Nouvelles du Japon : les fromages français

Capture d’écran 2018-10-19 à 19.19.11.png

Dans le sous-sol du grand centre commercial situé au dessus de la gare ferroviaire qu’utilise mon fils chaque jour se trouve une fromagerie française filiale d’un magasin qui se trouve rue de Richelieu à Paris. On n’y trouve pas que des fromages français mais parmi ceux-ci on peut noter du Mont-d’Or ou encore de l’Epoisse dans le même genre et aussi du comté, de la fourme, du Brie et un assortiment de fromages de chêvre cotoyant du St-Félicien. Tout près de cette fromagerie prône une boulangerie française qui remporte un franc succès auprès des Japonais. On y trouve à peu près tout ce qu’un Parisien a l’habitude d’acheter dans sa boulangerie de quartier mais surtout des baguettes dont la qualité, à mon humble avis, dépasse celle de la baguette parisienne. Le maître boulanger a séjourné près d’un an en France pour apprendre à faire le pain et d’autres produits hors pâtisserie, les amateurs pouvant toujours aller s’approvisionner chez Dalloyau à l’étage au dessus. À noter que les fours utilisés dans cette boulangerie sont fabriqués en France et la farine, qui provenait de France il y a une dizaine d’années, est maintenant produite à Hokkaido à partir de blé tendre.

Capture d’écran 2018-10-19 à 22.57.33.png

Le sieur Kazuhiko Ochiai, agronome de son état, visita la France il y a une trentaine d’années et il découvrit avec ravissement les fromages de ce pays et leurs variétés que d’aucuns pourraient qualifier d’infinies tant il y a de fromages différents les uns des autres. Aujourd’hui Kazu-san, âgé de 74 ans, est installé dans des montagnes au nord de Tokyo et il gère « sa » fromagerie d’où sortent 5 types de fromages pour un chiffre d’affaire annuel de 20 millions de yens, l’équivalent de 150000 euros. Mais il y a un problème de taille. Le Japon a signé un accord commercial il y a quelques mois avec l’Union Européenne, le JEFTA (Japan-EU free trade agreement), qui prévoit la suppression progressive des droits de douane sur un grand nombre de produits dont les fromages. Pour ces derniers elle est actuellement de 29,8 %. Le JEFTA est un accord « lourd » car il concerne près du tiers du PIB mondial et plus de 600 millions d’habitants. Et c’est d’autant plus inquiétant pour des petits artisans comme Kazu-san qu’ils devront faire face à la rude concurrence des producteurs industriels français même si les Japonais consomment 10 fois moins de fromage que les Français (27 kg par an) ou les Allemands (24,7 kg) ou encore les Danois (28 kg). Sur l’île d’Hokkaido des fromagers produisent déjà un excellent camembert mais ils devront aussi faire face à la concurrence française.

Ce dimanche mon fils va recevoir quelques amis et l’un des mets de plus en plus prisé à la fin du repas est un plat de fromages qu’il constituera à grands frais.

Inspiré d’un billet de l’AFP, illustrations AFP

Le dernier message du physicien Stephen Hawking.

Capture d’écran 2018-10-17 à 11.19.29.png

Avant de mourir il y a 7 mois Hawking laissa quelques articles et essais qui, après avoir été rassemblés, seront publiés dans quelques jours. L’un d’eux concerne la biologie moléculaire moderne qui permet toutes sortes de manipulations de l’ADN. Selon Hawking avant la fin du XXIe siècle la science aura atteint un degré de précision de l’ADN tel qu’il sera possible pour une personne en bonne santé de choisir d’éditer ses propres gènes et ceux de ses enfants afin d’obtenir des super-humains avec une mémoire améliorée, une résistance aux maladies, une intelligence supérieure et une espérance de vie dépassant allègrement les 120 ans.

Certes, les régulateurs édicteront des lois précises mais cette évolution sera inévitable, allant jusqu’à une modification des instincts comme par exemple réduire les agressivités de tous types.

