Réflexion sur internet

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Mes deux ordinateurs sont équipés d’AdBlock et je n’ai aucun scrupule à utiliser cette protection que je considère comme une armure me permettant d’être affranchi de l’agression que constitue la publicité en ligne. Cette publicité, sans AdBlock, est tout simplement handicapante quand on ne dispose pas d’ultra-haut débit.

Depuis quelques mois je me suis rendu compte que certains de mes sites favoris me signalaient que c’était très mal d’utiliser AdBlock car ils vivaient justement de la publicité. J’ai été surpris que par exemple un site comme Forbes qui ne s’intéresse qu’aux riches, aux grandes entreprises et aux évènements glamour m’ait fait comprendre que dorénavant je ne pourrai plus avoir accès à sa prose parfois intéressante (mais rarement) si je ne désactivais pas AdBlock ! Comme si le magazine en ligne Forbes avait besoin de publicité pour survivre … C’est vraiment n’importe quoi.

D’autres sites, non contents de me signaler que j’utilise AdBlock, en rajoutent en me signalant que si je veux continuer à les parcourir il faut que je m’abonne à leur truc pour quelques dollars par mois. D’autres sites que je nommerai pas clament leur indépendance grâce aux dons de leurs lecteurs et que par conséquent si j’utilise AdBlock il me faudra aussi passer à la caisse pour financer leur indépendance. C’est encore vraiment n’importe quoi !

Mon blog est gratuit, n’importe qui peut reproduire mes articles, je n’ai jamais demandé à un quelconque de mes lecteurs de contribuer au financement de mon blog tout simplement parce que je veux préserver ma liberté d’expression qui est une des rares libertés qui me reste. Par contre le site wordpress me signale que parfois mes lecteurs peuvent être importunés par de la publicité quand ils lisent ma prose. Je m’en excuse auprès de mes lecteurs mais c’est indépendant de ma volonté et les revenus perçus par wordpress n’arrivent évidemment pas dans mon escarcelle. Pour que vous ne soyez pas importunés par de la publicité en lisant mon blog il faudrait que je paie un dû mensuel à wordpress …

Les grandes compagnies qui sévissent sur le net, Facebook, Google ou encore Apple, engrangent des dizaines de milliards de dollars par an grâce à cette publicité que tout un chacun subit chaque jour et elles commencent à sérieusement s’énerver à propos de ces petits outils qui nous protègent des agressions publicitaires en ligne à tel point qu’elles envisagent de systématiquement bloquer les accès à internet de ceux qui utilisent ces outils de protection. Où va la liberté ?

Vivons heureux dans un monde totalement connecté !

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Il y a déjà des centaines d’applications (apps) pour les téléphones cellulaires – j’avoue humblement ne pas du tout être familier avec celles-ci, ni avec mon téléphone d’une manière générale puisque je ne sais même pas comment prendre une photo – il y aura bientôt, dans quelques années, une sorte d’extension intégrée au téléphone portable qui sera un un spectromètre infra-rouge ultra miniaturisé capable d’analyser instantanément n’importe quel produit de consommation courante, un médicament ou un objet en plastique, une crème de beauté, une sauce à la tomate, un fruit, bref, un gadget aux immenses applications dans tous les domaines de la vie quotidienne.

Pour le moment, le SCiO, tel est son nom qui rappelle la première personne de l’indicatif du verbe savoir en latin d’où dérive d’ailleurs le mot science, est un gadget portatif qui procure une analyse détaillée de la matière vers laquelle on a orienté un rayonnement infra-rouge à l’aide d’un simple clic et qui reçoit en retour l’émission infra-rouge du produit dont on veut déterminer la composition. L’inventeur de ce petit bidule (voir la photo, crédit Associated Press), Dror Sharon, qui a créé la société Consumer Physics en Israël vante en ces termes son invention : « nous voulions trouver des applications avec lesquelles les gens peuvent avoir une connexion quasiment viscérale avec le monde dans lequel ils vivent ». Effectivement l’appareil réalise une analyse spectrale de l’objet et indique instantanément quelle est sa composition chimique. On imagine sans peine une utilisation dans des domaines aussi divers que l’analyse des aliments, par exemple ce qu’on nous sert dans un restaurant, la détection de produits pharmaceutiques frelatés, l’état de murissement d’un fruit dans le domaine de l’horticulture ou encore la présence de pigments dangereux dans un jouet en plastique. D’autres applications du SCiO peuvent être envisagées comme par exemple évaluer la richesse en calories d’un fromage, l’usure des pneus d’une voiture, l’analyse d’un échantillon de terre, de vin ou de bière.

