L’Europe s’en est allée : Adresse d’Emmanuel Todd à l’Allemagne

Copié-collé de la traduction d’un entretien publié par le Spiegel le 4 août dernier trouvé sur le blog de Xipetotec (site Mediapart)

SPIEGEL : Monsieur Todd, en 1976, vous avez prédit la fin de la domination soviétique dans votre livre La chute finale basé sur des analyses démographiques et sociales. Le pronostic audacieux de l’époque vous a fait connaître internationalement d’un seul coup. Croyez-vous à la dissolution de l’Union européenne aujourd’hui ?

Todd : L’Europe est dans un état lamentable : déchirée, divisée, malheureuse. Ses élites dirigeantes sont prises dans un sentiment d’impuissance. Ce que nous vivons maintenant me rend très triste. Mais ça ne me surprend pas du tout. C’était prévisible. De plus, c’était inévitable.

SPIEGEL : Pourquoi ? Après la guerre froide et la division de l’Europe, l’Union européenne, qui ne cesse de s’étendre et de devenir plus attrayante, a semblé grandir dans l’unité pendant longtemps, jusqu’à devenir une union politique à part entière.

Todd : J’adopte une vision anthropologique de l’histoire. Institutionnaliser un certain degré de coopération entre les nations européennes était un objectif à la fois ambitieux et raisonnable. Mais en tant que spécialiste des structures familiales et donc des systèmes moraux, des modes de vie, je ne me suis jamais abandonné à l’idée romantique selon laquelle les Européens seraient tous culturellement équivalents et que l’Europe pourrait devenir une zone homogène. L’UE devient victime de sa propre sacralisation et se surestime excessivement.

SPIEGEL : Où et quand détectez-vous la rupture ?

Todd : En fait, depuis 1992, lorsque le projet d’union monétaire a pris forme et que l’idée d’unifier finalement le continent par le biais de la monnaie est apparue. Je me suis dit que l’Europe était mal partie. Car dès lors, la métaphysique européenne s’opposait à la réalité du monde.

SPIEGEL : Dès le début, il y a eu peu d’objections à l’euro. Il s’agissait principalement de technocrates et d’économistes.

Todd : Je pense qu’ils visaient au-delà de l’essence – même s’ils n’avaient pas tort. Contrairement aux hypothèses marxistes, le cours de l’histoire ne peut être réduit au développement économique. Certains changements cruciaux se produisent dans des couches plus profondes de la vie sociale. L’Europe risque de se désintégrer à nouveau dans ses différentes parties parce que la politique et l’économie politique, en tant qu’idéologie dominante, n’a pas voulu tenir compte de la diversité du continent. Ils ont dit aux Français d’être comme les Allemands. Mais ils ne le peuvent pas, même s’ils le veulent. Les Allemands se sont vu refuser le droit d’être Allemands. On a nié que l’Allemagne travaille plus efficacement que la France et qu’elle est capable d’efforts collectifs considérables. Il a été immédiatement nié que beaucoup moins d’enfants naissent en Allemagne. De telles particularités et des particularités similaires peuvent être trouvées dans tous les pays à des fins pratiques. L’idéologie européenne a prévalu sur l’empirisme. L’UE s’est engagée dans une impasse de déni de la réalité.

SPIEGEL : A Paris comme à Berlin sont lancés des Mantra contre la crise : plus d’Europe, plus de communautarisation, plus de courage pour aller de l’avant. Que suggérez-vous ?

Todd : Il n’est pas possible de comprendre le malaise sur le continent européen si nous restons piégés dans les deux principes les plus importants qui se trouvaient au début du processus de construction européenne : la croyance en la primauté de l’économie prétendument dominante et l’hypothèse d’un développement commun des nations vers une société de consommation unifiée. Dans un monde où l’économie aurait été le moteur de l’histoire et où les pays auraient adapté leurs performances économiques du Nord au Sud et de l’Ouest à l’Est du continent, le projet aurait été un succès. Mais notre monde est différent.

SPIEGEL : Elle a également été couronnée de succès pendant des décennies, l’harmonisation des conditions de vie a progressé. Pourquoi l’adaptation politique et culturelle n’a-t-elle pas suivi ?

Todd : La théorie de la convergence a fonctionné aussi longtemps que l’Europe de l’Ouest a d’abord comblé le fossé économique avec les États-Unis, puis espéré intégrer l’Europe de l’Est. Entre-temps, la tendance s’est inversée. La marche vers l’inégalité se poursuit, sous l’impulsion de la doctrine du libre-échange et de la mondialisation. Le libre-échange ne crée pas automatiquement plus de prospérité pour tous, mais oblige les pays industrialisés à une concurrence acharnée, ce qui mène finalement à une guerre économique et commerciale, comme nous devons maintenant en faire l’expérience. En Europe, l’union monétaire exacerbe une fois de plus de façon dramatique les effets du libre-échange : tout le monde doit participer à la même course, mais avec des handicaps différents.

SPIEGEL : Pour l’Allemagne, la poursuite de l’existence de l’Union européenne est devenue depuis longtemps une raison d’État. Aucun homme politique allemand ne veut qu’on dise qu’il est un trouble-fête européen.

Todd : Je ne le nie pas. On m’a souvent accusé d’être Antiallemand. Je ne le suis pas. Au contraire, j’admire beaucoup l’Allemagne. Mais ce dont nous avons besoin en Europe, c’est d’une Allemagne lucide et consciente de son rôle. L’Allemagne n’est pas la seule responsable de la transformation kafkaïenne de l’UE. Mais sa propre pesanteur est ici un facteur important, car l’Allemagne est orientée vers des valeurs universelles qu’elle nie en même temps et qui, par conséquent, déploient leurs effets sans scrupule et sans inhibition.

SPIEGEL : Comment ? Nous avons plutôt l’impression que l’Allemagne doit être incitée à assumer ses responsabilités.

Todd : Je suis français, mais contrairement à mes concitoyens, en tant que scientifique, je ne suis pas guidé par le postulat d’un homme universel abstrait qui est l’héritage de la Révolution française. L’homme est universel, mais il vit dans des systèmes familiaux, sociaux et religieux différents qui déterminent son existence concrète. Chaque système, chaque culture représente une solution possible à l’insécurité de l’existence humaine, et chacun a des avantages et des inconvénients. L’économie doit être comprise comme une superstructure consciente, mais sa conception dépend de processus inconscients et subconscients. L’abstraction universaliste a eu des conséquences désastreuses pour l’Europe. L’Allemagne est obligée de s’identifier à un Occident abstrait qui défend le dogme de l’individualisme et croit en des lois et des recettes économiques universellement valables.

SPIEGEL : Avec tout le respect que je vous dois, n’est-ce pas vous qui fuyez dans la métaphysique ou, pire encore, dans la mystique nationale ? Vous cherchez un être allemand ou l’âme allemande qui isole le pays du reste de l’Europe et du monde ?

