Le barbecue à la mode écolo

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Les défenseurs du climat et de l’environnement, en Allemagne, ne sont pas à court d’imagination et celle-ci est plutôt alambiquée et inattendue. Si vous êtes amateur de grillades au charbon de bois en plein air sachez que c’est très mauvais pour le climat. La première raison est qu’en ces temps de canicule (provoquée par le réchauffement climatique d’origine humaine) les amateurs de barbecue ont plutôt tendance à satisfaire leur appétit de travers de porc le soir, quand la température est revenue à des valeurs moins étouffantes. Malheur à vous ! Les arbres ne captant pas de CO2 la nuit vous êtes doublement coupable de dégradation délibérée du climat. Il eut été judicieux d’allumer ce barbecue le matin, de préparer les grillades pour les manger froides au cours des repas de la journée : c’eut été plus écologiste.

L’utilisation du charbon de bois est également une véritable hérésie climatique. Le charbon de bois est fabriqué en brûlant incomplètement du bois vert, donc du bois provenant d’arbres vivants. De ce fait la capture du CO2 est réduite par l’abattage de jeunes arbres qui auraient ensuite grandi pour capter encore plus de ce vilain gaz qui dérègle le climat. Il est préférable d’utiliser des briquettes confectionnées à partir des résidus des pressoirs d’olives : aucun arbre n’a été coupé pour les produire. Il y a aussi les briquettes fabriquées à partir de sarments de vigne, de coques de noix de coco, de résidus de bambou ou de rafles de maïs, des produits que l’on trouve dans les échoppes « organiques ». Dans le même ordre de discipline climatique pour allumer votre barbecue n’utilisez aucun produit dérivé du pétrole, c’est très mauvais et de plus c’est carcinogène. N’utilisez que des grosses allumettes faites avec du bois compressé imprégné d’huile végétale ou de cire d’origine naturelle, merci aux abeilles, du moins à celles qui ont échappé aux néonicotinoïdes. On trouve aussi ces produits dans les échoppes organiques. Naturellement, pour rester renouvelable et naturel il faut y mettre le prix …

La viande provenant d’animaux d’élevage, eux-mêmes producteurs de quantités astronomiques de méthane totalement délétère pour le climat, doit être remplacée par des escalopes d’aubergines, de poivrons fourrés de mozzarella (si possible artificielle) ou encore de zucchini (courgettes pour les intimes) farcis avec des champignons ou d’autres produits végétaux, du tofu salé, poivré et épicé peut le faire. L’administration environnementaliste allemande rappelle que pour produire 1 kg de viande de bœuf il faut 15000 litres d’eau et l’animal aura émis 30 kg de CO2 par kg de viande produite. J’avoue que je n’ai pas cherché à savoir si ces chiffres étaient exacts. Enfin, pour conclure cette belle leçon d’écologie militante, il va sans dire qu’il ne faut surtout pas utiliser de vaisselle et de couverts jetables.

Bon barbecues festifs …

Source : Germany Friends of the Earth ( https://www.bund-hamburg.de/service/termine/detail/event/gruenes-grillen-1/ ) via le blog de Pierre Gosselin (notrickszone.com)

Réflexions au sujet de la Chine, suite.

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Il est un domaine où la planification sur le long terme est nécessaire et c’est ce que la France fit lors des législations De Gaulle et Pompidou, la planification de l’électrification d’origine nucléaire du pays. Lorsque j’étais collégien en pension chez les curés les rares souvenirs positifs que je garde sont la visite du chantier du barrage hydroélectrique au fil de l’eau sur le Rhône au sud de Lyon à Pierre-Bénite. Si on n’a pas visité ce chantier au cours de l’élaboration des fondations du barrage, que l’on circule sur l’autoroute du sud et que l’on regarde la structure à peine visible de cette réalisation on ne peut pas comprendre l’ampleur des travaux effectués pour produire des kWh pratiquement gratuits aujourd’hui. Il fallut une planification rigoureuse sur le long terme pour que de tels ouvrages puissent être réalisés. L’autre visite qui me marqua profondément fut celle de la centrale nucléaire de Bugey I, une visite très spectaculaire ! En effet il s’agissait d’un réacteur nucléaire consommant de l’uranium naturel avec un modérateur constitué de briques de graphite et le tout refroidi avec du CO2 sous pression permettant d’actionner une turbine pour produire de l’électricité. La particularité de ce réacteur était que l’on pouvait marcher tranquillement sur la dalle supérieure du réacteur en fonctionnement sans craindre d’être contaminé. Le bruit de la soufflerie du circuit de refroidissement était impressionnant ainsi que celui de la turbine couplée à l’alternateur dans la salle des machines. La construction des réacteurs graphite-gaz avait été planifiée bien avant la décision de l’administration De Gaulle dans le but de produire assez de plutonium pour réaliser ensuite des bombes … Bref, le programme électronucléaire décidé par De Gaulle et dont la France profite encore fut le fruit d’une planification sur le long terme : on ne construit pas un réacteur nucléaire en quelques années car il s’agit d’un technologie complexe, tout aussi complexe que de reconstruire la cathédrale Notre-Dame de Paris à l’identique dont l’édification dura plus de 100 ans.

Venons-en donc à la Chine et à l’énergie nucléaire dans ce pays. Les dirigeants chinois se moquent d’être élus, réélus ou non, ce n’est pas leur problème comme c’est le cas pour les politiciens occidentaux, entre parenthèses il s’agit ici d’un système totalement débile, je parle bien sûr des pays occidentaux. Les dirigeants chinois pensent à l’avenir et ils savent qu’un jour viendra où la natalité de leur pays diminuera et il n’y a pas d’autre solution pour attendre ce but, c’est l’embourgeoisement de la population. En ce qui concerne l’énergie ces mêmes dirigeants savent très bien qu’il faudra un jour sauvegarder le charbon dont ce pays dispose en d’immenses réserves pour l’utiliser dans l’industrie chimique. Le développement de l’énergie nucléaire est donc devenu un priorité absolue pour la Chine. Il y a aujourd’hui 47 réacteurs nucléaires couplés au réseau électrique dont les deux premiers EPRs du monde opérationnels. Il y a 16 réacteurs nucléaires en construction à divers stades dont un surrégénérateur sous licence russe et un réacteur haute température à combustible en lit fluidisé refroidi à l’hélium pour la production d’hydrogène utilisant le procédé iode-soufre et deux autres EPRs de technologie maintenant entièrement chinoise. Sont planifiés en outre 63 autres réacteurs nucléaires, majoritairement des AP1000, c’est-à-dire des PWRs type Fessenheim un peu améliorés dont la durée de vie envisagée est d’au moins 70 ans comme d’ailleurs celle des deux EPR déjà opérationnels. En France comme dans beaucoup d’autres pays européens on planifie le retour au XVIIIe siècle, en Chine on planifie l’énergie vers l’horizon 2100. Voilà toute la différence entre la Chine et les pays occidentaux …

Sources : Wikipedia, illustration WNN, les deux EPR chinois opérationnels.

Le « Russiagate », les Nazis et la CIA …

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Le succès politique du « Russiagate » réside dans la négation de l’histoire américaine au profit d’une vertu libérale de façade. Posé comme une réponse à l’élection de Donald Trump, une ligne droite peut être tirée depuis les efforts visant à minimiser l’influence de l’économie de guerre américaine en 1946 jusqu’à l’alliance de la CIA avec les fascistes ukrainiens en 2014. En 1945, le NSC (National Security Council) a publié une série de directives qui ont donné une logique et une direction aux actions de la CIA pendant la guerre froide. Le fait que celles-ci persistent malgré la « chute du communisme » suggère que le NSC est resté un espace réservé à la poursuite d’autres objectifs.

