Les gigantesques responsabilités de la Commission Européenne

530px-Gruyères-main-street.jpg

Il y a quelques jours je me suis trouvé surpris devant le rayon fromages de mon petit-supermarché. Il y avait en vente sur le rayon du « Gruyère français » à côté du Roquefort et du Camembert. J’ai bien mis un G majuscule puisqu’il s’agit du nom du charmant village de Gruyères qui se trouve en Suisse dans le canton de Fribourg et non pas en France. J’en étais resté à l’emmenthal, au comté et autres fromages de Savoie en ce qui concerne ce type de fromage et pour moi le Gruyère provenait exclusivement de Suisse. Hélas, j’ai constaté que j’étais dans l’erreur car j’ignorais que la Commission Européenne avait légiféré – à la demande conjointe de la France et de la Suisse – au sujet des appellations d’origine contrôlée (AOC), des appellations d’origine protégée (AOP) et des indications géographiques protégées (IGP) – il faut apprécier la subtilité de ces nuances considérables … Les Suisses, on les comprend aisément, voyaient d’un très mauvais oeil que les Français usurpent l’origine de leur fromage provenant presque exclusivement de la vallée de la Saane.

Puisqu’il était nullement question de se faire la guerre pour des morceaux de fromages (la France et la Suisse sont en paix depuis la célèbre bataille de Marignan-1515) les deux pays se sont mis d’accord après moult discussions autour d’une table largement approvisionnée en gruyères et vins blancs secs du Valais tout proche pour qu’il existe une distinction visuelle entre les deux fromages : le gruyère suisse n’a pas de trous, comme le Comté, et le « gruyère français » doit avoir des petits trous, moins gros que ceux de l’emmenthal, appréciez encore la nuance. Tout est donc rentré dans l’ordre fin 2013 et depuis lors l’emballage doit préciser l’origine géographique (IGP) du gruyère français (AOP), l’appellation d’origine contrôlée (AOC) étant exclusivement réservée au fromage suisse.

DSCF5751.JPG

Le morceau de « gruyère français » que j’ai donc acheté, fort bon par ailleurs mais que je qualifierais de comté plutôt que de « Gruyère » de par sa fermeté moindre et sa saveur plutôt plus douce que son homologue suisse, est commercialisé par la Société Entremont basée à Annecy en France et fabriqué dans le Jura (FR 39.555.0 CE) et il est bien spécifié qu’il s’agit d’une dénomination géographique protégée (denominacion geografica protegida) conformément aux directives de la Commission Européenne. Il s’agit donc bien de comté (fabriqué dans le Jura, 39) puisqu’il n’a pas de trous, ce qu’exigent les Suisses, et non de « gruyère français » si on veut couper le morceau en quatre, mais la seule explication que j’aie pu trouver à cette ambigüité est le fait que les Espagnols connaissent le nom de « Gruyère » et ignorent qu’il existe un fromage français en tous points identique, ou presque, appelé comté. Il reste que cette histoire rocambolesque de fromages a bien fait chauffer les neurones des fonctionnaires de la Commission Européenne.

Illustration village de Gruyères avec en arrière plan le Moléson. Prochain article sur les fromages, le Camembert

http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2013:036:0001:0002:fr:PDF

La corruption organisée par les « corporatocrates »

European_Central_Bank_-_building_under_construction_-_Frankfurt_-_Germany_-_13.jpg

Fort heureusement il y a les lanceurs d’alerte comme Julian Assange ou encore Edward Snowden pour nous informer car consulter la presse main-stream subventionnée et les chaines de télévision étatisées ou propriétés de grands groupes industriels ou commerciaux n’est qu’une perte de temps : nous sommes tous soumis à une désinformation systématique sous une avalanche continue de nouvelles sans aucune importance ou dont la véracité est contestable. Par exemple, la politique monétaire de la banque centrale européenne (BCE) dirigée par un ancien employé de Goldman-Sachs du nom de Mario Draghi échappe à tout contrôle tant de la Commission Européenne que du Parlement de Strasbourg. La BCE se trouve comme par hasard à Francfort, la capitale financière de l’Allemagne et Draghi fait sa petite cuisine sans rendre de comptes à qui que ce soit.

