Virus ou climat qu’à cela ne tienne : viva la revolucion !

Un grave dilemme va éclater à la face des écologistes en ces temps troublés par la grippe coronavirale qui n’aura finalement tué même pas plus que la grippe asiatique (H2N2, 1957-58) qui fit à elle seule plus de deux millions et demi de victimes dans le monde dont 40000 en France. Pourtant les décisions totalement injustifiées des politiciens vendus à la cause des hommes de Davos et teintés des thèses malthusiennes du Club de Rome ont tout fait pour détruire les économies occidentales dont en particulier celles des principaux pays européens comme la France, l’Italie, l’Espagne et la Belgique. La solidarité européenne aura été admirablement absente et l’heure des comptes arrivera.

Pendant ce temps il ne fallait surtout pas oublier le « changement » du climat qui est toujours présent dans les esprits dérangés de ces écologistes qui ont osé prétendre que l’apparition de ce nouveau virus était une conséquence directe du changement climatique provoqué par l’activité humaine. Et si ce virus tue quelques personnes le changement climatique en tuera beaucoup plus si « on » ne fait rien. Et destruction de la biodiversité aidant ce sera carrément l’apocalypse. Ces mêmes pseudo-intellectuels, pour la grande majorité d’entre eux sont des crypto-gauchistes en mal d’idéal, se félicitent de constater que l’air est devenu plus « pur » dans les grandes villes, que le ciel a retrouvé sa couleur bleue d’antan et qu’il serait temps de retourner vivre dans des grottes infestées de chauve-souris, un comble ! Plus de voitures, plus d’avions, plus de bateaux : c’est bon pour le climat. Ben voyons …

Alors que tous les pays comptent leurs morts ces écolos osent en rajouter une couche pour clamer que dans la foulée de l’épidémie il serait bon de ne plus utiliser sa voiture, ne plus voyager en avion pour quelque prétexte que ce soit puisque les gouvernements ont pris des mesures pour habituer les populations à ce nouveau « style de vie » et d’aller vivre dans des cavernes comme nos lointains ancêtres tout en restant connecté à internet pour diffuser cette propagande pour le moins douteuse relative à « la crise climatique » qui fait les choux-gras de toute une série de sites écolo-gauchistes qui ainsi s’attirent des « like », de l’audience ! En effet, si on n’a pas de likes sur son site on est donc dissident et à la limite qualifié de fasciste, voire de négationniste, surtout quand on parle de climat et encore plus quand on cite des données dérangeantes relatives au nombre de morts des pandémies récentes comme la grippe de Hong-Kong ou la grippe asiatique. C’est surprenant comme ces mêmes écolos et ces mêmes politiciens ont a mémoire courte. Ça s’explique très simplement. Main dans la main ces monstres veulent asservir les populations pour poursuivre leur dessein de soumission afin de sauver le climat en organisant un essai en grandeur nature par le truchement du blocage total des économies occidentales. C’est à peu près la seule explication que j’ai pu trouver pour justifier ce confinement généralisé.

Ces idéologues n’ont pas imaginé un instant que le peuple, le bas peuple, les insignifiants, vêtus de gilets jaunes en France, en ont assez de souffrir, de payer des impôts démesurés qui sont dépensés par les gouvernements pour des résultats médiocres et en plus de payer des taxes pour sauver le climat. Cela suffit ! Ces « sans-dents » vont se révolter. Si les 15 millions de retraités français se retrouvent dans mon cas avec une diminution de 16 % de leur pension de retraite – oui j’ai constaté ce problème en consultant par hasard mon compte en banque ce mercredi matin – alors ils se joindront à ces sans-dents qui ont tous des problèmes pour finir leurs fins de mois.

Viva la revolucion !

La grande famine de 1876-1878

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De 1876 à 1878, la « Grande Famine » a tué entre 30 et 60 millions de personnes dans le monde. La sécheresse a affecté une grande partie de la planète, provoquant des pénuries alimentaires du Brésil à l’Inde et à la Chine, et anéantissant environ 3% de la population mondiale.

