La France s’enfonce dans la faillite, c’est une simple affaire de règle de trois !

J’aime bien faire des « règles trois », c’est à peu près tout ce qui me reste des mathématiques que j’ai appris au cours de mes études secondaires, bien qu’ayant frayé plus tard avec approches graphiques un peu compliquées pour tenter d’expliquer comment un enzyme fonctionnait puisque les enzymes se trouvaient au centre de mes travaux ce recherches. L’utilisation de coordonnées polaires en introduisant des variables intrinsèquement liées afin d’aboutir à des représentations graphiques auraient effrayé n’importe quel mathématicien. La différence entre un mathématicien et un biologiste est fondamentale car le mathématicien raisonne dans l’abstraction alors que l’expérimentateur dispose de données numériques issues de ses mesures ou de ses dosages indirects avec un appareil de mesure. Malgré tout le biologiste est pollué par le mathématicien car il voudrait décrire à l’aide d’équations si possible simples les phénomènes souvent très complexes qu’il a observé. En 1934 Hans Lineweaver et Dean Burk ont publié dans The Journal of The American Chemical Society un article qui indiquait comment décrire à l’aide d’équations très simples et par conséquent par une représentation graphique également très simple le moyen de déterminer les paramètres fondamentaux d’une cinétique enzymatique avec une règle sur un graphique. C’est probablement l’article dans le domaine de la chimie biologique le plus cité de tous les temps.

Aujourd’hui utiliser des représentations dites « double inverse » dépasseraient le premier analyste financier tout simplement parce que ces spécialistes pour lesquels je ne manifeste strictement aucun respect puisqu’ils se trompent toujours, une véritable prouesse, n’ont jamais apparemment appris à faire une règle « de trois ». À l’époque où ma mère m’apprit à lire, écrire et compter la règle de trois était l’un des premiers piliers du raisonnement arithmétique car c’était la première étape vers l’abstraction des mathématiques. À l’âge de 7 ans la notion de zéro était déjà compliquée à intégrer mais la règle de trois constituait une autre étape considérable.

Bref, il semble que les analystes économiques et, pire encore, le propre ministre de l’économie de la France ignorent les uns comme l’autre ce qu’est une règle de trois. J’ai écouté ce lundi soir un débat entre deux analystes financiers qui se targuent d’être des spécialistes dans leur domaine. Je suis tombé de très haut en constatant leur totale ignorance et je vais m’expliquer. Ils débattaient de la chute du PIB de la France en 2020 en raison de la gestion surréaliste de l’épidémie de SARS-CoV-2. Cette chute du PIB, selon les données officielles, serait de 9 %, soit une chute du PIB de 207 milliards d’euros en se référant au PIB de 2019. Sauf que ces analystes ont oublié de mentionner que dans le même temps, c’est-à-dire en 2020, la France a emprunté sur les marchés l’équivalent de 30 % de son PIB, une paille ! Considérant que le PIB de la France en 2019 était de 2300 milliards d’euros, donnée que l’on peut d’ailleurs contester si le raisonnement que je vais exposer s’applique aussi pour l’exercice 2018-2019, alors la France a emprunté «environ » 700 milliards en 2020 puisque, officiellement, la dette du pays est passée de 100 à 130 % du PIB. Faites le calcul, ce ne sont que des règles de trois … J’ai comme l’impression que le Ministre des finances français, qui ne sait pas combien il y a de m2 dans un hectare, a oublié que cet accroissement de la dette a été incorporé dans le calcul du PIB. Ceci signifie que à ces 700 milliards de dette supplémentaire il faut ajouter les 207 milliards de chute du PIB, toujours par rapport à 2019, et je sais faire une simple addition, on arrive à 900 milliards d’euros en arrondissant un peu.

Donc, en reprenant le montant du PIB de 2019 de 2300 milliards d’euros, la chute en cette même année 2020 du PIB est alors de 900/23 = 39 %. Ceci veut tout simplement dire que la France est en faillite.

La France ne survit aujourd’hui qu’en empruntant. Le pays ne va plus pouvoir emprunter sur les marchés et son seul recours sera alors la BCE qui, comme chaque européen le sait ou à tort l’ignore (parfois il vaut mieux ignorer les évidences qui fâchent), est contrôlée par l’Allemagne. Si les agences de notation internationales classent la dette de la France dans la catégories des « bonds pourries » le Président français ira faire la manche à Berlin. Les taux d’intérêt consentis par les bailleurs ne pourront qu’augmenter et la France, qui ne disposent d’aucunes réserves de change, ne pourra plus honorer sa dette. Son problème est qu’elle ne peut plus dévaluer sa monnaie puisqu’elle est prisonnière de l’euro. La monnaie était le seul pouvoir régalien important de l’Etat français et il l’a abandonné. Par voie de conséquence l’euro a enrichi les riches, appauvri les pauvres et détruit le tissu industriel français, belle réussite. Si les Allemands s’en sont sorti c’est tout simplement parce qu’ils ont maîtrisé les salaires en accord avec les syndicats, quelque chose d’inconcevable en France, et le tissu industriel allemand a survécu grâce aux efforts des salariés à qui on avait expliqué qu’ils n’avaient pas trop le choix.

Les premiers Français concernés par la situation gravissime du pays, qui étrangement échappe aux analystes économiques, seront les retraités, ceux qui ne sont pas morts du SARS-CoV-2. Quand le Président français ira faire la manche à Berlin la Chancelière allemande lui répondra : « chacun sa merde ».

Il faudrait donc s’attendre dans les prochains mois à une diminution des retraites, à une diminution des salaires des fonctionnaires, à une diminution des prestations sociales et à une mise sous tutelle de la France par la BCE dirigée par l’ex-présidente du FMI, ce même FMI qui a mis à genoux la Grèce pour des raisons sensiblement identiques à celles auxquelles est confrontée la France aujourd’hui. Pire encore les banques françaises, toutes au bord de la faillite, et les compagnies d’assurance qui collectent l’épargne des Français encore crédules verront fondre leurs bilans puisque la dette de la France sera déclassée par les agences de notation. Qu’arrivera-t-il alors ? Ce sera pire que Chypre, les Français seront tous ruinés … Franchement, entre nous, chers lecteurs de mon blog, ne croyez-vous pas que nous sommes gouvernés par des illettrés qui ne savent même pas faire une règle de trois ? Les Français devront souffrir en silence puisque ce sont eux qui ont mis au pouvoir ces ignorants avec leurs bulletins de vote …

Note. Pour une bonne compréhension du processus très complexe de la dette dans la zone euro puisque les Etats ne peuvent plus dévaluer leur propre monnaie, la BCE rachète sur le second marché les titres de dette souveraine émis par les Etats auxquels souscrivent des investisseurs résidents comme les banques et les compagnies d’assurance mais également des non-résidents. La BCE débloque alors des liquidités pour les banques qui ont déposé en collatéral ces titres de dette à la BCE. Au final le bilan de la BCE augmente. Mais un jour ou l’autre il faudra siffler la fin de la partie. Je ne suis pas du tout économiste et si j’ai écrit dans ce billet des monstruosités, que mes lecteurs n’en tiennent pas compte.

La « japonisation » des économies de l’Europe occidentale ?

J’ai encore entendu un analyste économique clamer à nouveau la semaine dernière que les économies comme celles de la France, de l’Italie, de l’Espagne et de bien d’autres pays européens se japonisaient. Qu’entendait-il par là ? Tout simplement que les banques centrales de ces pays imprimaient de l’argent et rachetaient les obligations émises par leurs Etats respectifs et qu’elles déposaient ces dernières auprès de la Banque centrale européenne, c’est du moins c’est ce que j’ai compris. Cet analyste établissait un parallèle avec le système financier japonais qui selon lui procédait à ce type de manipulation monétaire depuis des années ajoutant qu’ « il n’y avait qu’à constater le montant astronomique de la dette de l’Etat japonais ». J’appelle ce genre d’analyse une escroquerie intellectuelle. En effet, prenons le cas de la France qui est officiellement endettée à hauteur de 120 % de son produit intérieur brut. Les réserves de change de la France sont égales à zéro puisque la balance commerciale est chroniquement déficitaire. Le pays a même vu sa balance commerciale agricole déficitaire en 2019 pour la première fois depuis le début des années 1950, une prouesse. Comme la moitié de la dette souveraine de la France est détenue par des non-résidents le pays est donc dans l’obligation d’emprunter sur les marchés pour rembourser ses titres de dette détenus par exemple par le Japon ! À la dette souveraine officielle de la France il faut ajouter tous les « hors-bilan », une entourloupe d’Alain Juppé pour rassurer le chaland car déclarer publiquement que la dette de la France est plutôt proche de 350 % du PIB ferait mauvais genre. Ces hors-bilan comprennent les dettes des entreprises publiques, des départements, des régions, des hôpitaux ainsi que des caisses de retraites des fonctionnaires de l’Etat et des collectivités locales et le montant global est énorme.