Depuis juillet 2016, pas satisfaite de racheter des obligations souveraines sur le second marché, cette institution a entrepris d’acheter des actions de grandes corporations européennes ainsi que des titres de dette de ces mêmes corporations dans la plus grande opacité. Draghi a insisté sur le fait que la BCE n’achetait que sur le second marché et ne participait donc pas directement au financement de la dette des Etats ni des entreprises. C’était une manoeuvre pour dissimuler ce qui se fait dans l’ombre, entre corporatocrates, un néologisme inventé par Wolf Richter sur son blog, entre coquins pour être plus précis ! Tout est secret et fort heureusement les lanceurs d’alerte que j’ai cité ci-dessus ont permis d’y voir un peu plus clair. Le Corporate Europe Observatory a craqué les codes utilisés par la BCE pour identifier les corporations (multinationales) européennes bénéficiant de ses largesses et le résultat est assez surprenant.

On trouve par exemple les grands du pétrole : Shell, financé 11 fois depuis juillet dernier, Eni (Italie) financé 16 fois, Repsol (Espagne) six fois, OMV (Autriche) six fois également, et enfin Total (France) financé 7 fois. Quant aux multinationales impliquées dans le gaz naturel c’est le même tableau. Mais il n’y a pas que le secteur énergétique qui intéresse la BCE. L’industrie automobile bénéficie aussi des largesses de la BCE avec en tête Daimler, BMW, Volkswagen malgré ses problèmes de trucage des émissions des moteurs diesel, et enfin Renault.

Ce n’est pas tout et le Corporate Europe Observatory a aussi découvert que la BCE était on ne peut plus généreuse avec les trois majors françaises de l’eau : Suez, Vivendi et Veolia. Vous en voulez encore ? LVMH est aussi un chouchou de la BCE, tout comme la société autrichienne Novomatic dont la spécialité est les jeux de hasard et propriété du milliardaire Johan Graf. Tous les dirigeants de ces sociétés sont des copains de Mario Draghi et se retrouvent régulièrement dans les salons feutrés des hôtels de luxe qui à Davos, qui au club de Bilderberg. L’objectif de Draghi est d’atteindre 125 milliards d’euros d’ici la fin de 2017 dans ce genre d’opération souterraine qui échappe à la sagacité et au contrôle des politiciens.

Mais il est inutile de penser un seul instant que Jean-Claude Junker, le président de la Commission européenne, ne soit pas au courant des agissements de son ami Draghi. Ces agissements sont en effet à la limite de la légalité, on pourrait dire totalement illégaux puisque la BCE, dans sa grande mansuétude, s’implique aussi dans les « placements privés », en d’autres termes des titres de dette des corporations multinationales qui échappent au marché financier traditionnel. Seule une petite poignée d’investisseurs est au parfum et la BCE, à l’évidence, a transgressé le cadre de son statut de banque centrale en se positionnant comme acheteur de dette, dans ce cas, en premier ressort. L’immense avantage offert aux grandes corporations est qu’elles disposent via la BCE et directement d’un accès rapide et peu coûteux à des capitaux qu’elles ne trouvent plus auprès des banques.

On peut appeler ce genre de pratique de la corruption …

Source : wolfstreet.com

Vers une « séralinisation » de la Commission Européenne ?

Capture d’écran 2016-05-17 à 11.59.57.png

Au menu de l’ordre du jour de la Commission Européenne cette fin de semaine, la reconduction de l’autorisation du glyphosate ou son interdiction en Europe … Les organisations non gouvernementales qui se sont donné pour objectif d’orienter idéologiquement les instances décisionnelles européennes se frottent les mains d’avance : enfin une agriculture propre sans cet horrible pesticide de la non moins horrible société Monsanto qui provoque(rait) des cancers.

Il y a deux problèmes dans cette affaire qui pourrait ruiner une partie de l’agriculture. D’une part l’allégation de l’OMS via le Centre International de Recherche sur le Cancer (IARC) de considérer le glyphosate comme cancérigène est fausse car il n’y a jamais eu d’évidence depuis près de 30 ans que le glyphosate provoquait des cancers en particulier chez les personnels exposés directement à ce produit et à sa formulation. L’affirmation de l’IARC est tout simplement fantaisiste.

