Le Démon est toujours parmi nous !

 

Le Pape s’est déclaré opposé au créationisme. C’est une bonne nouvelle en soi. Il est vrai que la démarche du Vatican de nier le créationisme relève d’une pure logique scientifique qui finalement admet l’hypothèse darwinienne de l’évolution maintenant largement confirmée par des milliers d’études sur l’ADN. L’ensemble du monde vivant évolue, que ce soient les animaux y compris l’homme, les plantes, les insectes ou les microorganismes. Le monde tel qu’on le connait n’a pas été figé une fois pour toutes à sa création par un être suprême tel qu’il est dit dans la Bible. Il aura fallu plusieurs milliards d’années pour qu’apparaissent les premiers êtres organisés puis en quelques centaines de millions d’années l’explosion du monde des vertébrés a finalement conduit à l’homme. On retrouve des gènes chez l’homme qui sont présents dans les levures, on ne peut donc pas nier l’évolution sur la base des écrits de la Bible relatifs à la création du monde. Le Pape a donc pris position et réfuté d’un revers de main cette pseudo-science pour le moins obscurantiste.

Par contre et c’est un peu surprenant, le même Pape, faisant preuve de clairvoyance scientifique d’un côté, retombe dans les pires aspects de la religion en accueillant à Rome, à l’occasion de la fête des morts le Congrès des exorcistes et l’Eglise catholique en compte pas moins de 300 dûment reconnus pour leurs pouvoirs presque surnaturels d’engager le combat contre le Démon.

Capture d’écran 2014-10-30 à 09.30.55

Ça me rappelle cet excellent film de Mikael Håfström, Le Rite (2011), avec l’immense Anthony Hopkins qui, tout curé qu’il est au Vatican dans ce film, exorcise les possédés du démon dans des mises en scène tellement réalistes qu’on croit être soi-même possédé. Dans son rôle, c’est un spécialiste en la matière et il « éduque » un jeune américain à la pratique complexe de l’extirpation du démon qui a pris possession d’êtres humains un peu fragiles psychologiquement. Pour l’Eglise être exorciste n’est pas un travail d’amateur. Et pour cause ! Il existe une association internationale des exorcistes reconnue d’ « utilité religieuse » pas plus tard qu’en juin dernier par la très sérieuse et très honorable Congrégation pour le Clergé dont le siège est au Vatican. Les « bonnes pratiques » de l’exorcisme ont été précisément définies et elles font la part entre la possession par le démon et une banale maladie mentale.

Si vous croyez rêver en lisant ces lignes, pincez-vous car c’est vrai ! L’article 1172 ou plutôt le « Canon » 1172 de la Loi Canon définit très précisément l’exorcisme. Pour exercer ce métier un peu (très) spécial il faut être reconnu apte par le Vatican. À Rome le Père Vicenzo Taraborelli « consulte » tous les matins, sauf le jeudi, sur simple appel téléphonique. Bien qu’âgé de 76 ans ce vénérable exorciste sévissant depuis plus de 50 ans effectue parfois une centaine d’interventions par semaine et il peut se glorifier devant les anges d’avoir formé durant sa carrière plusieurs centaines d’exorcistes car le mal ne fait qu’empirer. Pour le Vatican, l’affaiblissement de la foi est propice au démon qui prend possession d’un nombre croissant de personnes qui finissent par perdre la raison à la suite des œuvres incontrôlables du diable.

Malgré toutes les avancées scientifiques récentes concernant la biochimie et le fonctionnement du cerveau, l’exorcisme constitue un aspect spirituel de cette approche qui peut convenir à certains croyants se sentant possédés par le diable. C’est en tous les cas l’argument qu’avancent les très sérieux spécialistes vaticanesques de l’exorcisme. Le rite de l’exorcisme est parfaitement codifié par l’Eglise catholique, ce n’est pas du cinéma mais bien la réalité. Après une brève confession personnelle pour se purifier l’âme l’exorciste arrose le possédé d’eau bénite et récite des prières variées puis se met carrément à insulter le diable en lui demandant instamment de quitter l’âme qu’il a possédé. C’est écrit là : http://www.catholic.org/prayers/prayer.php?p=683 . À la fin du rite le possédé guéri, donc délivré du démon, est prié d’assister à la messe chaque jour pendant au moins une semaine, en quelque sorte une convalescence.

