l’argent, seulement un peu trop c’est suffisant ». Pour mes lecteurs je rappelle que Updike est l’auteur, parmi de nombreuses autres nouvelles, des « Sorcières d’Eastwick » paru en 1984. Ce roman lui valut des critiques acerbes des mouvements féministes bien qu’étant au contraire une satire du machisme. Mais cette sorte de boutade d’Updike est tout à fait appropriée pour qualifier les résultats de plusieurs études relatives à la fréquence des relations sexuelles dans un couple hétérosexuel stable et leur implication dans la consolidation du bonheur conjugal pour dire les choses brièvement (voir le premier lien) et il ressort de cette première étude ayant impliqué plusieurs dizaines de milliers de personnes que chez un couple représentatif de la « moyenne statistique » la fréquence des rapports sexuels la mieux adaptée pour l’harmonie et le bien-être conjugal est de 1 rapport par semaine. L’étude révèle également que cette impression de bien-être – appelez cela comme vous voudrez – procédant d’une relation hebdomadaire correspond quantitativement à une différence de salaire vers le haut de 25000 dollars par an par comparaison avec des couples ayant une activité sexuelle seulement une fois par mois.

Que mes lecteurs ne se méprennent pas, ce n’est pas moi qui affirme une telle quantification mais les auteurs de l’article cité en référence en fin de billet. D’autre part cette évaluation est basée sur la différence de confort de vie entre un couple moyen (statistiquement) ayant un revenu annuel de 50000 dollars et un couple moyen ayant un revenu annuel de 75000 dollars. Selon les auteurs de l’étude un rapport sexuel hebdomadaire correspond à cette différence de revenu annuel. J’avoue personnellement (et mes lecteurs ne me contrediront pas) qu’il faut avoir l’esprit un peu compliqué pour faire de tels rapprochements …

Donc ces résultats ne contredisent par la boutade d’Updike : la fréquence des relations sexuelles dans un couple hétérosexuel « moyen » peut être parfaitement quantifiée en termes de bien-être que procurerait une augmentation de salaire de 50000 à 75000 dollars par an ! Bref, je n’ai pas très bien compris comment les auteurs arrivent à évaluer le bien-être conjugal (well-being) à 25000 dollars par an, c’est-à-dire un « bonus » de 480 dollars par rapport sexuel, bonus d’autant plus élevé que le salaire du couple est élevé … Curieusement l’étude ne prend jamais en considération les sentiments et l’affection, en d’autres termes ce que l’on appelle communément et tout simplement l’amour. Je me suis alors demandé si ce bien-être apporté par les relations sexuelles qui paraissent parfaitement normales dans un couple n’était pas plutôt un renforcement des sentiments et de l’amour conjugal. Comme on dit : l’amour n’a pas de prix ! Cette étude datant de 2014 a donc évalué l’amour conjugal en termes de dollars, c’est un peu peu dérisoire.

Au début de l’année 2017 (voir le deuxième lien) une autre étude du même genre réalisée en Suisse (Fribourg) et au Canada (Toronto) par trois femmes psychologues a au contraire indiqué clairement que l’activité sexuelle chez les couples stables avec enfants renforçait indéniablement la relation amoureuse et la stabilité du couple et donc cette sensation de bien-être conjugal. Ce que ces travaux, semble-t-il plus sérieux que ceux de la précédente étude, montrent que la fréquence des rapports sexuels est directement liée au bien-être conjugal et réciproquement, ce que les autres études n’ont même pas effleuré, c’est-à-dire qu’il faut des sentiments et de l’amour dans un couple pour faire souvent l’amour, il ne faut pas avoir peur des mots et appeler un chat un chat !

Les partisans de la théorie du « genre » hurleront de colère puisque les couples homosexuels (hommes ou femmes) ont été exclus de cette étude car il n’existait pas de paramètres suffisamment fiables pour les intégrer dans l’échantillonnage des couples hétérosexuels, et la majorité des couples participants à l’étude, dont l’âge variait entre 18 et 60 ans, avaient ou avaient eu des enfants. Pour les auteurs de cette étude l’activité sexuelle régulière dans un couple, depuis une fois par mois jusqu’à plus de 6 fois par semaine, constitue le facteur prépondérant de la stabilité de ce couple en induisant sans contestation possible ce bien-être conjugal qu’Anaïs Nin a si bien résumé par cette simple phrase :