Pour Hawking dès l’instant où un groupe de super-humains se sera constitué – il faudra probablement deux ou trois générations – il apparaîtra de sérieux problèmes politiques en ce qui concerne les êtres humains « non améliorés » qui seront devenus incapables d’une quelconque compétition avec ces super-humains. Le processus de domination de ces super-humains ne pourra alors que s’accélérer, les « sous-hommes » étant progressivement éliminés exactement comme toute compétition au sein d’un écosystème. Hawking se référait aux techniques d’édition telles que le CRISPR, une technologie qui date de seulement six ans et qui révolutionne déjà des pans entiers de la biologie en introduisant de manière très spécifiques de nouveaux gènes dans un organisme vivant, ou en éliminant des gènes défectueux ou encore en modifiant la régulation de l’expression de certains gènes. Des nouveaux médicaments obtenus par édition de gènes à l’aide de cet outil sont déjà utilisés pour traiter certaines maladies.

Capture d’écran 2018-10-17 à 11.20.10.png

Certains scientifiques considèrent que ce genre d’évolution est séduisant, si elle est acceptée par les régulateurs de la bioéthique, mais cette prédiction d’Hawking me laisse pour ma part terrifié. Fort heureusement je serai mort depuis longtemps quand l’humanité aura réculé ainsi les limites de l’acceptable.

Inspiré d’un article paru sur le site Zerohedge

Billet d’humeur politique : l’affaire Jamal Khashoggi

Capture d’écran 2018-10-18 à 19.37.07.png

Ce ne pourrait être qu’un fait divers, un assassinat fomenté par des barbouzes et commandité par un gouvernement étranger pour se débarrasser d’un opposant. Pour la France l’assassinat de Ben Barka, crime commandité par les services du Roi du Maroc, en est un exemple et il serait décent que le gouvernement français ne se mêle pas de ce qui s’est passé le 2 octobre dernier à Istanbul. L’horreur même du crime perpétré au Consulat d’Arabie saoudite qui est remontée jusqu’au gouvernement d’Ankara a quelque peu énervé les chancelleries puis les gouvernements occidentaux, mais pas tous comme on a pu le déplorer dans les chaumières. Une balle en plein coeur c’est une chose mais la profusion de détails fournis par le gouvernement turc ne peut que glacer d’horreur. Tabassage puis section systématique des doigts des mains les uns après les autres, puis des avant-bras très minutieusement alors que le journaliste du Washington Post était encore vivant est digne non plus seulement d’un film d’horreur façon Brian de Palma ou John Carpenter mais constitue un véritable documentaire des pratiques moyenâgeuses qui font partie du quotidien du Royaume saoudien. Probablement en partie vidé de son sang l’homme a finalement été décapité avec un sabre. Le gouvernement britannique n’a pas vraiment protesté, du moins mollement. La Maison-Blanche a considéré – ironie qui n’a convaincu personne – que cet acte de barbarie était le fait d’individus irresponsables ayant agi pour leur propre compte.

On ne peut que constater que les USA et la G-B ont pris des gants avec l’Arabie saoudite et c’est proprement écoeurant mais il y a des faits qui expliquent leur attitude. Bien que l’Arabie saoudite soit un royaume totalement anti-démocratique les Américains et les Anglais sont des alliés indéfectibles de ce pays alors qu’il finance le terrorisme salafiste partout dans le monde et qu’il devrait être considéré comme un ennemi par Washington. Vous n’y pensez pas ! Ce pays est le premier producteur de pétrole du monde à quelques barils près. Pour la Grande-Bretagne et les USA, l’Arabie saoudite est leur premier client pour leurs entreprises d’armement. Il est préférable qu’ils soient faux-culs et ne dénoncent pas trop ouvertement les pratiques impardonnables de la dynastie Saoud. De plus ce pays richissime est en train de détruire systématiquement le Yémen en massacrant des enfants et des civils innocents, en bombardant des hôpitaux, des écoles, des autobus scolaires bondés d’enfants innocents, des entrepôts de nourriture, des centrales électriques, des usines de traitement d’eau, bref en précipitant dans une misère et une famine terribles plus de 13 millions de personnes. Ces deux coquins – je veux dire les USA et la Grande-Bretagne – ne disent pas un mot sur ce qui se passe au Yémen car c’est bon pour leurs ventes d’armes et leur assistance militaire sur place grassement rémunérée !

