Le kérosène dans le collimateur des écolos, une blague grossière !

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Sous la pression des partis écologistes le gouvernement fédéral helvétique envisage de mettre en place une taxe carbone sur les billets d’avion.

Alors faisons les comptes. En 2018 je suis monté à bord de 25 avions différents – je ne suis pourtant qu’un modeste voyageur – pour parcourir 55000 kilomètres. Si j’avais couvert une telle distance avec un véhicule automobile à essence consommant 3,5 litres de carburant pour 100 km j’aurais donc consommé, à peu près, 2000 litres d’essence. Cette même distance couverte par un gros porteur genre Airbus A-330 a nécessité par passager à peu près 400 litres de kérosène donc 4 fois moins de carburant qu’avec une voiture.

Ah ! Mais votre calcul, même approximatif, ne vaut rien, me rétorqueront les écologistes politisés à outrance et prisonniers de leurs dogmes. Les avions volent à 10000 mètres d’altitude et avec les trainées de poussières qu’ils laissent derrière eux ils perturbent le climat. Au sol les automobiles n’ont pas un tel effet sur le climat.

Admettons. Il n’en reste pas moins que les avions émettent 4 fois moins de gaz supposés présenter un effet de serre par kilomètre-passager. Donc le transport aérien (gros porteurs, c’est-à-dire plus de 200 passagers) est plus « écolo » que l’automobile et encore une fois ces écologistes qui veulent tout régenter conformément à leurs idéologies se trompent au sujet des billets d’avion. Oui mais ! diront-ils alors, la consommation de kérosène qualité aviation ne cesse d’augmenter et du coup les gaz à effet de serre augmentent. Encore une erreur grossière : ce kérosène ne représente que 5 % de tous les distillats de pétrole. Avant d’affirmer que les avions ont un immense effet sur le réchauffement climatique et qu’il faut donc taxer les billets d’avion, il est plus prudent de s’informer et de réfléchir avant de parler … Illustration : aéroport de Madrid-Barajas

Erratum

Dans le billet du 24 février 2019 relatif à la plante japonaise de longévité, il fallait lire « ashitaba » et non pas ashibata. On trouve les feuilles de cette plante séchées et en poudre dans les rayons spécialisés des supermarchés de Tokyo.

Réchauffement climatique : dans le genre « fakenews » tous les records viennent d’être battus !

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La physique des nuages est une science complexe car elle est multifactorielle et ces facteurs sont interdépendants, ce qui chagrine les spécialistes de l’atmosphère et du climat, car qui dit nuages dit effets de serre et changement climatique, cela va de soi, mais l’étude des nuages se prête très mal, pour cette raison à la modélisation à l’aides plus puissants ordinateurs. Le CalTech (California Institute of Technology) à Pasadena en Californie dispose justement de très puissants équipements de calcul et héberge le Jet Propulsion Laboratory, un environnement très favorable pour s’amuser à simuler la formation et la disparition des nuages dans l’hypothèse d’un réchauffement du climat à venir.

Et c’est ainsi que les choses deviennent carrément grotesques. L’équipe du Docteur Tapio Schneider s’est fendue d’un modèle expliquant la formation des nuages en fonction de la teneur en CO2 de l’atmosphère, donc d’une augmentation des températures perturbant gravement les zones intertropicales.

Ils ont trouvé grâce à cette modélisation qu’une élévation des températures globales dans cette région du globe allait littéralement volatiliser les nuages de moyenne altitude, qu’il ferait donc encore plus chaud et que le phénomène s’accélérera tellement qu’au final il n’y aurait pratiquement plus de nuages du tout. C’est fantastique en un sens parce qu’il n’y aurait plus d’ouragans, de typhons et de cyclones, appelez-les comme vous voudrez. Ce qui est incroyable est le fait que l’éditeur de Nature Geoscience dont le numéro paru le 27 février 2019 fait état de cet immense et très sérieux travail ne s’est même pas rendu compte que c’était de la fausse science, une véritable « fakenews » tellement grossière qu’elle est passée inaperçue.