« Seuls les battement à l’unisson du coeur et du sexe peuvent conduire à l’extase » (Only the united beat of sex and heart together can create ecstasy)

Sources : https://doi.org/10.1177/1948550615616462 et https://10.1177/0146167216684124 via Project Syndicate

Histoire de voiture et autres loisirs …

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La Triumph Spitfire (ici le modèle Mark IV) avait la particularité d’être équipée sur le levier de vitesse d’un bouton permettant d’actionner l’ « overdrive », une sorte de coup de fouet donné à la transmission, et on se sentait emporté dans une sorte de plaisir de conduire qui était assez plaisant, on avait apparemment « mis les pleins gaz » avec ce bouton magique … De plus la carrosserie aux formes très féminines dessinée par un Italien était une réussite totale.

Dire quelques mots de la Spitfire qu’il m’est arrivé de conduire il y a quelques années sur les routes sinueuses de Tenerife est une excellente entrée en matière pour le sujet de ce billet. Ma prose ci-après est inspirée d’un article paru dans le très respecté quotidien Le Temps paraissant dans la non moins très respectée ville natale de Calvin, je veux parler de Genève, qui relate en cette période estivale les expériences sexuelles de quelques Suissesses de la contrée romande. Je cite donc un passage de cet article dans lequel se confie une quinquagénaire à la recherche du plaisir et elle n’utilise pas la langue de bois, c’est le moins qu’on puisse dire !

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Puisque « Barbara » mentionne l’orgasme simultané et qu’elle avoue appuyer sur le bouton de l’ « overdrive » quand elle fait l’amour, j’avoue rechercher depuis quelques semaines avec ma fiancée (« novia » en espagnol) le même type de situation bien difficile à atteindre. Faire l’expérience d’un orgasme simultané est en effet un genre de prouesse qui demande des efforts et une attention soutenus et pour nous c’est une sorte de jeu du chat et de la souris, sans aucun jeu de mots, en d’autres termes attendre sinon découvrir le moment propice pour passer à la vitesse supérieure et négocier le virage de la route sans dérapage non contrôlé, le point critique de la situation. Que mes lecteurs ne se méprennent pas, je ne compare aucunement ma « fiancée » à une voiture (cf. Patricia Kaas) mais jouer à la recherche de l’orgasme simultané est une immense satisfaction que je souhaite à toutes mes lectrices et lecteurs. J’ajouterai que quand ma « fiancée » a déjà passé la 4e je suis encore en seconde et j’ai oublié de desserrer le frein à main, c’est-à-dire la situation radicalement inverse de celle narrée par la Suissesse. De plus le garagiste m’a débranché deux durites et il faut beaucoup de temps pour faire chauffer mon moteur … Vous comprendrez dès lors que ma fiancée a déjà quelques lacets d’avance sur la route tortueuse du plaisir mais que le jeu que nous nous sommes fixé consiste pour elle à me laisser un peu de loisir pour la rattraper sans faire cliqueter les soupapes, cela va de soi, pour rouler enfin à la même vitesse et admirer de concert le paysage.

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Patricia Kaas : https://www.youtube.com/watch?v=IpWcSEaEyR8

Illustration : position d’Andromaque (Édouard-Henri Avril, fin XIXe siècle)

Source d’inspiration : Le Temps de Genève daté du 9 août 2017 (capture d’écran)

Orgasme féminin : après le clitoris le périnée …

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Dans la rubrique du nirvana sexuel de la femme il y a aussi des éléments anatomiques relativement méconnus qui pourtant contribuent (ou pourraient contribuer) largement à l’atteinte du plaisir sexuel. Il s’agit de l’ensemble de muscles assez complexe qui constitue ce que le spécialiste appelle le plancher pelvien. Entre l’os du pubis et le coccyx il n’y a rien pour soutenir tous les organes de la partie inférieure du ventre et cette zone anatomique n’est pas uniforme puisqu’elle comporte aussi la verge chez l’homme et le vagin chez la femme mais aussi l’anus chez l’une comme chez l’autre. Pour tenir compte de ces éléments la musculature de soutien est donc assez compliquée et pour plus de détails voici un lien utile : https://en.wikipedia.org/wiki/Perineum .

