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Ecrivain.

Billet d’humeur politique : l’Europe et les paradis fiscaux

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L’Europe, la première puissance économique mondiale si elle était intégrée politiquement et fiscalement car l’euro n’est qu’une façade creuse, s’en trouverait bien mieux si elle ne tolérait pas une multitude de paradis fiscaux à l’intérieur et autour de son espace. Ces contrées sont une pompe permanente de capitaux qui non seulement échappent aux dispositions fiscales de chacun des pays de l’Union mais ne sont pas ou très peu réinvestis dans les économies nationales.

Pourquoi pas ne pas faire une petite revue de ces paradis fiscaux qui se trouvent parfois à quelques kilomètres de la moindre bourgade européenne. Le plus simple est de commencer par le sud. Il y a Gibraltar, un rocher acquis par le Royaume-Uni à l’issue du traité d’Utrecht (1715). C’est un paradis fiscal notoire. Il suffit de se promener dans les rues où il est incroyable de constater que par exemple toutes les banques françaises ont de luxueuses succursales dans cet endroit surréaliste aux maisons de style Victorien et comble d’ironie les banques espagnoles sont aussi présentes sur le « Rocher ». Quand on remonte plus au nord de la péninsule ibérique on arrive à Andorre, un territoire également minuscule, une co-principauté partagée entre le Président de la République française et l’Evêque de Séo de Urgel. Encore une fois, pourquoi y a-t-il autant d’agences bancaires dans ce mouchoir de poche ? À peu près à la même latitude se trouvent dans la péninsule italienne San Marino et le Vatican, deux autres paradis fiscaux qui préfèrent rester discrets. Qui oserait déclarer haut et fort que la banque du Vatican traficote dans des domaines financiers peu avouables. Il est certain que si cette basilique-Etat pouvait émettre sa propre monnaie, ce serait au monde le seul pays capable d’adosser sa monnaie sur de l’or et des pierres précieuses tant son trésor caché dans ses caves ultra-blindées est gigantesque.

En remontant un peu en latitude on tombe sur un autre rocher, Monaco. Selon le Prince son tout petit pays a mis de l’ordre dans le choix des investisseurs qui viennent y déposer leurs dollars, leurs euros ou leurs francs suisses. Vaste blague ! Rien n’a vraiment changé. Plus au nord encore on arrive à un gros morceau : la Confédération helvétique et son satellite le Liechtenstein. Dans ces deux pays tout est légalement autorisé. Le trafic d’or constitue un élément essentiel de l’économie suisse. Une multitude de grandes multinationales impliquées dans le négoce mondial de matières premières se trouvent comme par hasard localisées en Suisse car l’opacité de leurs comptes, gérés par des banques adéquates, passe au travers des juridictions des pays où elles opèrent et pour les Suisses le Lichtenstein n’est en définitive qu’un moyen de se laver la conscience.

Plus au nord, passons au sujet de la bourse de Zürich, il y a là nouveau un gros morceau, le Duché du Luxembourg, le nec plus ultra des paradis fiscaux les plus opaques du monde. Il existe dans ce petit territoire une multitude d’officines d’avocats spécialisés dans l’optimisation fiscale et les coups tordus en tous genres. C’est la face cachée du Duché : dans chaque petite maison coquette des quartiers résidentiels du Luxembourg il y a un véritable fourmillement de cabinets d’avocats spécialisés en contact direct avec des officines tout aussi souterraines aux Bahamas, aux Bermudes, aux Iles Vierges, à Antigua ou encore Panama, Santa-Lucia, Curaçao.

A peu près à la même latitude se trouvent les Iles Anglo-Normandes. Inutile d’insister qu’il s’agit d’une filiale ilienne de la City, elle-même un gigantesque paradis fiscal. Pas très loin de Londres, à même pas quelques heures de Victoria Station, se trouvent les Pays-Bas, un paradis fiscal qui n’a jamais avoué sa réelle nature.

