Nouvelles du Japon : l’économie japonaise est un modèle à suivre !

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Ce billet est la traduction d’un article d’Adair Turner paru sur le site Project Syndicate.

Presque tout le monde clame que le modèle économique japonais a implosé. Depuis 1991, la croissance économique japonaise a été en moyenne de 0,9 % par an alors qu’elle était de 4,5 % les deux décennies précédentes. La faible croissance combinée à des déficits fiscaux conséquents et une inflation proche de zéro a fait passer la dette gouvernementale de 50 % du produit intérieur brut à 236 % de ce dernier au cours de la même période. Les Abenomics, cet ensemble de réformes initiées par le Premier Ministre Shinzo Abe quand il est arrivé au pouvoir il y a 6 ans promettait un retour de l’inflation vers 2 %. Pourtant 5 années de « quantitative easing » et une politique monétaire d’intérêt zéro n’ont pas réussi à atteindre cet objectif. Un taux de fertilité de 1,4 et une immigration quasiment nulle signifient que dans 50 ans le Japon aura perdu 28 % de sa force de travail rendant les soins de santé aux plus âgés impossibles à financer et ceci accroîtra par conséquent le déficit fiscal qui est déjà de 4 % du PIB. Pour éviter une crise de la dette il faut augmenter les taxes et réduire les dépenses publiques et des réformes structurelles sont nécessaires pour relancer la croissance.

En dépit de cet état des lieux, l’idée majoritairement admise par les analystes économiques et financiers d’un effondrement du système économique japonais pourrait s’avérer totalement fausse !

Si le déclin démographique du Japon peut poser un problème il présente aussi quelques avantages et la dette du Japon va devenir beaucoup plus facilement supportable.

Il est vrai que la croissance du PIB japonais est à la traine en comparaison de toutes les autres économies développées et il en sera de même dans les années à venir puisque la population décline. Mais ce qui est important pour le bien-être d’une population c’est le PIB par habitant. Pour le Japon il a cru de 0,65 % par an depuis 2007, à peu près comme pour les USA alors que pour la Grande-Bretagne son accroissement sur la même période n’a été que de 0,39 % et pour la France de 0,34 %. C’est tout de même pas si mal pour un pays comme le Japon où les standards de vie sont les plus élevés du monde.

Il est vrai aussi qu’au cours des 25 dernières années la croissance américaine par habitant a été plus rapide : mais la société japonaise n’a pas été défigurée par l’accroissement massif des inégalités qui ont laissé des dizaines de millions de travailleurs américains sans augmentations de revenus et parfois dans une grande pauvreté. Au Japon le taux de chômage est inférieur à 3 %. La machine économique japonaise distribue la prospérité à la plus grande majorité des habitants. La criminalité y est la plus faible du monde, donc le modèle social doit bien y être pour quelque chose. Par ailleurs le tourisme est en plein essor passant de 6 millions de visiteurs il y a 15 ans à 20 millions cette dernière année. Naturellement ce qui est vrai aujourd’hui pourrait bien devenir difficilement atteint dans le futur en raison de l’état de la démographie. Si le taux de fécondité reste scotché à 1,4 enfant par femme fertile, le rapide déclin de la population pourrait poser de sérieux problèmes. Les avertissements relatifs au ratio travailleurs/retraités de 2,1 tombant à 1,4 n’ont pas lieu d’être puisqu’ils sont basés sur un âge de la retraite de 65 ans alors que le gouvernement de Shinzo Abe vient de prendre des mesures pour repousser cet âge de départ volontaire à la retraite. Si l’âge moyen de départ à la retraite était de 70 ans ce ratio ne serait plus que de 1,8 en 2050 (au lieu de 1,4 prévu).