La climatologue Deepti Singh de l’Observatoire de la Terre Lamont-Doherty de l’Université Columbia (elle est maintenant à l’Université de Vancouver) se souvient d’avoir lu des articles au sujet la dévastation des sécheresses et de se demander: « Qu’est-ce qui pourrait avoir provoqué quelque chose comme celle de 1876-1878 ? Et quelle est la probabilité que cela se reproduise dans les prochaines décennies ? « 

Elle et ses collègues quantifient l’étendue et la gravité de cette sécheresse mondiale et tentent de découvrir ce qui l’a rendue si grave. Elle a présenté les recherches il y a quelques jours lors de la réunion de l’American Geophysical Union (AGU) à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane.

La Grande Famine a été « sans doute la pire catastrophe environnementale jamais survenue à l’humanité », note l’équipe dans un prochain article. Ce phénomène «a contribué à créer les inégalités mondiales qui seraient plus tard qualifiées de « monde développé » et de « tiers monde ».» Il est donc important de comprendre les forces motrices de la sécheresse, dit Singh, car elles pourraient frapper à nouveau à tout moment – peut-être pire que jamais, car les températures actuelles plus chaudes que celles sévissant durant le petit âge glaciaire du XIXe siècle rendraient les sécheresses plus intenses.

Les scientifiques soupçonnent depuis longtemps qu’El Niño est en partie responsable de la famine mondiale. Poussé par les températures de l’océan Pacifique équatorial, El Niño est un modèle climatique qui s’accompagne souvent de conditions chaudes et sèches en Inde, en Australie et en Amérique du Sud. Dans leur article (qui n’a pas encore été publié), Singh et ses collègues fournissent certaines des premières preuves quantitatives que cette catastrophe environnementale a probablement été provoquée par le plus fort El Niño que les instruments humains aient jamais mesuré. Ils trouvent également que d’autres conditions record ont peut-être été en jeu.

Un problème global

Pour savoir exactement où, quand et pendant combien de temps les sécheresses se sont produites, ainsi que leur gravité, les chercheurs se sont tournés vers des atlas de la sécheresse basés sur les cernes de croissance des arbres. Les cernes des arbres deviennent plus épais pendant les années humides, de sorte que les vieux arbres peuvent fournir une histoire des conditions climatiques passées. Edward Cook, co-auteur et directeur du Columbia Ring Tree Lab, a développé trois des atlas utilisés dans le document. Les données du pluviomètre, dont certaines remontent à 175 ans, ont également indiqué la rareté de l’eau au moment de la sécheresse.

Les résultats de l’équipe suggèrent que les sécheresses de 1876-78 se sont étendues bien au-delà du Brésil, de l’Inde et de la Chine, bien que ce soit là que la famine ait frappé le plus durement. La recherche a révélé des preuves de conditions sèches en Égypte, au Maroc, en Australie et même dans le sud-ouest et l’est de l’Amérique du Nord. Les cernes des arbres suggéraient que la sécheresse en Asie était la pire depuis 800 ans ou plus.

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Prélude au désastre

Pour découvrir ce qui a rendu les conditions si sévères, les chercheurs ont examiné les données sur la température de la surface de la mer recueillies par les marins depuis les années 1870.

Les températures à la surface de la mer ont confirmé qu’il y avait en effet un El Niño intense qui a persisté pendant la majeure partie des deux années de la Grande Famine (1877-1878). Mais l’extrême El Niño peut avoir été amorcé par les eaux plus froides du Pacifique tropical central de 1870 à 1876. Cette période de fraîcheur prolongée – la plus longue jamais enregistrée – a peut-être conduit à une immense accumulation d’eau chaude dans le Pacifique tropical occidental. Cela s’est terminé par un fort événement La Niña en 1875-1876. La Niña a déclenché des conditions sèches en Inde, au Mexique et dans le sud-ouest des États-Unis, puis s’est déversée dans un fort El Niño, ce qui a entraîné plus de sécheresse sur une grande partie du globe.

« C’est comme un pendule », explique Singh. « Si vous continuez à le pousser dans une direction, de plus en plus loin du centre, puis à le relâcher, il ira à l’extrême dans l’autre direction.« 

Complices océaniques

El Niño n’a pas travaillé seul pour générer la Grande Famine. Singh et ses collègues ont également trouvé des preuves de conditions exceptionnelles dans les océans Atlantique et Indien.

