Les petits pays insulaires envisagent de poursuivre en justice les émetteurs de carbone !

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Si on exclut les riches expatriés et les fonctionnaires anglais, australiens et français le Vanuatu, ancien condominium franco-anglais des Nouvelles-Hébrides, est classé parmi les pays les plus pauvres du monde. À Port-Vila, la capitale, il y a un parlement, le palais du Président de la République et des ministères disséminés dans la ville. Autour de celle-ci, encore une fois en excluant les quartiers résidentiels de luxe peuplés d’expatriés, il y a dissimulés dans la forêt des quartiers peuplés de « Ni-vans » venus de toutes les îles de l’archipel, attirés par les opportunités d’emploi dans les restaurants, les hôtels ou simplement comme domestiques chez un riche expatrié installé dans ce pays car c’est un des paradis fiscaux les plus opaques du monde. Quand il y a un cyclone ces accumulations de cases construites avec toutes sortes de matériaux récupérés ici ou là sont alors exposées au regard et on se demande comment toutes ces familles peuvent vivre ainsi. Surtout à Port-Vila et après un cyclone ce contraste entre les riches et les pauvres est presque insupportable.

L’archipel se trouve exactement dans la trajectoire des cyclones souvent dévastateurs sans oublier les tremblements de terre, les tsunamis et les volcans dont certains sont particulièrement dangereux. Bref, compte tenu de cette pauvreté de la population indigène, le gouvernement du Vanuatu, pays vivant de revenus inavouables et de confortables subventions de la Grande-Bretagne, de la France, les anciens pays colonisateurs, et aussi de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de la Chine et des USA, a toujours besoin d’argent et il vient d’émettre l’hypothèse d’un dépôt de plainte à l’encontre des grandes compagnies pétrolières et des plus importants pays émetteurs de carbone car l’archipel est menacé par le réchauffement climatique d’origine humaine. Rien que ça !

Le Ministre des Affaires étrangères du Vanuatu, un certain Ralph Regenvanu, a déclaré qu’il allait mettre sa menace à exécution. Le souci est que son voisin, l’Australie, l’un des pays les plus émetteurs de carbone par habitant et très important exportateurs de charbon, a immédiatement déclaré qu’il refuserait de payer un quelconque dollar (australien) s’il comptait parmi les pays poursuivis. Greenpeace qui est partie prenante dans ce genre de combat contre les producteurs de pétrole, de gaz et de charbon a immédiatement assuré de son soutien le gouvernement du Vanuatu, selon Jennifer Morgan, Directrice exécutive de Greenpeace International. Attendons d’assister au déroulement de cette future « class-action » car le Vanuatu cherche déjà d’autres petits pays qui « risquent » leur survie en raison du réchauffement du climat qui, pourtant, ne cesse de jouer au chat et à la souris depuis près de 20 ans …

Source et illustration : The Guardian. Selon toute vraisemblance il s’agit de la plage de Mélé avec en arrière plan les faubourgs ouest de Port-Vila lors du cyclone dévastateur Pam (2015, catégorie 5) mais que mes lecteurs se rassurent car lors d’un cyclone de catégorie 5 personne ne sort à découvert et la photo a été probablement prise alors que la dépression était déjà partie vers le sud. J’écris ceci car j’ai vécu trois cyclones dans ce pays dont deux de catégorie 5 …

Note. Le Vanuatu compte 275000 habitants autochtones d’origine mélanésienne répartis dans 82 îles et îlots volcaniques, dont 65 d’entre eux sont inhabités, disséminés sur un axe nord-sud de 1285 km entre les Îles Fiji et la Nouvelle-Calédonie. Il y a 22 volcans pour la plupart actifs dont 4 sous-marins dans l’archipel du Vanuatu. Pour l’anecdote il existe dans ce pays environ 150 dialectes différents hors le bislama, langue vernaculaire, l’anglais et le français, les trois langues officielles. Une partie de la population indigène vit encore isolée dans la forêt bien qu’alphabétisée. Les cultes catholiques et anglicans, réminiscences de l’occupation franco-anglaise, sont menacés par le prosélytisme évangéliste très actif. Enfin, mises à part les villes de Port-Vila et Luganville dans l’île de Santo, peu d’autres agglomérations disposent de l’électricité. L’action du gouvernement du Vanuatu est de profiter d’une opportunité « climatique » pour donner un peu d’oxygène aux finances du pays.

La situation française vue de Californie par Mish Shedlock, excusez du peu !