Conclusion, pour le Pape qui fait pourtant preuve d’une certaine ouverture d’esprit, le démon est toujours parmi nous et beaucoup plus présent qu’on a tendance à le croire … Mais au fait c’est qui, c’est quoi, qui c’est celui-là ? Il est probablement très difficile pour un esprit rationnel d’obtenir une réponse satisfaisante de la part du Vatican.

Source : The Daily Beast

Brève : L’Assemblée Nationale s’intéresse aux chats et aux chiens.

Capture d’écran 2014-10-30 à 22.28.12

Alors que tous les voyants sont au rouge sombre en France, que font les députés ? Il se grattent le crâne pour savoir si les chats et les chiens sont des biens meubles ou simplement des animaux comme les sangliers ou les cochons … Ce qui se passe à l’Assemblée Nationale est devenu tellement surréaliste et caricatural qu’on peut se demander légitimement pourquoi les citoyens ont voté pour ces incapables. Des ONGs comme 30 millions d’amis, financées par les impôts que paient les moutontribuables, revendiquent une existence juridique pour les animaux de compagnie comme les chats et les chiens. Comme le dit si justement H16 dans son blog, la France est un pays définitivement foutu ! Pendant ce temps Thevenoud est toujours député, ça en rajoute au surréalisme de cette institution.

Source : Le Figaro en ligne, crédit photo Le Figaro.

Cancer de la prostate, fidélité et infidélités, rapprochement surprenant !

4909-cadres-photos-femmes

Entre 2005 et 2009, dans le cadre d’une étude relative à l’apparition de cancers de la prostate en liaison avec l’environnement réalisée à l’Université de Montréal, 3208 hommes ont été sollicités pour répondre à un questionnaire détaillé comportant entre autres sujets une description aussi fidèle et objective que possible de leur activité sexuelle. L’étude s’est limitée géographiquement à la métropole de Montréal, la deuxième plus grande ville francophone du monde après Paris. Durant cette période 1590 d’entre eux furent diagnostiqués avec un cancer de la prostate. Il est important de préciser que les tranches d’âge se répartissaient ainsi : quarantaine 2 %, cinquantaine 24 %, soixantaine 50 %, et plus de 70 ans 23 % avec des pourcentages sensiblement identiques dans le groupe témoin non affecté par ce cancer. Il faut rappeler ici que la fréquence d’apparition du cancer de la prostate se trouve être vers la soixantaine. Tous les paramètres socio-économiques ou ethniques et les habitudes de chacun ont été statistiquement pris en compte comme la cigarette ou l’alcool ainsi que les maladies sexuellement transmissibles (MST) dont avaient souffert tant les individus contrôles (sans cancer de la prostate) que les autres.

Il est apparu tout de suite que les hommes ayant déclaré n’avoir que très rarement ou n’ayant eu aucune activité sexuelle avaient deux fois plus de chances de souffrir d’un cancer de la prostate. On le suspectait déjà mais cette dernière étude le confirme. Il pourrait s’agir d’une accumulation de substances toxiques dans le fluide prostatique stagnant dans la glande mais ce point précis ne constituait pas l’objet de l’étude. Aucune corrélation n’a pu être établie sur l’incidence de cancer et les MSTs, quelles qu’elles soient, ayant pu être contractées durant l’activité sexuelle, 12 % des hommes interrogés ayant déclaré avoir eu une ou plusieurs MSTs, on est au moins rassuré sur ce point !

Par contre cette étude a révélé des faits pour le moins surprenants. Les hommes hétérosexuels, mariés ou non, ayant déclaré avoir eu plus de 20 partenaires sexuelles (au féminin) différentes étaient significativement moins exposés au cancer de la prostate, 30 % de moins, ce qui est considéré comme significatif, par rapport aux lots contrôles fidèles à une seule partenaire, en général, selon l’étude, à leur épouse. Qui plus est, ce même lot (disons les hommes volages) étudié a montré que ceux-ci souffraient de formes moins agressives du cancer, au moins pour 20 % d’entre eux. Il apparaît d’ailleurs que cette étude a arithmétiquement montré que beaucoup d’hommes mariés étaient infidèles mais ce n’était pas son objet et il n’en a pas été fait mention dans les conclusions de l’étude, on est rassuré aussi !

