Réflexions personnelles sur la protection sociale santé

Réflexions personnelles sur la protection sociale santé

En Espagne, mon pays de résidence depuis maintenant 9 années, la sécurité sociale fonctionne à deux vitesses. Il y a les riches qui ont les moyens financiers de s’assurer auprès d’une compagnie privée et avoir accès à des cliniques privées luxueuses et il y a le système public pour les pauvres, pour faire court. Le système public est « gratuit », à une nuance près tout de même puisqu’il est financé par les impôts et les charges sociales que tout un chacun paie, personnes physiques ou morales y compris d’ailleurs ceux qui s’assurent auprès d’une compagnie privée. Et pour bien comprendre la suite de ce billet il faut décrire comment fonctionne ici en Espagne l’assurance maladie publique.

À chaque « assuré », terme que j’utilise bien qu’il soit impropre (je préférerait le terme « assujetti » à une protection sociale étatique), est attribué un « centre de santé » et un médecin référant. La procédure pour une consultation est assez complexe et longue : il faut fixer un rendez-vous par téléphone ou par internet avec son médecin (c’est un robot qui répond) puis faire la queue dans le centre de santé, parfois plusieurs heures, pour enfin décrire ce dont on souffre quand on se trouve devant son médecin généraliste attitré. Le médecin ne vous ausculte même pas, il ne regarde pas votre gorge ni le blanc de vos yeux, il se borne à pianoter sur le clavier de son ordinateur et vous prescrit éventuellement une prise de sang. S’il a selon vos dires déterminé le mal dont vous souffrez il vous prend un rendez-vous avec un spécialiste s’il en a le temps sinon c’est à vous de le faire muni d’un numéro administratif auprès des hôtesses du centre de santé ou encore par téléphone avec un robot qui vous répond. Le délai peut aller de quelques jours pour un rendez-vous avec un cardiologue et jusqu’à 6 mois pour un ophtalmologue. Les consultations avec le spécialiste ont lieu dans un autre centre de santé plus vaste et on refait la queue encore une fois plusieurs heures. Le spécialiste va éventuellement vous prescrire toutes sortes d’examens complémentaires qui ont alors lieu à l’hôpital où vous ferez encore la queue de nombreuses heures. Il faut absolument se munir d’un livre ou de mots croisés (ce que votre serviteur fait) pour tuer le temps …

Il reste tout de même une possibilité pour court-circuiter ce système bureaucratique kafkaïen, l’urgence ! Le centre de santé accepte les cas d’urgence s’ils ne relèvent pas de soins lourds en milieu hospitalier en d’autres termes si votre vie n’est visiblement pas en danger et s’il n’y a pas de sang qui coule sinon vous êtes immédiatement évacué vers les urgences de l’hôpital en ambulance.

Pour illustrer cette dernière possibilité des urgences il m’est arrivé il y a quelques mois de souffrir de douleurs relativement intenses très précisément au niveau du coeur. Je suis allé à pieds de chez moi dans « mon » centre de santé et j’ai décrit à la fille de la réception ce qui m’arrivait avec mon espagnol approximatif. Moins de dix minutes plus tard on me faisait un électro-cardiogramme et deux jours plus tard, compte tenu du peu de gravité révélé par les tracés de l’EEG non pas par mon médecin attitré mais par la technicienne qui a acquis avec les années une certaine habitude en interprétation des EEGs, je me retrouvais dans le cabinet d’un cardiologue dans l’autre centre de santé qui conclut rapidement mais après des examens approfondis, nouvel EEG, échographie, Doppler, etc … que j’avais un coeur de jeune homme et que mes douleurs n’étaient que de bénignes contractures musculaires inter-costales.

Il est également possible d’aller directement dans un des services d’urgence de l’hôpital mais comme partout en Europe les services d’urgence ressemblent à la cour des miracles et il vaut mieux ne pas être mourant pour attendre qu’un infirmier s’occupe de vous.

En venant m’installer ici à Tenerife un anglais, à la retraite comme moi, me peignit un tableau tellement sombre du système de santé publique espagnol qu’il me conseilla vivement de souscrire à une assurance maladie privée, ce que je fis. Mais à ce sujet, et je suppose qu’il en est de même dans tous les pays développés, plus on vieillit plus les mensualités sont élevées. Pour vous donner un ordre d’idées, au tout début (mais après trois mois de carence obligatoire à la suite d’une visite médicale détaillée dans les locaux de la compagnie d’assurance) je payais chaque mois un peu moins de 200 euros. Au delà de 70 ans la cotisation passe à plus de 300 euros mensuels et si on est un trop gros « consommateur » (je reviendrai sur ce terme) la compagnie d’assurances a tendance à augmenter encore plus rapidement la cotisation. J’ai donc mis fin à mon contrat et aujourd’hui je m’adresse pour mes petits bobos au système public.

