L’activité solaire et le régime des moussons en Asie

Une nouvelle preuve du rôle de l’activité solaire sur le climat, en particulier de la mousson asiatique, vient d’être magistralement démontrée par une équipe de scientifiques spécialisés dans la paléoclimatologie sous la direction du Docteur Kathleen Johnson de l’Université de Californie à Irvine. Pour remonter dans le temps afin de reconstituer le climat passé l’un des matériel de choix est l’étude des signatures isotopiques des spéléothèmes c’est-à-dire des concrétions calcaires trouvées dans les grottes. Parmi de nombreux échantillons prélevés au Laos, une stalactite – le spéléothème (illustration) descendant du plafond d’une grotte – provenant de la grotte de Tham Doun Mai dans la province de Luang Prabang a livré les secrets de l’évolution du climat essentiel dans cette région de l’Asie. La mousson est en effet vitale depuis le Pakistan jusqu’à la Chine pour plus du tiers de l’humanité et tenter d’identifier les facteurs externes qui influent sur celle-ci est de la plus haute importance. Comme pour les cernes des arbres les stalactites s’allongent par couches successives et pour dater précisément ces couches il faut utiliser, dans la profondeur de la concrétion et non pas à sa surface, la datation par la mesure du thorium-230 apparu lors de la désintégration de l’uranium-234 immobilisé à un temps t et cette calibration est parfaitement documentée et d’une extrême précision (figure b) :

Capture d’écran 2019-09-01 à 10.24.25.png

Les « stries » de la concrétion sont examinées au microscope et un exemple de datation est représenté dans la partie a de la figure ci-dessus. Ensuite il est nécessaire de réaliser un comptage des stries d’accumulation de calcite année après année et d’analyser les teneurs isotopique de chaque strie respectivement en oxygène-18 et en carbone-13. Voici une image représentative de ces stries :

Capture d’écran 2019-09-01 à 10.31.28.png

Cette image a été obtenue par microscopie en fluorescence à l’aide de rayons X émis par un synchrotron. Cette fluorescence permet de déterminer la teneur en oxygène-18 du spéléothème. Les traits de couleur représentent des séries successives de moussons.

Les deux « proxys » mentionnés permettent de reconstituer la pluviométrie et la température. L’oxygène-18 est plus lourd que l’oxygène-16 et plus la température est élevée plus d’eau « lourde », c’est-à-dire contenant au moins un atome d’oxygène-18, s’évaporera de l’océan pour former ensuite des nuages qui se transformeront en pluie au cours de la mousson. Il est alors possible de déterminer le δ18O et sa déviation par rapport à une valeur standard internationalement admise calibrée sur les teneurs en O-18 de foraminifères appelés Belemnites. L’autre proxy est le carbone-13. Comme pour tout processus biologique la nature a bien fait les choses et les plantes ont plutôt tendance à absorber du CO2 « léger », c’est moins coûteux en énergie, mais si les conditions de température et de pluviométrie sont favorables ces plantes assimilent aussi de plus en plus de CO2 « lourd », c’est-à-dire que le δ13C va avoir tendance à diminuer par rapport à une valeur de référence standard admise internationalement et également établie à l’aide de foraminifères.

Enfin pour tenter de relier toutes les données recueillies à l’activité solaire il existe un autre proxy parfaitement bien documenté provenant des carottes glaciaires. Il s’agit du béryllium-10 radioactif formé par spallation cosmique par bombardement de l’azote par les rayons cosmiques. Plus il y a de béryllium plus l’activé solaire est faible. Forte de toutes ces données l’équipe du Docteur Johnson a pu établir une corrélation étroite entre l’intensité des moussons et l’activité solaire. Les tracés en noir des figures suivantes (extraits de la figure S5 de l’article cité en référence) sont respectivement les δ18O et δ13C exprimés en ‰ par rapport aux standards internationaux VPDB (Vienna Pee Dee Belemnite). Comme le constatent les auteurs de cette étude il existe une forte corrélation entre l’activité solaire et l’abondance des pluies elle-même liée à la température de surface de l’Océan Indien.

