La dette de la France : une entourloupe arithmétique

Si j’étais maître d’école (à l’ancienne) j’écrirais au tableau noir l’énoncé d’un petit exercice d’arithmétique à mes élèves, en blouse grise comme moi, de cours moyen première année pour avoir l’occasion de leur enseigner un rudiment d’économie qui serait le suivant, c’est de la fiction car quand j’étais en cours moyen il y avait l’ « ancien franc » et le prix d’une baguette de pain était 45 francs.

Aujourd’hui on fonctionne avec l’euro et une baguette coûte, je crois, un euro, soit 6,5 francs, soit 650 « anciens francs » de mon enfance : si je raisonne encore avec ces anciens francs le prix de la baguette de pain a été multiplié par 14,5 en francs constants et immuables, une monnaie qui a malheureusement disparu. Ce calcul est sans valeur, il ne signifie rien, me diraient mes élèves qui comme moi n’y comprendraient rien du tout. Alors à court d’argument j’écris donc le petit problème d’arithmétique au tableau noir pour mes élèves en blouse grise d’aujourd’hui, c’est de la fiction puisque les élèves ne sont plus en blouse grise mais portent tous des T-shirts de marque fabriqués en Chine. Mais le problème en question n’est pas du tout une fiction et il fait froid dans le dos.

Énoncé du problème. Avec les données ci-dessous calculez combien a coûté aux contribuables français d’assurer un point de PIB de croissance durant l’année 2019 ? Attention il y a un piège dans les données ci-après.

PIB : 2585 milliards d’euros

Croissance officielle : 1,2 %

Dette de l’Etat (officielle) : 96 % du PIB, c’est-à-dire 2450 Md d’euros

Augmentation nette de la dette en 2019 : 95 Md d’euros (donnée datant d’octobre) donc pour l’année 2019 au bas mot 100 Md, la grandeur qui sera retenue pour le problème. Toutes ces données sont disponibles sur internet pour qui sait les trouver.

Ces 100 milliards ont servi en partie à payer les coupons des titres de dette en cours et les titres arrivant à échéance durant l’année 2019 puisque la charge de la dette de la France est d’environ 50 Md par an et a tendance, grâce aux taux d’intérêts nuls, à diminuer, mais cette remarque n’a rien à voir avec l’énoncé du problème, encore que …

Solutions. Le piège consiste à savoir si on englobe ou non les 100 Md d’euros de dette supplémentaire dans le PIB. Premier calcul. Le supplément de dette est incorporé au calcul du PIB comme le sont les revenus du trafic de drogue et la prostitution selon des directives européennes. Je me demande toujours comment les fonctionnaires du Ministère des finances calculent ce « surplus » de PIB, bref … Donc la France a emprunté 100 milliards pour « fonctionner » et éventuellement investir soit 3,86 % du PIB, donc pour réaliser 1,2 % de croissance il a fallu emprunter 3,3 euros pour réaliser 1 euro d’augmentation du PIB.

Deuxième solution. Maintenant, en considérant que l’augmentation de 100 Md de la dette n’a pas été incorporée au PIB comme les revenus de la prostitution et le trafic de substances illicites alors le PIB réel n’a été en réalité que de 2485 milliards d’euros et si on est honnête ces 100 Md empruntés sur les marchés représentent alors 4 % du PIB. Il a donc fallu emprunter 3,35 euros pour réaliser 1 euro d’augmentation du PIB.

Mes élèves en blouse grise diraient alors : « mais Maître 5 centimes d’euro de différence ce n’est rien, le pays peut continuer à emprunter » … Quand on raisonne avec des grands nombres personne ne comprend plus rien, y compris, et surtout, le Ministre des finances qui ignore combien il y a de mètres carrés dans un hectare … Comme le disait François Fillon : « la France est en faillite » et c’est surtout pour avoir prononcé cette phrase que la mafia financière, chapeautée par le fond KKR et la banque Rothschild, qui gouverne aujourd’hui la France a tout fait pour le mettre hors-jeu. Les bons vieux petits problèmes d’arithmétique, qui font tout de même appel à la règle de trois, éclairent parfois les esprits enfumés par la propagande permanente du genre : « Tout va très bien Madame la Marquise, tout va très bien » … Ça ne peut que très mal se terminer surtout si le flacon de perfusion que tient à bout de bras la Banque de France venait à se vider puisque les titres de dette de la France représentent déjà (c’est officiel) 30 % du bilan de la BdF, mais il ne faut pas le dire … Et si la charge de la dette de la France diminue c’est aussi parce que la BdF reverse au Trésor une partie des intérêts qu’elle perçoit sur les titres de dette qu’elle racheté, donc tout va pour le mieux dans un monde totalement financiarisé.