L’autre problème est beaucoup plus préoccupant ! Une étude très sérieuse menée indépendamment de la firme Monsanto par des agronomes de l’Université du Kansas et supervisée par les Départements de l’Agriculture tant du Canada que des USA a évalué le coût de l’interdiction des désherbants en général et du glyphosate en particulier puisque c’est le pesticides le moins coûteux et le plus efficace pour contrôler les mauvaises herbes dites adventices dans les cultures.

Malgré le fait que les améliorations génétiques des plantes de grande culture ont permis d’obtenir des rendements très améliorés en l’espace de moins de 50 ans, les « mauvaises herbes » constituent toujours un problème majeur pour les agriculteurs.

L’étude s’est intéressée au maïs et au soja, deux grandes cultures importantes économiquement pour le Canada et les USA. Des essais en plein champ ont été réalisés durant 5 années sur des parcelles traitées ou non avant les semis par du glyphosate. Les semences utilisées étaient des variétés résistantes ou non au glyphosate. Les résultats obtenus sont indubitables. Pour le maïs, la chute de rendement observée est de 52 % et pour le soja elle est de 49,5 % sans « désherbage » systématique préalable.

Naturellement et comme on peut s’y attendre les écologistes ultra-politisés réfuteront cette étude puisque le rendement maximal obtenu est celui de sojas et de maïs résistants au glyphosate semés sur des champs traités avec cet herbicide au moment des semis. Néanmoins, il faut se rendre à l’évidence et se mettre à la place de l’agriculteur nord-américain. Si on lui interdit l’utilisation d’un désherbant il mettra tout simplement la clé sous le paillasson, les pertes potentielles ayant été estimées seulement pour le Canada et les USA à 43 milliards de dollars par an.

Les agriculteurs européens ne sont pas autorisés à cultiver des maïs hybrides F1 résistants au glyphosate mais ils utilisent cet herbicide pour préparer les champs dans une certaine limite qui ne détruit malheureusement pas tous les adventices. Les rendements des cultures de maïs en Europe sont de l’ordre de 30 % inférieurs à ceux obtenus couramment en Amérique du Nord dans des conditions optimales. Sans désherbant la seule alternative est de herser les champs à plusieurs reprises avant les semis (qui doivent être retardés) dans le but de détruire les adventices, une opération coûteuse en temps, en carburant et en matériel. La WSSA (Weed Science Society of America, société pour la science des adventices) insiste sur le fait que le désherbage mécanique est un pis-aller économique et environnemental.

Si la Commission Européenne interdit le glyphosate, elle signera l’arrêt de mort d’un des rares secteurs agricoles européens encore rentables, celui des céréaliers. Mais pas seulement car les adventices sont aussi un facteur loin d’être négligeable pour les rendements d’autres cultures comme les pois, les betteraves ou encore les fruits et légumes et les pommes de terre. Les agriculteurs européens et en particulier français doivent s’attendre à une décision calamiteuse de ces technocrates au service de la cause écologiste.

Source : http://wssa.net/wssa/weed/croploss/ Illustration : Kansas State University

Le glyphosate revient à la une des médias … pour la mauvaise cause.

L’intoxication médiatique bat son plein. L’IARC (Centre International de Recherche sur le Cancer), une émanation onusienne coûteuse et inutile située à Lyon avait déclaré le RoundUp probablement cancérigène à la suite d’une compilation d’articles relatifs aux effets de cet herbicide sur la santé des travailleurs de la terre nourricière. Comme je l’ai déjà mentionné dans ce blog, j’ai une opinion personnelle désastreuse au sujet de la qualité des travaux de ce « machin » onusien peuplé de fonctionnaires tous aussi obtus et inefficaces les uns que les autres et loin d’être des scientifiques de haut niveau. Quand on grenouille dans ce genre d’endroit il faut trouver des idées percutantes pour l’opinion publique et le RoundUp (Monsanto) constituait l’opportunité à saisir.

