Mes meilleurs vœux pour l’année 2016 !

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Chères lectrices et chers lecteurs fidèles, permettez-moi de vous présenter mes meilleurs vœux pour l’année 2016 …

Dear devoted readers, allow me to present to you all my best wishes for 2016 …

親愛なる読者、貴重忠実な読者は、私は2016年のための私の最高の願いを提示することができます

Уважаемые читатели и дорогой верные читатели, позвольте мне представить мои наилучшие пожелания на 2016 год

Maligayang Bagong Taon 2016

Long olgeta man mo woman we oli ridim ol mesej blong mi, mi wantem wisim yufala evriwan wan gudfala niu yia 2016

ผู้อ่านที่รักของผู้อ่านที่รักที่ซื่อสัตย์ให้ฉันให้คุณความปรารถนาดีของฉันสำหรับ 2016

Estimados lectores, permítanme ofrezco mis mejores deseos para el 2016

Dans l’ordre : français, japonais puis russe (Google traductor), tagalog, bislama (Vanuatu) aimablement communiqué par une amie traductrice officielle du gouvernement local, thaï (Google) et enfin espagnol (de mon cru).

Comme mon blog a été lu par plus de 130000 personnes de 149 pays différents en 2015 que je remercie ici chaleureusement, je ne peux que continuer à travailler quotidiennement durant l’année nouvelle à maintenir votre fidélité, chers lecteurs, en vous informant de manière aussi compréhensible que possible (et parfois c’est difficile) et totalement désintéressée de sujets que vous ne trouverez parfois jamais dans vos lectures ou émissions télévisuelles habituelles.

Illustration : vue de la Plaza Weyler à Santa Cruz de Tenerife depuis mon modeste logement

Le Pentagone se prend les pieds dans l’ADN avec une mauvaise foi affligeante

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En 1965, Jacques Monod, André Lwoff et François Jacob virent leurs travaux reconnus par le comité Nobel trois années seulement après la reconnaissance par ce même comité des travaux de Francis Crick et James Watson au sujet de la structure de l’ADN. Monod et ses collaborateurs de l’Institut Pasteur à Paris furent les précurseurs de la biologie moléculaire car ils pressentirent à la suite de travaux très difficiles et complexes que la régulation de l’expression des gènes était commandée par des portions d’ADN non codantes sous l’influence de signaux provenant de la cellule, petites séquences d’ADN qu’ils appelèrent des « opérateurs » ou operons. En cinquante ans, cette biologie nouvelle a pris de tels essors qu’il devient difficile aujourd’hui d’imaginer quelle va en être son évolution, de même que personne ne fut capable d’imaginer l’impact de la télévision lorsque cette technologie vit le jour.

On dispose en effet aujourd’hui des séquences complètes des ADNs humain et de milliers d’autres organismes vivants. On dispose également depuis à peine deux années d’outils extrêmement précis d’insertion ou de délétion de gènes dans le patrimoine génétique de n’importe quel être vivant. J’ai informé mes lecteurs à plusieurs reprises de la découverte de cet extraordinaire outil appelé CRISPR pour la manipulation génétique car il s’agit probablement de la plus grand avancée dans ce domaine depuis les travaux de Crick, Watson et Monod et ses collaborateurs.

Cinquante années se sont donc écoulées pour enfin voir la biologie moléculaire atteindre sa pleine maturité et on commence à peine à entrevoir tous les bienfaits potentiels de cette technologie mais également les dérives éventuelles vers lesquelles il se pourrait bien que l’humanité toute entière se trouve confrontée un jour pas si lointain qu’on ne le croit.

Tout est en effet devenu très rapidement possible avec cet outil CRISPR qui permet non seulement d’insérer ou d’éliminer un gène mais également de modifier durablement le patrimoine génétique d’un être vivant en ce sens que ces modifications deviennent prioritairement transmises à la descendance. Pour faire bref, les manipulations génétiques pratiquées dans les années 80 sur les plantes pour « fabriquer » des transgènes économiquement prometteurs apparaissent aujourd’hui d’une grossièreté expérimentale incroyable : pour être franc on ne savait pas trop ce qu’on faisait. Il s’agit d’un domaine de la biologie que je connais bien et je me permet d’utiliser une comparaison imagée pour décrire en quelques mots la progression incroyable de la biologie moléculaire. Durant ces années pionnières c’était comme si on voulait reproduire la Vénus de Milo avec une tronçonneuse alors qu’aujourd’hui on dispose d’imprimantes 3D qui peuvent réaliser une copie presque indiscernable de l’original.

