L’écologisme, la grande menace pour l’homme

Article de Jean-Baptiste Noé paru le 5 septembre 2019 sur le site de Charles Gave Institut des Libertés (institutdeslibertes.org)

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Les vacances d’été sont l’occasion de traverser la France et d’en admirer les paysages, dont la diversité ne cesse d’étonner. Que ce soient les villes et villages historiques, les sites industriels ou les zones rurales, chaque région regorge de trésors, que l’on doit au travail des Français accumulés depuis des siècles et à leur capacité à transformer et développer les paysages. Bien souvent ces forêts, ces plaines, ces vignobles sont présentés comme étant des espaces naturels. Rien n’est plus faux : ce sont des paysages entièrement construits et entretenus par l’homme.

 

J’étais ainsi au mois de juillet à Gigondas, un village de vignoble situé au pied des dentelles de Montmirail, le long de la vallée du Rhône, non loin de Châteauneuf-du-Pape. Le syndicat des vignerons de Gigondas y organisait une dégustation de ses vins, dont une quinzaine de vieux millésimes. Depuis les hospices de Gigondas, sur les hauteurs du village, à côté de l’église, la vue était superbe sur toute la vallée et les vignes qui s’étendent jusqu’à l’horizon. Entre la chaleur de juillet et celle du vin, difficile d’imaginer tout le travail qu’il a fallu mener ici depuis des siècles pour transformer cette terre inhospitalière en un paradis viticole. Les hommes ont retiré les pierres des champs pour créer des parcelles cultivables et édifier des murets (les restanques). Ils ont apporté l’irrigation à l’aide de canaux en argile et aujourd’hui de tuyaux en polymère. Ils ont chassé le loup, véritable plaie qui s’en prenait aux hommes et aux moutons. Ils ont sélectionné les plants de vigne pour élaborer de nouveaux cépages, aptes à supporter les caractéristiques de la région (ici essentiellement syrah et grenache). Ils ont mis au point des produits phytosanitaires qui sauvent les vignes et les cultures de toutes les bactéries et bestioles nuisibles qui la tuent. Seul le phylloxéra, qui a ravagé tout le vignoble français, est encore invaincu. Dans les paysages de vigne, il y a du végétal, mais il n’y a rien de naturel. Tout est la conséquence du travail de l’homme, de son imagination, de ses efforts et de sa capacité à transformer une nature hostile et dangereuse en un verger merveilleux. « Laisser la nature reprendre ses droits » comme on l’entend parfois, c’est abandonner ces vergers et ces jardins à la broussaille, aux ronces et aux pierres.

 

L’écologie, c’est jardiner les paysages

 

L’idéologie écologiste est aujourd’hui l’une des grandes menaces qui planent sur l’être humain, car derrière son discours sur le salut de la nature il y a surtout la volonté d’éradiquer l’homme. Elle est dérivée du marxisme, qui a déjà fait tant de morts. Elle nie l’existence de la nature humaine et voue une haine sans fin à l’homme. Le marxisme disait lutter pour la justice et le développement des peuples. Qui pouvait être contre ? Nous sommes tous pour la justice et le développement. L’écologisme dit vouloir sauver la planète, protéger les espaces sensibles, limiter la pollution. Là aussi, qui peut être contre ? Mais derrière ce message vert se cache la négation de l’humanité. L’écologisme ne pourra s’imposer que par la violence, comme le marxisme soviétique, il bâtira de nouveaux camps de concentration, il alignera les morts. Son erreur est à la source même de son idéologie. Il idolâtre la nature, il déteste l’homme, il veut bâtir une nouvelle société qui ne peut se faire que par la violence et la coercition. Il se nourrit aussi de l’ignorance, notamment quant à la construction des espaces naturels. Trop de personnes pensent encore que la nature est gentille, alors qu’elle est dangereuse et mortelle. S’il a fallu attendre le milieu du XIXe siècle pour que les Européens commencent à se baigner c’est que pendant longtemps le littoral a été un espace de mort, infesté de moustiques, de marécages et de paludisme. Les plages de France n’avaient pas le charme qu’elles ont aujourd’hui. Lorsque les Français se sont rendus en Algérie, à partir de 1830, nombreux sont ceux qui sont morts du choléra, du paludisme et des fièvres, qui ont tué près d’un tiers des effectifs militaires. Il a fallu assécher le marécage de la Mitidja et développer des médicaments contre ces maladies. La Camargue, si belle aujourd’hui avec ses gardians et ses taureaux, était une zone infestée de maladies jusqu’à la fin du XIXe siècle. Les Landes étaient une zone plate de bruyères et de pierre, avant que Napoléon III n’en fasse une vaste forêt de pins, plantés ex nihilo. De même pour la Sologne, marécage planté de chênes et de hêtres pour en faire une réserve de chasse.

 

L’homme est créateur de biodiversité

 

L’homme est aujourd’hui perçu comme un destructeur de biodiversité, alors que c’est lui qui crée la biodiversité. On lui doit la création de centaines d’espèces de vignes, adaptées à des climats et des sols très variés. Si l’on devait se contenter de la Vitis vinifera originale nous n’aurions qu’une liane dégénérée bien incapable de produire les grands crus que l’on aime. À l’époque de Pline l’Ancien, du temps de l’explosion du Vésuve, il y avait une centaine de variétés de pommes dans l’Empire romain. On en ressence aujourd’hui 20 000, toutes créées par l’homme (fuji, granny smith, chantecler, etc). Les vaches que l’on aperçoit dans nos campagnes sont nées au XIXsiècle. Elles sont le fruit de croisements d’espèces et de sélections génétiques pour avoir des animaux producteurs de lait ou de viande. Dans les années 1820, le poids moyen d’une vache était de 100 kilogrammes. Aujourd’hui, les vaches à viande frisent les 900 kg. Les fruits et les légumes que nous mangeons sont eux aussi le résultat de sélections et de croisements, dont la fameuse clémentine de Corse, inventée par le père Clément dans les jardins de son monastère d’Algérie. L’homme n’est pas un danger pour la nature ; il est celui qui permet son accomplissement et le développement des espèces naturelles existantes. Or les écologistes voient en l’homme un prédateur, un nuisible qu’il faudrait au mieux contenir au pire supprimer. Sans l’homme, il n’y aurait que chaos de friches et espèces végétales rabougries.

 

Faire peur pour soumettre

 

Sylvie Brunel est une géographe que j’apprécie beaucoup, car elle sait faire aimer la géographie. Elle a longtemps dirigé une ONG et est désormais professeur à Sorbonne-Université, et éleveuse de chevaux dans la Drôme. Elle a écrit plusieurs ouvrages sur le développement durable, l’alimentation, l’écologie, tous pertinents et très éloignés des discours apocalyptiques. Elle vient de publier « Toutes ces idées qui nous gâchent la vie » où elle démonte le discours catastrophiste des Khmers verts. Elle y rappelle notamment les formidables progrès humains, la façon dont les maladies ont été vaincues, grâce aux vaccins et aux médicaments, l’amélioration des conditions de vie. Un chiffre est à cet égard éloquent, celui du taux de mortalité infantile, c’est-à-dire le nombre de bébés qui meurent avant d’avoir atteint un an. Pour la France, ce taux est de 15.4‰ en 1973, 4.5‰ en 2008 et 3.5‰ en 2018. Il résume à lui seul les immenses progrès accomplis dans le domaine de la santé. Or les écologistes ne jouent que sur un seul ressort : la peur. Il s’agit de tétaniser la population par des prévisions apocalyptiques, afin de provoquer un effet de sidération et d’empêcher toute réflexion. Or de toutes les prévisions catastrophistes effectuées ces trente dernières années, aucune ne s’est révélée exacte.

 

On voit ainsi Henri Sannier, dans un JT d’Antenne 2 du 29 juin 1989, présenter un rapport de l’ONU où est évoqué le fait qu’avec le réchauffement climatique, d’ici dix ans, de nombreux pays seront sous l’eau, dont les Pays-Bas, les Seychelles, les Maldives. Rien de tout cela n’est arrivé. En revanche, en juin 1989, personne n’avait prévu les événements qui allaient se dérouler à Berlin quatre mois plus tard.