Aujourd’hui la dette souveraine du Japon représente, certes, plus de 250 % du PIB du pays mais dans l’exercice comptable du ministère des finances japonais il n’y a pas de hors-bilan, même la colossale dette de Japan Rail est incluse dans le calcul. La balance commerciale japonaise est largement excédentaire, les réserves de devises sont considérables, le Japon détient des quantités massives de T-bonds américains qui sont aussi liquides que le dollar lui-même et les fonds de pension sont tous nantis. Enfin la dette du Japon est détenue maintenant à plus de 90 % par des résidents dont ces fonds de pension. Enfin la BoJ et le Trésor japonais ont fusionné « sur le papier ». Il s’est agi en effet d’une opération comptable blanche, un jeu d’écritures à somme nulle.

J’aimerais bien que l’économie française se « japonise » ! Le seul homme politique français ayant eu le courage de dire haut et fort que la France était en faillite fut Français Fillon. On sait ce qui lui est arrivé pour cet écart de langage. Oui, Fillon avait raison, la France est bien en état de mort économique et financière et les imbécillités à répétition des dirigeants dans la gestion de l’épidémie de SARS-CoV-2 n’ont fait qu’aggraver une situation économique déjà catastrophique. Les dirigeants politiques français n’oeuvrent pas pour le bien de leur pays mais pour celui de leur propre portefeuille, ils sont tous corrompus par le système qui est lui-même corrompu et inefficace en raison de l’omniprésence d’une administration jalouse de ses prérogatives et de ses privilèges. Ce n’est pas ainsi qu’un pays doit être géré. Au Japon si un ministre tente de se faire rembourser une note de taxi ou un repas auquel assistait une personnalité qui ne devait pas être présente il se fait limoger sur le champ. J’aimerais bien que la France se « japonise ». J’aimerais bien que les dirigeants français mettent de l’ordre dans une administration tentaculaire et inefficace, j’aimerais bien que le train de vie de l’Etat soit réduit des deux tiers et que toutes les gabegies, fraudes et ententes entre amis soient dénoncées par la justice, encore faudrait-il que cette justice soit réellement indépendante. J’aimerais bien que la France se « japonise » …

Économie française : encéphalogramme plat !

La croissance économique d’un pays peut être estimée par deux approches toujours valables compte tenu de la forte dépendance de la plupart des économies occidentales aux combustibles fossiles : la consommation de ces derniers ou l’émission dans l’atmosphère de divers gaz résultant de cette consommation. Une série de satellites permet d’obtenir en temps réel les émissions de CO2 et d’oxydes d’azote provenant de la combustion de ces combustibles fossiles. Leur utilisation se répartit entre la production d’électricité, le transport terrestre, le transport aérien, le transport maritime, l’industrie et le chauffage urbain et résidentiel. Ce dernier poste de consommation (ou d’émission de CO2) est saisonnier. L’agrégation de toutes ces données a permis de mettre en évidence une profonde dépression économique à l’échelle mondiale au cours de la première moitié de l’année 2020 en comparaison de la même période de l’année 2019 :

Ce déclin a été le plus violent aux USA et en Europe. Et parmi les pays de l’Union européenne les plus « économes » en combustibles fossiles durant les 6 premiers mois de l’année 2020 on trouve l’Espagne avec 18,8 % d’émissions de CO2 (ou de combustion de combustibles fossiles) en moins par rapport à la même période de 2019 suivie par l’Allemagne et le Royaume-Uni (moins 15 %) la France (moins 14,2 %) et l’Italie (moins 13,7 %). Il est opportun sinon nécessaire de faire une correction pour la France car ce pays a utilisé très peu ou pas du tout de combustibles fossiles pour générer de l’électricité en regard des autres pays européens où cette utilisation de combustibles fossiles est dédiée pour 50 % à cette production d’électricité. Pour la France, pays qui intéresse la majorité des lecteurs de ce blog, si le paysage énergétique était sensiblement équivalent à celui des autres pays européens la chute des émissions de CO2 correspondrait donc à un ralentissement profond de l’activité industrielle utilisant des combustibles fossiles combiné à un ralentissement des transports terrestres autres que les chemins de fer majoritairement électrifiés.

Considérant donc que l’utilisation de combustibles fossiles est un marqueur de la vivacité de la croissance économique et que dans les pays européens cette utilisation est en moyenne dédiée à hauteur de 50 % à la production d’énergie électrique, alors cette chute des émissions de CO2 (ou de consommation, virtuelle, de combustibles fossiles) n’est plus, pour la France, de 14 % mais de 28 %. Dans un précédent billet sur ce blog je prévoyais déjà en mai une chute globale de l’économie française de 20 % pour l’année 2020 (lien ci-dessous) il serait plus probable que cette chute atteigne au mieux 25 % voire au pire 28 % comme je viens de le mentionner. Je n’aimerais pas du tout être aujourd’hui un membre du gouvernement français qui ne cesse de répéter de manière mensongère que la chute de l’activité économique française ne dépassera pas 10 % en 2020 … et avec ce reconfinement qui vient d’être mis en place pour une durée inconnue la situation pourrait bien atteindre ces 28 % de chute, une catastrophe aux conséquences dramatiques dont le gouvernement français n’a pas l’air de se préoccuper !

Source : https://doi.org/10.1038/s41467-020-18922-7 en accès libre. Je suggère à mes fidèles lecteurs d’ouvrir cet article et de regarder en détail la Figure 2.

Autre lien: https://jacqueshenry.wordpress.com/2020/05/15/en-france-les-ecolos-deconfines-ont-repris-les-manettes-pour-le-pire/

Corollaire au billet précédent à propos de l’article du Professeur Thorsten Polleit : le cas de la Chine.

La grande majorité des structures familiales de la Chine telles qu’étudiées par Emmanuel Todd dans son sublime ouvrage « L’origine des systèmes familiaux » sont de type communautaire patrilocal (CP dans la terminaison de Todd), une grande communauté familiale réunissant le père et ses fils mariés (ou non), l’ensemble étant sous l’autorité du père. Ce type de structure familiale peut comprendre plusieurs générations sous le même toit. Elle a favorisé l’émergence de systèmes politiques autoritaires tels que le communisme, mais bien avant le communisme la Chine était dirigée par un empereur secondé par une administration tentaculaire contrôlant étroitement l’ensemble de la population. Pourquoi mentionner la Chine dans ce débat relatif à l’émergence d’un néo-marxisme dans les pays occidentaux, tout simplement parce que la Chine s’est orientée vers un système politique atypique réunissant un communisme autoritaire à l’image de la famille communautaire à la tête de laquelle se trouve le « patriarche » détenteur de l’autorité – pour la nation chinoise le parti communiste avec à sa tête son premier secrétaire – et un capitalisme autorisant paradoxalement l’apparition de grandes fortunes restant étroitement surveillées par l’appareil du parti. En 30 ans la Chine a réussi à sortir de la pauvreté plus de 300 millions de personnes, une prouesse inégalée dans le monde, et a promu l’apparition d’une classe moyenne aisée disposant d’un pouvoir d’achat presque équivalent à celui de la petite bourgeoisie des pays occidentaux avec cependant un immense réservoir de main d’oeuvre qualifiée très mal payée en regard des salaires moyens des ouvriers des pays de l’Europe occidentale. Il serait plus proche de la réalité de comparer les ouvriers chinois à ceux de pays comme la Bulgarie ou la Roumanie.

Ce système politique et économique est unique au monde et les résultats sont satisfaisants … sauf pour les pays occidentaux qui sont prisonniers de leurs contradictions idéologiques comme l’article de Polleit l’a clairement souligné. Si les Etats-Unis mais également un certain nombre de pays européens organisent un dénigrement systématique du système politique chinois c’est parce qu’ils en sont arrivé au constat que le système politique dirigiste des pays occidentaux ne peut pas fonctionner pour une simple raison : il faut être Chinois pour vivre harmonieusement dans un tel système, en d’autres termes il faut posséder cette mentalité ancestrale de l’acceptation d’une autorité. Comme Todd l’a souvent souligné dans ses ouvrages cette mentalité ne disparaît pas alors qu’aujourd’hui les structures familiales chinoises contemporaines ressemblent beaucoup plus à la famille nucléaire – le couple et les enfants (le plus souvent pas d’enfant du tout) – comme dans n’importe quel pays européen.