Dans leurs modélisations ces « savants » ont ignoré un paramètre trop souvent oublié par les climatologues dont j’ai souvent mentionné l’existence sur ce blog : le gradient adiabatique atmosphérique qui produit un refroidissement de l’air en fonction de l’altitude et je peux assurer mes lecteurs qu’ayant souvent pris l’avion à partir de villes situées dans cette zone intertropicale la température extérieure diminue nettement quand l’aéronef s’élève dans les airs. Et si l’air est chargé d’humidité sous forme de vapeur d’eau, quoiqu’il arrive par ailleurs, CO2 ou pas, cette vapeur d’eau ne pourra que se condenser et provoquer la formation de nuages.

Les auteurs de cette percutante simulation ont même prévu par rétroaction une augmentation de la température moyenne de 8°C si la teneur en CO2 triplait, c’est-à-dire si l’humanité toute entière ne fait pas de gigantesques efforts pour réduire les émissions de carbone.

Quand on songe que de tels travaux sont financés par les contribuables on est à la limite des larmes. Néanmoins le Washington Post a repris l’information, il fallait s’y attendre, ainsi qu’une multitude de sites internet dont celui-ci : https://www.quantamagazine.org/cloud-loss-could-add-8-degrees-to-global-warming-20190225/ . Les fakesnews climatiques ont encore un très bel avenir devant elles : il y a encore un long chemin pour établir une gouvernance mondiale afin que celle-ci réduise à l’esclavage l’ensemble de la planète au profit de quelques poignées d’initiés. Un bel avenir qui se profile parce que tout est déjà prêt et cette fakenews fraîchement sortie est là pour nous préparer à la repentance ultime à moins de mourir grillés. Du grand n’importe quoi !

Le CO2, ça paie pas assez alors il y a le méthane

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Dans la rubrique des gaz à effet de serre, l’espèce d’hystérique qui a réussi à être élue avec l’étiquette démocrate représentante de la ville de New-York au Congrès américain, en rajoute une couche avec son « Green New Deal ». Vue sa sale tête, elle est soit vegan, soit mal baisée soit les deux. Toujours est-il que pour combler ses frustrations elle s’est lancée dans la guerre contre les pétulances des bêtes à corne. Comme elle s’inquiète du méthane – hautement toxique pour le climat – Alexandria Ocasio-Cortez doit donc être vegan, du moins c’est ma conviction que je ne partage qu’avec moi-même.

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Cette pasionaria du climat et de la plus orthodoxe des écologies prône donc l’interdiction de l’élevage bovin. Ce qu’elle a oublié de mentionner dans ses diatribes passionnées c’est ce qui arrive au méthane d’origine naturelle mais aussi à celui des décharges d’ordures ménagères, des étangs et enfin des pétulances des 7 milliards de bipèdes que compte la planète. Le méthane se retrouve dans l’atmosphère, c’est un fait, et une partie de ce gaz a tendance à se retrouver dans la stratosphère puisque sa densité est inférieure à celle de l’air, et il va préférentiellement entre 10 et 60 km d’altitude. En présence de rayonnement ultra-violet le méthane, en contact avec l’oxygène, est rapidement oxydé pour produire du CO2 et de l’eau :

CH4 + 2 O2 -> CO2 + 2 H2O

Cette simple équation chimique explique pourquoi il y a toujours environ 4 ppm en volume de vapeur d’eau dans la stratosphère alors que compte tenu des très basses températures de la troposphère de – moins 60°C dans les basses couches de la stratosphère – toute la vapeur d’eau aurait du disparaître par condensation et formation de cristaux de glace qui par gravité retombent vers les basses altitudes. Cette présence de vapeur d’eau dans la stratosphère a intrigué les physiciens spécialistes de l’atmosphère et seule la présence de méthane et son oxydation par l’oxygène peut l’expliquer. Alors si le méthane est un dangereux gaz à effet de serre cette affirmation est en contradiction avec les observations mentionnées ici.

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Illustrations et sources : The Daily Caller, et Climate Depot

Le climat : une préoccupation néo-fasciste ?

