Le « recul » de la ménopause est possible … à moins que.

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Alors que la France débat de la « PMA » – surtout pour occuper l’opinion – des spécialistes anglais de la fécondation in vitro ont trouvé un autre gagne-pain. S’appuyant sur un geste chirurgical utilisé quelques fois auparavant et consistant à prélever un petit morceau d’ovaire chez une jeune femme souffrant d’un cancer et devant se plier à une chimiothérapie lourde risquant d’endommager ses propres ovaires, le corps médical de l’Université de Birmingham en Angleterre a congelé ce morceau d’ovaires coupé en lamelles. À l’issue de la guérison de cette patiente, ce morceau d’ovaire a été réimplanté près des trompes de Fallope et celle-ci a pu avoir un enfant. Le Docteur Yousri Afifi de l’Université de Birmingham a imaginé que ce type de manipulation pourrait être envisagé pour repousser l’âge de la ménopause.

Ce prélèvement d’ovaire sera alors réimplanté au niveau de l’aisselle, une zone du corps bien vascularisée. Neuf jeunes femmes se sont déjà déclarées candidates. Il leur en coûtera environ 10000 livres sterling y compris la conservation de la biopsie ovarienne dans de l’azote liquide pendant le temps qu’il faudra, 15 à 20 ans, c’est-à-dire quand les premiers signes de ménopause apparaîtront. La ménopause est en effet, non pas une maladie, mais une condition entrainant un grand nombre de désagréments parmi lesquels mauvaise humeur, anxiété, troubles du sommeil, sueurs nocturnes et baisse de la libido.

La société ProFam (www.profam.co.uk) propose ce type de service qui pourrait révolutionner la condition féminine lors de la ménopause. Il ne s’agit pas à proprement parler de procréation médicalement assistée mais d’une intervention chirurgicale au niveau des ovaires, cryoconservation d’une petite partie de ces derniers pour une utilisation ultérieure après réimplantation. On peut néanmoins imaginer que certaines femmes choisiront une réimplantation au niveau des trompes de Fallope dans le but d’enfanter à un âge avancé, les règles éthiques de cette société semblent muettes à ce sujet. Éthiquement, donc, il s’agit en réalité d’un traitement hormonal supplétif par le tissu ovarien de la même personne qui paraît séduisant malgré le fait que nul ne sait encore si cette approche est suivie d’effet et ne présente pas d’effets secondaires également inconnus au stade des travaux expérimentaux actuels.

Source : BioEdge, illustration ProFam

La « sécurité sociale » en Espagne : on nage dans le surréalisme.

Je n’ai pas à me plaindre, je suis globalement en excellente santé et je ne suis pas un consommateur compulsif de consultations médicales ni de médicaments. La dernière fois que je me suis administré un médicament celui-ci avait été prescrit par un ophtalmologue que j’avais consulté à titre privé (100 euros non remboursés par le système étatique espagnol) au sujet d’une blépharite récurrente. Il s’agissait d’un antibiotique qu’on administre à un cheval plutôt qu’à un être humain normalement constitué. Il ne fut suivi d’aucun effet sur l’infection oculaire dont je souffrais car j’interrompis le traitement qui provoqua très rapidement des dérangement digestifs dont je garde un souvenir très vif. En dehors de l’huile essentielle d’arbre à té, excellent traitement pour la blépharite, de l’huile de tamanu, de l’ashitaba et de mes levures fraîches chaque jour, sans oublier la glycine, je suis ne prends plus aucun médicament et je suis en excellente santé, en apparence.

Il y a quelques mois je suis allé consulter mon médecin généraliste par laquelle (c’est une femme) je dois obligatoirement passer pour n’importe quel rendez-vous auprès d’un spécialiste. C’est normal, c’est ainsi. Si on ne passe pas par le circuit normal on paye, ce que j’avais accepté avec cet ophtalmologue – 100 euros ici c’est plus de dix heures de travail pour un salarié au minimum local qui est de 700 euros par mois. Bref, mon médecin, constatant que je ne m’étais pas soumis à une analyse sanguine depuis près de 5 ans me plia à ce pensum, c’est-à-dire attendre au moins deux heures à jeun (pour la glycémie) dans un local bondé d’une foule bruyante utilisant sans retenue son téléphone portable, un calvaire !