Récemment j’ai pris conscience du coût effectif de la santé que l’on a trop tendance à considérer comme gratuit et je relate ici précisément les évènements que j’ai récemment vécu et qui sont riches d’enseignements. Quand j’étais assuré avec une compagnie privée, j’étais allé consulter un ophtalmologue qui m’avait bien mis en garde qu’il fallait que je consulte régulièrement car l’état général de mes yeux n’était pas optimal. Il y a quelques semaines je souffris d’un accès d’infections au niveau de l’oeil gauche, un truc que les spécialistes appellent la blépharite et qui est en fait une sorte d’acné au niveau des cils. Ce n’est pas très douloureux mais c’est gênant. Je m’étais également aperçu que ma vision de l’oeil droit était un peu trouble. Je voulais revoir la même ophtalmologue et je sollicitais donc un rendez-vous en consultation dite privée dans la clinique privée luxueuse où j’avais vu ce médecin il y a environ 7 ans et dont j’avais oublié le nom.

Coût de la démarche : 100 euros plus des pommades et des compresses non remboursées, naturellement. Tout ça pour m’entendre dire que pour mes yeux tout allait bien sinon un début de petite cataracte au niveau de l’oeil droit et qu’il fallait que je soigne cette blépharite. Rien de nouveau, donc, sous le soleil. Si je m’étais adressé au système public « gratuit » j’aurais tout simplement attendu quelques mois pour un rendez-vous avec un ophtalmologue. La question que je me suis posé par voie de conséquence est la suivante : le système de santé public dit gratuit est-il vraiment gratuit ? Pas vraiment. Je ne vois pas pourquoi le système public serait moins coûteux qu’une consultation privée comme celle à laquelle j’ai consenti financièrement uniquement par confort. J’en arrive à la conclusion évidente qu’on devrait clairement préciser aux personnes dépendant du système de santé gratuit combien il leur en coûte réellement quand ils vont consulter un médecin en dépit des nombreuses heures d’attente (j’ai aussi fait la queue dans la clinique privée) et de la lourdeur administrative du système. Il faudrait dire clairement aux patients combien leur consultation a réellement coûté à la société et leur faire comprendre également que ce prix apparaît dans les impôts et autres charges sociales payées par chacun, y compris les « pauvres » en France en particulier car tout le monde est assujetti à la CSG (contribution sociale généralisée) qui est un impôt – une flat-tax comme disent les Anglo-saxons – déguisé car son utilisation n’est en théorie qu’exclusivement consacrée au financement de la protection santé, ce dont je doute.

Le système de santé public a donc ôté tout sens critique et toute responsabilité au citoyen lambda : il croit que c’est gratuit mais c’est un leurre et pourtant il devient consommateur outrancier de ce service mis à sa disposition « gratuitement ». J’ai fait part de mes réflexions à ma copine et je lui ai demandé ce qu’elle ferait si on augmentait son salaire de 30 %, en d’autres termes si elle percevait outre son salaire net toutes les charges que son employeur et elle-même paient, mais qu’elle devrait alors prendre en charge elle-même le coût de sa santé en faisant nécessairement des choix comme par exemple ne pas s’assurer contre les risques mineurs mais seulement les gros risques. Il est évident que sa « consommation » médicale serait rapidement réduite, y compris les arrêts de travail pour maladie, et qu’elle se trouverait du jour au lendemain magiquement en bonne santé alors qu’elle va consulter son médecin pour le moindre mal de tête. Comme elle est politiquement orientée plutôt vers le socialisme (elle aime bien Maduro) elle considère que l’assurance maladie « gratuite » et gérée par l’Etat est un dû, un progrès social ! Ah bon ?

De la peau de morue pour les brûlures !

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La société Kerecis, sise dans l’un des villages les plus septentrionaux de l’Islande, le cercle polaire arctique se trouve en effet à moins de 50 kilomètres plus au nord, développe une peau de remplacement pour les blessures qui ne cicatrisent que très difficilement. Cette peau n’est pas artificielle mais provient des morues, le petit port d’Isafjordur (illustration Mish Shedlock) où s’est installé cette société est en effet un port de pêche important dans cette presqu’île inaccessible depuis le reste de l’Islande une grande partie de l’année en raison des chutes de neige qui bloquent les routes allant vers Reykjavik, j’en ai fait l’expérience en une fin de mois de juin il y a maintenant bien des années.

