La « soviétisation » des médias occidentaux, cui bono ? Les USA …

Capture d’écran 2019-02-13 à 17.25.12.png

Voici la traduction aussi fidèle que possible d’un article de Patrick Armstrong paru sur le site Strategic Culture le 8 janvier 2019. Patrick Armstrong fut entre 1984 et 2008 analyste auprès du Département de la Défense nationale canadien et conseiller à l’Ambassade du Canada à Moscou. Il est un des meilleurs spécialistes occidentaux de l’ex-URSS et de la Russie.

Les principaux personnages des Pickwick Papers de Charles Dickens se rendent dans le comté fictif d’Eatanswill comme observateurs lors d’une élection que se disputent les candidats du Parti bleu et du Parti buff. La ville est passionnément divisée sur tous les sujets possible entre les deux candidats. Chaque parti a son propre journal : la Gazette d’Eatanswill est bleue et entièrement consacrée à l’éloge des Bleus et au dénigrement des Buffs qui sont perfides et méchants. L’Indépendant d’Eatanswill est tout aussi passionné. Aucun pro-Buff ne supporte de lire la Gazette calomnieuse et aucun pro-Bleu n’osera lire cet imprimé vil et faux qu’est l’Indépendant. Comme c’est toujours le cas avec Dickens tout est exagéré mais précis. Les journaux étaient outrancièrement partisans avant que le « journalisme » ne fut inventé. Puis advinrent les écoles de journalisme, l’éthique journalistique et l’objectivité journalistique : le « real-journalism » comme jes journalistes l’appellent. Le « Journalisme » est devenu une profession de diplômés. Il n’accepte plus les amateurs, les dilettantes ou les romanciers en herbe ni les magnats comme Lord Copper qui savait ce qu’il voulait et payait pour que ce soit imprimé.

Mais en dépit de cette prétention d’objectivité et d’éthique de la profession il y avait toujours des Lord Copper comme il y en avait à Eatanswill. D’autres Lord Copper sont arrivé puis partis, des grands empires de presse ont apparu puis disparurent et il y avait une grande variété de propriétaires de presse et de médias. Et les lecteurs qui étaient ni Bleu ni Buff pouvaient facilement se forger une opinion sur ce qui se passait réellement.

À l’époque de l’Union Soviétique la presse était sous contrôle, il n’y avait pas de presse libre, il y avait un seul propriétaire. Les tendances variaient légèrement entre le journal de l’armée, le journal du Parti, le journal du gouvernement et le journal pour la population qui était consacré à la littérature et au sport et ils disaient tous la même chose à propos des sujets importants. Les deux principaux journaux étaient la Pravda (« la vérité ») et les Izvestiya (« les nouvelles »). Cette situation a rapidement conduit à ce trait d’humour : « pas de vérité dans la Pravda et pas de nouvelles dans les Izvestiya ». Toutes les informations étaient assez grossières, il y avait beaucoup de gros capitalistes avec des chapeaux haut-de-forme et des sacs de pièces d’or dans chaque main. Les vêtements de l’Oncle Sam étaient dégoulinants de bombes et la devise était : « pas de problèmes ici, des problèmes là-bas ». La propagande n’était pas vraiment couronnée de succès et la plupart des lecteurs de ces deux journaux en étaient arrivés à penser que les médias soviétiques mentaient à la fois au sujet de l’URSS et au sujet de l’Occident.

Mais les temps ont changé. Alors qu’il y a encore 30 ans 50 sociétés contrôlaient 90 % des médias américains, aujourd’hui ce ne sont plus que 6 sociétés qui contrôlent les médias papier, électronique et télévisuel américains. Il en résulte que sur de nombreux sujets d’actualité il y a une totale uniformité d’analyse. Quel média occidental a affirmé que les dix points suivants sont exacts ?

1. Le peuple de Crimée est plutôt heureux de faire partie de la Russie.

2. Les USA et leurs alliés ont fourni d’énormes quantités d’armes aux djihadistes.

3. Les élections en Russie sont le reflet des sondages d’opinion.

4. Il y a un nombre effrayant de nazis bien armés en Ukraine.

5. Assad est très populaire en Syrie.

6. Les USA et leurs alliés ont détruit Raqqa.

7. La version officielle de l’affaire Skripal est dénuée de signification.

8. la situation en Ukraine est bien pire qu’avant Maidan.

9. La Russie, en réalité, avait déjà des milliers de militaires en Crimée avant Maidan.

10. Il existe un documentaire au sujet de Browder dont il a censuré la divulgation (voir le lien en fin de billet).

Je n’ai cité que ces dix points mais en cherchant un peu il en existe de dizaines d’autres. Parfois un entrefilet en sixième page sauve l’objectivité des journalistes mais la majorité de l’opinion occidentale répond qu’il ne croit pas à cette objectivité. Les sujets d’actualité sont couverts d’une seule voix par les médias occidentaux. Sans cesse un scandale révèle que des « journalistes » sont généreusement remerciés pour écrire des histoires qui conviennent. Mais après des révélations, ces derniers avouent leur partialité ou prétendent que leur histoire révélait des faits qui ne s’étaient jamais produit et le navire médiatique continue à voguer calmement en passant parfois par dessus bord des passagers. La couverture de certains sujets est presque fausse à 100 %. Et là la Russie, Poutine, la Syrie et l’Ukraine se distinguent avec une grande partie de la couverture médiatique de la Chine et de la Russie. Beaucoup d’informations concernant Israël ne sont pas autorisées. L’histoire de la collusion de la Russie dans les élections américaines est admise comme fictive mais en privé seulement par un organe de presse qui couvre ce sujet en permanence. Tout ce qui concerne Donald Trump est tellement aromatisé que c’est devenu immangeable. Les médias américains répètent sans cesse qu’il faut rester vigilants « contre la guerre de désinformation en Russie » et chaque jour on s’approche du mono-média « One correct opinion » et ceci pour les meilleures motivations possibles. Les médias occidentaux ont plutôt acquis un parfum soviétique.