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J’ai écouté une très intéressante émission de Michel Drac au sujet du fascisme, ses fondements idéologiques, sa genèse par Benito Mussolini, une idéologie complexe paradoxalement soutenue par la bourgeoisie italienne et la franc-maçonnerie. De cet exposé j’ai retenu une phrase qu’avait prononcé Lénine et qui fut reprise quelques années plus tard dans un contexte légèrement différent. Lénine dit (je n’ai pas noté la date) : « le communisme c’est le parti unique et l’électricité« . Mussolini a repris cette phrase presque mot pour mot : « le fascisme c’est le parti unique et l’électricité« . À l’époque où le Duce prononça cette phrase le mot fascisme n’était pas péjoratif puisqu’il s’agissait du système politique italien d’Etat.

Aujourd’hui les crypto-trotskistes reconvertis à l’idéologie écologiste totalitaire, comme le communisme et le fascisme le furent en leur temps, mettent systématiquement en avant l’électricité comme source de tous les malheurs climatiques que nous subissons déjà (ah bon ?) et que nous allons faire subir aux prochaines générations qui grilleront comme des toasts par notre inconséquente désinvolture de consommateurs effrénés.

Drôle de rapprochement mais j’en assume la pleine responsabilité.

Michel Drac, code youtube : https://www.youtube.com/watch?= bdlycRzUjvw

La Russie et la Chine font bloc pour contenir l’impérialisme américain

Voici la traduction d’un article de Federico Pieraccini paru sur le site strategic-culture.org . Les ajouts en italique permettent une meilleure compréhension du texte.

Fort heureusement le monde d’aujourd’hui est très différent de celui de 2003 et les décrets de Washington pour déterminer l’ordre mondial sont devenus moins efficaces. Cependant, malgré la nouvelle division plus équilibrée du pouvoir entre plusieurs puissances, Washington apparaît de plus en plus agressif envers ses alliés et ses ennemis, d’ailleurs quel que soit le Président en place. La Chine et la Russie ont pris la tête de cette transition historique tout en veillant à éviter une guerre directe avec les Etats-Unis. Et pour réussir dans cette entreprise ils ont choisi une stratégie hybride associant diplomatie, soutien militaire à leurs alliés et garanties économiques aux pays attaqués par Washington.

Les USA considèrent que la planète entière est leur terrain de jeu. La doctrine militaire et politique américaine est basée sur le concept d’hégémonie libérale comme l’a expliqué le politologue John Mearsheimer. Avec le temps cette attitude impérialiste a créé un front coordonné et semi-officiel de pays résistants à cette hégémonie libérale. Les récents évènements survenus au Vénézuela montrent bien pourquoi la coopération entre ces pays contre-hégémoniques est essentielle pour accélérer la transition d’une réalité unipolaire à une réalité multipolaire au sein de laquelle les dommages causés par l’impérialisme américain sont atténués.

Moscou et Pékin, après une période de relations complexes durant la guerre froide, ont réussi à concilier leurs grands objectifs pour les prochaines années. Le rapprochement vers lequel ils sont arrivés tourne principalement autour de l’atténuation du chaos que Washington a provoqué dans le monde.

Le principe directeur de l’appareil de renseignement militaire américain est que si un pays ne peut pas être contrôlé (tel que l’Irak après l’invasion de 2003) il doit être détruit pour éviter qu’il ne tombe dans le camp sino-russe. C’est ce que les Etats-Unis ont tenté de faire en Syrie et qu’ils entendent faire avec le Vénézuela.

Le Moyen-Orient est une région qui attire l’attention de la planète entière depuis un certain temps car Washington souhaite clairement appuyer ses alliés israélien et saoudien. Israël poursuit une politique étrangère visant à démanteler les États iranien et syrien et l’Arabie saoudite poursuit la même stratégie en alimentant de plus une scission au sein du monde arabe découlant de ses différences avec le Qatar. Depuis des décennies Washington soutient les décisions de politique étrangère d’Israël et de l’Arabie saoudite pour deux raisons bien spécifiques : satisfaire l’influence du lobby israélien à Washington et nécessité de veiller à ce que l’Arabie saoudite vende du pétrole aux USA facturé en dollars afin de préserver le rôle de la devise américaine en tant que monnaie de réserve mondiale.