Le Docteur Baldur Baldursson, directeur médical de Kerecis a dirigé des essais cliniques en grande partie financés par l’administration américaine des vétérans (VA) qui ont montré que la peau de morue préparée selon le procédé développé intra muros permettait aux fibroblastes cutanés de coloniser cette structure riche en acides gras omega-3. Les cellules prolifèrent dans la peau du poisson et la cicatrisation est accélérée sans qu’il y ait de risque précoce de rejet. Que l’on se rassure l’épiderme poissoneux finit par être tout de même rejeté quand la cicatrisation est terminée, il n’y a donc pas de risques de peau recouverte d’écailles …

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Ces essais cliniques réalisés au sein des hôpitaux des anciens combattants de l’armée américaine (VA hospitals) sur plus de 160 patients ont été concluants : la peau cicatrise beaucoup plus rapidement qu’avec le substitut souvent utilisé et préparé à partir d’intestin de porc (Oasis Wound Matrix) ou encore avec de la peau humaine prélevée sur des cadavres et préparée par coupures dans une petite machine spéciale pour former une sorte de canevas extensible. La peau de morue peut être également conditionnée de la même manière. Le prochain essai clinique va concerner des patients souffrant de brûlures profondes car la présence d’omega-3 atténue la gravité des processus inflammatoires au niveau des blessures et des brûlures, l’inflammation étant un des principaux facteurs retardant la cicatrisation. On ne peut que souhaiter « bonne pêche » à cette petite société implantée dans une petite ville isolée du reste de l’Islande …

Source : Bloomberg. Illustrations Bloomberg et Mike Shedlock

Il n’y a plus d’antibiotiques pour soigner la chtouille …

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Les maladies contagieuses sexuellement transmissibles sont les plus répandues dans le monde. Les dernières statistiques de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sont éloquentes : plus de 350 millions de personnes dans le monde souffrent d’une quelconque de ces maladies, soit 1 million de nouveaux cas par jour dont 210000 cas de blennoragie (primo-infection ou récidive). Si les dizaines de milliards de dollars consacrés à la mise au point de thérapies adaptées au virus du SIDA (AIDS) ont porté leurs fruits, ainsi que la mise au point d’un vaccin dirigé contre l’hépatite C, il en est tout autrement avec les redoutables bactéries provoquant la blennorragie, le gonocoque (Neisseria gonorrhoeae) et la syphilis (Treponema pallidum) qui sont en recrudescence constante y compris dans les pays de l’OCDE (voir note). Alors que l’incidence de la blennorragie avait diminué de plus de 90 % avec la découverte de nouveaux antibiotiques les médecins, tenus dans beaucoup de pays du monde de déclarer officiellement les cas de blennorragie aux autorités, se trouvent confrontés à une résistance aux antibiotiques qui est devenue préoccupante pour ne pas dire alarmante. Trois cas de blennorragie réfractaires à tous les antibiotiques connus viennent d’être décrits récemment, en Espagne, en France et au Japon.

En Afrique, le continent le plus touché par la blennorragie, l’incidence est de 5,68 cas pour mille adultes, femmes et hommes, et tous les pays de la zone Pacifique-Ouest et Asie du Sud-Est sont également touchés. Mais comme cette maladie ne présente le plus souvent pas de symptômes chez les femmes les données rassemblées par l’OMS sont largement sous-estimées. Les symptômes de la blennorragie chez l’homme sont également ambigus dans la mesure où une autre maladie sexuellement transmissible peut conduire à une erreur de diagnostic. Il s’agit des chlamydioses (Chlamydia trachomatis) également asymptomatiques chez la femmes et l’une des premières causes de cécité dans les pays en développement, en particulier en Afrique. La situation est donc compliquée et ce d’autant plus que le corps médical s’était habitué au traitement – pour la blennorragie – efficace à l’aide d’une dose unique de céphalosporines modifiées de dernière génération. Or ce type de protocole de traitement a tout naturellement favorisé l’apparition de résistances.

Aujourd’hui (voir le lien) l’OMS tire la sonnette d’alarme à l’échelle mondiale car il n’existe plus aucun antibiotique efficace contre le gonocoque. Cette bactérie est difficile à cultiver dans un laboratoire de bactériologie hospitalier courant afin de procéder à un diagnostic et de déterminer les éventuelles résistances aux antibiotiques. L’OMS préconise la généralisation du diagnostic directement avec l’ADN de la bactérie qui est très rapide mais nécessite un équipement coûteux, en particulier pour les pays en développement. À ce diagnostic du gonocoque peut être facilement adjoint celui des chlamydia. Cependant comme la résistance aux antibiotiques est portée par ce que l’on appelle des plasmides, des petits ARNs le plus souvent circulaires que les bactéries se transmettent entre elles très rapidement, l’équipement permettant un diagnostic rapide de l’une ou l’autre bactérie (ou les deux) mentionnées ci-dessus ne peut pas analyser ces plasmides.

En dernier ressort et avant qu’une nouvelle molécule soit découverte l’OMS préconise l’utilisation d’un cocktail de plusieurs antibiotiques à défaut d’autres alternatives mais ce protocole reste délicat à mettre en oeuvre. Reste le bon vieux préservatif mais le Vatican en interdit l’utilisation …

Note. Au cours de la période 2013-2014 34 pays africains ont signalé des cas de syphilis à l’OMS mais également 9 pays de l’Union européenne dont la France.

Source : Plos Medicine, doi : 10.1371/journal.pmed.1002328.t001 Illustration : Neisseria gonorrhoeae

Le principe de précaution et Simone Veil : une catastrophe !