En 1877, l’océan Indien a connu des températures exceptionnellement chaudes, en particulier dans sa partie ouest, générant un dipôle dans les températures de surface de la mer. Ces conditions contrastées dans l’océan Indien peuvent souvent conduire à des conditions sèches en Australie et en Afrique du Sud. Mais en 1877, le contraste thermique entre les deux moitiés était le plus fort jamais enregistré avant, ce qui a probablement aidé El Niño à générer de graves sécheresses dans ces régions.

En 1877 et 1878, l’Atlantique Nord a été le plus chaud qu’il n’ait jamais été, selon des données remontant aux années 1850. Cela a peut-être poussé les vents atmosphériques porteurs d’humidité vers le nord, loin du Nordeste brésilien, qui a perdu deux millions de vies pendant la famine qui a suivi.

Les scientifiques ne s’entendent pas sur la question de savoir si El Niño aurait pu déclencher ces effets dans les océans Atlantique et Indien. Ce n’est peut-être que par malchance que des conditions extrêmes se sont produites dans les trois océans à la fois. Mais les océans sont tous connectés, et Singh et ses collègues soupçonnent El Niño de déclencher une cascade d’effets. »Il est difficile de penser que tout cela était une coïncidence« , dit Singh.

Regard vers l’avenir

Dans l’ensemble, l’équipe conclut qu’une multitude de conditions record – un El Niño intense et durable, probablement amorcé par un Pacifique frais et exacerbé par un Atlantique chaud et de forts contrastes thermiques dans l’océan Indien – combinés dans un synchronisme qui a provoqué la Grande Famine. Et cela pourrait se reproduire.

Étant donné que les conditions qui ont préparé la Grande Famine sont dues aux variations climatiques naturelles, rien n’empêche une sécheresse mondiale de se reproduire. Si ces conditions devaient se reproduire, elles pourraient à nouveau mettre en danger la sécurité alimentaire mondiale.

En fait, cela pourrait être pire la prochaine fois. Alors que le thermostat mondial augmente – réchauffement climatique oblige – les températures plus chaudes pourraient aggraver les futures sécheresses, explique Singh.

Ensuite, elle et ses collègues espèrent savoir à quelle fréquence de tels événements pourraient se produire à l’avenir, à quel point ils pourraient être graves et quels pays seraient les plus touchés. Comprendre ce qui a causé la sécheresse mondiale pourrait aider à prévoir et à préparer la prochaine, dans l’espoir qu’elle ne déclenchera pas une autre famine mondiale.

L’étude est actuellement en préparation pour être soumise à une revue à comité de lecture. D’autres auteurs incluent Richard Seager, Benjamin I Cook, Mark Cane et Mingfang Ting du Lamont-Doherty Earth Observatory, et Michael Davis de l’Université de Californie à Riverside.

Source : AGU

Être climato-réaliste est une vraie mission (épisode 3) : évolution du climat depuis 20000 ans

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Les paléoanthropologues ont acquis une bonne connaissance des fluctuations des populations de l’Homo sapiens au cours des années précédant la dernière grande glaciation qui provoqua une baisse du niveau des océans de plus de 120 mètres. La Grande-Bretagne actuelle n’était pas une île et de nombreux archipels sud-asiatiques étaient reliés aux autres par de la terre ferme. La Mer rouge était en partie découverte et le détroit de Gibraltar, parsemé d’îlots favorisa des mouvements de population de l’Afrique vers la péninsule ibérique. Si la glaciation recouvrait une grande partie de l’Europe il ne faisait pas toujours très froid. Parfois des périodes de réchauffement permirent à nos ancêtres de remonter vers le nord ou inversement être obligés de se déplacer vers le sud et ces mouvements de populations ont été relativement bien documentés notamment dans le sud-ouest de la France. La disparition de la grande faune représentée par les mammouths laineux ou les panthères à dents de sabre fut provoquée par des épisodes brutaux de refroidissement qui privèrent les mammouths de nourriture et les panthères de gibier. Il faut reconnaître qu’un mammouth était contraint de manger plus de 50 kilos d’herbe chaque jour pour survivre et si l’enneigement était trop abondant il n’avait pas d’autre choix que de mourir. Des esprits chagrins ont attribué à tort la disparition des mammouths à la prédation des hommes, ce qui est totalement faux.

