La reconnaissance du visage, un résultat de l’évolution

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Nous sommes des bipèdes de la famille des primates et les chimpanzés sont nos plus proches cousins dans cette famille animale quoiqu’en pensent les créationistes. Au cours de l’évolution l’homme a donc appris à marcher sur ses deux pieds et la position verticale a entraîné des modifications inattendues de l’ensemble de l’anatomie et du comportement. Tous les animaux vivant en groupes, comme les chimpanzés et les hommes, ont élaboré des mécanismes de reconnaissance de leurs congénères afin d’assurer la stabilité et la sécurité du groupe. Chez l’homme la reconnaissance du visage et du corps fait appel à des activités cérébrales très précises. Le visage d’une personne constitue une sorte de carte d’identité pour le cerveau et notre mémoire dispose d’un répertoire qui nous permet d’identifier nos congénères et nos proches. En comparaison du visage du chimpanzé, celui de l’homme est plus expressif, mieux « rempli » de tissus mous, plus coloré et il reflète très précisément l’état de l’humeur de la personne. Il existe un test simple d’inversion de l’image d’un visage qui reste identifiable car les mécanismes de reconnaissance situés dans le cerveau maintiennent cette reconnaissance. Chez le chimpanzé, ce test est également positif.

Le changement de posture, c’est-à-dire la démarche verticale, a également entrainé une perte de la reconnaissance d’autres parties du corps. Cette posture met chez la femme la poitrine en évidence. Il s’agit du second mécanisme de reconnaissance après le visage, la femme étant le seul primate à posséder une poitrine gonflée en dehors des périodes de lactation contrairement aux femelles chimpanzés.

La posture verticale a eu également pour conséquence de dissimuler l’aire ano-génitale chez la femme alors qu’elle reste en évidence chez la femelle chimpanzé. Et elle est d’autant plus évidente que lors de la période d’ovulation cette partie du corps devient tuméfiée et se colore en rose vif. Les biologistes se sont donc posé la question suivante au sujet des chimpanzés : cette zone ano-génitale entre-t-elle dans les schémas de reconnaissance avec la même importance que le visage chez l’homme ?

Pour répondre à cette question, une équipe de scientifiques de l’Université d’Amsterdam collaborant avec celle de Kyoto a donc procédé à une étude minutieuse relative au temps nécessaire pour que des hommes ou des femmes, des étudiants volontaires de l’Université, reconnaissent un visage ou la présence d’une poitrine concourant à identifier le sexe de la personne et des tests identiques ont été appliqués avec d’autres parties du corps comme les pieds ou les fesses. Le même type d’approche a été appliqué à des chimpanzés à l’aide de photos originaires du sanctuaire japonais de primates de Kumamoto. Dans une autre série de tests, les visages étaient ensuite inversés afin d’affiner dans ce cas les temps de réponse. Les 5 chimpanzés, 4 femelles et un mâle, qui participèrent à cette étude étaient tous des pensionnaires de l’Institut de recherche sur les primates de l’Université de Kyoto.

L’expérience est schématisée par l’illustration ci-dessous :

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Plusieurs centaines de tests ont été réalisés tant avec le groupes de volontaires de l’Université d’Amsterdam qu’avec les 5 chimpanzés. Il est apparu que chez les femmes et les hommes la reconnaissance du visage est prépondérante qu’il s’agisse de photos en couleur ou en grisé. Chez les chimpanzés, qu’il s’agisse de femelles ou de l’unique mâle, la reconnaissance de l’arrière-train, la zone ano-génitale, est plus marquée avec des photos en couleur alors que le visage et plus reconnaissable que cette zone dans le cas des photos en grisé. La couleur joue donc un rôle important dans ce mécanisme, mais pas seulement car le temps de réponse varie quand les photos sont inversées dans le même sens tant pour le visage que pour l’arrière-train alors que cette différence n’existe par pour les photos des pieds qui constituaient en quelque sorte un contrôle.

Chez le chimpanzé l’observation de l’aire ano-génitale constitue donc un mécanisme de reconnaissance sociale aussi important que celle du visage chez l’homme. La couleur, en particulier celle des lèvres et des yeux, est également d’une grande importance chez l’homme pour la reconnaissance du visage. Il est reconnu que la femme colore ses lèvres afin de paraître plus attractive et ce détail peut être considéré comme une réminiscence de la coloration de l’arrière-train des femelles chimpanzés au cours de l’ovulation puisque la zone ano-génitale de la femme n’est plus visible en raison de la posture verticale quand elle est totalement nue. Les auteurs de cette étude n’ont fait que suggérer ce dernier point …

Source : PlosOne, doi : 10.1371/journal.pone.0165357

Vous saurez tout sur les chatouilles …

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Le rire n’est pas le propre de l’homme

Pourquoi on ne peut pas se chatouiller soi-même ? Aristote avait déjà noté que c’était impossible. Et pourquoi se met-on à rire quand quelqu’un vous chatouille ? Les chatouillements qui provoquent un rire hors de contrôle sont appelés gargalésie, et ceux qui sont agréables mais ne provoquent pas de rire la knimésie. J’ai découvert ces mots savants que je n’avais jamais entendu en lisant un article rapportant les travaux du Docteur Michael Brecht réalisés au centre de neurosciences de l’Université Humboldt à Berlin sur les rires des rats quand on leur chatouille le dos, le ventre ou la queue.

