Réflexions éthiques très personnelles

Réflexions éthiques très personnelles

Il y a quelques jours ma fille m’apprenait qu’elle s’était liée d’amitié avec de nouveaux voisins de sa rue, un couple avec des enfants à peu près du même âge que mes derniers petits-enfants. L’un d’eux présente de graves troubles du comportement et de la compréhension basique de son entourage. J’ai fait remarquer à ma fille qu’avec sa mère nous avions eu trois enfants en bon état apparent à la naissance et qui avaient confirmé au cours de leur croissance cette santé tant physique qu’intellectuelle, et nous avions été chanceux. Je m’étais posé cette question avec mon épouse, question que tous les couples en âge de procréer doivent à un moment où à un autre se poser : quel choix faire devant un nouveau-né visiblement mal formé ou handicapé ? Je crois que ce fut la seule occasion où avec la mère de mes enfants nous arrivâmes à un accord spontané puisqu’elle me répondit, pensive : « on prendra un oreiller et … »

Si je fais part à mes lecteurs de cette réflexion c’est tout simplement parce que j’ai entrevu dans la presse qu’une sage-femme avait été accusée d’avoir fait passer de vie à trépas beaucoup de nouveaux-nés durant sa carrière et qu’il fallait que la société la punisse. J’avoue que je n’ai pas suivi la suite de ce fait-divers mais il m’est revenu un autre évènement en mémoire. Je devais avoir 13 ou 14 ans et ma mère, qui fut infirmière dans sa jeunesse, recevait à la maison une amie intime, sage-femme de son état. Je me souviens, pour l’anecdote, qu’elle était très belle et que j’étais comme transi d’admiration sous le charme et la douceur qui se dégageaient de ses traits et de son regard, sensible comme je l’étais, alors en pleine puberté, à l’attrait féminin, une sensibilité qui ne me quitta d’ailleurs jamais, mais je m’égare …

Au cours d’une conversation avec ma mère dont les moindres détails restent encore aujourd’hui gravés dans ma mémoire tant je fus effrayé par ses propos cette dame avoua que durant sa carrière elle avait probablement occis proprement et sans état d’âme au moins (mais certainement beaucoup plus) une centaine de nouveau-nés qui pour elle, grande connaisseuse en la matière puisqu’elle en avait mis au monde des milliers, ne méritaient pas de vivre. Ils seraient une charge pour leur parents durant des années. Pour cette dame (je ne sus jamais si elle exerçait encore à l’époque son métier de sage-femme) rien de plus simple que d’étouffer un nouveau-né quelques minutes après la naissance, un enfant qui comme elle se plaisait à le dire « ne méritait pas de vivre ».

Ce souvenir resta enfoui dans ma mémoire jusqu’à la lecture de ce fait-divers. Quand j’y repense, non pas au fait-divers mais aux propos tenus par cette amie de ma mère, il me paraît possible de tolérer une telle attitude puisque les critères de « sélection » – si on peut dire les choses ainsi – qu’avait choisi cette sage-femme étaient, en apparence uniquement, la conséquence d’un déficit moteur détecté par l’absence de réflexes traduisant donc une souffrance cérébrale préjudiciable au développement de l’enfant. Il ne s’agissait certainement pas d’eugénisme mais d’un simple « devoir » professionnel bien compréhensible. Quoi de plus insupportable pour une telle personne, devant sa conscience, que d’avoir permis à un enfant de vivre handicapé à vie ? Aujourd’hui les règles de l’éthique et la justice interdisent ce genre de pratique. Mais ne correspond-t-elle pas à une attitude instinctive répandue dans le monde animal dont, je le rappelle, nous faisons partie ? Quand une chatte met bas sa portée, il lui suffit de quelques heures pour détecter celui ou ceux de ses chatons qui ne sont pas en bon état de santé. Elle les élimine promptement pour ne pas porter préjudice non pas à sa vie future – ce qui est le cas dans le propos de ce billet – mais à la portée de chatons dont elle doit s’occuper activement. Certes, je ne me permettrai pas d’établir un parallèle entre les humains et les chats (ou les chiens et bien d’autres mammifères) car une telle démarche entacherait mon propos de zoomorphisme. Ce qui en réalité différencie l’homme et l’animal est la notion de morale et de respect de la vie.