Todd : Le dogmatisme, la démesure et l’hybris sont très allemands, du moins du point de vue des autres. C’est précisément ce que l’Europe a connu à nouveau pendant la crise migratoire et le comportement aventureux de Mme Merkel. L’augmentation soudaine de l’importance de l’Allemagne en Europe et dans le monde, qui n’était pas le résultat d’un projet conscient, mais plutôt la conséquence inévitable de la réunification et de l’efficacité économique, a mis en avant un pays qui ne se considérait plus comme le chef de file de l’Union européenne. L’Allemagne a été aveuglée simultanément par deux idées abstraites : l’universalisme économique américain et l’universalisme politique français. Mais tout ce qu’elle a pu proposer à ses partenaires européens dans la crise financière, ce sont ses propres mesures économiques, qui incarnent un ordre social autoritaire et inégalitaire avec une forte intégration de l’individu.

SPIEGEL : Ce qui n’est pas forcément une erreur.

Todd : Mais elles ne peuvent pas être appliquées dogmatiquement. En Italie et en Grèce l' »économie sociale de marché à l’allemande » n’a aucun sens. En France, le terme « ordolibéralisme » est associé à une politique économique allemande répressive et est maintenant aussi négatif que le mot « ultra », ou encore « néolibéralisme. » Tenter d’imposer sur les autres fondements anthropologiques de ces pays un concept économique abouti en Allemagne ne peut qu’accroître les différences entre les nations.

SPIEGEL : Vous n’avez certainement pas oublié que l’union monétaire n’était pas le résultat d’une perfide ruse de guerre allemande.

Todd : C’est absolument clair, c’était une tentative totalement inadaptée des socialistes français sous le président François Mitterrand de construire un rempart contre la domination économique des Allemands. Il aurait été préférable pour tout le monde que l’Allemagne ait envisagé une perspective raisonnable pour les différentes nations sous une forme modérée et assumé un rôle de leadership flexible qui aurait pris en compte les différences anthropologiques et culturelles sur le continent. Établir la même norme juridique et économique pour tous, d’un point de vue moral, c’est certes impeccable, mais en pratique cela conduit à un cauchemar pour tous.

SPIEGEL : Personne ne veut niveler l’Europe, surtout pas la Chancelière. Sa rhétorique politique n’évoque pas seulement l’unité, mais aussi la diversité de l’Europe. Et le fait que les sociétés sont différentes dans leurs valeurs et leurs formes organisationnelles est un truisme. Pourquoi sommes-nous néanmoins confrontés à une spirale d’aliénation et de ressentiment croissants ?

Todd : Parce que l’universalisme du taux de profit exige que la diversité anthropologique du monde soit ignorée. L’économisme exige une vision uniforme des sociétés. Mais lorsque ces sociétés sont mises en concurrence les unes avec les autres, contraintes de s’adapter et menacées de désintégration, elles finissent par se replier sur elles-mêmes d’une manière ou d’une autre.

SPIEGEL : La mondialisation comme moyen de lutte contre le nationalisme précède un virage dialectique ?

Todd : Le stress économique en Europe signifie que les Italiens deviennent plus italiens, les Anglais plus anglais, les Français plus français et les Allemands plus allemands. Ils se souviennent naturellement de leurs valeurs et particularités originales. Trop avancé, le libre-échange favorise la xénophobie universelle, le libéralisme sans barrières et le particularisme national. Le retrait dans les frontières, combiné à un effondrement soudain, est présenté à l’Europe et au monde d’une manière effrayante par l’image du président américain Donald Trump.

SPIEGEL : Une idée aussi diffuse que la nature nationale d’un peuple ne peut être comprise scientifiquement. Quelles structures profondes et objectivement vérifiables maintiennent les différences entre les nations en Europe, même si tout le monde s’efforce de mener une bonne vie dans la prospérité ?

Todd : Bien sûr, l’identité nationale ne doit pas être réduite à son caractère populaire. Mais depuis l’âge de pierre, différents systèmes familiaux se sont développés et se sont répandus à travers l’histoire de l’humanité, qui, à ce jour, ont une influence profonde sur les mentalités, les valeurs, la morale, les coutumes et donc le comportement. Ils sont beaucoup plus anciens que les religions qui interagissent avec eux d’une manière complexe, parce que chaque religion a quelque chose à dire sur la sexualité, la reproduction, la relation de l’homme et de la femme. Dans un sens, la famille et la religion forment l’inconnu des sociétés, tandis que l’économie et la politique ont lieu à la surface de l’histoire, dans le domaine de la conscience. La nation n’est que la forme actuelle tardive de l’intégration humaine dans un groupe sans lequel la vie de l’Homo sapiens depuis la nuit des temps, depuis les chasseurs et les cueilleurs itinérants, est inconcevable.

SPIEGEL : Les systèmes familiaux modernes ne sont-ils pas partout les mêmes, l’influence de la religion n’est-elle pas en déclin partout en Europe ?

Todd : Certes, mais sans que les politiciens en soient conscients, les structures familiales – selon le pays – libéral ou autoritaire, individualiste ou social, égalitaire ou inégalitaire – engendrent à leur tour des valeurs politiques, des idéologies, des succès éducatifs et du dynamisme économique. Je ne sous-estime pas l’économie, il y a une logique de marché. Mais nous ne devons pas oublier que l’être humain n’agit pas dans le vide, mais qu’il est doté de capacités et poursuit des objectifs fixés par la famille, la religion et l’éducation. Dans ses profondeurs, la vie sociale va au-delà de la simple intégration dans un système économique. L’appartenance nationale est une constante structurelle dont nous devons rester conscients du mode d’action au lieu de fantasmer sur sa disparition possible, ce rêve ultime des élites de la globalisation.

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En rouge, famille souche ; en bleu, famille nucléaire et égalitaire, mais nucléaire absolue en Angleterre ; en rose, famille communautaire.

(notez que la carte n’inclut pas l’Est de l’Ukraine, qui est communautaire)


SPIEGEL : Dans la révolte populiste, le national revient de l’inconscient avec un pouvoir perturbateur ?

Todd : Nous avons peur parce que l’économie politique réalise le tour de force de répandre une fausse conscience qui ignore ou déclare obsolète les couches profondes de la vie sociale. La première priorité est déclarée secondaire, la cause et l’effet sont inversés. Je prétends que cette fausse conscience est la plus prononcée en Allemagne, parce que depuis la monstruosité du national-socialisme, elle a peur de ses idiosyncrasies. Mais elle ne peut pas se changer. La montée de l’Alternative pour l’Allemagne [parti AfD] me semble également être l’aboutissement d’un long processus de répression et de déni continu de la réalité et d’oubli de l’histoire par les élites.

SPIEGEL : Il y a de bonnes raisons de se méfier des orientations allemandes particulières. Quelle est la prétendue particularité anthropologique ou même l’altérité de l’Allemagne ?

