La NRC prolonge à 80 ans l’exploitation de la centrale nucléaire de Peach Bottom en Pennsylvanie … et Fessenheim ?

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Alors que la France s’enfonce dans l’irrationalité la plus totale en fermant la centrale nucléaire de Fessenheim, arrêt qui sera suivi dans les toutes prochaines années de celles de Bugey puis de Tricastin – les « vieilles » centrales nucléaires françaises qui font les nuits blanches des écologistes – la commission de régulation nucléaire (NRC) américaine a approuvé la demande d’Exelon Generation Company pour 20 années de fonctionnement supplémentaires pour les unités 2 et 3 de la centrale nucléaire de Peach Bottom, autorisant une durée de vie pouvant aller jusqu’à 80 ans. Il s’agit du deuxième renouvellement de licence accordé par le régulateur américain, après les unités 3 et 4 de Turkey Point qui ont été renouvelées en décembre dernier. Le permis de Peach Bottom 2 expirera le 8 août 2053 et de l’unité 3 le 2 juillet 2054. La justification de la décision de la NRC est documentée dans son rapport final d’évaluation de la sécurité de la demande, publié le mois dernier, et dans une étude d’impact environnemental supplémentaire publiée en janvier. Le comité consultatif de la NRC sur les garanties des réacteurs a également examiné les aspects de sécurité du renouvellement des licences, a déclaré le régulateur.

Exelon a déposé sa demande de renouvellement de licence pour les deux usines, situées près de Delta, en Pennsylvanie, en juillet 2018. La société a déclaré qu’elle avait récemment fait d’importants investissements dans de nouveaux équipements et technologies pour augmenter la capacité de production de l’usine d’environ 12%. De nombreux composants majeurs, notamment les turbines haute et basse pression de la centrale, les sécheurs de vapeur, les générateurs principaux et les transformateurs de puissance principaux ont été remplacés ou améliorés. Cela s’appelle en français « grand carénage ».

Bryan Hanson, directeur nucléaire d’Exelon Nuclear, a déclaré que la possibilité d’exploiter Peach Bottom pendant encore 20 ans était une bonne nouvelle pour l’environnement, les employés de l’entreprise et la communauté. « Cependant, les centrales nucléaires doivent rester financièrement viables pour continuer à fonctionner », a-t-il déclaré. « Il est essentiel que nous continuions à poursuivre des réformes politiques qui valorisent les avantages environnementaux, économiques et de fiabilité que fournit l’énergie nucléaire zéro carbone. » Il serait souhaitable que ce type de commentaire arrive sur le bureau du Président de la République française ! La centrale nucléaire de Fessenheim en France, certes la plus vieille du pays, est cependant parfaitement rentable et en très bon état de fonctionnement. En outre il s’agit d’une énergie non carbonée, ce qu’exigent les amis écologistes du Président Macron.

Aux Etats-Unis la NRC est autorisée en vertu de la loi américaine sur l’énergie atomique à délivrer des licences pour que les réacteurs commerciaux fonctionnent jusqu’à 40 ans – une période qui, selon cette loi, était fondée sur des considérations économiques et antitrust, plutôt que sur des limitations de la technologie nucléaire. Ces licences peuvent être renouvelées pour une période supplémentaire de 20 ans pour une durée de vie de 60 ans. La plupart des centrales nucléaires commerciales des États-Unis fonctionnent désormais sous ces licences renouvelées. Les renouvellements de licence subséquents couvrent 20 années d’exploitation supplémentaires au-delà de 60 ans, le processus d’examen des demandes étant axé sur la gestion du vieillissement de l’usine pendant la période d’exploitation de 60 à 80 ans.

Peach Bottom 2 et 3 sont des réacteurs à eau bouillante qui ont commencé leurs opérations commerciales en 1974. Si l’usine continue de fonctionner jusqu’en 2054, Exelon estime que sa production d’énergie propre éviterait les émissions de plus de 536 millions de tonnes de carbone. Combien de millions de tonnes de CO2 la centrale nucléaire de Fessenheim pourrait éviter de rejeter dans l’atmosphère si le gouvernement français suivait les recommandations de l’ASN, l’équivalent français de la NRC pendant les 20 prochaines années ? La réponse est simple : 370 millions de tonnes de carbone !!! Pourtant cette donnée dont la véracité peut être vérifiée n’a pas l’air d’avoir percuté le cerveau des écologistes qui prônent pourtant le « zéro carbone » en 2035 avec en même temps une réduction de 50 % de l’énergie nucléaire en France. J’émets de sérieux doutes quant à la santé intellectuelle de ces individus et y compris celle du président Macron …

La NRC est actuellement en train d’examiner une demande d’examen de permis de Dominion Energy pour les unités Surry 1 et 2, pour laquelle une décision finale est prévue pour juin. Selon les lettres d’intention soumises à l’organisme de réglementation, les demandes de renouvellement de licence subséquentes devraient être soumises plus tard cette année pour les unités 1 et 2 de Dominion North Anna et à la fin de 2021 pour les unités Oconee 1 et 2 de Duke Energy.

Adapté d’un article de World Nuclear News

Note. Je rappelle le lien sur ce blog :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2019/12/08/breve-si-cetait-la-nrc-qui-decidait-pour-lasn-elle-dirait-que-les-reacteurs-de-fessenheim-sont-bons-pour-le-service-jusquen-2059/

Et je voudrais remémorer à mes lecteurs que si l’usine de Fessenheim pouvait fonctionner jusqu’en 2059 comme la NRC américaine pourrait le préconiser alors sa fermeture précipitée sans aucune raison autre que politique (bravo pour cette décision émanant d’un ancien banquier de Rothschild) le manque à gagner pour EDF hors coût des grands carénages serait en euros d’aujourd’hui de 40 à 50 milliards € durant cette période. Le pouvoir politique français a définitivement perdu tout sens des réalités. Ce pays est foutu comme a coutume de le répéter H16 …

Nouvelles des EPRs

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Sur site les ingénieurs et techniciens ont finalisé les tests à chaud de l’EPR en construction en tant que tranche 3 de la centrale nucléaire de Flamanville en France. Ces tests – qui ont débuté le 21 septembre de l’année dernière – visent à simuler les températures et les pressions auxquelles les systèmes du réacteur seront soumis en fonctionnement normal.

Les tests à chaud doivent garantir que les circuits de refroidissement et les systèmes de sûreté nucléaire fonctionnent correctement avant de charger le combustible. De nombreuses opérations ont été réalisées à Flamanville 3 pour la première fois lors de ces essais. Des conditions de fonctionnement normales ont été atteintes, avec de l’eau dans le circuit primaire à une température de 303ºC et une pression de 154 bars. Le refroidissement du circuit primaire par le circuit secondaire dans les générateurs de vapeur a également été réalisé. Des tests de coupure de courant ont également été effectués. Plus tôt ce mois-ci, la turbine de Flamanville 3 a été exploitée pour la première fois à vitesse nominale – 1500 tours par minute au cours de ces essais à chaud.

«Cela fait plus de 20 ans que nous n’avions pas réalisé d’essais à chaud sur une centrale [nucléaire] démarrant en France», a précisé Sébastien Bachère, directeur de la mise en service de Flamanville 3. «Il s’agit d’une étape déterminante pour le projet EPR. Avec plus de 1 000 tests effectués, 10 000 critères de conception testés et un taux de conformité de plus de 95%, nous pouvons être satisfaits des résultats de ces tests. »

La construction de l’EPR de Flamanville a débuté en décembre 2007, avec une exploitation commerciale initialement prévue en 2013. Le chargement de combustible dans le cœur du réacteur est désormais prévu pour fin 2022.

