Nouvelles du Japon : le grave problème de la natalité

Le taux de fertilité des femmes japonaises en âge de procréer stagne depuis près de dix ans maintenant à 1,36 enfants par femme. Or pour maintenir la population à une valeur constante il faudrait que ce taux soit égal à 2,1. Les conséquences sur la démographie seront catastrophiques si aucune mesure radicale n’est adoptée pour relever ce taux au moins vers 1,8. Le nouveau Premier Ministre Yoshihide Suga vient de décider de mettre en place une mesure cosmétique pour juguler cette chute dramatique de la fertilité dans son pays : rendre accessible à toutes les femmes japonaises confrontées à des problèmes de fertilité en prenant en charge les frais de fécondation in vitro qui s’élèvent actuellement au Japon à environ 2 millions de yens, soit 18000 euros ( https://www.japantimes.co.jp/news/2020/10/18/national/social-issues/yoshihide-suga-infertility-birth-rate/ ).

Mais il s’agit d’une mesure « cosmétique » qui n’aboutira pas à une augmentation significative de la fertilité au Japon, ceci pour diverses raisons. Au Japon, après avoir eu son enfant, une femme reste à la maison pendant une année pour allaiter son nouveau-né, c’est une tradition. Si celle-ci avait un emploi et que son contrat de travail ne prévoyait aucune disposition particulière en cas de grossesse, cette femme n’a pas bénéficié d’allocations prénatales ni de congés de maternité payés ou non. Les femmes japonaises ayant un emploi hésitent donc à procréer car elles prennent le risque de perdre leur emploi ou dans le cas le plus favorable de voir leur carrière professionnelle profondément perturbée par leur grossesse suivie de cette année de repli traditionnel total à la maison. À moins d’exercer une profession libérale lucrative ou d’avoir un époux disposant d’un salaire confortable la femme japonaise hésite donc à « pouponner » voire abandonne totalement l’idée d’une grossesse.

Après l’année suivant l’accouchement il reste alors la solution du « jardin d’enfants », établissement acceptant les enfants âgés d’un an. Encore faut-il qu’il en existe un près de son domicile et qu’il y ait des places disponibles pour l’enfant à la date du premier anniversaire de cet enfant. Ce n’est pas un détail comme on pourrait avoir tendance à le croire ! Ceci oblige un couple de Japonais à programmer au moins deux ans à l’avance, année de quasi réclusion à la maison comprise, une grossesse tout en réservant à une date précise une place dans un jardin d’enfants (kindergarten). Cette exigence requiert de subtiles calculs calendaires pour le couple … Les jardins d’enfants sont pour la plupart loin d’être gratuits et les mères ne perçoivent pas d’indemnités de maternité durant l’année de réclusion à la maison avec leur enfant.

Depuis des décennies le Japon a négligé les mesures natalistes comme celles prises par la France à l’issue de la seconde guerre mondiale. Enfin l’opinion japonaise est très réticente à l’idée d’ouvrir ses frontières à l’immigration de peur que celle-ci ne porte atteinte aux valeurs traditionnelles du pays. Si en apparence le Japon s’est américanisé avec l’occupant américain depuis la reddition du Japon en 1945, ce pays reste fondamentalement attaché à ses traditions, à ses religions, le bouddhisme et le shintoïsme, et à son mode de vie. Il est vrai que contrairement à la Thaïlande il est rarissime de croiser dans la rue des militaires américains, l’île d’Okinawa étant une exception. L’engouement des Japonais pour le base-ball ne date pas de la fin de la deuxième guerre mondiale mais de la fin du XIXe siècle … Les mariages mixtes restent exceptionnels au Japon et ouvrir les frontières ne résoudra pas le problème central auquel est confronté ce pays, un taux de fertilité désespérément bas. Si le Premier Ministre Suga désire vraiment fixer un objectif ambitieux de « repeuplement » de son pays il devra donc en premier lieu créer des multitudes de jardins d’enfants gratuits, mesure que son prédécesseur avait déjà mis en place, mettre en place des mesures incitatives pour encourager les femmes à avoir des enfants : allocations prénatales, indemnités de congés de maternité, gratuité totale des crèches, un point qui aura pour conséquence une rémunération attractive des personnels de ces crèches, une modification des lois sociales du travail afin que les futures mères ne mettent pas en danger leur carrière professionnelle, et enfin un système d’allocations familiales et la mise en place d’un quotient familial au niveau des foyers fiscaux.

Illustration : sanctuaire dans la ville de Kyoto

L’évolution de la population mondiale : l’exemple du Japon

Faisons naturellement abstraction ici des délires eugénistes des mondialistes qui veulent mettre en place un système mondial coercitif de contrôle des naissances pour réduire à terme la population dans le monde sous le prétexte fallacieux qu’il est urgent de sauver le climat. Il suffit de considérer les exemples du Japon, de l’Italie ou encore de l’Allemagne pour se faire une idée de l’évolution de la population en une génération, c’est-à-dire 30 ans, à l’horizon 2050. Cette date a été considérée comme celle de tous les dangers si tous les pays du monde ne s’unissent pas pour sauver le climat car, au delà nous grillerons tous comme des toasts. Il faut raison garder pour deux raisons.