La première guerre froide était une entreprise commerciale impériale visant à maintenir au pouvoir les généraux, les bureaucrates et les fournisseurs de matériel de guerre et l’alimentation de leurs comptes bancaires après la Seconde Guerre mondiale. De même, le côté américain de la course aux armements nucléaires a permis à d’anciens officiers de la Gestapo et des SS d’être employés par la CIA* (liens signalés par un * en fin de billets) pour faire valoir leurs fantasmes paranoïaques en tant qu’évaluations des capacités militaires russes. Pourquoi, parmi tous les gens, d’anciens officiers nazis seraient-ils chargés du renseignement militaire si des évaluations précises étaient le véritable objectif ? La réponse est simple : les nazis détestaient les Soviétiques encore plus que les Américains.

Les idéologies binaires du Russiagate – pour ou contre Donald Trump, pour ou contre la Russie néolibérale et le « pétro-état » – définissent les limites d’un discours acceptable au profit d’intérêts profondément néfastes. Les États-Unis ont passé plus d’un siècle* à essayer d’installer un gouvernement ami des États-Unis à Moscou. Après la dissolution de l’URSS en 1991, les États-Unis ont envoyé des économistes néolibéraux pour piller le pays* tandis que l’administration Clinton, et plus tard l’administration Obama, ont placé des troupes de l’OTAN et des armements à la frontière russe après un accord négocié pour ne pas le faire*. Les revendications ultérieures de la realpolitik sont empreintes d’un imprudent mépris des conséquences géopolitiques.

Le paradoxe du libéralisme américain, bien mis en évidence lorsque l’icône féministe et membre de la CIA Gloria Steinem a décrit la CIA comme « libérale, non-violente et honorable »*, est que des fonctionnaires bourgeois éduqués, bien habillés, ont utilisé la menace (largement fabriquée) de la subversion étrangère pour installer dans les hautes sphères du pouvoir les nationalistes de droite soumis aux intérêts commerciaux américains à chaque occasion. En outre, l’ignorance agressive de Steinem de l’histoire réelle de la CIA illustre la propension libérale à confondre la tenue et l’attitude bourgeoises avec une noblesse imaginaire*. Au point soulevé par Christopher Simpson*, la CIA n’aurait pas pu obtenir de meilleurs résultats si elle n’avait pas employé d’anciens officiers nazis, alors qu’il se demandait pourquoi elle avait choisi de le faire.

Pour la gauche américaine, le Russiagate est traité comme un ensemble de mauvais reportages, de propagande gouvernementale dans les médias rapportant une série de faits et d’événements qui ont ensuite été réfutés. Cependant, une bonne partie de la bourgeoisie américaine, le PMC (Professional Managerial Class) qui joue le rôle de soutien du capital, en croit chaque mot. Le Russiagate est la ligne du parti nationaliste dans la lutte américaine contre le communisme, pour un monde sans le communisme. Des accusations de trahison ont été portées chaque fois que les budgets militaires ont été attaqués depuis 1945. En 1958, la haute direction de l’armée de l’air accusait les autres branches de l’armée de trahison pour avoir douté de son estimation tout à fait fantasmagorique (et plus tard réfutée) des ICBMs soviétiques. La trahison est bonne pour les affaires.

Peu de temps après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la CIA a employé des centaines d’anciens officiers militaires nazis, y compris d’anciens officiers de la Gestapo et des SS responsables du meurtre de centaines de milliers d’êtres humains*, pour diriger une opération d’espionnage connue sous le nom de Gehlen Organization* depuis Berlin, en Allemagne. Compte tenu de son rôle central dans l’évaluation des intentions et des capacités militaires de l’Union soviétique, l’Organisation Gehlen était vraisemblablement responsable de la surestimation* par la CIA des capacités nucléaires soviétiques dans les années 1950 utilisées pour soutenir le programme américain d’armes nucléaires. Les anciens nazis* ont également été intégrés aux efforts de la CIA pour installer des gouvernements de droite dans le monde.

Lorsque John F. Kennedy en 1958, il était sénateur, déclara qu’il y avait un fossé entre missiles américains et missiles soviétiques, la CIA procurait des informations provenant de l’organisation Gehlen. Une fois que les estimations de reconnaissance par satellite et U2 sont devenues disponibles, la CIA a abaissé la sienne à 120 ICBM soviétiques alors que le nombre réel était de quatre. D’une part, les Soviétiques avaient vraiment un programme d’armes nucléaires, d’autre part il s’agissait d’une infime fraction de ce qui était prétendument affirmé. Les mauvais rapports, infailliblement en faveur d’une augmentation plus importante des budgets militaires, semblent être la constante.

En vertu du « Nazi War Crimes Disclosure Act »* adoptée par le Congrès en 1998, la CIA a été obligée de divulguer partiellement son affiliation avec les anciens nazis et leur emploi. Contrairement à la thèse de « Operation Paperclip »* selon laquelle ce sont des scientifiques nazis qui ont été amenés aux États-Unis pour y travailler en tant que scientifiques, l’Organisation Gehlen et le CIC ont employé des criminels de guerre connus* dans des rôles politiques. Klaus Barbie, le «boucher de Lyon», était employé par le CIC (Counter Intelligence Corps) et prétend avoir joué un rôle dans le meurtre de Che Guevara*. Wernher von Braun, l’un des «scientifiques» de l’opération Paperclip, a travaillé dans un camp de concentration nazi alors que des dizaines de milliers d’êtres humains ont été assassinés.

La séquence historique des États-Unis fut la Première Guerre mondiale, la Grande Dépression, la Seconde Guerre mondiale, dans une économie fortement dépendante de la production de guerre. La menace de déclassement de l’économie de guerre en 1946 a d’abord été accueillie avec une évaluation honnête des intentions soviétiques – les Soviétiques réintroduisaient les infrastructures (de l’Europe de l’est) en territoire soviétique aussi rapidement que possible, puis à l’affirmation favorable* au budget militaire américain selon laquelle les soviétiques mettaient des ressources en place pour envahir l’Europe. Le résultat de ce changement est que les généraux américains conservaient leur pouvoir et que l’industrie de guerre continua de produire du matériel et des armes. En 1948, ces armes étaient devenues des bombes atomiques.

Pour comprendre l’espace politique que la production militaire est venue occuper, à partir de 1948, l’armée américaine est devenue une bureaucratie bien financée où des accusations de trahison étaient régulièrement échangées entre les branches armées. Des batailles internes pour le financement et la domination stratégique ont été (et sont) régulièrement menées. La tactique adoptée par cette bureaucratie, le «complexe militaro-industriel», était d’exagérer les menaces étrangères dans une lutte pour la domination bureaucratique. La course aux armements nucléaires est devenue une prophétie auto-réalisatrice. Alors que les États-Unis produisaient des armes de fin du monde sans interruption pendant des décennies, les Soviétiques ont répondu de la même façon.

Ce qui lie l’Organisation Gehlen aux estimations de la CIA sur les armes nucléaires soviétiques de 1948 à 1958, c’est 1) l’Organisation Gehlen était au cœur des opérations de renseignement de la CIA au sujet des Soviétiques, 2) la CIA disposait d’alternatives limitées pour recueillir des informations sur les Soviétiques. en dehors de l’Organisation Gehlen et 3) la haute direction de l’armée américaine avait depuis longtemps démontré qu’elle approuvait d’exagérer les menaces étrangères en augmentant ainsi son pouvoir et en augmentant par conséquent son budget. En bref, la CIA employait des centaines d’anciens officiers nazis qui avaient la prédisposition idéologique et l’incitation économique à mal percevoir les intentions soviétiques et à déformer les capacités soviétiques pour alimenter la guerre froide.