« Grâce aux tests à chaud, le fonctionnement du réacteur nucléaire a été étudié, y compris dans de nombreuses situations accidentelles, pour vérifier le bon fonctionnement des installations dans les configurations les plus restrictives possibles », a déclaré EDF. « Cette séquence a également permis de vérifier la capacité de l’équipe à exploiter le réacteur en toute sécurité. »

En décembre 2018, l’unité 1 de l’usine de Taishan dans la province chinoise du Guangdong est devenue le premier EPR à entrer en exploitation commerciale. Taishan 2 a commencé ses opérations commerciales en septembre 2019. Olkiluoto 3 en Finlande, le premier EPR du genre, a terminé des tests fonctionnels à chaud et se prépare à charger le combustible. Deux unités EPR sont également en construction dans le cadre du projet Hinkley Point C dans le Somerset, au Royaume-Uni.

Source : World Nuclear News

Notes. L’EPR français de Flamanville devait être construit en 5 ans pour un coût de 3,3 milliards d’euros. Finalement il sera mis en service en 2022 après 15 ans de chantier et 12,4 milliards d’euros. Les deux EPR chinois ont été mis en service après 9 ans de chantier pour un prix unitaire de 6,1 milliards d’euros. Quant à l’EPR finlandais d’Olkiluoto dont la construction a débuté en 2005 le coût final de cette installation n’est pas connu précisément car il existe un contentieux entre AREVA devenue une filiale d’EDF et la société finlandaise TVO mais il devrait dépasser 15 milliards d’euros et le surcoût sera pris en charge par les contribuables français via leur facture d’électricité alors qu’EDF est contraint, dans ces conditions financières pour le moins inquiétantes, à fermer les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim. Le peuple français est démuni de son patrimoine nucléaire civil, le seul secteur industriel fonctionnant encore à peu près correctement dans ce pays. Ce pays est foutu comme le dit H16 …

Une totale déconnexion entre l’action climatique et la réalité énergétique

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Les efforts mondiaux pour lutter contre le changement climatique seront vains tant que l’opposition à l’énergie nucléaire persistera, ont entendu les délégués à la séance d’ouverture de la Conférence internationale de l’Agence internationale de l’énergie atomique sur le changement climatique et le rôle de l’énergie nucléaire. Il s’agit de la première conférence de l’agence basée à Vienne sur ce sujet qui a eu lieu en octobre 2019. Quelques 550 participants représentant 79 pays et 18 organisations internationales participaient à l’événement que l’AIEA organisa pendant une semaine en coopération avec l’Agence pour l’énergie nucléaire et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE / AEN).

Le président de la conférence, Mikhail Chudakov, directeur général adjoint de l’AIEA et chef de son département de l’énergie nucléaire, a déclaré que la conférence « pourrait être une première mais que le problème ne l’est pas ». L’énergie nucléaire « prouve depuis des décennies » qu’elle peut relever le double défi du changement climatique et du développement durable, a-t-il dit, soulignant que la conférence sera une discussion « basée sur la science et les faits », examinera comment le déploiement des centrales nucléaires peuvent être accéléré et examiner comment les réacteurs nucléaires et les unités d’énergie renouvelable peuvent fonctionner ensemble dans des « systèmes d’énergie hybrides ».

Déconnecter

Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a déclaré dans un message vidéo diffusé lors de la séance d’ouverture, que l’organisation basée à Paris a «toutes les données énergétiques à portée de main», ce qui a conduit à sa décision de produire un rapport sur l’énergie nucléaire cette année.

« La demande mondiale d’énergie a connu en 2018 la plus forte augmentation au cours des 10 dernières années – environ 2,3% – et, ce qui est encore plus important, la demande d’électricité a même augmenté deux fois plus que la demande d’énergie. Il s’agit d’une tendance continue et nous nous attendons à ce que cette tendance se poursuive. La croissance de l’électricité est très significative et bien supérieure à la demande globale en énergie, et en tant que telle, nous pensons que l’électricité est l’avenir « , a-t-il déclaré.

« Mais en 2018, malgré la croissance des énergies renouvelables – solaire, éolien et autres – nous avons vu que les émissions mondiales ont augmenté et atteint un niveau record. En tant que tel, le message clé est qu’il existe une déconnexion croissante et dangereuse entre les ambitions climatiques – les rapports, les réunions et les intentions des gouvernements – et ce qui se passe dans la vie réelle. Il y a eu de plus en plus de rapports, des ambitions plus fortes, encore plus de discours, et nous avons vu que les émissions de carbone continuent d’augmenter. Par conséquent, nous croyons fermement à l’AIE que nous devons examiner toutes les technologies d’énergie propre et tirer le meilleur parti de ces options. Les énergies renouvelables – solaire et éolienne – sont certainement des éléments importants de ce tableau, mais nous pensons également que l’énergie nucléaire, la capture, l’utilisation et le stockage du carbone, et d’autres technologies énergétiques propres sont importantes. « 

C’est dans ce contexte, a-t-il dit, qu’en mai l’AIE a produit un rapport sur l’énergie nucléaire et son importance dans la lutte contre le changement climatique – une énergie nucléaire intégrée dans un système d’énergie propre.

« Nos chiffres montrent qu’aujourd’hui, l’énergie nucléaire est la deuxième source d’électricité propre en importance, après toutes les autres énergies renouvelables réunies et que, dans les économies les plus avancées, elle représente la première place – 18% de la production totale d’électricité. Mais quand nous regardons vers l’avenir, nous devons être inquiets, du point de vue du nucléaire mais aussi du point de vue des émissions de CO2. Le parc nucléaire dans le monde vieillit et nous ne voyons pas de nouvelle activité majeure dans la plupart des pays développés, et même les extensions de durée de vie des réacteurs commencent à devenir un challenge. Les chiffres montrent que sans de bonnes politiques des économies avancées, ces 18% de la production totale d’électricité chuteront fortement à 6% et, à ce titre, atteindre les objectifs climatiques sera encore plus difficile « .

« Nous pensons que les gouvernements, en particulier ceux qui prennent le changement climatique et la sécurité électrique au sérieux, ont un rôle à jouer pour soutenir les centrales électriques existantes, fournir les conditions cadres pour des extensions de durée de vie, et également pour tous les pays du monde les nouvelles technologies, telles que les SMRs (small modular reactors), qui sont des technologies très prometteuses, et elles peuvent être très utiles aux pays développés mais aussi et surtout aux pays en développement pour répondre à leur demande croissante d’électricité.

« Nous pensons que le défi du changement climatique est immense et difficile, surtout si l’on considère aujourd’hui les chiffres des émissions de CO2. Dans le secteur de l’électricité, nous avons besoin de toutes les technologies pour faire partie du jeu. Certains pays en privilégient une et certains une autre, mais nous n’avons plus le choix de sélectionner nos technologies préférées ».

Il est temps, a-t-il dit, non pas pour satisfaire notre ego, mais pour réduire les émissions de CO2 d’associer l’énergie nucléaire à d’autres technologies propres.

