Retour du goldmark ? Peut-être bien !

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J’ai découvert en parcourant la chronique Agora du jeudi 2 mars 2017 un fait que même l’auteur du billet – Yannick Colleu – n’avait pas relevé. Je le remercie ici de m’avoir procuré une inspiration pour mon blog. Monsieur Colleu est allé faire un tour à la World Money Fair de Berlin et il a mentionné diverses données issues du World Gold Council (voir le lien en fin de billet).

En 2015 et 2016 le solde net des achats-ventes d’or sous forme de pièces par les épargnants français a été respectivement de -0,52 et -3,87 tonnes (3,87 tonnes ou approximativement 144 millions d’euros). En Allemagne ces soldes ont été respectivement de +116 tonnes et +105 tonnes (105 tonnes soit environ 4 milliards d’euros). Monsieur Colleu a oublié de commenter cette situation dans le contexte économique actuel.

Il faut constater que les vendeurs d’or sous forme de pièces héritées d’une vielle tante par exemple ont des difficultés financières et ils se séparent de leurs « bijoux de famille », les napoléons et les souverains en font partie. Ce sont souvent des personnes qui ne mènent pas un grand train de vie et ont précieusement conservé ces pièces dans du papier de soie « au cas où » ! Ceci signifie que la classe moyenne française souffre beaucoup en particulier de l’acharnement fiscal qu’elle subit depuis près de 20 ans et qui s’est aggravé sous le règne du capitaine de pédalo.

Le deuxième point est l’énorme différence de comportement entre les Français et les Allemands et on ne peut qu’en conclure que ces derniers se préparent à l’évidence pour l’arrivée du « goldmark » en achetant toutes les pièces d’or en circulation en Europe et dans le monde. C’est du moins mon interprétation mais je ne suis pas un spécialiste en la matière. Ceci signifie également, et c’est très inquiétant, la fin de l’euro dans un avenir proche dans la mesure où l’Allemagne a aussi accéléré le rapatriement de son stock d’or qui se trouve toujours dispersé entre New-York, Londres et Paris. Autant dire que cet avenir de l’Europe paraît bien sombre avec la montée des mouvements politiques populistes tant aux Pays-Bas qu’en Italie, France ou Espagne qui prônent une sortie de la zone euro. L’incidence d’une éventuelle création du goldmark adossé sur l’or aura alors des répercussions planétaires sur l’ensemble des monnaies et une gigantesque augmentation du cours de l’or réduisant par voie de conséquence la valeur des monnaies papier à néant.

Source : https://cdn.publications-agora.com/elements/lca/newsletter/html/170302_LCA.html , illustration « napoléon » de 20 francs

L’Europe en récession depuis 2007 et ce n’est qu’un avant-goût …

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Ce sont des données lapidaires, non manipulées et dénuées de toute arrière-pensée politicienne : selon l’office des statistiques européen (Eurostat) la consommation intérieure brute d’énergie dans l’Union Européenne est tombée en 2015 sous son niveau de 1990. En 1990 cette consommation était de 1667 millions de tonnes équivalent-pétrole (Mtep ou Mtoe en anglais, voir note en fin de billet). Elle n’était plus que de 1626 Mtep en 2015 après avoir atteint un pic en 2006 à 1840 Mtep.

La consommation brute d’énergie est un indicateur très précis de l’activité économique tous postes confondus. Force est de constater que l’économie de l’Union Européenne est en récession depuis la crise de 2007-2008 quoi qu’en disent toutes les autres statistiques reprises par les médias, les politiciens et les banquiers. La croissance économique de la zone euro ne repose donc que sur la croissance de la dette des Etats, des entreprises et des ménages grâce à la politique accommodante de la Banque Centrale Européenne.