Je suis personnellement convaincu qu’Emmanuelle Charpentier, la chercheuse d’origine française co-découvreuse du CRISPR avec Jennifer Doudna (voir le lien en fin de billet) sera dans des délais très brefs saluée par le comité Nobel car il ne se passe pas une semaine sans que cet outil ne soit utilisé dans toutes sortes de domaines, encore que le Comité Nobel a souvent une guerre de retard. J’ai mentionné récemment l’approche avec le CRISPR de la modification des moustiques pour qu’ils ne soient plus capables de transmettre la malaria tout simplement par curiosité scientifique mais également parce qu’il m’arrive épisodiquement de souffrir d’une crise de cette maladie dont on ne peut pas se défaire. Certes, je ne souffre pas de la forme dangereuse de cette maladie parasitaire, mais elle reste tout de même handicapante. Et la mise en œuvre du CRISPR pour produire des moustiques génétiquement modifiés incapables de transmettre le parasite ou encore des moustiques devenus stériles qui transmettent ce caractère à la descendance permettant ainsi l’anéantissement des populations de moustiques constituent un immense espoir d’éradication de la malaria.

C’est sur ce dernier point que la communauté scientifique s’émeut mais pas uniquement à propos des moustiques. Introduire une stérilité transmissible consiste à modifier non pas seulement un chromosome mais également l’autre paire afin que l’individu génétiquement modifié soit devenu ce qu’on appelle un homozygote constitutif pour ce caractère. En d’autres termes toute sa descendance hérite de ce caractère et non plus la moitié selon les lois de Mandel. Cependant l’outil CRISPR permet virtuellement de tout faire : toutes les séquences des gènes codant pour par exemple des toxines mortelles sont disponibles publiquement. N’importe quelle machine peut synthétiser pour un coût modique les amorces d’ARN (je n’entre pas dans les détails) permettant de mettre en œuvre le CRISPR également disponible commercialement ainsi que les vecteurs d’introduction dans une cellule embryonnaire et la magie noire est consommée. Par conséquent un nouveau genre de Docteur Folamour peut émerger dans n’importe quel endroit de la planète avec une super-bactérie ou un super-moustique contre lesquels on n’aura aucun moyen de défense.

C’est là que le Pentagone a littéralement été effrayé par la tournure que pourraient prendre les évènements avec ce qu’on appelle maintenant le « gene drive », une expression difficilement traduisible décrivant la technologie dont j’ai fait mention ci-dessus et qui permet de modifier spécifiquement un même gène sur la paire de chromosomes dans laquelle il se trouve (voir le lien).

Le Pentagon, le FBI, l’Office des Armements Biologiques des Nations-Unies se sentent soudain concernés par les dangers potentiels que représente cette technologie. Le fait que ce soient des moustiques qui aient préoccupé en premier lieu les biologistes a fait nerveux ce petit monde car ils ont imaginé qu’un biologiste fou pourrait tout aussi bien créer un super-moustique transmettant par une simple piqûre une toxine mortelle. Pourtant les recherches sur les moustiques n’ont pas d’autre but que de sauver plus de 500000 vies humaines chaque année !

On croit rêver car comment imaginer que tous les laboratoires de recherche des toutes les armées des pays développés ne se livrent pas déjà à ce type de recherche pour mettre au point des armes de destruction massive non plus bactériennes ou virales mais « entomologiques ». Cette soudaine agitation peu médiatisée car la réunion ultra-secrète en décembre de cette année à Washington au sujet des développements nouveaux de la biologie moléculaire eut lieu précisément au même moment que le grand raout climatique de la COP21 alors que le sujet débattu est infiniment plus préoccupant pour l’humanité qu’une hypothétique crise climatique.

