L’ablation des amygdales : un geste chirurgical abusif et inutile

Capture d’écran 2018-11-21 à 09.44.05.png

Dans la rubrique des pratiques médicales abusives ou injustifiées pour le plus grand malheur des patients mais le plus grand bonheur du corps médical (qui s’enrichit au passage) il y a l’ablation des amygdales. Sous prétexte qu’un enfant se plaint « trop » souvent de maux de gorge et que ses amygdales sont rouges et enflées le médecin généraliste ou à défaut le spécialiste préconisent l’amygdalectomie et les parents sont contents. De toutes les façons c’est la couverture sociale qui paie au moins dans la plupart des pays de l’OCDE, c’est-à-dire l’impôt.

Pendant des siècles les médecins ont pratiqué des saignées pour améliorer la santé des patients, pratique qui n’a jamais pu être justifiée scientifiquement. Ce geste totalement stupide était encore pratiqué dans les armées alliées durant la Grande Guerre jusqu’en 1915 pour « soulager » les soldats gazés dans les tranchées qui étaient moribonds et dont l’issue incertaine était tout simplement accélérée par une saignée supposée calmer leur bronchite provoquée par les gaz de combat comme par exemple l’ypérite.

L’ablation des amygdales relève du même obscurantisme des médecins qui se fiaient à des pratiques décrites dans les vieux grimoires de l’époque romaine. Claude Galien (Claudius Galenus, 121-201) qui formalisa la médecine de son époque par des écrits qui ont été considérés comme ayant une valeur scientifique irréfutable pendant des siècles était en faveur d’une ablation de la partie visible des amygdales. Cinq siècles plus tard Paulus Aegineta (625-690) un autre médecin auto-proclamé décrivit en détail l’ablation totale des amygdales, la partie visible de ces organes lymphoïdes appelées amygdales pharyngiennes ou encore végétations adénoïdes ou tonsilles, en un mots celles que l’on voit de part et d’autre de la luette. En 1509 le célèbre Ambroise Paré préconisa à nouveau ce type d’intervention. Au XIXe siècle ce geste chirurgical violent et douloureux – l’anesthésie n’existait pas encore – semblait réservé aux amygdales hypertrophiées qui gênaient la respiration et la déglutition. Mais les progrès de la chirurgie et surtout l’apparition de l’usage de produits anesthésiques au cours de la première guerre mondiale rendirent ensuite sa popularité à l’ablation des « végétations ».

Combien de fois ai-je entendu dans mon enfance le médecin dire à mes parents « ce petit a trop souvent mal à la gorge il faudra lui enlever les végétations ». En effet les amygdales, celles que l’on voit et celles que l’on ne voit pas (sous la langue et au niveau de la partie postérieure des fosses nasales), sont le premier rempart contre les infections. Depuis de nombreuses années, quand j’ai mal à la gorge, je me gargarise avec du rhum de l’île de Marie-Galante (59 degrés) et le mal disparaît en moins de 24 heures …

Pourquoi j’écris ce billet polémique, tout simplement parce que de nombreuses études réalisées sur des dizaines de milliers de cas et rassemblées par l’Institut Cochrane ont été confirmées par un dernier article paru dans le British Journal of General Practice (voir le lien en fin de billet) qui montrent sans ambiguïté que l’ablation des amygdales est totalement inutile et est fondée sur aucune évidence ni scientifique ni médicale. Aucune différence significative n’apparaît clairement au niveau de la récurrence des « maux de gorge » entre les groupes témoins et les groupes ayant subi une amygdalectomie. Si différences il y a elles relèvent des erreurs statistiques. Les études ont rassemblé 1630807 enfants de 0 à 15 ans entre 2005 et 2016. L’efficacité a été difficilement montrée pour 0,25 % des cas. Seules 2144 cas d’ablation des amygdales s’est révélée justifiée car leur hypertrophie provoquait des difficultés de déglutition ou de respiration. Ce geste médical est donc en majeure partie une « mode » exactement comme les saignées autrefois sans aucuns bénéfices tangibles pour la santé ou le confort.

Inspiré d’un article paru sur le site The Conversation et aussi : doi : 10.3399/bjgp18X699833 , illustration The Conversation

Une nouvelle forme de polio ?