Il s’agit donc du périnée qui joue un rôle souvent ignoré, surtout par les femmes, dans l’atteinte du plaisir sexuel. En effet, si des muscles du périnée entourant la base du pénis chez l’homme permettent à ce dernier de contrôler (plus ou moins) son érection, ces mêmes muscles entourent également l’entrée du vagin chez la femme et se trouvent donc directement à proximité de la partie interne du clitoris. Ils ferment le vagin en jouant le rôle de sphincter et s’ils sont commandés volontairement peuvent contribuer largement à la stimulation de cette partie interne du clitoris et donc à l’atteinte d’un orgasme.

Cette redécouverte du rôle du périnée dans l’orgasme féminin est mise en avant par certains organismes comme par exemple kegelness.com et fait l’objet de rééducation ou d’éducation tout court chez les femmes éprouvant des difficultés au niveau sexuel par certains physiothérapeutes conscients de l’importance de ces muscles délaissés par les sexologues (lien). Bien que les médecins connaissent parfaitement l’existence du périnée et son rôle central en particulier dans l’incontinence et les troubles de l’érection chez l’homme, peu de femmes osent en parler à leur praticien, d’où l’opportunité de ce genre de site (suisse) ne serait-ce que pour que les femmes s’informent, prennent conscience de leur anatomie et décident d’une approche personnalisée pour améliorer leur plaisir sexuel.

L’un des exercices simples préconisé par les spécialistes pour les femmes afin de renforcer la musculature du périnée consiste à se mettre debout, en chaussettes, sur un parquet glissant, d’écarter les jambes et d’introduire une grosse règle en plastique dans le vagin. L’exercice musculaire consistera à éviter que la règle ne tombe sous son propre poids et d’éviter également que les jambes aient tendance à s’écarter …

Inspiré d’un article paru dans le très respecté quotidien genevois Le Temps et aussi https://kegelness.com/le-secret-du-plaisir-le-perinee/ , ilustration : Le Temps, https://jacqueshenry.wordpress.com/2016/09/07/complement-au-billet-de-ce-jour/

Le clitoris retrouve ses lettres de noblesse, enfin !

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Dans la ville de Calvin les commentaires vont bon train au sujet des nouveaux manuels scolaires de SVT à l’usage des élèves des collèges de France : on y découvre pour la première fois l’anatomie de la partie cachée du clitoris dans le manuel de SVT des Editions Magnard car en vertu du respect de l’égalité des sexes puisque l’anatomie du pénis était à peu près décrite dans le détail, celle du clitoris était cruellement absente (voir lien sur ce blog). Pendant des siècles le clitoris a alimenté les débats et les controverses – surtout auprès des hommes – jusqu’à la découverte récente de sa structure interne beaucoup plus importante qu’on ne l’imaginait jusqu’alors. Pour Hippocrate la stimulation du clitoris augmentait la fertilité des femmes. Pour les médecins de la fin du Moyen-Age le clitoris était comparé à la luette qui selon eux tempérait l’air pénétrant dans le corps. Il faudra attendre la seconde moitié du XVIe siècle pour que le clitoris soit décrit dans les planches anatomiques du Sieur Realdo Colombo qui appela le clitoris « amor veneris » après avoir effectué des expériences de toucher pour prouver que ce petit appendice de chair était lié au désir sexuel de la femme.

Colombo se risqua à appeler le clitoris « frénésie de Vénus » que Fallope, un autre anatomiste italien, renomma cleitoris, une dénomination qui a perduré. Mais les controverses se multiplièrent quant à la fonction véritable de cet organe à part entière. André Vésale (1514-1564) considérait que le clitoris était une malformation, un reliquat d’hermaphrodisme, rien que ça ! Le grand Ambroise Paré considérera que le clitoris est une partie obscène, dangereuse et honteuse de l’anatomie féminine … Quand il apparut que sans aucun doute cette petite proéminence anatomique était le siège du plaisir féminin l’Eglise, comme il fallait s’y attendre, s’en mêla après avoir admis que le « frisson » que procurait le clitoris était nécessaire pour la fécondation et qu’il participait à une sorte de double semence de concert avec le pénis de l’homme. La situation devint plus sujette à controverse quand il fut reconnu que l’ovulation n’avait rien à voir avec ce « frisson » et qu’elle était la conséquence d’un cycle d’environ 28 jours, alors l’Eglise, tant catholique que protestante, stigmatisa définitivement l’utilité du clitoris car après tout il n’était plus que la source du plaisir féminin.

