Qu’est-ce qui menace la science ?

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Traduction d’un article de Jeremy J. Baumberg, nano-physicien à l’Université de Cambridge paru sur le site Project Syndicate le 11 septembre 2018

La globalisation et la digitalisation du savoir, ainsi que le nombre croissant de scientifiques, tout semble à première vue être des éléments positifs pour les progrès de la science. Cependant ces tendances sont les deux faces d’un Janus (illustration) car elles encouragent aussi une recherche scientifique hyper-compétitive, victime de tendances et des modes du moment.

La connaissance scientifique et l’innovation technologique, comme Yuval Noah Harari l’a bien écrit dans son livre « Sapiens : une brève histoire de l’espèce humaine« , sont les deux principaux piliers du progrès économique. Pourtant il y a très peu de débats au sujet de la science d’aujourd’hui, malgré des défis significatifs provoqués par la globalisation, la digitalisation de la connaissance et le nombre croissant de scientifiques. À première vue ces tendances semblent positives. La globalisation connecte tous les scientifiques du monde entre eux, ce qui évite de dupliquer inutilement des travaux mais aussi de développer des standards universels de bonne pratique. La création de bases de données digitales permet de puiser des connaissances scientifiques et de favoriser l’apparition de nouvelles idées pour de nouveaux travaux de recherche. Enfin, le nombre croissant de scientifiques signifie que plus de recherche scientifique est envisagée, accélérant le processus de développement scientifique.

Cependant ces tendances sont les deux faces d’un Janus et pour comprendre pourquoi il faut reconnaître d’abord que la science est une sorte d’écosystème. Comme dans n’importe quel écosystème il existe une compétition acharnée entre les acteurs. Les Universités sont en compétition entre elles pour leur classement international. Les journaux scientifiques sont en concurrence pour publier les travaux scientifiques les plus remarquables. Les organisateurs des congrès scientifiques sont à l’affut des meilleurs conférenciers. Les journalistes cherchent les meilleurs scoops. Les pourvoyeurs de crédits de recherche sont en compétition pour trouver et apporter leur soutien aux travaux de recherche qui atteindront les avancées les plus significatives en termes d’impact social, de sécurité ou de profitabilité commerciale.

Comme dans les milieux naturels cette compétition complexe fait apparaître deux écosystèmes : celui des biens et celui des services. Nos écosystèmes naturels produisent des biens sous forme de matériaux à l’état brut et des services tels que le maintien d’un taux satisfaisant d’oxygène dans l’atmosphère, de pollinisation des plantes, de maintien de la propreté de l’eau et de l’air, et même de nous procurer la beauté et l’inspiration. Les « biens » de nos écosystèmes scientifiques sont les connaissances indépendantes, sophistiquées et revues par des pairs, qui stimulent vers l’avenir nos sociétés et nos économies. Les « services » de nos écosystèmes scientifiques sont constitués par une meilleure compréhension de notre monde et la structure qui soutient le mieux les progrès nous permettant d’innover et de résoudre toutes sortes de problèmes.

L’écosystème scientifique est bénéfique dans des domaines plus difficiles à évaluer. Il nous imprègne de la beauté des mathématiques, des valeurs inhérentes de l’éducation, de la croyance en la valeur intrinsèque des communautés scientifiques transnationales et de l’intérêt des discussions scolastiques (je n’ai pas trouvé de meilleure traduction à « scholarly discussions »). Et pourtant les organismes privés ou publics finançant la recherche ont sous-estimé ces « services » essentiels des écosystèmes scientifiques. De ce fait les trois points exposés plus haut, globalisation, digitalisation des connaissances et nombre croissants de scientifiques, amplifient le problème. Si la globalisation stimule la compétition elle renforce aussi certaines prises de position comme celles de savoir dans quels domaines de la recherche scientifique il faut prioritairement investir. Lors de mes réunions avec des officiels gouvernementaux dans le monde entier j’ai immédiatement décelé cette tendance. Les gouvernements privilégient les domaines de recherche bénéfiques pour le futur de leur pays et identifient alors ceux qu’il faut uniquement soutenir. En général ces domaines sont tous les mêmes.

