Hygiène domestique (suite)

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Un des lecteurs de mon blog a opportunément mentionné la propreté toute relative des boutons, manettes ou poignées des chasse-d’eau. Je voudrais à ce propos relater l’expérience que j’ai vécu ces derniers jours chez mes amis qui louent une maison avec trois mille mètres-carrés d’anciens jardins en terrasse qu’ils ont finalement, après neuf mois, défriché et préparé pour y introduire de nouvelles cultures. Selon les dires d’une voisine, ces terrasses étaient à l’abandon depuis plus de 50 ans, c’est dire quel travail mes amis ont fourni pour leur rendre leur vocation d’origine. Mon ami Pablo, néerlandais d’origine, envisage de cultiver des fruits de la passion et des aloès … j’attends de voir les résultats mais je reste optimiste.

Cette maison est située dans un espace rural protégé, elle se trouve au bout d’un chemin très pentu et n’est pas raccordée au système d’égouts du hameau situé en surplomb. D’ailleurs un tel raccordement est inenvisageable car la pente de ce chemin atteint environ 20 %. Les eaux usées, conformément à la législation sur les espaces protégés, sont traitées à travers un système complexe de fosses septiques et d’un cheminement en trois étapes des eaux provenant de ces fosses, la dernière étant un séjour à la lumière dans un bassin ouvert où les algues peuvent proliférer pour parfaire le travail des bactéries anaérobies des fosses. Dans les toilettes, le papier hygiénique est autorisé à condition de le placer après l’avoir utilisé dans une petite « poubelle » réservée à cet effet. Je ne voudrais pas entrer dans une description scatologique mais on ne vas pas nécessairement se laver les mains après avoir nettoyé son postérieur pour ensuite appuyer sur le bouton de la chasse-d’eau. Ce bouton est donc, par voie de conséquence, proprement (si l’on peut dire) pollué par les utilisateurs successifs des toilettes. Fort heureusement les toilettes se trouvent dans la salle de bain comme dans la plupart des logements en Espagne et il est ensuite fortement conseillé de se laver les mains et ce serait indiqué de se laver les mains avant d’appuyer sur le bouton de la chasse-d’eau.

Devant cette situation plutôt pénible j’ai pensé aux sièges de toilette de la maison de mon fils à Tokyo et je ne voudrais pas que mes lecteurs m’accusent d’être un agent de la firme japonaise Toto mais de tels sièges de toilette seraient parfaitement appropriés dans une maison comme celle qu’occupent mes amis au milieu de nulle part dans l’île de Tenerife.

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Il s’agit du « washlet »® totalement électronique qui lave le postérieur après avoir opéré et ceci sans aucune intervention manuelle. C’est l’un des produits phares de cette firme mais qui semble encore inconnu en Espagne et également en France. Afin de ne pas toucher le couvercle du siège celui-ci s’ouvre automatiquement quand on pénètre dans les toilettes qui se trouvent dans un local séparé de la salle de bain aux Japon. Un filet d’eau va humidifier le bassin en céramique avant d’opérer puis un embout rétractable automatiquement projette ensuite de l’eau tiède puis de l’air chaud pour le séchage. Un autre filet d’eau va nettoyer à nouveau le bassin d’éventuelles projections d’excréments et le processus se termine automatiquement sans aucune intervention manuelle. Détail important la lunette sur laquelle on pose son postérieur est maintenue à une température d’environ 40 degrés pour éliminer toute sensation de froid … Un dernier détail pour les curieux, je n’utilise pas le système de lavage automatique des toilettes de mon fils à Tokyo car je ne sais pas comment m’en servir, la télécommande murale étant entièrement écrite en japonais !

Source et illustrations : Toto (fr.toto.com/washlets/toto_washlets_cf.php)

Hygiène domestique : un problème très relatif

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Durant mon enfance l’hygiène des mains passait parfois au second plan alors que c’est peut-être le premier geste que l’on enseigne à un enfant. On se mettait copieusement les doigts dans le nez après avoir caressé une vache dans l’étable, voire un cochon dans la porcherie de la ferme voisine. Autant que je me souvienne, les étés interminables et brûlants sans une goutte de pluie (Dans les années 50 le climat était plus froid qu’aujourd’hui, à ce qu’il paraît) nous obligeaient mes soeurs et moi-même à n’utiliser que très parcimonieusement l’eau précieuse qui avait une fâcheuse tendance à se raréfier dans le puits situé à l’intérieur de la maison natale. Autant dire que se laver les mains et le reste du corps n’était pas notre préoccupation première. L’hygiène corporelle est devenue au fil du temps un véritable phénomène de société qui enrichit les fabricants de savons, de détergents parfois nocifs, de shampoings sophistiqués et autres produits classés dans la rubrique des cosmétiques sans oublier de mentionner toutes ces crêmes magiques pour combattre le vieillissement de la peau – surtout la peau du visage – mais qui n’ont strictement aucun effet physiologique et ne sont exposées à la vue des clients des pharmacies mais aussi des supermarchés que uniquement pour le plus grand profit des cosméticiens.

