L’affaire rocambolesque du talc pour bébé de J & J (suite)

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Comme de bien entendu ça se passe aux USA, pays où il y a plus d’avocats que de personnes incarcérées pour diverses raison en particulier la couleur de leur peau (population carcérale américaine : 2,5 millions, plus que dans n’importe quel pays totalitaire passé ou présent) mais il ne s’agit pas du sujet évoqué dans ce billet. La firme Johnson & Johnson a été condamnée ce lundi 21 août 2017 par un tribunal de Los Angeles à verser 417 millions de dollars dont 70 millions de dollars en dommages compensatoires et 347 millions en dommages punitifs à une femme de 63 ans qui la poursuivait car elle considérait que son cancer des ovaires avait été provoqué par le talc pour bébé qu’elle appliquait autour des parties intimes de son anatomie depuis l’âge de 11 ans. Pour bien comprendre le caractère surréaliste de cette histoire il faut faire quelques remarques au sujet du talc, J & J faisant face à plus de 4800 procès et ayant donc déjà été condamné à payer plus de 700 millions de dollars à divers plaignants (voir le lien sur ce blog), merci pour les avocats !

Le talc est constitué de particules solides et insolubles dans l’eau de silicate de magnésium. Il est fortement hygroscopique, il assèche donc la peau lors de la transpiration, et sa structure cristalline en feuillets facilite la friction de la peau, il n’y a plus d’irritations et celle-ci reste « douce ». Le talc utilisé dans l’industrie cosmétique ne contient pas d’amiante et ce point particulier est vérifié soigneusement car certains gisements de talc contiennent de faibles quantités d’amiante et le talc qui y est extrait n’est pas autorisé pour des usages cosmétiques. Cette régulation a été mise en place en 1970 aux USA puis a été appliquée dans tous les pays du monde. Le silicate de magnésium du talc n’a jamais pu être prouvé comme carcinogène tant sur des animaux de laboratoires que sur des cellules humaines en culture y compris à fortes doses. C’est d’ailleurs lors de ces études que l’interdiction du talc contenant de l’amiante a été mise en place, les animaux de laboratoire inhalant ce type de talc ayant développé des cancers de la plèvre.

L’argument des plaignants américains à l’encontre de J & J se base sur une classification controversée du talc par l’IARC ou Centre international de recherche sur le cancer, cet organisme onusien situé à Lyon, France, au sujet duquel j’ai déjà eu l’occasion de disserter, qui a classé le talc comme « possible carcinogénique » pour les humains alors qu’il n’existe aucune évidence scientifique pour étayer cette classification tout aussi absurde que de déclarer le glyphosate cancérigène « possible » (voire « probable ») pour la plus grande satisfaction des avocats qui sont payés à la commission, du moins aux USA. Les procès intentés à l’encontre de J & J se basent donc sur une « possible » accessibilité du talc jusqu’aux ovaires, c’est en tous les cas l’argument avancé par les avocats : les particules de talc seraient-elles munies de flagelles comme les spermatozoïdes ?

L’influence du fumeux principe de précaution a donc permis à l’imbécillité humaine mercantile de franchir une nouvelle étape. C’est la seule conclusion qui puisse être trouvée pour cette histoire caricaturale et rocambolesque. Aux dernière nouvelles J & J a fait appel de la décision du tribunal de Los Angeles en raison du manque de preuves scientifiques dans les affirmations fantaisistes des avocats, mais le mal est fait et l’opinion publique, encore une fois et comme dans de nombreuses autres situations, considérera dorénavant le talc comme cancérigène, comme les pommes de terre frites, le glyphosate, la viande grillée, les « ondes » et pourquoi pas le clair de Lune pendant qu’on y est … Tous ces plaignants, plutôt que de s’adresser à des avocats, devraient consulter un psychiatre, voire plusieurs spécialistes, car ils sont vraiment dérangés mentalement !

