Il y a 176000 ans les Néandertaliens étaient déjà évolués

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L’homme de Néandertal, notre lointain cousin, a été considéré comme un sous-homme plus proche de l’orang-outang que de l’homme moderne. Cette image populaire persiste encore. Et pourtant on sait que les Néandertaliens enterraient déjà leurs morts il y a 400000 ans comme cela a été montré lors des études de la grotte Sima de los Huesos dans le nord de la péninsule ibérique. Ils maîtrisaient le feu et étaient capables de fabriquer des outils. Peut-être avaient-ils aussi développé une certaine forme de langage pour communiquer. Les peintures pariétales que l’on trouve dans plusieurs grottes en Europe et en particulier dans le sud-ouest de la France ne sont pas le fait des Néandertaliens mais de l’homme moderne qui arriva en Europe depuis l’Afrique il y a environ 100000 ans. Comme on n’avait jamais attribué d’oeuvres d’art aux Néandertaliens il était donc admis qu’il s’agissait de sous-hommes frustres, roux et poilus, qui se seraient plus ou moins mélangés aux hommes modernes en leurs laissant en prime quelques gènes dont justement celui commandant les cheveux roux …

En 1990, un adolescent curieux remarqua un léger courant d’air frais filtrant à travers un éboulis surplombant la rive sud de l’Aveyron. Patiemment il arriva après trois années de laborieux travaux à pénétrer dans une grotte en ayant ménagé un petit tunnel de 30 mètres de long à ses risques et périls. Ce qu’il découvrit le fascina : une grande salle à plus de 300 mètres de l’entrée de la grotte jonchée de stalagmites et de stalactites cassées en morceaux et disposées en arc de cercle. Il contacta un archéologue, François Rouzaud, qui procéda à une datation au carbone-14 des fragments d’os brûlés retrouvés dans cette salle. Les résultats indiquèrent que vraisemblablement cet artéfact inédit datait d’environ 47600 ans. Rouzaud mourut quelques mois plus tard et l’affaire fut classée, si l’on peut dire, et l’entrée de la grotte condamnée. Rien n’indiquait que cette construction au sol était l’oeuvre des Néandertaliens. Elle aurait pu tout aussi bien avoir été créée par l’homme moderne arrivé d’Afrique quelques cinquante mille ans plus tôt. Cette découverte eut lieu dans la grotte de Bruniquel située sur le territoire de la commune du même nom au bord de la Vère, un petit affluent de l’Aveyron. Comme non loin de cette grotte se trouve celle de Mayrière occupée à l’évidence plus récemment par l’homme moderne, l’identification des auteurs de cette sorte de monument dans la grotte de Bruniquel intrigua les archéologues d’autant plus qu’au delà de 30000 ans la datation au carbone-14 devient de plus en plus hasardeuse.

Une équipe d’archéologues, de géologues et de physiciens dirigés par le Docteur Jean Jaubert de l’Université de Bordeaux, sous l’impulsion de l’archéologue belge Sophie Verheyden, obtint l’autorisation de pénétrer à nouveau dans cette grotte et d’y effectuer des travaux de relevés et de datation directement sur des échantillonnages des débris de stalagmites jonchant le sol non plus par la technique du carbone-14 mais à l’aide de celle beaucoup plus précise et adaptée aux concrétions de calcite faisant appel à la présence de thorium-230 provenant de la désintégration de l’uranium-238.

Les résultats obtenus et publiés dans la revue Nature ( DOI : 10.1038/nature18291) sont tout à fait extraordinaires. Les structures circulaires datent de 176500 ans plus ou moins 2000 ans. La grotte était très probablement occupée sporadiquement 5000 ans plus tôt puisque la datation de la calcite recouvrant des fragments d’os (d’ours) brûlés indique qu’elle date d’environ 180000 ans.

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Dans la figure ci-dessus, un relevé de l’ensemble de la structure faite de main d’homme indique également en orangé les zones qui ont été chauffées par des feux intentionnels et en rouge un « gisement » de cendres d’os brûlés.

