Retour sur l’effet de serre (suite)

Avant d’aborder l’aspect philosophique de ma réflexion sur l’effet de serre il est important de rappeler l’aspect de ce concept en contradiction flagrante avec les principes fondamentaux de la thermodynamique. Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à cet « effet de serre » il m’a paru immédiatement qu’il y avait un très gros problème qui défie non seulement les lois de la thermodynamique mais également le bon sens : comment les couches supérieures de l’atmosphère, à quelques milliers de mètres au dessus de nos têtes peuvent-elles irradier le sol en émettant des rayons infra-rouges et ainsi chauffer la surface de la Terre ? Il s’agit, si je ne me trompe pas, de la définition de l’effet de serre décrite par l’organisme onusien IPCC (la grosse flèche rouge dans le schéma présenté en tête du précédent billet à ce sujet). Je réitère donc mon explication : puisque les hautes couches de l’atmosphère sont nécessairement plus froides que l’air se trouvant au niveau du sol, par exemple ici à une altitude de 20 mètres au dessus du niveau de la mer, il est impossible que les photons infra-rouges émis par les molécules d’oxygène, de CO2 ou d’azote de l’atmosphère à plus haute altitude puissent « chauffer » les molécules d’oxygène, de gaz carbonique et d’azote au niveau du sol. En effet ces photons sont moins énergétiques que ceux émis par les constituants de l’atmosphère au niveau de la mer et ils n’ont aucune chance d’être « captés » par les molécules d’oxygène, de gaz carbonique ou d’azote qui se trouvent dans un état énergétique plus élevé, c’est-à-dire émettant elles-mêmes des photons plus énergétiques que ceux provenant des plus hautes couches de l’atmosphère. Tout ce discours se résume en une phrase : il ne peut pas y avoir de transfert d’énergie thermique d’un corps froid vers un corps chaud. C’est l’une des conséquences du deuxième principe de la thermodynamique. La définition de l’effet de serre telle que décrite par l’IPCC est donc une imposture scientifique.

Au fil des années cette théorie de l’effet de serre est devenue un véritable dogme auquel il faut croire sans se poser de question. Quand je suis devenu « climato-sceptique » en analysant les principes mis en œuvre pour imaginer la théorie de l’effet de serre atmosphérique et qu’ainsi j’ai compris que cette histoire de réchauffement du climat provoqué par l’activité humaine était une imposture devenue un dogme je me suis souvenu de ce qui était arrivé à Giordano Bruno. Il fut un immense penseur, philosophe et physicien visionnaire qui introduisit, outre l’héliocentrisme de Copernic auquel il croyait, des théories qui ne furent jamais mises en doute par la suite comme l’infinité de l’Univers, la multiplicité de mondes vivants dans cet univers mais également la notion de référentiel inertiel qui ouvrit la porte aux expériences de Galilée puis de Newton et enfin de toute la physique moderne. Ce que l’Eglise reprochait à Bruno fut de nier le géocentrisme défendu par le Vatican. Jamais l’Eglise catholique n’est revenue sur son erreur d’avoir brûlé Bruno en place publique à Rome, y compris le pape Jean-Paul II ! Comme quoi les dogmes conduisent, et c’est leur définition, au fanatisme religieux.

En ce qui concerne le dérèglement du climat d’origine humaine on assiste à l’émergence du même type de fanatisme. De même que les djihadistes considèrent que tous ceux qui ne pensent ou ne croient pas comme eux doivent mourir, de même les climato-sceptiques seront un jour condamnés à mort pour hérésie. Toutes les religions sont adossées à des mythes dont en particulier l’existence d’un être suprême qui a créé le monde et a placé l’homme à son image dans ce monde. Il s’agit de dogmes auxquels les êtres humains croient. Aujourd’hui, face à un monde matérialiste et face à un effondrement des croyances religieuses traditionnelles, je ne parle ni du bouddhisme, ni du confucianisme ni du shintoïsme, au moins un tiers de l’humanité a choisi la nouvelle religion de Gaïa pour la défense de l’environnement, de la biodiversité et du climat. Sauf que le dérèglement du climat provoqué par l’homme est un mythe et les militants de la cause de Gaïa ont oublié que la nature est caractérisée par une capacité de résilience extraordinaire. La nature ne s’est-elle pas remise de chutes de météorites, de volcanismes cataclysmiques et de longues périodes de glaciation ? Les hommes sont bien présomptueux en croyant qu’ils peuvent influer sur l’évolution naturelle du climat.

Retour sur l’effet de serre

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Dans le magnifique schéma de la NASA décrivant le bilan énergétique de la Terre et introduisant le réchauffement radiatif de sa surface en raison de l’effet de serre des gaz dont en particulier le CO2 si on prend une calculette on se trouve très vite désorienté parce qu’il y a deux gros problèmes que je vais tenter d’exposer aussi clairement que possible pour mes lecteurs. Si la Terre n’était pas en équilibre thermique avec l’espace ou bien elle accumulerait de l’énergie thermique et au quel cas elle se réchaufferait, ou bien elle perdrait de l’énergie et alors elle se refroidirait. Certes, au cours du passé le climat terrestre a alterné entre des épisodes froids et des épisodes chauds. On sait aujourd’hui que ces alternances sont dues à deux facteurs : les variations de l’activité solaire sur des périodes relativement courtes, des dizaines jusqu’à des centaines d’années, et les lentes modifications de l’orbite de la Terre autour du Soleil associées à la précession des équinoxes sur des dizaines de milliers d’années.

Examinons donc ce schéma de la NASA dans lequel les flux d’énergie sont standardisés en Watt/m2. Il y a donc tout ce qui arrive à la surface de la Terre, 163,3 W/m2 directement du Soleil et 340,3 W/m2 de « rétro-radiation » en raison de l’effet de serre, total : 503 W/m2. Ensuite il y a tout ce qui est émis depuis la Terre : 22,9 (la flèche jaune) + 398,2 (la grosse flèche rouge) + 18,4 due à la conduction thermique par convection + 86,4, la chaleur perdue par le changement d’état de la vapeur d’eau, total 525,9 W/m2. Il y a donc un premier problème grave : le bilan thermique global est négatif puisque l’énergie perdue par la surface de la Terre est supérieur au total de l’énergie reçue et ce déficit n’est pas du tout négligeable puisqu’il est de 23 W/m2.