Influencés par les prises de position des autorités religieuses certains médecins allèrent jusqu’à préconiser l’excision pour traiter l’épilepsie, la catalepsie et la nymphomanie. Des campagnes de propagande agressive diabolisèrent le clitoris car il était considéré comme la cause numéro un de l’hystérie, un argument repris par Sigmund Freud dans les années 1930 pour expliquer les névroses des femmes immatures et déviantes qui pratiquaient à outrance l’onanisme … Tout un programme ! Aujourd’hui le clitoris a été magnifiquement banalisé et presque glorifié dans une amusante vidéo de la réalisatrice canadienne Lori Malépart-Traversy que je conseille à mes lecteurs (et lectrices) de visionner tant elle est réaliste et humoristique ( https://youtu.be/J_3OA_VZVkY ). Les spécialistes de sexologie ne font plus de distinction entre l’orgasme dit vaginal et l’orgasme appelé par opposition clitoridien. Selon eux la pression du pénis sur les parois latérales de l’entrée du vagin stimule les corps caverneux internes (cachés) du clitoris conduisant à un orgasme que l’homme a trop tendance à considérer comme vaginal, donc provoqué par la nécéssaire présence de son pénis, une interprétation bien machiste de l’orgasme féminin.

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Le clitoris a donc, dans les livres de SVT français retrouvé ses lettres de noblesse, du moins en partie car il n’est nulle part mentionné qu’il est beaucoup plus innervé (plus de 8000 terminaisons neuronales) que le pénis de l’homme.

Inspiré d’un article paru dans les colonnes du quotidien genevois Le Temps. Illustrations : première description anatomique du clitoris, traité d’anatomie de Charles Estienne, 1546, le clitoris et les corps caverneux cachés (manuel de SVT des Editions Magnard, en violet dans l’illustration). Et aussi sur ce blog :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2016/09/07/vous-saurez-tout-tout-sur-le-clitoris/

Les surprises de l’évolution

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L’homme fait partie de la famille des primates au même titre que le chimpanzé ou le gorille et les scientifiques qui ont découvert que notre génome était incroyablement proche des singes, nos cousins, se posent maintenant des questions presque existentielles sur les différences entre le gorille ou le chimpanzé et l’homme. Ces infimes différences génétiques, selon ces experts que je ne contredirai pas, sont le résultat de l’évolution naturelle. En quelques millions d’années nos lointains ancêtres se sont différenciés des grands singes à tel point que par exemple le volume et la complexité de notre cerveau nous a permis de parler et d’effectuer des raisonnements déductifs, peut-être la plus importante différence entre nous humains et le bonobo ou le chimpanzé. Quant au comportement social et son évolution il constitue encore une énigme que la génétique ne peut pas totalement expliquer. Ce billet est dédié à l’évolution sociale de l’homme, ce qui le différencie des grands singes et ce qui le différencie aussi de ces derniers au niveau de son comportement et de ses attributs sexuels. Que mes lecteurs ne croient surtout pas que ce genre de sujet me préoccupe compulsivement, je ne fais que relater un article paru dans The Conversation (voir le lien) qui tente de préciser la relation entre les caractères sexuels secondaires et le comportement social et ce qui à ce niveau différencie l’homme de ses plus proches cousins.

Cet article a été écrit par le Docteur Mark Maslin, Professeur de paléoclimatologie à l’University College de Londres et je me suis permis d’en reproduire ici de larges extraits. Les hommes ont un pénis beaucoup plus long et large que tous les autres grands singes. Même le gorille mâle qui arrive à peser en moyenne 200 kg est pourvu d’un pénis d’à peine 8 centimètres de long en pleine érection. De plus les testicules du gorille sont à peu près de la même taille que ceux ces humains, plutôt petits – sinon ridicules – si on les compare à ceux du chimpanzé. Les testicules du chimpanzé et du bonobo représentent en volume près du tiers de leur cerveau alors que chez l’homme ils atteignent péniblement 3 % du poids de ce dernier. Si comme le Docteur Maslin on en reste à ces observations anatomiques on peut spéculer sur la signification de l’évolution et de l’interdépendance entre les caractères sexuels, la poitrine des femelles (femmes) est également prise en considération, et le comportement social et sexuel.