En effet, n’importe quel biologiste un tant soit peu vicieux peut mettre au point dans son garage un insecte tueur surtout s’il est financé par des groupes terroristes occultes et c’est là la réthorique de ces comités d’exception soucieux de la sauvegarde de l’humanité. J’avoue que je suis sidéré par la mauvaise foi de cette démarche du Pentagone et pour que mes lecteurs comprennent mon attitude je pense qu’il est intéressant de leur relater ici une expérience vécue. Lorsque j’étais en préparation de thèse de Doctorat d’Etat, je dus collaborer pour mes travaux avec un laboratoire de recherche du service de santé des armées il y a quarante années maintenant. On travaillait déjà dans ce centre situé au sein de l’hôpital militaire de Lyon sur la toxine botulique, les venins de serpent et sur bien d’autres sujets dont des gaz neurotoxiques. Les armes biologiques ont toujours préoccupé les armées du monde entier, elles sont peu coûteuses et faciles à produire massivement. Pourquoi le Pentagone s’insurge subitement contre l’utilisation à des fins séditieuses du CRISPR ? Pour se donner bonne conscience ? J’avoue que je suis partagé entre les larmes et le rire car au final ces mêmes militaires qui sont censés tuer par profession d’autres hommes interdiront la dispersion des moustiques génétiquement modifiés et il y aura toujours 1500 morts par jour en raison de la malaria, un « détail » pour les militaires qui se livrent à des massacres quotidiens au nom de la démocratie !

Source (entre autres) : www.statnews.com/2015/11/12/gene-drive-bioterror-risk/ et http://dx.doi.org/10.7554/eLife.03401.010

Note : le deuxième lien ci-dessus explique de manière très compréhensible le principe expérimental du « gene drive » dont la précision est effectivement hallucinante non pas pour l’homme car le temps d’une génération est très long en comparaison de celui des levures ou des insectes. Je conseille vivement à mes lecteurs anglophones de lire cet excellent article.

Et encore : https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/12/03/edition-de-genes-humains-il-etait-temps-de-statuer/ et https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/02/22/bataille-entre-les-universite-de-berkeley-et-dharvard-pour-la-propriete-du-crispr/

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Pour l’anecdote la société chinoise BGI (Beijing Institute of Genomics) a réussi à produire des cochons miniatures pesant à peine un dizaine de kilos modifiés génétiquement à partir de cellules embryonaires de cochons de race Bama déjà miniatures car pesant entre 30 et 50 kilos en inactivant un des deux gènes codant pour le récepteur de l’hormone de croissance. Il ne s’agit cependant pas d’une anecdote car le cochon est l’animal le plus proche de l’homme physiologiquement en dehors des chimpanzés et élever ces petits cochons en laboratoire est infiniment moins coûteux que de disposer d’un élevage de cochons d’un poids moyen de 100 kilos. D’autres travaux faisant appel au « gene drive » vont permettre de produire des cochons dont les organes ne seront plus reconnus comme étrangers par l’homme et pourront être greffés sans problèmes de rejets d’exogreffes. Les militaires vont-ils aussi contrôler ce volet particulier de la biologie moléculaire moderne ?

Lien : http://english.big.cas.cn/

Refroidissement généralisé dans l’industrie photovoltaïque

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Hanergy Thin Film Power Group Ltd est (était) le premier groupe industriel chinois impliqué dans les énergies « vertes » qui au début de l’année 2015 avait atteint l’arrogante capitalisation boursière de 320 milliards de dollars HK à la bourse de Hong-Kong, soit un peu plus de 40 milliards de dollars US -l’équivalent de la capitalisation de Sony Corp pour donner une idée – ne vaut plus aujourd’hui que 59 millions de dollars US. Pratiquement 40 milliards se sont volatilisés sous le Soleil.

Les dernières et poussives transactions ont été libellées en yuans alors que le titre était coté en dollars à la bourse d’Hong-Kong … Curieux ! Pas si curieux que ça puisque aux dernières nouvelles cette société ne paie plus les loyers des bureaux de sa branche Hanergie Asia-Pacific. Grandeur et déchéance de l’énergie solaire.

Source : Bloomberg. Illustration : panneaux solaires dans le Nouveau-Mexique le 27 décembre 2015

Autisme et pseudo-science médicale irresponsable

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En 1998, le Docteur Andrew Wakefield publia dans le British Medical Journal une étude totalement frauduleuse sur les liens entre l’autisme et le vaccin trivalent rougeole-oreillons-rubéole. Cette étude fut reprise à la lettre par les journalistes et il en résulta une campagne anti-vaccination massive. Il est en effet très efficace de répandre la terreur auprès de la population mais les conséquences peuvent être catastrophiques. Pour les pseudo-scientifiques du genre Wakefield, l’autisme est du pain-béni car la presse de caniveau à sensation et les réseaux sociaux sont un support parfait pour que les individus, le plus souvent totalement ignorants, s’auto-persuadent que tel ou tel produit chimique, tel ou tel environnement sont des facteurs favorisant l’autisme … à se demander si le changement climatique et les aurores boréales ne sont pas aussi favorables à l’apparition de ce trouble psychique.