J’attendis deux semaines pour reprendre un rendez-vous avec Magdalena (j’ai changé le prénom) qui a eu la surprise d’apprendre que mon taux de cholestérol s’était effondré alors qu’il atteignait 5 ans plus tôt un seuil alarmant, à tel point qu’elle m’avait alors prescrit des statines que j’avais véhémentement refusé. Je lui soulignai dans mon espagnol approximatif qu’il s’agissait d’un effet bénéfique de l’ashitaba. Je pense qu’elle crut comprendre que je parlais chinois. Dépitée de ne pouvoir me prescrire un autre poison elle me fit remarquer que mon taux de PSA était trop élevé et qu’il fallait que je consulte un urologue. Le système informatique de la protection santé espagnole consiste à donner au patient un rendez-vous « fictif ». Il appartient au patient de se mettre ensuite en contact par téléphone avec un robot qui va gérer la demande de rendez-vous. Ma pratique de l’espagnol étant limitée, au téléphone elle est pratiquement nulle et je dus faire appel à un ami français résidant depuis des années ici pour réaliser cette opération. Aujourd’hui, après 3 mois, je suis toujours inscrit sur la liste d’attente pour montrer mon service trois pièces à un urologue qui fera probablement une échographie plutôt que de mettre son index dans mon anus et me dire que tout va bien au sujet de ma prostate.

Quant au traumatologue pour lequel j’avais sollicité auprès de ma généraliste dédiée un rendez-vous, l’histoire est encore plus surréaliste. Je souffre depuis je ne sais plus combien d’années de deux hernies discales. Pour les curieux une hernie L4-L5 et une hernie L5-S1 qui provoquent régulièrement des douleurs parfois insoutenables voire handicapantes. De plus, lorsque je n’étais pas encore trop vieux pour qu’une assurance maladie privée soit abordable financièrement, il y a plus de 10 ans, je me soumis à deux imageries par résonance magnétique nucléaire qui montrèrent que outre ces deux hernies, je souffrais également des effets inattendus mais très malfaisants d’un kyste de Tarlov. Quand je présentais le compte-rendu du radiologue de la clinique privée ma toubib référente se précipita sur internet pour comprendre ce que je lui racontais. Elle me conseilla donc de prendre un rendez-vous avec un traumatologue. Je suppose qu’en France il s’agit d’un rhumatologue, bref, un spécialiste des os et des osselets variés. Ce lundi 16 septembre je suis allé donc consulter le traumatologue car j’avais selon le document dont je disposais rendez-vous à 16h45.

L’horreur ! Je n’avais pas réalisé que j’avais un rendez-vous le 16 septembre 2020 à la même heure. J’avais tout simplement mal lu le papier. Si je devais faire à nouveau appel à une compagnie d’assurance-maladie privée il m’en coûterait environ 500 euros par mois de cotisation. Je pourrais avoir un rendez-vous dans la semaine avec n’importe quel spécialiste y compris pour des examens radiologiques les plus sophistiqués. À mon âge, trois quart de siècle, il faut choisir, ou bien je continue à griller 30 cigarettes chaque jour, à picoler de la bière et du whisky, à me nourrir avec des trucs interdits par le corps médical comme par exemple un litre de lait entier chaque matin et des fromages très français ou de la charcuterie, trois cafés par jour et j’en passe pour les délices terrestres (non, j’ai oublié mon abstinence prolongée d’exercices physique horizontaux) alors je me plierai à l’inertie invraisemblable du système de santé local quitte à en mourir plutôt que d’enrichir une compagnie d’assurance-maladie privée pour justement moins profiter de la vie.