Sharon, ingénieur diplômé du MIT, pense pouvoir commercialiser son gadget au prix de 299 dollars dans le courant de l’année 2015 après avoir créé son entreprise par fundraising qui a réuni plus de 11000 souscripteurs et la coquette somme de deux millions de dollars. Naturellement l’appareil sera autonome et transmettra les données de l’analyse à un smartphone après avoir comparé l’analyse spectrale obtenue à une banque de données mais il est tout à fait envisageable que dans un avenir proche un super smartphone pourra remplir lui-même cette fonction. L’histoire ne dit pas si l’accès à la banque de données sera gratuite ou payante mais le SCiO est en lui-même un nouvel outil d’investigation qui laisse entrevoir une nouvelle forme de « Googling » directement associée à la matière qui nous environne.

Source : Associated Press

On est entré dans l’univers prédit par Orwell

 

Le trouble de l’attention chez l’enfant hyperactif (ADHD) est considéré comme une maladie psychiatrique qui concerne entre 1 et 2 % des enfants. En général, une prise en charge optimale de l’enfant par les parents permet de résoudre les problèmes qu’engendre ce trouble la plupart du temps passager mais les parents sont souvent soumis à rude épreuve car un enfant hyperactif qui n’écoute pas ce qu’on lui dit, c’est juste un exemple, peut devenir rapidement exaspérant pour la plus zen des mères de famille. D’une manière générale ce trouble disparaît ou est largement atténué à la fin de l’adolescence mais les parents en gardent toujours un très mauvais souvenir car ils ne savent pas comment interagir avec leur enfant. L’état de stress permanent de ces parents tend d’ailleurs à empirer la situation car un enfant détecte l’humeur de ses parents beaucoup mieux qu’on ne peut l’imaginer et alors son hyperactivité peut se concrétiser par des situations conflictuelles permanentes rendant tout simplement la vie des parents infernale. Ces derniers doivent parfois se plier à une thérapie ou accepter les conseils d’un thérapeute pour les orienter dans leur relation avec leur enfant.

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Devant ce problème et considérant les moyens modernes de communication tels que les ordinateurs, les tablettes ou les téléphones cellulaires à notre disposition quotidiennement une équipe d’informaticiens de l’Université de San Diego en collaboration avec Microsoft a mis au point un application pour smartphone appelée ParentGuardian qui collecte les données envoyées par Wifi d’un bracelet que portent les parents en permanence quand ils sont en présence de leurs enfants. Ce bracelet mesure les discrètes poussées de transpiration, le premier signe tangible du stress, et par l’intermédiaire d’un smartphone ces données parviennent à un serveur dédié qui les analyse en temps réel et retourne sur le smartphone ou de préférence une tablette les instructions aux parents afin qu’ils prennent les mesures nécessaires pour déstresser. Ces interventions à distance sont basées sur la thérapie parentale comportementale qui a prouvé son bien-fondé dans la relation entre parents et enfants souffrant d’ADHD. L’ingénieur de UCSD transfuge de Microsoft définit en ces termes l’application en question : « nous voulons (avec cette application ParentGuardian) aider les parents à être les parents qu’ils voudraient être ». Tout est dit ! Le serveur, un genre de petit « big-brother » spécialisé surveille les parents durant les heures critiques de la vie familiale c’est-à-dire entre 18 h et 22 h et infléchit en temps réel l’attitude des parents. Ces derniers reçoivent sur leur tablette posée par exemple quelque part à la cuisine ou sur la table de la salle à manger des instructions du genre : « prenez trois grandes respirations, comptez jusqu’à 5, imaginez que chaque numéro change de couleur. Responsabilisez-vous, soyez préparé, soyez prédictible … ».