Note. Je ne suis pas économiste et j’ai peut-être écrit des énormités, dans ce cas je m’en excuse vivement. Les données numériques citées ici sont les plus récentes disponibles sur divers sites internet. Je n’ai rien inventé. Les « hors-bilan » n’ont pas été pris en compte car comme leur nom l’indique ils ne sont pas intégrés dans le calcul de la dette telle qu’elle est présentée aux investisseurs et aux bureaucrates de Bruxelles. Si la France intégrait ces hors-bilan, un concept qui a été inventé par je ne sais plus quel ministre des finances français, il me semble que c’était Juppé, la situation serait bien pire que celle qui est vendue à l’opinion, du genre de celle de l’Italie, le mouton noir à 5 pattes de l’Europe.

Depuis 75 ans le dilemme américain c’est le dollar

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En lisant une interview de Paul Craig Roberts, à l’occasion du 75e anniversaire de la signature des accords de Bretton Woods, et qui fut l’un des principaux conseillers économiques de Donald Reagan, j’ai compris quel était le problème des Etats-Unis d’Amérique, un problème sans solution dans lequel tous les pays occidentaux sont plongés. Ce problème est le maintien de la puissance impériale américaine. Cette puissance est, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, basée sur deux pivots, le dollar et l’OTAN. L’OTAN qui n’a plus lieu d’être en théorie ne sert qu’à asservir l’Europe mais le dollar est le principal fondement de la suprématie américaine sur le monde entier.

Le billet vert fut, après la deuxième guerre mondiale, institué comme la monnaie de référence – et de réserve pour les banques – dans toutes les transactions commerciales. La demande en dollars n’a donc jamais cessé d’augmenter et pourtant il était adossé à l’or, mais la disponibilité en or physique est par essence limitée. En 1971 Richard Nixon, d’un trait de plume, rompit le contrat tacite de Bretton Woods qui liait le dollar à l’or et avait conféré au billet vert le statut de monnaie de référence mondiale. Depuis lors les pays ont accumulé des dollars en commerçant avec les USA et en commerçant entre eux en libellant leurs transactions en dollars. Naturellement, et n’importe quel économiste avisé aurait pu le prédire, le dollar perdit donc sa valeur de 35 dollars l’once (avant 1971) pour ne devoir aujourd’hui qu’environ 1400 dollars pour une once. Ce n’est pas l’or qui s’est renchéri mais le dollar qui s’est dévalué.

Ce qui a maintenu le statut de référence du dollar dans le monde est que la plupart des pays occidentaux ont cru bon de « coller » leur monnaie au dollar après sa déconnexion avec l’or. Ces pays ont donc également choisi la perte de valeur de leur monnaie, c’est paradoxal mais pourtant vrai !

La majorité des principales monnaies dans le monde, livre sterling, yen, euro, et dans une certaine mesure le yuan, sont maintenues par les banques centrales dans un étroit intervalle de change avec le dollar. Ceci évite d’exposer les économies de ces pays à ce que l’on pourrait appeler des risques de change dans les transactions commerciales. Après la crise des sub-primes américaine de 2008, une crise domestique exportée par les banques américaines qui ont inondé les marchés de titres sans valeur mais supposés à haut rendement dans le but de maintenir la dépendance des autres pays au dollar, la réserve fédérale américaine n’a pas eu d’autre choix que de renflouer ses propres banques en créant de la monnaie à partir de rien. La conséquence perverse de cet état de fait a conduit les banques centrales des autres pays, Europe, Grande-Bretagne et Japon, à également créer de la monnaie « papier », ne mâchons pas les mots, pour aider leurs banques à se refinancer puisqu’elles avaient toutes été piégées par l’escroquerie américaine des sub-primes.

En d’autres termes les USA ont exporté leur fraude dans l’ensemble des pays occidentaux et ont fait payer à ces derniers un lourd tribut, tout simplement parce que le dollar est resté la monnaie de référence internationale. Pour les grands argentiers américains le problème de l’or n’avait pas perdu de son actualité depuis 1971 et c’est toujours le cas aujourd’hui. Il ne faut surtout pas que la valeur de l’or, libellée en dollars, ne monte trop haut. Comme la disponibilité en métal jaune est limitée, la réserve fédérale américaine a autorisé les transactions sur l’or non plus physique, mais papier, une autre escroquerie organisée par l’administration américaine à l’échelle mondiale, escroquerie pire encore que celle des sub-primes. Il s’agit du marché des « futures » sur l’or, le Comex Gold Futures, qui autorise les acteurs de ce marché à vendre jusqu’à 60 fois une once d’or. Dès lors le prix de l’or, théorique naturellement, reste relativement stable alors qu’en réalité, avec ce système frauduleux il aurait du atteindre si la loi basique de l’offre et de la demande n’était pas détournée une valeur d’environ 85500 dollars pour une once ! Faites vous-même le calcul 1425 x 60 = l’escroquerie américaine.