Ainsi donc, dans un pays (le Canada mais aussi la plupart des pays occidentaux, au sens large l’Europe et l’Amérique du Nord) où l’initiative d’intégrité utilise nos impôts pour nous assurer que nous n’ayons plus jamais de pensées imprécises ou que nous n’ayons plus de pensées répréhensibles (dans l’affaire Skripal les révélations apparaissaient presque à chaque minute) nous devons totalement nous fier à « Free Media TM« . Tout dépend de ce qui vous intéresse. S’il s’agit de sports ces médias mentionnent les athlètes russes drogués à la différence des braves asthmatiques occidentaux ou des corps préparés pour la plage, pas des toxicomanes russes bien sûr mais uniquement des Américains en bonne santé, le signaler semble assez raisonnable comme de signaler dans la page météo qu’il y a eu une explosion de gaz en Sibérie ou encore dans la page spectacles les critiques de films mais surtout pas ceux de ces méchants russes. La presse occidentale est devenue une fusion étrange de l’Eatansville Gazette et de l’Indépendant d’Eatanswill : les Bleus et les Buffs sont des bons et les autres, surtout les Russes, sont des mauvais !

Donc comme on dit en Russie Что делать ? Que faire ? Eh bien je suggère que nous tirions un enseignement de l’Union soviétique : les citoyens de l’URSS étaient beaucoup plus sceptiques au sujet de leurs médias que ne le sont mes voisins, mes amis, les membres de ma famille aujourd’hui à propos des médias occidentaux. Je formule donc trois suggestions.

1. Il faut lire entre les lignes et c’est un art difficile qui demande beaucoup d’apprentissage et de pratique. Les dissidents peuvent envoyer des indices de l’intérieur du Ministère de la Vérité (Minitrue dans le roman de George Orwell). Par exemple il est difficile d’imaginer que quelqu’un puisse dire sérieusement « comment la Russie de Poutine a changé l’humour en arme offensive ». Ce truc a probablement été écrit pour se moquer de la panique des « officiels russes ». J’ai déjà spéculé sur le fait que les rapports de renseignements sur l’ingérence de la Russie étaient truqués.

2. Tentez de déceler ce que l’on ne vous dit pas. Souvenez-vous qu’il y a 2 ans Alep était une énorme histoire alors que plus personne n’en parle aujourd’hui. On devrait se demander pourquoi il n’y a plus aucunes informations au sujet d’Alep. Ah ! Il y a celle-ci ( https://www.youtube.com/watch?v=TZqQO1_HUc4 ). Houps, c’est une source russe, ce n’est pas du vrai journalisme ! En voici une sur Euronews : https://www.youtube.com/watch?v=Ey8DgEcEPws . Visiblement aucune de ces deux vidéos ne coïncide avec la destruction du dernier hôpital d’Alep ni avec l’affirmation de la brutalité d’Assad il y a 2 ans :

Capture d’écran 2019-02-13 à 16.50.56.png

(capture d’écran d’un titre de The Sun du 9 décembre 2016)

Voilà pourquoi la ville d’Alep n’est plus d’actualité dans les médias occidentaux. Il faut toujours se demander pourquoi un « grand évènement » disparaît soudainement : c’est une preuve très solide qu’il s’agissait d’un mensonge ou d’un non-sens.

3. La plupart du temps, après avoir vu, entendu ou lu une information dites-vous que la vérité c’est probablement le contraire, en particulier quand tous les médias dispensent la même information. C’est toujours bon de vous poser la question : cui bono ? Qui va profiter du fait que vous allez croire à une fausse information ? Il est déprimant de constater le succès d’un bon gros mensonge universellement repris par tous les médias. Milosevic, incroyablement diabolisé, a finalement été reconnu comme innocent, de même que Qaddafi n’a jamais bombardé son propre peuple, et les mêmes sortes de mensonges se répandent pour les ennemis du moment comme Assad. Croyez toujours l’opposé à moins d’avoir de très bonnes raisons.

Durant la Guerre Froide on croyait que les systèmes occidental et soviétique convergeaient et qu’ils se rencontreraient au centre, pour ainsi dire. Peut-être qu’ils se sont rencontrés mais ils se sont surtout croisés. Ainsi les médias occidentaux, jadis raisonnablement libres et multiples ressemblent maintenant aux médias soviétiques contrôlés et uniformisés et nous, Occidentaux, nous devons utiliser les méthodes des citoyens soviétiques d’alors pour comprendre le monde. Souvenez-vous toujours que les dirigeants soviétiques affirmaient que leurs médias étaient libres, libres de « fake-news qui plus est !