Maintenir le rôle du dollar US comme monnaie de réserve mondiale est essentiel pour que Washington puisse conserver son statut de superpuissance et sa stratégie hybride dirigée contre ses rivaux géopolitiques. Les sanctions financières sont un bon exemple illustrant la manière d’agir de Washington en utilisant le système financier et économique mondial basé sur le dollar US comme une arme dirigée contre ses ennemis. Au Moyen-Orient l’Iran est la cible principale avec des sanctions dont le but est d’empêcher cette république islamique d’échanger avec les systèmes bancaires étrangers. Avec la Syrie, Washington a menacé les compagnies étrangères de sanctions si elles concluaient des contrats avec Damas pour reconstruire le pays. Elles ne seraient alors plus habilitées à travailler aux USA.

Pékin et Moscou ont choisi une stratégie diplomatique claire : ils rejettent conjointement les innombrables motions présentées par les USA, la Grande-Bretagne et la France au conseil de sécurité des Nations-Unies condamnant l’Iran et la Syrie et la Russie maintient sa présence militaire en Syrie (dans le cadre d’accords bilatéraux d’assistance) et les efforts économiques de la Chine, bien qu’ils ne soient pas encore pleinement visibles en Iran et en Syrie, seront essentiels pour raviver ces pays détruits par des années de guerre infligées par Washington et ses alliés (européens). La stratégie de la Chine et de la Russie au Moyen-Orient vise à défendre la Syrie et l’Iran par la voie diplomatique en utilisant le droit international, droit que les USA et ses alliés dans la région continuent à manier allègrement (à leur profit). L’intervention militaire russe en Syrie a joué un rôle essentiel dans la lutte contre l’agression inhumaine lancée contre la Syrie et elle a mis un terme à celle-ci. La Russie a également tracé une ligne rouge qu’Israël ne pourra pas franchir dans son projet d’attaquer l’Iran. La défaite des Etats-Unis en Syrie a créé un précédent encourageant pour le reste du monde : Washington a été contraint d’abandonner ses plans pour éliminer Assad.

À l’avenir on se souviendra que la Syrie marque le début de la révolution multipolaire, pays dans lequel les Etats-Unis étaient confinés dans leur action militaro-conventionnelle à la suite des actions coordonnées de la Russie et de la Chine. La contribution économique de la Chine satisfait des besoins urgents comme la fourniture de nourriture, de médicaments et de capitaux à tous les pays assiégés par Washington. Tant que le système financier mondial restera ancré au dollar US Washington restera en mesure de causer beaucoup de dégâts aux pays réfractaires à ses diktats.

Les effets des sanctions économiques américaines varient d’un pays à l’autre. La Fédération de Russie a tiré parti de ces sanctions en refinançait la totalité de sa dette extérieure (celle détenue par des non résidents en se débarrassant de ses réserves de devises en dollars US pour dans le même temps acheter massivement de l’or). La Russie s’est aussi organisée pour produire chez elle ce qui était jusque là importé de l’étranger. La stratégie à long terme de la Russie consiste à s’ouvrir à la Chine et à d’autres pays asiatiques ce qui aura pour conséquence de réduire ses contacts avec des pays hostiles européens comme la France ou l’Allemagne.

À la faveur de l’initiative chinoise d’investissements massifs dans le projet « Initiative Ceinture et Routes » (Belt and Road Initiative, BRI) l’hégémonie du dollar US est menacée à moyen et long terme. De plus les initiatives chinoises dans les domaines des infrastructures, de l’énergie,du transport ferroviaire, des routes et des technologies dans des dizaines de pays de par le monde, combinées au besoin continu et croissant en pétrole entraineront une consommation de plus en plus importante en pétrole actuellement payé en dollars US. De plus Moscou occupe une position privilégiée et entretient de bonnes relations avec tous les principaux producteurs de pétrole et de gaz, du Qatar à l’Arabie saoudite en passant par le Nigéria, l’Iran et le Vénézuela. Les bonnes relations entre Riyad et Moscou visent à créer une sorte d’OPEP+ incluant la Russie.