Ce billet, humoristique mais relatant des faits bien réels, met en évidence le vrai coût de la protection santé. C’est exactement la même situation dans la majeure partie des pays européens. Quand l’administration prend la main, le système devient très rapidement insupportable et proprement inimaginable pour les patients, ces citoyens normaux qui paient leurs impôts pour, justement, profiter de cette protection santé qui coûte une véritable fortune. Ici en Espagne et en particulier dans l’archipel des Canaries, je ne paie aucun impôt. La France prélève un certain pourcentage de ma retraite qu’elle transfère à l’Espagne pour ma protection santé. J’ignore le montant de ce pourcentage mais je ne paie pas de CSG, cet impôt universel qui ne dit pas son nom : il paraît qu’il s’agit d’une contribution et non pas d’un impôt … J’ai donc le droit de profiter du système de protection maladie local. Mais j’ai tout de même été surpris quand la jeune femme de la réception du centre de santé où je me trouvais ce lundi après-midi m’a conseillé d’aller aux urgences de l’hôpital au cas où …

Conclusion de ce récit : ce sont les services d’urgence des hôpitaux qui se trouvent dans le fait accompli. Le système étatique de santé ne fonctionne pas, quel qu’il soit et quel que soit le pays où on se trouve. Le seul conseil que je me permets de livrer à mes lecteurs : restez en bonne santé !

Peut-on se faire une idée de l’état de santé d’un pays en examinant les statistiques ? Le cas des USA

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Je me suis amusé à étudier les dix premiers médicaments par ordre de nombre de prescriptions aux USA datant de 2016. Ces statistiques sont disponibles sur le lien https://clincalc.com/DrugStats/Top300Drugs.aspx et elles sont très démonstratives de l’état de santé en général de la population nord-américaine.

La palme revient au Levothyrox, hormone thyroïdienne appellée T4 synthétique aussi dénommé thyroxine. On peut douter que des pans entiers de la population américaine souffrent de problèmes de thyroïde. Cependant l’administration quotidienne de thyroxine provoque un amaigrissement et c’est probablement pour cette raison que le Levothyrox est si abondamment prescrit malgré le fait qu’il peut induire des problèmes cardiovasculaires.

Le deuxième médicament est le Lisinopril. Il s’agit d’un inhibiteur de conversion de l’angiotensine et donc son utilisation première est de diminuer la tension artérielle et ainsi de réduire les risques d’accidents cardiaques. Le troisième médicament est l’Atorvastatin un médicament qui réduit le taux de « mauvais » cholestérol sanguin, il s’agit d’une « statine » que les médecins prescrivent à tort dès que le taux de cholestérol dépasse un certain seuil fixé par le lobby pharmaceutique en accord avec les autorités sanitaires nationales. Je n’en dirai pas plus.

Le quatrième médicament est la Metformine. On est toujours dans le même domaine. Il s’agit d’une molécule de la classe des biguanides qui inhibent, heureusement partiellement le complexe I de la chaine respiratoire mitochondriale provoquant ce que les spécialistes dans ce domaine particulier de la biologie appellent un découplage. Outre cette action les biguanides inhibent très fortement la gluconéogenèse, c’est bon pour le diabète non insulino-dépendant, et le découplage mitochondrial partiel provoque un amaigrissement. Lorsque je travaillais sur les mitochondries nous avions une très mauvaise opinion au sujet des biguanides que l’on considérait comme des poisons dangereux.

Le produit suivant est l’Amlodipine aussi appellé Norvasc. Il s’agit d’un médicament anti-hypertension dont le mode d’action est différent de celui du Lisinopril car il agit sur les flux de calcium dans les muscles et en particulier le muscle cardiaque sans toutefois provoquer de diminution du rythme cardiaque. Il s’agit aussi d’un médicament dangereux provoquant une vasodilatation généralisée à tout le corps. Passons au médicament suivant, le sixième de la liste. il s’agit du Metoprolol, encore une drogue pour combattre l’hypertension en bloquant les récepteurs beta-adrénergiques des cellules cardiaques, on a coûtume d’appeler ce produit un beta-bloquant qui est classé sur la liste noire du dopage sportif dans les disciplines de précision comme le tir à l’arc car il diminue le rythme cardiaque. Sans autre commentaire désobligeant de ma part.