Commentaire de ma part et que j’assume totalement . Je regarde les titres du Figaro, du Monde, du Guardian, du Telegraph, du Temps, de la Libre Belgique ou encore des Echos chaque jour et je tente de retrouver le contenu de ces titres sur des sites alternatifs comme WolfStreet, ZeroHedge, MishTalk, le Réseau Voltaire que l’on m’a reproché de consulter (et c’est significatif de l’intoxication omniprésente par les médias en Europe) et RT.News en anglais ou RT.France. Enfin je regarde Mediapart et Lemedia et bien d’autres blogs. Au final j’arrive à me faire une idée et discerner ce qui est vrai de ce qui est faux. L’exposé de Patrick Armstrong est édifiant et il fait apparaître le totalitarisme orchestré par les USA pour prendre possession de l’Europe, le gros morceau, et de tous les autres états qui sont déclarés par Washington des menaces pour la sécurité intérieure américaine, c’est facile comme prétexte. Usant de son extraterritorialité juridique – contraire à la Charte des Nations-Unies – en prétextant que le dollar en circulation dans le monde entier est la monnaie des USA, Washington asservit le plus de pays possible pour s’opposer en premier lieu à la Russie, à l’Iran et à la Chine. Il faut rester lucide et comprendre et oser le dire ce sont les évangélico-sionistes ( excusez le pléonasme) qui dirigent la politique américaine. C’est en réalisant des recoupements d’informations que j’en suis arrivé à cette conclusion. Les démocraties sont en danger et il est urgent de réagir. Souvenons-nous de l’affaire Pierucci qui a abouti à la vente d’Alstom-énergie aux Américains, transaction ignominieuse chapeautée par Macron. Sous un faux prétexte – une fake-news, la justice américaine extraterritorialisée a fait plonger le cours de l’action d’Alstom en se basant sur de fausses informations soigneusement concoctées par la justice américaine. Les Français ont ensuite élu le traître à la nation, qui a cautionné cette honteuse transaction, à la tête de l’Etat !

https://en.wikipedia.org/wiki/Bill_Browder

L’honnêteté intellectuelle est-elle aussi respectée par les politiciens et les journalistes ? C’est une blague !

Capture d’écran 2019-01-22 à 11.30.21.png

Au hasard de mes lectures sur le Web, pas vraiment parce que je suis un habitué du réseau Voltaire, j’ai capturé ces quelques passages au sein d’une interview de Thierry Meyssan à propos de son dernier ouvrage « L’effroyable Imposture« . Je n’en dirai pas plus ! Thierry Meyssan est peut-être le journaliste le plus extraordinaire sur la Terre aujourd’hui et je conseille à mes lecteurs d’aller surfer sur son site voltairenet.org celà les changera de CNN, de TF1, de BFMTV, du Guardian ou du Monde …

Lorsque j’étais chercheur en biologie j’ai toujours remis en cause mes convictions du moment car cette attitude faisait partie de l’éthique scientifique. Aujourd’hui les journalistes mais aussi les politiciens ignorent délibérément cette disposition d’honnêteté fondamentale. Et depuis la mise en place du principe de précaution institué par cet individu exécrable qu’est Michel Barnier (relisez l’histoire, je n’invente rien) au nom de ce principe il n’est plus nécessaire de remettre dans le débat une vérité parfois acquise sous la pression de groupes d’activistes décidés à en découdre. L’exemple le plus caricatural est la position adoptée par la Commission européenne au sujet du glyphosate, tout simplement désespérant !

En ce qui concerne la politique étrangère de la France, la Constitution française avait été taillée sur mesure pour une grande personnalité exceptionnelle comme De Gaulle. Depuis le départ de De Gaulle la France a vu se succéder des présidents tous aussi médiocres les uns que les autres. La constitution française n’est pas adaptée à la médiocrité d’un président car le Parlement ne peut pas contrôler le Président. C’est ce que réclament les « Gilets jaunes » et je les approuve entièrement :

Capture d’écran 2019-01-22 à 11.29.44.png

Juste un lien sur ce blog pour situer la personnalité de Michel Barnier :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/07/04/le-principe-de-precaution-et-simone-veil-une-catastrophe/

Politique. Le traité d’Aix-la-Chapelle mardi 22 janvier 2018 : un nouveau Rethondes ?

Capture d’écran 2019-01-19 à 12.21.15.png

Une autre interprétation du « rapprochement » entre la France et l’Allemagne émane du journaliste et écrivain Charles Hugh Smith qu’il a laissé sur son blog le 14 janvier 2019 dans l’hypothèse d’une fracture entre ces deux pays et le reste de l’Europe qui entrainerait la disparition de l’Union Européenne. Pour C.H. Smith c’est sur la France et l’Allemagne que repose l’avenir de cette Union mais il ressort d’une analyse approfondie que même avec un traité rapprochant ces deux pays à l’intérieur de l’Union Européenne l’avenir n’est pas aussi rose qu’il semble l’être.

La désagrégation de l’économie allemande est généralement considérée comme invraisemblable sinon impossible et la même attitude s’applique à l’alliance renforcée germano-française au sein de l’Union car pour l’opinion l’euro et l’Union Européenne sont considérés comme aussi solides que du roc. Or ce n’est pas tout à fait le cas pour les raisons suivantes quand on considère les Etats constituant l’Union.

1. Il n’existe pas de force militaire effective et unie dans chacun des pays, et en particulier en Allemagne sinon celle de l’OTAN contrôlée par Washington.

