Elon Musk : un génie, un doux rêveur, un escroc ou les trois à la fois ?

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La stratégie de la firme de voitures « tout-électrique » Tesla est basée sur la durabilité (sustainability en anglais), en d’autres termes sur une empreinte carbone nulle de ces véhicules automobiles qui ne brûlent ni essence, ni kérosène, ni alcool et naturellement pas de charbon, on ne vit plus à l’époque des locomotives à vapeur. C’est tout simplement du vent, sans jeu de mot, car qui dit vent dit moulins à vent, le sommet de l’énergie renouvelable. Donc toutes les voitures électriques Tesla, avec ou sans conducteur, doivent être alimentées pour recharger leurs batteries avec de l’électricité également « renouvelable » si la firme Tesla doit rester en accord avec ses principes. Elon Musk a choisi un business plan audacieux, certes, mais à la limite de l’escroquerie car comment recharger à terme de 200 millions de véhicules aux USA seulement ? Avec du vent ou du rêve ?

La capitalisation boursière de Tesla a dépassé après seulement 14 ans d’existence celle de Ford, une société qui existe depuis 109 ans et est le plus grand constructeur d’automobiles des Etats-Unis. Ça sent déjà l’entourloupe boursière ! Car Tesla produit autant de véhicules en une année que Ford en douze jours et demi. Cette capitalisation (50,84 milliards de dollars) est tout de même encore loin de celle de Toyota qui atteint 160 milliards de dollars.

L’objectif d’Elon Musk est d’infléchir le marché automobile mondial vers la voiture tout-électrique et de changer les mentalités (rien que ça !) car pour ce monsieur même les véhicules hybrides genre Prius (sans faire de publicité) n’ont pas une empreinte carbone nulle, point que revendique Tesla.

Qui va produire l’électricité qui sera nécessaire pour recharger tous ces véhicules électriques et comment cette énergie va-t-elle être produite ? Elon Musk ne se pose pas la question, ce n’est pas son problème, il veut vendre des voitures et imprimer son idéologie dans le monde entier, une transition future vers des véhicules à empreinte carbone nulle, point barre. De mon point de vue seule l’énergie nucléaire pourra satisfaire ce challenge de « sustainability » revendiqué par Tesla car il faudra disposer d’une source d’énergie fiable, propre et d’un prix abordable et compétitif avec le pétrole qui un jour ou l’autre tendra à se raréfier, ce qui facilitera d’ailleurs les futurs investissements dans des réacteurs à neutrons rapide brûlant du thorium ou de l’uranium appauvri, une dernière filière qu’a abandonné la France pourtant leader mondial à l’époque. Il n’y a donc qu’une alternative plausible pour réduire les émissions de CO2 par les véhicules automobiles, l’énergie nucléaire – quoiqu’en pensent les écologistes au sujet de cette source d’énergie électrique comme ces abrutis de Hollande (François), Lepage (Corinne), Royal (Ségolène) seulement en France – et ne parlons même pas de l’Allemagne ou de la Californie qui ne veulent plus entendre parler d’uranium. Elon Musk n’est pas un génie, loin s’en faut, il rêve les yeux ouverts ou alors c’est un escroc (génial) et de haut vol …

Note : il est bon de rappeler que les deux réacteurs nucléaires de Fessenheim condamnés à une mort prématurée pour des raisons politiques pourraient alimenter quotidiennement 400000 véhicules « tout-électrique » par jour durant les dix prochaines années voire plus … Ça c’est de l’écologie !

Buvons du lait !

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La grande crise de l’élevage laitier tient au fait que le lait est transformé en divers produits – plus ou moins dénaturés – par de grands groupes industriels sans scrupules qui, afin de réaliser le maximum de profits, exercent une pression constante sur le prix de la matière première de leur activité, c’est-à-dire le lait. Les éleveurs travaillent quasiment à perte. Ils ne réalisent que de maigres profits en revendant les veaux de quelques jours à d’autres éleveurs – on devrait dire des producteurs industriels de viande peu scrupuleux non plus – pour boucler difficilement leurs fins de mois. Des centaines d’exploitations agricoles spécialisées dans l’élevage laitier disparaissent chaque mois, en particulier en France et l’Etat ne fait rien pour juguler ce désastre. Bien au contraire ce même Etat subventionne à perte l’installation de parcs de moulins à vent sous prétexte qu’il faut réduire les émissions de carbone mais surtout parce qu’il existe un lobby puissant qui infléchit les décisions gouvernementales en direction des énergies vertes car il y a de l’argent à gagner, beaucoup d’argent, prélevé sur la facture d’électricité des utilisateurs finaux – surtout les particuliers – et donc « ça ne coûte rien », comme disait l’autre.

