Actualité. La justice italienne dans le potage ondulatoire …

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Après le tremblement de terre qui détruisit la majeure partie de la ville d’Aquila en Italie en 2009 la justice italienne poursuivit des géologues et les condamna à la prison pour ne pas avoir été capables de prédire ce tremblement de terre – des ondes sismiques – alors qu’ils étaient payés par les contribuables pour leurs travaux. Cet événement provoqua la risée du monde entier en particulier des Japonais qui vivent quotidiennement ou presque avec les tremblements de terre et qui investissent des sommes colossales pour tenter de prévoir les tremblements de terre avec un délai de plus de quelques minutes. Au delà c’est l’inconnu.

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Cette fois c’est la cour d’appel de Turin qui vient de condamner la compagnie de téléphone Telecom Italia en raison de la plainte d’un employé qui souffre d’une tumeur au cerveau. Les juges se sont-ils inspiré des délires de la justice française qui avait grassement indemnisé une folle qui prétendait que les « ondes » la rendaient malade et qui avait contacté l’association Robin des Toits (loi 1901, donc financée par les contribuables) pour trouble de sa santé dégradée par les « ondes » (voir les billets des 27 août 2015 et 17 février 2016 sur ce blog). Ou bien ces juges qui ont ignoré les arrêts de l’agence sanitaire italienne ont fait appel à des expertises indépendantes, ignorant le verdict des scientifiques relatifs à la totale innocuité des radiations électromagnétiques émises par un téléphone portable. Ou alors ces mêmes juges ont peut-être invoqué le fameux principe de précaution. Jamais les chimistes n’ont pu être capables d’exploiter le pouvoir de ces ondes radio pour favoriser des réactions chimiques. Elle dissipent leur énergie en chaleur, une quantité de chaleur infinitésimale dans le cas d’un téléphone cellulaire qui ne peut en aucun cas provoquer l’apparition d’une tumeur.

Le plaignant est donc un escroc, mais en Italie c’est commun … comme en France. Sans autre commentaire.

Quand les militaires prennent les avions civils pour cibles

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Le vol 752 de la compagnie aérienne ukrainienne a servi de cible aux pasdarans qui étaient sur le qui-vive en raison d’une alerte indiquant l’arrivée de missiles en provenance d’un pays étranger. Un missile a été tiré par erreur sur l’avion qui emportait la fine fleur intellectuelle iranienne, en majorité de jeunes ingénieurs et des doctorants retournant au Canada pour poursuivre leurs études universitaires. Parmi les passagers il y avait une trentaine de bi-nationaux irano-canadiens. Deux missiles SA-15 ont été tirés.

Mais cet événement ne constitue pas un précédent si on remonte dans le temps. Les militaires ont toujours considéré l’espace aérien comme leur pré carré et ils semblent se moquer des avions civils. C’est ainsi … Le 11 septembre 1968 le vol Air France Ajaccio-Nice s’écrasait au large du Cap d’Antibes avec 95 personnes à bord. L’avion eut la malchance de survoler une zone maritime où s’effectuaient des exercices militaires. Les autorités maritimes et terrestres avaient émis une alerte pour la période du 9 au 13 septembre mentionnant un « avis de tirs » à l’intention des pêcheurs mais les autorités de l’aviation civile ne crurent pas utile d’en informer la compagnie Air France. Selon une enquête et le témoignage d’un ancien militaire un missile fut tiré depuis le bâtiment lance-missiles le « Suffren » qui se trouvait sur zone ce jour-là.

Le 3 Juillet 1988, à la fin de la guerre Iran-irak le Capitaine Will Rogers commandant l’USS Vincennes dans le nord du Golfe persique confondit l’Airbus d’Iranian Air, le vol 655, avec un F-14 iranien et l’avion civil se trouvant à une altitude de 13500 pieds fut abattu par deux missiles tirés depuis l’USS Vincennes avec 290 personnes à bord. Le Pentagone étouffa l’affaire. Le 17 Juillet 1996 à quelques jours de l’ouverture des jeux olympiques d’Atlanta l’armée américaine était en état d’alerte maximale, du jamais vu depuis la crise des missiles de Cuba. La paranoïa du conseiller à la sécurité de Bill Clinton, Richard Clarke, était à son comble. Le vol TWA 800 parti de Kennedy Airport à destination de Paris puis Rome fut abattu au large de Long Island par un missile de la Navy. Aucun des 230 passagers ne survécut d’autant plus que l’aéronef se trouvait déjà à une altitude de 13000 pieds. Le FBI s’empara immédiatement du dossier laissant sous-entendre qu’il s’agissait d’un attentat terroriste. Pourtant plus de 250 témoins oculaires se trouvant à Long Island certifièrent qu’ils avaient vu distinctement un missile se diriger vers l’avion. La CIA fit taire ces témoins en les achetant ! Le rapport de la tour de contrôle de l’aéroport JFK fut immédiatement séquestré par le FBI et l’affaire fut close.