Capture d’écran 2019-09-02 à 11.40.04.png

En ce qui concerne le δ13C la situation est moins claire car des effets locaux peuvent perturber la percolation des eaux chargées en carbonate dans le massif karstique où se trouve la grotte. Que mes lecteurs ne se méprennent pas au sujet de ces deux figures. En effet, les teneurs en béryllium sont inversées dans le cas du δ18O pour mieux faire apparaître l’activité solaire. Il ne s’agit pas d’un artifice mais comme mentionné plus haut la présence de béryllium-10 est inversement proportionnelle à l’activité solaire.

Capture d’écran 2019-09-02 à 11.40.27.png

Les deux minima de mousson (1400-1510) et (1645-1715) correspondent respectivement aux deux minima d’activité solaire appellés minimum de Spörer et de Maunder.

Il ne faut pas établir de conclusions trop rapidement car la mousson dépend des oscillations de l’Océan Indien et des oscillations australes de l’Océan Pacifique dont dépend aussi le phénomène météorologique El Nino (ENSO) qui elles-mêmes dépendent de l’activité solaire. La situation est donc plutôt complexe mais on ne peut que constater une bonne corrélation entre cette activité solaire et l’abondance de la mousson d’Asie, un nouvel argument en faveur de la dépendance des variations du climat de l’activité solaire.

Source et illustrations : doi 10.1016/j.epsl.2019.115737 aimablement communiqué par le Docteur Johnson qui est vivement remerciée ici.

Où les études sur le climat et le monde de la finance se rejoignent : mais pas où on le croirait !

Le 7 novembre 2018 j’avais laissé un billet sur ce blog qui précisait qu’à l’avenir il faudrait non pas se préparer à un réchauffement général du climat mais au contraire à un refroidissement de celui-ci, billet qui avait suscité une cinquantaine de commentaires, ce qui prouve bien que cette affaire de climat préoccupe tous les esprits. Tiraillée en effet entre la propagande officielle et le rappel au réalisme scientifique des spécialistes de cette discipline qu’est la climatologie, je le rappelle une science du passé puisque le climat futur, par définition, n’existe pas encore, l’opinion peine à trouver un repère. Dans ce billet du 7 novembre dernier (lien) les projections que faisait l’auteur auquel je me référais, Norman Page, puisque je ne suis pas du tout spécialiste de cette discipline (la dernière figure de ce billet), m’avaient paru, je dois l’avouer, surprenantes d’exactitude.

Je viens de trouver l’explication de ces prévisions qui émane d’une étude réalisée par un groupe de mathématiciens associés à des météorologistes de l’Université Zhejiang de Hangzhou en Chine. Ils ont appliqué les calculs dits K-line patterns (lien) sur les données climatiques relatives aux températures globales de la surface de la Terre (GLST, global land surface temperatures) telles qu’elles ont été observées depuis 1880. Les calculs prédictifs K-line sont utilisés par les économistes des salles de marché pour prédire l’évolution des cours des valeurs cotées. Il s’agit de fonctions mathématiques reconnaissant et modélisant des évolutions de données brutes pouvant être décrites par des polynômes de fonctions sinusoïdales :

Capture d’écran 2019-01-23 à 19.04.56.png

La modélisation est affinée par le calcul automatique afin de correspondre au mieux aux données expérimentales connues (donc du passé) pour être ensuite appliquées à un futur proche voire plus lointain. Ce type d’approche est bien connu de ceux que le grand public appelle des « traders » car il est inclus dans les algorithmes de prises de décisions qu’ils utilisent quotidiennement à la micro-seconde près pour intervenir sur les marchés. Si j’ai bien compris l’intérêt des K-line patterns l’ordinateur est capable d’ajuster ses calculs en essayant d’adapter puis de modifier en temps réel les paramètres de ces polynômes de calculs de simulation. C’est peut-être ce que l’on appelle l’ « intelligence artificielle » appliquée par l’industrie de la finance puisque la machine « apprend » à affiner ses calculs. En réalité il s’agit d’une perception anthropomorphique du travail de l’ordinateur qui ne peut calculer qu’en utilisant ce dont il dispose et qu’un développeur a introduit dans sa mémoire, ce que l’on appelle pompeusement le « machine learning ».

Les calculs ayant permis de déterminer le polynôme décrivant au mieux la réalité des observations des températures passées a fait appel au filtrage de 15295 fonctions périodiques pour atteindre un coefficient de corrélation de 0,903 ce qui est satisfaisant en regard de la forêt de points expérimentaux utilisés dans cette étude.