Le septième produit est l’Omeprazole, un inhibiteurs de la sécrétion d’acide chlorhydrique dans l’estomac. Son utilisation est de combattre les ulcères de l’estomac. Il faut se rendre à l’évidence des millions d’Américains souffrent d’aigreurs d’estomac, peut-être boivent-ils trop de sodas …

Le huitième produit, la Simvastatine est aussi une « statine », ce qui renforce le fait que des millions d’Américains souffrent de problèmes de cholestérol. Le Losartan, le neuvième de la liste, est aussi classé dans la catégorie des produits abaissant la pression artérielle en inhibant le récepteur de l’angiotensine. Et enfin le dixième produit de cette sélection longue de 300 produits est l’Albuterol, aussi connu sous les noms de Salbutamol et Ventoline, qui n’entre pas dans les catégories listées plus haut puisqu’il s’agit d’un anti-asthmatique, un agoniste des récepteurs adrénergiques à l’inverse des beta-bloquants mentionnés plus haut, pour faire court. Il y a donc beaucoup d’asthmatiques aux USA.

Ce petit tour d’horizon fait ressortir que les Américains souffrent de surpoids pathologique et tous les moyens sont bons à prendre pour perdre du poids y compris en se faisant prescrire de la thyroxine, un non-sens déontologique médicalement parlant. Les Américains souffrent aussi de problèmes cardiovasculaires et c’est facile à comprendre. Imaginez que tous les jours vous portiez un pack de 10 bouteilles d’un litre et demi d’eau minérale dans chaque main que vous ne posez que quand vous allez dormir. À l’évidence le coeur se fatigue et avec un surplus de cholestérol provoqué par une dégradation des fonctions hépatiques en raison de ce surpoids et de la malbouffe industrielle alors il faut s’intoxiquer avec toutes sortes de produits tous aussi dangereux les uns que les autres. Quant aux anti-asthmatiques peut-être que la pathologie contre laquelle est dirigée l’Albuterol provient aussi d’une conséquence indirecte de l’obésité qui touche 60 % des Américains tous âges confondus. On touche du doigt le déclin sanitaire alarmant d’un peuple qui se targue d’être toujours le maître du monde.

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Note. En treizième position du classement cité se trouve l’hydrocodone associée à l’acetaminophene (paracetamol). L’hydrocodone est un opioïde dérivé de la thébaïne, un très proche parent de la morphine. Depuis 2014 la prescription d’hydrocodone est très étroitement rêglementée ce qui n’empêche pas des médecins complaisants de prescrire ce produit. Un autre dérivé de la thébaïne, l’Oxycodone, connue aussi sous le nom d’Oxycontin, fut jusque dans un passé récent le produit phare des Laboratoires Purdue Pharma qui organisèrent une publicité aggressive pour vendre ce produit à grande échelle dès 1990. Or il s’agit d’un opioïde encore plus puissant que la morphine dont la prescription a largement débordé les indications arrêtées par le législateur, c’est-à-dire le traitement des douleurs provoquées par des cancers en phase terminale. Progressivement l’Oxycontin est presque devenue accessible « over-the-counter » provoquant une aggravation de la crise des opioïdes aux USA, pays où environ 140 personnes meurent chaque jour de surdosage médicamenteux, en particulier d’opioïdes. La thébaïne est une molécule extrêmement difficile à synthétiser mais elle est très abondante dans le pavot. La culture du pavot en Afghanistan sous le contrôle de milices privées elles-mêmes contrôlées par la CIA est la principale source d’approvisionnement en thébaïne des laboratoires pharmaceutiques américains. Purdue Pharma est en faillite, croulant sous les plaintes de particuliers et des Etats mais le business du pavot se porte très bien …

Cancer du sein et traitement hormonal de confort : la catastrophe !