Todd : L’Allemagne est spéciale, mais en aucun cas unique. Il est important que le monde germanophone ne soit historiquement pas plus le territoire de la famille d’origine que celui de la famille nucléaire, celui des Etats-Unis, de l’Angleterre et de certaines parties de la France. La famille nucléaire pure se compose d’un couple marié et de leurs enfants, qui quittent la maison de leurs parents à l’âge adulte et établissent à leur tour des ménages indépendants par leur mariage. Ce type de famille, qui couvre tous les pays anglo-américains et domine le Bassin parisien en France, est essentiellement libéral, individualiste, féministe et égalitaire. La famille souche préfère le fils, généralement le fils aîné, qui hérite de la plupart des biens familiaux. Ce type peut être attribué au Japon, à la Corée, à l’Allemagne, à la Catalogne, mais aussi au sud-ouest de la France. Cela vous interroge-t-il ?

SPIEGEL : Pensez-vous que les sociétés familiales souche posent un problème dans les temps modernes ? Peut-on en déduire des valeurs telles que la liberté et l’égalité en termes de hiérarchie et d’inégalité ? Le point commun des générations sous un même toit et l’inégalité de traitement dans le droit successoral ne se retrouvent plus guère dans les sociétés urbaines modernes.

Todd : Des valeurs telles que l’autorité, la hiérarchie, l’inégalité, la discipline, la classification de l’individu dans le groupe familial ont étrangement survécu au déclin des grands ménages ruraux, où elles étaient clairement reconnaissables. Tout comme en Europe, après la disparition des pratiques religieuses, un zombie-catholicisme et un zombie-protestantisme survivent encore. En tout état de cause, deux phénomènes peuvent être observés au début du troisième millénaire : les nations dans lesquelles la famille était autrefois souche se caractérisent par un dynamisme économique et technologique constant, tandis que d’autre part elles vivent une crise démographique profonde conduisant au vieillissement de la société et à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

SPIEGEL : Depuis les Lumières, l’image de soi de l’Occident est basée sur l’idée d’un individu autonome qui décide et agit librement sans contraintes extérieures. Voulez-vous sérieusement attribuer les crises actuelles au contraste entre une entreprise familiale sur la base de la famille souche et celle des zones aux structures familiales égalitaires ?

Todd : L’identification culturelle et philosophique à l’idéal de liberté est elle-même déterminée. La continuation subliminale des valeurs de la tribu et de la famille nucléaire menace de briser l’unité du « monde occidental ». Après 1945, elle avait émergé davantage de la victoire militaire des Etats-Unis que de toute convergence culturelle. Le fait que, dans de nombreux pays européens, les valeurs d’autorité et d’inégalité reviennent, donne au continent un visage nouveau et en même temps ancien. La démocratie libérale est sur le point de se transformer en un concept creux, dépourvu de ses valeurs fondamentales qui étaient la souveraineté populaire, l’égalité des peuples et leur droit au bonheur. Sans l’hypothèse d’un retour de l’anthropologiquement réprimé, de l’inconscient familial, cette transformation et la montée de la « démocratie illibérale » ne peut être comprise. L’autoritarisme d’origine familiale, souvent renforcé par l’héritage religieux, domine les sociétés européennes locales et ramène la carte politico-idéologique à celle de l’Entre-deux-guerres.

SPIEGEL : L’Allemagne a relativement bien résisté pendant longtemps à la tournure antilibérale des démocraties. Pourquoi s’est-elle développée de plus en plus en Europe contre sa volonté, pour devenir un modèle ?

Todd : La culture autoritaire et collective en Allemagne a permis le gel des salaires et une politique de désinflation compétitive, pour assurer la compétitivité des entreprises, qui est essentiellement nationaliste dans son orientation. Là encore, je constate que toute activité économique a un fondement anthropologique. Le développement d’un énorme excédent commercial dans un pays où le taux de natalité des citoyens est de 1,46 n’est pas en train de façonner un avenir raisonnable ! Les politiciens allemands passent beaucoup de temps à négocier des détails mineurs, mais ils ont du mal à trouver une ligne commune, un projet commun. Vous pouvez penser ce que vous voulez de Donald Trump, il a raison sur un point : il a identifié la Chine et l’Allemagne comme des ennemis dans la guerre économique mondiale.

SPIEGEL : Alors l’Allemagne n’a qu’un seul bon et fiable ami à nos côtés – La France ?

Todd : Trump a créé les conditions pour un saut de l’Europe vers l’inconnu. Le fait que les États-Unis se détournent de l’Europe, l’hostilité ouverte de Trump à l’égard de l’UE, peut inciter l’Allemagne et la France à se sentir pleinement justifiés en tant que dirigeants d’une Europe émancipée, avec tous les risques qu’une telle attitude comporterait. Le danger de l’orgueil, combiné à la peur de la liberté, nous ferait revenir pleinement à l’histoire allemande et européenne.

SPIEGEL : (Pour l’instant, on dirait plutôt qu’Emmanuel Macron voudrait emmener Angela Merkel à la chasse).

Todd : Pour moi, Macron est issu d’une élite française petite-bourgeoise qui agit de manière particulièrement irresponsable parce qu’elle n’a plus de réel pouvoir de décision en matière économique et géopolitique et compense son impuissance dans la pratique par l’intransigeance théorique.

SPIEGEL : Par exemple ?

Todd : L’attitude rigide de la France à l’égard du Brexit pourrait mettre l’Allemagne en conflit avec la Grande-Bretagne. Il incomberait à la chancelière de permettre aux Britanniques de quitter l’UE en douceur. La position tout aussi intransigeante de la France dans le différend douanier et commercial de l’UE avec les États-Unis pourrait nuire gravement à l’ensemble de l’Europe, et en particulier à l’Allemagne. En tant que plus grand pays exportateur, l’Allemagne a beaucoup plus à perdre que la France.

SPIEGEL : vous appelez maintenant l’Allemagne à se méfier de la France ?

Todd : Le rationalisme français, l’obsession française de l’uniformité administrative qui domine également la Commission de Bruxelles, empêche une réflexion raisonnable sur des solutions pragmatiques à la crise européenne. Il serait urgent de mettre en place un leadership européen souple et flexible qui tiendrait mieux compte des réalités de nos diverses sociétés.

SPIEGEL : Êtes-vous en train de dire que ce serait une erreur de supposer qu’avec la France comme partenaire, l’Allemagne est du bon côté de l’histoire ?


Todd : En tout cas, les Allemands se trompent s’ils pensent que la France représente la démocratie libérale. Ce n’est pas le cas. En France, les partis politiques, sans lesquels il n’y a pas de choix entre des alternatives, sont implosés. La bureaucratie et la fonction publique sont devenues indépendantes. C’est dans cet esprit que Macron agit. Il fait entrer la France dans une nouvelle phase autoritaire de son histoire et suit le style monarchique de Louis XIV ou le style bonapartiste des deux Napoléons. Dans sa forme actuelle, la France est un mauvais exemple pour l’Allemagne, un exemple beaucoup plus dangereux que Viktor Orbán en Hongrie, parce que la France se présente dans la splendeur historique d’une nation qui aurait apporté une contribution décisive à l’invention de la démocratie libérale. C’est un canular intellectuel. Le bon partenaire critique, démocratique et libéral pour l’Allemagne serait la Grande-Bretagne, même et surtout après le Brexit. La France et Macron, qui est actuellement le seul et le plus loyal allié de l’Allemagne, pourrait s’avérer être son esprit maléfique en fin de compte. Ne dites pas que je ne vous aurai pas prévenu.

