L’homéopathie ne guérit pas mais elle peut aussi tuer !

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Il s’agit d’un cas exemplaire de l’inutilité de l’homéopathie mais également de sa dangerosité. Non seulement cette fausse médecine ne guérit pas mais elle peut être dangereuse. Soigner une pathologie sérieuse par l’homéopathie est inutile voire dangereux dans la mesure où des traitements allopathiques permettraient d’en venir à bout. Utiliser des remède dits 100 % naturels fabriqués et vendus par ces firmes d’escrocs comme par exemple Boiron en France ou Hyland’s aux USA, les deux plus grosses compagnies qui se complaisent à abuser de la crédulité de millions de personnes, peut de surcroit être à la limite mortel.

Entre 2006 et 2016 la FDA américaine (Food and Drug Administration), l’équivalent de l’EFSA en Europe, a répertorié les cas de 370 enfants ayant souffert de sérieux effets adverses de gommes à mâcher ou de gels pour calmer les douleurs buccales lors des poussées des dents. Huit enfants sont morts à la suite de l’administration par leurs parents stupidement adeptes des traitements dits naturels et proposés par ces firmes mercantiles. Les « Teething Tablets » proposées par la firme Hyland’s contiennent des extraits de belladone (Atropa belladona) l’une des plantes les plus toxiques qu’on puisse rencontrer un peu partout dans l’Hémisphère nord. Cette plante contient divers alkaloïdes dont de l’atropine et de la scopolamine et elle est connue dans la médecine traditionnelle comme analgésique et son nom provient du fait qu’une décoction dilate les pupilles et rendrait les femmes plus belles ( bella dona). Les enfants sont infiniment plus sensibles que les adultes aux effets des neurotropes de ce type de substances et les firmes productrices de préparations naturelles pour soigner divers maux ne sont pas assujetties à la législation habituelle d’autorisation de mise sur le marché comme c’est le cas pour l’allopathie.

Bien que la FDA ait à plusieurs reprises averti le public que ces tablettes et autres gels utilisés pour les douleurs dentaires chez l’enfant étaient inefficaces voire dangereuses, ces firmes utilisent donc des dilutions suffisantes pour incommoder sérieusement (et très rapidement) des enfants et selon la sensibilité de ces derniers les tuer. Une dilution des principes actifs à 30CH, une notation pour le moins ésotériques – mais ça fait plus sérieux – n’a strictement plus aucun effet et la FDA ne statue en généralement pas. Alors, pour des raisons évidentes de marketing les extraits de belladone de Hyland’s ont été un peu « forcés » dans ces tablettes à mâcher pour bien prouver que ces produits étaient efficaces. Résultat : huit enfants morts, bravo l’homéopathie et bravo aux médecins qui se targuent de prescrire ces produits sachant parfaitement qu’ils sont soit totalement inutiles soit carrément dangereux …

Source : Statnews.com

Se « récurer » les oreilles : une pratique inutile et dangereuse

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Il y a trois ans je me trouvais dans la bonne ville de Lyon et je suis allé rendre visite à un ami de longue date, médecin ORL de son état. Très professionnellement il m’a examiné gratuitement puisque je n’ai plus de carte « vitale » depuis de nombreuses années, très exactement dix-huit ans. Il a inspecté mon gosier, mes narines et mes oreilles. J’étais un peu gêné car je ne me lave jamais les oreilles et je lui ai demandé avec une certaine hésitation si celles-ci étaient propres, je ne parle pas du pavillon, ce qui est à l’extérieur et qui sert aux femmes à s’accoutrer de pendeloques parfois hideuses. Non, l’intérieur, le tréfonds externe de cet organe sensitif si important pour communiquer. Il m’a déclaré que tout était propre et sain.