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Il y a quelques années, je ne me souviens plus exactement, une de mes amies décéda d’un cancer du sein foudroyant et intraitable qui avait envahi très rapidement son corps de métastases. Elle suivait un traitement de hormonal de substitution car elle avait subi une ablation des ovaires en raison de l’apparition répétée de kystes particulièrement douloureux. Il aura fallu attendre un récent article paru dans le journal The Lancet pour que le corps médical soit alerté du risque majeur du traitement de remplacement hormonal. Le cas de cette amie est à l’évidence extrême et rare mais de nombreuses femmes optent pour un traitement hormonal afin, lors de la ménopause, d’améliorer leurs conditions de vie quotidienne. Tous les traitements thérapeutiques comportent des risques et les hormones de remplacement également. L’étude publiée dans The Lancet indique que plus de la moitié des femmes d’âge moyen de 65 ans ayant souffert d’un cancer du sein avaient utilisé un traitement de remplacement hormonal et que parmi tous les cas le traitement combinant un estrogène avec un progestagène était le plus à même de provoquer un cancer du sein.

De plus cette étude a montré que plus le traitement de remplacement est précoce et long plus les risques sont élevés et ceux-ci persistent si le traitement a été interrompu. L’estimation globale du nombre de cancers du sein provoqués par les traitement hormonaux de substitution dans les pays occidentaux mentionne plus de 1 million de cas chaque année. Les traitements hormonaux qu’utilisent les candidats au changement de sexe sont-ils tout aussi dangereux ? Nul ne le sait mais les résultats exposés dans l’article du Lancet autorisent cette extrapolation, d’où la totale stupidité de cette mode du « trans-genre » et sa potentielle dangerosité, l’avenir le dira …

Source et illustration : https://doi.org/10.1016/S0140-6736(19)31709-X

Tuberculose : enfin un espoir !

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Quand j’étais en pension chez les curés du diocèse, je fus atteint de tuberculose pulmonaire avec 7 d’autres élèves de ma classe. Ces cons de curés avaient accepté un élève externe dont le père était notoirement tuberculeux, peut-être par charité, mais le résultat fut catastrophique pour mes camarades ainsi que pour moi-même. Six mois de sanatorium réduisirent à néant une année scolaire et le rattrapage fut difficile, très difficile. De retour dans cette même pension, nourrissant une haine irréductible à l’égard de ces curés, je fus finalement poliment contraint de bien vouloir regagner ma famille et de ne plus jamais faire parler de moi. L’affaire avait alimenté les gazettes d’autant plus que le propre fils du maire de la ville avait été contaminé – ça faisait vraiment désordre – mais quelques liasses de billets judicieusement distribuées firent que ce scandale fut étouffé. Le diocèse s’en sortit sans aucun blâme sauf que 8 élèves de la même classe de troisième virent leur cursus scolaire fortement perturbé.

À l’époque, il y a près de 60 ans, la tuberculose se soignait très bien avec de l’isoniazide et des renforts de streptomycine au cas où la maladie évoluait trop rapidement, ce qui fut mon cas. Un bon tiers de mon poumon droit commençait à être sérieusement attaqué et le poumon gauche était menacé. La streptomycine, toujours à cette époque, contenait une impureté qui rendait sourd et pour pouvoir subir ce traitement de choc il fallait que le médecin du sanatorium suive presque quotidiennement l’acuité auditive des malades sous « traitement strepto » sans parler des radioscopies hebdomadaires pour suivre l’évolution de la maladie. J’ai encore aujourd’hui de la peine à évaluer les doses de rayons X auxquelles je fus soumis durant ce séjour en sanatorium. Bref, progressivement la tuberculose fut considérée dans les pays dits développés comme ayant disparu ou du moins maîtrisable avec les thérapeutiques d’alors. Même le vaccin BCG, ayant pourtant fait ses preuves d’efficacité, fut abandonné ou du moins rendu non obligatoire : il ne générait pas assez de profits pour les laboratoires pharmaceutiques qui le produisaient, c’est vrai, je n’invente rien. Le dépistage systématique de la tuberculose avec le test à la tuberculine a ensuite été jeté aux oubliettes. Il n’y a plus de dépistage dans les écoles.

