D’où vient le Plasmodium vivax ?

C’est une question débattue depuis que l’on a découvert un Plasmodium très proche du « vivax » humain chez les grands singes d’Afrique. L’idée que le P.vivax soit originaire d’Afrique comme l’homme moderne était séduisante mais il n’existait aucune preuve permettant de l’affirmer. Il a été nécessaire pour trancher entre l’hypothèse de l’origine africaine et l’origine asiatique d’étudier en détail 447 génomes de P.vivax et 19 génomes de P.vivax simiesque, de gorilles et de chimpanzés obtenus au Gabon, au Cameroun et en Côte-d’Ivoire. Cette étude s’est focalisé sur les SNPs (single nucleotide polymorphism), environ 2 millions, du chromosome 5 du parasite. Je rappelle que le Plasmodium vivax est la forme de malaria la plus répandue dans le monde avec entre 2,5 et 5 millions de cas nouveaux chaque année. Cette fièvre ne s’éteint pas après le premier contact avec le parasite, contrairement au Plasmodium falciparum mais peut réapparaître sans prévenir pendant de longues années après la primo-infection sans que l’on soit pour autant en contact avec un anophèle, le moustique vecteur du parasite et dans un pays exempt de malaria.

À l’issue de cette étude réalisée à l’Université de Montpellier en France sous la direction du Docteur Virginie Rougeron il apparaît que le P.vivax tel qu’on le connaît maintenant est originaire de l’un des trois pays suivants : Indonésie, Malaisie ou Papouasie-Nouvelle Guinée (PNG) ou simultanément de ces trois pays. Ce serait aller un peu vite d’en rester là car les clades très proches de ces trois pays ont des « ancêtres » phylogénétiques ayant conduit à l’apparition du P.vivax de Chine puis des clades de Thaïlande, du Vietnam et du Cambodge et parallèlement du clade du Myanmar. À peu près au même moment dans le «  temps génétique » deux branches distinctes ont émergé l’une en Afrique et l’autre en Amérique Centrale et du Sud avec dans la branche « africaine » le clade de l’Inde. À cet arbre phylogénétique se superposent des mouvements de population mais dans tous les cas l’origine du parasite se situe quelque part à mi-distance entre le P.vivax d’Asie et les autres, Afrique et Amérique à l’exception de l’Inde, le P.vivax des grand singes d’Afrique (PVL, Plasmodium vivax Like) divergeant très tôt. Le parasite indien ne fait partie des autres parasites africains que phylogénétiquement et non pas géographiquement, cela s’entend :

Les calculs de dérive génétique (drift parameter) tenant compte des mouvements migratoires humains modifient cet arbre. Le vivax de l’Inde provient alors du Myanmar et divers mélanges (admixtures) ont aussi lieu entre le Cambodge, la Malaisie, PNG et l’Indonésie. Tous ces calculs sont basés sur les accumulations de SNPs pour déterminer la dérive génétique et sur la fréquence des séquences identiques en dehors des zones hyper-variables de l’ADN susceptibles d’être allumées avec la même amorçe en utilisant l’outil PCR (bootstrap) si j’ai bien compris le sens de l’article :

Très belle étude qui a le mérite de clarifier une situation et d’affirmer que le Plasmodium vivax est bien originaire des zones équatoriales de l’Asie insulaire. Il reste un mystère non encore élucidé car le P.vivax a été beaucoup moins étudié que son cousin le falciparum car il ne provoque que très peu de décès. De plus les populations africaines sont protégées contre le vivax car elles ne possèdent pas l’antigène Duffy à la surface de leurs hématies. Cependant de nouvelles souches de P.vivax ont fait leur apparition et elles sont capables d’envahir ces hématies exemptes de l’antigène Duffy. Au même titre que le P.falciparum le « vivax » est devenu aujourd’hui une préoccupation majeure dans de nombreux pays d’Afrique jusque là épargnés car les économies de ces pays seraient gravement pénalisées par une infestation massive quand on sait que 15 % à 20 % de la population est en permanence malade malgré toutes les thérapeutiques anti-malaria existantes dans les pays où la malaria est endémique.