L’étude a aussi englobé des homosexuels et là ce fut la surprise. Plus les homosexuels avaient eu de partenaires durant leur vie sexuellement active plus ils étaient exposés à un cancer de la prostate de forme peu agressive, certes, mais dans une proportion alarmante puisque le risque était accru de 500 %. Par opposition, les homosexuels fidèles au même partenaire n’avaient pas plus de risque de souffrir d’un cancer qu’un hétérosexuel n’ayant qu’une seule partenaire comme un homme marié fidèle à son épouse. Ce résultat a conduit les auteurs de cette étude à spéculer sur les causes éventuelles d’un tel résultat. L’hypothèse la plus vraisemblable serait que la prostate subit des traumatismes répétés lors des pénétrations anales.

Que faut-il en conclure ? Puisque les trois quarts des hommes hétérosexuels interrogés et ayant participé à cette étude étaient mariés, faut-il encourager une infidélité conjugale débridée pour prévenir, au moins partiellement, l’apparition de cancers de la prostate ? A contrario, faut-il encourager les homosexuels à être fidèles à un seul partenaire ? Faut-il enfin que les médecins conseillent une masturbation au moins hebdomadaire voire quotidienne aux solitaires ne manifestant aucun intérêt pour la « chose »* féminine ? La masturbation qui peut être considérée comme une pratique sexuelle en soi n’a curieusement pas été abordée dans cette étude. On peut douter que le corps médical prenne le risque de prodiguer de tels conseils décoiffants tant aux hétérosexuels qu’aux homosexuels et aux partisans de l’onanisme. Il ressort tout de même que les habitudes sexuelles des hommes sont très intimement, sans faire de jeu de mot, liées à l’apparition de cancers de la prostate.

Source : article paru dans le journal Cancer Epidemiology aimablement communiqué par le principal auteur de l’étude, le Docteur Marie-Élise Parent, vivement remerciée ici, article que je tiens à la disposition de mes lecteurs. Illustration : http://www.nouvelles.umontreal.ca/udem-news/

* Il n’y a aucune malice de ma part au sujet du terme « chose » utilisé ici, il ne s’agit que d’une figure de style.

MH17 : où l’on reparle d’un missile air-air …

Capture d’écran 2014-10-29 à 09.43.35

Les investigateurs néerlandais n’excluent plus une attaque aérienne du Boeing 777 de Malaysia Airlines par un missile air-air. Selon Fred Westerbeke, le chef du groupe d’investigation sur le crash du vol MH17, la situation risque d’être bloquée encore longtemps pour diverses raisons. D’une part demander à la Russie de communiquer les éléments d’information dont elle dispose, en particulier les photos satellitaires et les enregistrements radar, n’est pas pour le moment envisagé par les chancelleries occidentales compte tenu de la campagne anti-Poutine toujours alimentée par les USA et l’ensemble de l’Europe. D’autre part révéler que c’est bien un avion de la chasse ukrainienne qui a abattu de sang-froid cet avion de ligne civil serait tout à fait politiquement incorrect alors que l’Ukraine, tout du moins la partie occidentale du pays, à largement voté pour un rapprochement avec l’Europe lors des récentes élections législatives qui vont dans ce sens. Révéler que c’est un avion ukrainien qui a abattu le MH17 remettrait en cause un grand nombre de décisions et de postures politiques renforcées depuis ce crime. Des fragments métalliques qui ont été retrouvés dans certains cadavres et des valises ainsi que dans les restes de l’avion sont toujours en cours d’analyse et ces analyses permettront de remonter à la nature de l’arme qui a atteint l’avion.

Ce qui est le plus surprenant dans cette affaire est le refus apparemment catégorique des Américains de communiquer leurs observations satellitaires et le refus des autorités de Kiev de communiquer les enregistrements vocaux entre les pilotes du vol et le contrôle aérien au sol puisque l’avion semblait avoir dévié de la trajectoire établie sur son plan de vol. Ce qui est enfin troublant c’est la rapidité avec laquelle tant le gouvernement de Kiev que les Américains et les Européens ont accusé les séparatistes du Donbass sans aucune preuve à l’appui. Quelqu’un sait qui a abattu cet avion et comment, c’est-à-dire avec quelle arme mais pour le moment et peut-être encore pour longtemps c’est et ce sera l’omerta.

On vit dans un monde de mensonges et de dangers …

Source : Spiegel Online

En France (et ailleurs) on est bien espionné, la preuve !

