A propos jacqueshenry

Ecrivain.

Alstom dans la tourmente …

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La Suisse a doublé la France dans les liaisons ferroviaires transalpines vers l’Italie à la suite de l’achèvement du tunnel du Gothard. La liaison ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin a été repoussée aux calendes gréco-romaines, trop chère, anti-écolo, pas certaine d’être rentable, bref pour aller de Lyon à Milan on continuera à emprunter les sentiers muletiers, c’est mieux pour la nature. Les Suisses, conscients de leur statut d’enclave au milieu de l’Union Européenne, ont mis plus de dix ans pour percer le tunnel du Gothard et ils n’ont pas attendu pour équiper cette ligne de trains à grande vitesse qu’Alstom leur propose ses services. En bon gestionnaires de leur industrie les Helvètes ont confié la construction de 29 rames de 400 mètres de long capables de transporter jusqu’à 250 km/h 810 passagers assis à une entreprise suisse. Les trains appelés « Giruno » ont été construits par la société Stadler Rail basée à Bussnang dans le canton de Thurgovie à l’extrême nord-est de la Confédération.

Dans des délais très brefs cette liaison à grande vitesse sera prolongée jusqu’à Bâle via les cantons du Tessin et Lucerne. Reste donc l’utilité de la liaison Lyon-Turin-Milan … La Suisse a tout simplement pris de court la région Rhône-Alpes et la société Alstom dont j’ai dénoncé le marketing désastreux sur ce blog.

Source et illustration : RST.info Relire aussi : https://jacqueshenry.wordpress.com/2016/08/27/souvenirs-souvenirs/

L’arrêt de mort d’EDF est signé

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Finalement le Ministre d’État (rien que ça !) chargé de la « transition écologique et solidaire » a signé l’arrêt de mort d’EDF. Deuxième de la hiérarchie gouvernementale après le Premier Ministre, cet individu dont l’opportunisme ne fait de doute à personne a donc repris mots pour mots les engagements pris à la sauvette par décret le 8 avril 2017 (décret 2017-508) par une autre opportuniste toute aussi incompétente que lui, je veux parler de Mademoiselle Ségolène, l’ex de l’ex-président. Il y a moins d’une semaine je relatais le Plan Macron (lien) de transition énergétique qui, chiffres à l’appui, n’est qu’une fanfaronnade électoraliste car il faut encore rassurer les Français allergiques à l’uranium avant les élections législatives. De Gaulle et Mesmer avaient une vraie vision de l’indépendance énergétique, du moins électrique, de la France en mettant en place un plan colossal d’équipement électronucléaire français qui fit (et fait encore) l’admiration du monde entier et qui fut financé par les contribuables (dont je fis partie) pour former un patrimoine industriel sans équivalent dans le monde.

Nicolas Hulot, faisant fi des réalités du monde moderne, a donc repris les thèses chères aux écologistes de tout poil, diminuer la part du nucléaire dans la production d’électricité française sans se demander un instant par quoi elle va être remplacée de manière fiable afin de garantir une sécurité nationale. L’exemple catastrophique de « transition énergétique » allemande qu’il a pourtant sous les yeux ne lui aura pas servi de leçon. Ce triste individu dont la notoriété fut financée par le plus grand groupe chimique d’Europe – à l’époque de ses reportages tonitruants en hélicoptère – a assis sa nouvelle fonction par je ne sais quel truchement de copinages obscurs. Il est tout simplement scandaleux de laisser libre cours à un tel pouvoir de malfaisance. Le nouveau président aurait eu beaucoup plus de crédibilité en nommant à un poste moins pompeux – disons tout simplement Ministre de l’Energie – un technicien connaissant le B-A BA de cette discipline dont dépend le développement économique.

Chers lecteurs contribuables et consommateurs d’énergie électrique, attendez-vous à des augmentations substantielles de vos notes d’électricité (et de gaz) dans les prochaines années que vous paierez tous par solidarité avec l’incurie gouvernementale. Cette affaire me rappelle celle de l’idiot à qui on montre la Lune de la main : il regarde le bout du doigt de l’observateur et continue à lui demander où se trouve la Lune. En d’autres termes Hulot ne fait qu’abonder dans les thèses écolos les plus radicales et les plus ringardes pour cultiver sa personnalité d’ex présentateur de télévision sans se soucier un seul instant de l’avenir du pays. Je serai mort avant d’assister au désastre annoncé d’une mort certaine d’EDF qui fut et est encore le plus beau fleuron industriel de la France et à qui cet énergumène de foire va confier la construction de moulins à vent à grands frais. Je n’ai que mon blog et mes larmes pour pleurer …

https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/05/15/le-plan-macron-de-transition-energetique-une-utopie/

Ibuprofen : une nouvelle méga-étude … pour rien !

