Histoire de violettes

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La violette (Viola odorata) était une fleur honorée par les dieux de l’Olympe et ils avaient parfaitement raison sans le savoir car cette plante au parfum délicat est aussi une source, comme des centaines d’autres plantes beaucoup moins odorantes, d’un petite protéine unique en son genre qui fait l’objet de toutes les attentions. Il s’agit d’un peptide de la famille des cyclotides, c’est-à-dire cyclique, dont la structure est fermement renforcée par la présence de trois ponts soufre-soufre. Quand vous mangez des courges ou des lentilles vous ignorez que vous ingérez ce genre de produit aux propriétés uniques. D’une part les cyclotides sont indigestes, ils persistent donc dans l’intestin et peuvent éventuellement se retrouver dans le sang, et d’autre part ils présentent des propriétés biologiques remarquables.

Pour remonter brièvement dans l’histoire de la découverte de ces substances il faut remonter aux années 1960 lorsqu’une mission de la Croix-Rouge au Congo remarqua que les femmes sur le point d’accoucher buvaient une tisane préparée à partir d’une plante médicinale (Oldenlandia affinis) facilitant le travail en provoquant des contractions de l’utérus. Il fallut plus de 25 années pour élucider la structure de la substance active qui se révéla être de la kalata B1, du nom traditionnel de cette plante médicinale qu’on retrouve justement dans la violette et dont je vous livre la structure (www.cybase.org.au) :

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La kalata B1 est stable à 100 °C, résiste aux enzymes de la digestion, présente des propriétés antibactériennes, insecticides, nématicides et même antivirales contre le HIV en particulier. On peut donc presque dire que c’est un don des dieux et parmi les 532 cyclotides actuellement référencés, en cherchant bien et en y apportant quelques petites modifications on pourra trouver des applications thérapeutiques qu’on ne soupçonne même pas aujourd’hui.

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La Clitoria terneata, une plante de la famille des fabacées dont le nom scientifique rappelle un organe féminin bien connu, utilisée en médecine ayurvédique pour diverses pathologies, est particulièrement riche en cyclotide et une équipe de biologistes de l’Université de Vienne en Autriche a montré que la kalata B1 présentait des propriétés stabilisantes pour la sclérose en plaques avec un modèle de souris génétiquement modifiées développant cette maladie invalidante et mortelle pour laquelle il n’existe aucun traitement.

La sclérose en plaque est une maladie auto-immune qui détruit progressivement les terminaisons neuronales. Les lymphocytes T sont les principaux responsables du développement de la maladie. À la suite d’une observation montrant que la kalata B1 inhibait la prolifération des lymphocytes T en interférant avec la régulation de l’interleukine-2 sur ces derniers, en toute logique on pouvait s’attendre à un effet bénéfique sur ces souris modèles. C’est ce qui a été effectivement montré en administrant par voie orale la kalata B1 à ces souris modèles en suivant le développement de la maladie au cours du temps. De plus l’apparition des premiers symptômes a été notablement retardée par un traitement préventif à l’aide de kalata B1.

Par synthèse chimique totale mise au point par cette même équipe de biologistes, il a pu être montré également que des modifications ponctuelles de la séquence d’amino-acides de la kalata B1 avaient de profonds effets sur l’activité d’immunosuppression. La mise au point de méthodes de synthèse totale des cyclotides et l’immense diversité de ces derniers ouvrent un large éventail d’investigations pharmacologiques et cliniques dans de nombreux domaines thérapeutiques.

Source : http://www.pnas.org/cgi/contents/short/1519960113 en accès libre

Où la religion se mêle des OGMs

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Quand un agresseur n’a plus d’ennemis il en invente un nouveau. Mes lecteurs pourraient croire que je vais me lancer dans une énième diatribe au fort relent d’anti-américanisme primaire à propos de la politique belliqueuse des USA qui n’a cessé depuis la fin de la dernière guerre mondiale. Pas du tout mais il s’agit néanmoins des USA où la guerre pour l’étiquetage des produits alimentaires est finalement arrivée à son terme. Ce sont donc des ONGs et des groupuscules « représentatifs » des consommateurs qui ont gagné contre les grandes firmes de l’agrochimie et de l’alimentation. L’étiquetage des aliments est devenu obligatoire pour indiquer si oui (ou non, ou un peu tout de même) les aliments proposés aux consommateurs n’étaient pas pollués par des dérivés provenant de plantes transgéniques. Le débat a été initié par le minuscule Etat du Vermont qui a fait passer une proposition il y a déjà maintenant 2 ans obligeant les distributeurs à spécifier le plus clairement possible la présence de produits issus de cultures génétiquement modifiées dans les produits présents sur les linéaires des super- et micro-marchés comme on en trouve dans n’importe quelle petite ville américaine, on dirait en Europe l’épicerie du coin.