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C’est une affaire désastreuse et peu connue du grand public qu’a provoqué, on peut dire à son insu, Simone Veil alors qu’elle était à nouveau Ministre de la Santé au sein du gouvernement Balladur, dernière cohabitation sous le règne de Mitterand, entre 1993 et 1995. Il s’agit d’un désastre économique et sanitaire à la suite d’une décision de cette femme illustre dont la compétence ne fut reconnue que pour prendre des décisions relatives aux « droits des femmes » comme l’autorisation par la loi de l’interruption volontaire de grossesse pour convenance personnelle, tout ce qui restera finalement dans la mémoire du public. Et j’ai bien pesé mes mots en écrivant ce billet … L’avortement volontaire a toujours été pratiqué depuis peut-être la nuit des temps et l’intervention législative de Simone Veil aura simplement permis de sauver des vies car les « faiseuses d’ange » ne connaissaient pas et ne pouvaient donc pas respecter les règles fondamentales de la médecine, loi qui a également permis de préserver la liberté des médecins qui osaient procéder à cette intervention car ils risquaient la prison. Pour information l’avortement pour convenance personnelle est interdit en Espagne, pays où je vis maintenant, et les femmes qui ne désirent pas l’enfant qu’elles portent doivent aller en Suisse, coût tout compris 6000 euros, business is business.

Venons-en donc au sujet de ce billet. En vertu de l’application de l’exécrable principe de précaution (voir note 3.) Simone Veil prit la décision, puisque c’est toujours le Ministre qui entérine au final une décision, d’interdire à l’Institut Mérieux toute production d’albumine à partir de placentas humains à dater du premier janvier 1994, du moins l’administration du Ministère de la Santé la poussa à prendre cette décision. Cette production avait été organisée progressivement et inlassablement durant des années par le Docteur Charles Mérieux et avait atteint un degré de technologie, une sophistication et une précision inégalés au fil des années. Le produit final était exempt de tout contaminant, même mineur. Pour Simone Veil, totalement ignorante du dossier qui lui fut soumis par l’Administration, le risque de présence de virus ou de prions dans les flacons d’albumine à 20 % (poids/volume) directement perfusables ne pouvait pas être nul, un fait qui ne fut jamais prouvé tant la qualité de l’albumine sortant de l’usine de séparation et de production de l’Institut Mérieux était irréprochable.

Le procédé de fabrication avait été minutieusement étudié par des autorités scientifiques et médicales compétentes et indépendantes de l’Institut Mérieux provenant de divers pays et jamais aucune de ces études n’avait pu démontrer la présence d’éléments préjudiciables à la santé. Pour Simone Veil, et il lui incomba donc en tant que Ministre d’insister sur ce fait, il y avait une totale absence de traçabilité des placentas provenant de divers pays du monde, dont la France, et le sacro-saint principe de précaution ne pouvait pas être satisfait. Il aurait fallu « tracer » chaque placenta et comme un lot de production d’albumine provenait au bas mot de 30000 à 50000 placentas puisque les traitements quotidiens avaient atteint jusqu’à 27 tonnes de placentas par jour, autant dire que la mise en oeuvre des exigences des fonctionnaires du Ministère de la Santé relevait de la pure fiction. Comment étiqueter sur le cordon ombilical chaque placenta congelé ensuite dans des sacs en papier paraffiné épais pour satisfaire les exigences de transport en provenance du monde entier, et comment, sur le site de production répertorier tous ces placentas puisque les sacs entiers passaient directement dans un broyeur sans être décongelés sauf en cas de présence d’un objet métallique ? Une exigence surréaliste !

Il est nécessaire pour dédouaner Simone Veil de replacer cette affaire dans son contexte : la France, comme plusieurs autres pays dans le monde, avait été secouée par le scandale du sang contaminé dès le milieu des années 1980, scandale qui fut révélé au grand public seulement en 1991 après avoir été soigneusement gardé sous le manteau par le Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS). Inutile d’insister sur l’opacité de cet organisme étatique au sujet duquel je reviendrai dans ces lignes …

Cette usine, située dans la lointaine banlieue de Lyon, ville qui est le berceau de la famille Mérieux, traitait des dizaines de tonnes de placentas humains provenant de divers pays du monde chaque jour de la semaine. Cette collecte, véritable chaine du froid organisée à l’échelle mondiale puisque des milliers de maternités avaient été équipées de congélateurs aux frais de l’Institut Mérieux, permettait de produire une albumine humaine d’une qualité inégalée y compris depuis l’avènement de la biologie moléculaire moderne. Il s’agissait dans de nombreux cas d’un substitut aux transfusions de sang total qui présentait pourtant un risque en ce qui concerne la présence de virus ou d’anticorps indésirables, risque inévitable qui existe toujours aujourd’hui. Par exemple je ne peux pas donner mon sang (bénévolement en Espagne et sous la tutelle de la Croix-Rouge) car je suis positif pour les hépatites A, B et C et de plus je souffre de malaria !