Mais revenons à l’hygiène basique que nous impose le matraquage médiatique incessant. Il y a quelques semaines un article très scientifique émanant de microbiologistes de l’Université allemande de Furtwangen a alerté le monde entier sur la dangerosité des éponges de cuisine (illustration) qui sont polluées – plus de 60 % d’entre elles – par des microorganismes pathogènes particulièrement dangereux. Pour bien paniquer les téléspectateurs gogos et les lecteurs de la presse féminine il était important de mentionner quelques-unes de ces redoutables bactéries : Acinetobacter johnsonii, Moraxella osloensis, Chryseobacterium hominis ou encore Acinetobacter ursingii, ça sonne bien ! En réalité ce sont des bactéries potentiellement pathogènes pour les immuno-déprimés malades du SIDA ou traités par thérapie contre un rejet de greffe. Pas de quoi fouetter un chat, ces personnes savent qu’elles doivent faire attention … L’article est en consultation libre pour la bonne cause, doi : 10.1038/s41598-017-06055-9

Un autre truc particulièrement « sale » est le torchon de cuisine avec lequel on essuie les assiettes et les couverts – à croire que personne ne sait faire la vaisselle correctement – surtout quand on s’essuie ensuite les mains avec ce même torchon. Un autre étude alarmiste a montré que dans plus de 25 % des cas ces torchons étaient contaminés avec des colibacilles et qu’il fallait les laver tous les deux jours. Dans le palmarès des nids de germes pathogènes de la maison il y a aussi la literie riche en sueur humaine, en particules de peau et bien d’autres petits résidus que je ne nommerai pas qui favorisent la croissance des champignons et des bactéries. Les règles d’hygiène moderne préconisent de laver les draps une fois par semaine. Pour ma part je les lave deux fois par mois, je suis donc doublement exposé à toutes sortes d’attaques de microorganismes plus ou moins méchants. Cependant j’utilise un programme de lavage de 30 minutes avec une températures de 30 °C. Est-ce suffisant pour tuer tous ces « microbes » y compris avec un détergent ultra-puissant ? Permettez-moi d’en douter. Ma grand-mère et ma mère faisaient bouillir la literie avec du « savon de Marseille », ça c’était la grande époque des draps « plus propres que propres », mais c’est un lointain souvenir !

À la salle de bains il y a un autre nid carrément répugnant de bactéries et autres champignons, le vulgaire verre à dent qu’on utilise pour se rincer la bouche et dans lequel on entrepose ensuite avec négligence la brosse à dent, elle-même carrément sale à moins de l’avoir nettoyée avec de l’eau de Javel ce que je fais aussi régulièrement, un peu obsédé par ce produit magique qui tue 99,8 % de tous les germes sans exception y compris les virus.

Restent dans cette énumération presque macabre les poignées de porte et les barres horizontales pour pousser les caddies dans les supermarchés, de vraies sources d’infections redoutables. Ah bon, et les barres et poignées des autobus et des rames de métro, les sièges des avions et la liste peut occuper une page entière si l’on devient subitement obsédé par la propreté et l’hygiène ? Tout est relatif et il est tout aussi bénéfique de laisser l’organisme construire ses propres défenses plutôt que de faire la chasse systématique aux bactéries avec lesquelles nous vivons tous en relative harmonie depuis notre venue au monde.

Inspiré d’un article paru sur Business Insider

Pourquoi ne pas interdire totalement le triclosan ?

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Au cours de la vie nos glandes salivaires produiront 40 m3 ( de salive qui est utile pour la digestion, pour neutraliser l’acidité de la bouche et combattre les bactéries qui provoquent une mauvaise haleine et si on prend un minimum de soins de ses dents en les brossant au moins deux fois par jour nous utiliserons quelque chose comme 100 litres de pâte dentifrice durant notre vie, soit 4 minutes environ ou encore 24 heures à se brosser les dents chaque année ! La muqueuse buccale est plus de 4000 fois plus perméable que la peau aux drogues et même en n’avalant pas le dentifrice les produits chimiques et autres additifs qui s’y trouvent se retrouvent presque instantanément dans le circulation sanguine.

Compte tenu de cet état des lieux, si on peut dire les choses ainsi, il est préférable de s’inquiéter de la composition du dentifrice. Or ce produit est classé parmi les cosmétiques – bizarre, oui j’ai bien dit bizarre – et le fabricant, en général une grande multinationale, n’est pas tenu de communiquer une description détaillée de ses produits aux autorités de régulation de la sécurité sanitaire.

J’ai lu avec attention la composition du dentifrice que j’utilise (fabricant : GlaxoSmithKline) et il contient du bromure de domifen, un antiseptique léger, et du fluorophosphate de sodium parmi les matières actives. Pour le reste, plutôt du classique dont de l’oxyde de titane et toutes sortes de produits dont entre autres de la saccharine ( je ne comprends pas trop pourquoi ! ) et un ou deux détergents.