Là où cela devient intéressant, c’est que le lanceur d’alerte (les « Pentagon papers ») américain Daniel Ellsberg* travaillait pour la Rand Corporation à la fin des années 1950 et au début des années 1960, lorsque ces estimations des ICBM soviétiques avaient été avancées. JFK avait travaillé (en 1960) sur une plan qui comprenait la réduction de l’écart entre les missiles soviétiques et les missiles américains*. L’US Air Force, chargée de livrer des missiles nucléaires à leurs cibles, estimait que les Soviétiques avaient 1000 ICBM. D. Ellsberg, qui avait une habilitation de sécurité limitée en raison de son emploi à la Rand, a divulgué le nombre connu d’ICBM soviétiques. L’armée de l’air disait 1000 ICBM soviétiques lorsque le nombre confirmé par les satellites de reconnaissance était de quatre.

En 1962, année de la crise des missiles de Cuba, la CIA avait transféré le contrôle nominal de l’organisation Gehlen au BND, pour lequel Gehlen continuait de travailler. Sur la base des données de reconnaissance satellitaire en cours, la CIA était occupée à abaisser ses estimations des capacités nucléaires soviétiques. Benjamin Schwarz, écrivant pour The Atlantic en 2013, a fourni un compte rendu, apparemment informé des estimations abaissées de la CIA, dans lequel il a placé l’ensemble du programme d’armes nucléaires soviétiques (en 1962) à environ un neuvième de la taille de l’effort américain. Cependant, étant donné le décompte connu d’Ellsberg de quatre ICBM soviétiques au moment de la crise des missiles, même le rapport de Schwarz de 1: 9 semble surestimer les capacités soviétiques.

Selon les rapports de Schwarz, les missiles nucléaires Jupiter que les États-Unis avaient placés en Italie avant la crise des missiles de Cuba n’avaient de sens que comme armes de première frappe. Cette interprétation est corroborée par Daniel Ellsberg, qui soutient que le plan américain a toujours été d’initier l’utilisation des armes nucléaires (première frappe). Cela a rendu la posture de JFK de concurrence équilibrée comme un jeu géopolitique de « poulet nucléaire complètement dérangé » (traduction littérale). Si cela n’était pas clair, parce que les États-Unis avaient indiqué leur intention d’utiliser des armes nucléaires lors d’une première frappe – et avaient démontré leur intention en plaçant des missiles Jupiter en Italie – rien de ce que les États-Unis ont offert pendant la crise des missiles ne pouvait être pris au sérieux par les Soviétiques.

La dissolution de l’URSS en 1991 s’est soldée par une réduction promise des dépenses militaires américaines et la fin de la guerre froide, qui ne se sont finalement pas concrétisées. Après l’élection de Bill Clinton en 1992, la guerre froide est entrée dans une nouvelle phase. La logique de la guerre froide a été réutilisée pour soutenir les «guerres humanitaires» – un oxymore pour « libérer les gens en les bombardant ». En 1995, « l’ingérence russe » signifiait en fait que l’administration Clinton truquait l’élection de Boris Eltsine lors de l’élection présidentielle russe. M. Clinton a ensuite renié unilatéralement l’accord américain visant à maintenir l’OTAN à la frontière de la Russie lorsque les anciens États baltes ont été placés sous le contrôle de l’OTAN.

L’intervention de l’administration Obama en Ukraine en 2014*, encourageant et soutenant le soulèvement de Maïdan et l’éviction du président ukrainien démocratiquement élu, Viktor Ianoukovitch, est liée à la stratégie américaine de contenir et de renverser le gouvernement soviétique (russe) qui a d’abord été codifiée par le Conseil national de sécurité (NSC) en 1945. Les directives du NSC peuvent être trouvées sur ce lien*. L’annexion économique et militaire de l’Ukraine par les États-Unis (l’OTAN n’existait pas en 1945) relève du NSC10/2*. L’alliance entre la CIA et les fascistes ukrainiens est liée à la directive NSC20, c’est-à-dire le projet de parrainer d’anciens nazis affiliés à l’Ukraine afin de les installer au Kremlin pour remplacer le gouvernement russe. Cela faisait partie de la justification de la CIA pour inscrire les anciens nazis affiliés à l’Ukraine à sa liste d’employés en 1948.

Que le Russiagate soit la continuation d’un plan lancé en 1945 par le Conseil de sécurité nationale (NSC), conçu par la CIA avec l’aide d’anciens officiers nazis à son service, en dit long sur le cadre de la guerre froide dont il émerge. Son adoption quasi instantanée par les libéraux bourgeois démontre la base de classe du nationalisme de droite qu’elle soutient. Le fait que les libéraux semblent se percevoir comme des défenseurs de la « démocratie » alors qu’il s’agit d’un agenda préparé par des chefs militaires non élus plus de sept décennies plus tôt témoigne de la puissance de l’ignorance historique liée à la ferveur nationaliste. Les anciens officiers de la Gestapo et des SS employés par la CIA étaient-ils « nos nazis ? »

Le Nazi War Crimes Disclosure Act est né en partie parce que les chasseurs de nazis ont continué à rencontrer des criminels de guerre nazis vivant aux États-Unis qui leur ont dit qu’ils avaient été amenés ici et qu’ils avaient été embauchés par la CIA, le CIC ou une autre division du gouvernement fédéral. Si les gens de ces agences pensaient que cela était justifié, pourquoi le maintenir un tel secret ? Et si cela n’était pas justifié, pourquoi l’a-t-on fait ? De plus, les libéraux sont-ils vraiment à l’aise en amenant au pouvoir en Ukraine des fascistes ayant des liens historiques directs avec le Troisième Reich ? Et bien qu’il n’y ait pas de bons choix lors des prochaines élections américaines, le type (Joe Biden) que les libéraux veulent amener au pouvoir est l’architecte principal de cette décision.

Article de Rob Urie, spécialiste en économie politique, paru le 31 juillet 2020 sur le site counterpunch.org. Les insertions entre parenthèses sont de mon fait. Liens :

https://www.independent.co.uk/news/world/europe/himmler-daughter-germany-bnd-foreign-intelligence-ss-nazi-hitler-war-criminals-evaded-justice-a8422726.html

https://en.wikipedia.org/wiki/American_Expeditionary_Force,_Siberia

https://www.thenation.com/article/archive/harvard-boys-do-russia/

https://www.latimes.com/opinion/op-ed/la-oe-shifrinson-russia-us-nato-deal–20160530-snap-story.html

https://www.sacbee.com/opinion/op-ed/markos-kounalakis/article40988637.html

https://www.cia.gov/library/readingroom/docs/CIA-RDP90-00965R000100130030-7.pdf

https://ourhiddenhistory.org/entry/christopher-simpson-on-kpfk-1992-blowback-americas-recruitment-of-nazis-and-its-effect-on-the-cold-war

https://en.wikipedia.org/wiki/Gehlen_Organization

https://www.youtube.com/watch?v=XiFgrXnSH4g

https://therealnews.com/stories/the-discovery-that-should-have-changed-the-cold-war-daniel-ellsberg-on-rai-9-12

https://en.wikipedia.org/wiki/Nazi_War_Crimes_and_Japanese_Imperial_Government_Records_Interagency_Working_Group

https://www.cia.gov/library/center-for-the-study-of-intelligence/csi-publications/csi-studies/studies/vol-58-no-3/operation-paperclip-the-secret-intelligence-program-to-bring-nazi-scientists-to-america.html

https://apnews.com/0e04d0fbd81e0aff57f16daac48417af

https://www.mirror.co.uk/news/world-news/how-nazi-butcher-klaus-barbie-6828080

https://ourhiddenhistory.org/entry/christopher-simpson-on-kpfk-1992-blowback-americas-recruitment-of-nazis-and-its-effect-on-the-cold-war

https://www.youtube.com/watch?v=nCMIlzEym6Y (interview de Daniel Ellsberg, en anglais)

https://www.theatlantic.com/magazine/archive/2013/01/the-real-cuban-missile-crisis/309190/

https://www.bbc.com/news/world-europe-26079957

https://history.state.gov/historicaldocuments/frus1945-50Intel/d292

https://archive.org/details/NSC201-USObjectivesWithRespectToRussia

Coronavirus : il existe un traitement, pourquoi ne pas l’utiliser ?