Le rire des rats (voir le film, lien en fin de billet) quand on les chatouille est inaudible car il s’agit de petits cris émis dans une fréquence (50 kHz) que l’oreille humaine ne perçoit pas. En enregistrant ces sons il a été possible de comprendre un peu ce qui se passait au niveau du comportement du rat qui en « redemande » tout simplement parce qu’il apprécie le rire provoqué par les chatouillements, le rire étant bon pour la santé comme pour les humains, c’est bien connu. Dans un environnement normal, le rat se laisse caresser mais si on le place dans une situation de stress : un éclairage violent par exemple, il ne réagit plus aux chatouilles. C’est aussi exactement comment cela se passe chez les êtres humains, en situation de stress les chatouilles ne sont plus agréables, ne font plus rire et sont insupportables. Un enfant ne se laisse pas chatouiller par un étranger qu’il ne connait pas, c’est bien connu aussi.

Tout se passe dans le cortex neurosensoriel. En implantant des électrodes dans le cerveau du rat une stimulation électrique déclenche un comportement analogue à celui provoqué par les chatouillements ainsi que le rire qui les accompagne. De plus, dans cette situation, le cerveau sécrète de la sérotonine, un neurotransmetteur jouant un rôle central dans les mécanismes de la récompense.

Source : Science, doi : 10.1126/science.aah5114 

Article aimablement communiqué par le Docteur Brecht qui est vivement remercié ici.

http://science.sciencemag.org/content/sci/suppl/2016/11/09/354.6313.757.DC1/aah5114s1.mp4

 

Climat : L’illusion du contrôle

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Il s’agit de l’espérance d’une probabilité de réussite personnelle inappropriée plus élevée que la probabilité objective ne le justifierait.

Ellen Langer, dans son ouvrage « Illusion of Control » (1975), montra que les individus, dans des situations variées, se comportent comme si les chances de parvenir à un but précis étaient sous leur contrôle. En d’autres termes Langer indiqua que les « indices de compétence » dans une situation de choix ou de compétition étaient systématiquement surestimés et conduisaient à des approches intellectuelles ou manuelles défiant les lois les plus basiques de la probabilité. L’un des exemples fameux qu’utilisa Langer pour exposer le comportement totalement fallacieux et typiquement humain tendant à défier les probabilités est la manière dont un joueur de crap dans un casino lance les dés sur la table. S’il essaie d’obtenir des nombres élevés (de 4 à 6) il lancera les dés plus énergiquement que s’il désire des nombres faibles, de 1 à 3. Ce comportement défie le bon sens statistique et il porte donc le nom d’illusion du contrôle.

On retrouve ce type d’attitude illusoire avec la théorie de l’effet de serre du CO2 et l’échafaudage du principe (dogme) du réchauffement climatique. L’humanité toute entière se trouve baignée dans l’illusion du contrôle du climat par des actions et des modifications du mode de vie quotidien permettant d’atteindre ce but. Le climat passé qui a sévi sur Terre – il y eut de longues périodes chaudes suivies de décennies de froidure – échappa totalement au pouvoir humain. L’optimum médiéval favorisa une croissance significative de la population, un bien-être généralisé et par voie de conséquence l’édification des cathédrales en Europe, les migrations des Vikings vers le « Nouveau Monde » ou encore l’arrivée des hordes de Gengis Khan jusqu’en Europe. Ce réchauffement fut favorable à l’agriculture qui permit la disparition des famines à répétition. Cet épisode fut suivi du minimum de Maunder durant lequel, par exemple, la Cour du Roi Louis XIV se gelait dans les galeries du Palais de Versailles. L’atmosphère y était proprement irrespirable car tous ces gens se lavaient parcimonieusement en raison du froid intense.

Quelle put être l’influence de l’activité humaine sur ces deux évènements climatiques puisqu’il n’était alors pas question d’émissions de CO2, de combustibles fossiles, de centrales nucléaires, de CFCs ou d’autres trous d’ozone ? En aucun cas ces deux évènements ne purent être reliés à une quelconque conséquence de l’activité humaine.

Aujourd’hui l’idéologie contemporaine relative au climat a redonné tout son sens à l’illusion du contrôle telle que Langer la décrivit.