Il n’est donc pas surprenant compte tenu de ces observations que la Chine ait réussi cette alliance pouvant paraître contre nature d’un régime communiste autoritaire et d’un capitalisme presque débridé. Alain Peyrefitte l’avait bien compris dès 1971 alors que la Chine s’enfonçait dans sa révolution culturelle en écrivant dans un contexte pourtant différent dans son fameux essai « Quand la Chine d’éveillera … » que lorsque ce pays disposera des technologies modernes il finira par dominer le monde. C’est précisément ce qui se passe aujourd’hui et c’est la raison pour laquelle la Maison-blanche est si nerveuse. Les dirigeants américains comme européens devraient plutôt comprendre que leur système capitaliste néo-marxiste ne peut pas fonctionner. Et c’est déjà trop tard … Suite de cette réflexion dans un prochain billet.

 

Changement climatique et coronavirus : une aubaine pour les néo-marxistes

Article du Professeur Thorsten Polleit initialement paru sur le site du Mises Institute.

Dans le Manifeste communiste (1848), Karl Marx (1818-1883) et Friedrich Engels (1820-1895) ont prédit que le capitalisme conduirait à l’appauvrissement de la classe ouvrière. Pourquoi ? Eh bien, pour augmenter les profits sur le capital investi, ont soutenu Marx et Engels, les entrepreneurs (les capitalistes) exploiteraient les travailleurs. Ils réduiraient les salaires et aggraveraient les conditions de travail en augmentant, par exemple, les heures de travail. De ce point de vue, Marx et Engels avançaient une théorie de la paupérisation par le capitalisme.

L’ « Exploitation » des travailleurs

Les marxistes ne soutiendraient pas que les salaires des travailleurs baisseraient en termes absolus, mais certainement en termes relatifs : les revenus salariaux du plus grand nombre augmenteraient moins que les revenus des capitalistes, rendant ainsi les premiers plus pauvres et les seconds plus riches au fil du temps. Surtout en temps de crise, qui sont inévitables et récurrents dans une économie capitaliste, les travailleurs seraient particulièrement touchés, ce qui entraînerait un recul de leurs conditions économiques et financières par rapport à celles des capitalistes.

« Impérialisme » capitaliste

Pour aggraver les choses, les marxistes soutiennent que le capitalisme entraînerait un colonialisme et un impérialisme violents. Comme les capitalistes paient moins pour le travail que ce qui devrait lui être conféré, les travailleurs ne peuvent pas acheter tous les produits disponibles. Le capital à la recherche de profits cherche donc à ouvrir de nouveaux marchés dans d’autres parties du monde. Des conflits pour savoir qui contrôle ce qui survient entre les nations, ouvrent la voie à la guerre. C’est en fait le message que Vladimir Lénine (1870 -1924) a adressé à ses lecteurs dans son livre de 1917 « Imperialisme : Le plus haut stade du Capitalisme ».

Si le capitalisme est mauvais – s’il apporte l’exploitation, la misère et même la guerre à un grand nombre de personnes, et que tout cela profite aux capitalistes – n’est-il pas juste par conséquent de tout faire pour vaincre le capitalisme et le remplacer par le socialisme-communisme, une alternative censée apporter la paix, l’égalité et une vie plus heureuse pour les peuples de ce monde ? Une économie saine révèle que la critique marxiste du capitalisme, ainsi que l’enthousiasme démesuré pour le socialisme-communisme, équivaut à une pure confusion intellectuelle.

Ce qu’est vraiment le capitalisme : coopération pacifique

Beaucoup de gens ne savent pas ce que signifie réellement le capitalisme. Le capitalisme est l’ordre social et économique dans lequel les moyens de production sont la propriété privée. Dans sa forme originelle pure, le capitalisme signifie le respect inconditionnel de la propriété privée des gens, des marchés libres et, surtout, une forme d’État qui se limite à protéger les personnes et leurs biens contre les agressions de l’intérieur et de l’extérieur des frontières du pays. Le capitalisme « pur » est sans aucun doute propice à une coopération pacifique et productive aux niveaux national et international. C’est le capitalisme qui rend possible la production de masse, la production de biens et de services pour la consommation du plus grand nombre. Les gains de productivité qu’elle crée se traduisent par une tendance à une augmentation continue du niveau de vie moyen des personnes. Les producteurs sont soumis au principe du profit et des pertes : ils ne sont économiquement récompensés que si et quand leurs produits répondent aux préférences des consommateurs. S’ils ne le font pas, les entrepreneurs subiront des pertes, les obligeant à améliorer leur production au profit de leurs clients.

Le capitalisme pur n’est pas seulement un mécanisme intégré pour améliorer le bien-être matériel des masses. Ce qui est particulièrement merveilleux, c’est que sous le capitalisme pur, les salaires des gens ne dépendent pas de la productivité individuelle des travailleurs, mais de la productivité marginale du travail en général. Supposons qu’une entreprise fasse une innovation productive. Pour embaucher une nouvelle main-d’œuvre, elle doit payer des salaires plus élevés que ceux payés par d’autres employeurs. Ces derniers, pour conserver leur personnel, devront également offrir un salaire plus élevé au profit des travailleurs moins productifs.

Il convient également de noter ici que le capitalisme pur encourage la division du travail entre les personnes, aux niveaux national et international. Ceci, à son tour, incite les gens à rechercher une coopération pacifique plutôt qu’un conflit : tout le monde se rend compte qu’il est payant de coopérer, que cela est mutuellement avantageux pour toutes les parties concernées. En d’autres termes le capitalisme pur est une recette de paix. Dans un monde de capitalisme pur, il n’y aurait tout simplement aucune raison de conflits violents à grande échelle, encore moins de guerres d’État.

Interventionnisme versus capitalisme

Pourquoi tant de gens nourrissent-ils du ressentiment ou même de la haine contre le concept de capitalisme ? Une réponse est qu’ils regardent vraisemblablement autour d’eux et voient les nombreux maux dans ce monde, tels que la récurrence des crises financières et économiques, le chômage de masse, les programmes de sauvetage qui enrichissent les grandes entreprises sans tenir compte du sort des petites et moyennes entreprises, l’augmentation chronique du coût de la vie, l’inégalité croissante des revenus et des richesses et enfin les tensions et conflits géopolitiques croissants.

Malheureusement, tous ces maux sont attribués au capitalisme. Une conclusion fatale, cependant, car il n’y a pas de capitalisme pur, ni aux États-Unis ni en Europe, en Asie, en Amérique latine ou en Afrique. Ce que nous trouvons, ce sont des systèmes économiques et sociétaux interventionnistes, collectivistes et parfois même socialistes. Surtout dans le monde occidental, pratiquement tous les États, et les groupes d’intérêts spéciaux qui exercent une grande influence sur eux, ont réussi à remplacer de plus en plus le peu qui reste du système capitaliste au cours des dernières décennies.

Les États se sont ingérés dans tous les domaines de la vie des gens. Qu’il s’agisse de l’éducation (jardin d’enfants, écoles, universités), de la santé, des retraites, des transports, de l’ordre public, de l’argent et du crédit, ou de l’environnement : les États et leurs gouvernements sont devenus des acteurs majeurs des marchés de biens et de services, transformant les marchés libres en marchés régulés et dirigés, augmentant de plus en plus les impôts, sapant et même détruisant de plus en plus l’institution de la propriété privée.

L’interventionnisme étatique affaiblit la création de richesse offerte par le capitalisme

Une économie saine nous dit que les systèmes interventionnistes-collectivistes, et pire encore les systèmes socialistes, ne fonctionnent pas pour le plus grand bénéfice de tous. Tous ces systèmes sont beaucoup moins efficaces que le capitalisme pur en termes de création de richesse matérielle et s’avèrent même être des échecs absolus dans le cas du socialisme. Le problème particulier avec les systèmes interventionnistes-collectivistes est que pour l’observateur non informé, ils peuvent bien apparaître comme du capitalisme, ce qui fait que dans l’opinion tous les maux de l’interventionnisme-collectivisme sont attribués au capitalisme.

