Transition énergétique (écologique) à la française : un fiasco annoncé !

Le ministricule d’Etat Hulot doit se sentir très mal dans ses snikers depuis la publication du rapport prévisionnel de RTE (réseau de transport d’Électricité de France) sur l’avenir à moyen terme de la production d’éléctricité sur le sol français qui précise, je cite : « l’atteinte de l’objectif des 50 % de nucléaire dans la production d’électricité en 2025 conduit systématiquement à une augmentation des émissions de CO2 du système électrique français« . Les ingénieurs de RTE ont les pieds sur terre et leur mission est d’assurer un transport sécurisé de l’électricité sur tout le territoire de France et également d’assurer les exportations d’énergie électrique, un des rares secteurs industriels français qui rapporte des devises au pays.

La montée en puissance annoncée et souhaitée par les écologistes des énergies renouvelables afin de pouvoir diminuer la part du nucléaire dans la production électrique – source d’électricité qui ne produit pas de CO2, faut-il le rappeler – nécessite la mise en place de centrales électriques brûlant du gaz naturel, donc produisant du CO2, pour pallier aux instabilités incontournables de ces énergies renouvelables, éolien et solaire. Hulot ne connait donc visiblement pas son dossier et il n’agit qu’en écologiste politisé : la France est le pays développé le « plus propre » du monde en terme de production électrique après la Finlande. Mais non, Hulot feint d’ignorer cet état de fait puisqu’il veut remplacer les centrales nucléaires dites « vieillissantes » par des moulins à vent. J’ai écrit « vieillissantes » car tous les réacteurs du type 900 MWe ont été ou seront certifiés par l’ASN pour fonctionner encore 10, 20 voire trente années supplémentaires et plus encore. La plupart des équipements essentiels pour le bon fonctionnement de ces usines ont été changés ou en voie de l’être comme en particulier les générateurs de vapeurs ainsi que les dispositifs de sécurité et les systèmes de pilotage qui ont été améliorés ces dernières années à la suite de l’accident de Fukushima-Daiichi.

Pour preuve qu’Hulot ne connaît pas son dossier, voici ce qu’il a déclaré à la suite du Conseil des Ministres de ce mardi 7 novembre 2017 (illustration, source Agence Française de Propagande), je cite : « Si l’on veut maintenir la date de 2025 pour ramener dans le mix énergétique le nucléaire à 50 %, ça se fera au détriment de nos objectifs climatiques. Et ça se fera au détriment de la fermeture des centrales à charbon et probablement que si l’on voulait s’acharner sur cette date, il faudrait rouvrir d’autres centrales thermiques« . À la suite de cette déclaration de Hulot, Greenpeace a déclaré, je cite toujours l’AFP : « Nicolas Hulot, ne vous trompez pas de combat ! Ce n’est pas en reculant sur le nucléaire que la lutte contre les dérèglements climatiques s’accélèrera. La France doit enclencher sa transition énergétique en propulsant le développement des énergies renouvelables. Or ces dernières ne peuvent se développer qui si la part du nucléaire est réduite dans le mix électrique français« . L’argumentation de Greenpeace ne tient pas la route non plus : cette organisation semble aussi ignorer que l’énergie nucléaire ne produit pas de CO2 et la peur viscérale de Greenpeace pour l’uranium est remise au goût du jour dans une perspective totalement fallacieuse.

Il suffit de constater dans quel bourbier carboné l’Allemagne s’enfonce avec sa décision d’abandonner le nucléaire. Ce pays est le troisième émetteur de CO2 après les USA et la Chine dans le monde malgré les dizaines de milliers d’éoliennes qui recouvrent le nord du pays. Pas de quoi pavoiser ! Un récent rapport du cabinet McKinsey souligne le fiasco de la transition énergétique en Allemagne. Le réseau électrique est instable, la réduction des émissions de CO2 est infime voire nulle, le prix du MWh (308 euros) y est de 103 euros supérieur à la moyenne européenne et il inclut la subvention aux énergies renouvelables de 69 euros par MWh. Ce sont essentiellement les consommateurs particuliers qui paient pour mener à bien cette transition vers la catastrophe. Le gouvernement allemand, sous la pression des « Verts », avait été pourtant averti par la Cour des Comptes allemande dès 2014 qui considérait que la transition énergétique était onéreuse, désorganisée et incohérente. Mais non, vérité en deçà du Rhin, erreur au delà doit se dire Hulot. Un immense fiasco à venir que tous les consommateurs français paieront au prix fort avec une mise à genoux de l’ensemble de l’économie. Merci messieurs les écolos !

