La découverte de l’origine de l’acide sulfurique stratosphérique : une vraie saga

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Des études détaillées des carottes glaciaires tant du Groenland que de l’Antarctique ont indiqué la présence d’acide sulfurique dans l’atmosphère provenant d’éruptions volcaniques d’origine intertropicale pour celles qui coïncidaient au niveau de leur date. Ces travaux répertoriant tous ces évènements ne sont pas récents car ils datent de plusieurs années mais ils ont fait l’objet de nombreuses études ultérieures ayant permis de préciser l’effet des éruptions volcaniques majeures sur l’évolution des températures. Au cours des 1000 années passées de l’ère commune (après JC) il y eut trois éruptions volcaniques majeures ayant eu lieu dans la zone intertropicale puisqu’elles ont laissé leur empreinte sensiblement de la même amplitude tant dans les glaces du Groenland que de l’Antarctique. Il s’agit des éruptions cataclysmiques du Samalas en Indonésie, du Kuwae au Vanuatu et du Tambora également en Indonésie aux alentours respectivement de 1257, 1458 et 1815. Les dates 1257 et 1458 ont été déterminées par la chronologie glaciaire qui n’est exacte qu’à quelques années près compte tenu du tassement de la glace mais également des constantes remises en cause de cette datation. L’explosion du Kuwae a ainsi pu avoir lieu en 1452 ou 1453 et à ses effets sur le climat fut attribuée la chute de Constantinople.

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Ces éruptions ont propulsé dans l’atmosphère des oxydes de soufre, principalement du SO2, à des altitudes supérieures à 20000 mètres. L’éruption du Pinatubo a enfin permis il y a quelques dizaines d’années de bien explorer et comprendre quelle était l’incidence de ces émissions massives d’oxyde de soufre dans les hautes couches de l’atmosphère au niveau des températures relevées instrumentalement au sol. La présence d’aérosols (AOD = aerosol optical depth) a été reconstituée à partir des obervations relatives à l’éruption du Pinatubo et l’acide sulfurique (échelle de gauche) estimée à l’aide des analyses des carottes glaciaires. Une analyse isotopiques plus fine tant au niveau du soufre (teneur en S-33) que de l’oxygène (0-17) a confirmé la nature stratosphérique de l’acide sulfurique présent dans les carottes glaciaires. Les effets de ces très fortes éruptions sur le climat ont été bien répertoriés dans les chroniques passées. Lors d’une éruption volcanique de grande ampleur les températures chutent en moyenne de 1 degrés et le retour à la normale demande de 5 à 10 années. La perturbation isotopique fut particulièrement bien étudiée pour une éruption volcanique qui eut lieu aux alentour de l’année 566 de l’ère présente, et elle s’applique aux autres évènements volcaniques qui eurent lieu plus tard :

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La perturbation isotopique du SO2 est plus caractéristique encore en ce qui concerne l’oxygène-17 par rapport à la teneur moyenne. La seule explication qui puisse satisfaire ces observations est que la formation d’acide sulfurique ne peut avoir lieu que dans la stratosphère en présence de rayonnement UV intense et d’oxygène singulet coexistant avec l’ozone :

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Ceci constitue une sorte de vérification de la présence de ces « pluies acides » qui ne sont observées que lors d’éruptions volcaniques violentes expulsant de grandes quantités de SO2 dans la statosphère alors que les émissions de SO2 liées à l’activité humaine ne peuvent pas provoquer de pluies acides supposées dévastatrices pour les forêts et tant décriées par les écologistes.

Sources et illustrations : https://doi.org/10.1038/s41467-019-08357-0 et deux articles du Docteur Michael Sigl du Desert Research Institute à Reno, Nevada aimablement communiqués par le Docteur Elsa Gautier de l’Université de Grenoble ainsi que l’article cité en référence ci-dessus qui est chaleureusement remerciée ici.