Quand les médias ont alors identifié ces sujets de recherche « tendance » ceux-ci attirent la vaste majorité des aides financières. Le soutien financier à des recherches parallèles réduit alors l’efficacité de chaque investissement et l’attitude moutonnière des pourvoyeurs de fonds peut tout aussi bien nuire à l’émergence des découvertes les plus significatives qui le plus souvent résultent d’une combinaison de plusieurs disciplines apparemment sans lien entre elles.

La digitalisation des connaissances a amplifié cet effet. La crédibilité d’un résultat scientifique réside dans le nombre de fois où il est cité par d’autres scientifiques dans leurs travaux. Toutes les publications scientifiques sont enregistrées digitalement et le nombre de citations peut être obtenu instantanément, ce qui permet de classer les chercheurs scientifiques très facilement. Le « h-index » ou indice de Hirsch est une approche permettant d’évaluer individuellement la productivité et l’impact d’un chercheur, d’un laboratoire ou d’une université. Il tient compte du nombre de fois où une publication est citée dans d’autres travaux et il est devenu une sorte de valeur monnayable. Si le « h-index » d’un chercheur était son bitcoin convertible en salaires et crédits de recherche alors le nombre de citations de ses travaux constituerait la blockchain dont il dépend finalement. Mais encore une fois les mêmes chercheurs effectuant les mêmes types de recherches sont récompensés de manière inéquitable, laissant peu de place à ceux dont « l’estime » par le h-index est moins favorable.

Cet état de choses est amplifié par le nombre croissant de diplômés scientifiques. Allez dans une réunion de chimistes et demandez-leur combien ils ont de collègues dans le monde. Ils n’en savent fichtre rien. Demandez-leur combien de ces autres chimistes ont besoin de leurs résultats pour leurs propres travaux, ils regarderont leurs chaussures. Ce que l’on sait est que le nombre de scientifiques dans le monde croit beaucoup plus vite que la population dans son ensemble. Plus de scientifiques ne signifie par pour autant plus de découvertes mais la conséquence est une plus forte compétition dans cet écosystème et une inflation du h-index, exactement comme l’impression de monnaie créé de l’inflation.

En conséquence depuis plusieurs décennies les scientifiques se sont senti de plus en plus en compétition pour mettre en avant leurs travaux et dans cet écosystème scientifique complexe et interconnecté trouver une solution n’est pas simple. Il y a cependant quelques pistes dignes d’être explorées. Le plus fondamental est d’encourager la diversité des institutions, des mécanismes de financement et les approches scientifiques de recherche et ceci est fondamental pour éviter toute conformité fatale à la créativité. Les écosystèmes nécessitent toujours une diversité pour une meilleure résilience, c’est un fait acquis. Un tel écueil de conformisme peut venir des géant de la technologie méga-riches mais aussi du financement « crowd-sourcing » et des riches mécènes de la technologie.

Pour encourager cette diversité il faudrait mettre en place des arbitres scientifiques pour explorer les domaines de recherche plus systématiquement, pour réaliser un travail de prospective en profondeur afin d’identifier, au delà des tendances actuelles, les liens prometteurs interdisciplinaires ainsi que les résultats déjà acquis mais conflictuels qui méritent des investigations supplémentaires. Au final, outre la métrique unidimensionnelle du h-index, il faudrait mettre en place un système d’évaluation plus compréhensif et multi-facettes des travaux scientifiques. Et ce n’est qu’ainsi que les nouveaux arrivants dans le monde scientifique chaque année pourront contribuer efficacement et de manière significative à l’avancement de la science et par conséquent aux progrès de l’humanité.