1. Personne ne sait dans quel sens évoluera le climat. Les géophysiciens prévoient un refroidissement généralisé déjà initié depuis quelques années, en dépit de ce qu’affirme la propagande, qui durera jusqu’en l’an 2100 en raison d’un effondrement de l’activité magnétique du Soleil alors que l’IPCC tente de faire admettre à l’opinion qu’au contraire la température moyenne augmentera de 2 à 5 degrés sans toutefois que les modèles utilisés pour une telle prédiction par cette institution soient capables de remonter dans le temps. C’est la raison pour laquelle on peut sérieusement douter de la pertinence de ces modèles. Il n’y a donc aucune raison de se préoccuper de l’évolution de la population mondiale en prétextant que le climat se dégrade parce qu’il y trop de bipèdes sur la planète.

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2. Pour les deux pays les plus peuplés du monde la population va s’effondrer et ils vont suivre l’exemple du Japon qui perd actuellement plus de 500000 habitants chaque année. La Chine a profondément modifié l’équilibre démographique naturel en introduisant au cours des années 1970 la politique de l’enfant unique. Cette politique combinée avec un « embourgeoisement » de la population a accéléré le déclin de l’accroissement de la population qui n’est plus aujourd’hui, malgré la réintroduction d’une politique de 2 enfants par famille en 2016, que de 0,3 % par an. La population chinoise va donc commencer à décliner au milieu de la prochaine décennie tout en vieillissant très rapidement. La Chine en est actuellement dans la situation que connut le Japon dans les années 1980.

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La situation de l’Inde est différente. Pendant de nombreuses années le gouvernement central de New-Delhi a négligé de prendre des mesures pour réduire l’accroissement de sa population. Les citoyens ont pris eux-mêmes une mesure beaucoup plus efficace justifiée par la tradition des mariages. En Inde le mariage d’une fille représente une dépense tellement élevée que de nombreux couples ne peuvent pas l’assumer. L’arrivée de l’échographie dans les dispensaires a fait le reste : l’avortement sélectif est tellement répandu qu’aujourd’hui il y a en Inde un profond déséquilibre entre le nombre de femmes nubiles et le nombre d’hommes en âge de se marier. Le rapport est en moyenne de 100 femmes pour 120 hommes. Si le taux de fertilité total de l’Inde est toujours de 2,4 les conséquences de ce déséquilibre seront dans un proche avenir tout aussi dramatiques que celles de la politique de l’enfant unique en Chine. L’élévation du niveau de vie moyen des Indiens conduira également aux mêmes conséquences qu’au Japon et en Chine : une baisse de la fécondité et par conséquent une décroissance progressive de la population au tournant des années 2030. Chaque fois que les gouvernements ou les particuliers – dans le cas de l’Inde – tentent de modifier les lois naturelle de la démographie ils favorisent une catastrophe apparaissant lors de la génération suivante et cette catastrophe ne peut plus être jugulée dans le cas de la Chine.

3. Le cas de l’Europe est exemplaire car il n’y a plus de pays où le taux de fécondité soit supérieur à 2,1 enfant par femme féconde. L’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, la France (qui n’est plus une exception) et les pays baltes vont assister à un vieillissement de leur population encore plus rapidement que ce que le Japon a connu depuis le début des années 1990. En 2030 la moitié de la population allemande aura plus de 65 ans et ce simple chiffre signifie que le modèle économique allemand s’effondrera, accélérant par voie de conséquence la chute de la natalité. Cette évolution atteindra l’ensemble des pays européens avec quelques années d’écart entre eux. En effet, envisager d’avoir des enfants qui seront confrontés à des conditions de vie difficiles plus tard constituera un argument très dissuasif.

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Si on analyse le graphique provenant d’une étude de la CIA (voir aussi le tableau : https://www.cia.gov/library/publications/resources/the-world-factbook/fields/356rank.html ) 100 pays sur 224, incluant de nombreuses dépendances ultra-marines de divers pays, ont un taux de fécondité supérieur à 2,1 et sur le continent africain seul le Maroc présente un taux de natalité inférieur à ce chiffre. L’alphabétisation et l’amélioration des conditions de vie quotidienne ne peuvent être que les seuls instruments pour que progressivement, peut-être en une génération si on reste optimiste, les taux de natalité diminuent et atteignent le seuil de 2,1 enfant par femme. On se retrouve donc vers 2050, décennie de tous les dangers mais beaucoup d’entre nous seront morts depuis longtemps …