Comme l’indique cette illustration, captée d’une conférence dont j’ai égaré la référence, jusqu’à la fin du Dryas récent (8000 ans avant l’ère commune) il y eut donc de nombreux épisodes de « réchauffement » brutaux mais brefs sans que jamais les calottes glaciaires recouvrant la majeure partie de l’Amérique du nord et de l’Europe fondent significativement. Puis cette période climatique prit fin au cours d’un réchauffement brutal qui dura environ 500 ans et provoqua un retrait des glaciers comme en France celui recouvrant la majeur partie du Massif Central et du Jura. Ce changement du climat coïncida avec l’apparition de l’agriculture, la sédentarisation des groupes humains et ce que la Bible appela le Déluge. Le détroit des Dardanelles avait été longtemps à sec et le niveau de la Mer Noire, un lac fermé, avait baissé à tel point que des humains s’étaient installé dans des zones aujourd’hui submergées lors de la remontée du niveau des océans. Il est opportun de rappeler ici que lors d’une période très froide les épisodes de sécheresse prolongée étaient fréquents en raison de la rareté des pluies. C’est ce type de situation redoutable qui pourrait sévir au cours des prochaines décennies. Ce graphique est issu des carottages glaciaires dans le centre du Groenland.

À partir de 10000 ans avant l’ère commune il semble que le climat se stabilise mais il est utile de « zoomer » sur cette période qui appelle divers commentaires. Vers 2800 avant l’ère commune (moins 4500 ans dans le graphique) il y eut un changement brutal du climat qui eut des conséquences dramatiques provoquant la chute de l’empire égyptien ancien et une désertification du Sahara. Mais revenons au tracé de l’évolution des températures à la surface du sommet de la calotte glaciaire du Groenland au cours du temps depuis la fin du Dryas récent jusqu’à aujourd’hui. Les « réchauffements » aussi appelés optima climatiques : Minoïen, Romain, Médiéval et Contemporain, favorisèrent l’apogée de la civilisation minoïenne et de la civilisation néo-assyrienne (j’y reviendrai ci-dessous), puis de l’Empire romain, puis aux XIe et XIIe siècles l’optimum médiéval qui a favorisé le doublement de la population européenne et la construction des cathédrales et enfin l’optimum moderne (1920-1990) qui vit un accroissement jamais atteint de la population humaine et une diversification technologique sans précédent dans l’histoire de l’humanité.

L’optimum climatique minoïen favorisa le développement de l’empire crétois qui rayonna sur l’ensemble de la Méditerranée entre les années 1800 et 1600 avant l’ère présente. Il s’agissait d’un empire de marchands qui dominait le commerce entre l’Orient et les pays bordant la partie ouest de la Méditerranée, pour faire court. Si l’explosion cataclysmique du Santorin en 1650 avant l’ère présente n’avait pas eu lieu, explosion suivie d’un d’un tremblement de terre créant un gigantesque tsunami qui détruisit la plupart des grandes villes de Crète, la disparition de cet empire aurait fini par avoir eu lieu en raison du refroidissement du climat qui provoqua des sécheresses et par conséquent des famines plus destructrices encore que le tremblement de terre, exactement comme la disparition de l’empire égyptien ancien. Ce refroidissement du climat qui dura près de 1000 ans provoqua ensuite l’effondrement de l’empire néo-assyrien dont la principale ville était Ninive. Cet empire comprenant l’Irak, la Syrie, l’Egypte et le sud-est de la Turquie d’aujourd’hui était très dépendant de ses ressources agricoles, elles-mêmes tributaires de la pluviométrie. Or qui dit refroidissement sous-entend aussi une plus faible évaporation des océans et des mers et donc moins de précipitations. L’empire, pour faire bref encore, se désagrégea, fragilisé par des périodes de disette répétées.