Voici le type de fonction numérique utilisée dans ces calculs d’analyse des données brutes de GLST :

Capture d’écran 2019-01-24 à 11.47.14.png

Les mathématiciens de l’Université Zhejiang ont retrouvé les prédictions mentionnées par Norman Page et il est intéressant de commenter le graphique produit par cette équipe avec quelques différences (voir l’illustration en fin de billet) :

Capture d’écran 2019-01-23 à 19.13.38.png

La modélisation ayant été satisfaisante pour les données passées, le modèle a donc été appliqué « vers le futur » exactement comme les spécialistes des marchés financiers le font quotidiennement.

Les températures moyennes de la surface de la Terre vont brutalement chuter mais cette chute va évoluer par vagues jusqu’en 2040, le temps pour les habitants de l’hémisphère nord de s’adapter, en quelque sorte. Ensuite la spéculation reste de mise car nul ne peut prévoir très exactement ce qui se passera au niveau « régional ». Le continent nord-américain qui n’est pas sous l’influence du Gulf Stream subit depuis plusieurs années des hivers particulièrement rigoureux. L’Europe, année après année, endure des hivers que l’homme de la rue qualifie de « pourris » qui vont donc, selon ce modèle, devenir de plus en plus froids mais avec modération car l’inertie thermique de l’Océan Atlantique amortira encore quelque temps cette tendance. Mais pour les Chinois la situation est plus préoccupante car le climat est directement dépendant des oscillations des températures de surface de l’Océan Pacifique.

La modélisation appliquée aux températures passées a été également élargie aux variations de température de surface de cet océan en particulier dans la zone inter-tropicale où apparaît le phénomène El Nino qui affecte temporairement l’ensemble des conditions météorologiques de la planète. L’application de l’analyse mathématique K-line a été appliquée aux phénomènes El Nino passés et elle a mis en évidence un paramètre peu connu de stabilisation du climat par ce que cette équipe a appelé l’ « ocean stabilization machine » qui n’a pas été incluse dans les prédictions issues du calcul K-line.

Capture d’écran 2018-11-06 à 19.05.43 - copie.png

On peut donc rester raisonnablement optimiste car la situation climatique ne changera pas brutalement en raison de l’inertie thermique des océans. Il reste néanmoins à préciser le rôle direct sur le climat des circulations océaniques qui est encore très largement méconnu. Pour l’Océan Atlantique nord il existe des oscillations dont la période est d’environ 60 ans mais dans l’ensemble ce rôle direct des océans sur l’évolution à long terme du climat constitue une discipline à part entière dans la science du climat elle-même très complexe.

Source et illustrations, doi : 10.4236/acs.2019.91009

https://www.hindawi.com/journals/mpe/2017/3096917/ et sur ce blog : https://jacqueshenry.wordpress.com/2018/11/07/le-refroidissement-a-venir-precisions-climatiques-precises-a-lusage-des-decideurs-politiques/

Mais où est passé le réchauffement du climat ? (suite)

Capture d’écran 2018-07-02 à 12.12.22.png

Les Empereurs chinois aimaient les statistiques et tous les évènements du quotidien étaient scrupuleusement consignés sur des registres y compris la date de floraison des pruniers Amygdalus davidiana qui ornaient les jardins et les parcs des alentours des palais et des résidences de l’Empereur disséminés dans la campagne chinoise profonde. Le changement de régime politique en Chine n’a pas effacé cette tradition et deux géographes de l’Université de Pékin ont rassemblé toutes les données relatives à la floraison de cet arbre emblématique que d’aucuns appellent aussi par erreur le cerisier. En établissant une corrélation entre cette date de première floraison et les températures relevées durant la période 1950-1980 il a été possible de remonter dans le temps jusqu’aux années 1740 et le résultat est surprenant.

Capture d’écran 2018-07-02 à 13.32.49.png

Il y a bien eu un refroidissement du climat après 1790 et jusqu’en 1830 alors que les températures étaient plus élevées qu’aujourd’hui entre 1740 et 1790 comme elles l’ont été entre 1930 et 1960 après une stabilisation de près d’un siècle (1830-1930).