SPIEGEL : Monsieur Todd, nous tenons à vous remercier.


La vérité s’évapore sous nos yeux

Comme le Docteur Alexander l’a bien décrit au sujet de l’imposture climatique je voudrais ici reprendre les propos de Paul Craig Roberts qui, toujours imperturbable, consacre les lignes de son blog à une dénonciation de la décrépitude alarmante du système politique américain car il s’agit fondamentalement de la même logique d’intoxication via les médias de l’opinion du public. Ici, sur ce blog j’ai déjà rédigé de nombreux billets au sujet du vol MH17 et dans les lignes qui vont suivre je livre à mes lecteurs la traduction par mes soins car je suis parfaitement bilingue français-anglais, je pourrais écrire mon blog en anglais et alors j’aurais beaucoup plus de lecteurs avides de contributions à l’information parfois dérangeantes. Il m’a donc paru opportun de communiquer à mes lecteurs francophones mais pas nécessairement anglophones ce billet de PCR traduit par mes soins sans en déformer le contenu initial.

La vérité s’évapore sous nos yeux

Le 17 septembre dernier ( https://www.paulcraigroberts.org/2018/09/17/the-evidence-is-conclusive-ukraine-shot-down-the-malaysian-airliner/ ) j’ai laissé un billet dont le titre était « Evidence is no longer a Western Value ». J’ai utilisé comme exemple de cet état de fait l’accusation qui a été lancée à l’encontre de la Russie pour la destruction du vil civil de Malaysia Airline MH17. Il n’existe aucune preuve pour conforter cette accusation, et au contraire il existe des arguments massifs que cet avion a été abattu par les néonazis qui ont pris le pouvoir en Ukraine à la suite du coup organisé par Washington à Kiev.

Le blâme a été dirigé contre la Russie non pas avec une quelconque évidence des faits mais par une construction d’accusations qui a débuté dès l’instant ayant suivi la destruction en vol de l’avion. Toutes les personnes demandant de fournir des preuves accompagnant cette accusation ont été immédiatement accusées de « pro-Putine » ce qui a eu pour conséquence de ne plus, justement, mentionner une quelconque évidence. Où que l’on porte notre regard aujourd’hui nous pouvons constater des accusations diverses ne s’appuyant sur aucunes évidences réelles : les armes de destructions massives de Saddam Hussein, les bombes nucléaire iraniennes, l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la conspiration entre Trump et Putine qui a volé les élections présidentielles américaines au détriment de Hillary Clinton, l’utilisation par le régime syrien démocratiquement élu de gaz toxiques … Il n’y a pas le moindre soupçon de preuves pour toutes ces accusations mais la véracité de ces dernières est admise via le travail inlassable des médias dans le monde entier.

La science dès le XVIe siècle en Europe a répandu le principe du « fait scientifique » basé sur des observations irréfutables qui a par exemple conduit l’Eglise à abandonner la coûtume de brûler les sorcières ainsi que pour les souverains à ne plus prendre de décisions politiques adossées sur de la superstition. La vérité devint alors une ligne de conduite qu’il fallait respecter. Mais cette vérité peut aussi être adaptée aux objectifs des élites et quand le pouvoir de ces dernières put à nouveau émerger des réformes sociales, politiques et économiques passées, la vérité a alors été divisée en catégories tellement parcellaires qu’elle a fini par disparaître. Pour les élites (que ce soit le « Deep State » aux USA ou les grandes fortunes européennes) la recherche de la vérité a disparu et s’est confondue avec leurs propres intérêts économiques et les politiciens asservis par les intérêts des élites ont dépouillé la vérité de sa signification universelle et l’ont réduite à des boniments sans signification concernant les problèmes de races et de genres, pour prendre un bref exemple.

Le résultat est qu’aujourd’hui la vérité est établie sans aucune évidence et elle se base uniquement sur des accusations répétées inlassablement et de fausses affirmations. Et cette attitude a rendu d’une facilité déconcertante de détruire des pays et des personnes seulement sur la base de mensonges. Qui a oublié l’ « affaire » Dominique Strauss-Kahn (DSK), le Directeur du FMI et à cette époque considéré comme le futur Président de la France ? Le problème était que DSK n’était pas conforme aux plans de Washington de plutôt voir l’élection de sa marionnette Sarkozy. DSK arriva en transit à New-York entre deux avions et fut accusé par une femme de ménage de l’hôtel où il était descendu d’agression à caractère sexuel. Il fut sur le champ arrêté et incarcéré. L’avocat général de la Cour de New-York et les médias, naturellement, le déclarèrent coupable. Et curieusement une Française fit au même moment une même déclaration d’harassement sexuel de la part de DSK. Affaire close. Pas d’évidences. Juste des déclarations à la presse. Il apparut par la suite que le compte en banque de cette femme de ménage de l’hôtel où se trouvait DSK ce jour-là avait été crédité de fortes sommes d’argent. Plus inquiétant encore il apparut que Sarkozy fut informé des faits avant même que la presse et la télévision n’en parlent. L’affaire fut réduite à rien du tout et l’avocat général fit des excuses publiques. Le résutalt de cette histoire fut que DSK dut démissionner de son poste de Directeur du FMI et fut évincé des élections présidentielles françaises. Conclusion Washington gagna sur les deux plans (voir mon commentaire en fin de billet).

Aujourd’hui à Washington mettre en scène une femme est devenu une tactique de routine, une femme qui va accuser n’importe quel homme hétérosexuel normal d’aggression sexuelle parce qu’il ne correspond pas au profil que l’intelligencia attend de lui. C’est devenu tellement courant que plus personne n’accorde une quelconque crédibilité à ces femmes. Les aggressions sexuelles sont devenues aujourd’hui de sales combines politiciennes. Aussi graves que puissent être ce genre d’accusations fictives à l’encontre d’individus, elles peuvent aussi détruire des pays entiers. Il suffit de se remémorer l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, aujourd’hui le Yémen et Washington n’a pas encore dit son dernier mot au sujet de la Syrie et de l’Iran. Tout était basé sur des mensonges mais Washington n’a cessé de réitérer les mêmes accusations, des millions de personnes ont été assassinées, violées, rendues orphelines, déplacées et envoyées comme réfugiées en Europe.