J’ai laissé il y a quelques jours un billet rappelant l’immense pamphlet politique d’Estienne de la Boétie et le rapprochant de l’action nationale des « gilets jaunes » en France. Dans la France d’aujourd’hui, pourtant le pays des droits de l’homme et dont la devise est « liberté, égalité, fraternité », on s’achemine vers un totalitarisme global qui va réduire la liberté à sa plus simple expression, l’égalité qui n’est déjà plus l’ombre d’elle-même puisque le pays est gouverné par une caste d’énarques et de financiers et le reste de la population, les gueux du XXIe siècle, est laminé par une pression fiscale insupportable et enfin la fraternité foulée aux pieds par les partis politiques qui décidément ne comprennent rien à l’évolution alarmante de la situation. Mais cette évolution n’est pas que le fait de la France. On assiste aussi dans divers pays européens à la montée populaire qui s’oppose de manière évident au pouvoir politique traditionnel en place et aussi aux prérogatives insupportables de la Commission européenne. Pour comprendre réellement ce qui se passe en Europe et en particulier en France il n’y a plus qu’une solution, puisque tous les médias sont contrôlés par des groupes financiers et ceci surtout en France, aller lire ce que les médias du Web en pensent outre-atlantique. C’est ce que je fais tous les jours avec ma collection de sites anglo-saxons qui ont le courage et le mérite de divulguer des informations que jamais on ne trouvera ni dans les lignes du Monde ou du Figaro et encore moins dans les Echos ou même les journaux belges ou suisses. Voici donc la traduction d’un billet de Mish Shedlock paru sur son site moneymaven.io (liens en fin de billet) d’analyse économique et financière mis en ligne le 28 novembre 2018. Je ne laisserai pas d’autres commentaires. Bonne lecture ! (traduction aussi fidèle que possible de votre serviteur, l’insertion des illustrations a été fidèlement respectée. Quelques ajouts entre parenthèses permettent un meilleure compréhension de cet article).

Les stations d’essence européennes à court de gasoil : la grève dans une raffinerie française creuse la crise.

Articles de l’agence Bloomberg : « La crise du diésel en Europe s’intensifie alors qu’une grève arrête une raffinerie française » :

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1. Total SA, le plus grand raffineur de France, est en train d’arrêter la plus importante raffinerie de France, la raffinerie de Gonfreville en Normandie qui traite quotidiennement 247000 barils par jour en raison de conflits sociaux a déclaré un responsable de l’usine ce mardi 27 novembre 2018. Quelques centaines de kilomètre plus au nord, aux Pays-Bas, les stations d’essence sont à court de diésel en raison des contraintes occasionnées dans les transports sur le Rhin en étiage bas (en raison des conditions climatiques hivernales dans la chaine montagneuse alpine) selon la Royal Dutch Shell Plc.

2. Shell a déclaré le 20 novembre qu’il devait réduire la production de son site de raffinage en Rhénanie, le plus gros complexe de ce type en Allemagne en raison des basses eaux du Rhin. Dans un twitt de ce mardi 27 novembre cette société a déclaré qu’elle était temporairement dans l’incapacité d’approvisionner les stations d’essences automatiques aux Pays-Bas.

3. Les stations d’essence allemandes n’ont déjà plus de diésel en raison de la situation (des basses eaux) du Rhin, un couloir commercial important qui va de la Suisse aux Pays-Bas. La Suisse a mis à la disposition des consommateurs des stocks stratégiques en raison de la situation du Rhin.

4. La prime sur les « futurs » du baril de diésel par rapport au Brent – un autre indicatif de la vigueur des marchés – était de 15,96 dollars, le plus haut depuis 6 ans.

La crise d’approvisionnement en diésel ne peut que s’aggraver.

Cette crise ne peut pas arriver à un moment aussi critique pour le Président français Emmanuel Macron qui se débat déjà au sujet des protestations populaires relatives aux taxes sur le diésel.

Les taxes sur le diésel tournent à la violence.

Les provinciaux sont venus à Paris pour faire comprendre au Président ce qu’ils pensent des taxes en général et de celles liées au diésel en particulier. Les protestations ont tourné en violence.

Macron propose de réduire l’énergie nucléaire.

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Dans une autre annonce malvenue le Président français Emmanuel Macron a dévoilé le plan gouvernemental pour réduire la dépendance à l’énergie nucléaire de son pays :

« Au milieu de protestations quotidiennes au sujet du prix de l’énergie Monsieur Macron a déclaré que la France arrêterait 14 réacteurs nucléaires d’ici 2035 ».

La France dépend de l’énergie nucléaire plus que tout autre pays en produisant les trois quarts de son énergie électrique avec 19 centrales nucléaires. Au lieu de cela, le leader français a promis de développer les énergies renouvelables en déclarant que le voeu de la France est de réduire la dépendance de l’économie française au pétrole qui contribue au réchauffement global.

Vous savez quoi ?

Excusez-moi de rappeler que l’énergie nucléaire ne produit pas de gaz à effet de serre et toute cette alerte généralisée du réchauffement global n’en a jamais tenu compte.

Le dernier enfantillage de Macron.

« Monsieur Macron a aussi déclaré que le gouvernement trouvera une solution pour retarder les taxes sur les produits pétroliers quand les prix mondiaux des hydrocarbures augmenteront ».

Excusez-moi de remarquer que les protestations relatives au prix des carburants est apparue alors que les prix mondiaux du pétrole étaient en chute libre.

« Pour calmer le jeu Monsieur Macron a proposé une consultation de trois mois avec les associations et les groupes activistes, incluant les « gilets jaunes » qui ont été à l’origine des protestations pour savoir comment gérer les coûts croissants de l’énergie ».

C’est sûr que ça va marcher ! (Yeah right. That’s sure to work).

Il plane dans l’espace.