Ce n’est pas fini, après la City on trouve l’île de Man, petit paradis fiscal presque oublié qui comme les îles anglo-normandes arrange bien les financiers de la City, la City qui traite des transactions mondiales comme l’or, le Libor ou le cours du Brent, des paramètres économiques qui ont des retombées mondiales sans que le citoyen européen ou du monde entier puisse en prendre parfaitement connaissance. Enfin un autre gros morceau tout aussi discret, car dans la grande tradition du catholicisme il ne faut pas offenser autrui, donc respecter la loi, c’est la République d’Irlande. On ne peut pas dire que l’Irlande soit un paradis fiscal mais, comme dans le cas des Pays-Bas, les avantages fiscaux proposés aux grandes entreprises sont tels que de nombreuses multinationales ont choisi de se domicilier dans ce pays ainsi qu’aux Pays-Bas d’ailleurs.

Conclusion : les contribuables européens, de quel pays que ce soit, paient infiniment plus d’impôts qu’ils ne le devraient en raison de l’existence de tous ces paradis fiscaux qui sont de véritables cancers rongeant les économies et les finances des grandes entités nationales comme l’Italie, l’Espagne ou la France. Pourquoi ces pays tolèrent-ils l’existence de ces parasites qui siphonnent la richesse qui devrait rester chez eux ? Parce que les paradis fiscaux au sein de l’Europe participent au grand dessein de main-mise de la grande finance apatride sur le monde pour mettre en place un nouvel ordre mondial …

Et l’Europe est justement la première grosse économie à maîtriser. Et c’est d’autant plus facile que l’Europe est déjà un vassal des USA, ne possède pas de pouvoir politique ni d’harmonie fiscale. Donc les paradis fiscaux européens permettent de canaliser le pouvoir financier vers ces grandes multinationales hégémoniques et tous les moyens de pression sur les contribuables sont bons à prendre. Les grandes multinationales de l’industrie, de l’alimentation, de la chimie, de la pharmacie, de la distribution et de l’énergie sont elles-mêmes sous le contrôle de la grande finance apatride.

Tout le système financier est mondialement interconnecté et la mise en place de la suprématie du dollar, de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international sans oublier la Banque des règlements internationaux ou le système Swift a rendu possible la construction progressive de cette gouvernance mondiale pilotée depuis le « Deep State » américain.

Alors les gouvernements ont l’impression d’avoir les coudées franches pour rançonner les petits, les gueux, et tous les prétextes sont bons pour organiser l’instauration étape par étape de ce nouvel ordre mondial. Il n’est même plus question de démocratie, c’est un concept qui a vieilli ! L’opportunité montée de toutes pièces pour siphonner la richesse des classes laborieuses est le sauvetage de la planète avec la préservation du climat, des écosystèmes, des forêts et des espèces en voie de disparition, c’est nouveau (non, pas vraiment, depuis 30 ans déjà) et c’est génial : tous ces sans-dents se sentent concernés car ils sont à longueur d’émissions de télévision culpabilisés et ils doivent donc expier leurs fautes. Cette préoccupation de sauvetage de la planète est un produit vendu par les médias elles-mêmes au service de la grande finance. C’est une partie de l’agenda de la mise en place de ce nouvel ordre mondial qui en a décidé ainsi … Il n’y a pas dans ce projet de totalitarisme à l’échelle mondiale de centre décisionnel ni d’acteurs clairement identifiés. Le grand public connait les noms de certaines organisations non gouvernementales actives (et activistes) sur l’ensemble de la planète pour soutenir cette idéologie mais ce qu’il ignore est l’action incessante et souterraine de clubs financiers supranationaux comme Bilderberg, le Forum économique mondial (Davos), pour la mentionner une deuxième fois la Banque mondiale et enfin, cerise sur le gâteau à laquelle ont déjà goûté à leurs dépens certaines sociétés, l’existence de tribunaux internationaux d’arbitrage largement ignoré par les peuples, un outil imparable pour faire plier un pays récalcitrant. Et ce n’est pas un fait du hasard si ces tribunaux se trouvent à Washington.