D’abord en ce qui concerne le Yémen on ne peut que constater que ces deux alliés indéfectibles, les USA et la Grande-Bretagne, n’ont pas changé d’un iota leur comportement depuis maintenant 75 ans. Durant la seconde guerre mondiale la tactique anglaise était, avec l’aide des Américains, de raser des villes allemandes entières qui n’étaient même pas des cibles stratégiques, peu importe le nombre de morts, surtout des civils. Quant aux Américains durant leur guerre contre le Japon, la tactique de l’armée américaine était de ne pas faire de prisonniers c’est-à-dire de massacrer tout le monde, les militaires et leurs familles qui vivaient dans les îles qu’ils se sont ensuite approprié comme celles de l’archipel des Mariannes mais aussi avec le bombardement systématique de Tokyo pendant plusieurs semaines qui détruisit une grande partie de la ville massacrant au passage des centaines de milliers de personnes.

Quant au pétrole si les Saoudiens trouvent qu’on les titille un peu trop ils menaceront de fermer les vannes, un moyen de chantage dont personne ne détient la solution de rechange : certainement pas l’Iran ni la Russie puisque ces deux « puissances » pétrolières sont sous le coup de sanctions décrétées unilatéralement par Washington et approuvées tout de suite par Londres : on retrouve ces deux coquins et leur innommable manière d’agir pour ensuite réécrire l’histoire afin de laver leur conscience vis-à-vis du reste du monde, ne soyons tout de même pas totalement dupes …

Enfin, les services géologiques américains, l’USGS, ne sont pas sans ignorer que depuis déjà une bonne dizaine d’années ce n’est plus l’Arabie saoudite qui est le pays détenteur des plus importantes réserves de pétrole dans le monde, c’est presque devenu caricatural. Juste deux « petits » détails significatifs qui montrent bien que les USA mentent (personne ne s’en étonne plus car mentir est devenu compulsif à Washington) au sujet des réserves de pétrole saoudiennes et de la production du pays. L’Arabie saoudite utilise la moitié du pétrole pompé de son sous-sol pour produire de l’électricité qui sert à alimenter en grande partie les usines de dessalage d’eau de mer et les équipements d’air conditionné. D’autre part ce n’est plus un secret pour personne, Aramco injecte de l’eau salée dans un nombre croissant de gisements pour non pas faciliter le pompage du pétrole mais parce que celui-ci se raréfie.

Voilà ce qu’est la réalité de l’Arabie saoudite : un pays aux moeurs moyenâgeuses mais trop riche pour être malmené en particulier par les Anglais et les Américains dont l’argument est non pas « pétrole contre nourriture » mais « armes contre pétrole ». C’est à pleurer !

Illustration : manifestation devant l’ambassade saoudienne à Washington

Néolithique : après le pain le fromage

 

Il y a quelques jours, le 23 août, j’avais laissé sur ce blog un billet relatif aux premiers pains jamais cuits par l’homme, les habitants natufiens du nord-est de la Jordanie actuelle il y a 14000 ans avant l’ère présente. Cette activité, à l’évidence, était un signe d’une sédentarisation progressive des peuplades de chasseurs-cueilleurs, le site de Shubayqa ayant probablement été occupé durant de nombreuses années. Puis la sédentarisation qui est datée aux alentours de 10000 ans avant l’ère présente a favorisé l’apparition de l’élevage bovin et les migrations vers l’Europe occidentale, ce à quoi on assiste aujourd’hui pour d’autres raisons, ont également introduit l’élevage dans cette Europe verdoyante et favorable au maintien d’un élevage qui présentait une alternative sécurisante pour l’alimentation. Ces migrants savaient faire du pain mais il avaient également appris à faire du fromage.

