AFP : information ou désinformation ?

L’AFP, la plus importante agence de presse en langue française dans le monde, profite de sa position dominante pour faire de la propagande anti-nucléaire conformément aux souhaits du gouvernement français qui est résolument engagé dans la transition énergétique écologique et solidaire. Cette transition, dans l’esprit dérangé des politiciens qui sont au pouvoir en France, consistera a remplacer un tiers des réacteurs nucléaires par des moulins à vent (il en faudra au moins 40000, un minimum !) et des panneaux solaires (des milliers d’hectares …) et dans le même temps à promouvoir les voitures électriques. L’absurdité de cette politique a échappé à l’AFP et toutes les occasions que peut présenter l’actualité pour dénigrer l’énergie nucléaire sont, pour cette agence d’information étatique, bonnes à saisir.

La dernière information mise sur le « marché » médiatique date du 21 novembre 2017 quand cette agence de propagande a communiqué un scoop qui a très probablement réjoui le frétillant et laryngophonique Ministre d’Etat (faut-il le rappeler encore) de la transition solidairement irresponsable mais verdoyante relative à 22 crayons de combustible fournis à ses clients par la société Areva qui ont semble-t-il échappé aux contrôles de qualité et se sont retrouvés disséminés dans les assemblages utilisés dans diverses centrales électro-nucléaires dont celles de Leibstadt en Suisse (BWR) et celles de Golfech, Flamanville et Cattenom en France (PWR). Les opérateurs, respectivement Kernkraftwerk et EDF, ont été informés de la présence de crayons défectueux par Areva.

Selon les types de réacteurs chaque chargement en combustible comporte entre 30000 et 60000 crayons groupés en assemblages de chacun 200 à 300 « crayons » en zyrcaloy remplis de pastilles d’oxyde d’uranium conditionnées sous forme de céramique. L’Inspection fédérale de la sureté nucléaire en Suisse et l’IRSN en France ont été, comme les opérateurs, informés de la présence de ces crayons défectueux sans qu’il puisse être possible, selon cette dépêche d’agence, de connaître les caractéristiques précises de ces défauts. Pour information chaque assemblage de combustible est soumis à un test dit « sipping test » (littéralement « aspirer ») consistant à immerger cet assemblage dans un puits de 5 mètres de profondeur rempli d’eau, muni d’un éclairage, de microphones et de caméras et d’établir une dépression afin de vérifier l’étanchéité de l’ensemble des crayons. Si un crayon s’avère défectueux l’assemblage est renvoyé au fournisseur, en l’occurence dans le cas présent Areva mais normalement c’est Areva qui effectue ce test sur les assemblages neufs. Le même type de test est effectué après déchargement du combustible usé et désactivation dans la piscine de stockage avant d’être renvoyé à Areva pour retraitement subséquent. Un crayon fissuré peut en effet dégager du xénon radioactif. Si un quelconque « sipping test » avait révélé la présence d’un crayon défectueux l’opérateur aurait retiré cet assemblage. Le défaut révélé par Areva n’est donc pas un défaut d’étanchéité et par conséquent il ne présente aucun danger de fuite de xénon radioactif par exemple pendant et après l’exploitation.

C’est la raison pour laquelle EDF a gardé son sang-froid en précisant que ces crayons ne présentaient aucun danger pour la sureté des personnels des centrales électriques ni pour l’environnement. Il n’en a pas moins fallu que l’AFP signale ce type d’information pour maintenir la psychose anti-nucléaire tant en France qu’en Suisse car elle est conforme à l’agenda des écologistes qui sévissent dans ces deux pays. L’attitude de l’AFP que j’ai coutume appeler l’ « Agence Française de Propagande » comme bien d’autres chroniqueurs et blogueurs est tout simplement déplorable. C’était un non-évènement communiqué uniquement pour plaire à Greenpeace …