Nouvelles du Japon : le nombre de typhons est stable depuis 1950

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Ce n’est pas parce que je suis en ce moment à Tokyo que je vais harasser les lecteurs bienveillants de mon blog avec des informations nippones chaque jour mais l’objet de ce billet est révélateur de l’ambiance quasiment mondiale relative à ce fameux réchauffement climatique qui ne cesse d’être battu en brêche presque quotidiennement. Je ne m’étendrai pas sur la supercherie du « 95 % de spécialistes du climat » mais sur les 95 % de journalistes qui ne prennent même pas la peine de vérifier les informations qui leur sont servies sur un plateau par d’obscurs organismes afin d’alimenter la propagande climatique. Il faut découvrir le courage méritoire de certains bloggeurs pour trouver des informations incontestables qui contredisent la pensée unique.

Le nombre de typhons frappant le Japon constitue un exemple magistral contredisant l’amalgame universel de la relation de cause à effet entre le réchauffement du climat d’origine humaine et les évènements météorogiques extrêmes. Depuis le début des années 1950 il n’y a pas eu d’augmentation significative du nombre de typhons au Japon (illustration). Et pourtant la grande presse insiste sur le fait que le réchauffement (tant attendu mais qui n’arrive toujours pas) doit en théorie provoquer une évaporation intense des océans, évaporation propice à la formation de cyclones, ouragans et autres typhons. Comme le dit Kirye très justement sur son blog : « Les médias devraient dire la vérité ! » ( https://twitter.com/KiryeNet ) mais c’est exactement le contraire auquel on assiste.

Les « experts » en climat doivent donc à l’évidence revoir leur copie et les politiciens modifier sinon abandonner leur course folle dans le domaine des énergies dites renouvelables pour selon eux sauver le climat, un secteur dont la validité économique est également remise en cause par de nombreux experts …

Source citée dans le texte

L’impact des éruptions volcaniques sur le comportement des hommes.

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La légende orale dans le nord de l’île d’Efate au Vanuatu décrit un cataclysme volcanique qui eut lieu 25 générations avant aujourd’hui. « La montagne s’ouvrit comme les cuisses d’une femme, du feu jaillit de ses entrailles puis elle se reposa comme après avoir enfanté« . Les peuples qui se vivaient dans une île au nord d’Efate sur les flancs d’un volcan prirent la fuite dans leurs pirogues avant l’éruption emportant avec eux leurs cochons et quelques biens dont en particulier des hameçons pour pouvoir pêcher afin de se nourrir et des sagaies pour éventuellement se défendre.  » Ils savaient que leur île allait « enfanter » car elle était depuis plusieurs lunes agitée de soubresauts presque quotidiens« . Ils se réfugièrent donc sur l’île d’Efate, mirent leurs pirogues à l’abri sur des hauteurs et partirent dans les montagnes massacrant au passage quelques tribus locales pour s’approprier leurs jardins, leurs femmes et leurs cochons. Quand la montagne explosa il y eut probablement un gigantesque tsunami comme il y en a encore dans cet archipel presque chaque année. Cette légende fut transcrite bien plus tard lorsque les premiers missionnaires arrivèrent dans l’archipel. J’en ai cité quelques brefs passages de mémoire.

Cette éruption fut par la suite documentée en étudiant les carottes glaciaires du Pôle Sud et du Groenland. Elle eut lieu en 1453 et il ne reste aujourd’hui de l’île qui disparut presque totalement que quelques îlots dispersés appelés les Shepherds dont certains furent utilisés par la marine américaine en 1942 comme cibles pour régler le tir des canons des navires qui allaient appareiller pour les îles Salomon. Un volcan sous-marin actif émettant des gaz et des pierres ponces est la seule preuve d’une forte activité volcanique dans cette partie de l’archipel. D’ailleurs les marins Nivans (le nom des habitants du Vanuatu) évitent de naviguer dans cette zone car l’eau bouillonnante constitue un danger mortel où les bateaux peuvent couler à pic en une fraction de seconde.

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Quelques 500 ans plus tôt, presque aux antipodes, eut lieu l’éruption de l’Eldgja en Islande et cet évènement fut décrit dans les sagas poétiques des occupants de l’île car ils maîtrisaient l’écriture contrairement aux Nivans. Cet évènement volcanique fut tout aussi puissant que celui des Shepherds durant lequel environ 100 millions de tonnes d’oxydes de soufre furent émis dans l’atmosphère. Cette éruption débuta dans une fissure d’environ 75 km de long du système volcanique sous-glaciaire du volcan Katla. Elle émit près de 20 km3 de lave dont certaines coulées arrivèrent jusqu’à la mer. Les analyses des carottes glaciaires du Groenland ont permis de dater cette éruption au courant de l’automne de l’année 939 et elle dura plus de 6 mois. Cette datation corrobore les chroniques irlandaises (et non pas islandaises) faisant état cette année-là d’un Soleil « rouge-sang » dans le ciel.