En France (et ailleurs) on est bien espionné, la preuve !
Capture d’écran 2014-10-28 à 20.31.34

C’est après avoir « écouté » ou plus rassurant « géolocalisé » plus d’un milliard d’appels téléphoniques avec des téléphones cellulaires que des investigateurs en sont arrivé à cette cartographie téléphonée de la France. Les zones vertes sont dites estivales et les zones rouges de travail. On est tous espionnés, écoutés et géolocalisés. Je ne me sens pas concerné, je dois utiliser mon téléphone cellulaire au mieux deux heures par mois. Je me demande parfois pourquoi j’en ai un …

Source : University of Southampton

Encore une bonne occasion de parler de malbouffe …

web_obesite--672x359 - copie

L’industrie agroalimentaire parfaitement organisée pour réaliser le maximum de profits sur le dos des producteurs et au détriment de la santé des consommateurs maitrise parfaitement les techniques qui permettent de présenter au consommateur des aliments agréables au regard et au goût indépendamment de la qualité intrinsèque de ces derniers. Un des points les plus représentatifs de la dangerosité de la malbouffe industrielle est l’usage inconsidéré et sans aucun contrôle des graisses partiellement hydrogénées, un terme pudique pour dissimuler un processus industriel destiné à réduire le rancissement des graisses ajoutées dans un nombre impressionnant de plats préparés et précuits proposés aux accros du plat TV ou de la cuisine vite faite en fermant les yeux.

Or il se trouve que l’hydrogénation partielle des graisses et autres huiles fait apparaître des acides gras que l’organisme ne peut pas prendre en charge car ils sont artificiels et n’existent que très rarement dans les aliments naturels comme le lait ou les graisses animales. L’utilisation intensive de ces triglycérides essentiellement d’origine végétale que ce soient les huiles de colza, de coton, de soja, de tournesol ou de palmier à huile, le plus souvent mélangées avant ou après hydrogénation fait que quelques soient les législations adoptées, il existe toujours un risque pour la santé. Et un très gros risque !

L’équipement enzymatique dont nous disposons au niveau du foie et qui permet de dégrader les acides gras ne sait pas prendre en charge les acides gras « trans » et ceux-ci finissent par s’accumuler inexorablement dans le tissu adipeux « blanc », les artères, le foie, le mésentère et créent des réactions inflammatoires au niveau tant du cerveau que des reins, du pancréas ou des poumons. Un risque majeur pour la santé qu’on ne découvre que maintenant que le mal est irréversiblement visible par l’augmentation du nombre de personnes en surpoids ainsi que de celui des maladies cardiovasculaires et des diabètes de type 2 en constante augmentation et directement liés au surpoids et à l’obésité.

Triglyceride_Hydrogenation&Isomerization_V.1

L’industrie agroalimentaire a donc choisi de tuer les consommateurs pour réaliser encore plus de profits, c’est tout simplement révoltant.

Si vous êtes tentée, madame, d’acheter sur le linéaire de votre supermarché une huile étiquetée « huile végétale » sans autre indication, abstenez-vous car il y a danger. Si vous avez l’intention d’acheter un sachet sous plastique de chips abstenez-vous également car il y a presque 100 % de chances que ces frites aient été cuites avec de l’huile hydrogénée. Si vous avez l’intention de convier festivement vos enfants au McDo du coin, abstenez-vous également car les frites ont été selon toute vraisemblance précuites avec de l’huile hydrogénée. Le hamburger dont se goinfrera votre enfant innocent contiendra aussi des acides gras hydrogénés et le ketchup du sirop de maïs, mais là c’est une toute autre histoire … Enfin si vous décidez, cerise sur le gâteau, d’offrir à vos chères têtes blondes des pâtisseries à la boulangerie du coin il y a presque cent pour cent de chances que ces dernières aient été préparées avec des huiles partiellement hydrogénées.

Le moindre biscuit, n’importe quelle barre chocolatée, n’importe quel Kinder, sans parler du Nutella, contiennent des acides gras partiellement hydrogénés, si on est un adepte de la facilité et donc de la malbouffe on ne peut pas y échapper et les industriels, sciemment, empoisonnent des centaines de millions de consommateurs dans le monde entier.