La deuxième erreur – je devrais dire plutôt supercherie – présentée dans ce schéma de la NASA réside dans les grandeurs respectives des trois grosses flèches rouges. Si on fait un bilan séparé pour ces trois flux d’énergie (sous forme de rayonnement infra-rouge) on ne peut que rester perplexe : 340,3 W/m2 reçus par rétro-radiation, 398,2 W/m2 émis par la Terre et 239,9 W/m2 perdus dans l’espace. Le bilan fait ressortir une production ex nihilo de 340,3 – (398,2 – 239,9) = + 182 W/m2 « ex nihilo » c’est-à-dire à partir de rien.

Je n’arrive pas à comprendre comment les « spécialistes » de la NASA ont laissé passer ces erreurs puisque ces bilans indiquent une chose : la Terre devrait se refroidir or c’est tout le contraire qui est avancé par l’IPCC ! Et pour faire en sorte de dissimuler cette supercherie la NASA a donc inventé ce concept de production d’énergie à partir de rien en précisant qu’il s’agit bien de flux de rayonnement infra-rouge distincts des conductions thermiques ou des changements d’état de la vapeur d’eau ( relire sur ce blog : https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/12/21/la-magie-de-leau/ ). Mais où se trouve la différence entre rayons infra-rouges et chaleur latente de vaporisation de l’eau ? Il n’y a pas de différence. Dans un sauna la chaleur ressentie est la conséquence directe du mouvement brownien des molécules de l’air chauffé par une chaudière ou une résistance électrique et par le rayonnement infra-rouge provenant de ces molécules vibrant en raison de l’énergie qui leur a été transmise par le système de chauffage selon la formulation de Planck décrivant le rayonnement électromagnétique du corps noir ( https://en.wikipedia.org/wiki/Planck%27s_law ). Un point c’est tout.

Alors que la théorie de l’effet de serre provoqué par le gaz carbonique sert de plateforme politique pour atteindre une « neutralité carbone » afin de sauver le climat agite les esprits dans le monde entier, dans la réalité tout est adossé sur une théorie fausse inventée de toutes pièces par la NASA pour servir les intérêts de l’organisme onusien ad hoc en charge du sauvetage du climat qui publie des résumés à l’intention des décideurs politiques. Et c’est là tout le problème. En effet, cette supercherie est devenue une réalité scientifique au fil des années, largement reprises par les mouvements écologistes : le sauvetage du climat est devenue une idéologie dont la base n’est qu’une conjecture, un mythe contraire aux principes les plus fondamentaux de la thermodynamique. C’est la définition même du fanatisme …Illustration : NASA. Suite de cette réflexion dans un prochain billet.

Le barbecue à la mode écolo

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Les défenseurs du climat et de l’environnement, en Allemagne, ne sont pas à court d’imagination et celle-ci est plutôt alambiquée et inattendue. Si vous êtes amateur de grillades au charbon de bois en plein air sachez que c’est très mauvais pour le climat. La première raison est qu’en ces temps de canicule (provoquée par le réchauffement climatique d’origine humaine) les amateurs de barbecue ont plutôt tendance à satisfaire leur appétit de travers de porc le soir, quand la température est revenue à des valeurs moins étouffantes. Malheur à vous ! Les arbres ne captant pas de CO2 la nuit vous êtes doublement coupable de dégradation délibérée du climat. Il eut été judicieux d’allumer ce barbecue le matin, de préparer les grillades pour les manger froides au cours des repas de la journée : c’eut été plus écologiste.

L’utilisation du charbon de bois est également une véritable hérésie climatique. Le charbon de bois est fabriqué en brûlant incomplètement du bois vert, donc du bois provenant d’arbres vivants. De ce fait la capture du CO2 est réduite par l’abattage de jeunes arbres qui auraient ensuite grandi pour capter encore plus de ce vilain gaz qui dérègle le climat. Il est préférable d’utiliser des briquettes confectionnées à partir des résidus des pressoirs d’olives : aucun arbre n’a été coupé pour les produire. Il y a aussi les briquettes fabriquées à partir de sarments de vigne, de coques de noix de coco, de résidus de bambou ou de rafles de maïs, des produits que l’on trouve dans les échoppes « organiques ». Dans le même ordre de discipline climatique pour allumer votre barbecue n’utilisez aucun produit dérivé du pétrole, c’est très mauvais et de plus c’est carcinogène. N’utilisez que des grosses allumettes faites avec du bois compressé imprégné d’huile végétale ou de cire d’origine naturelle, merci aux abeilles, du moins à celles qui ont échappé aux néonicotinoïdes. On trouve aussi ces produits dans les échoppes organiques. Naturellement, pour rester renouvelable et naturel il faut y mettre le prix …

La viande provenant d’animaux d’élevage, eux-mêmes producteurs de quantités astronomiques de méthane totalement délétère pour le climat, doit être remplacée par des escalopes d’aubergines, de poivrons fourrés de mozzarella (si possible artificielle) ou encore de zucchini (courgettes pour les intimes) farcis avec des champignons ou d’autres produits végétaux, du tofu salé, poivré et épicé peut le faire. L’administration environnementaliste allemande rappelle que pour produire 1 kg de viande de bœuf il faut 15000 litres d’eau et l’animal aura émis 30 kg de CO2 par kg de viande produite. J’avoue que je n’ai pas cherché à savoir si ces chiffres étaient exacts. Enfin, pour conclure cette belle leçon d’écologie militante, il va sans dire qu’il ne faut surtout pas utiliser de vaisselle et de couverts jetables.

Bon barbecues festifs …

Source : Germany Friends of the Earth ( https://www.bund-hamburg.de/service/termine/detail/event/gruenes-grillen-1/ ) via le blog de Pierre Gosselin (notrickszone.com)

Des faux dieux pour des âmes perdues

L’environnementalisme, avec ses menaces de feu et de soufre, est la nouvelle religion. Mais où sont l’humilité, la compassion, la transcendance spirituelle ?

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L’une des parties les plus intéressantes du nouveau livre de Michael Shellenberger, « Apocalypse Never : Why Environmental Alarmism Hurts Us All », est le dernier chapitre, intitulé « False Gods for Lost Souls ». Shellenberger observe que, selon la mère de Greta Thunberg, des pronostics climatiques effrayants étaient en partie responsables de la descente de sa fille dans une dépression durable à l’âge de 11 ans. Selon le père de Greta, l’activisme climatique l’a aidée à surmonter sa dépression. Cette histoire est poignante … On se demande combien de jeunes de sa génération ont connu des problèmes de santé mentale similaires. Il y a tellement de prédicateurs de rue sur notre place publique, promettant le feu et le soufre, incitant à la repentance …

La famille Thunberg aide à illustrer le point de vue de Shellenberger selon lequel :

Aujourd’hui, l’environnementalisme est la religion laïque dominante de l’élite éduquée de la classe moyenne supérieure dans la plupart des pays développés et dans de nombreux pays en développement. Il fournit une nouvelle histoire sur notre objectif collectif et individuel. Il désigne les bons et les méchants, les héros et les mauvais. Et il le fait dans le langage de la science, ce qui lui donne une légitimité.