Sources : AFP et SFEN, illustrations AFP et SFEN

Pot-au-noir, dark-doldrum … dunkeflaute électrique en Allemagne !

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Dans le petit village de Taïohae au fond de la majestueuse rade en eaux profondes de Nuku Hiva (illustration Wikipedia, à droite le seul petit hôtel du village), je me souviens avoir rencontré un chirurgien opthalmologiste de Boston qui naviguait une année sur trois pour payer moins d’impôts. Il me fit un récit sinistre de la traversée du « pot-au-noir », c’est-à-dire de cette zone correspondant à l’Equateur météorologique où il n’y a pas de vent, seulement des gros nuages d’orage. Nuku Hiva (Iles Marquises) se trouve à la limite sud de ce pot-au-noir tant redouté des navigateurs qui changent d’hémisphère comme cet Américain qui avait traversé le canal de Panama et avait ensuite fait escale à Puerto Vallarta pour faire le plein d’eau et de nourriture avant de se lancer dans la traversé de la moitié de l’immense Océan Pacifique pour atteindre les Marquises. La première « terre » à l’ouest est justement Nuku Hiva après plus de 4500 miles de navigation. En anglais pot-au-noir se traduit approximativement par dark-doldrum et en allemand dunkeflaute. Il existe peut-être des mots propres aux navigateurs mais le mot allemand « dunkeflaute » signifie marasme barométrique en termes météorologiques.

Et l’ensemble de l’économie allemande redoute un dunkeflaute durable l’hiver prochain bien que ce pays ne se trouve en aucun cas près de l’Equateur. Et pourquoi ? Parce que l’Allemagne est le champion du monde de l’énergie éolienne installée par tête d’habitant. Et dans une situation de marasme barométrique comme par exemple un anticyclone persistant sur l’Europe centrale le ciel est couvert et plombé et il n’y a pas un souffle d’air. De plus les températures peuvent devenir très rudement basses. Toutes ces conditions ont été presque réunies à deux reprises durant l’hiver 2016-2017 et l’Allemagne a frôlé le back-out électrique. Seules les sources d’électricité conventionnelles telles que le nucléaire, le charbon et le gaz ont pu éviter in extremis cet incident qui se serait propagé à toute l’Europe car tous les pays sont inter-connectés. D’ailleurs la solidarité trans-nationale a joué également son rôle car aucun pays n’a intérêt pour son économie à se trouver plongé dans le noir absolu.

Un black-out ne se « répare » pas en quelques heures. Le réseau électrique étant devenu défaillant toutes les usines de production sont automatiquement déconnectées, en particulier les centrales nucléaires dont la puissance est automatiquement amoindrie avec la chute de toutes les barres de contrôle du flux neutronique, et il faut plusieurs heures voire plusieurs jours pour rétablir ce réseau étape par étape, un processus, certes, très automatisé, mais qui requiert une intervention humaine délicate dans tous les centres de dispatching importants.

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Malgré le foisonnement des moulins à vent et des panneaux solaires en Allemagne mais également dans d’autres pays d’Europe, la nouvelle marotte des écologistes qui prétendent qu’il y a toujours un peu de vent quelque part, il n’existe aucun moyen fiable de lisser, pour employer un terme de professionnel, les énergies renouvelables dans l’état actuel des technologies, ni en Allemagne ni dans aucun autre pays européen y compris le Danemark, champion dans le genre moulins à vent, qui doit faire face à une obligation quasi quotidienne de vendre à perte l’électricité d’origine éolienne et d’en acheter au prix fort quand le vent « tombe » comme chaque soir précisément aux heures de pointe de consommation, c’est tout de même de la malchance … Du coup, le prix du kWh est devenu délirant tant au Danemark qu’en Allemagne. Avec l’obligation de Madame Merkel de probablement gouverner avec les Verts dans le cadre d’une prochaine coalition gouvernementale, la situation risque de s’aggraver car il n’y a aucune possibilité d’amélioration du problème du lissage. En effet, comme en France et en Suisse il n’existe pratiquement plus de sites susceptibles d’être aménagés pour créer des retenues d’eau, seule approche de stockage fiable et économique de l’électricité par pompage puis turbinage. D’ailleurs inutile de l’envisager les Verts s’opposeraient catégoriquement à tout nouveau projet de barrage hydroélectrique.