Source : dépêche du 21 novembre 2017 mise en ligne à 09h35

Olkiluoto et la fin programmée de l’industrie nucléaire française

Le branchement au réseau électrique d’Olkiluoto encore repoussé : c’est un véritable feuilleton de mauvaise facture que réserve cette centrale électro-nucléaire d’Olkiluoto 3 en Finlande. TVO (Teollisuuden Voima Oyj) vient de recevoir une note d’Areva NP lui signifiant que finalement le réacteur EPR de conception franco-allemande ne serait que très probablement connecté au réseau qu’en mai 2019, si tout va bien … La dernière notification de ce genre date de septembre 2014 et prévoyait un raccordement vers la fin de l’année 2018. TVO a manifesté son profond mécontentement au sujet de ce nouveau délai et il a ajouté que la restructuration du secteur nucléaire français ne devait en aucun cas compromettre cette dernière annonce.

Pour les non-spécialistes, un réacteur nucléaire est d’abord testé à froid et la pression de l’ensemble de la structure et des équipements connexes est augmentée progressivement jusqu’à atteindre une valeur supérieure à celle d’un fonctionnement en exploitation de routine. Il s’agit de « timbrer » l’équipement. La deuxième étape consiste à réaliser les mêmes essais « à chaud » avec une source de chaleur qui n’est pas encore le combustible à base d’uranium faiblement enrichi. Des anomalies non répertoriées « à froid » peuvent apparaître dans ces conditions. Puis le réacteur est chargé avec du combustible. Il s’agit du troisième volet de ces essais qui permet de vérifier toute une série de détecteurs et de valider le bon fonctionnement de l’ensemble jusqu’au stade final qui est la mise en température nominale par la fission, un processus également progressif. Je résume mais c’est à peu près ainsi que les choses se passent.

Les essais à froid ont été effectués en juin de cette année 2017 à Olkiluoto et les essais à chaud sont programmés pour la fin de cette année. Le contrat de fourniture clé-en-main de cette installation a été signé en 2003, une éternité, et la mise en exploitation était programmée pour l’année 2009 ! TVO a déposé une plainte auprès de la Commission Européenne afin de désapprouver l’aide de 4,5 milliards d’euros de l’Etat français apportée à Areva lors de sa restructuration, craignant que le chantier d’Olkiluoto soit remis en question. La dite commission a bien spécifié, à la demande de la Finlande, qu’il était hors de question que le projet pâtisse de cette restructuration. Il n’en reste pas moins que l’énervement du gouvernement finlandais est parfaitement justifié.

Bien que les autorités politiques se défendent de considérer qu’elles ont « refilé la patate chaude » à EDF qui a absorbé de facto Areva NP c’est tout de même le cas. Les 4 milliards d’euros étant l’objet d’un litige entre TVO et Areva seront-ils pris en charge par le gouvernement français ou par EDF ? La réponse est simple : ce sont les contribuables français qui paieront avec leur facture d’électricité, cela ne fait aucun doute car EDF c’est l’Etat ! Et l’Etat c’est moi comme doit certainement le penser Macron qui, secondé par son ministricule de la transition énergétique renouvelable va devoir se dépêtrer dans ce dossier particulièrement savoureux mais très amer car il révèle la fin programmée de l’industrie nucléaire française. Pendant ce temps-là EDF dépense des milliards, contraint et forcé par le gouvernement gauchiste et écolo, pour installer des moulins à vent un peu partout ainsi que des hydroliennes, la dernière lubie de ces illuminés de l’église de scientologie climatique. À qui va profiter le crime, nul ne le sait précisément mais Olkiluoto et donc Areva NP, après Alstom tout simplement démantelé, le gouvernement français a tout fait pour mettre à genoux l’industrie nucléaire française, jadis un fleuron de technologie respecté dans le monde entier. Quel gâchis …

Note : source partielle et illustration World Nuclear News. L’illustration résume l’ensemble du propos de ce billet.

