Billet d’humeur politique : Le coût du fonctionnement de l’Etat politique français

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Il y a quelques années une association italienne de journalistes a publié une étude détaillée du coût du fonctionnement du monde politique du pays et tous postes pris en considération elle était arrivée au chiffre incroyable de 15 milliards d’euros par an. J’ai malheureusement égaré le document ou du moins l’article paru, il me semble sans en être certain, dans le quotidien suisse La Tribune de Genève. Les Suisses, comme chacun le sait en Europe en général et en Italie ou en France en particulier, sont très regardants en ce qui concerne l’usage des impôts dont ils s’acquittent tant au niveau cantonal que fédéral et l’article montrait du doigt la mauvaise gestion des finances du monde politique italien. Qu’en est-il aujourd’hui ? Rien n’a changé et l’Italie se trouve dans une situation économique des plus périlleuses. Pour résumer la situation du pays des spaghettis sauce bolognaise si la Banque Centrale Européenne ne met pas en oeuvre un plan de sauvetage de l’économie italienne en ouvrant les vannes des OMTs (opérations monétaires sur titre, en anglais Outright Monetary Transactions) avec en contre-partie un plan d’austérité drastique pour réduire les dépenses de l’Etat, un peu comme le plan de rigueur imposé à la Grèce, alors l’Italie fera défaut sur sa dette et n’aura d’autre choix que de quitter l’euro, signant par conséquent la fin de l’union monétaire européenne.

Mais qu’en est-il de la France ? La situation est sensiblement identique puisque le montant de la dette officielle de l’Etat français vient tout juste de dépasser les 100 % du PIB et incluant les « hors-bilan », une entourloupe comptable mise en place par Juppé, la dette totale de l’Etat français dépasserait allègrement les 280 % du PIB, mais il ne faut surtout pas en parler car ça fait désordre. Pendant ce temps-là les contribuables sont de plus en plus imposés pour sauver ce qui peut encore l’être … mais le monde politique français continue à mener un grand train de vie. En lisant un article du chroniqueur H16, que je salue personnellement au passage, paru sur le quotidien en ligne Contrepoints et qui décrit le fonctionnement de l’Assemblée Nationale (illustration captée sur Contrepoints), on ne peut – en tant que simple citoyen actif contribuable ou retraité-contribuable – que s’indigner. Pour reprendre l’étude de ces journalistes italiens on peut sans trop se tromper que le coût du fonctionnement du monde politique français atteint facilement cette somme de 15 milliards par an.

Et c’est facile à comprendre si on fait une énumération courtelinesque de ce monde politique de privilégiés, souvent rémunérés avec des salaires pouvant atteindre plus de 10 fois le salaire minimum légal, qui ont voté des lois qui les arrangent et qui au fil des années ont fait resurgir une sorte de noblesse d’état tant honnie par les révolutionnaires de 1789. D’abord le mille-feuille français. Chaque niveau administratif et politique permet de favoriser la création de positions dans le « machin » politique. Les communes, les associations (ou communautés) de communes supposées réduire les coûts mais c’est l’inverse qui a été atteint, les cantons, les arrondissements avec les conseillers qui s’y trouvent dont les grands électeurs et les sénateurs, les départements avec leurs cortèges d’assemblées d’élus divers, de Présidents, de rapporteurs, bref le tout accompagné d’un personnel administratif pléthorique, de chauffeurs, d’agents d’entretien, de secrétariats, la liste est presque infinie. Viennent ensuite les sous-préfectures et les préfectures, les dignes représentants de l’Etat central avec leurs cabinets, leurs réseaux de renseignement, leur fonctionnement et l’entretien de tous ces locaux parfois ostentatoirement luxueux. Viennent ensuite les régions avec encore une fois leur cortège de politiciens élus ou pas, de personnels administratifs et de somptueux et coûteux locaux qui nécessitent également des sommes loin d’être négligeables d’entretien.

On en arrive à l’Etat central proprement dit qui n’a jamais été « décentralisé » car en France il faut un Etat central autoritaire sinon le pays ne pourrait pas « fonctionner ». Il y a le Sénat et l’Assemblée Nationale et tous les ministères ainsi que le Palais du monarque et tout ce « machin national central » nécessite des dizaines de milliers de personnes pour qu’il fonctionne à peu près correctement, du moins en apparence. Enfin il y a l’entretien astronomique des « ors de la République » en d’autres termes les nombreux « palais » divers et variés qui saupoudrent Paris, sa banlieue et les contrées profondes du pays. Si une personne curieuse, dans une équipe de journalistes courageux par exemple, prenait en considération toutes les dépenses de fonctionnement de l’Etat français en y incluant tous les salaires mais également toutes les pensions de retraite cumulables on arriverait pour la France à peu près à 15 milliards d’euros, probablement beaucoup plus, chaque année. Et le gouvernement va demander aux citoyens de se serrer encore la ceinture d’un cran car il faut réduire les déficits de l’Etat. De qui se moque le Président et sa clique de politiciens tous aussi incapables et corrompus les uns que les autres ? Comme H16 titrait son article « Oui, l’Assemblée nationale se fout ouvertement de votre gueule » en réalité c’est l’ensemble du monde politique qui se moque totalement des citoyens à hauteur de 15 milliards par an en menant grand train de vie comme la noblesse du temps des rois ! Vive la révolution, vive la France, pays complêtement foutu comme a coutûme de le mentionner H16 …

Notes. Dans ce billet il n’est pas fait mention de la police, de la gendarmerie, de l’armée, de l’éducation nationale, de l’économie ou encore de la protection sociale qui ne font pas partie à proprement parler du monde politique. Il y a quelques années un de mes amis me demandait où il pourrait investir un peu d’argent. Je lui ai répondu qu’il n’avait qu’à acheter un plein container de manches de pioches car ça peut toujours servir et qu’il réaliserait une plus-value conséquente en les vendant aux révolutionnaires. Comme le dit un proverbe chinois « le poisson commence à pourrir par la tête », c’est justement ce qui se passe en France, un monde politique corrompu par l’argent qu’il s’est attribué légalement en votant des lois à son profit.