Dans ces mêmes carottes glaciaires les spécialistes ont retrouvé la signature de l’éruption volcanique du Changbaishan situé à la frontière entre la Chine et la Corée du Nord qui eut lieu précisément à la fin de l’année 946 selon les registres officiels chinois. Il existe également toutes sortes de traces historiques écrites en Europe décrivant la rudesse des hivers qui suivirent cette éruption de l’Eldgja depuis la Chine jusqu’à la Sicile :

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La première illustration est la fissure près de la mer au sud de l’Islande près de la bourgade d’Ofaerufoss d’où le nom de la cascade en premier plan.

La calibration des carottes glaciaires a donc pu être précisément établie en se calant sur l’éruption chinoise de la fin 946. L’illustration ci-dessous ( https://doi.org/10.1007/s10584-018-2171-9 en accès libre) mérite quelques explications. À chaque hiver correspondent des pics de calcium et de chlore d’origine marine retrouvés dans la glace en raison des tempêtes sévissant aux latitudes comprises entre 60 et 75 degrés-nord. Le soufre d’origine non marine (nssS) évolue normalement erratiquement et le pic élevé de chlore succédant de quelques mois celui du soufre (volcanique) a été attribué à l’évaporation de quantités considérables d’eau de mer lorsque la coulée de lave est entrée par deux fois au moins en contact avec l’océan.

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Pourquoi ai-je mentionné le Vanuatu et sa légende au début de ce billet ? C’est tout simplement parce que la tradition écrite islandaise relate cet évènement de l’Eldgja dans le poème V Luspa. Ce poème décrit comment le dieu païen Odin enlève une prophétesse des morts. Elle annonce la fin du panthéon païen et l’arrivée d’un dieu nouveau dans une série de présages, l’un d’eux étant l’existence d’un monstrueux loup qui avale le Soleil. Il y a là une allusion à l’obscurcissement du Soleil par les fumées volcaniques. Plus précisément : « Le loup est rempli du sang de la vie des hommes condamnés, rougit les habitations avec des puissances horribles. Les rayons du Soleil deviennent noirs les étés suivants, le temps est tout triste. Vous savez encore quoi ? le Soleil commence à noircir, la terre s’enfonce dans la mer. La vapeur jaillit avec ce avec quoi se nourrit la vie, la flamme vole haut contre même le ciel« . Ce poème catalysa la conversion de l’Islande au christianisme qui eut lieu au tournant de l’an 1000. Faut-il que des évènements naturels violents aient suffisamment marqué les hommes pour qu’ils se réfugient dans une religion salvatrice alors que les dieux du panthéon scandinaves étaient tous plus ou moins maléfiques … les Nivans attendront plusieurs siècles l’arrivée des missionnaires pour se convertir au christianisme.

Source et illustrations : doi cité dans le texte, carte d’une partie de l’archipel du Vanuatu : Wikipedia.

Le Brexit : c’était il y a 450 000 ans.

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Il y a un demi-million d’années le nord de l’Europe était recouvert de glaciers géants et la partie méridionale de la Mer du Nord était un lac glaciaire, une étendue d’eau recouverte de glace et d’icebergs provenant des langues des glaciers descendant des montagnes alpines. Le niveau de la mer se trouvait être à plus de 100 mètres au dessous du niveau actuel que nous connaissons et ce qui est aujourd’hui l’Angleterre était relié au continent. Il faudra attendre plusieurs millénaires pour que le climat se réchauffe (Dryas) et que tous ces glaciers gigantesques fondent entrainant une montée spectaculaire des eaux océaniques. La Mer du Nord telle que nous la connaissons actuellement subit depuis ses limites septentrionales une poussée spectaculaire et la grande digue de roches crayeuses de plus d’une trentaine de kilomètres de long qui l’enfermait au sud entre la région de Douvres en Grande-Bretagne et de Calais en France ne put résister à la poussée des eaux.