Source : http://advances.sciencemag.org/content/7/18/eabc3713

Souvenirs

Il y a exactement 23 ans je me trouvais avec mon fils puiné et un de ses amis au sud de l’île de Tanna au Vanuatu dans une petite pension perdue dans la forêt au bord de Resolution Bay, du nom du bateau à bord duquel se trouvait le capitaine James Cook lors de son second voyage d’exploration dans l’Océan Pacifique sud. C’est là que je souffris de ma première crise de malaria. Cet épisode ne nous empêcha pas d’aller au bord du cratère du Yazur pour admirer le lac de lave qui était perturbé par de petites explosions à peu près toutes les 30 secondes. Depuis lors le lac de lave a disparu et le Yazur, considéré comme l’un des volcans les plus dangereux du monde, prépare peut-être son explosion cataclysmique. En effet le réservoir de magma sous-jacent soulève la partie sud de l’île puisque James Cook trouva une profondeur de 60 brasses (120 mètres) en 1774 alors qu’elle n’est plus que d’une dizaine de brasses aujourd’hui.

De retour à Port-Vila, je me documentais au sujet de la malaria et me munis de chloroquine mais il était illusoire de se protéger contre une nouvelle crise puisque celles-ci se succédèrent au cours des années suivantes, longtemps après avoir quitté ces lieux paradisiaques mais un peu dangereux sur le plan sanitaire. En effet le Plasmodium qui m’a empoisonné l’existence pendant plus de 20 ans est classé dans la catégorie vivax. J’avais également compris que les larves du parasite restaient dormantes dans le foie et j’en suis resté persuadé jusqu’à la lecture d’un article paru dans la revue Plos medicine ( https://doi.org/10.1371/journal.pmed.1003632 ) ce 26 mai 2021 relatant une étude réalisée en Papouasie-Nouvelle Guinée et focalisée sur une histologie du pancréas de patients décédés de malaria ou ayant subi une ablation de cet organe. Comme au Vanuatu peuplé de papous, la malaria est endémique dans ces deux pays et les deux formes de Plasmodium coexistent, falciparum et vivax.

Lors d’une crise les hématies sont endommagées par le parasite et le sang est purifié par la rate. Les hématies endommagées s’accumulent dans cet organe et l’un des rôles de la rate est de recycler le fer de l’hémoglobine, pour faire court. Comme on aurait pu s’y attendre à chaque crise la rate s’enrichit en formes asexuées du Plasmodium comme on peut le noter dans la figure ci-dessus tirée de l’article en référence. Mais la rate ne reste pas le réservoir principal du parasite (en ce qui concerne le vivax) bien qu’au cours d’une crise la densité de parasite peut être 100 fois plus élevée que dans le sang. Ces observations invalident l’hypothèse d’un autre réservoir qui a été évoqué comme étant la moelle osseuse ( J Infect Dis. 2020:jiaa177. Pmid:32556188 ). La malaria est une maladie du sang et elle a longtemps été traitée avec de la chloroquine jusqu’à l’apparition de formes résistantes du parasite en particulier en Asie du Sud-est.

Pour un vaccin contre la malaria il y a encore un long chemin …

Alors qu’au cours de l’année 2020 la malaria aura encore tué près d’un million de personnes dans le monde alors que tous les yeux étaient tournés vers les morts provoqués par le SARS-CoV-2 et pour faire exception puisque tous les moyens étaient mobilisés pour sauver des vies humaines dans les pays occidentaux, ce nouveau virus a surpassé la malaria avec 3 213 602 morts dans le monde à la date du 4 mai 2021. Mais si la malaria a été surpassée par le coronavirus en cette année 2020 elle a également tué autant de personnes dans le monde durant ces 20 dernières années. Bref, il n’y a pas de quoi pavaner malgré une très nette amélioration essentiellement due à la généralisation de moustiquaires imprégnées d’insecticides, par exemple, et le retour à pas feutrés du DDT dont on imprègne les murs dans les cases des villages des pays tropicaux parce c’est justement sur ces murs que les moustiques viennent se poser durant la journée pour, la nuit tombée, aller se nourrir du sang des occupants de la case en se laissant littéralement tomber sur eux puis leur transmettant le plasmodium qui va tuer et tuera encore. S’étant imprégné de DDT les moustiques meurent avant d’avoir infecté leurs proies.Ce qui est très surprenant au premier regard est le très faible taux de mortalité par le SARS-CoV-2 dans les pays où précisément sévit de manière endémique la malaria. Je ne les citerai pas tous ici mais il s’agit de la péninsule cochinchinoise, la Birmanie, la Malaisie, l’Indonésie et la Nouvelle-Guinée mais aussi et surtout l’ensemble des pays d’Afrique en dehors de l’Afrique du sud qui a voulu jouer dans la cour des grands en interdisant les traitements précoces à base d’hydroxychloroquine ou d’Ivermectine.