L’information a fait le tour de la planète et maintenant c’est chose faite, dans son édition en ligne du 22 avril 2016, le Guardian déclare que le glyphosate est carcinogène (voir le lien) et donc le « probablement » a disparu … La Commission Européenne a mandaté des spécialistes qui ont déclaré qu’il n’y avait aucune évidence pour que l’IARC classe le glyphosate parmi les « probables » carcinogènes et le fait qu’elle considère que cet herbicide ne présente aucun danger pour la santé humaine et animale ne nécessitait pas son interdiction de mise sur le marché ni de moratoire ce hérissé d’horreur le parti vert du parlement européen, une institution constituée de politiciens grassement payés avec les impôts des contribuables européens et qui sont notoirement absentéistes et totalement inutiles.

Seulement voilà, le parti vert est puissamment implanté dans ce parlement et il a le champ libre pour colporter de fausses informations, organiser des pétitions et influer sur les décisions de la Commission. Comme le Guardian ne cache pas ses sympathies pour les verts en général et pour « Paix Verte » en particulier il était du devoir de ce journal de relater tendancieusement les faits en oubliant que les dizaines de milliers d’études scientifiques sérieuses réalisées sur le glyphosate n’ont jamais pu mettre en évidence un quelconque effet sur la santé. Le glyphosate est maintenant considéré comme une substance toxique pour la santé publique et l’environnement. On assiste donc à une dérive de vocabulaire uniquement motivée par des positions idéologiques telles celles d’un Séralini qui mélangea les genres : il faut choisir entre la vraie science et l’activisme idéologique, surtout quand on est un politicien supposé au service de ses concitoyens … Mais on a encore le droit de rêver !

http://www.theguardian.com/environment/2016/apr/22/european-commission-glyphosate-weedkiller-leaked-proposal

COP21 : Crise du carbone en Europe !

Capture d’écran 2015-12-01 à 18.32.59.png

Quelques heures avant le début du raout mondain COP21 qui doit statuer sur l’avenir des émissions de carbone et sur la manière la plus profitable de les taxer la Commission Européenne a mis en ligne un document étrange dont voici en capture d’écran l’introduction (voir le lien).

En 2014 malgré une augmentation du produit intérieur brut européen de 1,4 % les émissions de carbone de l’Europe ont diminué de 5,4 % par rapport à 2013. La France a été le meilleur troisième élève après la Slovaquie et le Royaume-Uni avec 8,4 % d’émissions en moins. Je ne suis pas économiste ni introduit dans les couloirs de la Commission mais ces données laissent franchement rêveur. Le document tente de se rattraper en « suggérant » que cette baisse s’explique par une chute de 4,5 % des émissions industrielles, y compris le secteur de l’énergie, un hiver particulièrement doux qui a réduit la demande pour le chauffage de 10 % et une diminution de 0,5 % de la consommation de carburant pour les automobiles.

Comment les fonctionnaires de la Commission font-ils leur calcul, c’est là la question et elle mérite un examen critique sérieux. Prenons les trois combustibles fossiles les plus utilisés en considérant que le charbon c’est 100 % de carbone, et les combustibles liquides pour automobiles et chauffage sont constitués de 100 % d’octane pour simplifier les calculs. Une tonne de charbon produit 3,6 tonnes de CO2, une tonne de gaz naturel produit 2,7 tonnes de CO2 et une tonne de combustible liquide produit 3 tonnes de CO2. C’est d’ailleurs sur cette base qu’on considère le gaz naturel comme le « moins polluant » et le charbon le « plus » polluant, ce qui ne veut strictement rien dire. Ces calculs ne sont pas rigoureux mais ils donnent une bonne idée de l’ordre de grandeur des milliards de tonnes de CO2 émis par l’Europe, 7,1 tonnes par habitant et par an en 2014 …

Il a donc fallu compiler tous les tonnages de combustibles fossiles utilisés en Europe pour arriver aux données présentées dans ce rapport car il n’y a pas d’autre protocole de calcul possible.

On ne peut que constater qu’après tout l’Europe est déjà un très bon élève dans la préservation du climat et qu’elle n’a que faire de cette COP21 puisque les émissions de carbone sont maintenant de 23 % inférieures à celles de 1990 !