Pourquoi est-ce une escroquerie organisée par la FED et naturellement par l’administration américaine ? Tout simplement parce que les « futures » sur l’or, contrairement au marché des actions ou des obligations ne doit pas nécessairement être adossé sur une contre-partie physique : les positions « short » sur l’or n’exigent pas que la transaction soit « physique », l’administration américaine a réalisé là la plus incroyable escroquerie de tous les temps, la dématérialisation de l’or. L’or est devenu du papier au même titre que le dollar, l’euro ou encore le yen, sans valeur aucune, du moins aux yeux des Américains. Par voie de conséquence toutes les monnaies occidentales sont profondément surévaluées artificiellement par rapport à l’or. La conséquence est naturellement une perte du pouvoir d’achat tant du dollar sur son marché domestique qu’également au niveau international, chute qui entraine aussi toutes les autres monnaies liées au billet vert. Cette situation semblerait être paradoxale pour l’homme de la rue puisqu’il n’a pas encore ressenti les effets pervers de l’inflation, conséquence normale d’une perte de valeur de la monnaie. Que ce dernier se détrompe car il ne voit que le bout de son doigt quand son banquier lui montre la lune, c’est-à-dire, revenons sur Terre, le prix de son chariot de courses au supermarché. Ce prix est aussi manipulé au détriment de la qualité des produits proposés à la vente, mais le consommateur ne s’en rend pas encore compte. Cette qualité suit la dégradation de celle de la monnaie !

Un autre facteur de fragilisation de la suprématie du dollar réside dans la mise en oeuvre de l’extraterritorialité de la loi américaine s’appliquant à l’usage qui est fait du dollar hors du territoire américain. Toute entreprise non américaine côtée à la bourse de New-York, toute entreprise non américaine utilisant le système SWIFT de paiement en dollar US est tenue de se conformer à la législation américaine. Il s’agit d’un corollaire à la domination du dollar comme monnaie d’échange mondiale. Si les USA ont utilisé cet outil terrifiant pour faire respecter leurs prises de position politique à l’égard de certains pays il bafoue tous les traités internationaux. Cette attitude peut être comparée à de la piraterie : au XVIIIe siècle les pirates rançonnaient les navires marchands pour renflouer le Trésor britannique …

Cette extraterritorialité des lois américaines est le signe évident d’une fin de règne du dollar qui va s’accélérer dans les prochaines années avec la « dédollarisation » des économies de nombreux pays, à commencer par la Chine et la Russie. Le fait que ces pays, suivis – et c’est significatif – par l’Inde, le Qatar ou encore la Turquie, mettent en place des mécanismes de swap entre leurs monnaies nationales, va inexorablement affaiblir le dollar, d’autant plus rapidement que ces mêmes pays achètent tout l’or disponible sur les marchés afin d’adosser leurs transactions sur le métal jaune. Dès lors la suprématie du dollar s’effondrera et l’or, cette monnaie « primitive », retrouvera son statut d’étalon international.

Comme l’a déclaré récemment le Ministre des finances français Bruno Le Maire : « L’organisation de Bretton Woods telle qu’on la connait a atteint ses limites. À moins d’être capables de réinventer un nouveau Bretton Woods, les Nouvelles Routes de la Soie pourraient devenir le nouvel ordre mondial. Alors les standards de gouvernance chinois, les aides de l’Etat, l’accès aux contrats gouvernementaux, la gestion de la propriété intellectuelle … pourraient devenir les nouvelles règles globales« .

Il faut ajouter pour conclure ce billet que le vice-ministre des affaires étrangères de Russie Sergeï Ryabkov a enjoint il y a quelques jours les pays « non-alignés » à adhérer à l’initiative INSTEX, pleinement opérationnelle depuis quelques jours seulement. L’INSTEX est une chambre de compensation, alternative au SWIFT, initialement créée pour faciliter les échanges commerciaux entre l’Europe et l’Iran, pays étranglé par les sanctions américaines unilatéralement décidées par la Maison-Blanche. Cet organisme siège à Paris et ses trois actionnaires créateurs, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, sont en théorie ouverts à l’adhésion d’autres pays. Si Monsieur Ryabkov a fait cette déclaration, cela veut signifier que Moscou est prêt à collaborer avec les autres pays signataires du traité de contrôle des activités nucléaires de l’Iran et le mécanisme INSTEX pourrait être la porte ouverte à une dédollarisation accélérée de l’économie mondiale. Il reste à espérer que le Président français et le nouveau locataire du 10 Downing Street oeuvreront dans ce sens mais ce n’est pas tout à fait acquis.