J’ai été étonné de ne pas y trouver de triclosan, un bactériostatique présent dans la grande majorité des dentifrices et dans plus de 2000 produits courants dans une maison. Le triclosan est une molécule organo-chlorée qui peut prendre une configuration spatiale telle qu’elle ressemble alors aux hormones thyroïdiennes T3 et T4 et là c’est carrément alarmant. Le triclosan est un bactériostatique qui, présent dans le dentifrice, est supposé contrôler l’apparition de la fameuse plaque dentaire, un film de bactéries propice à l’apparition de caries dentaires. Il suffit de se brosser les dents le matin pour prendre sa dose de triclosan …

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Le triclosan se retrouve aussi dans les détergents pour vaisselle, dans les poudres et liquides pour machines à laver, de nombreux produits cosmétiques dont les crèmes à raser et les crèmes de beauté pour le visage, les shampooings et les gels pour les cheveux, les déodorants, les savons liquides pour se laver les mains mais aussi dans les sacs à ordures ménagères, et encore dans les vêtements neufs et la formulation de nombreux pesticides … Il n’y a pourtant aucune évidence scientifique qui permette d’affirmer que le triclosan améliore la qualité sanitaire ou prévienne l’apparition de maladies comme les caries dentaires ou l’acné. Pour embellir le tableau, le triclosan, difficilement biodégradable finit par se retrouver dans les nappes aquifères. Pour compliquer encore ce tableau, l’ajout de chlore dans l’eau pour la rendre potable transforme, certes lentement, le triclosan en dioxine, tout pour plaire !

Pourquoi la FDA et son équivalent européen l’EFSA viennent de préconiser l’interdiction du triclosan dans le savon liquide pour les mains et les liquides pour vaisselle mais pas pour les dentifrices ? Mystère. Toujours est-il que de nombreuses études indiquent que nous sommes presque tous littéralement imprégnés de triclosan depuis notre tendre enfance puisque ce produit traverse la barrière placentaire et se retrouve aussi dans le lait maternel. il se retrouve également dans la viande, de boeuf, de porc ou de poulet, bref, nous vivons avec mais au détriment de notre santé et de notre équilibre hormonal.

Sources. doi : 10.1289/EHP1788 et adapté d’un article paru sur le site lewrockwell.com. Illustrations : molécule de triclosan et molécule de thyroxine T4 (Cl = chlore, I = iode).

Faut-il se laver tous les jours ?

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C’est en observant son cheval se roulant dans la poussière les 4 fers en l’air puis projetant de la terre sur son ventre (photo, crédit AOBiome) que le Docteur David Whitlock commença à réfléchir au sujet de l’utilité de se savonner tous les jours sous la douche. Le cheval se plie à ce rite quotidien pour répartir sur tout son corps la flore bactérienne du sol avec laquelle il cohabite. Whitlock, chimiste de son état, collecta cette flore bactérienne qui neutralise les microorganismes dangereux et se nourrit également de substances toxiques dont en particulier l’ammoniaque qui contribue largement à la mauvaise odeur de la sueur. Ce chimiste hors normes a cultivé une partie de ces bactéries du sol et les a conditionnées, vivantes, en un spray qu’il utilise pour équilibrer sa propre flore bactérienne cutanée.

Il ne se lave plus depuis douze ans, tout au plus se rince-t-il avec de l’eau une fois par jour et pourtant il ne dégage aucune odeur désagréable ou nauséabonde. Au tout début de son expérience il ne croyait pas lui-même en la validité de son hypothèse mais fort de son succès il a créé une petite entreprise appelée AOBiome qui commercialise ce spray corporel appelé MotherDirt, littéralement la « mère de la saleté » (https://www.aobiome.com/about). Whitlock utilise ses sprays de bactéries quand il se lave les mains ou se rince le corps et/ou les cheveux pour reconstituer la balance naturelle de sa flore bactérienne.

Certaines bactéries du sol sont capables d’oxyder l’ammoniaque en oxydes nitriques et de dégrader des acides substitués comme les propionates et les butyrates responsables de la mauvaise odeur corporelle. En les réintroduisant sur la peau après une douche (sans agent détergent) pour équilibrer à nouveau la population bactérienne cutanée les odeurs inconvenantes de transpiration disparaissent et Whitlock en a donc fait l’expérience avec succès depuis 12 ans. De plus, les oxydes nitriques issus de l’oxydation de l’ammoniaque jouent un rôle physiologique bénéfique dans les situations de stress et Whitlock a constaté qu’il est toujours de bonne humeur depuis qu’il ne se « lave » plus.

L’homme moderne se lave trop et il déséquilibre sa peau mais également sa chevelure avec des détergents le plus souvent agressifs auxquels ne résistent pas ces bactéries capables d’oxyder l’ammoniaque. Se laver trop souvent favorise ainsi l’apparition d’infections cutanées et d’allergies, selon Whitlock. Enfin les odeurs corporelles font les choux gras des cosméticiens en vendant des déodorants … Est-il vraiment nécessaire de se laver en se savonnant abondamment tous les jours ? Je laisse à chacun le soin de répondre pour lui-même à cette question.