Ce genre de développement est la porte ouverte à une grave atteinte à la vie privée. Il existe déjà un certain nombre d’applications qui permettent de surveiller à distance à l’aide d’un smartphone le rythme cardiaque, la tension artérielle et bien d’autres paramètres afin de faire intervenir le cas échéant un médecin mais la surveillance de la vie familiale, par définition privée, est une atteinte à la liberté fondamentale de l’individu. Nombre d’utilisateurs de smartphones sont déjà devenus totalement dépendants de leur gadget, il suffira que cette dépendance soit judicieusement déviée pour qu’ils deviennent des extensions déshumanisées de leur téléphone, soumis au traitement statistique à l’aide d’algorithmes sophistiqués par des serveurs à l’identité inconnue mais certainement contrôlés par de grosses compagnies comme Google ou Microsoft. Le smartphone est l’outil idéal pour que tout un chacun plonge dans un univers orwellien. Les moteurs de recherche d’internet infléchissent déjà nos choix sans que nous en soyons pleinement conscients, mais quand nous serons munis de toutes sortes de détecteurs corporels supposés bénéfiques pour notre santé nous serons alors devenus des machines. Quel bel avenir en perspective.

Source : UCSD School of Engineering

 

Le cerveau classe lui-même ce qu’il doit mémoriser !

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Jusqu’à ces deux études séparées et publiées dans les PNAS il y a quelques jours (voir les liens), on croyait la capacité de mémorisation du cerveau humain illimitée ou presque sans qu’on n’aie jamais pu prouver cet a priori. On a en effet coutume de considérer qu’on est loin, très loin, d’utiliser la totalité des potentialités de notre cerveau et que par conséquent un meilleur apprentissage de nos capacités de mémorisation pourrait éventuellement décupler notre aptitude à emmagasiner des informations variées, utiles ou non. Or ces deux études montrent clairement qu’il n’en est rien et que le cerveau se comporte sans que l’on en soit conscient comme le disque dur d’un ordinateur. Comparer le cerveau à un disque dur d’ordinateur n’est peut-être pas vraiment adapté mais au moins cela permet d’expliquer comment les choses se passent dans la réalité selon ces deux études. Quand on a atteint les limites de stockage d’un disque dur on décide d’éliminer les fichiers qui ne sont plus que rarement utilisés pour libérer de l’espace de mémoire. Cette opération est faite délibérément. Le cerveau fait un peu la même chose mais ce processus est totalement inconscient et c’est ce qu’ont montré ces deux études.

Dans la première approche, 55 participants ont été soumis à un exercice de perception visuelle durant lequel ils voyaient défiler pendant moins d’une seconde des images montrant simultanément 4 photos. Quatre visages identiques, ou deux visages et deux paysages, ou encore 4 objets identiques ou deux objets et deux visages, tout en suivant l’activité cérébrale par imagerie fonctionnelle par résonance magnétique nucléaire (fMRI). Immédiatement après avoir visionné ces images, on demandait aux participants, toujours en cours d’examen par fMRI, de nommer les images ou les photos dont ils se souvenaient, c’est-à-dire celles que le cerveau avait mémorisé pendant l’exercice. La perception visuelle est traitée par le cortex visuel situé à l’arrière du cerveau dans le la région occipitale. Les informations sont stockées dans une autre partie du cerveau appelée le cortex occipito-temporal et dans des régions discrètes de ce dernier et séparées les unes des autres selon qu’il s’agit de photos de visages, de maisons, d’objets ou de paysages, c’est ce qu’a montré la fMRI. L’activation de ces différentes zones de mémorisation dépend selon cette étude de la nature des images soumises aux sujets en cours d’étude. La mémorisation des visages est par exemple systématiquement plus efficace si sur une image il y a deux visages et deux paysages en comparaison d’une autre image avec seulement quatre visages. Le cortex visuel effectue donc un tri et envoie pour mémorisation une partie des informations que lui a envoyé la rétine. Toujours par fMRI, l’équipe de chercheurs de l’Université d’Harvard a ainsi montré que le cerveau effectuait de lui-même un classement des informations selon leur importance et les stockait dans des zones du cerveau différentes les unes des autres. En quelque sorte, le cerveau s’arrange pour qu’il n’y ait pas « d’embouteillage » au niveau des circuits neuronaux reliant ces zones du cortex relativement éloignées les unes des autres en effectuant une sorte de tri totalement indépendant de notre volonté.