Faible teneur en carbone

Cornel Feruta, directeur général de l’AIEA, a noté que les centrales nucléaires n’émettent pratiquement pas d’émissions de gaz à effet de serre ni de polluants atmosphériques pendant leur fonctionnement et que, au cours de leur cycle de vie, elles sont la deuxième source d’électricité non émettrice de carbone après l’hydroélectricité. Actuellement, 30 pays exploitent 449 réacteurs nucléaires dans le monde, produisant 10% de l’électricité mondiale et un tiers de toute l’électricité à faible émission de carbone. En termes de réduction des émissions, cela équivaut à retirer 400 millions de voitures de la route chaque année, a-t-il déclaré

Selon l’AIEA, environ 70% de l’électricité mondiale provient actuellement de la combustion de combustibles fossiles, mais d’ici 2050, environ 80% de toute l’électricité devra être à faible émission de carbone pour atteindre l’objectif de l’Accord de Paris de limiter l’augmentation des températures mondiales au-dessus de la période préindustrielle. niveaux bien en dessous de 2 degrés Celsius (voir note à ce sujet en fin de billet).

« Faire cette transition sera un défi majeur », a déclaré Feruta. « Il est difficile de voir comment l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre peut être atteint sans une augmentation significative de l’utilisation de l’énergie nucléaire dans les prochaines décennies. » Les progrès réalisés dans plusieurs pays concernant l’élimination finale des déchets radioactifs de haute activité « pourraient aider à atténuer » les inquiétudes du public concernant la durabilité à long terme de l’énergie nucléaire « , a-t-il ajouté.

La bonne approche

William Magwood, directeur général de l’AEN, a déclaré que « trouver la bonne approche » pour un approvisionnement en électricité à long terme, économique et fiable est le principal défi de la décarbonisation de la future économie mondiale.

« Une vision de l’avenir qui intègre des sources d’énergie renouvelables variables et une énergie nucléaire avancée et rentable dans un équilibre basé sur la réalité économique est une voie vers le succès », a-t-il déclaré.

Le changement climatique et le développement durable n’ont pas besoin d’être « l’un ou l’autre choix », a-t-il dit. Le « problème le plus important » est plutôt « quelle est la bonne combinaison qui nous permettra de réussir. Retirez toute technologie de la table et nous trouvons la solution beaucoup plus difficile ».

« Les habitants des pays de l’OCDE s’attendent à maintenir leur qualité de vie – y compris l’accès aux transports, leurs choix alimentaires et des perspectives d’amélioration continue. Les gouvernements qui dépendent de l’industrie pour la croissance économique ont besoin de solutions qui soutiennent le succès de ces industries. Les dirigeants des économies émergentes s’attendent à pouvoir continuer à réduire la pauvreté et à améliorer la santé, l’éducation et la qualité de vie de leur population. Il est donc essentiel que l’action contre le changement climatique ne soit pas considérée comme contraire à ces aspirations. Dans la mesure où ce serait le cas, tout espoir de réaliser une décarbonisation substantielle sera problématique ».

Électrification

Hoesung Lee, président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC/IPCC) – l’organe des Nations Unies chargé d’évaluer la science du changement climatique et de conseiller les gouvernements sur l’action climatique – a décrit les conclusions du rapport spécial publié en octobre dernier. À cet égard, l’IPCC a présenté quatre voies modèles pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 degrés Celsius au-dessus des niveaux préindustriels, le seuil en deçà duquel la plupart des experts pensent que les pires impacts du changement climatique peuvent encore être évités. Il a déclaré que les quatre voies du modèle comprenaient des augmentations de la production d’énergie nucléaire d’ici 2050, variant entre 59% et 501%.

Il est possible, a-t-il dit, de limiter le réchauffement climatique à près de 0,5 degré, ainsi que les opportunités qu’offre une économie propre, y compris la création d’emplois, a-t-il déclaré. Mais cela nécessite une action urgente sur l’efficacité énergétique, une électrification accrue et une décarbonisation de l’approvisionnement en électricité. La part de l’électricité dans la consommation totale d’énergie devrait plus que doubler, passant de 19% en 2020 à 43% en 2050.

« L’opportunité existe », a-t-il dit, et saisir cette opportunité « dépend de la vitesse à laquelle les technologies nucléaires peuvent être déployées ».

Augmenter les ambitions

Liu Zhenmin, sous-secrétaire général au Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (UNDESA), a déclaré que le monde n’était « pas sur la bonne voie » pour atteindre les 17 objectifs de développement durable des Nations Unies, ni restaurer les conditions climatiques à celles prévalant à l’ère préindustrielle.

« Nous devons élever nos ambitions et nos compétences pour agir. » L’urgence ne peut être exagérée, a-t-il dit, décrivant le sort des 840 millions de personnes « vivant dans l’obscurité ».

« Notre analyse montre que les centrales nucléaires existantes ont évité l’émission de 1 à 2 gigatonnes d’équivalent de dioxyde de carbone par rapport aux combustibles fossiles. Cette tendance se poursuivra-t-elle? Cela dépend de la façon dont l’énergie nucléaire est évaluée avec des énergies renouvelables et d’autres alternatives propres,  » il a dit. Les deux tiers des centrales nucléaires actuelles ont plus de 30 ans et des mesures sont nécessaires pour étendre leur exploitation et construire de nouvelles centrales, a-t-il déclaré. Et le rôle du nucléaire ne se limite pas à la production d’électricité, car ses autres applications du nucléaire peuvent être utilisées pour traiter des maladies, dont le cancer, et aider à la lutte antiparasitaire en agriculture (allusion à la mutagenèse végétale avec une source radioactive).

La technologie nucléaire est « disponible pour faire des progrès importants », a-t-il déclaré. « La science nous dit qu’il n’est pas trop tard … Nous sommes fermement déterminés à soutenir une transition énergétique accélérée vers un avenir zéro émission. »

LI Yong, directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), a noté que 2015-2019 était la période de temps la plus chaude jamais enregistrée (cf. note en fin de billet également).

« Les jeunes descendent dans la rue pour nous rappeler l’urgence du changement climatique », a-t-il déclaré. « Si nous continuons sur notre chemin actuel, nous aurons alors un réchauffement climatique d’au moins 3 degrés d’ici 2100. C’est alarmant, étant donné que toute élévation de température supérieure à 1,5 degré entraînera des dommages irréversibles. » L’énergie est le « grand intégrateur », a-t-il dit, car « elle traverse les économies et est au cœur de toutes les communautés ».

L’industrie représente plus d’un tiers de la consommation mondiale d’énergie et un quart des gaz à effet de serre mondiaux GES), a-t-il noté, ajoutant que ce secteur doit donc faire partie d’un « changement de paradigme » dans la production d’énergie. L’analyse des contributions déterminées au niveau national montre que « le plus grand succès vient de la coopération entre les gouvernements et les associations industrielles sur les solutions technologiques », a-t-il déclaré.

Trois « domaines d’action » sont nécessaires pour une décarbonisation profonde : l’efficacité énergétique, l’innovation et le financement climatique, a-t-il déclaré, ajoutant qu’environ 40% des réductions d’émissions de GES nécessaires d’ici 2040 pourraient être obtenues grâce à des améliorations de l’efficacité de l’approvisionnement et de l’utilisation finale de l’énergie.

Il a fait référence au Réseau consultatif de financement privé (PFAN, Private Financing Advisory Network) d’experts en financement pour le climat et l’énergie propre, qui vise à combler le fossé entre les entrepreneurs développant des projets sur le climat et l’énergie propre et les investisseurs du secteur privé. Au cours des huit dernières années, 835 entreprises dans huit pays ont « mobilisé des investissements », a-t-il déclaré. PFAN a mené 110 projets d’énergie propre et a levé 1,5 milliard USD d’investissements à ce jour.