La Russie prévoit la commercialisation d’au moins deux vaccins immunisant contre le coronavirus dès cet automne 2020. Pour l’instant les essais en phase 3 de l’un de ces deux vaccins va comprendre les personnels hospitaliers exposés à ce virus ainsi que les diplomates qui au cours de leurs missions à l’étranger peuvent être exposés à l’agent pathogène. Il existe près d’une centaine de laboratoires dans le monde qui travaillent intensément à la mise au point de ce vaccin en particulier la firme Moderna qui a fait les délices des spéculateurs boursiers ces derniers mois. Malheureusement pour cette société les premiers essais en phase 3 à très petite échelle, une cinquantaine de volontaires, ont été particulièrement décevants puisque des effets secondaires parfois critiques ont été observés sur 97 % des volontaires tous grassement rémunérés à cet effet. En ce qui concerne la firme Gilead qui avait corrompu une grande partie du gouvernement français sa molécule antivirale a fait un flop : aucun effet statistiquement bénéfique n’a pu être démontré.

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Pourtant parmi plus de 50 pays répertoriés ayant été confrontés à la pandémie coronavirale ceux ayant utilisé l’hydroxychloroquine seule ou associée à l’azithromycine systématiquement ont pu échapper au palmarès morbide du taux de létalité dont le premier au classement revenait à la France selon les statistiques relatives à ce sujet qui dataient du début du mois de juin 2020 suivie par 4 autres pays européens, la Belgique, l’Italie, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas. Je rappelle à mes lecteurs que le taux de létalité exprimé en % est le rapport entre le nombre de morts en regard du nombre de cas infectés avérés.

Lorsque la Chine a communiqué au tout début du mois de février dernier que l’hydroxychloroquine était efficace contre la multiplication du coronavirus en culture sur des cellules épithéliales humaines les scientifiques de l’IHU de Marseille, en France, ont immédiatement mis en place des tests de dépistage PCR – la Chine avait également publié la séquence de l’ARN du virus et n’importe quel laboratoire hospitalier muni d’un synthétiseur d’ARN pouvait disposer de l’amorce nécessaire à la mise en place d’un test PCR – et on systématiquement traité les cas positifs au coronavirus dès cette positivité avérée. Les résultats ont permis de confirmer en quelques jours seulement que la combinaison hydroxychloroquine+azithromycine permettait de réduire la charge virale des patients et donc que ce traitement très peu coûteux était bien préventif et également curatif. Vingt-cinq pays n’avaient pas attendus les résultats de l’IHU de Marseille pour traiter les patients révélés positifs comme par exemple en Corée ou de manière prophylactique comme en Malaisie ou au Sénégal, des pays où toute la population est traitée en permanence avec l’hydroxychloroquine (HCQ) ou la chloroquine pour prévenir la malaria. Le Ministre de la santé du Sénégal a déclaré à propos de la toxicité de l’HCQ décrétée officiellement par le gouvernement français qu’il s’agissait d’une mauvaise blague.

Alors pourquoi les gouvernements des pays occidentaux continuent à emmerder leurs citoyens avec ce virus alors qu’il existe un traitement curatif dont l’efficacité est maintenant prouvée quoiqu’en disent encore les politiciens et les fonctionnaires internationaux tous aussi corrompus les uns que les autres par le lobby ultra-puissant de la pharmacie. Ces mercantis ont dénigré les travaux de l’IHU de Marseille tout simplement parce que ces deux molécules ne sont plus depuis longtemps protégées par des brevets et que leur synthèse couvre à peine le prix de leur conditionnement. Aujourd’hui même quand il y a un foyer de contamination (pour faire chic on parle de cluster) il se passe ce qui aurait du être mis en place dès le début de l’épidémie : 1. dépistage par PCR, 2. isolement et 3. traitement curatif puisqu’il existe. Je parle de la France avec les beaux discours du Premier ministre : il ne mentionne toujours pas l’existence de ce traitement curatif largement mis en place par 25 pays dans le monde avec des résultats probants. Et puis comme pour la vérole autrefois il faut retrouver toutes les personnes ayant pu être en contact avec les personnes contaminées, les tester et les isoler et les traiter le cas échéant. Restent des mesures simples à mettre en place si cette terreur du virus persiste encore : le port d’un masque dans les lieux fermés et la prise de température frontale par infra-rouge, ce qui est toujours de rigueur dans tous les supermarchés de ma ville de résidence Santa-Cruz de Tenerife.

La France était le premier producteur mondial de betterave sucrière, mais pour combien de temps encore ?

L’interdiction en France de la betterave sucrière génétiquement modifiée pour résister au RoundUp a été acceptée à contre-coeur par les « betteraviers » car ils auraient pu ainsi réduire l’utilisation d’engins agricoles pour les labours de désherbage et quand l’utilisation du même RoundUp a été interdite ou est en passe de l’être il a fallu donc trouver d’autres solutions pour que cette première production industrielle agricole française puisse survivre, le désherbage étant impératif pour la bonne croissance des betteraves. L’interdiction des néo-nicotinoïdes qui date de 2018 (de mémoire) va peut-être signer l’arrêt de mort de cette industrie, car il s’agit bien d’une culture industrielle (38 millions de tonnes en 2014) faisant vivre des régions entières et près de 30 sucreries en France se trouvant toutes dans les régions productrices de betterave et de près ou de loin en amont de la production d’éthanol comme additif pour les carburants des automobiles outre le sucre de table ou à usage alimentaire.

Cette année 2020 est la première étape de la descente aux enfers de la filière sucrière française métropolitaine, la production de sucre à partir de canne étant anecdotique, car l’interdiction des insecticides néonicotinoïdes a provoqué le désastre attendu dans les régions productrices de betterave avec des baisses de rendements atteignant parfois plus de 50 %. L’attaque des champs est déjà bien visible depuis le début du mois de juillet de cette année, il s’agit de la « jaunisse » de la betterave provoquée par des virus véhiculés par des pucerons, le BYV, acronyme de Beet Yellows Virus, provoquant des dégâts très graves et de deux autres virus génétiquement proches de la famille des lutéovirus, le Beet Chlorosis Virus (BChV) et le Beet Mild Yellowing Virus ( BMYV). La présence de pucerons porteurs de virus a été confirmée dès l’automne dernier dans plus de 75 % des parcelles dans les 14 départements français couvrant l’ensemble des grandes régions betteravières françaises. Il s’agit essentiellement du puceron Myzus persicae parasitant habituellement les arbres fruitiers dont le pêcher.