L’agence fédérale de réseau allemande, compte tenu de l’imminence d’un incident durant l’hiver dernier, a donc mis en place des contrats avec les pays voisins dont la France à hauteur de 10,4 GW alors que la capacité nominale d’énergies renouvelables installées en Allemagne est de 90 GW ! Est-ce que cette « réserve » suffira, nul ne le sait. Selon une étude de VGB PowerTech (lien en fin de billet) il faudrait que l’Allemagne dispose d’une capacité de stockage de 21 TWh pour assurer son approvisionnement en cas de conditions anticycloniques persistant plus de 10 jours. Or l’Allemagne ne dispose que d’une capacité de stockage (pompage-turbinage) de 0,05 TWh (vous avez bien lu) et la plus grande retenue située en Thuringe d’une puissance de 1060 MW ne peut fournir en cas d’urgence de l’électricité que pendant 8 heures. Pour être totalement à l’abri d’un black-out il faudrait que l’Allemagne dispose de 2300 stations de pompage-turbinage avec retenues d’eau associées équivalentes à celle de Thuringe, cela relève de la plus pure utopie !

Autant dire qu’il est facile de comprendre devant une telle situation que l’abandon de l’énergie nucléaire exigée par les écologistes et la multiplication des moulins à vent ne feront qu’aggraver la situation mais aussi et surtout cette situation révèle au grand jour l’ineptie totale des énergies renouvelables qui ne sont pas économiquement viables.

Les estimations de Greenpeace pour pallier à ce problème de risque bien réel de black-out sont tout aussi délirantes. Il faudrait, selon cette organisation, disposer de 67 GW de centrales électriques à gaz et de 42 GW d’électrolyseurs pour stocker l’électricité sous forme d’hydrogène, une vraie usine à gaz monstrueuse totalement irréalisable de 114 GW pour lisser les heures de pointe sans vent ni soleil, ces besoins de lissage atteignant 84 GW. L’Allemagne n’est pas sortie de ses difficultés électriques et elle ne feront que s’aggraver dans le futur avec l’abandon total du nucléaire (ce que les Suisses ont aussi décidé, comme quoi la bêtise ne connait pas de frontières) et un refroidissement général du climat, synonyme de conditions anticycloniques hivernales durables comme par exemple en février 1956 : trois semaines sans vent et sans soleil et une température avoisinant les moins 25 degrés de nuit comme de jour, qui s’en souvient ? Il est illusoire d’imaginer un instant que l’exemple de l’Allemagne soit pris en compte par le frétillant ministre français de l’énergie solidaire et éolienne, énergie qui parfois n’est plus du tout renouvelable et se moque de la solidarité …

Source et illustration : sfen.org

https://www.vgb.org/studie_windenergie_deutschland_europa_teil1.html

L’écologie « à la française » de Hulot et Macron : une catastrophe environnementale, économique et sociale programmée !

L’écologie « à la française » de Hulot et Macron : une catastrophe environnementale, économique et sociale programmée !

Ce sont pas moins de 45 personnalités scientifiques du monde entier qui, outrées par la décision du gouvernement français de fermer tous les réacteurs nucléaires de la série 900 MW d’ici 2025, ont envoyé une lettre ouverte au Président de la République française. Il s’agit ci-après de la traduction par mes soins de ce document et en appendice la liste des signataires. Source : World Nuclear News ( http://www.world-nuclear-news.org/V-Environmentalists-appeal-to-Macron-for-nuclear-0406171.html )

Cher Président Macron,

Nous écrivons en tant qu’environnementalistes, conservationnistes et scientifiques du climat pour d’abord vous féliciter de votre élection à la présidence française et pour applaudir votre impulsion pour établir une taxe carbone. Personne n’a fait autant que la France dans la promotion d’une énergie propre sur le réseau (électrique). Dans ce contexte nous vous écrivons aussi pour exprimer notre surprise au sujet de votre décision de réduire la part de l’énergie nucléaire en France.

Peu de pays ont fait autant que la France pour démontrer les bénéfices humanitaires et environnementaux en créant une société disposant d’une énergie électrique abondante. Non seulement la France a accueilli la conférence des Nations-Unies sur le climat mais elle est aussi le pays au monde avec le moins d’émissions de carbone.

Toute réduction de la production électro-nucléaire en France accroitra fatalement la consommation d’énergie fossile et la pollution étant donnés les faibles performances et le caractère intermittent des énergies solaire et éolienne. L’Allemagne est un cas d’école. Ses émissions (de carbone) n’ont pas changé depuis 2009 et ont en réalité augmenté en 2015 et 2016 en raison de la fermeture de réacteurs nucléaires. En dépit du fait que l’Allemagne a installé 4 % de plus de panneaux solaires et 11 % de plus d’éoliennes ces deux années passées, la production d’énergie à partir de ces deux sources a diminué de 3 % et 2 % respectivement car il y a eu peu de vent et peu de soleil durant ces deux années 2015 et 2016.