Mais revenons à la malaria. Le Jenner Institute, émanation de l’Université d’Oxford, a imaginé de faire produire par des levures génétiquement modifiées dans ce but une protéine chimérique, une partie de la protéine de capside du virus de l’hépatite B fusionnée à une partie de la protéine de surface du parasite de la malaria sous sa forme existant dans la salive du moustique appelée sporozoïte. L’attention a été porté sur le Plasmodium falciparum qui tue beaucoup plus de personnes que le P. vivax. Cette protéine chimérique s’assemble spontanément en particules ressemblant à un virus et le patient inoculé par ce produit conditionné avec un adjuvant constitué de saponines d’origine végétale développe des anticorps contre la protéine du sporozoïte. Les premiers essais cliniques en phase 3 ont été effectués sur un nombre restreint d’enfants âgés de 5 à 17 mois dans une région du Burkina-Faso où la malaria est endémique. Il est encore prématuré de se réjouir puisque sur 146 enfants ayant reçu le vaccin 39 ont tout de même développé la malaria à falciparum alors que dans le groupe témoin de 147 enfants 106 d’entre eux ont, eux, développé la maladie. C’est à peu près ce qui se passe avec les vaccins à ARN pour le SARS-CoV-2 : une protection incomplète. De plus il existe une multitude de « variants » qui diffèrent au niveau des protéines de l’enveloppe du sporozoïte, c’est aussi exactement la situation à laquelle on est confronté dans les pays européens avec le soi-disant super-efficace pseudo-vaccin à ARN messager dirigé contre le SARS-CoV-2.

Le vaccin expérimental de GSK développé par une approche sensiblement identique, le Mosquirix, a de son côté péniblement atteint une efficacité de 56 % la première année et réduite à 36 % après 4 années. Il est donc clair que devant le peu de profits attendus pour la production de ces vaccins les grands laboratoires pharmaceutiques, qui pour certains d’entre eux ont trouvé la poule aux œufs d’or avec le SARS-CoV-2, ne sont pas très nerveux en ce qui concerne la malaria. Enfin, pour clore ce sujet, l’Institut des pathogènes émergeants à l’Université de Floride privilégie une toute autre approche consistant à affaiblir la capacité de transmission du parasite de l’homme vers le moustique. Je ne suis pas du tout spécialiste mais j’ai beaucoup de peine à imaginer comment ce but pourra être atteint …

Source : AAAS News, illustration Wikipedia

Petite chronique personnelle. Le coronavirus et autres infirmités.

Ce mercredi matin 11 février passé je me suis retrouvé après deux heures d’attente dans le bureau du médecin qui s’occupe de mon cas, une tumeur dans la prostate, un truc banal et de plus en plus banal au fur et à mesure qu’on avance, nous les hommes, en âge. Je ne suis pas du tout préoccupé par cette présence d’un petit adénome de la taille d’une olive qui provoque parfois une difficulté pour uriner. Bref, pas de quoi fouetter un chat. Le médecin spécialiste me prévenait que j’allais être convoqué pour une radiothérapie, comprenez une irradiation avec des rayons X, un traitement loin d’être sélectif. Je n’ai pas protesté mais j’ai entrepris de raconter mon histoire personnelle de SARS-CoV-2 en apprenant qu’on allait me faire un test RT-PCR chaque lundi lorsque débuterait cette radiothérapie. Quand j’ai appris à ce médecin que je m’étais auto-traité qui plus est avec de la chloroquine lorsque j’ai compris que je risquais d’avoir « chopé » le virus fin mars dernier sans consulter un médecin, hypothèse confirmée ensuite par des symptômes bien décrits dans la littérature scientifique, il a manifesté non seulement sa réprobation mais également son incrédulité : comment un individu lambda supposé ne rien connaître de la médecine et de ses arcanes peut-il décider de se traiter lui-même sans aucun avis médical ? Ça en dit long de l’attitude du corps médical, ici en Espagne et ailleurs, qui considère que nous sommes tous des béotiens et que nous n’avons pas le droit de jouer avec notre vie …