Une autre représentation de la richesse mondiale …

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C’est le site howmuch – il porte bien son nom – qui vient de mettre en ligne une représentation de la richesse boursière mondiale. Elle est largement dominée par les valeurs « tech ». Celles-ci représentent plus du tiers de la capitalisation boursière mondiale : 957 milliards de dollars sur 2230 milliards. Mais cet état de fait est trompeur. La crise boursière de 2001, éclatement de la bulle dot.com, pourrait se reproduire si une crise financière survenait. Cette capitalisation pourrait se réduire à une peau de chagrin, qui comme son nom l’indique chagrinerait beaucoup de personnes se croyant aujourd’hui multimilliardaires. Les services financiers représentent à peine le cinquième des valeurs « tech ». Il est vrai que la politique des taux d’intérêts nuls voire négatifs choisie par les banques centrales ne joue pas en faveur des banques et la capitalisation boursière de ces dernières s’est effondrée depuis la crise de 2008-2009. Seuls Amex et Visa s’en tirent à peu près mais il faut bien préciser que ces compagnies réalisent plus de profits que les établissements bancaires traditionnels car le crédit est facturé au détenteur de cartes à un taux usurier si on compare ce dernier aux taux pratiqués par les banques centrales. Le secteur automobile est dominé par le groupe Toyota, une entreprise qui a choisi dès la fin des années 1990 la technologie « hybride » qui a remporté depuis un franc succès plaçant cette entreprise dans une position confortable dans la transition qui devrait affecter l’ensemble du secteur automobile mondial dans les prochaines années. Enfin la France se distingue dans cette représentation puisque, hors Rolex, toutes les grandes marques de produits de luxe qui figurent dans cette « carte » sont contrôlés par des intérêts financiers français auxquels il faudrait ajouter l’Oréal et Lancôme.

Source : https://howmuch.net/articles/the-world-most-valuable-brands-2019

Le 29 mars 2019, coup d’envoi de la crise financière mondiale ?

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Le 29 mars 2019 sera le jour de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, sortie manquée en raison de l’incompétence notoire du négociateur en chef auto-promu Barnier qui n’a pas l’air de connaître la mentalité anglaise. L’objectif de ce triste individu était de punir les Anglais. Il faudra qu’il remettre ses dossiers sur la table de négociation et se montrer plus pragmatique. Mais sait-il ce qu’est le pragmatisme politique ? Donc, la Grande-Bretagne ne sortira pas de l’Union le 29 mars, ce sera pour plus tard.

Par contre ce même 29 mars 2019 marquera l’histoire d’un tout autre évènement d’ampleur mondiale : la re-monétisation de l’or qui sera décidée ce jour-là par la Banque des Règlements Internationaux (BRI, BIS en anglais) dans le cadre des accords dits de Bale III. Richard Nixon abandonna l’étalon or pour le dollar US un certain 15 août 1971 en refusant de payer à l’Allemagne fédérale ses dollars excédentaires en or, décision qui sera officiellement effective après les accords de la Jamaïque pilotés par le Fonds monétaire international le 8 janvier 1976. Ces accords excluaient de facto l’or du système monétaire international et toutes les monnaies devenaient alors « flottantes ».

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Il y avait des signes avant-coureurs de cette décision de la BRI en particulier en Chine et en Russie avec des achats massifs d’or depuis la fin 2016 par les banques centrales de ces pays et 2018 a battu tous les records avec 640 tonnes achetées par diverses banques centrales dont en particulier l’Inde, troisième puissance commerciale du monde mais surtout la Chine dont le stock d’or a été multiplié par 3,5 depuis 2005 pour atteindre 70 millions d’onces (2175 tonnes). Par exemple la Russie a acquis 80 % de l’or de la banque centrale de Turquie contre des dollars US ce qui explique que la Russie ne détient pratiquement plus de dollars US. En ce qui concerne les USA nul ne connaît précisément les réserves d’or de la FED.

Que va-t-il se passer le lendemain du 29 mars 2019 ? D’abord les particuliers détenteurs d’or physique – et non pas « papier » sous forme de certificats d’achat – ayant suivi les conseils de certains analystes financiers vont s’enrichir incroyablement par rapport à leur monnaie fiduciaire nationale ainsi que les détenteurs de titres de minières-or. Tous les produits dérivés adossés sur l’ « or-papier » vont s’écrouler et tous les détenteurs de certificats de cet or-papier qui n’existe pas dans la réalité vont perdre leur investissement. Bien pire encore les monnaies vont être complètement dévalorisées au profit de l’or dont l’once pourrait en quelques heures ou jours voir sa valeur décupler ou plus encore. L’immobilier qui est aussi un actif tangible – comme l’or métal – pourrait aussi voir sa valeur s’envoler, mais je me hasarde un peu trop car je ne suis pas du tout un spécialiste.