Pourquoi de telles disparités dans l’évolution du climat ont-elles toujours existé, à des échelles de temps longues ou plus en détail des changements qualifiés de discrets à l’échelle géologique ? Les climatologues se perdent en conjectures. Il semble qu’il y ait une périodicité approximative de 1000 ans décrivant ces optima climatiques mais quelle en est la raison ? Première réponse évidente en examinant le graphique ci-dessus l’effet d’une quelconque augmentation de la teneur en CO2 atmosphérique est à exclure puisque le charbon et le pétrole étaient inconnus. Il n’y avait donc aucune intervention humaine dans l’évolution du climat.

Il fa ut échafauder des hypothèses comme les oscillations multidécadales des océans qui sont encore très largement inexpliquées. La seule tentative d’explication de ces fluctuations du climat qui paraissent erratiques est la modélisation de la variation de l’activité magnétique du Soleil réalisée par la mathématicienne Valentina Zharkova de l’Université de Northumbria. Pour plus de détail voir sur ce blog le billet du 31 octobre 2015 précisant les propos du billet de ce blog du 5 septembre 2015. Si l’incidence de l’irradiance solaire totale ne change en apparence que très peu il s’avère néanmoins que cette infime variation – de quelques fractions de watt/m2 – peut avoir un effet global non nul sur le climat. La prouesse mathématique réalisée par Madame Zharkova et ses collaborateurs montre que, contrairement à tous les modèles présentés par l’IPCC, son modèle de prédiction de l’évolution de l’activité solaire est aussi valable en « remontant dans le temps ». Ces prédictions expliquent clairement le « petit âge glaciaire » ainsi que l’optimum climatique médiéval alors qu’aucun des modèles, aussi fameux soient-ils, émanant de l’IPCC ne peuvent être extrapolés vers le passé. Ils sont donc purement spéculatifs voire fantaisistes. Il apparaît donc que les variations du climat terrestre seraient liées aux seules variations de l’activité magnétique du Soleil. Le lien de cause à effet est malheureusement, dans l’état actuel des connaissances, difficile à établir clairement.

Suite dans un prochain billet.

https://wattsupwiththat.com/2016/07/31/a-warm-period-by-any-other-name-the-climatic-optimum/

https://arxiv.org/pdf/1804.01302.pdf

L’activité solaire et le régime des moussons en Asie

Une nouvelle preuve du rôle de l’activité solaire sur le climat, en particulier de la mousson asiatique, vient d’être magistralement démontrée par une équipe de scientifiques spécialisés dans la paléoclimatologie sous la direction du Docteur Kathleen Johnson de l’Université de Californie à Irvine. Pour remonter dans le temps afin de reconstituer le climat passé l’un des matériel de choix est l’étude des signatures isotopiques des spéléothèmes c’est-à-dire des concrétions calcaires trouvées dans les grottes. Parmi de nombreux échantillons prélevés au Laos, une stalactite – le spéléothème (illustration) descendant du plafond d’une grotte – provenant de la grotte de Tham Doun Mai dans la province de Luang Prabang a livré les secrets de l’évolution du climat essentiel dans cette région de l’Asie. La mousson est en effet vitale depuis le Pakistan jusqu’à la Chine pour plus du tiers de l’humanité et tenter d’identifier les facteurs externes qui influent sur celle-ci est de la plus haute importance. Comme pour les cernes des arbres les stalactites s’allongent par couches successives et pour dater précisément ces couches il faut utiliser, dans la profondeur de la concrétion et non pas à sa surface, la datation par la mesure du thorium-230 apparu lors de la désintégration de l’uranium-234 immobilisé à un temps t et cette calibration est parfaitement documentée et d’une extrême précision (figure b) :

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Les « stries » de la concrétion sont examinées au microscope et un exemple de datation est représenté dans la partie a de la figure ci-dessus. Ensuite il est nécessaire de réaliser un comptage des stries d’accumulation de calcite année après année et d’analyser les teneurs isotopique de chaque strie respectivement en oxygène-18 et en carbone-13. Voici une image représentative de ces stries :

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Cette image a été obtenue par microscopie en fluorescence à l’aide de rayons X émis par un synchrotron. Cette fluorescence permet de déterminer la teneur en oxygène-18 du spéléothème. Les traits de couleur représentent des séries successives de moussons.