Enfin l’énigme toujours non résolue du vol MH 17, un Boeing 777 de Malaysia Airlines reliant Amsterdam à Kuala-Lumpur abattu par un missile d’origine russe Buk a été immédiatement imputé à la Russie. La majorité des 298 victimes étaient néerlandais. Les autorités néerlandaises dépêchées sur place interdirent tout accès aux journalistes à la zone où se trouvaient éparpillés les débris du crash. Les autorités malaises ne purent pas avoir accès au dossier et le mystère reste encore aujourd’hui entier en ce qui concerne les auteurs du tir de missile. Quatre suspects, trois Russes et un Ukrainien ont été désignés comme coupables, zvec le soutien de la CIA, sans qu’aucune preuve n’ait pu être apportée quant à leur participation dans le crash du vol MH 17.

En conclusion, et il y a probablement d’autres accidents délibérément provoqués par des forces armées qu’il est difficile de retrouver tant la chape du silence est lourde, les forces armées, les gouvernements, les services secrets et les commissions d’enquête s’empressent d’étouffer ces affaires regrettables ou d’en déformer les faits à des fins politiques. L’Iran a reconnu que son armée avait abattu par erreur l ‘avion ukrainien provoquant une manifestation hostile de la population iranienne et on peut le comprendre. Cette reconnaissance de culpabilité est un fait sans précédent qui mérite d’être salué … (Illustration : l’avion du vol MH17 qui fut abattu au dessus de l’Ukraine)

 

Brèves.

Le prix de l’essence dans l’archipel des Canaries

Ici à Tenerife où j’ai choisi de vivre ma retraite paisiblement loin des frimas hivernaux et des chaleurs étouffantes estivales car le climat y est printanier toute l’année il se prépare une révolte type « gilets jaunes » et les premiers à manifester seront les chauffeurs de taxi. La situation des chauffeurs de taxi à Santa Cruz de Tenerife – je fais cette précision car il existe une autre ville dans l’île de La Palma également appelée Santa Cruz – est catastrophique. Il y a eu trop de licences accordées par la mairie au moment de la grande crise de 2008 pour combattre le chômage et tous ces hommes et femmes, endettés pendant des années pour rembourser leur banquier qui leur avait accordé un crédit pour acheter, qui une Prius, qui une Mercedes, et être promus chauffeurs de taxi, crèvent la faim car il y a trop de concurrence puisqu’il y a trop de taxis. J’avais un rendez-vous ce mercredi 8 janvier avec un médecin tôt le matin dans le centre de santé dont je dépends et j’ai choisi de faire appel à un taxi pour me conduire dans cet endroit situé à deux kilomètres et demi de mon domicile d’autant plus que le temps était exceptionnellement maussade.

Ayant tout de suite identifié que j’étais un Français en raison de mon accent le chauffeur entama la conversation et je répondis dans mon espagnol approximatif. Il me parla des « gilets jaunes » avec admiration. Et il m’avoua qu’ici, dans cette île paisible, la révolte couvait. Il me parla du prix du carburant et de l’augmentation programmée de son prix. Le gouvernement local a décidé que cette augmentation aurait lieu après la rentrée des classes en septembre prochain pour ne pas perturber la saison touristique. Le prix du super sans plomb va passer de un euro zéro cinq le litre à un euro cinquante.

Il avait déjà fait le calcul : 43 % d’augmentation ! Je lui ai expliqué que cette augmentation était le résultat des agissements des écologistes locaux qui ont obtenu la fermeture de la raffinerie de pétrole justement située à l’orée de la ville et qui existe depuis les années 1930 qui selon eux est polluante mais contribuait à une fiscalité très avantageuse pour tout l’archipel en ce qui concerne les carburants, ce que ces mêmes écologistes ont semblé oublier.