Il faut ajouter que le Japon est le leader mondial dans les technologies permettant aux travailleurs âgés de rester actifs plus longtemps comme en particulier le développement massif de la robotique qui permet de procurer des biens et des services avec moins d’employés. Les craintes répandues dans le monde occidental prédisant que la robotisation détruit des emplois n’existent pas au Japon et sont absentes de tout débat public. Le livre récemment paru sous les plumes de Linda Gratton et Andrew Scott « The 100 Years Life » est d’ailleurs devenu un best-seller au Japon ! Dans un pays où les possibilités d’automatisation sont immenses, une espérance de vie plus longue et une population en déclin sont des problèmes beaucoup plus faciles à appréhender qu’une natalité élevée avec une croissance rapide de la population qui entravent la création de suffisamment d’emplois comme c’est le cas dans de nombreux pays émergents.

C’est comme pour la dette et les déficits insoutenables, les analystes qui prédisent une catastrophe si l’Etat japonais ne se serre pas la ceinture pourraient être profondément déçus. Peut-être que la dette réelle est de 236 % du PIB mais le Fond Monétaire International l’estime plus près de 152 % du PIB après avoir soustrait de cette dernière les actifs financiers détenus par l’Etat japonais. De plus la Banque Centrale du Japon (BoJ) détient plus de 90 % des obligations de l’Etat japonais (la BoJ a fusionné en 2017 avec le Trésor) et rétrocède au gouvernement du Japon les dividendes perçus sur ces obligations. Par conséquent la dette du pays, puisqu’elle était détenue majoritairement par des résidents n’est plus que d’environ 60 % du PIB du pays et elle n’est pas en croissance. Dans ces conditions le « poids de la dette » sera parfaitement supportable même si les déficits fiscaux restent élevés pendant de nombreuses années !

Il est très facile de comprendre la situation du Japon. Supposons un pays ayant une dette gouvernementale globale égale à 250 % de son PIB, une dette nette de 150 % et sa banque centrale détenant l’équivalent de 100 % de ce PIB en obligations d’Etat ceci aboutit à une dette nette égale à 50 % du PIB. Supposons maintenant que l’inflation est de 1 % et que l’augmentation réelle du PIB est aussi de 1 % alors le PIB nominal croit donc de 2 %. Si, dans ce pays pris en exemple, le rendement des obligations est de 2 % (aujourd’hui il est de 0,1 % au Japon) le ratio dette/PIB resterait stable même si le déficit primaire était de 4 % et le déficit total de 5 % années après années. C’est en gros ce qui se passe au Japon actuellement. Et plutôt que d’être horrifiés les investisseurs se précipitent dans la réalité pour acheter des obligations de l’Etat Japonais malgré un rendement proche de zéro.

Tous ces arguments ne signifient pas que le Japon sera confronté à d’importants challenges. Les dépenses de santé pour la population vieillissante aggraveront les déficits fiscaux. Les théories économiques suggèrent qu’à partir d’un certain seuil les rendements des obligations ne peuvent que devenir supérieurs à la croissance nominale du PIB.

Pour ces deux raisons un plan à moyen terme de consolidation fiscale et souhaitable et en l’absence d’amélioration du taux de fertilité et d’au moins un peu d’immigration les progrès technologiques du Japon seront essentiels pour gérer une population vieillissante. Mais le sombre tableau peint au sujet du futur du Japon généralement admis par les analystes financiers est grossièrement amplifié. Beaucoup de pays aimeraient bien avoir à faire face aux même problèmes que ceux auxquels est confronté le Japon.