Il apparaît néanmoins qu’il y a dans le monde de grands pays récalcitrants non seulement aux mesures démagogiques de sauvetage du climat mais aussi à la main-mise du dollar sur l’économie mondiale. Ce projet de domination du monde est de toute évidence issu de l’aristocratie financière anglo-saxonne et cet agenda est naturellement mal venu en Chine, comme en Inde ou encore en Russie.

J’ai oublié Malte, Chypre mais aussi l’archipel des Canaries (oui c’est vrai …) ou encore Saint-Barth, mais bon, mes lecteurs me le pardonnerons. Commentaire sur l’illustration. Le « rocher » de Gibraltar est peuplé de macaques parfois agressifs. La piste de l’aéroport traversé par l’unique route qui relie cette possession anglaise au reste de l’Espagne péninsulaire traverse la piste qui matérialise la frontière avec l’Espagne et la ville de La Linea de la Concepcion dont l’économie est intimement liée à Gibraltar.

Gilets jaunes : effets collatéraux

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C’est encore un billet de Mish Shedlock qui a satisfait ma curiosité

Pour les non-anglophones dunce = cancre, I just blew … = Je viens de détruire en morceaux le pacte de stabilité, Macron will … = Macron va augmenter le salaire minimum de 100 € par mois dès janvier 2019. Il paraît que ça ne coûtera pas un centime ni aux employeurs ni à qui que ce soit d’autre.

À croire que Rothschild vient de lui faire un chèque de 15 milliards d’euros mais comment va-t-il rembourser ?

Energie nucléaire : rôle dans le mix énergétique bas-carbone

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La très sérieuse Union des scientifiques « préoccupés » (Union of Concerned Scientists) fut créée en 1969 par un ensemble de membres seniors du MIT. L’une des premières missions de cette organisation fut de dénoncer la course aux armements. L’UCS s’orienta ensuite vers le bannissement des armes spatiales et la préservation énergétique de la planète en prônant la diversification des sources d’énergie mais en soutenant parallèlement le développement de l’énergie nucléaire. Une grande partie des scientifiques membres de l’UCS sont en effet des ingénieurs et des professeurs spécialisés dans le domaine de la physique nucléaire et de ses applications civiles. L’UCS considère que sans énergie nucléaire il ne sera pas possible de maîtriser les émissions de carbone ni de préserver les ressources en pétrole dont une grande partie est consacrée à la chimie et le sera encore pendant de nombreuses décennies à venir. Certes le charbon constitue une alternative au pétrole pour la chimie et également pour les carburants et il existe d’immenses réserves de charbon dans le monde dont la majeure partie n’est pas exploitée ou exploitable avec les technologies actuelles.

Cependant la montée en puissance probable des véhicules électriques va accroître la demande en énergie électrique dans des proportions difficiles à prévoir puisque les approvisionnements en lithium, cobalt et lanthanides (terres rares) constitueront également une limitation au développement massif de ces véhicules électriques.

L’UCS a rédigé un rapport qui indique clairement que l’humanité ne pourra pas se passer d’énergie nucléaire dans les décennies à venir et qu’il n’existe à l’heure actuelle aucune alternative fiable et économique et cette situation perdurera encore longtemps. Dans l’optique d’une protection du climat, approche que je me permets de contester mais qui présente au moins l’avantage de préserver les ressources en hydrocarbures liquides, le rapport de l’UCS s’est focalisé sur les centrales nucléaires des Etats-Unis mais ses recommandations sont valables pour tout autre pays. Cette organisation préconise, en dépit des problèmes de sécurité et de traitement des déchets, que les compagnies d’électricité (les « utilities ») investissent dans les centrales nucléaires existantes pour améliorer leur sécurité et permettre une exploitation prolongée. Aux USA, après inspection par les autorités de sureté, la durée de vie autorisée des réacteurs est actuellement de l’ordre de 80 ans (voir note en fin de billet).