Cette illusion est d’autant plus caricaturale quand on prend la peine de rappeler les faits comme je l’ai fait de nombreuses fois, le « on » étant l’auteur de ce blog. Toute cette illusion repose sur le fait que le CO2 est toxique pour le climat et qu’il va durablement modifier ce dernier. Ce n’est pas une affirmation illusoire et provenant de mon imagination mais elle s’appuie sur des travaux scientifiques incontestables respectant les lois fondamentales de la physiques qu’il serait vain de contester.

Pour ce qui concerne le climat l’illusion du contrôle du climat est évidente dans la mesure où grâce à la signature isotopique des combustibles fossiles (rapports C-12/C-13) les activités humaines ne contribuent qu’à hauteur de 5 % pour l’ensemble de ce CO2, soit à peine 20 parties par million. Il est illusoire d’imaginer obtenir une modification de l’évolution naturelle du climat en imposant de repenser globalement le mode de vie de l’Humanité.

L’Humanité n’a aucun pouvoir pour tenter de modifier l’évolution du climat. Cette évolution ne dépend que des cycles de l’activité magnétique du Soleil dont on a récemment précisé mathématiquement la périodicité passée à l’aide d’un modèle donc vérifié pour les épisodes climatiques extrêmes passés, modèle qui prévoit, au contraire de ce que les prévisions de l’IPCC laissent envisager dans l’illusion, un refroidissement progressif et dévastateur des conditions climatiques au moins hors des zones intertropicales. La campagne d’intoxication planétaire relative à la crise climatique aurait fait les délices de l’esprit analytique d’Ellen Langer, bien que n’étant qu’une psychologue. L’Humanité toute entière, à son corps défendant, doit s’engager dans une mutation fondamentale de ses modes de vie afin de « sauver » le climat. Un illusion, le climat ne peut pas être contrôlé sinon très localement, car il dépend du comportement du Soleil ! Que faire contre les modifications du champ magnétique solaire ? Lancer les dés avec plus de conviction ?

Voilà en résumé cette chimère dans laquelle s’engagent aveuglément les nations, comportement qui leur sera hautement dommageable quand adviendra le grand refroidissement prévu pour les années 2020-2025 et qui durera jusqu’en 2100. Bon courage dans l’illusion …

https://en.wikipedia.org/wiki/Illusion_of_control , illustration Ellen Langer

https://bobtisdale.files.wordpress.com/2015/11/tisdale-on-global-warming-and-the-illusion-of-control-part-1.pdf

Note : le deuxième lien renvoie à l’ouvrage de Bob Tisdale en accès libre relatif à la question du changement climatique.

Un cas de mutualisme étonnant

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Le héron pique-boeuf est en réalité un ibis (Bubulcus ibis) qui se complait à chasser la vermine colonisant le dos des zébus dans les contrées chaudes et humides. Par exemple à Marie-Galante, l’île qui sent le zébu et le rhum, il est courant de voir ces hérons occupés à nettoyer minutieusement le dos, l’encolure et les oreilles de ces ruminants placides et de se nourrir au sol des insectes perturbés par les pas de ces bêtes. Ce comportement s’appelle « mutualisme » car le héron et le zébu y trouvent chacun leur bénéfice. On peut d’ailleurs observer le manège de ces hérons car ils sont habitués à la présence humaine.

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Il en est exactement de même dans le Parc National Reine Elizabeth en Ouganda où on peut observer à loisir le partenariat entre la mangouste à rayures et les phacochères. Il s’agit d’une situation assez rare de collaboration entre deux mammifères qui a été décrite par la Wildlife Conservation Society. Le phacochère en question, de la famille des suidés, est le Hylochoerus meinertzhageni et la mangouste répond au doux nom facilement prononçable de Mungos mungo. Le phacochère mâle dont il s’agit peut atteindre le poids respectable de 275 kg et il est facile de comprendre qu’il lui arrive parfois de faire de longues siestes et ainsi de faciliter le travail de la mangouste rayée qui va prendre son temps pour le débarrasser de tous les parasites qui colonisent ses soies.

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Comme le montre l’illustration en tête de ce billet, la mangouste n’hésite pas à explorer systématiquement les oreilles de ce gros cochon aux canines redoutables et agressif à ses heures.

La raison pour laquelle ce comportement inhabituel a pu être observé est la même que celle des pique-boeuf marie-galantais. Dans le parc national ougandais, ces animaux sont parfaitement habitués à la présence humaine et ils savent très bien qu’ils ne courent aucun risque à se laisser approcher. Les spécialistes des cochons sauvages – il en existe 18 espèces différentes dans le monde – considèrent unanimement qu’ils sont d’une intelligence hors du commun. Peut-être est-ce la raison pour laquelle ils acceptent de se faire toiletter par les mangoustes …

Source :Wildlife Conservation Society

Lire des histoires illustrées à un très jeune enfant : que des bénéfices !

