Où est passée l’inflation ?

Où est passée l’inflation ?

Je ne suis pas un économiste, loin de là car c’est une science inexacte dans la mesure où il est impossible de mettre en équation tous les paramètres qui sont, comme disent les spécialistes, les sous-jacents de l’évolution des marchés. Janet Yellen a déclaré il y a quelques jours qu’elle ne comprenait pas pourquoi, malgré la profusion de monnaie disponible à des taux jamais vus depuis 5000 ans, il n’y avait toujours pas d’inflation. Faut-il que cette personne qui compte parmi les plus puissantes du monde soit totalement dénuée de bon-sens ! Un bon-sens paysan comme on disait autrefois …

Pour qu’il y ait inflation des prix il faut que la demande surpasse l’offre. Quand il y avait des famines en Europe le prix du blé pouvait être multiplié par 5 en quelques mois car l’offre était inexistante. Aujourd’hui il n’y a plus de demande dans la plupart des pays de l’OCDE car dans tous ces pays le chômage est endémique et important, très important. Aux USA, le pays de Yellen, plus de 50 millions de personnes en âge de travailler n’ont pas d’emploi du tout et survivent uniquement avec des coupons d’alimentation généreusement distribués par le gouvernement fédéral et 50 autres millions de personnes également en âge de travailler ne trouvent que quelques heures de travail ici et là durant la semaine pour éventuellement arriver à s’acheter une boite de corned-beef chaque jour. Ce n’est pas ainsi que la demande et donc l’inflation peuvent être relancées dans le pays de Yellen qui n’a décidément rien compris.

En Europe l’image n’est pas plus flatteuse. En Italie, Espagne, France, Portugal, Grèce ou Belgique la situation est tout aussi alarmante qu’aux USA. Le taux de chômage dans ces pays, si il est fait abstraction des statistiques gouvernementales truquées, atteint entre 15 et 20 % de la population active. Même scénario, mêmes effets : une demande réduite à sa plus simple expression – les denrées de première nécessité – ne relancera pas l’inflation tant espérée par les gouvernements pour diluer la dette d’Etat.

Tant que les statistiques du chômage flirteront avec des chiffres de l’ordre de 20 % les salaires n’augmenteront pas puisque le marché du travail obéit aux mêmes lois que n’importe quelle autre denrée : trop de demandeurs d’emploi, pas question d’augmenter les salaires et par conséquent pas non plus d’augmentation de la demande de la part de ceux qui ont la chance d’avoir un emploi. C’est en quelque sorte un cercle vicieux d’où lequel les économies occidentales auront beaucoup de mal à s’extirper.

Puisque la demande est rachitique, les entreprises, confrontées à des marchés étriqués, n’investissent naturellement plus et n’embauchent également plus, d’où la persistance de ce chômage. Alors la politique des banques centrales consistant à inonder les marchés financiers de monnaie fraîchement imprimée est de ce fait totalement inefficace pour relancer l’économie, en d’autres termes l’emploi, la consommation et par voie de conséquence l’inflation.

Les taux d’intérêt proches de zéro, supposés stimuler l’économie – il est tentant, en théorie, d’emprunter à des taux ridicules – sont en réalité dévastateurs car ceux qui sont dans une situation économique précaire ne consommeront pas plus pour autant. Tout simplement parce que quand on n’a pas de revenus fixes on ne peut pas emprunter le moindre kopeck à son banquier. Ici à Tenerife, une île pourtant privilégiée par sa puissante industrie touristique et ses ressources agricoles inestimables, les pauvres restent pauvres mais les riches s’enrichissent en profitant de ces conditions ultra-favorables de crédit. Et l’inflation est un doux rêve. Vous voulez un exemple concret ? Tous les six jours je vais dans mon petit super-marché au coin de la rue acheter deux packs de bière (soit 8 litres) et un pack de 6 litres de lait entier (en réalité je bois beaucoup plus de 8 litres de bière en 6 jours et je n’ai aucune honte à l’avouer, d’autant plus que la bière ne coûte ici que 80 centimes d’euros le litre : où est l’inflation ?). Il m’en coûtait il y a un mois 10,14 euros. Depuis une semaine je débourse seulement 9,54 euros pour strictement le même achat : taux de déflation 5,9 % !

