Chronique cinématographique : « Le Sexe Faible »

Quel réalisateur oserait aujourd’hui titrer son œuvre ainsi ? Avant même la sortie du film il y aurait une levée de boucliers pour condamner un tel film. Et pourtant ce film datant de 1933 est une chronique acide et cynique de la bourgeoise parisienne fortunée pouvant s’offrir le luxe de vivre dans un palace parisien l’année durant. La principale préoccupation des mères de famille est de trouver une épouse à leur fils. Mais cette future épouse doit être richement dotée, comprenez disposer lors de son mariage d’une fortune que ses parents lui auront attribué dans ce seul but : trouver un époux du même milieu social. Le valet de chambre pétri de dérision à l’égard des clientes de l’hôtel sert de confident, de messager, d’informateur, et il lui arrive parfois de dénouer des intrigues complexes ou encore de mettre un des clients en contact avec un prêteur si ce client souffre de difficultés pécuniaires passagères voire récurrentes.

Parmi les acteurs maintenant tombés dans l’oubli comme Marguerite Moreno ou Victor Boucher la présence de Pierre Brasseur, l’un de ces chers chasseurs de dot. Cette peinture de la bourgeoisie des années 1930 est terriblement cynique et relègue l’homme, et non pas la femme, au triste rôle de dire « oui maman c’est celle que je veux épouser » contraint et forcé par la pression sociale. Les femmes jeunes sont des appâts mais ce ne sont pas elles qui sont faibles. Elles sont manipulées par leurs parents et doivent accepter leurs décisions en l’absence de tout sentiment amoureux. Ce sont bien les hommes représentants dans ce film de leur faiblesse et de leur soumission aux traditions bourgeoises.

Robert Siodmark, Allemand d’origine juive, a choisi de s’exiler dès l’arrivée d’Hitler au pouvoir en 1933, d’abord à Paris puis à Hollywood.inéma

Chronique cinématographique : « Le Hussard sur le Toit »

En 1832, l’année durant laquelle se déroulent les faits figurants dans le roman de Giono paru en 1951, la situation est critique. Une épidémie meurtrière de choléra ravage d’abord la région parisienne puis le sud de la France. En Italie du Nord la présence autrichienne alimente une montée du nationalisme italien qui aboutira bien des années plus tard à l’unification de l’Italie sous l’impulsion décisive de Garibaldi. Le roman de Giono a été adapté magistralement à l’écran par Jean-Paul Rappeneau. Coexistent dans le film trois histoires, l’épidémie de choléra, la longue chevauchée d’un hussard italien qui doit rejoindre son pays avec de l’or collecté auprès des émigrés italiens pour financer la rébellion contre l’Autrichien et enfin une admirable histoire d’amour non-dite et inachevée entre ce hussard et la jeune épouse d’un noble plus âgé qu’elle qui, fuyant le choléra, se retrouve sur la route du hussard italien en fuite vers l’Italie.

Le Colonel de hussards Angelo Pardi est incarné par Olivier Martinez et Madame de Théus par Juliette Binoche. Si Rappeneau a un peu trop insisté sur la gravité de l’épidémie en filmant des cadavres dévorés par des freux, allusion évidente au célébrissime film d’Hitchcock « Les Oiseaux » inspiré d’un roman de Daphné du Maurier, il apparaît cependant une autre histoire d’actualité : l’attitude des individus et des foules confrontés à l’épidémie, la suspicion, la crainte, la délation, les gestes barrière, les confinements ou quarantaines, la peur omniprésente et parfois le désespoir, exactement ce que des peuples européens viennent de vivre avec l’épidémie de coronavirus. Sans oublier la perte de liberté de déplacement étroitement surveillée et appliquée impitoyablement par les dragons, la police de l’époque. Comme Camus dans « La peste » Giono a bien pressenti à quel point l’être humain devient vulnérable quand il a peur car il devient incapable de réfléchir clairement. Angelo Pardi ne craint pas l’épidémie ni la contagion et il réagit à chaque instant sainement. Madame de Théus, subjuguée par la personnalité et l’esprit décisif de ce jeune homme, ne craint pas non plus la contagion bien qu’elle risque de succomber à son tour et n’est sauvée qu’à la dernière minute par le hussard.