Capture d’écran 2018-10-27 à 18.18.13.png

J’ai eu le privilège il y a bien des années d’aller dîner chez Jonas Salk, l’inventeur du vaccin anti-poliomyélite, tout simplement parce que sa compagne était l’ultime maîtresse de Pablo Picasso, un française. Et au cours de ce dîner très informel il y avait également mon patron au Salk Institute (Prix Nobel de médecine, également Français, et Francis Crick (Prix Nobel avec James Watson pour la découverte de la structure de l’ADN) dont l’épouse était française. La langue adoptée au cours de cette soirée fut naturellement le français car Salk maîtrisait parfaitement la langue de Voltaire. Salk avait donc mis au point le vaccin antipolio, une maladie qui faisait des ravages dans la jeunesse américaine et dont le Président Kennedy souffrait des séquelles. Cette maladie fut presque éradiquée dans le monde et il ne reste plus que quelques foyers au Bangladesh et en Afghanistan, un espoir réel pour le bien-être de l’humanité toute entière. Car cette maladie tue rarement mais les séquelles sont terribles pour l’ensemble de la société. La vaccination est toujours obligatoire et c’est une excellente décision d’un point de vue sanitaire.

La poliomyélite se déclare le plus souvent comme une sorte de grippe mais ce n’est pas une grippe car le virus attaque les nerfs moteurs et provoque des paralysies parfois irréversibles. Depuis quelques semaines plus de 60 cas répartis dans 22 états américains de paralysies des membres chez des enfants à la suite d’un petit rhume ont été répertoriés. Soixante-cinq autres cas sont toujours en cours d’évaluation. Cette nouvelle maladie qui ressemble étrangement à la polio a été dénommée par le CDC (Center for Disease Control) myélite flacide aigüe. Déjà en 2014 et 2016 des cas similaires ont été décrits et un entérovirus apparenté à celui de la poliomyélite appelé D68 (EV-D68) a été considéré comme la cause de cette nouvelle maladie. Le fait que seulement quelques enfants soient atteints de paralysie sévères et parfois irréversibles n’est pas encore très clair. Ce qui est acquis est que le virus se transmet par la salive et les sécrétions nasales en provoquant tous les symptômes d’un rhume léger que le corps médical diagnostique comme tel.

Jusqu’à ce jour un seul patient a été diagnostiqué comme porteur du virus dans son liquide céphalo-rachidien ce qui trouble encore plus le corps médical qui ne sait pas diagnostiquer dans les temps cette nouvelle maladie. À la fin de l’année 2016 vingt-neuf enfants dans 12 pays européens différents ont aussi été diagnostiqués comme souffrant de cette même attaque virale paralysante. Des biologistes de l’Université du Colorado à Denver, ville où eut lieu la plus sévère épidémie de myélite flacide aigüe en 2016 a montré que cette souche de virus provoquait des paralysies chez la souris en attaquant les cellules neuronales et que la présence du virus pouvait être facilement vérifiée dans le mucus provenant de la trachée.

La ressemblance avec la polio qui ne provoquait des paralysie que dans moins de 1 % des cas est troublante. Peut-être existe-t-il une prédisposition génétique. Le CDC a rapproché ces cas de ceux de l’entérovirus 71 qui provoque des inflammations de la muqueuse buccale et peut également être à l’origine de myélite flacide aigüe. Pour l’instant il n’existe pas de vaccins contre l’EV-D68 mais en existera-t-il un à l’avenir compte tenu de la rareté des cas de paralysie ? Nul ne le sait.

Source et illustration : Science

Revue de détail du « canal de naissance »

Capture d’écran 2018-10-27 à 12.01.09.png

Le canal de naissance, aussi appelé canal pelvi-génital, constitué par l’espace ménagé entre l’os pubien, le sacrum et les côtés du bassin est le résultat d’un compromis au cours de l’évolution entre deux facteurs de pression sélective antagonistes : une ouverture osseuse suffisante pour assurer le passage du crâne surdimensionné du foetus humain et la limite en quelque sorte architecturale imposée à l’ensemble du bassin par la marche bipédique. Les spécialistes parlent de « dilemne obstétrique » car à l’évidence il faut que le bassin soit suffisamment solide pour supporter le poids du corps sur les deux côtés du bassin sans risque de se briser. Pour que la tête de l’enfant puisse sortir il faut souvent lui faciliter un mouvement de rotation pour optimiser l’adaptation du crâne qui n’est pas parfaitement sphérique avec le canal de naissance qui n’est pas non plus parfaitement circulaire.