Il y a plus grave encore parmi les effets pervers des taux d’intérêt proches de zéro : les caisses de retraite n’arriveront plus à payer les pensions des retraités. Il ne faut pas croire que l’argent que j’ai épargné durant toute ma vie active (je suis retraité) pour me constituer une retraite complémentaire est resté dans une boite en fer blanc et que chaque mois ma caisse de retraite m’en met un peu sur mon compte en banque. Cette caisse de retraite a fait durant des années des placements avec mon épargne qui lui ont permis de rémunérer les retraités lorsque je travaillais et d’éventuellement réaliser quelques profits avec « mon argent ».

Aujourd’hui, en raison des politiques délirantes des banques centrales, ces mêmes caisses de retraite, qu’elles soient privées ou publiques, sont toutes au bord de la faillite puisqu’elles ne peuvent plus réaliser de profits sur les marchés financiers en raison de ces taux d’intérêt proches de zéro. Si les retraités actuels vont être un peu plus taxés pour tenter de sauver le système (c’est le cas de la France) il est inutile de douter un instant : les futurs retraités auront la vie très dure. Toutes les promesses qu’on leur tient aujourd’hui ne seront jamais honorées ! Seuls les grands favorisés de ce système financier perverti en profiteront, c’est-à-dire les riches qui sont devenus de plus en plus riches et les « nouveaux riches » qui ont accumulé des richesses extravagantes basées sur du vent à la Jeff Bezos ou Mark Zuckerberg mais cette classe de privilégiés n’est pas à l’abri d’une profonde crise économique, la « big one » qui se profile à l’horizon en raison de cette situation invraisemblable.

Reste le cas du Japon, pays que je connais pour au moins y séjourner deux fois par an et prétendre bien le connaître est un abus de langage. Il y a peu de chômage dans ce pays, à peine trois pour cent de la population active, des centaines de milliers d’offres d’emploi ne sont pas satisfaites et le Japon a déjà modifié les lois relatives aux demandes de visa de résident temporaire dans le but d’attirer une main-d’oeuvre étrangère sélectionnée. Et pourtant les salaires évoluent peu, la demande stagne et l’inflation n’est toujours pas au rendez-vous malgré les « QEs » de la BoJ. L’un des objectifs de Shinzo Abe quand il a été élu était d’atteindre une inflation de quelque 3 % et les économistes nippons ne voient toujours rien venir. Même une augmentation de la TVA n’a pas vraiment créé d’inflation ! Qu’en conclure alors ? Les « quantitative easing » sont contre-productifs en tous les cas en ce qui concerne l’inflation, car la demande ne progresse pas et tous les billets de banque fraîchement imprimés se retrouvent dans la poches des 0,01 %, aux USA, en Europe et très certainement au Japon aussi. Cette masse considérable de liquidités n’a pas pénétré les circuits économiques normaux, c’est peut-être la raison pour laquelle les politiques monétaires des banques centrales occidentales (Japon compris) n’ont pas atteint leur but : un miroir aux alouettes de plus et une grave erreur d’appréciation des gouverneurs de ces banques centrales …

Je répète que je ne suis pas économiste et je n’ai fait que relater dans ce billet mes impressions personnelles rassemblées au cours de nombreuses lectures sur un certain nombre de sites qui ne font pas partie des médias « main-stream ».

Eclatement de la nouvelle bulle internet ? Pour très bientôt !