Cette décision qui a été reprise par plusieurs autres Etats américains et entérinée finalement par la Cour Suprême à la suite de démêlés judiciaires à rebondissements presque rocambolesques a conduit divers industriels de la bonne et de la moins bonne bouffe à se résigner à l’étiquetage des produits alimentaires. Des firmes comme Campbell, General Mills ou encore Mars Food et Kellogg se sont donc pliées au diktat organisé par des ONGs du genre « Paix verte » au risque de se voir trainer dans la boue, leur image de marque écornée et leur marché s’effondrer. La Cour Suprême, à n’en pas douter, a subi des pressions du même genre pour finalement rendre son verdict : il faut étiqueter les aliments.

Depuis que les plantes génétiquement modifiées existent et sont cultivées il n’y a jamais eu le moindre cas de nuisance pour la santé humaine ou animale qui ait pu être honnêtement lié à la présence de gènes étrangers dans ces dernières. Un maïs transgénique résistant au glyphosate ou exprimant la toxine Bt est biochimiquement indiscernable d’un maïs non modifié si on se penche sur la plante entière ou ses graines. Les produits dérivés comme l’amidon, les tourteaux ou les sucres sont également chimiquement identiques à ceux obtenus avec un maïs non modifié. Il en est de même pour toute autre plante transgénique à vocation alimentaire animale ou humaine. Seules échappent à cette règle les plantes destinées à produire une protéine spécifique à usage médical ou pharmaceutique, une approche infiniment plus économique que la même production à l’aide de bactéries ou de levures également génétiquement modifiées.

Le débat américain qui va apparaître en Europe à n’en point douter s’est focalisé sur la présence de gènes en provenance d’animaux hétérologues comme dans les cas des saumons AquaBounty qui surproduisent leur propre hormone de croissance contrôlée par un gène signal provenant d’anguilles. Là où le bât blesse est justement la présence de ce gène. Le saumon AquaBounty a été approuvé « bon pour le service » en novembre dernier par la toute puissante FDA qui n’est fort heureusement pas (pour combien de temps encore ?) inféodée aux ONGs genre « Paix verte ». Le cas de ce saumon est emblématique car il a fait l’objet d’une vigoureuse campagne de dénigrement orchestrée par les associations ultra-orthodoxes juives : l’anguille n’est pas un poisson kosher ! Comme si la présence d’un gène en provenance d’un poisson considéré comme impur par une religion et qui n’exprime même pas de protéine puisqu’il s’agit d’un « opérateur d’expression » pouvait être répréhensible en vertu de lois coutumières issues d’élucubrations de dignitaires théologiens ultra-religieux totalement déconnectés de la réalité scientifique moderne. Le combat contre les OGMs en général, et l’affaire du saumon AquaBounty en est un élément révélateur, est maintenant entré dans le plus total obscurantisme qui mêle la religion à la science.

L’argument des milieux religieux, et pas seulement des juifs, est que les organismes génétiquement modifiés violent les lois de la nature et donc abusent du grand dessein de la Création divine ! La nature est « sainte » et toute modification d’origine humaine est hasardeuse et dangereuse pour la santé de l’homme (et des animaux et des plantes) et il s’agit d’une sorte de sacrilège dont il faudra rendre compte un jour. Il est intéressant à ce niveau d’extravagance de remarquer que la définition même de « modification génétique » prête à confusion tant au niveau d’une plante entière que des produits qui en sont dérivés. Où se situe la manipulation contre nature ? Les revendications de l’Etat du Vermont n’ont jamais spécifié clairement que les produits issus des plantes transgéniques devaient être marqués comme « transgéniques » ni également que les produits alimentaires ayant subi des traitements à l’aide d’enzymes produits par des bactéries ou des levures génétiquement modifiés entraient dans cette catégorie. Il y a donc comme une faille dans cette démarche pseudo-scientifique … mais quand la religion s’en mêle, on ne peut que constater qu’inévitablement l’opinion publique suit aveuglément sans se poser d’autres questions. Puisque les théologiens en ont décidé ainsi c’est donc vrai, il faut les croire, les OGMs ne sont pas bons pour la santé et les horribles manipulations des apprentis sorciers sans foi ni loi qui ont abouti à ces monstres que jamais le Créateur n’avait envisagé dans son grand dessein harmonieux sont tout simplement nocives.