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Les réservoirs à virus ne sont pas seulement les betteraves elles-mêmes mais également divers adventices aux noms poétiques comme le Mouron blanc, le Séneçon, la Capselle ou la Véronique. Or l’utilisation d’herbicides étant sévèrement règlementée et l’utilisation de néonicotinoïdes maintenant interdite, il est inutile de réfléchir trop longtemps pour comprendre que les fonctionnaires de l’administration française qui n’ont jamais mis les pieds dans un champ de betterave prennent des décisions que l’on peut qualifier de criminelles pour satisfaire les esprits dérangés des écologistes qui veulent par ailleurs, et paradoxalement, développer les « biocarburants ». En 2019 les pertes de productivité s’élevaient déjà en moyenne à 28 %. Pour l’année 2020 les prévisions varient entre 50 et 70 % de pertes. Devant l’urgence l’administration du ministère de l’agriculture français a autorisé l’utilisation d’insecticides beaucoup plus dangereux que les néonicotinoïdes comme le Flonicamide ou le Spirotétramate mais le mal est déjà là.

Interpellé au Sénat au sujet du problème de la filière bettravière française le Ministre de l’Agriculture a déclaré (je cite) : « Le gouvernement cherche une solution … La détermination est aussi forte que mon inquiétude, elle est totale pour trouver une solution… Sans aucune démagogie et avec beaucoup d’énergie ». Si tout se passe comme pour l’épidémie coronavirale on ne peut que déborder d’optimisme. Bienvenue dans une France sans agriculture, sans élevage, sans pesticides, et sans industrie … C’est bien ce que veulent les écolos ?

Source partielle et illustration : Institut Technologique de la Betterave

Les trois premières fautes de Jean Castex

Avant-propos. L’article ci-dessous écrit par Thierry Meyssan, journaliste français d’investigation, m’a paru suffisamment clair pour épargner à mes lecteurs mes propres réflexions sur le sujet de la politique française. Résidant à Damas Meyssan a été accusé de tous les maux par la propagande étatique européenne et en particulier française contre le Président syrien. Il est pourtant un journaliste à l’esprit clair et c’est toujours un plaisir pour moi de le lire. Bonne lecture comme ce fut mon cas il y a trois jours.

par Thierry Meyssan

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Sans aucun doute, Jean Castex est un brillant haut fonctionnaire. Mais cela n’en fait pas l’homme de la situation pour devenir Premier ministre de la France. Il n’a pas réfléchi à la manière de restaurer le pacte social face à la globalisation financière et se satisfait de mesures pour acheter la paix sociale à court terme. Dès sa nomination, il a montré qu’il ne voulait pas réformer la classe politique, qu’il se contentait de lutter contre la pandémie en faisant comme les autres, et qu’il soutenait le projet maastrichien conçu durant la Guerre froide.

L’administration française fonctionne très bien toute seule. En ce sens, c’est l’une des meilleures au monde. Le rôle des ministres n’est pas de se substituer aux directeurs d’administration centrale qui font tourner la machine. C’est au contraire d’adapter l’administration aux changements du monde ; de l’orienter dans le sens imaginé par le président de la République et approuvé par les citoyens lors de son élection.

Le président de la République ne peut avoir d’avis sur tout. Mais ils doit penser les Affaires étrangères et la Défense, la Police et la Justice, la Monnaie et les Impôts. C’est ce que l’on appelle les fonctions régaliennes. Actuellement, il doit repenser cet ensemble pour rétablir le contrat social face à une modification profonde des structures de la société.

Les inégalités de patrimoine se sont considérablement accrues. Au cours des dernières années, les classes moyennes ont fondu comme neige au soleil et une nouvelle classe sociale est apparue qui s’est présentée à la vue de tous lors des manifestations des Gilets jaunes. L’homme le plus riche du pays dispose d’une fortune égale à ce qu’un smicard ne parvient pas à gagner brut en cinq millions d’années. Cet écart astronomique renvoie le pays à une organisation médiévale et rend impossible tout fonctionnement démocratique.

Depuis l’accident cérébral du président Jacques Chirac, le 2 septembre 2005, il n’y a plus de pilote dans l’avion. Lors des trois élections présidentielles de 2007, 2012 et 2017, aucun des candidats élus n’a présenté de vision du pays, juste des mesures sectorielles. Privée d’un président digne de ce nom, la France est dès lors à la dérive depuis 15 ans.

Le nouveau Premier ministre français, Jean Castex, est un très haut fonctionnaire dont tout le monde loue l’efficacité et l’attention aux autres. Mais ce n’est pas un responsable politique capable de fixer des objectifs nouveaux et de repenser l’architecture du système.

Son directeur de cabinet, Nicolas Revel, est partisan d’un atlantisme féroce. Il est le fils de l’académicien Jean-François Revel et de la journaliste Claude Sarraute. Le premier était le principal agent de la National Endowment for Democracy en France. La seconde était chroniqueuse au Monde. Avec humour, elle s’est appliquée à ridiculiser les syndicats ouvriers et à valoriser les combats sociétaux. Mathieu Ricard, le frère de Nicolas Revel, est un porte-parole du dalaï lama qui ne manque jamais une occasion de dénoncer la Chine.

Le bilan des premiers jours de Jean Castex à Matignon est catastrophique. Dans cet article, je pointerai ses trois premières décisions en matière d’organisation du gouvernement, de réponse à la pandémie et de politique européenne.

1- La réforme des cabinets ministériels

Dès la nomination de son gouvernement, le nouveau Premier ministre a réformé la règle limitative imposée par son prédécesseur à la composition des cabinets ministériels. Il a élargi le nombre des collaborateurs politiques de 10 à 15. En effet, les ministres des gouvernements d’Édouard Philippe se plaignaient de ne pas avoir d’équipe assez nombreuse pour pouvoir contrôler les administrations centrales. À quoi servaient donc leurs 10 collaborateurs ? À répondre au public et à améliorer leur image.

Certes, les ministres ne sont pas élus et n’ont donc de compte à rendre qu’au Premier ministre et au président de la République, pas directement aux électeurs. Mais comme chacun pense d’abord à sa carrière, puis à sa fonction, 10 collaborateurs de relations publiques, ce n’est pas de trop.

Dans ces conditions, il ne fallait pas créer 5 postes supplémentaires auprès de chaque ministre, mais veiller à ce que les collaborateurs engagés le soient dans l’intérêt du gouvernement, pas de l’avenir du ministre. En effet, sans préjuger de ce que chacun fera, il est évident que Jean Castex ne souhaite pas que les conseillers interférent avec l’administration, mais qu’ils informent les ministres sur les aspects techniques des dossiers. Ce n’est qu’un tout petit pas en avant qui ne règlera pas le problème.

2- Les masques obligatoires

Juste avant d’être nommé Premier ministre, Jean Castex fut chargé d’une mission sur le déconfinement après l’épidémie de Covid-19. Il est donc censé avoir réfléchi à la prévention de cette maladie.

Alors que le gouvernement précédent avait déclaré que les masques ne servaient pas à grand chose, Jean Castex les a rendus obligatoires. L’opinion publique a interprété à tort ce changement de consigne en fonction de la disponibilité de ces masques : quand il n’y en avait pas, ils ne servaient à rien, quant ils sont là, ils deviennent obligatoires.

En réalité, huit mois après le début de l’épidémie mondiale, on ne sait toujours pas comment ce virus se transmet et donc comment on peut éviter sa propagation. La différence des consignes n’est pas due à la disponibilité des masques, mais à la volonté du nouveau gouvernement de montrer qu’il prend les choses en main. Ce n’est pas une mesure médicale, mais une manière de se rassurer.

Souvenez-vous, lorsque le virus est arrivé en Occident, toutes les autorités affirmaient qu’il se propageait par contact via des surfaces solides. Une hystérie s’est emparée de l’Europe à propos des poignées de portes. Il suffisait d’en toucher une et de porter sa main au visage pour risquer la mort immédiate.