Une attention toute particulière doit être accordée à la situation au Vénézuela, l’un des plus importants pays de l’OPEP. Riyad a envoyé à Caracas au cours des dernières semaines un pétrolier transportant deux millions de barils de pétrole et Mohammed bin Salman (MBS) a adopté une position neutre vis-à-vis du Vénézuela pour maintenir une équilibre prévisible entre Washington et Caracas. Ces initiatives dirigées par Moscou et Pékin ont pour objectif de réduire l’utilisation du dollar US par les pays participant à la Belt and Road Initiative et adhérant au cadre OPEP+ et cette diversification par rapport au dollar pour couvrir les transactions financières dans les domaines de l’investissement, du pétrole et du gaz naturel liquéfié entrainera l’abandon progressif du dollar à la suite d’accords supprimant progressivement le dollar US. Pour l’instant Riyad ne semble pas vouloir perdre la protection de l’armée américaine mais les récents évènement concernant l’affaire Khashoggi et l’inscription avortée de Saudi Aramco tant aux bourses de New-York que de Londres ont ébranlé la confiance de la famille au pouvoir envers ses alliés américains. Lorsque MBS et Poutine se sont rencontrés en marge du G20 à Buenos-Aires, il s’agissait d’un message clair envoyé à Washington concernant l’avenir du pétro-dollar.

Le processus d’Astana est l’aboutissement des efforts militaires, diplomatiques et économiques de Moscou et Pékin. La Turquie a été l’un des principaux pays à l’origine de l’agression contre la Syrie mais Moscou et Téhéran l’ont incorporée dans le processus visant à contenir le chaos régional engendré par les USA. Grâce à des accords conclus en Syrie instituant des zones de « déconfliction » Damas a avancé ville après ville pour débarrasser le pays des terroristes financés par les Etats-Unis, l’Arabie saoudite et Ankara (mais aussi la Grande-Bretagne et la France). Quant au Qatar, ce minuscule pays finance l’économie de la Turquie et en retour Ankara assure une protection militaire à Doha. De ce fait le Qatar s’éloigne du camp israélo-saoudien en bénéficiant par ailleurs des efforts de la Russie et de la Chine dans les domaines énergétique, diplomatique et militaire. Doha a adopté cette attitude d’ouverture vers Moscou et Pékin à cause de la guerre diplomatique et économique déclenchée contre le Qatar par Riyad, une autre conséquence du chaos créé par Washington sur ses alliés dans la région, Israël et l’Arabie saoudite.

Ainsi Washington perd son influence militaire dans la région à cause de la présence de Moscou ce qui pousse naturellement les alliés traditionnels des Américains à s’engager dans le camp des pays opposés à Washington. La défaite diplomatique et militaire des Etats-Unis dans la région permettra à terme de changer la structure économique où une réalité multipolaire prévaudra, où des puissances régionales telles que l’Egypte, la Turquie, l’Arabie saoudite et l’Iran deviendront obligées d’interagir économiquement avec l’ensemble du continent eurasiatique dans le cadre de l’initiative « Belt and Road ». Le principe de base pour Pékin et Moscou est le recours à des moyens militaires, diplomatiques et économiques pour contenir les Etats-Unis dans leur volonté incessante de tuer, voler et de détruire.

En Asie Pékin a usé de la diplomatie pour faciliter les discussions entre les deux Corées (comme les deux Allemagnes elles finiront bien par se réunir), accélérer les discussions entre Séoul et Pyongyang, excluant ainsi les acteurs externes tels que les USA qui n’ont que l’intention de saboter ces discussions. La composante militaire chinoise a également joué un grand rôle, même si Pékin ne l’a jamais utilisée comme la Russie en Syrie. les options de Washington vis-à-vis de la péninsule coréenne étaient fortement limitées en raison du fait que la frontière avec la Corée du Nord est constituée d’énormes forces nucléaires et conventionnelles, en d’autres termes la dissuasion offerte à la Corée du Nord par la Chine et la Russie. Décider d’un conflit armé avec la Corée du Nord était une option peu pratique pour les USA.

