Le clitoris retrouve ses lettres de noblesse, enfin !

Capture d’écran 2017-06-25 à 15.19.01.png

Dans la ville de Calvin les commentaires vont bon train au sujet des nouveaux manuels scolaires de SVT à l’usage des élèves des collèges de France : on y découvre pour la première fois l’anatomie de la partie cachée du clitoris dans le manuel de SVT des Editions Magnard car en vertu du respect de l’égalité des sexes puisque l’anatomie du pénis était à peu près décrite dans le détail, celle du clitoris était cruellement absente (voir lien sur ce blog). Pendant des siècles le clitoris a alimenté les débats et les controverses – surtout auprès des hommes – jusqu’à la découverte récente de sa structure interne beaucoup plus importante qu’on ne l’imaginait jusqu’alors. Pour Hippocrate la stimulation du clitoris augmentait la fertilité des femmes. Pour les médecins de la fin du Moyen-Age le clitoris était comparé à la luette qui selon eux tempérait l’air pénétrant dans le corps. Il faudra attendre la seconde moitié du XVIe siècle pour que le clitoris soit décrit dans les planches anatomiques du Sieur Realdo Colombo qui appela le clitoris « amor veneris » après avoir effectué des expériences de toucher pour prouver que ce petit appendice de chair était lié au désir sexuel de la femme.

Colombo se risqua à appeler le clitoris « frénésie de Vénus » que Fallope, un autre anatomiste italien, renomma cleitoris, une dénomination qui a perduré. Mais les controverses se multiplièrent quant à la fonction véritable de cet organe à part entière. André Vésale (1514-1564) considérait que le clitoris était une malformation, un reliquat d’hermaphrodisme, rien que ça ! Le grand Ambroise Paré considérera que le clitoris est une partie obscène, dangereuse et honteuse de l’anatomie féminine … Quand il apparut que sans aucun doute cette petite proéminence anatomique était le siège du plaisir féminin l’Eglise, comme il fallait s’y attendre, s’en mêla après avoir admis que le « frisson » que procurait le clitoris était nécessaire pour la fécondation et qu’il participait à une sorte de double semence de concert avec le pénis de l’homme. La situation devint plus sujette à controverse quand il fut reconnu que l’ovulation n’avait rien à voir avec ce « frisson » et qu’elle était la conséquence d’un cycle d’environ 28 jours, alors l’Eglise, tant catholique que protestante, stigmatisa définitivement l’utilité du clitoris car après tout il n’était plus que la source du plaisir féminin.

Influencés par les prises de position des autorités religieuses certains médecins allèrent jusqu’à préconiser l’excision pour traiter l’épilepsie, la catalepsie et la nymphomanie. Des campagnes de propagande agressive diabolisèrent le clitoris car il était considéré comme la cause numéro un de l’hystérie, un argument repris par Sigmund Freud dans les années 1930 pour expliquer les névroses des femmes immatures et déviantes qui pratiquaient à outrance l’onanisme … Tout un programme ! Aujourd’hui le clitoris a été magnifiquement banalisé et presque glorifié dans une amusante vidéo de la réalisatrice canadienne Lori Malépart-Traversy que je conseille à mes lecteurs (et lectrices) de visionner tant elle est réaliste et humoristique ( https://youtu.be/J_3OA_VZVkY ). Les spécialistes de sexologie ne font plus de distinction entre l’orgasme dit vaginal et l’orgasme appelé par opposition clitoridien. Selon eux la pression du pénis sur les parois latérales de l’entrée du vagin stimule les corps caverneux internes (cachés) du clitoris conduisant à un orgasme que l’homme a trop tendance à considérer comme vaginal, donc provoqué par la nécéssaire présence de son pénis, une interprétation bien machiste de l’orgasme féminin.

Capture d’écran 2017-06-25 à 15.30.09.png

Le clitoris a donc, dans les livres de SVT français retrouvé ses lettres de noblesse, du moins en partie car il n’est nulle part mentionné qu’il est beaucoup plus innervé (plus de 8000 terminaisons neuronales) que le pénis de l’homme.