Le premier avril risque bien de réserver des poissons plein d’arêtes et immangeables pour les acteurs financiers du monde entier quand les places boursières ouvriront. Ce sera, à moins que je n’aie rien compris du tout, une nouvelle et gigantesque crise financière à l’échelle mondiale surtout pour l’industrie financière. L’homme de la rue ne verra pas sa vie significativement changer sauf sur un point : quand il aura dans la main un billet de 100 dollars, de 100 euros ou de 10000 yens il aura pris conscience brusquement qu’il n’a qu’un vulgaire bout de papier d’une valeur à peine plus élevée qu’un rouleau de papier hygiénique avec lequel il ne pourra plus acquérir le moindre actif. Il fallut près de 5 ans pour que la décision de Richard Nixon devienne effective mais durant ce laps de temps toutes les transactions sur l’or furent bloquées. L’une des conséquences de ce bloquage fut l’apparition d’une inflation qu’aucun pays ne put maîtriser. Si cet accord de Bale III devient exécutoire immédiatement (il le sera dans tous les cas en 2022) puisqu’il est en cours de négociation depuis 4 ans, ce sera la crise mais les politiques le savent alors ils feront en sorte d’instaurer une autre période d’adaptation si la panique s’installe dès lundi premier avril sur les marchés. La trahison de Richard Nixon créa un tel remous mondial que dans l’instant les banquiers centraux prirent leurs dispositions pour éviter une crise. Quand Dominique Strauss-Khan émit l’hypothèse d’un adossement des droits de tirage spéciaux du FMI sur l’or tout le monde sait ce qu’il advint. Quelle va être la réaction de la Maison-Blanche à la décision de la BRI, là est toute la question que le site Miningstocks n’a pas mentionné.

Source partielle : Miningstocks.com

La première mondialisation financière : l’argent de Potosi

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Il ne reste aujourd’hui qu’une montagne dont la base se trouve à plus de 4000 mètres d’altitude, rongée de l’intérieur par des milliers de galeries de mine, entourée d’une ville de près de 150000 habitants menacés d’être les victimes d’un éboulement de cet édifice pierreux. En effet, cette montagne, le Cerro Rico qui se trouve en Bolivie renferme encore d’importantes réserves de minerai d’argent et d’étain.

Le Cerro Rico (montagne riche) de Potosi fut intensivement exploité pour extraire l’argent du minerai dès les années 1530 et la technique de l’amalgame avec du mercure mise au point au début des années 1550 par le Sévillan Bartolomé de Medina au Mexique provoqua une augmentation spectaculaire de la production d’argent. En quelques années cette bourgade compta plus d’habitants qu’aujourd’hui ce qui en fit la plus grande ville du monde avec jusqu’à 200000 habitants, plus peuplée que Londres, Milan, Séville ou Paris en comptant les milliers de travailleurs forcés dont l’espérance de survie était limitée à quelques mois. Il fallait extraire l’argent à grande échelle et elle devint également la première grande ville industrielle du monde. Potosi était enviée par les rois, en particulier le Roi d’Espagne, pays propulsé première super-puissance financière mondiale.

Les mineurs littéralement kidnappés dans tout les pays environnants et forcés de travailler pour extraire chaque jour près d’une tonne de minerai et le descendre sur les pentes de la montagne dans des sacs pesant jusqu’à 50 kilos jusqu’aux centres de purification avaient une espérance de vie très limitée et il fallait renouveller cette main-d’oeuvre gratuite chaque jour. Durant la période la plus active, de 1570 à 1610, toute cette main-d’oeuvre forcée à travailler dans la mine du Cerro Rico provoqua un effondrement démographique de la Bolivie mais aussi de l’Equateur et du nord du Chili. L’argent commença alors à se raréfier mais l’exploitation de la montagne pour extraire l’argent se termina au début du XIXe siècle. Aujourd’hui seul l’étain est encore extrait avec un peu d’argent.

Les conséquences de cette afflux massif d’argent vers l’Europe furent immenses. Le commerce fut bouleversé, que ce soit le trafic d’esclaves, les tissus, les épices et bien d’autres produits tout autour de la planète. Il provoqua des guerres (il faisait plutôt froid à l’époque en Europe) entre les Espagnols, les Anglais et les Hollandais mais cet argent les aida aussi à maîtriser les ambitions territoriales des Ottomans. L’afflux de monnaie conduisit à des bulles spéculatives commerciales jusqu’à Macao en Chine (dynastie des Mings) mais aussi en Andalousie, en France et en Hollande avec la première globalisation de l’économie qui pénétra aussi les tribus arabes nomades. Et pourtant ce n’était pas de la fausse monnaie comme aujourd’hui mais les effets pervers de cet afflux gigantesque de monnaie ont pourtant tendance à se reproduire aujourd’hui avec la confusion faite par les économistes et le monde politique entre monnaie, strict intermédiaire dans les échanges commerciaux, et création de richesse, ce qu’Adam Smith avait parfaitement décrit. L’afflux massif d’argent depuis Potosi provoqua cette confusion qui mènera plus tard le royaume d’Espagne à la ruine.