Capture d’écran 2018-08-25 à 10.42.26.png

Ce qui ressort de cette étude est assez inattendu : les pruniers fleurissaient en moyenne 4,84 jours plus tôt entre 1740 et 1790 qu’entre 1950 et 1980 et seulement 0,14 jours plus tard durant la période 1790-1830 alors que cette période est communément appelée « petit âge glaciaire ». Certes il s’agit de la Chine continentale et le climat de cette contrée ne peut pas être comparé point par point à celui de l’Europe mais l’étude met en évidence la plus grande sensibilité de la végétation aux températures légèrement plus élevées. À l’aide de la corrélation établie sur la période 1950-1980 entre les dates de floraison et la température relevée il apparaît que durant la période 1741-1790 la température était régulièrement supérieure de 0,48 °C à celle observée entre 1950 et 1980.

La conclusion que l’on peut tirer de cette étude est claire, les optima climatiques ont existé dans un passé récent indépendamment de toute cause d’origine humaine et la présente période « chaude » n’est pas une exception dans l’évolution cyclique du climat.

Source et illustrations : International Journal of Climatology 10.1002/joc.5145

Nouvelles du Japon : à Hokkaido pas de réchauffement du climat depuis … 1989

Capture d’écran 2018-06-06 à 06.54.09.png

La station météorologique de la Japan Meteorological Administration (JMA) située à Rumoi dans le nord de l’île d’ Hokkaido a été déconsidérée en 1990 par l’administration américaine NOAA car elle contredisait les affirmations de réchauffement du climat. C’est dire à quel point la propagande « réchauffiste » a pu conduire à de multiples trucages et à un choix arrangeant des données des stations météo au sol. Ce genre d’attitude est tout simplement déplorable car ce sont 13 des 22 stations météo situées sur l’île qui ont été effacées par la NOAA (National Ocean and Atmosphere Administration).

Le JMA affirme qu’à la station de Rumoi la température moyenne annuelle est restée stable depuis 1990, l’année la plus chaude depuis 1943, record jamais atteint depuis lors. Où est passé le réchauffement tant redouté ?

Source et illustration : blog de Kirye, kiryenet.seesaa.net et https://twitter.com/KiryeNet/status/1003335734068047874

Du jamais vu depuis plus de 70 ans !

Capture d’écran 2018-05-11 à 11.58.14.png

Foi de « Tinerfeniens » – les habitants de l’île de Tenerife – on n’avait jamais vu au milieu du mois de mai la présence de névés sur les pentes exposées au nord du volcan Teide depuis la fin des années 1930 ! Pour les Suisses et les Savoyards il est vrai que le sommet du Teide (3718 m) se trouve bien au delà des neiges éternelles mais ce n’est pas le cas à 28° de latitude nord. Je rappelle ici que le Teide fait partie des 16 volcans de la planète étroitement étudiés et surveillés car ceux-ci se trouvent dans des zone géographiques à fort peuplement. Bien qu’assoupi depuis 1909 le Teide pourrait entrer dans un épisode éruptif tout aussi dévastateur que ceux du Merapi, en ce moment même en éruption, ou du Nyiragongo.

Capture d’écran 2018-05-11 à 12.45.32.png

Illustration : photo prise le 11 mai 2018

« Moyenner » des températures : un non-sens scientifique

« Moyenner » des températures : un non-sens scientifique

Toutes les modélisations relatives à l’évolution future du climat ont été calculées à partir de relevés des températures de surface qu’elles aient été effectuées à l’aide de satellites ou à l’aide de stations météorologiques au sol et aussi pour les océans avec des bouées fixes ou dérivantes. Idéalement il serait honnête de reporter tous les relevés sur des cartes, par exemple sur des tranches de trois mois chaque année, et de suivre l’évolution de ces températures au cours du temps.

Or ce n’est pas du tout ainsi qu’ont procédé les « spécialistes » de l’IPCC : jamais ils n’ont présenté de telles cartes mais ont effectué des moyennes de températures non pas sur un mois par exemple comme l’ont fait les moines d’Augsburg en Allemagne en divisant par 30 la somme des températures relevées à une heure précise de la journée, mais parfois sur une année entière ce qui ouvre la porte à toutes sortes de manipulations des données brutes initiales. L’IPCC a fait encore bien mieux dans l’imposture scientifique en méprisant totalement l’incongruité d’une telle pratique. Des moyennes ont été effectuées pour « arranger » les données brutes afin qu’elles concordent avec les conclusions attendues. Ça s’appelle de l’ « honnêteté scientifique ».

Selon Frank Lansner, premier auteur d’un article percutant paru dans la revue Energy & Environment ( https://doi.org/10.1177/0958305X18756670 ) il est évident que tous les relevés des températures depuis 1900 des stations terrestres ne peuvent en aucun cas être moyennés.