Une nouvelle étude, encore une du même genre, sur les liens entre l’autisme et l’utilisation d’anti-dépresseurs durant la grossesse a fait la une des journaux il y a quelques jours (voir le lien). Brièvement cette étude sans aucune signification statistique portant sur 145456 grossesses montra que pour 22 enfants souffrant d’autisme à l’âge de 3 ans sur un total de 32 une corrélation avait pu être établie avec l’utilisation par la mère d’anti-dépresseurs au cours des deuxième et troisième trimestres de grossesse, et pas n’importe quels antidépresseurs, seulement ceux inhibant la recapture de la sérotonine. Le représentant le plus connu de cette famille de produits est le Prozac, un antidépresseur très populaire. Quid des 145434 autres enfants ? Autant dire que les résultats de cette étude sont totalement dénués de signification car il s’agit tout simplement du « bruit de fond statistique » qui a été manipulé dans le seul but de faire ressortir un lien de causalité qui n’existe évidemment pas entre antidépresseur durant la grossesse et autisme.

Les travaux dirigés par Anick Bérard de l’Université de Montréal et du CHU Sainte-Justine ont été mis immédiatement en doute par un juge fédéral américain qui avait déjà condamné le manque de rigueur scientifique d’une étude liant le Zoloft (sertraline) de Pfizer à des malformations foetales. Le Zoloft est aussi un antidépresseur ayant le même mode d’action que le Prozac. Toujours est-il que la polémique s’amplifie d’autant plus irrationnellement que le Docteur Bérard se complait à recevoir les parents d’enfants autistes et de préparer leur dossier afin qu’ils déposent une plainte contre les laboratoires pharmaceutiques si la mère a eu la mauvaise idée de prendre un antidépresseur durant sa grossesse. Il y a comme un relent de conflit d’intérêt. Mais quand cette personne amalgame les effets de la thalidomide et des anti-dépresseurs, on en arrive à de l’authentique mauvaise science comme malheureusement dans bien d’autres domaines n’ayant rien à voir avec la médecine ou la pharmacie …

Liens : Wired et JAMA, doi : 10.1001/jamapediatrics.2015.3356

Parlons de la pyriculariose du riz

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La pyriculariose est une maladie des graminées provoquée par un champignon phytopathogène appelé Magnaporthe. Cette maladie affecte particulièrement la culture du riz avec le Magnaporthe oryzae et c’est la raison pour laquelle de nombreux travaux sont en cours pour tenter de réduire l’incidence des dégâts dans la culture du riz car cette céréale est la principale source de calories pour près de la moitié de la population mondiale. La situation est d’autant plus préoccupante que le champignon s’adapte rapidement aux traitements fongicides et devient résistant. Il s’ensuit une chute des rendements pouvant aller jusqu’à 100 % de perte comme dans certaines régions de Chine. On estime que les baisses de rendement occasionnées par la pyriculariose correspondent aux besoins en nourriture de plus de 100 millions de personnes chaque année.

Des biologistes de l’Université du Delaware se sont penché sur la rhizosphère du riz, c’est-à-dire la population microbienne du sol des rizières, et ils ont découvert qu’une bactérie particulière, un pseudomonas (Pseudomonas chlororaphis) semblait protéger le riz des attaques fongiques en stimulant les mécanismes de défense de la plante. Chaque plante herbacée dispose d’une petite panoplie de composés chimiques pour se défendre contre les agresseurs. Il s’agit de l’acide jasmonique, de l’acide salicylique et de l’acide abscissique. L’odeur caractéristique du gazon fraichement coupé est due à un ester volatil de l’acide abscissique car tondre le gazon est une agression pour la plante et le stress provoqué entraine une production de cet acide.

Comme le riz est une plante qu’on repique manuellement ou avec des machines, après avoir découvert ce pseudomonas protecteur du riz, les biologistes du Delaware ont tout de suite imaginé qu’il pouvait être possible de protéger cette culture des attaques fongiques en inoculant cette bactérie aux racines lors du repiquage. En étudiant le mécanisme de protection de la bactérie la surprise fut de constater que la synthèse d’acide abscissique était perturbée par la présence de cette bactérie. Curieusement le champignon pathogène produit lui-même cet acide et la réaction du riz n’est plus une résistance mais une plus grande susceptibilité à l’attaque fongique. La bactérie interfère avec cette production d’acide abscissique selon un mécanisme complexe perturbant l’expression de quelques gènes impliqués dans la biosynthèse de cette molécule, mais le résultat est là : le riz est en grande partie protégé et cette protection ne fait pas appel à des pesticides et est totalement anodine pour l’environnement. Il reste à mettre en œuvre la production du bacille et la mise au point du pralinage des pousses de riz lors des repiquages … Comme quoi la nature fait parfois très bien les choses.