Macron : l’homme de l’ombre ?

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Voici un billet écrit par Gilbert Doctorow, analyste politique indépendant basé à Bruxelles, paru sur le site « Une Parole Franche » ( usforeignpolicy.blogs.lalibre.be ) un blog trouvé sur le quotidien La Libre Belgique. Je me suis contenté de corriger quelques fautes d’orthographe et de syntaxe. Figurent en italiques les rares ajouts de mon crû pour la bonne compréhension du texte. J’ai cru intéressant de le soumettre à mes lecteurs. Je ne fais aucun commentaire. Bonne lecture.

L’ascension de Macron au pouvoir : l’ingérance américaine dans la vie politique française

Si nous regardons les élections présidentielles françaises de 2017, prises isolément, il n’y a pas de raisons de croire ma déclaration d’ingérance américaine parce qu’il n’y a pas des preuves d’une intervention de l’extérieur. L’année passée en Amérique et en France on disait que Macron était élévé à la présidence par les efforts et l’argent des banquiers internationaux, les même qui l’ont

recruté, lui ont donné un boulot chez eux et finalement, après une carrière météorique non-justifiée par aucune réalisation professionnelle, lui ont trouvé une position dans le palais de l’Elysée comme assistant au secrétaire général auprès de François Hollande, ensuite Ministre de l’Economie et des Finances. Bien sûr, ses amis les banquiers internationaux ont des liens étroits avec la capitale de la finance mondiale, New York. Mais personne n’a suggéré un quelconque rôle du gouvernement des Etats-Unis dans sa réussite … Jusqu’à maintenant.

L’argument en faveur d’une influence américaine devient beaucoup plus fort quand on regarde six ans en arrière et surveille la compétition pré-électorale pour le scrutin du printemps 2012. Seulement un aveugle ne voit pas comment la main des Etats-Unis a pesé sur les équilibres pour assurer l’élection d’un esprit lent, l’insignificant François Hollande, au lieu du favori du Parti Socialiste, Dominique Strauss-Kahn. 

Au printemps 2011, DSK était encore Directeur Général du Fonds Monétaire International où il travaillait depuis  2007. Avant son arrivée à Washington, il faisait une bonne carrière politique en France y compris notamment comme Ministre de l’Economie et des Finances. Il était considéré par beaucoup de monde très intelligent et un bon stratégiste pour son parti. En même temps dans sa position de Directeur Général du FMI il exposait des opinions ouvertement anti-américaines. On parlait en particulier de sa recommandation de remplacer le dollar US comme devise internationale de réserve par les « Special Drawing Rights » (droits de tirage spéciaux, DTS), une devise abstraite non liée à un pays seul. 

Quoi qu’il en soit, le 18 mai 2011 Strauss-Kahn était arrêté à New York accusé d’une aggression sexuelle contre une femme de chambre de son hôtel. L’arrestation fut dramatique : il fut retiré de son avion juste avant le décollage, mené sous (bonne) garde à un commissariat de police et, menotté, presenté dans un alignement de suspects pour que son accusatrice puisse l’identifier. Tout cela s’est passé sous les yeux des journalistes. On lui a promis une incarcération de longue durée pour un délit que ses amis ont caracterisé comme un piège politiquement motivé. L’affaire criminelle à son encontre a été finalement abandonnée. Un règlement à l’amiable a été conclu avec la femme de chambre. Et la carrière de DSK s’est terminée dans la honte. Son parti en désordre, la candidature pour la présidence passe à François Hollande, le conjoint de la candidate pour les élections de 2007 Ségolène Royal, son seul avantage étant son statut d’initié. 

Le titulaire et candidat de la Droite Nicolas Sarkozy est pénalisé par les machinations financières liées à sa première campagne électorale et par l’allégation qu’il a touché de l’argent libyen offert par le Colonel Muamar Ghaddafi. Ainsi l’insipide Hollande peut gagner une contestation au coude à coude et prendre charge du gouvernement français avec un programme qui consistera finalement à doper le taux d’emploi par une augmentation énorme du nombre de personnels dans le secteur étatique. 

La période du mandat de Hollande fut marquée par la stagnation économique et une France faible en Europe, qui trace timidement les sillons de la Chancelière allemande Angela Merkel dans l’alliance traditionnelle franco-allemande à la tête de l’UE.  

Au moment où les élections de 2017 approchent, le taux de popularité de François Hollande descend à 5 % de la population, et le Président annonce qu’il retire sa candidature. La lutte pour le pouvoir est concentrée entre le parti conservateur, les Républicains, formé par Nicolas Sarkozy, mais un parti qu’il ne dirige plus vers le scrutin à cause des scandales autour de lui, et le Front National, le parti populiste, xénophobe, eurosceptique, mené par Marine Le Pen. 