Mais en réalité ces statistiques, si elles sont rigoureusement exactes, font ressortir que l’Europe est en récession, beaucoup plus gravement qu’on ne le dit, car qui dit baisse de la consommation d’énergie sous-entend une baisse de l’activité économique et ce maigre accroissement de 1,4 % du produit intérieur brut européen pour l’année 2014 n’est qu’un miroir aux alouettes alimenté par la planche à billets de la Banque Centrale Européenne. D’autre part il est pour le moins hasardeux de considérer que les moulins à vent et les panneaux solaires ont contribué à cette baisse d’émission de CO2 à moins qu’au cours de l’année 2014 il y ait toujours eu un vent soutenu et que Soleil ait brillé 24h/24, ce que ce document ne mentionne pas …

Comme je le disais dans un précédent billet de ce blog on nous ment sans aucune espèce de retenue ni de honte. C’est quand le début de la grande crise ?

Source : https://ec.europa.eu/jrc/en/news/global-growth-co2-emissions-stagnates

La Commission Européenne serait-elle déjà prise dans la nasse du TTIP ?

Hier matin comme tous les matins j’ai ouvert le blog Insolentiae.com de Charles Sannat et j’ai eu la stupeur d’apprendre que cet économiste soit roulait pour Greenpeace (voir le lien) soit ne comprenait rien à ce qu’il relatait dans son billet. Je lui ai envoyé un message pour lui rappeler vertement qu’il était dans l’erreur et j’ai été d’autant plus énervé que je n’ai pas eu de réponse à mon mail. Que Charles Sannat parle de l’EFSA et de Monsanto et d’une collusion évidente entre ces deux entités me paraît pour le moins être un raccourci idéologique, à moins que …

En tant qu’économiste ce monsieur, pour qui j’ai par ailleurs beaucoup de respect, devrait plutôt parler du TTIP toujours en cours de négociation dans le plus opaque des secrets. J’en profite donc ici proposer à mes lecteurs un billet de Paul Craig Roberts paru le 9 novembre dont j’ai fait une traduction la plus fidèle possible et qui était justement prêt à être mis en ligne hier. Y-a-t’il déjà des pressions de la part des firmes américaines sur les institutions européennes ? Je ne ferai qu’un commentaire en fin de billet.

Le nouvel esclavage des peuples occidentaux (Paul Craig Roberts)

Le nouvel esclavage des peuples occidentaux se met en place à plusieurs niveaux. L’un d’eux au sujet duquel j’ai déjà écrit de nombreux articles pendant plus de dix ans est la délocalisation du travail manufacturier. Les Américains, par exemple, participent de moins en moins à la production des biens et services qui leur sont proposés.

À un autre niveau nous faisons l’expérience de la financiarisation de l’économie occidentale au sujet de laquelle Michael Hudson est un expert ( « Killing the Host » , lien ). la financiarisation consiste à supprimer toute présence publique dans l’économie et convertir les surplus économique en intérêts pour secteur financier. Ces deux niveaux privent les peuples de toute perspective économique. Un troisième niveau d’asservissement prive ces peuples de droits politiques. Le TPP et le TTIP annihilent toute souveraineté politique au niveau national et et met la gouvernance entre les mains des grandes corporations. Ces traités appelés « partenariats commerciaux » n’ont rien à voir avec le commerce. Ces traités négociés dans le secret procurent une totale immunité aux grandes corporations contre les lois des pays dans lesquelles elles font du business. Ce but est atteint en déclarant toute interférence législative présente ou à venir de la part des gouvernements nationaux et des institutions supranationales (cas de l’Union Européenne) comme étant une contrainte pour le business et les profits des grandes corporations pouvant faire l’objet de poursuite devant des tribunaux organisés dans ce but (par le traité lui-même) qui peuvent condamner les gouvernement souverains à des pénalités financières. Par exemple l’interdiction des OGMs en France et dans d’autres pays européens serait en contradiction avec les termes du TTIP : tout simplement la démocratie est remplacée par les règles des grandes corporations !

J’ai écrit cela à longueur de billets. D’autres personnalités comme par exemple Chris Hedges pensent au contraire que ces traités seraient un bien pour éliminer tout simplement les gouvernement représentatifs des populations (voir le lien).