Afin de préciser les facteurs évolutifs intervenant dans la forme et la dimension du canal de naissance les ossements de 348 femmes dans 24 populations différentes ont été étudiées sur une période s’étalant du deuxième millénaire avant l’ère présente jusqu’à aujourd’hui. L’étude a révélé une forte diversité géographique dans les dimensions du canal de naissance. Il ressort tout de même quelques différences significatives entre les Lapones et les Inuits qui présentent un canal de naissance aux dimensions confortables et les femmes de l’Extrême-Orient (Japonaises ou Thaïlandaises) dont les dimensions de ce canal sont très légèrement plus réduites. Mais il ne s’agit pas d’une incidence des conditions climatiques, ce qui avait été suggéré par certains auteurs. La pression de sélection et la dispersion depuis l’Afrique de l’Homo sapiens dans le monde entier a quelque peu brouillé les pistes mais cette étude ne présente toutefois qu’un intérêt mineur pour les obstétriciens qui connaissent leur métier.

Source : 10.1098/rspb.2018.1807

Le fluor dans l’eau : une disposition législative dangereuse pour la santé mentale

Capture d’écran 2018-10-25 à 22.56.44.png

C’est une nouvelle assez alarmante qui semble être passée inaperçue : enrichir l’eau du robinet considérée comme potable et utilisée pour la cuisine avec du fluorure de sodium est plutôt néfaste pour la santé cérébrale. Qui dit santé cérébrale pense tout de suite aux maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer. Et c’est bien le souci qu’avait fait ressortir une étude pourtant parue en 2001 (PMID : 11275672). De quoi s’agit-il au juste ? Les autorités politiques, qui comme chacun sait sont toujours à la pointe pour prendre des décisions bénéfiques concernant la santé des citoyens, se sont lourdement trompées en instaurant la fluoration systématique de l’eau du robinet. Certes le motif était louable puisqu’il s’agissait d’améliorer la santé dentaire et peut-être celle des os. Ces même autorités ont tout simplement oublié que la glande endocrine pinéale, aussi appelée épiphyse, est très sujette à des phénomènes de calcification qui peuvent apparaître dès l’âge de 15 ans et qui s’accentuent avec l’âge. La glande pinéale que René Descartes avait désigné comme le siège de l’âme est en réalité une glande endocrine qui a pour fonction de synthétiser la mélatonine à partir de la sérotonine et qui est un régulateur du cycle circadien indispensable pour, si l’on peut dire et pour faire bref, bien dormir.

Le souci avec cette fluoration de l’eau est que des cristaux de fluorure de calcium s’accumulent dans cette glande et que la concentration en fluor dans la glande pinéale est supérieure à celle observée dans les os. Normalement ces concentrations sont sensiblement identique et cette indication signifie qu’il serait formellement déconseillé d’être en contact avec une quelconque forme de fluor. Alors pourquoi continuer à fluorer l’eau puisque d’une part aucune fonction physiologique de cet ion n’a jamais pu être prouvée et que d’autre part ce fluor a tendance à s’accumuler dans l’épiphyse créant des dommages irréversibles. D’abord pourquoi l’épiphyse est-elle si sensible à ces phénomènes de calcification, tout simplement parce cette minuscule partie du cerveau est une exception : elle n’est pas protégée par la barrière cérébrale. Au cours de l’évolution cette glande dérive histologiquement d’un « troisième oeil » dont le vestige existe encore chez les reptiles. Et effectivement le type de neurones retrouvé dans cette glande ressemble à celles retrouvées dans la rétine.

Les dysfonctionnements de la glande pinéale sont associés à la maladie d’Alzheimer, aux troubles bipolaires, à la dérégulation des rythmes circadiens, à l’insomnie, à la schizophrénie ou encore aux troubles du sommeil. Ça fait beaucoup ! Mais bien pire encore les personnes dépressives utilisant du Prozac (fluoxetine) se soumettent volontairement à des doses massives de fluor au cours de leur traitement et cette thérapeutique anti-dépressive ne fait qu’aggraver le mal ! Et cet effet pervers du Prozac a pu être démontré avec des rats auxquels la glande pinéale a été enlevée par micro-chirurgie : ils ne répondent plus à l’administration de Prozac. En d’autres termes le Prozac annihile les fonctions de cette glande en accélérant en son sein les dépôts de fluorure de calcium. Belle image d’un résultat sanitaire catastrophique presque à l’échelle de tous les pays de l’OCDE exceptés le Japon et l’Allemagne qui ont banni la fluoration de l’eau, deux pays qui n’ont pas pris le risque de « calcifier l’âme ».