2. Les pays de l’Union ne contrôlent pas leurs propres frontières.

3. Les pays n’ont aucun pouvoir de contrôle de leur monnaie et de leur système bancaire.

4. En Allemagne en particulier, mais également en France, la diversité des populations constituant ces pays s’est exacerbée avec l’arrivée récente de migrants provenant du Proche-Orient mais aussi des pays situés à l’est, dans le cas de l’Allemagne. Par exemple en Bavière ou dans le Baden-Wurttemberg la population est devenue franchement hostile aux immigrés. Cette hostilité se retrouve parmi les « Gilets jaunes » en France. Ces derniers considèrent à juste titre que leurs impôts sont en partie utilisés pour accorder des aides sociales à ces immigrés récents qui n’ont jamais contribué au fonctionnement de l’Etat.

5. La criminalité croissante et le non-respect des lois nationales par ces immigrés pudiquement appelés « réfugiés », tant en Allemagne qu’en France, un fait parfaitement connu de la population mais soigneusement occulté par les médias et les gouvernements, augmente cette fracture sociale. Les gouvernements, les force de police et la justice ont reçu l’ordre de minimiser les statistiques de la criminalité provoquée par les immigrés.

6. La conséquence de cette fracture sociale est une dislocation de l’équilibre traditionnel des partis politiques qui existait depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Même en Grande-Bretagne les Conservateurs ne sont plus qu’un cadavre politique.

La conséquence évidente tant en Allemagne qu’en France ou encore dans d’autres pays de l’Union est une amplification de ce phénomène de fracture sociale malgré le fait que la propagande des élites politiques tente d’ignorer ce fait 24/24 h et 7/7 jours. L’usage de la force contre les Gilets jaunes en France est délibérée et l’ordre a été donné aux 80000 policiers mobilisés d’amplifier cette violence dans le but de briser le mouvement populaire. Certains médias anglo-saxons considèrent déjà que la France n’est plus une démocratie ( http://www.unz.com/article/french-democracy-dead-or-alive/ ).

Sur le long terme l’Union Européenne, qui est une construction artificielle mise en place pour rapprocher des peuples disparates aux langues et traditions différentes et les homogénéiser, a nécessité près de 40 ans d’efforts pour devenir effective, mais elle ne résistera pas aux mouvements des peuples soumis à un stress croissant tant politique que financier et fiscal. L’Union européenne pourrait alors se désagréger brutalement.

Inspiré de : charleshughsmith.blogspot.com/2019/01/as-germany-and-france-come-apart-so-too.html

France : Le retour de Louis XVI

Capture d’écran 2018-12-31 à 15.36.23.png

Traduction d’un billet du journaliste Martin Sieff paru sur le site strategic-culture.org le 29 décembre 2018. Bonne lecture pour bien commencer l’année : il ne faut jamais oublier l’histoire passée. En caractères italiques en français dans le texte original.

Le Retour de Louis XVI : Emmanuel Macron, Roi de l’Ancien Régime

Il est facile de confondre le jeune et ridicule Président français Emmanuel Macron au Roi de France Louis XVI, libéral et adepte du marché libéral. Les extraordinaires prétentions de Macron à la dignité et à être un roi, loin de l’élever, lui ont ôté toute la crédibilité que les médias traditionnels, serviles, stupides et corrompus tant de l’Europe que des Etats-Unis ont voulu lui attribuer. Loin d’amener la Cinquième République à de nouveaux sommets et réalisations il est déjà tout à fait clair que Le Jeune Macron est en train de la détruire. Le contraste avec le fondateur de cette Cinquième République, le grand et vraiment régalien Charles de Gaulle ne pouvait pas être plus marqué.

Du haut de ses 1,96 mètres De Gaulle dominait son pays de plusieurs manières. Deux fois il fut littéralement le sauveur de la France, d’abord en tant que chef de la résistance française libre contre les Nazis et Président de la France de 1944 à 1946. Puis de retour au pouvoir en 1958 De Gaulle sauva son pays de la désintégration et de la guerre civile. Il mit fin au long et sanglant conflit algérien, il survécut à au moins 6 tentatives d’assassinat et a fait de son pays le plus puissant et le plus prospère d’Europe Occidentale. Il a également défié les USA à plusieurs reprises en critiquant la guerre du Vietnam et établi une relation durable d’amitié et de compréhension mutuelle avec l’Union Soviétique.

Physiquement Macron n’est pas petit de par sa taille de 1,78 mètres mais il agit petitement. Un an seulement après son entrée en fonction il est devenu irréfutable que je jeune Macron se moque de toutes les grandes réalisations de De Gaulle, Le Vieux, y compris la Ve République elle-même. Le jeune Macron, ridiculement, a infligé de nouvelles difficultés ruineuses au peuple français qui a déjà trop longtemps souffert pour satisfaire ses maîtres financiers mondiaux. Il a loyalement prouvé qu’il est le toutou de Washington dans ses décisions mesquines et destructrices d’imposer encore plus de sanctions économiques à la Russie. Loin de soustraire la France à des guerres ruineuses et inutiles dans le monde arabe ou musulman comme Le Grand Charles l’a fait en Algérie, Macron continue de soutenir et de promouvoir avec enthousiasme les interventions désastreuses de l’Occident en Syrie et en Libye.

Le vrai parallèle avec Macron ce n’est pas De Gaulle qui a restauré la richesse, la stabilité, la dignité et la fierté de la France mais Louis XVI, le dernier roi du régime monarchiste mais aussi personnage très internationaliste et libéral. Comme Macron Louis le seizième était un jeune technocrate enthousiaste, arrogant et idiot. Comme Macron il était un révolutionnaire internationaliste et un adepte du libre-échange. Il a soutenu les colonies américaines dans leur révolution réussie contre l’Empire britannique. Comme pour Macron et ses prédécesseurs Sarkozy et Hollande, Louis XVI n’a jamais compris que soutenir des mouvements révolutionnaires à des milliers de kilomètres de son pays pourrait revenir le hanter chez lui. C’est pourtant exactement ce qui est arrivé.