La vérité, cependant, ne pourrait pas être plus différente. L’interventionnisme-collectivisme travaille à l’élimination des vestiges capitalistes. Les crises que ces systèmes provoquent inévitablement, le mécontentement qu’ils créent chez un grand nombre de personnes, sont interprétés comme le résultat du capitalisme, et donc, en conséquence, les gens appellent à mettre fin au capitalisme, à le remplacer par un meilleur, plus juste et plus fiable ordre économique et sociétal. Cependant, il serait naïf de supposer que le problème se limite à un manque de compréhension d’une économie saine.

On blâme le capitalisme pour les maux causés par les États

Les idéologues de la gauche politique ne sont pas moins importants. Sachant que les chances d’établir un socialisme-communisme pur et simple dans le monde occidental par un bouleversement violent ont été assez faibles ces dernières années, ceux de la tradition marxiste ont adapté leur stratégie : ils recherchent une transformation progressive de ce qui reste de l’économie libre et de son système sociétal en discréditant le capitalisme, en reportant tout le mal et tous les problèmes de société sur le capitalisme, en le transformant en une Némésis moderne ennemi de l’humanité.

Ceci, cependant, est une mauvaise interprétation intentionnelle de ce qui se passe réellement. C’est donner une mauvaise couleur à la réalité avec des conséquences tragiques. Les gens écoutent le message « propagandisé » à maintes reprises : que le capitalisme scellera leur destin, qu’il rend les riches plus riches aux dépens des pauvres, qu’il provoque des turbulences financières et économiques toujours plus grandes, qu’il ne crée pas suffisamment d’emplois et ne les sécurise pas, qu’il détruit l’environnement et ainsi de suite. Tout cela n’est rien d’autre que de donner un nouveau visage à la théorie de la misère de Marx.

Les Néo-marxistes n’attendent pas la révolution

Cela fait le jeu des néo-marxistes qui cherchent à contrôler les affaires économiques et sociétales, s’efforçant d’établir un « nouvel ordre mondial ». La diffusion de l’interventionnisme est certainement un jalon dans cette direction. Parce que l’interventionnisme, s’il n’est pas stoppé et inversé, conduit au socialisme. Et le point culminant logique du socialisme est une lutte pour la domination mondiale, car le socialisme ne peut exister dans des zones limitées de la surface de la terre, surtout pas s’il existe encore des systèmes plus ou moins capitalistes.

Les marxistes au sens traditionnel du terme peuvent s’attendre à ce que le capitalisme rende le monde mûr pour le socialisme. Les néo-marxistes, en revanche, ne voudraient pas attendre que les choses suivent leur chemin : ils recherchent l’action. Insuffler à la population la crainte que le capitalisme ne puisse surmonter les problèmes économiques, sociaux et environnementaux urgents du monde, que le capitalisme soit la cause profonde de toutes ces difficultés, caractérise la stratégie des néo-marxistes. Cela dit, «le changement climatique» et la pandémie de coronavirus sont pour eux de bonnes coïncidences.

Changement climatique

Dans le cadre de la promesse de prévenir le changement climatique, les gouvernements sont censés mener des interventions de marché vraiment radicales : imposer des taxes et manipuler les prix des biens et des services, déterminant ainsi politiquement la taille et la structure de la demande des consommateurs et des investissements. En fait, sous l’appellation « politique du changement climatique » qui sonne bien, les politiques d’extrême gauche peuvent effectivement pousser les économies vers la planification centralisée : l’élite dirigeante détermine qui produit quoi et quand et à quels coûts, et qui doit consommer quand et quoi.

La panique virale

L’épidémie de coronavirus offre à tous les ennemis du capitalisme pur une opportunité encore plus grande d’abattre le peu qui reste du système de marché libre. Avec l’aide de verrouillages coercitifs – prétendument une mesure pour «combattre le virus» – les gouvernements peuvent détruire directement le capital des entreprises, boycotter le commerce mondial et provoquer un chômage de masse, laissant ainsi un grand nombre de personnes découragées et réceptives à encore plus d’interventionnisme et de collectivisme ou même de politique purement socialiste.

La peur est connue pour être le fondement du pouvoir de tout gouvernement. Les néo-marxistes, et ceux qui sont en faveur de l’établissement d’un contrôle mondial central, ont de plus en plus incorporé cette malheureuse vérité dans leur agitation politique pour détruire ce qui reste du marché libre et de l’ordre social libre, et d’autant plus que leur théorie de la paupérisation – l’appauvrissement des masses par le capitalisme – a lamentablement échoué. La question de savoir si cet assaut néo-marxiste peut réussir ou échouer est d’une importance capitale pour la grande majorité des peuples.

Seul le capitalisme peut fournir les biens et services nécessaires

Le capitalisme pur est la seule forme d’organisation économique et sociétale viable. Dans son « Socialism: An Economic and Sociological Analysis » datant de 1951 (publié pour la première fois en 1922 sous le titre « Gemeinwirtschaft: Untersuchungen über den Sozialismus »), Ludwig von Mises (1881-1973) note: « Le capitalisme est cette forme d’économie sociale dans laquelle toutes les carences du système socialiste sont rendues meilleures. Le capitalisme est la seule forme concevable d’économie sociale qui soit appropriée pour répondre aux exigences que la société fait de toute organisation économique » (p. 220).

Ignorer les enseignements de l’économie saine sur le capitalisme et le socialisme et céder aux idées propagées par le néo-marxisme conduirait en fin de compte à la destruction des fondations mêmes sur lesquelles repose le bien-être matériel de milliards de personnes sur ce globe. Cela entraînerait une grande misère, voire des famine et des conflits violents. Il est donc grand temps d’exposer avec audace les erreurs et les confusions de l’idéologie interventionniste-collectiviste et socialiste-marxiste et d’appeler courageusement à rétablir le capitalisme pur.

Le Dr Thorsten Polleit est professeur honoraire à l’Université de Bayreuth. Fervent disciple de l’école autrichienne d’économie, il agit également à titre de conseiller en placement et publie régulièrement des tribunes sur le site du Mises Institute.

Une fois encore l’Italie est le membre malade de l’Europe. Cette fois-ci la maladie est très grave et l’Europe pourrait en mourir.

Plus de la moitié des entreprises italiennes ont déclaré qu’elles feront face à un déficit de liquidité à la fin de 2020 et 38% ont signalé des «risques opérationnels et de durabilité», selon une enquête menée auprès de 90 000 entreprises par l’institut national de statistiques italien ISTAT.

Le lobby national des entreprises italiennes, Confcommercio, a récemment estimé que 60% des restaurants et autres entreprises manquaient de liquidités et 30% s’étaient plaints des coûts supplémentaires liés à la mise en œuvre de mesures de sécurité anti-contagion afin qu’ils puissent commencer à servir les clients après le confinement.

L’industrie du tourisme, qui représente 13% du PIB et a joué un rôle crucial dans le maintien à flot de l’économie italienne au cours de la dernière décennie, fournissant des emplois à environ 4,2 millions de personnes, est dans les limbes après le blocage. Les frontières se sont à nouveau ouvertes mais les touristes étrangers restent insaisissables. Et comme de nombreux résidents locaux ne sont pas en position financière pour partir en vacances cette année, il est peu probable que la demande intérieure reprenne autant que les entreprises touristiques l’espèrent désespérément.

Le tourisme était l’une des rares parties de l’économie à avoir connu une croissance ces dernières années. L’année dernière, par exemple, elle a augmenté de 2,8% tandis que la production industrielle italienne a diminué de 2,4%. Dans une économie qui n’a pas connu de croissance depuis plus de 10 ans alors que la dette publique continue de croître à un rythme effrayant, son secteur à la croissance la plus rapide vient d’être frappé par la mère de tous les marteaux.

L’industrie manufacturière italienne, qui se débattait déjà avant la crise, est également en difficulté. En avril, alors que l’Italie était en proie à l’une des plus graves mises en quarantaine d’Europe, l’indice du chiffre d’affaires de l’ISTAT a chuté de 46,9% tandis que l’indice des nouvelles commandes industrielles non ajustées a baissé de 49,0% par rapport au même mois de l’année précédente. Depuis lors, de nombreuses entreprises ont rouvert mais l’activité reste faible.

Pour surmonter l’accalmie, de nombreuses entreprises ont besoin de crédit. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire en Italie, à moins que vous ne soyez une entreprise de plusieurs milliards de dollars. Le géant automobile Fiat Chrysler est sur le point d’obtenir un prêt de 6,3 milliards d’euros soutenu par l’État – plus que tout autre constructeur automobile européen. Même Atlantia, la société qui a exploité et entretenu le pont Morandi à Gênes qui s’est effondré en 2018 faisant 43 morts, espère obtenir du gouvernement un prêt de 1,7 milliard d’euros.