Note. La dette du Japon est détenue à près de 95 % par des institutions financières résidentes, fonds de retraite publics ou privés, banques, entreprises et par des particuliers. L’opération comptable à somme nulle réalisée en 2017, c’est-à-dire la fusion entre la BoJ et le Trésor japonais, a réduit nominalement la dette de l’Etat japonais de 13200 milliards de dollars à 3360 milliards de dollars (source FMI). Le PIB du Japon est le troisième du monde et sa dette nominale actuelle est, rapportée à son PIB, très inférieure à celle de la France, dette détenue à plus de 60 % par des non-résidents ! De plus le Japon est le premier créditeur mondial auprès de nombreux pays de l’OCDE quant aux réserves en devises du Japon je n’ai pas trouvé de statistiques publiées sur le Web. Illustration : le Mitsukoshi en 1856, ancêtre d’Isetan. Si mes lecteurs méconnaissent Isetan il s’agit d’un « department-store » que je considère personnellement comme le plus extraordinaire du monde très loin devant Harrods à Londres ou les Galeries Lafayette en France près de l’Opéra à Paris ou encore El Corte Inglese à Madrid en Espagne pour ne citer que ceux que je connais.

Et maintenant, l’ère du dirigisme

Ce billet est un copié-collé d’un article paru dans les pages du Temps (Genève) sous la plume de Stéphane Garelli, professeur émérite, IMD et Université de Lausanne, publié vendredi 23 mars 2018 à 18:27

Le monde entre dans une nouvelle ère où les empires économiques et les blocs régionaux reprennent le dessus et où le politique l’emporte sur les marchés. Une deuxième période «Trente Glorieuses» s’achève. Depuis la chute du mur de Berlin, le monde a connu pendant trente ans une ouverture des marchés sans précédent. La globalisation était là. Aujourd’hui, une nouvelle ère s’ouvre, celle du dirigisme économique. Les signes avant-coureurs sont de plus en plus clairs.

Quand le président Trump a annoncé des mesures de protection sur l’acier et l’aluminium américains, les optimistes – il y en a et il en faut – ont voulu minimiser son action. Tous les présidents américains depuis Jimmy Carter ont adopté à un moment ou un autre des mesures protectionnistes, et l’économie mondiale a survécu.

Peu d’impact

Effectivement, les barrières tarifaires de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium auront relativement peu d’impact. Elles affecteront tout au plus 2% des importations américaines et 0,2% du produit intérieur brut (PIB), et de nombreux pays seront exclus. Mais ce qui a changé, c’est la logique qui justifie cette politique.

Auparavant, les présidents américains voulaient défendre l’emploi. Cette fois-ci, le président Trump fait recours à la section 232 de la loi sur l’expansion commerciale de 1962 qui dénonce une atteinte à la sécurité nationale. C’est le même motif qui l’a poussé récemment à bloquer le rachat de Qualcomm par Broadcom. En plaçant le débat sur une dimension politique, le président crée une belle pagaille: «America First».

«China First»

Car la Chine fait pareil. Malgré les déclarations du président Xi Jinping à Davos, la politique économique chinoise reste protectionniste et le marché intérieur difficile d’accès aux entreprises étrangères. Les grandes sociétés technologiques américaines le savent. Elles doivent, par exemple, composer avec les restrictions imposées sur la liberté d’expression sur Internet ou sur l’emplacement des serveurs de données personnelles. La priorité économique est de développer des entreprises purement chinoises: «China First».

La Russie emboîte le pas. Le président Poutine, lui aussi réélu presque à vie, continue de se détourner de l’Europe. Son modèle est le président chinois, pas Angela Merkel ni Emmanuel Macron. Les mesures de rétorsion politiques et économiques sont passées par là. Les relations commerciales avec l’Europe n’apportent pour lui que des problèmes. Qu’importe ce que pensent les autres: «Russia First».


Et même les Britanniques s’y mettent. Le Brexit est perçu par les entreprises comme une attaque contre l’ouverture des marchés et la libre circulation des biens et des personnes: un retour en arrière évalué à une surcharge de coût de 65 milliards d’euros. Pour certains, la perfide Albion a ressurgi: «Britain forever».

L’Europe isolée

Tout cela laisse l’Europe bien isolée. Mais pourquoi sommes-nous si attachés à ce concept de monde ouvert et global ? André Malraux estimait que la pensée européenne – la Grèce, le christianisme, la Révolution française, voire le marxisme – a posé le principe de valeurs universelles. La Déclaration des droits de l’homme est «universelle» et ne s’adresse pas qu’aux Français. Au contraire, la pensée chinoise, aussi admirable soit-elle, est une pensée pour la Chine et pour les Chinois.