L’effondrement de sociétés ordonnées en Syrie et en Libye a entraîné l’afflux de millions d’immigrants en France et dans d’autres pays européens avec des conséquences sociales désastreuses. Louis XVI a aussi été victime de ce retour de flamme. Le révolutionnaire américain Benjamin Franklin a créé en France des sociétés clandestines qui en moins de dix ans ont renversé le royaume le plus puissant d’Europe. Loin d’être le réactionnaire qui a été qualifié ainsi pendant plus de 200 ans, le Roi Louis faisait partie du club des libéraux et des technocrates à la mode à son époque. Il vénérait en particulier Adam Smith, un économiste britannique partisan du libre échange dont le livre « The Wealth of Nations » (La Richesse des Nations) fut publié en 1776, la même année que celle de la révolution américaine. Dix ans plus tard Louis XVI signa alors le traité de libre-échange d’Eden (1786) avec la Grande-Bretagne voisine.

Comme je l’avais écrit dans ma propre histoire de l’économie en 2012 « That Should Be Still Us » (Ça devrait encore être nous) ce traité s’est avéré être une catastrophe : des produits manufacturés bon marché provenant de l’économie industrialisée britannique plus avancée ont envahi la France tandis que les Britanniques ont maintenu leurs propres barrières douanières pour contrer les importations d’Europe continentale. L’économie française s’est alors effondrée et des millions de personnes se sont retrouvées au chômage et affamées. En trois ans la révolution a éclaté et la monarchie a été renversée.

Louis XVI, comme Macron aujourd’hui, était convaincu que ses théories économiques avancées étaient plus importantes que les petites souffrances du peuple. Il a fallu la Révolution française et la perte de sa couronne puis de sa tête pour qu’il comprenne son erreur. Comme Louis XVI Macron n’a fait preuve d’aucune compréhension ni de sympathie pour les souffrances des gens ordinaires écrasés par sa politique absurde et inutile. Comme le Roi Louis le masque de libéralisme et de compassion de Macron s’est évanoui dès que son propre peuple a osé s’opposer à lui. Comme pour le Roi Louis sa seule réponse est maintenant la répression. Comme pour le Roi Louis il ne lui reste plus aucune idée en tête.

Les « Gilets Jaunes » ne vont pas disparaître. Les Français en ont assez du taux ce chômage réel de 50 % *(voir note), des frontières largement ouvertes à l’immigration, de la réduction des programmes d’assistance sociale et du non-respect des lois et de l’ordre que Macron et l’élite de Bruxelles leur ont imposé. La dernière révolution française n’est pas terminée, elle ne fait que commencer. Macron n’a rien appris de l’histoire, il est condamné à répéter les mêmes erreurs du passé, ce qui précipitera sa chute.

Note. Les statistiques du chômage que ce soit en France ou d’autres pays européens sont extensivement trafiquées. Pour la France officiellement il y a environ 10 % de la population active qui est sans travail. Cette statistique provient des ordinateurs de l’organisme étatique dit Pôle Emploi qui ne comptabilise que les demandeurs d’emploi officiels afin qu’ils disposent d’aides sociales. Il faudrait ajouter à cette statistique officielle toutes les personnes qui ne travaillent pas du tout, du moins officiellement, car ils subsistent gràce à des « petits boulots au noir », ça existe aussi en Espagne, ou bien qui travaillent « à l’essai » pendant 24 jours ouvrés durant un mois et sont gentiment congédiés avec un salaire payé en espèces pour que l’employeur échappe à toute charge sociale, ça existe aussi ici aux Canaries. Enfin il y a tous ces esclaves qui livrent par exemple des pizzas en vélo et reçoivent la prochaine tournée urgente sur leur téléphone portable dont l’abonnement est payé par leur père ou leur mère. En comptant toute cette classe de travailleurs à l’heure, à la journée ou à la semaine pour simplement survivre parce que les employeurs potentiels ne peuvent pas se permettre de payer des charges sociales exorbitantes alors on arrive comme l’écrivait Martin Sieff à près de 50 %. À cette énumération il faudrait ajouter tous ceux que les bobos du XIIIe arrondissement de Paris veulent avec pudeur ignorer : les adolescents et les anciens adolescents qui vivent de toutes sortes de trafics dans les banlieues des grandes villes de France. N’y a-t-il pas là le ferment pour une révolution violente qui pourrait emporter la démocratie française ? L’année 2019 pourrait bien être surprenante pour la France.

Marianne et Macron, même pathologie, lobotomisés !

Les sites alternatifs américains, en l’occurence le site de Mish Shedlock, sont très circonspects au sujet de la révolte populaire des « gilets jaunes » en France. Les Français sont assimilés à des frondeurs gaulois jamais contents qui sont toujours fâchés avec l’autorité. Mais la révolte présente n’a pu que prendre de l’ampleur puisqu’elle touche au porte-monnaie des classes moyennes et pauvres ou du moins qui vivent chroniquement des fins de mois difficiles. Quoiqu’en pensent les politiciens qui vivent confortablement sous les lambris dorés de la république c’est la grande majorité de la population française qui souffre étripée par le fisc. J’ai trouvé ces deux illustrations sur le site de Mish et elles sont significatives. Le bas-relief décorant l’arc de triomphe – un monument pas vraiment beau édifié à la gloire des massacres perpétrés dans toute l’Europe par Napoléon, il fallait avoir l’audace d’édifier un tel monument en plein centre de Paris – bas-relief représentant Marianne, tout un symbole, a été saccagé par les manifestants. Était-ce intentionnel ?