Billet d’humeur politique : l’Europe et les paradis fiscaux

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L’Europe, la première puissance économique mondiale si elle était intégrée politiquement et fiscalement car l’euro n’est qu’une façade creuse, s’en trouverait bien mieux si elle ne tolérait pas une multitude de paradis fiscaux à l’intérieur et autour de son espace. Ces contrées sont une pompe permanente de capitaux qui non seulement échappent aux dispositions fiscales de chacun des pays de l’Union mais ne sont pas ou très peu réinvestis dans les économies nationales.

Pourquoi pas ne pas faire une petite revue de ces paradis fiscaux qui se trouvent parfois à quelques kilomètres de la moindre bourgade européenne. Le plus simple est de commencer par le sud. Il y a Gibraltar, un rocher acquis par le Royaume-Uni à l’issue du traité d’Utrecht (1715). C’est un paradis fiscal notoire. Il suffit de se promener dans les rues où il est incroyable de constater que par exemple toutes les banques françaises ont de luxueuses succursales dans cet endroit surréaliste aux maisons de style Victorien et comble d’ironie les banques espagnoles sont aussi présentes sur le « Rocher ». Quand on remonte plus au nord de la péninsule ibérique on arrive à Andorre, un territoire également minuscule, une co-principauté partagée entre le Président de la République française et l’Evêque de Séo de Urgel. Encore une fois, pourquoi y a-t-il autant d’agences bancaires dans ce mouchoir de poche ? À peu près à la même latitude se trouvent dans la péninsule italienne San Marino et le Vatican, deux autres paradis fiscaux qui préfèrent rester discrets. Qui oserait déclarer haut et fort que la banque du Vatican traficote dans des domaines financiers peu avouables. Il est certain que si cette basilique-Etat pouvait émettre sa propre monnaie, ce serait au monde le seul pays capable d’adosser sa monnaie sur de l’or et des pierres précieuses tant son trésor caché dans ses caves ultra-blindées est gigantesque.

En remontant un peu en latitude on tombe sur un autre rocher, Monaco. Selon le Prince son tout petit pays a mis de l’ordre dans le choix des investisseurs qui viennent y déposer leurs dollars, leurs euros ou leurs francs suisses. Vaste blague ! Rien n’a vraiment changé. Plus au nord encore on arrive à un gros morceau : la Confédération helvétique et son satellite le Liechtenstein. Dans ces deux pays tout est légalement autorisé. Le trafic d’or constitue un élément essentiel de l’économie suisse. Une multitude de grandes multinationales impliquées dans le négoce mondial de matières premières se trouvent comme par hasard localisées en Suisse car l’opacité de leurs comptes, gérés par des banques adéquates, passe au travers des juridictions des pays où elles opèrent et pour les Suisses le Lichtenstein n’est en définitive qu’un moyen de se laver la conscience.

Plus au nord, passons au sujet de la bourse de Zürich, il y a là nouveau un gros morceau, le Duché du Luxembourg, le nec plus ultra des paradis fiscaux les plus opaques du monde. Il existe dans ce petit territoire une multitude d’officines d’avocats spécialisés dans l’optimisation fiscale et les coups tordus en tous genres. C’est la face cachée du Duché : dans chaque petite maison coquette des quartiers résidentiels du Luxembourg il y a un véritable fourmillement de cabinets d’avocats spécialisés en contact direct avec des officines tout aussi souterraines aux Bahamas, aux Bermudes, aux Iles Vierges, à Antigua ou encore Panama, Santa-Lucia, Curaçao.

A peu près à la même latitude se trouvent les Iles Anglo-Normandes. Inutile d’insister qu’il s’agit d’une filiale ilienne de la City, elle-même un gigantesque paradis fiscal. Pas très loin de Londres, à même pas quelques heures de Victoria Station, se trouvent les Pays-Bas, un paradis fiscal qui n’a jamais avoué sa réelle nature.

