L’industrie nucléaire : un gâchis français

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Journaliste et ancien homme politique, Olivier Pichon regrette que les responsables politiques français délaissent l’énergie nucléaire. Un «fleuron hérité des Trente glorieuses» qui garantit selon lui l’indépendance et la puissance de la France.

La frivolité, c’est d’abord cette confusion médiatique qui s’accommode de toutes les contradictions : la voiture électrique est supposée écologique (et on ne parle pas du recyclage des batteries) mais celle-ci ne peut se passer du nucléaire, lequel est réputé non écologique, 69% des Français pensant que le nucléaire est producteur de CO2 ! Puis cela continue avec des fautes de politique industrielle, avec la bureaucratie, avec la corruption… Bref, nous sommes entrés dans une période de grande incertitude qui, outre les problèmes de hausse des tarifs (paie-t-on ici les erreurs de gestion ou le coût pharaonique des investissements ?) et leurs conséquences sociales, pose les questions de la gouvernance et de la souveraineté. Ce doute contemporain est exactement parallèle à la remise en cause du modèle français en général. Bilan énergétique français, une affaire de polytechniciens Selon Corinne Lepage, ministre de l’Environnement entre 1995 et 1997, «le nucléaire civil est le frère jumeau du nucléaire militaire, considéré par De Gaulle comme le véritable outil de l’indépendance nationale» (cité par Slate.fr, «Comment la France est devenue nucléaire (et nucléocrate)». La Commission PEON (Production d’électricité d’origine nucléaire), créée en 1955, va mettre au point la stratégie électronucléaire adoptée en 1973 par Pierre Messmer, Premier ministre de Georges Pompidou, dans un fameux discours à l’Assemblée nationale, deux mois après la guerre du Kippour et le quadruplement du prix du pétrole. Philippe Simonnot, dans son livre Les Nucléocrates publié en 1978, souligne : «Il y aura au total quinze « fonction publique » et parmi eux onze polytechniciens dont six du corps des Mines et quatre du corps des Ponts. Quant à la fonction privée, treize personnalités représentant tous les secteurs (Thomson, Péchiney, Alsthom, CGE, Babcock Wilcox, Framatome, Creusot Loire, etc.) parmi lesquelles neuf polytechniciens dont trois Mines et trois Ponts.» La stratégie du tout nucléaire est soutenue par ces grands corps d’Etat et par la classe politique, elle aussi largement issue de ce sérail. Les communistes se rallient à la perspective d’une création massive d’emplois publics. La CGT, liée à EDF qui lui reverse 1% de son chiffre d’affaires via le comité d’entreprise, approuve le plan. Aujourd’hui (chiffres de 2018), les 58 réacteurs du parc nucléaire ont produit 393,2 TW (un térawatt vaut 1000 gigawatts), la part du nucléaire dans le mix électrique s’élevant à 71,7 % de la production en France. Ce programme nucléaire avait le mérite de la clarté (sans jeu de mot). Mais c’était sans compter avec les verts, puis l’affaire Lauvergeon, la chute d’Areva, les difficultés de l’EPR et les mécomptes d’Alstom (que Politique magazine a évoqué), et les renoncements de l’Etat stratège. Le temps du doute et de l’incohérence de l’Etat L’indépendance énergétique et le centralisme technocratique de l’Etat ne seront pas abandonnés par la gauche arrivée au pouvoir en 1981, même si elle stoppe la construction de la centrale de Plogoff face à l’ampleur des manifestations. Mais la première faille du système apparaît sous Jospin, Premier ministre du «gaulliste» Chirac. La fermeture de la centrale de Creys-Malville, en 1998, s’apparente à un suicide économique et technologique. Madame Voynet, alors ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, a une responsabilité considérable dans cette affaire. L’origine de la décision politique de l’arrêt définitif du réacteur nucléaire Superphénix de la centrale de Creys-Malville est un incident mineur qui donna lieu à un emballement médiatique faisant la part belle aux écologistes. Ce remarquable surgénérateur, unique au monde, sera finalement sacrifié sur l’autel de la «majorité plurielle» arrivée au pouvoir en juin 1997 après la dissolution de l’Assemblée nationale par Chirac. Le chantier était achevé et le combustible, déjà fabriqué, pouvait produire 30 milliards de kWh (30 TWh). Un gâchis de grande dimension comme seul l’Etat est capable d’en faire. Dans le même temps, ce réacteur aurait pu participer à peu de frais à la recherche sur la réutilisation des déchets radioactifs de haute activité (le plutonium est extrait des combustibles nucléaires usés) et à longue durée prévue par la loi de décembre 1991 sur les déchets nucléaires. Une faute financière, technologique et sociale d’une ampleur sans précédent. Puis ce fut le problème Areva : pertes abyssales, programmes industriels aux apparences hasardeuses (Finlande), scandale et corruption (UraMin)… L’équipementier nucléaire s’était engagé dans des investissements réalisés entre 2007 et 2010 qui représentaient plus de quatre fois la capacité d’autofinancement du groupe ; les besoins financiers étant alors estimés à plus de trois milliards d’euros. Au final, l’Etat a contraint Anne Lauvergeon à céder l’une de ses plus belles pépites, Areva Transmission & Distribution, aux groupes Alstom et Schneider Electric. À elle seule, cette filiale réalisait 40% des ventes du groupe. Une grande constance dans le bradage du patrimoine industriel français : se séparer du rentable pour garder le déficitaire. En 2007, Areva avait annoncé l’acquisition d’UraMin pour 1,8 milliard d’euros, un prix exorbitant pour des mines d’uranium qui ne valaient rien, la teneur en uranium s’avérant extrêmement faible. On ne les étudia qu’après les avoir achetées… On reste confondu devant tant d’incohérence et de légèreté ! Une gabegie qui a valu à Anne Lauvergeon d’être mise en examen pour «présentation et publication de comptes inexacts et diffusion de fausses informations» (sans compter un conflit d’intérêt avec son mari, un certain Fric (sic), qui avait servi d’intermédiaire dans la vente). Elle avait entre-temps tenté la coûteuse diversification d’Areva dans les énergies renouvelables (l’éolien danois) qui fut un échec cuisant. En décembre 2017, Areva est donc reprise par EDF et les clients d’EDF vont pouvoir payer pour les erreurs de madame Lauvergeon et la faiblesse de l’Etat qui n’a pas joué son rôle d’actionnaire – ou l’a joué avec son talent habituel. EDF a le contrôle exclusif des activités industrielles, de conception et de fourniture de réacteurs nucléaires d’Areva. Mais, face aux révélations sur la conduite médiocre de ses chantiers, cet accord vient d’être mis en cause par un rapport parlementaire (mars 2019). Voyage en Absurdie Mais c’est l’Europe qui pose problème à la France en ce domaine : pourra-t-elle faire cavalier seul (ce qu’elle fait pour le nucléaire militaire comme l’on sait) ? L’ambitieux plan allemand pour le renouvelable, mis en œuvre sous la pression des Verts, a peiné à s’imposer et a entraîné un coût supérieur de l’électricité pour les Allemands ; et des aberrations écologiques puisque, pour compenser l’arrêt des réacteurs nucléaires ou bien suppléer aux carences du vent et de l’ensoleillement, il a fallu recourir à l’énergie fossile (le lignite, charbon fortement polluant). L’arrêt des sept réacteurs les plus anciens outre-Rhin, à la suite de la catastrophe japonaise de Fukushima (octobre 2011), contraint aujourd’hui l’Allemagne à importer de l’énergie, notamment française – et donc issue du nucléaire ! «La remise en cause du tout nucléaire français est inévitable, ne serait-ce que dans un cadre européen où l’objectif est d’avoir 45% d’électricité issue du renouvelable en 2020», estimait Corinne Lepage en 1998. Nous en sommes très loin et 2020, c’est aujourd’hui. Il faudrait ouvrir une centrale nucléaire par jour dans le monde pour respecter l’objectif d’émissions carbone zéro en 2050 (source : BBC et recherches de l’université du Colorado)… De toute façon, la France n’a pas réussi à bâtir une industrie des renouvelables. Pour le solaire et l’éolien terrestre, on ne trouve pratiquement que des équipements étrangers. Nucléaire français, quel avenir ? Mais la France maîtrise-t-elle encore l’industrie nucléaire ? EDF en aura-t-elle un jour fini avec les galères des EPR (réacteur européen à eau pressurisée) ? Le 25 septembre 2019, l’électricien prévenait que la facture des deux EPR britanniques d’Hinkley Point allait être supérieure de trois milliards d’euros pour un coût total de 25 milliards. Depuis une quinzaine d’années, la filière nucléaire accumule les désillusions avec ce réacteur de troisième génération. Mis en œuvre en 2003, le premier prototype, celui d’Olkiluoto en Finlande, n’est toujours pas lancé. Celui de Flamanville (Manche) devait être mis sur le réseau en 2020. La facture pourrait être alourdie de deux milliards d’euros pour des problèmes de soudures évidemment non budgétés. L’échec est d’autant plus cuisant qu’il émane de la France, pays qui, dans les années 1970 et 1980, faisait l’admiration du monde entier pour ses réussites nucléaires. Aujourd’hui, seulement deux réacteurs EPR fonctionnent, ceux de Taishan en Chine. On se souvient que l’abandon du surgénérateur de Creys-Malville fut une faute sur le plan de la connaissance scientifique et technologique. Le projet Astrid, prototype de réacteurs dits «de quatrième génération», avait repris l’expérimentation. Avec cette technologie, on multiplie par 500 les réserves uranifères et on divise par 10 les déchets à longue durée de vie, avec un recyclage complet des matières. On voit l’avantage d’un réacteur cent fois plus efficace que ceux actuellement en service. Mais le Commissariat à l’Energie Atomique («et aux énergies alternatives», comme on dit depuis 2010) a renoncé discrètement au prototype qui devait être construit dans le Gard. L’avenir de la filière nucléaire s’assombrit. Et que de temps et d’argent perdus ! Pour conclure donnons la parole à Yves Bréchet, haut-commissaire (ER) à l’énergie atomique de 2012 à 2018 : «La capacité de l’Etat à mener une vision à long terme se délite, alors qu’en même temps il bavarde de plus en plus». Et celui-ci d’ajouter que la génération qui a construit le parc nucléaire français a aussi élaboré le TGV ou la filière aéronautique. «Elle savait qu’il fallait reconstruire le pays et assurer sa souveraineté à la suite des chocs pétroliers, là où nos élites actuelles n’ont plus qu’à construire leur carrière». Illustration : CPN de Cruas-Meysse.