Electricité de France et petite chronique cinématographique: The Wrong Man (Alfred Hitchcock)

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Il y a plus de 30 ans j’ai travaillé quelques années comme consultant auprès d’EDF à Paris et j’étais chargé de promouvoir les technologies développées par cette société dans le domaine du nucléaire tant aux USA que dans d’autres pays, en particulier en Europe. C’était en France l’époque de la construction de nombreux réacteurs du type 900 MW électriques, une sorte de fabrication standardisée en série sous licence Westinghouse. Il s’agissait d’une stratégie définie par le gouvernement pour réduire les coûts d’implantation de ces sources d’énergie qui permettraient à la France de devenir autonome sur le plan énergétique pour la production d’électricité. C’était aussi l’époque de la finalisation de la ligne TVG Paris-Lyon, la seule ligne de train à grande vitesse rentable encore aujourd’hui dans le monde (avec le shinkansen reliant Tokyo à Osaka) et il fallait naturellement produire de l’électricité à un prix abordable et indépendamment des fluctuations des cours du pétrole. Bref, EDF construisait des centrales nucléaires un peu partout sur le territoire français. EDF était le maître d’oeuvre, le CEA contrôlait le combustible, normal c’était encore du ressort des militaires car ils étaient avides de plutonium, Framatome fournissait les chaudières et les échangeurs de chaleur et le reste était sous la responsabilité de contractants divers étroitement contrôlés par EDF qui disposait de ses propres bureaux d’étude et de ses centres de recherches et d’essais intra muros que j’ai tous visité.

C’était juste un petit rappel de cette époque dorée d’EDF alors présidée par Marcel Boiteux que j’eus l’honneur de rencontrer dans son bureau rue Murat, à Paris. C’était un électricien pur et dur et non pas un technocrate comme aujourd’hui qui ne pense qu’avec sa calculette dans la main et ne peut prendre aucune décision stratégique sans en référer au premier ministre voire au Président qui n’y connaissent naturellement rien du tout dans le domaine de l’énergie électrique. Boiteux (Normale Sup et Mines de Paris) vivait et raisonnait dans le réel, le concret, et il disposait d’un relative indépendance vis-à-vis du gouvernement, ce qui n’est plus du tout le cas maintenant, et c’est particulièrement déplorable (lire en fin de billet).

Comme j’habitais à Lyon et que je prenais le TGV chaque lundi matin pour me rendre à Paris, je garais ma vieille Renault R5 bleue marine dans les rues proches de la gare de Perrache pour prendre le premier train à destination de Paris. Il m’arrivait souvent de converser durant deux heures et demi avec Raymond Barre, alors maire de Lyon, ou d’autres personnalités car EDF me payait mes voyages en première classe, bien entendu. Un vendredi soir, à mon retour de Paris, après avoir retrouvé non sans mal mon véhicule et réintégré le domicile familial, mon épouse me présenta une convocation de la gendarmerie d’un village de la banlieue ouest de Lyon pour le lundi matin suivant.

Comme Manny Balestrero incarné dans le film d’Hitchcock « The Wrong Man » (1956) par Henry Fonda, un modeste joueur de contrebasse, je faillis bien être pris pour le faux coupable dans une histoire de hold-up à main armée.

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C’est un réel plaisir de relater cet évènement qui s’imprima dans ma mémoire avec une telle intensité en raison de l’angoisse indicible que j’éprouvais alors que je me souviens des moindres détails de mon entrevue avec les gendarmes. J’arrivais donc dans le parking de la gendarmerie avec ma vieille Renault R5 de couleur bleu-sombre, j’aurais utilisé le véhicule de mon épouse, la situation aurait pu être bien pire ou peut-être bien plus favorable, mais seul Alfred Hitchcock en aurait pu déceler les nuances. Bref, j’entrais dans les locaux de la gendarmerie plutôt décontracté et je présentais ma convocation. On me pria d’attendre une autre personne. Après avoir présenté mes documents d’identité je fus conduit dans une pièce où se trouvaient seulement une table et deux chaises – je n’invente rien – et un gendarme commença à me questionner. Tout y passa, exactement comme dans le film d’Hitchcock avec Henry Fonda, et je fus bouclé dans cette pièce plusieurs dizaines de minutes quand enfin le même gendarme revint vers moi.