Quand j’ai précisé que cette boite de chloroquine était « périmée » depuis plus de dix ans, ce fut carrément une réaction hystérique. J’ai dit qu’il me restaient quelques notions de chimie (je suis tout de même titulaire d’un doctorat de chimie) et que cette molécule est tout à fait stable à moins de la chauffer pendant une heure dans de l’huile bouillante, encore que … À la question : « pourquoi n’êtes-vous pas allé consulter au centre de santé dont vous dépendez ? », j’ai répondu par une autre question : « pour me voir prescrire du paracétamol ? Il n’a pas aimé … Naturellement on ne peut pas demander à un oncologue spécialisé dans la prostate de se documenter au sujet du coronavirus. Le problème du corps médical d’aujourd’hui est qu’il est, au niveau des spécialistes, tellement focalisé sur sa spécialité qu’il ignore tout de la pédiatrie, de la traumatologie ou de la virologie, un domaine débattu lors de notre conversation. J’ai eu la très nette impression que j’en connaissais beaucoup plus que lui et qu’il en avait conscience. J’ignore si mes lecteurs, confrontés au corps médical, ont eu un jour ou l’autre cette impression mais en ce qui me concerne je conduis les médecins dans une situation où ils se trouvent automatiquement mal à l’aise. Et je ne cache pas que j’éprouve un certain plaisir à les confronter aux réalités scientifiques récentes.

Je vais peut-être me plier à ce traitement puisque le protocole a été justifié par l’expérience passée. Il y a quelques délais car l’hôpital doit rattraper le retard pris pour tous les traitements contre le cancer accumulé avec la crise coronavirale et je passe après les plus jeunes et après les Espagnols puisque je suis un « estranjero » et également car après tout je fais partie de ceux qui auraient dû passer à la trappe avec ce virus …

Une nouvelle arme contre la malaria : les microsporidies

Lorsque je suis arrivé il y a 24 ans à Port-Vila, capitale du Vanuatu, je n’avais pas en poches les 200000 dollars US de l’époque qu’il fallait déposer sur un compte en banque pour obtenir un visa de résident. Le seul moyen de communication avec la France était un fax qui se trouvait au bureau de poste mais avec les 10 heures de décalage horaire avec l’Europe il fallait au moins une journée de plus pour pouvoir espérer une réponse. Je restais donc assis sur les marches du bureau de poste situé près de la centrale électrique qui alimentait la ville et le ronronnement des moteurs diesel me tenait compagnie en attendant un fax qui m’était destiné. Un matin, peu de jours après mon arrivée dans ce pays dont j’ignorais l’existence une semaine auparavant, un Néo-Zélandais m’adressa la parole et me demanda ce que je faisais ici à Port-Vila. Lorsqu’il comprit que j’étais Français et que je parlais presque parfaitement anglais il me demanda si j’accepterais un poste d’enseignant à l’internat d’Onesua au nord de l’île d’Efate, île de l’archipel où se trouve Port-Vila. Après avoir conclu un accord de principe en buvant une bière il me glissa que ce n’était que pour quelques mois mais que je pourrais ainsi obtenir mon visa de résident.

Je partis entre deux avions à Nouméa pour acheter des livres de cours, un petit ordinateur portable et diverses fournitures scolaires. La librairie, apprenant que j’allais enseigner le français à Onesua, me fit cadeau d’un plein carton de toutes sortes de livres, de crayons et de cahiers pour mes élèves. De retour à Port-Vila j’achetai une petite Suzuki 4×4 et je partis avec mon sac et quelques provisions de nourriture à la très pesbytérienne et très anglophone pension Onesua High School à 4 heures de piste de Port-Vila. Très vite je compris qu’il y avait dans les deux classes dont j’avais la charge pour l’enseignement du français en permanence au moins un tiers des élèves qui étaient absents et à l’appel réglementaire lorsque je commençais mes cours les élèves me répondaient : « he is sick » ou « she is sick », cette pension était en effet mixte. La direction de l’école m’informa que la malaria était endémique et que malgré la distribution épisodique de chloroquine à tous les élèves il arrivait parfois que certains d’entre eux étaient victimes d’une crise de fièvre. Il n’y avait pas de médecin sur le campus, seulement une infirmière américaine également enseignante bénévole envoyée par son église ici au Vanuatu qui me confia plus tard que les deux formes de Plasmodium étaient présentes dans ce pays. J’eus la chance de n’attraper que la forme vivax de ce parasite et j’en souffre toujours encore épisodiquement …