Dans une autre étude effectuée cette fois à l’Université du Texas à Austin, l’approche était différente car la stimulation visuelle consistait à montrer des séries de 3 photos, des objets, des paysages ou des visages et demander aux participants, après les deux premières photos, quel était leur supposition quant à la nature de la photo suivante, par exemple un visage, après deux visages ou un objet après deux objets. Et parfois on montrait alors au sujet un paysage alors qu’il aurait souhaité voir un visage. Le but du test était de faire en sorte que chaque sujet se soumette en réalité à un classement des photos qu’on lui montrait, le visage d’un homme ou d’une femme, ou encore une scène prise à l’extérieur ou à l’intérieur d’une maison. Dix minutes après avoir visionné ces groupes de 3 images successives, 144 illustrations au total soit 48 séries de trois photos, on soumettait les participants à l’étude à un test surprise en leur montrant à nouveau toutes les images qu’ils avaient visionné précédemment dans un certain ordre mais en introduisant au hasard dans la série 48 autres images qu’ils n’avaient jamais vu. On demandait alors à chaque sujet au cours de cette deuxième partie du test d’identifier les images dont ils se souvenaient et celles qu’ils n’avaient encore jamais vu en essayant simultanément d’établir une note concernant le degré de certitude de leur réponse. Il faut se souvenir pour bien comprendre la signification du second test que lors de la première partie de l’investigation les séries de trois images étaient ordonnées pour que les sujets de l’étude anticipent la nature de la troisième image qu’il leur était donnée de voir au cours du test. Comme on pouvait s’y attendre un peu, au cours du second test surprise les divers sujets soumis à l’étude arrivaient beaucoup moins bien à se souvenir des deux images qu’ils avaient déjà vu quand la troisième image était hors contexte, donc jamais vue auparavant.

Les chercheurs en ont déduit que le cerveau est loin de tout mémoriser de manière identique et effectue donc un classement suivant un certain ordre de priorité. Ce classement a également pour but d’alléger les interconnexions entre les zones du cortex cérébral et d’éviter ainsi un encombrement préjudiciable à la bonne qualité du processus de mémorisation mais également de mettre « à la corbeille » des informations jugées, de manière totalement inconsciente, « inutiles » afin de préserver un espace de mémorisation suffisant. Peut-être un début d’explication de l’oubli involontaire que l’on peut parfois constater et qui n’a rien à voir avec la perte de mémoire.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, le cerveau gère donc automatiquement et inconsciemment le processus de mémorisation. Pour en revenir à la comparaison avec un ordinateur, ce serait un peu comme si on disait à ce dernier de trier tous les e-mails reçus dans la boite de courrier électronique automatiquement sans qu’on intervienne directement et de mettre à la corbeille tous les messages que l’ordinateur classerait de lui-même comme indésirables, la corbeille se vidant également automatiquement. Le cerveau est donc bien une incroyable machine à traiter les informations avec ses propres critères dont on est totalement inconscient !

Liens : http://www.pnas.org/content/early/2014/05/29/1317860111 et http://www.pnas.org/content/early/2014/05/29/1319438111 , illustration tirée de The Times. Les liens permettent d’accéder à une partie des articles.

La science moderne dans tous les états !

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Il y a quelques années je suis allé rendre visite à un ancien élève de thèse de science à qui j’avais transmis une partie de mon savoir. Il était devenu directeur d’un laboratoire de virologie de réputation internationale. Il me présenta à ses collaborateurs réunis dans le laboratoire. A l’époque où ce brillant chercheur préparait sa thèse les paillasses étaient encombrées de toutes sortes de fioles et de tubes, de la vaisselle attendait dans un grand bac d’acide, on devait attendre notre tour pour faire des calculs avec l’unique calculateur du laboratoire et on devait dessiner à l’encre de Chine les illustrations des manuscrits que nous avions l’intention de soumettre à publication.

Dans cet endroit tout neuf, les paillasses étaient vides, rien, pas le moindre tube à essai. Un appareil de forme cubique était posé dans un coin avec comme tout prolongement un clavier et un écran. Quelques ordinateurs portables trainaient ça et là, aucune odeur de ces produits chimiques caractéristiques ne pouvait être décelée. A la fin du petit discours, je me permis de demander à ses collaborateurs comment ils travaillaient puisqu’il n’y avait rien sur les paillasses. Il est vrai que je n’avais pas remis les pieds dans un laboratoire de recherche en biologie depuis plus de dix ans et je me rendis compte que tout avait changé. Des machines automatiques avaient remplacé des armadas de petites mains, ces techniciennes sans qui on ne pouvait pas faire progresser le travail, et les ordinateurs étaient connectés à des banques de données et réalisaient des calculs ultrarapides pour faire ressortir des résultats dits « statistiquement significatifs ».