Le principe de précaution ne fut que le seul argument que ne put qu’invoquer Simone Veil en dernier ressort. Mais derrière cette décision – j’insiste une nouvelle fois – démagogique et de façade, il s’agissait de protéger le monopole étatique des centres nationaux français de transfusion sanguine (CNTS) qui produisaient timidement et avec des gaspillages notoires et une gestion désastreuse des dérivés sanguins de mauvaise qualité. Les CTS étaient et sont toujours contrôlés par l’Etat (cf l’affaire du sang contaminé et du fameux « responsable mais pas coupable ») et toute atteinte à un monopole d’Etat devait être combattue avec véhémence quitte à priver le monde entier d’un produit de très haute qualité recherché par tous les pays du monde puisque l’albumine humaine Mérieux à 20 % était interdite de vente sur le territoire français !

De plus cette décision de Simone Veil – puisque ce sont toujours les Ministres qui décident et assument leur responsabilité et non pas l’Administration avec un grand A, faut-il le répéter – fit perdre à la France sa position de leader mondial dans ce domaine car, unique de par son origine, l’albumine humaine Mérieux provenait de placentas, un déchet des cliniques, et non de sang total dont la disponibilité était et est toujours encore aléatoire. L’extraordinaire usine de production de l’albumine (voir note 2) fut démantelée alors qu’elle avait atteint il y a plus de 25 ans un sommet technologique inégalé depuis par aucun autre laboratoire pharmaceutique dans le monde. Comme mentionné plus haut, malgré les progrès récents de la biologie moléculaire il est impossible de produire cette protéine du sang dans des conditions satisfaisantes par génie génétique. L’idée en tous points géniale du Docteur Charles Mérieux d’utiliser des placentas humains est tombée dans les oubliettes et la France a perdu l’un de ses plus beaux fleurons dans le domaine bio-médical. Voilà une conséquence de l’incurie et de l’incompétence involontaire mais assumée de Ministres qui prétendent gouverner la France « pour son bien » et Simone Veil n’est pas une exception, loin de là.

J’ajouterai qu’après cette décision de Simone Veil l’Institut Mérieux, brutalement privé de sa plus importante source de revenus, passa sous le contrôle de Rhône-Poulenc afin de pouvoir se redéployer dans le monde en rachetant la firme canadienne Connaught et l’entité Pasteur Productions pour s’internationaliser et se diversifier dans la production de vaccins, une activité qui était déjà existante à l’Institut Mérieux. Aujourd’hui la principale activité de l’ancien Institut Mérieux au sein du groupe Sanofi-Aventis, le seul reliquat français de Rhône-Poulenc, groupe qui fut démantelé et vendu par la suite « par appartements », est donc la production de vaccins.

Notes à destination de mes lecteurs.

1. La firme Mérieux était dans le collimateur du CNTS depuis plusieurs années avant cet évènement en tous points déplorable car elle rémunérait des donneurs de sang pour la production de certaines immunoglobulines. Or le don du sang, pour des raisons qui m’échappent toujours, est strictement bénévole en France comme dans bien d’autres pays du monde. Comme la production d’albumine placentaire amputait en quelque sorte les prérogatives du CNTS fixées par la loi, il est donc aisé de comprendre quelle ne fut pas la pression que dut subir Simone Veil pour prendre la décision, en dernier recours, d’interdire cette activité.

2. Je déclare que mes propos sont totalement indépendants des intérêts de Mérieux ou de Sanofi. Les faits relatés ici sont restés dans ma mémoire et sont peut-être entachés de ma part de quelques inexactitudes car il se trouve que j’ai moi-même travaillé sur le placenta humain en étroite relation avec l’Institut Mérieux bien avant cette histoire dans le cadre de recherches strictement académiques qui ne firent jamais l’objet d’applications industrielles ou commerciales. Si j’ai relaté ici cette histoire qui m’est revenue en mémoire c’est uniquement à la suite du décès récent de Simone Veil.

3. L’exécrable principe de précaution a vu le jour lors de la conférence de Rio en 1992 au sujet du changement du climat. Puisqu’on ne connaissait pas les causes de ce changement il était donc préférable d’attendre des évidences scientifiques pour prendre des mesures adéquates afin de prévenir toute catastrophe. Ce principe trouva un écho favorable en France, pays traumatisé par l’affaire du sang contaminé par le virus du SIDA (AIDS) et en pleine crise de la « vache folle ». Bien que non inscrit dans la loi puisqu’il faudra attendre le 2 février 1995 pour voir la promulgation de la « Loi Barnier ». Cette loi entérinera le principe de précaution qui sera par la suite inscrit dans le « marbre » la Constitution française par le Président Jacques Chirac. Cette loi concernait initialement l’environnement puisque Barnier était alors justement Ministre de l’Environnement mais par extension il s’ensuivit une sorte de blocage de toutes sortes de travaux de recherche et la mise à l’écart d’innovations en raison du manque d’évidences scientifiques relatives à leur sécurité tant pour l’environnement que pour la santé des personnes. Il est donc raisonnable de considérer que Simone Veil tint compte de ce courant de pensée du gouvernement dont elle faisait partie en entérinant la décision d’interdire la production d’albumine humaine d’origine placentaire par l’Institut Mérieux. Tout simplement un désastre économique dont elle fut probablement involontairement responsable, du moins j’ose pour ma part l’espérer …