Parmi les Républicains, François Fillon, le premier ministre sous la présidence de Sarkozy de 2007 à 2012, est devenu assez rapidement le leader. Le 20 novembre 2016 il gagne le vote dans les primaires et il reste le favori au début du printemps. À sa faveur, Fillon est experimenté, compétent et reformateur économique.

De l’autre côté de l’Atlantique, l’éventualité d’une victoire de Le Pen ou de Fillon est insupportable. L’Establishment américain déteste Le Pen, parce que sa victoire ajoutera encore du dynamisme à la vague populiste. Cette vague a déjà gagné la Maison Blanche en novembre 2016 (avec l’élection de Donald Trump) et elle (la vague populiste) travaille à la déconstruction de l’Ordre International si bien aimé de Washington. 

Pour sa part, Fillon reçoit le support du groupe médiatique Bloomberg, où il est considéré comme la seule personne qui peut éviter l’eléction de Le Pen. Mais d’ailleurs, Fillon n’a pas plus d’amateurs en Amérique que Le Pen : tous les deux portent l’opprobre d’être des “amis” de Poutine.   

François Fillon a rencontré avec Vladimir Poutine dans les couloirs du Forum International Economique de Saint-Pétersbourg  en juin 2015 et a été invité aux débats sur la television d’état russe, Fillon a donné des commentaires favorables au rétablissement de relations normales avec la Russie. A plusieurs reprises, il s’exprime contre les sanctions américaines. S’il est élu Président de la République française, Fillon créera un tandem transatlantique avec Trump pour contrer la direction actuelle stratégique des Etats-Unis : de nous (le Deep State) en prendre à l’ours russe et de présenter l’image d’un ennemi aggressif à l’Est de l’Europe pour rassembler les alliés et consolider l’emprise hégémonique sur le Vieux Continent comme dans le monde entier.

Ainsi, pas de raison pour nous d’être surpris, si la candidature de Fillon est déraillée (sic dans le texte original, voir le lien ci-dessus) juste quelques semaines avant le premier tour des élections présidentielles. Fillon est accusé de détournement de fonds publics: “il a payé à son épouse et ses enfants des centaines de milliers d’euros en remunération de l’Etat pour peu de travai sinon aucune service rendu.” Est-ce que Fillon était coupable?  Sans doute, oui.  Mais un tel jugement ignore la réalité des habitudes dans la vie politique de la France depuis des décénnies, où de telles pratiques étaient très répandues à cause des fautes dans le système de financement des élections et de compensation des élus. La France, comme beaucoup d’autres pays européens y compris son voisin l’Allemagne a connu une corruption institutionalisée. 

Avec Fillon deshonoré et écarté, le flambeau de la lutte contre Marine Le Pen passe au candidat hors Establishment et sans appui d’un parti traditionnel, Emmanuel Macron, qui a monté une campagne sur le principe de l’anti-corruption. Lui aussi est un “populiste” mais il accepte l’Ordre International existant et la domination américaine des affaires globales. Macron est le candidat parfaitement adéquat aux besoins des possibles intervenants d’outre-Atlantique. Il n’a pas d’expérience de la politique électorale, n’a pas de mécanisme de parti pour l’accompagner et, comme nous l’avons remarqué en sus (lire la première partie du billet de Doctorow à ce sujet), possède des fautes de sa personnalité qui le rendent assujetti au chantage.

Dans cet exposé, j’ai établi les motifs et les moyens pour que le Deep State américain ait pu influencer les élections présidentielles de 2017 en France et ait placé Emmanuel Macron sur le trône. Il me manqué les preuves que les agents des services de renseignement américaines ont saisi l’opportunité. Mais l’ingérance des Etats-Unis dans le précédant cycle électoral nous suggère qu’une telle intervention était “highly likely”, n’est-ce pas ?

© Gilbert Doctorow, 2018


Benedikt Weibel : «La France, c’est la monarchie et les barricades»

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L’ancien patron des CFF, très populaire auprès des cheminots suisses, avoue mal comprendre la grève du personnel de la SNCF

Benedikt Weibel a été le patron des CFF durant quatorze ans, membre du conseil d’administration de la SNCF – mandat non rémunéré pour lequel il a été décoré de la Légion d’honneur – de 2003 à 2007 et président de l’Union internationale des chemins de fer : bien qu’âgé aujourd’hui de 72 ans, l’ancien pape européen du rail est resté très actif, puisqu’il dirige encore le conseil de surveillance d’un chemin de fer privé autrichien, WESTbahn. Membre du Parti socialiste, le patron rouge des CFF n’a jamais dû affronter une grève en Suisse, même s’il a supprimé près de 10 000 emplois durant son mandat. Quel regard porte-t-il aujourd’hui sur la grève du personnel de la SNCF?

Le Temps: On critique beaucoup le statut des cheminots, mais le grand problème de la SNCF est celui de la dette, qui atteint désormais 47 milliards d’euros. Le conseil d’administration n’a-t-il pas une grosse responsabilité à cet égard?

Benedikt Weibel: Je ne le pense pas. Un jour, j’ai demandé à Louis Gallois, alors président du conseil d’administration de la SNCF, quelle était la rentabilité du TGV Rhin-Rhône. Il m’a répondu qu’en France, le développement du réseau était d’abord une question politique. Ce sont les politiques qui exigent sans cesse de nouveaux tronçons. En 1997, le gouvernement a créé le Réseau ferré de France (RFF) pour répondre à une directive européenne demandant de séparer le transport du réseau. Mais en fait, cette opération a surtout servi à libérer la SNCF du poids de la dette liée à l’infrastructure ferroviaire. Les Français ont toujours tenté d’échapper aux critères de Maastricht.