Quel climat prévalait à cette époque ? Il faisait généralement froid car la teneur en CO2 atmosphérique était faible, de l’ordre de 200 ppmv, comme l’ont montré les carottages effectués au pôle sud (Vostok ice core) mais suffisamment humide pour qu’il puisse se former des dépôts de calcite par ruissellement. La figure ci-dessous tirée de l’article paru dans Nature indique l’évolution de la teneur en gaz carbonique au cours du temps et situe les datations effectuées dans la grotte de Bruniquel.

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Les Néandertaliens maitrisaient parfaitement le feu pour pouvoir parcourir plusieurs centaines de mètres dans les profondeurs du massif calcaire surplombant l’Aveyron, y séjourner pour construire la structure en question et ressortir plus tard tout en continuant à s’éclairer avec des torches. La grotte elle-même ne semble pas avoir été habitée. Cette salle reculée pourrait avoir servi de lieu de culte ou d’initiation. Toutes les hypothèses sont possibles. La conclusion de ces travaux est que contrairement aux idées reçues les Néandertaliens étaient un peuple plus évolué qu’on ne le pensait jusqu’à présent …

Lien d’une vidéo décrivant le site :

http://www.nature.com/nature/journal/vaop/ncurrent/extref/nature18291-sv1.mov

Alerte – préparons-nous à la guerre !

C’est une dépêche de l’Agence France Propagande qui le dit :

L’Otan appelle les alliés à se préparer face à la menace potentielle de la Russie

Tirana – L’assemblée parlementaire de l’Otan a appelé lundi les alliés à se tenir prêts à répondre à la menace potentielle de la Russie contre l’un d’entre eux, à l’issue d’une session de trois jours à Tirana.

Le défi en provenance de la Russie est réel et sérieux, a déclaré l’Américain Michael Turner, président de l’assemblée qui a réuni quelque 250 parlementaires des 28 pays membres de l’Alliance.

La déclaration adoptée à l’unanimité déplore l’usage de la force par la Russie contre ses voisins et les tentatives d’intimidation des alliés de l’Otan.

Dans ces circonstances, l’Otan n’a pas d’autre choix que de considérer l’éventualité d’une action agressive de la Russie contre un membre de l’Alliance comme une menace potentielle, et d’adopter des réponses adaptées et proportionnées, ajoute la déclaration.

La déclaration appelle les alliés à fournir des garanties aux pays membres, situés notamment à l’est de la zone Otan, qui estiment que leur sécurité est menacée.

L’Otan a interrompu tous les aspects pratiques de sa coopération avec la Russie à la suite de l’annexion de la Crimée par la Russie, et en raison du soutien de la Russie aux séparatistes dans l’est de l’Ukraine, mais l’Alliance a annoncé qu’elle aurait des discussions avec la Russie avant le sommet de l’Otan prévu les 8 et 9 juillet à Varsovie.

En avril, le Conseil Otan-Russie avait tenu sa première réunion depuis juin 2014 mais les discussions se sont soldées par de graves désaccords concernant l’Ukraine et d’autres sujets, bien que le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg eut assuré à l’époque que les échanges avaient été fructueux.

L’Otan a procédé à un renforcement militaire sur son flanc est pour augmenter la rapidité du déploiement de ses forces en cas de répétition d’une crise comme celle de l’Ukraine. Lors de leur sommet à Varsovie, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Alliance atlantique doivent parachever ce renforcement militaire.

Mais la Russie affirme que ce renforcement de la présence de troupes avec leurs équipements de combat en Europe de l’est représentait une menace pour sa sécurité.

Lors d’une visite lundi en Pologne, Jens Stoltenberg a déclaré que l’Otan envoyait un signal clair à tout adversaire potentiel (signifiant) qu’une attaque contre la Pologne serait considérée comme une attaque contre l’Alliance toute entière.

La Russie a dénoncé le déploiement en Roumanie et en Pologne d’éléments du bouclier antimissile américain qu’elle considère comme une menace pour sa sécurité. L’Otan assure que ce système aurait un rôle purement défensif, devant servir à intercepter des missiles balistiques pouvant venir du Proche-Orient.

