Tout va très bien Monsieur Donald

Capture d’écran 2020-06-01 à 17.02.45

En Europe les politiciens ressemblent de plus en plus à des marchands de tapis orientaux. Ils sont entré dans des discussions interminables pour définir le montant des aides débloquées par la BCE pour donner un petit coup de pouce à l’économie qu’ils ont systématiquement sabotée à coup de confinements et d’interdictions diverses. Mais ces palabres risquent de ne trouver aucun arrangement car les pays vertueux ne veulent pas payer pour les pays cigales. Or créer des corona-bonds doit être une décision approuvée à l’unanimité, condition qui relève du rêve. Les Van der Leyen et autres affidés de Greenpeace exigent une reprise économique verte : la BCE veut bien aider les entreprises mais il faut qu’elles soient « vertes », en d’autres termes seuls les installateurs de moulins à vent (made in PRC) et de panneaux solaires (made in PRC) recevront quelques euros, les autres se contenteront d’acheter des cercueils si possible recyclables et de couleur verte parce qu’il va y avoir des victimes.

Pour se faire pardonner les politiciens européens tablent sur une chute du PIB européen de moins de 10 %. Ben voyons ! La FED d’Atlanta prévoit aux USA, malgré les 2000 milliards de dollars d’aide en argent frais, une chute de plus de 50 % du PIB américain et la FED de New-York se contente d’un moins-35,5 %. Les prévisions, au fil des jours, deviennent terrifiantes. Avec des révoltes populaires à quelques « blocs » de la Maison-Blanche, toujours autant de vieux qui meurent de la grippe coronavirale et plus de 40 millions de chômeurs nouvellement inscrits, sans compter les 50 millions qui ne cherchent plus de travail depuis longtemps et toujours pas d’avions dans le ciel les prévisions ont atteint de telles valeurs que la crise déjà installée va battre dans son ampleur celle de 1929. Aux USA tout est toujours plus grand !

Comme si les statisticiens du gouvernement américain voulaient rajouter une couche d’ironie ils ont découvert que le confinement avait eu au moins une conséquence bénéfique à défaut d’avoir jugulé la progression de la grippe : les petites économies des ouvriers et employés ont augmenté de 13 % et devinez pourquoi ? Tout simplement parce que ces gens d’en bas ont diminué leurs dépenses de 13 % pendant le confinement qui dans certains Etats n’est toujours pas levé. Comme la vie est belle chez Oncle Sam …

Source : MishTalk

Les pandémies passées montrent que les confinements et non les virus ont provoqué le chaos économique présent.

Capture d’écran 2020-05-22 à 11.54.22

Traduction d’un article paru sur le site du Mises Institute

Les « experts » des médias et des politiciens ont désormais l’habitude de prétendre que c’est la pandémie elle-même qui a fait monter le chômage en flèche et fait chuter la croissance économique. L’affirmation est que les travailleurs malades et mourants, les consommateurs craintifs et les chaînes d’approvisionnement perturbées provoqueraient un chaos économique. Certains ont même prétendu que les fermetures économiques aidaient réellement l’économie, car on prétend que permettre la propagation de la maladie détruirait à elle seule l’emploi et la croissance économique.

Mis à part le fait qu’il n’y a aucune preuve que les blocages fonctionnent réellement sur le plan strictement épidémiologique, néanmoins si on considère les pandémies passées – où les interventions gouvernementales coercitives étaient tout au plus sporadiques – nous devrions constater alors d’énormes dégâts économiques. Plus précisément, nous pouvons considérer la pandémie de grippe « asiatique » de 1957-58, qui a été plus meurtrière que la pandémie de COVID-19 ne l’a été jusqu’à présent. Nous pouvons également nous tourner vers la pandémie de 1918-19. Pourtant, nous verrons que ni l’une ni l’autre n’a produit de dommages économiques à une échelle que nous voyons maintenant à la suite des blocages imposés par les gouvernements. Cela remet en cause sérieusement les affirmations selon lesquelles les blocages ne sont qu’un facteur mineur de destruction économique et que le virus lui-même est le véritable coupable.

Réactions économiques en 1957-1958 et en 1918-1919

Le CDC estime qu’au 18 mai de cette année, environ quatre-vingt-dix mille Américains sont morts du COVID-19. Ajusté en fonction de la taille de la population, cela se traduit par un taux de mortalité de 272 par million.

Il s’agit (jusqu’à présent) de moins de la moitié du taux de mortalité pour la pandémie de grippe de 1957-1958. Dans cette pandémie, on estime que jusqu’à 116 000 Américains sont morts. Pourtant, la population américaine était alors beaucoup plus petite, ne totalisant que 175 millions d’habitants. Ajustée en fonction de la taille de la population, la mortalité due à la pandémie de « grippe asiatique » de 1957–58 était supérieure à 660 par million.

C’est l’équivalent de 220 000 décès aux États-Unis aujourd’hui.

Pourtant, en 1957, les Américains n’ont pas réagi en fermant les commerces, en forçant les gens au confinement ou en poussant le chômage jusqu’aux niveaux de l’ère de la grande dépression (de 1929). En fait, les rapports montrent que les Américains ont pris peu de mesures au-delà des mesures habituelles pour ralentir la propagation de la maladie : se laver les mains, rester à la maison en cas de maladie, etc.

 

Bien que le virus semble avoir été un facteur dans la récession de 1958, les effets économiques étaient minimes par rapport à ce que les États-Unis font face maintenant en raison de la réaction au virus COVID-19. Cela suggère que la plupart des dommages économiques que subissent actuellement les travailleurs et les ménages aux États-Unis sont davantage le produit de la réaction politique au virus qu’au virus lui-même.

La pandémie de 1957-1958 a été un problème grave et mortel pour beaucoup. Alors que les cas de grippe asiatique commençaient à se répandre, il est devenu clair pour de nombreux scientifiques et autres observateurs qu’il y avait quelque chose de différent et de mortel dans cette grippe. En effet, selon D.A. Henderson, et al. Dans «Public Health and Medical Responses to the 1957–58 Influenza Pandemic» (doi : 10.1089/bsp.2009.0729 en accès libre), «Les humains de moins de 65 ans ne possédaient aucune immunité contre cette souche H2N2. Ceci signifie que les enfants scolarisés et les jeunes adultes jusqu’à 35 ou 40 ans étaient les plus vulnérables ». Le nombre total de décès dus à la grippe au cours de cette période varie de 70 000 à 116 000 (voir l’estimation actualisée de 220000 ci-dessus). C’est pour le moins inquiétant. Avec des Américains plus jeunes, beaucoup d’entre eux en âge de travailler, sensibles à cette maladie, on pourrait anticiper des coûts importants en termes de croissance économique et de santé.

Quelle a été la réaction politique à cela ? Henderson et al. ajoutaient :

« La pandémie de 1957-1958 était une maladie à propagation si rapide qu’il est rapidement devenu évident pour les responsables de la santé des États-Unis que les efforts pour arrêter ou ralentir sa propagation étaient vains. Ainsi, aucun effort n’a été fait pour mettre en quarantaine des individus ou des groupes, et une décision délibérée a été prise de ne pas annuler ou reporter de grandes réunions telles que des conférences, des rassemblements religieux ou des événements sportifs dans le but de réduire la transmission. Aucune tentative n’a été faite pour limiter les voyages ou pour filtrer les voyageurs. L’accent a été mis sur la fourniture de soins médicaux à ceux qui ont été affligés et sur le maintien du fonctionnement continu des services communautaires et de santé …. aucun rapport n’indique que des événements majeurs ont été annulés ou reportés, à l’exception des matchs de football des lycées et des collèges, qui ont souvent été retardés en raison du nombre de joueurs atteints par la maladie. »

En 1957-1958, la disponibilité des services médicaux était préoccupante. Mais l’accent était alors mis sur l’augmentation des services médicaux plutôt que sur les quarantaines imposées par l’État et les mesures de « distanciation sociale ». Un vaccin n’offrait pas non plus une issue facile:

« Les agents de santé espéraient que des quantités importantes de vaccins pourraient être disponibles en temps voulu, et des efforts particuliers ont été faits pour accélérer la production de vaccins, mais les quantités devenues disponibles arrivèrent trop tard pour modifier l’impact de l’épidémie. »

Les écoles et les lieux de travail étaient affectés par les élèves et les travailleurs absents, mais l’absentéisme dans les écoles était un facteur plus important, certaines écoles étant même fermées pour de courtes périodes en raison du nombre élevé d’élèves absents. L’absentéisme n’a pas atteint un niveau pouvant provoquer des pénuries :

« Les données disponibles sur l’absentéisme industriel indiquent que les taux étaient bas et qu’il n’y avait eu aucune interruption des services essentiels ou de la production. L’impact global sur le PIB était négligeable et probablement dans la fourchette des variations économiques normales. »

Dans l’ensemble, l’économie a baissé d’environ 2 pour cent au cours du premier et du deuxième trimestre de 1958, mais cela ne peut pas être attribué aux effets du virus. Le chômage à l’époque a également augmenté, atteignant un sommet de 7,5% en juillet 1958. La croissance économique a cependant été de nouveau positive au quatrième trimestre de 1958 et a grimpé à plus de 9% en 1959. Le chômage était tombé à 5% en juin 1959.