Je compris que dans n’importe quel pays où la malaria est endémique le développement économique n’est tout simplement pas possible, et c’est le cas dans de nombreux pays d’Afrique encore aujourd’hui. J’ai écrit cette longue introduction pour replacer l’impact de cette maladie dans le contexte d’une étude réalisée au Kenya. Dans le cadre des nombreux travaux réalisés à l’Université de Nairobi pour tenter de trouver de nouvelles armes contre le moustique vecteur ou le parasite lui-même. L’attention des biologistes et des entomologistes a exploré une nouvelle voie pour combattre le moustique vecteur, essentiellement l’anophèle, mais peut-être aussi le plasmodium lui-même quand a été découverte l’existence d’un microsporide (ou microsporidie) infectant l’anophèle arabiensis. Un petit mot sur les microsporidies. Ce sont des eukaryotes et leur génome est le plus petit de tous les eukaryotes. Ce sont des parasites intra-cellulaires obligatoires qui se reproduisent en général en formant des spores. Il existerait autant d’espèces de microsporidies que d’espèces vivantes depuis les arthropodes jusqu’à l’homme mais il y a aussi des microsporidies qui infectent d’autres parasites obligatoires. L’intérêt de ces travaux de recherche réside dans le fait que ce parasite du moustique se transmet à la descendance par les œufs. De plus ce parasite ne réduit pas le nombre d’œufs produit par le moustique femelle après son repas de sang mais également, et c’est une découverte intéressante, il réduit la formation des oocystes du Plasmodium dans le tractus intestinal du moustique. Par conséquent, et cela a été démontré à l’aide de tests PCR, la formation des sporozoïtes du Plasmodium dans les glandes salivaires du moustique se trouve fortement diminuée voire totalement inhibée. Les sporozoïtes sont la forme infectante du Plasmodium pour les êtres humains. Enfin les microsporidies n’affectent pas le sex ratio du moustique.

Les microsporidies pourraient constituer un outil d’une exceptionnelle spécificité pour combattre la malaria. Puisque la transmission de ce parasite intracellulaire spécifique de l’anophèle est verticale il suffirait dans la pratique d’élever des moustiques porteurs de microsporidies et de les disperser dans la nature. Il s’agirait d’une sorte de lutte biologique qui sera chaleureusement accueillie par les partisans de la préservation des écosystèmes, la lutte chimique à grande échelle contre les moustiques n’étant pas envisageable dans des pays d’Afrique comme le Kenya mais également dans les archipels de l’Océan Pacifique comme les Salomon et le Vanuatu. Cette nouvelle approche pourra grandement contribuer au développement économique de tous ces pays en réduisant l’incidence de la malaria sur les populations …

Source : https://doi.org/10.1038/s41467-020-16121-y et pour les curieux : https://en.wikipedia.org/wiki/Microsporidia

Alzheimer : du fromage avec un verre de vin rouge chaque jour …

Le Docteur Auriel Willette, professeur de science des aliments et de la nutrition à l’Université de l’Iowa à Ames, USA, a analysé les données englobant 1787 adultes âgés de 46 à 77 ans provenant de la banque de données santé du Royaume-Uni. L’étude a duré 10 ans et au cours de cette période tous les paramètres concernant chaque personne dont l’anonymat a été scrupuleusement respecté ont été actualisés chaque trois ou quatre année. De nombreuses données relatives au régime alimentaire de chaque participant ont été assorties à des tests cognitifs pour suivre l’apparition d’un déclin de la mémoire à court terme, l’un des principaux symptômes de l’apparition de la maladie d’Alzheimer. Le questionnaire relatif aux habitudes alimentaire était exhaustif, chaque participant devant noter les quantités respectives quotidiennement ingérées de fruits frais, de fruits secs, de légumes crus et en salade, de légumes cuits, de poisson gras ou de poisson blanc, de viande transformée industriellement, de volailles, bœuf, agneau, porc, fromage, pain, céréales, thé et café, bière et cidre, vin rouge, vin blanc et boissons alcoolisées type whisky ou gin.

