À la faveur des mouvements féministes les femmes font plus souvent des rêves érotiques

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Puisque les rêves ont depuis toujours été considérés comme une porte ouverte vers les désirs inconscients, quand une femme garde en mémoire un rêve érotique les spécialistes du sommeil et du rêve de l’Université de Freiburg en Allemagne, sous la direction du Docteur Michael Schredl, ont voulu en savoir plus. Ils ont donc interrogé 2900 femmes volontaires pour participer à leurs études. Elles devaient raconter leurs rêves, du moins ceux dont elles se souvenaient, et si possible décrire les motivations de ces derniers. La première surprise fut que près d’une femme sur cinq se souvient d’avoir fait un rêve érotique alors que cette fréquence était inférieure à une sur dix il y a 20 ans. La deuxième surprise que réserva cette étude est le fait que même les femmes satisfaites sexuellement avec leur partenaire se surprennent à faire des rêves concernant parfois un inconnu croisé dans la rue ou un homme qu’elles ont cotoyé la journée précédente dans un cadre neutre comme par exemple une réunion de travail. Interrogées dans le détail la plupart des participantes avouaient être incapables d’expliquer quelles pouvaient être les motivations profondes de tels rêves.

L’explication la plus simple que purent trouver ces spécialistes des rêves est que la femme se sent libérée pas seulement dans sa vie de tous les jours mais également dans ses pensées … et ses rêves. Enfin, un grand nombre de femmes ont déclaré que, conscientes de leurs rêves, ces derniers influaient sur leur comportement les jours suivants. Serait-ce cette fameuse porte ouverte vers l’inconscient ? Comme s’il pouvait s’agir d’un contrôle lorsqu’il fut demandé à ces femmes si elles rêvaient de politique, moins de 4 % ont répondu par l’affirmative, peut-être rêvaient-elles de se prendre pour Angela Merkel ou Christine Lagarde mais l’histoire ne le dit pas.

Source et illustration : The Telegraph

Nouvelles du Japon : le manque de respect des touristes énerve les japonais !

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 La Préfecture de Tottori va installer plus de panneaux en coréen, en chinois et en anglais pour inciter les touristes à ne pas vandaliser les dunes de sable qui constituent la principale attraction de la ville éponyme. Ces dunes sont situées au bord de la Mer du Japon, au sud de l’île de Honshu. Elles s’étalent sur près de 20 kilomètres. D’une hauteur atteignant parfois 50 mètres elles peuvent être visitées à pied ou à dos de chameau. Les touristes ont pour habitude d’inscrire en grosses lettres des messages dont il ne leur restera qu’une photo-souvenir dans la mémoire de leur smart-phone. Or cette pratique a été interdite par les autorités locales depuis plus de dix ans. Malgré cette interdiction les touristes étrangers de plus en plus nombreux se moquent des indications précisant qu’ils sont passibles d’une amende de 50000 yens (400 euros).

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Il n’y a pas qu’à Tottori que les Japonais commencent à s’inquiéter de l’afflux de touristes – 30 millions en 2018 et 40 millions attendus en 2020 à la faveur des jeux olympiques – et de leurs comportements irrespectueux. À Kyoto les échoppes du marché Nishiki ont installé des panneaux en plusieurs langues expliquant aux touristes qu’il n’est pas poli de manger en marchant, qu’il est illégal de jeter n’importe quoi dans la rue et plus anecdotique de ne pas inscrire ses initiales avec un couteau sur un arbre des parcs.

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À Kamakura, ancienne capitale du Japon située au sud de Yokohama, les autorités locales ont apposé des panneaux à la sortie de la gare qui dessert la ville indiquant que manger en marchant est une offense publique en se basant sur des plaintes des commerçants de la rue Komashi (Komashi dori, illustration ci-dessus) où près de 60000 touristes déambulent chaque jour. Il est de même interdit de fumer dans la rue en marchant. Quand on séjourne dans un pays étranger l’éducation élémentaire consiste à respecter les coutumes locales. Le respect d’autrui et des lieux est un principe fondamental au Japon. Ce principe est enseigné aux enfants dès leur plus jeune âge.