Pour présenter des solutions économiquement viables il est donc nécessaire de préserver le parc nucléaire existant dans le cadre du développement de tous les types d’énergies renouvelables bas carbone et le nucléaire en fait partie. Si aux USA le nucléaire ne fournit que 20 % de la totalité de l’électricité, il représente 53 % de l’ensemble des énergies renouvelables en incluant l’éthanol produit par le maïs. L’UCS reconnait que les prix très faibles du gaz naturel ont conduit les « utilities » exploitant des centrales nucléaires à faire face à des difficultés financières. Ces utilities envisagent de fermer des unités de production électro-nucléaires car elles ne sont plus rentables en regard des prix du gaz. Si l’UCS s’est toujours battue pour que la sureté des centrales nucléaires soit améliorée, bien avant l’accident de Fukushima-Daiichi, elle privilégie une approche pragmatique de ce problème. Des Etats comme Illinois, New-York et New-Jersey ont déjà décidé d’aider les utilities en ce sens et l’Ohio et la Pennsylvanie vont suivre.

Ces préconisations sont valables pour beaucoup d’autres pays. Par exemple les compagnies d’électricité japonaises ont investi massivement pour mettre les centrales nucléaires du pays aux nouvelles normes de sécurité post-Fukushima. Les Allemands ont décidé de quitter l’énergie nucléaire et sont devenu de ce fait les plus gros pollueurs en termes de carbone en Europe. La France est un bon élève et, malgré la pression constante des organisations et partis politiques écologiques, ce pays semble avoir compris que l’énergie nucléaire offre la seule possibilité fiable pour réduire les émissions de carbone. L’ensemble du parc électronucléaire français pourra très probablement être encore exploité pendant 50 années supplémentaires si les autorités de sureté en décident ainsi.

Source : https://www.ucsusa.org/nuclear-power/cost-nuclear-power/retirements#.XA5WSC3-TuO , illustration Axios (www.axios.com)

Notes. Le mot « concerned » est difficilement traduisible en français. Je rappelle que les deux réacteurs de la centrale électronucléaire de Fessenheim peuvent subvenir au rechargement d’approximativement 400000 véhicules électriques par jour de manière économique et fiable. La durée de vie de 80 ans préconisée par l’organisme fédéral de contrôle des installations nucléaires civiles concerne le réacteur lui-même. Les pompes primaires, les générateurs de vapeur et les autres accessoires présents dans l’îlot nucléaire proprement dit peuvent être changés au cours de la durée d’exploitation.

Les « gilets jaunes » vus de Toronto par la journaliste Donna Laframboise

Un mois de manifestations a mis le gouvernement français à genoux. Voici 5 remarques cruciales.

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Un. C’est une protestation spontanée venant du peuple. Les conducteurs français doivent de par la loi posséder un gilet fluorescent dans leur voiture. Les centaines de milliers de mères, de grand-mères, de frères et de soeurs, d’oncles et de cousins qui ont revêtu ces gilets sont connus comme « les gilets jaunes ». Ils englobent tout l’électorat français.

Deux. Les images des scènes d’émeute parisiennes ont fait le tour du monde, mais dans la France provinciale les communautés de gilets jaunes ont été pacifiques. Ce mouvement a été catalysé par la taxe carbone sur l’essence et le diesel qui devrait entrer en application le premier Janvier prochain. Ces taxes carbone vont rendre les déplacements en voiture délibérément plus coûteux. Elles sont supposées encourager les transports publics, au nom du combat pour le climat. Alors que les habitants de Paris et de sa région peuvent disposer d’un bon réseau de transports ils ne représentent que 20 % des 67 millions de Français.

Les gens ordinaires qui vivent en dehors des grandes agglomérations sont dépendants de leurs voitures. Ces personnes ont été outragées car, pour eux, utiliser des transports en commun n’est pas réaliste et le gouvernement a décidé de les pénaliser directement et indirectement : quand le prix de l’essence augmente il s’en suit qu’un paquet de farine, des couches pour bébé ou une boite de médicaments transportés d’un point A à un point B voient leur coût également augmenter.

Trois. Ces taxes carbone ont été annulées. Initialement elles devaient faire l’objet d’un moratoire de 6 mois. Elle ont finalement été annulées..