J’avais un alibi, fort heureusement, qui fut vérifié par le gendarme en appelant la secrétaire du bureau qui commença à lui aboyer copieusement dans les oreilles (ce que j’appris plus tard de vive voix) car j’avais ce lundi matin-là deux rendez-vous importants et je n’avais évidemment pas pu la prévenir de mon absence au bureau. Le jour du hold-up qui eut lieu à Valence, dans la Drôme, des malfaiteurs avaient « emprunté » ma voiture pour réaliser leur forfait et avaient soigneusement remis mon véhicule près de la gare et, détail incroyable, remis de l’essence dans le réservoir. S’ils avaient oublié l’endroit exact où j’avais garé ma voiture, il en était de même en ce qui me concernait ! Ce détail intrigua au plus haut point les gendarmes quand je leur avais expliqué que le lundi matin très tôt je garais mon véhicule dans une rue près de la gare encore passablement endormi et que le vendredi soir il m’arrivait de marcher une dizaine de minutes avant de le retrouver. Pour eux j’étais coupable, le coupable tout trouvé, idéal pour leur hiérarchie. La secrétaire du bureau signala que selon ses notes et mon agenda le jour du hold-up en question je me trouvais à Strasbourg et que plusieurs personnes d’une moralité irréprochable pourraient aisément en témoigner.

Etre désigné comme un faux coupable par les rouages inextricables de l’administration policière puis pénitentiaire comme dans le film est une situation que je ne souhaite à personne. Ce fut pour moi une expérience que je n’ai jamais oublié. Il faut dire que je laissais mon véhicule non verrouillé, on avait déjà forcé la portière et volé mon auto-radio qui d’ailleurs ne fonctionnait plus depuis longtemps. En quelque sorte j’offrais ma voiture à n’importe quel malfaiteur, tout ça pour promouvoir les technologies développées par EDF qui aurait bien mieux fait de se focaliser sur les réacteurs type 900 MW plutôt que d’être soumis au gigantisme imposé par le gouvernement à la suite de la fusion, sous la houlette du CEA, de Framatome et de Creusot-Loire, une catastrophe stratégique que les contribuables n’ont pas fini de payer avec le présent projet insensé d’Hinkley Point C qui, selon les dernières nouvelles, verra un report de mise en service d’au moins 18 mois et un surcoût de plus de 3 milliards d’euros naturellement payés par les contribuables, cette fois-ci français car les Anglais ne veulent pas entendre parler de surcoût. J’ajouterai pour en terminer avec EDF que cette entreprise d’Etat fait dans le « renouvelable » contrainte et forcée par le gouvernement français qui lui a inoculé le virus vert contre lequel il n’existe toujours pas de vaccin : EDF en mourra, je n’en dirai pas plus.

Illustrations : captures d’écran du film d’Alfred Hitchcock avec Henry Fonda et Vera Miles.

Note. Marcel Boiteux a repris un principe dit d’élasticité des prix des services monopolistique d’Etat, la règle de Ramsey-Boiteux dont l’énoncé est le suivant (Wikipedia) :

Cette règle postule qu’un monopole naturel fait des pertes s’il doit fixer son prix à son coût marginal car il y a un coût initial important qu’il doit absorber. Ce monopole naturel va donc essayer de parvenir à l’équilibre. Il doit donc utiliser une tarification qualifiée de second rang qui est supérieure au coût marginal et inversement proportionnelle à l’élasticité de la demande : l’idée est de récupérer les coûts fixes sur les services les moins élastiques, la tarification non linéaire qui pèse plus sur les usagers captifs. Cette règle s’applique tout particulièrement aux services publics tels que les télécommunications, les transports et éventuellement la production d’électricité. En vertu de cette règle le régulateur (en l’occurence un gouvernement) doit laisser une certaine marge de manoeuvre tarifaire à l’opérateur (ici EDF). Ce n’est malheureusement plus le cas aujourd’hui dans la mesure où le retour sur investissement des unités de production, compte tenu de leurs coûts élevés, ne permet plus d’optimiser les prix, situation aggravée par la fixation des prix autoritairement décidée par le gouvernement en ce qui concerne le kWh pour financer le développement des énergies dites renouvelables. Il est donc tout à fait probable que le prix du kWh facturé par EDF – je parle ici de la France – explose à brève échéance. Pour les curieux, voici le lien compréhensible pour un économiste (ce qui n’est pas le cas de votre serviteur) : https://en.wikipedia.org/wiki/Ramsey_problem