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Tous les analystes financiers s’accordent pour le dire en catimini mais les rumeurs vont vite : les deux géants mondiaux de la publicité en ligne dont la cote boursière est extravagante – Alphabet et Facebook – pratiquent l’escroquerie à grande échelle. Pour rappel la capitalisation boursière de ces deux géants de l’internet est légèrement supérieure au PIB de la France. Le CEO de la société Restoration Hardware, Gary Friedman, a déclaré lors d’une conférence réunissant les grands du commerce de détail américain chez Goldman-Sachs que (je cite) : « (nous) avons découvert que 98 % de notre business provenait de 22 mots. Donc, attendez, nous avons acheté 3200 mots (à Alphabet et Facebook) et pourtant 98 % de notre business provient de seulement 22 mots. Quels sont ces 22 mots ? « Restoration Hardware » et les 21 façons de mal l’épeler, d’accord ? « .

Cette remarque cinglante veut tout simplement dire que la grande majorité des « clics » et des « like » sont de la pure fumisterie. Si les clients de ces deux géants de la publicité en ligne demandent des éclaircissements à ce sujet ils subissent une sorte de chantage du genre : « préférez-vous que ce soit votre concurrent direct qui se trouve en début de page ? » … Restoration Hardware paie des millions de dollars chaque année pour être listé parmi les premières pages quand on ouvre son moteur de recherche Chrome. Il en est, toutes proportions gardées, de même pour le petit restaurateur du coin de la rue qui tente de racoller le client avec Facebook. Et ces pratiques frauduleuses sont répandues dans le monde entier …

À quand l’éclatement et la déchéance définitive de ces escrocs planétaires ?

Source : Wolf Street, article de Tyler Durden originellement paru sur ZeroHedge.

Retour du goldmark ? Peut-être bien !

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J’ai découvert en parcourant la chronique Agora du jeudi 2 mars 2017 un fait que même l’auteur du billet – Yannick Colleu – n’avait pas relevé. Je le remercie ici de m’avoir procuré une inspiration pour mon blog. Monsieur Colleu est allé faire un tour à la World Money Fair de Berlin et il a mentionné diverses données issues du World Gold Council (voir le lien en fin de billet).

En 2015 et 2016 le solde net des achats-ventes d’or sous forme de pièces par les épargnants français a été respectivement de -0,52 et -3,87 tonnes (3,87 tonnes ou approximativement 144 millions d’euros). En Allemagne ces soldes ont été respectivement de +116 tonnes et +105 tonnes (105 tonnes soit environ 4 milliards d’euros). Monsieur Colleu a oublié de commenter cette situation dans le contexte économique actuel.

Il faut constater que les vendeurs d’or sous forme de pièces héritées d’une vielle tante par exemple ont des difficultés financières et ils se séparent de leurs « bijoux de famille », les napoléons et les souverains en font partie. Ce sont souvent des personnes qui ne mènent pas un grand train de vie et ont précieusement conservé ces pièces dans du papier de soie « au cas où » ! Ceci signifie que la classe moyenne française souffre beaucoup en particulier de l’acharnement fiscal qu’elle subit depuis près de 20 ans et qui s’est aggravé sous le règne du capitaine de pédalo.

Le deuxième point est l’énorme différence de comportement entre les Français et les Allemands et on ne peut qu’en conclure que ces derniers se préparent à l’évidence pour l’arrivée du « goldmark » en achetant toutes les pièces d’or en circulation en Europe et dans le monde. C’est du moins mon interprétation mais je ne suis pas un spécialiste en la matière. Ceci signifie également, et c’est très inquiétant, la fin de l’euro dans un avenir proche dans la mesure où l’Allemagne a aussi accéléré le rapatriement de son stock d’or qui se trouve toujours dispersé entre New-York, Londres et Paris. Autant dire que cet avenir de l’Europe paraît bien sombre avec la montée des mouvements politiques populistes tant aux Pays-Bas qu’en Italie, France ou Espagne qui prônent une sortie de la zone euro. L’incidence d’une éventuelle création du goldmark adossé sur l’or aura alors des répercussions planétaires sur l’ensemble des monnaies et une gigantesque augmentation du cours de l’or réduisant par voie de conséquence la valeur des monnaies papier à néant.