Alors que la France produit une énergie électrique la plus propre et la moins coûteuse d’Europe, l’Allemagne produit une énergie électrique la plus onéreuse et la plus sale (du continent). L’Allemagne a dépensé en 2016 24 milliards d’euros au dessus du prix du marché de l’électricité uniquement pour l’achat des kW « renouvelables » alors que ses émissions (de carbone) ont stagné et l’Allemagne n’atteindra pas en 2020 ses objectifs de réduction d’émissions dans une large mesure. En dépit d’investissements considérables dans les énergies renouvelables seuls 46 % de l’électricité provient de sources propres alors que l’électricité produite en France provient à 93 % d’énergies propres.

Le solaire et l’éolien peuvent jouer un rôle important en France. Cependant, si la France s’engage à investir dans ces énergies avec une ampleur comparable à celle de l’Allemagne elles devront s’ajouter aux énergies propres existantes et non pas les remplacer de manière inconséquente (en anglais « inadvertently »). Ce type d’énergie « renouvelable » pourra contribuer à l’électrification du secteur des transports comme la France l’a déjà fait pour les trains et devrait continuer à le faire dans cette direction avec les véhicules personnels.

Passer du nucléaire aux combustibles fossiles affectera gravement l’économie de la France pour trois raisons : un prix de l’électricité plus élevé pour les consommateurs et l’industrie, la fin de l’exportation lucrative d’électricité (d’origine française vers d’autres pays européens) et enfin – et probablement le plus désastreux – la fin de l’industrie nucléaire française à l’export. Si l’infrastructure nucléaire (en anglais « fleet ») française est forcée à opérer avec une capacité amoindrie l’ensemble de cette activité elle fragilisera cette industrie en renchérissant les coûts de fonctionnement et en détruisant un part de ses revenus. Eventuellement cette situation conduira à une sécurité des installations moins fiable et à une raréfaction de la recherche, du développement et des capacités à l’exportation. Les pays qui cherchent à développer l’énergie nucléaire recherchent justement en France une technologie que le pays utilise et a approuvé.

Traditionnellement le programme nucléaire civil français était envié par de nombreux pays. Ce programme démontra au courant des années 1970 et 1980 que la décarbonisation du secteur industriel de production de l’électricité était en fait possible. Pour la France la prochaine étape nécessaire pour aider à combattre le changement du climat et améliorer la qualité de l’air est d’accroitre la production « propre » d’électricité à partir de toutes les sources non carbonées fossiles et de réduire massivement l’utilisation de ces énergies fossiles dans les secteurs du chauffage et du transport. L’énergie nucléaire doit jouer un rôle central dans cette évolution.

J’ai mis entre parenthèses ou entre guillemets quelques mots ajoutés volontairement pour la bonne compréhension du texte. Ce document se passe de commentaires mais j’en ferai tout de même un seul. L’organisme AirParif qui contrôle en temps réel la qualité de l’air que respirent les résidents de Paris et de sa région a détecté des pics de pollution riches en sulfates à plusieurs occasions. Il se trouve que cette pollution provient d’Allemagne, qu’elle est produite par les centrales électriques brûlant du charbon et que par régimes de vents d’est et est-nord-est elle arrive sur la France en se moquant des frontières.

Lettre datée du 4 juillet 2017, Signataires :

James Hansen, Climate Science, Awareness, and Solutions Program, Columbia University, Earth Institute, Columbia University  

Kerry Emanuel, Professor of Atmospheric Science, Massachusetts Institute of Technology  

Robert Coward, President, American Nuclear Society  

Andrew Klein, Immediate Past President, American Nuclear Society  

Steven Pinker, Harvard University, author of Better Angels of Our Nature  

Richard Rhodes, Pulitzer Prize recipient, author of Nuclear Renewal and The Making of the Atomic Bomb  

Robert Stone, filmmaker, ‘Pandora’s Promise’  

Pascale Braconnot, Climate Scientist, IPSL/LSCE, lead author for the IPCC Fourth Assessment Report and Fifth Assessment Report  

Francois-Marie Breon, Climate Researcher, IPSL/LSCE, lead author for the IPCC Fifth Assessment Report  

Ben Britton, Ph.D, Deputy Director of the Centre for Nuclear Engineering, Imperial College London  