Pendant ce temps, des centaines de milliers de petites entreprises attendent toujours. Au début de la crise, le gouvernement Conti a déclaré que des garanties de dette seraient mises à disposition pour débloquer jusqu’à 740 milliards d’euros de financement pour les entreprises. Pourtant, au 20 mai, seulement 301 777 des 607 391 demandes d’assistance avaient été accordées, selon un rapport de la commission d’enquête bicamérale italienne. (Une demande acceptée ne signifie pas qu’un prêt a effectivement été accordé).

Pour les entreprises qui passent à travers les mailles du système italien de prêts d’urgence, dont beaucoup fonctionnaient parfaitement bien avant la crise des coronavirus, la tentation est de se tourner vers les requins de crédit affiliés à la mafia, qui sont plus qu’heureux d’aider. En Calabre, les Ndrangheta « arrivent initialement avec des offres de taux d’intérêt bas, car leur objectif final est de reprendre l’entreprise, via l’usure, et de l’utiliser pour blanchir leurs produits illicites », explique le procureur Nicola Gratteri.

Même avant le début de cette crise, le système bancaire à moitié brisé de l’Italie et le fouillis de paperasserie sans fin faisaient de l’obtention d’un prêt bancaire aux entreprises une tâche presque impossible – à part pour les légions de sociétés zombies qui devaient déjà aux banques d’énormes dettes qu’elles ne rembourseront jamais qui serait périodiquement restructurées. Lors de la dernière crise, la part du stock de capital industriel gaspillé dans les entreprises zombies a plus que doublé, passant de 7% à 19% entre 2007 et 2013, selon l’OCDE. Quelque chose de similaire, mais à une échelle encore plus grande, est susceptible de se produire d’ici la fin de cette crise.

Et c’est la dernière chose dont l’économie et le système bancaire italiens ont besoin. Malgré un effort de nettoyage massif ces dernières années, les prêts non performants (NPL, non performant loans) représentent toujours 7% du total des prêts de l’Italie, l’un des ratios les plus élevés d’Europe. Cela représente une baisse par rapport aux 17% d’il y a cinq ans, grâce à la titrisation massive des NPL italiens. Les investisseurs dans ces prêts non performants titrisés devraient gagner leur rendement en grande partie sur le produit de la vente de la garantie sous-jacente.

Le processus de titrisation dépendait de deux conditions fondamentales qui sont maintenant en cause : 1. la volonté des investisseurs d’investir dans des dettes toxiques tranchées et découpées en morceaux à la mode italienne et 2. la capacité des agents de recouvrement de recouvrer et de vendre les actifs sous-jacents.

Le confinement a rendu la condition 2 pratiquement impossible. Les tribunaux ont été fermés. Le marché italien du logement, où la garantie des prêts liés au logement devrait être vendue, a été bloqué. Et les agents de recouvrement n’ont pas pu joindre les emprunteurs pour négocier des paiements, même partiels, sur les prêts impayés.

Si les encaissements en Italie continuent de baisser, les revenus générés pourraient ne pas suffire à payer les investisseurs qui ont acheté les prêts non performants titrisés. Dans ce cas, selon le Wall Street Journal, les investisseurs dans les titres mezzanine et junior perdraient leurs investissements et le gouvernement italien, déjà en difficulté financière, qui garantissait les titres seniors pour rendre les transactions attractives, devrait payer une partie de la facture.

Le système bancaire italien sera bientôt englouti par une nouvelle vague de prêts non performants alors que des légions d’entreprises, de ménages et de particuliers manqueront à leur dette pendant la période postérieure au blocage. Lorsque cela se produit et que les ratios de NPL dans le secteur bancaire italien montent à nouveau en deux chiffres, tout comme le marché des NPL italiens titrisés commence à s’effriter, le système bancaire italien ne sera pas seulement de retour où il était vers 2015, il sera encore pire.

Le gouvernement italien est déjà en difficulté budgétaire. À la fin de cette année, sa dette aura déjà atteint environ 155% à 160% du PIB, contre 136% l’année dernière. C’est le résultat de trois processus simultanés : une croissance massive des dépenses publiques pour contrer la crise du virus, une chute vertigineuse des recettes fiscales et une forte baisse du PIB.

Si le gouvernement italien n’est pas en mesure de faire face au tsunami imminent de créances irrécouvrables, une aide extérieure sera bientôt nécessaire. D’autres membres de la zone euro seront dans le même bateau, c’est pourquoi la BCE parle tranquillement de créer une mauvaise banque pour «stocker» des centaines de milliards d’euros de dettes impayées. Obtenir la bénédiction de certains pays d’Europe du Nord, en particulier l’Allemagne, pour mettre en place ce projet sera une tâche difficile, en particulier compte tenu de l’impasse actuelle entre la Cour constitutionnelle allemande et la BCE. Mais pour l’économie italienne, le temps est de la plus haute importance.

Par Nick Corbishley, journaliste free-lance, paru sur le site WOLF STREET le 17 juin 2020.

Bref commentaire. La France et l’Espagne sont dans la même situation que l’Italie et si l’Union européenne ne trouve pas d’accord pour colmater les conséquences des erreurs des politiciens dans la gestion de la grippe à coronavirus alors on peut dire adieu à l’Union monétaire et à l’Europe unie qui a toujours été une union de façade.

Tout va très bien Monsieur Donald

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En Europe les politiciens ressemblent de plus en plus à des marchands de tapis orientaux. Ils sont entré dans des discussions interminables pour définir le montant des aides débloquées par la BCE pour donner un petit coup de pouce à l’économie qu’ils ont systématiquement sabotée à coup de confinements et d’interdictions diverses. Mais ces palabres risquent de ne trouver aucun arrangement car les pays vertueux ne veulent pas payer pour les pays cigales. Or créer des corona-bonds doit être une décision approuvée à l’unanimité, condition qui relève du rêve. Les Van der Leyen et autres affidés de Greenpeace exigent une reprise économique verte : la BCE veut bien aider les entreprises mais il faut qu’elles soient « vertes », en d’autres termes seuls les installateurs de moulins à vent (made in PRC) et de panneaux solaires (made in PRC) recevront quelques euros, les autres se contenteront d’acheter des cercueils si possible recyclables et de couleur verte parce qu’il va y avoir des victimes.

Pour se faire pardonner les politiciens européens tablent sur une chute du PIB européen de moins de 10 %. Ben voyons ! La FED d’Atlanta prévoit aux USA, malgré les 2000 milliards de dollars d’aide en argent frais, une chute de plus de 50 % du PIB américain et la FED de New-York se contente d’un moins-35,5 %. Les prévisions, au fil des jours, deviennent terrifiantes. Avec des révoltes populaires à quelques « blocs » de la Maison-Blanche, toujours autant de vieux qui meurent de la grippe coronavirale et plus de 40 millions de chômeurs nouvellement inscrits, sans compter les 50 millions qui ne cherchent plus de travail depuis longtemps et toujours pas d’avions dans le ciel les prévisions ont atteint de telles valeurs que la crise déjà installée va battre dans son ampleur celle de 1929. Aux USA tout est toujours plus grand !

Comme si les statisticiens du gouvernement américain voulaient rajouter une couche d’ironie ils ont découvert que le confinement avait eu au moins une conséquence bénéfique à défaut d’avoir jugulé la progression de la grippe : les petites économies des ouvriers et employés ont augmenté de 13 % et devinez pourquoi ? Tout simplement parce que ces gens d’en bas ont diminué leurs dépenses de 13 % pendant le confinement qui dans certains Etats n’est toujours pas levé. Comme la vie est belle chez Oncle Sam …

Source : MishTalk

Les pandémies passées montrent que les confinements et non les virus ont provoqué le chaos économique présent.

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Traduction d’un article paru sur le site du Mises Institute

Les « experts » des médias et des politiciens ont désormais l’habitude de prétendre que c’est la pandémie elle-même qui a fait monter le chômage en flèche et fait chuter la croissance économique. L’affirmation est que les travailleurs malades et mourants, les consommateurs craintifs et les chaînes d’approvisionnement perturbées provoqueraient un chaos économique. Certains ont même prétendu que les fermetures économiques aidaient réellement l’économie, car on prétend que permettre la propagation de la maladie détruirait à elle seule l’emploi et la croissance économique.