Il n’y a pas la moindre évidence où que ce soit qui puisse justifier les crimes monstrueux de Washington contre l’humanité. Dans un monde idéal reconnaissant la vérité telle qu’elle est les USA auraient déjà été condamnés par la Cour Internationale de Justice (dont la Maison-Blanche n’a jamais reconnu la légitimité) tout simplement parce que le fait que les USA aient détruit des pays entiers suffit pour justifier les actes de Washington … Ce qui vient d’être décrit ici est l’existence d’un monde qui ignore la vérité et qui vit dans le mensonge permanent. Il n’y a plus de place pour la vérité dans les pays occidentaux. Et cette hostilité à l’encontre de la vérité dans les pays occidentaux est devenue un fait dominant.

Comme je l’ai déjà écrit ceux qui disent la vérité sont bannis de Facebook, de Twitter et de Paypal. Google fait en sorte que leurs sites deviennent introuvables. Dans le monde occidental dire la vérité est maintenant assimilé à une conspiration (« Conspiration Theory »). Des membres de l’élite comme George Soros ainsi que d’innombrables ONGs financées par les gouvernements dépensent des sommes colossales pour discréditer ceux qui osent dire la vérité qualifiés d’ « ennemis des intérêts de l’élite ». Vous n’êtes pas obligés de me croire. Il faut rappeller que lorsque César a franchi le Rubicon le système gouvernemental romain ne s’en est jamais remis. Je ne pense pas que la Constitution américaine se remettre des exactions de Dick Cheney. Par exemple il ne fait plus aucun doute que les « attentats » du 11 septembre étaient organisés de l’intérieur pour justifier les aggressions américaines pendant deux décennies et encore pour des années à venir au Moyen-Orient. Il n’existe aucune évidence officielle ou factuelle de la cause réelle de ces attentats. Pendant 17 ans le monde entier a été abreuvé de mensonges approuvés par des milliers d’experts au sujet de ces attentats et ceux qui prétendent mettre en cause la véracité des dizaines de milliers de pages de rapports relatifs à cet évènement sont immédiatement taxés de conspirationistes et de complotistes.

Et il en est de même de la torture pratiquée systématiquement par l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. Les autorités, malgré une documentation fournie, ont toujours nié ce genre de comportement. Les chaines de télévision américaines et les grands quotidiens nationaux sont asservis par les élites et quiconque contredit ce que les élites ont décidé est immédiatement mis à pied et sa carrière définitivement teminée. Sans médias soucieuses de la vérité, il ne peut plus y avoir de contrôle sur le gouvernement et alors la démocratie n’existe plus. Nous entrons dans un monde d’obscurantisme et la science fondamentale ou appliquée et la vérité sont aujourd’hui discréditées. Depuis la fin du Moyen-Àge jamais l’Humanité n’a été confrontée à une telle régression !

Note. Il en est exactement de même pour cette histoire de réchauffement du climat d’origine humaine : il s’agit d’un ensemble de contre-vérités qui sont répandues par les élites dont l’agenda est d’asservir l’humanité entière en alimentant la peur d’une catastrophe imminente. Ce que ces élites n’ont pas prévu est que les peuples, mondialement, peuvent se rebeller pour contrer les décisions de ces élites (Club de Bilderberg, Club de Rome, Trilatérale, Forum de Davos, GAFAs, ONGs comme Greenpeace ou le WWF, etc) alors comme durant la Révolution française leurs têtes finiront sur des piques. Pour ce qui concerne DSK il fallait absolument pour l’élite de Washington (le Deep State) se débarrasser de lui. DSK avait commencé à mettre en place une alternative à la toute puissance mondiale du dollar sous la forme des DTS émis par le FMI qui deviendrait de facto détenteur d’une monnaie universellement reconnue et indépendante du dollar US. Ce projet devait à n’importe quel prix être contrecarré et c’est la raison pour laquelle DSK fut victime d’une véritable guet-appens entièrement organisé par le FBI sur ordre de la Maison-Blanche qui en réalité ne faisait que relayer les désidérata du Deep State. Raisonnablement on ne peut pas espérer que Donald Trump puisse changer quoi que se soit à cette situation. L’Amérique, comme la plupart des pays occidentaux, n’est plus une démocratie.

Nouvelles du Japon : Coupe du Monde de Rugby 2019

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Alors que le typhon Trami s’achemine vers les côtes sud du Japon (illustration datée du 26 septembre 2018) dans une année ce pays accueillera la coupe du monde de rugby et en 2020 les jeux olympiques. Cet été aura été émaillé par plusieurs typhons et autres tempêtes tropicales ainsi qu’un tremblement de terre dévastateur dans l’île d’Hokkaido. Les responsables de l’organisation de cet évènement sportif sont donc sur le qui-vive car quoiqu’il arrive depuis le ciel ou depuis la terre il faudra que cette coupe du monde atteigne l’excellence.

Chaque année environ 1500 tremblements de terre ressentis par les populations secouent le Japon et en cette année 2018 trois typhons ont déjà provoqué de gigantesques inondations en particulier dans la région d’Osaka et Kobe. La coupe du monde se déroulera dans 12 stades et la finale dans le stade de Yokohama à 60 kilomètres au sud de Tokyo qui peut accueillir 72300 spectateurs est prévue le 2 novembre 2019. Déjà aujourd’hui les autorités japonaises s’affairent pour préparer des notices de savoir-vivre à la japonaise qui seront distribuées tant aux équipes sportives et leurs escortes qu’aux nombreux spectateurs étrangers qui ne manqueront pas d’affluer durant cet évènement de portée mondiale.

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Compte tenu de la répartition des stades dans l’ensemble de l’archipel aucun d’entre eux ne sera à l’abri d’un épisode météorologique ou tectonique violent. Mais dans ce pays la philosophie sinon résignée du moins fataliste prévaut ce qui n’est pas le cas pour des populations qui ne sont pas habituées aux déchainements imprévisibles de la nature.

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Il faut espérer pour ce pays admirable que cette coupe du monde se déroule dans les meilleures conditions ainsi que les jeux olympiques de Tokyo qui auront malheureusement lieu au milieu de l’été alors que les températures sont franchement insupportables dans cette ville …

Illustrations : tropic.ssec.wisc.edu et The Guardian

Brève : Florence et Mangkhut

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La presse main-stream nous a inondé (sans jeu de mots) d’informations au sujet de l’arrivée sur les cotes de Caroline (USA) du plus puissant ouragan jamais connu depuis des décennies. Cet ouragan est devenu un pétard mouillé et comme la cause en était le dérèglement climatique autant dire que la propagande s’est emparée de l’affaire avec grand bruit.

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Par contre le typhon Mangkut va passer au dessus du nord des Philippines en catégorie 5 et je peux assurer mes lecteurs que je sais de quoi le parle puisque j’ai, si l’on peut dire, essuyé (toujours sans jeu de mots) trois cyclones de catégorie 5 lorsque je résidais au Vanuatu. Le plus impressionnant était le calme lorsque l’oeil du cyclone passait, une heure de calme avec les oreilles qui bourdonnaient en raison de la faible pression atmosphérique un souvenir toujours terrifiant … Bref, les activistes anti-réchauffement en sont pour leur argent mais le sort des Philippins leur importe peu, qu’ils crèvent !