Mais l’impact économique global du virus lui-même n’était guère désastreux. Henderson et al. de conclure :

« Malgré le grand nombre de cas, l’épidémie de 1957 ne semble pas avoir eu d’impact significatif sur l’économie américaine. Par exemple, une estimation du Congressional Budget Office a révélé qu’une pandémie dont l’ampleur s’est produite en 1957 réduirait le PIB réel d’environ 1%  » mais ne provoquerait probablement pas de récession et pourrait ne pas se distinguer de la variation normale de l’activité économique. »

La pandémie de 1918-1919, qui a fait dix fois plus de morts par million que la pandémie de 1957-1958, n’a pas non plus provoqué de catastrophe économique. Bien que les États-Unis soient entrés dans la pandémie de 1918-1919 dans une forme économique médiocre en raison de la Grande Guerre, selon les économistes Efraim Benmelech et Carola Frydman ( https://voxeu.org/article/1918-influenza-did-not-kill-us-economy) :

« La grippe espagnole n’a laissé quasiment aucune trace perceptible sur l’économie globale des États-Unis… Selon certaines estimations, le produit national brut réel a en fait augmenté en 1919, quoique d’un modeste 1%. Dans de nouveaux travaux, Velde (2020) montre que la plupart des indicateurs de l’activité économique globale ont légèrement souffert, et ceux qui ont baissé de manière plus significative juste après l’épidémie de grippe, comme la production industrielle, se sont rétablis en quelques mois. »

On ne peut pas non plus reprocher à la pandémie la récession de 1921, car « entre temps, la baisse de la production était due à l’effondrement des prix des matières premières lorsque la production européenne d’après-guerre a finalement repris. »

Comment les pandémies affectent-elles la croissance économique?

Il n’est donc pas surprenant que nous trouvions des estimations relativement modérées dans un rapport de la Banque mondiale de 2009 estimant les conséquences économiques des nouvelles pandémies (lien en fin de billet). Les auteurs ont conclu que des pandémies modérées et graves entraîneraient une baisse du PIB de 2 à 5%. Ou, comme le résume un rapport de 2009 de Reuters (voir le lien):

« Si nous sommes frappés par quelque chose comme la grippe asiatique de 1957, dites au revoir à 2% du PIB. Quelque chose d’aussi grave que la grippe espagnole de 1918-1919 réduirait la production économique mondiale de 4,8% et coûterait plus de 3 000 milliards de dollars. »

On ne s’attendait même pas à ce qu’une pandémie de 1918 produise le genre de carnage économique que nous voyons maintenant avec COVID-19.

La réaction en 2020

Il va sans dire que l’économie semble aujourd’hui dans une bien pire situation après la pandémie de 2020 que dans les jours qui ont suivi la flambée de 1957-1958, ou même en 1919.

En avril 2020, le taux de chômage a grimpé à 14,4%, le taux le plus élevé enregistré depuis la Grande Dépression. La Réserve fédérale d’Atlanta, quant à elle, prévoit une baisse du PIB de plus de 40%. Des estimations plus douces suggèrent des baisses de 8 à 15%. Si les prévisions plus douces s’avèrent vraies, alors la récession actuelle n’est « que » la pire depuis la Grande Dépression de 1929. Si la Fed d’Atlanta a raison, alors nous sommes dans une catastrophe économique sans précédent.

Les estimations de la Banque mondiale d’une pandémie, même « grave », qui prévoyait une baisse du PIB d’environ 5%, n’arrivent même pas aux estimations de l’effondrement de 2020. Et pourquoi ces estimations pourraient-elles être réalistes ? Le rapport de la Banque mondiale ne prévoyait pas la fermeture économique mondiale imposée à des milliards d’êtres humains par les régimes politiques du monde entier. Ainsi, les estimations de la Banque mondiale supposaient que les pertes économiques se limiteraient à l’absentéisme, à la perturbation du commerce et des voyages et à la baisse de la demande directement due à la maladie ou à la peur de la maladie.

Alors pourquoi cette énorme différence dans les effets économiques ? La réponse réside presque certainement dans le fait que les gouvernements en 2020 – contrairement à toute autre période de l’histoire – se sont engagés dans des fermetures d’entreprises généralisées, ont promulgué des ordonnances de « confinement à la maison » et d’autres actions mandatées par l’État et imposées par l’État qui ont conduit à des licenciements généralisés et à une chute de la production économique.

Les défenseurs des «fermetures» forcées par le gouvernement ont insisté sur le fait que la peur du virus aurait détruit l’économie même sans les fermetures, mais il n’y a aucun précédent historique pour justifier cette affirmation, et aucune preuve actuelle pour la soutenir. Bien que certaines données d’enquête aient pu indiquer que plus de 60% des Américains déclarent avoir l’intention de se conformer aux ordonnances de séjour à domicile, cela nous indique simplement comment les gens font des plans lorsqu’ils sont menacés d’amendes, de harcèlement policier et d’autres mesures coercitives.

En réalité, l’expérience de la pandémie de 1957-1958 – ou même de la pandémie de 1918-1919 – ne nous donne aucune raison de croire que le chômage devrait augmenter à des taux sans précédent et que le PIB s’effondrerait à des niveaux catastrophiques. Dans une économie industrialisée moderne, ce type de dommages économiques ne peut être atteint que par l’intervention du gouvernement, comme les coups d’État socialistes, les guerres et les fermetures économiques forcées au nom de la lutte contre la maladie.

Le coût en termes de vie humaine sera important. Une étude soutient que le ralentissement économique actuel pourrait entraîner soixante-quinze mille «morts de désespoir». Cela n’est cependant pas choquant, car les effets fatals du chômage et du déclin économique sont connus depuis des décennies.

Les défenseurs des confinements continueront probablement à prétendre que « nous n’avions pas le choix » sinon de continuer ces confinements pendant de longues périodes. À tout le moins, nombreux sont ceux qui affirment que cela en valait jusqu’à présent la peine. Pourtant, l’efficacité des confinements reste une question ouverte qui n’a guère été prouvée. Pendant ce temps, le monde est confronté à la pire catastrophe économique connue depuis des siècles. Il n’aurait pas dû en être ainsi.

Article de Ryan McMaken, éditeur senior au Mises Institute paru le 21 mai 2020 sur le site mises.org

Autres liens. http://documents.worldbank.org/curated/en/977141468158986545/pdf/474170WP0Evalu101PUBLIC10Box334133B.pdf

https://www.reuters.com/article/us-reutersmagazine-davos-flu-economy/flu-conomics-the-next-pandemic-could-trigger-global-recession-idUSBRE90K0F820130121

Illustration : Mises Institute.