Ce qui est moins rassurant pour les tenants du réchauffement climatique est que les importations de combustibles fossiles (pétrole, gaz et charbon) ont durant cette période 1990-2015 globalement augmenté depuis 2011 en particulier en Allemagne et au Royaume-Uni. En 1990 il fallait une Tep (tonne équivalent-pétrole) produite en Europe pour une Tep consommée, aujourd’hui les deux tiers sont importées. En d’autres termes la production pétrolière de la Mer du Nord a chuté et les extractions de charbon ont également diminué considérablement. L’Europe n’atteindra ses objectifs de réduction des émissions de CO2 fixés par la loi – si l’on peut dire les choses ainsi – et malgré cette réduction de la consommation d’énergie primaire, qu’avec une réduction encore plus sensible de la consommation d’énergie primaire. Il est donc clair que l’ensemble des pays européens n’auront plus d’autre choix que de s’enfoncer dans une récession violente, durable et dévastatrice sur le plan social avec un appauvrissement concomitant de l’ensemble de la population. L’objectif COP21 est en effet d’atteindre une consommation d’énergie primaire de 1483 Mtep en 2020, soit une consommation finale d’énergie de 1086 Mtep, dans trois ans !! Et ce ne sont pas les énergies renouvelables loin d’être fiables qui permettront d’atteindre cet objectif par trop ambitieux et totalement surréaliste.

Et pourtant tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles selon les médias !

Source : Eurostat

Note. Pour les puristes une Tep correspond à la production théorique de 11,6 MWh et équivaut énergétiquement parlant à 1,42 Tec (tonne équivalent-charbon, tce en anglais). Pour fixer les idées, les deux réacteurs nucléaires de Fessenheim dont la fermeture (définitive ?) est politiquement programmée devraient – CHACUN – brûler a minima 78 tonnes de pétrole par heure, soit 680000 tonnes de pétrole chaque année pour produire la même quantité d’électricité dégageant dans l’atmosphère 1760000 tonnes de CO2 car il faudra bien produire de l’électricité d’une façon ou d’une autre et de manière fiable et constante pour remplacer la production électrique de ces deux réacteurs … Quant aux objectifs allemands de quitter totalement l’énergie nucléaire en 2022, difficile d’imaginer comment le pays arrivera à alimenter son industrie en électricité sinon en brûlant encore plus de charbon, de pétrole et de gaz.

La corruption organisée par les « corporatocrates »

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Fort heureusement il y a les lanceurs d’alerte comme Julian Assange ou encore Edward Snowden pour nous informer car consulter la presse main-stream subventionnée et les chaines de télévision étatisées ou propriétés de grands groupes industriels ou commerciaux n’est qu’une perte de temps : nous sommes tous soumis à une désinformation systématique sous une avalanche continue de nouvelles sans aucune importance ou dont la véracité est contestable. Par exemple, la politique monétaire de la banque centrale européenne (BCE) dirigée par un ancien employé de Goldman-Sachs du nom de Mario Draghi échappe à tout contrôle tant de la Commission Européenne que du Parlement de Strasbourg. La BCE se trouve comme par hasard à Francfort, la capitale financière de l’Allemagne et Draghi fait sa petite cuisine sans rendre de comptes à qui que ce soit.

Depuis juillet 2016, pas satisfaite de racheter des obligations souveraines sur le second marché, cette institution a entrepris d’acheter des actions de grandes corporations européennes ainsi que des titres de dette de ces mêmes corporations dans la plus grande opacité. Draghi a insisté sur le fait que la BCE n’achetait que sur le second marché et ne participait donc pas directement au financement de la dette des Etats ni des entreprises. C’était une manoeuvre pour dissimuler ce qui se fait dans l’ombre, entre corporatocrates, un néologisme inventé par Wolf Richter sur son blog, entre coquins pour être plus précis ! Tout est secret et fort heureusement les lanceurs d’alerte que j’ai cité ci-dessus ont permis d’y voir un peu plus clair. Le Corporate Europe Observatory a craqué les codes utilisés par la BCE pour identifier les corporations (multinationales) européennes bénéficiant de ses largesses et le résultat est assez surprenant.