Les deux « proxys » mentionnés permettent de reconstituer la pluviométrie et la température. L’oxygène-18 est plus lourd que l’oxygène-16 et plus la température est élevée plus d’eau « lourde », c’est-à-dire contenant au moins un atome d’oxygène-18, s’évaporera de l’océan pour former ensuite des nuages qui se transformeront en pluie au cours de la mousson. Il est alors possible de déterminer le δ18O et sa déviation par rapport à une valeur standard internationalement admise calibrée sur les teneurs en O-18 de foraminifères appelés Belemnites. L’autre proxy est le carbone-13. Comme pour tout processus biologique la nature a bien fait les choses et les plantes ont plutôt tendance à absorber du CO2 « léger », c’est moins coûteux en énergie, mais si les conditions de température et de pluviométrie sont favorables ces plantes assimilent aussi de plus en plus de CO2 « lourd », c’est-à-dire que le δ13C va avoir tendance à diminuer par rapport à une valeur de référence standard admise internationalement et également établie à l’aide de foraminifères.

Enfin pour tenter de relier toutes les données recueillies à l’activité solaire il existe un autre proxy parfaitement bien documenté provenant des carottes glaciaires. Il s’agit du béryllium-10 radioactif formé par spallation cosmique par bombardement de l’azote par les rayons cosmiques. Plus il y a de béryllium plus l’activé solaire est faible. Forte de toutes ces données l’équipe du Docteur Johnson a pu établir une corrélation étroite entre l’intensité des moussons et l’activité solaire. Les tracés en noir des figures suivantes (extraits de la figure S5 de l’article cité en référence) sont respectivement les δ18O et δ13C exprimés en ‰ par rapport aux standards internationaux VPDB (Vienna Pee Dee Belemnite). Comme le constatent les auteurs de cette étude il existe une forte corrélation entre l’activité solaire et l’abondance des pluies elle-même liée à la température de surface de l’Océan Indien.

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En ce qui concerne le δ13C la situation est moins claire car des effets locaux peuvent perturber la percolation des eaux chargées en carbonate dans le massif karstique où se trouve la grotte. Que mes lecteurs ne se méprennent pas au sujet de ces deux figures. En effet, les teneurs en béryllium sont inversées dans le cas du δ18O pour mieux faire apparaître l’activité solaire. Il ne s’agit pas d’un artifice mais comme mentionné plus haut la présence de béryllium-10 est inversement proportionnelle à l’activité solaire.

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Les deux minima de mousson (1400-1510) et (1645-1715) correspondent respectivement aux deux minima d’activité solaire appellés minimum de Spörer et de Maunder.

Il ne faut pas établir de conclusions trop rapidement car la mousson dépend des oscillations de l’Océan Indien et des oscillations australes de l’Océan Pacifique dont dépend aussi le phénomène météorologique El Nino (ENSO) qui elles-mêmes dépendent de l’activité solaire. La situation est donc plutôt complexe mais on ne peut que constater une bonne corrélation entre cette activité solaire et l’abondance de la mousson d’Asie, un nouvel argument en faveur de la dépendance des variations du climat de l’activité solaire.

Source et illustrations : doi 10.1016/j.epsl.2019.115737 aimablement communiqué par le Docteur Johnson qui est vivement remerciée ici.

Où les études sur le climat et le monde de la finance se rejoignent : mais pas où on le croirait !

Le 7 novembre 2018 j’avais laissé un billet sur ce blog qui précisait qu’à l’avenir il faudrait non pas se préparer à un réchauffement général du climat mais au contraire à un refroidissement de celui-ci, billet qui avait suscité une cinquantaine de commentaires, ce qui prouve bien que cette affaire de climat préoccupe tous les esprits. Tiraillée en effet entre la propagande officielle et le rappel au réalisme scientifique des spécialistes de cette discipline qu’est la climatologie, je le rappelle une science du passé puisque le climat futur, par définition, n’existe pas encore, l’opinion peine à trouver un repère. Dans ce billet du 7 novembre dernier (lien) les projections que faisait l’auteur auquel je me référais, Norman Page, puisque je ne suis pas du tout spécialiste de cette discipline (la dernière figure de ce billet), m’avaient paru, je dois l’avouer, surprenantes d’exactitude.