Mis à part le fait qu’il n’y a aucune preuve que les blocages fonctionnent réellement sur le plan strictement épidémiologique, néanmoins si on considère les pandémies passées – où les interventions gouvernementales coercitives étaient tout au plus sporadiques – nous devrions constater alors d’énormes dégâts économiques. Plus précisément, nous pouvons considérer la pandémie de grippe « asiatique » de 1957-58, qui a été plus meurtrière que la pandémie de COVID-19 ne l’a été jusqu’à présent. Nous pouvons également nous tourner vers la pandémie de 1918-19. Pourtant, nous verrons que ni l’une ni l’autre n’a produit de dommages économiques à une échelle que nous voyons maintenant à la suite des blocages imposés par les gouvernements. Cela remet en cause sérieusement les affirmations selon lesquelles les blocages ne sont qu’un facteur mineur de destruction économique et que le virus lui-même est le véritable coupable.

Réactions économiques en 1957-1958 et en 1918-1919

Le CDC estime qu’au 18 mai de cette année, environ quatre-vingt-dix mille Américains sont morts du COVID-19. Ajusté en fonction de la taille de la population, cela se traduit par un taux de mortalité de 272 par million.

Il s’agit (jusqu’à présent) de moins de la moitié du taux de mortalité pour la pandémie de grippe de 1957-1958. Dans cette pandémie, on estime que jusqu’à 116 000 Américains sont morts. Pourtant, la population américaine était alors beaucoup plus petite, ne totalisant que 175 millions d’habitants. Ajustée en fonction de la taille de la population, la mortalité due à la pandémie de « grippe asiatique » de 1957–58 était supérieure à 660 par million.

C’est l’équivalent de 220 000 décès aux États-Unis aujourd’hui.

Pourtant, en 1957, les Américains n’ont pas réagi en fermant les commerces, en forçant les gens au confinement ou en poussant le chômage jusqu’aux niveaux de l’ère de la grande dépression (de 1929). En fait, les rapports montrent que les Américains ont pris peu de mesures au-delà des mesures habituelles pour ralentir la propagation de la maladie : se laver les mains, rester à la maison en cas de maladie, etc.

 

Bien que le virus semble avoir été un facteur dans la récession de 1958, les effets économiques étaient minimes par rapport à ce que les États-Unis font face maintenant en raison de la réaction au virus COVID-19. Cela suggère que la plupart des dommages économiques que subissent actuellement les travailleurs et les ménages aux États-Unis sont davantage le produit de la réaction politique au virus qu’au virus lui-même.

La pandémie de 1957-1958 a été un problème grave et mortel pour beaucoup. Alors que les cas de grippe asiatique commençaient à se répandre, il est devenu clair pour de nombreux scientifiques et autres observateurs qu’il y avait quelque chose de différent et de mortel dans cette grippe. En effet, selon D.A. Henderson, et al. Dans «Public Health and Medical Responses to the 1957–58 Influenza Pandemic» (doi : 10.1089/bsp.2009.0729 en accès libre), «Les humains de moins de 65 ans ne possédaient aucune immunité contre cette souche H2N2. Ceci signifie que les enfants scolarisés et les jeunes adultes jusqu’à 35 ou 40 ans étaient les plus vulnérables ». Le nombre total de décès dus à la grippe au cours de cette période varie de 70 000 à 116 000 (voir l’estimation actualisée de 220000 ci-dessus). C’est pour le moins inquiétant. Avec des Américains plus jeunes, beaucoup d’entre eux en âge de travailler, sensibles à cette maladie, on pourrait anticiper des coûts importants en termes de croissance économique et de santé.

Quelle a été la réaction politique à cela ? Henderson et al. ajoutaient :

« La pandémie de 1957-1958 était une maladie à propagation si rapide qu’il est rapidement devenu évident pour les responsables de la santé des États-Unis que les efforts pour arrêter ou ralentir sa propagation étaient vains. Ainsi, aucun effort n’a été fait pour mettre en quarantaine des individus ou des groupes, et une décision délibérée a été prise de ne pas annuler ou reporter de grandes réunions telles que des conférences, des rassemblements religieux ou des événements sportifs dans le but de réduire la transmission. Aucune tentative n’a été faite pour limiter les voyages ou pour filtrer les voyageurs. L’accent a été mis sur la fourniture de soins médicaux à ceux qui ont été affligés et sur le maintien du fonctionnement continu des services communautaires et de santé …. aucun rapport n’indique que des événements majeurs ont été annulés ou reportés, à l’exception des matchs de football des lycées et des collèges, qui ont souvent été retardés en raison du nombre de joueurs atteints par la maladie. »

En 1957-1958, la disponibilité des services médicaux était préoccupante. Mais l’accent était alors mis sur l’augmentation des services médicaux plutôt que sur les quarantaines imposées par l’État et les mesures de « distanciation sociale ». Un vaccin n’offrait pas non plus une issue facile:

« Les agents de santé espéraient que des quantités importantes de vaccins pourraient être disponibles en temps voulu, et des efforts particuliers ont été faits pour accélérer la production de vaccins, mais les quantités devenues disponibles arrivèrent trop tard pour modifier l’impact de l’épidémie. »

Les écoles et les lieux de travail étaient affectés par les élèves et les travailleurs absents, mais l’absentéisme dans les écoles était un facteur plus important, certaines écoles étant même fermées pour de courtes périodes en raison du nombre élevé d’élèves absents. L’absentéisme n’a pas atteint un niveau pouvant provoquer des pénuries :

« Les données disponibles sur l’absentéisme industriel indiquent que les taux étaient bas et qu’il n’y avait eu aucune interruption des services essentiels ou de la production. L’impact global sur le PIB était négligeable et probablement dans la fourchette des variations économiques normales. »

Dans l’ensemble, l’économie a baissé d’environ 2 pour cent au cours du premier et du deuxième trimestre de 1958, mais cela ne peut pas être attribué aux effets du virus. Le chômage à l’époque a également augmenté, atteignant un sommet de 7,5% en juillet 1958. La croissance économique a cependant été de nouveau positive au quatrième trimestre de 1958 et a grimpé à plus de 9% en 1959. Le chômage était tombé à 5% en juin 1959.

Mais l’impact économique global du virus lui-même n’était guère désastreux. Henderson et al. de conclure :

« Malgré le grand nombre de cas, l’épidémie de 1957 ne semble pas avoir eu d’impact significatif sur l’économie américaine. Par exemple, une estimation du Congressional Budget Office a révélé qu’une pandémie dont l’ampleur s’est produite en 1957 réduirait le PIB réel d’environ 1%  » mais ne provoquerait probablement pas de récession et pourrait ne pas se distinguer de la variation normale de l’activité économique. »

La pandémie de 1918-1919, qui a fait dix fois plus de morts par million que la pandémie de 1957-1958, n’a pas non plus provoqué de catastrophe économique. Bien que les États-Unis soient entrés dans la pandémie de 1918-1919 dans une forme économique médiocre en raison de la Grande Guerre, selon les économistes Efraim Benmelech et Carola Frydman ( https://voxeu.org/article/1918-influenza-did-not-kill-us-economy) :

« La grippe espagnole n’a laissé quasiment aucune trace perceptible sur l’économie globale des États-Unis… Selon certaines estimations, le produit national brut réel a en fait augmenté en 1919, quoique d’un modeste 1%. Dans de nouveaux travaux, Velde (2020) montre que la plupart des indicateurs de l’activité économique globale ont légèrement souffert, et ceux qui ont baissé de manière plus significative juste après l’épidémie de grippe, comme la production industrielle, se sont rétablis en quelques mois. »

On ne peut pas non plus reprocher à la pandémie la récession de 1921, car « entre temps, la baisse de la production était due à l’effondrement des prix des matières premières lorsque la production européenne d’après-guerre a finalement repris. »

Comment les pandémies affectent-elles la croissance économique?

Il n’est donc pas surprenant que nous trouvions des estimations relativement modérées dans un rapport de la Banque mondiale de 2009 estimant les conséquences économiques des nouvelles pandémies (lien en fin de billet). Les auteurs ont conclu que des pandémies modérées et graves entraîneraient une baisse du PIB de 2 à 5%. Ou, comme le résume un rapport de 2009 de Reuters (voir le lien):

« Si nous sommes frappés par quelque chose comme la grippe asiatique de 1957, dites au revoir à 2% du PIB. Quelque chose d’aussi grave que la grippe espagnole de 1918-1919 réduirait la production économique mondiale de 4,8% et coûterait plus de 3 000 milliards de dollars. »

On ne s’attendait même pas à ce qu’une pandémie de 1918 produise le genre de carnage économique que nous voyons maintenant avec COVID-19.

