L’évolution de l’épidémie d’obésité

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Il y a en moyenne dans le monde trois fois plus de personnes obèses qu’il y en avait en 1975 (voir l’animation en lien). Dans le groupe de pays où le nombre d’obèses ne dépasse pas 5 % de la population on trouve le Vietnam, la Corée du Nord, le Bengladesh, l’Afghanistan et le Japon. Le Japon est le seul pays dit développé dont le nombre d’obèses est inférieur à 4 % de la population totale alors qu’il atteint 35 % aux USA, leader mondial dans ce domaine. Dans le peloton de tête des dix pays où le nombre de personnes obèses dépasse 30 % on retrouve curieusement le Canada, l’Australie, le Royaume-Uni et l’Afrique du Sud : unité culturelle oblige car dans ces pays la malbouffe à l’américaine y est répandue comme d’ailleurs au Chili, en Argentine et au Mexique, des pays qui se sont mis à consommer cette malbouffe qui est à l’origine de la maladie presque planétaire maintenant qu’est l’obésité. Également dans ce peloton de tête on retrouve curieusement la Turquie et l’Egypte. Dans ce dernier pays 40 % des femmes sont obèses dont 9 % le sont sévèrement. La France et l’Espagne se situent dans la moyenne mondiale avec 23 % de la population obèse, femmes et hommes étant sensiblement à égalité, ce qui n’a d’ailleurs rien de réjouissant.

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Puisque les gouvernements sont censés protéger les citoyens qui les ont mis au pouvoir, il serait grand temps que des mesures draconiennes soient prises autoritairement pour réguler sévèrement les abus de malbouffe, en particulier l’abondance de produits sucrés ou enrichis en carbohydrates. Les directives sanitaires ont banni les graisses dont les oeufs et le beurre et privilégié les sucres ouvrant ainsi toute grande la porte au marché des statines et des produits anti-diabétiques pour le plus grand bonheur des laboratoires pharmaceutiques. Or il est maintenant reconnu que ce sont les sucres qui provoquent l’obésité souvent accompagnée de diabète de type 2 et une augmentation du taux de cholestérol sanguin dont en particulier le fructose. Non seulement il sera nécessaire de taxer lourdement certains produits comme les sodas sucrés mais également tout un éventail de produits alimentaires solides que l’on retrouve dans les fast-food et les rayons des surgelés dans les super-marchés.

La doyenne de l’humanité vient de fêter le 29 novembre 2016 ses 117 ans, la seule personne vivante au monde étant née au XIXe siècle. Il s’agit d’Emma Morano qui depuis l’âge de 20 ans se nourrissait d’un peu de pain et de viande et de trois oeufs chaque jour, deux crus et un cuit. Elle ne mangeait pratiquement jamais de fruits ni de légumes. À méditer …

Source : World Economic Forum, Lien : https://assets.weforum.org/editor/R2ehyqEXeL8BucOQKybBPmYX1ScvjRRLgurqDyCKEb4.gif

Des tampons au THC pour les douleurs liées aux règles

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L’usage thérapeutique du cannabis est autorisé maintenant dans beaucoup de pays et d’Etats américains hors usage récréatif. Les deux principes actifs du cannabis sont le tétrahydrocannabinol et cannabidiol qui présentent des propriétés analgésiques puissantes reconnues par « la faculté ». L’usage over-the-counter (en vente libre dans les drug-stores) des extraits de cannabis formulés sous diverses formes se répand et le dernier en date est le tampon périodique imprégné de ces deux principes actifs pour adoucir les règles douloureuses mais aussi pour alléger les lombalgies. La préparation existe également sous forme de suppositoires pour les hommes souffrant de ces douleurs lombaires parfois handicapantes.

Selon certaines patientes s’étant confiées à leur gynécologue les tampons au cannabis sont efficaces dès 45 minutes après l’application et leur durée d’action est prolongée en regard des autres médicaments prescrits communément par le corps médical. Il faudra probablement que les Européennes attendent pour accéder à ce genre de traitement car les chiens de garde des grandes compagnies pharmaceutiques sont à l’arrêt ( ! ). Pour l’instant ces tampons ne sont autorisés à la vente qu’en Californie et au Colorado avec une prescription médicale au prix de 44 dollars les 4 tampons. Belle rentabilisation d’une plante qui pousse comme du chiendent …

Source : Foria, foriapleasure.com

Que se passe-t-il en Corée (du sud) ?