Source : https://cdn.publications-agora.com/elements/lca/newsletter/html/170302_LCA.html , illustration « napoléon » de 20 francs

L’Europe en récession depuis 2007 et ce n’est qu’un avant-goût …

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Ce sont des données lapidaires, non manipulées et dénuées de toute arrière-pensée politicienne : selon l’office des statistiques européen (Eurostat) la consommation intérieure brute d’énergie dans l’Union Européenne est tombée en 2015 sous son niveau de 1990. En 1990 cette consommation était de 1667 millions de tonnes équivalent-pétrole (Mtep ou Mtoe en anglais, voir note en fin de billet). Elle n’était plus que de 1626 Mtep en 2015 après avoir atteint un pic en 2006 à 1840 Mtep.

La consommation brute d’énergie est un indicateur très précis de l’activité économique tous postes confondus. Force est de constater que l’économie de l’Union Européenne est en récession depuis la crise de 2007-2008 quoi qu’en disent toutes les autres statistiques reprises par les médias, les politiciens et les banquiers. La croissance économique de la zone euro ne repose donc que sur la croissance de la dette des Etats, des entreprises et des ménages grâce à la politique accommodante de la Banque Centrale Européenne.

Ce qui est moins rassurant pour les tenants du réchauffement climatique est que les importations de combustibles fossiles (pétrole, gaz et charbon) ont durant cette période 1990-2015 globalement augmenté depuis 2011 en particulier en Allemagne et au Royaume-Uni. En 1990 il fallait une Tep (tonne équivalent-pétrole) produite en Europe pour une Tep consommée, aujourd’hui les deux tiers sont importées. En d’autres termes la production pétrolière de la Mer du Nord a chuté et les extractions de charbon ont également diminué considérablement. L’Europe n’atteindra ses objectifs de réduction des émissions de CO2 fixés par la loi – si l’on peut dire les choses ainsi – et malgré cette réduction de la consommation d’énergie primaire, qu’avec une réduction encore plus sensible de la consommation d’énergie primaire. Il est donc clair que l’ensemble des pays européens n’auront plus d’autre choix que de s’enfoncer dans une récession violente, durable et dévastatrice sur le plan social avec un appauvrissement concomitant de l’ensemble de la population. L’objectif COP21 est en effet d’atteindre une consommation d’énergie primaire de 1483 Mtep en 2020, soit une consommation finale d’énergie de 1086 Mtep, dans trois ans !! Et ce ne sont pas les énergies renouvelables loin d’être fiables qui permettront d’atteindre cet objectif par trop ambitieux et totalement surréaliste.

Et pourtant tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles selon les médias !

Source : Eurostat

Note. Pour les puristes une Tep correspond à la production théorique de 11,6 MWh et équivaut énergétiquement parlant à 1,42 Tec (tonne équivalent-charbon, tce en anglais). Pour fixer les idées, les deux réacteurs nucléaires de Fessenheim dont la fermeture (définitive ?) est politiquement programmée devraient – CHACUN – brûler a minima 78 tonnes de pétrole par heure, soit 680000 tonnes de pétrole chaque année pour produire la même quantité d’électricité dégageant dans l’atmosphère 1760000 tonnes de CO2 car il faudra bien produire de l’électricité d’une façon ou d’une autre et de manière fiable et constante pour remplacer la production électrique de ces deux réacteurs … Quant aux objectifs allemands de quitter totalement l’énergie nucléaire en 2022, difficile d’imaginer comment le pays arrivera à alimenter son industrie en électricité sinon en brûlant encore plus de charbon, de pétrole et de gaz.