Mais cette religion n’élève pas les esprits, ne nourrit pas les orphelins ou ne bénit pas les pauvres. Plutôt que de réconforter les personnes âgées, cela les condamne à la misère par temps froid. Vue dans son ensemble, cette religion nuit plutôt qu’elle ne guérit.

Voici quelques citations supplémentaires de ce chapitre:

La négativité a triomphé de la positivité. Au lieu de l’amour, du pardon, de la gentillesse et du royaume des cieux, l’environnementalisme apocalyptique d’aujourd’hui offre la peur, la colère et des perspectives étroites d’éviter l’extinction.

Les histoires qu’on nous raconte ne sont pas prises à la légère. L’image promue par les écologistes apocalyptiques est inexacte et déshumanisante. Les humains ne détruisent pas la nature sans réfléchir.

Les émissions sont un sous-produit de la consommation d’énergie, qui a été nécessaire pour que les gens puissent sortir eux-mêmes, leurs familles et leurs sociétés de la pauvreté et atteindre la dignité humaine.

La grande majorité des gens dans le monde veulent à la fois la prospérité et la nature, pas la nature sans prospérité.

Le livre dont il est question dans le billet de Donna Laframboise traduit ci-dessus est maintenant un best-seller aux USA ! Le changement climatique est réel mais ce n’est pas la fin du monde. Ce n’est même pas notre problème environnemental le plus grave. Michael Shellenberger se bat pour une planète plus verte depuis des décennies. Il a aidé à sauver les derniers séquoias non protégés du monde. Il a co-créé le prédécesseur du Green New Deal d’aujourd’hui. Et il a dirigé avec succès l’effort des climatologues et des militants pour maintenir les centrales nucléaires en fonctionnement, évitant ainsi un pic d’émissions. Mais en 2019, comme certains affirmaient que « des milliards de personnes allaient mourir », contribuant à une anxiété croissante, y compris chez les adolescents, Shellenberger a décidé qu’en tant qu’activiste environnemental de longue date, grand expert en énergie et père d’une fille adolescente, il devait parler pour séparer la science de la fiction. Malgré des décennies d’attention des médias, beaucoup restent ignorants des faits de base. Les émissions de carbone ont atteint un sommet et sont en baisse dans la plupart des pays développés depuis plus d’une décennie. Les décès dus à des conditions météorologiques extrêmes, même dans les pays pauvres, ont diminué de 80% au cours des quatre dernières décennies. Et le risque de réchauffement de la Terre à des températures très élevées est de plus en plus improbable grâce au ralentissement de la croissance démographique et à l’abondance du gaz naturel. Curieusement, les personnes les plus alarmistes sur ces problèmes ont également tendance à s’opposer aux solutions évidentes. Qu’est-ce qui se cache vraiment derrière la montée de l’environnementalisme apocalyptique ? Il y a de puissants intérêts financiers. Il y a des désirs de statut et de pouvoir. Mais surtout, il existe un désir de transcendance chez les personnes supposées laïques. Cette impulsion spirituelle peut être naturelle et saine. Mais en prêchant la peur sans amour et la culpabilité sans rédemption, la nouvelle religion ne parvient pas à satisfaire nos besoins psychologiques et existentiels les plus profonds. (fiche explicative d’Amazon)

Et pour les curieux : https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Shellenberger

Un prochain billet de Michael Shellenberger lui-même traduit par mes soins.

Source : blog de Donna Laframboise, journaliste canadienne.

 

Le réchauffement du climat est virtuel, selon Vijay Jayaraj

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Les États-Unis sont le seul grand pays occidental à ne pas faire partie officiellement de l’accord de Paris sur le climat, accord qui vise à limiter et à réduire la consommation de combustibles fossiles dans le monde. Mais ce pays n’est pas à l’abri des effets des politiques énergétiques restrictives que l’accord impose à ses partenaires commerciaux. L’un d’eux est mon propre pays, l’Inde.

L’Inde importe de grandes quantités de charbon, de pétrole et de gaz naturel des États-Unis et d’autres pays, principalement pour produire une électricité à un prix abordable pour son réseau électrique. Ce réseau doit se développer rapidement pour répondre aux besoins de plus de 1,3 milliard de personnes. Plus de 300 millions d’entre elles – comparables à l’ensemble de la population américaine – n’ont actuellement pas d’électricité. Mais ils en ont désespérément besoin pour leur santé et pour échapper à une pauvreté extrême.

La justification de la réduction de l’utilisation des combustibles fossiles est l’affirmation selon laquelle le changement climatique créera des ravages à l’avenir à moins que nous ne réduisions nos émissions de gaz à effet de serre (GES). Mais cette affirmation n’est pas aussi claire que les médias traditionnels et les politiciens le prétendent.

En fait, les données sur la température suggèrent que l’allégation est exagérée et tend à répandre des informations basées sur des interprétations incorrectes de modèles défectueux.

Le problème sans fin des modèles

L’accord de Paris sur le climat et d’autres recommandations climatiques majeures des Nations-Unies sont strictement basés sur les lignes directrices fournies par les rapports d’évaluation produits par une aile climatique connue sous le nom de Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC ou IPCC).

Le GIEC utilise des données de prévision traitées par un vaste ensemble de modèles informatiques du climat pour arriver aux recommandations politiques dans ses rapports d’évaluation.

Parmi celles-ci figurent les prévisions du Projet d’intercomparaison de modèles couplés (CMIP : https://pcmdi.llnl.gov/mips/cmip5/ ). Le CMIP utilise une centaine de modèles climatiques distincts, gérés par les principaux groupes de modélisation du monde entier. Ces prévisions orientent les rapports du GIEC. En 2013, le cinquième rapport d’évaluation (AR5) du GIEC présentait des modèles climatiques du CMIP5 de cinquième génération.

Mais les prévisions de ces modèles se sont révélées fausses. Ils ont exagéré la tendance de l’évolution de la température et ils diffèrent sensiblement des données de température dérivées des thermomètres au sol, des capteurs sur les ballons météorologiques, des navires et des bouées, de la télédétection par satellite. De plus les «réanalyses» intègrent l’entrée de nombreuses sources de données différentes selon des protocoles dits de normalisation qui sont contestables.