À voir ou revoir ce magnifique film d’une actualité brûlante. Illustration capture d’écran (de mauvaise qualité).

Chronique cinématographique : « Breakfast at Tiffany’s »

Blake Edwards, le réalisateur de la série Pink Panther, avait signé son premier film mettant en scène l’inoubliable Audrey Hepburn en 1961. Le scenario est inspiré du livre éponyme de Truman Capote dont la présence indirecte dans ce film est incarnée par George Peppard, un écrivain en mal de notoriété. L’intrigue est sans intérêt sinon que Blake Edwards a laissé libre cours à son humour cocasse et aussi à sa misogynie dissimulée par la beauté et la féminité de « Holly » incarnée par Audrey Hepburn que l’on ne peut que constater en regardant cette oeuvre. De nombreux autres films, en particulier français, du moins ceux que j’ai en mémoire, traitent du même sujet de la stupidité d’une belle femme qui sait qu’elle a un pouvoir sur les homme en utilisant sa beauté. On peut citer « Sois belle et tais-toi » de Marc Allégret (1958) avec Mylène Demongeot ou mieux encore « Une ravissante idiote » d’Edouard Molinaro avec Anthony Perkins et Brigitte Bardot (1964).

Si Blake Edwards s’est abstenu de le dire clairement plus une femme est belle et désirable plus elle devient idiote. Ce n’est absolument pas une règle générale mais dans ma longue vie sentimentale j’ai été de nombreuses fois séduit par des femmes d’une beauté époustouflante, la seule raison qui me reste de croire encore à Dieu, qui se révélaient souvent (mais pas toujours) complètement obnubilées par leur beauté, leurs cils, leurs lèvres et la couleur qu’il fallait pour les rehausser, sans oublier naturellement leur obsession pour les toilettes mettant en évidence la plastique de leur corps.

Très bien, au moins dans ces conditions l’homme se sent supérieur, mais la satisfaction autre que sentimentale et sexuelle est inexistante à moins d’être en présence de celle que tous les hommes recherchent secrètement : la perle rare, belle, très belle et très désirable (simplement ou seulement parce qu’elle est belle, ce qui est en soi stupide et insuffisant) et dans le même temps très intelligente, cultivée, éventuellement capable de vous jouer une romance avec un violoncelle, alors c’est au tour de l’homme de devenir complètement idiot. Le protagoniste du film (George Peppard, l’écrivain prénommé « Paul ») frise parfois la bêtise car il n’arrive pas à résister à la beauté de Holly tout en étant fasciné par sa légèreté et sa bêtise imprévisibles.

Un beau film souvent comique et loufoque à voir ou revoir.

Chronique cinématographique : « Le fruit défendu »

J’ai délaissé cet aspect de mon blog et il y a quelques jours j’ai transféré d’un de mes disques durs un film que je n’avais encore jamais vu mais qui s’y trouvait pourtant parmi les quelques 3500 films que j’ai téléchargé avant que cette activité devienne impossible. Il s’agit d’un pur chef-d’oeuvre comme l’activité cinématographique française en produisait dans les années 1950. « Le fruit défendu » sorti en 1952 est inspiré d’un roman de George Simenon « Lettre à mon Juge » qui se termine mal et Henri Verneuil, avec la complicité de Jacques Companeez, va en faire un film somptueux qui dépeint la crise de la quarantaine que traversent beaucoup d’hommes, encore aujourd’hui, avec une finesse qui se trouvait peut-être dans le roman de Simenon que j’avoue ne pas avoir lu.