Voici un commentaire au sujet de Macron du New York Times du jour (mardi 27 novembre) :

« Il semble qu’il soit sourd a dit Fabrice Schlegel qui a participé à certaines manifestations et protestations en France ces dernières semaines : il nous parle de la transition écologique, c’est un politicien qui flotte dans l’espace intersidéral ».

Macron’s foot in mouth disease. (intraduisible, jeu de mot faisant allusion à la fièvre aphteuse, on pourrait dire « la langue de bois »)

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Les gaffes de Macron au sujet du nucléaire et du diésel culminent dans sa stratégie de danger pour l’Union européenne de persister à rester dans une perpétuelle situation de maintien de l’union douanière « temporaire ».

Il est un fait que je me réjouis de ces menaces de Macron au sujet de l’union douanière. Au moins ce positionnement réveillera le Parlement britannique pour annuler cet accord pathétique avec l’Union européenne que Theresa May tente d’imposer au Royaume-Uni et qui étranglera son pays.

Liens : https://moneymaven.io/mishtalk/economics/european-gas-stations-out-of-diesel-french-refinery-strike-deepens-crisis-QKfaVhJc0EuFHGx6OOf5ZA/

https://moneymaven.io/mishtalk/economics/macron-threatens-to-keep-eu-in-perpetual-temporary-customs-union-backstop-kOI6wnshGUCyM2WhfXvVpQ/

Denisovans et Néandertaliens : une très vieille histoire d’amour

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Dans la grotte de Denisova située dans les monts Altaï en Sibérie il y a des dizaines de milliers de fragments d’os qui sont visiblement des restes de festins de hyènes qui se repaissaient de n’importe quelle créature vivante ou morte. Cette grotte a été peut-être occupée pendant des centaines de milliers d’années et si il y a quelques années une phalange d’origine humaine a été retrouvée c’était le fait du hasard. L’ADN récupéré et ensuite séquencé après avoir été « amplifié » a conduit à la découverte d’un ancêtre de l’homme moderne issu de populations antérieures à celles de l’homme moderne, c’était l’homme de Denisova, en réalité une femme de moins de 20 ans qui vécut là il y a plus de 50000 ans. Des études ultérieures ont mis en évidence la présence de longues séquences d’ADN de ce « Denisovan » dans les populations actuelles de Nouvelle-Guinée. Aucune autre découverte de sites archéologiques susceptibles d’éclairer sur les migrations de ces « proto-Homo sapiens » n’a pu encore fournir aux paléoanthropologues de nouvelles données pour éclairer cette histoire bien antérieure à la sortie « out of Africa » de l’homme moderne il y a environ « seulement » 100000 ans.

Parmi ces dizaines de milliers de fragments osseux dont l’identification est impossible à l’oeil il a fallu développer une technique d’investigation basée sur la structure du collagène que nombre de femmes coquettes connaissent pour s’en tartiner le visage avec des crèmes contenant des restes de cette substance. Entre parenthèse s’appliquer des billets de banque sur les joues serait tout aussi efficace car le collagène est constitué de molécules géantes, des polymère, dont les séquences d’amino-acides sont caractéristiques de chaque animal et elle ne peuvent en aucun cas pénétrer dans le derme. En ce qui concerne l’homme il peut exister quelques ambiguïtés si ce collagène est comparé à celui des grands singes. Or il n’y a jamais eu de grands primates dans cette région de l’Altaï en dehors naturellement de ces proto-Homo sapiens qu’étaient les Denisovans.

Pour trier ces fragments d’os des physico-chimistes des Universités de Manchester et d’Oxford ont mis au point une technique d’analyse des peptides issus de la dégradation du collagène osseux par spectrographie de masse. Cette approche a été appelée ZooMS et après avoir passé au crible 2513 fragments osseux provenant de la grotte de Denisova un petit fragment d’à peine 2,5 centimètres de long a été sans aucun doute possible identifié comme étant d’origine humaine. Ce petit morceau d’os a été envoyé au Professeur Svante Pääbo du Laboratoire d’anthropologie évolutive du Max Planck Institute de Leipzig afin d’extraire de l’ADN pour être ensuite amplifié et soumis à une analyse de séquence. Jusque là rien de très nouveau car les techniques développées par l’équipe de Pääbo sont maintenant rodées après plus de 20 années de pratique. C’est en effet dans cette équipe que la plupart des séquençages d’ADNs préhistoriques sont maintenant effectués tant la spécialisation y est poussée à la perfection.

Ce qui apparut immédiatement fut qu’il s’agissait d’une femme probablement jeune (environ 13 ans) dont la datation avec du carbone-14 permit de la situer dans le temps il y a 90000 ans, c’est-à-dire avant que l’homme moderne parti d’Afrique n’ai encore pu atteindre une telle contrée et 50000 ans avant l’autre Denisovan. Plus incroyable encore les séquences de l’ADN montrèrent qu’il était un mélange presque équivalent (48/52 %) provenant d’ADN néandertalien et d’ADN « denisovan », donc un descendant direct d’un accouplement entre ces deux espèces de proto-humains, la mère d’origine néandertalienne et le père d’origine denisovane. En poussant l’analyse dans les détails, il a aussi et découvert que l’ADN du père Denisovan contenait déjà avant d’engendrer cette fille avec cette néandertalienne, surnommée par les chercheurs Denny, des traces d’ADN néandertalien. Dans l’illustration en début de billet l’ADN néandertalien est symbolisé en bleu et celui d’origine denisovane est symbolisé en rouge. L’introgression néandertalienne (flèche bleue dans l’illustration ci-dessous) dans l’ADN du père de « Danny » (Denisova II) est symbolisée par le petit cercle bleu. Les étoiles indiquent les ADNs effectivement séquencés.