Cet évènement n’était qu’une hypothèse élégante mais non prouvée jusqu’à ce qu’une équipe internationale franco-anglo-belge revisite les fonds de la Manche avec une précision inégalée. Ce qui a été découvert est tout à fait étonnant. Il subsiste à l’aplomb d’une ligne Calais-Douvre (la petite tache bleue dans l’illustration ci-dessous, canal de Loburg) des restes de sites d’érosion provoqués par des cascades comme on peut en trouver par exemple au pied des chutes du Niagara, c’est-à-dire des amoncellements désordonnés de rochers. En effectuant des relevés bathymétriques très précis les chercheurs ont pu localiser la présence des premières cataractes qui ont commencé à fragiliser l’affleurement de craie appelé anticlinal Weald-Artois. Certes, comme le Brexit aujourd’hui, le processus n’a pas été instantané mais a probablement duré plusieurs centaines d’années.

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Finalement l’ensemble de l’escarpement a cédé et a créé les falaises crayeuses que l’on connait aujourd’hui. L’illustration ci-dessus est riche de renseignements. Par exemple, mais ce n’est qu’un détail, le cours de la Seine rejoignait l’océan au nord de la péninsule du Cotentin, incroyable mais vrai. Quand l’anticlinal Weald-Artois se rompit des débris s’éparpillèrent en arcs successifs tout au long des côtes de la Somme. Les premières étapes de ce Brexit géologique (et climatique) se situent autour de ce qui est appelé le « canal » de Loburg (LC), une zone anormalement profonde – environ 80 mètres – située à égale distance de Calais et de Douvres. À cet endroit ont pu être localisées les deux premières cataractes ou cascades géantes qui furent à l’origine du processus d’ouverture de la Manche actuelle.

Depuis les Anglais sont toujours resté jaloux de leur insularité …

Pourquoi, my God ! ont-ils voulu rejoindre l’Union Européenne ?

Source : Nature Communications, doi : 10.1038/ncomms15101

Le cratère d’impact de Chicxulub va peut-être livrer ses secrets

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C’est en observant divers cratères d’impact sur la Lune, Mars et d’autres objets célestes du système solaire que les scientifiques ont formulé l’hypothèse de la formation d’anneaux concentriques entourant le point d’impact central. Du cratère lunaire de 930 km de diamètre extérieur situé sur la « Mer orientale » provoqué par la chute d’un météore d’environ 20 kilomètres de diamètre il ne subsiste que trois anneaux concentriques (image ci-dessus, crédit NASA). À la suite de l’impact par un très gros caillou il y a 3,8 milliards d’années, il se forma un réarrangement du manteau lunaire qui donna naissance à un pic de roches de 140 kilomètres de haut. Cet amas instable s’effondra sur lui-même pour provoquer une onde de choc secondaire qui se matérialisa par deux rides concentriques. Ce n’est qu’une hypothèse de travail qu’il est impossible d’aller vérifier sur place : il faudrait acheminer sur la Lune du matériel de forage en profondeur …

Mais il existe sur la Terre le cratère de Chicxulub dont un grande partie sur trouve sur la péninsule du Yucatan au Mexique qui pourrait permettre de vérifier cette hypothèse et rendre compte de l’effet dévastateur de cet impact qui provoqua la disparition des dinosaures et de bien d’autres espèces animales il y a 63 millions d’années (voir le lien sur ce blog). Selon cette hypothèse l’impact du météore a provoqué un effondrement de la croute terrestre (lunaire) sur une centaine de kilomètres de diamètre et l’onde de choc a entrainé la croissance transitoire d’un pic de matière – des roches de diverses origines provenant de cette croute et du manteau sous-jacent – qui, tel le phénomène d’une goutte tombant à la surface de l’eau, a ensuite provoqué des ondes de choc secondaires, processus illustré par la figure ci-dessous :

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L’éjection initiale de matière a formé le cercle le plus externe de l’impact et deux autres formations circulaires concentriques se sont ensuite formé, un processus qui n’a probablement pas duré plus de quelques heures voire moins. Pour en avoir la certitude les scientifiques de l’IODP (International Ocean Discovery Program) ont donc décidé d’effectuer un forage au large de la péninsule du Yucatan, tous ceux réalisés par la société pétrolière Pemex à la recherche de pétrole ayant été abandonné car en lieu et place de pétrole les trépans ne rencontrèrent que du basalte là où les données gravimétriques prévoyaient la présence d’huile.