L’histoire se situe en Arles. Le Docteur Pellegrin, jeune veuf avec deux enfants, incarné par Fernandel, s’établit dans cette ville et épouse vite une fille de notable local qui va surtout s’occuper du statut social que lui procure ce mariage tout en délaissant son époux sur les plans sexuel et sentimental. Le médecin va rencontrer une jeune aventurière, incarnée par Françoise Arnoul, dont il va devenir profondément amoureux, le fruit défendu. La différence d’âge et de statut social entre les deux protagonistes ne pourra que se terminer par une rupture et tout rentrera dans l’ordre feutré de la bourgeoisie locale.

De mon modeste point de vue le rôle de Fernandel dans ce film est probablement le plus admirable, le plus dense et certainement le moins connu, sauf pour les amateurs de films de cette époque. Quant à Françoise Arnoul qui se souvient d’elle aujourd’hui ? Et pourtant Fernandel est mort il y a 50 ans, en février 1961, je crois me souvenir, et Françoise Arnoul a quitté ce monde le 20 juillet de cette année 2021 à l’âge de 90 ans, j’ai vérifié, dans l’indifférence totale alors qu’elle avait incarné la jeunesse française préfigurant la « nouvelle vague » vite éclipsée par Brigitte Bardot. À revoir ou découvrir, une œuvre d’art …

Chronique cinématographique : « Death Watch »

Ne disposant pas de la version française de ce film j’ai tout de même pu apprécier l’immense talent de Bertrand Tavernier qui vient de décéder d’autant plus que les acteurs sont tous anglais ou américains : Harvey Keitel, Harry Dean Stanton, Max Von Sidow, William Russel et Romy Schneider, autrichienne, dans son ultime apparition sur les écrans. Sorti en 1980 Death Watch, La Mort en Direct pour les francophones, est un chef-d’oeuvre subtil mélangeant la science-fiction et la vraie vie puisque Katherine Mortenhoe, incarnée par Romy Schneider, va mourir selon le scénario d’une série télévisuelle anglaise plutôt décoiffante, comme celle-ci disparaîtra quelques semaines après l’achèvement du film. Tourné à Glasgow et dans les environs de cette ville sans aucun intérêt touristique ce film prend le spectateur au tripes car il faut attendre la fin du film pour comprendre qu’il s’agissait d’une mise en scène consistant à implanter une caméra dans l’oeil du principal acteur (Harvey Keitel) qui doit suivre celle qui va, toujours selon le scénario de la série TV, mourir en direct.

Une suite de péripéties va rapprocher Keitel et Romy Schneider mais l’invraisemblable arrive, Keitel, à qui la firme de télévision a implanté une caméra dans un œil pour que cette poursuite de la mort soit filmée à tous les instants, va perdre la vue, perdre l’amour naissant qu’il manifestait pour Romy, et devenir un paria. La fin du film laisse planer un doute. Romy, poursuivie dans son refuge, un cottage au milieu de nulle part où habite un personnage, peut-être le père de Katherine, disparaît.

Death Watch se révèle un fiasco pour la chaine de télévision qui a financé le projet. Harvey Keitel retrouve sa vraie épouse, elle prendra soin de son époux aveugle et l’ensemble de la fiction retrouve la réalité presque banale du quotidien.

Belle réalisation de Tavernier qu’il faut absolument voir dans sa version anglaise avec des décors extérieurs âpres, agressifs, un scène surréaliste dans une église accueillant des sans-abri avec un pasteur caricatural et le monstrueux montage médical consistant à provoquer des douleurs violentes afin de simuler une mort prochaine pour la réalisation de cette sorte de reportage pour la chaine de télévision contre une forte somme d’argent. Finalement ce film de Tavernier que je considère personnellement comme l’un des plus achevés avec « Coup de Torchon » et « L’horloger de Saint-Paul » est une caricature très critique de l’emprise du monde télévisuel sur la personnalité des individus jusqu’à prendre des risques inadmissibles malgré le fait qu’il s’agit ici d’une fiction. Enfin ce film préfigure en quelque sorte la surveillance des individus à leur insu à des fins commerciales et l’un des exemples les plus représentatif de cette fiction réalisée en 1980 est Facebook qui avec ses 2,6 milliards d’adhérents volontaires, au sens d’Estienne de la Boétie, représente un revenu garanti pour cette société de 26 milliards de dollars chaque année puisqu’à son insu chaque utilisateur de Facebook « vaut » sur le marché 10 dollars. Je pense que Tavernier aurait réalisé un immense film à ce sujet. À voir ou revoir si possible en version anglaise.