Sources de l’information et illustration : Les Echos, American Cancer Society, et aussi sur ce blog : https://jacqueshenry.wordpress.com/2016/02/25/apres-lamiante-le-talc/

Un riz doré amélioré pour sauver des vies

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Dans les pays où l’essentiel de la nourriture quotidienne est le riz il existe des carences alimentaires « cachées » car le riz est naturellement pauvre en zinc, en fer et en carotène. Dans le monde parmi les quelques 4 milliards de personnes se nourrissant presque exclusivement de riz près de 2 milliards d’entre elles – pas seulement dans les pays en voie de développement – souffrent de ces carences alimentaires qui contribuent largement à la mortalité néonatale en particulier. Plus de 40 % des enfants souffrent de ces carences. La carence en fer est responsable de retards du développement du cerveau et d’un système immunitaire déficient. La carence en zinc conduit à un hypogonadisme chez les enfants mâles et un retard prononcé de la croissance accompagné de troubles neuromoteurs. Quant à la carence en carotène, précurseur de la vitamine A, elle affecte plus de 250 millions d’enfants dont une grande partie sont condamnés à devenir rapidement aveugles et mourir de rougeole, de diarrhée ou de malaria en raison d’une réponse dégradée de leur système immunitaire.

Voilà un bien sombre tableau devant lequel se trouvent les spécialistes de la génétique des plantes et en particulier du riz. Or toute modification génétique du riz est considérée comme un tabou par les organisations non gouvernementales en dépit de l’évidence de ces carences alimentaires prononcées dans de nombreux pays, que ce soit en Inde, en Indonésie ou dans les pays d’Afrique (voir un lien sur ce blog). Par exemple le riz doré est toujours interdit dans la plupart des pays alors que ce riz est disponible gratuitement car il résulte de travaux universitaires dont en particulier ceux de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zürich (EPFZ). Néanmoins une équipe de biologistes de l’EPFZ a mis au point un riz « doré » de deuxième génération qui produit du beta-carotène et est enrichi en fer et en zinc – six fois plus riche que le riz poli normal de variété japonica – en introduisant divers gènes codant pour les enzymes requis pour la synthèse du carotène et des protéines fixant le zinc et le fer. Tous ces gènes sont d’origine végétale et leur expression est régulée par un promoteur également d’origine végétale.

La construction génique mise au point est considérée comme propre car elle n’inclue aucun gène jugé indésirable par les ONGs opposées au plantes transgéniques comme la résistance à certains antibiotiques, un argument sans aucune valeur scientifique, faut-il le rappeler encore ici. Plusieurs lignées de riz modifié permettent de pallier aux déficiences mentionnées plus haut à raison de deux bols de riz par jour. Malgré ces résultats extrêmement encourageants il faudra encore attendre plus de 5 ans pour pouvoir prouver qu’il n’y a pas dissémination des gènes ni un quelconque effet sur l’environnement ou encore aucun effet délétère sur les animaux de laboratoire, des procédures absurdes requise par la loi, souvent écrite sous la pression des ONGs dont en particulier Greenpeace que je considère personnellement comme une organisation criminelle.

Source : EPFZ et doi : 10.1038/s41598-017-07198-5

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/08/20/ogms-3-le-cas-du-riz-dore-greenpeace-une-organisation-criminelle/

Oeufs « contaminés » et principe de précaution, ça peut aller très loin !

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La loi européenne totalement stupide qui interdit l’usage du fipronil dans les fermes d’élevage, quelles qu’elles soient, fait toujours des vagues injustifiées sous le vain prétexte que les oeufs ont été « contaminés ». J’insiste sur le mot contaminé qui fait peur alors qu’il n’y a vraiment pas lieu de s’alarmer pour quelques microgrammes de cette substance dans un oeuf.