L’Europe va plonger avant la fin de cette année dans une crise économique majeure

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Alors que l’Iran a déposé un recours auprès de la Cour de Justice Internationale (organisme dépendant des Nations-Unies) pour obtenir la suspension des sanctions US contre ses exportations de pétrole, l’Union Européenne se prépare au choc économique qu’elle devra subir lorsque les sanctions américaines seront entièrement appliquées le 4 novembre prochain. Les intentions américaines sont claires : réduire à zéro les exportations de pétrole iraniennes et mettre à genoux l’économie et la finance iraniennes. La conséquence sera une augmentation du prix du pétrole et les décisions de la Maison-Blanche affecteront les économies de bien d’autres pays. Les pays de l’Union Européenne encaisseront le choc ou bien se battront-elles contre les USA ?

L’Iran est le troisième plus important producteur de pétrole de l’OPEP après l’Arabie Saoudite et l’Irak avec une production quotidienne de 4 millions de barils. En ce moment de vastes régions du monde, Amérique du Nord, Europe et Asie du Sud-Est entrevoient une embellie économique qui a eu pour conséquence une augmentation de consommation de pétrole de 1,5 millions de barils par jour depuis 2017, augmentation qui a eu pour effet une augmentation du prix du pétrole. Comme l’Iran l’a déjà signalé, s’il est contraint de réduire ses exportations à zéro (l’objectif de la Maison-Blanche) l’OPEP ne pourra pas faire face à la demande des pays importateurs. La conséquence sera une tension sur les prix qui aura pour effet d’entraver la croissance économique de tous les pays importateurs. Les USA doivent donc s’assurer, avant de mettre en place leur embargo sur le pétrole iranien, que le marché mondial du pétrole soit approvisionné. Mais à la vue de la demande actuelle en pétrole cet objectif n’est qu’un voeu pieux car les exportations du Vénézuela s’effondrent et l’OPEP a conclu un accord avec la Russie pour réduire de 1,8 millions de barils par jour la production par rapport à celle de 2017.

Les firmes pétrolières occidentales cessent déjà leurs opérations en Iran et les sanctions américaines atteignent les pays alliés des USA en particulier l’Union Européenne. Le bloc européen est dépendant des importations de pétrole à hauteur de 98 % et avec un euro qui commence à se déprécier par rapport au dollar, une augmentation du prix du pétrole ne pourra qu’aggraver la situation économique de l’Europe. Un pétrole plus coûteux va tout de suite compliquer la situation de l’économie allemande, fer de lance de l’ensemble de l’économie européenne. La politique exportatrice de l’Allemagne est en effet très sensible aux chocs économiques extérieurs. Les commandes de produits manufacturés allemands ont déjà considérablement réduit et selon des enquêtes récentes réalisées auprès des entreprises allemandes celles-ci indiquent qu’une augmentation du prix du pétrole sera gravement dommageable pour l’ensemble du tissu industriel allemand.

Si l’Europe doit craindre un effet négatif des sanctions contre l’Iran, la législation extra-territoriale américaine doit être également redoutée par les entreprises européennes : en se retirant du marché iranien elles vont de facto perdre des dizaines de milliards de dollars en raison des accords d’investissements sur le long terme ayant été conclus depuis la mise en place du traité qui a été dénoncé par les USA. Le cas de Total est emblématique. Cette société a signé un accord pluriannuel de 5 milliards de dollars avec l’Iran pour l’exploitation de l’immense gisement gazier de South Pars. Aujourd’hui Total se bat pour désinvestir en Iran avant la date du 4 novembre 2018. Dans cette perspective Total et Shell viennent de cesser toute importation de pétrole iranien. Les autres raffineurs européens ont également sensiblement réduit leurs achats de pétrole iranien alors que les gouvernement des pays européens tentent d’imaginer un statut de blocage des sanctions américaines pour protéger les entreprises européennes actives sur le sol iranien. Jean-Claude Junker a par exemple déclaré que « c’est une devoir pour l’Union Européenne de protéger le marché en Iran en particulier des petites et moyennes entreprises européennes ». Cette décision est entrée en vigueur le 7 août mais elle n’est pas claire car Bruxelles négocie toujours une protection de ces entreprises de taille moyenne. La décision européenne n’est pas seulement une résistance de principe mais elle repose sur une nécessité économique.

En effet l’Europe va se trouvée confrontée à deux défis avant la fin de cette année : non seulement les sanctions américaines contre l’Iran qui prendront effet le 4 novembre mais fin octobre les sanctions contre le géant russe de l’aluminium Rusal prendront également effet. Ainsi les pays membres de l’UE seront exposés à deux chocs : une raréfaction du pétrole et de l’aluminium, un véritable ouragan pour les indicateurs économiques.

Exactement comme pour l’Iran les USA n’ont pas consulté leurs partenaires européens en mettant en place au mois d’avril les sanctions contre Rusal. Presque immédiatement les marchés de la bauxite et de l’aluminium métal sont devenus chaotiques avec des prix à la hausse qui vont se répercuter sur les consommateurs finaux. Les acteurs du marché de l’aluminium de chaque côté de l’Atlantique ont tenté de rechercher d’autres fournisseurs sans grand succès et les négociants ont accepté d’emblée une augmentation de 20 % de l’aluminium métal. En Allemagne l’autorité Wirtschafts Vereinigung Metalle qui représente 655 entreprises métallurgiques a averti du risque de voir de nombreuses petites entreprises baisser le rideau en raison de l’augmentation du prix de l’aluminium mettant en danger une multitude d’autres petites et moyennes entreprises du pays. Le futur d’une myriade de petites entreprises sous-traitantes de grosses entités industrielles comme Daimler ou Volkswagen qui représentent 13 % de la force de travail européenne pourrait être compromis. Elles représentent, seulement en Allemagne, 60 % des emplois … Avec une augmentation prévisible du prix du pétrole autant dire que l’économie européenne – et allemande en particulier – va vivre une période noire avec des conséquences sur l’emploi incalculables.

La politique commerciale américaine choisie par le Président Donald Trump est clairement en conflit avec les intérêts essentiels des pays membres de l’Union Européenne : le pétrole et l’aluminium sont essentiels pour maintenir la santé de l’économie. Cette rafale de sanctions décidée par la Maison-Blanche doit être prise pour ce qu’elle est réellement : une menace existentielle pour la multitude d’entreprises européennes qui concourent au maintien de l’Union Européenne. Il reste à espérer que les autorités de Bruxelles ne baisseront pas leur culotte devant la Maison-Blanche (l’expression est de mon cru, en anglais « One can hope the Europeans will not waver in their determination to stand up to the White House« ).

Traduction par votre serviteur d’un article de Scott Belinski paru sur le site Oilprice.com il y a trois jours. Les ajouts entre parenthèses ne sont pas de l’auteur mais de votre serviteur pour une meilleure compréhension du texte original.