Chronique cinématographique : « Le Cas du Docteur Laurent »

Ce film sorti sur les écrans français en 1957 est d’une brûlante actualité nonobstant le fait qu’il traite d’un sujet devenu avec les années presque banal. Il s’agissait de l’accouchement sans douleur, une technique révolutionnaire à l’époque et qui connut ses heures de gloire avant la mise en pratique de l’accouchement sous anesthésie dite péridurale réservée aux femmes parturientes ne désirant pas souffrir. Pourquoi j’ai choisi d’écrire ces quelques lignes que je considère comme je viens de l’écrire « d’une actualité brûlante » ? Tout simplement parce que ce film pourrait être réalisé aujourd’hui par un autre Jean-Paul Le Chanois avec un scénario écrit par un autre René Barjavel et mettant en scène d’autres acteurs que l’on a vu et revu sur les plateaux TV ces derniers mois. Le sujet serait tout autre. Il ne serait pas tourné à Saint-Martin de Vésubie, un admirable village, mais dans une ville comme Marseille par exemple. Le Docteur Laurent n’aurait pas de cravate ou de nœud de papillon mais ce serait un médecin oeuvrant dans un centre hospitalier universitaire et sa raison de vivre serait non pas d’épargner les femmes des douleurs de l’enfantement mais de combattre une maladie qui était encore inconnue il y a quelques mois alors que l’enfantement était déjà une expérience vécue chez nos ancêtres il y a des dizaines de milliers d’années. Il y aurait non pas Nicole Courcel (Francine) comme actrice principale mais par exemple Alexandra Henrion-Caude et non pas Jean Gabin qui se prêtait parfois admirablement à ce genre de rôle mélangeant la douceur, le pragmatisme et le professionnalisme novateur mais un Didier Raoult.

Vous savez où je veux en venir : des plaintes multiples arrivent sur le bureau du Président du Conseil de l’Ordre des Médecins du département des Alpes-Maritimes et le Docteur Laurent est convoqué pour être rappelé à la raison, un conseil constitué de médecins n’ayant visiblement pas approché un malade depuis de nombreuses années. Mais les évènements ne se passent pas comme ils l’entendent. La population du village arrive en renfort pour que cet aréopage de « docteurs » de la loi médicale assistent sous leurs yeux à l’accouchement sans douleur de Francine engrossée par un godelureau ignorant le sens des responsabilités.

Tout rentrera dans l’ordre et l’hydroxytruc … pardon ! l’accouchement sans douleur, sera adopté dans ce village perdu au milieu des montagnes puis dans de nombreuses autres bourgades et grandes villes de France et d’ailleurs. Il semble nécessaire à la médecine que des trublions fassent part de leurs connaissances nouvelles, souvent avec fracas, parfois avec un pragmatisme admirable, pour que de nouvelles approches médicales soient envisageables puis envisagées et enfin adoptées malgré la réticence des ignorants réfractaires au progrès (le film se situait en 1957) mais la situation est bien différente aujourd’hui. Ce sont les médecins plutôt désintéressés dont le seul but est de sauver des vies qui sont vilipendés par leurs collègues du Conseil de l’Ordre ou d’autres organismes orbitant autour des décideurs politiques dont la préoccupation est de réaliser des profits surtout pas en approchant des malades mais en côtoyant d’autres décideurs et des responsables de grandes entreprises dans la main desquels ils se nourrissent sans aucune retenue. Un film à voir ou revoir.