Nouvelle des EPRs de par le monde

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Alors que les premiers mètre cube de béton ont été coulés sur le site d’Hinkley Point C à la fin du mois de mars de cette année pour une inauguration tout électrique de l’installation comportant deux EPRs aux alentours de la fin de l’année 2025 l’Office National d’Audit (NAO) anglais s’est ému des termes du contrat signé entre le gouvernement britannique et EDF, secondé par son partenaire chinois CGN. La construction devrait sauf imprévus coûter un peu plus de 20 milliards d’euros qui seront remboursés par les consommateurs anglais pendant les 35 années suivantes, le prix du MWh ayant été fixé selon les termes du contrat à 92,5 livres, prix corrigé selon le taux d’inflation annuel. Si le marché de gros de l’électricité anglais entrait dans une grande déprime alors ce seront les consommateurs et à défaut les contribuables de sa très gracieuse Majesté qui paieront et la facture risque d’être salée puisque le NAO l’a estimée à plus de 30 milliards de livres au lieu des 6 milliards envisagés lors de la signature du contrat.

Pendant ce temps-là le couvercle de la cuve du réacteur de Flamanville présenterait des défauts de fabrication comme d’ailleurs la cuve elle-même. Il faut prendre avec la plus extrême précaution ces informations car elles émanaient directement de Greenpeace. Cette organisation ne dispose pas de tous les éléments du dossier et elle déplore le manque de transparence d’AREVA et d’EDF. En conséquence toutes les rumeurs défavorables lui sont permises. Cela s’appelle de l’impartialité … En dernier ressort c’est l’ASN qui a pris la décision et la plus favorable afin de ne pas retarder encore et toujours la mise en service de ce réacteur est d’autoriser l’utilisation de ce couvercle durant le premier chargement en combustible et éventuellement le second. Puis ce ne sera pas le premier couvercle qui sera changé en cours d’exploitation … Malgré tous ces aléas l’EPR de Flamanville est prévu pour produire ses premiers méga-watts fin 2018 avec plus de 6 ans de retard et un coût global qui a plus que triplé.

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Quant à l’EPR finlandais dont la construction aura été retardée de près de 7 ans, AREVA (ou du moins ce qu’il en reste) vient de procéder aux premiers essais à froid. Ces essais consistent à remplir l’ensemble du circuit primaire du réacteur avec de l’eau (en l’absence de combustible) et de faire monter la pression artificiellement. Les pompes primaires seront également testées dans le cadre de cette opération qui devrait durer au moins jusqu’à la fin de cet été. L’ensemble sera soumis à une pression supérieure à la pression normalement opérationnelle pour que l’installation soit « timbrée » selon l’expression employée pour toute installation industrielle sous pression. Puis les mêmes essais à chaud se dérouleront dans le courant de l’automne. L’autorisation de fonctionnement devrait être rendue par les autorités compétentes au début de l’année 2018 et le réacteur raccordé au réseau à la fin de la même année, si tout va bien …

Enfin pour les deux EPRs en construction sur le site de Taishan en Chine, la première tranche dont la construction a débuté en 2009 devrait être opérationnelle à la fin de cette année et la seconde unité vers la mi-2018. Restons optimistes … Toujours est-il que tous ces déboires révèlent l’incroyable mauvaise gestion d’AREVA, une entreprise contrôlée par l’Etat via le CEA, et comme toute entreprise étatique de ce genre elle est mal gérée. Pendant de nombreuses années EDF était dirigé par des électriciens qui connaissaient leur métier et qui avaient su préserver une certaine indépendance vis-à-vis de son actionnaire. Ce n’est malheureusement plus le cas aujourd’hui car cette entreprise est asservie par des hauts fonctionnaires qui ne savent pas de quoi ils parlent. Triste image des entreprises industrielles françaises au sein desquelles l’Etat se mêle de ce qui ne le regarde pas.