Se laver les oreilles est stupide car pour tout un chacun il s’agit de s’enfoncer des bâtonnets munis de coton au fond du canal qui relie le tympan au monde extérieur non pas pour y retirer ce que l’on croit être de la saleté mais au contraire repousser le cérumen au fond de ce canal. C’est une hérésie totale et dangereuse. Les sécrétions naturellement produites par cette zone particulière de l’oreille externe ont une fonction très précise. Il s’agit d’un mélange complexe d’acides gras, d’alcools lourds, de cholestérol et d’un enzyme appelé lysozyme également présent dans les larmes, le tout sécrété par des glandes spécialisées tout au long du conduit auditif. Cette espèce de produit cireux présente des propriétés antibiotiques bien connues et est capable de piéger un moucheron qui oserait se hasarder dans le conduit auditif. Les mouvements du maxillaire lors de la mastication favorisent une lente progression du cérumen vers l’extérieur de l’oreille et il arrive parfois que l’on enfonce son « auriculaire » dans ce canal et qu’on soit surpris de retrouver au bout du doigt un peu de cérumen plus ou moins desséché qui a finalement rempli son rôle.

Se nettoyer les oreilles régulièrement avec un coton-tige est un non-sens dans la mesure où on prive l’oreille externe de ses moyens de défense naturels et aussi dans la mesure où on risque de blesser le conduit auditif et d’endommager le tympan. Les autorités sanitaires canadiennes et américaines ont mis en garde la population contre les dangers de ce « nettoyage » totalement inutile des oreilles.

Source et illustration : statnews.com

Retour sur l’autisme : origine virale confirmée

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La campagne de dénigrement infondée contre la vaccination est toujours d’actualité et il ne se passe pas une semaine sans que les antivaxxers hurlent d’horreur et en profitent pour organiser des class-actions à l’encontre des fabricants de vaccins car leur enfant souffre de troubles du comportement apparentés à l’autisme (autism spectrum disorder ou ASD). Ça se passe naturellement aux USA, un pays qui n’hésite pas à trainer en justice des banques étrangères parce qu’elle ont eu la maladresse de réaliser un business en dollars US non conforme aux intérêts du pays. Les Etats-Unis sont en effet le pays du monde le plus judiciarisé et poursuivre les fabricants de vaccins est un business comme un autre, as usual.

En ce qui concerne l’autisme, le corps médical et les biologistes ont maintenant rassemblé des évidences indéniables : l’autisme est favorisé sinon provoqué par de légères malformations du cortex cérébral en particulier au niveau de l’aire de Broca. Les causes de ces malformations restent largement inconnues. Les mouvements anti-vaccin refusent de se rendre à l’évidence et accusent les fabricants de vaccins d’inclure dans la formulation de leurs produits de l’hydroxyde d’aluminium ou d’autres adjuvants qui provoquent l’autisme.

Une étude réalisée conjointement par l’Université Columbia à New-York et l’Université d’Oslo et publiée il y a quelques jours dans la revue mSphere (voir le doi, en accès libre) démonte en grande partie les arguments des mouvements anti-vaccins.

La prévalence de l’ASD est de l’ordre de 1 à 2 % et atteint plus de garçons que de filles. Entre 1999 et 2008 l’organisation norvégienne de la santé a suivi médicalement 114000 enfants et leurs parents, 95244 mères et 75500 pères et détecté 412 mères ayant mis au monde un enfant souffrant d’ASD dont les échantillons sanguins prélevés en cours et à l’issue de grossesse avaient été conservés. Les contrôles étaient un lot de 463 mères ayant mis au monde durant la même période un enfant ne présentant aucun symptôme d’ASD.

L’étude des anticorps présents dans les échantillon sanguins a montré sans ambiguïté que l’autisme était systématiquement lié à la présence durant la grossesse d’un taux élevé d’anticorps dirigés contre le virus de l’herpès (HSV-2) et dans une bien moindre mesure d’anticorps dirigés contre le cytomégalovirus (CMV). La recherche d’anticorps a également inclus la toxoplasmose, la rubéole et l’herpès de type 1 qui affecte la bouche alors que le type 2 affecte l’appareil génito-urinaire.

Ce résultat rend perplexe dans la mesure où une femme sur 5 en âge de procréer est porteuse du virus HSV-2. Les biologistes considèrent donc que si la présence du virus au cours de la grossesse détectée par les taux élevés d’anticorps est incontestablement un facteur aggravant conduisant à l’apparition d’ASD, il doit exister un autre paramètres favorisant l’autisme chez l’enfant. Les recherches s’orientent donc vers l’élucidation de la production de cytokines et d’anticorps maternels traversant la barrière placentaire lors de la réaction immunitaire dirigées contre le HSV-2 en cours de grossesse. Il s’agirait donc alors du facteur génétique suspecté depuis longtemps.