Ce dernier point soulève naturellement toutes sortes d’interrogations. Peut-être que la biologie moderne permettra de trouver une solution sans bousculer les règles fondamentales de l’éthique. Car en définitive, qu’une femme se soumette à un avortement thérapeutique parce qu’elle porte un enfant porteur d’une grave mutation, n’est-ce pas une démarche ressemblant à celle de cette sage-femme qui était convaincue, en définitive, de remplir pleinement son devoir, j’oserai dire humanitaire …

Alimentation et santé : rumeurs et mensonges (5)

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Dans cette rubrique qui semble attirer quelques réactions véhémentes de certains de mes lecteurs – je ne leur en veux nullement – je rappelle que je n’ai jamais été qu’un modeste biologiste académique ce qui ne m’empêche nullement aujourd’hui de porter un regard critique sur beaucoup de sujets de société. Je ne suis inféodé à aucun mouvement politique ou idéologique ni rémunéré par une quelconque compagnie industrielle ou commerciale. Si dans les pages de mon blog je conteste le réchauffement climatique global d’origine anthropique c’est tout simplement parce qu’il est assis sur des bases scientifiques fausses qui nient les lois fondamentales de la physique. Il s’agit donc d’une imposture planétaire dangereuse que je n’ai jamais cessé de dénoncer. Dans le domaine de la politique, en particulier française, je constate que la notion de démocratie est devenue une fiction. En dehors de la Suisse et peut-être de l’Islande, il n’y a plus de démocraties dans le monde mais seulement des gouvernements à la solde des puissances financières qui contrôlent les informations et les gouvernements se moquent allègrement des citoyens dont ils sont pourtant supposés assurer un certain bien-être, encore que cette notion soit toute relative. Dans le domaine de la santé ou de l’agriculture et aussi du climat, des domaines de choix pour des activistes ignorant tout de la vraie science, on assiste à une inflation de démagogie qui a atteint des niveaux surréalistes. En ce qui concerne l’alimentation l’histoire du gluten est une illustration de la stupidité effrayante des foules qui se laissent manipuler par des espèces de gourous à la Al Gore (ou à la Hulot en France) et ont perdu tout sens critique tant la propagande est organisée pour ternir au quotidien la science et les progrès technologiques qui sont néfastes pour Gaïa, suivez mon regard.

Je voudrais en terminer en répondant collectivement à ceux de mes lecteurs qui ont bien voulu laisser des commentaires sur les sujets abordés dans cette série. Puisque l’on constate une recrudescence de maladies dites infantiles dans le monde, l’utilisation abusive d’antibiotiques prescrits à tort et à travers par des médecins harcelés par des visiteurs médicaux à longueur de journée y est pour une grande part. Ces antibiotiques affaiblissent le système immunitaire et l’enfant n’est plus correctement armé pour se défendre. Je pense que le corps médical porte une grande responsabilité dans cet état sanitaire des enfants (et même de beaucoup d’adultes). Existe-t-il des études scientifiques honnêtes montrant clairement l’effet néfaste des antibiotiques sur l’organisme ? J’en doute, car les intérêts financiers en jeu sont immenses …

Dans le présent billet je parlerai des rhumes, du jeûne thérapeutique ou encore des boissons énergisantes. Bonne lecture …

17. Manger un ice-cream est mauvais si on est enrhumé

Encore une affirmation mensongère qui a été dénoncée dans une étude réalisée par la très sérieuse Mayo Clinic. Il y a même deux affirmations erronées dans cette mise en garde. Les produits lactés provoqueraient une sécrétion abondante de mucus nasal et le froid stimulerait la croissance des virus dans la gorge. La grande majorité des rhumes accompagnés ou non de maux de gorge sont d’origine virale et les produits lactés apportent des calories à l’organisme et un ice-cream présente au contraire quelques pouvoirs analgésiques bienfaiteurs mais le froid ne stimule en aucun cas la croissance des virus au niveau des muqueuses. Quant à la surproduction de mucus nasal supposée provoquée par les produits lactés et/ou le lait, jamais aucune preuve tangible n’a pu établir de relation de cause à effet.