On avait en effet découvert que le virus pouvait survivre quelques heures sur des poignées de porte et même deux jours sur du carton. On en avait conclu que les lettres et paquets devaient être conservés pendant 48 heures avant de les ouvrir. Aujourd’hui, ces consignes paraissent idiotes et personne ne les suit. Pourtant, au plan scientifique, rien n’a changé. On n’en sait pas plus sur les modes de contamination aujourd’hui qu’hier. On a juste remarqué qu’il ne semble pas y avoir de transmission via des surfaces solides. On « croit » donc qu’elle se fait directement par quelques mystérieux liquides humains. L’« opinion » communément admise affirme que la maladie se transmet par les gouttelettes respiratoires. Il convient donc de porter le masque. Mais cette croyance n’est pas plus sûre que la précédente.

Je me souviens que l’on avait agi de la même manière lors de l’épidémie de sida. Le rétrovirus avait été identifié dans le sang et le sperme. On en avait conclu qu’il pouvait se transmettre par les moustiques et la fellation. Pendant trois ans, les autorités sanitaires de nombreux pays ont multiplié les messages de prévention en ce sens. Aujourd’hui, on sait qu’elles se trompaient. Le sida ne se transmet pas par les moustiques, ni par la fellation.

L’erreur est de croire qu’il suffit d’attraper un virus pour tomber malade. Or, le corps humain est prévu pour vivre avec de nombreux virus. La plupart du temps, il sait comment s’en protéger. Le Covid-19 est une maladie respiratoire. Elle se transmet donc a priori comme les autres maladies respiratoires : par l’air. Si c’est le cas, les seuls masques utiles doivent être hermétiques, comme des masques à gaz utilisés par les armées ou les laboratoires P4. Les masques chirurgicaux sont au contraire de fausses protection car ils n’adhèrent pas à la peau et laissent passer l’air en de nombreux endroits.

Dans le cas où le Covid-19 se transmet comme toutes les autres maladies respiratoires – ce qui est a priori l’hypothèse la plus probable -, la prévention doit être d’aérer les espaces fermés. Ce que l’OMS avait déclaré au début de la pandémie.

Cependant, un autre problème surgit. On a installé au cours des dernières années des systèmes de climatisation dans de nombreux immeubles. Si l’air climatisé absorbe des vapeurs d’eau contaminée, toutes les autres personnes respirant cet air risquent d’être contaminées. On se souvient de l’épidémie de légionellose (une infection bactérienne pulmonaire grave) lors de la convention de l’American Legion, en 1976 à Philadelphie. La même maladie fut transmise de la même manière, en 2000, à des patients de l’hôpital européen Georges Pompidou à Paris, peu après son ouverture. Il fallut réformer tout le système de climatisation de ce gigantesque hôpital flambant neuf.

Il faut distinguer les systèmes de climatisation qui expulsent l’air à l’extérieur de ceux qui fonctionnent en circuit fermé, diffusant éventuellement la maladie dans tout l’établissement. Les contaminations dans les abattoirs, espaces climatisés en circuit fermé et à basse température, laissent à penser que cette hypothèse devrait être prise très au sérieux.

Envisager cette hypothèse, c’est envisager d’admettre que de nombreux bâtiments modernes doivent être réhabilités, comme on l’a fait avec l’hôpital Pompidou. Ce sont des budgets conséquents comparables à ceux que l’on dépense pour désamianter des immeubles. Pour un haut-fonctionnaire, il vaut mieux ignorer cette question. Ne rien changer, agir comme d’autres États et rendre obligatoire le port du masque.

3- Le moment hamiltonien

Le projet franco-allemand du chancelier Helmut Köhl et du président François Mitterrand fut conçu durant la Guerre froide. Énoncé par le Traité de Maastricht, en 1992, il se poursuit inexorablement. L’objectif stratégique est de construire une structure supra-étatique capable de neutraliser les divergences d’intérêt entre les deux pays et de rivaliser économiquement avec les États-Unis, la Russie et la Chine. Inexorablement, les pièces du puzzle se mettent en ordre une à une comme ce fut le cas avec le Traité constitutionnel européen.

Vue l’opposition de nombreux peuples européens à cette construction sous contrôle US, les étapes actuelles sont difficiles à franchir, mais l’épidémie du Covid-19 permet aux dirigeants allemands et français d’agir à la faveur de la panique sanitaire. C’est le hamiltonian moment (« moment hamiltonien »), par référence à la manière dont Alexander Hamilton fit basculer son pays d’un système de coopération entre États indépendants américains à une Fédération. Durant la période 1789-95, lorsqu’il fut le 1er secrétaire au Trésor des États-Unis, il fit reprendre les dettes contractées par les États membres lors de la guerre d’Indépendance par le gouvernement fédéral, créant ainsi leur dépendance. Cependant, ce ne fut que soixante-dix ans plus tard, lorsque les États du Sud refusèrent les droits de douane uniques que le gouvernement fédéral tenta de leur imposer dans l’intérêt des États du Nord que le fédéralisme s’avéra un carcan, provoquant la guerre de Sécession.

À l’issue d’un des plus longs sommets des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne, un plan de 750 milliards d’euros a été adopté par le Conseil européen pour faciliter la reprise économique post-Covid. Il ne sera pas financé par une dévaluation de l’euro car seuls 19 États en sont membres sur 27, mais par des emprunts de 30 ans. Il devrait donc être sinon impossible du moins très difficile d’organiser des sorties de l’Union sur le modèle du Royaume-Uni durant les 30 prochaines années.

Dans un premier temps, lorsque les entreprises recevront des subventions ou des prêts européens, tout le monde se réjouira. Mais lorsque les choses iront mieux et que l’on constatera s’être aliéné pour 30 ans, la révolte grondera.

Ce plan est présenté comme une mesure d’urgence face à une terrible crise. Il ne s’agit que d’un emballage de communication comme l’atteste le fait qu’une fois adopté par le Conseil des chefs d’État et de gouvernement, il a été renvoyé devant le Parlement européen et les parlements nationaux qui ne se prononceront pas avant des mois. Durant toute cette période l’aide prétendument « d’urgence » sera bloquée.

Ce plan est accompagné d’un nouveau budget de l’UE pour les sept prochaines années. Il révèle la vraie nature de cette union : par exemple, alors que l’on communiquait sur la nouvelle « Défense européenne », son budget de la Défense est divisé par deux sans explication.

C’est ce tour de passe-passe que Jean Castex vient d’avaliser, faisant passer le rêve de puissance de Kohl et Mitterrand, puis de Merkel et Macron, avant la volonté d’indépendance des peuples. Il s’agit d’un choix d’une extrême gravité qui s’est déjà fracassé les deux fois où la France seule, puis l’Allemagne seule, l’ont tenté avec Napoléon et Hitler. Dans la version actuelle, les chefs d’État des deux pays sont d’accord entre eux, mais probablement pas leurs peuples et encore moins ceux des autres pays concernés.

Emmanuel Macron et Jean Castex ont accepté à la place des Français d’enchaîner le pays à l’UE pour 30 ans afin de récupérer 40 milliards d’euros. Mais pour quoi faire ? Pour réformer le mode de rémunération du travail et résorber le gouffre social entre les ultra-riches et les autres ? Pour indemniser les Français dont le travail a été détruit par un confinement imposé ? Ou pour gagner du temps tout en préservant la paix sociale ? Malheureusement, ces deux hommes ne veulent rien changer et cet argent sera dépensé en pure perte. Thierry Meyssan, Damas, 28 juillet 2020


Grippe coronavirale en France : des faits !