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Au mois d’août dernier l’affréteur Hanjin, le sixième plus gros de sa catégorie dans le monde, a fait faillite en entrainant de graves perturbations dans le monde entier depuis Los Angeles jusqu’à Rotterdam. L’affaire a été promptement dénouée par une aide massive du gouvernement coréen car Hanjin était considéré comme une compagnie « too-big-to-fail ». Quelques semaines plus tard, comme par un effet du hasard, les batteries des tablettes Samsung prennent feu précipitant cette société dans un embarras incommensurable. Dans le même temps des remous politiques faisant état d’une corruption généralisée dans les hautes sphères gouvernementales se font jour. Les Coréens finissent par descendre dans la rue par centaines de milliers pour manifester leur désapprobation à l’encontre de la présidente actuelle Park Geun-hye, digne descendante de son père Park Chung-hee, un despote controversé à la solde de la CIA.

Si on ajoute aujourd’hui la totale déconfiture des chantiers navals coréens, les deuxièmes du monde en volume et représentant plus de 7 % des emplois de la Corée, ça fait vraiment désordre. Les chantiers navals coréens se partagent entre les trois grands conglomérats Hyunday, Daewoo et Samsung, trois pouvoirs incontournables dans ce pays. Ces trois gigantesques entreprises appartiennent à des familles privées dont l’anonymat fait partie du non-dit de la vie politique coréenne et leur gestion est pour le moins opaque, de même que leurs relations incestueuses avec le monde politique coréen. Je n’en dirai pas plus car je ne suis pas journaliste d’investigation mais il y a ici un sujet intéressant à creuser.

Vient, comme par hasard aussi, l’affaire des missiles anti-missiles déployés par l’armée américaine sur le sol coréen à la fin du mois de septembre afin – faut-il le souligner – protéger les USA des missiles balistiques nord-coréens pouvant éventuellement transporter des bomb(inett)es au plutonium vers le sol américain. Il n’en a pas fallu plus pour que les relations commerciales entre la Corée et son premier partenaire, la Chine, entrent dans une période de grosse froidure. En effet, la couverture radar déployée par l’armée américaine qui est aussi un état dans l’état en Corée depuis la fin des évènements de 1954 n’a pas vraiment plu au gouvernement chinois. La dévaluation du renminbi au mois d’octobre n’a pas non plus vraiment aidé l’économie coréenne. Avec les troubles politiques récurrents, les scandales et la corruption, la Chine mais aussi le Japon, du moins pour le moment, se frottent les mains et attendent de voir ce qui va se passer.

Il ne faut pas oublier tout de même que la Corée est le leader mondial des « chips » électroniques et qu’une défaillance de Samsung, entre autres sociétés coréennes, pourrait être catastrophique pour le monde entier. Alors les deux principaux partenaires de la Corée, la Chine et le Japon, jouent pour l’instant en caressant le velours dans le bon sens. Il en ressort tout de même qu’en dehors des difficultés des chantiers navals qui ont vu ces six derniers mois leurs commandes plonger de plus de 89 % obligeant le gouvernement coréen, comme par hasard encore, à passer en urgence des commandes pour des petits bateaux en tous genres, l’affaire des missiles américains reste en toile de fond des déboires actuels de ce pays qui compte 50 millions d’habitants alors que son voisin en compte 27 fois plus et n’aime pas que les Américains orientent leurs radars vers le ciel chinois et également la Mer de Chine Méridionale. Si la Corée, comme les Philippines viennent de l’annoncer, ne tente pas de privilégier la Chine comme principal interlocuteur régional – elle n’a d’ailleurs pas trop le choix – et cesse d’être une marionnette des Américains, alors elle risque bien d’entrer dans de graves difficultés économiques. En se débarrassant de Park Geun-hye les dirigeants du « Deep State » coréen, en d’autres termes les grandes firmes industrielles et commerciales entre les mains d’une poignée de familles de haut rang, pourraient profiter du changement d’administration à Washington pour, soixante années plus tard, s’affranchir définitivement de la soumission sans condition aux USA, un peu comme le Japon d’ailleurs … Il ne faut pas oublier la corruption institutionnalisée qui ne transparait pas aux yeux des médias occidentaux et qui mine de l’intérieur la vie politique de ce pays.

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Sources : diverses dont Reuters et Wolfstreet.com. Illustration Wikipedia

Dans les pays de l’OCDE les emplois qualifiés s’évaporent

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C’est le plus gros hedge-fund du monde, Bridgewater Associates, qui l’affirme : dans les pays de l’OCDE il y a de moins en moins de personnes qualifiées ayant un travail car il n’y a plus d’emplois pour elles. Par emploi qualifié, selon le MIT, il faut considérer les personnes ayant reçu au moins trois années de formation professionnelle, toutes disciplines confondues, après le diplôme sanctionnant leurs études secondaires, c’est-à-dire des ingénieurs, des techniciens supérieurs et des spécialistes. Ces emplois touchent principalement les classes moyennes qui ont vu ces emplois franchir les frontières au cours de ce que les politiciens ont l’air de découvrir aujourd’hui au profit des nouvelles classes moyennes d’Asie, en un mot, la mondialisation.