La réforme du gouvernement français veut aussi ouvrir le marché ferroviaire à la concurrence. Peut-on concilier cet objectif avec le maintien du service public?

Oui, bien sûr! Je suis bien placé pour vous le dire en tant que président du conseil de surveillance du chemin de fer autrichien privé WESTbahn, une entreprise dont la SNCF est d’ailleurs actionnaire à 18%. Nous travaillons depuis 2011 sur la ligne Vienne-Salzbourg, sur laquelle nous offrons désormais une cadence à la demi-heure. L’apparition de cette concurrence a eu des effets très positifs. Bien que nous ne touchions aucune subvention, nos prix sont toujours les meilleur marché. Quant à l’entreprise assurant le service public, ÖBB, elle offre aujourd’hui davantage de trains, a modernisé son matériel roulant et aussi réduit ses prix.

La SNCF s’est-elle trompée de stratégie en tablant trop sur le «tout TGV»?

On ne peut pas affirmer cela, car le TGV a joué un rôle de pionnier en Europe et offre une excellente qualité de prestations. Mais il est vrai qu’entre le TGV et le RER, il n’y a quasiment rien en France. Voici quelques années, je me suis livré à une comparaison entre deux villes de grandeur semblable, soit Soleure où j’ai grandi et Lons-le-Saulnier, chef-lieu du département du Jura. J’ai constaté qu’entre 6h du matin et midi, il y a 10 départs à la gare de cette ville de 17 000 habitants, contre plus de 100 à Soleure !

Le statut des cheminots français, qui offre la retraite dès 52 ans au personnel roulant et dès 57 ans au personnel non roulant, n’est-il pas anachronique?

Oui, bien sûr ! C’est un régime qu’aucun pays au monde ne peut se payer. Partout en Europe, on se demande s’il ne faut pas fixer un âge de la retraite à plus de 65 ans en raison de l’espérance de vie qui s’allonge. Personnellement, j’ai 72 ans et j’enseigne encore dans plusieurs hautes écoles. Lorsque je demande à mes étudiants jusqu’à quel âge ils pensent devoir travailler, ils se déclarent tous conscients que ce sera jusqu’à environ 70 ans. Ils ne se font aucune illusion à ce sujet !

Que révèle cette grève sur la France d’aujourd’hui ?

Que rien n’a changé ! L’homme qui m’a contacté pour siéger au conseil d’administration de la SNCF est l’ancien sénateur alsacien Hubert Haenel (RPR, puis UMP). Un jour, il m’a confié : «La France, c’est la monarchie et les barricades.» C’est toujours le cas aujourd’hui. Alors que les premiers sondages montraient un soutien à la réforme d’Emmanuel Macron, aujourd’hui je constate que de plus en plus de Français témoignent leur sympathie pour cette grève (46 % selon les derniers sondages).

Article paru dans le quotidien suisse Le Temps. Pour se faire une petite idée de ce qui se passe en France il est approprié de consulter la presse étrangère.

Notes. Il n’existe à ce jour dans le monde que deux lignes ferroviaires à grande vitesse rentables : le tronçon de TGV français Paris-Lyon et le Shinkansen Tokyo-Osaka. Les données de rentabilité des trains à grande vitesse chinois ne sont pas disponibles.

Nicolas Hulot dévoile la vraie nature de son idéologie

Nicolas Hulot dévoile la vraie nature de son idéologie

Bien que Ministre d’Etat de la Transition Écologique et Solidaire le Sieur Hulot ne peut plus dissimuler l’idéologie profondément marxiste et totalitaire qui l’anime. Conjointement avec ses collègues en charge de la Justice (avec un grand J) de l’Économie et des finances ainsi que du Travail il a commandé un rapport sur « l’objet d’intérêt collectif » de l’entreprise le 11 janvier 2018. Ce rapport a été cosigné par Nicole Notat et Jean-Dominique Senard et la simple identité et le passé de ces deux personnages en dit long sur le contenu de ce document de propagande marxiste. Nicole Notat, ancienne secrétaire générale de la CFDT, puis présidente du conseil de l’UNEDIC (ce billet est destiné au français et je ne m’étends pas sur la signification de ces acronymes), elle devient chef de file du groupe de travail « Promouvoir et valoriser l’entrepreneuriat responsable » (source Wikipedia). Jean-Dominique Senard est président du groupe Michelin depuis 2012. C’est un personnage du monde des affaires puisqu’il a été membre de divers conseils d’administration d’entreprises comme Pechiney, Saint-Gobain ou encore Total, ami de collège de Christophe de Margerie (source Wikipedia). On a à première vue l’impression que ce rapport est le fruit de la création contre nature d’un couple pas très harmonieux. Il n’en est rien car dans la plus pure tradition « sociale » de la famille Michelin de nombreux points de vue communs entre Madame Notat et Monsieur Senard se rejoignent.

J’ai lu en diagonale, je l’avoue, ce rapport qui va précipiter tout droit l’ensemble des entreprises françaises, qu’elles soient de petites PME ou des groupes de taille intermédiaire, dans une nouvelle couche de régulations totalement absurdes qui les obligera à être « solidaires » et à contribuer à « l’intérêt collectif », c’est écrit en toutes lettres. Mais il n’est nulle part explicité quelle signification revêt ce concept sorti tout droit des rêves marxistes léni(ni)fiants des années 1950. Comme ne cesse de le répéter Charles Gave, l’unique analyste économique pour qui j’éprouve un respect certain, le marxisme a fait ses preuves : ça ne marche pas. Les maoïstes soixante-huitards, il en reste encore, rétorqueront qu’il est nécessaire et justifié de confier un rôle social et solidaire à une entreprise : c’est une pure et perverse utopie.