Source : Motherboard (motherboard.vice.com), illustrations AOBiome

À relire aussi : https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/06/04/pour-les-japonais-trouvent-que-les-occidentaux-sentent-mauvais/

Pourquoi les Japonais trouvent que les Occidentaux sentent mauvais

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Quand je séjourne à Tokyo pour voir mes petits-enfants je ne m’arrête pas de fumer – à l’extérieur seulement – alors qu’il est interdit de fumer à l’intérieur de la maison. Ma petite-fille a fait remarquer à son père que je ne sentais pas bon, elle n’a pas osé lui dire que je sentais carrément mauvais. J’ai mis cette remarque sur le compte de l’odeur de tabac dont je suis imprégné et puis j’ai oublié les remarques de ma petite-fille.

Il y a quelques jours je suis tombé par hasard sur un article paru sur le site UNZ Review (unz.com) et intitulé « Pourquoi les Japonais pensent que les Occidentaux sentent mauvais » (sic) et je me suis souvenu des remarques de ma petite-fille qui est pourtant métis et non pas une « pure » Japonaise.

Elle a tout simplement et très probablement récupéré de sa mère le SNP rs17822931 situé sur le gène ABCC11 responsable de l’humidité relative du cérumen (en anglais earwax). J’ai laissé un billet sur ce blog au sujet de la dangerosité de se récurer le fond de l’oreille (voir le lien) mais le gène ABCC11 situé sur le chromosome 16 n’est pas seulement responsable de la consistance des excrétions auriculaires et également de la production du sébum, cette substance graisseuse qui est responsable en grande partie avec également la sueur de l’odeur corporelle, en termes scientifiques l’osmidrose axillaire. La protéine codée par le gène ABCC11 est un transporteur de diverses substances chimiques à l’extérieur des cellules et est donc actif, entre autres, au niveau des glandes sudoripares apocrines. Le SNPs présent chez les Coréens et les Japonais ainsi qu’en Chine fait que les sécrétions des glandes sudoripares apocrines sont pratiquement inodores car elles ne produisent plus d’acides méthyl-hexenoïque et hydroxy-méthyl-hexanoïque responsables en grande partie de l’odeur corporelle en raison d’un défut de fonctionnement de ce transporteur. Le SNP dont il est fait mention est récessif, en d’autres termes il faut être porteur des deux allèles pour bénéficier d’une odeur corporelle neutre ou inexistante. Il faudra attendre la puberté de ma petite-fille pour vérifier si elle est homozygote pour le gène ABCC11 modifié ou si elle a récupéré le gène ancestral non muté de son père qui est dominant. son odeur corporelle sera alors similaire à celle des Occidentaux …

Source et illustration : unz.com

https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/02/28/se-recurer-les-oreilles-une-pratique-inutile-et-dangereuse/

Savons au triclosan : oubliez, c’est totalement inefficace et de surcroit dangereux !

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En avril 2014 j’appuyais sur la sonnette d’alarme au sujet du triclosan (voir le lien) et une nouvelle étude vient non pas de confirmer les effets cancérigènes du triclosan qui ont été démontrés chez les souris et qu’il était un perturbateur endocrinien mais de montrer que le triclosan n’a aucun effet bénéfique sur l’hygiène. Un savon sans triclosan est tout aussi efficace qu’un savon en contenant. Pour que cet antiseptique agisse pleinement il faudrait laisser ses mains au moins neuf heures dans un lavabo avec du savon auquel a été ajouté ce triclosan pour être vraiment certain que les mains ont été parfaitement nettoyées. Encore une fois cette affaire c’est du gros business – 1,5 milliard de dollars par an – et ce qui est le plus inimaginable est que tout le monde y croit. Johnson & Johnson, Unilever ou encore Procter & Gamble se moquent complètement que ce produit perturbe les récepteurs des hormones stéroïdes alors qu’il est totalement inefficace en termes d’antiseptique. On se trouve donc encore une fois confronté à de la fausse science mais cette fois-çi elle n’est pas véhiculée par des magazines de caniveau mais par d’importantes multinationales de la chimie. Longue vie à ces compagnies mais aussi longue vie à la bêtise humaine qui n’a d’équivalent que l’immensité de l’univers.

Source : The Guardian

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/04/26/il-faut-interdire-le-triclosan/

Les punaises de lit de retour, c’est confirmé.

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Quand Paul Hermann Müller de la firme Geigy inventa le DDT en 1939, le premier insecticide connu, l’une de ses premières applications fut de se débarrasser des punaises de lit (Cimex lectularius). Après la deuxième guerre mondiale, l’usage du DDT éradiqua cet animal puant suceur de sang, vicieux, insidieux, tapi dans l’ombre attendant patiemment qu’on s’endorme pour nous dévorer. Quand le DDT fut interdit pour des raisons pas très claires sinon qu’il existait de nouveaux insecticides beaucoup plus coûteux la punaise ne réapparut pas tout de suite. Cette histoire de DDT fut une entourloupe, une de plus, des grandes firmes de la chimie qui fit que ce produit fut interdit dans le monde entier sous prétexte que cette molécule s’accumulait dans toutes sortes de biotopes y compris notre graisse. Bref, revenir à ce pseudo-scandale qui favorisa aussi le décès de dizaines de millions de personnes en raison de la malaria, fit que progressivement la punaise de lit refit une apparition triomphante il y a quelques années et pas n’importe où, y compris dans les chambres à 1500 dollars la nuit des grands hôtels de luxe de New-York mais également dans les maisons plus modestes et même les cabines des avions long-courriers !