De mon temps il fallait parfois plusieurs semaines de travail pour purifier un enzyme à partir de dix kilos de levures pour pouvoir effectuer le dosage d’un métabolite intermédiaire dans une biosynthèse. A peine quinze ans plus tard, des spectromètres miniaturisés effectuent ce travail en quelques secondes, le seul savoir-faire des candidats au doctorat se limite à la préparation des échantillons dans de minuscules tubes à l’aide de réactifs prêts à l’emploi. Le reste de la recherche proprement dite s’effectue avec un ordinateur et pour acquérir un soupçon de confiance les résultats obtenus sont comparés à d’autres résultats provenant d’autres laboratoires en considérant que tout le monde scientifique est sans exception d’une honnêteté irréprochable.

Pourtant, ce n’est pas tout à fait le cas, loin de là ! Quand on lit la presse scientifique, ce que je fais tous les jours, on est souvent étonné de trouver un article qui vante les effets « potentiellement  » bénéfiques du café pour prévenir certains cancers et quelques semaines plus tard un autre article sur le même café qui au contraire « peut » être la cause de cancers, on est en droit d’être surpris sinon déconcerté. Même chose pour les statines, le seuil de LDL pour prescrire ces statines varie selon les études et d’une semaine à l’autre on peut lire tout et son contraire. Ou encore les « radiations » émises par les téléphones cellulaires «pourraient » être la cause de tumeurs du cerveau. En réalité toutes ces études ne tiennent pas compte de la qualité des évidences scientifiques qui sont multifactorielles car le nouveau scientifique échafaude des hypothèses et tente de les prouver en réalisant ce que l’on appelle des méta-analyses partant du principe que plus il y a de données disponibles, plus grande sera la confiance que l’on pourra accorder aux résultats et par voie de conséquence ce scientifique d’un genre nouveau sera d’autant plus convaincu que son hypothèse est vraie.

La recherche scientifique est ainsi devenue, avec la généralisation des outils informatiques et statistiques, une sorte de miroir dans lequel le chercheur se projète. Plus il se regarde dans le miroir (l’écran de son ordinateur) plus il est satisfait de lui-même quand bien même l’hypothèse de départ est complètement fausse. En d’autres termes la recherche scientifique est devenue un entreprise d’auto-satisfaction qui conduit à des publications dans des revues à comités de lecture supposés composés de scientifiques honnêtes (ce qui est loin d’être toujours le cas) et ces publications servent à obtenir de nouveaux crédits (grants en anglais) pour permettre au chercheur de continuer à se regarder dans son miroir.

Pourtant, on pourrait croire que le travail de recherche en laboratoire est expérimental et qu’il consiste à sérier l’étude des variables intervenant dans un processus afin d’en obtenir une description aussi détaillée que possible. Comme il est infiniment plus facile et rapide, et aussi moins coûteux, d’observer ce que les autres ont observé pour en déduire n’importe quoi, alors la recherche devient progressivement n’importe quoi ! Lorsqu’un résultat semble intéressant, une expérimentation bâclée sans aucun respect des protocoles basiques pourtant connus de tous les scientifiques valide ce que l’ordinateur a recraché après avoir réalisé une étude statistique portant sur, disons, plus de cinquante mille cas. Et on obtient des articles scientifiques sensationnels du genre « la vitamine C diminue les risques de rhume » alors que strictement rien ne le prouve chez les humains mais ce résultat a été confirmé sur des souris et il est donc validé.

Les sociétés Bayer et Amgen, toutes deux impliquées dans la santé humaine ont méticuleusement réalisé une analyse de milliers d’articles scientifiques concernant de près leurs préoccupations de recherche. Bayer s’est rendu compte que moins de 25 % des travaux publiés pouvaient être reproduits en laboratoire et avec Amgen c’est pire, seulement 11 % des articles pourtant publiés dans des revues prestigieuses comme Nature, Science ou les PNAS pouvaient être reproduits. Amgen a eu « l’audace » de contacter certains signataires d’articles dignes d’intérêt pour ses propres recherches. Les auteurs ont eux-même, c’est un comble, été incapables de reproduire leur propre travail pourtant publié après revue par un comité de lecture dans l’environnement strict d’un laboratoire de recherche industriel scrupuleusement respectueux des protocoles expérimentaux. Pour les recherches sur les anti-cancéreux, la proportion diminue à 5 % ! Il suffit de lire cet article pour s’en rendre compte ( http://www.nature.com/nrclinonc/journal/v8/n4/full/nrclinonc.2011.34.html ) … Les études initiales sont en général le fait de laboratoires universitaires financés par des fonds publics ou des fondations caritatives qui ont elles-mêmes tout intérêt à « forcer » à la découverte puisque les enjeux financiers sont présents à l’esprit de ces fondations comme des universités et autres instituts de recherche. Mais quand une société comme Bayer s’aperçoit, quelques centaines de millions de dollars plus tard, que les essais en phase II sont décevants, il est trop tard ! C’est la raison pour laquelle, avant toute décision, les résultats scientifiques sont en premier lieu vérifiés.