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Une étude portant sur 446763 personnes dont 61460 d’entre elles présentaient des troubles cardiovasculaires concernant les effets sur le court terme et le long terme des anti-inflammatoires non stéroïdiens a conclu que : on ne sait pas trop ! Cinq anti-inflammatoires ont été étudiés dont le diclofenac (aussi appelé Voltarene), l’ibuprofen et le naproxen. La seule conclusion pertinente de cette étude est, on pouvait s’en douter, de ne pas trop forcer sur les doses : au delà de 1 gramme par jour d’ibuprofen par exemple pendant plus d’une semaine ce traitement peut aggraver la prédisposition à un accident cardiovasculaire. Quant aux personnes n’ayant jamais souffert de tels maux elles semblent pouvoir se doper d’anti-inflammatoires sans courir de risques majeurs.

Encore une étude monstrueuse qui ne fait que conclure ce que tout le monde sait déjà : tout médicament – quel qu’il soit – est dangereux si on se l’administre sans modération, c’est comme le Pastis …

Source : British Medical Journal, doi : 10.1136/bmj.j1909

Déconnecté !

Déconnecté !

Peut-être que mes fidèles lecteurs ont cru que j’étais mort, de mort lente, sur un sentier de randonnée dans la montagne. Il n’en fut rien. Je suis allé avec ma novia chez mes amis dans leur nid d’aigle. Rassurez-vous il n’y a pas d’aigles mais seulement des faucons qui chassent des lézards et des lapins.

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La connexion internet était tellement lente que pour ouvrir la page wordpress c’était mission impossible. J’ai donc renoncé à faire quoi que ce soit et j’ai plié mon MacBook. Je me suis donc, totalement déconnecté du monde extérieur, replongé dans les travaux ancestraux des pauvres agriculteurs du coin qui vivaient de productions agricoles de subsistance. Dans ce paysage escarpé où il est beaucoup plus facile de trouver des cailloux et des pierres volcaniques qui sonnent comme un verre de cristal, ces paysans rassemblaient les pierres, construisaient des murs pour ménager des terrasses afin d’y produire surtout des pommes de terre dont la variété à peau noire et chair jaune … Un vrai délice.

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J’ai donc entrepris de réparer un mur d’environ 1m40 de haut qui s’était effondré sur un peu plus de 1m 50. Je ne savais pas que ce travail serait au dessus de mes forces mais je suis tout de même arrivé à mes fins et si tout mon corps est aujourd’hui douloureux j’ai apprécié ce retour vers la nature tout en étant déconnecté du monde extérieur. Un cocktail de circonstance assez fantastique qui me laissera un souvenir merveilleux quand je serai définitivement remis de ces exercices physiques qui à l’évidence ne sont plus de mon âge …

Billet d’humeur politique : Trump renvoyé dans sa tour ?

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Aux USA le Président, contrairement aux dispositions françaises iniques, est responsable devant la loi et il peut à tout moment être poursuivi par la justice qui reste encore, du moins en apparence (comme en France), indépendante. À ce propos espérons que le « Sage » du Béarn saura redonner à la justice l’image qui en a été ternie en profondeur par sa prédécesseure qui ne s’embarrassait pas de scrupules. Bref, ce qui se passe en ce moment à Washington est soit un mélodrame ridicule soit une action en profondeur destinée à « empêcher » Donald Trump de perdurer dans ses fonctions de Président. Le New York Times que les Français peuvent comparer au Monde en termes de prises de position gauchistes se glorifiait hier (ou avant-hier, je ne sais plus) dans ses lignes en Une de la nomination du dénommé Robert Mueller, ancien directeur du FBI, comme procureur spécial dont la mission sera de garantir l’indépendance de l’enquête relative à la « Russian connection » du Donald et de certains membres de sa famille dont son gendre.

Mueller n’a pas été mandaté par Trump mais par la Chambre des Représentants, c’est aussi une preuve de démocratie (en apparence aussi). Cependant la mission de Mueller pourrait bien faire pssschitttt (cf. Jacques Chirac) car pour prouver que des mensonges sont vrais il n’y a pas d’autre alternative que de mentir encore et toujours plus.