Pourtant, les responsables politiques chargés de déterminer la politique climatique et énergétique dans le monde ont utilisé ces prévisions pour justifier des accords internationaux sur le climat comme l’accord de Paris et ils n’ont jamais remis en question ces modélisations.

Le sixième rapport d’évaluation du GIEC (AR6) à venir, dont la publication est prévue en 2021, présente les prévisions de la CMIP6. Mais les modèles CMIP6 ne sont pas meilleurs que les modèles CMIP5. En fait ces modèles CMIP6 sont encore pires !

Le Dr Roy Spencer, climatologue de réputation mondiale, a observé que «les modèles CMIP6 montrent 50% plus de réchauffement net de surface de 1979 à avril 2020 (+1,08 degré Celsius) que les observations réelles depuis le sol (+0,72 degré Celsius).

Il ne fait aucun doute que la comparaison des prévisions CMIP5 et CMIP6 aux ensembles de données de température officiels révèle une histoire très ancienne : les modèles sont toujours loin de la réalité et, étrangement, toujours dans la même direction, à savoir vers le haut, pour prédire les températures réelles.

Donc, non seulement on nous a menti sur le climat, mais nous allons à nouveau être induits en erreur par le prochain rapport d’évaluation du GIEC. Et avec des prévisions fausses encore plus extrêmes, il y aura des appels à des politiques énergétiques encore plus restrictives.

Il est assez étonnant de voir comment les politiciens non élus à l’ONU peuvent convaincre et persuader les dirigeants mondiaux d’adopter des politiques climatiques fondées sur des conclusions non scientifiques issues de modèles défectueux ( https://science.house.gov/imo/media/doc/Christy%20Testimony_1.pdf?1 ).

Les médias grand public ont également joué leur rôle. La perception du public sur le changement climatique a été fortement influencée par une couverture biaisée sur la question climatique, sans prêter la moindre attention aux énormes écarts entre les prévisions du modèle et les observations du monde réel.

On ne sait pas dans quelle mesure les projections deviendront encore plus erronées au moment où le nouveau rapport d’évaluation sera finalement publié. Mais une chose est claire : les secteurs énergétiques du monde entier sont pris en otage par les interprétations pseudo-scientifiques de l’aile climatique phare des Nations Unies.

Vijay Jayaraj (M.Sc., Sciences de l’environnement, Université d’East Anglia, Angleterre), est un collaborateur de recherche pour la Cornwall Alliance for the Stewardship of Creation ( https://cornwallalliance.org/ ). Il a collaboré au projet HadCRUT ( https://crudata.uea.ac.uk/cru/data/temperature/ ). Il vit aujourd’hui à New Delhi, en Inde.

Réchauffement climatique : l’excuse ou le prétexte ?

On trouve dans la presse « main-stream » toutes sortes d’affirmations mensongères imputées au réchauffement du climat qui n’est plus d’origine naturelle mais provoqué par l’activité humaine. Et cette affirmation mensongère donne lieu à toutes sortes d’interprétations excessives. Par exemple il semblerait que l’émergence du nouveau virus Sars-Cov-2 aussi appelé « la Covid » soit une directe conséquence du réchauffement du climat. On pouvait s’y attendre …

Mais la confusion entre évènements météorologiques extrêmes et réchauffement du climat est également devenue un fait quotidien abondamment rapporté par cette presse friande de sensationnel et s’il s’agit du climat c’est le jackpot des « like » et du box-office. Plus il y a de « like » plus l’information est confirmée au niveau de l’impact et ainsi cette information devient une réalité en dépit du fait qu’elle peut originellement être totalement mensongère. Si on prolonge le raisonnement au sujet du coronavirus alors on a récolté ce que l’on avait semé : puisque l’activité humaine provoque un réchauffement du climat et si ce virus a émergé en raison de ce réchauffement l’homme est donc la cause primaire de cette épidémie. Des esprits mal tournés pourraient déclarer haut et fort que cette grippe est une punition des dieux bien méritée.

Pour bien manipuler l’opinion il existe une officine non officielle spécialisée dans l’explication thématique de tout phénomène météorologique extrême. Il s’agit du World Weather Attribution (WWA). Comme son nom l’indique cet organisme a pour finalité d’attribuer à tout événement météorologique une cause liée au réchauffement du climat et la « canicule sibérienne » de cette année 2020 est du pain béni pour promouvoir l’idée que tout est de la faute de l’activité humaine. Dans un précédent billet je citais l’interprétation à l’aide des observations dont on dispose qui peut être objectivement faite de ce phénomène météorologique qui chaque année a lieu entre le premier juin et le 15 juillet en Sibérie mais également à l’extrême nord de la péninsule scandinave, en Islande et dans le grand nord canadien.

Pour le WWA il n’en est pas ainsi ! La canicule sibérienne de cette année n’aurait tout simplement pas été possible sans réchauffement du climat d’origine humaine. Dans un habillage pseudo-scientifique le WWA montre qu’il en est ainsi et qu’il s’agit d’un fait incontestable. Cette publication ( https://www.worldweatherattribution.org/wp-content/uploads/WWA-Prolonged-heat-Siberia-2020.pdf ) n’a pas été soumise à une revue par des pairs. Il s’agit d’un document interne à l’usage des décideurs écologistes. Encore une chance que le Président Vladimir Poutine n’ait pas été accusé d’être le promoteur des feux qui ont embrasé une partie négligeable du nord de la Sibérie en regard de la taille de cette région.

Bref, le WWA établit des liens entre les épisodes de sécheresse, les orages et les tornades, les feux de brousse, les inondations, sans oublier les vagues de froid, avec le réchauffement du climat d’origine humaine. Un président de la République française a même déclaré que les tremblements de terre étaient provoqués par le réchauffement du climat. Il faisait allusion au grand tsunami du 11 mars 2011 qui dévasta le Japon. Ces liens de cause à effet ne sont que des mensonges le plus souvent dénoncés par les scientifiques sérieux qui osent effectuer des travaux contredisant ces affirmations au péril de leur carrière universitaire. En effet, si on déclare être en contradiction avec la doxa du réchauffement d’origine anthropique on peut à la limite recevoir des menaces de mort, être traité de fasciste ou d’exécrable réactionnaire. C’est dire l’enjeu financier qui se dissimule derrière cette mise en scène mondiale du réchauffement. De même que pour le coronavirus il faut entretenir encore et toujours la peur. L’échec de l’accord de Paris sur le climat a été masqué par la pandémie coronavirale et cette pandémie – attribuée par des esprits mal tournés au réchauffement du climat – a en définitive ravivé la lutte contre le changement du climat.