Illustrations : Hikley Point C et et Olkiluoto. Sources : AFP et World Nuclear News

BRÈVE : Hamon veut fermer dix réacteurs nucléaires

BRÈVE : Hamon veut fermer dix réacteurs nucléaires

Une information qui n’a pas été reprise par la presse est significative de la dangereuse évolution de la politique énergétique « post-Fukushima » allemande : les consommateurs de l’Allemagne ont subi des coupures d’électricité à répétition sur les réseaux basse tension car il fallait privilégier les consommateurs industriels. Les moulins à vent et les panneaux solaires n’arrivent pas à l’évidence à prendre en charge la fermeture récente de 8 réacteurs nucléaires.

En France le candidat au trône élyséen, Benoit Hamon, vient de déclarer qu’il était plus rentable pour EDF, donc pour l’Etat, de fermer toutes les unités arrivant en ‘fin de vie » car les travaux nécessaires pour la prolongation de leur fonctionnement décidée par une instance indépendante, je le rappelle, serait trop coûteuse et estimée à 51 milliards, selon EDF. Les deux unités de la centrale nucléaire de Fessenheim qui ont reçu l’agrément de prolongation de dix ans (au moins) de fonctionnement ont été déjà préparées pour cette exploitation. Mais non ! Elles vont être arrêtées : un non-sens économique et financier total que Monsieur Hamon veut d’ors et déjà multiplier par 5. Hamon n’est qu’un rêveur et un incapable qui veut attirer les voix des écolos en déclarant droit dans ses bottes que, je cite la dépêche de l’Agence France Propagande :  » le coût du maintien ou (du) prolongement de l’espérance de vie de nos réacteurs nucléaires est estimé à 60 milliards d’euros qui renchérissent le coût de l’électricité produite par le nucléaire, et le rapproche de facto du coût de l’électricité produite par des énergies renouvelables« . N’importe quoi …

Source : AFP. J’ai corrigé une faute d’orthographe dans le texte reproduit ici en caractères gras.

L’énergie nucléaire dans le mix énergétique « low carbon »

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Le Lloyd’s Register, un cabinet de consultants britannique, vient de publier un rapport relatif à la perspective de l’énergie nucléaire dans le cadre des énergies dites « low carbon » c’est-à-dire émettant peu ou pas de CO2 dans l’atmosphère. Dans ce rapport, dont je n’ai lu que le résumé, on découvre que la technologie la plus prometteuse et la moins coûteuse pour l’énergie (électrique) dite low carbon est le petit réacteur nucléaire modulaire. Depuis les premiers balbutiements de l’énergie électro-nucléaire au début des années 1950 ce fut la course au gigantisme qui a probablement atteint ses limites avec le fameux EPR d’Areva d’une puissance de 1650 MW électriques (MWe) dont la faisabilité n’a encore pas été prouvée malgré la propagande insidieuse organisée par le gouvernement français pour sauver ce dernier fleuron de la technologie nucléaire hexagonale qui ne connaitra très probablement pas de lendemains.

La tendance est maintenant revenue vers les petits réacteurs de 50 à 300 MWe englobant toutes les technologies, depuis les réacteurs à eau pressurisée jusqu’aux breeders avec refroidissement à l’aide d’hélium, de plomb liquide ou un mélange de plomb et de bismuth ou encore l’utilisation de thorium comme combustible.

L’avantage qui va rendre ces petits réacteurs ultra-compétitifs sur le plan commercial est leur construction rapide totalement modulaire en usine et non sur site. Cette approche réduira les coûts de construction et la rapidité de la mise en place de nouvelles unités adaptées aux réseaux électriques existants avec un prix du kWh ultra-compétitif.

De plus ces réacteurs seront entièrement automatisés au niveau de leur pilotage avec des systèmes de sécurité simples et efficaces, des rechargements en combustible parfois espacés de plusieurs années (dans le cas des breeders à thorium, plus de 10 ans) et des retraitements du combustible entièrement automatisés et sécurisés, conditions sine qua non pour qu’ils soient accueillis favorablement par le public.