Ce sont des restes de poteries curieusement percées de petits trous ménagés avec des brins de paille avant leur cuisson dont on finit par trouver leur utilité car ils avaient intrigué les archéologues pendant de nombreuses années. Il s’agissait de faisselles, tout simplement ! Peut-être que nos ancêtres avaient aussi découvert que quelques plantes permettaient de coaguler le lait comme par exemple le jus des feuilles d’artichaut bien avant la découverte de la présure qui ne fut découverte qu’à la fin du XIXe siècle. Mais le lait finit par coaguler également par l’action de bactéries ou de champignons microscopiques. Il faut cependant noter que l’utilisation du jus d’artichaut ou encore de feuilles de figuier est toujours d’actualité chez les peuples montagnards du Maroc pour fabriquer du fromage. Pour information destinée aux détracteurs des organismes génétiquement modifiés, l’industrie agro-alimentaire moderne utilise largement de la chymosine produite par une souche d’Aspergillus niger surexprimant cet enzyme qui se trouve originellement dans l’estomac des veaux allaités sous la mère.

Capture d’écran 2018-09-13 à 17.09.23.png

Des fragments de ces faisselles préhistoriques ont été retrouvés en Pologne et datées de 7500 ans avant l’ère présente. Comme l’indique l’illustration ci-dessus il a donc fallu plus de 3000 ans pour que la pratique de l’élevage se répande dans le nord de l’Europe depuis le Levant à la faveur des migrations. Ces recherches archéologiques relatives à l’élevage ont été corroborées par des études génétiques des populations car qui dit élevage et donc production de lait sous-entend qu’une partie du lait était aussi directement utilisée pour l’alimentation avant toute fermentation. Quoi de meilleur que du lait bourru directement sorti du pis d’une vache ? Cela fait partie de l’un de mes souvenirs de petite enfance …

Or pour digérer le lait confortablement il faut que notre intestin grêle soit capable de sécréter l’enzyme, la lactase, qui scinde le lactose en ses deux constituants, le glucose et le galactose. Il s’agit d’un enzyme dit inductible qui n’est synthétisé qu’en présence du lactose du lait. La propriété d’induction de la synthèse de cet enzyme disparaît le plus souvent irréversiblement après le sevrage de l’enfant. Les études archéologiques ont montré que de nombreuses poteries datant du néolithique, dont ces faisselles mentionnées plus haut, contenaient des traces d’acides gras typiques du lait. Les populations qui prospérèrent en Europe du Nord le purent qu’à la faveur de l’apparition d’une mutation du promoteur, il s’agit d’un fragment d’ADN, du gène codant pour la lactase 13910 bases avant le gène de ce dernier enzyme, mutation appelée -13910*T. Il a suffi de la présence de cette mutation sur un seul allèle du gène de la lactase pour que les peuples puissent se nourrir de lait sans l’inconfort provoqué par l’absence de lactase. Cette seule mutation a également favorisé le peuplement des régions du nord de l’Europe, en particulier de la Scandinavie, car le lait contient de la vitamine D qui ne peut être synthétisée par l’organisme à partir d’ergostérol qu’en présence de suffisamment de rayons solaires.

Capture d’écran 2018-09-13 à 17.10.23.png

La carte ci-dessus est intéressante sur plusieurs points. Outre la Scandinavie et le nord de l’Europe on retrouve la plus forte fréquence de l’allèle de la lactase muté dans le nord-ouest de l’Afrique correspond à l’élevage traditionnel des chèvres, dans la péninsule arabique correspond à l’élevage des dromadaires dont le lait était et est toujours utilisé directement par les Bédouins et enfin dans la partie pakistanaise du sous-continent indien pratiquant l’élevage bovin traditionnellement. C’est dans les îles britanniques et en Scandinavie que l’on retrouve aujourd’hui la plus grande proportion de porteurs de la mutation -13910*T, des pays où la consommation de lait non fermenté et de fromages à pâte cuite contenant toujours du lactose sont les plus répandus. Dans des pays comme la Turquie cet allèle a presque disparu car les désagréments de la digestion du lait en l’absence de lactase ont été contournés avec l’usage du lait fermenté à l’aide de bactéries comme les yaourts ou le kéfir, bactéries qui réduisent pratiquement à néant la teneur en lactose dans le produit final. Que mes lecteurs se rassurent je suis encore en bonne santé bien que je boive chaque jour un litre de lait de vache entier.