On trouve par exemple les grands du pétrole : Shell, financé 11 fois depuis juillet dernier, Eni (Italie) financé 16 fois, Repsol (Espagne) six fois, OMV (Autriche) six fois également, et enfin Total (France) financé 7 fois. Quant aux multinationales impliquées dans le gaz naturel c’est le même tableau. Mais il n’y a pas que le secteur énergétique qui intéresse la BCE. L’industrie automobile bénéficie aussi des largesses de la BCE avec en tête Daimler, BMW, Volkswagen malgré ses problèmes de trucage des émissions des moteurs diesel, et enfin Renault.

Ce n’est pas tout et le Corporate Europe Observatory a aussi découvert que la BCE était on ne peut plus généreuse avec les trois majors françaises de l’eau : Suez, Vivendi et Veolia. Vous en voulez encore ? LVMH est aussi un chouchou de la BCE, tout comme la société autrichienne Novomatic dont la spécialité est les jeux de hasard et propriété du milliardaire Johan Graf. Tous les dirigeants de ces sociétés sont des copains de Mario Draghi et se retrouvent régulièrement dans les salons feutrés des hôtels de luxe qui à Davos, qui au club de Bilderberg. L’objectif de Draghi est d’atteindre 125 milliards d’euros d’ici la fin de 2017 dans ce genre d’opération souterraine qui échappe à la sagacité et au contrôle des politiciens.

Mais il est inutile de penser un seul instant que Jean-Claude Junker, le président de la Commission européenne, ne soit pas au courant des agissements de son ami Draghi. Ces agissements sont en effet à la limite de la légalité, on pourrait dire totalement illégaux puisque la BCE, dans sa grande mansuétude, s’implique aussi dans les « placements privés », en d’autres termes des titres de dette des corporations multinationales qui échappent au marché financier traditionnel. Seule une petite poignée d’investisseurs est au parfum et la BCE, à l’évidence, a transgressé le cadre de son statut de banque centrale en se positionnant comme acheteur de dette, dans ce cas, en premier ressort. L’immense avantage offert aux grandes corporations est qu’elles disposent via la BCE et directement d’un accès rapide et peu coûteux à des capitaux qu’elles ne trouvent plus auprès des banques.

On peut appeler ce genre de pratique de la corruption …

Source : wolfstreet.com

France : PIB et dette, dans les règles de l’art réthorique

France : PIB et dette, dans les règles de l’art réthorique

En France, on ne s’embarrasse pas du ridicule, c’est le moins qu’on puisse dire. Les Suisses, près de leurs sous comme chacun sait, observent avec amusement les annonces du ministre français des finances et de l’économie. Le fait que le PIB français aura finalement augmenté de 1,4 % en 2016 comme l’a claironné le sieur Sapin il y a quelques jours a laissé pantois les riverains du Léman ! Il faut tout de même remettre les pions en place sur l’échiquier financier de la France qui va droit à la faillite comme avait osé le dire François Fillon il y a quelques années. Pour obtenir péniblement, selon les statistiques hautement contestable du ministère des finances, un PIB culminant à + 1,4 %, soit une augmentation de 28 milliards d’euros environ, il aura fallu à la France emprunter sur les marché environ 300 milliards d’euros en 2016 pour rembourser ses créanciers sur des titres de dette arrivant à échéance (190 milliards) et aussi et surtout pour faire fonctionner la machine, soit 110 milliards environ injectés dans l’économie. Bel exemple de l’incurie totale du gouvernement socialiste qui a précipité la France dans un abime insondable de dette dont elle ne ressortira que dans une ou deux générations, si tout se passe bien.

En effet, comme d’ailleurs l’Espagne et l’Italie qui suivent la même stratégie suicidaire, pour tenir à bout de bras l’économie la France emprunte donc 10 euros pour créer 1 euro de PIB et créé des postes de fonctionnaires inutiles … C’est une réussite totale.

Aux USA, sous l’ère Obama, la stratégie était un QE (quantitative easing) de 3 dollars pour un dollar supplémentaire de PIB. L’économie américaine n’est pas vraiment en bonne santé avec près de 100 millions de personnes sans emploi ou avec des petits boulots précaires pour remplir une maigre gamelle quotidienne (et qui ont voté pour Trump, leur seul espoir) mais qu’en est-il de celle de la France, de l’Espagne et de l’Italie ? Faut-il selon cette arithmétique très simple en conclure que les économies des « cigales » sont trois fois plus dégradées que celle des Etats-Unis ?