Cet universalisme a structuré notre monde, politiquement avec les Nations unies, économiquement avec les Accords de Bretton Woods, qui ont créé le FMI, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce. Cette approche globale touche à sa fin. On pouvait s’attendre à ce que la Chine et la Russie n’y adhèrent pas entièrement. Mais quand les Etats-Unis et le Royaume-Uni abandonnent le multilatéralisme, cela fait trop.

Le monde entre donc dans une nouvelle ère où le dirigisme économique prévaut et où le politique l’emporte sur les marchés. Avec la multiplication de leaders forts, les empires économiques et les blocs régionaux reprennent le dessus. Pour les entreprises, le monde va devenir beaucoup plus compliqué. Les règles du jeu vont changer et l’OMC va être marginalisé. L’Europe affaiblie et sa pensée universelle marginalisée risquent de devenir un anachronisme. Ce ne sont pas de bonnes nouvelles.

La guerre commerciale à l’encontre de la Chine : le cas du Zimbabwe.

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Les autorités sanitaires du Zimbabwe sont entrées en conflit avec la Chine à propos des préservatifs, jugeant ceux-ci trop petits. Ces préservatifs sont fabriqués par les firmes Daxiang, His Friends Technology et quelques 300 autres sociétés ce qui classe la Chine premier producteur mondial de cet accessoire. Ces firmes ont promis de fabriquer dans les plus brefs délais des préservatifs adaptés aux mensurations des Zimbabwéains (je ne suis par certain de l’orthographe). Et il y a urgence car le pays est ravagé par une épidémie de SIDA incontrôlable sans préservatifs.

Pourquoi la Chine produit des préservatifs trop petits, tout simplement parce que la taille du pénis des Chinois ne dépasse pas en moyenne 4,3 pouces (10,9 centimètres) alors qu’au Congo, pays proche du Zimbabwe, cette taille moyenne atteint 18 centimètres ! L’illustration ci-dessous prouve que je n’invente rien :

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La taille moyenne du pénis des Européens se trouve dans l’honnête moyenne de 14,5 centimètres à l’exception, peut-être, de la Hongrie (16,5 cm). Quant aux Grecs et aux Turcs, finie la légende car la taille moyenne de leurs pénis est respectivement de 14,7 et 13,9 centimètres. Quant aux Coréens du Nord, frustrés par la taille ridicule de leur attribut, 9,6 centimètres, ils compensent leurs frustrations en construisant des grosses fusées …

Source et illustrations : ZeroHedge

Les économistes ne savent plus quoi inventer !

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Des économistes de l’Université Notre Dame (Indiana) sont arrivés à établir une corrélation entre l’évolution du nombre de naissances et celle du PIB, il fallait y penser … Les grossesses arrivant à leur terme ont été prises en compte pour établir cette corrélation qui saute aux yeux ! Selon le Professeur d’économie Daniel Hungerman il est évident que la chute des naissances a « toujours » précédé d’un peu plus d’une année les crises économiques récentes, 1991, 2001 et 2008. Pour un couple désireux d’avoir des enfants il apparaît donc clairement qu’une récession économique va arriver et ce professeur de renchérir :  » un couple qui va aller (ou non) au lit connaît mieux l’économie que tous les experts en économie« .

Les conjectures sont nombreuses. Selon l’un des auteurs de cette étude en des temps d’incertitude économique et financière la fertilité féminine s’amenuiserait. Et si on suit l’évolution récente de la chute des naissances depuis 2014 et 2015 l’économie américaine aurait du entrer en récession en 2016 selon ces observations. Par quel mystère inexplicable – comme tous les mystères – la récession pourtant prévisible n’a pas eu lieu. Les astro-physiciens ou les botanistes détiennent peut-être la réponse.