Qui connait mieux la vache que le paysan ?

Un  »ancien » du nucléaire tacle le Canard Enchaîné …  Excellent papier de quelqu’un dont la crédibilité peut difficilement être contestée… (voir note en fin de billet, illustration Centrale nucléaire de Tricastin, Wikipedia)

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Mon cher Canard,

Bien qu’étant un très ancien lecteur (depuis 40 ans), c’est la première fois que je prends la plume (pardon … le clavier !) pour t’écrire.

En effet, je t’ai été très fidèle pendant une vingtaine d’années. J’ai même une collection de tes exemplaires reliés en 8 volumes bisannuels magnifiques…  Mais lorsque je me suis aperçu que tu me trompais, ma fidélité s’est un peu émoussée et j’ai cessé de te lire toutes les semaines…

Qui suis-je ?  Un retraité, Ingénieur de formation, qui a traîné ses guêtres pendant 25 ans dans les centrales nucléaires françaises. J’ai été successivement Ingénieur, Chef de Service, Directeur Adjoint de Centrale, Directeur de centre de formation nucléaire, Inspecteur de Sûreté Nucléaire…

Sache que je ne tire aucune gloire de ces fonctions… mais si j’éprouve le besoin de les énumérer, c’est pour te dire que je connais plutôt bien mon Nucléaire !… Le fait d’avoir traîné pendant des années mes souliers et mes combinaisons parmi les tuyaux, les pompes et les réservoirs, d’avoir côtoyé quotidiennement les travailleurs de cette industrie, me donne, en tous cas je le crois, une certaine légitimité pour parler du sujet.

Sûrement plus que certains « scientifiques notoires », tels Monique SENE, dont je connais les travaux systématiquement à charge contre le Nucléaire depuis 25 ans, et qui travaillent principalement au fond de leur bureau, échafaudant des hypothèses et des conclusions pas toujours prouvées…mais toujours empreintes d’une certaine mauvaise foi.

 Ce préambule étant fait, tu dois comprendre pourquoi je me suis senti trompé par toi, de par tes positions systématiquement anti nucléaires où j’ai senti beaucoup plus d’idéologie que de rationalité ! Or, tu m’avais habitué  à l’objectivité et à la rationalité.

 Je vais m’appuyer sur ton article de ce jour qui traite des déchets nucléaires, non pas en énumérant des hypothèses ou des suppositions comme d’autres le font, mais en m’appuyant sur des faits réels et avérés. Les chiffres que je cite sont des chiffres tirés des rapports EDF, AREVA, de la CRE (Commission de Régulation de l’Energie) et de la Cour des Comptes. Il ne me reste qu’à faire quelques multiplications et divisions simples qu’Alzheimer ne m’empêche pas encore de faire…

Dernière précision : je ne suis guidé par AUCUN intérêt personnel … Seul l’intérêt que j’ai pour la vérité me guide !

 COÛTS DU NUCLEAIRE

Dans son rapport 2012, la Cour des Comptes avait chiffré à 258 Milliards le coût total du Nucléaire (hors déchets et démantèlement) depuis l’origine jusqu’en 2010…Hors, jusqu’en 2010, le Nucléaire  avait produit en France environ 14 000 Milliards de KWH…..Ce qui met le KWH  à  :  258/ 14000 = 0,0185 Euros /KWH ( 18,5 Euros par MWH )

Même en doublant ce chiffre (258 Milliards pour les déchets et le démantèlement ce qui est considérable) on arrive à 37 Euros par MWH ! Ce qui est loin des 75 ou 90 Euros que je lis dans ton article de ce jour !