Le dépouillement minutieux de cet immense ensemble de données a permis de mettre en évidence un effet préventif ou au moins retardateur de l’apparition des troubles cognitifs du fromage ingéré quotidiennement. De quels fromages s’agit-il, l’étude ne le mentionne pas mais très probablement de fromages anglais. Il ne faut pas dénigrer les fromages anglais qui comptent plusieurs centaines de variétés bien que toutes soient dérivées des « bleus » préparés à partir de lait de vache cru, des fromages durs comme le Cheddar également préparés à partir de lait cru, des fromages à pâte molle également préparés à partir de lait de vache cru et enfin les fromages préparés à partir de lait de chèvre ou de brebis. Le fromage est riche en vitamines, en acides gras et en sels minéraux. De plus les fromages fermentés sont souvent recouverts de moisissures. Or la majorité des antibiotiques connus ont été initialement isolés à partir de moisissures, souvenons-nous de la pénicilline, alors l’une des hypothèses assez satisfaisante qui m’est apparue est que ces moisissures et ces fermentations variées donnant à chaque fromage son individualité gastronomique contiennent des antibiotiques utiles pour combattre la prolifération de la bactérie Phorphyromonas gingivalis dont la présence dans le cerveau des personnes mortes de la maladie d’Alzheimer a été décelée presque systématiquement après que l’on ait observé que dette bactérie provoquait l’apparition des mêmes symptômes dans le cerveau des souris, symptômes provoqués par la gingipaïne, la protéase excrétée par cette bactérie qui détruit les cytokines et réduit les défenses immunitaires de l’hôte.

Il y a donc un domaine d’étude qui s’ouvre avec cette analyse réalisée à l’Université de l’Iowa. J’ai informé le Docteur Willette de ma remarque.

Les deux autres paramètres moins significatifs qui ont été identifiés dans cette étude sont le vin rouge et curieusement la viande de mouton ou d’agneau, un verre de vin rouge quotidien et de la viande ovine au moins une fois par semaine. Pour ma part voici les fromages exclusivement français dont je me nourris chaque jour accompagnés d’un bon verre de vin rouge :

Source : doi, 10.3233/JAD-201058 aimablement communiqué par le Docteur Willette. Et aussi :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2019/01/27/maladie-dalzheimer-coup-de-theatre-terrifiant/

https://advances.sciencemag.org/content/5/1/eaau3333

Les aliments industriels accélèrent le vieillissement

Les télomères sont des appendices situés aux extrémités de chaque chromosome. Ils en assurent une certaine stabilité un peu comme les ficelles qui se trouvent aux extrémités d’un saucisson. L’analogie peut être poursuivie puisque les télomères comportent une à deux dizaines de milliers de paires de bases nucléotidiques constituants de l’ADN. À chaque division cellulaire ces « ficelles » perdent deux à trois cent bases et ce processus de raccourcissement est semble-t-il accéléré par diverses conditions de la vie quotidienne, manque d’exercice physique, tabac, facteurs génétiques, âge mais aussi par la qualité de la nourriture que l’on ingère. C’est sur ce dernier point que s’est penchée une équipe de biologistes de l’Université de Pamplona en Espagne (lien). Ces universitaires ont utilisé une banque de données comportant 886 participants suivis depuis mai 2008, sur un total de 1921 personnes d’un programme mis en place par les Universités de Navarre dans le cadre d’une veille sanitaire multifactorielle. Des questionnaires détaillés soumis aux participants ont permis de classer ces derniers selon le montant des calories ingérées quotidiennement et la nature de leur alimentation. Une distinction a pu être faite de manière précise parmi les participants entre la nourriture n’ayant jamais subi de transformation industrielle en regard de celle « ultra-transformée ».

La nourriture non transformée comprend des parties d’animaux ou de plantes (fruits, légumes, œufs, lait, viande, etc) que les participants se procurent pour se nourrir et qui sont fraiches et non modifiées par ajout préalable de sel, de sucre, de corps gras et ne contenant aucun additif alimentaire. Ces produits sont alors cuisinés « à la maison » en utilisant des additifs non transformés industriellement comme du sel, de l’huile non hydrogénée, du sucre, du vinaigre, des épices, etc à l’exclusion de tout autre additif d’origine industrielle. La nourriture transformée industriellement comprend des aliments d’origine naturelle ou déjà transformée auxquels sont ajoutés des substances alimentaires appelés additifs d’origines naturelles ou artificielles dans des proportions variées. La liste des additifs alimentaires est disponible ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_additifs_alimentaires ). Un classement de chaque individu étudié a été réalisé sur la base du montant de calories ingéré quotidiennement. Tous les participants se sont pliés à des prélèvement de salive pour mesurer par qPCR la teneur de leur ADN en télomères. Deux prélèvements ont été effectués pour étayer cette étude, l’un en 2008 et l’autre en 2016. Les participants âgés de 50 ans et plus devaient enfin remplir un questionnaire détaillé sur leurs habitudes alimentaires et leur mode de vie tous les deux ans.