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Le site de forage à 30 kilomètres au large au nord du port de Progreso a été choisi comme étant situé le plus probablement au niveau du second anneau hypothétique de l’impact et également là où comme par hasard la profondeur de la mer n’est que de 17 mètres. Le forage doit atteindre la profondeur de 1500 mètres et selon les prévisions traverser en premier lieu une couche de 550 mètres de calcaire. En remontant donc le temps, à cet horizon géologique le trépan devrait rencontrer une couche riche en algues fossilisées correspondant au maximum climatique Paléocène-Eocène (il y a 55 millions d’années) de 5°C plus élevé qu’aujourd’hui.

Ensuite, bien qu’il ne s’agisse encore que d’hypothèses, le forage devrait remonter des carottes indiquant la réapparition de la vie dont les témoins seront les squelettes de foraminifères. Enfin le forage devrait arriver au niveau du deuxième anneau en rencontrant un mélange géologiquement complexe de roches d’origines variées et enfin au delà de 1000 mètres de profondeur il sera peut-être possible de retrouver des bactéries qui se sont infiltrées dans les fissures provoquées par l’impact et ont continué à vivre en utilisant d’autres sources d’énergie que le carbone et l’oxygène mais plutôt le fer et le soufre … Tout un programme alliant la géologie, la biologie, le climat et l’histoire passée lointaine. Le forage a débuté au mois de mai dernier. À suivre … Ci-dessous reconstitution d’artiste du cratère d’impact de Chicxulub.

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Source et illustrations : sciencemag.com

https://jacqueshenry.wordpress.com/2016/07/21/le-petrole-cest-vraiment-dangereux-pour-le-climat/

Le pétrole c’est vraiment dangereux pour le climat !

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Que mes lecteurs se rassurent tout de suite, je ne suis pas devenu brusquement un adepte inconditionnel des moulins à vent et des panneaux photovoltaïques. En effet, le titre de ce billet pourrait faire croire que je viens de me ranger dans la catégorie des pourfendeurs des grandes compagnies pétrolières qui déversent leurs barils d’or noir sur les marchés, ce qui accroit inexorablement (?) la teneur en « gaz à effet de serre » de l’atmosphère. Rien de tout cela, il s’agit de la vraie raison de la disparition soudaine des dinosaures il y a entre 66 et 63 millions d’années.

Lorsque la société Pemex et d’autres majors du pétrole élargirent leurs prospections autour du principal gisement de pétrole du Mexique au large de la péninsule du Yucatan ils furent étonnés de constater qu’il y avait une sorte d’îlot circulaire sous-marin de 180 kilomètres de diamètre sans quantité notoire de pétrole alors que le champ pétrolifère de Cantarell, par exemple, est une véritable éponge tout près de ce « désert » pétrolier. C’est ainsi que fut découvert le cratère d’impact de Chicxulub dont on attribua la formation à la chute d’un astéroïde d’au moins 10 kilomètres de diamètre constitué en grande partie de fer et d’iridium. Des études détaillées confirmèrent par la suite que ce cratère d’impact maintenant totalement comblé par des sédiments datait bien d’environ 63 millions d’années.

Or, comme la disparition soudaine des dinosaures date d’à peu près la même époque, tous les ossements fossilisés de ces monstrueuses créatures dont je ne suis pas du tout fanatique ont été datés d’avant cette période bien précisée par les géologues et appelée la frontière crétacé/paléogène. Ce mot barbare veut tout simplement dire qu’au même moment sur toute la planète on retrouve une couche géologique très fine enrichie en iridium, un métal très rare dans la croute terrestre. Tout concourrait pour considérer que les dinosaures avaient disparu subitement à la suite de la chute de ce gros astéroïde, mais pas seulement les dinosaures car les ammonites disparurent également ainsi que près de 80 % de toute forme de vie que ce soit terrestre ou océanique.

Les scientifiques se sont creusé les méninges pour expliquer comment un tel impact avait pu avoir un effet planétaire aussi catastrophique, toutes les simulations conduisant à des conclusions hasardeuses. Il a fallu attendre la sagacité d’une équipe de géologues et de physico-chimistes de l’Université Tohoku de Sandai au Japon pour comprendre exactement le déroulement de ces évènements catastrophiques relatés ici : doi: 10.1038/srep28427 .