Le bouclier antimissile n’est pas dirigé directement contre la Russie, il est dirigé contre des menaces venant de l’extérieur de la zone euro-atlantique, a réaffirmé le secrétaire général de l’Otan.

L’assemblée parlementaire de l’Otan a assuré néanmoins que l’Alliance étudierait les moyens de réduire les tensions avec la Russie tout en abordant les violations inacceptables par la Russie des normes internationales.

(©AFP / 30 mai 2016 21h51) <br /><br /><br /> (AFP / 30.05.2016 22:50)

COP21 : Le non-dit scandaleusement organisé sur les bienfaits du CO2

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La propagande gouvernementale nous abasourdit les oreilles au sujet du danger planétaire que représente l’augmentation de la teneur en gaz carbonique dans l’atmosphère (je suis de la vieille école en termes de nomenclature) qui aurait la particularité de présenter un effet de serre et donc de perturber le climat à long terme. Tout a été dit et redit dans ce domaine avec l’appui inconditionnel des pouvoirs politiques et des ONGs diverses qui se sont confondus pour la même cause : sauvegarder le climat de la Terre coûte que coûte ! L’objectif final – et fumeux – est de rançonner tout un chacun en établissant des taxes du genre pollueur-payeur applicables à l’ensemble des entreprises et de la population pour atteindre une réduction des émissions de gaz carbonique. Le coût de cette lubie est astronomique puisqu’il a été évalué à environ dix mille milliards de dollars pour atteindre une stabilisation des émissions de CO2 à l’horizon 2030.

Curieusement rien de rien n’a été dit au sujet des effets bénéfiques du CO2 et de la création de richesse qui en a été la conséquence. Je subodore que certains de mes lecteurs vont croire que j’ai définitivement perdu la tête en imaginant que le CO2 puisse avoir un effet bénéfique pour l’ensemble de l’humanité. Et pourtant c’est la réalité ! Le 21 octobre 2013, le Docteur Craig Idso, géographe, agronome et spécialiste de la séquestration du carbone, a publié un article documenté sur les effets bénéfiques du CO2 qui est largement passé inaperçu car totalement ignoré par la presse main-stream asservie par le pouvoir politique. Une bonne nouvelle au sujet du CO2 risquait en effet de réduire à néant les visées hégémoniques des activistes promus climatologues au sein de l’IPCC, l’organisme onusien en charge d’épouvanter le monde entier par des assertions uniquement fondées sur des modèles mathématiques tous aussi faux les uns que les autres. En voici une illustration datée de 2013 :

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Islo a étudié les données agronomiques disponibles auprès de la FAO, un autre organisme onusien qui s’occupe non pas de carbone mais des grandes cultures vivrières dans le monde entier. Et pourtant carbone et agriculture sont intimement liés car le CO2 constitue la « nourriture » essentielle de tous les organismes capables de photosynthèse comme le plancton et les végétaux. Sans gaz carbonique il n’y aurait aucune trace de vie sur la terre ferme et dans les océans à part quelques bactéries courageuses qui arriveraient à se multiplier tant bien que mal dans les sources chaudes et les évents volcaniques !

Depuis le début de l’ère industrielle qui est communément considérée comme coïncidant avec l’invention de la machine à vapeur par James Watt en 1781 la teneur atmosphérique en gaz carbonique n’a cessé d’augmenter pas seulement à cause des émissions liées à la combustion du charbon, du bois, du pétrole et du gaz mais également en raison du changement de climat vers des températures plus clémentes dès le début du XXe siècle. Les océans se réchauffant ont en effet libéré du CO2 dissous dans l’eau vers l’atmosphère, phénomène dont la contribution à l’accroissement de cette teneur atmosphérique depuis les années 1950 a été largement passé sous silence. Mais qu’en est-il des bienfaits du CO2 pour l’humanité toute entière ? Des données agronomiques indéniables montrent que la croissance des plantes (et du phytoplancton) s’accélère quand la teneur en CO2 augmente. Il s’agit d’un phénomène biochimique bien connu : le fonctionnement de la RuBisCO, l’enzyme fixant le CO2, dépend en effet des teneurs respectives en oxygène et en gaz carbonique. Jusqu’à une certaine limite plus il y a de CO2 disponible plus la RuBisCO fonctionne rapidement et donc les plantes poussent plus vite (voir note).