La punaise de lit, malgré son côté répugnant, a fasciné des auteurs comme Henry Miller, un écrivain qui fréquentait, avant la guerre, donc avant l’invention du DDT, des chambres d’hôtels borgnes, était un admirateur de cet insecte. Il écrivit à son propos dans Tropique du Capricorne (1939) l’émerveillement dans l’attitude que prend cette bestiole qui « demeure en attente infiniment derrière le papier peint », attitude qui rappelle « la transe du yogi, la catalepsie de l’individu pathologique ». Et il n’y a pas qu’Henry Miller pour s’extasier devant le comportement des punaises : Bessie Smith a créé une chanson presque à sa gloire, « Mean Old Bedbug Blues » en 1927 ( https://www.youtube.com/watch?v=maITxVmRI-A ).

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Si l’homme s’est « approprié » la punaise, cela remonte tout simplement à l’époque où il vivait dans des grottes infestées de chauve-souris elles-mêmes infestées de punaises et cet espèce de commensal l’a toujours suivi puisqu’on en a retrouvé dans des sarcophages égyptiens, l’Apôtre Jean leur parle et elles lui obéissent et enfin, le Talmud dans son traité de l’impureté des femmes menstruées précise que l’impureté de ces dernières est levée s’il est démontré que le sang maculant le lit provient de la piqûre de punaises ! Bref, entre le XIIIe siècle où apparaît la punaise en France venant d’on ne sait trop où (peut-être ramenée par des Croisés retardataires) elle a fini par envahir le monde entier puis être quasiment éradiquée au cours des années 60 par l’usage intensif du DDT. Toutes ces informations parfois amusantes proviennent d’un ouvrage écrit par Brooke Borel et intitulé « Infested » qui met l’accent sur le simple fait que ce qu’on tente d’éradiquer finit par revenir un jour quelquefois avec plus d’agressivité, en quelque sorte une vengeance, un retour à la normale. On a tenté de trouver un moyen de les piéger ( https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/12/31/les-punaises-de-lit-vont-avoir-la-vie-dure-on-a-trouve-comment-les-attirer-dans-un-piege/ ) mais aux dernières nouvelles la plus grande menace est que ces « nouvelles super-punaises » sont résistantes aux insecticides les plus communément utilisés dans une maison comme les pyréthroïdes et les nicotinoïdes et on se demande encore bien comment elles ont pu arriver à s’accommoder de ces produits. Par exemple elles possèdent un exosquelette plus épais que leurs cousines des « champs » et sont donc plus résistantes aux insecticides. Leur métabolisme est plus actif, ce qui leur permet de mieux éliminer les insecticides et enfin elles ont des pattes plus longues, ce qui leur permet de s’échapper plus rapidement si elles sont dérangées.

Selon une étude réalisée au département d’entomologie de l’Université du Kentucky (voir le lien en accès libre) la résistance aux insecticides de la punaise de lit fait intervenir 14 gènes différents dont celui d’épaissir son exosquelette et qui agissent en synergie rendant cet ennemie intime de l’homme particulièrement difficile à éradiquer. Fort heureusement la punaise de lit n’est pas connue pour transmettre des parasites, virus ou autres bactéries … on est rassuré !

http://www.nature.com/srep/2013/130314/srep01456/pdf/srep01456.pdf

Les punaises de lit vont avoir la vie dure, on a trouvé comment les attirer dans un piège.

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Peut-être l’ignore-t-on en Europe mais l’Amérique toute entière est envahie de punaises de lit, ces charmants suceurs de sang nocturnes qui, je l’avoue, laissèrent un mauvais de mon enfance dans ma mémoire jusqu’à l’apparition du DDT dont l’usage permit d’éradiquer ce fléau, au moins en Europe. Aux USA et au Canada, même les grands hôtels de luxe sont envahis par ce parasite, mais aussi les sièges des trains et des métros ou des salles de cinéma et des millions d’appartements. C’est un véritable cauchemar dont il est presque impossible de venir à bout y compris en employant les grands moyens comme l’enfumage complet d’une maison car les œufs résistent aux pires agents toxiques comme l’acide cyanhydrique. La résurgence des punaises de lit ( Cimex lectularius , photo Wikipedia) est aussi expliquée par leur résistance aux insecticides et la dissémination depuis des réservoirs animaux comme les élevages de poulets mais rien n’est vraiment prouvé.