Source partielle : The Guardian

Nouvelles du Japon : L’ikigaï peut-il nous procurer une meilleure vie ?

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Ikigaï (生き甲斐 en japonais) est la contraction de deux mots l’un signifiant « la vie » et l’autre « la réalisation de ce que l’on désire ». Ça paraît compliqué mais, bien que je ne lise ni ne parle le japonais, les kanji ont des significations parfois synthétiques difficiles à traduire. Ikigaï peut donc se traduire plus simplement par « la raison de vivre » ou encore l’idée d’avoir un but dans la vie. Pour quelle raison on se lève le matin ? Voilà une bonne question car si on y réfléchit à deux fois autant rester couché ! Le concept japonais d’ikigaï aide au contraire à se lever et à avoir une vie active, à donner une « valeur à la vie ».

Il faut alors se poser 4 questions au réveil :

1. Qu’est-ce que j’aime ? 2. À quoi suis-je bon ? 3. Qu’es-ce que le monde attend de moi ? et 4. Que puis-je faire pour mériter un salaire ? Ces 4 questions peuvent aider à comprendre le concept d’ikigaï bien qu’il n’ait rien à voir avec la notion de travail ou de salaire. Il s’agit plutôt d’une philosophie de la vie. Un sondage réalisé en 2010 indiqua que seulement un tiers des Japonais, femmes ou hommes, mentionnaient leur activité professionnelle comme étant leur ikigaï.

Selon le Professeur d’anthropologie à l’Université d’Hong-Kong Gordon Matthews il faut associer à l’ikigaï deux autres concepts philosophiques japonais, l’ittaikan (一体感) ou l’ « idée d’appartenir à un groupe ou à avoir un rôle à jouer dans ce groupe », et le jigo jitsugen (je n’ai pas trouvé l’écriture en kanji) qui englobe en réalité les deux premiers concepts. Il en résulte un fait de la vie et non pas un style de vie, encore une autre approche difficile à comprendre. C’est peut-être la raison pour laquelle les Japonais sont si créatifs dans leur travail et aussi la raison qui explique leur longévité inégalée dans le monde.

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Source et illustration : The Telegraph

L’égalité des genres ?

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Une étude paru dans le journal britannique The Lancet en 2016 concernant la consommation d’alcool dans 195 pays montre clairement que les femmes sont très en retard par rapport aux hommes. Mais c’est ironique car les hommes boivent plus et meurent beaucoup tôt que les femmes. L’étude a comptabilisé 2,8 millions de morts prématurées dans le monde en 2016 ayant été provoquées par l’excès de boissons alcoolisées. Les femmes ne sont donc pas égales aux hommes mais elles sont franchement moins idiotes qu’eux. Le graphique (source Statista) ne concerne que les dix premiers pays dans le classement. Ça laisse rêveur.

Le campagnol des prairies : un modèle de fidélité (conjugale) amoureuse ?

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Ce petit rongeur natif des grandes prairies d’Amérique du Nord est un modèle d’étude de la fidélité du couple et il a été étudié en détail au Centre de Neurosciences sociales à l’Emory University d’Atlanta pour tenter de décrypter les mécanismes neuronaux qui établissent la fidélité conjugale. Le campagnol des prairies est en effet strictement monogame durant sa courte existence, pas beaucoup plus de deux années. Pour comprendre le protocole expérimental utilisé il faut rappeler que ce campagnol (Microtus ochrogaster) est plus actif le jour durant l’hiver et plutôt nocturne durant l’été et les couples se forment à la fin de l’hiver. Le mâle et la femelle s’occupent conjointement des petits qui sont capables de se nourrir dès l’âge de deux semaines. Une stimulation lumineuse directe de certaines zones du cerveau a permis d’élucider le mécanisme de fidélité de ces couples de petits rongeurs car les couples se forment au printemps quand les jours commencent à augmenter.

Il est apparu évident que deux zones du cerveau sont particulièrement impliquées dans la fidélité, le cortex préfrontal médian et le nucleus accumbens et ces deux zones cérébrales sont connectées par des neurones spécifiques. le nucleus accumbens est sensible à la lumière via le nerf optique et se trouve être également le centre nerveux traitant les mécanismes de récompense, de l’accoutumance et du plaisir.