 

La peur contre l’environnement

 

La peur empêche de réfléchir sereinement aux façons de mettre en valeur et de protéger l’environnement. Comment limiter la pollution des eaux et des sols, comment disposer d’un air pur, comment assurer l’accès aux matières premières indispensables au développement humain ? L’écologisme empêche de réfléchir à l’écologie humaine authentique. La saison de la chasse va bientôt s’ouvrir. Les chasseurs sont indispensables au maintien de l’équilibre animal. S’il y a trop de sangliers, ce qui est le cas dans de nombreuses régions, ceux-ci développent la peste porcine et meurent en grand nombre, transmettant la maladie aux porcs d’élevage, comme c’est actuellement le cas en Europe de l’Est et en Belgique. Il est donc primordial de réguler la population de sangliers. Comme celle des cervidés. Trop nombreux en Alsace, ils mangent les jeunes pousses et frottent leurs bois contre le tronc des arbres, ce qui déchire l’écorce et favorise le développement des maladies, menaçant l’avenir de la forêt vosgienne. La région Alsace fait appel à des chasseurs d’autres régions pour réguler le cheptel de cervidés. Face aux discours de peur et de haine à l’égard de l’homme, il est essentiel de revenir à une meilleure connaissance de la nature et au rôle de l’homme dans le développement de celle-ci. C’est la seule condition pour aimer la nature, développer et protéger les paysages, et assurer le développement authentique de l’homme.

Remarque. Voilà un excellent article qui va à l’encontre des idées reçues répandues inlassablement par la propagande écologiste. Je n’ai pas pu résister à le reproduire sur ce blog sans en demander l’autorisation à l’auteur, historien et essayiste. Illustration Google.

Cancer du sein et traitement hormonal de confort : la catastrophe !

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Il y a quelques années, je ne me souviens plus exactement, une de mes amies décéda d’un cancer du sein foudroyant et intraitable qui avait envahi très rapidement son corps de métastases. Elle suivait un traitement de hormonal de substitution car elle avait subi une ablation des ovaires en raison de l’apparition répétée de kystes particulièrement douloureux. Il aura fallu attendre un récent article paru dans le journal The Lancet pour que le corps médical soit alerté du risque majeur du traitement de remplacement hormonal. Le cas de cette amie est à l’évidence extrême et rare mais de nombreuses femmes optent pour un traitement hormonal afin, lors de la ménopause, d’améliorer leurs conditions de vie quotidienne. Tous les traitements thérapeutiques comportent des risques et les hormones de remplacement également. L’étude publiée dans The Lancet indique que plus de la moitié des femmes d’âge moyen de 65 ans ayant souffert d’un cancer du sein avaient utilisé un traitement de remplacement hormonal et que parmi tous les cas le traitement combinant un estrogène avec un progestagène était le plus à même de provoquer un cancer du sein.

De plus cette étude a montré que plus le traitement de remplacement est précoce et long plus les risques sont élevés et ceux-ci persistent si le traitement a été interrompu. L’estimation globale du nombre de cancers du sein provoqués par les traitement hormonaux de substitution dans les pays occidentaux mentionne plus de 1 million de cas chaque année. Les traitements hormonaux qu’utilisent les candidats au changement de sexe sont-ils tout aussi dangereux ? Nul ne le sait mais les résultats exposés dans l’article du Lancet autorisent cette extrapolation, d’où la totale stupidité de cette mode du « trans-genre » et sa potentielle dangerosité, l’avenir le dira …

Source et illustration : https://doi.org/10.1016/S0140-6736(19)31709-X

La réécriture de l’histoire

Alors que l’Histoire a été réécrite par les démocraties libérales lors de la guerre froide, le chercheur en philosophie politique et analyste des relations internationales Bruno Guigue revient sur les origines du pacte du 23 août 1939.

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A la faveur de la guerre froide, la narration consensuelle de la «grande alliance antifasciste» (1941-1945) s’effondre comme un château de cartes. Les alliés de la veille ne le sont plus, et un nouveau récit supplante l’ancien dans chacun des deux camps. Pour le monde occidental – désormais aligné derrière la bannière étoilée –, la coalition des démocraties contre l’hydre hitlérienne cède la place à la coalition des démocraties contre l’hydre communiste. Oblitérant l’effort colossal accompli par l’URSS pour abattre le IIIe Reich, le discours dominant en Occident entend infliger à Staline une véritable reductio ad hitlerum. La lutte titanesque entre la Wehrmacht et l’Armée rouge, en somme, aurait provoqué une illusion d’optique : comme l’arbre cache la forêt, leur affrontement militaire aurait masqué la connivence entre les deux tyrannies du siècle.

Hannah Arendt a joué un rôle déterminant dans cette interprétation de l’Histoire. Pour la philosophe allemande, le totalitarisme est un phénomène à double face : le nazisme et le stalinisme. Les partis totalitaires ont une idéologie rigide et une structure sectaire. Le pouvoir du chef est absolu, et la communauté soudée par une foi sans réserve dans ses vertus surhumaines. La suppression de l’espace public et le règne de l’arbitraire policier, enfin, signent la dissolution de la société dans l’État et de l’Etat dans le parti. Mais pour Hannah Arendt, le système totalitaire est surtout l’instrument par lequel l’idéologie totalitaire prétend réaliser les lois de la nature (nazisme) ou accomplir les promesses de l’Histoire (stalinisme). Avec le totalitarisme moderne, l’idéologie est la logique d’une idée : elle se fait fort de donner un sens aux événements, elle en fournit une explication sans faille. Transformant les classes en masses, l’État totalitaire exerce une emprise illimitée sur la société. Absorbant toutes les activités humaines pour leur donner la signification univoque exigée par l’idéologie, le totalitarisme, pour Arendt, est un système qui transcende ses incarnations particulières.

Cette définition, toutefois, a pour inconvénient de faire fi des différences concrètes entre nazisme et stalinisme. Sans parler de l’idéologie elle-même (la mystique de la race aryenne contre le socialisme dans un seul pays), le recours à la violence n’emprunte pas les mêmes justifications à Moscou et à Berlin. Le système totalitaire décrit par Hannah Arendt ressemble au lit de Procuste, dans lequel on veut faire entrer une réalité qui le dépasse. L’impuissance du modèle à rendre compte du réel est flagrante lorsque Hannah Arendt attribue au système totalitaire une politique étrangère agressive, ouvertement vouée à la conquête du monde. «Comme un conquérant étranger, le dictateur totalitaire considère les richesses naturelles et industrielles de chaque pays, y compris le sien, comme une source de pillage et un moyen de préparer la prochaine étape de l’expansion agressive» (Hannah Arendt, Le système totalitaire, Seuil, 1972, p. 147).

La conquête et le pillage, pourtant, ne sont pas l’apanage des «régimes totalitaires». En décrivant comme une propriété intrinsèque du système totalitaire ce qui correspond à la pratique constante des régimes démocratiques, Hannah Arendt se livre à un tour de passe-passe. Si la conquête, l’expansion et le pillage sont des pratiques totalitaires, pourquoi n’en déduit-elle pas le caractère totalitaire des démocraties occidentales ?

En dépit de cette contradiction flagrante, le mythe des «jumeaux totalitaires» a fourni un répertoire inépuisable à la réécriture occidentale de l’Histoire. Il a permis de tirer un trait sur la réalité d’un conflit mondial où 90% des pertes allemandes sont causées sur le front de l’Est, et où les victoires de Joukov, chèrement acquises, ont eu raison de la machine de guerre hitlérienne. Peu importe le sacrifice du peuple soviétique, peu importent les succès de l’Armée rouge, puisque leur chef – Staline – est un bourreau sanguinaire qui ne vaut guère mieux que son homologue nazi. Cette interprétation des événements par la doxa occidentale est parfaitement illustrée par Hannah Arendt, à nouveau, lorsqu’elle écrit en 1966 que «contrairement à certaines légendes de l’après-guerre, Hitler n’eut jamais l’intention de défendre l’Occident contre le bolchevisme, mais resta toujours prêt à s’allier aux Rouges pour la destruction de l’Occident, même au plus fort de la lutte contre l’Union soviétique». (Hannah Arendt, Op. Cit, p.243).

On chercherait en vain le moindre élément à l’appui de cette affirmation, mais peu importe. La matérialité des faits a l’obligeance de s’effacer devant ce théâtre d’ombres idéologiques. Nazisme et stalinisme représentant «deux variantes d’un même modèle», ils ne pouvaient pas réellement s’engager dans une lutte à mort. Pour montrer que la véritable fracture ne passe pas entre nazisme et stalinisme, mais entre totalitarisme (à double face) et démocratie libérale, on s’emploie à soustraire de l’Histoire tout ce qui pourrait en démentir l’interprétation. Ainsi Hitler est-il censé être l’allié naturel de Staline, mais à la veille de l’opération Barbarossa (juin 1941), le ministre nazi de la Propagande Joseph Gœbbels écrit dans son journal : «Le bolchevisme a vécu. Nous assumons ainsi devant l’Histoire notre devoir authentique. Contre une telle entreprise Churchill lui-même ou Roosevelt ont peu d’objection. Peut-être réussirons-nous à convaincre l’épiscopat allemand des deux confessions à bénir cette guerre en tant que guerre voulue par Dieu.» Et puis, si Hitler envisageait de «s’allier aux Rouges», comment expliquer l’extrême brutalité de la guerre menée par les nazis contre l’URSS, laquelle tranche avec leur attitude, beaucoup plus respectueuse des usages de la guerre, sur le front de l’Ouest ?