Le réchauffement du climat (et la pandémie à coronavirus) est une excuse pour asservir les peuples et un prétexte pour mettre en place encore plus de taxes punitives, encore plus de restrictions des libertés, deux dispositions conduisant dans un proche avenir à une gouvernance mondiale …

La Sibérie en feu ? Tous les étés !

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L’été dans l’hémisphère nord c’est aussi la saison des incendies de forêt en Sibérie septentrionale. Et généralement, chaque nouvel article sur les incendies de forêt en Sibérie les relie en quelque sorte au changement climatique. Par conséquent, il est temps de voir comment les incendies de forêt ont changé au fil des années. Y a-t-il vraiment une tendance à la hausse des incendies de forêt en Sibérie comme le suggèrent les nouvelles et ce qui est continuellement prédit sur la base des modèles climatiques ? Les éléments de réponse sont présentés dans l’article de Pasi Autio paru sur le site d’Antony Watts le 14 juillet 2020. Il faut mentionner ici que les tribus nomades d’éleveurs de rennes participent à ce phénomène en brûlant à dessein les zones arctiques bordant la limite nord de la forêt boréale couvertes d’arbustes à feuilles caduques de faible taille afin de dégager des pâturages enrichis par les cendres pour l’année suivante. Il en est de même dans les zones d’hivernage plus méridionales des troupeaux de rennes où des feux de forêts sont volontaires, généralement bien maîtrisés, mais ne concernent pas les conifères.

Avec une superficie de 13,1 millions de kilomètres carrés, soit 14 fois la surface de la France, la Sibérie représente 77% de la superficie de la Russie. La majorité de la Sibérie est une région sauvage peu peuplée avec peu ou pas de routes. Par conséquent, le feu brûle généralement jusqu’à ce que la pluie ou un autre facteur naturel arrête le feu. La Sibérie méridionale est également le lieu d’une exploitation forestière extensive pour les résineux de haute tige.

Obtenir des données fiables sur les zones d’incendie sur la base de la littérature disponible semble être problématique. Selon la littérature (1), les données sur les zones d’incendie de la Russie ne sont pas fiables et ont systématiquement et gravement sous-estimé les incendies dans les zones à faible densité de population en raison de la structure du peuplement qui a laissé la plupart du pays sans surveillance (6). La situation ne s’est améliorée qu’après la mise en service des données satellitaires occidentales par la Russie de l’après-URSS. Mais compte tenu de la taille de la Sibérie et du fait qu’elle est très peu peuplée, il n’est pas étonnant qu’aucune donnée fiable ne puisse être générée sans l’aide de satellites. Mais même à l’ère des satellites, certains petits incendies ne sont pas détectés en raison de la couverture nuageuse ou des limites de détection des capteurs (6).

Après une étude approfondie de la littérature, on ne trouve aucune étude réelle fournissant un ensemble de données par satellite pour les incendies de forêt en Sibérie pour l’ère post-URSS non plus, ce qui est étrange compte tenu de la couverture médiatique occidentale des incendies de forêt en Sibérie ces derniers temps. Il semble qu’un effort soit en cours pour créer un tel ensemble de données pour les années de l’ère URSS en numérisant de vieilles images satellite prises depuis 1979.

Superficie brûlée annuellement en Sibérie sur la période 1997-2016

Un essai antérieurement publié (le sujet était les feux de brousse australiens) utilisait des données satellites basées sur les travaux de Giglio et coll. (1, 2). L’article de Giglio décrit une base de données de quatrième génération sur les émissions mondiales de feux (GFED4). Cet ensemble de données combine des enregistrements satellites tels que les cartes de la zone brûlée MODIS de 500×500 m avec des données d’incendie actives du scanner visible et infrarouge (VIRS) de la mission de mesure des précipitations tropicales (TRMM) et de la famille de capteurs du radiomètre à balayage (ATSR). C’est une excellente source pour créer un ensemble de données également pour les incendies de Sibérie.

Les données sont disponibles sur le site globalfiredata.org. Ce site fournit un excellent outil d’analyse et bien sûr les données elles-mêmes, si vous souhaitez les analyser davantage. Actuellement, l’ensemble des données fournit des données sur les zones brûlées pour les années 1997-2016. Il est possible de sélectionner une région ou un pays et de choisir plusieurs options concernant les données sources des émissions vers la zone brûlée (entre autres). La section Outils d’analyse permet également d’utiliser la définition de formes de zone personnalisée. Et c’est ce que j’utilise pour créer mon jeu de données sur la zone des incendies de forêt en Sibérie.

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La figure fournit la superficie totale brûlée en Sibérie pour chaque année entre 1997 et 2016 en km2. Nous pouvons voir que depuis 20 ans, la tendance des zones brûlées en Sibérie est légèrement à la baisse. Aucun élément de preuve ne permet de penser que les incendies s’aggravent. La superficie moyenne brûlée annuellement au cours de cette période était d’environ 91181 km2, soit environ 10 fois la superficie de la Corse.

Les années 1998, 2003, 2008 et 2012 ont été les quatre saisons d’incendie les plus graves au cours de cette période. En général, la variabilité inter-annuelle est grande (3) avec jusqu’à des différences de parfois un facteur 4 entre les années. Les incendies de forêt en 2003 étaient d’environ 203288 km2.

Données sur les zones brûlées à l’époque de l’URSS

En étudiant la littérature disponible, on découvre que Stocks et Cahoon avaient lancé vers 2010 un projet (3) pour numériser les anciennes images satellite AVHRR de la période 1979-2000 afin de construire une base de données des zones d’incendie par satellite pour la Sibérie. Cela semble avoir pris un certain temps, car les résultats de ces travaux sont introuvables. L’ancien élève de Cahoon, Soja AJ, semble avoir poursuivi ce travail (4) avec Cahoon et Stocks et a présenté les résultats lors de plusieurs conférences en 2018 et 2019 mais les données sont toujours en cours de validation. Les données sont basées sur des instruments, algorithmes et méthodes différents (moins sophistiqués) que l’ensemble de données GFED4 présenté ci-dessus. Par conséquent, cela n’a aucun sens de comparer ces ensembles de données directement. Mais pour savoir si les incendies de forêt en Sibérie se sont aggravés, il est intéressant de comparer les tendances. De plus, les ensembles de données contiennent quatre années qui se chevauchent (1997-2000) et en les utilisant comme référence, nous pouvons conclure que la superficie brûlée des années 1985 et 1987 dépasse 1998 et fait partie des saisons les plus sévères de l’ère satellite.