Cette situation devient non seulement alarmante mais caricaturale en particulier en Allemagne depuis que le gouvernement fédéral a décidé de mettre un léger coup de frein aux subventions pour les énergies vertes. Après un certain nombre d’initiatives d’associations de protection de l’environnement, comme ILKA (Initiative Landschaftsschutz Kempter Wald and Allgäu e.V.), il devient de plus en plus évident que tous ces moulins à vent installés sur le sol de l’Allemagne à des prix prohibitifs n’ont jamais réduit les émissions de CO2 comme cela était pourtant espéré. La seule conséquence concrète de cet engouement pour les énergies dites vertes a été un doublement du prix de l’électricité. Dans ce pays, si les producteurs de lait étaient subventionnés comme le sont les entreprises installant et opérant des moulins à vent, chaque fermier recevrait pour chaque litre de lait produit 11 euros et trente centimes ! Cette estimation est le résultat de la division de la totalité des subventions consenties pour le développement des énergies vertes par le nombre de litres de lait produits en Allemagne chaque année, ça laisse rêveur …

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Pas difficile d’imaginer dans ces conditions le prix du lait au détail, quelque part aux alentours de 40 euros, car le lait est un produit noble. Les Japonais, dans un tout autre ordre d’idée, sont très jaloux de « leur » riz et ils en paient le prix : trois fois ! Une fois en impôts redistribués par le gouvernement aux agriculteurs, une deuxième et une troisième fois dans le supermarché avec des taxes qui doublent le prix de production, de conditionnement et de transport. Et encore, le Japon fait très peu d’efforts pour installer des moulins à vent car les Japonais – et ils ont raison – sont également très jaloux de la beauté des paysages où chaque arbre et chaque rocher sont des dieux. Jamais un moulin à vent moderne, une horreur esthétique totalement inefficace (cf. l’Allemagne), ne deviendra une divinité dans la philosophie shintoïste.

Inspiré d’un billet du blog de Pierre Gosselin, illustration Hanami 2017 à Tokyo (http://www.rosenight.net/wp-content/uploads/2017/04/img_5010.jpg)

Les errements idéologiques de Greenpeace

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Le 2 juin 2014 j’avais laissé sur ce blog un billet relatant la genèse du mouvement Greenpeace dans le milieu hippy de Vancouver qui avait affrété un bateau pour aller titiller l’armée américaine car le projet d’essais nucléaires souterrains en Alaska leur déplaisait. Depuis, comme chacun sait, Greenpeace est la plus puissante ONG du monde avec un budget de plus de 1,3 milliard de dollars par an (chiffre officiel probablement éloigné de la réalité) et elle continue à pourfendre l’énergie nucléaire sous toutes ses formes plus par idéologie, disons fondatrice, qu’en s’appuyant sur des faits officiels et reconnus pourtant dans le monde entier.

L’Agence Internationale de l’Energie (IAE) publie chaque année des statistiques sur la mortalité dans le secteur de la production d’énergie électrique rapportée à 10 TWh ( 10000 MWh) et les données sont éloquentes malgré le fait qu’elles englobent les accidents de la centrale nucléaire de Tchernobyl et la rupture du barrage hydroélectrique chinois de Banqiao en 1975. Je rappelle au passage que depuis bientôt 6 ans il n’y a pas encore eu de morts directement répertoriés en raison de radiations à la suite de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi et que l’IAE, s’appuyant sur des données officielles estime que le nombre de morts, essentiellement par cancers, dans la région de Tchernobyl « ne dépassera » pas 9000. L’IAE cite cette statistique au futur en considérant la probabilité de morts par cancers jusqu’au décès de toutes les personnes ayant été exposées à la contamination radioactive à la suite de l’accident de Tchernobyl provoqué, faut-il le rappeler, par une erreur humaine, comme celui de Three Miles Island d’ailleurs.

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La rupture du barrage de Banqiao a provoqué la mort de 230000 personnes et malgré ces deux accidents nucléaires majeurs de Tchernobyl et de Fukushima cette source d’énergie reste la plus sûre avec entre 0,2 et 1,2 morts par TWh produit, y compris les décès dûment attribués à l’accident de Tchernobyl suivie par les centrales électriques au gaz naturel. L’hydroélectrique arrive donc en troisième position et le charbon est la source d’énergie la plus mortelle avec jusqu’à 32,7 morts par TWh, près de 12 fois plus « mortelle » que l’énergie nucléaire. Contrairement à ce qu’affirme Greenpeace l’énergie nucléaire reste donc le moyen de production d’électricité le plus sûr au monde.