Reconnaissance croissante

Agneta Rising, directrice générale de la Word Nuclear Association, a déclaré que l’industrie nucléaire est prête et plus que capable de fournir une solution au changement climatique et au développement durable, mais qu’elle a besoin du soutien des gouvernements du monde entier « sinon l’option nucléaire disparaîtra » . Les responsables politiques doivent reconnaître, a-t-elle dit, que l’énergie nucléaire « progresse plus haut dans l’agenda » dans les discussions sur les deux sujets. Elle a évoqué l’Initiative sur l’énergie nucléaire lancée en mai 2018 lors de la neuvième Conférence interministérielle sur l’énergie propre (CEM9, Clean Energy Ministerial). Le rapport spécial de l’IPCC – Réchauffement climatique de 1,5 degrés – qui a été commandé par les gouvernements lors des pourparlers sur le climat à Paris en 2015 et a informé le sommet de la COP24 en décembre 2018. Le rapport de l’AIE sur l’énergie nucléaire lancé au CEM10 en mai de cette année et l’ensemble des nouvelles perspectives nucléaires mondiales élaborées ont été présentées en septembre 2019 par le Conseil mondial de l’énergie pour ses scénarios énergétiques mondiaux. « Le nucléaire est désormais central et inclus dans toutes les discussions », a-t-elle déclaré.

Dans les 86 scénarios examinés par le GIEC/IPCC, l’énergie nucléaire devrait augmenter en moyenne de 2,5 fois d’ici 2050, a-t-elle noté, et dans ce scénario représentatif intermédiaire, le nucléaire augmenterait de cinq fois, contribuant à 25% du mix électrique d’ici cette année 2050.

C’est un mythe, a-t-elle dit, que les centrales nucléaires mettent trop de temps à être construites pour être une réponse viable au besoin urgent d’agir sur le changement climatique. Les délais de construction sont en moyenne de cinq à sept ans, a-t-elle déclaré, car 27% des réacteurs mis en service depuis 2016 ont été construits en moins de cinq ans. « L’énergie nucléaire est donc rapide, évolutive et durable », a-t-elle déclaré.

Au cours des cinq années entre 2016 et 2020, 47 nouveaux réacteurs devraient être en ligne dans 11 pays, dont deux nouveaux venus dans le nucléaire. Au total, ces 47 réacteurs ajoutent 15% à la capacité nucléaire mondiale, a-t-elle déclaré. Ils sont basés sur 20 conceptions différentes, dont neuf sont en cours de construction pour la première fois. De 2016 à 2020, le taux de construction a doublé, passant d’une tendance de moins de 5 gigawatts par an à 10 gigawatts par an. À partir de ce niveau, le taux doit doubler puis tripler, a-t-elle déclaré. L’objectif Harmony de l’industrie nucléaire d’ajouter 1000 GW de nouvelles capacités d’ici 2050 est donc « ambitieux mais réalisable », a-t-elle déclaré. « La chaîne d’approvisionnement est prête et les gouvernements doivent prendre des mesures pour permettre à l’industrie nucléaire de réaliser l’objectif Harmony pour permettre au monde de relever le défi climatique », a-t-elle ajouté.

Commentaire. Revenir aux conditions climatiques existant avant l’ère industrielle, c’est-à-dire celles qui prévalaient vers le milieu du XVIIIe siècle, est une vue de l’esprit. Au XVIIIe siècle, en effet, le climat a été qualifié de « petit âge glaciaire » qui débuta au XVIIe siècle. Pour donner un exemple des conditions climatiques qui régnaient en Europe les habitants de la vallée de Chamonix en France et d’Aoste en Italie organisaient des processions religieuses pour que les glaciers cessent d’avancer car ils mettaient en péril les villages. Revenir à 2 degrés seulement au dessus de cette période passée est par conséquent un argument de propagande qui ne pourra jamais être atteint par la volonté de l’homme à moins que le Soleil ne l’aide en ce sens. Fort heureusement dans quelques décennies le monde entier souffrira d’un nouveau petit âge glaciaire selon les prédictions sérieuses d’un nombre croissant de géophysiciens, petit âge glaciaire qui devrait durer jusqu’en 2100. Afin de préserver les standards de vie des pays occidentaux hors zone intertropicale qui ne souffrira que relativement peu de ce changement de climat allant à l’inverse de la doxa généralement admise il faudra encore plus d’énergie. Or comme les ressources en combustibles carbonés fossiles auront tendance à se raréfier alors il est opportun dès à présent de développer rapidement l’énergie nucléaire, seule solution réaliste pour maintenir le niveau de vie que nous connaissons actuellement dans le monde.

Source : World Nuclear News

La stupidité du principe de précaution : illustration avec le tritium à la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi

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Je me suis permis ici de faire figurer un article de Yann Rousseau paru le 28 janvier sur le site Les Echos pour illustrer l’incommensurable imbécillité des politiciens (japonais en l’occurence mais il en est de même en Europe) qui sont obnubilés par le principe de précaution et la peur irraisonnée du nucléaire civil. Certes il y a eu un grave accident nucléaire au Japon mais il faut relativiser la gravité de la situation. Durant ma carrière de recherche en biologie j’ai utilisé des doses importantes de tritium. Je me suis certainement contaminé sans le savoir comme j’ai aussi eu la surprise de m’être contaminé à deux reprises par de l’iode radioactif, ce qui est beaucoup dangereux. Et pourtant je suis toujours vivant et bien vivant …

« Comment 16 grammes de tritium dans un million de litres d’eau paralysent Fukushima »

Neuf ans après la catastrophe, le gouvernement japonais doit se prononcer sur le sort de l’eau « contaminée » qui s’accumule sur le site de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Tokyo préférerait un rejet en mer, conforme à ce que font les autres centrales [nucléaires] de la planète [situées en bord de mer], mais le projet tétanise la région.

Les cerisiers ont presque tous disparu de Fukushima Daiichi. Plantés à partir des années 1970 pour égayer la gigantesque centrale nucléaire du nord-est du Japon, la plupart des « sakuras » ont été abattus après la catastrophe de mars 2011 qui a ravagé le site et sa région. Plus de 800 des 1.200 arbres à fleurs recensés auraient été abattus sur les neuf dernières années, laissant place à un décor de science-fiction.

Pour figer les poussières radioactives, les collines sont désormais recouvertes d’un ciment gris clair et de longues dalles de béton renforcé sur lesquelles ont poussé partout de gigantesques citernes bleues et grises. La centrale est noyée sous ces 965 réservoirs contenant chacun près de 1.200 tonnes d’eau « contaminée ».

L’heure des choix

Tepco, l’opérateur, estime qu’il peut encore trouver un peu d’espace pour en construire quelques dizaines de plus. « Mais très vite, à l’été 2022, on va atteindre notre capacité de stockage maximale », explique Junichi Matsumoto, le porte-parole de la division en charge du démantèlement chez l’électricien. « Le gouvernement va devoir prendre une décision sur la gestion de cette eau », prévient-il, sans s’engager sur le sujet, conscient de son extrême sensibilité.

Depuis la catastrophe, Tepco pompe en permanence les eaux chargées en éléments radioactifs qui s’accumulent sur le site. Le groupe doit capter les eaux qu’il utilise pour refroidir les réacteurs 1, 2 et 3, mais également récupérer les eaux naturelles souterraines qui s’infiltrent toujours dans les sous-sols ravagés des tranches construites au pied d’une colline.

Reste le tritium

Au total, Tepco a déjà « récupéré » 1,18 million de mètres cubes d’eau qu’il a filtré dans ses trois usines de décontamination construites sur place. « Nous parvenons à retirer 62 des 63 radionuclides contenus dans ces eaux », détaille Kenji Abe, l’un des cadres de l’électricien. « Mais il en reste un, le tritium », ajoute-t-il avant de présenter au visiteur du jour un petit bocal pharmaceutique contenant 30 centilitres de cette eau de la discorde. « Elle n’a pas d’odeur, pas de couleur, elle est peu radioactive », insiste-t-il.