18. Faire craquer les jointures des doigts provoque de l’arthrite

Une étude documentée parue en 2011 dans le Journal of the American Board of Family Medicine a définitivement mis un terme à la croyance consistant à affirmer que faire craquer les articulation des doigts de la main provoquait l’apparition d’arthrite (JABFM, vol. 24(2) 169-174). Au contraire, cette pratique qui peut être compulsive chez certaines personnes, n’a pas d’explication claire mais ne favorise pas, selon cette étude, l’apparition d’arthrite quel que soient l’âge, le sexe, l’origine ethnique ou le temps passé durant lequel les sujets étudiés faisaient craquer leurs jointures. On pourrait être tenté d’extrapoler cette étude aux personnes faisant « craquer » leurs vertèbres cervicales. J’ai cherché dans la littérature scientifique si une étude similaire avait été conduite à ce sujet mais sans succès. (Illustration Wikipedia)

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19. Fièvre : faire la diète, rhume : se nourrir

Il s’agit en quelque sorte d’une maxime qui est déjà mentionnée en 1574 dans le dictionnaire de médecine de John Withals qui notait que « le jeûne est un grand remède contre la fièvre ». La croyance populaire dit que manger quand on a de la fièvre entretient celle-ci puisque les aliments apportent des « calories » à l’organisme. Stricto sensu le terme calorie appliqué à l’alimentation ne signifie pas grand chose et prête plutôt à confusion. Quand on a de la fièvre l’organisme lutte contre les « pyrogènes », des substances d’origine virale ou bactérienne. Or l’organisme a justement besoin d’être alimenté pour entretenir cette lutte. De plus l’organisme sait parfaitement réguler les besoins en énergie en stockant temporairement celle-ci sous forme de glycogène et éventuellement en graisses. Une alimentation équilibrée quand on a de la fièvre est donc recommandée et dans cette situation il faut aussi beaucoup boire pour lutter contre la déshydratation, c’est du moins ce que conseillent les spécialistes en la matière.

Ces observations m’ont interpellé car j’ai souvent observé que mes enfants puis, une génération plus tard, mes petits-enfants choisissaient spontanément de se mettre à la diète quand ils avaient de la fièvre. Ma grand-mère préconisait un bouillon de poule pour combattre la fièvre et si le cas lui paraissait sérieux un grog ou un vin chaud quand j’étais enfant. Il s’agissait surtout d’apport de liquide, ce n’est pas le peu d’alcool qui reste dans un vin chaud qui enivrera un enfant … Enfin les rhumes sont d’origine virale et tout ce que le pharmacien ou votre médecin vous conseillent est inutile : il faut laisser l’organisme construire ses défenses immunitaires et souvent la fièvre est létale pour les virus. Pour ma part quand j’ai un mal de gorge je me gargarise profondément et à la limite de la douleur avec du rhum de Marie-Galante : les virus n’aiment pas beaucoup l’alcool et l’effet est spectaculaire.

20. Les boissons énergétiques sont bonnes pour les sportifs

J’en ai déjà dit un mot sur ce blog et je ne ferai pas de commentaire sur cette affirmation qui n’est que le résultat d’un marketing agressif. Ces boissons contiennent des quantités extravagantes de caféine et de sucres. À consommer avec encore plus de modération que le Pastis …

Sources : Business Insider, Mayo Clinic, Scientific American et lien mentionné dans le texte. Illustrations disponibles publiquement.