Un entrepreneur prend des risques et cette prise de risque, créatrice de richesses, doit être à juste titre rémunérée. Il semble au contraire, selon ce rapport également destiné à Bruno Lemaire – celà revêt une signification toute particulière, il est le grand argentier de la France – que récompenser la prise de risque ne doive plus être considéré comme allant de soi et que cette attitude serait donc anti-solidaire.

En stipulant que la prise de risque n’est pas conforme aux grands principes marxistes de la solidarité alors plus aucun entrepreneur se risquera à créer une entreprise avec en plus les régulations et les lois kafkaiennes qui se sont accumulées – je ne mentionne pas seulement le code du travail – depuis 1981 et sont arrivées finalement à détruire le tissu industriel français. L’Etat par définition ne produit pas de richesse et il est donc impossible que tous les Français vivent de l’Etat, je pense au revenu universel, une pure imbécillité idéologique. Il faut dès lors des créateurs d’entreprise pour qu’il y ait création de richesses dont l’Etat accaparera une partie pour rémunérer ses affidés. Voilà la définition de l’entreprise qu’en fait ce rapport. La France est donc entrée, mais ça ne date pas d’aujourd’hui, dans un système collectiviste de type stalinien et elle a signé sa mort certaine. Je n’ai pas noté le lien permettant d’avoir directement accès à ce rapport et je m’en excuse vivement auprès de mes fidèles lecteurs. Je pense qu’il est possible de le trouver sur le site de Contrepoints.

Il faut enfin, et encore, insister sur l’aspect alarmant de ce rapport : la négation de la prise de risque qui est le nerf de l’entrepreuneriat. L’Etat, dont les serviteurs n’ont jamais pris de risques, prône ce même principe. Or l’Etat accapare déjà 57 % de la richesse de la France, veux-t-il maintenant contrôler les quelques entreprises qui lui permettent de survivre ou bien faut-il collectiviser l’ensemble du pays ? Les dirigeants français, à commencer par Hulot, n’ont semble-t-il pas lu leurs livres d’histoire car le collectivisme n’a jamais fonctionné par le passé que ce soient les tentatives des Quakers au XVIIIe siècle aux USA ou le bolchevisme en Russie. Quant à la Chine, il s’agit d’un cas particulier car la population chinoise a toujours été dominée par la contrainte des seigneurs locaux et plus tard de l’Etat central de Pékin, ce qui est le cas aujourd’hui. Le parti communiste chinois ne fait que suivre l’histoire et il a réussi à instiller une dose de capitalisme dans le fonctionnement totalitaire de l’Etat. Si les ministres de Macron veulent faire en sorte que la France soit administrée comme la Chine, j’imagine que les Français n’auront plus d’autre choix que de faire la révolution pour que le pays se débarrasse de ces politiciens vendus aux intérêts des structures financières apatrides tout en entretenant une idéologie à la Chavez.

Catalogne : on se croirait dans les années 1930 tant en France qu’en Espagne.

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Pendant la Guerre civile espagnole, appelée en Espagne « la Guerre de 1936 », beaucoup de dirigeants politiques loyalistes et de membres du gouvernement républicain émigrèrent pour organiser le combat contre la dictature fasciste du Generalissimo Francisco Franco depuis l’étranger. Cette année 2018 ressemble de plus en plus à 1939. Après la chute de la deuxième république espagnole entre les mains de Franco, qui avait bénéficié de l’aide de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste, le Président de l’Espagne Manuel Azana et le Premier Ministre Juan Negrin s’exilèrent en France. Après la déclaration d’indépendance de la Catalogne le 27 octobre 2017 par le Parlement catalan suivie de la dissolution du gouvernement de la Généralité de Catalogne par le successeur proto-fasciste à la Franco, Le Premier Ministre d’Espagne Mariano Rajoy, les membres clés du gouvernement catalan s’exilèrent. Le Président de la Généralité de Catalogne (en réalité le Premier Ministre) Carles Puigdemont et 4 de ses ministres ont fui en Belgique pour éviter d’être arrêtés par les forces de sécurité de Rajoy.

D’autres dirigeants catalans ont été emprisonnés à Madrid où ils attendent d’être jugés pour sédition et rébellion. La dirigeante du parti pro-indépendantiste (Candidature Unité Populaire, CUP) Anna Gabriel a demandé l’asile politique à la Suisse d’où elle a déclaré au quotidien Le Temps (Genève) : « Je n’irai pas à Madrid … Puisque je ne pourrai pas avoir un procès équitable en Espagne, j’ai choisi un pays qui peut protéger mes droits« . Comme avec les loyalistes emprisonnés sous le régime de Franco les leaders indépendantistes catalans qui ont obtenu la majorité dans le parlement nouvellement élu risquent d’être condamnés à des années de prison par le régime de Madrid soutenu par l’Union Européenne. Rajoy, suivant les traces de Franco, a nommé comme Premier Ministre de la Généralité de Catalogne non pas une Catalane mais une Espagnole castillane en la personne de Maria Soraya Saenz de Santamaria Anton. Rajoy, comme d’ailleurs Franco est originaire de Galice. La dictature de Franco fut réputée pour effacer tout pouvoir catalan, la langue, la culture et l’identité régionale et Rajoy, dont le Parti Populaire (PP) est l’héritier des Phalangistes de Franco, fait tout ce qui est en son pouvoir pour imiter l’inspirateur idéologique de son parti politique. Mais contrairement à 1936 où ce furent Adolf Hitler et Benito Mussolini qui se rallièrent à Franco, en 2018 ce sont le Commission Européenne de Jean-Claude Junker et le Président du Conseil européen Donald Tusk qui soutiennent Rajoy.