La corruption organisée par les « corporatocrates »

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Fort heureusement il y a les lanceurs d’alerte comme Julian Assange ou encore Edward Snowden pour nous informer car consulter la presse main-stream subventionnée et les chaines de télévision étatisées ou propriétés de grands groupes industriels ou commerciaux n’est qu’une perte de temps : nous sommes tous soumis à une désinformation systématique sous une avalanche continue de nouvelles sans aucune importance ou dont la véracité est contestable. Par exemple, la politique monétaire de la banque centrale européenne (BCE) dirigée par un ancien employé de Goldman-Sachs du nom de Mario Draghi échappe à tout contrôle tant de la Commission Européenne que du Parlement de Strasbourg. La BCE se trouve comme par hasard à Francfort, la capitale financière de l’Allemagne et Draghi fait sa petite cuisine sans rendre de comptes à qui que ce soit.

Depuis juillet 2016, pas satisfaite de racheter des obligations souveraines sur le second marché, cette institution a entrepris d’acheter des actions de grandes corporations européennes ainsi que des titres de dette de ces mêmes corporations dans la plus grande opacité. Draghi a insisté sur le fait que la BCE n’achetait que sur le second marché et ne participait donc pas directement au financement de la dette des Etats ni des entreprises. C’était une manoeuvre pour dissimuler ce qui se fait dans l’ombre, entre corporatocrates, un néologisme inventé par Wolf Richter sur son blog, entre coquins pour être plus précis ! Tout est secret et fort heureusement les lanceurs d’alerte que j’ai cité ci-dessus ont permis d’y voir un peu plus clair. Le Corporate Europe Observatory a craqué les codes utilisés par la BCE pour identifier les corporations (multinationales) européennes bénéficiant de ses largesses et le résultat est assez surprenant.

On trouve par exemple les grands du pétrole : Shell, financé 11 fois depuis juillet dernier, Eni (Italie) financé 16 fois, Repsol (Espagne) six fois, OMV (Autriche) six fois également, et enfin Total (France) financé 7 fois. Quant aux multinationales impliquées dans le gaz naturel c’est le même tableau. Mais il n’y a pas que le secteur énergétique qui intéresse la BCE. L’industrie automobile bénéficie aussi des largesses de la BCE avec en tête Daimler, BMW, Volkswagen malgré ses problèmes de trucage des émissions des moteurs diesel, et enfin Renault.

Ce n’est pas tout et le Corporate Europe Observatory a aussi découvert que la BCE était on ne peut plus généreuse avec les trois majors françaises de l’eau : Suez, Vivendi et Veolia. Vous en voulez encore ? LVMH est aussi un chouchou de la BCE, tout comme la société autrichienne Novomatic dont la spécialité est les jeux de hasard et propriété du milliardaire Johan Graf. Tous les dirigeants de ces sociétés sont des copains de Mario Draghi et se retrouvent régulièrement dans les salons feutrés des hôtels de luxe qui à Davos, qui au club de Bilderberg. L’objectif de Draghi est d’atteindre 125 milliards d’euros d’ici la fin de 2017 dans ce genre d’opération souterraine qui échappe à la sagacité et au contrôle des politiciens.

Mais il est inutile de penser un seul instant que Jean-Claude Junker, le président de la Commission européenne, ne soit pas au courant des agissements de son ami Draghi. Ces agissements sont en effet à la limite de la légalité, on pourrait dire totalement illégaux puisque la BCE, dans sa grande mansuétude, s’implique aussi dans les « placements privés », en d’autres termes des titres de dette des corporations multinationales qui échappent au marché financier traditionnel. Seule une petite poignée d’investisseurs est au parfum et la BCE, à l’évidence, a transgressé le cadre de son statut de banque centrale en se positionnant comme acheteur de dette, dans ce cas, en premier ressort. L’immense avantage offert aux grandes corporations est qu’elles disposent via la BCE et directement d’un accès rapide et peu coûteux à des capitaux qu’elles ne trouvent plus auprès des banques.