Comme par le passé, les effets de l’embargo américain financier total imposé à la Corée du Nord par les Américains en raison des activités nucléaires de ce pays furent très largement allégés par la bouée de sauvetage économique provenant de Moscou et de Pékin. La diplomatie sino-russe très habile auprès de la Corée du Sud a eu un effet très positif comme cela fut le cas avec la Turquie. La Corée du Sud semble en effet dériver progressivement vers le monde multipolaire emmené par La Russie et la Chine avec des perspectives importantes et des perspectives de réunification des deux Corées. De plus cet effort diplomatique a contrecarré les efforts de Washington pour semer le chaos aux frontières russo-coréenne (la Russie partage une frontière commune avec la Corée du nord) et sino-coréenne.

Les USA semblent perdre leur élan impérialiste plus particulièrement en Asie et au Moyen-Orient, non seulement sur le plan militaire mais également sur les plans diplomatique et économique.

La situation en Europe et au Vénézuela est différente. Ce sont deux régions où Washington exerce toujours un poids géopolitique plus important qu’au Moyen-Orient ou en Asie. Dans les deux cas l’efficacité de la résistance sino-russe – en termes de diplomatie, d’économie et de présence militaire est plus limitée pour des raisons différentes qui seront abordées dans un prochain article.

Nouvelles indirectes du Japon : l’ashibata (明日葉 ) plante magique.

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La plante vivace Angelica keiskei koidzumi pousse à l’état sauvage dans les deux péninsules constituant l’ouverture vers le large de l’immense baie de Tokyo. J’ai dit un mot de celle située au sud de Yokohama dans un billet qui traitait de la vague scélérate peinte par Hokuzai.

L’ashibata fait partie de la famille des Apiacées comme la carotte et ses feuilles sont riches en une flavone, la 4,4′-diméthoxychalcone (DMC) qui a été identifiée lors d’un screening haute fréquence concernant plus de 150 flavonoïdes comme promouvant la survie du nématode Caenorhabditis elegans et de la mouche du vinaigre Drosophila melanogaster et la croissance des cellules humaines (trois souches utilisées) en culture, trois tests pouvant être inclus dans un screening haute fréquence. La molécule a été identifiée comme répondant aux deux critères inclus dans le test – croissance et survie – comme le montre la figure ci-dessous :

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Je rappelle que le Z-score correspond au nombre d’écart types d’un échantillon le séparant de la moyenne utilisée comme point de référence. Dans une représentation bi-dimensionnelle tout échantillon s’éloignant du centre dans le quadrant positif-positif est considéré comme répondant aux deux critères de screening choisis.

La croissance et la survie au niveau cellulaire implique que la cellule se débarrasse durant son cycle de vie de tous les déchets qui peuvent s’accumuler. Cette activité dont dépend la bonne santé d’une cellule est appelée autophagie, c’est-à-dire le processus intra-cellulaire qui va en quelque sorte encapsuler les déchets dans des vésicules appelées autophagosomes et les convoyer vers l’usine de traitement des déchets, le lysosome, un autre organite sub-cellulaire qui dispose d’une puissante machinerie enzymatique pour recycler les composants de ces déchets. Ce processus contribue au maintien d’une biosynthèse intra-cellulaire satisfaisante et par conséquent à la santé de n’importe quel organe et au final à la survie de l’organisme tout entier.

La DMC identifiée au cours du screening est un activateur de cette phagocytose beaucoup plus puissant que par exemple le resvératrol présent dans le vin rouge. Le resvératrol est un stilbène et non pas un flavonoïde et il présente surtout des propriétés anti-oxydantes. Son mode d’action est donc différent de la DMC. L’un des effets les plus spectaculaires de la DMC est son effet bénéfique sur la survie de cellules humaines, ici une lignée établie d’origine tumorale, un ostéosarcome :

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Le fait que l’ashibata est la seule plante où la DMC soit présente corrobore le fait que la pharmacopée japonaise traditionnelle considère celle-ci comme promouvant la longévité et la santé en général. la DMC n’est pas toxique, du moins chez les souris nourries avec une préparation alimentaire contenant 0,25 % de DMC. Au cours de cette dernière étude une activité bénéfique de la DMC sur les effets de l’alcool au niveau du foie a pu être constatée. Au Japon c’est la plante de la longévité …

Cette étude a été réalisée dans le cadre d’une collaboration entre l’Université de Graz (Autriche) et plusieurs laboratoires hospitaliers parisiens. Source et illustrations, doi : 10.1038/s41467-019-08555-w