C’est qu’en France Hitler n’a pas l’intention d’installer le grand Reich millénaire qui sera au contraire chez lui dans les vastes espaces disponibles à l’Est. La future colonisation germanique dans ce qu’il appelle le «désert russe» occupe son imagination. Cette utopie colonialiste et esclavagiste tire sa source d’un mépris absolu des Slaves, d’un racisme si radical qu’il légitime n’importe quelle violence, tuerie ou famine contre ces nouveaux «peaux-rouges», pour reprendre l’expression employée par Hitler lui-même. Passée inaperçue de l’historiographie dominante, cette référence aux Amérindiens dans le discours hitlérien est pourtant révélatrice. Elle souligne la proximité entre l’idéologie raciste des démocraties libérales et celle de la dictature national-socialiste. «Ce n’est pas un hasard si le terme-clé du programme eugénique et racial du Troisième Reich, Untermensch, n’est que la traduction de l’états-unien Under man, le néologisme forgé par Lothrop Stoddard, auteur célébré aussi bien aux USA qu’en Allemagne, et consacré par des hommages aussi bien de deux présidents états-uniens (Harding et Hoover) que du Führer du Troisième Reich, par qui il est reçu personnellement avec tous les honneurs», rappelle Domenico Losurdo ( Staline, Histoire et critique d’une légende noire, Aden, 2011, p. 442).

Si l’on fonde la thèse de la gémellité des régimes totalitaires sur l’usage de la terreur, comme le fait Hannah Arendt, que faut-il déduire de l’usage de la terreur sous le régime colonial imposé par les Européens aux populations de couleur ? Des Amérindiens liquidés dès le XVIe siècle aux populations africaines, asiatiques et océaniennes asservies ou exterminées par les Blancs au nom de la civilisation, l’entreprise nazie de liquidation des «races inférieures» avait de sérieux antécédents. «Il est trop commode de mettre les infamies du nazisme sur le compte exclusif de Hitler en refoulant le fait qu’il a repris, en les radicalisant, les deux éléments centraux de sa théorie à un monde qui lui préexiste : la célébration de la race blanche et de l’Occident, appelés maintenant à étendre leur domination même en Europe orientale ; la lecture de la révolution bolchevique comme complot judéo-bolchevique qui, en stimulant la révolte des peuples coloniaux et en minant la hiérarchie naturelle des races, et plus généralement, en infectant en tant qu’agent pathogène, l’organisme de la société, constitue une menace effrayante pour la civilisation, qu’il faut affronter par tous les moyens, solution finale comprise.» (Domenico Losurdo, Op. Cit., p. 469).

C’est pourquoi la guerre des nazis contre l’URSS fut d’emblée une guerre totale, une guerre d’extermination (Vernichtungskrieg). Contre les nouveaux peaux-rouges, les directives du Führer à ses troupes d’invasion ont d’emblée une connotation politique : les commissaires politiques – a fortiori s’ils sont juifs – seront immédiatement exécutés, conformément au célèbre Kommissarbefehl (ordre sur les commissaires) du 6 juin 1941. Ce n’est pas seulement l’Armée rouge, mais l’ensemble du régime soviétique qui devait être détruit. Une détermination alimentée par la conception nazie d’un «Etat judéo-bolchevique» dont la destruction nécessitait l’extermination des cadres juifs faisant fonctionner l’État soviétique. L’idéologie raciste nazie définit également les peuples slaves d’Union soviétique comme une race inférieure d’Untermenschen, de sous-hommes. Le 30 mars 1941, Hitler l’annonce à ses généraux : «La guerre contre la Russie est de ce type de guerre qui ne pourra pas être menée de façon chevaleresque : c’est une lutte entre idéologies et races différentes, et elle ne pourra être conduite qu’avec un niveau de violence sans précédent, sans pitié ni répit.»

Mais la thèse de l’alliance entre Hitler et Staline contre les démocraties, bien entendu, trouve son principal argument dans la signature du pacte germano-soviétique du 23 août 1939. Car cet événement inattendu a fait l’effet d’un coup de tonnerre. Il a brutalement entaché l’image de la «patrie du socialisme», qui avait fait de «l’antifascisme» le signe de ralliement de toutes les forces progressistes appelées à conjurer la menace hitlérienne. Si le pacte donnait les coudées franches à l’expansionnisme allemand à l’Ouest, comment expliquer que Staline ait changé de cap aussi brutalement, quitte à encourir le reproche d’avoir trahi la cause de l’antifascisme et à provoquer des remous dans son propre camp ? Pour l’historiographie dominante inspirée par Hannah Arendt, la gémellité totalitaire entre les deux tyrannies aurait favorisé cette monstrueuse alliance. La proximité systémique, en somme, expliquerait la connivence stratégique. Mais ce n’est pas du tout ce que révèle l’examen des faits.

En réalité, durant les trois années qui précèdent le pacte du 23 août 1939, Staline tente obstinément de négocier une alliance anti-hitlérienne avec les Français et les Britanniques. Pour l’URSS, une triple alliance avec la France et la Grande-Bretagne signifie avant tout une coordination militaire en vue de mener le combat commun contre l’Allemagne. Aussi le Kremlin formule-t-il avec insistance une demande précise : les Franco-Britanniques doivent s’assurer que la Pologne et la Roumanie autorisent le passage de l’Armée rouge sur leur territoire, une fois la guerre déclenchée avec l’Allemagne. Or la Pologne et la Roumanie – deux dictatures de droite antisémites et anticommunistes – redoutent autant l’intervention soviétique que l’invasion allemande et ne sont pas disposées à octroyer un droit de passage à l’Armée rouge. Favorisé par la «politique d’apaisement» à l’égard de Berlin prônée à Londres, ce refus a pour effet de réduire la triple alliance à un front politique sans volet militaire, le condamnant à l’échec.

Certes, Staline n’est guère plus confiant dans les intentions des Allemands que dans celles des Franco-Britanniques. Il connaît le programme d’expansion à l’Est prôné par l’auteur de Mein Kampf et l’idéologie pétrie de haine raciale qui justifie ces projets de conquête. Entrepris par le régime stalinien à la faveur de l’industrialisation accélérée, l’effort de réarmement de l’URSS dans les années 30 témoigne d’ailleurs de cette lucidité face à la montée des périls. Mais les négociations avec Paris et Londres traînent depuis des mois et l’approche dilatoire des Occidentaux finit par convaincre le maître du Kremlin qu’il ne pourra pas compter sur eux. Persuadé que les Allemands attaqueront la Pologne quoi qu’il en coûte, et constatant que les Occidentaux ont hypothéqué les chances de la triple alliance, Staline finit par répondre aux avances de Berlin. Devant le Soviet suprême, Molotov justifie alors le pacte en insistant sur le fait qu’il est la conséquence, et non la cause de l’échec des négociations pour la triple alliance. Du point de vue soviétique, le pacte n’est qu’une alternative, faute de mieux, à la coalition avec Paris et Londres.

Du côté occidental, la politique «d’apaisement» a rendu caduc les propositions d’alliance antifasciste formulées par l’URSS au profit d’une attitude conciliante à l’égard des prétentions du Reich. Passivité calculée, cette démission devant l’expansionnisme revanchard de l’Allemagne vise à orienter l’agressivité nazie en direction de l’URSS, désignée comme l’ennemi à abattre par l’idéologie national-socialiste. Cette politique atteint son apogée lors des accords signés à Munich par la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Italie le 30 septembre 1938. La Tchécoslovaquie est livrée pieds et poings liés à Adolf Hitler, qui se partage les dépouilles de ce malheureux pays avec la Pologne et la Hongrie. L’Union soviétique, de son côté, tente d’empêcher ce désastre. Elle réclame en vain la coordination des forces soviétiques, françaises et tchécoslovaques, ainsi que la saisine de l’assemblée générale de la SDN. Entre le 21 et le 23 septembre 1938, l’Armée rouge mobilise des forces militaires en Ukraine et en Biélorussie. Faute de frontière commune entre l’URSS et la Tchécoslovaquie, Moscou sollicite l’accord de Varsovie et de Bucarest pour traverser leur territoire. La Roumanie semble prête à accepter, mais le refus polonais scelle le sort de la Tchécoslovaquie. Indignée par les accords de Munich, la diplomatie soviétique dénonce une «capitulation qui aura des conséquences incalculables».