On peut appeler ce genre de pratique de la corruption …

Source : wolfstreet.com

France : PIB et dette, dans les règles de l’art réthorique

France : PIB et dette, dans les règles de l’art réthorique

En France, on ne s’embarrasse pas du ridicule, c’est le moins qu’on puisse dire. Les Suisses, près de leurs sous comme chacun sait, observent avec amusement les annonces du ministre français des finances et de l’économie. Le fait que le PIB français aura finalement augmenté de 1,4 % en 2016 comme l’a claironné le sieur Sapin il y a quelques jours a laissé pantois les riverains du Léman ! Il faut tout de même remettre les pions en place sur l’échiquier financier de la France qui va droit à la faillite comme avait osé le dire François Fillon il y a quelques années. Pour obtenir péniblement, selon les statistiques hautement contestable du ministère des finances, un PIB culminant à + 1,4 %, soit une augmentation de 28 milliards d’euros environ, il aura fallu à la France emprunter sur les marché environ 300 milliards d’euros en 2016 pour rembourser ses créanciers sur des titres de dette arrivant à échéance (190 milliards) et aussi et surtout pour faire fonctionner la machine, soit 110 milliards environ injectés dans l’économie. Bel exemple de l’incurie totale du gouvernement socialiste qui a précipité la France dans un abime insondable de dette dont elle ne ressortira que dans une ou deux générations, si tout se passe bien.

En effet, comme d’ailleurs l’Espagne et l’Italie qui suivent la même stratégie suicidaire, pour tenir à bout de bras l’économie la France emprunte donc 10 euros pour créer 1 euro de PIB et créé des postes de fonctionnaires inutiles … C’est une réussite totale.

Aux USA, sous l’ère Obama, la stratégie était un QE (quantitative easing) de 3 dollars pour un dollar supplémentaire de PIB. L’économie américaine n’est pas vraiment en bonne santé avec près de 100 millions de personnes sans emploi ou avec des petits boulots précaires pour remplir une maigre gamelle quotidienne (et qui ont voté pour Trump, leur seul espoir) mais qu’en est-il de celle de la France, de l’Espagne et de l’Italie ? Faut-il selon cette arithmétique très simple en conclure que les économies des « cigales » sont trois fois plus dégradées que celle des Etats-Unis ?

Mon blog, contrairement à beaucoup de sites qui foisonnent sur internet, n’a pas pour mission de colporter de fausses informations car je me contente de recouper diverses données de nature irréfutable (voir note ci-dessous). Il faut se rendre à l’évidence : la France est aujourd’hui en cessation de paiement comme le disait, je le rappelle, François Fillon il y a 8 ans. S’il est élu (et je le souhaite de tout coeur) que va-t-il faire ?

Le cheval de bataille de Fillon est de réformer les collectivités territoriales en soumettant ce projet à référendum et consistant à réduire de moitié le mille-feuille administratif (et politique) en passant de 36000 à au maximum 7000 communes, ce qui réduira dans les mêmes proportions le nombre de parasites vivant de la manne des contribuables. Dans l’administration ce sera la même politique de réduction des effectifs de fonctionnaires (600000 de moins) pour atteindre un volume d’économies de 87 milliards par an tout en rétablissant le jour de carence pour maladie qui plombe totalement la fonction publique dans son ensemble en raison d’un absentéisme endémique pour convenance personnelle. Etc, etc …

Pour plus de détails sur le programme Fillon ce lien très bien documenté : http://www.ifrap.org/comparateur

Note : Je précise à mes lecteurs que les données ci-dessus relatives à l’émission de titres de dette sont très approximatives et si l’un d’entre eux peut m’en fournir de plus précises, je lui en serai reconnaissant.

Au Japon tout va mal : Ah bon ?

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Quand on a trouvé plus malheureux que soi, on se sent plus heureux ou encore quand on a côtoyé une personne en mauvaise santé on se sent mieux. Bref, ces adages sont stupides et pourtant ils font les gorges chaudes des commentateurs économiques quand ils parlent du Japon pour mieux masquer l’état de délabrement des économies des pays européens, y compris de l’Allemagne qui n’arrive pas à récupérer de l’effet des sanctions à l’encontre de la Russie décrétées par l’Union Européenne sous la pression de Washington. Finalement les Anglais ont peut-être fait le bon choix en quittant ce panier de crabes morts qu’est devenue l’UE.