Mais j’ai ajouté que non seulement lui et collègues allaient souffrir de ces augmentations car il y aura aussi le gaz de pétrole pour les cuisines, le carburant pour les bateaux, le kérosène pour les avions qui augmenteront dans les mêmes proportions. Au final, dans l’archipel qui dépend largement d’importations tant de l’Espagne péninsulaire que de l’Europe, de l’Amérique du sud ou d’autres pays pour vivre tout va augmenter en conséquence puisque tous ces carburants étaient détaxés. En passant le long du port où il y a en permanence des plate-formes pétrolières en maintenance il m’a avoué (ce que je connaissais déjà) que le Maroc pompait du pétrole dans ses eaux territoriales. Je l’ai informé qu’il y avait aussi du pétrole au large des îles de Fuerteventura et de Lanzarote. Pourquoi alors avoir fermé cette raffinerie ?

En septembre prochain la situation pourrait bien être explosive ici aux Canaries et les écologistes locaux devront opter pour l’absentéisme et rester cachés chez eux. Mêmes causes et mêmes effets puisque l’élément qui a fait bondir les provinciaux français était une augmentation somme toute modeste des carburants en raison des idées stupides de ces même écologistes …

En France : le grand débat sur l’ « âge pivot » de départ à la retraite et les « régimes spéciaux ».

Juste deux exemples pour démontrer la stupidité de cet âge pivot qu’aux dernières nouvelles le gouvernement français aurait abandonné. Pourquoi, comme dans la plupart des pays de l’OCDE, le gouvernement français ne laisse-t-il pas le choix aux travailleurs, qu’ils soient employés d’une entreprise, leur propre employeur ou salariés de la fonction publique, prendre leur retraite quand ils le désirent. Pourquoi les fonctionnaires français veulent absolument légiférer sur tout ce qui concerne la vie des citoyens ? Qu’il y ait des régimes spéciaux, je veux bien, mais il faut tout de même rappeler l’origine par exemple des régimes spéciaux des agents roulants de la SNCF :

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Pour l’un de mes neveux, toute sa carrière a consisté à nettoyer les égouts de la ville de Lyon, c’est tout à fait normal qu’il ait profité de sa retraite à l’âge de 50 ans. Pour ce régime très spécial il n’y aura jamais, par décence, d’âge pivot et c’est bien normal ! A contrario l’autre exemple parle encore plus en ce qui concerne cet âge « pivot » : ma fille a commencé sa carrière à l’âge de 19 ans. Jusqu’à quel âge devra-t-elle travailler pour disposer de sa pleine retraite ? À 64 ans après avoir transpiré pendant 45 ans ? … Cette histoire de réforme des retraites françaises est stupide et pleine d’arrières pensées vraiment malsaines de la part du gouvernement français, d’autant plus que ces retraites sont, cerise sur le gâteau, taxées avec des impôts appellés pudiquement contributions (CSG) alors qu’il s’agit d’une deuxième imposition rétroactive sur le salaire perçu lors de la vie active, ce qui est parfaitement illégal en regard de la loi puisque quelle que soit cette retraite, système public ou retraite complémentaire, elle a été constituée à titre onéreux dans les deux cas. Je m’étonne d’ailleurs qu’aucun retraité ne s’émeuve de cette situation …

Illustration : Gabin dans le film « La bête humaine » de Jean Renoir

La ville de Pevek (Sibérie orientale) maintenant alimentée en électricité nucléaire flottante …

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Le 8 octobre dernier le sujet du billet de ce blog était la centrale nucléaire flottante russe Akademia Lomonosov. Après avoir quitté le port de Mourmansk et parcouru plus de 4700 kilomètres dans l’océan arctique, l’A.Lomonosov a atteint sa destination la ville de Pevek dans la province (Okrug) de Chukotka. Sur place les installations portuaires étaient prêtes à accueillir le navire. Le 19 décembre à 11 heures du matin, heure de Moscou, l’Akademia Lomonosov a été connecté au réseau entièrement rénové de Pevek. Symboliquement le sapin de Noël (artificiel car il n’y a pas d’arbres dans cette région arctique) dressé pour l’occasion hautement symbolique.