Tout est parti du fait que la Commission Européenne a fait adopter par le Parlement de Strasbourg un texte totalement biaisé (voir le lien vers le site eur-lex) relatif aux taux de résidus de pesticides permis dans l’alimentation en 2005 et utilisés dans les élevages. Selon les diverses lois pondues par la Commission Européenne l’usage du fipronil dans les élevages a été soumis à une régulation stricte dès 2011, renforçant la décision prise en 2005. Je défie une quelconque personne non spécialiste des textes de loi de l’Union Européenne d’y retrouver ses oeufs car il faut pouvoir accéder aux annexes de ces textes pour enfin trouver une information. J’ai perdu beaucoup de temps sans succès sur le site eur-lex . Il semble, de mon point de vue, qu’il existe une interdiction pure et simple et sans aucune justification de cet insecticide dans les élevages destinés à la consommation humaine.

Il ressort de cette jungle de textes que la Commission Européenne (et le Parlement) appliquent le détestable principe de précaution inventé en 1992 lors de la Conférence de Rio sur l’environnement. Je cite le principe 15 de la déclaration de Rio (Wikipedia) : « En cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l’absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l’environnement. » Tout est dit dans ce texte hautement sibyllin à dessein. Ce principe a fait l’objet d’une loi en France dite « loi Barnier » promulguée en février 1995 mais en préparation par ce même Barnier dès qu’il fut nommé Ministre de l’Environnement dans le gouvernement Balladur, dernière cohabitation sous la Présidence de Mitterand (30 mars 1993- 10 Mai 1995). Cette loi en gestation conduisit à l’interdiction par précaution de la production d’albumine placentaire par l’Institut Mérieux, un « haut fait » de Simone Veil alors Ministre de la Santé dans ce même gouvernement (voir le lien sur ce blog). En réalité elle ne fit qu’appliquer ce que Barnier lui priait de faire « par précaution ».

Comme chaque citoyen européen le sait tant la Commission de Bruxelles que le Parlement de Strasbourg sont pourris par le lobby vert et les textes de loi destinés à la protection de l’environnement et par conséquent de la santé humaine sont tous imprégnés de cette idéologie absurde du principe de précaution. Je vais prendre un exemple extrême

et tout aussi stupide que le principe de précaution qui va hérisser certains de mes lecteurs. Faut-il interdire les religions monothéistes et fermer tous les lieux de culte puisqu’il est impossible d’apporter des preuves scientifiques de l’existence de Dieu et ceci afin de préserver la santé (mentale) des citoyens ? La Russie vient d’interdire les Témoins de Jéhovah à la suite de la décision de la Cour Suprême en date du 16 août 2017. Les lieux de culte (395) ont été fermés et confisqués et les 175000 membres de cette « Eglise » ont été placés sous surveillance discrète. Cette secte et en effet considérée comme extrémiste et donc potentiellement dangereuse pour la population. Le principe de précaution qui évidemment ne s’applique pas dans ces deux cas peut conduire à toutes sortes de dérives plus malfaisantes que bénéfiques.

Un autre exemple tout aussi stupide, quoique … Anne Hidalgo, l’illustre maire de Paris de par sa démagogie outrancière et accessoirement ancienne conquête de l’ex-capitaine de pédalo veut interdire les voitures anciennes (de plus de dix ans) dans Paris intra muros. Ceci sous prétexte de préserver la santé des Parisiens mais aussi pour préserver la « santé » du climat, ben voyons ! Encore une fois le principe de précaution joue pleinement dans toute sa splendeur. Il n’y a plus de plomb dans l’essence mais les produits remplaçant le plomb sont-ils anodins ? Nul ne le sait. Quant au CO2 et à son effet sur le climat, nul ne sait aussi ce qu’il faut exactement en penser sauf le tout aussi stupide Ministre d’Etat Hulot qui veut fermer une vingtaine de centrales nucléaires et recouvrir le territoire français de moulins à vent, puisque les moulins à vent ne produisent pas de CO2, on vous le dit ! Et le CO2 c’est mauvais pour la santé, ceci explique cela par précaution.