Il est question de 1 Milliards de travaux préconisés par l’ASN  pour prolonger Fessenheim de 10 ans…En 10 ans les deux tranches de Fessenheim produiront 100 Milliards de KWH….Ce qui majorera le KWH de 1/100= 0,01 Euro  (10 Euros par MWH …. Est-ce rédhibitoire quand on le compare au coût des énergies renouvelables que je donne plus bas ?…). S’agissant de Fessenheim a-t-on chiffré l’investissement en réseau nécessaire pour garantir la sécurité électrique de l’Alsace lorsque cette centrale sera arrêtée?… Si elle s’arrête !

 Quant à l’EPR, la tête de série (toujours plus chère parce qu’elle essuie les plâtres) de Flamanville , il devrait couter  8 Milliards….somme considérable, certes !  Oui, mais elle devrait produire 600 Milliards de KWH au cours de sa vie…ce qui met l’investissement à 8 / 600 = 0,0133 Euros par KWH (13, 3 Euros par MWH)… même en triplant ce coût ( +16 Milliards) pour l’exploitation, la maintenance, les déchets et le démantèlement on arrive à 40 Euros par MWH…loin des 90 Euros que je lis dans ton article !

 D’ailleurs ces coûts sont cohérents avec le prix de vente des KWH nucléaires à  » prix coûtant » que pratique Mr PROGLIO, vis à vis des producteurs privés et que lui impose la loi NOME :  il vend à 42 Euros par MWH !  … et ce chiffre est contesté par ses clients, qui le trouvent trop élevé. Crois-tu que Mr PROGLIO est homme à vendre à perte ?

 COÛTS DU RENOUVELABLE

Je lis dans ton article que l’éolien coûterait un peu plus de de 90 Euros par MWH …. Si on se réfère aux installations existantes, (j’ai vérifié celles qui se trouvent dans ma région) les coûts sont proches de 180 Euros par MWH pour l’éolien terrestre et 250 Euros pour l’éolien marin ou le solaire (Pour information le charbon est à peu près à 120 Euros / MWH)… A noter que ces coûts ne comprennent ni la maintenance ni la déconstruction (élevé pour les panneaux solaires qui contiennent des métaux rares très toxiques).

Je passe sur les investissements en réseau supplémentaires qu’il est  nécessaire d’ effectuer  pour préserver l’intégrité de l’alimentation électrique .  En effet, s’agissant d’énergies intermittentes, susceptibles de varier très brutalement sur un aléa climatique soudain, elles peuvent mettre en péril la stabilité du réseau électrique…

Et puis, mon cher Canard, est ce que tu ne t’éclaires ou ne te chauffes que lorsqu’il y a du soleil ou du vent… ?

Pourquoi les « grands médias », à part Le Monde partiellement, ne nous informent-ils pas de l’arrêt du soutien des Gouvernements Espagnol et Anglais à l’énergie éolienne, jugeant que c’est un gouffre financier ? 

Pourquoi, Canard, ne nous dis-tu pas que 14 000 éoliennes sont en train de rouiller aux USA ?

Pourquoi, ne nous dis-tu pas que l’Allemagne, souvent citée en exemple, vient de stopper son soutien financier à l’éolien, jugeant que c’était un gouffre financier ? Il faut dire que la « transition énergétique » de l’Allemagne vient d’être évaluée à 1000 Milliards ! Pourquoi ne nous dis-tu pas qu’elle brûle massivement du charbon ( lignite ) pour remplacer les 8 réacteurs nucléaires qu’elle a arrêtés (elle n’arrive pas à arrêter ceux qui restent )….  et qu’un Allemand rejette trois fois plus de CO2 qu’un Français et paye son électricité 2 fois plus cher ? 

Les Français ont, sur leur facture d’électricité, une rubrique CSPE (Contribution au Service Public d’Electricité) qui représentait en 2012, environ 10 % du total…Cette CSPE comporte pour 60 % le surcoût lié  aux énergies renouvelables ….

Selon la CRE ce surcoût va passer de 2, 8 Milliards en 2013 à 3,5 Milliards en 2014 ce qui devrait générer une augmentation de la facture de 2 % (hors prix du KWH qui augmentera de son côté ) … 3,5 Milliards cela représente 5 % du CA d’EDF !…Si le solaire et l’éolien n’existaient pas la facture serait réduite d’autant !

Est-ce opportun d’imposer ce surcoût aux Français en période de crise ?   Au moment où on nous rebat les oreilles avec la compétitivité des entreprises, faut-il alourdir inutilement leur facture d’électricité ?

D’autant plus que le développement de ces énergies donne du travail aux étrangers (Chinois en particulier) et que les investisseurs, qui ont flairé le bon filon, sont aussi, pour la plupart étrangers !  Il parait (à vérifier) que même la mafia italienne a investi dans le domaine, en Allemagne, pour blanchir de l’argent sale!

 Je crois avoir apporté suffisamment d’éléments, qui montrent que la politique énergétique choisie par le Gouvernement, à travers la « transition énergétique », pour faire plaisir aux « arrivistes » Verts nous conduit à une catastrophe économique…

 SÛRETE NUCLEAIRE

Je te connais Canard…tu ne vas pas manquer de m’objecter que quels que soient les arguments économiques, la Sécurité n’a pas de prix…et tu auras raison ! Mais il faut pousser un peu plus loin l’analyse…

En tous domaines, le risque pris se mesure en multipliant les conséquences potentielles d’un accident par sa probabilité d’occurrence.

Pour ce qui concerne les conséquences d’un accident nous les connaissons à travers Tchernobyl et Fukushima ou tout au moins nous en avons une idée !  Je rappelle, tout de même qu’à Hiroshima et Nagasaki, la vie est aujourd’hui, 70 ans après, tout à fait normale.

Quant à la probabilité il est nécessaire de la réduire au maximum  par la qualité de la construction, de l’exploitation, de la maintenance et…du contrôle.

Pour avoir exercé les fonctions d’Inspecteur en Sûreté Nucléaire, je crois pouvoir affirmer que notre ASN est la meilleure au monde, de par son indépendance, sa compétence, sa rigueur et sa neutralité…Ce n’était pas le cas au Japon…et encore moins à Tchernobyl, où elle était inexistante.

 Dans ton journal, cher Canard, tu fais référence à St Laurent des Eaux où une partie du cœur a fondu…Oui c’est vrai …mais quelles conséquences pour l’environnement ?  A ma connaissance, quasiment aucune…et c’est cela qui est important !

 Là où tu dis la vérité, c’est lorsque tu dis nos réacteurs graphite gaz  présentaient le même défaut que Tchernobyl  : l’absence d’enceinte de confinement ….Mais ce qui est rassurant c’est que la France, a immédiatement pris la décision d’arrêter ses réacteurs graphite gaz après Tchernobyl :  Bugey 1, Chinon 2 et 3, St Laurent 1 et 2…Et dans les deux ans, ils étaient tous à l’arrêt ….A noter que cette technologie avait été voulue par De Gaulle pour ne pas copier les Américains …et leurs réacteurs à eau légère !