Seule un poignée de pays reconnurent le gouvernement espagnol en exil, dont le Vénézuela et le Mexique.

Malgré le fait que la France ne reconnut pas le gouvernement espagnol en exil, elle accueillit cependant quelques dirigeants politiques républicains. Globalement la France était tout aussi opposée aux Républicains espagnols en 1939 qu’elle l’est aujourd’hui aux Catalans aujourd’hui. Deux Présidents du Conseil de gauche, Léon Blum et Edouard Daladier requirent des personnels militaires républicains espagnols demandant l’asile de se regrouper dans les « centres d’accueil » de Saint-Cyprien, Gurs et Le Vernet qui devinrent rapidement des camps de concentration. Quand l’Allemagne nazie envahit la France en juillet 1941 les réfugiés républicains espagnols furent déportés dans des camps de concentration en Allemagne où ils moururent. Ironiquement Blum et Daladier furent aussi déportés à Buchenwald et Dachau avec les réfugiés espagnols qu’ils avaient parqué dans des camps en France. En refusant d’accueillir le gouvernement catalan en exil de Puigdemont, le Président Français Emmanuel Macron a suivi l’exemple de Daladier et de Blum : accueillis oui, mais dans des camps de concentration … Puigdemont et 4 de ses ministres ont été les biens-venus en Belgique où le puissant parti indépendantiste flamand les a assurés qu’ils n’avaient rien à craindre du mandat d’arrêt international dont il font l’objet d’Interpol.

Le Président vénézuélien Nicolas Maduro a été l’un des rares leaders politiques à soutenir l’indépendance de la Catalogne, déclarant : « Résistez Catalogne ! L’Amérique Latine vous admire« . Au contraire le Mexique, qui avait apporté son soutien au gouvernement loyaliste républicain espagnol n’a pas été aussi bienveillant avec la Catalogne. Le Ministre des Affaires Etrangères mexicain Luis Videgaray Caso a déclaré au journal espagnol El Pais : « Si la Catalogne se sépare de l’Espagne mon pays ne la reconnaîtra pas en tant que pays indépendant« . L’Assemblée Nationale du Québec a apporté son soutien à la Catalogne mais le Premier Ministre canadien Justin Trudeau a fait une déclaration typiquement conforme à sa qualité de militant du Parti Libéral canadien pour le respect de la constitution espagnole, de facto un clin d’oeil bienveillant aux autorités de Madrid pour leurs actions.

Depuis le Vatican, le Pape François, faisant de son mieux pour imiter son prédécesseur le Pape Pie XII notoirement pro-nazi qui accéda au trône de Saint-Pierre en 1939, l’année même où les loyalistes espagnols furent contraints à l’exil, a condamné les indépendantistes catalans et soutenu l’Union Européenne dans le même temps. Ce n’est pas un secret : la papauté voit en l’Union Européenne un nouveau Saint Empire Romain. Pie XII n’a fait aucune objection quand le confesseur personnel de Franco, le Père Josemaria Escriva, a fondé l’ordre pro-fasciste Opus Dei. Selon son assistant personnel Escriva déclara : « Hitler n’a pas pu être une aussi mauvaise personne. Il n’a pas pu tuer 6 millions de personnes. Il n’a pas pu y en avoir plus de 4 millions« . Escriva a donné l’aval de l’Eglise catholique espagnole pour que Franco détruise les identités culturelles tant de la Catalogne que du Pays Basque.

L’Opus Dei a soutenu divers régimes fascistes dans le monde, les juntes en Argentine, le pays natal du Pape François. Comme le Père Jorge Mario Bergoglio à Buenos-Aires, François a été accusé d’avoir livré deux prêtres aux forces de sécurité de la junte argentine durant la Sale Guerre des années 1970. La propagande vaticane a tenté de laver l’honneur du Père Bergoglio en niant ses sympathies fascistes pro-régime. Il n’est donc pas étonnant que le Pape actuel se tienne coude-à-coude avec le gouvernement de Rajoy, infesté par l’Opus Dei. les proto-fascistes de Madrid qui comprennent aussi le monarque Bourbon corrompu Felipe VI, et enfin le Saint Empire Romain moderne qui dirige l’Europe depuis ses quartiers à Bruxelles.