Le pacte du 23 août 1939 est le dernier épisode du jeu de go qui caractérise les relations internationales dans les dernières années de l’avant-guerre. Que ce soit avec la triple alliance – avortée – ou avec le pacte germano-soviétique, Staline tente d’éloigner le spectre de la guerre tout en sachant qu’elle est inéluctable. «En vérité, loin d’ourdir une guerre menant à une révolution, Staline ne craignait rien de plus qu’un nouveau grand conflit militaire. La guerre offrait des opportunités, mais elle exposait également à de grands périls. Bien que la Première guerre mondiale eût conduit à la Révolution russe de 1917, elle fut suivie d’une guerre civile où les ennemis des communistes furent à deux doigts de tuer le bolchevisme dans l’œuf. Parmi les opposants aux bolcheviques pendant la guerre civile, on compte les grandes puissances capitalistes – Grande-Bretagne, France et Etats-Unis – qui aidèrent les forces anticommunistes en Russie et imposèrent un blocus économique et politique pour contenir la contagion du bolchevisme», souligne Geoffrey Roberts (Les guerres de Staline, Delga, 2011, p. 25).

Si Staline joue la carte allemande en août 1939, c’est parce que les tentatives d’entente avec les Occidentaux ont échoué par leur faute. Après la trahison de la Tchécoslovaquie par les «démocraties» occidentales à Munich en septembre 1938, il sait combien la tentation d’une ligne «Plutôt Hitler que Staline» est forte en Europe. Ses offres d’alliance du printemps 1939 ayant achoppé sur le refus de la Pologne – laquelle s’empare d’un morceau de la Tchécoslovaquie en 1938 –, il prend acte de l’impossibilité de s’entendre avec Paris et Londres, et il retourne temporairement contre les Franco-Britanniques la menace allemande qu’ils entendaient dresser contre l’URSS. Impossible, par conséquent, de comprendre le coup de tonnerre du 23 août 1939 sans le relier au caractère défensif de la politique étrangère soviétique. Si Staline a signé le pacte, c’est pour retarder l’échéance de la guerre sur le sol soviétique. Et c’est surtout parce que les accords de Munich ne lui ont pas laissé le choix.

Pollution au plomb : un autre débat inattendu.

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Il existe encore en France et d’autres pays européens de nombreux logements anciens dans lesquels les adductions d’eau sont constituées de tuyaux en plomb, installées au tout début du XXe siècle et qui permettaient d’afficher fièrement au bas des immeubles « eau et gaz à tous les étages ». Le gaz (« à l’eau ») était également acheminé et distribué avec des tuyaux en plomb. J’avais acheté un vieil appartement dans le centre de Lyon et les arrivées de gaz et d’eau étaient en plomb. J’ai eu l’occasion d’apprendre à réaliser une soudure plomb-cuivre pour restaurer l’installation à l’intérieur de cet appartement. Finalement je suis arrivé à réaliser cette soudure bien que n’étant nullement plombier de mon état. Là où la situation se complique au sujet du plomb dont j’ai laissé mes impressions au sujet du chantier de Notre-Dame de Paris sur ce blog est que cette omniprésence de tuyaux en plomb en particulier dans une immense majorité d’immeubles tant à Paris que dans d’autres grandes villes françaises et européennes est la perturbation induite par la présence de chlore dans l’eau, un état de fait qui ne date qu’après la fin de la deuxième guerre mondiale.

En effet, il existe dans l’eau que l’on boit des traces de manganèse et ces traces vont perturber le processus naturel de protection contre une éventuelle pollution de cette eau par des oxydes de plomb avec la couche de carbonate de plomb qui se forme à l’intérieur des tuyaux. Et c’est là qu’intervient le rôle du chlore, en réalité les radicaux hypochlorite fortement oxydants, pour transformer une infime partie du carbonate de plomb en oxyde de plomb PbO2. La présence de manganèse, indispensable pour de nombreuses voies métaboliques essentielles dans notre organisme accélère d’un facteur 100 l’oxydation du carbonate de plomb déposé sur les parois des tuyaux en oxyde que l’on va finalement ingérer en buvant l’eau du robinet. Quand les spécialistes de la qualité de l’eau, après s’être rendu compte que l’hypochlorite (l’eau de Javel pour faire plus simple) amplifiait la formation d’oxyde de plomb, ils ont remplacé cette forme de chlore par de la chloramine. Curieusement ils ont observé que la formation d’oxyde de plomb dépendait de la composition de l’eau et qu’invariablement cette formation dépendait étroitement de la présence de manganèse dans l’eau.

L’oxyde de plomb ne se voit pas à l’oeil nu quand on remplit un verre d’eau mais il s’agit en fait d’une forme insoluble du plomb qui a longtemps été utilisée par les peintres comme pigment. Il ne faut pas confondre l’oxyde de plomb avec la céruse, un pigment blanc de formule PbCO3.Pb(OH)2, combinaison d’un carbonate et d’un hydroxyde du même métal également utilisé en peinture et interdit en raison de sa toxicité comme le PbO2 où le plomb se trouve à l’état Pb(IV), qui ingéré sera rapidement transformé dans l’estomac en chlorure tout aussi toxique qui va s’accumuler dans l’organisme – nos reins sont incapables de l’éliminer – et provoquer le saturnisme.

Source et illustration : Environmental Science and Technology, https://doi.org/10.1021/acs.est.8b07356

Mais où est passé le réchauffement du climat ?

Depuis plusieurs mois la psychose mondiale relative au réchauffement climatique d’origine humaine est alimentée par une propagande incessante qui ne recule devant aucun excès démagogique. L’instrumentalisation de Greta : je la qualifie de répugnante, tout simplement.

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Ce que la propagande dissimule soigneusement est le fait maintenant admis par un grand nombre de spécialistes du climat (dont je ne fais pas partie) que le réchauffement du climat qui débuta à la fin des années 1930 a bien pris fin aux alentours de 1995. Cette tendance est particulièrement évidente en Amérique du Nord et va s’étendre à l’Europe dans les prochaines années. En effet, une étude publiée au début de l’année 2019, et réalisée par une équipe de climatologues de l’Université de Lanzhou en Chine sous la direction du Docteur Xiaodan Guan a montré sans ambiguïté que le climat sévissant vers le chaud ou vers le froid sur le continent nord-américain était étroitement lié aux oscillations multi-décadales de l’Océan Atlantique (AMO). Toutes les données utilisées dans cette analyse proviennent de banques de données disponible auprès de la NOAA ou d’autres organismes des USA. Ces oscillations suivent une fréquence d’environ 60 ans toujours inexpliquée dans le détail. Une analyse à l’aide de fonctions intrinsèques des températures, des vents en altitude et des précipitations indique que l’évolution des températures sur le continent nord-américain est entrée dans une tendance vers la baisse comme le montre l’illustration ci-dessus.

Les spécialistes auto-proclamés de l’IPCC, devant cette évidence, ont parlé de « hiatus » et que cette tendance n’allait pas durer. Pourtant, il ne s’agit pas du tout d’un hiatus que leurs modèles n’expliquent pas et ne le peuvent pas puisqu’ils sont tous faux. Le réchauffement du climat appartient maintenant au passé et les émissions de CO2 peuvent continuer à augmenter : rien ne modifiera cette évolution. Devant ce type d’information scientifique les sbires de l’IPCC n’ont cessé depuis le début de l’année 2019 de renforcer leur propagande car il ne reste que peu de temps pour organiser l’arnaque mondiale – du moins celle cirigée vers les habitants des pays riches – sous forme de taxes diverses dans le but de sauver le climat et comme cela ne suffit plus ils ont ressorti le serpent de mer de la biodiversité.

L’ensemble des pays occidentaux – là où se trouve la richesse du monde – devront se serrer la ceinture. Mais un jour, très proche maintenant avec la combinaison de l’AMO en phase descendante, si on peut dire les choses ainsi, et un ralentissement impressionnant de l’activité solaire, un jour, donc, arrivera où les peuples se rendront compte qu’ils ont été bernés par l’élite financière apatride qui a manipulé à son profit des fonctionnaires onusiens crédules.

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En 2016 le Professeur François Gervais avait déjà mis en évidence l’effet de l’AMO sur les conditions climatiques de l’Europe et de l’Amérique du Nord (voir le DOI, illustration ci-dessus) et les résultats de l’équipe du Docteur Xiaodan Guan viennent confirmer les observations de F. Gervais. Certes la chute des températures moyennes en Europe ne sera pas aussi brutale qu’aux USA (cf. les trois derniers hivers particulièrement rigoureux) car le climat y est tempéré par le Gulf Stream mais la tendance est maintenant résolument à la baisse et un jour viendra où les peuples demanderont des explications aux politiciens …

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Il n’est déjà plus très confortable d’aller se promener dans le grand Nord alors qu’il devrait être libre de glaces depuis 20 ans selon Al Gore !