 Tu nous parles aussi, à juste titre, des fusions du cœur à TMI et à Fukushima….Encore exact, mais il ne faut pas faire d’amalgame…Fukushima est un réacteur à EAU BOUILLANTE avec une enceinte de confinement légère qui n’a pas résisté aux explosions d’Hydrogène (pourtant quelques temps auparavant Areva leur avait proposé des re-combineurs d’Hydrogène que TEPCO a refusés, les jugeant trop chers… (Tous nos réacteurs Français en sont pourvus)…..

Quant à TMI, l’accident confirme, en grandeur réelle, que le cœur d’un réacteur à EAU PRESSURISEE peut fondre presque entièrement SANS conséquence pour l’environnement !  Pourquoi ? Parce que l’enceinte de confinement a tenu…Au passage je t’informe que les enceintes de l’EPR sont encore plus résistantes que celles de TMI… Ce type de réacteur est le plus répandu au monde, et en France nous n’avons que ceux-là ! 

 Sachant qu’une probabilité n’est jamais nulle, le fait que JAMAIS il n’y a eu d’accident AVEC des rejets radioactifs sur un réacteur a EAU PRESSURISEE du type de ceux que nous avons en France, et qui est le plus répandu au monde, est plutôt rassurant  pour notre pays !

 CONCLUSION:

Mon cher Canard, j’ignore si je t’ai convaincu, mais j’espère au moins, t’avoir fait réfléchir…. Je te demande simplement lorsque tu t’empares d’un sujet, d’essayer de le traiter à charge ET à décharge …. comme tu m’y avais habitué ! 

Je ne peux pas terminer sans te faire deux remarques :

–  le « lobby Nucléaire » si cher aux Verts n’existe pas! Un lobby est en général là pour défendre des intérêts privés…et le CEA est 100% public et AREVA  et  EDF  sont à 85 % publics !  Alors que le « lobby privé renouvelable » est une réalité. Il est même soutenu par les Verts.

– le Professeur de Médecine Nucléaire Jean ARTUS du CHU de Montpellier, sommité internationale, qui n’a aucun lien, ni intérêt dans l’énergie nucléaire, écrivait, il y a quelques temps dans les journaux régionaux : « les écologistes mentent en matière de Nucléaire » ou encore « le Nucléaire est l’avenir de notre pays »!

Ne l’oublie pas, cher Canard quand tu parles de Nucléaire….

Avec toute ma sympathie….et peut-être, à nouveau, mes 1,20 Euros hebdomadaires ! Un lecteur (un peu) averti

Jean ABRAS

Note. Jean Abras, ingénieur diplômé de l’ENSAM, a fait carrière à l’EDF et l’a terminée comme ingénieur production au centre de production nucléaire de Tricastin de 1978 à 1990. Il a ensuite occupé un poste de responsabilité au sein de l’ASN jusqu’à son départ à la retraite.

La ville de Pevek (Sibérie orientale) maintenant alimentée en électricité nucléaire flottante …

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Le 8 octobre dernier le sujet du billet de ce blog était la centrale nucléaire flottante russe Akademia Lomonosov. Après avoir quitté le port de Mourmansk et parcouru plus de 4700 kilomètres dans l’océan arctique, l’A.Lomonosov a atteint sa destination la ville de Pevek dans la province (Okrug) de Chukotka. Sur place les installations portuaires étaient prêtes à accueillir le navire. Le 19 décembre à 11 heures du matin, heure de Moscou, l’Akademia Lomonosov a été connecté au réseau entièrement rénové de Pevek. Symboliquement le sapin de Noël (artificiel car il n’y a pas d’arbres dans cette région arctique) dressé pour l’occasion hautement symbolique.

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Cette centrale nucléaire produit également de la vapeur pour le chauffage domestique et des bâtiments municipaux et dans quelques mois une unité de dessalage d’eau de mer permettra d’alimenter la ville en eau douce. Le réseau électrique est enfin en cours de raccordement avec le réseau électrique de la ville de Bilibino où se trouve également une petite centrale nucléaire toujours dans le même province de Chukotka et également au delà du cercle polaire qui de ce fait vient d’être arrêtée.

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L’ensemble de ces installations fait partie du programme de développement de la route du nord reliant éventuellement Mourmansk à Vladivostok par mer. L’A.Lomonosov est une première mondiale. Les réacteurs ont été testés durant une année à Mourmansk avant de recevoir leur certification finale.

Sources : ZeroHedge et partielle (illustration) The Barents Observer

Pour les curieux la ville de Pevek est la plus septentrionale du monde. Elle compte près de 5000 habitants après une période plus faste (plus de 12000 h) lors de l’exploitation de minerai d’uranium aujourd’hui abandonnée. Il reste encore des mines d’or et d’étain en exploitation.

La Chine a franchi une étape dans la réduction de sa consommation de charbon : la « cogénération » à partir de centrales nucléaires.

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Il y eut en Suisse un précédent dans la cogénération avec les usines de Beznau et de Gösgen qui assurent en hiver le chauffage de 11 villes avec un réseau de plus de 130 kilomètres de lignes calorifugées d’eau chaude mais cet exemple suisse fut rarement suivi. Dès 1969 la centrale nucléaire de Beznau comprenant deux réacteurs PWR de chacun 365 MWe assura le chauffage de nombreuses villes alentour. Il est en effet stupide de rejeter dans l’atmosphère ou les rivières la chaleur produite par les réacteurs sans aucune valorisation. C’est d’ailleurs le même cas de figure avec les centrales électriques utilisant du charbon comme combustible. Bref, la Chine, préoccupée par les problèmes de pollution catastrophique des grandes villes, a décidé d’utiliser cette chaleur perdue pour chauffer 700000 m2 de logements de de bâtiments publics de la ville de Haiyang.

L’usine de Haiyang, située en bord de mer, comprend deux réacteurs AP1000. L’eau de refroidissement de la vapeur en sortie de turbines produit aussi de la vapeur dans des échangeurs de chaleur qui est alors envoyée dans d’autres échangeurs de chaleur secondaires situés dans divers quartier de la ville de Haiyang, elle-même située sur la côte sud de la péninsule de Shandong qui fait face à la péninsule coréenne. L’ensemble de l’équipement a été installé par la firme Mitsubishi Hitachi Power System (MHPS) dans le cadre de la construction des deux réacteurs AP1000 d’une puissance nominale pour chacun d’entre eux de 1250 MWe.

Cette réalisation permettra d’éviter de brûler dans les foyers et les bâtiments publics 23000 tonnes de charbon évitant ainsi d’émettre 222 tonnes de suie, 282 tonnes d’oxydes de soufre, 362 tonnes d’oxydes d’azote et 60000 tonnes de CO2 chaque année. À la fin de l’année 2021 la totalité de la ville de Haiyang sera chauffée par la chaleur résiduelle de la centrale nucléaire.

L’extension du réseau de vapeur sur un rayon de 100 kilomètres permettra ensuite de chauffer 30 millions de m2 de surface de logements avec les 4 autres unités AP1000 programmées sur le même site et dont la construction vient d’être initiée. L’unité 2 de la centrale de Haiyang sera connectée au réseau en Janvier 2020 et produira de la vapeur pour assurer le chauffage urbain dès cette date. La Chine a résolument pris des dispositions drastiques pour réduire la pollution des grandes villes en généralisant la cogénération à partir des centrales nucléaires. En effet de nombreux foyers chinois utilisent toujours du charbon pour se chauffer et cuisiner car ce charbon est le combustible le moins coûteux et ceci malgré une législation de plus en plus stricte.