Fiction ou réalité prochaine …

Monnaie_de_Bactriane,_Eucratide_I,_2_faces.jpg

Donc, je m’interroge toujours sur la racine de la psychose collective et démesurée ayant envahi le monde entier au sujet du nouveau virus qui fait trembler toutes les couches de la société depuis la fin du mois de janvier. Certains pays avisés ont appréhendé le problème avec intelligence en mettant en œuvre des mesures disponibles grâce à l’invasion du « numérique » dans la vie quotidienne. Ce qu’ont fait avec un succès incontestable la Corée, Taiwan, Singapour, Hong-Kong et dans une moindre mesure le Japon. Dans ce dernier pays le port du masque protecteur – pas seulement pour soi-même mais aussi pour l’entourage – a largement contribué à une réduction considérable du nombre de cas contaminés par le virus. La Chine s’est sortie de l’ornière en adoptant des mesures de confinement moyenâgeuses mais elle n’avait pas trop le choix au plus fort de la crise. Après coup les pays occidentaux ont accusé la Chine d’avoir répandu à dessein le virus devenu « le virus chinois » : il est tout simplement déplorable de constater cette attitude détestable des dirigeants politiques occidentaux.

Malgré le fait que cette grippe à coronavirus n’a rien d’exceptionnel en regard de la mortalité résultant d’une grippe saisonnière banale sinon sa soudaineté qui a engorgé les hôpitaux de nombreux pays occidentaux comme l’Italie, l’Espagne, la France et maintenant les USA. Dès le mois de février dernier une intense campagne d’information (et souvent de désinformation) a envahi tous les médias sans exception. Et elle a atteint une ampleur inimaginable à tel point que je ne doit pas être la seule personne à me poser des questions pour tenter d’expliquer cette alimentation sans répit de la peur. Donald Trump a mentionné l’éventualité d’une centaine de milliers de morts, il aurait pu tout aussi bien relativiser ce chiffre en citant les 75000 morts par overdose de drogues variées chaque année dans son pays et, malgré les incertitudes statistiques, les quelques 120000 morts annuels provoqués par la grippe saisonnière banale seulement aux USA. Alors pourquoi cette propagande délirante ?

Depuis la fin de 2018 l’économie mondiale, globale pour certains, se préparait à une crise multi-factorielle, trouver une bonne excuse pour préparer le monde entier à souffrir d’un effondrement du système financier mondiale reposant sur le dollar US, la monnaie de référence, sans que les Etats-Unis puissent être accusés par tous les autres pays du monde d’avoir inondé le monde entier de leur dette et de leur devise dévalorisée : depuis la dénonciation par R. Nixon des accords de Bretton Woods le dollar a perdu en effet 90 % de sa valeur. Le système du dollar comme monnaie de référence mondiale mis en place après la seconde guerre mondiale est au bord de l’effondrement et il fallait trouver une excuse pour opérer un « reset ».

Ce système ne peut, en effet, pas perdurer. Il craque de toutes parts : du jamais vu dans l’histoire de l’humanité depuis que la notion de monnaie a été créée les taux d’intérêt sont égaux à zéro ou pire négatifs, ce qui signifie que l’avenir est plus prometteur que le présent. C’est totalement aberrant, une situation qui défie le bon sens. Du jamais vu non plus pratiquement tous les pays du monde sont endettés, y compris la Suisse ! Comme ce système artificiel ne peut pas survivre à lui-même le coronavirus est arrivé à point nommé pour opérer un chamboulement total du système financier instable, cette sorte de construction à la Ponzy reposant sur la création constante de monnaie artificielle contribuant à gonfler les dettes des pays déjà considérablement sur-endettés. Le FMI, la Banque mondiale et toutes les banques centrales ont perdu le contrôle de ce processus. Pour juguler la crise économique gigantesque que créé la crise du coronavirus gérée comme si on était encore au XIVe siècle, c’est délibérément voulu, il aura encore fallu imprimer des trains de 100 wagons remplis de billets de banque. Les Chinois détenteurs de quantités astronomiques de T-bonds américains n’auront que leurs yeux pour pleurer, ce ne sera que du papier sans valeur.

Les hommes de Davos, à la faveur de la crise du coronavirus, ont – j’en suis convaincu – préparé un reset généralisé, un jubilé, et je vais m’expliquer car il y avait urgence sans en quelque sorte une organisation de l’effondrement de l’ensemble de l’économie mondiale afin de limiter les dégâts pour les populations. En quoi consiste un « jubilé » ?

La notion de jubilé semble remonter aux textes bibliques. En réalité elle est issue de pratiques déjà respectées en Mésopotamie puis reprises par l’Egypte antique. Il s’agissait tous les 50 ans d’affranchir une partie des esclaves méritants, de libérer certains prisonniers et aussi et surtout d’effacer les dettes de tous les emprunteurs. Cet événement a été repris par les écritures bibliques et a perduré jusqu’à nos jours sous une autre forme anecdotique comme par exemple la célébration d’un grand sportif ou la médaille du travail en France après 35 ans de bons et loyaux services rendus à une entreprise.

Ce qu’il faut retenir de la notion de jubilé est l’effacement des dettes qui étaient dûment répertoriées sur des tablettes d’argile cuites retrouvées lors de nombreuses fouilles archéologiques. À ma connaissance, bien que n’ayant pas fait de recherche exhaustive sur ce dernier point, la notion de jubilé de la dette n’a jamais été appliquée concrètement ces 1000 dernières années. La crise du coronavirus, amplifiée artificiellement dans le monde entier, me semble être une excellente opportunité pour déclarer officiellement un jubilé de la dette généralisé et un retour à l’étalon-or ou un étalon bi-métallique or-argent pour que l’économie redémarre sur des bases saines avec des taux d’intérêts qui correspondent à la réalité. Une multitude de règlements internationaux contraignants devront être mis en place. Je pense à une interdiction totale de tous les paradis fiscaux officiels et officieux comme la City de Londres, l’interdiction totale du trading haute-fréquence et l’abolition de la suprématie du dollar. Mais je dois rêver … Il reste néanmoins une inconnue de taille : trouver des politiciens intelligents parce que cette denrée se fait de plus en plus rare pour mettre de l’ordre dans un monde financier devenu totalement déconnecté de la réalité, des « fondamentaux » comme le disent les analystes économiques. Vaste programme !

Où est passé la relativité ?

Lorsque le 30 Juin 1905 parut dans « Annalen der Physik » un article intitulé « Zur Elektrodynamik bewegter Körper », (Sur l’électrodynamique des corps en mouvement) dont l’auteur était un illustre inconnu qui deviendrait ensuite le plus illustre savant de tous les temps, Albert Einstein, le monde changea : il était devenu « relatif ». Dans le dernier papier que publia la même année Einstein, l’année miraculeuse pour la physique, il était fait mention de l’équivalence entre masse et énergie. Dix ans plus tard Einstein étendit sa théorie de la relativité restreinte décrite en 1905 à la gravitation dans la célèbre formulation de la relativité générale. Dans l’univers, cette fois, tout était devenu relatif. Sur le plan de la stricte physique jamais les équations d’Einstein ne purent être infirmées. Il existe encore une controverse sur l’introduction dans l’équation décrivant la relativité générale au sujet de la constante cosmologique qu’Einstein symbolisa dans ses équations par la lettre grecque Λ. Toutes sortes de tentatives et de théories ont été avancées pour attribuer à cette constante un signification physique dont en particulier la matière noire et l’énergie noire. Mais la physique théorique doit être vérifiée par l’observation et pour l’instant les astrophysiciens se perdent en conjectures.

Ce n’est pas la raison pour laquelle nous avons oublié aujourd’hui de relativiser les faits et les évènements dans un monde ou tout est relatif …

Il s’agit naturellement d’une boutade et mes lecteurs assidus l’auront compris. On ne relativise plus le moindre événement et la démonstration de cette espèce de retour à l’analyse sur le court terme sans jamais prendre le recul nécessaire pour qu’elle soit empreinte d’un soupçon de crédibilité conduit le plus souvent à des catastrophes économiques, sociales et par conséquent politiques parce que des décisions sont prises sans jamais relativiser les évènements. On vit ces évènements au jour le jour sans prendre de recul. Nous vivons dans un monde envahi par les informations instantanées, à la microseconde près, sans jamais perdre quelques minutes à examiner le passé. Il n’y a plus aucune remise en cause de ce que nous vivons dans l’instant en regard de ce qui eut lieu dans le passé. L’ère de l’information de l’instant présent a fait perdre aux politiciens cette faculté d’analyse des évènements présents en regard d’évènement similaires qui eurent lieu dans un passé proche ou lointain.