Capture d’écran 2018-12-03 à 23.56.25.png

Toujours est-il qu’on peut découvrir que cette sculpture est artificielle : la tête de Marianne est vide ! C’est donc un double symbole qui peut être interprété comme la vacuité cérébrale des dirigeants français, cette caste de fonctionnaires et d’énarques complices des puissances financières, que le peuple ne peut plus supporter.

Sous le fallacieux prétexte qu’il faut « décarboner » la France (pour sauver le climat) l’augmentation des taxes sur les produits pétroliers ne passe pas dans l’opinion et d’autant plus mal que la France est le leader européen toutes catégories des taxations en tous genres et des redistributions également en tous genres dignes de la plus pure idéologie appelée en d’autres temps communisme qui ne veut pas dire son nom. La tête de Marianne est vide : le gouvernement français fait n’importe quoi puisqu’il ne réfléchit même pas aux conséquences stupides et de surcroît inutiles de ses décisions. La transition énergétique écologique, solidaire et festive se terminera dans le sang puisque la majorité des Français, à l’évidence, n’en veulent pas.

Capture d’écran 2018-12-03 à 23.59.28.png

Le Président Macron dont la compétence est proportionnelle à son impopularité devrait songer à revoir sa copie s’il en est encore temps. Il voulait une révolution, il l’a eue !

Source des illustrations : https://moneymaven.io/mishtalk/

Billet d’humeur politique : Le coût du fonctionnement de l’Etat politique français

Capture d’écran 2018-10-02 à 16.59.51.png

Il y a quelques années une association italienne de journalistes a publié une étude détaillée du coût du fonctionnement du monde politique du pays et tous postes pris en considération elle était arrivée au chiffre incroyable de 15 milliards d’euros par an. J’ai malheureusement égaré le document ou du moins l’article paru, il me semble sans en être certain, dans le quotidien suisse La Tribune de Genève. Les Suisses, comme chacun le sait en Europe en général et en Italie ou en France en particulier, sont très regardants en ce qui concerne l’usage des impôts dont ils s’acquittent tant au niveau cantonal que fédéral et l’article montrait du doigt la mauvaise gestion des finances du monde politique italien. Qu’en est-il aujourd’hui ? Rien n’a changé et l’Italie se trouve dans une situation économique des plus périlleuses. Pour résumer la situation du pays des spaghettis sauce bolognaise si la Banque Centrale Européenne ne met pas en oeuvre un plan de sauvetage de l’économie italienne en ouvrant les vannes des OMTs (opérations monétaires sur titre, en anglais Outright Monetary Transactions) avec en contre-partie un plan d’austérité drastique pour réduire les dépenses de l’Etat, un peu comme le plan de rigueur imposé à la Grèce, alors l’Italie fera défaut sur sa dette et n’aura d’autre choix que de quitter l’euro, signant par conséquent la fin de l’union monétaire européenne.

Mais qu’en est-il de la France ? La situation est sensiblement identique puisque le montant de la dette officielle de l’Etat français vient tout juste de dépasser les 100 % du PIB et incluant les « hors-bilan », une entourloupe comptable mise en place par Juppé, la dette totale de l’Etat français dépasserait allègrement les 280 % du PIB, mais il ne faut surtout pas en parler car ça fait désordre. Pendant ce temps-là les contribuables sont de plus en plus imposés pour sauver ce qui peut encore l’être … mais le monde politique français continue à mener un grand train de vie. En lisant un article du chroniqueur H16, que je salue personnellement au passage, paru sur le quotidien en ligne Contrepoints et qui décrit le fonctionnement de l’Assemblée Nationale (illustration captée sur Contrepoints), on ne peut – en tant que simple citoyen actif contribuable ou retraité-contribuable – que s’indigner. Pour reprendre l’étude de ces journalistes italiens on peut sans trop se tromper que le coût du fonctionnement du monde politique français atteint facilement cette somme de 15 milliards par an.

Et c’est facile à comprendre si on fait une énumération courtelinesque de ce monde politique de privilégiés, souvent rémunérés avec des salaires pouvant atteindre plus de 10 fois le salaire minimum légal, qui ont voté des lois qui les arrangent et qui au fil des années ont fait resurgir une sorte de noblesse d’état tant honnie par les révolutionnaires de 1789. D’abord le mille-feuille français. Chaque niveau administratif et politique permet de favoriser la création de positions dans le « machin » politique. Les communes, les associations (ou communautés) de communes supposées réduire les coûts mais c’est l’inverse qui a été atteint, les cantons, les arrondissements avec les conseillers qui s’y trouvent dont les grands électeurs et les sénateurs, les départements avec leurs cortèges d’assemblées d’élus divers, de Présidents, de rapporteurs, bref le tout accompagné d’un personnel administratif pléthorique, de chauffeurs, d’agents d’entretien, de secrétariats, la liste est presque infinie. Viennent ensuite les sous-préfectures et les préfectures, les dignes représentants de l’Etat central avec leurs cabinets, leurs réseaux de renseignement, leur fonctionnement et l’entretien de tous ces locaux parfois ostentatoirement luxueux. Viennent ensuite les régions avec encore une fois leur cortège de politiciens élus ou pas, de personnels administratifs et de somptueux et coûteux locaux qui nécessitent également des sommes loin d’être négligeables d’entretien.