Depuis l’élection libre et démocratique des habitants de la Crimée pour être rattachés à la Russie, les USA n’ont jamais cessé de mentir au sujet de Poutine et de son pays, lui trouvant toutes sortes de travers extravagants comme par exemple d’avoir délibérément abattu le vol MH17 de Malaysia Airlines et envahi le Donbass. Poutine n’est pas dans les petits papiers de l’agenda néo-con américain comme l’Iran et ses dirigeants (ça remonte à Mossadegh, 1953), comme Assad qui est un tyran bien pire que Saddam Hussein qui disposait de milliers de tonnes de gaz de combat …

Les mensonges du « marigot » du Potomac ont été utilisés comme armes de destruction massive à travers le monde par le Pentagone et la CIA pour tuer froidement et lâchement, le plus souvent, plus de 20 millions de personnes dans 37 pays différents dans le monde depuis la fin de la seconde guerre mondiale * et faire plus de 200 millions de blessés afin d’établir la suprématie américaine dans le monde entier entrainant souvent les membres de l’OTAN dans ces exactions sanguinaires sans aucune justification morale autre que cet impérialisme dont aucune administration américaine n’a pu se défaire car elle est menottée par le complexe militaro-industriel.

Le tort de Trump, et il risque de le payer très cher, a été d’envisager un rapprochement avec la Russie …

* Thème d’un prochain billet

Retour sur le refroidissement global du climat

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Depuis maintenant près de 20 ans la température moyenne au sol de la planète Terre n’a pas évolué quoiqu’en disent encore les propagandistes organisés autour du machin onusien appelé l’IPCC car il est difficile de reconnaître publiquement que toute cette histoire de réchauffement global d’origine humaine était montée de toute pièce pour effrayer l’ensemble de l’humanité (pour ensuite la rançonner) et qu’elle était basée sur de honteux mensonges et des manipulations de données tellement grotesques qu’elles ont même embarrassé leurs auteurs. Mais le mensonge est devenu une pratique tellement courante qu’il ne faut plus s’étonner de rien, depuis les néoconservateurs américains jusqu’aux piètres politiciens de quartier tout le monde ment. Assad est un monstre mangeur d’enfants, le Roi d’Arabie Saoudite est un libéral respectueux du droit des femmes, les Russes sont des méchants car ils « veulent » la guerre nucléaire et les Somaliens sont bien nourris par les Peace Corp américains, tout va bien, merci.

Et en ce qui concerne le climat et les vilaines et toxiques émissions de CO2 le mensonge a été particulièrement et efficacement organisé au mépris de toutes les lois fondamentales de la physique avec une occultation scandaleuse de l’existence de ce que les climatologues du passé – car la climatologie est une science du passé et non du futur – ont coutume d’appeler l’optimum climatique médiéval. Le dernier billet de ce blog relatif au climat (voir le lien) relatait l’existence d’un cycle de 1000 ans expliquant les variations de ce climat, cycle clairement pris en compte par le Docteur Norman Page dont je citais les travaux qu’il m’avait aimablement communiqué personnellement sur ma demande. Les preuves s’accumulent aujourd’hui pour contredire l’hypothèse hasardeuse de réchauffement de l’IPCC qui a fait chauffer au rouge les folliculaires de Mademoiselle Royal lors du grand raout climatique de Paris … pour rien !

Une nouvelle étude, parmi tant d’autres, vient confirmer que nous abordons – en particulier en Europe – un âge glaciaire durable et qu’à partir de 2019 nous allons tous littéralement claquer des dents et … pourquoi ? L’optimum climatique moderne qui s’est mis en place au début du XIXe siècle est terminé et la planète se trouve maintenant dans le même état de transition qu’aux alentours des années 1100, c’est-à-dire à la fin de l’optimum climatique médiéval. Les travaux dirigés par le Docteur Montserrat Alonso-Garcia de l’Université de Lisbonne apportent une confirmation alarmante du changement de climat imminent que les générations à venir vont endurer. Ces travaux publiés dans la revue Climate of the Past (voir le DOI) montrent clairement que l’optimum climatique médiéval a perturbé les courants marins de l’Atlantique Nord à la suite de l’apport d’eau douce provoqué par la fonte des langues glaciaires du Groenland. Cette perturbation a entrainé à la fin du XIIe siècle un changement brutal et durable du climat tant en Europe qu’en Amérique du Nord que les climatologues appèlent le petit âge glaciaire qui s’établit fermement au XIIIe siècle pour durer jusqu’à la fin du XIXe siècle. Nul ne sait combien de temps ce nouvel âge glaciaire va durer, peut-être plusieurs centaines d’années mais ce que le Docteur Alonso-Garcia et son équipe a découvert est glaçant ! En étudiant minutieusement des carottages de sédiments au large de la pointe sud du Groenland (l’étoile dans l’illustration ci-dessus) il a pu être déterminé avec une précision inégalée l’évolution des courants marins au terme de l’optimum climatique médiéval. Sur cette illustration figurent en rouge le Gulf Stream et ses diverticules et en bleu le courant froid polaire. En mesurant dans ces sédiments un certain nombre de marqueurs comme les cendres volcaniques, les micro-cailloux incrustés dans la glace des glaciers, les teneurs en béryllium-10 dans les squelettes de plancton et divers restes géologiques emportés par les glaciers qui fondaient lors de l’optimum médiéval, il a été possible de reconstituer les changements des courant marins de l’Atlantique Nord au cours de la transition climatique optimum médiéval-petit âge glaciaire.