Outre les améliorations variétales des végétaux destinés à l’alimentation animale et humaine et outre les apports en engrais, en eau et enfin outre les techniques de culture améliorées, le CO2 a joué un rôle central dans l’augmentation des rendements agricoles depuis le milieu du XXe siècle.

Selon les études réalisées par le Center of Study of Carbon dioxyde an Global Change où officie le Docteur Islo (voir le lien) le bénéfice global en monnaie sonnante et trébuchante pour l’humanité est évalué à près de 10000 milliards de dollars (constants 2004-2006) pour la période 2012-2050 si la teneur en CO2 atmosphérique se maintient aux alentours de 400 parties par million en volume. Dans l’ordre décroissant les principales cultures qui ont déjà bénéficié de l’augmentation de la teneur en CO2 et qui en bénéficieront encore sont le riz, le blé, le soja, les légumes, le maïs, les tomates, le raisin, la canne à sucre, les pommes de terre, le yam et les bananes. Quarante cinq cultures vivrières ont été prises en considération par la FAO et analysées dans cette étude. Les données n’ont pas été inventées, elles sont disponibles sur le site de la FAO.

Prenons l’exemple de la canne à sucre, la culture la plus importante dans le monde en tonnage, plus de 20 % de la production agricole mondiale – plus de 2 milliards de tonnes par an – le blé, le maïs, le riz et les pommes de terre arrivant loin derrière. Les rendements à l’hectare ont été calculés en tenant compte des améliorations variétales et technologiques (techno-Intel) et de la teneur en CO2 atmosphérique disponible. L’effet du CO2 a été très bien étudié et quantifié avec précision lors d’essais en atmosphère contrôlée sous serre. Il a pu être déduit de ces travaux l’effet du CO2 sur le rendement agronomique de la canne comme l’indique la figure ci-dessous.

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La courbe verte est directement reliée à l’augmentation de cette teneur en gaz carbonique et elle explique très précisément la différence entre le rendement total et celui obtenu par les améliorations strictement agronomiques. Les rendements sont exprimés en centaines de grammes de matière végétale par hectare soit un rendement d’environ 70 tonnes par hectare en 2010 et une production de sucre de près de 7 tonnes par hectare (données moyennes de la FAO).

Dans la figure ci-dessus, de 1961 à 2011, la progression des rendements de la canne à sucre provoquée par l’accroissement de la teneur en CO2, passant de 280 à 390 ppmv, a augmenté le bénéfice monétaire de 107 milliards de dollars et les projections basées sur un accroissement continu de cette teneur en gaz carbonique conduisent à un bénéfice de 366 milliards de dollars supplémentaires jusqu’en 2050 … Etonnant !

Qui plus est, comme tout organisme vivant bien nourri et donc en bonne santé, des milliers d’observations dans le monde entier ont montré que sur la période 1961-2011 la plupart des grandes cultures vivrières avaient mieux résisté aux ravageurs, à des chaleurs excessives, à la sécheresse et aux polluants se trouvant dans les sols. Dans le cas particulier du riz, il a été montré que cette plante s’adaptait à des teneurs en gaz carbonique plus élevées. Une étude menée au Sri Lanka a mis en évidence une modification génotypique du riz sous l’influence du CO2 favorisant une croissance plus rapide et une meilleure résistance aux ravageurs.

Pourtant, cet aspect bénéfique du CO2 tant sur les volumes de production agricole que sur la valeur « ajoutée » à ces productions a été complètement passé sous silence par les médias et le monde politique. Il était et il est toujours hors de question de semer le doute dans les esprits : le CO2 doit être considéré comme un poison pour le climat et ce doit être ainsi et pas autrement. Si l’exemple de la canne à sucre est illustratif, dans le cas du blé la projection jusqu’en 2050 atteint 731 milliards et pour le riz 1847 milliards.