On en arrive à l’Etat central proprement dit qui n’a jamais été « décentralisé » car en France il faut un Etat central autoritaire sinon le pays ne pourrait pas « fonctionner ». Il y a le Sénat et l’Assemblée Nationale et tous les ministères ainsi que le Palais du monarque et tout ce « machin national central » nécessite des dizaines de milliers de personnes pour qu’il fonctionne à peu près correctement, du moins en apparence. Enfin il y a l’entretien astronomique des « ors de la République » en d’autres termes les nombreux « palais » divers et variés qui saupoudrent Paris, sa banlieue et les contrées profondes du pays. Si une personne curieuse, dans une équipe de journalistes courageux par exemple, prenait en considération toutes les dépenses de fonctionnement de l’Etat français en y incluant tous les salaires mais également toutes les pensions de retraite cumulables on arriverait pour la France à peu près à 15 milliards d’euros, probablement beaucoup plus, chaque année. Et le gouvernement va demander aux citoyens de se serrer encore la ceinture d’un cran car il faut réduire les déficits de l’Etat. De qui se moque le Président et sa clique de politiciens tous aussi incapables et corrompus les uns que les autres ? Comme H16 titrait son article « Oui, l’Assemblée nationale se fout ouvertement de votre gueule » en réalité c’est l’ensemble du monde politique qui se moque totalement des citoyens à hauteur de 15 milliards par an en menant grand train de vie comme la noblesse du temps des rois ! Vive la révolution, vive la France, pays complêtement foutu comme a coutûme de le mentionner H16 …

Notes. Dans ce billet il n’est pas fait mention de la police, de la gendarmerie, de l’armée, de l’éducation nationale, de l’économie ou encore de la protection sociale qui ne font pas partie à proprement parler du monde politique. Il y a quelques années un de mes amis me demandait où il pourrait investir un peu d’argent. Je lui ai répondu qu’il n’avait qu’à acheter un plein container de manches de pioches car ça peut toujours servir et qu’il réaliserait une plus-value conséquente en les vendant aux révolutionnaires. Comme le dit un proverbe chinois « le poisson commence à pourrir par la tête », c’est justement ce qui se passe en France, un monde politique corrompu par l’argent qu’il s’est attribué légalement en votant des lois à son profit.

Macron : l’homme de l’ombre ?

Capture d’écran 2018-05-03 à 18.27.15.png

Voici un billet écrit par Gilbert Doctorow, analyste politique indépendant basé à Bruxelles, paru sur le site « Une Parole Franche » ( usforeignpolicy.blogs.lalibre.be ) un blog trouvé sur le quotidien La Libre Belgique. Je me suis contenté de corriger quelques fautes d’orthographe et de syntaxe. Figurent en italiques les rares ajouts de mon crû pour la bonne compréhension du texte. J’ai cru intéressant de le soumettre à mes lecteurs. Je ne fais aucun commentaire. Bonne lecture.

L’ascension de Macron au pouvoir : l’ingérance américaine dans la vie politique française

Si nous regardons les élections présidentielles françaises de 2017, prises isolément, il n’y a pas de raisons de croire ma déclaration d’ingérance américaine parce qu’il n’y a pas des preuves d’une intervention de l’extérieur. L’année passée en Amérique et en France on disait que Macron était élévé à la présidence par les efforts et l’argent des banquiers internationaux, les même qui l’ont

recruté, lui ont donné un boulot chez eux et finalement, après une carrière météorique non-justifiée par aucune réalisation professionnelle, lui ont trouvé une position dans le palais de l’Elysée comme assistant au secrétaire général auprès de François Hollande, ensuite Ministre de l’Economie et des Finances. Bien sûr, ses amis les banquiers internationaux ont des liens étroits avec la capitale de la finance mondiale, New York. Mais personne n’a suggéré un quelconque rôle du gouvernement des Etats-Unis dans sa réussite … Jusqu’à maintenant.

L’argument en faveur d’une influence américaine devient beaucoup plus fort quand on regarde six ans en arrière et surveille la compétition pré-électorale pour le scrutin du printemps 2012. Seulement un aveugle ne voit pas comment la main des Etats-Unis a pesé sur les équilibres pour assurer l’élection d’un esprit lent, l’insignificant François Hollande, au lieu du favori du Parti Socialiste, Dominique Strauss-Kahn. 

Au printemps 2011, DSK était encore Directeur Général du Fonds Monétaire International où il travaillait depuis  2007. Avant son arrivée à Washington, il faisait une bonne carrière politique en France y compris notamment comme Ministre de l’Economie et des Finances. Il était considéré par beaucoup de monde très intelligent et un bon stratégiste pour son parti. En même temps dans sa position de Directeur Général du FMI il exposait des opinions ouvertement anti-américaines. On parlait en particulier de sa recommandation de remplacer le dollar US comme devise internationale de réserve par les « Special Drawing Rights » (droits de tirage spéciaux, DTS), une devise abstraite non liée à un pays seul. 