Inspiré d’un article paru dans les colonnes du quotidien genevois Le Temps. Illustrations : première description anatomique du clitoris, traité d’anatomie de Charles Estienne, 1546, le clitoris et les corps caverneux cachés (manuel de SVT des Editions Magnard, en violet dans l’illustration). Et aussi sur ce blog :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2016/09/07/vous-saurez-tout-tout-sur-le-clitoris/

Macron veut créer 10000 postes supplémentaires à l’Education nationale française !

800px-Jules_Ferry_Nadar.jpg

Quand j’ai lu cette nouvelle relatée par Le Monde il y a plusieurs jours j’ai cru avoir eu une hallucination. C’est pourtant l’un des points les plus clairs du programme de ce candidat, venu d’aucun parti politique et jamais élu auparavant, au trône élyséen. Il s’agit naturellement d’une mesure électoraliste qui va plaire aux 1 418 744 employés du mammouth, et ça fait beaucoup d’électeurs en comptant aussi leurs familles.

Parlons-en. L’Education Nationale compte plus d’employés que l’armée russe mais tout de même moins que l’armée de la Chine Populaire, ouf ! C’est en effet la plus grande administration dans le monde après cette armée chinoise.

Sur ces données disponibles publiquement il y a moins de 1 million d’enseignants effectivement en poste c’est-à-dire qu’il y a 512 087 fonctionnaires de l’EducNat classés pudiquement « administratifs » hors restauration et services annexes. Sur ces quelques cinq-cent-douze-mille personnes, selon une commission d’enquête de l’Assemblée Nationale, 37 664 n’apparaissent que dans la rubrique « dépense de personnels » dont personne ne sait ce qu’ils font exactement, même le Ministère l’ignore. Il y a également plus de 30 000 salariés du mammouth qui sont détachés on ne sait pas trop où et ni dans quelles fonctions.

L’Education Nationale coûte aux contribuables 100 milliards d’euros par an, c’est le prix de 6 EPR (si tant est que ce prix n’est pas à rallonges) ou encore de 52 porte-avions nucléaires de 36 000 tonnes avec hélices en état de marche.

Pourtant il y a en France aujourd’hui 459 600 élèves et étudiants de moins qu’en 1991 … alors qu’il y a 247 000 enseignants de plus ! Cherchez l’erreur …

L’efficacité du mammouth est exemplaire.

Le Ministère reconnait humblement que parmi les 726 000 jeunes qui quittent le système chaque année 439 000 d’entre eux n’ont pas acquis de réelle formation. À l’Université on dénombre 236 583 étudiants en « sciences humaines et sociales » qui coûtent chacun à la collectivité 48 000 euros par an alors qu’à peine 5000 postes sont à pourvoir dans ce secteur. Enfin l’OCDE a classé la France loin derrière les autres nations occidentales en classant 40 % des élèves sortis des lycées et collèges dans la catégorie des illettrés, c’est-à-dire incapables de lire, comprendre et résumer en 5 lignes un texte simple de 20 lignes, ça laisse rêveur. Cerise sur le gâteau, parmi les 13 meilleurs lycées parisiens pour leurs résultats au baccalauréat, 11 sont privés !

Source : Ministère de l’Education Nationale, illustration Jules Ferry, photo de Nadar (Wikipedia)

Note : Les écoles, lycées et universités ne sont pas des centres d’ « éducation » mais des endroits où les élèves acquièrent des connaissances à l’aide d’un personnel compétent qui transmet le savoir. L’éducation est l’affaire des parents et non des agents de l’Etat. Jules Ferry commit donc un abus de langage idéologique qui n’a jamais été corrigé. L’école publique est devenue un endroit où on éduque effectivement les enfants dès le plus jeune âge pour en faire des citoyens serviles. Voilà le résultat de l’ignoble décision de Jules Ferry, colonialiste, raciste et va-t-en-guerre, et de ses lois de 1881 et 1882.

Lire des histoires illustrées à un très jeune enfant : que des bénéfices !