Les corporations achètent le pouvoir à peu de frais. Ils ont acheté la totalité de la Chambre des Représentants ( USA ) pour juste un peu moins de 200 millions de dollars. C’est ce que les corporations ont payé pour accélérer le processus de négociation en permettant au représentant américain de négocier en secret sans que le Congrès puisse avoir accès aux termes de ces négociations (voir le lien). En d’autres termes les agents des corporations américaines négocient directement avec les représentants des corporations des pays qui seront membres des accords de partenariat et cette poignée de personnalités bien subornées écrivent un accord qui permet à ces corporations de supplanter les pouvoirs nationaux des pays membres. Aucun négociateur ne représente les peuples ou les intérêts publics. Les gouvernements (et les législateurs, en France les députés) seront grassement rémunérés pour ratifier cet accord.

Une fois que ce partenariat sera concrètement mis en place, les gouvernements seront de facto privatisés. Il n’y aura plus aucune législature, plus de présidents ni de premiers ministres ni de juges. Les tribunaux des corporations décideront des lois et des régulations.

À l’évidence ces accords de partenariat auront des conséquences inattendues. Par exemple, la Russie et la Chine sont exclues de ces accords comme l’Iran, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud, encore que l’Inde ait été achetée par l’agrobusiness nord-américain en provoquant la destruction prévisible du système de production alimentaire auto-suffisant de ce pays. Ces pays constitueront les seuls endroits où une souveraineté nationale existera encore de pair avec un contrôle démocratique des institutions par les peuples. Toute liberté et toute forme de démocratie aura disparu des pays vassaux européens et du Sud-Est asiatique ayant avalisé ces accords.

Une autre possibilité pourra être une violente révolution dans tous ces pays nouveaux-esclaves des corporations pour éradiquer totalement les « Un pour Cent » ). Une fois par exemple que les Français découvriront qu’ils ont perdu le contrôle de leur nourriture au profit de l’agrobusiness (Monsanto par exemple) les membres du gouvernement français qui ont permis par ces traités d’inonder la France de ces produits toxiques seront tout simplement massacrés dans les rues.

Des évènements de ce genre sont tout à fait probables dans les pays européens quand les peuples découvriront qu’ils ont perdu tout contrôle sur tous les aspects de leur vie et qu’il ne leur reste plus qu’un choix, se révolter ou mourir …

Commentaire : objectivement on ne peut pas considérer que les plantes transgéniques (OGMs) soient toxiques pour la santé. Par contre on peut être à juste titre inquiété par les animaux d’élevage bourrés d’hormones et d’antibiotiques, une pratique vastement répandue aux USA et supposée être interdite en Europe. Par contre les pratiques des grandes corporations américaines impliquées dans l’élaboration de l’alimentation industrielle que j’appelle malbouffe sont directement à incriminer. Je pense pêle-mêle aux sirops de maïs enrichis en fructose et aux huiles partiellement hydrogénées ainsi qu’aux additifs introduits dans les aliments industriels. Certains Etats américains ont d’ailleurs commencé timidement à interdire ces pratiques mais les intérêts financiers sont tellement considérables que le combat ressemble à celui de David contre Goliath. Le sous-titre du livre de Michael Hudson est le suivant : « Comment les parasites de la finance et la dette détruisent l’économie globale », tout un programme !

Liens :

http://insolentiae.com/2015/11/13/scandaleux-les-produits-monsanto-sont-bio-et-cest-leurope-qui-le-dit-ledito-de-charles-sannat/

http://www.paulcraigroberts.org/2015/11/09/the-re-enserfment-of-western-peoples-paul-craig-roberts/

http://www.opednews.com/articles/1/The-Most-Brazen-Corporate-by-Chris-Hedges-American-Hypocrisy_Americans-For-Prosperity_Corporate-Citizenship_Corporate-Crime-151107-882.html

http://www.opednews.com/articles/Almost-200-Million-Donate-by-Paola-Casale-Banking_Congress_Control_Corporations-150620-523.html

http://www.levyinstitute.org/scholars/michael-hudson et http://michael-hudson.com/2015/09/killing-the-host-the-book/

Relire aussi : https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/06/20/reflexions-sur-le-ttp-le-ttip-et-le-tisa/