Outre le chauffage urbain SDNPC (Shandong Nuclear Power Company) a décidé d’installer sur le même site une usine de dessalage de l’eau de mer pour sécuriser l’alimentation en eau de la ville et des industries qui s’y trouvent. Le dessalage de l’eau de mer est beaucoup plus efficace avec de l’eau préchauffée et il s’agit ici d’une autre forme de cogénération dont bien des pays devraient s’inspirer comme par exemple la centrale électrique de Koeberg (construite par la France) à proximité de la ville du Cap en Afrique du Sud qui manque chroniquement d’eau.

Sources : World Nuclear News et MHPS, illustration State Power Investment Corporation

Retour sur le principe de précaution

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Quelques soient leurs bonnes intentions, les régulations hyper-protectrices peuvent devenir mortelles. En biaisant les politiques publiques les rendant hyper-tatillonnes vis-à-vis des innovations technologiques, les lois et les régulations peuvent rendre la vie beaucoup plus dangereuse. Une étude récente du Bureau National de Recherche Économique (NBER : https://www.nber.org/papers/w26395) a trouvé exactement ce qui suit. Les auteurs ont examiné les effets non prévus d’invocation du principe de précaution après l’accident nucléaire de Fukushima-Daiichi qui eut lieu au Japon le 11 mars 2011 après un tsunami géant. Ils ont mis en évidence que la décision du gouvernement japonais d’abandonner totalement l’énergie nucléaire à la suite de cet accident a provoqué de nombreux décès en raison de l’augmentation du coût de l’énergie électrique combinée aux froidures de l’hiver suivant cet accident. De plus cette décision eut des implications sérieuses sur l’environnement. En bref, l’application stricte du principe de précaution peut être très coûteux en terme de vies humaines (cf. un précédent billet sur ce blog).

Combien de décès sont provoqués par les régulations excessives.

Le principe de précaution se réfère à l’idée que les politiques publiques doivent limiter les innovations jusqu’au jour où leurs inventeurs peuvent prouver incontestablement que celles-ci ne provoqueront jamais de dangers potentiels de quelque nature que ce soit. S’il persiste des incertitudes au sujet de risques futurs le principe de précaution exclut toute étude poussée d’utilisation de ces innovations en régulant très étroitement voire en rendant impossible dans la pratique tout programme d’essais et d’erreurs pouvant valider le caractère sécurisé de l’invention. En vérité le principe de précaution, par principe, est basé sur le fait que les risques futurs existent toujours. Pire encore, l’application rigide du principe de précaution interdit toute expérimentation pouvant mettre en évidence de nouvelles et meilleures procédures rendant ces innovations encore plus sécurisées.

En résumé : « en vivant en permanence dans la peur du pire scénario – et donc en mettant en oeuvre des politiques publiques avec cet objectif – cette attitude exclut de facto tout scénario optimal. Quand ces politiques publiques sont basées sur ce type de raisonnement, le principe de précaution limite très sérieusement tout progrès technique, toute économie entrepreneuriale, toute adaptation sociale et toute prospérité sur le long terme« .

Le cas du riz doré.

Il y a beaucoup d’exemples qui montrent que le principe de précaution peut miner la santé publique ou pire encore provoquer des morts. Le cas du riz doré en est un exemple incontestable (cf. plusieurs billets sur ce blog à ce sujet). Il s’agit d’un riz génétiquement modifié pour être capable de produire du beta-carotène, précurseur de la vitamine A et il est la démonstration de l’effet adverse du principe de précaution. Au cours des années 2000 des équipes de biologistes commencèrent à s’intéresser à ce riz pour le destiner aux enfants des pays en voie de développement où sévit la déficience en vitamine A, la cause prépondérante de cécité et de mort prématurée de millions d’enfants et de femmes enceintes. Malheureusement la résistance aux plantes génétiquement modifiées affichée par certaines organisations non gouvernementales (inutile de les citer …) rapprochées des fonctionnaires en charge de la régulation outre mesure et sans justification scientifique relative aux plantes génétiquement modifiées faillit réduire à néant ce projet. Par voie de conséquence il aura fallu 20 années supplémentaires pour que – enfin – cette équipe ce chercheurs de haut vol finalise son projet strictement humanitaire alors que les régulateurs, de par leurs hésitations conformes au fameux principe de précaution, travaillaient dans le sens contraire, seulement motivés par cette peur irrationnelle des plantes génétiquement modifiées. Ces régulateurs, pourtant supposés protéger la vie des êtres humains, sont arrivés au résultat contraire qui est une véritable tragédie humanitaire.

Pour ces bureaucrates, en vertu du principe de précaution, le riz doré était considéré comme une erreur technologique jusqu’à ce que le contraire soit prouvé sans équivoque. Drôle de conception de la rationalité …

Les analystes du risque, comme par exemple les actuaires pour ne citer que ceux-ci, considèrent que le principe de précaution manque totalement de logique basique et est littéralement incohérent. Par essence c’est un « non-principe » parce qu’il ne contient pas clairement dans sa définition permettant de se faire une idée claire de laquelle on peut juger de l’ampleur des risques encourus lors d’un contrôle préventif de nouvelles technologies, quelles que soient leur nature. Dès lors le principe de précaution est enraciné dans un autre principe ou du moins une préférence qui est implicitement un immobilisme, c’est-à-dire une préservation du statut quo. Ne rien faire face à l’incertitude semble alors le meilleur choix mais ce choix, sur le long terme, conduit à un monde plus incertain encore.

Le spécialiste de la politique Aaron Wildavsky a consacré toute sa carrière à démontrer que tous les efforts fournis pour créer une société sans risques technologiques conduisaient au contraire à une société extrêmement risquée. Dans son livre très important « Searching for Safety » publié en 1988, Wildavsky alertait sur les risques du raisonnement conduisant à adopter l’attitude des « essais sans erreur » et le comparait à l’attitude plus logique de l’ « essai avec erreur » qui est le fondement de la recherche scientifique et donc directement transposable à la recherche de l’évaluation du risque. Il poursuivait en indiquant que la sagesse acquise pendant des milliers d’années était justement basée sur les essais avec erreur. Cette attitude permet d’apprendre comment se comporter et vivre avec plus de confort et de richesse en tant qu’individus faisant partie d’une société qui a maîtrisé l’incertitude bien qu’ayant été confrontée à des échecs éventuels.

« L’implication directe de l’ « essai sans erreur » est évidente : si on ne peut rien entreprendre sans savoir d’abord comment les choses tourneront, alors vous ne pouvez rien entreprendre du tout. Une conséquence indirecte de l’essai sans erreur est que si on entreprend quelque chose de nouveau mais que cette décision est coûteuse il y aura automatiquement moins de prises d’initiatives susceptibles d’améliorer les pratiques passées. Ce manque de changement et d’amélioration de ces pratiques passées est par essence dangereux car il réduit toutes les chances de réduction des risques existants. Donc ces risques perdureront si on refuse d’en trouver des solutions pour les réduire en choisissant l’avantageuse attitude des essais avec erreur répétés aussi longtemps qu’il est nécessaire« .