Les données présentées lors de la conférence (4) ne montrent pas non plus de tendance à la hausse pour la zone brûlée en Sibérie.

En résumé, lorsque nous combinons les ensembles de données AVHRR et GFED4, nous disposons de 37 ans (1979-2016) de données sur les zones brûlées pour la Sibérie. Pendant cette période, aucune tendance à la hausse des incendies de forêt et aucun signal détectable de «changement climatique» ne peuvent être trouvés.

Incendies de la saison 2020

Comme d’habitude, les médias fournissent des histoires inquiétantes sur les incendies de forêt en Sibérie pour cette saison. Greenpeace Russie a fourni cette information (7):

« Le programme forestier de Greenpeace Russie, qui analyse les données satellitaires, a déclaré qu’un total de 9,26 millions d’hectares – plus grand que la taille du Portugal – ont été touchés par des incendies de forêt depuis le début de 2020 ».

Ça semble vraiment très mauvais. Mais comment ces 9,26 millions d’hectares (92600 km2) se comparent-ils aux années précédentes ? Encore une fois, l’outil d’analyse globalfiredata.org nous fournit ces informations. Superficie brûlée cumulée pour la Sibérie de janvier à fin juin pour certaines années du passé:

2003: 15,4 Mha (154205 km2)

2008: 15,5 Mha (155114 km2)

Si les données fournies par Greenpeace sont correctes (aucune source pour le vérifier), le début de la saison des incendies de 2020 en Sibérie a été l’un des pires depuis 1997, mais en aucun cas un record.

Résumé

Les incendies de forêt en Sibérie sont importants chaque été avec d’amples variations entre les années. La superficie moyenne brûlée pour la Sibérie est d’environ 91000 km2 ou 9,1 Mha – environ la taille du Portugal. Contrairement aux prévisions du modèle climatique, aucune augmentation de la superficie brûlée ne peut être trouvée au cours de la période 1979-2016 pour la Sibérie.

Lecture complémentaires

Forêts de Russie dominant les types de forêts et leur densité de canopée:

https://www.researchgate.net/publication/272680068_Russia%27s_Forests_Dominating_Forest_Types_and_Their_Canopy_Density

REFERENCES

1. Giglio, L., J. T. Randerson, and G. R. van der Werf (2013), Analysis of daily, monthly, and annual burned area using the fourth-generation global fire emissions database (GFED4),J. Geophys. Res. Biogeosci.,118, 317–328, doi:10.1002/jgrg.20042.

2. Giglio, L., Boschetti, L., Roy, D.P., Humber, M.L., Justice, C.O., 2018. The collection 6 MODIS burned area mapping algorithm and product. Remote Sens. Environ. 217,72–85. https://doi.org/10.1016/j.rse.2018.08.005.

3. Stocks, Cahoon 2010; Reconstructing Post-1979 Forest Fire Activity and Area Burned in Russia: NOAA AVHRR Analysis https://www.researchgate.net/publication/253580597_Reconstructing_Post1979_Forest_Fire_Activity_and_Area_Burned_in_Russia_NOAA_AVHRR_Analysis_Invited

4. Historic AVHRR-derived Burned Area product and validation for Siberia (1979 – 2000) https://ui.adsabs.harvard.edu/abs/2019AGUFMGC24C..07S/abstract

5. Vegetation fires and global change; White paper directed to UN 6.https://eecentre.org/Modules/EECResources/UploadFile/Attachment/Vegetation-Fires-Global-Change-UN-White-Paper-GFMC-2013.pdf#page=52

7. Nearly 300 wildfires in Siberia amid record warm weather https://phys.org/news/2020-07-wildfires-siberia-weather.html

Comment le plus repoussant conte de fée climatique a gagné la bataille

La science n’est pas censée induire en erreur. Elle est censée être précise, rigoureuse et circonspecte.

Article de Donna Laframboise paru sur son site nofrakkingconsensus.com/

Ces dernières années, quelque chose de sournois et dénué d’éthique s’est produit. Les autorités ont commencé à parler du pire scénario climatique comme si c’était notre avenir probable.

Il y a plus d’une décennie, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a élaboré quatre contes de fées pour décrire comment les humains pourraient avoir un impact sur le climat d’ici 2100. Il y avait un scénario optimiste, deux scénarios de milieu de gamme et un scénario pessimiste. Ce dernier est connu sous le nom de RCP8.5 (je le pense comme Ridiculous Climate Prophecy 8 point 5).

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En janvier, Zeke Hausfather et Glenn Peters ont publié un commentaire dans Nature rappelant à tous que le RCP8.5 n’est pas une vision réaliste de l’avenir. Il représente un monde dystopique improbable et à haut risque (ce sont leurs mots) dans lequel « les dés sont chargés des pires résultats ». Cela ne peut pas devenir une réalité, soulignent-ils, à moins que l’humanité ne brûle cinq fois plus de charbon que nous ne le faisons actuellement, « un montant supérieur à certaines estimations des réserves de charbon récupérables ». Chaque fois que le RCP8.5 est mentionné, disent-ils, il devrait être clairement étiqueté comme un «pire cas improbable».

Leur plaidoyer est sans équivoque.

Nous devons tous – des spécialistes des sciences physiques et des modélisateurs de l’impact climatique aux communicateurs et décideurs – cesser de présenter le pire des scénarios comme le plus probable. L’analyste climatique américain Roger Pielke Jr. a également écrit trois articles qui documentent comment le RCP8.5 « a fait passer une valeur llimite extrême au centre des discussions sur les politiques climatiques », corrompant au passage de grandes parties de la littérature scientifique (voir les liens en fin de billet). Lui aussi appelle la vision RCP8.5 du futur imaginaire et impossible.

L’économiste canadien Ross McKitrick sonne également la sonnette d’alarme. Le RCP8.5, dit-il, est « un brûlot qui prédit des augmentations historiquement sans précédent des émissions mondiales de CO2 ». En utilisant des mots comme invraisemblable, improbable, exagéré et distorsion, il indique clairement que le seul endroit où cette vision de l’avenir existe est dans les imaginations délirantes.

« Personne ne croit sérieusement », dit-il, « que l’augmentation de la consommation de charbon décrite par le RCP8.5 soit même possible ».