Il ne faut pas se leurrer, quoiqu’en pensent certains stratèges économiques, cette fuite des emplois qualifiés vers des pays comme la Chine, l’Inde, la péninsule indochinoise ou encore la Malaise est irréversible pour une raison très simple, les usines ont tout simplement fermé car le marché des pays occidentaux est inondé de produits parfois très sophistiqués manufacturés dans les pays mentionnés ci-dessus à bas prix et revendus de deux à dix fois leur prix de revient dans ces mêmes pays occidentaux. Les savoir-faire ont été transférés et comme les techniques évoluent chaque jour il est inutile de prétendre qu’un jour, dans le Michigan, l’Ile de France ou la Rhénanie des usines verront le jour pour concurrencer les pays d’Asie.

Le graphique ci-dessus est parlant. Les emplois hautement qualifiés ont progressé dans des pays comme l’Espagne, la Suède, la Belgique ou l’Irlande car il s’agit le plus souvent de technologies de pointe ou que ces pays souffraient d’un déficit dans le domaine des high-techs. Cumulés aux emplois peu qualifiés, les gains ne compensent pas cette raréfaction d’emplois qualifiés. On ne robotisera jamais le travail d’un barman, d’un promeneur de chiens ou d’une serveuse de restaurant mais dans un avenir proche ce seront les camionneurs, les chauffeurs de taxi et peut-être à terme les pilotes de ligne qui ne trouveront plus de travail … Mais c’est une autre histoire.

Fermeture de Fessenheim ou 420000 voitures polluantes de moins ?

Je me suis rendu compte qu’écouter Mozart était bénéfique pour le fonctionnement de mes neurones et pas n’importe quelle oeuvre de cet immense compositeur malheureusement mort prématurément (comme Franz Schubert) puisqu’il s’agissait du concerto pour piano N°21 (K467) et je me suis demandé comment l’ensemble de l’humanité allait pouvoir réduire son addiction aux sources d’énergie carbonées quand on voit cette photo :

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Rien à voir avec Mozart qui s’éclairait avec une chandelle au suif pour écrire les partitions de ses concertos et qui se déplaçait en calèche … Non, à l’époque on ne connaissait pas le pétrole et le charbon était une curiosité que personne ne pouvait imaginer devenir quelques décennies plus tard l’élément déterminant de la révolution industrielle. Aujourd’hui on nous rabâche les oreilles à propos du gaz carbonique qui aurait un effet catastrophique sur le climat. Un visionnaire (est-il sincère ?) comme Elon Musk a bien compris qu’il y avait une opportunité à saisir avec ses voitures électriques et son usine géante de production de batteries. Certes il est dans le mouvement mais il faudra alimenter toutes ces batteries d’une manière ou d’une autre.

Regardez à nouveau cette photo d’un échangeur d’autoroutes urbaines dans une ville quelconque des USA, peut-être bien Los Angeles. Il faut se rendre à l’évidence : ce ne sont pas des millions d’éoliennes ou des milliers d’hectares de panneaux solaires qu’il faudra installer pour recharger toutes les batteries de tous les véhicules électriques qui remplaceront ces voitures avec un moteur à essence qui roulent allègrement sur toutes les routes et dans toutes les villes du monde. Il sera nécessaire de pouvoir produire des quantités formidables d’électricité pour convertir le parc automobile – au moins des pays développés – à l’électricité. J’ai déjà mentionné l’urgence de mettre en place des sources d’énergie fiables pour faire face à l’afflux de véhicules tout électrique (voir le lien). Si le gouvernement français actuel, qui a promis de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim pour des raison électoralistes afin de calmer les écologistes et Corine Lepage, revenait sur cette décision stupide les deux réacteurs de cette usine permettraient de recharger quotidiennement et chaque année 420000 voitures électriques à un prix défiant toute concurrence alors que le parc automobile français compte au bas mot 35 millions de véhicules. Un goutte dans l’océan de tas de tôle qui transportent le plus souvent une seule personne ou quelques tonnes de marchandises. Développer des transports en commun non polluants, donc nécessairement électriques est la seule solution mais il faut aussi se pourvoir de sources d’énergie non polluantes et fiables à tout moment :

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J’ai souvent mentionné la ville de Tokyo sur ce blog. Les habitants de cette gigantesque ville de plus de 13 millions d’habitants, petite fraction d’une conurbation de plus de 38 millions de personnes autour de la baie du même nom, ne pourraient plus respirer s’il n’existait pas de transports en commun unique au monde de par sa densité et s’il n’existait pas de régulations drastiques sur l’usage des véhicules automobiles afin qu’ils soient le moins polluants possible.