Dans la rubrique fromages français, le camembert

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Après les comtés, emmenthal et autres « gruyère » il y a aussi le cas du Camembert avec un C comme il se doit. Le Camembert est un fromage à pâte molle originaire du village de Camembert situé en Haute-Normandie et fabriqué avec du lait de vache cru. C’est le deuxième fromage le plus populaire en France et sa production atteint 360 millions de pièces par an ! Naturellement il est inutile de rêver, tous ces fromages ne sont pas produits dans le village de Camembert comme les « chardonnay » produits dans le monde entier ne proviennent pas tous du village de Chardonnay en Saône-et-Loire. Pour le Camembert comme pour les fromages du type comté et autre emmenthal il existe une classification de leur origine géographique.

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Stricto sensu le fromage produit sur la commune de Camembert (illustration) devrait être le seul à pouvoir bénéficier de l’appellation d’origine contrôlée (AOC) et donc le législateur a étendu la définition du camembert par une indication d’origine géographique qui concerne pratiquement toute la Normandie, à condition que la fabrication de ce fromage respecte des critères bien précis : il doit être fabriqué avec du lait cru non filtré contenant au moins 38 % de matière grasse. Ce lait doit provenir de vaches exclusivement nourries avec de l’herbe ou du foin provenant des prés de Haute-Normandie. Le fromage doit être moulé à la main dans des moules spécifiques et le lait ne doit pas voyager sur une distance supérieure à celle que parcourt une vache quand elle broute au pré …

Autant dire qu’aucun fabricant de camembert ne respecte ces directives à la Prévert ! Aujourd’hui seulement 4 millions de camemberts ( 1 % de la production totale) sont produits chaque année en respectant ces normes strictes et les petits éleveurs et fromagers qui subsistent encore sont rachetés par de grosses entreprises les uns après les autres. Dans quelques années on ne trouvera plus que du camembert industriel sans saveur tout juste bon à être regardé de loin en souvenir du bon camembert d’antan. Dans le village de Camembert ne subsistent que trois fermes produisant ce fromage : La Ferme du Champsecret, le Domaine de Saint-Loup et la fromagerie Durand (illustration). Elles subsistent uniquement parce que la loi indique que ce fromage doit être fabriqué avec du lait cru d’origine locale selon les critères énumérés plus haut et le prix du fromage s’en ressent sérieusement.

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Or cette contrainte est ignorée par les producteurs industriels qui utilisent du lait pasteurisé, d’une part, et affinent le fromage dans des conditions hygiénique qui ne permettent pas au camembert d’acquérir sa saveur particulière. Deux indications permettent de différencier le fromage industriel du fromage artisanal : la croute de ce dernier doit être légèrement brune et la pâte centrale doit être légèrement fluide (illustration) et avoir tendance à s’étaler sur le plat à fromage mais un peu moins rapidement que celle du Brie, un fromage très proche du camembert.

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Les grands groupes industriels comme Lactalis ou Isigny fabriquent un camembert de piètre qualité infiniment moins goûteux et coûteux que le camembert artisanal en respectant (plus ou moins) la provenance géographique du lait mais celui-ci est pasteurisé et bientôt un « bon » camembert « fabriqué en Normandie » ne sera plus qu’un lointain souvenir … Je tiens à signaler à mes lecteurs qu’on trouve d’excellents camemberts fabriqués dans l’île d’Hokkaido au Japon ainsi qu’aux USA dans l’Etat du Minnesota.

Source et illustrations : Bloomberg

Au Japon, des salades produites à la chaîne

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Jugées plus sûres et écologiques, laitues et batavias cultivées à la verticale dans des usines à végétaux font des émules dans l’Empire du Soleil-Levant. Si, de l’extérieur, l’usine du groupe Spread de Kameoka, près de Kyoto, ressemble à un banal hangar industriel, dans les murs, sa chaîne de production détonne. Empilées sur des étagères – 2,5 hectares au total –, 900 000 salades y mûrissent à la verticale, totalement coupées du monde extérieur, quarante-trois jours durant.