Sources et illustrations : Nature et Human Heredity, doi : 10.1159/000360136

Les fouilles de Çatalhöyük en Turquie

Çatalhöyük_with_surroundings..jpg

Un grand nombre de fragments de poteries retrouvées sur ce site de Çatalhöyük ont été étudiées très finement et ces études basées sur la signature isotopique des résidus carbonés imprégnant ces poteries a conduit à une compréhension très précise du mode de vie de ces premières communautés sédentaires vivant là il y a près de 8000 ans avant l’ère présente.

Pour comprendre l’intérêt de cette étude, il faut ici faire un petit rappel des mécanismes de fixation du CO2 par les plantes, mécanisme indépendant de la lumière, cette dernière – la photosynthèse – étant là pour produire les équivalents réducteurs (NADPH) et de l’énergie sous forme d’ATP. Il existe deux sortes de mécanismes de cette fixation du CO2 atmosphérique l’un présent dans les plantes dites C3, la très grande majorité des plantes, et l’autre présent dans les plantes dites C4. Les plantes en C3 fixent directement le CO2 avec la Rubisco sur un ribulose bis-phosphate pour produire deux molécules de 3-phosphoglycérate, d’où leur nom de C3. Or cette réaction n’est pas très efficace car l’oxygène a tendance à l’inhiber et comme l’oxygène a aussi tendance à diffuser à l’intérieur des cellules végétales pour que des dernières puissent respirer il est donc bien connu des maraîchers qu’enrichir l’atmosphère d’une serre en CO2 stimule la croissance végétale car l’activité de la Rubisco est favorisée.

Cross_section_of_maize,_a_C4_plant..jpg

Un peu plus tard au cours de l’évolution environ 3 % des plantes ont inventé un système judicieux de fixation du CO2 dit C4 en deux étapes qui se trouvent dans deux compartiments différents des feuilles. D’abord le CO2 est transformé en ion carbonate qui est incorporé dans un métabolite intermédiaire appelé phospho-énol-pyruvate pour former de l’oxaloacétate un di-acide à 4 atomes de carbone. Cette première étape se passe dans les cellules du mésophylle de la feuille (en vert) c’est-à-dire le tissu qui se trouve entre les nervures. Ces nervures constituent en fait le système vasculaire de la feuille. La deuxième étape a lieu avec la Rubisco dans des cellules formant une gaine entourant le système vasculaire (en violet dans l’illustration) et cette gaine est relativement protégée par les cellules du mésophylle. Un système de transport transfère le résultat de cette condensation, pour faire bref, dans les cellules péri-vasculaires relativement isolées de l’oxygène, le CO2 est alors libéré et incorporé à son tour par la Rubisco. Les plantes en C4 poussent beaucoup mieux et ont besoin de moins d’eau que les plantes en C3. Au niveau isotopique les plantes en C4 – puisque la Rubisco fonctionne mieux – fixent plus de CO2 « lourd » c’est-à-dire contenant du carbone-13. Il est dès lors possible en réalisant une analyse isotopique 12C/13C des dépôts organiques retrouvés dans ces débris de poterie de savoir d’où provenaient ces acides gras ainsi que les protéines d’origine animale outre celles du lait et quelle était la plante à l’origine de l’alimentation de l’animal dont étaient issus le lait ou la viande. L’enrichissement en 13C est également retrouvé dans les protéines. Or parmi les plantes en C4 qui se trouvent encore naturellement sur le site de Çatalhöyük il existe deux plantes en C4 qui servent de fourrage pour les ruminants. Il s’agit d’une Poacée (Chloris gayana) et du millet, également une poacée, comme d’ailleurs le maïs, la canne à sucre et le sorgho, les principales plantes en C4 de grande culture avec quelques 5000 espèces de plantes herbacées et d’arbustes.