On est devant la même attitude anti-scientifique adopté par les mêmes organisations non gouvernementales à propos de l’effet néfaste de l’activité humaine sur l’évolution du climat. On est foutu on mange trop d’OGMs, on est foutu on émet trop de CO2, on est foutu on ne respecte pas la nature … Les dieux vont se venger !

Billet inspiré d’un article paru dans Slate.com

Les levures : les meilleurs amies de l’homme !

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Le premier organisme vivant domestiqué et utilisé par l’homme est la levure probablement depuis des temps immémoriaux, c’est-à-dire quand l’homme s’est aperçu que manger des fruits fermentés naturellement puis intentionnellement lui procurait une certaine euphorie. Ce comportement n’était pas réellement le propre de l’homme puisque ses cousins les singes avaient également découvert l’effet « bénéfique » de ce liquide résultant de la croissance des levures dans les fruits. Il fallut naturellement attendre la fin du XIXe siècle pour que la levure soit identifiée, celle qui est utilisée pour préparer du pain, de la bière ou du vin. Cet ami de l’homme est aussi indispensable dans l’élaboration de deux autres aliments tout aussi appréciés que les boissons alcoolisées, le chocolat et le café.

Cette intervention des levures dans l’élicitation du goût du chocolat ou encore du café est peu connue mais il s’agit bien du même microorganisme la levure de bière joliment appelée Saccharomyces cerevisiae, la levure qui aime le sucre – saccharose – et permet de préparer la cervoise, en d’autres termes la bière ou l’hydromel et enfin le vin. Comme il s’agit d’une créature se reproduisant par bourgeonnement et proche des champignons la levure est aussi capable de fabriquer des spores qui comme ceux de n’importe quel champignon sont très facilement disséminés dans la nature. C’est l’une des raisons pour lesquelles la levure communément utilisée pour la vinification est génétiquement très semblable quelles que soient les régions ou pays du monde producteurs de vins. C’est l’homme qui a disséminé cette levure en transportant le vin dans des amphores puis des tonneaux de chêne. On retrouve par exemple la même levure, à l’identique, dans de nombreux pays producteurs de vin que celle retrouvée en France, en Espagne ou en Italie car elle a été transportée par les tonneaux de chêne ou précédemment les amphores. Il y a de ce fait très peu de diversité génétique pour ce qui concerne la levure utilisée pour la vinification.

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Mais qu’en est-il du chocolat et du café ?

Une étude pilotée par le Centre des Sciences du Génome de l’Université de Washington à Seattle a répondu à cette question. Il est intéressant de rappeler que les graines de cacao doivent être soumises à un processus de fermentation impliquant essentiellement des levures mais aussi des bactéries lactiques et acétiques qui digèrent la pulpe de la graine composée de pectines. Ce processus initialement naturel mais aujourd’hui soigneusement contrôlé fait ressortir l’arôme et le goût caractéristiques du chocolat. Je défie quiconque de mâcher à l’aveugle une graine de cacao fraiche qui ressemble à peu près à une fève et de retrouver le goût du cacao. Le processus de fermentation est nécessaire pour d’une part que la graine, ou ce va en rester, brunisse et qu’elle devienne goûteuse, une saveur presque âpre si on n’y ajoute pas du sucre. Le processus de fermentation dure plusieurs jours et conduit à une espèce de pâte brune qui sera ensuite utilisée pour façonner des blocs de cacao ou de la poudre après séchage et broyage de ce qui reste des graines.

Pour ce qui concerne le café, le processus de fermentation est légèrement différent dans la mesure où les graines sont abandonnées pendant deux à trois jours dans l’eau ou jusqu’à 25 jours en milieu semi-humide afin que le processus faisant encore appel aux levures débarrasse ces graines de leur enveloppe et que des réactions biochimiques complexes aient lieu pour éliciter l’arôme du café. Ce traitement est à rapprocher de la digestion par les civettes des graines de café (voir le lien sur ce blog) mais il fait intervenir essentiellement des levures du même type que la levure de boulangerie ou de bière.