Laitues, romaines et autres batavias sont ici cultivées hors-sol, les semences d’abord plantées dans un substrat spongieux et irriguées par une solution nutritive, puis exposées à la lumière de milliers d’ampoules LED reproduisant artificiellement le cycle du soleil. Le tout dans des salles aseptisées, où la température, maintenue à 23 °C, le taux de CO2 ou encore celui d’humidité sont régulés au fur et à mesure de la croissance des plantes.

Rendement 100 fois supérieur

Sas de sécurité, passage à la douche à air et au pédiluve, combinaison blanche, charlotte et gants de rigueur : les employés sont soumis à un strict protocole afin de prévenir le développement de la moindre bactérie. «Un contrôle total qui nous permet de récolter chaque jour 21 000 salades de même goût et de même calibrage, quelles que soient la saison ou la météo. Soit un rendement cent fois supérieur à celui des méthodes traditionnelles, avec seulement 2% de pertes, et ce, sans avoir recours aux pesticides», vante Naohiro Oiwa, directeur de la plus productive des usines à végétaux du Japon.

A travers l’Archipel, la formule a fait des émules, 191 équipements similaires ayant été recensés l’an dernier contre 64 en 2011. Un essor encouragé par les aides financières de l’Etat, qui y perçoit une lueur d’espoir pour un secteur agricole en crise, frappé notamment par le vieillissement des paysans – 67 ans de moyenne d’âge. «Ces fermes répondent au manque de main-d’œuvre grâce à leur productivité et en suscitant l’intérêt des jeunes générations – plus technophiles – à l’agriculture», veut croire Toyoki Kozai, président de l’association japonaise des usines à végétaux.

«Ces cultures hors-sol permettent de réimplanter une production locale au cœur même des agglomérations, dans un pays qui souffre de sa dépendance alimentaire et dont les terres agricoles ne cessent d’être rognées par la ville», ajoute Nelly Niwa, cheffe de projet à l’Université de Lausanne, auteure d’une thèse sur l’agriculture urbaine à Genève et Tokyo.

De l’électronique à la culture de salades

En souffrance sur leurs marchés traditionnels et en quête de diversification, de nombreux fleurons de l’industrie nippone, parmi lesquels Panasonic, Sharp ou Toshiba, ambitionnent aussi d’avoir la main verte. Dans la préfecture de Fukushima, le géant de l’électronique Fujitsu a converti depuis 2012 une ancienne fabrique de microprocesseurs en serre high-tech, dont les 3500 laitues récoltées chaque jour se targuent d’être pauvres en potassium, calibrées pour les malades souffrant de problèmes rénaux.

«Dans les derniers jours de leur croissance, elles sont exposées à des rayons ultraviolets pour subir un «coup de stress» qui libère les antioxydants et augmente leurs vertus sanitaires», explicite M. Tozai. D’autres laborantins obtiennent des épinards «sur mesure», plus sucrés et riches en vitamine C, en les soumettant à un coup de froid ! De quoi attiser quelques réticences chez les consommateurs japonais ? La catastrophe de Fukushima, en mars 2011, et la menace des terres contaminées par la radioactivité ont semble-t-il changé la donne, ce maraîchage hermétique au monde extérieur étant dès lors perçu comme plus sûr.

90% d’eau de moins

Les défenseurs des fermes verticales, eux, préfèrent en louer les mérites écologiques. «En recourant à l’hydroponie et en récupérant la vapeur d’eau émise par les végétaux pendant la photosynthèse, elles consomment, à surfaces égales, 90% d’eau de moins que les cultures traditionnelles !» estime Toyoki Kozai.