Le Llyod’s Register insiste aussi sur le fait que l’énergie nucléaire contribuera longtemps dans le mix énergétique en connexion avec une modernisation des réseaux de transport et de distribution favorisée par les innovation informatiques récentes. Selon cette étude l’un des développements technologiques attendu dans les prochaines années concernant le stockage de l’énergie électrique est l’avènement de super-condensateurs permettant de recharger rapidement de très grosses batteries d’accumulateurs dans le cadre du mix énergétique incluant les énergies renouvelables et par essence intermittentes.

Il reste à convaincre l’opinion publique de la nécessité de mettre en place ces petites unités de production électro-nucléaire mais dans tous les cas de figure ces unités de production seront parfaitement compétitives dans la mesure où les coûts de construction et de fonctionnement seront très largement inférieurs à ceux d’unités plus importantes comme en particulier l’EPR.

Cette étude a été réalisée après consultation de plus de 600 spécialistes du secteur énergétique, toutes professions confondues, depuis les constructeurs de réacteurs, spécialistes du retraitement du combustible et compagnies de transport et de distribution de l’électricité de par le monde.

Source : Llyod’s Register. Illustration : réacteur surrégénérateur modulaire refroidi à l’hélium en circuit fermé prévu pour délivrer une puissance de 25 à 50 MWe avec rechargement tous les 8 ans. Les surrégénérateurs à uranium-238 ou thorium-232 sont considérés comme des sources d’énergie partiellement renouvelable dans la mesure où ils produisent leur propre combustible à partir de ces éléments dits fertiles. La France dispose d’un stock d’uranium-238 suffisant pour assurer une production d’électricité pendant plus de 1000 ans à l’aide de breeders.

Fessenheim : En France l’incompétence des hauts fonctionnaires est exemplaire

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Voici une dépêche de l’Agence France Propagande » (AFP) qui comme à son habitude scrute tout évènement susceptible de satisfaire la mouvance anti-nucléaire pilotée par Greenpeace, entre autres organisations subversives. Il s’agit toujours (et encore) de la fermeture programmée de la centrale nucléaire de Fessenheim qui pourrait sans encombre être exploitée encore pendant peut-être 30 années voire plus. Il s’agit d’un immense gâchis payé par les contribuables, faut-il le rappeler, un gâchis technologique, un gâchis environnemental, un gâchis financier pour EDF et enfin un gâchis économique et social pour la région Alsacienne. Puisque la fermeture de cette usine a été décidée par Hollande dans son programme électorale elle va donc avoir lieu. Ce sera d’ailleurs à peu près la seule promesse que Hollande aura tenu au cours de ses 5 années de règne catastrophique qui aura conduit la France dans un marasme économique, social et culturel peu enviable.

Mais non ! Ça ne suffit pas, il faut aussi détruire le patrimoine nucléaire français payé par les contribuables car les organisations écologistes l’ont exigé, Greenpeace et Corinne Lepage en premier lieu. La dépêche d’agence ci-dessous en dit long sur l’incompétence crasse du sieur Carenco, actuel préfet de la Région Ile-de-France, qui va prendre les manettes de la commission de régulation de l’énergie, un comité Théodule de plus en charge de faire respecter les accords de la COP21, comme si la France avait besoin de se serrer la ceinture en matière d’émissions de CO2 puisqu’elle est l’un des pays les moins pollueurs en termes de rejets de CO2 par les usines de production d’électricité. La principale activité française rejetant du CO2 est le transport par véhicules automobiles, or la centrale nucléaire de Fessenheim pourrait allègrement recharger 400000 voitures électriques chaque jour (1,4 % du parc automobile français) mais les écolos (dont fait partie Carenco) n’ont pas effleuré ce détail dans leur petit cerveau pollué par une idéologie totalement déconnectée de la réalité.

La France peut se passer de l’électricité de Fessenheim (président pressenti de la CRE)

Paris – La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), promise à la fermeture par le gouvernement, n’est pas indispensable à la sécurité d’approvisionnement électrique de la France, a estimé mercredi le candidat pressenti à la présidence du régulateur français de l’énergie.

« A-t-on besoin de Fessenheim aujourd’hui? (…) Ma réponse est non, en sécurité d’approvisionnement », a déclaré Jean-François Carenco, actuellement préfet de la région Ile-de-France.