L’alignement exceptionnel des planètes

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J’ai passé trente-sept ans et quelques mois de ma vie à me consacrer à la recherche fondamentale dans le domaine de la chimie des protéines et mes travaux étaient orientés chaque jour par les observations et les résultats des expérimentations parfois très complexes imaginées sur la base d’hypothèses elles-mêmes issues d’autres résultats d’expériences précédentes. Il m’est souvent arrivé de plonger dans un profond désarroi car des mois de travaux étaient réduits à néant à la suite d’une simple vérification d’un résultat qui paraissait pourtant acquis à première vue. En recherche l’esprit critique est un élément essentiel et il ne faut jamais croire que les résultats expérimentaux acquis lors d’une unique volée de travail sont vrais. Il faut vérifier et re-vérifier afin d’éliminer tout effet du hasard.

Dans le domaine de la mécanique céleste le hasard avait cours au XVIe siècle et il fallut plusieurs siècles pour calculer avec une précision extrême le mouvement des planètes, ce qui paraît aujourd’hui d’une banalité tellement triviale qu’on l’a oublié. Ce soir dimanche 26 août de l’année 2018 (les astronomes utilisent un autre calendrier que j’ignore) j’ai pu voir dans le ciel de Santa Cruz de Tenerife, d’ouest en est, Vénus, Jupiter, Saturne, Mars et enfin la Lune. J’ai fait quelques photos mais elles sont de qualité médiocre.

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J’ai tout à fait par hasard lu sur un site internet dont j’ai oublié l’identité que depuis plusieurs mois il y avait une forte recrudescence de tremblements de terre pratiquement sur toute la planète, le dernier en date ayant eu lieu en Iran. Ah bon ? Mais cette concentration de planètes sur un gros tiers du ciel n’en serait-elle pas la cause ? Comme je fus tout au long de ma carrière animé par la curiosité je trouve étrange qu’aucun géophysicien ne soit capable d’établir une corrélation entre cet « alignement des planètes » et cette recrudescence des tremblements de terre. Certes, l’attraction exercée par Jupiter, Saturne et Mars paraît négligeable en regard de celle de la Lune, attraction lunaire capable de créer des marées de dix mètres sur les côtes françaises atlantiques, mais faut-il négliger l’effet de cet « alignement » des planètes sur les plaques tectoniques … Je me pose la question mais je n’ai aucun élément de réponse à ce jour.

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Description des clichés. D’ouest en est : Vénus puis Jupiter. Dans le cliché suivant les trois points sont, toujours d’ouest en est, c’est-à-dire de la droite du cliché vers la gauche : Antares (Scorpion) Saturne et Mars. Enfin de nouveau Mars et la Lune émergeant de l’est au dessus de l’immeuble. La qualité des photos est très mauvaise car celles-ci sont prises en pleine ville.

Avec Apple, Google, Youtube, Facebook, Twitter : le totalitarisme orwellien se met en place.

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Voici la traduction par mes soins d’un billet de Paul Craig Roberts paru sur son blog le 7 août 2018 au sujet du journaliste d’investigation, animateur de télévision et réalisateur Alex Jones qui vient d’être interdit de Web, ses propos étant jugés non conformes à la doxa mise en place par le monde politique et aussi et surtout financier et militaro-industriel américain. On ne peut que considérer que ce mouvement de censure va aussi se répandre en Europe dans les mois prochains. Le monde occidental est entré dans une ère très sombre au cours de laquelle le totalitarisme s’installera insidieusement et Internet, espace de liberté, sera probablement le premier à être « bouclé » par les puissances financières transnationales occultes qui veulent gouverner la pensée de chaque individu. Bonne lecture ! Lien vers l’article original : https://www.paulcraigroberts.org/2018/08/07/apple-google-youtube-facebook-twitter-subvert-the-us-constitution-free-speech-and-american-liberty/

L’attaque coordonnée du site Info Wars d’Alex Jones par Apple, Facebook, Google/Youtube et Spotify n’est qu’une preuve supplémentaire de l’échec total de la loi anti-trust américaine qui a permis l’émergence de firmes incroyablement puissantes capables d’exercer une censure en règle non seulement aux Etats-Unis mais aussi dans les Etats vassaux de Washington, geste que ni la Gestapo nazie ni le NKVD de Staline purent réaliser. J’ai discuté récemment avec le progressiste Rob Kall sur les implications que représente la capitalisation boursière de 1000 milliards de dollars d’Apple. Deux jours plus tard Rob écrivit un article sur son blog OpEdNews dans lequel il exposait les risques que représentait une compagnie ayant une capitalisation de 1 000 000 000 000 de dollars ayant acquis une trop grande puissance financière pour que nous restions encore des personnes libres. Je suis d’accord avec lui. Seulement 16 pays dans le monde parmi 195, un petit 0,8 %, ont un PNB égal ou plus élevé que cette somme.

Il faut y penser ! Apple est plus puissant que la grande majorité des pays du monde. Apple dispose d’un pouvoir de gouvernement. Apple pourrait être membre du G20. Apple pourrait émettre sa propre monnaie et pouvoir également émettre des « droits de tirage spéciaux », l’apanage exclusif du FMI. Apple pourrait aussi participer aux prêts du FMI et de la Banque Mondiale accordés aux pays en difficulté. Apple pourrait enfin avoir sa propre armée et ses propres services secrets. Il a fallu peu d’heures pour qu’Apple avec d’autres sociétés de la « High Tech » bannissent Rob Kall du Web.

Aux USA presque tous les secteurs de l’économie sont entre les mains d’entreprises monopolistiques. Dans le secteur « digital » 90 % de la presse papier et des chaines de télévision sont contrôlés par 6 grandes compagnies. Quatre-vingt-dix pour cent des dépôts bancaires sont contrôlés par 5 grandes banques « too big to fail ». Walmart, Home Depot ou encore Lows ont conduit à la disparition des petites échoppes familiales de distribution, les franchises dans la restauration ont fait disparaître les petits restaurants familiaux, les entreprises pharmaceutiques ont enfin fait disparaître les petites officines préparant des médicaments à partir de prescriptions, une énumération sans fin. La monopolisation de l’économie américaine a été entreprise sous couvert du « globalisme », le dogme étant que vous ne pouvez pas être compétitif globalement si vous n’êtes pas suffisamment grand pour avoir un monopole ou une quasi-monopole.

La révolution digitale combinée à la politique identitaire a rendu très facile le contrôle de la liberté d’expression. Tout propos que les élites financières ne veulent ni voir ni entendre, les histoires vraies qui exposent au grand jour les objectifs de ces élites sont considérés comme des « théories du complot », des propos haineux, sont alors réduits au silence. C’est ce monopole que viennent d’exercer ces compagnies, Apple, Facebook, Google/Youtube et Spotify à l’encontre d’Alex Jones. Cette histoire d’Alex n’est que le début du commencement. Ses propos ont fait parfois la une des journaux mais il a eu le défaut de mettre en lumière des sujets que ces géants de la communication veulent cacher et c’est l’unique raison pour laquelle il est maintenant interdit d’Internet. Les discours de haine d’Alex Jones sont une blague ! Ce qu’Apple ou encore Facebook et le reste de la Gestapo américaine signifie est que dire la vérité c’est comme tenir des propos haineux. C’est exactement ce que décrivait dans son roman « 1984 » George Orwell.