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Ces deux sous-espèces de proto-Homo sapiens avaient donc coexisté bien avant cet évènement qui a été révélé un peu par hasard par l’équipe de Pääbo. Mais de là à affirmer que les Néandertaliens et les Denisovans se rencontraient souvent pour copuler serait une erreur scientifique car leurs ADNs auraient fini par devenir uniformes, ce qui n’est à l’évidence pas le cas. Ce que l’on peut seulement affirmer est qu’ils se rencontrèrent très épisodiquement dans cette grotte et eurent des relations sexuelles. La mère de « Denny » présente dans son ADN des similarités avec celui d’un Néandertalien retrouvé en Croatie. Selon le calendrier de la dérive génétique unanimement admise par la communauté scientifique les Néandertaliens et les Denisovans divergèrent il y a 500000 ans. Comment ces populations se comportèrent durant les 400000 années suivantes ? Nul ne le sait mais la science archéologique progresse et la balle est maintenant dans le camp chinois, pays qui peut receler des sites intéressants et éclairer l’évolution de ces populations qui n’étaient pas tout à fait des hommes modernes car elles avaient évolué dans l’immense espace eurasien bien avant que l’homme moderne ne finisse par les surclasser.

Source et illustrations Nature, DOI : 10.1038/s41586-018-0455-x

L’ablation des amygdales : un geste chirurgical abusif et inutile

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Dans la rubrique des pratiques médicales abusives ou injustifiées pour le plus grand malheur des patients mais le plus grand bonheur du corps médical (qui s’enrichit au passage) il y a l’ablation des amygdales. Sous prétexte qu’un enfant se plaint « trop » souvent de maux de gorge et que ses amygdales sont rouges et enflées le médecin généraliste ou à défaut le spécialiste préconisent l’amygdalectomie et les parents sont contents. De toutes les façons c’est la couverture sociale qui paie au moins dans la plupart des pays de l’OCDE, c’est-à-dire l’impôt.

Pendant des siècles les médecins ont pratiqué des saignées pour améliorer la santé des patients, pratique qui n’a jamais pu être justifiée scientifiquement. Ce geste totalement stupide était encore pratiqué dans les armées alliées durant la Grande Guerre jusqu’en 1915 pour « soulager » les soldats gazés dans les tranchées qui étaient moribonds et dont l’issue incertaine était tout simplement accélérée par une saignée supposée calmer leur bronchite provoquée par les gaz de combat comme par exemple l’ypérite.

L’ablation des amygdales relève du même obscurantisme des médecins qui se fiaient à des pratiques décrites dans les vieux grimoires de l’époque romaine. Claude Galien (Claudius Galenus, 121-201) qui formalisa la médecine de son époque par des écrits qui ont été considérés comme ayant une valeur scientifique irréfutable pendant des siècles était en faveur d’une ablation de la partie visible des amygdales. Cinq siècles plus tard Paulus Aegineta (625-690) un autre médecin auto-proclamé décrivit en détail l’ablation totale des amygdales, la partie visible de ces organes lymphoïdes appelées amygdales pharyngiennes ou encore végétations adénoïdes ou tonsilles, en un mots celles que l’on voit de part et d’autre de la luette. En 1509 le célèbre Ambroise Paré préconisa à nouveau ce type d’intervention. Au XIXe siècle ce geste chirurgical violent et douloureux – l’anesthésie n’existait pas encore – semblait réservé aux amygdales hypertrophiées qui gênaient la respiration et la déglutition. Mais les progrès de la chirurgie et surtout l’apparition de l’usage de produits anesthésiques au cours de la première guerre mondiale rendirent ensuite sa popularité à l’ablation des « végétations ».

Combien de fois ai-je entendu dans mon enfance le médecin dire à mes parents « ce petit a trop souvent mal à la gorge il faudra lui enlever les végétations ». En effet les amygdales, celles que l’on voit et celles que l’on ne voit pas (sous la langue et au niveau de la partie postérieure des fosses nasales), sont le premier rempart contre les infections. Depuis de nombreuses années, quand j’ai mal à la gorge, je me gargarise avec du rhum de l’île de Marie-Galante (59 degrés) et le mal disparaît en moins de 24 heures …

Pourquoi j’écris ce billet polémique, tout simplement parce que de nombreuses études réalisées sur des dizaines de milliers de cas et rassemblées par l’Institut Cochrane ont été confirmées par un dernier article paru dans le British Journal of General Practice (voir le lien en fin de billet) qui montrent sans ambiguïté que l’ablation des amygdales est totalement inutile et est fondée sur aucune évidence ni scientifique ni médicale. Aucune différence significative n’apparaît clairement au niveau de la récurrence des « maux de gorge » entre les groupes témoins et les groupes ayant subi une amygdalectomie. Si différences il y a elles relèvent des erreurs statistiques. Les études ont rassemblé 1630807 enfants de 0 à 15 ans entre 2005 et 2016. L’efficacité a été difficilement montrée pour 0,25 % des cas. Seules 2144 cas d’ablation des amygdales s’est révélée justifiée car leur hypertrophie provoquait des difficultés de déglutition ou de respiration. Ce geste médical est donc en majeure partie une « mode » exactement comme les saignées autrefois sans aucuns bénéfices tangibles pour la santé ou le confort.