Il ressort de cette étude que tous les participants se « sur-alimentant » ont vu leur état de santé se dégrader en termes d’obésité, de problèmes cardio-vasculaires et de taux de triglycérides sanguins élevés. En comparant ces groupes avec ceux ayant un régime alimentaire modéré, de style méditerranéen incluant peu ou pas d’aliments industriellement transformés y compris des sodas comme boissons présentaient systématiquement des télomères par analyse qPCR plus longs. Un classement par percentiles a pu ainsi être établi en référence au groupe dont les habitudes alimentaires étaient les plus naturelles avec un apport minimal en calories selon l’apport en aliments transformés industriellement et le résultat est évident. L’ensemble des participants a été classé sur la base de ces paramètres en 5 groupes. Les longueurs des télomères diminuent proportionnellement en fonction des quantités d’aliments transformés industriellement (UPF = ultra-processed food) de 29, 40 et 82 % pour un âge moyen de 67 ans, c’est-à-dire 8 ans après la première évaluation de ces longueurs. Cette longueur des télomères est généralement considérée comme un marqueur de la vieillesse : plus un sujet est âgé plus la longueur des télomères est réduite. La conclusion de cette étude est donc sans appel : toute ingestion de nourriture industrielle diminue la longueur des télomères et en conséquence accélère le vieillissement. On ne peut que blâmer l’activité des grandes entreprises de l’agro-alimentaire qui inondent les linéaires des super-marchés de « junk-food » et de sodas …Insérer le Tableau 1 de l’article cité en référence ci-dessous aurait été illisible.

Source. Doi : 10.1093/ajcn/nqaa075/5824715 aimablement communiqué par l’auteur principal de l’article qui est remerciée.

Actualité. Grippe saisonnière : vers un autre scandale ?

À ne pas confondre avec la grippe à SARS-Cov-2 la grippe saisonnière, dont on n’a curieusement pas dit un mot ce dernier hiver, est le fait de virus dit Influenza qui varient année après année. Le vaccin plutôt réservé aux « vieux » alors que le principal véhicule de ce virus est l’enfant et l’adolescent pour lesquels le vaccin n’est pas préconisé est maintenant en accès libre et gratuit ici à Santa Cruz de Tenerife dans des petites tentes érigées dans la rue. Ce vaccin, sous le strict contrôle de l’OMS, est conçu pour l’hémisphère nord après isolement des souches du virus ayant sévi 6 mois auparavant dans les pays de l’hémisphère sud. Il arrive donc que le vaccin ainsi mis au point soit totalement inefficace car les souches utilisées pour sa production ont muté. Bref, il faut garder présent à l’esprit que le délai de mise au point est très court même si les techniques de production sont éprouvées.

En cet automne 2020 la plupart des pays de l’hémisphère nord procèdent à la vaccination de leur population. Ainsi en est-il en Corée. Mais il y a un « petit » problème : dès le début de la campagne de vaccination qui a été mise en place ce lundi 19 octobre 30 personnes sont déjà mortes peu de temps après l’injection du vaccin y compris un enfant de 17 ans. Qu’à cela ne tienne les autorités sud-coréennes ont décidé de ne pas mettre un terme à cette campagne de vaccination afin d’éviter une crise sanitaire majeure au cas où l’autre grippe, celle du SARS-Cov-2, resurgisse. De même que les tests PCR pratiqués à tort et à travers, le vaccin contre la grippe HxNy enrichit les laboratoires pharmaceutiques avec les impôts que chaque citoyen paie. Conclusion : les gouvernements enrichissent les laboratoires pharmaceutiques dont ils reçoivent directement des ordres …

Source relative à la Corée : KTV via RTnews

C’est une histoire belge mais ce n’est pas une blague belge !

Chaque fois, au cours de ma revue de presse matinale, que je note un article relatif à la malaria (fièvres des marais, en français paludisme) ma curiosité est stimulée puisque cette saloperie m’a pourri la vie pendant des années. Alors voici un court récit presque surréaliste au sujet de cette malaria qui tue chaque année beaucoup plus de personnes que le SARS-CoV-2 …

Un couple de Belges du Brabant flamand vivant dans la petite ville de Kampenhout ont défié le corps médical, souffrant de fortes fièvres. Naturellement, en ces temps de psychose coronavirale, leur état a tout de suite fait penser au SARS-CoV-2. Comme les autorités belges n’ont pas vraiment assimilé le fait que ce virus pouvait être avantageusement éliminé de l’organisme avec de la chloroquine (ou son dérivé hydroxylé) ce médicament n’a pas été utilisé alors qu’il aurait éventuellement pu sauver ces deux citoyens belges. Et c’est là où l’histoire ressemble à une blague belge, ils sont mort de malaria et non pas du SARS-CoV-2 ! Si le Plasmodium, probablement falciparum qui a provoqué leur décès, avait été sensible à la chloroquine (ce qui est possible) ces deux braves Brabançons seraient toujours en vie … Le Plasmodium vivax dont je souffre depuis plus de 20 ans est sensible à la chloroquine mais dans de nombreux pays ce n’est plus le cas.