Pourquoi un tel débat revient d’actualité alors que les mouvements anti-nucléaire sont plus que jamais actifs en particulier en Europe avec l’abandon programmé de l’énergie nucléaire par l’Allemagne bientôt suivie par la Suisse, tout simplement parce que l’intoxication permanente de Greenpeace a imprégné les esprits du public mais également des décideurs à la merci de politiciens irresponsables ayant adopté les thèses erronées de Greenpeace.

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Un autre évènement d’actualité est le risque de rupture du barrage de Oroville en Californie dont le volume d’eau retenu a atteint un niveau record après les dernière pluies abondantes qui ont traversé cet Etat ces dernières semaines. La Californie, pour l’exemple, veut développer les énergies propres et renouvelables et dépend pour un part non négligeable de l’hydroélectricité. Or l’hydroélectricité, comme je l’ai fait remarquer dans un récent billet constitue la seule technologie de stockage de l’électricité par pompage d’eau au cours des heures dites de consommation creuse ou lors des pics de production induits par les énergies « vertes » intermittentes par définition, éolien et solaire. La polémique est donc relancée en Californie malgré les statistiques publiées par l’IAE. Il faut rappeler que la rupture du barrage de Banqiao construit en 1952 peut être considérée comme une erreur humaine dans la mesure où la digue était sous-dimensionnée et ne pouvait pas faire face à des pluies inhabituelles comme celles provoquées par le typhon qui s’abattit sur la région en août 1975, de même que le barrage de Oroville n’est pas dimensionné pour supporter des pluies torrentielles comme celles que vient de connaître la Californie où 180000 personnes viennent d’être évacuées de la région. Qu’a dit Greenpeace à ce sujet ? Rien ! Ce n’est pas du nucléaire donc cette organisation s’en lave les mains et ce qui est encore plus incroyable est que la même organisation, avec son porte-voix en la personne de Corine Lepage, a décrété que la centrale de Fessenheim était située dans une zone à « haut » risque sismique. En Californie n’y a-t-il pas de risques sismiques majeurs ? Ces fait prouvent bien que Greenpeace surfe sur sa planche idéologique anti-nucléaire surannée, une source d’énergie pourtant la seule pouvant permettre de réduire substantiellement les rejets de gaz carbonique … Vraiment du grand n’importe quoi !

Sources : Business Insider et New Scientist

Note : aux dernière nouvelles les habitants des zones à risque en aval du barrage californien ont réintégré leurs domiciles, l’alerte a été levée mais la digue du barrage a tout de même été endommagée et il faudra dans un proche avenir purger le barrage qui constitue une réserve d’eau importante pour l’Etat de Californie afin de procéder à des travaux importants de sécurisation. À moins que d’autres pluies importantes s’abattent sur cette région auquel cas un ordre d’évacuation sera à nouveau émis par les autorités.

Fermeture de Fessenheim : idéologie mensongère maintenant prouvée …

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Six ans après le grand tremblement de terre suivi par un terrifiant tsunami qui ravagea la côte est de l’île japonaise de Honshu des scientifiques japonais ont eu l’honnêteté de remettre les pendules à l’heure, preuves indéniables à l’appui, et c’est une grande surprise qui ne plaira pas à tout le monde, en particulier aux détracteurs de l’énergie nucléaire qui sévissent en Europe et en particulier en Allemagne, pays où les tout-puissants écologistes ont finalement obtenu la fermeture d’une centrale électrique jouxtant leur frontière – je parle du CPN de Fessenheim – qui se trouvait malencontreusement trop près de leur pays ! Un fait que n’a cessé de rappeler Corinne Lepage, une opportuniste notoire qui a usé de toutes les ressources possibles pour se faire valoir sur la scène politico-écologiste européenne. Bref, la centrale nucléaire de Fessenheim qui pourrait encore fonctionner sans aucun incident durant encore au moins 30 ans va finalement s’éteindre et avec elle ce qu’ont payé les contribuables français pour son édification ira à la poubelle. Ils apprécieront …

J’étais un honnête contribuable lors du développement de l’énergie nucléaire française et j’ai participé modestement et à ma mesure à la mise en place de l’indépendance énergétique de mon pays. Il serait de mon droit de demander des comptes à l’Etat Français à la vue de cet immense gâchis programmé par le Président Hollande sous la pression des écologistes allemands relayés par la mère de ses enfants, Mademoiselle Ségolène Royal, la putain de la République. C’est déjà arrivé dans l’histoire de France que des femelles s’occupent de ce qui ne les regardent pas mais Ségolène a dépassé les limites du supportable !