Inspiré d’un article paru sur le site The Conversation et aussi : doi : 10.3399/bjgp18X699833 , illustration The Conversation

Retour sur le blanchissement des coraux : une affaire de génétique.

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Déjà en septembre 2013 je relatais dans ce blog que le blanchissement des coraux était provoqué par une attaque virale, un fait scientifique démontré par des biologistes de l’Université de l’Oregon à Corvallis. Pourtant cette évidence fut entièrement ignorée par la communauté dite « réchauffiste » qui mit cette information « sous le tapis » et la propagande enfla, accusant l’acidification des océans en raison de la teneur atmosphérique croissante en gaz carbonique qui combinée au réchauffement allait fatalement conduire à la disparition de ces coraux (voir note en fin de billet). Il n’en est rien car les coraux ont subi des changements de climat extrêmes par le passé. Ces étranges « animaux » sont constitués de colonies de cnidaires, des polypes de la famille des anémones de mer dont certains vivent en symbiose intra-cellulaire avec des dinoflagellés photosynthétiques. Il s’agit alors d’une symbiose gagnant-gagnant comme disent les économistes quand ils parlent d’échanges commerciaux car les cnidaires et ces dinoflagellés échangent des métabolites au cours d’une vie harmonieuse, les cnidaires à proprement parler se nourrissant en filtrant l’eau de mer un peu comme les huitres.

Pour terminer ce raccourci les coraux sont apparus au début du cénozoïque, il y a environ 70 millions d’années, ils ont donc subi de nombreux changements climatiques et ont toujours survécu.

Les scientifiques en étaient restés là de l’organisation de ces drôles d’animaux dont il existe plus de 2400 espèces or il se trouve qu’ils possèdent un autre mécanisme d’adaptation non darwinienne car l’adaptation darwinienne est trop courte pour s’adapter rapidement à un changement brutal de conditions environnementales. Alors que se passe-t-il au juste chez le corail – un cnidaire + un dinoflagellé – quand les conditions extérieures changent légèrement comme par exemple une infime augmentation de l’acidité (diminution presque imperceptible du pH) ou une tout aussi discrète augmentation de la température de l’eau ? Cet équilibre polype-dinoflagellé est perturbé et le dinoflagellé photosynthétique donnant au corail ses couleurs caractéristiques selon les pigments utilisés pour capter la lumière solaire devient moins fonctionnel. Le cnidaire va donc attendre de se trouver colonisé par d’autres dinoflagellés un peu au hasard selon les courants marins. Mais c’est un processus d’adaptation encore trop court pour le corail.

Il lui reste, comme vous et moi au cours de notre évolution depuis que Homo sapiens a migré dans le monde entier en partant d’Afrique il y a environ 100000 ans nous sommes tous différents en terme de phénotype, couleur des yeux ou de la peau, aspect de la chevelure, etc … le mécanisme appelé épigénétique consistant à « méthyler » l’ADN des chromosomes pour en modifier l’expression ou altérer l’activité de la protéine résultant d’un ou des gènes impliqués dans ces modifications phénotypiques. Il s’agit d’un mécanisme d’adaptation très rapide qui existe aussi chez les coraux. Cette nouvelle donne scientifique concernant les coraux pourrait expliquer pourquoi ceux de la Grande Barrière de corail australienne ont aussi rapidement pu s’adapter à de nouvelles conditions de vie, du moins ceux qui ont vécu un léger blanchissement qui n’avait pas pour origine une attaque virale. Finalement la nature fait bien les choses d’autant plus que les cnidaires possèdent aussi la faculté de s’adapter à des concentrations plus élevées en CO2 dissous, facteur favorisant une croissance plus rapide de leur squelette de calcite.

Note. Conformément à la loi de Henry relative à la dissolution des gaz dans l’eau le réchauffement qui concerne la Terre depuis la fin des années 1920 a provoqué un dégazage des océans ayant pour résultat une contribution à l’augmentation de la teneur en gaz carbonique dans l’atmosphère. Quand les activistes « réchauffistes » mentionnent une acidification des océans alors que ceux-ci, selon leur théorie, se réchauffent nécessairement en raison du réchauffement du climat, il s’agit d’un non-sens physique contraire à la loi de Henry : le réchauffement des océans conduit à une alcalinisation des eaux marines et non l’inverse.

Source : adapté d’un article paru sur le site Wattsupwiththat, illustration Wikipedia et aussi sur ce blog :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/09/13/rechauffement-climatique-non-un-virus/

DDT : « Cancérigène probable » …

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Le DDT, de l’invention providentielle au polluant mortel. Article paru sur le quotidien Le Temps.