C’est exactement ce qui se passe sous nos yeux à propos de la grippe à coronavirus qui secoue l’économie mondiale et va conduire à une catastrophe de la même ampleur que celle de 1929 voire pire que celle-ci en prenant en compte la population qui est passée en 1929 de 2 milliards à 7,9 milliards en 2019. Donc il faut s’attendre à une crise économique et financière 4 fois plus violente que celle de 1929 qui fut provoquée par une spéculation boursière compulsive devenue en quelques jours impossible à maîtriser. Les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets les banques centrales ont inondé les marchés de cash dont l’abondance n’a pas vraiment bénéficié à l’économie réelle – il y a toujours autant de pauvres sinon plus dans le monde – et il y a de plus en plus de super-riches. Et comme ces derniers veulent à tout prix protéger leurs privilèges ils ont alimenté une propagande incessante au sujet de la dangerosité du coronavirus millésime 2019 pour se doter d’outils leur permettant de continuer à vivre aux dépens des banques centrales et de tous les « pauvres » du monde entier. Par conséquent comme les banques centrales ne disposent d’aucun autre outil pour tenter de juguler la crise provoquée par cette propagande au sujet du virus que d’inonder de cash toutes les économies alors cette caste de super-riches se frotte les mains d’avance.

Mais revenons à un billet précédent laissé sur ce blog ce 30 mars dernier. Dans la même veine il est intéressant de mentionner une pandémie précédente de grippe, un peu oubliée aussi probablement à dessein : la grippe de Hong-Kong. Cette grippe fut identifiée à Hong-Kong, alors territoire de sa Majesté la Reine d’Angleterre, au printemps 1968. Elle va toucher l’hémisphère nord, Europe et Amérique du nord durant l’hiver 1968-1969 où elle provoque le décès de 50000 personnes en seulement trois mois aux USA sans être vraiment mortelle en Europe. Elle revient en Europe au cours de l’hiver 1969-1970 provoquant la mort de 17000 personnes en France directement provoquée par le virus (Influenza H3N2) et un excédent de mortalité de 40000 personnes seulement en France. Le même virus réapparut au cours de l’hiver suivant.

Cette grippe dite de Hong-Kong, comme la grippe asiatique de 1957, malgré les chiffres mentionnés ci-dessus (source Wikipedia), ne fut pas trop « méchante » car de nombreuses personnes avaient été auparavant en contact avec l’un ou l’autre des antigènes H ou N du virus. Pour l’instant on est très loin de ces hécatombes des grippes précédentes sans parler ici de la grippe espagnole qui fit des ravages 4 ans seulement après la publication de la théorie de la relativité générale par Albert Einstein. L’instrumentalisation outrancière de cette pandémie actuelle quant à son caractère dangereux est de mon point de vue organisée par les 0,1 ou 0,01 % ultra-riches de la planète pour tenter d’asservir des populations entières avec la complicité du monde politique puisqu’ils détiennent le pouvoir et ont mis en place ces politiciens pour servir leurs intérêts.

Capture d’écran 2020-03-25 à 00.20.44.png

Comme le président du Brésil Bolsonaro l’a dit il s’agit d’une grippette en relativisant son ampleur. Pour Bolsonaro confiner les Brésiliens chez eux provoquera des centaines de milliers de décès parmi les pauvres des favellas qui n’ont pas d’emploi formel et survivent avec des petits boulots au jour le jour. Certes des gens mourront encore, surtout des personnes âgées et/ou déjà vulnérables comme l’indique de schéma ci-dessus, au Brésil, aux Etats-Unis, en Europe et ailleurs. Mais il faut choisir entre une gigantesque crise économique qui tuera au final des dizaines de millions de personnes en raison de ses effets secondaires, chômage et misère comme en 1930, et 100 ou 200000 morts, peut-être un peu plus, provoqués par cette grippe à coronavirus. Il faut relativiser, il faut se rendre à cette évidence et faire des choix comme les médecins font des choix en abandonnant à leur sort certains malades pour privilégier la vie de personnes plus jeunes et en meilleur état de santé général.

La crise économique et monétaire à venir tuera beaucoup plus de monde que le coronavirus ou les grippes « classiques » à Influenza. Le monde a perdu toute notion de relativité … Illustration : Chronique Agora, Bill Bonner

Nestlé et la privatisation de l’eau : un problème mondial

Le 14 Novembre 2019 le groupe canadien Wellington Water Watchers a organisé une conférence intitulée « All Eyes on Nestlé » dans la ville de Guelph, Ontario, réunissant des peuples autochtones et des mouvements de citoyens luttant contre les prélèvements d’eau de Nestlé au Canada, aux Etats-Unis, en France et au Brésil. À la suite de cet évènement public, les représentants des organisations concernées se sont réunis pour un atelier d’échange d’informations et de discussions sur d’éventuelles stratégies communes de résistance à cette entreprise géante d’accaparement de l’eau. À partir des expériences et des histoires partagées par des groupes aussi différents que le Collectif Eau-88 de la ville de Vittel en France, Save Our Water d’Elora au Canada ou encore les Michigan Citizens for Water Conservation des Etats-Unis, il est devenu clair qu’il y a un point commun dans tous ces endroits où Nestlé prélève de l’eau pour ses installations d’embouteillage, contrairement à l’affirmation de Nestlé que s’il y a des problèmes il s’agit toujours de problèmes localisés. Dans la réalité le schéma commun mis en place par Nestlé montre par exemple que les quantités d’eau prélevées – pour lesquelles Nestlé ne paie presque rien – font généralement baisser le niveau des eaux souterraines, affectent les écosystèmes et mettent en danger l’approvisionnement en eau des citoyens locaux.

Capture d’écran 2020-01-01 à 11.20.31.png

À Vittel, par exemple, Nestlé et la communauté urbaine prélèvent l’eau dans le même aquifère et les institutions publiques françaises ont reconnu que cette situation mettait en danger cet aquifère car les prélèvements d’eau étaient plus importants que les eaux nécessaires à sa reconstitution naturelle. La solution proposée par les autorités françaises ? Construire une canalisation d’environ 14 kilomètres pour acheminer l’eau d’un autre endroit pour les habitants de la ville de Vittel afin que Nestlé puisse continuer son activité de pompage des eaux souterraines de Vittel sans perturber l’alimentation en eau de la ville de 5200 habitants. Grâce à la résistance du Collectif Eau 88, le projet d’aqueduc a été abandonné et une autre solution doit donc être trouvée pour protéger l’aquifère. Sans l’intervention de ce mouvement citoyen le projet de canalisation aurait été approuvé et financé avec l’argent des contribuables.

Dans le Comté de Wellington au nord-ouest de Toronto, Nestlé Waters Canada a obtenu le permis d’extraire 4,7 millions de litres d’eau par jour dans des puits situés à Hillsburg et Aberfoyle et selon Mike Balkwill de Wellington Water Watchers « la société a demandé le renouvellement de ses permis, tandis qu’elle extrait l’eau sans le consentement des « Six Nations » (voir note en fin de billet) sur le territoire duquel elle opère et malgré l’opposition de plusieurs organisations autochtones ». Et encore une fois grâce à la résistance des Six Nations et d’autres mouvements de citoyens, le moratoire sur les permis de prélèvement d’eau qui devait se terminer le premier Janvier 2020 a été récemment prolongé que jusqu’en octobre 2020. La situation est la même en Floride où, bien que la régie locale de l’eau considère que le système d’alimentation en eau se remet à peine de sa surexploitation, Nestlé souhaite toujours pomper l’eau de Ginnie Springs. Le schéma commun qui se dégage des ces cas et de bien d’autres comme dans l’Etat du Michigan ou dans la petite ville de Sao Lourenço au Brésil, montre également que ce sont toujours les groupes locaux qui défendent l’eau et non les autorités de l’eau ou de l’environnement dépendant de l’État. Au contraire, autre schéma qui se répète dans la plupart des cas, les gouvernements se rangent très souvent du côté de la société Nestlé contre les citoyens.