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L’équipe du Docteur Kunio Kaiho a approfondi l’analyse de cette couche riche en iridium sur deux échantillons l’un provenant de l’île d’Haïti actuelle et l’autre du sud de l’Espagne à Caravaca dans la province de Murcia. Ils ont trouvé qu’outre la présence d’iridium et de fer il y avait bizarrement la présence notoirement élevée d’hydrocarbures de la famille des coronènes et des benzopyrènes. Or ces hydrocarbures sont la signature des particules carbonées qui forment la suie et la fumée y compris des pots d’échappement des moteurs diesel ! La chute de l’astéroïde du Chicxulub n’aurait tout de même pas mis le feu à toute la végétation existant sur la Terre à cette époque. L’explication fournie par ces géologues est beaucoup plus terrifiante : l’astéroïde alluma un gigantesque feu de pétrole, volatilisant en un instant entre 2 et 60 milliards de tonnes de pétrole produisant un panache de fumée d’une taille difficile à imaginer qui monta à des altitudes stratosphériques enveloppant toute la planète d’une épaisse couche de suie qui obscurcit durablement – au moins pendant 10 ans – la planète Terre entière.

Selon les simulations réalisées au Département des Sciences de la Terre de l’Université Tohoku la température globale chuta de près de 16 degrés en moins d’une année, toutes les plantes photosynthétiques ainsi que le phytoplancton furent affectées ce qui conduisit à une rupture de la chaine alimentaire entrainant l’extinction probablement en moins de dix ans de la majorité des espèces vivantes, y compris des insectes ! Les crocodiles, dignes descendants des dinosaures, échappèrent à l’extinction totale en survivant tant bien que mal dans les zones intertropicales, du moins seulement certaines espèces …

Pour donner un ordre de grandeur de cette catastrophe pétrolière, le petit trou fuyard qui fit la une des journaux de la Terre entière dans le golfe du Mexique il y a quelques années ne déversa dans l’océan que 4,9 millions de barils soit en gros un million de tonnes de pétrole, l’équivalent de deux gros super-tankers. L’impact du Chicxulub vaporisa et enflamma, dans l’hypothèse haute expliquant parfaitement toutes les disparitions d’espèces vivantes observées, jusqu’à 60 milliards de tonnes de pétrole en quelques secondes … ce qui provoqua un changement climatique très brutal non pas provoqué par le CO2 mais tout simplement par la fumée.

Source : voir le doi dans le texte, en accès libre, illustration Wikimedia et Courtillot et al. Earth and Planetary Science Letters, 166, 177-195 (1999)

Crise climatique : les ouragans passés dans les Caraïbes

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Il m’est apparu utile sinon important de relater dans ce blog une étude réalisée par le laboratoire de dendrologie de l’Université de l’Arizona à Tucson en collaboration avec les Universités de Santiago de Compostelle et de Huelva en Espagne. Il s’agit d’une sorte de compilation d’évènements passés qui à première vue n’ont aucune relation entre eux mais révèlent avec une clarté inattendue l’effet des variations passées du climat sur des évènements qui en raison de la grande peur climatique actuelle sont à prendre très sérieusement en considération. Comme les variations passées de l’activité solaire ont été largement ignorées par les spécialistes du climat constituant l’organisme onusien appelé IPCC, qu’il s’agisse de l’optimum médiéval ou du minimum dit de Maunder, il était tout à fait opportun de relater ces travaux relatifs à la fréquence des ouragans qui ont sévi durant la période froide dite de Maunder (1645-1715) dans la Caraïbe, un fait qui a pu être relié à la croissance des arbres en Floride durant la même période. La peur climatique entretenue par l’IPCC fait état d’une aggravation des phénomènes météorologiques naturels et en particulier les ouragans (hurricanes dans la Caraïbe, typhons dans le Pacifique nord-ouest et cyclones dans le Pacifique sud et l’Océan Indien). Il n’en est pourtant rien depuis près de 20 années, curieux is not it ?