Quatre. Les protestations ont déstabilisé le gouvernement et provoqué de sérieux dommages à l’économie. Pour restaurer le calme, le Président Emmanuel Macron devrait démissionner après avoir accédé au pouvoir il y a seulement un an et demi.

Cinq. Donner la priorité du changement climatique sur le bien-être des citoyens est un suicide.

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Note. Ce billet de Donna a été écrit avant l’allocution télévisée de Macron. Selon les analystes les décisions prises par le Président ne feront qu’aggraver la situation de la dette française et le déficit de l’Etat, deux « détails » qui pourraient énerver la Commission de Bruxelles. Mais au fait qui va prêter de l’argent à la France ? Sans aucun doute pour attirer les investisseurs les taux vont augmenter ce qui aura donc pour effet de rendre encore plus pesante la charge de la dette. Macron, tout banquier qu’il fut, n’a pas compris dans quelle impasse financière la France se trouve.

En Islande il n’y a pas de pétrole mais des volcans et des idées

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Le titre de ce billet est une paraphrase d’un slogan franco-français « on n’a pas de pétrole mais des idées ». Certes l’ex-ministre de l’écologie solidaire et festive, l’inénarrable Nicolas, a interdit toute exploitation de pétrole dans le bassin parisien au grand dam de certaines communes qui percevaient de confortables revenus et je ne me souviens plus quel autre ministre ayant le même genre d’irresponsabilité a interdit la recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux dans le sud et le nord de la France. En France, donc, quand on n’a pas de pétrole et qu’on a des idées pour en extraire celles-ci sont annulées par le gouvernement.

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En Islande, un pays magnifique à ne visiter qu’aux mois de juin et juillet il y a une activité volcanique intense et ce petit pays a fait preuve d’une ingéniosité admirable pour exploiter cette énergie gratuite à la portée de n’importe quel petit forage. L’électricité est entièrement produite par des usines géo-thermiques et elle est d’un prix très abordable pour les consommateurs. Des réseaux sophistiqués d’eau chaude également d’origine volcanique assurent le chauffage domestique pour un prix dérisoire. Mais dans ce pays situé sur le cercle polaire en dehors de l’herbe – les prés sont fauchés toutes les trois semaines entre juin et août – il n’y aurait pas de cultures vivrières sans la créativité d’ingénieurs et de techniciens qui ont encore une fois mis à profit l’énergie géothermique. Quand j’ai visité l’Islande il y a environ 25 ans il y avait perdues au milieu de nulle part des serres où des bananiers poussaient et poussent probablement toujours en toute quiétude. L’Islande était déjà autosuffisante en bananes ! Le chauffage des serres était assuré en pompant de l’eau chaude souterraine et en la réinjectant ensuite et l’éclairage provenait d’usines géothermiques comme celle du « Blue Lagoon » près de Keflavik (illustration).

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La révolution de l’agriculture sous serre, le plus souvent en hydroponie (agriculture hors-sol) est une conséquence des smartphones depuis lesquels l’agriculteur peut surveiller ses serres. Dans chaque serre il y a un ordinateur qui commande tout. Il est relié au service météorologique central et via internet également connecté à un smartphone d’où l’agriculteur peut prendre les décisions qui s’imposent : arroser, contrôler la température, ouvrir des vasistas de ventilation, changer la nature des ingrédients de l’hydroponie, etc … Après la grande crise économique de 2008 qui vit le système financier islandais s’effondrer totalement puis l’éruption volcanique de 2010 qui interdit toute liaison aérienne pendant plusieurs semaine les Islandais se sont ressaisi et ils assurent aujourd’hui plus de 50 % de leur consommation de fruits et légumes localement et la tendance s’accélère aussi bien pour les tomates, les salades, les concombres et autres légumes que pour les plantes aromatiques ou encore les haricots totalement exempts de pesticides, seuls les engrais sont importés. Et tout est possible puisque ce secteur agricole de pointe ne consomme que 0,5 % du total de l’énergie géothermique exploitée dans le pays et l’installation d’éclairage LED a grandement contribué à réduire les factures d’électricité qui pour certains maraîchers sont encore lourdes. Si l’Etat islandais, c’est-à-dire la société d’Etat Landsvirkjun, acceptait de consentir des tarifs préférentiels pour l’électricité aux agriculteurs, ne serait-ce qu’à hauteur de 1 % de la production électrique les cultures sous serre pourraient assurer près de 80 % de la consommation du pays, les protéines provenant de la pêche et de l’élevage ovin. Pour conclure il est impossible d’installer des moulins à vent en Islande car les vents sont beaucoup trop violents, quant aux panneaux solaires autant dire qu’ils ne fonctionneraient que quelques mois par an.