Capture d’écran 2015-05-02 à 21.11.41

Il y a déjà plusieurs années mon fils lisait des histoires en français à sa fille tous les soirs et comme il s’agissait de livres pour enfants illustrés elle regardait les pages mais ne comprenait pas le texte écrit, bien évidemment. Il est certain maintenant que faire la lecture à de jeunes enfants est en fait associé à des différences dans l’activité cérébrale liée à l’aptitude précoce à la lecture. Naturellement ma petite-fille, dès l’âge de 1 an est allé à l’école maternelle japonaise et elle lit et écrit maintenant en japonais bien qu’elle comprenne parfaitement le français oral. Mais la lecture dès le plus jeune âge a un impact mesurable sur la manière dont un enfant mémorise les histoires et peut aider les parents à prédire sa capacité à lire et écrire par la suite. Les régions du cerveau qui sont en effet mises en œuvre sont celles où sont mémorisées les images ce qui aide l’enfant à « voir » les histoires à travers les illustrations en renforçant de manière irremplaçable le rôle futur de l’imagination. C’est ce qu’affirme, preuves à l’appui par imagerie fonctionnelle du cerveau par résonance magnétique nucléaire (fMRI) le Docteur John Hutton de l’Hôpital pour enfants de Cincinnati.

On conseille aux parents de faire la lecture à leurs très jeunes enfants pour stimuler leurs capacités de mémorisation et pour créer des connexions dans le cerveau qui favorisent le développement du langage, au moins dans les pays anglo-saxons et en tous les cas au Japon. J’ignore quelle est la position française à ce sujet sachant que le rôle de l’EducNat est d’atteindre un nivellement vers la médiocrité, ce qui me semble contradictoire avec ce type de conseil. Il manquait cependant des évidences directes de ces effets sur le cerveau des jeunes enfants et c’est maintenant chose faite. Le Docteur Hutton a étudié 19 jeunes enfants âgés de 3 à 5 ans, un tiers d’entre eux appartenant à des familles modestes. Les parents ou les personnes s’occupant de ces enfants à la maison ont répondu à quelques questions relatives aux stimulations des facultés cognitives des enfants notamment en ce qui concernait la lecture, quels livres, quelle sorte de livres et combien de fois on faisait la lecture aux enfants, par jour ou par semaine, quel temps les parents consacraient à parler et jouer avec leur enfant et quelles sortes d’exercices de reconnaissance des formes ou de dénombrement d’objets ils encourageaient leur enfant à effectuer.

On soumit alors les enfants parfaitement conscients à un examen par fMRI en leur faisant écouter à l’aide de mini-écouteurs une histoire adaptée à leur âge mais sans stimuli visuels alors qu’ils se trouvaient dans le tunnel de la machine magnétique. Le but de cette investigation était de savoir si les régions du cerveau impliquées dans le langage étaient plus activées avec des enfants à qui on faisait la lecture régulièrement en comparaison d’autres enfants plutôt délaissés dans ce domaine. Les résultats montrèrent que les enfants exposés à la maison à une lecture fréquente ou quotidienne montraient une forte activation des régions du cerveau prenant en charge spécifiquement la sémantique, en d’autres termes la signification du langage. Ces zones sont critiques pour l’apprentissage de la parole et plus tard de la lecture. Il s’agit de zones du cortex postérieur gauche, du precuneus (lobe pariétal supérieur, cerclé en bleu) qui est impliqué dans l’imagerie visuelle, du lobe moyen/temporal angulaire gauche (aussi appellé aire de Brodmann 37, cerclé en rose) impliqué dans la signification des associations auditives, si je ne me trompe pas, et du lobe occipital latéral impliqué dans la compréhension des associations visuelles (aussi appellé aire de Brodmann 17, cerclé en vert) comme l’indique l’illustration en lecture par imagerie différentielle indiquant le surcroit de consommation d’oxygène. Les couleurs les plus « chaudes » indiquent un flux sanguin plus élevé et donc une activité électrique plus soutenue.

Capture d’écran 2015-05-02 à 17.34.23

Les aires du cortex cérébral directement impliquées dans l’imagerie mentale sont donc les plus activées, ce qui suggère que la visualisation joue un rôle clé dans la compréhension narrative et la préparation à la lecture. Ces aires permettent en effet à l’enfant de « voir » le récit que son tuteur lui lit et qu’il écoute. Cette disposition devient d’autant plus importante quand l’enfant évolue des livres illustrés vers les livres sans images. Il doit alors imaginer « visuellement » l’histoire. L’étude a enfin montré que les ménages aisés lisaient plus volontiers des histoires illustrées à leurs enfants en bas âge, mais ce détail ne relevait pas de l’étude elle-même.