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Cette centrale nucléaire produit également de la vapeur pour le chauffage domestique et des bâtiments municipaux et dans quelques mois une unité de dessalage d’eau de mer permettra d’alimenter la ville en eau douce. Le réseau électrique est enfin en cours de raccordement avec le réseau électrique de la ville de Bilibino où se trouve également une petite centrale nucléaire toujours dans le même province de Chukotka et également au delà du cercle polaire qui de ce fait vient d’être arrêtée.

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L’ensemble de ces installations fait partie du programme de développement de la route du nord reliant éventuellement Mourmansk à Vladivostok par mer. L’A.Lomonosov est une première mondiale. Les réacteurs ont été testés durant une année à Mourmansk avant de recevoir leur certification finale.

Sources : ZeroHedge et partielle (illustration) The Barents Observer

Pour les curieux la ville de Pevek est la plus septentrionale du monde. Elle compte près de 5000 habitants après une période plus faste (plus de 12000 h) lors de l’exploitation de minerai d’uranium aujourd’hui abandonnée. Il reste encore des mines d’or et d’étain en exploitation.

Les ours blancs en voie de disparition ? Pas vraiment …

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La région autonome de Chukotka se trouve aux confins nord de la Sibérie orientale. Elle fait face à l’Alaska et dans le petit village de Rirkaypie, que l’on voit ci-dessus en été, la vie est paisible, la chasse au phoque et la pêche occupant la majeure partie du temps des quelques 766 habitants, enfants compris. Du moins quand il y a des phoques … Il se trouve que ce dernier automne a été particulièrement clément et les phoques sont partis un peu trop tôt au goût des ours blancs alors que l’océan était encore libre de glaces. Ces ours blancs évoluent en temps normal quand survient l’hiver sur la banquise à l’affût des phoques qui viennent respirer en surface à la faveur de failles dans cette banquise. Des dizaines de milliers de phoques avaient profité de cet été indien le long des côtes de la péninsule du cap Kozhevnkov (illustration ci-dessus avec le village au lointain) et quand il ont vidé les lieux fin novembre à l’approche du froid des centaines de carcasses de phoques trop vieux ou malades sont vite devenues la seule nourriture pour les ours. Au milieu du mois de décembre cette banquise était trop fragile pour supporter le poids d’un ours adulte mais les oursons se faisaient un plaisir de risquer un bain forcé dans les eaux océaniques.

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Très vite la situation est devenue critique pour ces ours, 56 au total, qui n’avaient brusquement pratiquement plus aucune nourriture en dehors de ces quelques carcasses vite prises par le gel. Ils sont donc allé roder autour du village à la recherche du moindre morceau de nourriture. Cette invasion d’ours est un phénomène rare et il a surpris les habitants du village qui doivent être sur le qui-vive en permanence. De même que dans les parcs nationaux américains il ne faut pas tenter les grizzlis avec de la nourriture laissée dans le coffre de sa voiture au risque de voir celle-ci gravement endommagée par ces ours, de même les ours blancs sont tentés de trouver de quoi se nourrir dans un village qui stocke quelque part de la nourriture. Et 56 ours (il paraît qu’ils étaient en voie de disparition en raison du réchauffement du climat) constituent une sérieuse menace pour la vie quotidienne d’un petit village.

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Avant que ne s’installe la nuit polaire les équipes en charge de contrôler les mouvements des ours afin de protéger la population ont tout fait pour les repousser et les dissuader de s’approcher trop près de Rirkaypie avec des fusées éclairantes. Il faut espérer que cette stratégie sera couronnée de succès, mais les ours apprennent vite qu’ils ne risquent rien et les habitants de Rirkaypie répugnent à utiliser leur fusil d’autant plus qu’une habitante du village est mandatée par le WWF pour suivre l’évolution de la population des ours blancs de la région qui n’ont pas vraiment l’air en mauvaise santé.

Source : The Siberian Times. Prochain billet : nouvelles en provenance de la province de Chukotka.

Le système des retraites japonais : un exemple à suivre en France ? Pas vraiment.