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Le comportement sexuel des grands singes est très variable. Ils sont tout aussi bien polygames (on dit polygynes) que multi-partenaires, tant les mâles que les femelles. Le dimorphisme sexuel, les gorilles et les chimpanzés mâles sont très nettement plus lourds et trapus que les femelles, semble lié à l’occurence de sortes de harems du moins chez les gorilles et aussi les orangs-outans. Un gorille mâle vit avec plusieurs femelles et agit en sorte qu’aucun intrus ne vienne empiéter sur son territoire. Ce n’est pourtant pas le cas des chimpanzés : dans un groupe tous les mâles et toutes les femelles s’accouplent parfois plusieurs fois par jour sans discernement, une sorte de joyeuse communauté. Une femelle est donc par conséquent porteuse du sperme d’une multitude de partenaires sexuels ce qui constitue une compétition directe dans le processus de transmission des gènes. Le chimpanzé, au cours de l’évolution, s’est donc équipé de testicules presque monstrueux (photo ci-dessous) pour produire des quantités massives de sperme plusieurs fois par jour. Les gorilles qui vivent en harem, un mâle non disputé pour plusieurs femelles, sont pourvus de testicules d’une taille presque ridicule pour leur stature, à peu de choses près comme les hommes. Comme les gorilles d’ailleurs, quand l’homme éjacule deux fois en une journée le comptage des spermatozoïdes chute dramatiquement. Si on s’arrête à cette dernière observation il est possible d’en déduire que la monogamie ou l’activité sexuelle de l’homme est une conséquence de la petite taille de ses testicules.

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Venons-en à la taille du pénis et à son diamètre. Là encore il n’y a pas de règles générales chez les primates y compris l’homme. Par exemple le babouin mâle hamadryas endémique en Somalie et en Ethiopie est pourvu d’un pénis d’un longueur de 14 centimètres pour un poids moyen de 25 à 30 kg, soit à peu près la longueur moyenne d’un pénis humain … Mais pour nous une simple règle de trois laisse rêveur, imaginez-vous, chers lecteurs, munis d’un pénis de 40 centimètres de long ! En ce qui concerne les chimpanzés, les gorilles et les orangs-outans, nos plus proches cousins, l’homme est champion dans cette catégorie bien que son pénis ait un aspect plutôt simple. Le pénis humain n’est pas grumeleux, il est dépourvu de crêtes, de brides ou d’un gland de forme bizarre. En un mot il est plutôt banal.

Cette banalité de l’aspect du pénis se retrouve justement chez les primates comme le gorille qui sont polygynes. Les anthropologues en ont déduit que l’homme était initialement polygyne (polygame) avant d’évoluer vers la monogamie assez récemment au cours de l’évolution. Parmi 185 groupes ethniques humains étudiés 84 % d’entre eux pratiquent la polygynie. À notre époque moderne la polygamie reste le privilège d’hommes ayant un statut social élevé et disposant de revenus suffisants pour entretenir plusieurs femmes. Je suis allé plusieurs fois dans l’île française de Mayotte majoritairement musulmane. Seuls les hommes très riches peuvent entretenir plusieurs femmes comme par exemple « Papa » Abdou que j’ai rencontré plusieurs fois pour lui acheter des fleurs d’ylang-ylang et qui, propriétaire de magnifiques plantations, a quatre épouses vivant chacune dans une maison qui lui est dédiée, meublée avec tout le confort moderne … et les nombreux enfants qu’il faut nourrir (mais les générosités de la République Française sont heureusement là pour prendre en grande partie en charge les grosses charges de Papa Abdou, c’est aussi l’évolution !

Pourtant, si on se limite à des considérations purement physiologiques, il serait avantageux pour l’homme d’assurer une descendance avec le plus grand nombre de femmes afin d’avoir le maximum de chances de transmettre ses gènes. La taille du pénis ne présenterait alors plus d’avantage en terme d’évolution. Ce n’était probablement pas le cas lorsque l’homme a compris que la polygamie demandait un incroyable effort pour protéger ses partenaires et sa descendance inévitablement nombreuse pour les loger, les protéger et les nourrir. L’évolution vers la monogamie serait donc de ce fait un phénomène naturel accompagnée d’une taille du pénis satisfaisante, dans tous les sens du terme, pour sa partenaire. En réalité l’organe sexuel le plus important reste le cerveau qui finalement commande notre comportement social et intime.