Pire encore, dans de nombreux endroits Nestlé « fusionne » avec les autorités locales comme dans le Maine (USA) où un directeur de Nestlé faisait partie du conseil d’administration de l’agence de protection de l’eau et de l’environnement de l’État ou à la ville de Vittel où la maire adjointe et conseillère départementale a été poursuivie pour conflit d’intérêt concernant le projet de canalisation. Madame Claudie Pruvost était l’épouse d’un cadre de Nestlé à Vittel, présidente d’une association qui avait été choisie pour soutenir le projet de développement et de gestion de l’eau à la commission local de l’eau que Madame Pruvost présidait. Son procès a été retardé car l’affaire a dû être transférée du tribunal d’Epinal, le plus proche de Vittel, à la ville de Nancy, car la vice-présidente du tribunal d’Epinal est l’épouse du directeur de Nestlé Waters à Vittel !

La stratégie de Nestlé est d’établir des alliances ou des partenariats avec les gouvernements pour se protéger et protéger ses opérations locales d’embouteillage, en particulier dans son pays d’origine, la Suisse, où son image doit être mieux protégée. Récemment l’ancien directeur des affaires publiques de Nestlé, Christian Frutiger, a été nommé vice-directeur de la Direction du développement et de la coopération de la Suisse (DDC) qui est responsable des programmes d’aide au développement où il occupera le poste de responsable du programme Global Water du DDC !

Les dommages écologiques causés par les prises d’eau et les installations d’embouteillage de Nestlé ne sont pas non plus limitées localement. Les bouteilles en PET (poly-éthylène-téréphtalate) sont l’une des principales sources de déchets plastiques dans le monde. Un seul exemple pour donner une idée de l’ampleur de la contribution de Nestlé à ce problème : selon le Wellington Water Watchers, si le gouvernement approuve les permis de Nestlé pour prélever l’eau dans le comté de Wellington destinée à l’embouteillage, l’entreprise produira plus de 3 milliards de bouteilles de 500 ml par an, qui, mises bout à bout, feraient 16 fois le tour de la Terre ! Et cette quantité de plastique ne provient que deux sites du comté de Wellington. Nestlé possède des dizaines de telles installations d’embouteillage dans le monde entier, utilisant d’énormes quantités de combustibles fossiles pour produire des dizaines de milliards de bouteilles en PET chaque année. Si on ajoute à cela le carburant consommé pour transporter toutes ces bouteilles principalement par camion on ne peut que constater l’impact significatif de Nestlé sur l’environnement.

Ces schémas sont intrinsèques aux activités d’embouteillage de Nestlé et au pouvoir économique et politique de cette multinationale géante. Le Canada, les Etats-Unis et la France comptent parmi les sociétés démocratiques les plus riches et les plus traditionnelles de la planète et pourtant les citoyens doivent se battre encore avec beaucoup d’énergie et parfois très longtemps pour atteindre un niveau minimal de protection des eaux souterraines et de surface et des écosystèmes pour préserver l’avenir de leur accès à l’eau, des situations qui devraient, dans une démocratie, être considérées comme acquises et relevant des devoirs de l’Etat. Si Nestlé réussit à avoir les gouvernements de son côté et contre les citoyens dans ces démocraties traditionnelles que sont le Canada, les Etats-Unis et la France, qu’arrive-t-il aux communautés confrontées à l’eau de Nestlé qui s’accapare l’eau dans des sociétés beaucoup moins démocratiques et beaucoup plus vulnérables en Afrique, en Amérique latine ou en Asie ?

Comme l’expliquent dans leur ouvrage classique « Monopoly Capital » Paul A. Baran et Paul M. Sweezy, à notre époque les multinationales sont devenues les principale source de pourvoir économique et politique :

 » Le pouvoir politique est officiellement mis en place par les votes des citoyens et l’argent en est la vraie source : le système politique, en d’autres termes, est de forme démocratique et son contenu est ploutocratique (…) Il suffit de dire que toutes les activités et fonctions publiques qui peuvent être considérées comme constituant les caractéristiques essentielles du système politique – endoctriner par la propagande le public électoral, organiser et maintenir des partis politiques, mener des campagnes électorales – ne peut être réalisé qu’au moyen d’argent, de beaucoup d’argent. Et comme dans le capitalisme monopolistique les grandes sociétés sont la source d’énormes capitaux, elles sont également la principale source de pouvoir politique« .

Dans la réalité, certaines sociétés transnationales réalisent des bénéfices supérieurs au PNB de la grande majorité des pays du monde. Un exemple peut donner une meilleure vision du pouvoir économique et politique de ces sociétés par rapport à d’autres institutions nationales ou internationales. En 2017 Nestlé a dépensé 7,2 milliards de dollars américains uniquement pour des efforts de publicité à l’échelle mondiale. Le budget de l’organisation mondiale de la santé (OMS ou WHO) pour l’exercice 2016-2017 était de 4,38 milliards de dollars. Il est également important de comprendre que la société transnationale moderne est également le digne successeur « naturel » des anciennes puissances coloniales, à la différence que, alors que les anciennes puissances coloniales se concentraient sur l’exploitation des pays du sud, leurs héritiers contemporains, les grandes compagnies transnationales, sont capables d’exploiter aussi les pays du nord lorsque les ressources dont ils ont besoin s’y trouvent comme Paul Sweezy l’a expliqué dans cette citation de « Modern Capitalism and Other Essays » :

 » (…) Il n’y a aucune raison de supposer qu’une entreprise exempterait volontiers les marchés et les sources d’approvisionnement étrangers de son horizon de planification simplement parce qu’ils se trouvent à l’extérieur d’un ensemble particulier de frontières nationales « .

Dans les faits, les communautés du Canada, de la France et des Etats-Unis qui tentent de protéger leurs ressources en eau de Nestlé mènent les mêmes batailles que les communautés du sud du monde ont toujours dû mener pour protéger leurs propres ressources de l’accaparement colonial. Les anciennes puissances coloniales ont utilisé des oligarchies locales soumises à leurs opinions politiques et économiques en tant que dirigeants de leurs colonies qui sont devenues le « modèle de gouvernance » dans la plupart des pays du Sud. Avec le néolibéralisme ce modèle a été exporté vers le Nord du monde où les grandes sociétés transnationales prennent progressivement le pas sur l’espace démocratique et le pouvoir politique, transformant de nombreux endroits du Nord en images miroir des communautés colonisées du Sud du monde. Sous cette nouvelle puissance coloniale les gouvernements des pays du sud comme du nord deviennent des serviteurs volontaires du secteur des entreprises, s’assurant que, malgré les dommages sociaux et environnementaux, les entreprises transnationales ont accès aux ressources dont elles ont besoin.

Cet état de fait crée une ouverture nouvelle importante pour la communication, la solidarité, la compréhension et l’action commune entre les groupes de citoyens qui luttent contre la privatisation de l’eau dans le nord et le sud du monde. La lutte, au sud ou au nord, est la même : garder l’eau aux mains du public sous contrôle démocratique. Et se battre pour l’eau c’est aussi se battre pour nos démocraties en voie de disparition sous la menace du contrôle autoritaire des grandes entreprises transnationales au sud comme au nord. Une nouvelle alliance entre le sud et le nord peut favoriser l’émergence d’un puissant mouvement défiant le secteurs économique de ces entreprises et de leurs serviteurs, le monde politique. Les entreprises, évidemment, riposteront et Nestlé, encore une fois, a déjà acquis une longue expérience fructueuse durant son passé de lutte contre la société civile.