Vu sur le site zerohedge

Nouvelles du Japon : des opportunités d’investissement

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C’est l’institut international de management et de développement (IMD, Lausanne, Suisse et Singapour) qui l’affirme : il est opportun d’investir au Japon. Le Professeur Dominique Turpin fait l’analyse suivante parue dans le bulletin mensuel de l’IMD et dont voici une traduction par mes soins. Illustration Tokyo, Shinjuku et le Mont Fuji en arrière plan. Source IMD ( https://www.imd.org/publications/articles/time-to-invest-in-japan )

Plusieurs facteurs convergent pour créer un environnement économique au pays du Soleil Levant

La confiance en l’économie s’est récemment accrue parmi les compagnies japonaises ainsi que chez les consommateurs. Le plus récent ‘Tankan », en d’autres termes la dernière enquête auprès des entreprises réalisée par la Banque du Japon en décembre 2017, a révélé un niveau de confiance des corporations japonaises le plus élevé depuis août 1991. Selon l’enquête annuelle, réalisée pour les services du Premier Ministre au cours de l’années 2017, 73,8 % des Japonais étaient globalement satisfaits de leurs standard de vie quotidienne, le plus fort pourcentage depuis que cette enquête a été mise en place il y a plus de 50 ans. Merrill Lynch indique en outre que le produit intérieur brut réel du Japon a augmenté de 1,8 % en 2017 et qu’il est prévu d’augmenter de 1,7 % en 2018. C’est une hausse modeste si on la compare à celle d’autres pays de la région, cependant ce sera avec 2018 inclus la plus longue période d’amélioration économique depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Cinq raisons clé pour l’optimisme et la confiance.

1. Durant les 18 derniers mois le Japon a vécu sa plus longue période de croissance depuis 1945. Même si on ne peut pas prédire l’avenir en examinant le passé la bonne humeur générale favorise une spirale d’optimisme mesuré auprès des entrepreneurs confirmée par les récentes enquêtes mentionnées ci-dessus.

2. Les compagnies japonaises disposent toutes d’importantes réserves de trésorerie et ont été encouragées par le gouvernement à relever les salaires et à investir afin d’assurer l’augmentation de leurs capacités de production et d’améliorer leur productivité. Etant donné la faiblesse criante de main-d’oeuvre domestique une augmentation des salaires est prévisible durant le printemps prochain, ce qui encouragera les consommateurs japonais à augmenter leurs dépenses et ce qui permettra d’atteindre une inflation de 2 % par an, l’objectif du gouvernement. L’administration Abe a annoncé que si les grandes corporations augmentent les salaires de 3 % et investissent jusqu’à 90 % de leurs coûts de dépréciation ils pourront bénéficier d’une déduction de 20 % des taxes générées par l’augmentation des salaires.

3. L’année dernière l’environnement économique global a été très favorable aux compagnies japonaises. Les autres économies asiatiques sont attendues pour faire aussi bien en 2018 et l’environnement économique chinois s’améliore. la probabilité d’une récession chinoise majeure s’évanouit dans la mesure où les analystes économiques japonais prévoient un ralentissement progressif de leur puissant voisin plutôt qu’un atterrissage brutal..

4. Le Premier Ministre Abe ne sera pas confronté à de nouvelles élections générales avant 2021 et il est pressenti pour être le Premier Ministre le plus longtemps en exercice depuis l’année 1945 favorisant ainsi une stabilité politique favorable pour le pays. Confronté à une opposition affaiblie, Abe dispose de toute la liberté pour continuer ses réformes politiques et économiques. Depuis qu’il a accédé au pouvoir en décembre 2012, le yen s’est replié de 20 % par rapport aux autres principales devises. Dans le même temps l’indice Nikkei a doublé, deux facteurs qui ont grandement amélioré la compétitivité des entreprises japonaises.