Les travaux publiés dans la revue Current Biology ont mis en évidence une diversité génétique importante des levures utilisées pour la fermentation des graines de cacao ou de café selon les régions du monde productrices de ces dernières. Soixante-dix-huit souches de levures utilisées pour la fermentation des graines de cacao ainsi que 67 souches utilisées pour les graines de café ont été étudiées en provenance de 27 pays producteurs. Les levures associées avec les grains de café ont été isolées et caractérisées à partir de grains non torréfiés qui avaient conservé des spores des levures utilisées lors des processus de fermentation. Les illustrations ci-dessous qui sont une sorte de résumé des travaux dirigés par le Docteur Aimée Dudley montrent la diversité génétique des divers échantillons étudiés. Ces représentations sont une image de la « distance » génétique entre ces diverses souches déduite des analyses d’ADN calculée selon des protocoles pondérant l’incidence des phénotypes résultant d’une seule mutation (SNPs). Il est évident que toutes les levures utilisées pour la vinification sont très proches génétiquement alors que les souches utilisées tant pour le cacao que pour le café présentent une variabilité très large.

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Les même représentations pour le café (C) et le cacao (D) sont également très parlantes, si l’on peut utiliser un tel terme. Il faut en effet rappeler ici que le cacao est une plante originaire des bassins de l’Orénoque et de l’Amazone alors que le café est originaire d’Ethiopie. Le cacao a été répandu dans le monde après qu’Hernan Cortes l’ait fait connaître à l’Europe en 1530 alors que le café fut disséminé par les marchands arabes au VIe siècle et ne fut introduit en Europe qu’au XVIIe siècle puis acclimaté dans divers pays du monde comme le cacao. Cette étude génétique montre clairement que cette diversité des ADNs des levures résulte de mélanges largement favorisés par l’activité humaine.

Pour conclure, ces travaux montrent que les niches génétiques régionales ont été façonnées au cours des siècles par les mouvements de marchandises sans toutefois avoir une influence significative sur les particularismes locaux. Et si on vinifiait un pinot noir avec des levures utilisées en Papouasie-Nouvelle Guinée pour fermenter le cacao, quel serait le résultat improbable …

Source : http://dx.doi.org/10.1016/j.cub.2016.02.012

https://jacqueshenry.wordpress.com/2016/01/25/du-kopi-luwak-dans-votre-tasse-ce-nest-plus-un-luxe-inaccessible/

Dans le pays des obèses le sucre est roi !

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Une étude parue dans le British Medical Journal au début de ce mois de mars est révélatrice des habitudes alimentaires de facilité des Américains. Les deux tiers de la population nord-américaine sont en surpoids ou pathologiquement obèses. Cette épidémie qui se répand au Mexique, deuxième pays au monde en terme de surpoids de la population après les USA et atteint certains pays européens comme l’Espagne et la Grande-Bretagne ou encore le Brésil et l’Australie. Cette étude (voir le lien en accès libre) a pris en compte les habitudes alimentaires de 9300 Américains représentatifs de la population générale. Elle a révélé que 58 % des 2079 calories quotidiennement ingérées en moyenne par les Américains provenaient des sucres contenus dans les aliments ultra-industriels, un terme qui classe des milliers d’aliments sous emballage comme les pains industriels, les céréales, les biscuits apéritifs salés, les sodas … en passant par les barres chocolatées et autres amuse-gueule variés. Tous ces aliments de confort ou de facilité contiennent des additifs de texture, des émulsifiants, des colorants et des arômes artificiels, des conservateurs, des sucres enrichis en fructose, des constituants qu’on ne trouve pas dans l’alimentation naturelle fraiche.

Les autres 30 % de calories proviennent des légumes et du lait, 9 % des aliments peu transformés industriellement comme le jambon et le fromage et les 3 % restant du sucre de table. Cette étude fait état globalement d’une suralimentation déséquilibrée aux propriétés nourrissantes dégradées provoquant outre le surpoids et l’obésité, l’apparition de diabète, de maladies cardiovasculaires, de cancers, entre autres pathologies liées au surpoids. Les recommandations de l’Office fédéral de la prévention des maladies restent lettre morte, en particulier auprès des industriels de l’alimentation car les sucres ajoutés sont parfois cachés et leur présence n’est pas mentionnée dans les aliments ultra-industriels. Qui pourrait croire que les hamburgers contiennent du sirop de maïs enrichi en fructose ?