Dans les années 1970, un boycott international a été organisé contre Nestlé en raison de sa promotion de l’alimentation pour bébés au biberon décourageant l’alimentation maternelle au sein, ce qui a provoqué des maladies et de nombreux décès d’enfants dans les pays pauvres du sud. Cette campagne, connue sous le nom « Nestlé tue les bébés » a eu un impact sans précédent sur l’entreprise et porta gravement atteinte à son image. Pour contrer cette campagne Nestlé engagea Raphael Pagan, un officier du renseignement du Département américain de la défense. Pagan avait conseillé les Présidents américains Nixon et Reagan sur les politiques à conduire avec les pays du tiers-monde, ce qui signifie comment combattre les mouvements de libération de ces pays du tiers-monde. En fait, Nixon fut le président américain qui apporta son soutien au général Pinochet lors de son coup d’Etat contre le président élu Salvador Allende au Chili, précipitant ce pays dans une dictature militaire meurtrière qui dura des années. Pagan, reçut un « Life Achievement Award » du président Reagan, le président qui faisait la guerre au gouvernement nicaraguayen sandiniste, tuant et terrorisant des dizaines de milliers de personnes en Amérique centrale. Raphael Pagan a été très efficace dans la lutte contre le boycott international contre Nestlé, essentiellement en concevant une stratégie consistant à diviser les groupes de la société civile qui organisaient la campagne de boycott. Ce partenariat avec le renseignement militaire américain pour lutter contre les organisations de la société civile a remporté un tel succès que Nestlé a par la suite approfondi cette collaboration.

En 2002 Nestlé a embauché John Hedley, un ancien agent du MI6, le renseignement militaire britannique, en tant que chef de la sécurité du groupe. Hedley était, entre autres fonctions, responsable de l’organisation d’une opération dont le but était d’espionner des groupes de la société civile critiques pour Nestlé en Suisse, principalement le groupe ATTAC (voir note en fin de billet). Lorsque cette opération a été dévoilée par un journaliste d’investigation suisse qui l’a dénoncée à la télévision suisse, Nestlé a dû faire face à un procès et a été condamné par la justice suisse. Puis Nestlé a développé ce qui est connu sous le nom de « War room », un centre de communication de haute technologie qui suit en temps réel toute mention faite à Nestlé dans les médias sociaux, afin que l’entreprise puisse réagir rapidement à toute « menace » posée par des personnes physiques.

En 2011, Nestlé a organisé sa conférence annuelle « Créer des Valeurs Partagées » à Washington en partenariat avec le Conseil de l’Atlantique (Atlantic Council), une organisation basée aux Etats-Unis qui rassemble les grandes entreprises, les politiciens et l’armée. Le Conseil de l’Atlantique (ou Conseil Atlantique) est membre de l’OTAN sinon une émanation de cette organisation. La principale table ronde de cette conférence fut organisée par le Président (CEO) de Nestlé Peter Brabeck et le Président du Conseil Atlantique Frederik Kempe. Elle avait pour intitulé : « Création de valeur partagée en Amérique latine, opportunités, obstacles et orientations futures en matière de nutrition, d’eau et de développement rural« .

On peut supposer que ce que ce panel a appelé « obstacles » était – et est toujours – les mouvements de la société civile essayant de garder leurs ressources naturelles, y compris l’eau, entre les mains du public. Lorsqu’elles sont confrontées à ce type de résistance de la société civile des entreprises transnationales comme Nestlé peuvent trouver utile d’avoir l’OTAN à leurs côtés pour aider à « convaincre » les gouvernements rebelles de céder leurs ressources naturelles au profil (et aux profits) du secteur correspondant de ces entreprises mais certainement pas pour le développement de leur pays. Dans ce cadre Nestlé maintient un programme d’embauche d’anciens militaires américains (lien). C’est peut-être juste pour garder des liens étroits avec l’armée américaine car, selon les informations disponibles, Nestlé n’embauche pas d’anciens militaires suisses ou français.

Tous ces exemples sont suffisants pour démontrer que Nestlé a une position de leader mondial pour imposer son contrôle sur les institutions démocratiques de divers pays afin d’avoir accès aux ressources naturelles comme l’eau. Ces exemples montrent également que Nestlé est très en avance dans le développement de stratégies et de partenariats dans le but de contrer la résistance de la société civile. Seuls et unis, du nord au sud, nous pouvons espérer protéger nos ressources en eau de l’accaparement par ces entreprises géantes et protéger nos démocraties du contrôle de ces entreprises, il n’y a pas d’autre moyen.

Traduction d’un article de Franklin Frederick paru sur le site Global Research en 2019.

Lien : https://www.nestleusacareers.com/military/

Notes. Six Nations regroupe six populations autochtones canadiennes, voir https://en.wikipedia.org/wiki/Six_Nations_of_the_Grand_River. Par extension « Six Nations » regroupe les actions de toutes les populations autochtones canadiennes . ATTAC : https://fr.wikipedia.org/wiki/Association_pour_la_taxation_des_transactions_financières_et_pour_l%27action_citoyenne

La politique monétaire européenne a atteint une limite inimaginable il y a encore seulement 5 ans.

Altice_logo.png

Les banques centrales des pays européens, chapeautées par la Banque Centrale européenne, ont choisi une politique non-conventionnelle afin d’éviter toute dépression économique. Les taux d’intérêts rétribuant la prise de risque des investisseurs lorsqu’ils achètent des obligations sont devenus proche de zéro au cours des années passées pour inciter les entreprises à investir et les particuliers à s’endetter pour consommer. Les Etats ont suivi ce mouvement pour maintenir une apparente croissance économique en investissant non pas pour l’avenir mais pour le présent, en d’autres termes dans le fonctionnement des Etats. C’est en effet la préoccupation des politiciens qui n’ont plus aucune vision sur le long terme : ils ne pensent qu’à leur prochaine réélection en faisant croire aux citoyens qu’il y a bien une croissance économique, et donc que tout va bien.

Puisque l’argent est « facile » et ne coûte rien (en intérêts) les entreprises empruntent pour racheter leurs actions afin de faire gonfler artificiellement le cours de ces dernières sans pour autant investir. Si la Bourse « va bien » cela doit signifier que l’économie se porte bien. Et tout les citoyens le croient qu’ils aient ou non des actions ou des obligations dans leur porte-feuille patrimonial. Donc tout va bien dans le meilleur des mondes financiarisés possibles …

Ce n’est malheureusement pas le cas pour la grande majorité des pays européens, mises à part la Suisse qui ne fait pas partie de l’Union européenne et la République d’Irlande qui tire vers le haut son économie en accueillant de nombreuses entreprises multinationales opérant dans l’Union Européenne grâce à une politique fiscale accommodante. D’ailleurs pour acheter des obligations de l’Etat suisse il faut payer un droit d’entrée. Cette exception suisse se retrouve maintenant, et c’est invraisemblable, au niveau d’autres pays européens au sein desquels des entreprises émettent des obligations sur les marchés. Il faut désormais payer pour acquérir certaines obligations libellées en euros. Et la BCE soutient cette politique. Selon l’agence Bloomberg le volume de telles obligations atteint aujourd’hui 12800 milliards d’euros et de citer 14 entreprises émettant des obligations « payantes » ! Les investisseurs peuvent toujours rêver de revoir un jour le principal, leur investissement, mais ils ne verront jamais la couleur des intérêts. Bloomberg classe ces obligations dans la catégorie des « junk-bonds » ou obligations pourries comme par exemple :

Adragh Packaging Finance plc / Ardagh Holdings USA Inc., Altice Luxembourg SA, Altice France SA, Axalta Coating System LLC, Constellium NV, Arena Luxembourg Finance Sarl, EC Finance Plc, Nexi Capital SpA, Nokia Corp., LSF10 Wolverine Investments SCA, Smurfit Kappa Acquisitions ULC, OI European Group BV, Beckton Dickinson Euro Finance Sarl et WMG Acquisition Corp.