Je viens de trouver l’explication de ces prévisions qui émane d’une étude réalisée par un groupe de mathématiciens associés à des météorologistes de l’Université Zhejiang de Hangzhou en Chine. Ils ont appliqué les calculs dits K-line patterns (lien) sur les données climatiques relatives aux températures globales de la surface de la Terre (GLST, global land surface temperatures) telles qu’elles ont été observées depuis 1880. Les calculs prédictifs K-line sont utilisés par les économistes des salles de marché pour prédire l’évolution des cours des valeurs cotées. Il s’agit de fonctions mathématiques reconnaissant et modélisant des évolutions de données brutes pouvant être décrites par des polynômes de fonctions sinusoïdales :

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La modélisation est affinée par le calcul automatique afin de correspondre au mieux aux données expérimentales connues (donc du passé) pour être ensuite appliquées à un futur proche voire plus lointain. Ce type d’approche est bien connu de ceux que le grand public appelle des « traders » car il est inclus dans les algorithmes de prises de décisions qu’ils utilisent quotidiennement à la micro-seconde près pour intervenir sur les marchés. Si j’ai bien compris l’intérêt des K-line patterns l’ordinateur est capable d’ajuster ses calculs en essayant d’adapter puis de modifier en temps réel les paramètres de ces polynômes de calculs de simulation. C’est peut-être ce que l’on appelle l’ « intelligence artificielle » appliquée par l’industrie de la finance puisque la machine « apprend » à affiner ses calculs. En réalité il s’agit d’une perception anthropomorphique du travail de l’ordinateur qui ne peut calculer qu’en utilisant ce dont il dispose et qu’un développeur a introduit dans sa mémoire, ce que l’on appelle pompeusement le « machine learning ».

Les calculs ayant permis de déterminer le polynôme décrivant au mieux la réalité des observations des températures passées a fait appel au filtrage de 15295 fonctions périodiques pour atteindre un coefficient de corrélation de 0,903 ce qui est satisfaisant en regard de la forêt de points expérimentaux utilisés dans cette étude.

Voici le type de fonction numérique utilisée dans ces calculs d’analyse des données brutes de GLST :

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Les mathématiciens de l’Université Zhejiang ont retrouvé les prédictions mentionnées par Norman Page et il est intéressant de commenter le graphique produit par cette équipe avec quelques différences (voir l’illustration en fin de billet) :

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La modélisation ayant été satisfaisante pour les données passées, le modèle a donc été appliqué « vers le futur » exactement comme les spécialistes des marchés financiers le font quotidiennement.

Les températures moyennes de la surface de la Terre vont brutalement chuter mais cette chute va évoluer par vagues jusqu’en 2040, le temps pour les habitants de l’hémisphère nord de s’adapter, en quelque sorte. Ensuite la spéculation reste de mise car nul ne peut prévoir très exactement ce qui se passera au niveau « régional ». Le continent nord-américain qui n’est pas sous l’influence du Gulf Stream subit depuis plusieurs années des hivers particulièrement rigoureux. L’Europe, année après année, endure des hivers que l’homme de la rue qualifie de « pourris » qui vont donc, selon ce modèle, devenir de plus en plus froids mais avec modération car l’inertie thermique de l’Océan Atlantique amortira encore quelque temps cette tendance. Mais pour les Chinois la situation est plus préoccupante car le climat est directement dépendant des oscillations des températures de surface de l’Océan Pacifique.

La modélisation appliquée aux températures passées a été également élargie aux variations de température de surface de cet océan en particulier dans la zone inter-tropicale où apparaît le phénomène El Nino qui affecte temporairement l’ensemble des conditions météorologiques de la planète. L’application de l’analyse mathématique K-line a été appliquée aux phénomènes El Nino passés et elle a mis en évidence un paramètre peu connu de stabilisation du climat par ce que cette équipe a appelé l’ « ocean stabilization machine » qui n’a pas été incluse dans les prédictions issues du calcul K-line.