Sources et illustrations : https://doi.org/10.1029/2018EA000443 (accès libre)

et François Gervais : http://dx.doi.org/10.1016/j.earscirev.2016.02.005

Petite leçon d’histoire à Justin Trudeau (… et à beaucoup d’autres).

 

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Par Michael Jabara Carley, article paru sur le site voltairenet.org

Alors que le gouvernement polonais demande, trois quart de siècles plus tard, des dommages de guerre à l’Allemagne, la presse internationale souligne la responsabilité soviétique dans la Seconde Guerre mondiale. C’est oublier que durant six ans, l’URSS essaya de former une alliance contre le nazisme et ne trouva aucun soutien. C’est oublier qu’en 1938, l’alliance de la Grande-Bretagne, de la France et de la Pologne avec l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste lors des accords de Munich dépeça la Tchécoslovaquie au profit de l’Allemagne et de la Pologne. En réalité, l’accord germano-soviétique de 1939, qui dépeça la Pologne, n’est que la conséquence de l’anti-soviétisme européen.

Le 23 août 2019, le cabinet du Premier ministre canadien a diffusé une déclaration à l’occasion de la « journée du Ruban noir », une journée nationale établie par le Parlement européen en 2008-2009 et dédiée à la commémoration des victimes du « totalitarisme » fasciste et communiste et à la signature, en 1939, du Pacte de non-agression entre l’Allemagne et l’Union soviétique, communément appelé « pacte Molotov-Ribbentrop ». Divers mouvements politiques de centre-droit au sein du Parlement européen ainsi que l’Assemblée parlementaire de l’Otan ont lancé ou soutenu cette idée. En 2009, lors de sa réunion en Lituanie, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a adopté une résolution « comparant les rôles qu’ont joué l’URSS et l’Allemagne nazie dans le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. »

La déclaration du Premier ministre Justin Trudeau suit ces lignes de façon analogue. En voici quelques extraits : « La journée du Ruban noir marque le sombre anniversaire du pacte Molotov-Ribbentrop. Signé entre l’Union soviétique et l’Allemagne nazie en 1939 pour diviser l’Europe centrale et orientale, ce pacte tristement célèbre a ouvert la voie aux atrocités effroyables perpétrées par ces régimes. Dans les années qui ont suivi, les régimes soviétique et nazi ont dépouillé des pays de leur autonomie, forcé des familles à fuir leur foyer et déchiré des communautés entières notamment des communautés juives et roms. À travers l’Europe, ils ont provoqué des souffrances immenses, alors que des millions de personnes ont été assassinées sans raison ou privées de leurs droits, de leurs libertés et de leur dignité [italiques ajoutées]. »

Déclaration censée résumer les causes et le déroulement de la Seconde Guerre mondiale, elle n’est en fait qu’une parodie des événements réels des années 1930 et des années de guerre. C’est une « histoire falsifiée » qui est motivée par des raisons politiques. Il ne s’agit en réalité que d’un tissu de mensonges.

Commençons par le commencement. Fin janvier 1933, le président Paul von Hindenburg nomma Adolf Hitler chancelier de l’Allemagne. En quelques mois, le gouvernement d’Hitler déclara illégaux les partis communistes et socialistes allemands et commença à mettre en place un État à parti unique. Grâce au traité de Rapallo signé en 1922, le gouvernement soviétique avait jusqu’ici maintenu des relations correctes ou tolérables avec l’Allemagne de Weimar. Toutefois, le nouveau gouvernement nazi renonça à cette politique et lança une campagne de propagande contre l’Union soviétique et ses représentants diplomatiques, commerciaux et d’affaires travaillant en Allemagne. Les nazis vandalisaient parfois des installations commerciales soviétiques et passaient à tabac les employés.

À Moscou, on déclencha la sonnette d’alarme. Des diplomates soviétiques, notamment le commissaire du peuple aux Affaires étrangères avaient lu Mein Kampf d’Hitler, un livre publié au milieu des années 1920 et dans lequel ce dernier détaille son plan pour imposer la domination allemande sur toute l’Europe. Ce bréviaire, devenu un best-seller en Allemagne, constituait dans n’importe quelle maison allemande, l’accessoire indispensable pour étoffer la cheminée ou la table du salon. Dans Mein Kampf, pour ceux d’entre vous qui ne le sauraient pas, les juifs constituent avec les slaves la catégorie des Untermenschen, des sous-hommes voués uniquement à l’esclavage ou qui ne méritent pas de vivre. Mais, le génocide nazi n’allait pas seulement cibler les juifs. Les territoires soviétiques à l’est de l’Oural allaient appartenir aux Allemands. La France faisait également partie des ennemis naturels qu’il fallait éliminer.

« Qu’en est-il du livre d’Hitler ? » Litvinov posait souvent la question aux diplomates allemands qui se trouvaient à Moscou. Oh ça, répondaient-ils, n’y prêtez pas attention. Hitler ne pense pas vraiment ce qu’il a écrit. Litvinov sourit poliment devant de tels propos, mais n’en croyait pas un seul mot !

En décembre 1933, le gouvernement soviétique instaura officiellement une nouvelle politique de sécurité collective et d’assistance mutuelle afin de résister à l’Allemagne nazie. Que signifiait exactement cette nouvelle politique ? L’idée du gouvernement soviétique était de reconstituer les forces de l’entente qui avaient fait face à l’Allemagne lors de la Première Guerre mondiale et qui seraient composées de la France, de la Grande-Bretagne, des États-Unis et même de l’Italie fasciste. Même si on ne le disait pas ouvertement, cette nouvelle politique désignait une stratégie d’endiguement et de préparation à la guerre contre l’Allemagne nazie, au cas où l’endiguement serait un échec.

En octobre 1933, Litvinov fut envoyé par Joseph Staline aux États-Unis pour négocier la reconnaissance diplomatique du gouvernement soviétique par les États-Unis. Il s’est entretenu avec le nouveau président états-unien, Franklin D. Roosevelt, au sujet de la sécurité collective pour faire face au Japon impérial et à l’Allemagne nazie. Les relations américano-soviétiques repartirent alors sur de bonnes bases. Mais en 1934, le département d’État (dont ses membres, à quelques exceptions près, étaient anticommunistes) sabota le rapprochement entrepris par Roosevelt et Litvinov.

Au même moment, des diplomates soviétiques abordaient la question de la sécurité collective avec le ministre français des Affaires étrangères, Joseph Paul-Boncour. En 1933 et 1934, Paul-Boncour et son successeur Louis Barthou développèrent des relations plus étroites avec l’URSS. Ce rapprochement s’expliquait par une raison très simple : les deux nations se sentaient menacées par l’Allemagne nazie. Mais, les très prometteuses relations franco-soviétiques furent sabotées par Pierre Laval, le successeur de Barthou, après la mort de ce dernier en Octobre 1934 à Marseille, lors de l’attentat contre le roi Alexandre 1er de Yougoslavie. Laval était un anticommuniste qui préférait un rapprochement avec l’Allemagne nazie qu’avec l’URSS et sa politique de sécurité collective. Laval n’était pas très favorable au pacte d’assistance mutuelle franco-soviétique, qui fut finalement signé en mai 1935 mais dont il retarda la ratification à l’Assemblée nationale française. J’appelle ce pacte la « coquille vide ». Le mal était déjà fait lorsqu’il fut écarté du pouvoir en janvier 1936. Après la défaite de la France devant l’Allemagne nazie en 1940, Laval collabora avec les Nazis. Condamné à mort pour haute trahison, il est fusillé à l’automne 1945.

Les diplomates soviétiques menaient également des pourparlers en Grande-Bretagne pour un rapprochement entre les deux nations. L’objectif était de jeter les bases pour une sécurité collective contre l’Allemagne nazie. Là aussi, la politique fut sapée, d’abord par la signature en juin 1935 de l’accord naval anglo-allemand. Il s’agissait d’un accord bilatéral, portant autorisation, pour l’Allemagne, du réarmement de sa flotte navale. Il prit de court les Français et les Soviétiques, qui considèrent cet accord comme un acte de trahison. Début 1936, un nouveau ministre britannique des Affaires étrangères, Anthony Eden, mit un terme au rapprochement en raison de « propagande » communiste. Les diplomates soviétiques croyaient qu’il était un « ami ». Il n’en était rien.