Le principe de précaution a encore de beaux jours devant lui et il y a de réelles questions à se poser quant à son application …

http://eur-lex.europa.eu/eli/reg/2005/396/oj

https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/08/07/le-non-evenement-du-fipronil-dans-les-oeufs-en-europe/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/07/04/le-principe-de-precaution-et-simone-veil-une-catastrophe/

Illustration tirée du film « Paris brûle-t-il ? de René Clément (1966) : une rue de Paris sans voitures !

Note d’information pour mes fidèles lecteurs : les 19, 20 et 21 août prochains pas de billet, je ne serai pas connecté, isolé dans les montagnes tinerféniennes.

Encore une histoire de vaccins et d’autres maladies négligées

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À l’époque de mes grands-parents, tous nés avant la fin du XIXe siècle, il n’existait ni vaccins ni antibiotiques pour se prémunir d’une mort certaine provoquée par de nombreuses maladies qui décimaient parfois des villages entiers. Au cours de mes recherches généalogiques je pus constater que par exemple au tout début du XVIIIe siècle, durant le mois de janvier de l’année 1703, les trois quarts de la population du village dont sont originaires mes ancêtres paternels disparurent. Les registres paroissiaux ne mentionnent pas les causes de cette épidémie mais aujourd’hui une telle situation, d’autant plus au fin fond de la campagne savoyarde, ne pourrait pas se reproduire aussi dramatiquement. Ce genre d’épidémie existe encore malheureusement dans certains pays du monde et ceci malgré les progrès constants de la médecine.

Le premier grand succès de la vaccination est incontestablement l’éradication de la variole qui décima des peuples entiers du temps des Conquistadors en particulier, une arme infiniment plus redoutable que le mousquet ou l’épée ! Émergèrent également les antibiotiques avec Alexander Fleming et la pénicilline (1930) suivie des sulfamides au cours des années 1930 et 1940. Aujourd’hui le monde entier se trouve confronté à la résistance de certaines bactéries à tous les antibiotiques connus en raison d’un usage abusif de ces derniers. De plus il n’existe pas de vaccins pour se protéger contre ces bactéries résistantes et la situation est donc doublement alarmante de même qu’il n’existe pas d’antibiotiques (antiviraux) efficaces pour soigner une maladie d’origine virale à quelques très rares exceptions près.

Un autre grand succès de la vaccination est la presque totale éradication de la poliomyélite après la vaccination systématique contre cette maladie virale handicapante et parfois mortelle depuis la mise au point d’un vaccin par le Docteur Jonas Salk en 1952. Selon les statistiques de l’OMS moins de 40 enfants ont été paralysés par la polio dans le monde en 2016, essentiellement dans trois pays où cette maladie reste endémique, le Pakistan, l’Afghanistan et le Nigeria.

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Un troisième grand succès de la vaccination est l’éradication totale du continent nord-américain de la rubéole. Il n’existe pas de données récentes de l’OMS au sujet des pays de l’OCDE dans lesquels il est systématiquement conseillé aux femmes en âge de procréer de se faire vacciner contre cette maladie en raison des graves malformations foetales qu’elle provoque si ces dernières n’ont pas reçu le vaccin rougeole-oreillons-rubéole dans leur enfance. En 2016, dans le monde, 120000 enfants sont nés malformés, sourds ou aveugles en raison de cette maladie contractée par la mère en cours de grossesse. Il y a donc encore beaucoup de travail pour sensibiliser les populations afin que les femmes soient vaccinées systématiquement contre cette maladie.