Alimentation et santé : rumeurs et mensonges (4)

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Les mensonges et les fausses informations parfois émises par des scientifiques peuvent conduire à des désastres sociétaux comme vous allez le découvrir en particulier quand il s’agit d’informations mensongères au sujet de la santé.

13. Si vous faites tomber de la nourriture au sol, vous avez 5 secondes …

Il paraîtrait que si on fait tomber un morceau de gâteau par terre en le ramassant pour le manger pas plus de 5 secondes après, on ne risque pas de contamination. Encore une idée préconçue erronée car il suffit de quelques millisecondes aux bactéries présentes partout pour contaminer ce morceau de gâteau et vous devrez vous résigner à le jeter plutôt que de le manger. Les règles d’hygiène élémentaire ont disparu depuis l’avènement des produits d’entretien de toutes les couleurs et parfumés à la jonquille ou à la résine de pin. Ces produits sont totalement inefficaces et ils ne donnent qu’une impression de propreté : « Ça sent le propre », « Monsieur Propre » … Depuis que les hôpitaux ont abandonné l’usage de l’eau de Javel (hypochlorite de sodium) on ne compte plus le nombre de morts par infections appelées du nom savant d’infections nosocomiales. Pourquoi ? Tout simplement parce que les hôpitaux sont devenus des endroits insalubres et c’est la même chose chez soi. Pour ma part le fais le grand ménage une fois par semaine dans mon modeste logement et je suis à peu près certain qu’il est ensuite propre. J’utilise comme mes grand-mères de l’eau de Javel diluée quatre fois pour laver le sol. De plus, comme dans beaucoup de pays dont en particulier le Japon, je quitte mes chaussures dès que je rentre à la maison. Pourquoi a-t-on interdit l’eau de Javel dans les hôpitaux, pourtant le seul antiseptique efficace à 100 % ? Il n’y a pas de mystère, ça ne coûte rien et les grandes multinationales de la propreté n’en tireraient aucun profit. Ceci explique cela.

14. Les vaccins peuvent être dangereux

Je ne reviendrai pas ici sur la nouvelle phobie des vaccins qui s’est propagée à la suite de la publication par Wakefield d’un article falsifié relatif au lien entre l’autisme et les vaccins en 1998 dans la revue The Lancet. Cet individu a avoué ses turpitudes, s’est rétracté et a été mis au ban de la société par l’Ordre britannique des Médecins. La rumeur s’est pourtant propagée et amplifiée malgré toutes les études scientifiques rigoureuses qui n’ont jamais pu prouver par la suite qu’il y avait un quelconque lien entre vaccins et autisme. À ce sujet le lien suivant est tout à fait instructif (www.pbs.org/wgbh/nova/body/autism-vaccine-myth.html).

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La France, patrie de Pasteur, se distingue par son attitude irraisonnée puisque près de la moitié de la population considère que les vaccins sont dangereux. Il faut dire que la justice française s’est distinguée par son imbécillité en admettant que les téléphones portables étaient dangereux pour la santé, or comme ce sont les mêmes groupes d’activistes qui colportent les même rumeurs, suivez mon regard … L’italie pour sa part vient de rendre la vaccination des enfants des écoles obligatoire, 15 % des parents refusant de faire vacciner leurs enfants.

Aux USA, pays où la rougeole avait été virtuellement éradiquée, passant de 500 000 cas annuels en 1960 à une centaine en 2000, le CDC a constaté ces derniers mois une recrudescence de la maladie. Tous les cas de rougeole déclarés proviennent d’immigrés non vaccinés, en particulier en provenance de Somalie.

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15. Les yaourts remettent de l’ordre dans les intestins

Bien que les yaourts – non sucrés et non aromatisés – ne soient pas mauvais en soi pour la santé il ne faut pas croire que les bactéries lactiques qu’ils contiennent ont le pouvoir de modifier la flore intestinale. C’est un mythe savamment vendu à grands coups de publicité par les fabricants de yaourts. À l’heure actuelle, aucun biologiste digne de ce nom ne sait comment modifier la flore intestinale en raison de sa complexité – plus de 250 bactéries intestinales sont encore inconnues et n’ont jamais été étudiées en détail ! Le marché des « probiotiques » se porte bien, merci, il atteint plus de 25 milliards de dollars par an. Quant aux yaourts sucrés ils sont plutôt dangereux pour la santé puisqu’ils apportent un supplément de sucres dont l’organisme se passerait volontiers. Le seul avantage du yaourt par rapport au lait est qu’il ne contient pratiquement plus de lactose, une caractéristique le rendant assimilable par les personnes souffrant d’intolérance au lactose.