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Il y a déjà plusieurs années mon fils lisait des histoires en français à sa fille tous les soirs et comme il s’agissait de livres pour enfants illustrés elle regardait les pages mais ne comprenait pas le texte écrit, bien évidemment. Il est certain maintenant que faire la lecture à de jeunes enfants est en fait associé à des différences dans l’activité cérébrale liée à l’aptitude précoce à la lecture. Naturellement ma petite-fille, dès l’âge de 1 an est allé à l’école maternelle japonaise et elle lit et écrit maintenant en japonais bien qu’elle comprenne parfaitement le français oral. Mais la lecture dès le plus jeune âge a un impact mesurable sur la manière dont un enfant mémorise les histoires et peut aider les parents à prédire sa capacité à lire et écrire par la suite. Les régions du cerveau qui sont en effet mises en œuvre sont celles où sont mémorisées les images ce qui aide l’enfant à « voir » les histoires à travers les illustrations en renforçant de manière irremplaçable le rôle futur de l’imagination. C’est ce qu’affirme, preuves à l’appui par imagerie fonctionnelle du cerveau par résonance magnétique nucléaire (fMRI) le Docteur John Hutton de l’Hôpital pour enfants de Cincinnati.

On conseille aux parents de faire la lecture à leurs très jeunes enfants pour stimuler leurs capacités de mémorisation et pour créer des connexions dans le cerveau qui favorisent le développement du langage, au moins dans les pays anglo-saxons et en tous les cas au Japon. J’ignore quelle est la position française à ce sujet sachant que le rôle de l’EducNat est d’atteindre un nivellement vers la médiocrité, ce qui me semble contradictoire avec ce type de conseil. Il manquait cependant des évidences directes de ces effets sur le cerveau des jeunes enfants et c’est maintenant chose faite. Le Docteur Hutton a étudié 19 jeunes enfants âgés de 3 à 5 ans, un tiers d’entre eux appartenant à des familles modestes. Les parents ou les personnes s’occupant de ces enfants à la maison ont répondu à quelques questions relatives aux stimulations des facultés cognitives des enfants notamment en ce qui concernait la lecture, quels livres, quelle sorte de livres et combien de fois on faisait la lecture aux enfants, par jour ou par semaine, quel temps les parents consacraient à parler et jouer avec leur enfant et quelles sortes d’exercices de reconnaissance des formes ou de dénombrement d’objets ils encourageaient leur enfant à effectuer.

On soumit alors les enfants parfaitement conscients à un examen par fMRI en leur faisant écouter à l’aide de mini-écouteurs une histoire adaptée à leur âge mais sans stimuli visuels alors qu’ils se trouvaient dans le tunnel de la machine magnétique. Le but de cette investigation était de savoir si les régions du cerveau impliquées dans le langage étaient plus activées avec des enfants à qui on faisait la lecture régulièrement en comparaison d’autres enfants plutôt délaissés dans ce domaine. Les résultats montrèrent que les enfants exposés à la maison à une lecture fréquente ou quotidienne montraient une forte activation des régions du cerveau prenant en charge spécifiquement la sémantique, en d’autres termes la signification du langage. Ces zones sont critiques pour l’apprentissage de la parole et plus tard de la lecture. Il s’agit de zones du cortex postérieur gauche, du precuneus (lobe pariétal supérieur, cerclé en bleu) qui est impliqué dans l’imagerie visuelle, du lobe moyen/temporal angulaire gauche (aussi appellé aire de Brodmann 37, cerclé en rose) impliqué dans la signification des associations auditives, si je ne me trompe pas, et du lobe occipital latéral impliqué dans la compréhension des associations visuelles (aussi appellé aire de Brodmann 17, cerclé en vert) comme l’indique l’illustration en lecture par imagerie différentielle indiquant le surcroit de consommation d’oxygène. Les couleurs les plus « chaudes » indiquent un flux sanguin plus élevé et donc une activité électrique plus soutenue.

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Les aires du cortex cérébral directement impliquées dans l’imagerie mentale sont donc les plus activées, ce qui suggère que la visualisation joue un rôle clé dans la compréhension narrative et la préparation à la lecture. Ces aires permettent en effet à l’enfant de « voir » le récit que son tuteur lui lit et qu’il écoute. Cette disposition devient d’autant plus importante quand l’enfant évolue des livres illustrés vers les livres sans images. Il doit alors imaginer « visuellement » l’histoire. L’étude a enfin montré que les ménages aisés lisaient plus volontiers des histoires illustrées à leurs enfants en bas âge, mais ce détail ne relevait pas de l’étude elle-même.