Source : greenmedinfo.com, illustration mélatonine

Parkinson et Alzheimer : les femmes plus souvent atteintes

Capture d’écran 2018-10-18 à 09.20.43.png

Une nouvelle étude réalisée aux Pays-Bas sur 12000 personnes suivies depuis l’âge de 45 ans confirme que les femmes sont plus fréquemment atteintes au cours de leur vie par des maladies neurodégénératives en comparaison des hommes. Près de la moitié des femmes seront atteintes des maladies de Parkinson ou d’Alzheimer alors que seulement un tiers des hommes en souffriront. La santé de ces personnes a donc été suivie dès l’âge de 45 ans entre 1990 et 2016. Durant cette période 1489 d’entre elles ont été atteintes de la maladie d’Alzheimer, 263 de la maladie de Parkinson et 1285 ont souffert d’un accident vasculaire cérébral avec des séquelles incurables.

En d’autres termes à l’âge de 45 ans les femmes ont 26 % de chance de développer l’une ou l’autre de ces trois maladies alors que pour les hommes les chances ne sont que de 13,7 %. À 45 ans on n’a que peu de chances de souffrir de l’une de ces trois maladies et le corps médical se focalise plutôt sur les cancers, le surpoids et le diabète. Par conséquent, compte tenu du fait que l’hypertension artérielle, les troubles cardiaques, un taux de cholestérol élevé et le diabète de type 2 sont considérés comme des facteurs favorisant l’apparition de l’une ou l’autre des trois affections cérébrales mentionnées ci-dessus, il paraît important selon cette étude de surveiller de près ces quatre paramètres dès l’âge de 45 ans.

Comme le suggère enfin cette étude, puisqu’il n’existe encore pas de traitement pour prévenir ou atténuer significativement la progression des maladies de Parkinson et Alzheimer, la priorité absolue, dès l’âge de 45 ans, est d’avoir une alimentation équilibrée, de contrôler son poids, de s’abstenir de fumer, de rester physiquement actif, de boire des boissons alcoolisées modérément et de surveiller la tension et le taux de cholestérol pour repousser autant que faire se peut l’apparition des ces maladies. Autant dire que cette étude n’a pas apporté beaucoup d’éléments nouveaux mais seulement une confirmation qu’il vaut mieux prévenir que guérir et avoir une vie de spartiate, ce que je n’ai pas vraiment choisi sachant que d’une manière ou d’une autre on est tous condamnés à mourir …

Source : http://dx.doi.org/10.1136/jnnp-2018-318650

Alzheimer et homéopathie : même combat !

Capture d’écran 2018-09-21 à 09.43.00.png

Par décret paru au Journal Officiel de la République Française le Premier Juin 2018 les 4 spécialités et leurs génériques prescrites pour non pas soigner la maladie d’Alzheimer mais en retarder l’évolution ne sont plus remboursées par la sécurité sociale française. Il s’agit de l’Aricept ou Donepezil, de l’Exelon (rivastigmine), de la Galantamine (ou Reminyl) et de la Memantine (Ebixa). Il est opportun de rappeller ici que les « spécialités » de l’homéopathie sont toujours remboursées par la sécurité sociale. Mais là n’est pas le fond du problème, encore que … La réalité est tout autre : depuis plus de 15 ans aucun des 500 essais cliniques réalisés dans le domaine du traitement de la maladie d’Alzheimer n’a été couronné d’un quelconque succès. Outre les effets secondaires parfois difficiles à supporter de ces médicaments il s’agit en réalité de vaches à lait des laboratoires pharmaceutiques qui ont osé les mettre sur le marché en dépit des résultats décevants des essais cliniques qui n’ont jamais montré clairement de ralentissement de cette maladie ni de la démence progressive associée à la maladie de Parkinson. Il s’agit pour trois de ces spécialités d’inhibiteurs de l’acétyl-choline estérase, mode d’action qui n’a jamais été formellement montré comme pouvant infléchir l’évolution de ces démences. La quatrième spécialité, la Memantine, interfère avec le système glutamatergique neuronal sans toutefois affecter les jonctions synaptiques, fort heureusement !