Claude Jeandron, President, Save the Climate, French association  

James Orr, Climate Scientist, IPSL/LSCE  

Didier Paillard, Climate Scientist, IPSL/LSCE  

Didier Roche, Climate Scientist, IPSL/LSCE  

Myrto Tripathi, Climate Policy Director, Global Compact France  

John Asafu-Adjaye, PhD, Senior Fellow, Institute of Economic Affairs, Ghana, Associate Professor of Economics, The University of Queensland, Australia  

M J Bluck PhD, Director, Centre for Nuclear Engineering, Imperial College London  

Gwyneth Cravens, author of Power to Save the World  

Bruno Comby, President, Environmentalists for Nuclear Energy  

Wolfgang Denk, European Director, Energy for Humanity  

David Dudgeon, Chair of Ecology & Biodiversity, School of Biological Sciences, The University of Hong Kong, China  

Erle C. Ellis, Ph.D, Professor, Geography & Environmental Systems, University of Maryland  

Christopher Foreman, author of The Promise & Peril of Environmental Justice, School of Public Policy, University of Maryland  

Martin Freer, Professor, Head of Physics and Astronomy, University of Birmingham, Director of the Birmingham Energy Institute (BEI)  

Kirsty Gogan, Executive Director, Energy for Humanity  

Joshua S. Goldstein, Prof. Emeritus of International Relations, American University  

Malcolm Grimston, author of The Paralysis in Energy Decision Making, Honorary Research Fellow, Imperial College London  

Mel Guymon, Guymon Family Foundation  

Steven Hayward, Senior Resident Scholar, Institute of Governmental Studies, UC Berkeley  

John Laurie, Founder and Executive Director, Fission Liquide  

Joe Lassiter, Professor, Harvard Business School  

John Lavine, Professor and Medill Dean Emeritus, Northwestern University  

Martin Lewis, Department of Geography, Stanford University  

Mark Lynas, author, The God Species, Six Degrees  

Michelle Marvier, Professor, Environmental Studies and Sciences, Santa Clara University  

Alan Medsker, Coordinator, Environmental Progress – Illinois  

Elizabeth Muller, Founder and Executive Director, Berkeley Earth  

Richard Muller, Professor of Physics, UC Berkeley, Co-Founder, Berkeley Earth  

Rauli Partanen, Energy Writer, author of The World After Cheap Oil  

Peter H. Raven, President Emeritus, Missouri Botanical Garden. Winner of the National Medal of Science, 2001  

Paul Robbins, Director, Nelson Institute for Environmental Studies, University of Wisconsin-Madison  

Samir Saran, Vice President, Observer Research Foundation, Delhi, India  

Michael Shellenberger, President, Environmental Progress  

Jeff Terry, Professor of Physics, Illinois Institute of Technology  

Tim Yeo, Chair, New Nuclear Watch Europe; former Chair, Energy and Climate Change Parliamentary Select Committee 

Energie : en Allemagne c’est du grand n’importe quoi !

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Après le grand tremblement de terre du 11 mars 2011 qui fit 20000 morts et disparus au Japon et endommagea la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi entre autres installations industrielles, l’Allemagne prit la décision brutale de se passer de l’énergie nucléaire. L’idée était déjà dans l’air puisque le gouvernement fédéral avait pensé à mettre en place une accise (voir note) sur l’uranium avec la bonne intention d’utiliser plus tard les revenus de cette dernière pour financer les coûts de prolongation des permis d’exploitation et de démantèlement de ces centrales électriques. Après l’accident japonais le gouvernement fédéral précipita l’application de l’accise sur l’uranium qui consistait à taxer chaque gramme d’uranium de 145 euros, vous avez bien lu : chaque gramme … Cette taxe était supposée rapporter au gouvernement 2,3 milliards d’euros par an. Après l’accident de Fukushima 8 réacteurs allemands furent fermés et la part du nucléaire dans la production d’électricité est passée de 25 % avant 2011 à 12 % aujourd’hui.

Près de la moitié de l’énergie électrique produite en Allemagne provient des centrales à charbon et lignite. Quant aux centrales électriques brûlant du gaz naturel (15 % du total produit) elles servent essentiellement à pallier aux déficiences des moulins à vent installés à la hâte dans le nord du pays.

Les sociétés de production d’électricité opérateurs des centrales nucléaires – il n’en reste que 8 opérationnelles – sont EOn, EnBW et RWE. Lors de la mise en place de cette accise, ces compagnies ont déposé un recours auprès de la Cour de Justice de Hambourg qui répondit deux ans plus tard qu’elle n’était pas compétente pour statuer sur le caractère constitutionnel de cette taxe ni en regard de la loi allemande ni en regard des lois européennes.