Ce résultat nouveau est prometteur dans la mesure où il aidera à promouvoir la lecture aux « tout-petits » afin d’éviter des problèmes scolaires futurs mais aussi à identifier les enfants à risque tout en leur permettant ensuite de se consacrer au monde merveilleux de la lecture.

Source : http://aapnews.aappublications.org/content/early/2015/04/25/aapnews.20150425-4 , illustrations : Dr Hutton et Wikipedia

Réflexions sur le sexe et l’amour et les « Pensées » de Marc-Aurèle

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Sur l’Ogasawara maru le temps passe lentement et les opportunités de rencontre se multiplient au fur et à mesure que le bateau égrène les miles nautiques vers sa destination finale. J’ai donc engagé fortuitement la conversation avec une buveuse de saké, sa fille et son époux. Il faut pour bien comprendre la suite de mon billet situer les personnages. Une femme encore fort belle, mais il est difficile de donner un âge précis à une Japonaise, sa fille dans la trentaine fraichement divorcée et son époux souffrant d’une leucémie. Ils allaient à Chichi Jima en quelque sorte pour une pelerinage avant que ce monsieur soit définitivement effacé de la planète (voir infra la pensée de Marc-Aurèle). Cette charmante dame s’exprimant en un anglais parfait me demanda pour quelle raison je me trouvais sur le bateau et je lui répondis que nous rentrions ma femme et moi-même à la maison après une semaine de shopping effréné à Tokyo. Le saké aidant (je n’affectionne pas particulièrement cette boisson sans saveur ni odeur) les langues se délièrent progressivement et quand j’exposais pour quelle raison je me trouvais marié avec une Japonaise, comme j’ai l’habitude parfois facheuse de n’emprunter aucun détour réthorique, l’attention se concentra sur mes propos dérangeants. Il est vrai qu’en tant qu’ancien biologiste le comportement humain n’a plus trop de secrêt pour moi, encore que cette affirmation puisse paraître quelque peu arrogante, mais la discussion dériva progressivement vers le comportement sexuel des êtres humains en général, vaste sujet …

Je narrais donc ma rencontre avec celle qui allait devenir ma femme, me déclarant être amoureuse et vouloir m’épouser tout simplement après une soirée très physique qui la combla de satisfaction et de sérénité. Mon auditoire sembla offusqué par la franchise de mes propos et pour dissiper ce malaise je m’engageais alors dans un long exposé sur la nature humaine tel qu’on n’ose plus trop l’aborder dans la réalité ni en famille ni encore moins à l’école.

Au même titre que les bactéries, les insectes, les éléphants, les baleines, les plantes et les algues ou les coraux, nous sommes sur cette terre pour nous reproduire et perpétuer l’espèce, l’espèce humaine en ce qui nous concerne. Le sexe occupe donc une position centrale dans notre vie et il est impossible de le nier. Nous sommes programmés pour transmettre nos gènes lors du passage obligé de la copulation comme les bactéries s’unissent à l’aide de cils spécialisés, comme certains insectes mâles n’hésitent pas à détruire l’intégrité physique de leur femelle en la perforant littéralement avec leur sexe ressemblant à un tire-bouchon sachant qu’elle mourra après avoir pondu ses oeufs, comme les tortues qui ont inventé au cours de l’évolution des pénis invraisemblables pour pouvoir s’accoupler durablement dans l’eau, comme ces araignées dont le représentant mâle craint pour sa vie risquant d’être proprement dévoré par sa douce après l’avoir pénétrée, ou les baleines obligées d’accepter en elles un gigantesque pénis sans vraiment en éprouver un quelconque plaisir, d’ailleurs on ne leur a jamais demandé en termes intelligibles.

Bref, la conversation aborda l’interaction entre le sexe et l’amour, vaste sujet aussi surtout si on place volontairement des oeillères dans la réflexion afin de contourner tous les tabous éducationnels et religieux auxquels nous avons été tous soumis depuis notre plus tendre enfance y compris les Japonais. Parler de sexe est interdit, en japonais « damé », interdit, proscrit, alors que les sex-shops et les bars interlopes fleurissent à Tokyo.

Quelle ne fut donc pas la stupeur de mon interlocutrice lorsque je lui contais mon histoire récente. Après plusieurs jours d’hésitations réciproques, celle qui allait finalement devenir ma seconde épouse se décida à me visiter un soir dans la chambre que j’occupais dans cette petite pension d’Ogasawara Village. Sur la base d’une première relation sexuelle parfaitement réussie, le sentiment amoureux qui s’ensuivit n’étant qu’une résultante du fonctionnement de notre cerveau monstrueux qui manifeste ce pouvoir unique dans le règne animal d’être capable de réaliser des raisonnements déductifs, elle décida de me demander en mariage sans toutefois omettre d’envisager de vérifier si cette « première fois » n’était pas un mirage ou un rêve, ce qui fut fait le lendemain et les jours suivants.