À chaque fois, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne coupaient court aux discussions prometteuses avec l’Union soviétique. De ce qu’on sait aujourd’hui, pourquoi ces gouvernements feraient-ils une chose aussi étrange en apparence ? Parce que les dirigeants états-uniens, français et britanniques étaient fortement influencés par l’anticommunisme et la soviétophobie, qu’ils ne percevaient pas la menace nazie. La plupart d’entre eux se montraient plutôt bienveillants à l’égard d’Hitler. Le fascisme constituait un bastion qui défendait le capitalisme contre l’expansion du communisme et l’essor de l’influence soviétique en Europe. La grande question qui se posait dans les années 1930 était : « Qui est notre ennemi n°1 ? » : l’Allemagne nazie ou l’URSS ? Bien souvent, la majorité de ces dirigeants répondit à côté de la plaque. Ils préférèrent amorcer un rapprochement avec l’Allemagne nazie que de se tourner vers la politique de sécurité collective et l’assistance mutuelle proposées par l’URSS. Pour les dirigeants européens, qui craignaient le communisme et manquaient souvent de confiance en eux, le fascisme représentait la force, la puissance et la bravoure. Pour ces dirigeants incertains de leur virilité et de leur sécurité face à l’essor de l’influence soviétique, les uniformes en cuir, l’odeur de sueur qu’exhalaient des dizaines de milliers de fascistes, défilant avec leurs tambours, leurs drapeaux et leurs flambeaux, étaient semblables à des aphrodisiaques. L’éclatement de la guerre civile espagnole en juin 1936 transforma la politique européenne en créant un clivage entre la droite et la gauche et rendit ainsi impossible l’assistance mutuelle contre l’Allemagne.

Le cas de l’Italie était particulier. Le gouvernement soviétique maintenait des relations correctes avec Rome même si l’Italie était un pays fasciste et la Russie, un État communiste. L’Italie avait combattu aux côtés de l’Entente durant la Première Guerre mondiale et Litvinov souhaitait l’attirer dans la nouvelle coalition qu’il tentait de former. Benito Mussolini avait toutefois des ambitions impérialistes en Afrique de l’Est où il déclencha une guerre d’agression contre l’Abyssinie, le dernier territoire n’ayant jamais été colonisé par les puissances européennes. Pour faire court, la crise abyssinienne marquait le début de la fin des espoirs de Litvinov pour rallier l’Italie à sa cause.

Les diplomates soviétiques connurent aussi leurs premiers succès en Roumanie. Le ministre roumain des Affaires étrangères, Nicolae Titulescu, était favorable à la sécurité collective et travaillait en étroite collaboration avec Litvinov pour améliorer les relations soviéto-roumaines. C’était lui, en dépit de la fourberie et de la mauvaise foi de Laval, qui avait soutenu Litvinov lorsque ce dernier menait des pourparlers avec la France pour la signature du pacte d’assistance mutuelle. Bien que Titulescu et Litvinov aient abordé la question de l’assistance mutuelle, les discussions n’aboutirent à rien. La Roumanie était gouvernée par des dirigeants d’extrême droite qui s’opposaient à l’amélioration des relations avec les Soviétiques. En août 1936, Titulescu se retrouva écarté de la scène politique et fut contraint de démissionner. Il passa la plupart de son temps à l’étranger, craignant pour sa vie à Bucarest.

Tout comme Titulescu, le président de la Tchécoslovaquie, Eduard Beneš, était favorable à la sécurité collective contre la menace nazie. En mai 1935, il signa le pacte d’assistance mutuelle avec l’URSS, mais l’affaiblit pour éviter d’aller au-delà de celui que les Soviétiques avaient signé avec la France et qui fut saboté par Laval. Les Tchécoslovaques craignaient l’Allemagne nazie et ce, à juste titre. Mais, ils ne s’allieraient pas complètement avec l’URSS sans le soutien total de la Grande-Bretagne et de la France, ce qu’ils n’obtiendraient jamais.

La Tchécoslovaquie et la Roumanie regardaient du côté d’une puissance comme la France et n’iraient pas au-delà des engagements pris par cette dernière à l’égard de l’URSS. La France, quant à elle, regardait du côté de la Grande-Bretagne. Les Britanniques jouaient un rôle essentiel en ces temps-là. S’ils étaient prêts à s’engager, à s’allier avec l’URSS, tous en feraient autant. Sans leur engagement, tout volait en éclats.

L’Union soviétique tenta aussi d’améliorer ses relations avec la Pologne. Là également, les diplomates soviétiques ne parvinrent pas à atteindre leurs objectifs en raison de la signature du pacte de non-agression entre le gouvernement polonais et l’Allemagne nazie en janvier 1934. Les dirigeants polonais n’ont jamais caché leur désir de s’allier avec l’Allemagne nazie. La Pologne renonça à améliorer ses relations avec l’URSS. Elle fit constamment obstruction à la sécurité collective en sabotant les tentatives soviétiques de créer une alliance anti-nazie. Pire encore, les Polonais jouèrent le rôle de complices lors du démembrement de la Tchécoslovaquie par les Nazis en 1938, avant qu’ils ne soient victimes de l’agression de ces mêmes Nazis en 1939. Les diplomates soviétiques avaient prévenu à plusieurs reprises leurs homologues polonais que leur pays se dirigeait tout droit à sa perte si on ne changeait pas sa politique. Au moment propice, l’Allemagne se retournerait contre eux et les anéantirait. Mais ils ne prenaient pas au sérieux ces avertissements et en riaient. Les Russes sont des « barbares », disaient-ils, les Allemands, un peuple « civilisé ». Le choix entre ces deux peuples était donc évident.

Soyons clairs. Les archives montrent nettement que le gouvernement soviétique a proposé sa politique de sécurité collective et une assistance mutuelle à la France, la Grande-Bretagne, la Pologne, la Roumanie, la Tchécoslovaquie et même à l’Italie fasciste. Mais, dans chaque cas, les propositions furent rejetées, voire méprisées, comme c’est le cas de la Pologne, le grand perturbateur de la mise en application de la sécurité collective dans la période qui précède la guerre en 1939. Aux États-Unis, le département d’État sabota l’amélioration des relations avec Moscou. À l’automne 1936, toutes les négociations des Soviétiques pour une assistance mutuelle tombèrent à l’eau et ils se retrouvèrent seuls. Personne ne voulait s’allier avec Moscou pour se mettre ensuite l’Allemagne à dos : toutes les puissances européennes mentionnées ci-dessus, menèrent des pourparlers avec Berlin pour éloigner le loup loin de leurs habitats. Même la Tchécoslovaquie en fit autant. Énoncée ou non, l’idée était de pousser Hitler à réorienter ses ambitions vers l’Est, contre l’URSS.

Survint ensuite « la trahison de Munich » en septembre 1938. La Grande-Bretagne et la France livrèrent la Tchécoslovaquie à l’Allemagne. « La paix à tout prix », déclara Neville Chamberlain, le premier ministre britannique. La Grande-Bretagne et la France abandonnèrent la Tchécoslovaquie, qui fut démembrée au prix de « la paix ». La Pologne obtint une modeste part du butin au titre de cet accord honteux. Winston Churchill la comparait à « un chacal ». En février 1939, on pouvait lire dans le Manchester Guardian que cette conciliation de la part des Britanniques était un plan qui consistait à acheter ses ennemis en vendant ses amis. Cette description est juste.

Il existait toutefois, en 1939, une toute dernière opportunité de signer le pacte d’assistance mutuelle anglo-franco-soviétique contre l’Allemagne nazie. Je l’appelle l’ « alliance qui n’a jamais existé ». En avril 1939, le gouvernement soviétique proposa à la France et à la Grande-Bretagne une alliance militaire et politique contre l’Allemagne nazie. Les conditions relatives à la constitution de cette alliance furent soumises sur papier à Paris et Londres. À l’automne 1939, la guerre semblait inévitable. Ce qui restait de la Yougoslavie disparut en mars, englouti par la Wehrmacht sans coup férir. Au cours de ce mois, Hitler soutenait que les Allemands peuplaient la ville de Memel, en Lituanie. En avril, un sondage de Gallup mené en Grande-Bretagne et en France révéla qu’une très grande partie de la population britannique et française était pour une alliance avec l’Union soviétique. Churchill, qui était alors député ordinaire, déclarait à la Chambre des communes que, sans l’URSS à leurs côtés, ils ne pourraient se défendre contre les Allemands.