La réaction en 2020

Il va sans dire que l’économie semble aujourd’hui dans une bien pire situation après la pandémie de 2020 que dans les jours qui ont suivi la flambée de 1957-1958, ou même en 1919.

En avril 2020, le taux de chômage a grimpé à 14,4%, le taux le plus élevé enregistré depuis la Grande Dépression. La Réserve fédérale d’Atlanta, quant à elle, prévoit une baisse du PIB de plus de 40%. Des estimations plus douces suggèrent des baisses de 8 à 15%. Si les prévisions plus douces s’avèrent vraies, alors la récession actuelle n’est « que » la pire depuis la Grande Dépression de 1929. Si la Fed d’Atlanta a raison, alors nous sommes dans une catastrophe économique sans précédent.

Les estimations de la Banque mondiale d’une pandémie, même « grave », qui prévoyait une baisse du PIB d’environ 5%, n’arrivent même pas aux estimations de l’effondrement de 2020. Et pourquoi ces estimations pourraient-elles être réalistes ? Le rapport de la Banque mondiale ne prévoyait pas la fermeture économique mondiale imposée à des milliards d’êtres humains par les régimes politiques du monde entier. Ainsi, les estimations de la Banque mondiale supposaient que les pertes économiques se limiteraient à l’absentéisme, à la perturbation du commerce et des voyages et à la baisse de la demande directement due à la maladie ou à la peur de la maladie.

Alors pourquoi cette énorme différence dans les effets économiques ? La réponse réside presque certainement dans le fait que les gouvernements en 2020 – contrairement à toute autre période de l’histoire – se sont engagés dans des fermetures d’entreprises généralisées, ont promulgué des ordonnances de « confinement à la maison » et d’autres actions mandatées par l’État et imposées par l’État qui ont conduit à des licenciements généralisés et à une chute de la production économique.

Les défenseurs des «fermetures» forcées par le gouvernement ont insisté sur le fait que la peur du virus aurait détruit l’économie même sans les fermetures, mais il n’y a aucun précédent historique pour justifier cette affirmation, et aucune preuve actuelle pour la soutenir. Bien que certaines données d’enquête aient pu indiquer que plus de 60% des Américains déclarent avoir l’intention de se conformer aux ordonnances de séjour à domicile, cela nous indique simplement comment les gens font des plans lorsqu’ils sont menacés d’amendes, de harcèlement policier et d’autres mesures coercitives.

En réalité, l’expérience de la pandémie de 1957-1958 – ou même de la pandémie de 1918-1919 – ne nous donne aucune raison de croire que le chômage devrait augmenter à des taux sans précédent et que le PIB s’effondrerait à des niveaux catastrophiques. Dans une économie industrialisée moderne, ce type de dommages économiques ne peut être atteint que par l’intervention du gouvernement, comme les coups d’État socialistes, les guerres et les fermetures économiques forcées au nom de la lutte contre la maladie.

Le coût en termes de vie humaine sera important. Une étude soutient que le ralentissement économique actuel pourrait entraîner soixante-quinze mille «morts de désespoir». Cela n’est cependant pas choquant, car les effets fatals du chômage et du déclin économique sont connus depuis des décennies.

Les défenseurs des confinements continueront probablement à prétendre que « nous n’avions pas le choix » sinon de continuer ces confinements pendant de longues périodes. À tout le moins, nombreux sont ceux qui affirment que cela en valait jusqu’à présent la peine. Pourtant, l’efficacité des confinements reste une question ouverte qui n’a guère été prouvée. Pendant ce temps, le monde est confronté à la pire catastrophe économique connue depuis des siècles. Il n’aurait pas dû en être ainsi.

Article de Ryan McMaken, éditeur senior au Mises Institute paru le 21 mai 2020 sur le site mises.org

Autres liens. http://documents.worldbank.org/curated/en/977141468158986545/pdf/474170WP0Evalu101PUBLIC10Box334133B.pdf

https://www.reuters.com/article/us-reutersmagazine-davos-flu-economy/flu-conomics-the-next-pandemic-could-trigger-global-recession-idUSBRE90K0F820130121

Illustration : Mises Institute.

Fiction ou réalité prochaine …

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Donc, je m’interroge toujours sur la racine de la psychose collective et démesurée ayant envahi le monde entier au sujet du nouveau virus qui fait trembler toutes les couches de la société depuis la fin du mois de janvier. Certains pays avisés ont appréhendé le problème avec intelligence en mettant en œuvre des mesures disponibles grâce à l’invasion du « numérique » dans la vie quotidienne. Ce qu’ont fait avec un succès incontestable la Corée, Taiwan, Singapour, Hong-Kong et dans une moindre mesure le Japon. Dans ce dernier pays le port du masque protecteur – pas seulement pour soi-même mais aussi pour l’entourage – a largement contribué à une réduction considérable du nombre de cas contaminés par le virus. La Chine s’est sortie de l’ornière en adoptant des mesures de confinement moyenâgeuses mais elle n’avait pas trop le choix au plus fort de la crise. Après coup les pays occidentaux ont accusé la Chine d’avoir répandu à dessein le virus devenu « le virus chinois » : il est tout simplement déplorable de constater cette attitude détestable des dirigeants politiques occidentaux.

Malgré le fait que cette grippe à coronavirus n’a rien d’exceptionnel en regard de la mortalité résultant d’une grippe saisonnière banale sinon sa soudaineté qui a engorgé les hôpitaux de nombreux pays occidentaux comme l’Italie, l’Espagne, la France et maintenant les USA. Dès le mois de février dernier une intense campagne d’information (et souvent de désinformation) a envahi tous les médias sans exception. Et elle a atteint une ampleur inimaginable à tel point que je ne doit pas être la seule personne à me poser des questions pour tenter d’expliquer cette alimentation sans répit de la peur. Donald Trump a mentionné l’éventualité d’une centaine de milliers de morts, il aurait pu tout aussi bien relativiser ce chiffre en citant les 75000 morts par overdose de drogues variées chaque année dans son pays et, malgré les incertitudes statistiques, les quelques 120000 morts annuels provoqués par la grippe saisonnière banale seulement aux USA. Alors pourquoi cette propagande délirante ?

Depuis la fin de 2018 l’économie mondiale, globale pour certains, se préparait à une crise multi-factorielle, trouver une bonne excuse pour préparer le monde entier à souffrir d’un effondrement du système financier mondiale reposant sur le dollar US, la monnaie de référence, sans que les Etats-Unis puissent être accusés par tous les autres pays du monde d’avoir inondé le monde entier de leur dette et de leur devise dévalorisée : depuis la dénonciation par R. Nixon des accords de Bretton Woods le dollar a perdu en effet 90 % de sa valeur. Le système du dollar comme monnaie de référence mondiale mis en place après la seconde guerre mondiale est au bord de l’effondrement et il fallait trouver une excuse pour opérer un « reset ».

Ce système ne peut, en effet, pas perdurer. Il craque de toutes parts : du jamais vu dans l’histoire de l’humanité depuis que la notion de monnaie a été créée les taux d’intérêt sont égaux à zéro ou pire négatifs, ce qui signifie que l’avenir est plus prometteur que le présent. C’est totalement aberrant, une situation qui défie le bon sens. Du jamais vu non plus pratiquement tous les pays du monde sont endettés, y compris la Suisse ! Comme ce système artificiel ne peut pas survivre à lui-même le coronavirus est arrivé à point nommé pour opérer un chamboulement total du système financier instable, cette sorte de construction à la Ponzy reposant sur la création constante de monnaie artificielle contribuant à gonfler les dettes des pays déjà considérablement sur-endettés. Le FMI, la Banque mondiale et toutes les banques centrales ont perdu le contrôle de ce processus. Pour juguler la crise économique gigantesque que créé la crise du coronavirus gérée comme si on était encore au XIVe siècle, c’est délibérément voulu, il aura encore fallu imprimer des trains de 100 wagons remplis de billets de banque. Les Chinois détenteurs de quantités astronomiques de T-bonds américains n’auront que leurs yeux pour pleurer, ce ne sera que du papier sans valeur.

Les hommes de Davos, à la faveur de la crise du coronavirus, ont – j’en suis convaincu – préparé un reset généralisé, un jubilé, et je vais m’expliquer car il y avait urgence sans en quelque sorte une organisation de l’effondrement de l’ensemble de l’économie mondiale afin de limiter les dégâts pour les populations. En quoi consiste un « jubilé » ?