Ce résultat nouveau est prometteur dans la mesure où il aidera à promouvoir la lecture aux « tout-petits » afin d’éviter des problèmes scolaires futurs mais aussi à identifier les enfants à risque tout en leur permettant ensuite de se consacrer au monde merveilleux de la lecture.

Source : http://aapnews.aappublications.org/content/early/2015/04/25/aapnews.20150425-4 , illustrations : Dr Hutton et Wikipedia

Le rapport PISA et la théorie du genre

Capture d’écran 2015-03-28 à 10.58.23

Une des études figurant dans le rapport PISA qui fit beaucoup de bruit lors de sa publication parut presque inaperçu car il révèle ce que l’on veut cacher : la différence entre garçons et filles. Ce n’est plus politiquement correct d’établir une telle différence même si les faits sont pourtant là. Prétendre que les filles sont plus douées que les garçons pour les études bouscule la théorie du genre dont l’apologie fut largement répandue par Sarah Palin, membre du Parti Républicain américain mais surtout militante du Tea Party. Palin défend presque hystériquement, au sens étymologique du terme, la théorie du genre et quand on se rend à l’évidence, prétendre que les filles sont plus douées que les garçons pour l’apprentissage de la lecture pourrait au contraire satisfaire les tenantes de l’égalité des genres, tout dépend naturellement de quel côté on se trouve idéologiquement. Le rapport PISA 2012 est pourtant clair, dans tous les pays de l’OCDE les filles réussissent mieux les tests que les garçons, en moyenne de 38 points de plus ( 515 pour les filles et 478 pour les garçons) et le domaine d’excellence des filles est la lecture.

Le pays dont les filles sont les plus performantes est la Finlande. Les filles surpassent les garçons de 62 points dans les tests de lecture. Ce sont d’ailleurs ces excellentes performances des filles qui font que la Finlande a été classée première dans les tests PISA.

Si on analyse le graphique ci-dessus, il y a trois pays qui n’utilisent pas les caractères romains, Israël, la Corée et le Japon. Israël fait un peu exception car les élèves apprennent systématiquement l’anglais et l’hébreu à l’école, ce qui n’est pas le cas en Corée et au Japon lors des premières années d’étude. Ceci pourrait expliquer pourquoi la différence entre garçons et filles dans ces deux pays est la plus faible. Ce pourrait être l’incitation à la lecture qui ferait la différence or ce n’est pas le cas. On ne peut qu’en être réduit à des hypothèses floues considérant que les garçons se découvrent d’autres sujets d’intérêt les divertissant de leur scolarité. Dans des pays comme le Canada ou l’Australie où les enseignants encouragent les élèves à lire, les scores PISA n’ont pas été sensiblement augmentés pour les garçons. De même que les écoles exigeant plus de « travail à la maison » n’ont pas vu leur score PISA amélioré, de même il paraît illusoire de tenter d’établir des corrélations compte tenu de l’apparente simplicité du classement PISA qui n’autorise aucune stratégie analytique des « différences dans les différences ». Ce dernier point pourrait tout simplement remettre en cause la validité du classement PISA qui n’est finalement qu’une image très approximative du classement par pays de la qualité de l’enseignement. Il faut cependant remarquer que la différence entre filles est garçons a tendance à s’estomper depuis une cinquantaine d’années en particulier dans des disciplines comme les maths ou les sciences. Et cette « égalisation » des genres est encore plus marquée chez les adultes dans leur vie professionnelle. Il n’en reste pas moins que 65 % des hommes adultes déclarent (moyenne OCDE) ne jamais lire de livres alors que 63 % des femmes adultes s’adonnent régulièrement à la lecture. Une étude a montré que les femmes étaient très avides de livres d’occasion dans les présentoirs de certaines librairies alors que les hommes s’y intéressent que très rarement.