16. Manger une pomme chaque jour, c’est bon pour la santé

Comparée à beaucoup d’autres fruits la pomme est plutôt pauvre en vitamines et en fibres contrairement à la croyance populaire. Par conséquent manger une pomme chaque jour pour rester en bonne santé est une vue de l’esprit. L’argument serait que la pomme est riche en vitamine C. C’est faux : une pomme n’apporte que 6 % du besoin quotidien ce cette vitamine. De là à prétendre que manger des pommes est bon pour soigner la grippe (illustration Red delicious, qui n’a de délicieux que le nom)…

Source : Business Insider, suite dans un prochain billet. Illustrations : World Economic forum, CDC et Wikipedia

Alimentation et santé : rumeurs et mensonges (2)

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À une époque où les médias et les politiciens nous abreuvent de mensonges – les hackers sont tous russes, Khadaffi était un mangeur d’enfants, la Corée du Nord peut détruire Los Angeles avec une seule bombe, l’Arabie Saoudite n’a jamais financé les djihadistes en Syrie, et que sais-je encore : les ours blancs meurent, le CO2 est toxique, etc – le mensonge est aussi la règle dans la vie quotidienne en particulier en ce qui concerne la santé et l’alimentation. Voici un autre florilège de mensonges et de rumeurs infondées que beaucoup de personnes considèrent pourtant comme une réalité scientifiquement prouvée.

5. Prendre des pilules de vitamines est bon pour la santé

C’est le célébrissime chimiste Linus Pauling, découvreur de la chimie quantique et de la biologie moléculaire qui préconisa à la fin de sa vie l’administration de doses massives de vitamines pour préserver la santé et en particulier la vitamine C. À sa décharge Pauling souffrait de néphrite chronique et cherchait par tous les moyens à se soigner. Malheureusement l’administration massive de vitamine C ne pouvait qu’aggraver son mal. Toutes les études sérieuses publiées au sujet de la supplémentation en vitamines – quelles qu’elles soient – montrent que cette pratique n’a aucun effet sur la santé. C’est de l’argent directement jeté dans les toilettes puisque l’organisme élimine immédiatement le surplus de vitamines dans l’urine. Une alimentation équilibrée et saine apporte quotidiennement l’ensemble des vitamines et des oligoéléments dont nous avons besoin. Une étude parue dans le journal Annals of Internal Medicine en 2013 l’a montré très clairement et a indiqué de surcroit que l’abus de vitamines favorisait l’apparition de certaines formes de cancers. Cette mode infondée des suppléments vitaminiques ne fait qu’enrichir des industriels et des revendeurs sans scrupules.

6. De la bière avant un alcool : jamais malade, l’inverse : une catastrophe

En anglais cet adage se dit : « beer before liquor, never sicker ; liquor before beer, you are in the clear ». En France on retrouve une autre croyance proverbiale : « vin sur lait le coeur gai, lait sur vin le coeur chagrin », mais il ne s’agit pas tout à fait de la même chose. Boire de la bière avant ou après un petit (ou un grand) verre d’alcool ne change strictement rien, ce qui est important est la quantité d’alcool ingérée. Les long-drinks sont plus facilement pris en charge dans l’estomac, il est donc facile de comprendre que boire un verre de whisky après un grand verre de bière soit mieux supporté que l’inverse mais dans tous les cas c’est la dose globale d’alcool qui doit être prise en considération.

Puisque j’ai mentionné le proverbe français à propos du lait et du vin, pour ma part je bois un litre de lait entier chaque matin depuis, depuis je ne sais plus quand … Et j’ai pour habitude de boire dans la foulée une canette de bière bien fraîche – je m’imagine mal buvant un verre de vin rouge à 8h du matin. Je n’ai jamais noté un quelconque désagrément digestif …

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7. On perd 90 % de notre chaleur corporelle par la tête

Quand je regarde un vieux film américain de série B, par exemple avec Humphrey Bogart – un vrai plaisir – tous les acteurs masculins portent un chapeau. Cette mode du chapeau est une mode du passé comme pour les femmes d’ailleurs. La tête est donc une des rares parties du corps toujours découverte et il est normal que de la chaleur corporelle s’en dissipe. Ceci ne veut pas dire que l’on perd 90 % de notre chaleur corporelle seulement par le scalp. Il s’agit tout simplement d’une affirmation fantaisiste. (Thermographie, illustration Wikipedia)

8. Il faut attendre au moins une heure après un repas pour se baigner

La croyance populaire dit que lorsque la digestion vient de commencer après un repas, il y a un afflux de sang au niveau de l’estomac et par conséquent les membres sont moins irrigués et moins bien oxygénés, d’où l’apparition de crampes si on retourne trop vite dans une piscine ou dans la mer. Le ventre plein on peut alors « couler à pic », je crois que c’est l’expression couramment utilisée. L’apparition de crampes musculaires quand on nage est très commune et n’a strictement rien à voir avec une digestion en cours, en tous les cas aucune étude scientifique sérieuse n’a jamais pu établir une relation de cause à effet. Encore une croyance erronée.