Source : Frontiers in Plant Science, www.frontiersin.org DOI : 10.3389/fpls.2015.01082

La City : le plus grand centre mondial de recyclage d’argent criminel

 

Il y a quelques semaines j’ai « sauvé » une junky française du gouffre. C’était le 8 décembre et fête religieuse oblige tout était au point mort. Cette jeune femme s’était fait délester de son passeport, de ses cartes de crédit et de l’argent liquide qu’elle avait avec elle et je ne pus que lui porter secours sans aucune arrière pensée lubrique de ma part car elle avait apparemment l’âge d’une de mes petites-filles. Le Consulat de France était fermé et elle était en larmes dans la rue. D’ailleurs qu’aurait pu faire la secrétaire du Consulat qui n’est pas un organisme caritatif …

Je me suis occupé d’elle comme si elle était une de mes petites-filles et rassurée elle finit par m’avouer qu’elle était complètement sous la dépendance de la cocaïne. À la suite d’une liaison houleuse avec un médecin qu’elle rencontra à l’hôpital, son lieu de travail (infirmière de son état), elle sombra dans cette dépendance coûteuse et totalement inefficace à la cocaïne s’administrant jusqu’à dix rails par jour pour pouvoir assumer son travail. Son ancien amant médecin était également sous la dépendance de cette drogue.

Ce n’est qu’après l’avoir en quelque sorte apprivoisée et rassurée qu’elle me fit ces confidences. Je m’en veux aujourd’hui de relater ces faits mais ils servent d’introduction à l’exposé d’une situation éminemment inquiétante qui constitue l’une des activités très lucratives de la City à Londres : le trafic de cocaïne et le recyclage des profits de ce commerce. Londres est le centre européen de ce business et il a envahi tous les étages de la finance britannique à tel point que la Reine pourrait un de ces jours récompenser les trafiquants et les financiers impliqués dans ce commerce comme elle décora en leur temps les Beatles pour les gains financiers dont ils étaient les auteurs pour le Royaume. Pour résumer le business de la cocaïne, ce sont des petits dealers pauvres, marginaux le plus souvent, qui sont exploités par de gros bonnets intouchables car ils font partie de l’intelligentsia politique ou économique également grands consommateurs de cette poudre.

Pas besoin d’investir dans des mines de tungstène ou des puits de pétrole pour faire fortune, la cocaïne est produite par de pauvres paysans et on peut en un temps très court accumuler des fortunes en organisant l’acheminement et la revente sur les lieux de consommation. Si on veut se lancer dans le business des diamants, il faut des certificats d’authenticité, des licences commerciales. Avec l’or c’est encore plus contrôlé mais avec la cocaïne il n’en est rien !

Certes quelques saisies spectaculaires sont médiatisées à outrance pour cacher l’iceberg qui se trouve au dessous de la ligne de flottaison. Tout est minutieusement organisé pour que les marchés gigantesques que représentent les centres urbains européens soient approvisionnés de manière pérenne. Il existe en effet une sorte de laissez-faire dont les politiciens et les banquiers s’accommodent ou plutôt ont fait en sorte que les autorités policières ferment les yeux car ils sont et elles sont impliqués dans ce gigantesque business pour lequel la City est la plaque tournante européenne majeure.

Le narco-traffic autrefois dédié à une élite friande d’opium s’est démocratisé et les profits réalisés sont infiniment plus importants à tel point que les immenses volumes d’argent recyclé ont envahi le milieu bancaire de tous les pays de l’OCDE. Quand l’Etat français emprunte sur les « marchés » il y a de bonne raisons de penser qu’il emprunte en partie de l’argent recyclé du commerce de la cocaïne !

Roberto Saviano, auteur d’une œuvre dérangeante intitulée « Zero Zero Zero » ne mâche pas ses mots : « La City de Londres est le plus grand centre mondial du recyclage d’argent criminel ». La mafia napolitaine, les cartels mexicains et colombiens ne sont que des intermédiaires, de bas exécutants au profit des financiers londoniens. Les hommes d’honneur de ces organisations commerciales qui n’ont plus rien de criminel ont été remplacés par des employés en complet-veston et cravate club qui respectent la loi et opèrent en toute légalité à Londres mandatés par de grandes corporations multinationales qui contrôlent le commerce très lucratif de la cocaïne que le petit consommateur lambda enrichit en consacrant parfois la totalité de son salaire à ce leurre qui finit par ruiner son avenir. Quelle triste peinture de la magnificence de l’économie londonienne …

Inspiré d’un article paru dans le Guardian qui a eu le courage de révéler cet immense scandale.