Ces travaux confirment donc que la cause de l’ASD est prénatale et qu’en aucun cas les vaccins sont à incriminer comme le prétend la rumeur. D’ailleurs la société GSK réalise actuellement des essais en phase III pour le développement d’un vaccin conte le HSV-2. Le débat sur l’origine de l’autisme sera donc clos.

Source : mSphere, doi : 10.1128/mSphere.00016-17 en accès libre, illustration : herpes simplex virus

Nouvelles d’Espagne : dons d’organes

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En Espagne si une personne n’indique pas formellement et officiellement qu’elle refuse que le corps médical lui prélève un organe pour sauver une vie lors de son décès à l’hôpital alors le corps médical a toute latitude pour procéder à un prélèvement sans en informer la famille. Cette disposition a été mise en place à la suite de la création de l’Organización National de Trasplantes (ONT) en 1989, une agence technique en charge de la coordination des activités de transplantation d’organes dans le pays.

L’organisation repose essentiellement sur la collaboration directe des médecins hospitaliers oeuvrant dans les unités de soins intensifs. Tous les malades considérés comme donneurs potentiels sont immédiatement « groupés » et leurs données immunitaires transmises à l’ONT via les antennes provinciales disséminées sur tout le territoire espagnol afin d’identifier les receveurs potentiels aussi rapidement que possible grâce à une banque de données gérée par l’ONT. Une logistique permettant d’acheminer les organes dans les meilleures conditions a été également mise en place à la suite de la création de l’ONT.

Dans ces conditions l’Espagne est le pays champion du monde des transplantations d’organes et il devrait servir de modèle pour la plupart des pays de l’OCDE. Reste à préciser les critères de définition de la mort. Pour le médecin la mort est l’arrêt définitif du fonctionnement du coeur et le cas de la mort cérébrale reste encore un sujet à débat relevant de l’éthique mais qui devrait être abordé compte tenu du nombre de receveurs potentiels. Un malade en état de mort cérébrale et maintenu en vie à l’aide de machines devrait être « déconnecté » et un ou plusieurs de ses organes deviendraient immédiatement disponibles pour une transplantation réalisées dans des conditions optimales. Reste que le corps médical considère qu’il s’agit toujours d’un geste classé dans la catégorie de l’euthanasie, mais gageons que dans ce dernier cas des dispositions législatives adaptées permettront de sauver des vies …

Source : bioedge

Un pré-diagnostic simple des AVC maintenant disponible

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Chaque année 15 millions de personnes subissent un AVC (accident vasculaire cérébral), six millions en meurent et 5 autres millions restent handicapés à vie. Ces données terrifiantes ont conduit une petite société de haute technologie à se pencher sur le difficile problème de la détection précoce des risques d’AVC et du diagnostic des micro-ischémies cérébrales pré-existantes indicatrices d’un risque plus élevé d’accident circulatoire cérébral majeur. Ce diagnostic requiert un appareillage coûteux pour procéder à une imagerie par résonance magnétique nucléaire et bien que ces appareils soient en fonctionnement 24 heures sur 24 mais naturellement pas utilisés de manière optimale il est difficile d’y avoir accès pour un simple diagnotic de dépistage.

Une petite start-up américaine, CRV Medical, a eu l’idée d’appliquer un logiciel largement utilisé par les compagnies pétrolières de logging pour explorer rapidement et efficacement les flux sanguins des artères irriguant le cerveau.

Le logging fait appel à une analyse tridimensionnelle des données sismiques et soniques lors de la recherche de champs pétrolifères ou de gisements de minéraux et les logiciels d’analyse des infra-sons ont été adaptés et appliqués à l’analyse fine de ceux générés par le flux sanguin dans les artères carotides. Toute anomalie de ce flux sanguin est alors détectée, ce qui permet au praticien, à la suite d’un examen simple, rapide et précis que peut effectuer un auxiliaire médical non qualifié, de décider d’un traitement afin de prévenir la venue d’un grave AVC.

Le Cartotid Stenotic Scan (CSS) a reçu l’approbation de la Food and Drug Administration à la suite de nombreux essais qui ont confirmé la validité analytique du logiciel dont l’adaptation à ce type d’application a nécessité plusieurs années de travaux. Il s’agit d’un détecteur muni de plusieurs microphones et les signaux sont analysés en temps réel afin d’identifier rapidement les patients à risque. Chaque équipement d’un prix voisin de 50000 euros et d’une utilisation simple permettra de sauver des vies quand on sait que les AVC sont la deuxième cause de mortalité chez les personnes de plus de 60 ans et la sixième cause de mortalité dans la tranche d’age 15-59 ans.