Synthétisée en 1939 par un universitaire bâlois, la molécule insecticide permettra de neutraliser les épidémies de typhus et de paludisme, sauvant notamment une bonne partie des troupes alliées. Mais la substance se révélera plus dangereuse que prévu.

C’était le produit miracle, une arme chimique de destruction massive contre les ravageurs de récoltes et les insectes assassins, vecteurs de paludisme, typhus, leishmaniose… Et pourtant, le DDT a fini sur le banc des accusés, comme les autres molécules de la liste des « 12 salopards (Convention de Stockholm, 2001), ces polluants organiques persistants qui s’accumulent dans l’environnement et la chaîne alimentaire. Récit d’une saga qui a commencé dans un laboratoire chimique de Bâle en 1939.

C’est en 1873 que le DDT est synthétisé pour la première fois par un étudiant en chimie, Othma Zeidler, à l’Université de Strasbourg. Mais la molécule – du dichlorodiphényltrichloroéthane – n’intéresse personne jusqu’à ce que  Paul Hermann Müller ne la redécouvre. Formé à l’Université de Bâle, le Suisse avait rejoint, en 1925, la société bâloise Geigy, une des plus anciennes firmes chimiques européennes (dont les origines remontent à 1758), alors spécialisée dans les pigments et teintures. En 1935, Geigy décide de s’attaquer au marché des pesticides agricoles. A l’époque, les seuls produits de synthèse efficaces contiennent de l’arsenic, une substance aussi toxique pour les humains et le bétail que pour les insectes.

Après avoir testé, en vain, des centaines de substances, Müller expérimente en septembre 1939 une molécule chlorée sur des mouches, qui meurent au premier contact. Il décide d’en synthétiser une forme légèrement différente, celle d’Othmar Zeidler. Bingo, l’efficacité est multipliée. Jour après jour, il constate que le DDT continue d’agir. Il tient enfin l’insecticide qu’il recherche : un produit persistant très toxique par contact pour les arthropodes (insectes, crustacés, arachnides, etc.), qui agit aussi dans l’eau, et dont les premiers tests laissent penser qu’il est peu toxique pour les mammifères et les plantes.

Allié militaire

Un premier brevet est déposé en Suisse en 1940, et le pays en informe les puissances de l’Axe et les Alliés. Seuls ces derniers vont s’y intéresser. En 1943, après avoir conduit ses tests, l’administration américaine décrète que le produit est inoffensif pour les humains. Au même moment, sur le théâtre d’opérations du Pacifique qu’il commande, le général MacArthur a compris que le paludisme est pire que l’ennemi japonais : 65% des troupes américaines aux Philippines ont contracté la maladie, l’une des causes de la retraite des troupes américaines à Bataan à la fin de 1942, face à l’avancée de l’armée impériale. «Cette guerre sera longue si, pour chaque division face à l’ennemi, j’en ai une autre à l’hôpital et une troisième en convalescence», dira MacArthur avant d’engager une campagne d’aspersion massive de DDT dans le Pacifique en 1943.

C’est en Italie que le DDT fait ses débuts européens. En octobre 1943, quelques semaines après le soulèvement de la population qui a conduit à sa libération, Naples est frappée par une épidémie de typhus. L’armée américaine ne tarde pas à réagir : plus d’un million de personnes sont traitées avec une poudre à base de DDT. Une expérience à grande échelle qui en prolonge d’autres menées discrètement quelques mois plus tôt sur des prisonniers de guerre en Afrique du Nord.

La vidéo datant de 1947 est significative du peu de précaution pris pour appliquer le DDT : https://youtu.be/gtcXXbuR244

Résultat spectaculaire

En moins d’un mois, l’épidémie est maîtrisée ; c’est une nouvelle victoire sanitaire qui a probablement sauvé des dizaines de milliers de civils et de militaires. Le DDT permettra aussi aux Alliés de libérer la Sicile, après la destruction par les Allemands des digues construites sous Mussolini pour contenir les étangs infestés d’anophèles, les moustiques du paludisme. Le produit sera également utilisé contre le typhus, sur les rescapés des camps de concentration nazis. En 1944, une quinzaine d’entreprises, surtout américaines, fabriquent du DDT en quantité industrielle.

A la fin du conflit, les Etats-Unis croient fermement que le DDT permettra de rayer de la carte les maladies transmises par les insectes. Entre 1946 et 1951, la fondation américaine Rockefeller obtient le droit de déverser 10 000 tonnes de DDT en Sardaigne, dans les villes, les champs, les cours d’eau. Une expérience qui doit servir d’exemple, et dont le résultat sera spectaculaire : endémique depuis l’invasion des Carthaginois au VIe siècle avant J.-C., le paludisme est totalement éradiqué dans l’île italienne, qui reste aujourd’hui une base importante de l’OTAN.