Source et illustrations : Thomson Reuters, 3 décembre 2018, et Blue lagoon : Wikipedia

Histoire de scolopendres

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Quand j’habitais à Port-Vila je regardais la télévision (mais oui !) parce que j’avais acquis à Nouméa une parabole et un décodeur « Canal » pour regarder les jeux olympiques de Sydney en direct puisqu’il n’y avait qu’une heure de décalage horaire et quand je regardais les épreuves sportives en nocturne, assis devant la télévision, j’avais toujours à portée de la main une machette. Tout simplement parce que le séjour était un espace régulièrement emprunté par des scolopendres noirs de 15 à 18 centimètres de long se déplaçant toujours en couples, d’abord le mâle et ensuite la femelle légèrement plus grosse. Je m’empressais avec un plaisir non dissimulé de les couper en deux et les moitiés continuaient à progresser sans ordre pendant quelques secondes. J’ai toujours été terrorisé par ces insectes répugnants. Quelques années plus tard, j’habitais à Marie-Galante et à nouveau je fus confronté à la présence de ces sales bêtes. Un soir je reçus un coup de téléphone désespéré d’une amie bretonne qui me demandait de venir d’urgence la prendre en charge pour la conduire à l’hôpital, elle venait de se faire mordre par un scolopendre. Je n’invente rien j’ai vraiment cru qu’elle allait mourir dans ma voiture.

Il ne me fallut heureusement que quelques minutes pour arriver à l’hôpital et me garer en vitesse devant l’entrée des urgences. C’était une question de minutes. Elle avait perdu connaissance et le personnel, informé d’une morsure de scolopendre, fit immédiatement le nécessaire : un piqûre de tonique cardiaque, de l’oxygène et la procédure d’urgence habituelle. On ne plaisante pas avec ces arthropodes répugnants, repoussants dont la longueur atteint parfois 20 centimètres, c’est tout simplement épouvantable, terrifiant, surtout quand ils grimpent en haut des moustiquaires au dessus du lit et qu’ils se rassemblent attendant peut-être le moment propice pour vous piquer car ils sont agressifs, nerveux et vicieux.

Mais comment ces insectes, de gros mille-pattes en réalité, ont-ils fait pour être aussi nuisibles et dangereux ? C’est ce qu’a voulu savoir l’équipe de biologistes dirigée par le Docteur Changlin Tian de l’Université de Science et Technologie de Hefei en Chine, faisant appel à une collaboration internationale, pour résoudre ce problème qui préoccupe peut-être quelques milliards de personnes dans le monde car ces sales bêtes se trouvent partout dans les pays où le climat est propice. Ici dans l’archipel des Canaries il y en a et le seul moyen de s’en protéger, comme d’ailleurs à Marie-Galante, si on habite dans une maison dans la campagne est d’avoir quelques poules hautes sur pattes (des pattes quasiment recouvertes d’écailles) qui ne craignent pas les morsures de ces bêtes immondes dont elles raffolent !

Juste une petite parenthèse, je rédige de billet un peu compliqué en écoutant Sayaka Shoji, une artiste japonaise, interpréter le concerto pour violon No. 1 in D major Op. 6 de Paganini, rien de tel pour stimuler les neurones et oublier les mauvais souvenirs des « scolos ».