Bref, revenons donc à l’accident nucléaire de Fukushima-Daiichi qui fut provoqué par un gigantesque tsunami, un évènement qui a provoqué un levier de bouclier anti-nucléaire en Allemagne et par voie de conséquence en France avec l’introduction dans le programme de François Hollande de la fermeture de la « plus vieille » centrale nucléaire française, un doux euphémisme car cette usine bénéficie paradoxalement des améliorations les plus modernes en matière de pilotage et de sécurité …

Les Japonais, à la suite de l’accident provoqué par le tsunami du 11 mars 2011 à 14h45 heure locale, ont pris des mesures drastiques de précaution de la population complètement surréalistes ayant pour conséquence la déportation forcée de près de 100000 personnes en raison des mesures de radioactivité au sol relevées par des hélicoptères de l’armée américaine. C’est vrai ! Ce sont les Américains qui depuis 1945 ont disséminé des bases militaires sur tout le territoire du Japon et se sont d’abord et surtout soucié de leurs ressortissants. Les Japonais n’avaient qu’une importance secondaire à leurs yeux. J’insiste sur ce fait car il s’agit véritablement d’un coup monté comme la lecture de ce billet le montrera. Les autorités japonaises n’avaient aucun moyen au mois de mars 2011 de mesurer la radioactivité effectivement présente autour de la centrale électronucléaire de Fukushima-Daiichi et ils ont fait entièrement confiance aux relevés effectués par l’armée américaine.

Il se trouve que les autorités de la ville de Daté, située à 60 kilomètres au nord-ouest de la centrale nucléaire, ont mis en place quelques jours après le tsunami un réseau de surveillance systématique des radiations provoquées par les retombées de césium-137. Les scientifiques de l’Université de la ville de Fukushima travaillant conjointement avec celle de Tokyo se sont aperçu avec surprise que les données aériennes des radiations effectuées par les Américains et prises à la lettre par le gouvernement japonais et reprises par les médias du monde entier ne correspondaient absolument pas avec celle relevées au sol à l’aide des dosimètres distribués aux enfants et aux femmes enceintes dès les premiers jours suivant l’accident.

Ces données n’ont pas pu être exploitées immédiatement car il s’agit de détecteurs de rayons gamma qu’il faut renouveler chaque mois et ensuite dépouiller les résultats sur un échantillon significatif afin qu’elles soient réputées fiables. Près de 60000 personnes furent contraintes de porter 24/24 h un dosimètre et l’envoyer chaque mois au centre sanitaire de la ville en notant scrupuleusement combien de temps durant la journée ils avaient évolué à l’extérieur de leur logement. Il apparut à la suite du dépouillement et de l’analyse minutieuse des résultats que la radioactivité au sol avait été très largement surestimé – d’un facteur 5, ce qui est considérable – par les premiers relevés de l’armée américaine qui conduisit le gouvernement japonais à prendre des mesures d’évacuation totalement injustifiées provoquant un désastre sociétal considérable. Un facteur 5 est une erreur telle qu’elle ne peut être considérée que comme une manipulation préméditée !

Cette affaire constitue un véritable scandale non pas seulement pour les populations locales de la préfecture de Fukushima mais pour les retombées internationales subséquentes, en particulier pour l’industrie nucléaire allemande (dont j’ai dit un mot dans un précédent billet) mais aussi en ce qui concerne les velléités de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim dont les motifs ne sont finalement fondés que sur cette erreur grossière d’appréciation de la radioactivité au sol dans les environs de l’installation électrique de Fukushima-Daiichi quelques semaines seulement après le tsunami. Cette information fut reprise par François Hollande dans son programme électoral et on en connait la déplorable conséquence.

J’ose espérer que les prochains gouvernements tant français qu’allemands tiendront compte de ces donnée scientifiques sans aucune orientation idéologique de simples faits limpides incontestables (on peut douter des bonnes intentions des gouvernements à venir) comme mes lecteurs pourront le constater à la lecture de l’article cité en fin de billet.

Source : doi : 10.1088/1361-6498/37/1/1

Fermeture de Fessenheim ou 420000 voitures polluantes de moins ?