Comme c’était le cas durant la guerre civile espagnole, les Bretons et les Corses en France se sont rangés du côté des indépendantistes catalans exactement comme leurs grands-parents on soutenu les loyalistes espagnols comme le firent les Catalans et les Basques à la fin des années 1930. Même si la coalition de Macron a obtenu la majorité lors des élections législatives en 2017 cette coalition n’a obtenu aucun siège de député en Corse. Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée régionale de Corse, a déclaré que d’ici 10 ans la Corse suivrait la Catalogne en déclarant l’indépendance de l’île. La Catalogne et la Corse ne sont pas des pays indépendants et c’est le résultat de traités entre monarques européens datant de plusieurs siècles (Traité d’Utrecht, 1715). Aujourd’hui, en lieu et place des têtes régnantes c’est une création de la famille Rothschild qui est au Palais de l’Elysée à Paris et un Premier Ministre proto-fasciste au Palais Moncloa à Madrid qui déterminent le futur de la Catalogne et de la Corse. Ils font preuve d’autorité pour supprimer les identités culturelles et politiques de ces régions aspirant à devenir des nations européennes et il faut inclure le Pays Basque de chaque côté de la frontière franco-espagnole

Exactement comme les troupes de Franco patrouillaient le long de la frontière le long de la chaine des Pyrénées pendant la guerre civile recherchant des loyalistes faisant le va-et-vient entre France et Espagne, le Ministre de l’intérieur actuel, Juan Ignacio Zoido, un Andalou, a ordonné le renforcement des patrouilles de la Guardia Civile le long de la frontière avec la France pour éviter que Puigdemont rentre clandestinement en Catalogne depuis la France. Zoido a déclaré au Daily Telegraph qu’il avait tout mis en oeuvre pour que les forces de sécurité soient en alerte permanente et recherchent activement Puigdemont et les autres exilés, « par hélicoptère, caméras infra-rouge et par bateau ». Zoido aurait pu être un excellent général de Franco dans les années 1930.

Contrairement aux dirigeants du régime de Rajoy qui a fait un usage abusif de la Cour de Justice et des institutions pour jeter en prison les leaders politiques catalans sous le prétexte de sédition et de rébellion, le mouvement indépendantiste catalan a toujours été très clair en ce qui concerne son projet politique. En vertu des lois électorales de Catalogne les trois partis indépendantistes ont acquis la majorité au Parlement de la Généralité. Cette majorité désire être libérée des chaines de l’impérialisme castillan et de la supériorité culturelle et politique de Madrid. Les leaders indépendantistes catalans en exil en Belgique, en Suisse et dans d’autres pays n’ont pas d’agenda caché et ne sont pas non plus des marionnettes de Moscou comme l’ont suggéré certaines personnalités politique européennes. La cause catalane rappelle un passage du fameux poète catalan Joan Salvat-Papassei :  » Si j’étais un bandit ou un voleur, les geôliers de ce monde n’attraperaient pas mon ombre, alors ils ne pourraient pas retrouver mon chemin …« .

Article de Wayne Madsen (The Strategic Culture Foundation, strategic-culture.org ) paru sur le site ZeroHedge le premier mars 2018. Illustration Strategic Culture. Wayne Madsen est journaliste d’investigation, membre de la Société des Journalistes Professionnels (SPJ) et du National Press Club des USA. Sans commentaire.

Kim Dotcom a frappé fort

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De son gros poing aux doigts boudinés le sieur Kim Dotcom, qui pèse 162 kilos, a frappé très fort en démontrant preuves d’informaticien chevronné à l’appui que les Russes n’avaient pas pu interférer dans la compagne électorale américaine et qu’ils ne pouvaient pas être les auteurs du « hacking » du comité soutenant Hillary Clinton, le DNC.

En effet, et ni la CIA, ni la NSA, ni le FBI et encore moins le département de la justice américaine n’ont l’air de compter parmi leurs personnels un informaticien capable de fournir une preuve qu’il y a bien eu une interférence russe dans ce processus électoral télécommandée par l’équipe de Donald Trump. Il se trouve qu’il n’y a pas eu d’infiltration russe mais une fuite de la part d’un des membres du DNC, fuite immédiatement imputée par le clan Clinton aux services d’espionnage russes.

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Dotcom s’appuie sur une information élémentaire pour un informaticien qui a été rendue publique après inspection des ordinateurs du DNC et qui a été soigneusement passée sous silence. La copie des fichiers de l’ordinateur a été effectuée à la vitesse de 22,6 MB/seconde (méga-bytes/seconde) et cette vitesse de transfert ne peut être atteinte qu’avec une mémoire flash, clé USB ou disque dur flash.

Comme l’indique le tableau ci-dessus la vitesse de transfert entre deux ordinateurs proches l’un de l’autre n’est plus que de 14,2 MB/s et vers un serveur proxy elle tombe à 6,3 MB/s et enfin de la cote est des USA vers la cote ouest cette vitesse est alors de 2,0 MB/s. Autant dire que pour aller jusqu’en Russie … Le hacker du DNC ne pouvait donc pas se trouver en Russie ni ailleurs. C’était un membre du DNC ! Cette information d’une limpidité arithmétique qu’un enfant de 5 ans comprendrait rend caduques toutes les accusations formulées par les Démocrates au sujet de la Russie ainsi que celles portées à l’encontre de Julian Assange qui a publié les centaines de milliers de messages d’Hillary Clinton depuis un serveur non sécurisée alors qu’elle était à la tête du Département d’Etat. Le suspect a été identifié par Kim Dotcom comme étant Seth Rich mais le Département de la Justice, en la personne de Mueller, fait toujours la sourde oreille car s’il se rend officiellement à l’évidence la Miss Clinton ira probablement en prison ainsi que son époux et bien d’autres personnalités démocrates …

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Source et illustrations : ZeroHedge 19 février 2018

France : la prochaine crise lui sera fatale

France : la prochaine crise lui sera fatale

OPINION. Les Paradise Papers ont soi-disant démontré, dans des pays à consonance marxiste comme la France, l’immoralité de l’optimisation fiscale internationale, ce qui est pourtant légal, juge Didier Maurin, directeur de Katleya Gestion. On peut avoir un autre point de vue de l’optimisation fiscale, à savoir que l’immoralité provient d’Etats racketteurs qui asphyxient l’économie via leurs prélèvements obligatoires, et qui tuent des entreprises tout en étant constamment en déficit.