Bref commentaire de mon cru à cet article. La recherche scientifique est devenue malheureusement un instrument des politiciens et de certaines organisations non gouvernementales pour faire en sorte que la recherche universitaire soit orientée et satisfasse à des objectifs prédéterminés. Il va de soi que dans un tel environnement il ne peut plus exister de recherche scientifique objective. Avant qu’il ne soit trop tard il faut – et il est urgent – que les scientifiques du monde entier prennent conscience qu’ils sont manipulés par des groupes de pression transnationaux et refusent les diktats qui leur sont imposés car il en va de la survie du monde scientifique dans son ensemble. Je ne citerai que deux exemples. La supposée dangerosité des organismes, les plantes de grandes cultures, génétiquement modifiées est le premier exemple. Je connais très bien ce domaine particulier de la recherche scientifique et je peux affirmer sans que qui que ce soit puisse me contredire à l’aide d’arguments prouvés scientifiquement (car il n’en existe aucun) que les plantes génétiquement modifiées sont totalement anodines pour la santé humaine ou animale. Je citerai également le glyphosate qui ne peut pas, compte tenu de la nature de cette molécule, être cancérigène, c’est une pure invention d’activistes qui se déclarent des scientifiques mais sont au contraire des imposteurs animés de préoccupations essentiellement idéologiques.

Les errements de la très technocratique Commission Européenne : l’éclairage domestique

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Après avoir interdit les lampes à filaments incandescents, l’invention de Thomas Edison, l’Union Européenne a récidivé dans le genre en interdisant depuis le premier septembre 2018 les lampes à halogène qui avaient pourtant été promues lors de leur apparition pour économiser de l’énergie. Force est de constater que la Commission Européenne, nid de lobbystes reconnu, veut s’occuper de la vie quotidienne de tous les Européens dans ses moindres détails. Les arguments sont clairs : il faut convertir tous les éclairages en LEDs (Light Emissing Diodes) pour une raison très simple. Les LEDs nécessitent un cinquième de l’énergie consommée par une lampe à halogènes pour une intensité lumineuse équivalente. Or la consommation électrique des ménages et des bâtiments représente dans le monde une empreinte carbone supérieure à celle combinée de tous les bateaux et de tous les avions circulant autour de la planète à un instant t et l’éclairage contribue pour 15 % de cette consommation électrique.

Les LEDs sont des équipements basse-tension et la qualité de l’éclairage dépend de la nature du circuit électronique situé à l’intérieur de l’ampoule ou du tube puisqu’il existe aujourd’hui des tubes-LED qui ressemblent à s’y méprendre au bon vieux « tube néon » à décharge électrique haute tension. Mais il y a un problème avec les LEDs. Comme les lampes fluorescentes à décharge la lumière émise par ces LEDs vacille plus ou moins selon la qualité du circuit électronique fournissant le courant basse-tension d’alimentation. La fréquence de ce scintillement est de 100 Hz et il est inhérent à la qualité du circuit électronique de modulation de la fréquence du courant d’alimentation. En d’autres termes la LEDs émet 100 brefs éclats de lumière par seconde et il est donc invisible car trop rapide mais qu’en est-il au niveau du cerveau qui traite les informations en provenance des yeux ?

De nombreuses personnes étaient indisposées par l’éclairage fluorescent et ressentaient des maux de tête et c’est à la suite de cette constatation que la qualité des ballasts magnétiques des tubes néon a été améliorée pour réduire ce scintillement. Ces ballasts ont été progressivement remplacés après leur interdiction en 1990 par des ballasts électroniques qui réduisent considérablement ce scintillement mais pas totalement. La situation pour les LEDs est à peu près identique mais il existe déjà des éclairages à diodes dont le scintillement est très réduit.