Dans l’esprit des consommateurs les jus de fruit supposés être 100 pour 100 issus de fruits pressés contiennent non seulement des substances chimiques qui les protègent des processus naturels d’oxydation mais ils ont été agrémentés de quantités substantielles de sucre. Une ration de 25 centilitres d’un jus d’orange quelconque contient l’équivalent de trois cuillères à café de sucre surajouté à celui naturellement présent dans le fruit pressé. L’Académie américaine de pédiatrie a lançé une alerte à ce sujet concernant les enfants afin que les parents limitent la consommation de jus de fruit commerciaux et conditionnés pour leurs enfants. Cette alerte est restée lettre morte en raison de la pression considérable exercée par le lobby des boissons à base de fruits sur les législateurs. Laisser les enfants prendre l’habitude de boire des jus de fruits auxquels des quantités presque extravagantes de sucre ont été ajoutées pour favoriser leur conservation est presque criminel car cette habitude favorise par la suite l’apparition d’obésité morbide !

L’alimentation industrielle répond à une tendance à la facilité, une attitude qui conduit imperceptiblement des peuples entiers vers un état de santé dégradé. Certains gouvernements ont décidé de taxer les sodas outrageusement sucrés, pourquoi alors ne pas également taxer les produits alimentaires traités industriellement et riches en sucres, en sel et en acides gras partiellement hydrogénés comme on a taxé les cigarettes en raison de leur dangerosité pour la santé ?

Source : bmjopen.bmj.com/content/6/3/e009892

Après les oliviers, c’est au tour des frênes

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On en parle peu car après tout les frênes, en dehors de la confection de manches de pioche pour la future révolution, n’ont pas vraiment d’intérêt économique contrairement aux oliviers. Les ormes ont subi un sort funeste dans les années 70 et ont disparu du paysage forestier. Les frênes vont-ils subir la même destinée ? C’est la question que les spécialistes de l’environnement se posent très sérieusement. En effet les frênes subissent l’attaque de deux ravageurs, un coléoptère et un champignon. Depuis le début des années 2000 des millions de frênes sont morts à cause de ce scarabée originaire d’Asie après que sa présence ait été détectée en Amérique du Nord. Sa présence a été signalée dans la région de Moscou en 2003 et sa progression a été spectaculaire dans l’Europe entière puisqu’il arrive maintenant dans le nord de l’Allemagne.

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La larve de cet insecte (Agrilus planipennis) ravage l’écorce des branches de l’arbre qui finit par mourir. Le scarabée en lui-même n’est pas trop dangereux pour l’arbre, quelques feuilles lui suffisent chaque jour mais les larves annihilent le transport de la sève et les branches meurent les unes après les autres. Ci-dessous l’aire de répartition des frênes en Europe.

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Une autre plaie s’abat sur les frênes et elle est tout aussi mortelle. Il s’agit d’un champignon ascomycète appelé Hymenoscyphus fraxineus. Il s’agit d’une sorte de mutant d’un autre champignon qui n’était pas considéré comme fatal pour la végétation et déjà décrit au milieu du XIXe siècle. Cette nouvelle sous-variété d’ascomycète comporte en effet deux cycles de vie, une forme végétative constituée d’un mycélium qui attaque l’écorce des branches et une forme sexuée qui produit des spores aisément transportés par le vent. C’est la raison pour laquelle la progression de la maladie des frênes a été spectaculaire. Il semble que cette forme mutée soit apparue en Pologne où elle fut décrite pour la première fois en 1992. Aujourd’hui les frênes de l’Europe entière, y compris ceux des Iles Britanniques, sont infectés (voir le lien sur ce blog) et l’arrivée prévue du scarabée dont la progression est impossible à enrayer terminera le travail des ascomycètes. Des forêts européennes entières pourraient être défigurées à court terme …

Source : The Guardian, illustrations The Guardian, Wikipedia et onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/1365-2745.12566/full

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/11/02/quand-les-eoliennes-remplacent-les-arbres/

La nature de l’âme et Marc-Aurèle

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Au lendemain de la fête juive Purim et en ce vendredi (saint) célébré par les chrétiens je laisse à mes lecteurs tout le loisir d’apprécier la teneur de cette pensée de Marc-Aurèle, Empereur romain et philosophe à ses heures (121 – 180 après JC).