Ce qui est encore plus intriguant dans cette histoire belge est le fait que ces deux personnes n’étaient pas allé se promener dans un pays où la malaria est endémique depuis de nombreux mois sinon de nombreuses années. Selon les médecins ils auraient été piqué par un moustique anophèle porteur de larves de Plasmodium vers la mi-septembre pour que les premières fièvres apparaissent au début du moins d’octobre. Le moustique femelle est certainement mort car il ne peut pas survivre dans ces contrées malgré le réchauffement climatique. Comme l’a écrit le journaliste qui a rapporté ce fait divers dans le quotidien La Libre Belgique un double décès par malaria sur le sol belge est rarissime.

La question qui se pose donc est la suivante : comment un moustique anophèle, vecteur exclusif de la malaria, a-t-il pu se trouver dans cette maison du Brabant ? La seule hypothèse envisageable est que ce moustique soit arrivé d’un pays d’Afrique dans un avion et qu’il ait eu la mauvaise idée de voler sur une dizaine de kilomètres depuis l’aéroport de Bruxelles-National situé pas très loin de Kampenhout, porté par des vents d’ouest vers le milieu du mois de septembre alors que les températures étaient plutôt chaudes pour la saison, réchauffement climatique oblige …

Le noma, cette maladie oubliée dont personne ne veut parler

Alors que les Occidentaux, confortablement installés devant leur écran plat pour ingurgiter la propagande étatique, ont compté leurs morts et maintenant que l’épidémie coronavirale semble avoir fait une pause ils comptent alors le nombre de nouveaux « cas », personne parmi tous ces pays occidentaux ne se doute qu’une autre terrible maladie touche 500000 personnes dans le monde, surtout des enfants de moins de dix, avec un taux de létalité de plus de 90 %, pire que le tant redouté virus Ebola. Tout le monde s’en moque, y compris l’Organisation Mondiale de la Santé et y compris Bill Gates ! Il s’agit du « noma », une maladie de la pauvreté, de la malnutrition et du mauvais traitement des enfants. Cette maladie fut aussi appelée cancrum oris par Hippocrate, c’est-à-dire la gangrène de la bouche. Peu d’organisations humanitaires s’occupent de cette terrible maladie défigurante qui est fatale puisque l’enfant, très rapidement, n’ayant plus ni bouche, ni maxillaire, ni glotte, ne peut plus se nourrir. Bien que les quelques bactéries qui prolifèrent dans la cavité buccale aient été identifiées, un traitement à l’aide d’antibiotiques ne peut pas remplacer une bouche partiellement détruite.

Inutile de dire qu’une chirurgie faciale reconstructive ne peut pas être envisagée dans des pays pauvres comme le Mali, le Burkina-Faso, … et bien d’autres pays d’Afrique. D’ailleurs tout le monde s’en moque puisque ce sont des enfants de couleur et qu’il y en justement beaucoup trop ! Il est extrêmement difficile de se faire une idée exacte du nombre d’enfants touchés par cette terrible maladie car les enfants sont isolés et dissimulés par leur famille qui considère que c’est une maladie « honteuse ». Pourtant le noma existait déjà dans les quartiers pauvres des villes nouvellement industrialisées de la Grande-Bretagne au milieu du XIXe siècle, encore une fois pour les mêmes raisons : malnutrition, pauvreté et maltraitance des enfants qui étaient forcés de travailler dans les usines jusqu’à ce qu’une mort précoce les emporte.

Une exception à noter : l’Université de Genève (UNIGE) a mis en place un réseau de surveillance du noma et a facilité le traitement de reconstruction faciale de quelques cas mais la tâche est gigantesque. Il faut saluer cette initiative porteuse d’espoirs, mais combien d’enfants pourront-ils être sauvés ?

Inspiré d’un article paru sur le quotidien Le Temps de Genève il y a quelques mois.

Lien : https://www.unige.ch/medecine/fr/faculteetcite/media/lisg-mene-la-lutte-contre-le-noma/