Toutefois, l’exemplarité environnementale n’est pas encore tout à fait au rendez-vous. La faute à une consommation énergétique plombée par le recours massif aux LED et à la ventilation. «Les progrès de la LED par rapport au néon fluorescent ont beau être spectaculaires, il reste un saut technologique à franchir en la matière», reconnaît Toyoki Tozai. Sans quoi les trois quarts des usines à végétaux risquent bien de rester déficitaires. Ou de continuer à limiter leur production aux légumes à feuilles et aux plantes aromatiques, moins énergivores que le riz ou les céréales.

Pourtant parmi les happy few rentables, la société Spread a entendu le message. Et vient d’investir 19,5 millions de francs suisses dans l’ouverture d’une seconde usine à la fin de 2017. «A l’exception de l’ensemencement, toutes les tâches seront assurées par deux bras robotisés. Capteurs et logiciel satisferont en temps réel les besoins des végétaux, et nous avons aussi mis au point notre propre système de LED, plus économe de 30%», anticipe Naohiro Oiwa, qui mise sur cette automatisation pour récolter 30 000 salades par jour sur un demi-hectare tout en divisant par deux le nombre d’employés.

Côté européen, l’heure est davantage aux premières expérimentations. Abri antiaérien transformé en usine à laitues à Londres, conteneurs à fraises installés à Paris, ferme urbaine lyonnaise cultivant salades, aubergines et plantes aromatiques…, les projets essaiment, jusqu’aux Pays-Bas, où la ferme verticale de Dronten aspire à commercialiser ses laitues dans les supermarchés dès la rentrée. Et ainsi enraciner la salade du futur sur le Vieux Continent ?

Source et illustration : Le Temps, copié-collé d’un article paru sous la plume de Julien Descalles, Kameoka et Chiba (Japon), le 15 juin 2017

Relire aussi sur ce blog : https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/09/08/les-anglais-se-preparent-deja-au-refroidissement-climatique/

Autre lien : http://edition.cnn.com/travel/article/kyoto-vertical-farm-spread/index.html

 

 

L’homme a pris « un coup de vieux » de 150000 ans !

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Depuis le début du XXe siècle il est admis que l’homme moderne, Homo sapiens, est issu de l’Ethiopie actuelle depuis la découverte de fossiles datant de 195 000 ans à Omo Kibish. Tous les autres restes que les paléoanthropologues ont examiné et analysé depuis corroborent cette hypothèse. Il y aurait environ 100 000 ans cet homme moderne débuta une étonnante migration hors d’Afrique qui le conduisit dans tout le continent eurasiatique, toutes les îles du Pacifique et jusqu’à l’extrême sud de l’Amérique du Sud. On sait d’autre part que notre ancêtre direct cohabita avec d’autres hommes plus primitifs ou du moins les rencontra au cours de ses migrations, que ce soient les hommes de néandertal en Europe et en proche-Asie ou les hommes de Denisovan quelque part dans le sud de la Sibérie. Ils cohabitèrent et selon les études génétiques disponibles se croisèrent puisqu’on retrouve quelques pour-cents de gènes de néandertaliens chez l’homme moderne.

En Afrique l’Homo sapiens se dispersa depuis l’Ethiopie vers l’Afrique du Sud il y aurait 150 000 ans avant même l’ « Out of Africa » mais sur ce dernier point les fossiles retrouvés sont trop peu nombreux pour qu’il soit possible de se faire une idée précise de ces fluctuations de population et leur exploitation à des fins d’identification de leur ADN est parfois impossible.

Une découverte récente vient de bousculer cette chronologie. Des restes humains en relativement bon état de conservation ont été retrouvés dans le Djebel Irhoud, un massif montagneux situé à une centaine de kilomètres à l’ouest de Marrakesh. Ce site constitué de quelques petites grottes se trouve au milieu d’une carrière de minerai de baryte et des ossements avaient déjà été prélevés dans les années 1960 et datés à l’époque de 40 000 ans. Une nouvelle investigation réalisée par une équipe internationale de paléoanthropologues dirigés par le Docteur Philipp Gunz du Max Plank Institute de Leipzig vient de jeter un gros pavé dans la mare des certitudes relatives à la chronologie de l’apparition de l’homme moderne. Les restes identifiés et datés avec précision du Djebel Irhoud datent de 315 000 ans. Cette datation a été réalisée par thermoluminescence et ne peut être remise en cause. Les caractéristiques faciales et dentaires de l’homme d’Irhoud sont en tous points similaires à celles de l’homme moderne et diffèrent notablement de celles de l’homme de néandertal.