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Comment savoir si les LEDs dont vous avez équipé les lampes de votre maison sont de bonne qualité ? C’et très simple ! Demandez à votre enfant de jouer avec son fidjet – presque tous les enfants en ont au moins un – éclairé par une LED. Si vous voyez que le fidjet tourne dans le sens contraire de celui qui lui a été imprimé, un peu comme les roues d’une diligence dans les films de western qui semblent tourner en sens inverse du déplacement de la diligence, alors la lampe LED scintille trop. Bien que ce scintillement soit imperceptible il peut provoquer des maux de tête et parfois d’autres inconvénients comme par exemple des insomnies. Alors plutôt que d’interdire les lampes à basse consommation d’énergie à halogènes et contenant parfois des traces de mercure, la Commission Européenne ferait oeuvre de protection de la santé des personnes en exigeant un étiquettage spécifiant le niveau de scintillement des lampes à LEDs, l’éclairage des lampes à halogènes étant justement de bien meilleure qualité – comme les lampes classiques à filament incandescent – que celui des LEDs.

Sources et illustrations : The Conversation et The Guardian

Le Prozac favorise l’apparition de multi-résistances des bactéries aux antibiotiques !

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Les Français sont les plus importants consommateurs d’anti-dépresseurs dans le monde, certes, parce que contrairement à d’autres pays l’usage de drogues dites « relaxantes » comme la marijuana maintenant de facto légale au Portugal ou aux Pays-Bas et de plus en plus d’Etats des USA ne le sont pas en France alors les Français se gavent de Fluoxetine, la matière active du Prozac. Mais comme l’ont découvert des biologistes de l’Université du Queensland à Brisbane (illustration) cette molécule, outre ses effets anti-dépresseurs, stimule les bactéries pathogènes pour s’armer contre l’attaque par des antibiotiques. C’est assez effrayant d’apprendre cela : les Français favorisent les multi-résistances bactériennes aux antibiotiques !

Lorsqu’une personne s’administre du Prozac, plus de 10 % de la matière active est rejetée par les urines. Il en est de même pour les contraceptifs mais c’est un tout autre sujet. Ces scientifiques du Centre d’étude de l’eau de l’Université du Queensland à Brisbane située dans un magnifique campus au bord de la Brisbane River en plein centre-ville se sont penché sur la teneur en Fluoxetine justement dans l’eau de la rivière toute proche. Une étude précédente avait montré que le Triclosan induisait des résistances aux antibiotiques chez les bactéries retrouvées dans les rivières. Le Triclosan se trouve dans la maison dans le dentifrice ou encore le savon liquide pour se laver les mains et de grandes quantités de ce produit se retrouvent dans les rivières. Jamais aucune étude ne s’était penchée auparavant sur un possible effet similaire de la Fluoxetine et ce qu’ont trouvé ces scientifiques est particulièrement inquiétant.

En utilisant des colibacilles (Escherichia coli) il a été montré que la Fluoxetine induisait des mutations chez cette bactérie qui la rend insensible à de nombreux antibiotiques. Alors que la souche K12 de coli utilisée était sensible à la plupart des antibiotiques, chloramphenicol, amoxicillin, tetracycline, fluoroquinolones, aminoglycosides ou encore beta-lactames, pour n’en citer que quelques-uns, après quelques semaines de culture en présence de Fluoxetine, la bactérie était devenue pratiquement résistante à tous ces antibiotiques. Il fallait désormais des doses 10 millions de fois plus élevées pour les tuer. En étudiant l’ADN de ces bactéries mutées par la Fluoxetine il est apparu que de nombreux gènes avaient été modifiés, en particulier les gènes codant pour des transporteurs situés dans la membrane de la bactérie qui rejettent alors les antibiotiques mais aussi divers facteurs de transcription avaient aussi été profondément modifiés.

Ce résultat est terrifiant pour deux raisons. Chaque année plus de 700000 personnes meurent d’infection devenues impossibles à traiter en raison de la résistance aux antibiotiques car cette résistance se transmet horizontalement entre bactéries d’espèces différentes. Mais il y a pire encore le Prozac semble être un mutagène du moins chez le colibacille et pourquoi ne l’est-il pas aussi pour un vulgaire staphylocoque ? Voilà un effet collatéral inattendu du confort médicamenteux dont beaucoup de personnes abusent sans imaginer un seul instant quel peut en être l’impact sur leur propre santé.