De retour dans « mon île » mes pensées vont toujours vers le Japon. Ainsi, plus au fait de l’actualité européenne et en particulier française, il me revient en mémoire le système de retraites japonais alors que la France s’enfonce dans un marasme social inquiétant provoqué par la réforme du système de retraite français. Ce dossier brûlant a été confié à un grand commis de l’Etat qui s’est révélé être beaucoup plus un profiteur du système qu’un « commis » au sens gaullien du terme comme par exemple Marcel Boiteux, Président d’EDF, que j’eus le privilège de rencontrer brièvement rue Murat à Paris. Ce genre de personnage n’existe plus en France et c’est bien regrettable. Donc le scandale Delevoye, en regard duquel l’ « affaire Fillon » apparait comme une minuscule incartade d’enfant de l’école primaire, a envenimé la rancoeur du peuple qui se sent floué par la mafia qui dirige la France aujourd’hui. Fillon aurait pu être reconnu comme un « grand commis de l’Etat », aujourd’hui tout l’appareil dirigeant du pays est corrompu. Cette corruption a été institutionnalisée par des lois que les politiciens ont mis en place à leur propre avantage afin, en toute impunité donner libre cours à leurs magouilles en tous genres.

Le but ultime du gouvernement est de mettre la main sur les retraites par capitalisation constituées par certaines corporations qui ne croient plus depuis longtemps à la pérennité du système par répartition imaginé par le Comité National de la Résistance au sortir de la deuxième guerre mondiale, système qui ne peut fonctionner que si le taux de natalité est suffisamment élevé afin que les générations accédant au marché du travail soient assez étoffées pour financer la retraite de ceux qui quittent ce marché du travail. Or depuis près de 50 ans le taux de natalité s’est effondré en France et le système du CNR ne fonctionne plus pour cette simple raison démographique. L’expert Delevoye a imaginé des mécanismes de restauration du système des retraites très complexes qui n’ont pas d’autre but que de spolier l’ensemble des Français.

La seule solution qui était encore viable il y a à peine 5 ans aurait été d’instaurer en France un système généralisé de retraite par capitalisation, les charges sociales acquittées par les salariés, les entreprises et les indépendants, artisans, commerçants et agriculteurs, permettant de constituer cette capitalisation. Le système français par répartition ne profite pas à l’économie puisqu’il est déficitaire : voilà l’un des maux de l’économie de la France qui ne dispose pas des capitaux nécessaires pour investir et créer des emplois, ce qu’un système par capitalisation aurait précisément pu faire.

Le cas du Japon est exemplaire dans la mesure où les retraites sont exclusivement constituées par capitalisation. Les capitaux réunis sont gigantesques et sont investis dans l’industrie japonaise. Ce sont des institutions financières privées qui gèrent en partie les investissements et elles sont tenues de réaliser des profits afin d’abonder ces fonds. Il s’agit entre autres de BlackRock, le plus important gestionnaire de fonds de pension du monde. Cette société financière non bancaire a d’ailleurs été contactée par le gouvernement français en vue d’obtenir des conseils relatifs à la réforme des retraites en cours de gestation, et c’est significatif des intentions de l’Etat français. Brièvement la loi japonaise précise que chaque année le gouvernement et les grandes entreprises industrielles et commerciales font les comptes des sous qui restent dans les caisses. Si le montant des capitaux disponibles pour payer les retraites a augmenté, les retraites augmentent et s’il a diminué les retraites diminuent. Libre à ceux qui décident de se constituer un capital supplémentaire d’en prendre soin en en prenant acte, un peu comme les systèmes d’assurance-vie si chers aux Français.

Il y a cependant un gros risque pour les souscripteurs français de contrats d’assurance-vie : ou bien ce seront les compagnies d’assurance qui, acculées par des taux d’intérêt trop bas sur les marchés, se serviront dans le bas de laine de leurs clients ou bien ce sera le gouvernement qui s’en chargera de par la loi comme cela fut le cas avec le Front populaire en 1936.

Par conséquent, et j’en revient au Japon, il arrive que des « petits » retraités japonais se trouvent dans l’obligation de trouver des « petits boulots » pour arrondir leurs fins de mois mais ce n’est pas un problème au Japon puisqu’il y a une pénurie criante de main-d’oeuvre, ce qui n’est pas le cas de la France avec plus de 7 millions de chômeurs. Ainsi il est courant de voir au Japon des septuagénaires assurer la sécurité des passages pour piétons aux alentours des écoles. Il sont rémunérés quelques milliers de yens pour ce travail. Et s’ils restent encore « bon pied, bon oeil » ils osent tirer des fibres optiques sur les réseaux de câbles dans les rues.