Le CO2 est-il vraiment un poison ? Certainement pas pour les grandes cultures vivrières. Les travaux réalisés au centre d’étude sur le CO2 se résument en un seul graphique où sont normalisées à 1 en 1961 les échelles d’évolution des émissions de CO2, de la production de nourriture par rapport à l’évolution de la population mondiale : pendant que la population mondiale a doublé (entre 1961 et 2003) la production agricole a été multipliée par 2,5, suivant de très près l’augmentation de la teneur en CO2 atmosphérique …

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Messieurs les décideurs politiques à qui sont destinés les rapports de l’IPCC, expurgés de tout argument controversé, cessez de mentir au monde entier !

Note : La RuBisCO catalyse la fixation du CO2 par les plantes et le phytoplancton. C’est de loin l’enzyme le plus abondant sur la planète. Voir : https://en.wikipedia.org/wiki/RuBisCO

Source : http://www.co2science.org

Les vraies raisons de la fusion Bayer Crop Sciences – Monsanto

 

Tout a été dit par les analystes financiers au sujet de la méga-acquisition de Monsanto par Bayer, mais qu’en est-il au juste ? Il ne s’agit pas seulement d’un rapprochement stratégique induisant de futures synergies profitables. Ce sont les récents développements de la biologie moléculaire qui justifient cette acquisition. En effet, selon une étude très détaillée émanant de l’Académie des Sciences américaine, on se trouve aujourd’hui à un tournant décisif dans le domaine des biotechnologies et pas seulement à propos des plantes génétiquement modifiées. Comme je le mentionnais dans ces pages en avril dernier (voir le lien) l’utilisation de l’outil CRISPR-cas9 pour effectuer des modifications génétiques fines d’une plante de grande culture ne vas plus permettre de faire la distinction entre la dite plante et celle issue d’amélioration par sélection traditionnelle. Depuis la fin des années 90 de nombreuses plantes ont été génétiquement modifiées en vue d’améliorer des caractéristiques particulières comme par exemple des tomates qui ne pourrissent plus, du riz enrichi en une vitamine essentielle, le beta-carotène ( le riz doré ) ou encore l’introduction d’une résistance à certains ravageurs. Ce qui a le plus frappé le public, le monde politique et les écologistes, est l’apparition sur le marché de plantes résistantes au RoundUp qui a terni durablement l’image de Monsanto. Les plantes génétiquement modifiées pour exprimer la toxine Bt et devenir résistantes aux insectes et à leurs larves ont été également diabolisées alors qu’elles permettent de substantielles diminutions de l’usage d’insecticides à spectre large qui détruisent également les insectes butineurs comme les abeilles. C’était encore Monsanto qui sévissait dans un but strictement mercantile comme cela a été clamé dans les médias relayant les écologistes opposés à toute atteinte à l’état « naturel » de la nature.

Les études dites génomiques et protéinomiques ainsi que le décryptage de l’ADN de la plupart des plantes cultivées pour un usage alimentaire et l’avènement de l’outil CRISPR ont bouleversé l’appréhension de la transgenèse végétale. Selon l’Académie des Sciences américaine (NAS) il n’est déjà plus possible de faire la différence entre plante non modifiée et plante génétiquement améliorée au laboratoire. Seules les caractéristiques phénotypiques pourront désormais être examinées. Par exemple un maïs pourra être modifié (si ce n’est déjà fait) pour synthétiser plus de lysine afin d’éviter de supplémenter l’alimentation animale à base de maïs avec cet acide aminé, le maïs étant notoirement pauvre en lysine. La seule différence entre les deux maïs sera cette teneur en lysine. La NAS a statué sur un tel cas en déclarant qu’il ne pouvait pas exister d’effet détrimental pour l’environnement induit par une telle modification génétique. Le comité mis en place par la NAS a examiné plus de 900 dossiers, brevets et publications récents relatifs aux modifications génétiques discrètes de seulement trois grandes cultures, le maïs, le soja et le coton. Plus de 80 personnalités du monde universitaire ont été sollicitées pour apporter leurs commentaires. Des réunions publiques ont été organisées pour mieux comprendre l’impact des plantes génétiquement modifiées sur la santé animale et humaine ainsi que sur l’environnement et l’industrie agricole elle-même.