Capture d’écran 2018-10-16 à 08.19.46.png

Cette étude apporte enfin quelques éclaircissement sur l’usage des poteries. Celles-ci servaient à réaliser des aliments à base de lait mais aussi à stocker des produits carnés ainsi que des préparations réalisés à partir de céréales dont l’ancêtre du blé (Triticum aestivum) qui, comme les autres céréales dont le riz, n’est pas une plante C4. Cette utilisation diversifiée des poteries signe la sédentarisation organisée en cellules familiales comme les fouilles du site de Çatalhöyük occupé à partir de 7500 ans avant l’ère présente l’ont montré. Source : Nature communications, 10.1038/s41467-018-06335-6

Note au sujet du carbone-13. Ce rapport 12C/13C a été utilisé pour calculer la contribution de l’activité humaine dans la teneur en CO2 atmosphérique en utilisant le même type d’analyse isotopique et a conduit à l’évidence que le temps de présence de ce CO2 qui a une « signature isotopique » particulière n’est que de 5,7 ans et une contribution de quelques ppm seulement : https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/03/19/crise-climatique-cest-le-delire-total-3/

L’effet du « vent solaire » sur le climat

Capture d’écran 2018-10-04 à 21.06.46.png

Depuis l’apparition de l’hypothèse de l’effet de serre du gaz carbonique sous l’impulsion de James Hansen (NASA Goddard Lab) reprise par Al Gore, un gaz à l’état de traces dans l’atmosphère, l’étude de l’influence de l’activité solaire sur les variations du climat a été négligée mais des géophysiciens ont délaissé cet os à ronger que constitue le CO2 au risque de ne plus bénéficier d’un quelconque soutien des pouvoirs publics pour continuer leurs travaux. C’est ce qu’a fait une équipe de l’Université Nationale de Yokohama sous la direction du Docteur Kiminori Itoh, défiant la tendance générale pour tenter de mettre en évidence une influence de l’activité solaire sur les oscillations océaniques. Les travaux se sont focalisé sur les variations du vent solaire mesuré en comptant le nombre de protons (noyaux d’hydrogène H+) et d’électrons provenant du Soleil. Ce vent solaire est directement corrélé à l’activité magnétique solaire. Divers observatoires répartis dans le monde mesurent en temps réel l’intensité de ce vent solaire de même qu’il existe de nombreuses bouées océaniques ainsi que des stations météo réparties sur la Terre pour mesurer la température de surface (Ts). Le vent solaire atteignant la Terre dépend également du champ magnétique terrestre qui dévie en grande partie ce vent solaire. L’indice géomagnétique (aa index) reliant ce vent solaire au champ magnétique terrestre, pour faire court, a été relié aux oscillations arctique, atlantique et multidécadales pacifiques. Et comme ce genre d’étude est loin d’être simple il a tout simplement été « oublié » par les spécialistes de l’IPCC. En effet affirmer que le vent solaire a une influence sur le climat c’est faire passer au second plan l’effet du CO2 …

Il existe un couplage complexe entre les oscillations de l’Atlantique nord et de l’Arctique mais les oscillations du Pacifique ont également une influence, ce que ces géophysiciens japonais ont appelé une téléconnexion. Les oscillations océaniques peuvent provoquer des variations des températures de surface pouvant atteindre 4°C ce qui est considérable. Par exemple depuis deux ans la température de surface de l’Atlantique Nord a diminué de près de 2 degrés et cette chute des températures ne concerne pas seulement la surface de l’océan mais une épaisseur d’eau de 150 mètres. Pourtant, selon les observations accumulées depuis les années 1870 le nombre de taches solaires (R) n’est pas parfaitement corrélé à l’indice géomagnétique. Si on examine les deux graphiques ci-dessus il est tout de même possible de reconnaître une vague corrélation entre l’indice aa et le nombre de taches solaires. Ce qui paraît évident est que cet indice aa s’affaisse quand le cycle solaire est long. Les cycles solaires peuvent en effet varier entre 9,5 et 13,5 années avec une durée moyenne de 11,4 années.