Peut-être que les tests PISA se vérifient à l’âge adulte …

Source : Brookings.edu

La désinformation c’est à partir de 8 ans !

DSC_3823

Je satisfaisais tranquillement à des fonctions biologiques basiques dans les toilettes du rez-de-chaussée de la maison de ma fille quand mon attention a été attirée par un magazine au nom évocateur de « Petit Quotidien » de PlayBac presse ( www.playbacpresse.fr ) destiné à la tranche d’âge 8-12 ans. Le bandeau « spécial planète Terre » a éveillé ma curiosité et j’ai parcouru ce magazine bien que n’appartenant plus à cette tranche d’âge pour me rendre compte de ce qui pouvait y être raconté à propos de la planète. Pour 5 euros on endoctrine les enfants et comme ils n’ont aucun sens critique, c’est encore plus facile de les formater et d’en faire des citoyens qui penseront correctement, c’est-à-dire conformément à la propagande scandaleusement distillée par ce magazine au sujet du réchauffement climatique. Tout y est, la fonte des neiges du Kilimanjaro, la disparition des atolls de Polynésie, la montée du niveau des océans, l’effet de serre, les gaz à effet de serre, le dérèglement climatique, la disparition des ours blancs … n’en jetez plus, ces bambins sont dès la sortie de l’enfance formés pour être plus tard des citoyens, de bons citoyens qui croiront ce que les politiciens leur raconteront sans même pouvoir formuler une quelconque critique car ce qu’on leur aura inculqué à force de magazines de ce genre comme fausses certitudes reprises par des professeurs des écoles tout aussi coulés dans le même moule idéologique conforme aux critères édictés par les instances dirigeantes de l’éducation nationale qui comme chacun sait sont pourries de l’intérieur par les Greenpeace, WWF et autres groupes terroristes de l’Eglise de Scientologie Climatique, ne pourront qu’admettre que c’est la vérité, celle à laquelle on doit croire sans se poser la moindre question.

DSC_3826

Un véritable scandale que de laisser accessible ce genre de torchon ! L’effet de serre : un dessin contredisant le deuxième principe de la thermodynamique qui dit qu’un corps froid, en l’occurrence l’atmosphère, ne peut pas transférer de chaleur à un corps plus chaud, la surface de la Terre, à moins d’une intervention externe comme par exemple le compresseur d’une machine frigorifique. Jamais le deuxième principe de la thermodynamique formulé en 1824 par Sadi Carnot n’a pu être infirmé et ce ne sont certainement pas les pseudo-scientifiques de l’IPCC qui pourront arriver à cette fin. Voilà le genre d’ineptie qu’on enfonce dans le crane des enfants avec de tels magazines dont l’orientation idéologique ne fait aucun doute, jugez par vous-même :

DSC_3825

C’est franchement révoltant car ces mêmes bambins finiront par convaincre leurs parents pour peu que ces derniers soient dénués aussi de sens critique. Renseignements pris, ce torchon avait été offert à mes petits-enfants par une amie de leurs parents qui est notoirement écologiste bornée et ayant perdu depuis longtemps toute espèce d’esprit de fronde en gobant tout cru tout ce qu’on lui sert à la télévision ou dans les journaux et ces magazines pour enfants, CQFD.

Lecture et écriture : globalement nouveau !

 

Capture d’écran 2014-04-10 à 09.34.07

Il n’y a pas si longtemps que le cerveau humain s’est adapté à l’écriture et par conséquent à la lecture. Les premiers alphabets remontent à peine à 1500 années avant notre ère si on considère que les hiéroglyphes égyptiens n’étaient pas en soi un alphabet mais un ensemble de pictogrammes, un peu comme les caractères chinois qui signifient en eux-mêmes une idée ou un concept, l’alphabet et l’écriture sont donc des phénomènes récents en termes d’évolution. Le premier véritable alphabet comprenant des voyelles apparut en Grèce et dérive du linéaire B de l’époque mycénienne. Il fallut attendre l’invention de l’imprimerie pour que le cerveau humain s’adapte réellement à la lecture car nous ne possédons pas de dispositions naturelles pour cet exercice cérébral, aussi curieux que cela puisse paraître.