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Selon les calculs du ministère japonais de l’Industrie, l’ensemble de l’eau stockée sur le site contient 860 TBq (terabecquerels) de tritium soit l’équivalent de… 16 grammes de cet isotope radioactif de l’hydrogène. En décembre dernier, les autorités nippones ont expliqué que ces eaux pourraient  soit être évaporées dans l’air, soit être progressivement diluées en mer sur une vingtaine d’années.

En France aussi…

Tokyo rappelle que de l’eau tritiée a été rejetée dans l’océan pendant des décennies, avant la catastrophe, sans qu’aucun dégât sur l’environnement ne soit jamais constaté. Les autres centrales nucléaires de la Terre rejettent aussi de l’eau tritiée », note encore Masato Kino du ministère de l’Industrie.

En France, le site de retraitement de la Hague en a rejeté, lui, en 2018… 11400 TBq selon Orano, qui précise dans son rapport environnemental que la limite autorisée sur le site français est de 18500 TBq. Le complexe français écoule ainsi en vingt jours ce que la centrale de Fukushima Daiichi voudrait rejeter en… vingt ans. Depuis l’accident, ce n’est pas si simple. Nous avons un important problème de perception et nous devons obtenir l’accord de chacun », souffle le haut fonctionnaire.

Pêcheurs en souffrance

En dehors du site, le projet d’un rejet en mer fait l’unanimité contre lui. Dans le port d’Onahama, aussi situé dans la préfecture de Fukushima mais à une cinquantaine de kilomètres plus au sud,  les associations de pêcheurs sont catégoriques. « Nous souffrons déjà des rumeurs blessantes sur nos poissons », s’inquiète, un matin de criée, Hisashi Maeda, de la coopérative de la pêche au chalut.

Malgré des milliers de tests et l’absence de concentration de radio-césium supérieures aux standards internationaux les plus rigoureux, les consommateurs continuent de bouder les produits locaux. En 2019, les ventes de la préfecture n’ont représenté que 15 % des volumes enregistrés avant la catastrophe. Les marins pensent qu’un rejet, forcément mal compris, porterait un coup terrible à la filière.

Défiance générale

Les ONG sont tout aussi méfiantes. « Il y a d’autres solutions que le rejet dans l’air ou l’eau comme le fait croire le gouvernement, explique Kazue Suzuki, de Greenpeace. Mais les technologies d’extraction du tritium sont coûteuses et donc ils ne veulent pas les envisager », avance l’experte  qui préférerait voir appliquer une stratégie de stockage de long terme et dénonce les erreurs passées de Tepco.

En septembre 2018, l’électricien avait dû admettre qu’une grande partie des eaux stockées sur le site contenait, contrairement à ses premières estimations, encore des radionucléides bien plus dangereux que le tritium. « Nous sommes aujourd’hui certains que 25 % peut être relâché sans problème. Et nous allons retraiter les 75 % qui auraient encore des concentrations d’autres radionucléides supérieurs aux standards », promet Kenji Abe, son bocal d’eau à la main.

Auteur : Yann Rousseau, à Fukushima Daiichi. Illustrations provenant de l’article des Echos

Bref commentaire. La deuxième illustration a probablement été mise en scène pour la cause journalistique. En effet le tritium se désintègre pour former de l’hélium-3 avec émission d’un anti-neutrino et d’un électron de faible énergie (rayonnement beta) qui ne traverse ni le verre ni le plastique. L’opérateur vérifiant la radioactivité du flacon d’eau avec un compteur de type Geiger recherchait des éléments radioactifs émettant des rayons gamma émis par les produits de fission de l’uranium ou par l’uranium combustible lui-même. Il faut enfin se souvenir que du tritium est naturellement présent dans l’eau car il apparaît massivement au cours de la collision d’un atome d’azote avec un neutron de haute énergie provenant du rayonnement cosmique. Ma conclusion, personnelle et que je ne partage qu’avec moi-même, est qu’il faut rejeter toutes ces « eaux tritiées » dans l’océan et il ne se passera strictement rien, les poissons contiennent déjà du tritium mais aussi, et surtout, du potassium-40 beaucoup plus radioactif que le tritium. Mais le principe de précaution étant respecté au Japon il suffirait qu’un tremblement de terre d’intensité moyenne détruise quelques-uns de ces immenses réservoirs construits à la hâte pour qu’on n’entende plus parler de ce tritium …

L’industrie nucléaire : un gâchis français

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Journaliste et ancien homme politique, Olivier Pichon regrette que les responsables politiques français délaissent l’énergie nucléaire. Un «fleuron hérité des Trente glorieuses» qui garantit selon lui l’indépendance et la puissance de la France.