Venons-en à trois parasitoses qui font l’objet de campagnes d’éradication systématique dans le monde et pour lesquelles il n’existe pas de vaccin. La dracunculose (voir le lien sur ce blog) ou encore « ver de Guinée » est en passe d’être éradiquée des pays infestés grâce à l’action de la fondation Carter. En 1989 il y avait 892926 cas en Guinée équatoriale uniquement et depuis le début de l’année 2017 seulement trois cas ont été identifiés dans ce même pays :

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La filariose lymphatique ou éléphantiasis également provoquée comme la dracunculose par un ver cette fois dont les larves sont inoculées par des moustiques a fait l’objet d’une vaste campagne d’éradication par voie médicamenteuse, le réservoir du parasite étant exclusivement l’homme. L’objectif peut-être ambitieux est d’éradiquer ce parasite aux alentours de 2020. Le traitement chimiothérapeutique consiste en une prise annuelle par toute la population concernée d’une combinaison de deux drogues tuant les micro-filaires. Il y a encore 81 pays dans le monde (Afrique et Asie) où cette parasitose est endémique. En 2015 six pays ont été officiellement reconnus comme nettoyés de ce parasite. Il s’agit du Cambodge, des Iles Cook, de l’archipel des Maldives, de Niue, du Sri Lanka et du Vanuatu. Vingt-neuf pays sont encore activement surveillés et l’objectif d’éradication totale pourrait être atteint durant la décennie 2020, toujours selon l’OMS.

Enfin l’onchocercose (voir le lien sur ce blog) ou cécité des rivières dont le véhicule est cette fois une mouche fait l’objet d’une campagne d’éradication dans 36 pays d’Afrique sub-saharienne et d’Amérique du Sud. Les larves du ver parasite sont sensibles au Mectizan, gracieusement fourni par les laboratoires Merck à la Fondation Carter qui est activement impliquée dans l’éradication de cette parasitose. Les résultats sont encourageants car la Colombie a été officiellement nettoyée de ce parasite en 2013, l’Equateur en 2014, le Mexique en 2015 et le Guatemala en 2016. Il reste encore beaucoup de travail pour éliminer totalement cette maladie invalidante.

Sources : Cartercenter.org et OMS. Autres lectures sur ce blog :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2016/02/07/la-dracunculose-deuxieme-maladie-bientot-eradiquee-de-la-planete/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/05/11/des-smartphones-pour-combattre-lonchocercose-et-le-loa/ Illustration : distribution de médicaments pour l’éradication de la filariose lymphatique en Afrique

La crevette d’élevage asiatique : un eldorado risqué

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Lors d’un séjour en Thaïlande il y a une douzaine d’années j’eus le loisir de satisfaire ma curiosité en allant flâner autour d’élevages de crevettes. La Thaïlande est bien connue pour sa production massive de riz à la faveur de trois récoltes par an et avec le tourisme le riz représente une part importante des entrées de devises étrangères dans le pays. Mais les agriculteurs se sont rendu compte que si la configuration de leur rizière s’y prêtait il était infiniment plus lucratif de transformer les paddies en bassins pour y élever des crevettes. Il suffit de pomper de l’eau de mer si l’exploitation agricole n’est pas trop éloignée de la mer et d’oxygéner le paddy à l’aide jets qui propulsent un peu d’eau dans l’air. Reste un détail qui échappe aux consommateurs occidentaux car la Thaïlande est devenue avec les années le premier exportateur de crevettes du monde : la nourriture offerte à ces crustacés naturellement détritivores. Ils mangent tout simplement de la merde et je pèse mes mots. Des sociétés peu scrupuleuses conditionnent n’importe quoi, depuis les déchets des restaurants et des grands magasins jusqu’aux résidus des abattoirs de poulets et de porcs pour les transformer en granulés auxquels ont été ajoutés des cocktails d’antibiotiques et de fongicides pour produire des crevettes qui figureront sur la carte des restaurants européens. Les mauvaises langues prétendent même que les fientes des élevages de poulets servent également de nourriture aux crevettes, ce qui est possible sinon probable …