Même les journalistes qui ont médité sur la menace climatique se réveillent. Dans un article intitulé « Nous obtenons une image plus claire de l’avenir climatique – et ce n’est pas aussi mauvais qu’il le paraissait autrefois » (lien), David Wallace-Wells rapporte que la plupart des experts qu’il a interviewés «m’ont dit qu’ils ne considéraient pas le RCP8.5 comme un scénario plausible. » D’ici 2100, rappelez-vous, l’adolescente Greta Thunberg aura 97 ans. Wallace-Wells observe que toute tentative de prédire à quoi ressemblera le monde dans un avenir proche n’est en réalité qu’un « jeu insensé ». Dans ses mots : La projection de la consommation mondiale d’énergie en 2100 équivaut à des projections en lesquelles ont devait croire faites en 1940 sur notre situation actuelle.

Pourtant, c’est à cela que sert en grande partie la «science» du climat – et le «journalisme» sur le climat. En 2018, la première page du New York Times annonçait : le rapport américain sur le climat met en garde contre les dommages causés à l’environnement et la contraction de l’économie. Cela a commencé ainsi : Un important rapport scientifique publié (lien) par 13 agences fédérales présente les avertissements les plus frappants à ce jour sur les conséquences du changement climatique pour les États-Unis, prévoyant que si des mesures importantes ne sont pas prises pour freiner le réchauffement climatique, les dégâts vont frapper jusqu’à 10 pour cent de la taille de l’économie américaine à la fin du siècle.

Plus incroyable, ce « rapport scientifique majeur » prend le RCP8.5 au sérieux. Appelant cela un « scénario de base », la page 6 du rapport le présente comme une possibilité réaliste plutôt que comme une hallucination farfelue : Le RCP8.5 est généralement associé à une croissance démographique plus élevée, à moins d’innovations technologiques et à une intensité carbone plus élevée du mix énergétique mondial.

Cela signifie que le rapport est dénué de toute qualité, peu importe le nombre d’organismes fédéraux impliqués dans sa création. Mais le Times n’a pas dit cela aux lecteurs.

LIENS:

https://nofrakkingconsensus.com/wp-content/uploads/2020/06/NCA2018_page6_RCP8dot5.pdf

Le Times n’a pas non plus informé pleinement les lecteurs de Michael Oppenheimer, cité dans cet article. Il n’est pas seulement « un professeur de géosciences et d’affaires internationales à Princeton », comme le Times le décrit. Au contraire, comme le montre clairement sa biographie en ligne, il « a rejoint l’Université de Princeton après plus de deux décennies avec l’Environmental Defence Fund (EDF), une organisation environnementale non gouvernementale, où il a été chef scientifique et directeur du « Climate and Air Program ». Un homme qui a passé deux décennies sur la masse salariale d’une riche organisation militante dominée par des avocats ne peut pas être considéré comme un scientifique impartial. Il a un point de vue précis, un objectif. Le public a le droit de le savoir. Autres liens

Hausfather & Peters, Emissions – the ‘business as usual’ story is misleading

L’ « après coronavirus », une opportunité pour relever le défi climatique

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Avant-propos. L’article ci-dessous paru dans The Telegraph le 5 Juin 2020 est révélateur de la main-mise du monde financier sur l’Occident et en particulier l’Europe à l’occasion de la grippe coronavirale. Les banques centrales ont outrepassé la mission qui leur avait été fixée par les pouvoirs politiques en monétisant non plus seulement les dettes souveraines mais également les dettes des entreprises quelle que soit la qualité de ces dernières. Un dernier verrou a récemment sauté : les banques de détail n’ont plus de facto l’obligation de préserver dans leurs bilans le collatéral fiduciaire au moins égal à 10 % des prêts accordés à des entreprises ou des particuliers que ce soit en Amérique du Nord ou en Europe. Il s’agit d’un événement sans précédent renforçant le pouvoir des banques centrales et leur contrôle sur les banques de détail mais également sur toutes les institutions financières. Dès lors la décision des gouverneurs relative à l’orientation générale des économies nationales échappera à tout contrôle démocratique au sein des Etats. Ces derniers perdront ainsi toute souveraineté au profit des banques centrales. Progressivement un gouvernement supra-national dénué de toute légitimité imposera ses objectifs et son agenda sur ces démocraties qui ne deviendront plus que l’ombre d’elles-mêmes, chaque citoyen étant relégué au statut d’esclave du pouvoir financier et de son agenda de domination du monde occidental. Il est déjà trop tard pour réagir.

Les auteurs : Andrew Bailey, Mark Carney, François Villeroy de Galhau, Frank Elderson.

En tant que banquiers centraux actuels et anciens, nous pensons que la pandémie offre une chance unique d’ « écologiser » l’économie mondiale.

Nous sommes actuellement au milieu du choc macroéconomique le plus grave depuis la seconde guerre mondiale. La perturbation de notre vie quotidienne et l’impact sur nos économies ont été énormes. Nous constatons de première main qu’une réponse collective est nécessaire pour vaincre un ennemi commun, alors que les autorités du monde entier mobilisent courageusement toutes les ressources disponibles pour lutter contre la pandémie de Covid-19.

Cette crise nous offre une occasion unique de reconstruire notre économie afin de résister au prochain choc qui s’annonce : la dégradation du climat. Si nous n’agissons pas maintenant, la crise climatique sera le scénario central de demain et, contrairement au Covid-19, personne ne pourra s’en isoler.

En réponse immédiate à la pandémie, les gouvernements ont pris des mesures d’une ampleur sans précédent pour maintenir les systèmes économiques et financiers à flot. Le FMI estime qu’environ 9000 milliards de dollars de soutien budgétaire ont été fournis dans le monde. Cela est nécessaire pour limiter les dommages aigus et permanents. Mais alors que nous envisageons la prochaine étape de la reprise, nous devons regarder au-delà de la crise immédiate et réfléchir de manière plus stratégique à la façon de procéder.

Collectivement, les pays du monde entier sont encore loin d’atteindre les objectifs de la crise climatique, notamment l’accord de Paris pour limiter l’augmentation de la température mondiale à bien en dessous de 2 °C et poursuivre les efforts pour limiter l’augmentation à 1,5 °C. Au cours de la dernière année, nous avons enregistré des températures record en Europe, des précipitations extrêmes aux États-Unis et des incendies de forêt dans l’Arctique. Les effets de la crise climatique sont irréversibles, de sorte que la gravité et la fréquence de ces événements météorologiques extrêmes ne feront qu’augmenter – dans la mesure où cela dépend de notre succès dans la transition vers un monde à émissions nettes nulles. Conscient de ce risque, le Réseau pour l’écologisation du système financier (NGFS, Network for Greening the Financial System) – une coalition de 66 banques centrales et superviseurs – a travaillé à «verdir» le système financier afin de réduire les risques financiers coûteux que ces développements créent.