C’était un peu difficile à comprendre mais dans la mesure où on ne connait pas encore les causes initiales – il y a probablement une conjonction de plusieurs éléments – de la dégénérescence neuronale, s’attaquer aux effets comme ce fut le choix des grands laboratoires pharmaceutiques n’est à l’évidence pas une solution. Alors que les traitements avec ces produits peuvent atteindre jusqu’à 500 euros par mois pour des résultats loin d’être satisfaisants il faut reconnaître que la décision du gouvernement français est justifiée au grand dam des médecins prescripteurs et des familles qui espèrent toujours une amélioration de l’état de santé de leurs proches. En effet si un malade va consulter son médecin il attend de lui (ou d’elle, qu’on ne m’accuse pas de sexisme) une prescription : c’est rassurant. Alors pourquoi ces mêmes médecins ne prescriraient-ils pas des « spécialités homéopathiques » – qui sont elles toujours remboursées – pour traiter les maladies neurodégénératives puisque tous ces produits coûteux n’ont qu’un effet placebo comme les médicaments homéopathiques ?

Le Prozac favorise l’apparition de multi-résistances des bactéries aux antibiotiques !

Capture d’écran 2018-09-15 à 10.50.05.png

Les Français sont les plus importants consommateurs d’anti-dépresseurs dans le monde, certes, parce que contrairement à d’autres pays l’usage de drogues dites « relaxantes » comme la marijuana maintenant de facto légale au Portugal ou aux Pays-Bas et de plus en plus d’Etats des USA ne le sont pas en France alors les Français se gavent de Fluoxetine, la matière active du Prozac. Mais comme l’ont découvert des biologistes de l’Université du Queensland à Brisbane (illustration) cette molécule, outre ses effets anti-dépresseurs, stimule les bactéries pathogènes pour s’armer contre l’attaque par des antibiotiques. C’est assez effrayant d’apprendre cela : les Français favorisent les multi-résistances bactériennes aux antibiotiques !

Lorsqu’une personne s’administre du Prozac, plus de 10 % de la matière active est rejetée par les urines. Il en est de même pour les contraceptifs mais c’est un tout autre sujet. Ces scientifiques du Centre d’étude de l’eau de l’Université du Queensland à Brisbane située dans un magnifique campus au bord de la Brisbane River en plein centre-ville se sont penché sur la teneur en Fluoxetine justement dans l’eau de la rivière toute proche. Une étude précédente avait montré que le Triclosan induisait des résistances aux antibiotiques chez les bactéries retrouvées dans les rivières. Le Triclosan se trouve dans la maison dans le dentifrice ou encore le savon liquide pour se laver les mains et de grandes quantités de ce produit se retrouvent dans les rivières. Jamais aucune étude ne s’était penchée auparavant sur un possible effet similaire de la Fluoxetine et ce qu’ont trouvé ces scientifiques est particulièrement inquiétant.

En utilisant des colibacilles (Escherichia coli) il a été montré que la Fluoxetine induisait des mutations chez cette bactérie qui la rend insensible à de nombreux antibiotiques. Alors que la souche K12 de coli utilisée était sensible à la plupart des antibiotiques, chloramphenicol, amoxicillin, tetracycline, fluoroquinolones, aminoglycosides ou encore beta-lactames, pour n’en citer que quelques-uns, après quelques semaines de culture en présence de Fluoxetine, la bactérie était devenue pratiquement résistante à tous ces antibiotiques. Il fallait désormais des doses 10 millions de fois plus élevées pour les tuer. En étudiant l’ADN de ces bactéries mutées par la Fluoxetine il est apparu que de nombreux gènes avaient été modifiés, en particulier les gènes codant pour des transporteurs situés dans la membrane de la bactérie qui rejettent alors les antibiotiques mais aussi divers facteurs de transcription avaient aussi été profondément modifiés.

Ce résultat est terrifiant pour deux raisons. Chaque année plus de 700000 personnes meurent d’infection devenues impossibles à traiter en raison de la résistance aux antibiotiques car cette résistance se transmet horizontalement entre bactéries d’espèces différentes. Mais il y a pire encore le Prozac semble être un mutagène du moins chez le colibacille et pourquoi ne l’est-il pas aussi pour un vulgaire staphylocoque ? Voilà un effet collatéral inattendu du confort médicamenteux dont beaucoup de personnes abusent sans imaginer un seul instant quel peut en être l’impact sur leur propre santé.

Source : The University of Queensland News, illustration : les Docteurs Min Jin et Jianhua Guo, auteurs de l’étude.