Alors garder la centrale de Fessenheim opérationnelle pendant dix ans voire plus pour recharger des voitures électriques, n’est-ce pas une bonne idée conforme aux desseins de décarbonation imposés par les écologistes ?

Billet partiellement inspiré d’un article paru dans realclimatescience.com avec ses illustrations.

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/05/30/la-directive-europeenne-20-20-20-est-une-pure-utopie-la-preuve/

L’incroyable histoire du KI-67

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En 1983 des biologistes de l’Université de Kiel en Allemagne injectèrent à des souris des cellules humaines provenant de patients souffrant du lymphome d’Hogkin, une forme de leucémie, et aboutirent à la production d’un anticorps dit monoclonal dirigé contre un antigène dont ils ignoraient la nature. Il apparut par la suite que cet antigène appelé KI-67 du nom du 67e puits d’une plaque de culture en comportant 96 et KI pour Kiel, fut associé très rapidement à la prolifération cellulaire car on ne pouvait le retrouver qu’avec des cellules en cours de multiplication. Cet anticorps, tout naturellement fut utilisé par dépister la présence de cellules cancéreuses. Mais ce n’est que tout récemment que le rôle exact du KI-67 a été élucidé.

Revenons donc au noyau cellulaire des eucaryotes dont nous faisons partie : chacune de nos cellules possède un vrai noyau. Quand les cellules ne se divisent pas, malgré toutes les techniques d’observation mises en oeuvre, on ne sait pas trop comment les 46 chromosomes (2 fois 23) sont organisés et ce qui permet qu’ils puissent être accessibles à tout moment pour l’expression des gènes dont la cellule a besoin. C’est d’ailleurs ce dernier point qui a laissé penser que quand la cellule ne se divisait pas tout était apparemment désorganisé dans le noyau. Mais une telle interprétation n’expliquait pas comment une cellule de peau, plus précisément du derme, pouvait très rapidement réorganiser tous ses chromosomes pour entamer une division. La peau, où le KI-67 est parfaitement détectable puisqu’il s’agit d’un tissu en perpétuelle régénération, devait-elle être alors une exception ?

En utilisant plusieurs techniques de visualisation de manière séquentielle, plusieurs équipes de biologistes de par le monde, en Grande-Bretagne, au Japon et aux USA, ont en association avec les Laboratoires Wellcome élucidé le rôle du KI-67, une monstrueuse protéine de plus de 3000 résidus d’aminoacides qui entoure littéralement l’extérieur de chaque chromosome comme la peau d’un saucisson entoure la chair qui le constitue. En utilisant une modélisation moléculaire particulière et divers moyens de détection à l’aide d’anticorps couplés à des molécules fluorescentes il a pu être possible de montrer qu’en réalité, dans le noyau, tous les chromosomes étaient bien sagement rangés les uns à côté des autres. Outre les histones, intimement liées à l’ADN, et la chromatine, la protéine KI-67 représente plus du tiers de la masse totale protéique du noyau hormis le nucléole et si cette proportion (si on peut dire les choses ainsi) vient à diminuer la cellule devient alors incapable de se diviser.

Le résultat de ces travaux est tout à fait surprenant :

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La première image est une modélisation de l’arrangement des chromosomes dans le noyau avec une vue éclatée de cet arrangement. La barre horizontale représente 5 microns. Les flèches jaunes indiquent les trois chromosomes agrandis ci-dessous :

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Les 46 chromosomes occupent un volume de 176 micron-cube et au tout début de la division cellulaire cette protéine KI-67 sert en quelque sorte de lubrifiant pour que chaque chromosome se sépare des autres, une découverte inattendue qui constitue également une explication de l’accessibilité de la machinerie de l’ARN polymérase pour la synthèse des protéines dont la cellule a besoin. Ces travaux conduisent donc à revoir la perception que l’on avait jusqu’alors de l’organisation du noyau cellulaire, une perspective qui ouvre la voie à des investigations relatives à l’extrême complexité du vivant.

Source et illustrations : http://dx.doi.org/10.1016/j.molcel.2016.10.009