Capture d’écran 2018-03-23 à 20.51.24.png

Ces auteurs insistent sur la différence entre les stations exposées aux vents marins et celles qui se trouvent dans des vallées et ainsi protégées des brises marines. Si on veut se faire une idée de l’évolution des flux thermiques entre la surface terrestre et l’atmosphère il est évident qu’il ne faut pas tenir compte des relevés des températures provenant de stations exposées aux vents marins. Ces dernières températures (OAA, ocean air affected) sont en effet plus élevées que celles enregistrées dans des zones protégées (OAS, ocean air sheltered).

L’illustration ci-dessus indique qu’il est infondé d’effectuer des moyennes car celles-ci masquent les véritables tendances dans l’évolution de ces températures. Cette simple remarque met tout simplement en doute l’ensemble des conclusions de l’IPCC relatives à l’évolution du climat. De plus le deuxième « moyennage » établissant une anomalie de température par rapport à une période de référence comme ici 1995-2010 relève du même genre de manipulation sans aucune signification physique convaincante. En effet la période de référence choisie fait ressortir des évolutions conformes à ce qui est attendu alors qu’il serait beaucoup moins sujet à controverse d’indiquer l’évolution brute de ces températures. Finalement la climatologie moderne telle qu’elle est mise en avant par l’IPCC a perdu tout sens de l’éthique scientifique et c’est bien regrettable.

Le racket climatique mondial s’organise

Le « One Planet Summit » fut une réunion mondaine coûteuse essentiellement destinée à organiser le racket légal de l’ensemble des peuples de l’OCDE avec le risque certain que l’économie et l’industrie de ces pays seront profondément impactées par les manigances honteuses des grands financiers du monde occidental, c’était en quelque sorte un genre de Davos-sur-Seine (lire un prochain billet).

C’est avec un certain amusement que j’ai recherché l’origine du nom de l’île Seguin où s’est déroulé ce raout. En 1794, en pleine révolution française, l’entrepreneur Armand Seguin acheta ce bien au banquier Jean-Baptiste Vandenyver qui venait de l’acquérir du gouvernement révolutionnaire car les caisses de l’Etat étaient cruellement vides. Seguin y établit des tanneries industrielles et constitua une immense fortune. Cette île était donc déjà impliquée dans de grosses affaires de sous. En 1919, après avoir lui aussi fait fortune dans l’automobile durant la première guerre mondiale, Louis Renault, qui avait construit des usines au bord de la Seine à la hauteur de l’île, acquit cette endroit et accumula par la suite une immense fortune avec ses automobiles. Pendant la deuxième guerre mondiale la firme Renault prospéra en travaillant pour le régime hitlérien mais mal lui en prit car elle fut nationalisée à la libération …

La semaine dernière, pour quelques heures qui vont avoir leur importance pour l’humanité toute entière, et pas seulement pour le climat, on a parlé à nouveau finance et gros sous dans cette île. HSBC et CalPERS – le plus gros fond de pension public américain – ainsi que divers gestionnaires de portefeuilles ont entériné la décision au cours de cette réunion très spéciale d’influer sur les grands pollueurs de la planète pour qu’ils respectent l’accord COP21 de Paris. Cent entreprises sont visées par cette action nommée « ClimateAction 100 » dont Chevron, Exxon, BP, Coal India mais aussi Airbus et Boeing, Ford, Volkswagen, Renault (!) et encore ArcelorMittal, BHP Billiton comme Glencore puisque le secteur énergétique est responsable des trois-quarts des émissions de CO2 de la planète. Les 225 investisseurs qui ont pris cette décision conjointe représentent 26300 milliards de dollars d’actifs sous gestion. Ça fait beaucoup d’argent mais il en faudra encore plus … Alors au final ce seront les consommateurs d’énergie et le petit peuple qui paieront. Pas de souci à se faire pour les banquiers et les organismes financiers en tous genres, ils ne risqueront pas un seul bouton de culotte dans cette affaire d’autant plus qu’ils auront en charge la gestion des « droits à polluer » un autre gros business bien juteux … Finalement on découvre au fil des mois le but de ces accords de Paris : appauvrir les populations et provoquer une violente récession économique mondiale, le seul moyen efficace pour diminuer les émissions de CO2, CQFD !