Logiquement, on pourrait penser que les dirigeants britanniques et français auraient saisi à deux mains les propositions des Soviétiques. Mais ce ne fut pas le cas. Le ministère britannique des Affaires étrangères rejeta la proposition d’alliance tripartite de l’Union soviétique. La France, à contrecœur, dut s’aligner sur la position britannique. Litvinov fut démis de ses fonctions de commissaire du peuple aux Affaires étrangères et fut remplacé par Viacheslav M. Molotov, fidèle second de Staline. La politique soviétique demeura inchangée pendant un certain temps. En mai, Molotov envoya un message à la Pologne dans lequel il précisait que, si le pays le souhaitait, le gouvernement soviétique le prêterait main forte s’il était agressé par l’Allemagne. Aussi incroyable que cela puisse paraître, les Polonais repoussèrent la main tendue de Molotov dès le lendemain.

Malgré le premier refus des Britanniques de s’allier avec les Soviétiques, les pourparlers pour une alliance anglo-franco-soviétique se poursuivirent pendant l’été 1939. Pourtant, au même moment, les dirigeants britanniques furent surpris en train de négocier avec les Allemands pour amorcer une certaine détente au cours de la dernière heure avec Hitler. L’information fut révélée dans les journaux britanniques à la fin du mois de juillet, au moment où la Grande-Bretagne et la France s’apprêtaient à envoyer des délégations militaires à Moscou pour contracter une alliance. La nouvelle provoqua un scandale à Londres, ce qui fit naître chez les Soviétiques, des doutes concernant la bonne foi des Anglais et des Français. Ce fut le moment où Molotov commença à s’intéresser aux propositions d‘accords des Allemands.

C’était le premier scandale d’une longue série à venir. Les délégations militaires franco-britanniques se rendirent à Moscou à bord d’un navire de commerce affrété et naviguant à faible allure, à une vitesse maximale de treize nœuds. Un responsable du ministère britannique des Affaires étrangères avait suggéré qu’on embarque les délégations dans une flotte composée de croiseurs de la Royal Navy pour faire passer un message. Le ministre britannique des Affaires étrangères, Edward Lord Halifax, trouvait cette idée trop provocatrice. Voilà pourquoi les délégations françaises et britanniques partirent à bord d’un navire de commerce et mirent cinq jours avant d’arriver en URSS. Compte tenu du contexte où une guerre pouvait éclater à tout moment, cinq jours pesait sur la balance.

Cette situation pouvait-elle être devenir plus grotesque ? Elle pouvait bel et bien l’être. Le négociateur en chef britannique, l’amiral Sir Reginald Drax, n’était pas habilité à signer un accord avec le camp soviétique. Son homologue français, le général Joseph Doumenc, ne possédait qu’une vague lettre d’autorisation du président du Conseil. Il était autorisé à négocier mais ne pouvait pas signer un accord. Doumenc et Drax n’appartenaient pas à l’effectif statutaire. À l’inverse, le camp soviétique était composé du commissaire du peuple à la Guerre disposant des pleins pouvoirs. « Tout indique jusqu’ici que les négociateurs militaires soviétiques sont vraiment prêts à faire des affaires », informa l’ambassadeur britannique à Moscou. Contrairement à ces derniers, les délégations britanniques avaient pour instruction d’y « aller très lentement ». Lorsque Drax rencontra le ministre britannique des Affaires étrangères avant leur départ pour Moscou, il lui posa une question sur « les risques de voir les négociations échouer ». « Il y eut un silence bref mais frappant, et le ministre britannique des Affaires étrangères fit alors remarquer que, dans l’ensemble, il serait préférable de prolonger les négociations le plus longtemps possible ». Doumenc nota qu’il était envoyé à Moscou « les mains vides ». Ils n’avaient absolument rien à offrir aux négociateurs soviétiques. Les Britanniques pourraient dépêcher deux divisions en France si une guerre éclatait en Europe. L’Armée rouge pourrait mobiliser très rapidement une centaine de divisions et les forces soviétiques venaient juste de venir à bout des Japonais après de rudes combats à la frontière de la Mandchourie. Staline n’en croyait pas ses oreilles. « Ces gens ne sont pas sérieux », conclut-il. Et il avait bien raison. Les dirigeants français et britanniques pensaient pouvoir se payer la tête de Staline. C’était une grosse erreur de leur part.

Après toute la fourberie et la mauvaise foi dont ils ont fait preuve, qu’auriez-vous fait à la place de Staline ou à la place de n’importe quel dirigeant russe ? Prenons, par exemple, le cas des Polonais. Ils ont contrarié les plans des Soviétiques à Londres, Paris, Bucarest, Berlin et même à Tokyo… Partout où ils pouvaient mettre des bâtons dans les roues des Soviétiques. Ils partagèrent avec Hitler le butin du démembrement de la Tchécoslovaquie. En 1939, ils essayèrent de compromettre, à la dernière minute, une alliance anti-nazie dont l’URSS était signataire. Je sais que tout ceci paraît invraisemblable, comme une histoire sensationnelle dans un mauvais roman, mais c’est la réalité. Et pourtant, les Polonais ont osé accuser le camp soviétique de les avoir poignardés dans le dos. C’était le renard qui prêchait aux poules. Les dirigeants du pays ont causé leur propre perte et celle de leur peuple. Depuis lors, rien n’a changé. Le gouvernement polonais marque le début de la Seconde Guerre mondiale en invitant les anciennes puissances de l’Axe à Varsovie. Il ignore la Fédération de Russie et son Armée rouge, qui pourtant, ont libéré la Pologne en payant au prix fort (plusieurs victimes). C’est un fait historique que les nationalistes polonais ne peuvent tout simplement pas digérer et qu’ils cherchent à effacer de nos mémoires.

Après avoir tenté, pendant près de six ans, de créer en Europe une large coalition anti-allemande (notamment avec la Grande-Bretagne et la France), le gouvernement soviétique revenait les mains vides. Vides. Même si l’URSS s’était retrouvée seule vers la fin de 1936, ses dirigeants tentaient de conclure des accords avec la France et la Grande-Bretagne. Les Britanniques, les Français, les Roumains, les Tchécoslovaques, et surtout les Polonais, avaient saboté, rejeté, esquivé, fragilisé les propositions et accords des Soviétiques et essayé, eux-mêmes, de passer des accords avec Berlin pour sauver leur peau. Sourires polis et complices, c’était comme s’ils rendaient service à Moscou en faisant plaisir aux diplomates soviétiques qui leur parlaient de Mein Kampf et de la menace nazie. Le gouvernement soviétique craignait d’être délaissé et d’être obligé de combattre seul la Wehrmacht, pendant que les Français et les Britanniques joueraient aux arbitres à l’ouest. Après tout, c’est exactement ce qu’ils ont fait quand la Pologne est tombée début septembre, en seulement quelques jours, entre les mains des envahisseurs de la Wehrmacht. Si la France et la Grande-Bretagne ne lèveraient pas le petit doigt pour aider la Pologne, auraient-elles fait plus pour l’URSS ? C’est une question que Staline et ses collègues se sont certainement posée.

Le pacte germano-soviétique ou pacte Molotov-Ribbentrop résulte de l’incapacité des Soviétiques de former une coalition anti-nazie avec les puissances occidentales. Le pacte était affreux. C’était un sauve-qui-peut soviétique, et il contenait un codicille secret qui prévoyait la création de « sphères d’influence » en Europe de l’Est « en cas de… réaménagement(s) territorial ou politique ». Mais ce n’était pas pire que ce que les Français et les Britanniques ont fait à Munich. « C’est la réponse du berger à la bergère », nota l’ambassadeur de France à Moscou. Le démembrement de la Tchécoslovaquie n’était que le prélude des évènements qui suivirent. Comme l’a si bien dit, il y a longtemps, l’historien britannique, feu A.J.P. Taylor : les violentes accusations formulées par les Occidentaux à l’encontre de l’URSS « provenaient de ces mêmes dirigeants politiques qui se sont rendus à Munich…. En réalité, les Russes n’ont fait que ce que les dirigeants occidentaux avaient envisagé eux-mêmes de faire. L’amertume de ces derniers était l’amertume de la déception, mêlée de colère et dont les déclarations communistes n’étaient pas plus sincères que leurs propres déclarations en faveur de la démocratie (leurs négociations avec Hitler le prouvent) ».

Il s’ensuit une période d’apaisement soviétique vis-à-vis de l’Allemagne nazie pas plus attrayante que la politique d’apaisement anglo-française qui l’a précédée. Staline commit alors une énorme erreur de jugement. Il négligea les mises en garde de son propre service de renseignement militaire contre une invasion de l’URSS par l’Allemagne nazie. Il se disait qu’Hitler ne serait pas assez fou pour envahir l’Union soviétique alors que la Grande-Bretagne était toujours une puissance belligérante. Quelle erreur de sa part ! Le 22 juin 1941, les puissances de l’Axe déployèrent une force militaire impressionnante et envahirent l’Union soviétique le long d’un front allant de la mer Baltique à la mer Noire.