La fonction de couplage Pα entre le vent solaire et la magnétosphère terrestre qui représente la part de l’énergie du vent solaire captée par le champ magnétique terrestre a été corrélée avec les températures de surface Ts observées ainsi qu’avec les oscillations quasi-biennales des vents stratosphériques équatoriaux. La carte ci-dessous est une représentation des coefficients de corrélation entre l’indice géomagnétique (aa) et la fonction de couplage Pα avec les températures de surface Ts et les vent stratosphériques équatoriaux entre 1981 et 2000 : a) corrélation entre aa et Ts, b) corrélation entre Pα et Ts :

Capture d’écran 2018-10-04 à 21.33.58.png

À l’évidence les variables aa et Pα sont liées et ont les mêmes effets sur les températures de surface ainsi que sur les vents stratosphériques si l’on considère ces corrélations. Cet aspect de la variabilité du climat et des températures de surface a été peu étudié car il est extrêmement complexe de réunir tous les paramètres intervenant dans cette variabilité d’autant plus que le champ magnétique solaire a également une influence sur le champ magnétique terrestre. Enfin ces corrélations ont finalement montré que l’évolution des températures de surface (Ts) et les oscillations quasi-biennales des vents stratosphériques équatoriaux étaient parfaitement liés à l’indice géomagnétique exprimé en nanoTeslas. En conclusion la variabilité du climat n’est pas seulement une affaire de CO2 qui ne joue qu’un rôle très mineur – si tant est qu’il joue effectivement un rôle – mais il semble de plus en plus évident que le Soleil est l’acteur prépondérant dans la variabilité du climat.

Capture d’écran 2018-10-04 à 21.50.15.png

Source : ouvrage paru le 11 juillet 2018. Je n’ai pas de lien mais je tiens l’article à la disposition de mes lecteurs curieux. Je signale à ces derniers que le Docteur Kiminori Itoh a été classé comme un climato-hérétique par les activistes adeptes du réchauffement du climat d’origine humaine. Il fut l’un des experts de l’IPCC mais a nié en 2016, après la COP21, les affirmations de cet organisme onusien devant les évidences scientifiques accumulées dans son laboratoires dont il ne fut jamais fait mention dans les nombreux rapports de l’IPCC. À d’autres époques il aurait été brûlé comme une sorcière …

La France n’est plus une démocratie

Le titre de ce billet paraît trompeur et pourtant c’est la stricte vérité : la France n’est plus une démocratie car la presse et les médias sont asservis au pouvoir de l’argent. Et comme les connexions entre le pouvoir politique et les oligarques qui possèdent l’ensemble de la presse française ne peuvent pas être ignorées alors par voie de conséquence je ne lis plus aucune presse française en ligne et il y a bien longtemps que je ne regarde plus la télévision qu’elle soit française ou espagnole. D’ailleurs je n’ai même pas de « télé » chez moi. Toutes les information figurant sur ce billet sont disponibles sur internet, et elles peuvent être vérifiées par n’importe quelle personne soucieuse d’apprendre à quelle sauce idéologique son cerveau est agrémenté. Il y a certainement des erreurs ou des oublis mais que mes lecteurs me pardonnent …

Comme le disaient Albert Camus : « il vaut mieux une presse pauvre et libre qu’une presse riche et asservie » , et Camille Desmoulins : « la presse est la sentinelle de la démocratie« .