Effets des OGMs sur la santé humaine

Le comité ad hoc a soigneusement recherché des évidences convaincantes d’effets indésirables sur la santé humaine qui puissent être directement imputés aux plantes génétiquement modifiées, essentiellement maïs et soja, et le résultat a été négatif. Tant chimiquement que biochimiquement les aliments contenant des produits issus de plantes génétiquement modifiées sont indiscernables de leurs homologues non génétiquement modifiés. Les études épidémiologiques sur le long terme n’ont pas pu mettre en évidence des effets adverses de ces plantes. Aucune maladie chronique n’a pu être identifiée comme étant liée à l’usage d’OGMs dans l’alimentation. Quelques évidences ont indiqué un effet bénéfique des plantes exprimant le gène Bt sur la santé tant animale qu’humaine et ont été expliquées par une teneur significativement plus faible en insecticides résiduels dans ces plantes. Le cas du riz doré a déjà été mentionné et le comité de la NAS s’est dit préoccupé que ce riz soit toujours banni dans de nombreux pays alors qu’il pourrait sauver des vies et éviter que des centaines de milliers d’enfants deviennent aveugles en raison de déficiences en vitamine A.

Effets sur l’environnement

Le comité a reconnu que l’utilisation de plantes exprimant la toxine Bt n’avait aucun impact sur l’environnement, notant de surcroit que l’usage de ces cultures avait un effet plutôt bénéfique sur la diversité des insectes. Si quelques cas de transfert horizontal du gène Bt ont été observés, il n’y a pas eu d’effets notoires observables sur l’environnement. Aucune relation de cause à effet direct n’a pu être établie entre les plantes Bt et une quelconque détérioration de l’environnement même si, comme l’a reconnu le comité, des conclusions définitives sur le long terme ne peuvent pas pour l’instant être étayées.

Effet sur l’agriculture

L’utilisation des plantes génétiquement modifiées par les agriculteurs a eu des effets économiques bénéfiques mais le comité de la NAS insiste sur une meilleure appréhension des techniques culturales et de l’utilisation de pesticides afin d’améliorer les rendements. En effet l’utilisation de plantes génétiquement modifiées n’a pas significativement augmenté ces rendements considérés globalement. Sans en être totalement certain le comité de la NAS préconise une agriculture « raisonnée » prenant en considération tous les intrants, les techniques culturales et l’observation stricte des règles d’utilisation tant des plantes génétiquement modifiées que des pesticides pour améliorer durablement ces rendements des récoltes. Quant aux surcoûts induits par l’utilisation de plantes génétiquement modifiées, ceux-ci sont largement occultés par la diminution de l’usage de pesticides, dans le cas des plantes Bt, et des opérations de désherbage dans le cas des plantes résistantes au RoundUp.

Réflexions sur la transgenèse

Le comité de la NAS insiste sur le fait que ce n’est pas le procédé de transgenèse qui doit être désormais pris en considération mais les caractéristiques biochimiques, organoleptiques et alimentaires de la plante considérée. C’est sur ce dernier point qu’apparaît l’intérêt particulier de la firme Bayer pour la société Monsanto. Les techniques « anciennes » de transgenèse végétale ne sont plus qu’un lointain souvenir. Les outils modernes de haute-couture au niveau de l’ADN à l’aide du CRISPR-Cas9 rendront indiscernables des plantes améliorées génétiquement de celles améliorées par sélection variétale. Le comité de la NAS a insisté sur le fait que les deux approches pouvaient présenter les mêmes risques alors que la sélection variétale a toujours été considérée comme non risquée par les spécialistes ! On comprend dès lors qu’une fusion-acquisition de Bayer Crop Science et de Monsanto tombe à point nommé.