5. Finalement, le secteur de la construction, en particulier dans l’hôtellerie et les infrastructures va continuer en 2018 en prévision des Jeux Olympiques de Tokyo en 2020.

Les grands défis futurs pour le Japon en trois points.

1. La grande majorité des problèmes internes au Japon réside dans le vieillissement de la population, un taux de natalité faible et des ressources humaines qui s’effondrent. Ces trois paramètres constituent un casse-tête pour la compétitivité du Japon sur le long terme. Dans le même temps certains économistes avec des chefs d’entreprise considèrent qu’il s’agit de vastes opportunités tant pour les entreprises nippones qu’étrangères dans les domaines de la santé et de la robotique, pour ne donner que deux exemples.

2. La définition d’un nouveau modèle industriel et le développement d’une approche globale autant par l’exécutif que les grands groupes industriels seront déterminants pour que l’économie japonaise devienne effectivement compétitive à l’échelle globale. Avec une croissance limitée du marché domestique les firmes japonaises n’ont pas d’autre choix que d’accroitre leur compétitivité sur les marchés étrangers. Jusqu’à récemment les entreprises nippones étaient globalement très compétitives dans des secteurs manufacturiers clé comme l’automobile, l’électronique ou encore les machines-outil. Cependant ces secteurs industriels sont en cours d’évolution, par de nouveaux acteurs comme par exemple Tesla, ou diminuent en croissance comme l’électronique grand-public. Et si l’on s’intéresse à des secteurs comme l’hôtellerie, l’assurance ou les logiciels peu d’entreprises industrielles japonaises sont réellement globalisées.

3. Dans le domaine de la politique étrangère la menace nord-coréenne reste une préoccupation majeure. Kim Jong-Un a récemment déclaré qu’il était prêt à « faire plonger le Japon au fond de la mer », ce qui reste un sujet de préoccupation majeure pour le public japonais. Dans le même temps cette menace nord-coréenne encourage l’agenda de Abe consistant à revisiter la constitution japonaise et à renforcer le secteur militaire du pays.

Un temps pour investir

Etant donné cet environnement japonais, le temps est venu pour les étrangers d’investir au Japon. À court terme le marché boursier devrait continuer à performer. le Nikkei vient d’atteindre son plus-haut depuis 26 ans et les analystes prévoient encore une progression. À l’ouverture après le Nouvel an le Nikkei affichait 23952 points (21720 le vendredi 16 février 2018). Après une longue période d’hésitations de nombreuses corporations approchent des réformes structurelles. Par exemple Sony entreprend une restructuration majeure en s’orientant résolument vers la détection et l’analyse d’images et les plateformes de jeux. Les prévisions de profit opérationnel de la société atteignent une augmentation de 25 % sur un an ce qui sera supérieur au record de 1998.

Sur les moyen et long termes, le Japon offre de formidables opportunités pour les entreprises étrangères. Le vieillissement de la population peut ouvrir des marchés considérables pour les sociétés spécialisées dans la santé et l’assistance à la personne et c’est le cas aussi pour la robotique. Le domaine offrant les plus belles opportunités est incontestablement le développement de logiciels. Si on prend le cas de l’industrie automobile le modèle de fabrication « à l’ancienne » d’une voiture repose sur l’acier et l’ingénierie et fit la fortune de compagnies comme Toyota. Cependant avec l’avènement de la voiture autonome le véhicule automobile deviendra de plus en plus dépendant d’une multitude de logiciels et cette industrie n’est pas la spécialité du Japon. Malgré une tentative de répliquer les modèles de Google, Amazon et Apple, peu d’entreprises japonaises ont réussi à prendre des parts de marché au niveau local comme au niveau international à ces trois géants américains.