Les trois compagnies déposèrent donc un dossier auprès de la Cour Européenne de Justice qui rendit son avis en juin 2015. Cette accise était conforme aux règlementations européennes en vigueur. Pourtant la loi européenne est supposée exempter de taxe les combustibles utilisés pour produire de l’électricité, que ce soient le charbon, le fuel lourd, le gaz naturel ou encore la bio-masse. L’uranium ne figure pas dans cette liste ! Les compagnies EOn, EnBW et RWE ont donc en dernier recours fait appel aux compétences de la Cour Constitutionnelle Fédérale à Karlsruhe qui vient de rendre son verdict : l’accise appliquée depuis 2011 à l’uranium est non conforme à la Constitution allemande et donc nulle.

Le Gouvernement fédéral allemand va devoir rembourser aux compagnies d’électricité des sommes substantielles. EOn va recevoir 2,8 milliards d’euros indûment payés plus 450 millions d’intérêts, et RWE et EnBW respectivement 1,7 et 1,44 milliard.

Ce qui ressort de cette affaire est clair, la politique énergétique allemande a atteint un degré de surréalisme inimaginable. Sous la pression des partis écologistes l’accise sur l’uranium a été mise en place sans que sa conformité constitutionnelle soit un instant étudiée. De plus, la fermeture prématurée de la moitié du parc nucléaire allemand a précipité une augmentation insoutenable du prix du kWh pour les particuliers qui a doublé en 5 ans alors qu’il était le moins cher d’Europe à la production avec le mix nucléaire-charbon. L’ensemble du marché européen de l’électricité a été déstabilisé et au final l’Allemagne, malgré des forêts de moulins à vent dans le nord du pays, n’a pas réduit d’un gramme ses émissions de CO2 produites par les centrales électriques. Malgré le tableau désastreux que présente la production d’électricité en Allemagne, en France le pitre Nicolas Hulot envisage de fermer autoritairement tous les réacteurs type 900 MW car ce sont les « plus vieux » donc, par pure idéologie les « plus dangereux ». Hulot est paraît-il le plus populaire des ministres du gouvernement actuel, c’est dire à quel point les Français sont aveugles et ne veulent surtout pas savoir ce qui les attend pour leur facture d’électricité. Il leur suffit pourtant de constater ce qui se passe en Allemagne, un vrai désastre !

Source : World Nuclear News, illustration centrale électrique au charbon de RWE.

Note 1 : l’accise est un impôt indirect calculé non pas sur la valeur d’un produit mais sur sa quantité. En France la taxe sur les alcools, calculée en degrés/hectolitre ou encore celle sur les produits pétroliers sont des accises. Il s’agit d’un des plus vieux impôts mis en place dans le monde car son calcul est simple et ne demande que peu de personnel pour le recouvrer.

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Note 2 : À propos d’énergies vertes la société allemande Uniper, opérateur des centrales électriques thermiques classiques d’EOn et filiale de cette dernière, a créé à Gardane (Bouches-du-Rhône, illustration ci-dessus) avec l’aide de fonds publics français, c’est-à-dire avec les impôts du contribuable, une centrale thermique brûlant du bois à raison de 850 000 tonnes par an pour remplacer le charbon. C’est bien connu : le bois c’est de l’énergie verte donc ça ne pollue pas ! Sauf que les habitants alentour se sont émus des retombées sanitaires d’un tel projet. De plus d’où proviendra ce bois ? Bonne question qui n’a jamais été abordée en détail. Certaines mauvaises langues racontent qu’une partie de ce combustible « vert » serait importé de Pologne et du Canada et l’autre des forêts françaises. Comme c’est beau l’écologie !

Buvons du lait !

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La grande crise de l’élevage laitier tient au fait que le lait est transformé en divers produits – plus ou moins dénaturés – par de grands groupes industriels sans scrupules qui, afin de réaliser le maximum de profits, exercent une pression constante sur le prix de la matière première de leur activité, c’est-à-dire le lait. Les éleveurs travaillent quasiment à perte. Ils ne réalisent que de maigres profits en revendant les veaux de quelques jours à d’autres éleveurs – on devrait dire des producteurs industriels de viande peu scrupuleux non plus – pour boucler difficilement leurs fins de mois. Des centaines d’exploitations agricoles spécialisées dans l’élevage laitier disparaissent chaque mois, en particulier en France et l’Etat ne fait rien pour juguler ce désastre. Bien au contraire ce même Etat subventionne à perte l’installation de parcs de moulins à vent sous prétexte qu’il faut réduire les émissions de carbone mais surtout parce qu’il existe un lobby puissant qui infléchit les décisions gouvernementales en direction des énergies vertes car il y a de l’argent à gagner, beaucoup d’argent, prélevé sur la facture d’électricité des utilisateurs finaux – surtout les particuliers – et donc « ça ne coûte rien », comme disait l’autre.