La presse libre est un pilier fondamental de la démocratie. Sans presse libre il n’y a plus de liberté d’opinion et à terme il n’y aura plus du tout de liberté d’expression. Cette évolution conduira le pays des droits de l’homme vers un régime totalitaire sous la coupe réglée des puissances financières. La presque totalité de la presse française et des médias est contrôlée par 9 oligarques et leurs holdings comptant parmi les plus grandes fortunes mondiales : Bolloré, Lagardère, Drahi, Arnault, Pinault, Bouygues, Dassault, Niel et Pigasse de la banque Lazard (car il faut bien des banquiers dans ce bazard de gros, très gros sous). Les miettes sont réparties entre Médiapart, Le Canard enchainé et quelques sites courageux comme le nouveau site d’Aude Lancelin, LeMedia, que je conseille vivement à mes lecteurs ou encore Contrepoints. Entrons dans les détails et je m’excuse auprès de mes lecteurs si cette énumération comporte des oublis, je le répète, car je ne suis pas du tout un journaliste d’investigation et il y a certainement des erreurs dans ce billet.

Bolloré est propriétaire de Canal+, de C-news (anciennement i-Télé) de Havas et de DailyMotion. La holding Lagardère est propriétaire du journal Le Monde, de Paris-Match et de l’Obs. Elle est appuyée par Xavier Niel (Free) Pigasse (Banque Lazard). Le journal Le Monde qui à l’époque de Beuve-Méry appartenait aux journalistes selon les souhaits du Comité National de la Résistance est devenu un organe de propagande qui ne se gène pas pour classer ses concurrents et d’autres sites accessibles sur le Web avec son « Decodex » alors qu’il ferait mieux de balayer devant sa porte. La holding Lagardère est actionnaire du Crédit Mutuel avec le groupe Bolloré, banque qui contrôle un grand nombre de titres de presse papier régionaux depuis la Lorraine jusqu’à Rhône-Alpes. En outre Lagardère est actionnaire majoritaire d’Europe 1, propriétaire de l’hebdomadaire Elle mais aussi et surtout propriétaire du groupe Hachette qui contrôle de nombreuses éditions, proprement désarmant !

Patrick Drahi qui a arrangé en sous-main l’élection du Président Macron avec la banque Rothschild est un homme d’affaires franco-israélien émigré fiscal à Zermatt dont la holding possède SFR, Libération, l’Express et plus de 50 autres titres de presse hebdomadaire ou quotidienne comme la Voix du Nord. Drahi est en outre propriétaire de BFM-TV (qui vient de racheter la chaine de télévision lyonnaise jusque là indépendante TLM), de RMC, de l’hebdomadaire Télérama acheté chaque semaine par des millions de téléspectateurs et enfin de la chaine de télévision i-24 News qui était initialement basée à Jaffa (Israël).

Bernard Arnault est propriétaire du journal Le Parisien et du quotidien économique Les Echos, organe de propagande du Medef et main dans la main avec Natixis. François Pinault est propriétaire de l’hebdomadaire Le Point. La holding Bouygues est propriétaire de TF1, LCI, TMC et TV Breizh.

La holding Dassault possède Le Figaro. Si vous voulez vraiment savoir ce qui se passe en France alors allez lire des journaux en français de Belgique, de Suisse ou du Québec ou des journaux en langue anglaise, je ne lis malheureusement pas l’allemand. Où est la démocratie en France avec une telle presse et des médias contrôlés par le pouvoir de l’argent qui utilisent les sondages d’opinion pour influencer les choix des électeurs ? Bienheureux celui qui pourra prétendre que la France est toujours une démocratie ! Qu’il garde ses illusions pour lui. Pour ce qui concerne les médias américains, c’est pire puisque 6 grands groupes financiers (Disney, Time-Warner, Bloomberg, Murdoch, …) contrôlent l’ensemble des médias alors qu’il y a encore 50 ans 350 familles indépendantes de la grande finance étaient propriétaires de journaux et de chaines de radio ou de télévision et de quotidiens papier locaux ou nationaux.

Inspiré d’une conférence de Laurent Mauduit, ex-journaliste du Monde maintenant à Mediapart. Note à l’intention de mes honorables lecteurs : pas de billet dimanche 14 et lundi 15 octobre. J’espère faire de belles photos d’aurores boréales au dessus de la Sibérie, si il y en a …