Je m’explique, même si je risque de passer pour un horrible fallocrate. L’amour entre une femme et un homme procède du sexe bien vécu, en d’autres termes sans sexe consenti et partagé avec satisfaction mutuelle l’amour n’a aucune signification et dans la même veine, le sexe répétitif sans amour et uniquement pour le sexe devient vite dénué de tout attrait et finit par ternir cette relation uniquement physique. Notre cerveau, dont nous sommes dépendants sans en être conscients, nous joue un terrible tour en nous emprisonnant dans une sorte de cercle vicieux dans lequel nous nous retrouvons dans le quotidien : sexe et amour, amour et sexe, mais ce comportement est purement dicté par nos instincts de reproduction de notre espèce qui échappent à notre contrôle.

Mon interlocutrice (à bord de l’Ogasawara maru) se rendit compte que je tenais des propos nouveaux pour elle car elle n’avait jamais envisagé la situation sous cet angle, l’interaction indissociable entre sexe et amour, et elle me qualifia d’obsédé sexuel, superbe qualificatif très facile à formuler quand on n’a pas d’autres arguments à avancer dans une conversation pourtant amicale, ouverte et dénuée de toute arrière pensée. La fille de cette charmante dame, fraîchement divorcée je le rappelle, dut se poser de sérieuses questions existentielles car elle m’écoutait avec fascination.

Pour en rajouter une couche épaisse à dessein en parfaite conformité avec mes propos le plus souvent dérangeants je me hasardais à citer Marc-Aurèle dans la direction telle que je l’avais expérimenté une multitude de fois dans ma vie passée, à savoir que les femmes deviennent amoureuses après une relation sexuelle réussie en vue de garder le mâle reproducteur non seulement capable de leur donner du plaisir, ce que les félines, lionnes et autres chattes domestiques, affectionnent particulièrement, mais également de transmettre ses gênes à une descendance tout aussi réussie, l’un étant lié à l’autre. Ce comportement fugitif et instinctif de l’homme, de par sa nature qui lui est imposée physiologiquement est fabuleusement décrit par Marc-Aurèle dans sa 21e pensée du livre IV destinée à lui-même au sujet de la fuite de la vie qu’il faut remplacer et que je reproduis ci-après.

Marcus Aurelius Antoninus, de la dynastie des Antonins fut empereur romain de 161 à 180 de notre ère. Il fut confronté à l’avènement du christianisme, un genre de mouvement à la Greenpeace supposé bouleverser le monde des impies qui adoraient une multitude de divinités tout comme Greenpeace dénonce le dieu de l’énergie et du développement, le dieu des OGMs et les mauvais dieux du CO2 et de l’uranium. En tant que philosophe stoïcien et de surcroit empereur Marc-Aurèle se distingua par ses écrits, ses Mémoires malheureusement perdues, mais aussi ses Réflexions qu’il notait à la manière d’un Montaigne ou encore d’un Pascal, un peu ce qui lui passait dans la tête et qu’il considérait comme susceptible d’être transmis aux générations futures. Voici donc ce texte de Marc-Aurèle qui décrit l’implacable destinée de l’homme.

« Si les âmes survivent, comment depuis l’éternité l’atmosphère peut-elle les contenir ? Et comment la terre peut-elle contenir les corps qu’on y ensevelit depuis si longtemps ? De même qu’ici-bas la transformation et la décomposition des corps, après un certain temps, fait de la place aux autres, de même les âmes lâchées dans l’atmosphère, au bout d’un moment, se transforment, se répandent et s’embrasent dans l’universelle raison génératrice et ainsi reprises, font de la place aux suivantes. Voilà ce qu’on pourrait répondre dans l’hypothèse de la survivance des âmes. Et pour les corps, il ne faut pas seulement compter ceux que l’on enterre mais aussi les animaux que nous et les autres espèces mangeons chaque jour. En effet, bon nombre d’êtres vivants sont consommés et pour ainsi dire ensevelis dans les corps de ceux qui s’en nourrissent ; et cependant, en transformation en sang, en air ou en feu, ils sont assimilés. Quelle est la voie de la vérité sur ce point ? C’est la distinction entre la matière et la cause formelle. »

Brillante réflexion sur la destinée de l’homme qui se trouve être recyclé et ce destin implacable explique avec clarté quel est notre devoir : perpétuer notre espèce quoiqu’il nous en coûte, copuler et recopuler. Voilà la signification de notre comportement basique relatif à notre nature tout aussi basique qu’est notre activité sexuelle, n’en déplaise aux pudibonds, aux moralistes et d’une manière générale aux faux-culs (sans jeu de mots) qui n’ont cure de l’importance du sexe dans la vie de tous les jours, un comportement essentiellement instinctif, et il est encore ici bien venu de le rappeler, qui, parce que nous possédons un cerveau capable de raisonnements déductifs, conduit à ce que l’on appelle l’amour, d’une certaine manière pour transcender ce comportement sur lequel nous n’avons que peu de maîtrise.