Trente-cinq ans de socialisme

Mieux. On peut tout aussi bien considérer que les paradis fiscaux sont des Etats à fiscalité normale qui favorisent le développement d’entreprises, l’emploi et la croissance, là où les enfers fiscaux laminent leur économie.

Comme le disait Nietzsche, « c’est par la morale que les faibles tenteront de l’emporter sur les forts ». Or, il est bien évident que la France appartient nettement à la première catégorie. Pas moins de trente-cinq ans de socialisme ont beaucoup fragilisé ce pays, car les enfers fiscaux n’attirent pas les capitaux et les entreprises, les faisant fuir sous des cieux plus cléments, car, n’oublions pas, comme le disait Montaigne, que «la richesse est une vertu», en rappelant que tout impôt doit être répercuté dans le prix de n’importe quel produit, et que si vos concurrents internationaux sont moins taxés que vous, ils n’auront aucun mal à vous prendre le marché tout en vendant moins cher, ce qui ne les empêchera pas, bien au contraire, de s’enrichir.

Mais bien d’autres erreurs ont été commises par la France, car les marxistes et leurs théories n’ont jamais de cesse en matière de créativité! Ils ont notamment donné de très nombreux pouvoirs aux salariés face aux employeurs, et, s’il est bien évident que les employés doivent être protégés, les coûts générés par les PME devant les tribunaux prud’homaux, sans oublier les nombreuses tracasseries administratives, en ont découragé plus d’un. Ce qui explique le taux de chômage élevé.

L’immobilier pénalisé par la fiscalité

J’avoue avoir souvent entendu, dans la bouche de chefs d’entreprise français qui étaient pourtant bien intentionnés, la phrase «Pas question d’embaucher, car nous ne sommes pas là pour risquer de perdre le bénéfice d’une année tout en travaillant 60 heures par semaine, alors, qu’ils gardent leurs chômeurs!» Même l’immobilier a été très sévèrement chahuté, là encore par une fiscalité élevée mais aussi parce que certains ministres, telle Cécile Duflot, ont donné tout pouvoir en leur temps aux locataires face aux propriétaires, ce qui a multiplié les impayés et les dégradations intérieures d’appartements.

D’une façon générale, en France, le poids du secteur public et son nombre de fonctionnaires restent trop élevés, avec le constat affligeant, comme le disent de nombreux économistes, que les dépenses de cet Etat vont continuer à augmenter alors même que ce pays connaît une dette officielle de plus de 2100 milliards d’euros! La plupart des nations arrivent généralement à réduire leurs déficits, mais la France ne peut pas baisser sa dépense publique, paraît-il, certaines réductions de coûts n’étant soi-disant pas réalisables par l’Etat français!

Mais que va-t-il se produire lors de la prochaine crise internationale, à laquelle se préparent en ce moment même politiciens, économistes et autres présidents de banques centrales? En effet, tant que rien de particulièrement grave ne survient, le système peut continuer à survivre de lui-même, mais il faut se rappeler que la dernière crise mondiale des «subprime» de 2007-2008 remonte déjà à dix ans, et qu’avec tous nos Etats surendettés (Etats-Unis, Europe, Chine, Japon) et une situation géopolitique plutôt hasardeuse (Corée du Nord, les décisions de Trump, le risque d’embrasement au Proche-Orient, etc.) les sables mouvants sont devant nous, avec un «effet domino» toujours possible, où la faillite d’une banque ou d’un Etat entraîne celle d’un autre et ainsi de suite…

La prochaine crise de la France

Qu’arrivera-t-il alors à la France, elle qui peut aujourd’hui faire le constat d’un déficit public énorme, d’un nombre de chômeurs élevé, et d’une géographie pauvre en matière d’entreprises prospères tout en étant non compétitive dans la mondialisation? Dans le cas le plus probable, une grave crise sociale et politique surviendra. Rappelons que le Parlement européen et le gouvernement français ont prévu des textes de loi tels que la directive bancaire européenne BRRD ou la loi Sapin II pour pouvoir prélever dans l’épargne bancaire et les contrats d’assurance vie de leurs ressortissants pour financer toute crise, l’Etat n’en ayant plus les moyens.

Demain, vraisemblablement et malgré ce qu’elles affirment, les banques centrales feront appel à la «planche à billets» pour imprimer des centaines de milliards pour juguler une crise, ce qui fera perdre beaucoup de valeur à leur monnaie et, pouvant même renforcer la crise économique elle-même, risquera de provoquer un krach boursier et de nombreuses faillites d’entreprises tout en faisant flamber l’or.

Naturellement, et l’histoire de l’humanité le prouve souvent, l’extrême droite et l’extrême gauche se portent souvent assez bien dans ce genre de situations, appelant à des révoltes qui peuvent devenir incontrôlables. C’est vraisemblablement ce qui surviendra, car la profitabilité de l’économie d’un pays ressemble souvent à ce parachute fort utile lorsque tout le monde tombe! La France, elle, par contre, malgré sa riche histoire et son art de vivre si raffiné, semble économiquement lestée de pierres…

Source : AFP / 22 janvier 2018 19h25