Depuis une dizaine d’années Gerhard Gries et son épouse Regine s’intéressent de très près à ce parasite désagréable et potentiellement transmetteur de maladies à l’Université Simon Fraser située sur les hauteurs dominant la ville de Vancouver. Leur idée, qui n’est pas nouvelle, a été d’identifier les phéromones qui attirent les punaises entre elles et de constituer des pièges pour les exterminer sans utiliser de pesticides qui de toutes les façons sont de moins en moins efficaces. Ce ne fut pas un travail de tout repos. D’abord il a fallu élever ces sales bêtes au laboratoire et comme elles ne se nourrissent que de sang d’origine humaine, Regine s’est pliée au supplice bihebdomadaire de se faire sucer son propre sang. Fort heureusement et contrairement à son époux et tous les étudiants du laboratoire elle n’a jamais manifesté de réactions inflammatoires ou allergiques ! Il restait à identifier les composés chimiques volatils attirant ces mini-vampires repoussants et là encore les moyens d’investigation modernes ont facilité l’identification des produits. On retrouve parmi ces molécules du sulfure de diméthyle (dimethyl sulfide), du diméthyl trisulfide, deux composés volatils participant à l’odeur caractéristique du chou-fleur en cours de cuisson, par exemple. Mais ces deux produits ne suffisaient pas à eux seuls pour attirer les punaises. Deux aldéhydes, le 2-hexenal et le 2-octenal et une cétone, la 2-hexanone, ont aussi été identifiés. Ces produits étaient déjà connus pour attirer les insectes dans certaines circonstances mais il fallait ce cocktail et seulement celui-là pour attirer les juvéniles et les adultes dans un piège qu’ils aient ou non été satisfaits ou non par un bon repas de sang auparavant.

Restait cependant un dernier élément chimique qui provoque chez les punaises l’arrêt du besoin impérieux de trouver de la nourriture. La surprise fut de trouver, après ce travail de recherche ayant consisté à trouver cinq aiguilles dans une énorme botte de foin car ces molécules sont détectées par les insectes à des concentrations infimes de l’ordre d’une partie par milliard, une molécule d’origine humaine, l’histamine. Et ce fut effectivement une surprise car l’histamine est un important neurotransmetteur et un régulateur de la réponse immunitaire. Curieusement l’histamine semble indiquer aux punaises qu’elles ont trouvé le bon endroit pour se reposer, se nourrir, s’accoupler et pondre leurs œufs. Seul le cocktail complet de ces six composés chimiques a permis d’élaborer un piège efficace et imparable qui va permettre dans un premier temps d’être utilisé pour détecter la présence de punaises dans une chambre à coucher. Il existe bien des chiens renifleurs de punaises mais ils ne sont pas toujours efficaces ! Le développement de pièges mortels sera à n’en pas douter très rapide car Regine Gries, après 180000 piqûres de punaises, ne compte pas en rester là et a déjà établi une collaboration avec la société Contech Enterprises pour la fabrication et la commercialisation des pièges ( http://at.sfu.ca/yzFVpJ ).

Source : SFU University Communications

L’Inde préfigure l’ère post-antibiotiques

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En 2013 58000 nouveaux-nés sont morts dans les hôpitaux indiens d’infections intraitables par tous les antibiotiques connus y compris les molécules de « dernier ressort » comme les carbapenems. On ne peut qu’à moitié se rassurer quand on sait que près de 800000 nouveaux-nés meurent pour diverses raisons dans ce pays. Mais ces morts par infections bactériennes contrecarrent les efforts constants pour diminuer ce nombre de décès de la part du corps médical indien qui n’est pas et de loin le moins expérimenté dans le monde. Ce phénomène est nouveau, il n’existait pas il y a encore 5 ans et près de la totalité des enfants nouveaux-nés en consultation car gravement malades sont porteurs de germes bactériens multi-résistants. Ces bactéries sont le plus souvent transmises par la mère qui méconnait les risques auxquels elle expose son enfant mais aussi l’eau souvent dangereusement polluée, les animaux variés et les poussières provenant des allées des bidon-villes qui sont construits à même les flancs des décharges innommables d’ordures ménagères et industrielles. En Inde, à la périphérie des grandes villes « occidentalisées » des millions de gens vivent en exploitant les ordures et en y vivant à proximité. Autant dire qu’il n’est pas difficile de comprendre que des germes hautement pathogènes apparaissent dans des environnements où l’eau potable, les toilettes et l’hygiène basique, personne ne sait ce que c’est ! Les adultes sont plus ou moins immunisés ce qui n’est pas du tout le cas des nouveaux-nés qui passent à la trappe à peine venus au monde.

L’autre aspect de la situation qu’on peut qualifier de pathétique en Inde est le penchant inconsidéré des médecins à prescrire des antibiotiques pour tout et n’importe quoi, y compris pour une diarrhée qui le plus souvent (dans plus de 70 % des cas) est d’origine virale. Cette situation alarmante est aggravée par la disponibilité de toutes sortes de remèdes dans n’importe quelle boutique au coin de la rue y compris des antibiotiques qui viennent de sortir ! En effet l’Inde n’a jamais ratifié les accords internationaux relatifs à la protection industrielle et la production d’antibiotiques est un business répandu au point qu’on trouve n’importe quelle molécule active partout, sans contrôle et surtout sans que l’on soit obligé d’être muni d’une prescription pour acquérir l’antibiotique censé traiter un symptôme qui justement ne nécessite pas d’antibiotique.Cette situation assez paradoxale pour un immense pays globalement en voie de développement en dehors des grands centres industriels et commerciaux comme Mumbai, New-Delhi ou Bangalore fait que l’usage d’antibiotiques est totalement hors de contrôle. Les infections bactériennes sont devenues un phénomène rampant et les docteurs, s’il y en a, ont baissé les bras et prescrivent des antibiotiques les yeux fermés. Un exemple parmi d’autres illustre parfaitement cet état de fait alarmant. Près de 70 % des adultes consultant pour une diarrhée persistante se voient prescrire des antibiotiques et pour ce même symptôme plus de la moitié des enfants repartent avec une ordonnance comportant un antibiotique alors que les médecins ne sont pas sans ignorer que plus des trois quarts des diarrhées sont d’origine virale :

( http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(04)15599-2/fulltext ) !