Je voudrais ajouter que l’un des romans qui a le plus marqué mon adolescence est « Ravages » de Barjavel dont l’histoire est une vision apocalyptique du monde et où il est question, selon mes souvenirs, d’une épidémie. J’espère trouver ce roman disponible sur le web pour le relire avec curiosité … Note. J’ai trouvé cette affiche sur le web car après avoir revu ce film soigneusement mémorisé dans l’un de mes précieux disques durs j’ai eu un gros accès de fainéantise pour réaliser une capture d’écran.

Chronique cinématographique : « La Loi »

C’est en mettant un peu d’ordre dans mes disques durs que j’ai découvert un film jamais encore vu, un pur chef d’oeuvre, La Loi. C’est un film franco-italien réalisé par Jules Dassin paru sur les écrans en 1958. Inspiré d’un roman de Roger Vailland le scénario et les dialogues ont été écrits par Jules Dassin et Françoise Giroud. Un petit mot au sujet de Françoise Giroud, journaliste et écrivain était elle-même la fille d’un journaliste turc. Le début de sa carrière d’écrivain et de journaliste est marqué par ses apparitions dans quelques films et surtout des scénarios et des postes d’assistante-réalisatrice. Jules Dassin, d’origine grecque, a eu une carrière de cinéaste mouvementée, débutée à Hollywood il devra venir en Grande-Bretagne puis en Grèce et enfin en France pour échapper à la « chasse aux sorcières » en raison de ses opinions politiques puis à la dictature des colonels. Il rencontra l’actrice grecque Melina Mercouri qu’il épousera lors du tournage de « Jamais le Dimanche », film sorti sur les écrans en 1960 et qui éclipsa totalement par son immense succès « La loi », film sorti deux ans plus tôt.

« La loi » est un jeu traditionnel assez bizarre pratiqué dans les bars un peu clandestins au cours duquel le maître du jeu impose sa loi. Le film lui-même relate une histoire imaginée par Vailland qui se situe dans le petit village de pêcheurs de Porto Manacorea. Je ne me lancerai pas dans un récit de cette histoire mais brièvement les événements qui se déroulent illustrent la vraie vie où il y a des dominants et des dominés, les premiers imposant leur loi aux seconds. Parmi les dominants pas toujours reluisants on trouve Pierre Brasseur (Don César), un vieux hobereau ruiné vivant reclus dans un capharnaüm encombré de statues d’origine grecque. Il est servi par un équipe de belles servantes dont Gina Lollobrigida (Mariette) que tous les mâles du village convoitent. Le pouvoir est également partagé par un juge éclipsé par la beauté et la prestance de son épouse incarnée par Melina Mercouri, l’inspecteur de police et le caïd collaborateur de la police Yves Montand (Brigante). Arrive un ingénieur agronome chargé d’étudier l’assèchement des marais environnants incarné par Marcello Mastroianni qui va apprendre le jeu de la loi dans la taverne mais également dans la vraie vie.

L’histoire est une peinture réaliste de la vie dans un petit village où tous les habitants sont à l’affut des moindres faits et gestes de chacun, histoires d’amour et histoires d’argent. Et la loi du plus fort ne triomphe pas toujours … À voir ou revoir absolument !

Illustration : capture d’écran, la scène au cours de laquelle Mariette se laisse séduire par Brigante dans le but de le « marquer » au visage avec son propre couteau que lui a volé l’un des adolescents désoeuvrés du village qu’elle contrôle, elle-même acteur du jeu de la loi.

Chronique cinématographique : La Vérité

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Il y a bien longtemps que j’ai laissé sur mon blog l’une de ces chroniques qui détendent et nous font oublier tout ce quotidien si difficile à supporter. Dans mes disques durs remplis de films que j’ai illégalement mis en mémoire, mais il y a bien des années, j’ai retrouvé par hasard une véritable pépite réalisée par Henri-Georges Clouzot et sortie sur les écrans en 1960 mettant en scène une sublime Brigitte Bardot, probablement son meilleur film, La Vérité. On retrouve dans ce film cette palette d’acteurs français prestigieux et inoubliables qui firent la grandeur du cinéma français de ces années-là, Paul Meurisse, Charles Vanel, Louis Seigner …

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À l’époque BB défrayait la chronique avec sa beauté aggressive et dans ce film elle joue le rôle d’une jeune femme légère qui n’a trouvé que son cul pour rivaliser avec sa soeur (Marie-José Nat), la fille sage et studieuse de la famille, une famille provinciale traditionnelle qui cultivait les valeurs bourgeoises d’éducation et d’enseignement alors qu’une autre jeunesse vivait pleinement dans le Quartier Latin à Paris.