Lorsque une femelle est mise en présence d’un mâle inconnu l’activité des neurones du nucleus accumbens est d’autant plus élevée que le couple va se former rapidement après la période qu’on appellerait anthropomorphiquement « le flirt ». En stimulant ce noyau accumbens à l’aide d’éclairs lumineux produits par une micro-fibre optique implantée dans le cerveau l’équipe de neurobiologistes a pu ainsi montrer que des femelles ayant déjà formé auparavant un couple avec un mâle, mises alors en présence d’un autre mâle inconnu, dédaignaient ce dernier malgré ces stimuli lumineux censés au contraire provoquer ce que l’on pourrait appeler l’approche amoureuse. Les circuits neuronaux semblent avoir été figés afin de permettre cette fidélité de couple. Si au contraire une femelle n’ayant pas encore formé de couple et également stimulée par des éclairs lumineux (directement dans le cerveau) est mise en présence d’un mâle alors la formation du couple – la période de « flirt » – est beaucoup plus rapide.

Toute la question est de savoir si on peut influer d’une manière ou d’une autre, à l’aide de drogues par exemple, sur la naissance de l’amour et des sentiments et leur solidité dans le temps. Le campagnol des prairies ne reste tout de même qu’un modèle d’étude et ces expériences très démonstratrices ne peuvent pas être extrapolées à l’homme, du moins en ce qui concerne les comportements amoureux.

Source et illustration : Emory University

La reconnaissance du visage, un résultat de l’évolution

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Nous sommes des bipèdes de la famille des primates et les chimpanzés sont nos plus proches cousins dans cette famille animale quoiqu’en pensent les créationistes. Au cours de l’évolution l’homme a donc appris à marcher sur ses deux pieds et la position verticale a entraîné des modifications inattendues de l’ensemble de l’anatomie et du comportement. Tous les animaux vivant en groupes, comme les chimpanzés et les hommes, ont élaboré des mécanismes de reconnaissance de leurs congénères afin d’assurer la stabilité et la sécurité du groupe. Chez l’homme la reconnaissance du visage et du corps fait appel à des activités cérébrales très précises. Le visage d’une personne constitue une sorte de carte d’identité pour le cerveau et notre mémoire dispose d’un répertoire qui nous permet d’identifier nos congénères et nos proches. En comparaison du visage du chimpanzé, celui de l’homme est plus expressif, mieux « rempli » de tissus mous, plus coloré et il reflète très précisément l’état de l’humeur de la personne. Il existe un test simple d’inversion de l’image d’un visage qui reste identifiable car les mécanismes de reconnaissance situés dans le cerveau maintiennent cette reconnaissance. Chez le chimpanzé, ce test est également positif.

Le changement de posture, c’est-à-dire la démarche verticale, a également entrainé une perte de la reconnaissance d’autres parties du corps. Cette posture met chez la femme la poitrine en évidence. Il s’agit du second mécanisme de reconnaissance après le visage, la femme étant le seul primate à posséder une poitrine gonflée en dehors des périodes de lactation contrairement aux femelles chimpanzés.

La posture verticale a eu également pour conséquence de dissimuler l’aire ano-génitale chez la femme alors qu’elle reste en évidence chez la femelle chimpanzé. Et elle est d’autant plus évidente que lors de la période d’ovulation cette partie du corps devient tuméfiée et se colore en rose vif. Les biologistes se sont donc posé la question suivante au sujet des chimpanzés : cette zone ano-génitale entre-t-elle dans les schémas de reconnaissance avec la même importance que le visage chez l’homme ?

Pour répondre à cette question, une équipe de scientifiques de l’Université d’Amsterdam collaborant avec celle de Kyoto a donc procédé à une étude minutieuse relative au temps nécessaire pour que des hommes ou des femmes, des étudiants volontaires de l’Université, reconnaissent un visage ou la présence d’une poitrine concourant à identifier le sexe de la personne et des tests identiques ont été appliqués avec d’autres parties du corps comme les pieds ou les fesses. Le même type d’approche a été appliqué à des chimpanzés à l’aide de photos originaires du sanctuaire japonais de primates de Kumamoto. Dans une autre série de tests, les visages étaient ensuite inversés afin d’affiner dans ce cas les temps de réponse. Les 5 chimpanzés, 4 femelles et un mâle, qui participèrent à cette étude étaient tous des pensionnaires de l’Institut de recherche sur les primates de l’Université de Kyoto.