Depuis cette visite je n’ai plus jamais mangé de crevettes … Avec une quinzaine d’années de retard les riziculteurs vietnamiens du delta du Mékong ont copié leurs collègues thaïlandais et cette région au biotope fragile est maintenant un producteur industriel de crevettes. Non seulement les rizières ont été reconverties mais des bassins ont été créés de toute pièce dans les mangroves. Or les palétuviers sont essentiels pour la stabilité de cette région qui est une immense plaine alluviale facilement sujette à l’érosion et un écosystème fragile. L’irrigation intensive durant la saison sèche a entrainé une augmentation de la teneur en sel des paddies et un grand nombre de riziculteurs se sont reconverti à l’élevage de crevettes beaucoup plus lucratif que la production de riz. Le gouvernement vietnamien tente de contrôler l’extension de cet élevage mais les entrées de devises ont eu leur dernier mot dans le débat et c’est peut-être le futur du delta du Mékong qui pourrait en subir les conséquences …

Source IUCN, illustration AFP

Crise climatique : retour sur l’imposture de l’effet de serre

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Le premier novembre 2014 j’avais écrit un long billet un peu technique sur le concept erroné de l’effet de serre du CO2 et d’autres gaz et mon opinion à ce sujet n’a pas changé. Il se trouve que la question négligée du gradient adiabatique de l’atmosphère terrestre soumis au champ gravitationnel de la Terre comme chacun de nous et comme tout objet « pesant » refait surface dans de nombreux articles scientifiques parus récemment dont celui cosigné par N. Nikolov et K. Zeller publié dans la revue Environment Pollution and Climate Change 2017, 1: 112. Ces auteurs ont comparé l’effet de la gravité sur l’atmosphère de Vénus, de la Terre, de la Lune, de Mars, de Titan et de Triton. Les observations astronomiques relatives à ces corps célestes sont suffisamment documentées pour précisément calculer l’effet de la gravité de ces derniers sur leurs atmosphères parfois très ténus mais tout de même étudiés en détail. Titan est une « lune » de Saturne et Triton une « lune » de Neptune. Toutes les lois physiques qui sont naturellement applicables et valables pour les différents corps célestes du système solaire conduisent, lorsque l’on prend en considération l’ensemble des observations relatives à ces 6 corps, à la conclusion que la théorie de l’effet de serre qui n’est pas observée sur ces corps célestes est donc invalide également pour la Terre et également Vénus quoiqu’en pensa James Hansen, l’un des malheureux promoteurs de la théorie désuète et jamais validée par l’expérience de l’effet de serre.

En effet, l’effet de serre tel qu’il est prêché par l’IPCC n’est pas un phénomène radiatif alimenté par l’opacité de l’atmosphère au rayonnements infra-rouges mais la conséquence d’un réchauffement seulement induit par le gradient adiabatique, directe conséquence du champ gravitationnel, gradient qui est indépendant de la composition de l’atmosphère. De plus, la température au sol observée pour chacun de ces corps célestes n’est pas le résultat d’un forçage radiatif comme cela a été imaginé il y a plus de 100 ans mais seulement le simple résultat de la pression atmosphérique existant au sol. L’albédo des différents corps célestes (dont la Terre) n’est pas un facteur climatique indépendant mais une conséquence du climat. Cependant cet albédo (propriété de réfléchir le rayonnement solaire aux hautes altitudes) est soumis aux variations du champ magnétique solaire et du vent solaire ainsi qu’aux rayons cosmiques.

La pression atmosphérique en tant que force par unité de surface a un effet direct sur l’énergie cinétique interne à l’atmosphère et la température du système atmosphérique (quels que soient les corps célestes cités dans cette étude) est en accord avec les lois régissant le comportement des gaz. Dès lors le gradient de pression atmosphérique est le seul facteur prépondérant contrôlant la température de surface de la planète (ou de la « lune » considérée) et non pas la « profondeur optique » de l’atmosphère aux infra-rouges qui varie de manière continue en raison également de ce gradient de pression.