Notre cerveau est équipé génétiquement pour gérer l’odorat, l’ouïe et la vue mais décrypter un texte fait appel à une adaptation récente, quelques milliers d’années, ce n’est rien en terme d’évolution. Le support papier existe toujours mais va progressivement être détrôné par toutes sortes d’équipements modernes comme les tablettes, les téléphones portables et les ordinateurs. Et c’est une nouvelle période d’adaptation de notre cerveau qui se dessine. Les spécialistes des sciences cognitives l’affirment, notre cerveau subit aujourd’hui une pression adaptative violente devant l’incroyable densité d’informations que nous offre en continu internet. Les yeux ne fonctionnent plus comme sur une page de papier quand ils sont fixés sur un écran d’ordinateur ou une tablette. Le regard effleure les mots mais ne transmet pas nécessairement toutes les informations au cerveau et on développe en quelque sorte un cerveau digital qui devient progressivement capable de faire un tri visuel rapide alors que depuis l’apparition de l’écriture notre cerveau n’a pas du tout été habitué à ce type d’exercice. Par conséquent les personnes (comme votre serviteur) qui passent plusieurs heures par jours devant l’écran de leur ordinateur et « naviguent » avec quelques doigts d’une information à une autre, souvent entourées de publicité (il faut bien que Google, les journaux en ligne et Facebook vivent), doivent faire un réel effort pour se reconvertir le temps d’une promenade dans un parc à la lecture de Marcel Proust ou d’Henry James dans une belle édition papier. Ces spécialistes des sciences cognitives se sont aperçu que l’addiction à l’ordinateur et à son écran, maintenant tactile pour les derniers modèles, a complètement perturbé les circuits neuronaux qui venaient à peine de s’adapter à l’écriture. La lecture en profondeur de Proust avec ses paragraphes d’une demi-page constitue presque un test permettant de reconnaître cette dégradation de la perception des caractères imprimés mais aussi de la transmission de ces informations au cerveau qui a perdu la capacité de la lecture en profondeur. Ce qui apparaît dans une étude réalisée à l’American University est la perte de la perception de la syntaxe et de la construction logique des phrases. L’arrivée de Tweeter a aggravé la situation avec la disparition de toute notion de syntaxe mais également de l’orthographe car ces messages courts nécessitent par essence une rédaction elliptique dénuée de toute notion d’orthographe et encore moins de syntaxe.

Les problèmes qui apparaissent avec ces supports de lecture et d’écriture ne concernent pour l’instant que les adultes qui se sont reconverti par obligation ou par choix personnel mais ce sont les enfants en âge d’apprendre à lire et écrire qui sont également les premiers concernés. Le cerveau des adultes reste « bilatéral » en ce sens qu’il est adapté à la lecture « papier » et que l’écran d’un ordinateur ne constitue pas un problème insurmontable. Mais l’enfant qui vient de déchiffrer l’alphabet et en est qu’au tout début de l’appréhension de la notion de phonèmes, un exercice parfois ardu, si ce dernier est déjà coutumier de l’usage des équipements électroniques variés, il lui sera beaucoup plus difficile de maîtriser cette adaptation qui est pourtant inévitable. C’est pourquoi le passage d’un mode de lecture « papier » à un mode « écran » n’est pas aussi simple qu’on peut le croire.

Je discutais il y a quelques jours avec une enseignante et je lui recommandais d’enseigner à ses élèves la saisie des textes avec les dix doigts sans regarder le clavier de l’ordinateur. Cette suggestion est en droite ligne avec l’usage de l’informatique et d’internet. Le regard devient fusionnel avec l’écran et les doigts ne sont plus qu’un élément de transmission de la pensée qui fonctionnent automatiquement. Mes lecteurs doivent penser que si j’étais incapable d’écrire sans regarder le clavier de mon Mac Book, je ne pourrais pas être aussi productif. Mais il y a bien longtemps que je me suis reconverti aux nouvelles technologies ! J’ai tout simplement appris à écrire à la machine sans regarder le clavier au début des années soixante et j’avoue que ce petit plus est très appréciable …

A vos claviers et vos écrans tactiles !

Inspiré d’un article paru dans le Washington Post