Le coût d’une vie sauvée : 90000 euros dans la poche des laboratoires pharmaceutiques !

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J’avais l’intention de titrer ce billet ainsi : « Les scandaleuses manipulations statistiques des laboratoires pharmaceutiques » et je me suis ravisé car il s’agit en réalité d’une grosse arnaque organisée avec la complicité des organismes de protection sociale, des politiciens et y compris des compagnies d’assurance dont il faut dénoncer les agissements de connivence plus que douteux sinon frauduleux.

Comme vœux de nouvelle année pour mes lecteurs, quittez le système de protection sociale étatique car tout y est organisé pour l’enrichissement de quelques sociétés et de dividendes généreusement attribués à des politiciens et des médecins « experts » complices du système mafieux et corrompu de la santé publique, et pas seulement en France ou en Grande-Bretagne.

Pour vendre leurs produits les laboratoires pharmaceutiques sont prêts à tout et on peut faire la démonstration de cette attitude détestable et coûteuse pour la société en analysant des articles scientifiques publiés dans des revues prestigieuses comme par exemple The Lancet (voir le lien) pour faire passer l’imposture. Il s’agit ici d’un test de dépistage du cancer des ovaires et mes lectrices, puisque ce sont avant tout elles qui sont concernées, comprendront que ces compagnies les traitent avec le plus pur mépris.

Le soit-disant dépistage précoce du cancer des ovaires repose sur un diagnostic sanguin coûteux (une centaine d’euros) permettant l’évaluation dans le sang d’un antigène appelé CA-125 supposé spécifique de ce type de cancer. Le test sanguin se justifie dans la mesure où le cancer des ovaires tue plus de 60 % des femmes lorsqu’il est diagnostiqué trop tardivement, c’est-à-dire lorsque ces dernières souffrent de douleurs abdominales récurrentes. Cet argument a été suffisant sinon nécessaire pour que les laboratoires pharmaceutiques poussent la profession médicale toute entière à faire en sorte que ce diagnostic soit systématiquement pratiqué chez les femmes pour non pas le bénéfice de ces dernières mais plutôt pour les finances de ces laboratoires.

Une récente étude effectuée en Grande-Bretagne portant sur plus de deux-cent mille femmes âgées de 50 à 74 ans a tout simplement confirmé que ce test était inutile, bien que les auteurs de l’étude prétendent le contraire ! Il faut lire avec soin entre les lignes le monstrueux papier (toilette) publié dans The Lancet pour comprendre la supercherie. Les sujettes de l’étude ont été réparties en trois groupes, celles qui ne s’étaient jamais soumis à un diagnostic de dépistage, celle qui étaient examinées chaque année par leur médecin traitant incluant le test sanguin de la présence de CA-125 et enfin celles qui s’étaient pliées à un examen ultrasonique trans-vaginal pour détecter des masses tissulaires suspectes. Ce dernier groupe était deux fois plus important que les deux premiers.

Il est ressorti de cette étude – quand on en étudie les résultats dans le détail et objectivement, ce que j’ai fait avec beaucoup de transpiration – que pour sauver une vie il faut au moins screener 641 femmes chaque année pendant 14 ans c’est-à-dire effectuer environ 9000 tests. L’étude a parallèlement révélé que pour 10000 femmes testées pour la présence de CA-125 quatorze d’entre elles subirent une ovariectomie pour rien : leurs ovaires étaient parfaitement sains !

Que conclure de ce type d’étude ? Tout simplement que les gouvernements financent des travaux statistiques en pure perte pour satisfaire les besoins des laboratoires pharmaceutiques qui sont au final demandeurs de ce genre d’études car elles confortent la validité loin d’être prouvée de tests sanguins coûteux financés par le système de protection médicale étatique. Le test du CA-125 est basé sur une mise en évidence par immunofluorescence de la présence de l’antigène à l’aide d’anticorps monoclonaux (ELISA), une information destinée uniquement aux curieux, et sa spécificité est loin d’être confirmée.

Lien : The Lancet, DOI : http://dx.doi.org/10.1016/S0140-6736(15)01224-6