Je me suis rendu compte qu’écouter Mozart était bénéfique pour le fonctionnement de mes neurones et pas n’importe quelle oeuvre de cet immense compositeur malheureusement mort prématurément (comme Franz Schubert) puisqu’il s’agissait du concerto pour piano N°21 (K467) et je me suis demandé comment l’ensemble de l’humanité allait pouvoir réduire son addiction aux sources d’énergie carbonées quand on voit cette photo :

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Rien à voir avec Mozart qui s’éclairait avec une chandelle au suif pour écrire les partitions de ses concertos et qui se déplaçait en calèche … Non, à l’époque on ne connaissait pas le pétrole et le charbon était une curiosité que personne ne pouvait imaginer devenir quelques décennies plus tard l’élément déterminant de la révolution industrielle. Aujourd’hui on nous rabâche les oreilles à propos du gaz carbonique qui aurait un effet catastrophique sur le climat. Un visionnaire (est-il sincère ?) comme Elon Musk a bien compris qu’il y avait une opportunité à saisir avec ses voitures électriques et son usine géante de production de batteries. Certes il est dans le mouvement mais il faudra alimenter toutes ces batteries d’une manière ou d’une autre.

Regardez à nouveau cette photo d’un échangeur d’autoroutes urbaines dans une ville quelconque des USA, peut-être bien Los Angeles. Il faut se rendre à l’évidence : ce ne sont pas des millions d’éoliennes ou des milliers d’hectares de panneaux solaires qu’il faudra installer pour recharger toutes les batteries de tous les véhicules électriques qui remplaceront ces voitures avec un moteur à essence qui roulent allègrement sur toutes les routes et dans toutes les villes du monde. Il sera nécessaire de pouvoir produire des quantités formidables d’électricité pour convertir le parc automobile – au moins des pays développés – à l’électricité. J’ai déjà mentionné l’urgence de mettre en place des sources d’énergie fiables pour faire face à l’afflux de véhicules tout électrique (voir le lien). Si le gouvernement français actuel, qui a promis de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim pour des raison électoralistes afin de calmer les écologistes et Corine Lepage, revenait sur cette décision stupide les deux réacteurs de cette usine permettraient de recharger quotidiennement et chaque année 420000 voitures électriques à un prix défiant toute concurrence alors que le parc automobile français compte au bas mot 35 millions de véhicules. Un goutte dans l’océan de tas de tôle qui transportent le plus souvent une seule personne ou quelques tonnes de marchandises. Développer des transports en commun non polluants, donc nécessairement électriques est la seule solution mais il faut aussi se pourvoir de sources d’énergie non polluantes et fiables à tout moment :

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J’ai souvent mentionné la ville de Tokyo sur ce blog. Les habitants de cette gigantesque ville de plus de 13 millions d’habitants, petite fraction d’une conurbation de plus de 38 millions de personnes autour de la baie du même nom, ne pourraient plus respirer s’il n’existait pas de transports en commun unique au monde de par sa densité et s’il n’existait pas de régulations drastiques sur l’usage des véhicules automobiles afin qu’ils soient le moins polluants possible.

Alors garder la centrale de Fessenheim opérationnelle pendant dix ans voire plus pour recharger des voitures électriques, n’est-ce pas une bonne idée conforme aux desseins de décarbonation imposés par les écologistes ?

Billet partiellement inspiré d’un article paru dans realclimatescience.com avec ses illustrations.

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/05/30/la-directive-europeenne-20-20-20-est-une-pure-utopie-la-preuve/

Nouvelles de Fukushima-Daiichi

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Le 28 juillet 2016 la firme TEPCO a publié un rapport concernant l’état de l’intérieur du réacteur de l’unité 2 de la centrale électrique de Fukushima irréversiblement endommagée à la suite du tsunami géant du 11 mars 2011 qui fit plus de 20000 morts et disparus et des dégâts immenses dans toute l’île de Honshu. À défaut de pouvoir utiliser un robot d’inspection visuelle car la radioactivité est encore trop élevée, les ingénieurs et physiciens à pied d’oeuvre sur le site ont utilisé un détecteur de muons pour localiser et évaluer l’état du coeur du réacteur.