Ce qui est proprement effrayant est que toutes les conditions sont maintenant réunies pour que les courants marins de l’Atlantique Nord se modifient et provoquent un refroidissement généralisé de l’Europe en raison d’une modification du trajet général du Gulf Stream. Certes ce changement ne s’effectuera pas en quelques mois ni quelques années mais selon les conclusions de cet article (voir le doi) nous en subirons tous les conséquences dans un très bref délai – à l’échelle géologique naturellement – soit quelques décennies.

Qui oserait nier que l’hiver 2016-2017 a été particulièrement neigeux sur l’ensemble de l’Europe malgré les aboiements des pseudo-experts depuis l’arrière-cour de l’IPCC qui prétendent encore que cet hiver a été encore plus clément que les précédents, y compris à New-York, ville où se trouve le siège du machin onusien qui a enduré trois vagues de blizzard et de neige successives ? Mais non ! Il faut entretenir cette peur du réchauffement, continuer à développer des énergies vertes à grands frais pour sauver le climat … Nous allons tous être tondus par le même coiffeur, le « Deep State », c’est-à-dire la grande finance apatride qui accumulera des profits à partir de ce canular climatique comme le complexe militaro-industriel américain réalise d’obscènes profits sur la base des mensonges répétés en entretenant des conflits armés dans le monde entier organisés par la CIA, le bras droit de ce Deep State. À ce propos c’est à se demander si cette histoire de climat n’est pas organisée dans le même but : enrichir les plus riches au détriment du reste de l’humanité. Je laisse le soin à mes lecteurs d’orienter leurs réflexions dans cette direction. Et quand il est force de constater que le nouveau Président français a été invité au Club de Bilderberg et que naturellement il participera au prochain forum de Davos, des endroits où se réunissent les gros bonnets de la finance mondiale, après avoir nommé un imposteur notoire à la tête de l’ « écologie solidaire » au gouvernement français, suivez mon regard …

https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/04/10/crise-climatique-rechauffement-delirant-non-refroidissement-brutal-7-et-fin-de-cette-serie/

Source : Climate of the Past, doi : 10.5194/cp-13-317-2017

SSII : une législation du travail surréaliste !

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Tous les organismes financiers et les banques disposent d’un département dit de technologie de l’information, en d’autres termes d’un service informatique (IT en anglais) qui traite les programmes et les diverses dispositions informatiques relatives par exemple aux mécanismes d’alerte ou à des études d’analyses et de prospectives, le développement proprement dit, et il y a aussi le matériel, les serveurs, la connectique et bien d’autres strates dans ce métier particulier. L’IT, dans quelque branche industrielle et commerciale que ce soit, est en perpétuelle évolution. De manière générale l’IT de ce genre de compagnies de l’industrie de la finance est à près de 80 % constitué de prestataires de services dont la durée des interventions varie de quelques jours à au plus trois années – selon la loi – comme nous allons en découvrir les conséquences.

Ces prestataires de service sont brièvement formés sur site car chaque entreprise a ses propres spécificités et ils doivent rapidement s’intégrer, du moins en théorie, dans les équipes en place pour au final être remerciés après les trois années de présence par souci de souplesse dans la gestion des ressources humaines.

En France en particulier, puisqu’il s’agit ici de décrire l’interférence néfaste entre les disposition législatives du code du travail français et les services IT des banques, ces dernières font appel à des sociétés de services informatiques plus connues sous le nom générique de SSII (Société de Services et d’Ingéniérie Informatique) essentiellement pour plus de souplesse, encore une fois, dans l’organisation du travail. Dans le meilleur des cas la banque propose un contrat à durée déterminée de trois ans (c’est la loi qui l’impose), une période estimée suffisante pour développer un nouveau programme ou améliorer ponctuellement une application en raison tant de l’évolution des matériels que du métier de la finance lui-même. L’analyste, qui est aussi appelé parfois développeur, envoyé en mission par une SSII aborde alors selon ses propres méthodes de travail le problème à résoudre sans, parfois, cultiver beaucoup d’interactions avec les autres membres de l’IT sous contrat à durée indéterminée ou non puisqu’il a été appelé pour résoudre une tâche précise qui lui est attribuée spécifiquement.