«Cancérogène probable»

Face aux succès incontestables du DDT pour la santé publique, Paul Hermann Müller reçoit, en 1948, le Prix Nobel de Médecine. «C’est une juste récompense, insiste Pierre Guillet, un ancien expert sur le contrôle des maladies à vecteurs de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le DDT a sauvé des millions de vies et favorisé l’intensification de l’agriculture, qui a nourri des dizaines de millions de gens. Son effet sur la santé semblait limité, puisque des millions de personnes ont été noyées dans des nuages de DDT sans pour autant créer de problème de santé publique.» Il est aujourd’hui suspecté de favoriser des cancers du foie et du sein, et classé «cancérogène probable» par l’OMS.

Utilisée comme arme secrète par les Alliés pendant la guerre, la molécule est commercialisée fin août 1945. Après avoir été encensé dans les médias, le DDT connaît un succès considérable, notamment chez les agriculteurs : en seulement quatre mois, Merck, l’un des fabricants, en écoule plus de 15 000 tonnes aux Etats-Unis ! Entre 2 et 3 millions de tonnes de DDT auront été déversées dans l’environnement et les maisons en quelques décennies.


Pourtant, dès 1944, des doutes ont surgi : un rapport confidentiel de l’armée américaine mentionne les interrogations d’un pharmacologue de la Food and Drug Administration, Herbert Calvery, qui a constaté que de faibles doses accumulées au fil du temps provoquaient sur des animaux de laboratoire les mêmes troubles qu’une exposition à une forte dose, notamment des convulsions et des troubles hépatiques pouvant conduire à la mort. «Un bulletin du Ministère de la guerre américain publié quelques semaines plus tard déconseillait de traiter du bétail, de la volaille et de l’eau susceptibles d’être consommés par la population, et insistait pour que le produit n’entre pas en contact avec les ustensiles culinaires», racontera, en 2007, la journaliste et historienne Elena Conis, dans le magazine du Science History Institute, au terme d’une longue enquête.

Manchots contaminés

Dès 1949, des interrogations sur l’efficacité du DDT apparaissent: des mouches résistantes sont signalées en Suède. En 1953, les autorités grecques font savoir que l’anophèle survit aux campagnes d’aspersion. Par chance, l’effet irritant du produit semble perdurer: les moustiques ne meurent plus mais restent à l’extérieur des habitations traitées, où ils peuvent continuer à piquer: les autorités sanitaires – à commencer par l’OMS – comprennent que si le DDT peut réduire l’ampleur des épidémies, il ne permettra pas d’éradiquer le paludisme.

Dès la fin des années 1950, son accumulation dans la nature et le corps humain est devenue une évidence. On en retrouve partout sur la planète, même au pôle Sud: baleines, phoques et manchots sont contaminés. «Comme c’est un produit chimiquement très stable, il en reste des quantités considérables au fond des lacs, notamment les grands lacs américains», explique Pierre Guillet. Une étude des sédiments du lac de Côme (Italie) réalisée en 2015 constate que la quantité de DDT n’a pas baissé significativement depuis les années 1970, quand il a été interdit dans de nombreux pays.

Electrochoc

Car, trente ans après ses premiers succès sanitaires, le produit miracle est devenu l’ennemi public numéro un. Épandu en quantités astronomiques car son prix était dérisoire, le produit va progressivement perdre son efficacité et s’accumuler dans l’environnement. «C’est un peu comme un fruit trop mûr qui finit par tomber de l’arbre», résume Pierre Guillet.

La biologiste américaine Rachel Carson va contribuer à cette chute avec « Printemps silencieux », un roman publié en 1962, régulièrement réédité. Elle accuse les industriels de désinformation et reproche aux autorités de fermer les yeux. «Le plus étonnant, c’est que ce livre ne révélait rien de particulier, se rappelle Pierre Guillet. Mais il a eu le mérite d’ouvrir les yeux sur la catastrophe écologique qui s’annonçait». Un électrochoc qui conduira 38 pays à interdire le DDT, pour l’essentiel en Occident, à partir des années 1970, avant que son commerce et sa production ne soient presque stoppés par son inscription sur la liste des «12 salopards». Le DDT est désormais interdit comme produit agricole, mais toléré – avec de grandes précautions – pour lutter contre les insectes vecteurs. Il est régi par la Convention de Stockholm, entrée en vigueur en 2004.

Une arme devenue mineure

Depuis l’arrêt de la production chinoise à la fin de 2009, un seul pays, l’Inde, fabrique encore officiellement du DDT, selon un inventaire publié en 2017 dans le Malaria Journal. La production mondiale était de 3700 tonnes environ par an en 2014, en baisse de 30% depuis 2001. Il convient probablement d’ajouter environ 300 tonnes produites en Corée du Nord, qui s’en servirait encore à des fins agricoles, ce qui est pourtant banni par la Convention de Stockholm. 

Ces dernières années, seuls trois pays ont officiellement eu recours à la molécule pour lutter contre le paludisme: l’Afrique du Sud, le Mozambique et l’Inde. Cinq autres Etats (Botswana, Gambie, Namibie, Swaziland et Zimbabwe) l’utiliseraient aussi, mais en moindre quantité. «Le DDT peut aider quand les insectes ont développé une résistance aux autres insecticides. C’est pour cela qu’il reste utilisé dans certains pays, mais c’est de plus en plus ponctuel», souligne Gamini Manuweera, du secrétariat des Conventions de Bâle et de Stockholm, coauteur de l’article du Malaria Journal.