OGM en Europe, n’en parlons plus !

foll-2663663-jpg_2302390

L’Europe a donc choisi la voie de l’interdiction optionnelle de la culture des plantes transgéniques. A chaque Etat d’en décider, après tout la Commission Européenne se désolidarise des états d’âme des divers ministres de l’agriculture, car il s’agit bien d’états d’âme. Je cite Le Foll qui porte bien son patronyme (lepoint.fr) : « Le Foll ouvert aux OGM de seconde génération :« Avec ce nouveau cadre, les débats peuvent avoir lieu », a promis Stéphane Le Foll rappelant toutefois qu’il restait farouchement opposé aux OGM résistants aux herbicides ou aux ravageurs comme le Mon810 parce qu’ils « posent d’énormes problèmes« . Si ce n’est pas un « état d’âme » il faut qu’on me décrypte la déclaration de Le Foll. Quand il mentionne les « énormes problèmes » que « posent » les plantes transgéniques comme les maïs Bt ou RoundUp Ready, qu’il ait la délicatesse d’avouer qu’il est farouchement opposé à l’intrusion sur le territoire français des semenciers américains comme Pioneer ou Monsanto, point à la ligne.

Les agriculteurs français ne peuvent pas de passer de ces semenciers car ils leurs achètent déjà des semences hybrides F1 à haut rendement puisque Limagrain n’a pas l’envergure technique et commerciale pour satisfaire l’ensemble de la demande domestique. Est-ce que ce ministre sait au moins de quoi il parle quand il déclare que les plantes transgéniques posent d’ « énormes problèmes ». Plutôt que d’utiliser un langage sibyllin il pourrait préciser sa pensée ou plutôt, pardon, son état d’âme. Mais ses « états d’âme » ne sont pas exclusifs, ça rassure, car il se déclare franchement partisan des « OGM de deuxième génération » en mentionnant le riz doré. De quoi peut-il bien parler en déclarant que le riz doré est un « OGM » de deuxième génération ? Visiblement il ne sait pas de quoi il parle, CQFD. J’ai disserté à plusieurs reprises au sujet du riz doré sur ce blog et objectivement et scientifiquement on ne peut pas attribuer le qualificatif de deuxième génération à ce riz si ce n’est qu’il est dans le domaine public et que ni Monsanto, ni Pioneer (DuPont) ne sont impliqués dans la commercialisation des semences. On comprend donc le raisonnement tant du ministre français de l’agriculture que de la Commission Européenne, les politiciens européens sont non pas opposés aux plantes transgéniques mais à l’intrusion dans l’industrie agricole de l’Union des firmes américaines. C’est on ne peut plus clair ! Et comme les arguments scientifiques et techniques font cruellement défaut, le même Le Foll a obtenu des instances de Bruxelles de stipuler au sujet des plantes transgéniques que chaque Etat de l’Union pourra à discrétion interdire sur son territoire, en quelque sorte à la carte, la culture de plantes transgéniques en provenance des USA pour des raisons « autres que la santé et l’environnement, comme l’ordre public, l’aménagement du territoire ou la lutte contre la dissémination ». Je cite ici un article paru dans lepoints.fr. On ne peut pas faire mieux comme dissémination de la connerie !

Ce que ce monsieur n’a pas vraiment compris c’est qu’en réalité les Américains ont gagné la partie : leur maïs, leur soja, leurs pommes de terre, leurs tomates, leur coton et bien d’autres grandes cultures transgéniques, une quinzaine environ, reviennent beaucoup moins cher à produire quand elles ont été modifiées génétiquement non pas pour arrondir les profits des semenciers mais en permettant de réduire les intrants au niveau des agriculteurs et en particulier des pesticides. Le travail de sape des écologistes, encore une fois, au niveau tant des gouvernements des Etats de l’Union Européenne que des instances dirigeantes de Bruxelles a finalement payé, à terme l’agriculture européenne sera globalement perdante et l’industrie agro-alimentaire et l’élevage européens deviendront de plus en plus dépendants des USA.

Voilà donc où on en est et c’est tellement caricatural qu’on a presque envie d’en rire !

Photo du Ministre pêchée sur lepoint.fr