Après cette discussion arrosée de saké je fus traité d’obsédé sexuel, la suprême injure alors que j’ai toujours cherché en priorité la satisfaction de mes partenaires féminines au risque, souvent, d’être moi-même frustré à l’issue de ces ébats simulacres de reproduction qui ne devenaient qu’une lancinante mécanique répétitive quand l’amour était absent. Dans ce cas, je l’admets, je pouvais être taxé d’obsédé du bas-ventre, mais comme le remarque Marc-Aurèle dans ses Pensées, Livre IV, pensée 13, « l’accouplement (est) un frottement de bas-ventres et une excrétion de sperme accompagnée d’un spasme », une définition qui convient à tellement de personnes qu’elle en est démoralisante !

En conclusion de ce récit un peu décousu, nous sommes, nous humains, confrontés à nos instincts de perpétuation de nos gènes et le sexe n’est qu’une manifestation de ces instincts qu’heureusement nous transformons en sentiments durables appelés amour entre une femme et un homme mais encore une fois l’amour sans sexe n’est qu’une chimère et le sexe sans amour un comportement sans issue.

Je conseille à mes fidèles lecteurs de se plonger dans la relecture des Pensées de Marc-Aurèle dont certaines furent pour moi la source de tourments avec mon gros Gaffiot lors de ces versions latines redoutées qui formèrent mon esprit à la logique quand j’étais jeune adolescent …

La bonne (et la mauvaise) humeur est contagieuse : par la transpiration !

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Nous recevons des signaux chimiques, visuels et sonores de notre entourage. Naturellement quand nous nous trouvons dans une configuration, dirons-nous, plus intime ces signaux relèvent du toucher, de l’odorat ou encore du goût, par exemple lors de l’échange de caresses ou de baisers. Cependant, au cours de notre évolution, nous avons perdu certains sens comme l’organe voméronasal qui n’est plus qu’un vestige datant de nos lointains ancêtres primates. L’acuité de notre odorat a également dégénéré si l’on peut décrire la situation ainsi. Nous sommes donc limités dans nos possibilités de communication primale mais nos terminaisons nerveuses restent de manière vestigiale sensibles à certains signaux chimiques que l’on a très bien décrit dans certaines situations. Par exemple les phéromones sexuelles exsudées sont toujours détectées par notre sens de l’odorat bien que nous n’en ayons nullement conscience. La sueur n’a pas le privilège de signaler que nous risquons de conduire en état d’ébriété (voir un précédent billet), elle n’est pas non plus seulement révélatrice d’éventuels dérangements métaboliques ou d’abus d’aliments fortement émetteurs de substances volatiles, il y a aussi dans la sueur des substances qui permettent de transmettre à notre proche entourage l’état de notre statut émotionnel. Nous produisons, selon une étude parue dans le journal de l’Association for Psychological Science, des substances qui se retrouvent dans notre sueur et que d’autres personnes sont susceptibles de détecter : nous leur transmettons notre bonne (ou mauvaise) humeur !

Des travaux ont montré que les émotions négatives liées au dégout et à la peur sont communiquées par la sueur par l’intermédiaire de signaux chimiques mais peu d’études se sont concentré sur le même type de signalisation en ce qui concerne les émotions positives. Le Docteur Gün Semin de l’Université d’Utrecht aux Pays-Bas a montré que lorsque l’on est exposé à la transpiration de personnes émotionnellement heureuses cet état devient « contagieux » en quelque sorte comme le fou-rire se répand par contagion. Souvenons-nous de cette fameux scène du film d’Hitchcock « North by North-West » (en français La Mort aux Trousses si je me souviens bien) qui se déroule dans un ascenseur. Cary Grant joue contre son gré le rôle d’un agent de la CIA. Il est accompagné par sa mère qui se met à rire de l’histoire invraisemblable que lui narre son fils (Cary Grant, Roger O Tornill dans le texte) poursuivi par deux sanguinaires tueurs présents dans la cabine de l’ascenseur. Elle commence à rire et ce rire se communique à toutes les personnes présentes dans cet ascenseur y compris aux deux tueurs. On peut analyser cette scène d’anthologie du cinéma de grande qualité des années cinquante-soixante selon les hypothèses du Docteur Semin, le rire ou l’émotion positive est communicatif et ce d’autant plus dans un espace confiné comme celui d’une cabine d’ascenseur.