Quoi qu’il en soit, le 18 mai 2011 Strauss-Kahn était arrêté à New York accusé d’une aggression sexuelle contre une femme de chambre de son hôtel. L’arrestation fut dramatique : il fut retiré de son avion juste avant le décollage, mené sous (bonne) garde à un commissariat de police et, menotté, presenté dans un alignement de suspects pour que son accusatrice puisse l’identifier. Tout cela s’est passé sous les yeux des journalistes. On lui a promis une incarcération de longue durée pour un délit que ses amis ont caracterisé comme un piège politiquement motivé. L’affaire criminelle à son encontre a été finalement abandonnée. Un règlement à l’amiable a été conclu avec la femme de chambre. Et la carrière de DSK s’est terminée dans la honte. Son parti en désordre, la candidature pour la présidence passe à François Hollande, le conjoint de la candidate pour les élections de 2007 Ségolène Royal, son seul avantage étant son statut d’initié. 

Le titulaire et candidat de la Droite Nicolas Sarkozy est pénalisé par les machinations financières liées à sa première campagne électorale et par l’allégation qu’il a touché de l’argent libyen offert par le Colonel Muamar Ghaddafi. Ainsi l’insipide Hollande peut gagner une contestation au coude à coude et prendre charge du gouvernement français avec un programme qui consistera finalement à doper le taux d’emploi par une augmentation énorme du nombre de personnels dans le secteur étatique. 

La période du mandat de Hollande fut marquée par la stagnation économique et une France faible en Europe, qui trace timidement les sillons de la Chancelière allemande Angela Merkel dans l’alliance traditionnelle franco-allemande à la tête de l’UE.  

Au moment où les élections de 2017 approchent, le taux de popularité de François Hollande descend à 5 % de la population, et le Président annonce qu’il retire sa candidature. La lutte pour le pouvoir est concentrée entre le parti conservateur, les Républicains, formé par Nicolas Sarkozy, mais un parti qu’il ne dirige plus vers le scrutin à cause des scandales autour de lui, et le Front National, le parti populiste, xénophobe, eurosceptique, mené par Marine Le Pen. 

Parmi les Républicains, François Fillon, le premier ministre sous la présidence de Sarkozy de 2007 à 2012, est devenu assez rapidement le leader. Le 20 novembre 2016 il gagne le vote dans les primaires et il reste le favori au début du printemps. À sa faveur, Fillon est experimenté, compétent et reformateur économique.

De l’autre côté de l’Atlantique, l’éventualité d’une victoire de Le Pen ou de Fillon est insupportable. L’Establishment américain déteste Le Pen, parce que sa victoire ajoutera encore du dynamisme à la vague populiste. Cette vague a déjà gagné la Maison Blanche en novembre 2016 (avec l’élection de Donald Trump) et elle (la vague populiste) travaille à la déconstruction de l’Ordre International si bien aimé de Washington. 

Pour sa part, Fillon reçoit le support du groupe médiatique Bloomberg, où il est considéré comme la seule personne qui peut éviter l’eléction de Le Pen. Mais d’ailleurs, Fillon n’a pas plus d’amateurs en Amérique que Le Pen : tous les deux portent l’opprobre d’être des “amis” de Poutine.   

François Fillon a rencontré avec Vladimir Poutine dans les couloirs du Forum International Economique de Saint-Pétersbourg  en juin 2015 et a été invité aux débats sur la television d’état russe, Fillon a donné des commentaires favorables au rétablissement de relations normales avec la Russie. A plusieurs reprises, il s’exprime contre les sanctions américaines. S’il est élu Président de la République française, Fillon créera un tandem transatlantique avec Trump pour contrer la direction actuelle stratégique des Etats-Unis : de nous (le Deep State) en prendre à l’ours russe et de présenter l’image d’un ennemi aggressif à l’Est de l’Europe pour rassembler les alliés et consolider l’emprise hégémonique sur le Vieux Continent comme dans le monde entier.

Ainsi, pas de raison pour nous d’être surpris, si la candidature de Fillon est déraillée (sic dans le texte original, voir le lien ci-dessus) juste quelques semaines avant le premier tour des élections présidentielles. Fillon est accusé de détournement de fonds publics: “il a payé à son épouse et ses enfants des centaines de milliers d’euros en remunération de l’Etat pour peu de travai sinon aucune service rendu.” Est-ce que Fillon était coupable?  Sans doute, oui.  Mais un tel jugement ignore la réalité des habitudes dans la vie politique de la France depuis des décénnies, où de telles pratiques étaient très répandues à cause des fautes dans le système de financement des élections et de compensation des élus. La France, comme beaucoup d’autres pays européens y compris son voisin l’Allemagne a connu une corruption institutionalisée. 

Avec Fillon deshonoré et écarté, le flambeau de la lutte contre Marine Le Pen passe au candidat hors Establishment et sans appui d’un parti traditionnel, Emmanuel Macron, qui a monté une campagne sur le principe de l’anti-corruption. Lui aussi est un “populiste” mais il accepte l’Ordre International existant et la domination américaine des affaires globales. Macron est le candidat parfaitement adéquat aux besoins des possibles intervenants d’outre-Atlantique. Il n’a pas d’expérience de la politique électorale, n’a pas de mécanisme de parti pour l’accompagner et, comme nous l’avons remarqué en sus (lire la première partie du billet de Doctorow à ce sujet), possède des fautes de sa personnalité qui le rendent assujetti au chantage.

Dans cet exposé, j’ai établi les motifs et les moyens pour que le Deep State américain ait pu influencer les élections présidentielles de 2017 en France et ait placé Emmanuel Macron sur le trône. Il me manqué les preuves que les agents des services de renseignement américaines ont saisi l’opportunité. Mais l’ingérance des Etats-Unis dans le précédant cycle électoral nous suggère qu’une telle intervention était “highly likely”, n’est-ce pas ?

© Gilbert Doctorow, 2018