L’Université du Colorado à Denver tient à jour une liste des périodiques scientifiques « de caniveau » ( http://scholarlyoa.com/individual-journals/ ) qui est édifiante en particulier dans les secteurs de la pharmacologie et de l’informatique, curieux rapprochement. Rien au sujet des revues de climatologie mais on peut espérer que les périodiques intimement impliqués dans ce secteur de non-science feront partie un jour prochain de cette liste qui est intéressante à consulter.

Sources : NY Times, PubMed, U. of Colorado, illustration NY Times.

Nouvelles de Tokyo (électronique)

Actuellement se déroule au Tokyo Big Sight Convention Center un salon des technologies disons innovantes du nom de Ceatec. La présentation d’un robot qui cueille les fraises après avoir reconnu à l’aide de caméras si la fraise est bien mûre à point et qui les range avec précaution dans des barquettes n’est presque rien à coté de lunettes capables de traduire en anglais un menu écrit en japonais, de servir d’écran tactile virtuel ou encore de reconnaître des visages … C’est le dernier né des joujoux technologiques présentés par NTT Docomo, le géant de la téléphonie japonaise. Pour lire un menu écrit en japonais, il suffit de le regarder et les lunettes permettent de voir l’image retouchée du menu traduit en anglais ou une autre langue en surimpression. On est déjà dans la fiction. Plus encore, ces lunettes permettent de reconnaître des visages s’ils sont enregistrés dans son smartphone et une fonctionnalité permet d’afficher (en sur-impression visuelle) les informations relatives à cette personne si elles ont été enregistrées dans le téléphone, du genre nom et prénom, occupation, numéro de téléphone, etc. Picasa fait déjà ça mais le degré de sophistication est arrivé avec ces lunettes bien au delà ! Mais mieux encore, en regardant une surface plane rectangulaire du genre feuille de papier A4 posée sur une table ou un coin de mur blanc, les lunettes transforment cette surface en pavé tactile virtuel sur lequel on va pouvoir utiliser ses doigts exactement comme on le fait sur le pavé tactile de son smartphone ou d’une tablette. Reliées (sans fil) à son smartphone (ou un ordinateur) les lunettes reconnaissent les mouvements des doigts et les transforment en instructions afin de voir leur déplacement dans l’écran doublement virtuel que l’on voit grâce aux lunettes en surimpression. Si on devient accro à ce genre d’accessoire, ce qui pourrait arriver plus tôt qu’on ne peut l’imaginer on n’aura plus qu’à dématérialiser notre corps pour devenir un être totalement virtuel … strawberry fields

Source : Agence JiJi

 

la i-watch, objet du futur … déshumanisé

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Avant de se faire autoritairement implanter des micro-chips sous la peau afin d’être suivi partout par Big Brother, ce qui pourrait arriver avant 2025 mais la masturbation intellectuelle stérile des ministres français ne l’a pas prévu ou n’a pas osé le prévoir, la dernière innovation d’Apple préfigure le monde informatisé de demain. La i-watch d’Apple pourrait remplir ce rôle. Elle pourrait contenir toutes les informations relatives à la santé, à la génétique, aux idées politiques et aux choix religieux (quand on fait une demande de visa pour les USA on vous demande si vous êtes « caucasien » ou autre, le préciser, si vous êtes chrétien ou autre, le préciser) et l’i-watch pourra contenir toutes ces informations révélées en passant sous un portique ou en positionnant l’i-watch dans un lecteur spécial. L’i-watch pourra aussi servir de carte de crédit, pour payer son autobus ou son métro, et aussi payer ses impôts, car l’i-watch sera connectée en permanence à un site du genre cyber-banque ou cyber-ministère mondialement présents. Plus de porte-monnaie ou de carte de crédit, plus de passeport, plus de permis de conduire, plus de carte de santé, la plus importante partie de nous-même sera contenue dans cet objet au design particulièrement attractif. La cyber-civilisation mondiale !