La frivolité, c’est d’abord cette confusion médiatique qui s’accommode de toutes les contradictions : la voiture électrique est supposée écologique (et on ne parle pas du recyclage des batteries) mais celle-ci ne peut se passer du nucléaire, lequel est réputé non écologique, 69% des Français pensant que le nucléaire est producteur de CO2 ! Puis cela continue avec des fautes de politique industrielle, avec la bureaucratie, avec la corruption… Bref, nous sommes entrés dans une période de grande incertitude qui, outre les problèmes de hausse des tarifs (paie-t-on ici les erreurs de gestion ou le coût pharaonique des investissements ?) et leurs conséquences sociales, pose les questions de la gouvernance et de la souveraineté. Ce doute contemporain est exactement parallèle à la remise en cause du modèle français en général. Bilan énergétique français, une affaire de polytechniciens Selon Corinne Lepage, ministre de l’Environnement entre 1995 et 1997, «le nucléaire civil est le frère jumeau du nucléaire militaire, considéré par De Gaulle comme le véritable outil de l’indépendance nationale» (cité par Slate.fr, «Comment la France est devenue nucléaire (et nucléocrate)». La Commission PEON (Production d’électricité d’origine nucléaire), créée en 1955, va mettre au point la stratégie électronucléaire adoptée en 1973 par Pierre Messmer, Premier ministre de Georges Pompidou, dans un fameux discours à l’Assemblée nationale, deux mois après la guerre du Kippour et le quadruplement du prix du pétrole. Philippe Simonnot, dans son livre Les Nucléocrates publié en 1978, souligne : «Il y aura au total quinze « fonction publique » et parmi eux onze polytechniciens dont six du corps des Mines et quatre du corps des Ponts. Quant à la fonction privée, treize personnalités représentant tous les secteurs (Thomson, Péchiney, Alsthom, CGE, Babcock Wilcox, Framatome, Creusot Loire, etc.) parmi lesquelles neuf polytechniciens dont trois Mines et trois Ponts.» La stratégie du tout nucléaire est soutenue par ces grands corps d’Etat et par la classe politique, elle aussi largement issue de ce sérail. Les communistes se rallient à la perspective d’une création massive d’emplois publics. La CGT, liée à EDF qui lui reverse 1% de son chiffre d’affaires via le comité d’entreprise, approuve le plan. Aujourd’hui (chiffres de 2018), les 58 réacteurs du parc nucléaire ont produit 393,2 TW (un térawatt vaut 1000 gigawatts), la part du nucléaire dans le mix électrique s’élevant à 71,7 % de la production en France. Ce programme nucléaire avait le mérite de la clarté (sans jeu de mot). Mais c’était sans compter avec les verts, puis l’affaire Lauvergeon, la chute d’Areva, les difficultés de l’EPR et les mécomptes d’Alstom (que Politique magazine a évoqué), et les renoncements de l’Etat stratège. Le temps du doute et de l’incohérence de l’Etat L’indépendance énergétique et le centralisme technocratique de l’Etat ne seront pas abandonnés par la gauche arrivée au pouvoir en 1981, même si elle stoppe la construction de la centrale de Plogoff face à l’ampleur des manifestations. Mais la première faille du système apparaît sous Jospin, Premier ministre du «gaulliste» Chirac. La fermeture de la centrale de Creys-Malville, en 1998, s’apparente à un suicide économique et technologique. Madame Voynet, alors ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, a une responsabilité considérable dans cette affaire. L’origine de la décision politique de l’arrêt définitif du réacteur nucléaire Superphénix de la centrale de Creys-Malville est un incident mineur qui donna lieu à un emballement médiatique faisant la part belle aux écologistes. Ce remarquable surgénérateur, unique au monde, sera finalement sacrifié sur l’autel de la «majorité plurielle» arrivée au pouvoir en juin 1997 après la dissolution de l’Assemblée nationale par Chirac. Le chantier était achevé et le combustible, déjà fabriqué, pouvait produire 30 milliards de kWh (30 TWh). Un gâchis de grande dimension comme seul l’Etat est capable d’en faire. Dans le même temps, ce réacteur aurait pu participer à peu de frais à la recherche sur la réutilisation des déchets radioactifs de haute activité (le plutonium est extrait des combustibles nucléaires usés) et à longue durée prévue par la loi de décembre 1991 sur les déchets nucléaires. Une faute financière, technologique et sociale d’une ampleur sans précédent. Puis ce fut le problème Areva : pertes abyssales, programmes industriels aux apparences hasardeuses (Finlande), scandale et corruption (UraMin)… L’équipementier nucléaire s’était engagé dans des investissements réalisés entre 2007 et 2010 qui représentaient plus de quatre fois la capacité d’autofinancement du groupe ; les besoins financiers étant alors estimés à plus de trois milliards d’euros. Au final, l’Etat a contraint Anne Lauvergeon à céder l’une de ses plus belles pépites, Areva Transmission & Distribution, aux groupes Alstom et Schneider Electric. À elle seule, cette filiale réalisait 40% des ventes du groupe. Une grande constance dans le bradage du patrimoine industriel français : se séparer du rentable pour garder le déficitaire. En 2007, Areva avait annoncé l’acquisition d’UraMin pour 1,8 milliard d’euros, un prix exorbitant pour des mines d’uranium qui ne valaient rien, la teneur en uranium s’avérant extrêmement faible. On ne les étudia qu’après les avoir achetées… On reste confondu devant tant d’incohérence et de légèreté ! Une gabegie qui a valu à Anne Lauvergeon d’être mise en examen pour «présentation et publication de comptes inexacts et diffusion de fausses informations» (sans compter un conflit d’intérêt avec son mari, un certain Fric (sic), qui avait servi d’intermédiaire dans la vente). Elle avait entre-temps tenté la coûteuse diversification d’Areva dans les énergies renouvelables (l’éolien danois) qui fut un échec cuisant. En décembre 2017, Areva est donc reprise par EDF et les clients d’EDF vont pouvoir payer pour les erreurs de madame Lauvergeon et la faiblesse de l’Etat qui n’a pas joué son rôle d’actionnaire – ou l’a joué avec son talent habituel. EDF a le contrôle exclusif des activités industrielles, de conception et de fourniture de réacteurs nucléaires d’Areva. Mais, face aux révélations sur la conduite médiocre de ses chantiers, cet accord vient d’être mis en cause par un rapport parlementaire (mars 2019). Voyage en Absurdie Mais c’est l’Europe qui pose problème à la France en ce domaine : pourra-t-elle faire cavalier seul (ce qu’elle fait pour le nucléaire militaire comme l’on sait) ? L’ambitieux plan allemand pour le renouvelable, mis en œuvre sous la pression des Verts, a peiné à s’imposer et a entraîné un coût supérieur de l’électricité pour les Allemands ; et des aberrations écologiques puisque, pour compenser l’arrêt des réacteurs nucléaires ou bien suppléer aux carences du vent et de l’ensoleillement, il a fallu recourir à l’énergie fossile (le lignite, charbon fortement polluant). L’arrêt des sept réacteurs les plus anciens outre-Rhin, à la suite de la catastrophe japonaise de Fukushima (octobre 2011), contraint aujourd’hui l’Allemagne à importer de l’énergie, notamment française – et donc issue du nucléaire ! «La remise en cause du tout nucléaire français est inévitable, ne serait-ce que dans un cadre européen où l’objectif est d’avoir 45% d’électricité issue du renouvelable en 2020», estimait Corinne Lepage en 1998. Nous en sommes très loin et 2020, c’est aujourd’hui. Il faudrait ouvrir une centrale nucléaire par jour dans le monde pour respecter l’objectif d’émissions carbone zéro en 2050 (source : BBC et recherches de l’université du Colorado)… De toute façon, la France n’a pas réussi à bâtir une industrie des renouvelables. Pour le solaire et l’éolien terrestre, on ne trouve pratiquement que des équipements étrangers. Nucléaire français, quel avenir ? Mais la France maîtrise-t-elle encore l’industrie nucléaire ? EDF en aura-t-elle un jour fini avec les galères des EPR (réacteur européen à eau pressurisée) ? Le 25 septembre 2019, l’électricien prévenait que la facture des deux EPR britanniques d’Hinkley Point allait être supérieure de trois milliards d’euros pour un coût total de 25 milliards. Depuis une quinzaine d’années, la filière nucléaire accumule les désillusions avec ce réacteur de troisième génération. Mis en œuvre en 2003, le premier prototype, celui d’Olkiluoto en Finlande, n’est toujours pas lancé. Celui de Flamanville (Manche) devait être mis sur le réseau en 2020. La facture pourrait être alourdie de deux milliards d’euros pour des problèmes de soudures évidemment non budgétés. L’échec est d’autant plus cuisant qu’il émane de la France, pays qui, dans les années 1970 et 1980, faisait l’admiration du monde entier pour ses réussites nucléaires. Aujourd’hui, seulement deux réacteurs EPR fonctionnent, ceux de Taishan en Chine. On se souvient que l’abandon du surgénérateur de Creys-Malville fut une faute sur le plan de la connaissance scientifique et technologique. Le projet Astrid, prototype de réacteurs dits «de quatrième génération», avait repris l’expérimentation. Avec cette technologie, on multiplie par 500 les réserves uranifères et on divise par 10 les déchets à longue durée de vie, avec un recyclage complet des matières. On voit l’avantage d’un réacteur cent fois plus efficace que ceux actuellement en service. Mais le Commissariat à l’Energie Atomique («et aux énergies alternatives», comme on dit depuis 2010) a renoncé discrètement au prototype qui devait être construit dans le Gard. L’avenir de la filière nucléaire s’assombrit. Et que de temps et d’argent perdus ! Pour conclure donnons la parole à Yves Bréchet, haut-commissaire (ER) à l’énergie atomique de 2012 à 2018 : «La capacité de l’Etat à mener une vision à long terme se délite, alors qu’en même temps il bavarde de plus en plus». Et celui-ci d’ajouter que la génération qui a construit le parc nucléaire français a aussi élaboré le TGV ou la filière aéronautique. «Elle savait qu’il fallait reconstruire le pays et assurer sa souveraineté à la suite des chocs pétroliers, là où nos élites actuelles n’ont plus qu’à construire leur carrière». Illustration : CPN de Cruas-Meysse.

Qui connait mieux la vache que le paysan ?