Il est important pour la bonne compréhension de cette situation surréaliste de l’IT dans l’industrie financière de bien préciser à nouveau que près de 80 % des personnels sont des prestataires de service appelés le plus souvent pour résoudre des tâches ponctuelles. Quand il s’agit de bons éléments qui réalisent donc un travail de qualité compréhensible pour n’importe quel autre membre de l’IT et dans les temps impartis leur mission est alors terminée. A contrario les « mauvais » éléments dont la mission est de développer une application un peu complexe travaillent selon leur méthode, parfois en utilisant un langage informatique peu répandu, et le résultat de leur intervention est totalement incompréhensible pour leurs collègues. Devant un tel état de fait, la direction de l’IT se voit obligée de leur proposer un contrat à durée indéterminée car personne n’est capable de reprendre leur travail s’il est encore inachevé après les trois années fatidiques !

Ce qui fait qu’au final la direction de l’IT aboutit à une situation totalement paradoxale : elle se trouve obligée d’embaucher des éléments de piètre qualité qui plombent durablement l’évolution du service informatique de la société alors que les bons éléments sont partis depuis longtemps … Au terme de ce contrat de trois ans la mission qui a été assignée à cet analyste est dans le meilleur des cas terminée mais le plus souvent inachevée ou au mieux ficelée mais pas encore suffisamment testée car développer un programme informatique est complexe et la perfection n’existe pas dans ce domaine. Par voie de conséquence la banque ne peut plus gérer ses ressources humaines dans la plus stricte gestion de la souplesse de ces dernières et c’est alors une dégradation de la qualité des services informatiques qui aboutit parfois à de monstrueuses bévues comme l’affaire Kerviel dont tout le monde se souvient : il n’y avait pas de dispositifs d’alerte correctement en place pour signaler les prises de position risquées de ce trader sur les marchés financiers car l’IT de sa banque n’avait pas correctement mis en place ces dispositifs …

Comme chaque individu apporte avec lui ses propres méthodes de travail, son successeur doit naturellement se former aux spécificités de son nouvel environnement et tenter de décrypter la tâche laissée en attente par son prédécesseur. Dans le meilleur des cas à nouveau ce nouvel arrivant n’atteindra sa pleine efficacité qu’au bout d’une année. Il est donc facile de mesurer le gâchis en heures-ingénieur à la charge de la banque car il faut ajouter que les prestations des SSII sont toujours facturées au maximum autorisé par la loi, encore la loi ! Il n’y a qu’à constater l’opulence des SSII comme Accenture ou CapGemini qui se sont positionnées sur ce créneau juteux ! Le code du travail avait initialement pour but de réduire la précarité de l’emploi puisque la banque se devait de proposer un poste en contrat à durée indéterminée (CDI) à l’issue de cette mission de 3 ans, cette idée absurde était dans l’esprit du législateur … Or ce cas de figure est rarissime car il est en pratique impossible de licencier un CDI, toujours selon les dispositions du code du travail (encore la loi !) : comment la loi peut-elle obliger un employeur à proposer un CDI à une personne à laquelle il n’aura plus de travail à proposer quelques mois plus tard ?

Cette bonne intention se révèle donc être une catastrophe tant pour l’employeur, c’est-à-dire la banque, dont l’évolution de son service IT finit pas être partiellement sinon totalement figée et globalement d’une qualité laissant pour le moins à désirer, que de l’employé de qualité de la SSII qui dans ces conditions législatives ubuesques restera toujours un précaire au salaire misérable, fournissant un nombre d’heures de travail invraisemblable, parfois de nuit, pour le plus grand profit de son employeur, la SSII, malgré ses qualités prouvées par l’excellence de ses interventions. Voilà un effet pervers méconnu du grand public d’une législation du travail totalement déconnectée de la réalité car tant l’ingénieur IT de qualité que la banque sont perdants et la précarité de l’emploi n’est toujours pas résolue : seuls les « mauvais éléments » finissent par être embauchés : tout simplement incroyable !

Il serait donc grand temps de revoir en profondeur la notion même de « précarité » du travail, en France en particulier, une notion mise en avant par les syndicats qui semblent décidément n’avoir rien compris aux réalités du monde économique moderne. Peut-être aussi est-il temps comme cet exemple des banques le montre clairement de changer en profondeur le code du travail et le simplifier pour arriver, comme en Suisse ou en Suède, à un code du travail se réduisant à un opuscule d’une soixantaine de pages. Dans le pays de Colbert on peut toujours rêver …

Source : conversations privées