Source : www8.nationalacademies.org (17 mai 2016)

https://jacqueshenry.wordpress.com/2016/04/20/les-ogms-nouveaux-sont-arrives/

EDF : le gouvernement persiste dans l’erreur …

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Alors que le gouvernement français pousse EDF à persévérer dans le projet Hinkley Point C en Grande-Bretagne, la mise en chantier d’un nouvel EPR avec on ne sait pas trop quel financement, ce qui a d’ailleurs conduit le Directeur financier d’EDF à proprement claquer la porte, cette monstruosité technologique et financière se trouve laminée par la technologie des réacteurs dits SMR selon la terminologie de l’IAEA, l’agence internationale de l’énergie atomique. Le SMR – acronyme de Small Modular Reactor – est une technologie en kit, fabriquée en série pour atteindre un coût le plus bas possible, et dont la mise en oeuvre ne dépasse pas 3 à 5 ans. Depuis 2011 le Département de l’Énergie américain a fait le choix de privilégier cette technologie au détriment des grands projets de puissance électrique supérieure à 1000 MW électriques. À la suite d’un appel d’offre gouvernemental, des compagnies comme Westinghouse, Holtec, NuScale ou encore General Atomics ont présenté leurs projets. L’affaire a suivi son cours jusqu’à récemment lorsque la TVA, Tennessee Valley Authority, une compagnie d’électricité appartenant à l’Etat fédéral américain, a déposé un projet de SMR qui a été approuvé par la NRC et qui sera développé sur le site d’Oakridge avec l’appui technologique de la société Babcok & Wilcox.

Parallèlement, la Grande-Bretagne soutient financièrement le développement de SMRs sur son territoire alors que celui d’Hinkley Point est toujours pendant. On se trouve donc dans une situation où s’opposent les tenants du gigantisme et ceux des petits réacteurs modulaires de 300 MW beaucoup mieux adaptés aux réseaux de transport et de distribution existants. Pour résumer la situation actuelle dans le monde, les SMRs ont le vent en poupe : 11 SMRs sont en cours de construction en Chine, Corée du Sud, Russie et USA et 13 autres en sont encore au stade d’études d’ingénierie au Japon, en Russie, aux USA, en Inde, au Canada et au Pakistan. Mise à part la technologie chinoise, deux configurations sensiblement identiques sont développées aux USA par Babcock & Wilcox, d’une part, et par Westinghouse d’autre part. Quant à la Chine, CNNC propose une gamme de puissances électriques allant de 100 à 350 MW dans une configuration proche de celles choisies aux USA.

L’intérêt du SMR est sa structure modulaire, fabriquée en usine puis transportée sur site. Economiquement et à l’évidence, lorsque de grandes séries seront projetées le coût global de telles unités de production électrique pourra atteindre un milliard de dollars par 300 MW électriques prévues pour durer 60 ans avec un rechargement de combustible tous les deux ans et des systèmes de sécurité dits passifs c’est-à-dire ne nécessitant pas de redondance particulièrement coûteuse comme dans le cas de l’EPR. Il serait peut-être urgent qu’EDF revoie sa copie au sujet d’Hinkley Point C quand la tendance pour les nouveaux projets d’énergie nucléaire s’oriente à l’évidence vers les petites unités. Source : World Nuclear Association http://www.world-nuclear.org/information-library/nuclear-fuel-cycle/nuclear-power-reactors/small-nuclear-power-reactors.aspx

Billet d’humeur politique : La France vue d’Espagne

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Vus d’Espagne les évènements français de mai 2016 alimentent une certaine stupeur de la part de l’homme de la rue. L’Espagne a traversé depuis fin 2008 une très grave crise économique avec un chômage massif qui plombe toujours la reprise économique et une dette galopante pour faire face aux engagements « sociaux » mis en place par les gouvernements socialistes depuis près de 40 ans. Quelques mesures ont été récemment prises pour tenter de réduire le chômage, en particulier une profonde réforme de la législation relative au travail, aux indemnités de chômage et de maladie et enfin une très légère diminution des charges sociales des entreprises. Il faudra peut-être encore plusieurs années pour que le chômage régresse significativement et que le tissu industriel se restructure pour observer une embellie économique. Les syndicats ne font plus recette auprès de l’opinion publique qui considère à juste titre que leur idéologie n’est plus adaptée au monde moderne.