Source : The University of Queensland News, illustration : les Docteurs Min Jin et Jianhua Guo, auteurs de l’étude.

La première plus grosse installation industrielle du monde se trouvait en France près d’Arles.

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Aux premier et second siècle de l’ère présente les Romains construisirent un moulin à grain d’une taille exceptionnelle dans le sud de la France à un peu plus de 10 kilomètres d’Arles (Arelate à l’époque), l’une des résidences favorites de l’Empereur Constantin au bord du Rhône. Arles doit son essor en s’alliant à Jules César un demi-siècle avant l’ère présente contre Marseille qui lui disputait la suprématie du commerce le long du couloir rhodanien. La ville fut équipée d’aqueducs et les débouchés de la riche campagne environnante furent exploités et transformés pendant les deux siècles qui suivirent. Ceci fut la raison pour laquelle les ingénieurs romains construisirent un moulin de taille industrielle à Barbegal alimenté par un aqueduc captant les eaux souterraines de la chaine des Alpilles alors que celui alimentant Arles en eau provenait du massif du Lubéron.

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Les moulins – il y en avait 16 – étaient alimentés par des buses (flume en anglais) en bois. L’eau provenant du moulin supérieur était recueillie dans un bassin et utilisée pour faire tourner la roue conçue en bois du moulin inférieur et ainsi de suite. Les pales des moulins étaient également en bois. Divers fragments retrouvés sur le site de Barbegal ont été minutieusement étudiés pour en quelque sorte retracer l’histoire de ce moulin exceptionnel. Il s’agit d’empreintes des structures de bois par des dépôts de calcite, l’eau souterraine des Alpilles captée dans les sources karstiques (k dans la figure ci-dessus) étant particulièrement chargée en carbonates. Ces fragments ont fait l’objet d’études stratigraphiques, cristallographiques et isotopiques ayant pour objet de retracer l’histoire de la buse d’arrivée de l’eau, des roues et donc du moulin lui-même.

Les études stratigraphiques et microscopiques ont mis en évidence l’alternance des saisons, la charge en calcaire de l’eau variant avec l’abondance des précipitations. Les précipitations ont formé des strates brunes dues à la présence de colloïdes provoqués par les eaux de ruissellement. La densité de ces dépôts de calcite indique en outre que les roues des moulins étaient probablement protégées des rayons solaires en comparant des dépôts d’autres moulins à Saepinum, Athènes ou encore Ephèse. Ces moulins n’étaient, en effet, pas protégés par un toit.

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Les études isotopiques ont concerné les isotopes 13 du carbone et 18 de l’oxygène. Les différences en teneur en ces isotopes permettent de retrouver la température de l’eau qui actionnait les moulins. Pour l’oxygène un δ18O élevé signifie que l’eau était plus froide, c’est-à-dire en hiver. Pour le δ13C c’est l’inverse car plus l’eau est chaude moins il y a d’isotope lourd du carbone en raison du dégazage plus intense de l’eau. Ces dernières études ont montré, combinées aux études cristallographiques et stratigraphiques, que les moulins étaient à l’arrêt durant quelques mois entre le milieu de l’été et le milieu de l’automne. Les dépôts de calcite recueillis et étudiés ont tous un âge d’environ 15 années ce qui indique que des opérations de maintenance étaient effectuées périodiquement chaque quinze années. L’épaisseur de ces dépôts de calcite représentaient en effet pour chaque roue des moulins un poids non négligeable d’environ 170 kg. Il fallait donc nettoyer ces roues périodiquement.