Précautions d’usage

«Nous avons comparé, en 2004 à Madagascar, l’efficacité du DDT à celle des pyréthrinoïdes pour la lutte contre les moustiques, raconte Vincent Robert, entomologiste médical à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) français. Il offre une efficacité comparable, mais il est désormais plus cher et demande plus de précautions d’usage que les pyréthrinoïdes.»

Autrement dit, ce n’est plus le produit miracle, déversé par dizaines de milliers de tonnes chaque année, qui a sauvé tant de vies dans la seconde partie du XXe siècle tout en contaminant durablement l’environnement. Le DDT figure toujours dans le catalogue officiel de l’OMS comme outil de lutte contre les maladies à insectes vecteurs. A noter que l’organisation onusienne est restée sourde à nos nombreuses demandes d’interview.

Note et commentaire. Cet article a été publié dans le quotidien genevois Le Temps le 18 août 2018. Il appelle un commentaire. Le DDT est une substance qui s’accumule dans les graisses et est classé par l’OMS (IARC) comme cancérigène probable comme le glyphosate. J’ai écouté avec intérêt une conférence du Professeur Henri Joyeux (voir le lien) qui précise que les molécules chimiques synthétiques s’accumulant dans les graisses sous-cutanées finissent pas être naturellement éliminées par la sueur. Alors quid du DDT ? Dans mon enfance quand on attrapait des poux on était traité avec une poudre rose parfumée appellée MarieRose, contenant du DDT. À l’évidence j’ai survécu à ces traitements. Quand le principe de précaution s’applique pleinement, dans le cas de la malaria, il est à l’origine de plus de morts que tous ceux occasionnés par l’ensemble des conflits armés du XXe siècle. Lien : https://www.youtube.com/watch?v=tiMJj2_qboc .

 

Nouvelles du Japon : l’immigration.

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Le Japon, pays insulaire très fortement imprégné de traditions séculaires, reste, malgré le besoin criant de main-d’oeuvre peu ou moyennement qualifiée, presque hermétiquement fermé à l’immigration. Par exemple en 2017 sur 19628 demandes de visas de résidence temporaire seules 45 ont été satisfaites sur des bases essentiellement humanitaires et 20 autres se sont vues accorder un visa de résidence temporaire sans contrat de travail auprès d’une entreprise nippone ou étrangère. La Diète (Parlement) examine en ce moment un projet d’accueil d’étrangers pouvant présenter un contrat de travail auprès d’une entreprise japonaise afin de bénéficier d’un visa temporaire durant 5 années que l’on pourrait appeler probatoires et renouvelable ensuite à condition que le candidat à un visa de plus longue durée puisse prouver qu’il a acquis des notions de japonais, alors seulement il aura l’autorisation de faire venir éventuellement sa femme et ses enfants s’il avait auparavant fondé une famille. Au total, selon les propositions du gouvernement, environ 150000 étrangers pourraient ainsi être accueillis sur le territoire Japonais, un goutte quand on sait que le marché du travail propose près de deux postes pour un candidat. Mais là n’est pas vraiment l’objet de ce billet inspiré de loin d’un article paru sur The Guardian parce que l’illustration m’a rappelé quelques souvenirs. Fait impensable au Japon des graffitis détériorent l’image de Tokyo, ville remarquablement propre bien qu’il n’existe pas de personnes rétribuées par la municipalité pour nettoyer les rues.

Pour accéder aux services d’immigration, situé sur une île artificielle où l’activité est essentiellement portuaire, il faut prendre un autobus depuis la gare ferroviaire de Shinagawa. Pour accéder à l’arrêt d’autobus il existe des escaliers et des rampes. L’illustration ci-dessus montre les graffitis sur ces rampes ainsi que sur le trottoir proche du bâtiment abritant les services d’immigration dont les abords sont d’ailleurs plutôt sales et ces graffitis qui ont tout simplement horrifié les Tokyoïtes car la tradition de respect de l’espace public n’a pas été respectée. Le bureau d’immigration a déposé une plainte pour insulte et même le Premier Ministre a été interpellé à la Diète. Certes le gouvernement japonais songe à assouplir la politique d’immigration du pays mais la population dans son ensemble reste très réticente. Et c’est facile à comprendre. À Tokyo les quartiers les plus sales, toutes proportions gardées en comparaison de certaines grandes villes européennes ou américaines, je ne parle même pas de Douala ou de Dakar, deux villes africaines que je connais, donc, ces quartiers sont ceux fréquentés par les touristes comme Shibuya, Roppongi ou même Ginza.

Non seulement les touristes ne respectent pas la coutume locale du respect de l’espace public mais si en plus le gouvernement ouvre toutes grandes les portes du pays à l’immigration, jusqu’où ira-t-on ?, doivent penser les Japonais à juste titre. Bref, à l’horizon 2020 et pour calmer les esprits le premier ministre a décidé d’accueillir 60 immigrés sans contrat de travail chaque année … dès 2020. Un effet peut-être louable mais qui n’est pas vraiment du goût de la population.