Note : la femelle bonobo n’exhibe pas de seins qui puissent la distinguer des mâles sauf quand elle allaite. Le sexe de la femme a le même aspect anatomique que celui des femelles bonobo ou chimpanzé hors période d’ovulation pour ces dernières.

Source et illustrations : http://theconservation.com/why-did-humans-evolve-big-penises-but-small-testicles-71652

Les degrés d’intensité de l’orgasme féminin

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J’avais depuis plusieurs mois, sinon plusieurs années, l’intention d’écrire un billet dédié à l’orgasme féminin, non pas que je sois un spécialiste de la question ni un obsédé sexuel – loin de moi cette idée ! – mais tout simplement parce que le démon de la curiosité scientifique ne m’a jamais quitté bien que j’aie démissionné de mes activités de chercheur en biologie il y a maintenant près de vingt années. Par exemple quand je me promène dans la rue je ne peux pas m’empêcher d’observer le comportement des passants et il y en a tellement qui manifestent sans s’en douter un instant des attitudes délicieuses pour un psychiatre alors je m’émerveille que la société puisse laisser en liberté tant de personnes dérangées d’une manière ou d’une autre, la plupart fort heureusement inoffensives. Cette espèce de passion pour l’observation fait donc toujours partie de ma vie de tous les jours. Un autre exemple de cette passion : je scrute chaque matin très tôt la position de Jupiter qui se trouve en ce moment juste au dessus de l’étoile Spica (l’Épi) dans la constellation de la Vierge et il y a quelques jours la Lune se trouvait aussi dans le ciel toute proche de Jupiter … Je me suis surpris alors à imaginer comment Galilée a pu interpréter le mouvement vers l’ouest de Jupiter par rapport à l’étoile Spica car savait-il précisément que la Terre tourne autour du Soleil 20 fois plus rapidement que Jupiter et que ce mouvement a pour résultat un changement apparent de la position de Jupiter par rapport aux étoiles ? Ceci étant il pointa la lunette de son invention vers Jupiter et découvrit 4 « lunes » gravitant autour de cette planète, observation qui lui permit d’affirmer l’héliocentrisme contrairement au dogme de la papauté d’alors du géocentrisme de l’Univers. Pourquoi la Lune ne tournait-elle pas aussi autour de la Terre ?

Venons-en donc à l’orgasme féminin à propos duquel les hommes – surtout les hommes – ont raconté n’importe quoi, prenant leurs désirs pour des réalités. L’orgasme masculin ne peut en aucun cas être transposé à celui de la femme. Il s’agit de deux réactions totalement différentes. Les grands sexologues ont imaginé que la femme éjaculait lorsqu’elle jouissait … foutaise totale. Ils ont imaginé également que la femme ne jouissait qu’avec son clitoris, une hypothèse totalement stupide qui a conduit pourtant à la pratique exécrable de l’excision, hypothèse que je me permets de réfuter totalement comme vous le constaterez en lisant ce billet jusqu’à son terme.

La femme dispose naturellement d’une capacité de jouissance physique d’une inimaginable diversité (et complexité) qui surpasse de très loin celle de l’homme qu’il est incapable de comprendre pleinement car il n’est réduit qu’à la fonction, fondamentale mais néanmoins triviale, de reproduction de l’espèce et de transmission de ses gènes, fonction qui se matérialise par une éjaculation lui procurant un plaisir, certes violent, mais ne durant que quelques fugaces secondes. La femme peut atteindre le plaisir avec son vagin, son clitoris, le bout de ses seins ou encore des caresses savamment distillées sur la plante de ses pieds. C’est vrai ! J’en ai fait l’expérience à de nombreuses reprises … Et ces orgasmes peuvent durer, qui plus est, plusieurs minutes !

Ma déformation professionnelle m’a donc conduit à observer scrupuleusement depuis quelques mois le comportement de ma fiancée (ma « novia ») quand nous faisons l’amour pour mener à bien ce projet. Entre parenthèses il m’a parfois fallu utiliser des mini-doses de sildenafil pour conduire à leur terme mes observations.