Mon blog, contrairement à beaucoup de sites qui foisonnent sur internet, n’a pas pour mission de colporter de fausses informations car je me contente de recouper diverses données de nature irréfutable (voir note ci-dessous). Il faut se rendre à l’évidence : la France est aujourd’hui en cessation de paiement comme le disait, je le rappelle, François Fillon il y a 8 ans. S’il est élu (et je le souhaite de tout coeur) que va-t-il faire ?

Le cheval de bataille de Fillon est de réformer les collectivités territoriales en soumettant ce projet à référendum et consistant à réduire de moitié le mille-feuille administratif (et politique) en passant de 36000 à au maximum 7000 communes, ce qui réduira dans les mêmes proportions le nombre de parasites vivant de la manne des contribuables. Dans l’administration ce sera la même politique de réduction des effectifs de fonctionnaires (600000 de moins) pour atteindre un volume d’économies de 87 milliards par an tout en rétablissant le jour de carence pour maladie qui plombe totalement la fonction publique dans son ensemble en raison d’un absentéisme endémique pour convenance personnelle. Etc, etc …

Pour plus de détails sur le programme Fillon ce lien très bien documenté : http://www.ifrap.org/comparateur

Note : Je précise à mes lecteurs que les données ci-dessus relatives à l’émission de titres de dette sont très approximatives et si l’un d’entre eux peut m’en fournir de plus précises, je lui en serai reconnaissant.

Au Japon tout va mal : Ah bon ?

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Quand on a trouvé plus malheureux que soi, on se sent plus heureux ou encore quand on a côtoyé une personne en mauvaise santé on se sent mieux. Bref, ces adages sont stupides et pourtant ils font les gorges chaudes des commentateurs économiques quand ils parlent du Japon pour mieux masquer l’état de délabrement des économies des pays européens, y compris de l’Allemagne qui n’arrive pas à récupérer de l’effet des sanctions à l’encontre de la Russie décrétées par l’Union Européenne sous la pression de Washington. Finalement les Anglais ont peut-être fait le bon choix en quittant ce panier de crabes morts qu’est devenue l’UE.

Mais revenons au Japon, peut-être le seul pays au monde qui ne trafique pas ses statistiques économiques comme je l’ai mentionné de nombreuses fois dans ce blog. Par exemple si on appliquait les méthodes de calcul de la dette utilisées au Japon à celle de la France celle-ci atteindrait allègrement trois fois le PIB, plus que les 2,9 fois officielles publiée par la BoJ. Je ne parle même pas de l’Italie et de l’Espagne, ce serait bien pire. Pour tout le reste c’est à l’avenant. J’ai parlé il y a quelques jours du taux de chômage et du taux d’embauche des jeunes diplômés au Japon. Qu’en est-il par exemple de l’Espagne, la quatrième économie de l’UE puisque le Royaume-Uni n’en fait plus virtuellement partie ? Ce sont près de 400000 jeunes diplômés, ingénieurs et ouvriers spécialisés qui quittent le pays chaque année depuis la crise de 2008. L’Espagne se vide de ses forces vives et obère gravement son avenir tout comme la France, pays où 40 % des diplômés ne trouvent pas d’embauche et quittent le pays définitivement. Au Japon 96,5 % des jeunes diplômés cru 2016 ont trouvé un travail …