« Si les âmes survivent, comment depuis l’éternité l’atmosphère peut-elle les contenir ? Et comment la terre peut-elle contenir les corps qu’on y ensevelit depuis si longtemps ? De même qu’ici-bas la transformation et la décomposition des corps, après un certain temps, fait de la place aux autres, de même les âmes lâchées dans l’atmosphère, au bout d’un moment, se transforment, se répandent et s’embrassent dans l’universelle raison génératrice et ainsi reprises, font de la place aux suivantes. Voilà ce qu’on pourrait répondre dans l’hypothèse de la survivance des âmes. Et pour les corps, il ne faut pas seulement compter ceux que l’on enterre mais aussi les animaux que nous et les autres espèces mangeons chaque jour. En effet, bon nombre d’êtres vivants sont consommés et pour ainsi dire ensevelis dans les corps de ceux qui s’en nourrissent ; et cependant, par transformation en sang, en air ou en feu, ils sont assimilés. Quelle est la voie de la vérité sur ce point ? C’est la distinction entre la matière et la cause formelle.« 

À l’évidence Marc-Aurèle ne croyait pas en l’existence de l’âme, un dogme déjà formulé par les Anciens et repris pour sa propre cause prosélyte par l’Eglise Chrétienne alors balbutiante comme elle adapta la plupart des festivités païennes dans le même courant idéologique. De même Marc-Aurèle ne croyait pas à la résurrection de la chair, un autre dogme de l’Eglise Chrétienne car, comme il le dit avec limpidité et élégance, les corps sont recyclés et par conséquent, dès leur passage de l’état de vie à l’état de mort, ils sont indifférenciés en matière élémentaire, le fameux « rien ne se crée, rien ne se perd » de Lavoisier, cité de mémoire. La suite de cette histoire de la mise en place de la religion chrétienne que vécut Marc-Aurèle, bien avant l’apparition de l’Islam qui procéda des mêmes tactiques rhétoriques, est d’abord l’invention invraisemblable d’un dieu en trois états, mais vraisemblable pour capter les esprits crédules encore habitués aux dieux païens. En effet puisqu’il était devenu impératif de convertir des polythéistes à une pratique religieuse ne faisant mention que d’un seul dieu, quel merveilleux subterfuge que la trinité ! Il fallait y penser en effet … Imaginer un dieu au centre de tout l’univers non pas une unique personne mais une sorte d’être hybride tridimensionnel ne pouvait que fasciner les croyants car il s’agissait d’une sorte de magie mais en réalité un montage idéologique grossier pour ensuite faire avaler n’importe quoi à ces êtres soumis indéfectiblement à l’autorité religieuse tels des grenouilles décérébrées. Ne parlons même pas des fadaises grotesques comme la transsubstantiation (le vin changé en sang et le pain en chair) ou la virginité de Marie, un autre dogme qui apparut plus tard.

On en revient donc à l’âme et c’est là que l’Eglise a fait très fort en exploitant pendant des siècles l’imbécillité des croyants parfois convertis de force à cette religion perverse. Il s’est agi de répandre la peur du châtiment éternel, de l’enfer, de la damnation de l’âme, de la résurrection promise seulement aux fidèles et non aux pécheurs. L’église chrétienne n’a eu de cesse de codifier la vie des croyants tout en leur prélevant au passage de lourdes taxes pour le salut de leur âme. Toute cette idéologie est parfaitement cohérente, car la religion chrétienne (et les religions quelles qu’elles soient) est la résultante d’une machination dont la finalité est l’exploitation des croyants. Et selon ses principes de prosélytisme tous les excès ont été autorisés sinon encouragés pendant des siècles depuis l’extermination de peuples entiers, les pillages de grande envergure, les viols, les destructions, les tribunaux, les tortures, les bains de sang … pour le salut des âmes.

Pendant des siècles il a fallu entretenir la peur, la peur de l’enfer promis aux âmes des pécheurs, des fautifs, de ceux qui ne suivaient pas les enseignements de l’église, car cette peur a permis à l’Eglise de Rome de rançonner les croyants et d’amasser des richesses invraisemblables entassées dans les caves du Vatican. Cette pratique a été reprise par les Mormons : chaque « croyant » de Joseph Smith doit laisser un mois de salaire par an à l’église mormon pour le salut de son âme. Il suffit de rouler sur Santa Monica Boulevard à West Los Angeles pour constater l’opulence de cette église d’un nouveau genre qui n’a fait que reprendre les principes économiques et bassement mercantiles de l’église chrétienne qui furent organisés dès les premiers siècles.