Les historiens ont cru pendant longtemps que l’économie romaine était basée sur l’esclavage. L’existence d’un tel moulin d’une taille industrielle unique au monde à cette époque explique au contraire que l’abandon progressif de l’exclavage libéra la créativité des ingénieurs romains. Puisqu’il y avait moins de main-d’oeuvre il fallait créer des machines performantes. Ce moulin pouvait en plein fonctionnement produire jusqu’à 25 tonnes de farine par jour afin d’alimenter en pain la population locale mais aussi les navires des ports d’Arles et de Fossae Marianae, aujourd’hui Fos-sur-Mer, à proximité d’Arles. Les navires embarquaient en effet un pain compact spécial qui pouvait être conservé plusieurs mois car il avait été cuit deux fois à cet effet. Parmi tous les débris de calcite conservés au musée archéologique d’Arles et rassemblés lors de fouilles du site de Barbegal en 1930, il a enfin pu être mis en évidence la date d’abandon du moulin, aux alentours du début du troisième siècle de l’ère présente probablement en raison des troubles qui affectaient l’Empire romain mais peut-être aussi avec l’apparition de moulins de taille plus modeste et de maintenance plus abordable pour des non-spécialistes. Il reste que le moulin de Barbegal reste le vestige de la plus grande construction industrielle de cette époque.

Source et illustrations : Science Advances

Brève : Florence et Mangkhut

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La presse main-stream nous a inondé (sans jeu de mots) d’informations au sujet de l’arrivée sur les cotes de Caroline (USA) du plus puissant ouragan jamais connu depuis des décennies. Cet ouragan est devenu un pétard mouillé et comme la cause en était le dérèglement climatique autant dire que la propagande s’est emparée de l’affaire avec grand bruit.

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Par contre le typhon Mangkut va passer au dessus du nord des Philippines en catégorie 5 et je peux assurer mes lecteurs que je sais de quoi le parle puisque j’ai, si l’on peut dire, essuyé (toujours sans jeu de mots) trois cyclones de catégorie 5 lorsque je résidais au Vanuatu. Le plus impressionnant était le calme lorsque l’oeil du cyclone passait, une heure de calme avec les oreilles qui bourdonnaient en raison de la faible pression atmosphérique un souvenir toujours terrifiant … Bref, les activistes anti-réchauffement en sont pour leur argent mais le sort des Philippins leur importe peu, qu’ils crèvent !

Les « trumperies » du Donald

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En anglais trump veut dire atout pour les joueurs de carte et c’est à se demander si le Président américain dirige son pays comme un joueur de poker tente de dominer le jeu qu’il partage avec trois autres partenaires. Pour ce qui concerne ce billet les trois autres partenaires de cette partie de poker sont l’Europe, la Chine et la Russie. Dans le cas présent il ne s’agit plus d’une partie entre amis où le point vaut un dollar mais des milliards de dollars entre nations. Cependant il connait les cartes des autres joueurs et de plus ils n’ont pas tous des dollars en poche. Sur le tapis vert il y a des euros, des roubles et des yuans et ça complique sérieusement la situation.

Pour cet embargo douanier sur l’acier décrété par la Maison-Blanche – il faut appeler les choses par leur nom – on peut se demander à juste titre si Trump a bien compris la situation internationale. Il suffit de quelques graphiques pour se faire une idée de l’immense erreur que Trump a commis en voulant taxer outre mesure l’acier importé sur le territoire américain. Car les USA dépendent d’importations d’acier sous forme de tôles, de poutres, de linéaires laminés, bref, sans importations massives d’acier les capacités de production domestique ne permettent pas d’alimenter l’industrie américaine et en particulier l’industrie automobile. Deux graphiques (source Worldsteel : https://worldsteel.org/media-centre/press-releases/2018/world-steel-in-figures-2018.html ) en disent plus que n’importe quel texte.

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Les deux principaux producteurs d’acier sont la Chine et le Japon mais ces deux pays exportent essentiellement vers les USA une partie de leur production. En effet les USA, bien que produisant un peu plus de 80 millions de tonnes d’acier (2017) en utilisent 130 millions pour leur industrie. Ces droits de douane vont à n’en pas douter avoir un impact néfaste sur l’activité économique américaine.