Il fallait tout de même démontrer sans ambiguité que la sueur est bien le véhicule de cette transmission « contagieuse » de la bonne humeur et pour ce faire Semin et ses collaborateurs ont étudié si la sueur prélevée sur des personnes heureuses pouvait avoir une influence sur l’état émotionnel d’autres individus. Ils ont fait appel à 12 volontaires de sexe masculin non fumeurs, exempts de tout traitement médical et de désordres psychologiques de quelque nature que ce soit. Durant la durée du test ils ne devaient pas boire d’alcool, ne pas avoir de relations sexuelles ni d’exercices physiques intenses et ne pas manger de nourriture excessivement odoriférante. Les « donneurs de sueur » arrivèrent au laboratoire du Docteur Semin, rincèrent et séchèrent leurs aisselles contre lesquelles on appliqua des couches de gaze adsorbante. Ils revêtirent des tee-shirts propres et se tinrent assis durant la durée du test. On leur demanda de regarder des video-clips dont la finalité était d’induire chez eux un état émotionnel particulier de peur, de joie ou au contraire neutre. Ils étaient également censés noter implicitement leur état émotionnel en regardant par exemple des caractères chinois ou d’autres images. On ôta les compresses ayant absorbé leur sueur et celles-ci furent stockées dans des flacons.

Pour la seconde partie de l’expérience, on recruta 36 femmes de type européen en bonne santé sachant que les femmes ont un odorat plus sensible que celui des hommes et sont également plus sensibles aux émotions que ces derniers. L’étude fut conduite en double aveugle de telle manière que ni les membres du laboratoire ni les participantes ne pouvaient disposer d’information sur les échantillons de sueur qui seraient présentés au moment de l’expérience. On leur demanda de s’asseoir et de poser leur menton sur un repose-menton leur faisant face. Les flacons contenant les échantillons de sueur furent placés sur un plateau devant le repose-menton. À chacune des femmes on présenta un échantillon correspondant à la « joie », la « peur » ou à la réaction « neutre » tel que précédemment décrit avec des intervalles de 5 minutes entre chaque exposition aux échantillons de sueur. Sachant que la première partie de l’expérience avait confirmé que les vidéo-clips avaient influencé l’état émotionnel des participants masculins, ces émotions étaient-elles transmissibles aux participantes au cours de cette deuxième partie de l’expérience alors qu’on leur montrait des vidéo-clips du même type que ceux utilisés lors de la première partie de l’expérience ?

L’examen minutieux de la face des participantes indiqua qu’effectivement les échantillons de sueur induisaient une réaction caractéristique de la peur quand on leur présentait l’échantillon de sueur correspondant. Les muscles médio-frontaux commandant le mouvement des sourcils étaient beaucoup plus sollicités. En revanche les échantillons correspondant à de la joie entrainaient une plus forte activité des muscle faciaux impliqués dans le sourire dit de Duchenne en formant les pattes d’oie caractéristiques du sourire de chaque côté des orbites oculaires, une caractéristique de la manifestation de la joie ou de la satisfaction. L’intensité des signaux émis par la sueur ne put pas être exactement quantifiée. D’autres observations indiquèrent que les femmes soumises aux échantillons de sueur correspondant à la « joie » réagissaient de manière plus constructive aux stimuli visuels que l’expérimentateur leur présentait. Mais l’épreuve des caractères chinois ne fut pas concluante, ce qui tendrait à montrer que les échantillons de sueur, dans ce dernier cas, n’ont pas d’influence sur l’était émotionnel implicite.

Ces résultats, quoique préliminaires, indiquent que l’on communique notre état émotionnel positif ou négatif à l’aide de signaux chimiques suffisants pour produire une réaction dans notre entourage, une contagion de notre état émotionnel. Et les retombées peuvent être surprenantes en particulier pour les industriels de l’odeur qui pourraient mettre au point un parfum (ne sentant rien du tout) communiquant de la bonne humeur. Reste naturellement à déterminer la nature des molécules chimiques contenues dans cette sueur puis à étudier en détail leur effet neurologiques. On peut imaginer toutes sortes d’applications possibles, d’ailleurs plus ou moins orwelliennes, pour influencer l’état d’esprit de tout un chacun. L’une d’entre elles venant à l’esprit serait la mise en condition d’un train entier de voyageurs à l’heure de pointe du matin pour qu’ils commencent leur journée de travail de bonne humeur et dans la joie. Mais on peut aussi imaginer le contraire comme conditionner des foules à l’agressivité et au mécontentement et tout cela à l’insu de chacun car ces molécules volatiles inodores sont probablement faciles à synthétiser. Des retombées d’une expérience apparemment simple pouvant aboutir à l’asservissement de populations entières, de la fiction devenue bientôt une réalité …

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Source : Association for Psychological Science. Il est intéressant de noter que ce travail a été en partie soutenu par Unilever.