Cette situation devient non seulement alarmante mais caricaturale en particulier en Allemagne depuis que le gouvernement fédéral a décidé de mettre un léger coup de frein aux subventions pour les énergies vertes. Après un certain nombre d’initiatives d’associations de protection de l’environnement, comme ILKA (Initiative Landschaftsschutz Kempter Wald and Allgäu e.V.), il devient de plus en plus évident que tous ces moulins à vent installés sur le sol de l’Allemagne à des prix prohibitifs n’ont jamais réduit les émissions de CO2 comme cela était pourtant espéré. La seule conséquence concrète de cet engouement pour les énergies dites vertes a été un doublement du prix de l’électricité. Dans ce pays, si les producteurs de lait étaient subventionnés comme le sont les entreprises installant et opérant des moulins à vent, chaque fermier recevrait pour chaque litre de lait produit 11 euros et trente centimes ! Cette estimation est le résultat de la division de la totalité des subventions consenties pour le développement des énergies vertes par le nombre de litres de lait produits en Allemagne chaque année, ça laisse rêveur …

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Pas difficile d’imaginer dans ces conditions le prix du lait au détail, quelque part aux alentours de 40 euros, car le lait est un produit noble. Les Japonais, dans un tout autre ordre d’idée, sont très jaloux de « leur » riz et ils en paient le prix : trois fois ! Une fois en impôts redistribués par le gouvernement aux agriculteurs, une deuxième et une troisième fois dans le supermarché avec des taxes qui doublent le prix de production, de conditionnement et de transport. Et encore, le Japon fait très peu d’efforts pour installer des moulins à vent car les Japonais – et ils ont raison – sont également très jaloux de la beauté des paysages où chaque arbre et chaque rocher sont des dieux. Jamais un moulin à vent moderne, une horreur esthétique totalement inefficace (cf. l’Allemagne), ne deviendra une divinité dans la philosophie shintoïste.

Inspiré d’un billet du blog de Pierre Gosselin, illustration Hanami 2017 à Tokyo (http://www.rosenight.net/wp-content/uploads/2017/04/img_5010.jpg)

Le désastre annoncé de l’économie allemande

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Je suis de très près le blog de Pierre Gosselin (notrickszone.com) et je me suis permis d’écrire un billet inspiré de l’un de ses derniers articles, tous parfaitement documentés au sujet de la politique énergétique allemande. Depuis le grand tsunami du 11 mars 2011 qui dévasta le nord-est de l’île japonaise de Honshu le pouvoir politique allemand a pris la décision irréversible d’abandonner l’énergie nucléaire et de développer à outrance les énergies renouvelables tout en déplaçant des villages entiers afin d’extraire à ciel ouvert, donc à peu de frais, un charbon brun de mauvaise qualité brûlé dans des usines de production d’électricité disséminées sur tout le territoire allemand. De ce fait l’Allemagne est devenu le pays le plus pollueur d’Europe. Cette décision d’abandonner l’uranium a été prise sous la pression constante des partis écologistes apparemment allergiques à ce métal auquel ont été préférées à grands frais les énergies vertes dites renouvelables. Les dispositions législatives ont encadré (comme d’ailleurs en France et d’autres pays européens) les tarifs du kWh d’origine « verte » c’est-à-dire provenant de l’éolien et du photovoltaïque essentiellement. Les grandes compagnies d’électricité E.on et RWE ont été priées de bien vouloir acheter au prix fort ces kWh « verts » et les revendre au prix du marché.