Toutes les études réalisées sur les effets toxiques variés des acides gras « trans » convergent en ce sens qu’elles favorisent les maladies cardio-vasculaires, le surpoids et l’obésité, les réactions inflammatoires avec l’apparition du diabète de type 2, les cancers colorectaux, du sein et des ovaires et peut-être les maladies neurodégénératives. Malgré les mises en garde réitérées d’organismes comme la FDA aux USA ou la European Food Safety Authority qui dès 2004 a alerté les autorités sanitaires des pays de l’Union du danger des acides gras partiellement hydrogénés, rien, absolument rien n’a été modifié ! Les écologistes réclament un étiquetage « sans OGM » ou « bio » mais ils ont oublié que la présence d’acides gras hydrogénés était infiniment plus préjudiciable à la santé des consommateurs et ils se sont bien gardés d’exiger également un étiquetage spécifiant l’absence de ces acides gras. En effet, les intérêts économiques sont immenses et un tel étiquetage risquerait de provoquer une profonde crise de l’ensemble de l’industrie de l’alimentation en général. La puissance des lobbys de l’agro-alimentaire tant en Europe qu’outre Atlantique dépasse l’imagination et dépasse également les velléités de réglementation que tentent d’imposer les écologistes qui, faut-il encore le constater avec amertume, s’obstinent dans des combats totalement inappropriés et surannés …

Source open access : http://jaha.ahajournals.org/content/3/4/e001195.full

Où le bisphénol A fait reparler de lui, en bien pire !

 

Quand on sait (ou ne sait pas) que le bisphénol A (BPA) est l’un des composés chimiques les plus abondants dans de nombreuses applications on peut se poser de réelles question sur son innocuité. Le BPA en chiffres : 7 millions de tonnes produites en 2013 pour un chiffre d’affaire global de 14 milliards de dollars et une croissance annuelle d’environ 4,5 %. Ce marché considérable se partage entre Bayer, Dow, SABIC et Mitsui et quelques autres firmes chinoises et indiennes. En très bref les applications du BPA vont des polycarbonates, résines époxydes, retardateurs de feu, polyacrylates, donc essentiellement l’industrie des plastiques dont les films et emballages alimentaires, peintures et vernis mais aussi le papier thermosensible. On comprend dès lors qu’il est impossible de trouver une personne exempte de BPA dans son sang ou ses urines à moins d’aller dans un village reculé de la forêt de Papouasie-Nouvelle Guinée à condition qu’aucun ustensile en plastique ne soit utilisé dans ce village !

C’est sur l’application du BPA dans l’élaboration des papiers thermosensibles qu’une équipe de biologistes se répartissant entre l’Université du Missouri à Columbia et l’Université et l’INRA de Toulouse en France s’est penchée pour suivre le devenir du BPA dans l’organisme, une première mondiale dont les résultats sont tout simplement alarmants. Les résultats sont en effet assez effrayants surtout quand on sait que le BPA est reconnu comme étant un puissant perturbateur endocrinien. Les régulateurs ont tout simplement « oublié » la possibilité d’un passage direct dans le sang du BPA par contact avec la peau.

Madame, quand vous scrutez la note que vous tend la caissière de votre supermarché préféré, il ne fait plus aucun doute que le simple fait de tenir ce bout de papier entre vos mains vous contamine et d’autant plus si vous vous êtes lavé les mains avec un de ces détergents qu’on trouve de partout dans les toilettes ou tout simplement si vous avez les mains moites. Le BPA a tendance à mieux imprégner les mains si celles-ci sont propres ou humides ! Et si en sortant du magasin pour aller retrouver votre voiture vous ne pouvez pas résister à ouvrir un paquet de chips alors là vous aggravez votre cas, en quelque sorte vous inondez votre corps par deux voies, la peau et votre tube digestif en transférant le BPA de vos doigts sur les chips sans parler des traces de BPA provenant du sachet papier plastifié à l’intérieur contenant les dites chips.

C’est exactement ce qui se passe dans n’importe quel débit de malbouffe pudiquement appelé fast-food. Vous commandez votre truc préféré immangeable, hamburger ou chicken nuggets selon votre préférence, on vous donne votre ticket de caisse et vous payez. En attendant votre boite en carton contenant votre malbouffe préférée vous allez vous laver les mains, tous les fast-foods sont équipés de toilettes, vous revenez et tendez votre ticket que vous avez soigneusement gardé pour récupérer vos frites et des trucs que je ne nommerai pas et là vous vous contaminez soigneusement :