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On peut donc rester raisonnablement optimiste car la situation climatique ne changera pas brutalement en raison de l’inertie thermique des océans. Il reste néanmoins à préciser le rôle direct sur le climat des circulations océaniques qui est encore très largement méconnu. Pour l’Océan Atlantique nord il existe des oscillations dont la période est d’environ 60 ans mais dans l’ensemble ce rôle direct des océans sur l’évolution à long terme du climat constitue une discipline à part entière dans la science du climat elle-même très complexe.

Source et illustrations, doi : 10.4236/acs.2019.91009

https://www.hindawi.com/journals/mpe/2017/3096917/ et sur ce blog : https://jacqueshenry.wordpress.com/2018/11/07/le-refroidissement-a-venir-precisions-climatiques-precises-a-lusage-des-decideurs-politiques/

Mais où est passé le réchauffement du climat ? (suite)

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Les Empereurs chinois aimaient les statistiques et tous les évènements du quotidien étaient scrupuleusement consignés sur des registres y compris la date de floraison des pruniers Amygdalus davidiana qui ornaient les jardins et les parcs des alentours des palais et des résidences de l’Empereur disséminés dans la campagne chinoise profonde. Le changement de régime politique en Chine n’a pas effacé cette tradition et deux géographes de l’Université de Pékin ont rassemblé toutes les données relatives à la floraison de cet arbre emblématique que d’aucuns appellent aussi par erreur le cerisier. En établissant une corrélation entre cette date de première floraison et les températures relevées durant la période 1950-1980 il a été possible de remonter dans le temps jusqu’aux années 1740 et le résultat est surprenant.

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Il y a bien eu un refroidissement du climat après 1790 et jusqu’en 1830 alors que les températures étaient plus élevées qu’aujourd’hui entre 1740 et 1790 comme elles l’ont été entre 1930 et 1960 après une stabilisation de près d’un siècle (1830-1930).

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Ce qui ressort de cette étude est assez inattendu : les pruniers fleurissaient en moyenne 4,84 jours plus tôt entre 1740 et 1790 qu’entre 1950 et 1980 et seulement 0,14 jours plus tard durant la période 1790-1830 alors que cette période est communément appelée « petit âge glaciaire ». Certes il s’agit de la Chine continentale et le climat de cette contrée ne peut pas être comparé point par point à celui de l’Europe mais l’étude met en évidence la plus grande sensibilité de la végétation aux températures légèrement plus élevées. À l’aide de la corrélation établie sur la période 1950-1980 entre les dates de floraison et la température relevée il apparaît que durant la période 1741-1790 la température était régulièrement supérieure de 0,48 °C à celle observée entre 1950 et 1980.

La conclusion que l’on peut tirer de cette étude est claire, les optima climatiques ont existé dans un passé récent indépendamment de toute cause d’origine humaine et la présente période « chaude » n’est pas une exception dans l’évolution cyclique du climat.

Source et illustrations : International Journal of Climatology 10.1002/joc.5145

Nouvelles du Japon : à Hokkaido pas de réchauffement du climat depuis … 1989

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La station météorologique de la Japan Meteorological Administration (JMA) située à Rumoi dans le nord de l’île d’ Hokkaido a été déconsidérée en 1990 par l’administration américaine NOAA car elle contredisait les affirmations de réchauffement du climat. C’est dire à quel point la propagande « réchauffiste » a pu conduire à de multiples trucages et à un choix arrangeant des données des stations météo au sol. Ce genre d’attitude est tout simplement déplorable car ce sont 13 des 22 stations météo situées sur l’île qui ont été effacées par la NOAA (National Ocean and Atmosphere Administration).

Le JMA affirme qu’à la station de Rumoi la température moyenne annuelle est restée stable depuis 1990, l’année la plus chaude depuis 1943, record jamais atteint depuis lors. Où est passé le réchauffement tant redouté ?

Source et illustration : blog de Kirye, kiryenet.seesaa.net et https://twitter.com/KiryeNet/status/1003335734068047874