Source : Business Insider, suite dans un prochain billet

Alimentation et santé : rumeurs et mensonges (1)

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Ce billet est le premier d’une série de 6 commentaires sur les fausses affirmations relatives à la nutrition et la santé basées sur des rumeurs infondées ou des articles de la presse dite à sensation. Nous vivons dans un monde inondé par les informations et celles-ci sont souvent fantaisistes. Je me suis moi-même retrouvé parfois pris au piège de ce flux incessant car je n’ai pas pris la peine de faire preuve de sens critique et de tenter de recouper une information. Tenir quotidiennement un blog requiert d’abord d’aller à la pêche sur internet et si une information semble crédible il ne faut pas croire a priori qu’elle est fiable et comme pour toute discipline scientifique il est nécessaire de procéder à des vérifications et cela peut se révéler fastidieux. Fort heureusement en science et médecine la plupart des articles publiés ont été soigneusement revus par des spécialistes, du moins faut-il s’en persuader, et il m’arrive souvent de demander à l’auteur correspondant d’un article de m’envoyer un tiré-à-part électronique et, peu convaincu, d’avoir des échanges épistolaires pour que me soient précisés certains points me paraissant obscurs. Globalement je pense que la qualité de mon blog est satisfaisante tant en ce qui concerne les sujets abordés qu’en ce qui concerne l’orthographe et la syntaxe, un point que je considère comme faisant partie du respect de mes fidèles lecteurs (il vaut mieux se complimenter soi-même …).

1. Le cas du syndrome du restaurant chinois.

En 1968 un médecin écrivit une note dans le très respecté New England Journal of Medicine relative à des troubles apparaissant à la suite d’un repas dans un restaurant chinois. Il existe une tradition dans la cuisine chinoise consistant à ajouter du glutamate de sodium (MSG pour mono-sodium glutamate) aux sauces car cet amino-acide que l’on retrouve dans tous les aliments et qu’on est capable de fabriquer dans le foie est, en contact avec les papilles gustatives de la langue un exhausteur de goût. Tout et n’importe quoi a été raconté au sujet de ce produit dont l’utilisation en cuisine est originaire du Japon. Il n’existe strictement aucune preuve scientifique au sujet de la toxicité de cet amino-acide qu’on retrouve aussi bien dans les tomates et les pommes de terre que dans la viande, les oeufs et le lait. Le syndrome du restaurant chinois est une affabulation totale.

2. Le café et le thé seraient néfastes pour la croissance osseuse.

Cette histoire d’interférence entre la caféine et l’assimilation du calcium est uniquement basée sur un marketing agressif de sociétés agro-alimentaires voulant promouvoir une alternative au café à partir de céréales grillées. Jamais la caféine n’a pu être démontrée comme inhibant l’assimilation du calcium. Non contentes de stigmatiser le café (et le thé) ces sociétés mercantiles ont même prétendu à grands renforts de publicité que la caféine était un poison nerveux pour les enfants, d’où la coutume familiale d’interdire le café aux enfants. La caféine est pourtant un stimulant du système nerveux central et à faible dose – une demi-tasse le matin – améliore l’attention des enfants en particulier à l’école.

3. Se couvrir pour ne pas attraper un rhume.

Ce n’est pas parce qu’on a froid qu’il sera plus probable de s’enrhumer. On s’enrhume ou on devient grippé si on est en contact avec l’un des virus provoquant ces maladies et le fait, en hiver, de passer beaucoup de temps enfermé chez soi est plus néfaste pour la santé que d’aller prendre un bon bol d’air frais à l’extérieur. De nombreuses études médicales ont montré qu’au contraire on se protégeait mieux contre les rhumes et la grippe en allant régulièrement se promener à l’extérieur quand il fait froid et la légende des courants d’air néfastes pour la santé à l’intérieur d’une maison relève de la même croyance absurde.

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4. Le tryptophane des produits carnés est soporifique.

Qui ne s’est pas senti un peu ensommeillé après un bon repas bien arrosé ? C’est normal car l’organisme a pris en charge la nourriture et ce processus consomme de l’énergie. En Amérique du Nord il existe un mythe consistant à affirmer que le tryptophane contenu dans la viande de dinde serait soporifique. Cette affirmation totalement infondée est basée sur le fait que le tryptophane, précurseur de la sérotonine et au final de la mélatonine, provoquerait un état de somnolence et le besoin urgent de faire une sieste. Aucune évidence scientifique n’a pu étayer cette affirmation fantaisiste. Le tryptophane est un amino-acide constituant des protéines mais il est peu abondant en comparaison par exemple du glutamate.

Source : Business Insider