Cela m’a rappelé l’époque où je travaillais au Salk Institute. Il y avait des rats très bien domestiqués auxquels on avait implanté à demeure dans le cerveau des micro-seringues ainsi que des électrodes à peine visibles à l’oeil nu. Le tout était collé avec de l’araldite au sommet de leur crâne et les rats évoluaient librement dans leur petite cage quand naturellement ils n’étaient pas « connectés » pour une investigation. L’expérimentateur les branchait à des fils et des tubes très fins et pouvait influer directement sur le comportement de ces animaux en injectant des petits peptides qui étaient spécialement étudiés dans le laboratoire. Les rats éprouvaient du plaisir ou au contraire des douleurs intenses selon les produits qui étaient directement transférés dans leur cerveau à l’aide d’un léger courant électrique.

L’orgasme produit les mêmes effets sur le cerveau, une décharge soudaine d’ocytocine et de prolactine mais aussi et surtout d’endorphines (morphines endogènes naturellement produites par le cerveau), des petits peptides qui procurent une sensation soudaine d’euphorie et de relaxation. On pourrait alors très prosaïquement affirmer qu’un orgasme ce n’est finalement que de la chimie et que son intensité ne dépendrait que de l’aptitude du cerveau, en particulier de l’hypothalamus, à favoriser ces productions d’hormones peptidiques. Comme je ne dispose évidemment pas d’appareillages complexes de mesure dans mon modeste logement, je me suis prêté à des observations très simples pour tenter de quantifier l’intensité des orgasmes de ma dulcinée, le nom qu’utilisa si je ne m’abuse Cervantes pour la fiancée de rêve de Don Quixote. Je me suis particulièrement intéressé à deux paramètres, le temps qu’il faut à ma dulcinée pour s’endormir après un orgasme et la durée de la sieste qu’elle s’octroie – mais qui semble irrésistible – après cet évènement physiologique.

Avant de mettre ce billet noir sur blanc à l’écran de mon ordinateur j’ai fait une petite recherche bibliographique et je n’ai pas trouvé d’informations cohérentes sur les deux paramètres que je viens de mentionner. Apparemment aucun sexologue digne de ce nom ne s’est penché sur ces faits précis. Ou bien ma copine a un comportement particulier et qui lui est propre ou alors je suis en plein délire, mais je pense néanmoins avoir cerné ce problème de l’intensité de l’orgasme ressenti par une approche relativement simple. Pour être bref, je dirai qu’un petit orgasme rapidement atteint et superficiel provoque un assoupissement d’une demi-heure environ, alors qu’un orgasme ressenti intensément – selon les dires de ma partenaire – peut provoquer un sommeil profond, une sorte de narcose, de près de 90 minutes. Quant au laps de temps entre la fin de l’orgasme et l’installation de cet état d’inconscience, enviable pour des personnes qui souffrent d’insomnie ou ont des difficultés à trouver le sommeil, il est inversement proportionnel à l’intensité de l’orgasme. Plus l’orgasme est intense plus l’état d’inconscience profonde – une sorte de sédation – est rapidement atteint, parfois en moins de deux minutes.

J’ai corroboré mes observations par un bref interrogatoire de ma dulcinée. Elle classe ses orgasmes en trois catégories, petit (pequeño), moyen (bueno) et intense (muy grande) et ce classement confirme pleinement mes observations. Enfin lorsqu’elle ressent deux orgasmes successifs, ce qui lui arrive parfois quand je suis en pleine forme, elle plonge subitement dans un sommeil profond, une sorte d’état comateux durant lequel je peux lui caresser tout le corps sans qu’elle ne bouge le petit doigt.

C’est précisément ce qu’ont observé les physiologistes avec ces rats à qui on injectait des analogues des endorphines directement dans le cerveau, un état léthargique durable ressemblant à celui des opiomanes qui viennent de fumer leur boulette dans une fumerie des îles des Mers du Sud comme il en existait toujours il y a une vingtaine d’années. Certains rats presque en fin de vie furent sacrifiés après que l’expérimentateur leur eut broyé la queue d’un coup de marteau sans qu’ils aient réagi à la douleur alors que leur cerveau était sous l’effet de ces petits peptides particuliers. En conclusion je suis convaincu que le comportement de ma partenaire n’a rien d’exceptionnel et que beaucoup de mes lectrices se reconnaitront secrètement avec un léger sourire aux lèvres en lisant ce billet …

Illustration : « La Folie » de Wladyslaw Podkowinski (1894) censée illustrer un orgasme féminin.