L’expérience est schématisée par l’illustration ci-dessous :

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Plusieurs centaines de tests ont été réalisés tant avec le groupes de volontaires de l’Université d’Amsterdam qu’avec les 5 chimpanzés. Il est apparu que chez les femmes et les hommes la reconnaissance du visage est prépondérante qu’il s’agisse de photos en couleur ou en grisé. Chez les chimpanzés, qu’il s’agisse de femelles ou de l’unique mâle, la reconnaissance de l’arrière-train, la zone ano-génitale, est plus marquée avec des photos en couleur alors que le visage et plus reconnaissable que cette zone dans le cas des photos en grisé. La couleur joue donc un rôle important dans ce mécanisme, mais pas seulement car le temps de réponse varie quand les photos sont inversées dans le même sens tant pour le visage que pour l’arrière-train alors que cette différence n’existe par pour les photos des pieds qui constituaient en quelque sorte un contrôle.

Chez le chimpanzé l’observation de l’aire ano-génitale constitue donc un mécanisme de reconnaissance sociale aussi important que celle du visage chez l’homme. La couleur, en particulier celle des lèvres et des yeux, est également d’une grande importance chez l’homme pour la reconnaissance du visage. Il est reconnu que la femme colore ses lèvres afin de paraître plus attractive et ce détail peut être considéré comme une réminiscence de la coloration de l’arrière-train des femelles chimpanzés au cours de l’ovulation puisque la zone ano-génitale de la femme n’est plus visible en raison de la posture verticale quand elle est totalement nue. Les auteurs de cette étude n’ont fait que suggérer ce dernier point …

Source : PlosOne, doi : 10.1371/journal.pone.0165357

Vous saurez tout sur les chatouilles …

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Le rire n’est pas le propre de l’homme

Pourquoi on ne peut pas se chatouiller soi-même ? Aristote avait déjà noté que c’était impossible. Et pourquoi se met-on à rire quand quelqu’un vous chatouille ? Les chatouillements qui provoquent un rire hors de contrôle sont appelés gargalésie, et ceux qui sont agréables mais ne provoquent pas de rire la knimésie. J’ai découvert ces mots savants que je n’avais jamais entendu en lisant un article rapportant les travaux du Docteur Michael Brecht réalisés au centre de neurosciences de l’Université Humboldt à Berlin sur les rires des rats quand on leur chatouille le dos, le ventre ou la queue.

Le rire des rats (voir le film, lien en fin de billet) quand on les chatouille est inaudible car il s’agit de petits cris émis dans une fréquence (50 kHz) que l’oreille humaine ne perçoit pas. En enregistrant ces sons il a été possible de comprendre un peu ce qui se passait au niveau du comportement du rat qui en « redemande » tout simplement parce qu’il apprécie le rire provoqué par les chatouillements, le rire étant bon pour la santé comme pour les humains, c’est bien connu. Dans un environnement normal, le rat se laisse caresser mais si on le place dans une situation de stress : un éclairage violent par exemple, il ne réagit plus aux chatouilles. C’est aussi exactement comment cela se passe chez les êtres humains, en situation de stress les chatouilles ne sont plus agréables, ne font plus rire et sont insupportables. Un enfant ne se laisse pas chatouiller par un étranger qu’il ne connait pas, c’est bien connu aussi.

Tout se passe dans le cortex neurosensoriel. En implantant des électrodes dans le cerveau du rat une stimulation électrique déclenche un comportement analogue à celui provoqué par les chatouillements ainsi que le rire qui les accompagne. De plus, dans cette situation, le cerveau sécrète de la sérotonine, un neurotransmetteur jouant un rôle central dans les mécanismes de la récompense.

Source : Science, doi : 10.1126/science.aah5114 

Article aimablement communiqué par le Docteur Brecht qui est vivement remercié ici.

http://science.sciencemag.org/content/sci/suppl/2016/11/09/354.6313.757.DC1/aah5114s1.mp4