Un  »ancien » du nucléaire tacle le Canard Enchaîné …  Excellent papier de quelqu’un dont la crédibilité peut difficilement être contestée… (voir note en fin de billet, illustration Centrale nucléaire de Tricastin, Wikipedia)

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Mon cher Canard,

Bien qu’étant un très ancien lecteur (depuis 40 ans), c’est la première fois que je prends la plume (pardon … le clavier !) pour t’écrire.

En effet, je t’ai été très fidèle pendant une vingtaine d’années. J’ai même une collection de tes exemplaires reliés en 8 volumes bisannuels magnifiques…  Mais lorsque je me suis aperçu que tu me trompais, ma fidélité s’est un peu émoussée et j’ai cessé de te lire toutes les semaines…

Qui suis-je ?  Un retraité, Ingénieur de formation, qui a traîné ses guêtres pendant 25 ans dans les centrales nucléaires françaises. J’ai été successivement Ingénieur, Chef de Service, Directeur Adjoint de Centrale, Directeur de centre de formation nucléaire, Inspecteur de Sûreté Nucléaire…

Sache que je ne tire aucune gloire de ces fonctions… mais si j’éprouve le besoin de les énumérer, c’est pour te dire que je connais plutôt bien mon Nucléaire !… Le fait d’avoir traîné pendant des années mes souliers et mes combinaisons parmi les tuyaux, les pompes et les réservoirs, d’avoir côtoyé quotidiennement les travailleurs de cette industrie, me donne, en tous cas je le crois, une certaine légitimité pour parler du sujet.

Sûrement plus que certains « scientifiques notoires », tels Monique SENE, dont je connais les travaux systématiquement à charge contre le Nucléaire depuis 25 ans, et qui travaillent principalement au fond de leur bureau, échafaudant des hypothèses et des conclusions pas toujours prouvées…mais toujours empreintes d’une certaine mauvaise foi.

 Ce préambule étant fait, tu dois comprendre pourquoi je me suis senti trompé par toi, de par tes positions systématiquement anti nucléaires où j’ai senti beaucoup plus d’idéologie que de rationalité ! Or, tu m’avais habitué  à l’objectivité et à la rationalité.

 Je vais m’appuyer sur ton article de ce jour qui traite des déchets nucléaires, non pas en énumérant des hypothèses ou des suppositions comme d’autres le font, mais en m’appuyant sur des faits réels et avérés. Les chiffres que je cite sont des chiffres tirés des rapports EDF, AREVA, de la CRE (Commission de Régulation de l’Energie) et de la Cour des Comptes. Il ne me reste qu’à faire quelques multiplications et divisions simples qu’Alzheimer ne m’empêche pas encore de faire…

Dernière précision : je ne suis guidé par AUCUN intérêt personnel … Seul l’intérêt que j’ai pour la vérité me guide !

 COÛTS DU NUCLEAIRE

Dans son rapport 2012, la Cour des Comptes avait chiffré à 258 Milliards le coût total du Nucléaire (hors déchets et démantèlement) depuis l’origine jusqu’en 2010…Hors, jusqu’en 2010, le Nucléaire  avait produit en France environ 14 000 Milliards de KWH…..Ce qui met le KWH  à  :  258/ 14000 = 0,0185 Euros /KWH ( 18,5 Euros par MWH )

Même en doublant ce chiffre (258 Milliards pour les déchets et le démantèlement ce qui est considérable) on arrive à 37 Euros par MWH ! Ce qui est loin des 75 ou 90 Euros que je lis dans ton article de ce jour !

Il est question de 1 Milliards de travaux préconisés par l’ASN  pour prolonger Fessenheim de 10 ans…En 10 ans les deux tranches de Fessenheim produiront 100 Milliards de KWH….Ce qui majorera le KWH de 1/100= 0,01 Euro  (10 Euros par MWH …. Est-ce rédhibitoire quand on le compare au coût des énergies renouvelables que je donne plus bas ?…). S’agissant de Fessenheim a-t-on chiffré l’investissement en réseau nécessaire pour garantir la sécurité électrique de l’Alsace lorsque cette centrale sera arrêtée?… Si elle s’arrête !

 Quant à l’EPR, la tête de série (toujours plus chère parce qu’elle essuie les plâtres) de Flamanville , il devrait couter  8 Milliards….somme considérable, certes !  Oui, mais elle devrait produire 600 Milliards de KWH au cours de sa vie…ce qui met l’investissement à 8 / 600 = 0,0133 Euros par KWH (13, 3 Euros par MWH)… même en triplant ce coût ( +16 Milliards) pour l’exploitation, la maintenance, les déchets et le démantèlement on arrive à 40 Euros par MWH…loin des 90 Euros que je lis dans ton article !

 D’ailleurs ces coûts sont cohérents avec le prix de vente des KWH nucléaires à  » prix coûtant » que pratique Mr PROGLIO, vis à vis des producteurs privés et que lui impose la loi NOME :  il vend à 42 Euros par MWH !  … et ce chiffre est contesté par ses clients, qui le trouvent trop élevé. Crois-tu que Mr PROGLIO est homme à vendre à perte ?

 COÛTS DU RENOUVELABLE

Je lis dans ton article que l’éolien coûterait un peu plus de de 90 Euros par MWH …. Si on se réfère aux installations existantes, (j’ai vérifié celles qui se trouvent dans ma région) les coûts sont proches de 180 Euros par MWH pour l’éolien terrestre et 250 Euros pour l’éolien marin ou le solaire (Pour information le charbon est à peu près à 120 Euros / MWH)… A noter que ces coûts ne comprennent ni la maintenance ni la déconstruction (élevé pour les panneaux solaires qui contiennent des métaux rares très toxiques).

Je passe sur les investissements en réseau supplémentaires qu’il est  nécessaire d’ effectuer  pour préserver l’intégrité de l’alimentation électrique .  En effet, s’agissant d’énergies intermittentes, susceptibles de varier très brutalement sur un aléa climatique soudain, elles peuvent mettre en péril la stabilité du réseau électrique…

Et puis, mon cher Canard, est ce que tu ne t’éclaires ou ne te chauffes que lorsqu’il y a du soleil ou du vent… ?

Pourquoi les « grands médias », à part Le Monde partiellement, ne nous informent-ils pas de l’arrêt du soutien des Gouvernements Espagnol et Anglais à l’énergie éolienne, jugeant que c’est un gouffre financier ? 

Pourquoi, Canard, ne nous dis-tu pas que 14 000 éoliennes sont en train de rouiller aux USA ?

Pourquoi, ne nous dis-tu pas que l’Allemagne, souvent citée en exemple, vient de stopper son soutien financier à l’éolien, jugeant que c’était un gouffre financier ? Il faut dire que la « transition énergétique » de l’Allemagne vient d’être évaluée à 1000 Milliards ! Pourquoi ne nous dis-tu pas qu’elle brûle massivement du charbon ( lignite ) pour remplacer les 8 réacteurs nucléaires qu’elle a arrêtés (elle n’arrive pas à arrêter ceux qui restent )….  et qu’un Allemand rejette trois fois plus de CO2 qu’un Français et paye son électricité 2 fois plus cher ? 

Les Français ont, sur leur facture d’électricité, une rubrique CSPE (Contribution au Service Public d’Electricité) qui représentait en 2012, environ 10 % du total…Cette CSPE comporte pour 60 % le surcoût lié  aux énergies renouvelables ….

Selon la CRE ce surcoût va passer de 2, 8 Milliards en 2013 à 3,5 Milliards en 2014 ce qui devrait générer une augmentation de la facture de 2 % (hors prix du KWH qui augmentera de son côté ) … 3,5 Milliards cela représente 5 % du CA d’EDF !…Si le solaire et l’éolien n’existaient pas la facture serait réduite d’autant !