Ces erreurs de prise en charge précoce de la tuberculose ont conduit fatalement à l’apparition de résistances aux antibiotiques. Si le diagnostic de cette maladie est établi aux stades initiaux de l’infection le traitement ne nécessite que peu de substances artificielles mais puisque les autorités en charge de la santé dans les pays développés ont – trop – rapidement considéré que la tuberculose était une maladie d’un autre siècle, celui d’Emile Zola, alors aujourd’hui le bacille de Koch est devenu résistant à tous les antibiotiques connus. Il y a 30 ans, bien longtemps après avoir moi-même été atteint par cette maladie, les patients furent alors soignés chez eux avec de fortes doses de substances chimiques et les sanatoriums de montagne se vidèrent, quoi de plus propice pour que les bacilles deviennent résistants et que la maladie se disperse !

La tuberculose tue chaque année 1,6 millions de personnes dans le monde (dernière statistique datant de 2017) et le tiers de ces morts étaient atteints par un bacille résistant à tous les antibiotiques connus. Les projections de l’OMS mentionnent qu’en 2050 ce seront 10 millions de décès chaque année. Une organisation non mercantile appelée TB Alliance ( https://www.tballiance.org ) a mis au point une nouvelle molécule, le Pretomanid, qui en association avec un ou deux autres antibiotiques (Bedaquiline ou Linezolid) a montré lors des essais cliniques préliminaires concernant 100 patients volontaires souffrant de tuberculose réfractaire à tout traitement antibiotique que 95 d’entre eux avaient montré très rapidement des signes prometteurs de régression de la maladie. La FDA américaine (Food and Drug Administration) a accordé son autorisation de mise sur le marché compte tenu de l’urgence sanitaire que représente aujourd’hui la tuberculose. Cette autorisation rapide est exceptionnelle dans la mesure où les patients sont des malades et sans que des essais cliniques prolongés aient pu être organisés. La précédente autorisation de la FDA pour une drogue anti-tuberculose eut lieu il y a plus de quarante ans … Pour l’anecdote le produit découvert par TB Alliance s’appelle Pretomanid car les premiers tests ont été conduits à Pretoria en Afrique du Sud.

Au Myanmar le combat contre la malaria s’organise

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La Birmanie ou Myanmar défraye la chronique internationale en raison du conflit religieux et ethnique entre les Rohingyas musulmans et les bouddhistes. Ces Rohingyas sont indésirables tant au Myanmar qu’au Bangladesh et ce dernier pays a décidé de parquer quelques réfugiés dans une île isolée au large du delta du Gange. Mais le Myanmar est beaucoup moins connu pour son action sanitaire de grande ampleur et de longue haleine pour contenir la malaria. Ce pays couvert de forêt tropicale humide est totalement infesté de moustiques anophèles qui transmettent la malaria. Les villageois qui côtoient ces forêts constituent le réservoir du Plasmodium et la stratégie adoptée depuis plusieurs décennies pour sinon éradiquer du moins contenir la malaria est de réduire ce réservoir au niveau local, c’est-à-dire de réduire la population villageoise porteuse de plasmodium, et non pas d’utiliser massivement des insecticides pour éradiquer les moustiques, une mission impossible en pratique.

Cette stratégie consiste à entrainer des personnels pour dépister systématiquement les sujets infectés et d’une part les traiter avec des médicaments anti-malaria et d’autre part à traiter l’ensemble de la population du même village avec ces mêmes médicaments. Le principe est simple. Le cycle de reproduction sexuée du parasite à l’intérieur des glandes salivaires du moustique pour produire des sporozoïtes, la forme transmise par piqûre, est alors rompu si tous les habitants d’un village donné sont exempts de parasite à la suite de ces traitements médicamenteux.