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BB (Dominique dans le film) séduit le fiancé de sa soeur et tombe dans son propre piège, celui d’un amour passionnel qui lui échappe. Elle finit pas assassiner son amant pourtant promis à sa soeur et n’a plus d’autre choix que de se suicider, en prison, car elle sait qu’elle ne pourra pas échapper à une condamnation à mort.

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Un film magnifiquement bien joué que je conseille à tous mes lecteurs de voir, revoir et revoir encore. Illustrations : captures d’écran du film

Chronique cinématographique : prémonition …

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Il s’agit d’un film québécois presque insignifiant de Marion Briand que j’aime bien parce qu’il débute à Tokyo. On y voit l’actrice principale Pascale Bussières, sismologue prénommée Alice, prendre la Yamanote et se promener dans les ruelles de Shinjuku. Elle travaille dans un centre de prédiction des séismes de Tokyo, vaste programme, et elle est appelée par les autorités canadiennes à Baie-Comeau, dans la péninsule du Labrador, à 420 kilomètres au nord-est de la ville de Québec, car il s’y passe des choses étranges : la marée a cessé à cet endroit précis. Une fois rendue sur place avec son équipement sophistiqué pour tenter d’aider les autorités locales elle rencontre une ancienne amie, Catherine, incarnée par Julie Gayet.

Le jeu de Pascale Bussières (Alice) est tout à fait attachant, c’est une personne un peu mystérieuse, une professionnelle, qui cherche comme un détective à comprendre la cause de ces évènements étranges. Son amie Catherine est plutôt légère, un brin frivole, avec toujours un sourire stéréotypé au coin des lèvres et un regard plutôt inexpressif, pour ne pas dire niais. Ce qui m’a accroché si on peut dire les choses ainsi est une réplique de Catherine (J Gayet) quand son amie Alice lui confie qu’elle est amoureuse du pilote de Canadair qui combat des feux de forêts dans l’arrière-pays. Tout un chacun sait qu’au Canada et en particulier dans la belle province du Québec ce ne sont pas les hommes qui draguent mais l’inverse et sans trop de détours verbaux.

Or Catherine (J Gayet) a aussi cherché à attirer ce pilote qui est au centre de cette histoire un peu rocambolesque de disparition de la marée. Elle a arraché systématiquement la page où figure le numéro de téléphone du pilote et elle l’avoue à Alice. Il s’en suit alors cette confidence de Catherine : « Si la vie était bien faite je n’aurais pas d’amours impossibles, ou alors ce ne serait pas toujours avec les hommes les plus attirants ». Prémonitoire …

Illustration : capture d’écran vers 1h15mn30

Nostalgie …

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Le transport fluvial est l’un des moins onéreux en termes d’énergie et d’émission de carbone puisque la France est toujours équipée d’un réseau de canaux admirable qui ne sert plus qu’à quelques aventuriers fumeurs de marijuana à bord de leur petit studio flottant vers des destinées inattendues. Par exemple si on part du port de l’Arsenal à Paris, connu pour être squatté par de riches mafieux qui, vivant sur des épaves flottantes, ne paient pas d’impôts mais ce sont pour la plupart des politiciens ou des homosexuels aux bras longs (et le reste) qui ont pignon sur la Place des Vosges, suivez mon regard frétillant, on peut déboucher sur la Seine, cimetière de batteries d’automobiles, c’est vrai, j’ai bavardé un jour avec un homme grenouille de la ville de Paris qui se demandait pourquoi tant de gens jetaient la batterie usagée de leur véhicule automobile dans la Seine …