Source et illustration : cvrmed.com/innovation/ via oilprice.com

Le dépistage précoce de la maladie d’Alzheimer

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C’était déjà connu, la perte de l’odorat (anosmie) est liée à la dégénérescence des neurones et l’un des organes « périphériques » du cerveau, si l’on peut dire ainsi, le plus rapidement atteint par ce phénomène est le bulbe olfactif. Il en résulte ce que l’on appelle une anosmie partielle ou totale. Mais la façon d’apprécier cette perte de l’odorat était mal codifiée et ne pouvait pas être utilisée dans le cadre d’un diagnostic simple et rapide du développement des troubles cognitifs et par conséquent de la prédisposition à la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson. C’est maintenant chose faite à la suite de travaux réalisés à l’Université de Pennsylvanie. Il s’agit d’un test simple comprenant 16 odeurs différentes que le sujet doit identifier. Pour rendre cette opération rapide et fiable pour le praticien chaque odeur est présentée au patient dans des pages d’une sorte de catalogue où se trouvent énumérées 4 possibilités d’identification. Le test ne dure que quelques minutes et le patient doit, pour chaque odeur qui lui est présentée à l’aide d’un bout de papier comme ont coutume de le faire les parfumeurs dans leur atelier ultra-secret, identifier cette odeur.

Ce test a été validé en étudiant 728 adultes dont 292 étaient sains, 262 souffraient de la maladie d’Alzheimer et 174 de troubles cognitifs légers. Le test s’est révélé beaucoup plus précis que toutes les autres approches couramment utilisées pour diagnostiquer précocement la maladie. Les résultats de l’étude conduite par le Docteur David Roalf ont été pleinement concluants. Ils ont montré que les patients souffrant de troubles cognitifs légers à divers degrés allaient fatalement évoluer vers une forme plus grave de la maladie. De plus ce test s’est avéré fiable à plus de 87 %. L’équipe impliquée dans cette étude envisage de rechercher si par voie de conséquence les neurones des terminaisons olfactives ne relâcheraient pas des protéines marqueurs de la maladie qui pourraient être détectées dans les sécrétions nasales. Il s’agirait alors d’une confirmation directe de la pertinence de ce test. Après les asperges, le nez nous réserve encore des surprises …

Source : doi : 10.3233/JAD-160842

Frankenstein !

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Il s’agit d’une étude de cas comme disent les médecins mais d’un cas effrayant. Une jeune femme souffrant de douleurs abdominales fut diagnostiquée comme victime d’une crise d’appendicite. À l’examen par échographie le médecin découvrit une importante tumeur de 10 centimètres de diamètre au niveau d’un ovaire et il fut procédé à l’ablation de cette masse de chair. Jusque là tout allait bien mais quand le chirurgien entreprit une analyse détaillée de cette tumeur il était en présence d’un tératome contenant des cheveux, des fragments d’os et un cerveau miniature vaguement protégé par une ébauche de boite crânienne … Une vision véritablement cauchemardesque !

Le Docteur Shintaku du centre médical pour adultes à Shiga au Japon a confirmé que les neurones de ce petit cerveau présentaient une activité électrique et étaient donc si l’on peut dire fonctionnels. L’étymologie du mot tératome provient du grec teratos qui signifie monstre. Ce genre de tumeur est activement étudié car il s’agit de cellules différenciées provenant de cellules germinales ovariennes qui ont échappé pour une raison encore inconnue à toute régulation de la multiplication cellulaire. Dans le cas particulier de cette jeune Japonaise il s’agissait d’un oeuf non mature qui a commencé à se diviser anarchiquement comme s’il avait été fécondé. Le fait que la tumeur contienne un tronc cérébral parfaitement reconnaissable (photo de droite au dessus de la lettre A) est extrêmement rare.

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La jeune femme ne souffre d’aucune séquelle et a repris une vie normale après cette intervention chirurgicale.

Source et illustration : Neuropathology, doi : 10.1111/neup.12360