Ce n’est pas fini, après la City on trouve l’île de Man, petit paradis fiscal presque oublié qui comme les îles anglo-normandes arrange bien les financiers de la City, la City qui traite des transactions mondiales comme l’or, le Libor ou le cours du Brent, des paramètres économiques qui ont des retombées mondiales sans que le citoyen européen ou du monde entier puisse en prendre parfaitement connaissance. Enfin un autre gros morceau tout aussi discret, car dans la grande tradition du catholicisme il ne faut pas offenser autrui, donc respecter la loi, c’est la République d’Irlande. On ne peut pas dire que l’Irlande soit un paradis fiscal mais, comme dans le cas des Pays-Bas, les avantages fiscaux proposés aux grandes entreprises sont tels que de nombreuses multinationales ont choisi de se domicilier dans ce pays ainsi qu’aux Pays-Bas d’ailleurs.

Conclusion : les contribuables européens, de quel pays que ce soit, paient infiniment plus d’impôts qu’ils ne le devraient en raison de l’existence de tous ces paradis fiscaux qui sont de véritables cancers rongeant les économies et les finances des grandes entités nationales comme l’Italie, l’Espagne ou la France. Pourquoi ces pays tolèrent-ils l’existence de ces parasites qui siphonnent la richesse qui devrait rester chez eux ? Parce que les paradis fiscaux au sein de l’Europe participent au grand dessein de main-mise de la grande finance apatride sur le monde pour mettre en place un nouvel ordre mondial …

Et l’Europe est justement la première grosse économie à maîtriser. Et c’est d’autant plus facile que l’Europe est déjà un vassal des USA, ne possède pas de pouvoir politique ni d’harmonie fiscale. Donc les paradis fiscaux européens permettent de canaliser le pouvoir financier vers ces grandes multinationales hégémoniques et tous les moyens de pression sur les contribuables sont bons à prendre. Les grandes multinationales de l’industrie, de l’alimentation, de la chimie, de la pharmacie, de la distribution et de l’énergie sont elles-mêmes sous le contrôle de la grande finance apatride.

Tout le système financier est mondialement interconnecté et la mise en place de la suprématie du dollar, de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international sans oublier la Banque des règlements internationaux ou le système Swift a rendu possible la construction progressive de cette gouvernance mondiale pilotée depuis le « Deep State » américain.

Alors les gouvernements ont l’impression d’avoir les coudées franches pour rançonner les petits, les gueux, et tous les prétextes sont bons pour organiser l’instauration étape par étape de ce nouvel ordre mondial. Il n’est même plus question de démocratie, c’est un concept qui a vieilli ! L’opportunité montée de toutes pièces pour siphonner la richesse des classes laborieuses est le sauvetage de la planète avec la préservation du climat, des écosystèmes, des forêts et des espèces en voie de disparition, c’est nouveau (non, pas vraiment, depuis 30 ans déjà) et c’est génial : tous ces sans-dents se sentent concernés car ils sont à longueur d’émissions de télévision culpabilisés et ils doivent donc expier leurs fautes. Cette préoccupation de sauvetage de la planète est un produit vendu par les médias elles-mêmes au service de la grande finance. C’est une partie de l’agenda de la mise en place de ce nouvel ordre mondial qui en a décidé ainsi … Il n’y a pas dans ce projet de totalitarisme à l’échelle mondiale de centre décisionnel ni d’acteurs clairement identifiés. Le grand public connait les noms de certaines organisations non gouvernementales actives (et activistes) sur l’ensemble de la planète pour soutenir cette idéologie mais ce qu’il ignore est l’action incessante et souterraine de clubs financiers supranationaux comme Bilderberg, le Forum économique mondial (Davos), pour la mentionner une deuxième fois la Banque mondiale et enfin, cerise sur le gâteau à laquelle ont déjà goûté à leurs dépens certaines sociétés, l’existence de tribunaux internationaux d’arbitrage largement ignoré par les peuples, un outil imparable pour faire plier un pays récalcitrant. Et ce n’est pas un fait du hasard si ces tribunaux se trouvent à Washington.

Il apparaît néanmoins qu’il y a dans le monde de grands pays récalcitrants non seulement aux mesures démagogiques de sauvetage du climat mais aussi à la main-mise du dollar sur l’économie mondiale. Ce projet de domination du monde est de toute évidence issu de l’aristocratie financière anglo-saxonne et cet agenda est naturellement mal venu en Chine, comme en Inde ou encore en Russie.

J’ai oublié Malte, Chypre mais aussi l’archipel des Canaries (oui c’est vrai …) ou encore Saint-Barth, mais bon, mes lecteurs me le pardonnerons. Commentaire sur l’illustration. Le « rocher » de Gibraltar est peuplé de macaques parfois agressifs. La piste de l’aéroport traversé par l’unique route qui relie cette possession anglaise au reste de l’Espagne péninsulaire traverse la piste qui matérialise la frontière avec l’Espagne et la ville de La Linea de la Concepcion dont l’économie est intimement liée à Gibraltar.