Parler de l’Inde semble anecdotique mais la situation est tout aussi alarmante dans les pays dits « développés » avec de surcroit l’utilisation quasiment quotidienne d’antibiotiques variés dans les élevages de porcs, de bovins, de poulets et même de poissons. L’élevage constitue un réservoir de bactéries résistantes à tous les antibiotiques connus et celles-ci sont parfaitement transmissibles à l’homme. Cette situation ne fait qu’empirer quand on sait que la consommation d’antibiotiques est en constante augmentation aussi bien dans les pays d’Europe qu’aux USA ou encore dans les « BRICS » avec des taux d’augmentation de cette consommation de l’ordre de 3,5 % par an ! Vraiment de quoi s’alarmer car il n’existe plus aucune arme efficace pour combattre le fléau des infections bactériennes. En quelque sorte on a tout simplement régressé de cent ans et les mouvements colportant des idées totalement fausses au sujet de la vaccination qui serait parait-il dangereuse ne font que contribuer insidieusement à cette situation terrifiante. La désaffection de facto pour la vaccination contre la tuberculose a tout simplement favorisé l’apparition de souches du bacille de Koch résistantes à tous les antibiotiques connus et aucun pays n’est à l’abri d’une recrudescence de cette maladie en dehors de ceux où le BCG est obligatoire pour des raisons faciles à comprendre de santé publique, sans parler d’autres affections comme la blennorragie – 100 millions de nouveaux cas par an dans le monde – alors qu’on ne sait plus traiter cette maladie hautement transmissible, la bactérie responsable ayant acquis la résistance à tous les antibiotiques connus. On est entré dans un scénario apocalyptique et ce n’est que le triste début …

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Source : The Times, illustration : décharge d’ordure Dharavi à Mumbai (Getty Images) et Bacille de Koch (CDC)

Où le bisphénol A fait reparler de lui, en bien pire !

 

Quand on sait (ou ne sait pas) que le bisphénol A (BPA) est l’un des composés chimiques les plus abondants dans de nombreuses applications on peut se poser de réelles question sur son innocuité. Le BPA en chiffres : 7 millions de tonnes produites en 2013 pour un chiffre d’affaire global de 14 milliards de dollars et une croissance annuelle d’environ 4,5 %. Ce marché considérable se partage entre Bayer, Dow, SABIC et Mitsui et quelques autres firmes chinoises et indiennes. En très bref les applications du BPA vont des polycarbonates, résines époxydes, retardateurs de feu, polyacrylates, donc essentiellement l’industrie des plastiques dont les films et emballages alimentaires, peintures et vernis mais aussi le papier thermosensible. On comprend dès lors qu’il est impossible de trouver une personne exempte de BPA dans son sang ou ses urines à moins d’aller dans un village reculé de la forêt de Papouasie-Nouvelle Guinée à condition qu’aucun ustensile en plastique ne soit utilisé dans ce village !

C’est sur l’application du BPA dans l’élaboration des papiers thermosensibles qu’une équipe de biologistes se répartissant entre l’Université du Missouri à Columbia et l’Université et l’INRA de Toulouse en France s’est penchée pour suivre le devenir du BPA dans l’organisme, une première mondiale dont les résultats sont tout simplement alarmants. Les résultats sont en effet assez effrayants surtout quand on sait que le BPA est reconnu comme étant un puissant perturbateur endocrinien. Les régulateurs ont tout simplement « oublié » la possibilité d’un passage direct dans le sang du BPA par contact avec la peau.

Madame, quand vous scrutez la note que vous tend la caissière de votre supermarché préféré, il ne fait plus aucun doute que le simple fait de tenir ce bout de papier entre vos mains vous contamine et d’autant plus si vous vous êtes lavé les mains avec un de ces détergents qu’on trouve de partout dans les toilettes ou tout simplement si vous avez les mains moites. Le BPA a tendance à mieux imprégner les mains si celles-ci sont propres ou humides ! Et si en sortant du magasin pour aller retrouver votre voiture vous ne pouvez pas résister à ouvrir un paquet de chips alors là vous aggravez votre cas, en quelque sorte vous inondez votre corps par deux voies, la peau et votre tube digestif en transférant le BPA de vos doigts sur les chips sans parler des traces de BPA provenant du sachet papier plastifié à l’intérieur contenant les dites chips.