Là réside la plus inconséquente nature du principe de précaution. Si ce principe est pris trop à la lettre il rend les conditions de vie du monde entier plus incertaines. Il peut nous faire souffrir et éventuellement conduire à une mort prématurée. Par conséquent il est du devoir des adeptes du principe de précaution de démontrer pourquoi cesser toute expérimentation est bénéfique et en apporter les preuves mais pour ces personnes une telle démarche est futile donc inutile.

Dire non a un coût caché.

Plus généralement, les deux cas évoqués ci-dessus illustrent encore une fois la simple vérité selon laquelle il existe des compromis et des incitations politiques. La réglementation n’est pas une baguette magique qui accorde instantanément à la société des autorisations gratuites. Chaque action politique a des coûts potentiels, dont beaucoup sont difficiles à prévoir ou même à estimer par la suite. Le principe de précaution est statique et à courte vue, il vise uniquement à atténuer certains risques directs évidents. En mettant fin à un résultat potentiellement risqué, les décideurs peuvent garantir aux citoyens qu’aucun danger potentiel ne peut se produire à nouveau en raison de cette activité particulière.

Mais parfois, le plus grand risque de tous est l’inaction. Le progrès et la prospérité sont impossibles sans une expérimentation constante d’essais et d’erreurs et une prise de risque certaine. Sans risque, il ne peut y avoir de récompense. Dans un nouveau livre, le scientifique Martin Rees qualifie ce truisme du principe de précaution de «coût caché de dire non».

Ce coût caché de la réglementation préventive sur le riz doré a entraîné une «tragédie moderne» pour les innombrables personnes qui ont perdu la vue ou en sont mortes. Ce coût caché était également très lourd pour les citoyens japonais après l’incident de Fukushima. Si la réglementation interdit un type de production d’énergie, il faut le remplacer par un autre pour maintenir le niveau de vie. La décision du pays d’interdire l’énergie nucléaire a apparemment entraîné des morts inutiles après le recours à d’autres sources d’énergies dont le charbon et le gaz naturel.

Pour être clair, l’incident de Fukushima a été un horrible accident qui a eu de nombreux autres coûts. Plus de 100 000 résidents ont été évacués des communautés environnantes de l’usine en raison de craintes de contamination. Mais on ne sait toujours pas combien de dommages ont été causés par les rejets de matières radioactives par rapport au pouvoir destructeur du tsunami lui-même (ou à la réaction réglementaire qui en a résulté). L’Agence internationale de l’énergie atomique (IAEA) gère un site dédié aux mises à jour en cours sur l’état de Fukushima Daiichi et note que des efforts de nettoyage sont en cours. En ce qui concerne la surveillance de la zone maritime, l’AIEA a déclaré que les «niveaux de radioactivité mesurés par le Japon dans le milieu marin étaient bas et relativement stables». «La situation en matière de sécurité des approvisionnements alimentaires, de la production halieutique et agricole reste stable», bien.

L’exposition aux rayonnements peut également poser des problèmes de soins de santé à long terme, même si cela n’a pas encore été prouvé. Fait important, cependant, des vies ont été perdues lors de l’évacuation de la zone, en particulier parmi les personnes âgées. Les rapports officiels de l’agence de reconstruction du gouvernement japonais ont répertorié plus de 1600 décès «indirects» imputables au stress et à d’autres maladies pendant la phase d’évacuation, soit infiniment plus que ceux directement imputables à la catastrophe par irradiation directe puisqu’aucun décès n’a été constaté sur le site lui-même.

L’analyse du risque est complexe mais essentielle.

La nature dynamique de tels compromis en matière de réglementation est ce qui rend l’analyse coûts-avantages difficile mais essentielle. Les décideurs doivent faire un meilleur travail en essayant de modéliser les coûts des décisions réglementaires, en particulier celles qui impliquent des contrôles de précaution généraux, précisément parce que les coûts des erreurs peuvent être si importants. Un document de travail publié en 2017 par le Centre Mercatus intitulé : «Comment les réglementations peuvent augmenter le risque de mortalité», par James Broughel et W. Kip Viscusi (lien), a révélé que des réglementations coûtant plus de 99,3 millions de dollars par vie sauvée augmenteraient le risque de mortalité. Un seuil d’environ 100 millions de dollars en coût de la vie sauvée est celui coût-efficacité au-delà duquel la réglementation permettant de sauver des vies sera contre-productive – où les règles sont susceptibles de causer plus de décès que prévu, au lieu d’en prévenir. En d’autres termes, la réglementation ponctuelle peut devenir si coûteuse qu’elle fait plus de mal que de bien. Lorsque nous trouvons des règles qui imposent des coûts supérieurs à ce seuil, nous devrions rechercher des solutions alternatives qui seront plus économiques et enrichissantes.

Globalement, il est impossible de savoir combien de vies ont été perdues du fait de l’application du principe de précaution depuis 1996 (voir note en fin de billet). Il y a trop de scénarios réglementaires et d’effets dynamiques à modéliser. Mais lorsque certains critiques décrient les efforts pour estimer les coûts potentiels associés aux réglementations préventives, ou insistent sur le fait que tout coût en vaut la peine, alors nous devons leur rappeler que, même s’il est difficile de modéliser les compromis entre risque et avenir incertain, nous devons surtout essayer de s’assurer que la réglementation en vaut la peine. Nous vivons dans un monde de ressources limitées et de choix difficiles.

Les coûts d’opportunité indirects comptent beaucoup.

 

De manière générale, cependant, il n’est presque jamais avisé d’exclure complètement les types d’innovation importants qui pourraient offrir à la société des avantages importants difficilement prévisibles. Dans le cas de l’énergie nucléaire, toutefois, les avantages étaient assez évidents dès le début, mais de nombreux pays ont quand même choisi de contrôler étroitement, de freiner, voire d’interdire son développement. Aux États-Unis, les propos relatifs à l’énergie nucléaire ont toujours été entachées de pires scénarios, en particulier après l’incident de Three Mile Island en 1979. Bien que cet incident n’ai entraîné aucune mort, il a fortement réduit l’énergie nucléaire en tant que source majeure d’énergie aux États-Unis. Depuis lors, peu de nouvelles centrales nucléaires ont été construites et mises en ligne aux États-Unis et seulement deux réacteurs sont en construction (lien). Cette tendance s’est encore aggravée après l’accident japonais, évènement qui a provoqué un durcissement des exigences réglementaires (lien). Les querelles politiques sur l’élimination des déchets nucléaires retardent également les progrès.