Venons-en aux inégalités salariales en considérant d’abord les 1 % les plus aisés :
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Au Japon il ne dépassent pas 10 % de la totalité de la richesse créée alors qu’aux USA il atteint 17,5 %. J’ai tenté de trouver une telle statistique concernant l’UE, elle n’existe tout simplement pas car la disparité entre les pays composants cette Union ne conduiraient qu’à un chiffre sans signification. Pour les salaires, si on compare le salaire moyen d’un CEO (PDG en français) avec celui (moyen) d’un employé voici ce que ça donne : il n’y a pas de quoi pavoiser, le Japon est un pays plus égalitaire en ce qui concerne les salaires que bien d’autres pays de l’OCDE :
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Venons-en maintenant à l’emploi des femmes, cette fois comparé à la situation aux USA. En 2000 plus de 70 % des Américaines travaillaient. Aujourd’hui ce taux est tombé à 67 % alors que dans le même temps le nombre de Japonaises travaillant est passé de 60 à 67 %. Cette situation a gravement contribué au vieillissement de la population japonaise mais que dire à ce sujet de l’Italie, de l’Allemagne, de la Slovaquie ou encore et c’est récent de l’Espagne, pays où les taux de natalité sont en chute libre.
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En ce qui concerne l’innovation, le nerf de la création de richesse présente et à venir, les USA restent champions toutes catégories pour les entreprises innovantes – en considérant les 100 premières dans le monde – avec 49 entreprises. Vient ensuite le Japon avec 8 sociétés, suivi de la Chine et de la Grande-Bretagne :

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Juste un petit rappel de la créativité japonaise. Le train à grande vitesse Tokyo-Osaka fut mis sur les rails en octobre 1964. La première calculette de poche est originaire du Japon (1970) tout comme le walkman (1979). La LED bleue fut créée au Japon en 1990 et ouvrit la porte aux écrans de télévision plats. Le robot androïde apparut en 2003 tout comme les téléphones portables dits maintenant « smartphones » à écran tactile, les « kétaï » pour les Japonais.

L’opinion qu’ont les Américains des Japonais se résume en un tableau :

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Alors, que les analystes et les commentateurs économiques qui se complaisent à se faire interviewer sur les plateaux de télévision se ravisent : au Japon tout va beaucoup mieux que dans bien des pays européens. C’est le premier pays du monde pour la qualité de ses infrastructures, le deuxième du monde pour le nombre de brevets déposés. Quand le Japon s’ouvrira à une immigration contrôlée en accueillant des ressortissants étrangers respectueux des traditions du pays alors il sera envié par de nombreuses personnes …

Source : World Economic Forum, illustration quartier d’affaires de Shinjuku à Tokyo

 

 

Billet d’humeur politique : le déficit français

Billet d’humeur politique : le déficit français

La dernière trouvaille du capitaine de pédalo à 300 euros par jour de soins capillaires est, c’est promis-juré, de réduire le déficit en 2017 à 2,7 %. J’ai lu ça hier dans une dépêche d’agence que je n’ai pas pris la peine de mémoriser tant cette immense nouvelle me paraissait incongrue. Le « grand timonier du bateau France » (allusion à Mao) ne parle pas du déficit commercial récurrent qui a vidé les réserves de devises de la France, si tant est qu’il y en a eu un jour, mais bien du déficit de l’Etat. Est-ce bien raisonnable de faire une telle déclaration tonitruante reprise, bien naturellement, par les médias subventionnés par les contribuables … de qui se moque-t-on ?

Pour ce faire la France emprunte chaque semaine sur les marchés entre 5 et 9 milliards d’euros, je répète chaque semaine, suivez l’actualité financière, parfois à des taux négatifs, parfois sur des durées atteignant 50 ans : après moi le déluge (et le naufrage du pédalo) doit se dire l’énergumène ignare qui est à la tête du pays.

Le petit Macron, sous prétexte de créer un parti politique nouveau, a en réalité quitté le navire car il savait parfaitement qu’il prenait l’eau de toutes parts. C’est un malin ce Macron, il a bluffé tout le monde !

Reprenons donc les calculs. Avec une dette qui augmente presque exponentiellement il est certain que le déficit de la France va s’améliorer comme le PIB. Prenez un ménage qui emprunte pour acheter une automobile, une télévision à écran ultra-plat dernier cri ou un iPhone 7, son train de vie s’est amélioré. Au final ce ménage a l’illusion qu’il est plus riche et que sa situation économique s’est améliorée puisqu’il dispose de biens dont il peut jouir mais qui appartiennent à ses créanciers. Mais ce n’est qu’une illusion passagère car, comme pour l’Etat français et tous les autres Etats « cigales » du ClubMed, et bien sûr les ménages, il faudra un jour rembourser cette dette car les banquiers sont loin d’être des philanthropes, une autre illusion des politiciens.