Est-ce opportun d’imposer ce surcoût aux Français en période de crise ?   Au moment où on nous rebat les oreilles avec la compétitivité des entreprises, faut-il alourdir inutilement leur facture d’électricité ?

D’autant plus que le développement de ces énergies donne du travail aux étrangers (Chinois en particulier) et que les investisseurs, qui ont flairé le bon filon, sont aussi, pour la plupart étrangers !  Il parait (à vérifier) que même la mafia italienne a investi dans le domaine, en Allemagne, pour blanchir de l’argent sale!

 Je crois avoir apporté suffisamment d’éléments, qui montrent que la politique énergétique choisie par le Gouvernement, à travers la « transition énergétique », pour faire plaisir aux « arrivistes » Verts nous conduit à une catastrophe économique…

 SÛRETE NUCLEAIRE

Je te connais Canard…tu ne vas pas manquer de m’objecter que quels que soient les arguments économiques, la Sécurité n’a pas de prix…et tu auras raison ! Mais il faut pousser un peu plus loin l’analyse…

En tous domaines, le risque pris se mesure en multipliant les conséquences potentielles d’un accident par sa probabilité d’occurrence.

Pour ce qui concerne les conséquences d’un accident nous les connaissons à travers Tchernobyl et Fukushima ou tout au moins nous en avons une idée !  Je rappelle, tout de même qu’à Hiroshima et Nagasaki, la vie est aujourd’hui, 70 ans après, tout à fait normale.

Quant à la probabilité il est nécessaire de la réduire au maximum  par la qualité de la construction, de l’exploitation, de la maintenance et…du contrôle.

Pour avoir exercé les fonctions d’Inspecteur en Sûreté Nucléaire, je crois pouvoir affirmer que notre ASN est la meilleure au monde, de par son indépendance, sa compétence, sa rigueur et sa neutralité…Ce n’était pas le cas au Japon…et encore moins à Tchernobyl, où elle était inexistante.

 Dans ton journal, cher Canard, tu fais référence à St Laurent des Eaux où une partie du cœur a fondu…Oui c’est vrai …mais quelles conséquences pour l’environnement ?  A ma connaissance, quasiment aucune…et c’est cela qui est important !

 Là où tu dis la vérité, c’est lorsque tu dis nos réacteurs graphite gaz  présentaient le même défaut que Tchernobyl  : l’absence d’enceinte de confinement ….Mais ce qui est rassurant c’est que la France, a immédiatement pris la décision d’arrêter ses réacteurs graphite gaz après Tchernobyl :  Bugey 1, Chinon 2 et 3, St Laurent 1 et 2…Et dans les deux ans, ils étaient tous à l’arrêt ….A noter que cette technologie avait été voulue par De Gaulle pour ne pas copier les Américains …et leurs réacteurs à eau légère !

 Tu nous parles aussi, à juste titre, des fusions du cœur à TMI et à Fukushima….Encore exact, mais il ne faut pas faire d’amalgame…Fukushima est un réacteur à EAU BOUILLANTE avec une enceinte de confinement légère qui n’a pas résisté aux explosions d’Hydrogène (pourtant quelques temps auparavant Areva leur avait proposé des re-combineurs d’Hydrogène que TEPCO a refusés, les jugeant trop chers… (Tous nos réacteurs Français en sont pourvus)…..

Quant à TMI, l’accident confirme, en grandeur réelle, que le cœur d’un réacteur à EAU PRESSURISEE peut fondre presque entièrement SANS conséquence pour l’environnement !  Pourquoi ? Parce que l’enceinte de confinement a tenu…Au passage je t’informe que les enceintes de l’EPR sont encore plus résistantes que celles de TMI… Ce type de réacteur est le plus répandu au monde, et en France nous n’avons que ceux-là ! 

 Sachant qu’une probabilité n’est jamais nulle, le fait que JAMAIS il n’y a eu d’accident AVEC des rejets radioactifs sur un réacteur a EAU PRESSURISEE du type de ceux que nous avons en France, et qui est le plus répandu au monde, est plutôt rassurant  pour notre pays !

 CONCLUSION:

Mon cher Canard, j’ignore si je t’ai convaincu, mais j’espère au moins, t’avoir fait réfléchir…. Je te demande simplement lorsque tu t’empares d’un sujet, d’essayer de le traiter à charge ET à décharge …. comme tu m’y avais habitué ! 

Je ne peux pas terminer sans te faire deux remarques :

–  le « lobby Nucléaire » si cher aux Verts n’existe pas! Un lobby est en général là pour défendre des intérêts privés…et le CEA est 100% public et AREVA  et  EDF  sont à 85 % publics !  Alors que le « lobby privé renouvelable » est une réalité. Il est même soutenu par les Verts.

– le Professeur de Médecine Nucléaire Jean ARTUS du CHU de Montpellier, sommité internationale, qui n’a aucun lien, ni intérêt dans l’énergie nucléaire, écrivait, il y a quelques temps dans les journaux régionaux : « les écologistes mentent en matière de Nucléaire » ou encore « le Nucléaire est l’avenir de notre pays »!

Ne l’oublie pas, cher Canard quand tu parles de Nucléaire….

Avec toute ma sympathie….et peut-être, à nouveau, mes 1,20 Euros hebdomadaires ! Un lecteur (un peu) averti

Jean ABRAS

Note. Jean Abras, ingénieur diplômé de l’ENSAM, a fait carrière à l’EDF et l’a terminée comme ingénieur production au centre de production nucléaire de Tricastin de 1978 à 1990. Il a ensuite occupé un poste de responsabilité au sein de l’ASN jusqu’à son départ à la retraite.

La ville de Pevek (Sibérie orientale) maintenant alimentée en électricité nucléaire flottante …

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Le 8 octobre dernier le sujet du billet de ce blog était la centrale nucléaire flottante russe Akademia Lomonosov. Après avoir quitté le port de Mourmansk et parcouru plus de 4700 kilomètres dans l’océan arctique, l’A.Lomonosov a atteint sa destination la ville de Pevek dans la province (Okrug) de Chukotka. Sur place les installations portuaires étaient prêtes à accueillir le navire. Le 19 décembre à 11 heures du matin, heure de Moscou, l’Akademia Lomonosov a été connecté au réseau entièrement rénové de Pevek. Symboliquement le sapin de Noël (artificiel car il n’y a pas d’arbres dans cette région arctique) dressé pour l’occasion hautement symbolique.

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Cette centrale nucléaire produit également de la vapeur pour le chauffage domestique et des bâtiments municipaux et dans quelques mois une unité de dessalage d’eau de mer permettra d’alimenter la ville en eau douce. Le réseau électrique est enfin en cours de raccordement avec le réseau électrique de la ville de Bilibino où se trouve également une petite centrale nucléaire toujours dans le même province de Chukotka et également au delà du cercle polaire qui de ce fait vient d’être arrêtée.

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L’ensemble de ces installations fait partie du programme de développement de la route du nord reliant éventuellement Mourmansk à Vladivostok par mer. L’A.Lomonosov est une première mondiale. Les réacteurs ont été testés durant une année à Mourmansk avant de recevoir leur certification finale.

Sources : ZeroHedge et partielle (illustration) The Barents Observer

Pour les curieux la ville de Pevek est la plus septentrionale du monde. Elle compte près de 5000 habitants après une période plus faste (plus de 12000 h) lors de l’exploitation de minerai d’uranium aujourd’hui abandonnée. Il reste encore des mines d’or et d’étain en exploitation.