Mais les coûts de ces décisions politiques deviennent plus évidents aujourd’hui alors que nous sommes confrontés à des questions sur la manière de lutter contre le changement climatique et de réduire les émissions de carbone. Dans un article du Wall Street Journal paru au début de l’année 2019, Joshua S. Goldstein et Staffan A. Qvist affirmaient que seule l’énergie nucléaire peut sauver la planète et qu’il s’agissait de la seule énergie disponible pour remplacer les combustibles fossiles rapidement « puisqu’il y a une urgence climatique« . Les préoccupations concernant les catastrophes et la gestion des déchets persistent, même si, objectivement, le nucléaire a enregistré un bilan de sécurité remarquable. Les problèmes d’élimination des déchets sont également surestimés. « La consommation d’électricité à partir d’énergie nucléaire générée pour satisfaire la consommation de chaque Américain au cours de sa vie entière produirait une quantité de déchets à longue et courtes durées de vie, tous déchets confondus, qui rentrerait dans une canette de soda« , notaient ces auteurs. C’est certainement un défi que nous pouvons relever face à l’empreinte carbone massive que nous produisons tous actuellement.

Cette étude de cas sur la manière dont le principe de précaution a freiné l’innovation dans le domaine de l’énergie nucléaire est instructive à plusieurs égards. Premièrement, comme le suggèrent la nouvelle étude du NBER et d’autres recherches, le principe de précaution a eu des coûts directs considérablement négatifs, sous la forme d’une augmentation des coûts de l’électricité ainsi que d’une augmentation des émissions de carbone, du fait de la dépendance continue à l’énergie fossile malgré le fait que des énergies renouvelables – mais intermittentes – ont été mises en place. Deuxièmement, il y a probablement eu de nombreux coûts indirects sous la forme d’innovations abandonnées. Nous ne savons tout simplement pas à quel point les centrales nucléaires seraient meilleures si l’expérimentation de nouvelles technologies avaient été autorisées au cours des quatre dernières décennies. Le rêve de produire une énergie électrique «trop bon marché pour être difficilement mesurable» via la production nucléaire ne sera peut-être plus un rêve ni une utopie dans quelques décennies. Au minimum, nous aurions probablement eu plus de réacteurs à base de thorium connectées au réseau électrique qui auraient permis par retour d’expérience d’améliorer considérablement l’efficacité et la sécurité.

Conclusion.

Cela souligne la nécessité d’une plus grande humilité dans l’élaboration des politiques. Nous ne possédons pas de boules de cristal nous permettant de prévoir l’avenir technologique ni d’évaluer nos besoins futurs. De nombreux pays (en particulier les États-Unis) ont probablement commis une grave erreur en décourageant les technologies nucléaires et, à présent, nous et le reste du monde sommes pris au piège (voir note en fin de billet) des conséquences de la catastrophique erreur de jugement induite par une application trop stricte du principe de précaution. De même, l’étude du cas du riz doré souligne les dangers de l’orgueil réglementaire sur la scène mondiale, car de nombreux décideurs ont freiné les innovations salvatrices qui auraient pu soulager la souffrance et la mort.

Il est grand temps de rejeter la logique simpliste du principe de précaution et de passer à une approche plus rationnelle et équilibrée de la gouvernance des technologies. Nos vies et notre bien-être en dépendent.

Liens. Source : https://www.mercatus.org/publications/regulation/death-regulation-how-regulations-can-increase-mortality-risk

https://pris.iaea.org/pris/CountryStatistics/CountryDetails.aspx?current=US

https://www.world-nuclear.org/information-library/country-profiles/countries-t-z/usa-nuclear-power.aspx

https://public-blog.nrc-gateway.gov/2016/06/03/too-cheap-to-meter-a-history-of-the-phrase/

Illustration : Contrepoints ( https://www.contrepoints.org/2018/03/13/179323-principe-de-precaution-un-principe-tueur )

Commentaires. Pour mémoire le principe de précaution émergea en 1992 dans la Déclaration de Rio relative à la préservation de l’environnement. Il a été inscrit dans la constitution française (loi Barnier de 1995) par le démagogue en chef du monde politique français Michel Barnier devenu depuis Commissaire européen. Un article figure dans le présent blog au sujet de la catastrophe industrielle et commerciale provoquée par l’application stricte du principe de précaution par Simone Veil, alors Ministre de la Santé, qui fit disparaître d’un trait de plume l’un des fleurons français de la biotechnologie. Relire cet article paru en 2017 est instructif : https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/07/04/le-principe-de-precaution-et-simone-veil-une-catastrophe/

Pour ce qui concerne l’énergie nucléaire, la Chine, préoccupée par l’augmentation incessante de la consommation d’électricité, a fait fi du principe de précaution en développant le premier réacteur nucléaire haute température type « pebble bed » qui devrait être connecté au réseau au cours de l’année 2020 tandis que deux surrégénérateurs de conception russe sont en cours de construction profitant du retour d’expérience de la Russie dans ce domaine. En ce qui concerne la France la fermeture des deux réacteurs de Fessenheim est motivée par le principe de précaution en invoquant la « vieillesse » de cette installation alors qu’elle pourrait fonctionner encore au moins 30 ans, voire plus. Le dossier a été examiné par des politiciens ignorants qui ont invoqué une obsolescence dangereuse. Il est grand temps de reconsidérer ce principe avant qu’il ne fasse encore plus de ravages dans les économies car la France n’est pas le seul pays à avoir atteint ce seuil d’imbécillité « chimiquement pure ».

Nouvelles du Japon : l’arrêt de toutes les centrales nucléaires japonaises a fait « plus de mal que de bien » …

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À la suite du grand tsunami du 11 mars 2011 qui provoqua l’accident nucléaire de Fukushima-Daiichi l’accroissement du prix de l’électricité et l’augmentation de l’utilisation de combustibles carbonés fossiles a provoqué plus de morts que celles provoquées auprès de personnes fragiles par l’évacuation des zones proches de la centrale nucléaire selon une récente étude. Il n’y eut aucune mort directe due à l’accident lui-même mais la décision d’arrêter toutes les centrales nucléaires a provoqué à une perte en vies humaines inattendue.

Il s’agit encore une fois de l’application à la lettre du fameux (et fumeux) principe de précaution qui précipita l’arrêt des centrales nucléaires japonaises ordonné par le MITI, selon l’Institut allemand IZA d’économie du travail. Avant le grand tsunami l’énergie nucléaire japonaise produisait 30 % de l’énergie électrique mais en moins de 15 mois toutes les unités ont été mises à l’arrêt pour mise en conformité – selon ce fameux principe de précaution – afin d’éviter un nouveau désastre provoqué par un autre tsunami géant, le cinquième du genre connu dans le monde depuis 1500 ans c’est-à-dire aussi loin que les chroniques et écrits aient pu remonter. Depuis 2015 neuf réacteurs ont été raccordés au réseau et 17 autres sont en attente de nouveau fonctionnement après approbation par les autorités nationales et locales.

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Cet arrêt brutal de la production électrique d’origine nucléaire a eu pour effet presque immédiat une augmentation considérable du prix de l’électricité variant selon les région. Plus ces régions étaient « nucléarisées » plus l’augmentation a été substantielle. Dans certaines régions comme celle de Tokyo cette augmentation a atteint plus de 38 % et elle a entrainé une chute de la consommation en particulier quand la demande pour satisfaire le chauffage domestique était élevée, c’est-à-dire durant les mois d’hiver.