Le venin du scolopendre contient une toxine unique dans le monde animal. Il s’agit d’un petit peptide de structure compacte constitué de 53 acides aminés. Cette structure compacte est assurée par deux ponts disulfure un peu comme l’insuline, hormone de même taille mais comportant deux chaines peptidiques maintenues ensemble par deux ponts disulfure. Cette toxine de scolopendre d’un poids moléculaire de 6000 Daltons inhibe tous les types de canaux potassium provoquant une paralysie presque instantanée chez un petit animal (voir la vidéo) d’un poids pourtant 8 fois supérieur à celui du scolopendre provoquant rapidement une très forte hypertension suivie d’une perturbation du rythme cardiaque au niveau de l’onde T et d’un arrêt du coeur. Au niveau cérébral cette toxine induit une forte augmentation de l’acétylcholine et une crise de type épileptique durable. Enfin au niveau pulmonaire la ventilation est progressivement réduite de plus de 60 % entrainant une asphyxie fatale.

L’atout du scolopendre est que la synthèse de ce petit peptide est beaucoup plus rapide que celle d’un métabolite compliqué requérant une machinerie enzymatique devant elle-même être synthétisée à cet effet. Quand vous serez attaqué par un scolopendre, car ces sales bêtes sont terriblement agressives, souvenez-vous de l’ingéniosité diabolique de cet animal, résultat d’une improbable évolution …

Sources : http://www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1714760115

movie-usa.glencoesoftware.com/video/10.1073/pnas.1714760115/video-1

Illustration : scolopendre à tête dorée (Scolopendra subspinipes)

Nouvelles du Japon : Le débat entre météorologues et climatologues.

Le site de Kirye (@KiryeNet) est éloquent. Durant les 30 dernières années – on peut presque parler alors d’évolution du climat – les relevés météo sont clairs en ce qui concerne le Japon : il n’y a pas eu de « réchauffement » du climat en se limitant strictement aux données de la Japan Meteorological Agency (JMA). Pour Tokyo la JMA a recensé le nombre de jours où la température a été égale ou inférieure à zéro degrés C :

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Je confirme car je me trouvais à Tokyo au début de l’année 2006 et les trottoirs des rues du quartier d’Akebonobashi près de Shinjuku étaient verglacés à 21h et l’hiver 2018 a connu trois épisodes neigeux suivis de basses températures inhabituelles en particulier le 22 janvier avec des chutes de neige jamais vues dans cette ville depuis plus de 50 ans. Je rappelle que Tokyo se trouve au bord de la grande baie du même nom à une latitude sensiblement égale à celle d’Alger.

En dépit du fait que la doxa officielle clame que le CO2 est un facteur influant sur l’augmentation des températures – en d’autres termes « le réchauffement climatique global » – force est de constater qu’en ce qui concerne Tokyo ce n’est pas le cas. De surcroit depuis le grand tremblement de terre du 11 mars 2011 suivi d’un tsunami géant dévastateur, des milliers d’entreprises se sont équipées en urgence de groupes électrogènes pour éviter un black-out à la suite de la fermeture de toutes les centrales nucléaires du pays. Puis de nombreuses centrales électriques utilisant du charbon comme combustible ont été réactivées et d’autres centrales électriques de ce type construites en particulier près de Tokyo au sud des villes de Chiba et de Yokohama, il semble évident que tout ce CO2 surajouté à l’atmosphère ambiant n’a pas été suivi d’augmentation des températures telles que relevées par la JMA.

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Mais attention, ces relevés sont de la météorologie et non de la climatologie : la climatologie est une science qui s’intéresse au passé, comment pourrait-elle s’intéresser au futur ? La météorologie est une science basée sur des observations quotidiennes et elle est incapable de faire des prévisions fiables à plus de 5 ou 6 jours !

Source et illustration : blog de Kirye repris par Pierre Gosselin (notrickszone.com) le 8 décembre 2018 et le jardin de la maison de mon fils, à Tokyo, le 22 janvier 2018 à 22 heure locale.