Comme je le précisais dans un précédent billet la société japonaise fonctionne très bien car tout le monde se sent solidaire de l’avenir de son pays et du bon fonctionnement de son économie. Il y a cependant un aspect de l’économie qui pourrait mettre en danger le système par capitalisation comme l’ont souligné certains analystes économiques. Il s’agit de la politique des taux zéro, voire négatifs, mise en place par les banques centrales. Les gestionnaires des gigantesques fonds de pension japonais sont donc confrontés à un choix. Ou bien les rentiers, entendez les retraités, sont spoliés (on dit euthanasiés dans le langage des économistes) ou bien les gestionnaires de ces fonds de pension trouvent des investissements profitables auprès des industriels afin d’assurer la pérennité du système. Paradoxalement les investissements réalisés par les gestionnaires des fonds de pension se trouvent dans une meilleure position, pour ce faire, que les banques qui n’ont plus d’autre choix que de proposer aux entreprises des prêts à des taux relativement élevés puisque les marchés financiers sont atones.

Si le monde politique français avait le moindre soupçon de curiosité il s’inspirerait du système japonais. Mais c’est impossible. Depuis l’ère Mitterand la France est devenue un pays socialo-marxiste (maintenant c’est un pays socialo-écolo-marxiste) et elle est engluée dans ses institutions et ses lois qui constituent un terrain favorable à la corruption ainsi qu’à la pression des « partenaires sociaux » – encore un concept inventé par le CNR – totalement corrompus et déconnectés des réalités modernes. Rien ne pourra être changé et le pays continuera à s’enfoncer inexorablement. Tous les rentiers seront spoliés et leur pouvoir d’achat disparaîtra, alors l’économie du pays s’effondrera de plus belle et ce sera le chaos. Voilà ce que la gauche française a créé avec son cortège de corruptions et son manque total de vision à long terme. Comme le dit si bien H16 ce pays est définitivement foutu et il ne reste aux électeurs, retraités ou non, que leurs yeux pour pleurer puisqu’ils ont voté pour des politiciens corrompus et incompétents.

Notes. Le Japon est le deuxième pays du monde pour le nombre de brevets déposés chaque année. C’est la conséquence directe de l’excellence des universités et des instituts techniques de ce pays. L’innovation est donc au centre des préoccupations économiques du pays, un terreau très favorable aux investissements qui sont le fait des initiatives privées et non pas du gouvernement comme c’est le cas en France, pays où le monde politique veut tout diriger. Pour l’innovation « à la japonaise » ce n’est pas le cas en France, pays où les universités et les écoles d’ingénieurs ne forment que très peu de véritables créateurs et si par hasard il en apparaît ces derniers fuient la France pour d’autres cieux plus favorables à leur épanouissement, notamment au Japon ! Juste un exemple à ce sujet : j’ai eu l’occasion de rencontrer à Tokyo il y a quelques jours une équipe d’animateurs 3D et d’informaticiens de grande classe tous français émigrés au Japon parce que l’environnement leur est propice pour développer leurs projets de haut vol compte tenu de la proximité de grandes entreprises telles que Sony ou Mitsubishi, entreprises sérieusement intéressées par la créativité des Français dans ce domaine.

Pour conclure ce billet le remplacement des générations, pour être optimal et permettre la pérennité du système de répartition des retraites en France, requiert des offres d’emploi pour les jeunes diplômés. Or ce n’est pas le cas : près de 60 % des jeunes diplômés français ne trouvent pas de travail. Au Japon, pratiquement 98 % des jeunes diplômés trouvent un emploi à la sortie des universités ou des instituts techniques, les 2 % restants choisissant de poursuivre les études ou leurs recherches. De l’autre côté des tranches d’âge, contrairement à la France où les entreprises sont asphyxiées par les charges sociales et les taxes, l’âge de départ à la retraite relève du choix des employés. Les agents de l’Etat japonais peuvent continuer à travailler jusqu’à 80 ans et le départ à la retraite reste dans le domaine du choix des employés. Fixer un âge pivot pour le départ à la retraite est une autre absurdité qui n’est instituée que pour brider les libertés des citoyens. En définitive le gouvernement français a globalement tout faux au sujet du projet de modification du système de retraites tel qu’il existe aujourd’hui. Il ne peut pas être viable, c’est un fait, mais ce n’est certainement pas cette pseudo-réforme qui le rendra pérenne.

Brève. Si c’était la NRC qui décidait pour l’ASN elle dirait que les réacteurs de Fessenheim sont bons pour le service jusqu’en 2059 !