Les muons sont des particules de très haute énergie générés par la collision dans l’atmosphère de rayons cosmiques avec les molécules d’azote ou d’oxygène. Un certain nombre de ces particules relativistes atteignent la surface de la Terre à raison d’environ 10000 par m2 par minute. Ils sont alors absorbés par la matière solide et ionisent cette dernière. Les muons sont considérés comme la radiation ionisante la plus importante sur la Terre bien avant la radioactivité naturelle. Mais les muons sont également mis à profit pour réaliser une radiographie de la totalité de gros objets en étudiant la trajectoire des électrons émis lorsque ces muons pénètrent dans une masse de matière. C’est cette technique qui a été utilisée à la centrale de Fukushima pour se faire une idée de l’état du coeur du réacteur de l’unité 2. L’image fournie par TEPCO est parlante : tout le coeur du réacteur a fondu et s’est effondré au fond de la cuve du réacteur. C’est maintenant un gros tas informe de détritus radioactifs qui s’est solidifié au fond endommageant la cuve. Avant l’accident il y avait 160 tonnes d’assemblages de combustible et 15 tonnes d’auxiliaires de contrôle outre les quelques 115 tonnes de structures de soutien.

La tomographie par désintégration de muons a également indiqué qu’entre 70 et 100 tonnes de débris restent toujours dans leur position initiale dans le réacteur mais qu’au moins 160 tonnes de matériel se trouvent maintenant au fond de la cuve, essentiellement les assemblages de combustible. Il faudra utiliser des robots télécommandés pour se rendre compte des dommages subis par la cuve elle-même car elle n’est plus étanche.

La situation du coeur du réacteur de la tranche 1 est tout aussi désastreuse et un non spécialiste que je suis peut se demander comment il sera possible, un jour (mais quand ?), de réussir à sortir tout ce matériel, but final du « nettoyage » du site.

Source et illustration : TEPCO via World Nuclear News.

Le Japon économiquement à la traine ? Une blague !

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Elon Musk est l’homme avec qui il faudra compter dans les années à venir, un visionnaire doublé d’une sagacité outrageante pour les affaires ! Comme les vieux pays européens auraient besoin de telles personnalités … Et pourtant la firme Nissan (Renault) frappe aussi très fort avec les voitures électriques et pas n’importe où, au Japon. Normal direz-vous puisque Nissan est une entreprise japonaise associée étroitement à Renault, certes, mais qui dans son pays d’origine taille des croupières à son monstrueux concurrent Toyota.

Venons-en aux faits. Toyota a intelligemment opté pour les voitures hybrides, c’est-à-dire des véhicules dont le moteur embarqué brûlant de l’essence n’a plus de fonction de propulsion comme dans les automobiles classiques mais est devenu un vulgaire groupe électrogène dont la fonction est de recharger des batteries qui alimentent des moteurs électriques situés au niveau des roues. C’est schématiquement ainsi que fonctionne une Prius (si je ne me trompe pas). Nissan a choisi la Leaf, voiture tout-électrique comme Elon Musk avec la Tesla, et Nissan n’a pas eu tort.

Le Japon que les analystes européens considèrent comme un pays économiquement en coma dépassé est pourtant à l’avant-garde du progrès dans de nombreux domaines. Je suspecte que ces analystes n’ont jamais mis les pieds dans ce pays car ils ignorent le dynamisme incroyable qui anime les entreprises nippones petites et grandes. Prenons donc l’exemple des voitures électriques. Il y a maintenant au Japon 40000 bornes de rechargement pour voitures tout-électrique, plus que de stations d’essence – seulement 34000 – et ce n’est qu’un début vers l’invasion des voitures électriques dans ce pays qui ne dispose d’aucunes ressources naturelles autres que les rizières, les forêts et l’océan. La Leaf de Nissan peut parcourir 180 kilomètres avec une charge de batteries et une application sur téléphone portable permet au conducteur de trouver rapidement une borne de chargement. Des particuliers possédant eux-mêmes une voiture électrique sont, pour certains, répertoriés dans la base de données de l’application, ce qui a levé toute anxiété de se retrouver en panne au milieu de nulle part.

De plus il y a aussi au Japon déjà 6469 points de chargement rapide (photo), une donnée qui peut paraître ridicule mais si on se réfère à celles répertoriées en Europe (3028) ou aux USA (1686) il est évident que le Japon est à l’avant-garde. À ce rythme il existera en 2020 plus de deux millions de bornes disponibles au Japon et plus de la moitié des voitures vendues seront tout-électrique. La politique agressive de Tesla est donc justifiée car le Japon est à l’avant-garde des progrès technologiques et Elon Musk fait fi des analyses erronées relatives au Japon, il sait ce qu’il fait !

Sources : Digital Trends, illustration Japan Times