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J’ai capté ce graphique au cours d’une interview du Professeur Didier Raoult il y a quelques jours. Raoult est un passionné de chiffres et de statistiques qui peuvent faire ressortir des phénomènes épidémiologiques qu’un observateur de terrain, en l’occurence un complexe hospitalier comme l’IHU + hôpital de la Timone à Marseille, peut ne jamais déceler.

Reprenant les données brutes disponibles auprès de l’administration, ici les décès facilement comptabilisés à partir des certificats établis obligatoirement à cette occasion, Raoult a montré un phénomène totalement ignoré par la presse aux ordres du gouvernement et des puissances financières qui ont installé au pouvoir le président Macron et qui contrôlent cette presse servile : au cours des 4 mois d’hiver passés, de décembre à mars inclus, il y a eu globalement moins de morts en France qu’au cours des mêmes périodes des trois années précédentes ! C’est à se demander s’il y a eu réellement une grippe coronavirale redoutable et éminemment mortelle comme on l’avait servie aux Français avec des dizaines de milliers de morts et un engorgement ingérable des services d’urgence des hôpitaux publics.

Si on considère les 30265 morts par coronavirus soit 13,7 % de toutes les causes de mortalité on peut faire quelques comparaisons intéressantes et relativiser l’ « extrême dangerosité » de ce virus qui préoccupe toujours les politiciens pour une raison que j’ai toujours beaucoup de mal à discerner sinon emmerder les citoyens encore et encore : on trouve les cancers en première ligne avec 27 % des décès (on ne peut pas mettre un masque pour se protéger d’un cancer !), suivis par les maladies cardiovasculaires – 26 % – les drogues en tous genres, tabac, alcool, stupéfiants, … : 17 %, décès suivis par l’obésité (10 %) etc, … Comme il ne faut pas oublier que le coronavirus est venu à bout majoritairement de « vieux » (50 % des morts étaient âgés de plus de 80 ans !) et de ceux, plus jeunes, souffrant aussi de maladies cardiovasculaires, de cancers et éventuellement d’obésité il est difficile de dire aujourd’hui quelle a été la contribution nette de la mortalité globale en France provoquée par ce virus, probablement à peine plus qu’une grippe saisonnière à influenza pour laquelle sont attribués 1,5 % du total des décès de ces dernières années. Toutes les données ci-dessus sont disponibles sur internet, je n’ai rien inventé.

Je doute que l’administration française osera publier des statistiques détaillées prenant en compte les co-morbidités au sujet de la grippe coronavirale de cette année 2020 car ces données ridiculiseraient l’ensemble du gouvernement et en particulier le président de la République, mais cette situation n’est pas particulière à la France. Et les dirigeants politiques continuent à entretenir la peur alors que si le nombre de cas positifs augmente sporadiquement le nombre de morts est devenu négligeable. Il est essentiel de mentionner que cette augmentation du nombre de « cas de coronavirus » sont la directe conséquence du nombre de tests enfin pratiqués à grande échelle, aussi bien en France qu’en Espagne ou encore en Italie.

Maintenant les politiciens commencent à constater que les mesures stupides et moyenâgeuses qui ont été décidées pour juguler cette grippe – finalement une simple grippette – ont tout simplement conduit à une récession économique jamais connue dans son ampleur depuis le début de la seconde guerre mondiale, alors chers politiciens cessez de nous emmerder avec ce virus !

Une nouvelle particule découverte au LHC du CERN

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Pour un non-initié comme votre serviteur le titre de cette publication sonne étrangement : « Observation of structure in the J/ψ-pair mass spectrum ». Si vous n’avez rien compris, rassurez-vous, je n’ai rien compris aussi. Mais comme je suis curieux je suis allé voir dans le détail ce que signifiait cette publication co-signée par 800 scientifiques émanant du LHC au CERN. Il s’agit de la découverte d’une nouvelle particule sub-atomique et pour comprendre l’importance de cette découverte, outre celle du boson de Higgs, il faut remonter au milieu des années 1960 lorsque deux physiciens, l’un au CERN et l’autre au Caltech à Pasadena, tentèrent une sorte de mise en ordre de toutes les particules sub-atomiques qui venaient d’être mises en évidence. Murray Gell-Mann du Caltech proposa de nommer ces particules des quarks et ce nom resta. On sait aujourd’hui qu’il existe six différents quarks selon leur nombre quantique et leur masse (énergie exprimée en électronsvolt divisée par le carré de la vitesse de la lumière) : up, down, charm, strange, top et bottom. Il existe également six anti-quarks de charge opposée. Pour terminer la description de ces étranges entités physiques un quark s’associe avec l’anti-quark correspondant pour former un meson et trois quarks forment des baryons. Les mesons sont instables et se désintègrent pour former des électrons, des neutrinons ou des photons selon leur nature, c’est-à-dire selon leurs composants élémentaires. L’interaction forte de trois quarks aboutit à la formation de baryons, les constituants de la matière telle que nous la connaissons depuis l’hydrogène jusqu’à l’uranium et au delà.

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La théorie n’excluait pas l’association de plus de trois quarks et en effet un nouveau meson X(3872) fut mis en évidence en 2003 au KEK Laboratory au Japon d’une masse de 3872 MeV/c2, selon la célèbrissime formule d’Einstein réécrite ainsi : m = E/c2 . Il fallut attendre encore plusieurs années pour que les physiciens réalisent que ces mesons « exotiques » étaient en réalité des associations de plus de trois quarks : deux quarks charm relativement lourds et deux ou trois autres quarks plus légers, up, down ou strange (voir les masses respectives dans l’illustration, Wikipedia). Le nouveau meson découvert au LHC, appelé X(6900), est constitué de 4 quarks charm, il possède une masse de 6900 MeV/c2 et il se désintègre en formant deux mesons appellés « J/psi » formés chacun d’un quark charm et d’un anti-quark charm eux-mêmes associés par interaction forte. Ces mesons chimériques se désintègrent à leur tour en un rayon gamma et un gluon … Cette découverte est importante dans la mesure où elle met en évidence un parallélisme entre les interactions fortes quark-quark et les interaction fortes entre les baryons, par exemple entre neutrons et protons dans un noyau atomique. Les physiciens arrivent donc à décrire une sorte d’édification de « molécules » formées de quarks un peu comme un atome de carbone forme une molécule de méthane avec 4 atomes d’hydrogène bien que le niveau des interactions – forte dans un cas et faible dans l’autre – ne puissent pas être comparé. Peut-être qu’un jour en décortiquant l’infiniment petit avec des détecteurs d’une dimension gigantesque (illustration) on arrivera à unifier l’ensemble des lois qui décrivent l’univers.

Source partielle : The Conversation, illustrations CERN et Wikipedia.

Des faux dieux pour des âmes perdues

L’environnementalisme, avec ses menaces de feu et de soufre, est la nouvelle religion. Mais où sont l’humilité, la compassion, la transcendance spirituelle ?

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L’une des parties les plus intéressantes du nouveau livre de Michael Shellenberger, « Apocalypse Never : Why Environmental Alarmism Hurts Us All », est le dernier chapitre, intitulé « False Gods for Lost Souls ». Shellenberger observe que, selon la mère de Greta Thunberg, des pronostics climatiques effrayants étaient en partie responsables de la descente de sa fille dans une dépression durable à l’âge de 11 ans. Selon le père de Greta, l’activisme climatique l’a aidée à surmonter sa dépression. Cette histoire est poignante … On se demande combien de jeunes de sa génération ont connu des problèmes de santé mentale similaires. Il y a tellement de prédicateurs de rue sur notre place publique, promettant le feu et le soufre, incitant à la repentance …

La famille Thunberg aide à illustrer le point de vue de Shellenberger selon lequel :

Aujourd’hui, l’environnementalisme est la religion laïque dominante de l’élite éduquée de la classe moyenne supérieure dans la plupart des pays développés et dans de nombreux pays en développement. Il fournit une nouvelle histoire sur notre objectif collectif et individuel. Il désigne les bons et les méchants, les héros et les mauvais. Et il le fait dans le langage de la science, ce qui lui donne une légitimité.