Il est complètement illogique de posséder une obligation qui a demandé un investissement de 1 euro et qui vaudra nominalement 99 centimes dix ans plus tard. Il semble pourtant que les investisseurs préfèrent ce type de placement. Les 14 entreprises citées plus haut sont donc des entreprises zombies. La Banque des Règlements internationaux a bien analysé ce phénomène dès septembre 2018 ( https://www.bis.org/publ/qtrpdf/r_qt1809g.htm ) :

« L’augmentation du nombre de firmes appelées « zombies », c’est-à-dire des firmes qui sont incapables d’assurer le service de leur dette à partir de leurs profits réalisables sur une période étendue, a attiré l’attention des analystes politiques et académiques. En analysant les résultats d’entreprises réparties dans 14 pays à l’économie avancée, il est apparu une évidente augmentation de la prévalence de « zombies » depuis la fin des années 1980. Notre analyse suggère que ce phénomène est lié à la pressions financière réduite qui se traduit par des taux d’intérêt peu élevés. Nous constatons aussi que ces entreprises zombies pèsent sur les performances économiques parce qu’elles sont moins productives et parce que leur existence même encourage les autres entreprises à réduire leurs investissements et la création d’emplois.« 

Cette sorte de non-sens économique n’a pu exister qu’avec l’encouragement des banques centrales qui ont manipulé les taux d’intérêt. C’est totalement contre-productif et si ces entreprises zombies existent toujours ce n’est que grâce à ces taux d’intérêt proches de zéro ou négatifs. La force fondamentale du capitalisme réside dans le fait que les entreprises non viables disparaissent pour laisser la place à l’innovation et à de nouveaux modèles. Et pourtant les banquiers centraux, la FED, la BCE, la Banque de Chine, etc.., veulent garder ces entreprises en vie. De ce fait la zombification augmente. Que va-t-il se passer quand une récession sévère arrivera ?

Sources : Bloomberg et BIS (Banque des règlements internationaux)

Le déclin de l’économie américaine : ce que la presse main-stream dit et la réalité

Traduction d’un article de Paul Craig Roberts paru sur son site le 25 JUIN 2019.

Depuis Juin 2009 les Américains vivent dans la fausse réalité d’une économie florissante. Des « fake-news » et des statistiques truquées ont entretenu cette fausse impression car les vrais chiffres ont été ignorés. Par exemple il serait normal dans une économie remise de la crise ou en croissance de voir le nombre d’emplois augmenter puisqu’il devrait y avoir plus d’offres d’emploi. Pourtant durant la décennies passée Juin 2009-Mai 2019 le taux des emplois n’a cessé de diminuer, passant de 65,7 à 62,8 % de la population en âge de travailler. Une autre caractéristique d’une économie prospère est un fort investissement dans les entreprises. Pourtant les entreprises américaines ont en grande majorité utilisé leurs profits non pas pour se développer mais pour réduire leur capitalisation sur les marchés en rachetant leurs actions. Pire encore d’autres entreprises ont emprunté de l’argent pour racheter encore plus leurs propres actions, manoeuvre ayant pour conséquence un plus fort endettement alors qu’elles réduisaient leur capitalisation boursière ! C’est-à-dire que les conseils d’administration, les dirigeants et les actionnaires de ces entreprises ont choisi de piller leurs propres compagnies, ce qui indique clairement que les dirigeants et les propriétaires de ces entreprises ne considèrent plus que l’état de l’économie justifie de nouveaux investissements.

Dans ces conditions comment peux-t-on considérer que l’économie est en plein essor si les entreprises ne voient pas d’opportunités d’investissements ? Pendant toute cette décennie de supposée croissance économique les vraies consommations de détail ont décliné pour se retrouver aujourd’hui à 1,3 %, et encore, ce chiffre est surévalué puisque le calcul de l’inflation a été modifié pour faire croire qu’elle était plus faible que dans la réalité. Par exemple l’indice des prix à la consommation, indice qui normalement devrait refléter le prix réel d’un standard de vie constant, mesure maintenant un standard de vie variable. Si le prix d’un bien de consommation pris en considération dans ce calcul augmente, ce prix est remplacé par une alternative moins coûteuse, manoeuvre qui réduit arithmétiquement l’indice de l’inflation. Si le prix d’un bien de consommation augmente ce dernier est considéré comme entrant dans la catégories de l’augmentation de la qualité et il n’est pas pris en compte dans le calcul de cet indice.

Les prix des biens de consommations au détail ne peuvent pas augmenter quand la plupart des salaires n’ont pas augmenté depuis plusieurs dizaines d’années, selon une enquête de Pewresearch parue en août 2018. Les salaires des employés à plein temps ont chuté de 4,4 % depuis 1973 en dollars actualisés. Les experts en économie éludent cette évidence. Par exemple ils font remarquer que les gens travaillent plus longtemps et donc que leurs revenus réels sont en hausse mais pas leurs salaires nominaux. Ces mêmes experts à la solde du gouvernement affirment aussi que les départs massifs à la retraite des « baby-boomers » ont réduit la force de travail globale mais ils semblent ignorer que si vous allez dans un grand magasin vous verrez beaucoup de retraités travailler pour arrondir leurs fins de mois difficiles car leur retraite, compte tenu de la fraude sur les statistiques de l’inflation qui n’a pas permis de revaloriser leurs maigres pensions, ne leur suffit plus pour vivre.

Ces mêmes experts gouvernementaux affirment que le faible taux de chômage signifie qu’il y a un manque de main-d’oeuvre et donc que quiconque désire travailler peut trouver un emploi mais ils oublient de dire que des millions de chômeurs, découragés car ne trouvant pas d’emploi, ne sont plus pris en compte dans les statistiques. En effet, selon la loi, si vous n’avez pas recherché activement un emploi pendant 4 semaines consécutives vous n’êtes plus considéré comme chômeur et donc vous n’êtes plus pris en compte dans les statistiques.

C’est coûteux de rechercher un emploi. Quand on dispose de peu d’argent il faut le dépenser pour se déplacer et se montrer pour une interview et rapidement il ne reste plus d’argent pour continuer à chercher. C’est également émotionnellement onéreux car plus on essuie des échecs plus on perd confiance en soi et on finit par ne plus avoir d’espoir. Les gens se rattrapent alors sur des petits boulots payés cash pour pouvoir survivre. Comme conséquence de cet état de fait beaucoup de sans-abri trouvent des petits boulots qui leur suffisent pour vivre car ils ne peuvent même pas payer un loyer et ils vivent dans la rue. Le taux de chômage officiel de 3,5 % n’est que de la propagande. En incluant tous les chômeurs découragés et ceux qui ont des petits boulots payés cash, donc non déclarés, leur permettant de survivre difficilement, on arrive plutôt à un taux de chômage de 21 %. Ces 21 % expliquent pourquoi un tiers des jeunes de 18 à 34 ans vivent toujours chez leurs parents : ils ne gagnent pas assez d’argent (ou n’en gagnent pas du tout) pour avoir une existence indépendante. Dans le même sens la Réserve Fédérale a indiqué que 40 % des ménages américains ne disposent pas d’économie supérieures à 400 dollars.

L’économie américaine a été poussée vers le déclin par des capitalistes avides sans aucune vue de long terme. Lorsque l’Union soviétique s’est effondrée au cours de la dernière décennie du XXe siècle, l’Inde et la Chine ont ouvert leurs économies aux pays occidentaux. Les entreprises de ces pays ont trouvé tant en Chine qu’en Inde une main-d’oeuvre à bon marché pour accroître leurs profits en produisant à l’étranger des biens et des services destinés à leurs marchés intérieurs. Les entreprises qui hésitaient à délocaliser leurs productions ont été menacées par Wall Street de prises de contrôle dans leur pays à moins de réaliser encore plus de bénéfices grâce à ces délocalisations de leurs productions.

Le transfert de millions d’emplois américains à haute productivité et à forte valeur ajoutée en Asie a détruit les carrières et les perspectives de millions d’Américains et a eu de graves répercussions sur les budget nationaux et locaux ainsi que sur les fonds de pension. Les coûts externes de la délocalisation des emplois ont été extrêmement élevés. Ces coûts ont largement dépassé et de loin les bénéfices tirés de cette délocalisation. Presque du jour au lendemain des villes américaines prospères qui constituaient jadis une force industrielle et manufacturière sont devenues des friches économiques. La « guerre commerciale » avec la Chine est une gesticulation visant à dissimuler le fait que les problèmes économiques des Etats-Unis sont le résultat des agissements de ses propres entreprises et du fait que Wall Street a orchestré la délocalisation des emplois américains et du fait que le gouvernement américain n’a rien fait pour arrêter la déconstruction de son économie.