Pour conclure l’évolution digitale redistribue les cartes parmi les acteurs internationaux et peut donner un nouvel élan à la troisième économie mondiale. Dans le même temps les firmes nippones se réinventent pour combler les fossés de compétitivité dont elles souffrent. Et tous ces éléments se conjuguent pour offrir les plus importantes opportunités d’investissement étranger en Japon depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

 

La dette de l’Etat par citoyen, c’est réjouissant : un vrai cadeau de fin d’année !

 

Vous voulez savoir combien l’Etat va vous prendre d’argent pour rembourser ses créanciers, c’est très simple ! Hormis le Japon qui a emprunté à ses propres citoyens le plus souvent à leur insu en ponctionnant dans les fonds de retraite par exemple, en d’autres termes ce pays ne doit d’argent à personne (voir note), ce serait d’ailleurs plutôt l’inverse, les autres pays de l’OCDE sont lourdement endettés. Par exemple un ménage français avec quatre enfants (c’est le cas de ma fille) devrait se voir démuni de 6 x 49652 $ = 297912 $ pour renflouer les caisses percées de l’Etat. En Italie c’est pire, le même ménage avec 4 enfants devrait débourser 369234 $ alors qu’en Estonie ce serait seulement 22566 $ …

Inutile d’être préoccupé l’Etat, dans quelque pays que vous soyez, fera tout pour vous prendre cet argent : première étape supprimer le cash pour contrôler ce que vous faites avec votre argent, deuxième étape saisir votre compte en banque, vos porte-feuilles boursiers (si vous en avez) et vos assurances-vie, troisième étape, si vous n’êtes toujours pas solvable de votre dette citoyenne, saisie du terrain sur lequel vous avez bâti votre maison, terrain qui deviendra alors propriété de l’Etat et à qui vous devrez verser un loyer fixé arbitrairement. Et si à votre mort cette dette n’est pas remboursée ce seront vos enfants et petits-enfants qui paieront. C’est ça le socialisme financiarisé ! Et encore une fois ne vous en prenez qu’à vous-même, inutile de pleurer car c’est vous qui avez élu les politiciens qui vous gouvernent et ont pris votre destinée sous leur protection !

Bonne fin d’année, dormez tranquilles en attendant des jours meilleurs qui n’arriveront jamais …

Source et illustration OCDE : http://dx.doi.org/10.1787/888933531516

Note : la Banque du Japon (BoJ) a fusionné avec le Trésor japonais en d’autres termes la dette du pays, détenue par les Japonais eux-mêmes à plus de 95 % , est virtuellement effacée par un simple artifice comptable.

Nouvelles du Japon : premier salaire des jeunes diplômés

Au Japon un étudiant fraîchement diplômé de l’Université gagne au mieux 25000 dollars par an pour un premier job soit 213000 yens par mois avant impôts et avec un bonus de fin d’année le salaire moyen annuel atteindra environ 2,9 millions de yens (22300 euros). C’est peu pour un jeune diplômé américain mais tout de même satisfaisant pour un Français, environ 1860 euros par mois avant impôts. Les salaires moyens au Japon n’ont pas évolué depuis 10 ans, ce qui n’est pas très favorable pour relancer la consommation intérieure ni provoquer une petite inflation tant souhaitée par le Premier Ministre Shinzo Abe.

Il faut ajouter que pour les salariés des grandes firmes industrielles et commerciales japonaises celles-ci prennent en charge les frais de transport, consentent à payer des indemnités aux salariés ayant des enfants et mettent à la disposition de leurs employés des restaurants d’entreprise à des prix très abordables. Ces avantages ajoutent chaque mois environ 110000 yens (840 euros) au salaire officiellement déclaré. Beaucoup de jeunes diplômés européens seraient parfaitement satisfaits avec de tels salaires, s’ils trouvaient du travail … Il est opportun de rappeler ici que le taux de chômage au Japon est de 3,1 % et que se déclarent chômeurs ceux qui ont choisi de ne pas travailler car l’industrie et le secteur du bâtiment manquent cruellement de main-d’oeuvre

Source : Bloomberg