Depuis la Seine on peut aller avec sa petite péniche où bon vous semble, jusqu’à Sète ou Toulouse, ça fait rêver ! Et si on se risque dans la direction opposée dans le tunnel du canal Saint-Martin sous le boulevard Richard-Lenoire qui se termine justement au port de l’Arsenal on peur remonter loin en Europe, jusqu’à Riga et aller jusqu’à la mer Noire en descendant le Danube, imaginez la croisière le long des canaux européens, un véritable périple pour lequel, afin d’en savourer le piquant, il faut prendre son temps.

C’est en revisionnant pour la énième fois « Les Valseuses » tout en admirant les nichons et la touffe de Miou-Miou que m’est venue l’idée de suggérer au ministre de l’environnement (et de l’énergie), ancien faucheur d’OGM subventionné par Greenpeace, de réhabiliter les chemins de halage si chers à Simenon dans ses romans adaptés dans des téléfilms de bonne qualité avec Gabin, Cremer ou Richard. Pourquoi donc, afin de minimiser les émissions de carbone, ne pas remettre en état ces chemins de halage, de créer des fermes de percherons avec des relais, en somme de rendre aux canaux de Freycinet leur raison d’être. Charles de Freycinet, polytechnicien de son état (comme NKM) fut le promoteur de la modernisation du système navigable français qui ne sert plus aujourd’hui qu’à quelques plaisanciers qui ont le loisir de flâner le long de ces voies navigables inoubliables.

Quel gâchis en terme d’énergie alors que deux couples de percherons pourraient avantageusement remplacer le vilain moteur diésel de la péniche de gabarit « Freycinet » si toutefois les chemins de halage étaient remis en état et si les admirables chevaux de trait pouvaient être remplacés aux écluses et autres relais avec naturellement le foin et l’avoine qui leur convient plutôt que le vilain diésel pollueur et générateur de particules ô combien polluantes, alors que les pétulances des percherons sont négligeables en termes de pollution ou de réchauffement. Quelles économies de carbone, quel retour vers de vraies valeurs écolo compatibles tant souhaité par les écologistes dont fait partie le ministre sus-nommé, quelle belle vision d’une péniche chargée de bon blé tendre de la plaine de Beauce allant vers les Flandres pour revenir vers Paris avec des oignons de tulipe, ou allant vers les pays de Saône et revenir avec des barriques pleines d’un bon beaujolais rougeoyant et gouleyant …

Mais je m’égare et pour rester sérieux, il est vrai que la remise en exploitation du système fluvial serait un atout non négligeable pour le combat contre les émissions délétères de gaz carbonique. Cependant il faut remettre en état les berges qui s’effondrent, les écluses fuyardes et vermoulues, et surtout les chemins de halage qui sont pour la plupart impraticables, envahis par les ronces et les buissons ou tout simplement interrompus par des constructions illégales. Car tout de même le réseau de canaux, au même titre que les autoroutes (qui ont été bradés à des copains des politiciens au pouvoir), font partie du patrimoine de la France.

Je ne citerai qu’un exemple, celui du canal de Bourgogne qui relie la Seine à la Saône en traversant le massif du Morvan. Ce canal le long duquel je suis souvent allé me promener en vélo dans ma jeunesse aux alentours de Pouilly-en-Auxois, un véritable ouvrage d’art long de 240 kilomètres, comporte 189 écluses, plusieurs tunnels dont un de plus de 3 kilomètres et des ponts-canaux dont celui de Saint-Florentin qui m’impressionna lorsque j’avais à peine treize ans car je ne comprenais pas que l’on puisse faire circuler des bateaux au dessus de ma tête …

Alors, monsieur le ministre, allez-vous oeuvrer dans ce sens. Je me permets d’en douter … Mais mes remarques n’empêchent pas mes lecteurs de revisionner « Les Valseuses » et d’admirer la parfaite anatomie de Miou-Miou !