La politique économique de l’administration Reagan axée sur l’offre, systématiquement mal présentée et mal décrite, a permis de remédier à la « stagflation », au malaise de la hausse de l’inflation et du chômage décrit à l’époque comme une aggravation des compromis entre inflation et chômage. Personne n’a vu de courbe de Phillips (cf. note en fin de billet) depuis que l’administration Reagan s’est débarrassée de cet écueil. La Réserve Fédérale n’a même pas été capable de la ressusciter avec des années d’impression monétaire. L’administration Reagan avait mis l’économie américaine sur les rails vers une croissance à long terme non inflationniste, cette perspective a été contrecarrée par la hausse de la délocalisation des emplois.

Normalement l’objectif d’un gouvernement est de protéger les emplois de son pays parce que le gouvernement a besoin des revenus provenant des taxes et des impôts plutôt que de devoir verser des indemnités de chômage et d’entretenir un système de protection sociale. Normalement les politiciens préfèrent les succès économiques aux échecs. Mais la cupidité a triomphé des jugements rationnels et les perspectives de l’économie ont été sacrifiées aux sociétés « court-termistes » et à la cupidité de Wall Street.

En effet les profits tirés de la délocalisation des emplois sont à court terme car la délocalisation des emplois repose sur une erreur d’appréciation qui suppose que ce qui est vrai pour un acteur économique est aussi vrai pour l’ensemble des autres acteurs. Une société individuelle peut tirer avantage de l’abandon de sa main-d’oeuvre nationale et opter pour une production à l’étranger de ses produits pour son marché intérieur. Toutefois lorsque de nombreuses entreprises font de même l’impact sur le revenu des consommateurs domestiques est grave. Alors comme les petits emplois du genre employé d’un supermarché comme Walmart ne rémunèrent pas comme le secteur manufacturier la demande globale des consommateurs est affectée par la baisse des revenus et la demande pour les produits des entreprises délocalisées est moindre. Par conséquent la croissance économique faiblit et lorsque cela s’est produit Alan Greenspan, le Président de la FED à l’époque, a alors décidé de substituer un accroissement de l’endettement des consommateurs à la croissance manquante de leurs revenus. Le problème avec la solution de Greenspan est que la croissance de cette dette privée des consommateurs est limitée par le montant de leurs revenus et lorsque la dette ne peut plus être remboursée elle ne peut plus augmenter. En outre, le service de cette dette absorbe une partie du pouvoir d’achat des consommateurs. Ainsi la délocalisation des emplois a limité l’expansion de la demande globale des consommateurs. Alors que les entreprises rachètent leurs actions au lieu d’investir rien ne peut plus stimuler l’économie. Les chiffres produits plus haut ne sont que des illusions produites par la sous-estimation de l’inflation réelle.

Une grande partie de la prospérité et de la puissance des Etats-Unis après la seconde guerre mondiale est due au rôle du dollar comme monnaie de réserve mondiale. Ce rôle garantit une demande mondiale en dollars et cette demande signifie aussi que le monde finance les déficits budgétaires et commerciaux des Etats-Unis en achetant de la dette américaine. Le monde donne des biens et des services aux USA en échange d’une monnaie de papier. Les USA paient leurs factures en imprimant de la monnaie ! N’importe qui serait capable de comprendre qu’un gouvernement protégerait un tel avantage et n’encouragerait pas au contraire des pays étrangers à abandonner ses dollars. Mais le gouvernement américain, insouciant dans son arrogance, son orgueil et sa totale ignorance, a fait tout ce qui était en son pouvoir pour provoquer la fuite du dollar.

Les Etats-Unis utilisent leur système financier basé sur le dollar pour contraindre les autres pays à tenir compte des intérêts américains à leurs dépens. Les sanctions imposées à d’autres pays, les menaces de sanctions, le gel des avoir et les confiscations, etc, ont conduit de grandes parties du monde, Russie, Chine, Inde, Iran, à des transactions non monétaires qui réduisent la demande de dollars. Par exemple les menaces américaines à l’égard de l’Europe qui achètent de l’énergie russe et des produits technologiques chinois sont des éléments qui déstabilisent l’appartenance de l’Europe à l’Empire américain. Si la valeur du dollar s’effondrait en raison du manque de demande sur les marchés, les Etats-Unis, massivement sur-endettés, se retrouveraient relégués à l’état de pays du tiers-monde.

Il est vrai que de nombreux pays dans le monde ont des leaders politiques mauvais mais les leaders politiques des Etats-Unis sont les pires de tous. Jamais très bon, le leadership américain est tombé dans un déclin abrupt avec l’avènement des Clinton, se poursuivant par Bush, Obama et Trump. La crédibilité des Américains est au plus bas. Des imbéciles comme John Bolton et Pompeo pensent pourvoir restaurer cette crédibilité en explosant un ou des pays. À moins que ces imbéciles dangereux ne soient licenciés nous devrons tous faire l’expérience de leurs erreurs.

Auparavant la Réserve fédérale suivait une politique monétaire dans le but de réduire l’inflation et le chômage, mais aujourd’hui et au cours des dix dernières années sa politique monétaire consiste à protéger les bilans des grandes banques « trop grosses pour faire faillite » et d’autres institutions financières privilégiées par le pouvoir. Par conséquent il est problématique d’attendre des résultats sur le chômage et l’inflation. Il est aussi possible de faire face à une récession et de maintenir des prix élevés des instruments financiers grâce au soutien de la FED à ces instruments. Il est aujourd’hui possible pour la FED d’empêcher une baisse des marchés boursiers en achetant des contrats à terme sur l’indice S&P et d’empêcher une hausse du prix de l’or en faisant en sorte que ses agents fassent basculer des positions nues sur le marché des contrats à terme. De telles manoeuvres ne se sont jamais produites quand j’étais au Trésor. Ce type d’intervention a son origine dans l’équipe de protection anti-crise créée par le clan Bush au cours de la dernière année de l’administration Reagan. Une fois que la FED a appris à se servir de ces instruments elle l’a fait de manière plus agressive.

Les observateurs des marchés qui suivent les tendances du passé oublient que la manipulation du marché par les autorités centrales joue aujourd’hui un rôle plus important que par le passé. Ils s’attendent à tort à ce que les tendances établies par les forces du marché se maintiennent dans cet environnement économique manipulé.

Liens figurant dans l’article de PCRoberts :

https://www.bls.gov/charts/employment-situation/civilian-labor-force-participation-rate.htm

https://www.multpl.com/us-real-retail-sales-growth

https://www.pewresearch.org/fact-tank/2018/08/07/for-most-us-workers-real-wages-have-barely-budged-for-decades/

https://www.businessinsider.com/record-median-household-income-is-hiding-a-chilling-fact-2017-9

http://shadowstats.com/

https://www.cnbc.com/2018/05/22/fed-survey-40-percent-of-adults-cant-cover-400-emergency-expense.html

https://www.claritypress.com/product/the-failure-of-laissez-faire-capitalism/

Note. La courbe de Phillips illustre une relation empirique négative entre le taux de chômage et l’inflation, c’est-à-dire le taux de croissance des salaires nominaux. En d’autres termes, au delà d’un certain niveau de chômage les salariés ne sont plus en position de force pour exiger une hausse de salaire. Lire aussi : https://en.wikipedia.org/wiki/Phillips_curve

Note. Pour ceux qui ne savent pas qui est Paul Craig Roberts : https://en.wikipedia.org/wiki/Paul_Craig_Roberts .Cette personnalité réalise des analyses froides et non partisanes. Qu’on n’aille pas me taxer d’anti-américanisme primaire mais les faits sont là et ils parlent d’eux-mêmes. La situation économique de l’Europe est également loin d’être enviable. En dehors de l’Allemagne et dans une moindre mesure des Pays-Bas toutes les économies européennes seraient en récession profonde si celles-ci n’étaient pas adossées à de la dette alimentée par de la fausse monnaie. Un jour ou l’autre le système économique implosera et alors on entrera dans une « terra incognita ».