Quelques mots au sujet des autres « tromperies » de Washington. Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) les USA sont devenus les premiers producteurs d’hydrocarbures, avant l’Arabie saoudite et la Russie. La Maison-Blanche a même déclaré que grâce aux techniques de fracture hydraulique des roches mères en particulier dans le bassin de Bakken (Dakota) les USA étaient autosuffisants depuis près de 18 mois. À tel point que les USA ont déjà commencé à exporter du gaz naturel liquéfié vers la Pologne. Mais où est le lézard puisque l’agence internationale de l’énergie, quant à elle, indique (chiffres de 2017) que les USA importaient toujours 7,9 millions de barils de pétrole par jour. Enfin, s’il s’agissait de favoriser l’industrie américaine il est important de noter que la plupart des entreprises, petites ou grandes, impliquées de la fracturation des roches mères sont endettées et qu’à l’instar de Tesla elles n’ont encore jamais dégagé de bénéfices et leurs dettes sont adossées sur le pétrole qu’elle produiront dans le futur. N’importe quel investisseur comprend que le lézard est vraiment gros.

On ne peut que conclure que Donald Trump a tiré les mauvaises cartes dans cette partie de poker menteur pour l’économie américaine qui, elle, va à terme se retrouver toute nue. On appelle ce genre de jeu du strip-poker …

Le bétail c’est mauvais pour le climat : la solution existe !

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Les écologistes ne sont pas à court d’idées pour sauver le climat. Ils ont organisé une propagande éhontée pour que des populations entières mangent moins ou pas du tout de viande et se nourrissent plutôt d’insectes et de légumes parce que les vaches ça pète sans arrêt et leurs pétulances contiennent des quantités extravagantes de méthane qui, c’est bien connu mais non encore prouvé, est un beaucoup plus puissant gaz à « effet de serre » que le vulgaire gaz carbonique. Pour que les bêtes à cornes qui fournissent viande, lait et cuir ne fabriquent plus de méthane il n’y a qu’à leur faire manger un peu d’une algue vert-brune (Asparagopsis taxiformis) qui a la particularité de produire du bromoforme (CH3Br). Ce composé inhibe la formation de méthane dans le tractus intestinal des ruminants. En ajoutant jusqu’à 2 % en poids de cette algue dans la nourriture des bovins, ces derniers ne produisent pratiquement plus de méthane.

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Riche idée ! D’ailleurs les écolos ont toujours de bonnes idées comme en particulier de contrôler drastiquement les naissances parce que (mais ils ne l’ont pas encore dit clairement) les êtres humains eux aussi produisent du méthane même s’ils ne mangent pas d’herbe, et par conséquent il faudrait vraiment que la population diminue pour sauver le climat. Il y a cependant deux gros problèmes pour mettre en place cette riche idée. Comment produire en quantités suffisantes cette algue. Mystère, pas le moindre soupçon de solution.

L’autre très gros problème qui n’a pas semblé effleurer les cerveaux de ces rêveurs : le bromoforme est un carcinogène confirmé pour les animaux classé en catégorie 3B. Même s’il est probable que ce produit soit largement dégradé dans l’estomac des bovins il pourrait en rester des traces dans la viande ou le lait. Autant dire que cette idée lumineuse qui a fait l’objet de travaux de laboratoires du CSIRO financés par les contribuables australiens illustre l’imbécillité crasse de ces individus. Il faut remarquer que le Président américain a quitté l’accord de Paris sur le climat et on le comprend. Son message s’adressait à tous les écologistes et aux centaines de milliers de pseudo-scientifiques vivant du commerce de la peur du changement de climat, message qu’il aurait pu twitter ainsi : « la récréation est finie ». Via le site wattsupwiththat.com.

Sources. Illustration : The Sydney Morning Herald, Animal Production Science, doi : 10.1071/AN15576 et https://en.wikipedia.org/wiki/Bromoform