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Ces hommes étaient déjà experts dans la technique de la taille des bifaces de silex, art dit de Levallois, et ils maîtrisaient le feu. Ils se nourrissaient de gazelles et d’autres animaux locaux. Les spécialistes considéraient que l’homme moderne était apparu en Ethiopie, il semble qu’en réalité tout le continent africain favorisa l’apparition de l’Homo sapiens, un jardin d’Eden à l’échelle du continent où cohabitèrent également d’autres hommes plus primitifs puisqu’au Kenya des bifaces du même type datant de plus de 500 000 ans ont été retrouvés. Il reste maintenant à tenter des études de l’ADN de ces spécimens pour reconstruire l’arbre phylogénétique de nos lointains ancêtres, arbre qui risque d’être beaucoup plus complexe qu’on l’imaginait jusqu’à cette découverte … Toujours est-il que nous avons pris « un coup de vieux » de 150 000 ans, ce n’est pas négligeable.

Source et illustrations : Nature, doi : 10.1038/nature22336 et Max Plank Institute Leipzig

Crise climatique : le hiatus vraiment embarrassant

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Incroyable mais vrai des climatologues inféodés à l’IPCC – car il leur faut justifier des demandes de crédits de recherche et donc être en accord avec la théorie de l’effet de serre – viennent de reconnaître que les lois de Stefan-Boltzmann étaient trop complexes pour être appliquées à l’effet de serre, rien que ça !!! Ce sont trois spécialistes du climat de l’Université de Nanjing en Chine qui l’affirment tout en constatant que la température moyenne globale de la Terre ferme n’a pas significativement augmenté depuis 1992 ! Il suffit de l’illustration ci-dessus pour être maintenant persuadé que toute cette histoire de réchauffement est une vaste fumisterie organisée par les puissances financières de l’ombre pour organiser une mise à sac des pays riches – les contribuables et les consommateurs – en mettant en place le plus légalement possible toutes sortes de taxes pour expier nos fautes de bipèdes trop peu vertueux.

En examinant les trois graphiques représentant l’évolution de l’anomalie de l’effet de serre, il faut y croire pour comprendre que les paramètre Gsa et Gaa décrivent l’anomalie de l’effet de serre et quand ce n’est pas conforme aux modèles de l’IPCC, c’est alors une anomalie, trop simple … Il est facile de remarquer que les océans, compte tenu de l’inertie thermique de l’eau, ont continué à se réchauffer depuis 1992. Quant à la surface terrestre le graphique présenté a tendance à brouiller les esprits puisque la référence est différente des deux premières représentations. La résultante globale (graphique du haut) est un très léger réchauffement se traduisant par un dissipation de 0,2 watt/m2 en 22 ans soit 9 milliwatts/m2 d’augmentation par an … Malgré toutes ces évidences les tenants du réchauffement climatique vous affirmeront qu’à brève échéance on va tous griller comme des toasts.

Mais au fait, où se trouve dans ces graphiques l’effet de serre si on met en parallèle cette évolution et l’énergie provenant du Soleil qui est en moyenne d’environ 1350 W/m2 dans l’espace intertropical ? Une différence aussi infime justifie-t-elle l’alarmisme international depuis que le Président américain a dénonçé l’accord de Paris sur le climat ? Encore une fois il s’agit d’une histoire de gros sous montée en épingle par des scientifiques, dont je mets en doute l’intégrité, pour préserver leur gagne-pain suivant en celà des milliers d’organisations parasites et d’entreprises trop promptes à réaliser des bénéfices éhontés avec des fonds publics généreusement distribués par des copains politiciens piégés par l’idéologie anti-scientifique de l’IPCC.