C’est exactement l’inverse en France. Le principal syndicat fauteur de trouble d’obédience marxiste pure et dure s’en tient toujours à la stricte doctrine léniniste de lutte des classes et de prise du pouvoir par « les travailleurs ». Les outils pour parvenir à prendre le pouvoir et bien décrits par Lénine dès 1905 sont un contrôle des transports, des communications et de l’énergie afin de paralyser le pays, ouvrant la porte toute grande à un état insurrectionnel initialement fomenté par des groupes violents et éventuellement armés. Les rares salariés affiliés à la CGT sont des nantis car ils sont tous payés par l’Etat. Il est donc urgent et vital pour ce syndicat de défendre ces fonctionnaires pour pouvoir survivre. Voilà le résultat encore une fois des ordonnances de 1946 qui ont institué les nationalisations, une toute puissance des syndicats, un état dans l’État qui bloque statutairement toute réforme et toute restructuration du tissu social. Une réforme profonde du code du travail remettrait en cause le rôle, le financement et le pouvoir des syndicats et c’est la seule raison expliquant le désordre social actuel en France.

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Si le gouvernement cède à la pression des syndicats la France s’enfoncera irrémédiablement dans la récession, la misère et la « tiers-mondisation » comme le Vénézuela avec la doctrine marxiste-léniniste de Chavez. C’est exactement ce que redoutent les Espagnols : voir le parti Podemos devenir un acteur de la vie politique madrilène incontournable lors des élections de juin prochain. Podemos, un ramassis de trotskistes ultra-gauchistes, s’inspire des idées de Chavez, en d’autres termes du système soviétique qui comme chacun sait a fait ses preuves dans le temps et n’a survécu qu’à la faveur du massacre organisé de millions d’opposants. Si l’Espagne bascule dans le « chavisme » le 23 juin prochain, alors les Espagnols montreront qu’ils ne peuvent être gouvernés que par un régime autoritaire comme du temps de Franco … Et la France avec un Mélenchon comme président, lui qui ne jure que par Chavez et Maduro ?

Illustrations : Lenine à Moscou en 1920, Philippe Martinez secrétaire général de la CGT, il y a une ressemblance n’est-il pas ?

Les régimes « sans sel » remis en question

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C’est une étude parue dans The Lancet de ce vendredi 20 mai qui jète un véritable pavé dans la mare en ce qui concerne les bienfaits des régimes sans sel (ou pauvres en sel) pour la santé cardiovasculaire. Cent trente mille personnes réparties dans 49 pays différents ont été suivies par une équipe de médecins de l’Université McMaster dans l’Etat de l’Ontario au Canada. Le but de l’étude était de déterminer s’il y avait une relation de cause à effet entre la quantité globale de sel ingéré quotidiennement et les pathologies cardiovasculaires y compris les accidents vasculaires cérébraux. L’étude a scindé les sujets souffrant d’hypertension de ceux ne souffrant pas de cet état susceptible de favoriser des accidents vasculaires.

Il est apparu que des régimes sans sel ou ne comportant que des quantités de sel réduites n’étaient bénéfiques que pour les hypertendus. De telles restrictions chez les sujets normaux ou légèrement hypertendus augmentent les risques d’accidents cardiovasculaires. Les autorités sanitaires de la plupart des pays occidentaux préconisent de ne pas dépasser 2,3 grammes de sel ajouté aux aliments quotidiennement, soit une cuillère à soupe rase. Fort heureusement moins de 5 % de la population se plie à ce genre de restriction car un régime pauvre en sel favorise, toujours selon cette étude, l’apparition de maladies cardiovasculaires. Les régimes alimentaires pauvres en sodium entrainent un dérèglement du métabolisme et à l’évidence les régimes pauvres en sel ou « sans sel » sont au contraire nocifs pour la santé en dehors des personnes hypertendues qui ne contrôlent pas étroitement leur régime alimentaire.

Cette étude remet donc en question l’aspect préventif des régimes sans sel – 2,3 grammes et moins par jour – qui semble donc appuyé sur des résultats erronés.

Source : The Lancet via McMaster University News desk