Cette invasion marque le début de la Grande Guerre patriotique, une guerre d’une violence inouïe et d’un niveau inimaginable de brutalité et de destruction qui aura duré 1418 jours. L’URSS finit par s’allier avec la Grande-Bretagne et les États-Unis pour combattre l’Allemagne nazie. Ce fut l’Alliance des Trois Grands (Grande-Bretagne, États-Unis, URSS). La France avait bien entendu disparu, à la suite de la débâcle de son armée, écrasée par les troupes allemandes en mai 1940. Pendant les trois premières années de combat, de juin 1941 à juin 1944, l’Armée rouge se battait, presque toute seule, contre la Wehrmacht. Quelle ironie ! Staline avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour éviter de se retrouver seul face à l’Allemagne, et pourtant, son Armée rouge dut affronter, presque toute seule, les troupes allemandes et les puissances de l’Axe. Mais un retournement de situation se produisit à Stalingrad, seize mois avant le débarquement des Alliés occidentaux en Normandie. Voici ce qu’a écrit le président Roosevelt à Staline le 4 février 1943, au lendemain de la reddition des dernières forces allemandes à Stalingrad. « En tant que Commandant en chef des Forces armées des États-Unis d’Amérique, je vous félicite pour la brillante victoire, à Stalingrad, des armées placées sous votre commandement suprême. Les 162 jours de combat épique pour le contrôle de la ville qui a toujours honoré votre nom et le résultat décisif que tous les Américains [États-uniens] célèbrent aujourd’hui, resteront l’une des fiertés des peuples unis contre le nazisme et ses imitateurs. Les commandants et les combattants de vos armées sur les fronts ainsi que les hommes et les femmes qui les ont soutenus, dans les usines comme dans les champs, se sont unis, non seulement pour couvrir de gloire les divisions de leur pays, mais aussi pour insuffler, par leur exemple, une nouvelle détermination à toutes les Nations Unies pour faire plier toute résistance et provoquer ainsi la défaite finale et la capitulation sans condition de l’ennemi commun. » Comme Churchill avait dit à Roosevelt à peu près au même moment : « Dis-moi, qui se bat vraiment aujourd’hui ? Staline tout seul ! Et regarde comment il se débrouille… ». Nous ne devrions pas, en effet, oublier avec quelle ténacité l’Armée rouge a combattu.

De juin 1941 à septembre 1943, aucune division états-unienne, britannique ou canadienne n’a combattu sur le continent européen. Aucune ! Les combats en Afrique du Nord n’étaient qu’un évènement mineur lors duquel les forces anglo-américaines affrontèrent deux divisions allemandes au moment où l’Allemagne déployait plus de deux cents divisions sur le front soviétique. La campagne d’Italie, qui débuta en septembre 1943, fut un fiasco. Elle paralysa plus de divisions alliées que de troupes allemandes. Lorsque les alliés occidentaux débarquèrent enfin en France, la Wehrmacht n’était plus que l’ombre d’elle-même. L’armée allemande n’était plus aussi puissante que lorsqu’elle franchissait les frontières soviétiques en juin 1941. Le débarquement en Normandie, une stratégie rendue possible par les efforts de l’Armée rouge, fut une douche froide. Elle n’a eu, en aucun cas, une influence « décisive » sur l’issue de la Seconde Guerre mondiale, contrairement à ce que prétendent les médias traditionnels occidentaux.

En Union soviétique, le peuple soviétique, les Slaves comme les Juifs furent victimes d’une tentative de génocide perpétrée par les Allemands, qui les pillaient, brûlaient et assassinaient sans relâche. On estime que 17 millions de civils ont péri aux mains des armées nazies et de leurs complices ukrainiens et baltes. Dix millions de soldats de l’Armée rouge ont perdu la vie au cours de la guerre, en libérant l’Union soviétique et les pays de l’Est et en éliminant la brute nazie dans sa tanière à Berlin. Une grande partie de l’Union soviétique, allant de Stalingrad à l’est jusqu’au Caucase et de Sébastopol au sud jusqu’aux frontières roumaine, polonaise et balte, à l’ouest et au nord, fut dévastée. Bien qu’il y ait eu des massacres de civils perpétrés par les nazis à Oradour-sur-Glane (France) et à Lidice (Tchécoslovaquie), on en compte des centaines en Union soviétique, en Biélorussie et en Ukraine, dans des endroits dont les noms nous sont inconnus ou qui ne sont mentionnés que dans des archives soviétiques encore inexplorées ou non publiées. Quels que soient les péchés, les turpitudes et les erreurs commises par le gouvernement soviétique entre septembre 1939 et juin 1941, ce dernier s’est racheté grâce à ses énormes sacrifices et à la victoire de ses divisions sur l’Allemagne nazie.

À la lumière de ces faits, la déclaration du Premier ministre Justin Trudeau le 23 août est une propagande anti-russe motivée par des raisons politiques et qui ne sert aucun intérêt national du Canada. Trudeau a insulté, sans raison, non seulement le gouvernement de la Fédération de Russie, mais aussi tous les Russes dont les parents et grands-parents ont participé à la Grande Guerre patriotique. Il tente d’ôter toute légitimité au caractère émancipateur de la guerre de l’URSS contre l’envahisseur allemand et de discréditer ainsi l’effort de guerre des Soviétiques. La déclaration de Trudeau sert les intérêts de sa ministre des Affaires étrangères à Ottawa d’origine ukrainienne, Chrystia Freeland, une russophobe qui rend hommage à son défunt grand-père, un complice ukrainien des Nazis en Pologne sous occupation allemande. Elle soutient un régime à Kiev qui est issu d’un coup d’État violent contre le président ukrainien élu (le coup d’État du Maïdan). Ce régime est également soutenu par des milices fascistes et, à l’étranger, par l’Union européenne et par les États-Unis. Aussi absurde que cela puisse paraître, ce régime commémore les actes des complices des Allemands lors de la Seconde Guerre mondiale, traités aujourd’hui, en héros nationaux. Il faudrait d’urgence donner une leçon d’histoire au Premier ministre canadien avant qu’il n’insulte de nouveau le peuple russe, et qu’il discrédite en même temps, les sacrifices des soldats et marins canadiens, qui se sont alliés avec l’URSS pour combattre l’ennemi commun.

Michael Jabara Carley

Traduction Mouhamadou Mourtada Fall 

Source Strategic Culture Foundation

 


En Europe les écologistes font beaucoup plus de victimes que les terroristes

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Il y a des étés sans vagues de chaleur, parfois plutôt froids, et des été « caniculaires ». En cet été 2019 la vague de chaleur qui traversa l’Europe fut particulièrement prononcée puisque la température a atteint à Paris 42,5 degrés et 43,3 degrés dans certaines villes d’Allemagne. Comme conséquence de la canicule il y a eu une augmentation de 30 % du nombre de noyades pour se rafraîchir alors que moins de 5 % des logements en France sont équipés de conditionneurs d’air. C’est pire en Allemagne où le tout puissant parti « Vert » a tellement dissuadé les habitants de ce pays d’utiliser ce type d’équipement de confort que seulement 3 % des logements en sont équipés. La canicule de 2003, en conséquence, tua 7000 personne dans ce pays, 15000 en France et pour toute l’Europe 70000.

L’argument du parti écolo allemand n’est pas rassurant pour le public. En effet, en période de canicule les conditions météorologiques sont le plus souvent anticycloniques et il n’y a pas assez de vent pour faire tourner les moulins à vent. Les autorités allemandes ont donc déconseillé aux citoyens de s’équiper de conditionneurs d’air car la demande en électricité serait trop importante dans ces conditions. De plus les conditionneurs d’air sont considérés en haut lieu comme nuisibles pour le climat en particulier selon l’Institut allemand d’écologie appliquée (Öko-Institut). Si les Allemands et les Français disposaient d’air conditionné comme les Américains (90 %) les Coréens du Sud et les Japonais (86 %) ou encore les Chinois (60 %) personne n’aurait entendu parler des conséquences catastrophiques de ces canicules ! Conclusion : les écolos sont des criminels … mais on le savait déjà avec le riz doré que l’on peut citer comme exemple emblématique de leurs actions orientées contre le bien-être des populations. Les écolos sont donc de dangereux terroristes malgré le fait qu’ils viennent de trouver pour leur Eglise de Scientologie Climatique une sainte en la personne de Greta Thunberg.

Source : David Horowitz Freedom Center, illustration : publicité de la firme Carrier pour les conditionneurs d’air.