Capture d’écran 2014-10-25 à 11.22.01

Avec une crème solaire qui contient des anti-inflammatoires pour bien faire croire qu’elle est efficace contre les UV, c’est presque pire puisque la dite crème contient également des adjuvants accélérant la pénétration trans-dermique de ces produits et si vous allez à la buvette du coin au bord de la plage acheter un sandwich et une boisson gazeuse, vous avez aussi tripoté un ticket de caisse couvert de BPA et c’est tant pis, en moins d’une minute ce produit inonde votre organisme sans que le foie ait compris quoi que ce soit à des concentrations similaires à celles des hormones stéroïdes comme l’estradiol ou la testostérone ! Près de la moitié des papiers thermosensibles contient maintenant du BPS (voir le lien ci-dessous) autorisé par la loi parce que ce n’est plus du BPA mais du 4,4′-sulfonyldiphénol tout aussi bon perturbateur endocrinien que son cousin le BPA. Les industriels de la chimie continuent donc à nous empoisonner et perturber notre système endocrinien allègrement, 14 milliards de dollars c’est loin d’être négligeable et tant pis pour la santé de l’ensemble de l’humanité. Seulement aux Etats-Unis on estime que les dommages sur la santé dus au BPA (et au BPS) représentent un coût de 1,5 milliard de dollars par an. Pour conclure ce billet alarmiste voici une énumération non exhaustive des effets de ces produits qui interfèrent avec les récepteurs de l’estradiol et dans une moindre mesure de la testostérone. Chez les femmes : kystes ovariens, fertilité féminine diminuée, fausse-couche, accouchement avant terme, cancer du sein. Chez les hommes : diminution de la libido, qualité du sperme diminuée, diminution du taux d’hormones sexuelles. Et tant chez les femmes que chez les hommes : taux d’hormones thyroïdiennes altéré, obésité, perturbation des fonctions du foie, du système immunitaire et des fonctions rénales, inflammations, déficits neuro-comportementaux comme l’agressivité, l’hyperactivité et l’inattention, en particulier chez les enfants. C’est particulièrement alarmant pour toutes les caissières et caissiers de supermarché, ils sont de plus en plus mal embouchés, mais c’est vrai, il sont tous de mauvaise humeur et à la lecture de l’article cité en référence on le comprend !

Mais ce n’est pas tout, le papier recyclé de plus en plus utilisé pour plaire cette fois aux écologistes contient des quantités massives de BPA et on se contamine allègrement en lisant un livre ou un journal imprimé avec du papier écolo-compatible car le traitement des papiers usagés libère le BPA sous forme de monomère des papiers plastifiées à usage d’emballage alimentaire, terrible tableau ! Les chimistes sus-nommés s’en moquent, les instances de régulation ne leur ont jamais demandé d’étudier la pénétration trans-dermique ni du BPA ni du BPS, le protocole étant un gavage de souris avec des aliments contenant ces produits imposé par ces mêmes instances régulatrices que ce soit aux USA, au Japon ou en Europe, le BPA se trouvant instantanément transformé dans le foie pour être rapidement éliminé dans les urines sous une forme conjuguée qui n’est plus que très faiblement perturbatrice. Evidemment ce n’est pas de la faute des chimistes ni d’ailleurs des régulateurs. Ce qui suscite l’intérêt dans cette étude est un article paru dans Forbes (voir aussi le lien) qui critique amèrement ces travaux. Il est évident que Forbes ne cache pas ses penchants pour les grandes entreprises et les grandes fortunes et on peut dire que le commentaire d’un certain Geoffray Kabat est tout à fait dans la philosophie de ce site totalement dédié à la puissance de l’argent quelle que soit la manière dont il provient … On vit dans un monde surréaliste où une connivence très suspecte s’est installée entre les industriels et les politiciens. Les politiciens en charge de la régulation des produits mis sur le marché sont certainement soudoyés par les lobbys industriels, cela ne fait aucun doute, car l’enjeu financier est considérable et les dits industriels n’ont plus aucun scrupule comme par exemple remplacer le BPA par le BPS, tout simplement une mascarade, mais une mascarade légale. C’est tout simplement révoltant et écoeurant !

Source PlosOne en libre accès : DOI: 10.1371/journal.pone.0110509

http://www.forbes.com/sites/geoffreykabat/2014/10/24/the-alternative-universe-in-which-bpa-is-a-major-health-threat/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2012/10/06/nouvelles-du-bisphenol-a-a-en-fremir-dhorreur/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/01/23/la-chimie-industrielle-est-vraiment-pourrie/

et aussi ce récent billet sur ce blog :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/10/21/obesite-estradiol-cerveau-et-acide-palmitique-un-curieux-melange/