Cette approche semble prometteuse puisque les résultats montrent que dans de nombreux villages, plus d’une cinquantaine, ayant servi de plateforme d’essai et de mise au point de cette stratégie les cas de malaria ont pratiquement disparu. Cette stratégie met à profit le fait que les moustiques ne parcourent jamais de très longues distances. Mais la vigilance reste de mise car l’éradication ne peut être vraiment atteinte que si le nombre de cas reste nul pendant plusieurs années. Il apparaît alors deux situations qui doivent être prises en compte. D’une part un manque de vigilance en cas de fièvre, il faut rapidement dépister la cause de la fièvre à l’aide du test sanguin et le dépistage est peu coûteux et simple à mettre en oeuvre. Si le sujet s’avère positif il doit être immédiatement traité et isolé afin d’éviter que des moustiques s’en approchent. D’autre part l’immunité des individus diminue puisqu’ils ne sont plus en contact avec le parasite et ils deviennent ainsi plus vulnérables à une nouvelle infection. La Fondation Bill & Melinda Gates est très impliquée dans ce programme d’éradication d’un nouveau genre mais les projections de cet organisme indiquant une possible éradication totale de la malaria à l’horizon 2030 paraissent optimistes. Il y a en effet d’autres maladies qu’il faudrait aussi prendre en considération et qui demanderaient les mêmes efforts comme la tuberculose et le HIV également endémiques au Myanmar.

Source : Bill & Melinda Gates Foundation

Note. Au sujet de l’immunité supposée protéger contre la malaria je voudrais mentionner ici mon cas personnel. Je souffre de la malaria (P. vivax) depuis maintenant 21 ans et si les crises, aujourd’hui, n’ont plus la même ampleur que les premières, celles-ci n’ont pas disparu, loin de là. Il me semble, mais ce n’est qu’une opinion personnelle, que parler d’immunité dans le cas du P. vivax paraît abusif sinon excessif.

Prévention du cancer du col de l’utérus : efficacité de la vaccination.

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Le cancer du col de l’utérus est d’origine virale et le virus est sexuellement transmissible. Il existe un vaccin disponible depuis 10 ans et les premiers effets bénéfiques sur la santé sont déjà évidents. Dans les pays développés dont les autorités de santé ont fortement conseillé la vaccination sans toutefois la rendre obligatoire les incidences de cancers du col de l’utérus chez les femmes âgées de 20 à 24 ans ont été réduite de 66 % au Royaume-Uni. Contrairement aux idées reçues (les idées reçues sont le plus souvent fausses) les jeunes femmes actives sexuellement peuvent souffrir d’un cancer du col de l’utérus car ce type de cancer n’est pas réservé à celles ayant atteint la quarantaine. Les dépistages systématiques effectués après vaccination avant les premiers rapports sexuels chez des jeunes femmes de 15 à 19 ans ont clairement montré que les infections virales sont réduites de 83 %.

Une récente étude publiée dans le journal médical The Lancet (doi : 10.1016/S0140-6736(19)30298-3 ) va encourager l’OMS à fixer des règles pour éradiquer le cancer du col de l’utérus par vaccination systématique, au moins dans les pays développés, c’est-à-dire pour réduire les cas jusqu’au seuil de 4 pour 100000, ce qui correspondra alors à une maladie rare. En Australie et au Canada les autorités sanitaires considèrent sérieusement que cette forme de cancer pourrait être totalement éradiquée d’ici une vingtaine d’années. En Grande-Bretagne, dès la rentrée scolaire 2019 la vaccination contre le virus du papillome sera également proposée aux garçons ce qui réduira d’autant le pool de virus. Il faut rappeller ici que ce même virus peut provoquer chez l’homme des cancers du pénis et de l’anus.

Il est absolument nécessaire de procéder à la vaccination avant les premiers rapports sexuels, les études ayant montré que le vaccin n’est pratiquement pas efficace chez les personnes ayant déjà été en contact avec le virus. Pourtant dans des pays comme le Danemark, le Japon (où la vaccination a été supendue) ou encore la République d’Irlande, les campagnes anti-vaccination mensongères ont dissuadé les parents de soumettre leurs enfants à cette protection. Le Lancet rappelle qu’en 2018 569000 cas de cancers du col de l’utérus ont été constatés entrainant la mort de 331365 femmes. plus de 80 % de ces cas ont été identifiés dans des pays « moins » développés.

Si l’OMS veut réaliser son rêve elle va devoir financer des campagnes de vaccination dans les pays où ce type de cancer prévaut sans distinction de genre, comme on dit aujourd’hui, car les hommes constituent aussi un réservoir du virus. Peut-être que dans un proche avenir le cancer du col de l’utérus ne sera plus qu’un souvenir du passé …