Source et illustration : Nature scientific reports, doi : 10.1038/srep33315

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Selon les dernières nouvelles une expédition internationale au nord de la Baie d’Hudson, BaySys, d’un coût annuel de 4 millions de dollars est immobilisée dans une banquise de 5 mètres d’épaisseur, invraisemblable au milieu du mois de juin puisque le climat est censé se réchauffer ! Les brise-glace canadiens ont eu fort à faire en secourant dans la région des pêcheurs car cette expédition ne fait pas partie de leur priorité. En attendant, ces activistes restent bloqués au milieu des glaces. Sans blague de ma part l’embarcation s’appelle « The Ship of Fools III », littéralement le bateau des fous. Espérons qu’ils finiront par se poser quelques questions pertinentes en attendant que la banquise fonde, il serait temps … (source et illustration : breitbart.com le 17 juin 2017)

Le campagnol des prairies : un modèle de fidélité (conjugale) amoureuse ?

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Ce petit rongeur natif des grandes prairies d’Amérique du Nord est un modèle d’étude de la fidélité du couple et il a été étudié en détail au Centre de Neurosciences sociales à l’Emory University d’Atlanta pour tenter de décrypter les mécanismes neuronaux qui établissent la fidélité conjugale. Le campagnol des prairies est en effet strictement monogame durant sa courte existence, pas beaucoup plus de deux années. Pour comprendre le protocole expérimental utilisé il faut rappeler que ce campagnol (Microtus ochrogaster) est plus actif le jour durant l’hiver et plutôt nocturne durant l’été et les couples se forment à la fin de l’hiver. Le mâle et la femelle s’occupent conjointement des petits qui sont capables de se nourrir dès l’âge de deux semaines. Une stimulation lumineuse directe de certaines zones du cerveau a permis d’élucider le mécanisme de fidélité de ces couples de petits rongeurs car les couples se forment au printemps quand les jours commencent à augmenter.

Il est apparu évident que deux zones du cerveau sont particulièrement impliquées dans la fidélité, le cortex préfrontal médian et le nucleus accumbens et ces deux zones cérébrales sont connectées par des neurones spécifiques. le nucleus accumbens est sensible à la lumière via le nerf optique et se trouve être également le centre nerveux traitant les mécanismes de récompense, de l’accoutumance et du plaisir.

Lorsque une femelle est mise en présence d’un mâle inconnu l’activité des neurones du nucleus accumbens est d’autant plus élevée que le couple va se former rapidement après la période qu’on appellerait anthropomorphiquement « le flirt ». En stimulant ce noyau accumbens à l’aide d’éclairs lumineux produits par une micro-fibre optique implantée dans le cerveau l’équipe de neurobiologistes a pu ainsi montrer que des femelles ayant déjà formé auparavant un couple avec un mâle, mises alors en présence d’un autre mâle inconnu, dédaignaient ce dernier malgré ces stimuli lumineux censés au contraire provoquer ce que l’on pourrait appeler l’approche amoureuse. Les circuits neuronaux semblent avoir été figés afin de permettre cette fidélité de couple. Si au contraire une femelle n’ayant pas encore formé de couple et également stimulée par des éclairs lumineux (directement dans le cerveau) est mise en présence d’un mâle alors la formation du couple – la période de « flirt » – est beaucoup plus rapide.

Toute la question est de savoir si on peut influer d’une manière ou d’une autre, à l’aide de drogues par exemple, sur la naissance de l’amour et des sentiments et leur solidité dans le temps. Le campagnol des prairies ne reste tout de même qu’un modèle d’étude et ces expériences très démonstratrices ne peuvent pas être extrapolées à l’homme, du moins en ce qui concerne les comportements amoureux.

Source et illustration : Emory University