Etant donné le rôle du contrôle de la température au cours des mois d’hiver dans les logements cette baisse de la consommation d’électricité a provoqué un accroissement de la mortalité. L’étude de l’Institut IZA montre que cet accroissement de la mortalité a largement dépassé celui occasionné par le déplacement des personnes âgées lors de l’évacuation des zones contaminées (en vertu de l’application stricte du principe de précaution), par conséquent l’arrêt de tous les réacteurs nucléaires a fait beaucoup plus de mal que de bien.

Selon l’étude la conséquence a été une augmentation du nombre de décès de 1280 personnes sur la période 2011-2014, beaucoup plus que les 1232 morts déplorés à la suite de l’évacuation des zones contaminées après l’accident. Cette étude ne s’est intéressée qu’aux 21 plus grandes agglomérations représentant 28 % de la population totale du Japon, l’impact de l’arrêt de tous les réacteurs nucléaires est probablement beaucoup plus élevé.Le remplacement des centrales nucléaires par des centrales utilisant des combustibles fossiles a aussi eu un impact sur la santé des population en raison de la dégradation de la qualité de l’air dans l’environnement immédiat de ces installations et l’effet global de ce « retour » précipité vers les combustibles fossiles n’est pas encore très bien connu mais ne doit pas être sous-estimé. Les résultats de l’étude IZA coïncident avec celles conduites par les experts japonais de la santé qui ont souligné le stress de certaines évacuation inutiles en particulier chez les personnes âgées qui ont représenté l’essentiel des 1232 morts déplorés.

Selon le Professeur Geraldine Thomas, enseignant la pathologie moléculaire à l’Imperial College à Londres, l’ordre d’évacuation des habitants des zones peu ou faiblement contaminées autour de la centrale nucléaire endommagée a été disproportionnée et en tous les cas mal organisée. Si les doses de radioactivité sur le site ont été élevées il n’en a pas été de même sur tout le territoire évacué à la hâte, doses qui ont été largement surévaluées. Plus tôt cette année 2019, Michael Shellenberger, président de l’organisation Environmental Progress a déclaré que cette évacuation avait été faite de manière irraisonnée dans un moment de panique et qu’elle avait provoqué la mort d’au moins 2000 personnes (statistique non officielle), panique alimentée par la peur de radiations quasiment inexistantes. Toujours est-il que le Comité onusien en charge des effets des radiations n’a pas été capable de comptabiliser le moindre décès directement provoqué par les radiations.

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En tant qu’outil de régulation, le principe de précaution qui stipule qu’une quelconque activité ne peut être poursuivie si des doutes de dommages possibles ne sont pas complètement levés a été maintes fois mal appliqué et l’Institut IZA en est arrivé à se poser la question de savoir pourquoi les autorités japonaises (mais aussi la population et diverses association non-gouvernementales) invoquent encore ce principe de précaution compte tenu de l’évidence des résultats de son étude. L’une des explications possibles est qu’un évènement marquant et inattendu, comme un accident nucléaire, affecte la perception raisonnée du risque, perception qui est alors fortement teinté d’émotion instinctive plutôt que de rationalité et d’argumentation scientifique.

Les décès provoqués par l’augmentation des tarifs de l’énergie électrique sont largement passés inaperçus. Bien qu’une relation directe de cause à effet ne puisse pas être clairement établie il a néanmoins été possible d’estimer l’impact de cette augmentation des tarifs à une modification du comportement des populations. Le principe de précaution monte en épingle, bien trop souvent, les évènements marquants comme l’accident de Fukushima-Daiichi, sans aucune rationalité, et n’a pas pour but de proposer des scénarios alternatifs. Ce principe contribue donc à des prises de décision gouvernementales totalement inadaptées et inefficaces. Selon la fondation IZA c’est l’un des grands défauts de ce principe de précaution.

Source et illustrations : ftp.iza.org/dp12687.pdf

Nouvelles de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi

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Le gouvernement japonais a décidé de démanteler la totalité du site électro-nucléaire de Daiichi dans la Préfecture de Fukushima. Outre les deux réacteurs endommagés par le grand tsunami du 11 mars 2011 et dont le combustible a partiellement fondu au fond du réacteur, il y a 5 autres réacteurs à démanteler. Ce chantier colossal durera probablement une quarantaine d’années et la société TEPCO (Tokyo Electric Power Co) a fait appel à Orano dans le cadre d’une coopération qui sera positive pour les deux entreprises. Orano aura pour mission primaire d’évacuer tout le combustible des tranches non endommagées et de le retraiter sur le site français de La Hague. Il existe déjà des accords à ce sujet entre la France et le Japon puisque l’ancêtre d’Orano, la société Areva, est présent au Japon depuis 50 ans. Puis il s’agira du démantèlement proprement dit des installations.

Bien que ces réacteurs soient de type eau-bouillante contrairement au parc nucléaire français le démantèlement fait appel aux mêmes technologies largement robotisées et cette collaboration sera fructueuse pour les deux parties. L’expertise en robotique du Japon sera, on s’en doute, très bénéfique pour Orano qui n’a pas encore abordé un quelconque démantèlement sur le sol français en dehors de Chooz 1 (cf. infra). Néanmoins Orano a aussi développé de son côté toute une série de robots utilisés pour les opérations de maintenance des installations françaises. De plus la politique totalement surréaliste du gouvernement français consistant, dans le cadre de la fameuse « transition énergétique », à décommissionner tous les « vieux » réacteurs nucléaires, c’est-à-dire toutes les tranches 900 MWe, obligera Orano a acquérir un savoir-faire dans ce domaine du démantèlement qu’il ne connaît pas ou peu et le Japon est une excellente opportunité pour se faire la main en vraie grandeur, si on peut dire les choses ainsi.

Mes lecteurs pourront se poser quelques questions au sujet des réacteurs graphite-gaz qui ne sont toujours pas démantelés sur les sites de Chinon, Bugey et Saint-Laurent ainsi que celui de Brennilis (eau lourde-uranium naturel) qui a fait l’objet d’une véritable saga de la part des écologistes, ayant pris cette installation pour cible afin de dénoncer l’incurie du gouvernement en ce qui concerne l’industrie nucléaire française. La centrale de Chooz 1 est une exception car c’est le seul PWR souterrain dans le monde. On y accède par un tunnel et l’ensemble de l’installation se trouve dans une série de salles aménagées à cet effet. Ironiquement l’administration Macron continue à se plier aux diktats des écologistes en décidant de ruiner l’approvisionnement en électricité de la France, l’un de ses rares atouts industriels et économiques encore opérationnel de ce pays. Par effet direct la fermeture de ces équipements conduira fatalement à la mise à genoux de l’ensemble de l’économie française mais aussi des conditions de vie quotidienne précaires pour toute la population. Pour un ancien banquier qu’a été Macron il y a de réelles questions existentielles à se poser. Quant aux réacteurs graphite-gaz il faut attendre encore une cinquantaine d’années avant d’intervenir sur le graphite lui-même. Contrairement à ce qui est affirmé dans la presse bien-pensante les opérations de démantèlement ne sont pas créatrices d’emplois car quelques personnes seulement travaillent sur les sites lors de ces interventions de très longue durée.

Source et illustration : World Nuclear News