Ce seront vous, chers lecteurs pas encore à la retraite, contrairement à votre serviteur, qui verrez la retraite que vous espérez percevoir, car on vous l’a promise, amputée d’un bon tiers voire plus, ce seront aussi vos enfants et vos petits-enfants qui paieront la mauvaise gestion du pays depuis la fin du règne du Roi Giscard Premier. Comme tout bon auvergnat il comptait les sous et tout compte fait, restons dans le domaine financier, l’état de l’économie française était plutôt satisfaisant durant son règne, en tous les cas la France était respectée par les pays étrangers. Ensuite ce fut la débandade totale, Mitterand, le pire de tous les présidents français, Chirac, pas vraiment mieux, on pourrait dire aisément pire car il se moquait de la France, Sarkozy, un coquin patenté qui ose se représenter devant les citoyens, il faut dire que les électeurs sont tellement des veaux dociles et stupides (comme disait De Gaulle) qu’ils pourraient encore le placer au trône du Château de l’Elysée, puis le Capitaine de pédalo, un ineffable incompétent … Un bilan tout simplement désolant et presque kafkaïen !

Si vos petits-enfants trouvent un emploi, ce qui n’est pas du tout certain, plus de la moitié de leur salaire partira en impôts pour rembourser cette dette étatique qui dépasse les 250 % du PIB en ajoutant les « hors-bilan » créés par Juppé que des millions de cons pourraient aussi élire comme le prochain président, encore que ce fut une décision subreptice et hautement vicieuse de Chirac.

Les fameux « hors-bilan » ne sont pas pris en compte dans le calcul de la dette de l’Etat français alors qu’un pays comme le Japon, la proie des critiques les plus acerbes des commentateurs économiques, y compris des Econoclastes, inclue dans sa dette l’ensemble des dettes des services et entreprises gérées par l’Etat. C’est loin d’être le cas en France à la suite de l’entourloupe comptable de Juppé (de Chirac) : la dette d’EDF (avec Hinkley Point C et la fermeture de Fessenheim ça va s’améliorer, c’est certain), la dette de la SNCF ou de la RATP, la dette colossale des caisses de retraite des fonctionnaires qui n’est toujours pas financée, la dette des hôpitaux publics et de la sécurité sociale, un gouffre sans fond, la dette des municipalités, des départements, des régions et j’en passe, on arrive à plus de 250 % du PIB, c’est-à-dire en gros au niveau peu enviable du Japon tant décrié par des spécialistes comme Olivier Delamarche que j’apprécie par ailleurs pour ses analyses économique pointues. Marisol Machin a déclaré hier que le « trou » de la Sécu allait disparaître. Ah bon ? Avec quoi va-t-il être bouché, devinez : avec encore plus de dette émise sur les marchés !

À moins que l’Etat ne fasse défaut ce qui sera alors bien pire … Il ne reste donc plus qu’une issue et si on relit l’histoire passée et celle-ci est bien réelle puisqu’elle fait partie justement du passé : pour faire tourner la machine économique qui s’est grippée il faudra se résigner à faire la guerre comme l’envisage très sérieusement Hitlerie Clinton. Quel bel avenir ! Comptez vous sous, peut-être que dans quelques mois il n’y aura plus rien dans votre poche ni dans la mienne d’ailleurs …

Addendum au billet de ce jour

Pour une meilleure compréhension du contenu du billet mis en ligne ce matin 14 septembre, voici deux graphiques illustrant l’état de santé économique des pays de l’Union Européenne en anglais, tirés du blog mishtalk.com de Mike Shedlock. Seulement 4 pays de l’Union sont dans le « vert » … selon les règles Target2 définies par la Banque Centrale Européenne pour soutenir les banques en difficulté. Il apparaît évident que les banques de l’Espagne et de l’Italie « plongent » et sont devenues essentiellement dépendantes de l’Allemagne.

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