La tromperie qui consiste à censurer ceux qui disent la vérité apparait maintenant pour le peuple américain comme étant la politique adoptée par Apple, Google/Youtube, Facebook, Twitter et Spotify. La presse papier et la télévision ont déjà débarqué tous les journalistes réalistes comme Robert Perry, Chris Hedges et Sy Hersh. Maintenant qu’Alex Jones est interdit d’Internet la détermination des élites d’éliminer tous les opposants va se répandre sur tout le Web jusqu’à ce qu’il n’existe plus personne pour dire la vérité. C’est juste une question de temps.

Et le mouvement s’amplifie déjà. Twitter vient de supprimer le compte de Scott Horton, éditorialiste du site antiwar.com ainsi que celui de Daniel McAdams, directeur du site libertarien « Ron Paul Institute » et Tommy Robinson (fondateur du site English Defence League) a vu sa page Instagram supprimée. L’ancien membre du Département d’Etat Peter Van Buren a également vu son compte Tweeter supprimé, apparemment parce qu’il a osé dire (sur le site antiwar.com) que le gouvernement mentait aux citoyens américains. La politique identitaire a aidé à imposer une sorte de code et a créé la catégorie des « discours de haine » autour desquels n’importe quelle personne se constituant comme faisant partie d’une victime du groupe incriminé peut se retourner contre un quelconque « homme blanc » est un élément créant cette censure qui détruit la liberté d’expression dans le monde occidental. Cependant, en ce qui concerne les USA, il est un fait que le programme des élites est inacceptable pour l’homme de la rue. L’élite américaine redoute le fait que ses histoires sont tellement cousues de fil blanc que même ceux qui ont subi un lavage de cerveau verront finalement la lumière quand un quelconque élément de vérité apparaîtra.

Dans le monde occidental d’aujourd’hui rien n’est plus en danger que la vérité. Déjà les gouvernements Russes, Chinois, Coréens du Nord, Iraniens et Indiens en font l’expérience et proposent à Washington des arrangement futiles, arrangements qui n’ont aucune chance de voir leurs propositions être retenues par la Maison-Blanche. Washington veut continuer à exercer son hégémonie sur le reste du monde. Les néo-conservateurs avec Israël, allié indéfectible de ces néo-conservateurs, contrôlent la politique étrangère des USA et n’ont que pour seul objectif de dominer le monde. Si la Russie, la Chine, l’Iran, l’Inde et la Corée du Nord ne comprennent pas ça ils sont mal partis.

Que peut-on faire individuellement ? Surtout ne pas acheter un nouveau produit Apple. N’allez plus sur Youtube, Facebook, Twitter ou Spotify. Fermez tous vos comptes Google, e-mail ou moteurs de recherche : vous êtes espionnés ! Toutes ces firmes sont aujourd’hui des réincarnations de la Gestapo nazie. Elles redoutent la désertion de leur clientèle. Elles devraient toutes être nationalisée ou interdites ou leurs dirigeants arrêtés pour complotisme contre le Président afin qu’il soit destitué. Ce sont des incarnations du diable. Il existe des alternatives, allez sur des sites qui refusent la censure. Il faut espérer qu’un retournement de la clientèle fidèle de Facebook ou de Tweeter et les autres fera que leur plan de business sera détruit, qu’elles s’effondreront et que d’autres entités apparaîtront respectant le droit inaliénable à la liberté d’expression.

On ne peut que déplorer que les Américains – sont-ils à ce point stupides ? – n’aient pas compris ce qui se passe sous leurs yeux. Nos élites ont des objectifs qu’ils ne peuvent finalement pas défendre. Des gens comme Alex Jones ont mis au grand jour ces agendas et c’est ainsi qu’Alex a été mis sur la touche. La « presstitute » en a rajouté et a organisé une campagne de dénigrement à l’encontre d’Alex Jones comme elle l’a fait avec Donald Trump mais aussi Julian Assange, Snowden et bien d’autres. Ils ont choisi Alex Jones comme cible mais n’importe qui d’autre peut devenir un jour leur cible dans la totalité du monde occidental. L’élite au pouvoir n’est pas intéressée par la vérité qui dessert son agenda et les Chinois, les Russes, les Iraniens devraient vraiment en prendre conscience.

Avant de terminer la lecture de ce billet lisez juste ce que le pasteur luthérien allemand Marin Niemoller disait au sujet des Nazis :

« D’abord ils se sont présenté comme des socialistes, et je n’ai rien dit.

Parce que je n’étais pas un socialiste.

Puis ils se sont présenté comme des syndicalistes et je n’ai rien dit.

Parce que je ne suis pas syndiqué.

Puis ils sont venus pour les Juifs et je n’ai rien dit.

Parce que je ne suis pas juif.

Enfin ils sont venus pour moi et il n’y avait plus personne pour m’aider« .

Cette fois-ci ça commence avec Alex Jones. Très bientôt ce sera nous tous. La liberté d’expression est systématiquement détruite. L’idée, le concept, que les USA sont un pays libre est la plus grande « fake news » jamais inventée !!

Commentaire. Il me reste à l’esprit quelques remarques à la suite de cette traduction. La loi récemment votée en France relative aux « fausses nouvelles » ne constitue-t-elle pas les prémices de cette censure qui advient aujourd’hui ouvertement aux Etats-Unis ? Car compte tenu que ce sont les mêmes grandes firmes de la Silicon Valley qui contrôlent l’ensemble du Web pourquoi n’adopteraient-elles pas la même attitude en Europe d’autant plus que l’Union européenne, finalement, n’est ni plus ni moins que le 52ème Etat américain. Tous les pays constituant l’Europe suivent servilement les injonctions des Américains, il suffit de constater ce qui se passe en ce moment même à propos de l’Iran ou de la Russie : aucune réaction de la part de qui que ce soit ! L’Europe est, elle aussi, devenue un conglomérat apatride sous l’emprise totalitaire des grandes firmes américaines. Jean-Claude Junker, président de la Commission européenne, qui est en état d’ébriété toute la journée comme Yeltsin, est devenu la marionnette rêvée de la Maison-Blanche alors qu’il est virtuellement le seul habilité à défendre les intérêts des Européens. C’est vraiment très inquiétant pour l’avenir, demain matin ou dans les semaines et les prochains mois … Il est urgent que les peuples s’unissent pour défendre la liberté d’expression. En France l’ensemble des médias grand public est contrôlé par 5 ou 6 puissances financières ou individus comptant parmi les plus riches de France et il n’y a de fait plus de liberté d’expression, en conséquence la France n’est plus une démocratie mais tout simplement un pays totalitaire ! Le site infowar.com (que je consultais chaque jour, je suis donc fiché par la NSA) n’est plus accessible. Illustration : Alex Jones.