L’oligopole de l’audit méconnu du grand public

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Pour que mes lecteurs comprennent l’article traduit par mes soins et paru sur le site wolfstreet (lien en fin de billet) il est nécessaire de disposer de quelques informations. Les 4 grandes sociétés d’audit, de comptabilité et de conseil fiscal et juridique dont il est question ici sont KPMG (Amsteveen, Pays-Bas), Deloitte (Londres, UK), Ernst&Young (Londres, UK) et PricewaterhouseCooper (Londres, UK). En raison de récentes faillites retentissantes comme Carillion en Grande-Bretagne il était nécessaire de faire le point sur cet état dans les Etats que constituent ces « Big Four » dont les services auprès des entreprises cotées en bourse sont indispensables en raison des régulations nationales et internationales. À l’heure du Brexit et compte tenu des législations fiscales laxistes de la City de Londres et des Pays-Bas il m’est apparu opportun de traduire cet article. Bonne lecture.

L’oligopole de l’audit des « Big Four » s’étend de plus en plus.

Les 4 géants de la comptabilité des entreprises se trouvent aujourd’hui dans une situation inattendue, les gouvernements et les régulateurs, après plusieurs faillites retentissantes d’entreprises clientes, semblent vouloir casser leur position monopolistique. Mais cela ne les a pas empêchés de se diversifier pour accroitre leur expansion. L’une de ces nouvelles activités est l’aide juridique globale auprès des entreprises clientes, un marché estimé à plus de 600 milliards de dollars. C’est Deloitte qui, la première, a offert ce type de services holistiques rapidement suivie par Ernst&Young. Les cabinets de conseils juridiques traditionnels ne voient naturellement pas d’un bon oeil cette récente diversification des « Big Four » car elles joueront un rôle très important sur ce marché en raison de leur base de clientèle considérable. Par exemple Ernst&Young vient de racheter Riverside Law, l’un des cabinets juridiques majeurs de Londres pour bien montrer l’extension de son territoire d’activité. Les « Big Four » ont immédiatement exploité la nouvelle loi britannique qui précise que les cabinets d’avocats ne doivent plus obligatoirement être dirigés que par des avocats, une modification de la loi très probablement obtenue à la suite d’un lobbying intense de ces « Big Four ».

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L’immense richesse des « Big Four » à une vaste échelle leur permet de conquérir ce marché juteux du conseil juridique. En 2017 PwC a réalisé un chiffre d’affaire de 37 milliards de dollars et Deloitte 39 milliards alors qu’un « gros » cabinet londonien comme Latham&Watkins a à peine atteint les 3 milliards, et tout ça malgré la méfiance grandissante des gouvernements devant la puissance immense de ces 4 firmes. Les « Big Four » ont réalisé en 2017 134 milliards de chiffre d’affaire avec 890000 employés dans pratiquement le monde entier, et elles continuent de s’étendre avec les acquisitions de plus petits concurrents ainsi que l’augmentation incessante du coût de leurs prestations en dépit de la détérioration de la qualité de ces dernières, pointée du doigt par les gouvernements. En Grande-Bretagne, le gouvernement cherche à casser le monopole des « Big Four » dans la mesure où il existe le plus souvent des conflits d’intérêt entre l’activité d’audit et le conseil juridique et fiscal. Au contraire la Commission Européenne à Bruxelles a rétribué les « Big Four » à hauteur de 105 millions d’Euros en 2016 pour seulement évaluer l’impact que pourraient avoir l’établissement de nouvelles dispositions relatives à l’optimisation fiscale des entreprises transnationales alors que tout le monde sait très bien que ces « Big Four » sont justement impliquées dans l’optimisation fiscale de leurs clients. Comme s’il n’y avait pas de conflit d’intérêt favorisé, qui plus est, par cette même Commission Européenne (source euobserver.com du 10 juillet 2018) !

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Les « Big Four » auditent 99 des 100 compagnies cotées au FTSE 100, 497 des 500 compagnies cotées au S&P 500 et plus de 90 % des sociétés cotées sur l’Euronext. Et cette situation monopolistique ne fait que s’accroître malgré le scandale Enron (voir note) et toutes les économies occidentales – et les gouvernements – resteront encore longtemps sous leur coupe.

Source : Wolfstreet.com, https://wolfstreet.com/2018/08/12/big-four-audit-oligopoly-expands-global-reach-further/

Note. La société texane Enron auditée par le cabinet Arthur Andersen subit une retentissante faillite au début des années 2000 car sa comptabilité était complètement falsifiée. Ce scandale eut pour conséquence la disparition dévastatrice du cabinet Arthur Andersen qui faisait partie alors du club des « Big Five » qui ne sont plus que 4 aujourd’hui.