La notion de jubilé semble remonter aux textes bibliques. En réalité elle est issue de pratiques déjà respectées en Mésopotamie puis reprises par l’Egypte antique. Il s’agissait tous les 50 ans d’affranchir une partie des esclaves méritants, de libérer certains prisonniers et aussi et surtout d’effacer les dettes de tous les emprunteurs. Cet événement a été repris par les écritures bibliques et a perduré jusqu’à nos jours sous une autre forme anecdotique comme par exemple la célébration d’un grand sportif ou la médaille du travail en France après 35 ans de bons et loyaux services rendus à une entreprise.

Ce qu’il faut retenir de la notion de jubilé est l’effacement des dettes qui étaient dûment répertoriées sur des tablettes d’argile cuites retrouvées lors de nombreuses fouilles archéologiques. À ma connaissance, bien que n’ayant pas fait de recherche exhaustive sur ce dernier point, la notion de jubilé de la dette n’a jamais été appliquée concrètement ces 1000 dernières années. La crise du coronavirus, amplifiée artificiellement dans le monde entier, me semble être une excellente opportunité pour déclarer officiellement un jubilé de la dette généralisé et un retour à l’étalon-or ou un étalon bi-métallique or-argent pour que l’économie redémarre sur des bases saines avec des taux d’intérêts qui correspondent à la réalité. Une multitude de règlements internationaux contraignants devront être mis en place. Je pense à une interdiction totale de tous les paradis fiscaux officiels et officieux comme la City de Londres, l’interdiction totale du trading haute-fréquence et l’abolition de la suprématie du dollar. Mais je dois rêver … Il reste néanmoins une inconnue de taille : trouver des politiciens intelligents parce que cette denrée se fait de plus en plus rare pour mettre de l’ordre dans un monde financier devenu totalement déconnecté de la réalité, des « fondamentaux » comme le disent les analystes économiques. Vaste programme !

Où est passé la relativité ?

Lorsque le 30 Juin 1905 parut dans « Annalen der Physik » un article intitulé « Zur Elektrodynamik bewegter Körper », (Sur l’électrodynamique des corps en mouvement) dont l’auteur était un illustre inconnu qui deviendrait ensuite le plus illustre savant de tous les temps, Albert Einstein, le monde changea : il était devenu « relatif ». Dans le dernier papier que publia la même année Einstein, l’année miraculeuse pour la physique, il était fait mention de l’équivalence entre masse et énergie. Dix ans plus tard Einstein étendit sa théorie de la relativité restreinte décrite en 1905 à la gravitation dans la célèbre formulation de la relativité générale. Dans l’univers, cette fois, tout était devenu relatif. Sur le plan de la stricte physique jamais les équations d’Einstein ne purent être infirmées. Il existe encore une controverse sur l’introduction dans l’équation décrivant la relativité générale au sujet de la constante cosmologique qu’Einstein symbolisa dans ses équations par la lettre grecque Λ. Toutes sortes de tentatives et de théories ont été avancées pour attribuer à cette constante un signification physique dont en particulier la matière noire et l’énergie noire. Mais la physique théorique doit être vérifiée par l’observation et pour l’instant les astrophysiciens se perdent en conjectures.

Ce n’est pas la raison pour laquelle nous avons oublié aujourd’hui de relativiser les faits et les évènements dans un monde ou tout est relatif …

Il s’agit naturellement d’une boutade et mes lecteurs assidus l’auront compris. On ne relativise plus le moindre événement et la démonstration de cette espèce de retour à l’analyse sur le court terme sans jamais prendre le recul nécessaire pour qu’elle soit empreinte d’un soupçon de crédibilité conduit le plus souvent à des catastrophes économiques, sociales et par conséquent politiques parce que des décisions sont prises sans jamais relativiser les évènements. On vit ces évènements au jour le jour sans prendre de recul. Nous vivons dans un monde envahi par les informations instantanées, à la microseconde près, sans jamais perdre quelques minutes à examiner le passé. Il n’y a plus aucune remise en cause de ce que nous vivons dans l’instant en regard de ce qui eut lieu dans le passé. L’ère de l’information de l’instant présent a fait perdre aux politiciens cette faculté d’analyse des évènements présents en regard d’évènement similaires qui eurent lieu dans un passé proche ou lointain.

C’est exactement ce qui se passe sous nos yeux à propos de la grippe à coronavirus qui secoue l’économie mondiale et va conduire à une catastrophe de la même ampleur que celle de 1929 voire pire que celle-ci en prenant en compte la population qui est passée en 1929 de 2 milliards à 7,9 milliards en 2019. Donc il faut s’attendre à une crise économique et financière 4 fois plus violente que celle de 1929 qui fut provoquée par une spéculation boursière compulsive devenue en quelques jours impossible à maîtriser. Les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets les banques centrales ont inondé les marchés de cash dont l’abondance n’a pas vraiment bénéficié à l’économie réelle – il y a toujours autant de pauvres sinon plus dans le monde – et il y a de plus en plus de super-riches. Et comme ces derniers veulent à tout prix protéger leurs privilèges ils ont alimenté une propagande incessante au sujet de la dangerosité du coronavirus millésime 2019 pour se doter d’outils leur permettant de continuer à vivre aux dépens des banques centrales et de tous les « pauvres » du monde entier. Par conséquent comme les banques centrales ne disposent d’aucun autre outil pour tenter de juguler la crise provoquée par cette propagande au sujet du virus que d’inonder de cash toutes les économies alors cette caste de super-riches se frotte les mains d’avance.

Mais revenons à un billet précédent laissé sur ce blog ce 30 mars dernier. Dans la même veine il est intéressant de mentionner une pandémie précédente de grippe, un peu oubliée aussi probablement à dessein : la grippe de Hong-Kong. Cette grippe fut identifiée à Hong-Kong, alors territoire de sa Majesté la Reine d’Angleterre, au printemps 1968. Elle va toucher l’hémisphère nord, Europe et Amérique du nord durant l’hiver 1968-1969 où elle provoque le décès de 50000 personnes en seulement trois mois aux USA sans être vraiment mortelle en Europe. Elle revient en Europe au cours de l’hiver 1969-1970 provoquant la mort de 17000 personnes en France directement provoquée par le virus (Influenza H3N2) et un excédent de mortalité de 40000 personnes seulement en France. Le même virus réapparut au cours de l’hiver suivant.

Cette grippe dite de Hong-Kong, comme la grippe asiatique de 1957, malgré les chiffres mentionnés ci-dessus (source Wikipedia), ne fut pas trop « méchante » car de nombreuses personnes avaient été auparavant en contact avec l’un ou l’autre des antigènes H ou N du virus. Pour l’instant on est très loin de ces hécatombes des grippes précédentes sans parler ici de la grippe espagnole qui fit des ravages 4 ans seulement après la publication de la théorie de la relativité générale par Albert Einstein. L’instrumentalisation outrancière de cette pandémie actuelle quant à son caractère dangereux est de mon point de vue organisée par les 0,1 ou 0,01 % ultra-riches de la planète pour tenter d’asservir des populations entières avec la complicité du monde politique puisqu’ils détiennent le pouvoir et ont mis en place ces politiciens pour servir leurs intérêts.

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Comme le président du Brésil Bolsonaro l’a dit il s’agit d’une grippette en relativisant son ampleur. Pour Bolsonaro confiner les Brésiliens chez eux provoquera des centaines de milliers de décès parmi les pauvres des favellas qui n’ont pas d’emploi formel et survivent avec des petits boulots au jour le jour. Certes des gens mourront encore, surtout des personnes âgées et/ou déjà vulnérables comme l’indique de schéma ci-dessus, au Brésil, aux Etats-Unis, en Europe et ailleurs. Mais il faut choisir entre une gigantesque crise économique qui tuera au final des dizaines de millions de personnes en raison de ses effets secondaires, chômage et misère comme en 1930, et 100 ou 200000 morts, peut-être un peu plus, provoqués par cette grippe à coronavirus. Il faut relativiser, il faut se rendre à cette évidence et faire des choix comme les médecins font des choix en abandonnant à leur sort certains malades pour privilégier la vie de personnes plus jeunes et en meilleur état de santé général.

La crise économique et monétaire à venir tuera beaucoup plus de monde que le coronavirus ou les grippes « classiques » à Influenza. Le monde a perdu toute notion de relativité … Illustration : Chronique Agora, Bill Bonner