C’est exactement ce qui se passe dans n’importe quel débit de malbouffe pudiquement appelé fast-food. Vous commandez votre truc préféré immangeable, hamburger ou chicken nuggets selon votre préférence, on vous donne votre ticket de caisse et vous payez. En attendant votre boite en carton contenant votre malbouffe préférée vous allez vous laver les mains, tous les fast-foods sont équipés de toilettes, vous revenez et tendez votre ticket que vous avez soigneusement gardé pour récupérer vos frites et des trucs que je ne nommerai pas et là vous vous contaminez soigneusement :

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Avec une crème solaire qui contient des anti-inflammatoires pour bien faire croire qu’elle est efficace contre les UV, c’est presque pire puisque la dite crème contient également des adjuvants accélérant la pénétration trans-dermique de ces produits et si vous allez à la buvette du coin au bord de la plage acheter un sandwich et une boisson gazeuse, vous avez aussi tripoté un ticket de caisse couvert de BPA et c’est tant pis, en moins d’une minute ce produit inonde votre organisme sans que le foie ait compris quoi que ce soit à des concentrations similaires à celles des hormones stéroïdes comme l’estradiol ou la testostérone ! Près de la moitié des papiers thermosensibles contient maintenant du BPS (voir le lien ci-dessous) autorisé par la loi parce que ce n’est plus du BPA mais du 4,4′-sulfonyldiphénol tout aussi bon perturbateur endocrinien que son cousin le BPA. Les industriels de la chimie continuent donc à nous empoisonner et perturber notre système endocrinien allègrement, 14 milliards de dollars c’est loin d’être négligeable et tant pis pour la santé de l’ensemble de l’humanité. Seulement aux Etats-Unis on estime que les dommages sur la santé dus au BPA (et au BPS) représentent un coût de 1,5 milliard de dollars par an. Pour conclure ce billet alarmiste voici une énumération non exhaustive des effets de ces produits qui interfèrent avec les récepteurs de l’estradiol et dans une moindre mesure de la testostérone. Chez les femmes : kystes ovariens, fertilité féminine diminuée, fausse-couche, accouchement avant terme, cancer du sein. Chez les hommes : diminution de la libido, qualité du sperme diminuée, diminution du taux d’hormones sexuelles. Et tant chez les femmes que chez les hommes : taux d’hormones thyroïdiennes altéré, obésité, perturbation des fonctions du foie, du système immunitaire et des fonctions rénales, inflammations, déficits neuro-comportementaux comme l’agressivité, l’hyperactivité et l’inattention, en particulier chez les enfants. C’est particulièrement alarmant pour toutes les caissières et caissiers de supermarché, ils sont de plus en plus mal embouchés, mais c’est vrai, il sont tous de mauvaise humeur et à la lecture de l’article cité en référence on le comprend !

Mais ce n’est pas tout, le papier recyclé de plus en plus utilisé pour plaire cette fois aux écologistes contient des quantités massives de BPA et on se contamine allègrement en lisant un livre ou un journal imprimé avec du papier écolo-compatible car le traitement des papiers usagés libère le BPA sous forme de monomère des papiers plastifiées à usage d’emballage alimentaire, terrible tableau ! Les chimistes sus-nommés s’en moquent, les instances de régulation ne leur ont jamais demandé d’étudier la pénétration trans-dermique ni du BPA ni du BPS, le protocole étant un gavage de souris avec des aliments contenant ces produits imposé par ces mêmes instances régulatrices que ce soit aux USA, au Japon ou en Europe, le BPA se trouvant instantanément transformé dans le foie pour être rapidement éliminé dans les urines sous une forme conjuguée qui n’est plus que très faiblement perturbatrice. Evidemment ce n’est pas de la faute des chimistes ni d’ailleurs des régulateurs. Ce qui suscite l’intérêt dans cette étude est un article paru dans Forbes (voir aussi le lien) qui critique amèrement ces travaux. Il est évident que Forbes ne cache pas ses penchants pour les grandes entreprises et les grandes fortunes et on peut dire que le commentaire d’un certain Geoffray Kabat est tout à fait dans la philosophie de ce site totalement dédié à la puissance de l’argent quelle que soit la manière dont il provient … On vit dans un monde surréaliste où une connivence très suspecte s’est installée entre les industriels et les politiciens. Les politiciens en charge de la régulation des produits mis sur le marché sont certainement soudoyés par les lobbys industriels, cela ne fait aucun doute, car l’enjeu financier est considérable et les dits industriels n’ont plus aucun scrupule comme par exemple remplacer le BPA par le BPS, tout simplement une mascarade, mais une mascarade légale. C’est tout simplement révoltant et écoeurant !

Source PlosOne en libre accès : DOI: 10.1371/journal.pone.0110509

http://www.forbes.com/sites/geoffreykabat/2014/10/24/the-alternative-universe-in-which-bpa-is-a-major-health-threat/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2012/10/06/nouvelles-du-bisphenol-a-a-en-fremir-dhorreur/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/01/23/la-chimie-industrielle-est-vraiment-pourrie/

et aussi ce récent billet sur ce blog :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/10/21/obesite-estradiol-cerveau-et-acide-palmitique-un-curieux-melange/