L’équilibre thermique à la surface des corps célestes étudiés reste stable dans une plage de +/- 1 °C pour toutes ces raisons et bien entendu en dehors de toute variation de l’activité radiative solaire ou du champ magnétique solaire. Cette dernière activité fluctue d’ailleurs dans une plage infime de l’ordre de 2 à 3 ‰ . Cet article réfute donc l’hypothèse de l’ « effet de serre » qui n’a jamais été prouvée scientifiquement à moins de délibérément ignorer un certain nombre de lois physiques fondamentales. C’est exactement ce que les pseudo-climatologistes de l’IPCC font depuis maintenant plus de 20 ans et jamais personne n’a osé les contredire frontalement comme viennent de le faire ces deux personnalités à qui il faut rendre hommage pour leur honnêteté, leur courage et le risque qu’ils encourent de voir tous leurs crédits de recherche annulés sine die pour satisfaire des dispositions plus politiques que scientifiques totalement erronées.

Illustration : la Terre, la Lune et Titan à la même échelle (Wikipedia)

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/11/01/retour-sur-la-theorie-de-leffet-de-serre-atmospherique/

Histoire de voiture et autres loisirs …

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La Triumph Spitfire (ici le modèle Mark IV) avait la particularité d’être équipée sur le levier de vitesse d’un bouton permettant d’actionner l’ « overdrive », une sorte de coup de fouet donné à la transmission, et on se sentait emporté dans une sorte de plaisir de conduire qui était assez plaisant, on avait apparemment « mis les pleins gaz » avec ce bouton magique … De plus la carrosserie aux formes très féminines dessinée par un Italien était une réussite totale.

Dire quelques mots de la Spitfire qu’il m’est arrivé de conduire il y a quelques années sur les routes sinueuses de Tenerife est une excellente entrée en matière pour le sujet de ce billet. Ma prose ci-après est inspirée d’un article paru dans le très respecté quotidien Le Temps paraissant dans la non moins très respectée ville natale de Calvin, je veux parler de Genève, qui relate en cette période estivale les expériences sexuelles de quelques Suissesses de la contrée romande. Je cite donc un passage de cet article dans lequel se confie une quinquagénaire à la recherche du plaisir et elle n’utilise pas la langue de bois, c’est le moins qu’on puisse dire !

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Puisque « Barbara » mentionne l’orgasme simultané et qu’elle avoue appuyer sur le bouton de l’ « overdrive » quand elle fait l’amour, j’avoue rechercher depuis quelques semaines avec ma fiancée (« novia » en espagnol) le même type de situation bien difficile à atteindre. Faire l’expérience d’un orgasme simultané est en effet un genre de prouesse qui demande des efforts et une attention soutenus et pour nous c’est une sorte de jeu du chat et de la souris, sans aucun jeu de mots, en d’autres termes attendre sinon découvrir le moment propice pour passer à la vitesse supérieure et négocier le virage de la route sans dérapage non contrôlé, le point critique de la situation. Que mes lecteurs ne se méprennent pas, je ne compare aucunement ma « fiancée » à une voiture (cf. Patricia Kaas) mais jouer à la recherche de l’orgasme simultané est une immense satisfaction que je souhaite à toutes mes lectrices et lecteurs. J’ajouterai que quand ma « fiancée » a déjà passé la 4e je suis encore en seconde et j’ai oublié de desserrer le frein à main, c’est-à-dire la situation radicalement inverse de celle narrée par la Suissesse. De plus le garagiste m’a débranché deux durites et il faut beaucoup de temps pour faire chauffer mon moteur … Vous comprendrez dès lors que ma fiancée a déjà quelques lacets d’avance sur la route tortueuse du plaisir mais que le jeu que nous nous sommes fixé consiste pour elle à me laisser un peu de loisir pour la rattraper sans faire cliqueter les soupapes, cela va de soi, pour rouler enfin à la même vitesse et admirer de concert le paysage.

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Patricia Kaas : https://www.youtube.com/watch?v=IpWcSEaEyR8

Illustration : position d’Andromaque (Édouard-Henri Avril, fin XIXe siècle)

Source d’inspiration : Le Temps de Genève daté du 9 août 2017 (capture d’écran)