« Fessenheim, c’est un autre sujet que la satisfaction immédiate en France de l’équilibre offre-demande », a-t-il ajouté lors d’une audition devant la commission des Affaires économiques du Sénat, préalable à sa nomination à la tête de la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

« On peut avoir besoin de Fessenheim pour d’autres sujets, pour d’autres raisons », a-t-il toutefois estimé.

La puissance des deux réacteurs alsaciens, de 900 mégawatts (MW) chacun, pourraient facilement être substituée par des énergies renouvelables, à condition de développer des technologies de stockage pour pallier leur variabilité en fonction des conditions météo.

« 1.800 mégawatts de puissance, vous les gagnez en un rien de temps sur les énergies renouvelables. C’est donc bien un problème de stockage », a assuré M. Carenco.

« Oui, les énergies renouvelables triompheront, premièrement quand on saura les stocker correctement et qu’on aura défini un système de stockage. Deuxièmement, lorsqu’on n’aura plus besoin du nucléaire en base », c’est-à-dire pour alimenter la consommation en dehors des heures de pointe, selon lui.

Fin janvier, le président de la République avait indiqué envisager de nommer Jean-François Carenco à la présidence de la CRE en remplacement de Philippe de Ladoucette, dont le mandat est arrivé à échéance début février.

Avant le Sénat amené à se prononcer également, la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale a annoncé avoir approuvé à l’unanimité la nomination de ce haut-fonctionnaire de 64 ans à la suite de son audition mardi.

M. Carenco a notamment été directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo au ministère de l’Ecologie et de l’Energie.

(©AFP / 08 février 2017 17h44)

Comme mes lecteurs ont pu le constater les propos de Carenco sont totalement farfelus. À l’évidence il ne sait pas de quoi il parle. Le seul stockage des énergies intermittentes dites vertes ou renouvelables qui soit économiquement réalisable est le pompage de l’eau de rivière dans des retenues collinaires ou en altitude, point barre. Toutes les autres technologies de stockage direct de l’électricité sont des vues d’esprits dérangés car elles ne sont économiquement pas viables. Or la France a presque totalement épuisé les capacités de développement de telles infrastructures et s’il en reste encore – je pense au bassin versant de la Loire et à quelques autres rivières dans le Sud-Ouest de la France – un quelconque projet d’aménagement de retenues verrait immédiatement une opposition féroce des écologistes qui restent logiques avec eux-mêmes : tout développement pouvant détruire des milieux naturels est à bannir. Mais qu’en est-il des éoliennes tueuses d’oiseaux migrateurs et de rapaces nocturnes, qu’en est-il des panneaux solaires qui grillent sur place les insectes (et les oiseaux), qu’en est-il des fermenteurs de biomasse qui dégagent des gaz toxiques dont personne ne parle et dont on ne sait que faire ? Carenco est un incapable comme beaucoup de hauts-fonctionnaires pour qui seule la carrière et la retraite qui s’en suit sont importantes. La France, sous l’impulsion des mouvements écologistes, depuis Borloo et Lepage, est définitivement entrée dans une ère de régression et d’obscurantisme. Merci pour mes petits-enfants !

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Je voudrais faire également une remarque au sujet des retombées économiques nationales de la fermeture de Fessenheim. La France a été durant des années exportateur net d’électricité vers les autres pays européens. Or il se trouve qu’aujourd’hui le pays importe de l’électricité principalement de l’Allemagne. L’illustration ci-dessus le montre clairement. Il s’agit des mouvements de l’énergie électrique aux frontières de l’Allemagne, document issu de Agora Energiewende daté pour la dernière statistique du 10 février 2017 à 23h21. À quelques rares exceptions près durant les 8, 9 et 10 février la France a importé de l’électricité de l’Allemagne : le 9 février à 1 heure du matin elle a importé sur le marché spot l’équivalent de la production de la centrale de Fessenheim ! Quant à l’Autriche qui fait figure de bon élève européen en matière de rejets de CO2 il ne faut pas oublier qu’elle importe massivement de l’électricité de son voisin allemand …