Les archives espagnoles couvrant la période 1495-1825 recouvrant largement le minimum de Maunder font état de la disparition en mer de 657 bateaux liés à des ouragans tropicaux mais la base de données relative aux ouragans tropicaux qui ont sévi dans l’Atlantique Nord sur la période équivalente ne correspond pas avec les archives espagnoles. Il a donc fallu trouver une autre approche chronologique pour relier ces évènements entre eux. La dendrochronologie relative aux arbres de Floride a permis d’établir une relation crédible entre ces phénomènes météorologiques violents et les archives espagnoles sur la période 1707-2009. La croissance des pins de Floride (Pinus elliottii), en particulier ceux de Big Pine Key, est perturbée par l’apport d’eau chargée en sel occasionnée par les ouragans et la dendrologie permet d’établir une chronologie très précise des évènement cycloniques ayant atteint les côtes et par voie de conséquence cette approche constitue ce que l’on appelle un autre « proxy » décrivant la dynamique climatique de l’Atlantique Nord sur de relativement longues périodes.

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Le minimum de Maunder est l’évènement climatique le plus sévère répertorié précisément durant ces derniers siècles. Il est la résultante de quatre facteurs liés les uns aux autres ayant résulté en une chute spectaculaire du nombre de chavirages des bateaux marchands espagnols qui n’enduraient plus de conditions météorologiques extrêmes. La fréquence des ouragans dépend de la température absolue des eaux de surface dans la zone tropicale de l’Atlantique Nord. Elle dépend également de la différence de température des eaux de surface entre les zones tropicales et les zones sub-tropicales. Cette fréquence dépend encore des oscillations australes du phénomène El Nino (ENSO) et enfin des oscillations de l’Atlantique Nord (NAO). Ces conditions ont été profondément modifiées à la suite de la chute de l’activité magnétique solaire durant cette période qui a été largement vérifiée par de nombreux proxys dont le plus évident était la quasi absence de taches solaires pendant plusieurs dizaines d’années. Il y eut une conjonction de ces évènements climatiques qui renforça le phénomène conduisant à une raréfaction des ouragans. Le nombre de navires marchands espagnols perdus en mer durant cette période a donc chuté par voie de conséquence.

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Comme les projections actuelles des astrophysiciens font état d’une reproduction dans un futur proche du même type d’effondrement de l’activité magnétique solaire qui eut pour conséquence un refroidissement dramatique et durable du climat lors du minimum de Maunder il était donc intéressant d’établir une relation entre cette période historique et les évènement réels qui eurent lieu et qui sont sans ambiguité répertoriés dans les archives espagnoles. Il est apparu que la fréquence des ouragans s’est effondrée durant cette période comme cela a été montré par dendrochronologie et dans le même temps le nombre de bateaux marchands perdus en raison de conditions cycloniques a été considérablement réduite comme le montre l’illustration ci-dessous.

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Cette étude apporte donc un argument supplémentaire indéniable au sujet de l’effet de l’activité solaire sur les conditions météorologiques, et partant climatiques, qui ont prévalu durant cette période de refroidissement sévère. Il est intéressant enfin de rapprocher cette étude avec le « hiatus » climatique de ces dernières 20 années qui n’a pas pu établir une quelconque augmentation des températures moyennes observées objectivement, corroborant les données relatives à la baisse substantielle de l’activité solaire qui ne peut plus être niée ainsi que la diminution du nombre d’ouragans de catégorie 3 et plus qui ont atteint la terre ferme nord-américaine durant cette même période. Il est également intéressant de mentionner le renversement de tendance de la NAO (voir le lien) depuis la fin des années 1990.

En quelque sorte l’histoire passée, avec des rapprochements inattendus, apporte de nouveaux arguments en faveur d’une prédominance des variations de l’activité magnétique du Soleil sur le climat terrestre. Finalement il paraît donc vain sinon malhonnête de continuer à nier que le Soleil n’a pas d’effet sur le climat terrestre. Ce n’est plus l’affaire des scientifiques honnêtes que d’affirmer le contraire mais cela relève désormais uniquement des politiciens, des organisations non gouvernementales et des corporations multinationales que de soutenir que le climat est perturbé par l’activité humaine …

Sources et illustrations : http://www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1519566113

http://dx.doi.org/10.1016/j.earscirev.2016.02.005