Mais revenons au Japon, peut-être le seul pays au monde qui ne trafique pas ses statistiques économiques comme je l’ai mentionné de nombreuses fois dans ce blog. Par exemple si on appliquait les méthodes de calcul de la dette utilisées au Japon à celle de la France celle-ci atteindrait allègrement trois fois le PIB, plus que les 2,9 fois officielles publiée par la BoJ. Je ne parle même pas de l’Italie et de l’Espagne, ce serait bien pire. Pour tout le reste c’est à l’avenant. J’ai parlé il y a quelques jours du taux de chômage et du taux d’embauche des jeunes diplômés au Japon. Qu’en est-il par exemple de l’Espagne, la quatrième économie de l’UE puisque le Royaume-Uni n’en fait plus virtuellement partie ? Ce sont près de 400000 jeunes diplômés, ingénieurs et ouvriers spécialisés qui quittent le pays chaque année depuis la crise de 2008. L’Espagne se vide de ses forces vives et obère gravement son avenir tout comme la France, pays où 40 % des diplômés ne trouvent pas d’embauche et quittent le pays définitivement. Au Japon 96,5 % des jeunes diplômés cru 2016 ont trouvé un travail …

Venons-en aux inégalités salariales en considérant d’abord les 1 % les plus aisés :
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Au Japon il ne dépassent pas 10 % de la totalité de la richesse créée alors qu’aux USA il atteint 17,5 %. J’ai tenté de trouver une telle statistique concernant l’UE, elle n’existe tout simplement pas car la disparité entre les pays composants cette Union ne conduiraient qu’à un chiffre sans signification. Pour les salaires, si on compare le salaire moyen d’un CEO (PDG en français) avec celui (moyen) d’un employé voici ce que ça donne : il n’y a pas de quoi pavoiser, le Japon est un pays plus égalitaire en ce qui concerne les salaires que bien d’autres pays de l’OCDE :
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Venons-en maintenant à l’emploi des femmes, cette fois comparé à la situation aux USA. En 2000 plus de 70 % des Américaines travaillaient. Aujourd’hui ce taux est tombé à 67 % alors que dans le même temps le nombre de Japonaises travaillant est passé de 60 à 67 %. Cette situation a gravement contribué au vieillissement de la population japonaise mais que dire à ce sujet de l’Italie, de l’Allemagne, de la Slovaquie ou encore et c’est récent de l’Espagne, pays où les taux de natalité sont en chute libre.
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En ce qui concerne l’innovation, le nerf de la création de richesse présente et à venir, les USA restent champions toutes catégories pour les entreprises innovantes – en considérant les 100 premières dans le monde – avec 49 entreprises. Vient ensuite le Japon avec 8 sociétés, suivi de la Chine et de la Grande-Bretagne :

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Juste un petit rappel de la créativité japonaise. Le train à grande vitesse Tokyo-Osaka fut mis sur les rails en octobre 1964. La première calculette de poche est originaire du Japon (1970) tout comme le walkman (1979). La LED bleue fut créée au Japon en 1990 et ouvrit la porte aux écrans de télévision plats. Le robot androïde apparut en 2003 tout comme les téléphones portables dits maintenant « smartphones » à écran tactile, les « kétaï » pour les Japonais.

L’opinion qu’ont les Américains des Japonais se résume en un tableau :

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Alors, que les analystes et les commentateurs économiques qui se complaisent à se faire interviewer sur les plateaux de télévision se ravisent : au Japon tout va beaucoup mieux que dans bien des pays européens. C’est le premier pays du monde pour la qualité de ses infrastructures, le deuxième du monde pour le nombre de brevets déposés. Quand le Japon s’ouvrira à une immigration contrôlée en accueillant des ressortissants étrangers respectueux des traditions du pays alors il sera envié par de nombreuses personnes …

Source : World Economic Forum, illustration quartier d’affaires de Shinjuku à Tokyo