C’est comme si la Chancelière Merkel obligeait la firme Mercedes à vendre 5 000 euros des véhicules dont la fabrication a coûté 30 000 de ces mêmes euros sortis d’usine ! En conséquence les deux compagnies d’électricité les plus importantes d’Allemagne ont vu leurs finances se dégrader année après année à tel point qu’aujourd’hui leur endettement est alarmant alors que ces compagnies étaient florissantes il y a à peine dix ans. Les pertes d’E.on sur l’année 2016 s’élèvent à 12,4 milliards d’euros, donnée non définitive, et elles avaient déjà atteint 7 milliards en 2015. Quant aux pertes de RWE elles atteignent la « modeste » somme de 5,7 milliards. Des milliers d’employés de ces deux compagnies se sont retrouvées au chômage pour limiter ces pertes et pendant ce temps le prix du kWh ne cesse d’augmenter au compteur des particuliers – il a doublé en 5 ans sans qu’il y ait eu une inflation notable – car il faut absolument préserver la santé de l’industrie allemande qui bénéficie toujours de tarifs préférentiels. Les voitures Mercedes sont fabriquées par des robots et les pièces sont produites (quand elles le sont en Allemagne) avec des machines-outils sans aucune intervention humaine mais tout cet équipement consomme de l’électricité, beaucoup d’électricité …

À dire vrai l’économie allemande subventionnée de manière indirecte par tous les habitants qui commencent à souffrir de coupures d’électricité – un comble ! – ne pourra que s’effondrer brutalement dans un proche avenir. Devant une telle situation le Ministre Peter Altmaier, ancien Ministre de l’Environnement et actuellement Ministre des Affaires Spéciales, très proche de la Chancelière, a déclaré il y a quelques jours que la politique énergétique allemande devait absolument être revue sinon abandonnée car c’est un désastre industriel, financier et écologique puisque l’Allemagne, depuis 2011, n’a pas réduit d’un gramme sa production de CO2 (dixit le Ministre lors d’une interview au journal Die Welt) … ajoutant que la politique de protection du climat telle qu’elle a été engagée par l’Allemagne est totalement contre-productive. Il faut enfin ajouter que les coûts la gestion des combustibles usés des centrales nucléaires et le démantèlement de ces dernières fera partie de la feuille d’impôt de tous les Allemands. Bienvenue dans un monde dénucléarisé meilleur !

Retour du goldmark ? Peut-être bien !

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J’ai découvert en parcourant la chronique Agora du jeudi 2 mars 2017 un fait que même l’auteur du billet – Yannick Colleu – n’avait pas relevé. Je le remercie ici de m’avoir procuré une inspiration pour mon blog. Monsieur Colleu est allé faire un tour à la World Money Fair de Berlin et il a mentionné diverses données issues du World Gold Council (voir le lien en fin de billet).

En 2015 et 2016 le solde net des achats-ventes d’or sous forme de pièces par les épargnants français a été respectivement de -0,52 et -3,87 tonnes (3,87 tonnes ou approximativement 144 millions d’euros). En Allemagne ces soldes ont été respectivement de +116 tonnes et +105 tonnes (105 tonnes soit environ 4 milliards d’euros). Monsieur Colleu a oublié de commenter cette situation dans le contexte économique actuel.

Il faut constater que les vendeurs d’or sous forme de pièces héritées d’une vielle tante par exemple ont des difficultés financières et ils se séparent de leurs « bijoux de famille », les napoléons et les souverains en font partie. Ce sont souvent des personnes qui ne mènent pas un grand train de vie et ont précieusement conservé ces pièces dans du papier de soie « au cas où » ! Ceci signifie que la classe moyenne française souffre beaucoup en particulier de l’acharnement fiscal qu’elle subit depuis près de 20 ans et qui s’est aggravé sous le règne du capitaine de pédalo.

Le deuxième point est l’énorme différence de comportement entre les Français et les Allemands et on ne peut qu’en conclure que ces derniers se préparent à l’évidence pour l’arrivée du « goldmark » en achetant toutes les pièces d’or en circulation en Europe et dans le monde. C’est du moins mon interprétation mais je ne suis pas un spécialiste en la matière. Ceci signifie également, et c’est très inquiétant, la fin de l’euro dans un avenir proche dans la mesure où l’Allemagne a aussi accéléré le rapatriement de son stock d’or qui se trouve toujours dispersé entre New-York, Londres et Paris. Autant dire que cet avenir de l’Europe paraît bien sombre avec la montée des mouvements politiques populistes tant aux Pays-Bas qu’en Italie, France ou Espagne qui prônent une sortie de la zone euro. L’incidence d’une éventuelle création du goldmark adossé sur l’or aura alors des répercussions planétaires sur l’ensemble des monnaies et une gigantesque augmentation du cours de l’or réduisant par voie de conséquence la valeur des monnaies papier à néant.

Source : https://cdn.publications-agora.com/elements/lca/newsletter/html/170302_LCA.html , illustration « napoléon » de 20 francs