Mais cette religion n’élève pas les esprits, ne nourrit pas les orphelins ou ne bénit pas les pauvres. Plutôt que de réconforter les personnes âgées, cela les condamne à la misère par temps froid. Vue dans son ensemble, cette religion nuit plutôt qu’elle ne guérit.

Voici quelques citations supplémentaires de ce chapitre:

La négativité a triomphé de la positivité. Au lieu de l’amour, du pardon, de la gentillesse et du royaume des cieux, l’environnementalisme apocalyptique d’aujourd’hui offre la peur, la colère et des perspectives étroites d’éviter l’extinction.

Les histoires qu’on nous raconte ne sont pas prises à la légère. L’image promue par les écologistes apocalyptiques est inexacte et déshumanisante. Les humains ne détruisent pas la nature sans réfléchir.

Les émissions sont un sous-produit de la consommation d’énergie, qui a été nécessaire pour que les gens puissent sortir eux-mêmes, leurs familles et leurs sociétés de la pauvreté et atteindre la dignité humaine.

La grande majorité des gens dans le monde veulent à la fois la prospérité et la nature, pas la nature sans prospérité.

Le livre dont il est question dans le billet de Donna Laframboise traduit ci-dessus est maintenant un best-seller aux USA ! Le changement climatique est réel mais ce n’est pas la fin du monde. Ce n’est même pas notre problème environnemental le plus grave. Michael Shellenberger se bat pour une planète plus verte depuis des décennies. Il a aidé à sauver les derniers séquoias non protégés du monde. Il a co-créé le prédécesseur du Green New Deal d’aujourd’hui. Et il a dirigé avec succès l’effort des climatologues et des militants pour maintenir les centrales nucléaires en fonctionnement, évitant ainsi un pic d’émissions. Mais en 2019, comme certains affirmaient que « des milliards de personnes allaient mourir », contribuant à une anxiété croissante, y compris chez les adolescents, Shellenberger a décidé qu’en tant qu’activiste environnemental de longue date, grand expert en énergie et père d’une fille adolescente, il devait parler pour séparer la science de la fiction. Malgré des décennies d’attention des médias, beaucoup restent ignorants des faits de base. Les émissions de carbone ont atteint un sommet et sont en baisse dans la plupart des pays développés depuis plus d’une décennie. Les décès dus à des conditions météorologiques extrêmes, même dans les pays pauvres, ont diminué de 80% au cours des quatre dernières décennies. Et le risque de réchauffement de la Terre à des températures très élevées est de plus en plus improbable grâce au ralentissement de la croissance démographique et à l’abondance du gaz naturel. Curieusement, les personnes les plus alarmistes sur ces problèmes ont également tendance à s’opposer aux solutions évidentes. Qu’est-ce qui se cache vraiment derrière la montée de l’environnementalisme apocalyptique ? Il y a de puissants intérêts financiers. Il y a des désirs de statut et de pouvoir. Mais surtout, il existe un désir de transcendance chez les personnes supposées laïques. Cette impulsion spirituelle peut être naturelle et saine. Mais en prêchant la peur sans amour et la culpabilité sans rédemption, la nouvelle religion ne parvient pas à satisfaire nos besoins psychologiques et existentiels les plus profonds. (fiche explicative d’Amazon)

Et pour les curieux : https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Shellenberger

Un prochain billet de Michael Shellenberger lui-même traduit par mes soins.

Source : blog de Donna Laframboise, journaliste canadienne.

 

Corollaire au billet précédent à propos de l’article du Professeur Thorsten Polleit : le cas de la Chine.

La grande majorité des structures familiales de la Chine telles qu’étudiées par Emmanuel Todd dans son sublime ouvrage « L’origine des systèmes familiaux » sont de type communautaire patrilocal (CP dans la terminaison de Todd), une grande communauté familiale réunissant le père et ses fils mariés (ou non), l’ensemble étant sous l’autorité du père. Ce type de structure familiale peut comprendre plusieurs générations sous le même toit. Elle a favorisé l’émergence de systèmes politiques autoritaires tels que le communisme, mais bien avant le communisme la Chine était dirigée par un empereur secondé par une administration tentaculaire contrôlant étroitement l’ensemble de la population. Pourquoi mentionner la Chine dans ce débat relatif à l’émergence d’un néo-marxisme dans les pays occidentaux, tout simplement parce que la Chine s’est orientée vers un système politique atypique réunissant un communisme autoritaire à l’image de la famille communautaire à la tête de laquelle se trouve le « patriarche » détenteur de l’autorité – pour la nation chinoise le parti communiste avec à sa tête son premier secrétaire – et un capitalisme autorisant paradoxalement l’apparition de grandes fortunes restant étroitement surveillées par l’appareil du parti. En 30 ans la Chine a réussi à sortir de la pauvreté plus de 300 millions de personnes, une prouesse inégalée dans le monde, et a promu l’apparition d’une classe moyenne aisée disposant d’un pouvoir d’achat presque équivalent à celui de la petite bourgeoisie des pays occidentaux avec cependant un immense réservoir de main d’oeuvre qualifiée très mal payée en regard des salaires moyens des ouvriers des pays de l’Europe occidentale. Il serait plus proche de la réalité de comparer les ouvriers chinois à ceux de pays comme la Bulgarie ou la Roumanie.

Ce système politique et économique est unique au monde et les résultats sont satisfaisants … sauf pour les pays occidentaux qui sont prisonniers de leurs contradictions idéologiques comme l’article de Polleit l’a clairement souligné. Si les Etats-Unis mais également un certain nombre de pays européens organisent un dénigrement systématique du système politique chinois c’est parce qu’ils en sont arrivé au constat que le système politique dirigiste des pays occidentaux ne peut pas fonctionner pour une simple raison : il faut être Chinois pour vivre harmonieusement dans un tel système, en d’autres termes il faut posséder cette mentalité ancestrale de l’acceptation d’une autorité. Comme Todd l’a souvent souligné dans ses ouvrages cette mentalité ne disparaît pas alors qu’aujourd’hui les structures familiales chinoises contemporaines ressemblent beaucoup plus à la famille nucléaire – le couple et les enfants (le plus souvent pas d’enfant du tout) – comme dans n’importe quel pays européen.

Il n’est donc pas surprenant compte tenu de ces observations que la Chine ait réussi cette alliance pouvant paraître contre nature d’un régime communiste autoritaire et d’un capitalisme presque débridé. Alain Peyrefitte l’avait bien compris dès 1971 alors que la Chine s’enfonçait dans sa révolution culturelle en écrivant dans un contexte pourtant différent dans son fameux essai « Quand la Chine d’éveillera … » que lorsque ce pays disposera des technologies modernes il finira par dominer le monde. C’est précisément ce qui se passe aujourd’hui et c’est la raison pour laquelle la Maison-blanche est si nerveuse. Les dirigeants américains comme européens devraient plutôt comprendre que leur système capitaliste néo-marxiste ne peut pas fonctionner. Et c’est déjà trop tard … Suite de cette réflexion dans un prochain billet.