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Qu’en est-il aujourd’hui ? En deux ou trois mille ans le cerveau pourtant très malléable de l’homme n’a pas vraiment évolué et il est toujours aussi perméable à toutes sortes de prosélytismes et le dernier en date est le changement climatique. Il s’agit d’une nouvelle sorte de religion très bien organisée dont le but initial est de culpabiliser les populations crédules qui ignorent qu’elles sont manipulées par un pouvoir caché aux mains de quelques centaines de grandes multinationales pour lesquelles il n’a fallu qu’un clignotement de paupières pour comprendre qu’il y avait très, très gros à gagner avec cette peur nouvelle du changement climatique, la nouvelle peur millénaire parfaitement orchestrée par ces obscures puissances financières, exploitant les délires des marginaux des années 1970.

Tout a commencé avec la peur des essais nucléaires atmosphériques puis l’invention de l’effet néfaste des CFCs sur la couche d’ozone, ce fameux trou dont personne ne soupçonnait l’existence avant que des satellites en décèlent la présence. Ce fut la première campagne de désinformation de grande envergure de la NASA qui servit les intérêts d’une grande multinationale, la Dow Chemical Co, qui avait justement, comme par hasard, un substitut aux CFCs pour sauver l’humanité de ces vilains rayons UV dévastateurs.

Puis ce furent des accumulations de délires orchestrés par les organisations étatiques américaines dont encore la NASA avec les affirmations mensongères de James Hansen, pendant des années spécialiste de l’atmosphère de la planète Vénus, qui transposa en un modèle erroné ses observations vers l’atmosphère de la Terre. Curieusement, ce scientifique sembla ignorer l’effet de la gravité sur l’atmosphère d’une planète, qu’il s’agisse de Vénus ou de la Terre. Compte tenu de l’aura dont était entouré James Hansen, il n’en fallut pas plus pour construire un nouveau schéma de peur millénaire, le réchauffement climatique combiné à la théorie de l’effet de serre des gaz émis par l’activité humaine.

Cette nouvelle religion est née au tournant de ces années 70 et elle perdure aujourd’hui, elle est devenue institutionnelle, comme le devint la religion chrétienne durant le règne de Marc-Aurèle. Il fallait en effet que les institutions en place du temps de cet empereur se plient à la propagande de cette nouvelle religion comme aujourd’hui les gouvernements, les institutions internationales et les grandes corporations ont vendu leur âme à la cause du changement climatique. Marc-Aurèle, philosophe et fondamentalement polythéiste, en d’autres termes réfractaire à toutes sortes d’opinions transcendantales imposées, s’avoua finalement vaincu par la religion chrétienne car il reconnut à la fin de sa vie qu’il avait lui aussi peur de la mort et de l’au-delà.

On aurait pu espérer que les progrès scientifiques et techniques comme par exemple le décryptage du fonctionnement du monde vivant introduiraient une certaine dose de rationalisme dans le cerveau des humains. Il n’en est rien, le cerveau humain, malgré sa complexité, n’a pas suivi l’évolution rapide des sciences et il reste perméable à l’irrationnel et aux faux prophètes (il n’y a pas de « vrais » prophètes non plus). La nouvelle peur climatique, irrationnelle et entièrement adossée à de la fausse science, procède des mêmes techniques idéologiques développées par les religions pour assoir leur pouvoir temporel. Pendant des siècles l’Eglise chrétienne fut un système totalitaire basé sur la peur avec une symbolique représentée par la croix, originellement un instrument de supplice ! L’Eglise de Scientologie Climatique a exploité les même vieilles recettes de la religion : la peur, la culpabilisation et le supplice de l’enfer promis à l’humanité toute entière si elle ne rachète pas ses fautes en limitant sa consommation d’énergie et en réduisant sa natalité. Le XXIe siècle a bien mal commencé en plongeant tête baissée et les yeux fermés dans un obscurantisme détestable. Peut-être bien que Marc-Aurèle, philosophe stoïcien austère, y retrouverait quelques-uns de ses principes …