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Les USA viennent de franchir une étape dans la lutte contre le réchauffement climatique dans le cas de la centrale électro-nucléaire de Turkey Point. Alors que la France s’apprête à initier le démantèlement de ses plus « vieilles » centrales nucléaires en commençant par la doyenne, la centrale de Fessenheim, les Etats-Unis appréhendent le changement climatique de manière diamétralement opposée, objective et pragmatique. Les deux unités nucléaires du complexe de production d’électricité de Turkey Point situé à une trentaine de kilomètres au sud de Miami comprenant deux unités thermiques classiques et une unité à gaz (illustration) ont été raccordées au réseau en 1972 et 1973. Il s’agit de réacteurs à eau pressurisée (PWR) de technologie Westinghouse strictement identique à celles de la centrale française de Fessenheim avec ses deux réacteurs, raccordés au réseau en 1978, dont une partie alimente l’Allemagne et la Suisse voisines, ce qui rapporte, c’est bon de le noter au passage, quelque 1,2 milliard d’euros à la France (voir à ce sujet l’article de Sébastien Richet sur le site Contrepoint, lien en fin de billet).

La NRC (Nuclear Regulation Commission) est l’équivalent de l’ASN française (autorité de sureté nucléaire) et elle a tout pouvoir, indépendamment du pouvoir politique, pour décider si oui ou non une installation nucléaire civile peut voir son exploitation prolongée. Cet organisme, contrairement aux politiciens, détient l’expertise dans ce domaine et c’est à lui et non au pouvoir politique, pour quelque raison que ce soit, de décider de la prolongation de l’exploitation d’une installation électro-nucléaire. La différence entre la France et les USA est claire : le pouvoir politique américain ne peut pas intervenir dans les décisions de la NRC alors que les écologistes se sont arrogé le droit de décider de la politique énergétique de la France. Pour les écologistes qui pourrissent la tête de l’Etat français la compagnie Electricité de France n’est qu’une entreprise parmi d’autres qui doit se plier à leurs volontés.

La NRC a décidé de prolonger la « durée de vie » des deux réacteurs de Turkey Point jusqu’à 80 ans. C’est-à-dire jusqu’en 2054, après on verra. Comme ceux de Fessenheim ces deux réacteurs sont en parfait état de marche et il n’y a aucune raison d’en arrêter l’exploitation. Les Etats américains comptent leurs sous, en France c’est le contribuable qui paie la facture : il faudra bien un jour éponger le déficit commercial de la France (cf. le TARGET2). Faut-il que Hollande ait succombé aux charmes des représentantes des partis écologistes pour prendre cette décision insensée de fermer la centrale de Fessenheim, que ce soit Corinne Lepage, l’indicible représentante des écolos suisses et allemands, ou encore la Miss Duflot, l’opportuniste numéro 1 du monde politique français qui s’est fait embaucher par Oxfam.

Il est tout à fait incompréhensible que Macron, fin connaisseur des chiffres et des bilans des entreprises, savoir-faire qu’il a acquis chez le banquier d’affaires le plus prestigieux du monde, ne comprenne pas que le pacte électoraliste de Hollande avec les partis écolos devrait tout simplement être dénoncé ainsi que cette transition énergétique écologique et solidaire qui ne veut rien dire pour préserver la santé énergétique de la France, son économie, son industrie et le bien-être de ses citoyens … s’il en est encore temps.

Si c’était la NRC qui décidait pour l’ASN elle dirait que les réacteurs de Fessenheim sont bons pour le service jusqu’en 2059 ( ! ) laissant largement le temps au gouvernement d’aiguiser ses couteaux pour « sauver le climat » puisque le nucléaire est la seule source d’électricité « zéro carbone ». Bien entendu les langues de vipère, et il y en a des charrettées dans le gouvernement français, toutes aussi incompétentes les unes que les autres, diront que c’est sous la pression de Donald Trump, propriétaire de toutes sortes de domaines luxueux en Floride, que l’exploitation de ces deux réacteurs a été prolongée. Pas de chance ! la NRC est, de par son statut, totalement impérméable aux injonctions des politiciens.

La France pourrit par la tête avecc les écolos, ce pays est définitivement foutu pour reprendre les mots d’H16.

Illustration : Florida Power & Light, exploitant de Turkey Point.

https://www.contrepoints.org/2019/10/16/355837-la-fermeture-de-fessenheim-nest-ni-economique-ni-ecologique-mais-politique