Agir tôt aidera à faciliter la transition et à éviter un ajustement brusque et désordonné. Pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris, il faut toute une transition économique : chaque entreprise, banque et institution financière devra s’adapter. La pandémie a montré que nous pouvons changer nos façons de travailler, de vivre et de voyager, mais elle a également montré que faire ces ajustements au plus fort d’une crise entraîne des coûts énormes. Pour lutter contre la dégradation du climat, nous pouvons désormais prendre des décisions qui réduisent les émissions de manière moins perturbatrice. Cela nous oblige à être stratégiques. Pour mieux reconstruire.

Cela ne se produira que si les décisions financières, y compris celles prises par les entreprises, les investisseurs, les banques et les gouvernements, tiennent compte de la crise climatique. Les plans de relance économique élaborés aujourd’hui offrent la possibilité de bâtir une nouvelle économie durable et compétitive.

Après la crise financière mondiale, seule une fraction des dépenses budgétaires a amélioré la « soutenabilité ». Cette fois, les plans de relance des gouvernements doivent être plus ambitieux. Par exemple, certains accélèrent déjà la transition vers une énergie propre, modernisent les maisons et les bâtiments et associent le soutien financier aux conditions climatiques définies par le Groupe de travail sur les divulgations financières liées au climat (TCFD, Task Force on Climate-related Financial Disclosures). Les investissements dans les infrastructures d’énergie renouvelable pourraient également servir un double objectif, nous orientant vers une transition ordonnée et créant des emplois pour soutenir la reprise.

Reconnaissant l’importance continue des risques climatiques pour le secteur financier, le NGFS a poursuivi son travail tandis que ceux en première ligne luttent contre la pandémie. En tant que banques centrales et autorités de surveillance, nous devons utiliser nos mandats et notre expertise en matière de stabilité financière pour garantir une gestion efficace des risques climatiques dans le système financier.

Le défi est mondial et bénéficiera d’une action précoce, nous travaillons donc ensemble pour partager les meilleures pratiques et renforcer nos capacités. La semaine dernière, le NGFS a publié un ensemble de rapports sur les risques climatiques et environnementaux( https://www.ngfs.net/en/liste-chronologique/ngfs-publications ), y compris un aperçu des pratiques de l’industrie et des orientations pour les autorités de contrôle, et dans les semaines à venir, il publiera un ensemble de scénarios de référence climatiques. Ces travaux soutiendront une transition ordonnée et relèveront la barre du secteur financier dans le monde.

Au lendemain de la crise financière, la communauté internationale s’est mobilisée pour réformer le système financier. Ces réformes ont permis au système financier de faire partie de la solution plutôt que du problème. Une fois de plus, nous avons atteint un tournant. Nous avons le choix : reconstruire l’ancienne économie, verrouiller les augmentations de température de 4 °C avec une perturbation climatique extrême, ou reconstruire mieux, en préservant notre planète pour les générations à venir.

Pour relever le défi de la crise climatique, nous devons tirer des enseignements de la pandémie de Covid-19. Faisons en sorte qu’une reprise verte constitue la première étape dans cette voie.

Andrew Bailey est gouverneur de la Banque d’Angleterre, François Villeroy de Galhau est gouverneur de la Banque de France, Frank Elderson est président du Network for Greening the Financial System et membre du comité exécutif de la Nederlandsche Bank, Mark Carney, ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre, est l’envoyé spécial aux Nations-Unies pour l’action pour le climat et les finances.

La Commission européenne élabore un plan pour éliminer l’agriculture européenne moderne.

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Les détails de ce plan sont apparus le mois dernier, dans le cadre du « Green New Deal » annoncé à la fin de l’année dernière, qui appelle le continent à devenir « climatiquement neutre » d’ici 2050. La Commission parle de « transformer les défis climatiques et environnementaux en opportunités ». Elle mentionne également de « rendre la transition juste et inclusive pour tous ».

Elle aurait du ajouter aussi trois mots : « sauf pour les agriculteurs ». Hélas non, parce que la Commission européenne vient de publier sa stratégie «De la ferme à la fourchette», qui est le volet agricole de l’accord vert européen (lien en fin de billet). La Commission annonce une série d’objectifs irréalistes : au cours de la prochaine décennie, les agriculteurs sont censés réduire de moitié l’utilisation de produits phytosanitaires, de réduire de 20% l’utilisation d’engrais et de transformer un quart de la superficie totale des terres agricoles en production biologique.

Naturellement, rien de tout cela n’est censé perturber le dîner de qui que ce soit.

Les Européens ont la chance de vivre dans une société bien nourrie. Nous avons des gouvernements stables, des infrastructures fiables et des économies avancées. Nous possédons également certaines des meilleures terres agricoles au monde, avec un bon sol et de bons rendements, année après année. Grâce à l’agriculture intensive, nous obtenons d’excellents résultats – et nous ne sommes pas confrontés aux problèmes de faim et de malnutrition qui affligent les personnes moins fortunées dans d’autres sociétés.

Ce que la Commission européenne propose maintenant, essentiellement, ce sont des récoltes moins abondantes. Pour les consommateurs, cela mènera directement à une chose: des prix plus élevés. La nourriture coûtera plus cher. Il y a aussi un problème plus profond. Comment les agriculteurs, qui sont déjà confrontés à des problèmes financiers, sont-ils censés gagner leur vie lorsque ils cultiveront moins de terres et vendront moins de nourriture ? La Commission européenne a tout simplement oublié de prendre en compte l’un des résultats les plus probables de son approche erronée de l’agriculture : lorsque les agriculteurs ne peuvent plus réaliser de bénéfices, ils abandonnent l’agriculture.

Si cela se produit, les petites récoltes diminueront encore plus.

Ces dispositions sont en contradiction directe avec ce que la Commission dit être son objectif principal, qui est de rendre « l’économie de l’UE durable ». La Commission européenne devrait pourtant comprendre qu’il n’y a pas de durabilité économique sans économie durable.

Cela soulève également la question de savoir d’où proviendra notre nourriture, si elle ne provient pas de nos propres fermes. Nous pourrons toujours importer plus de nourriture d’autres régions du monde. Le commerce mondial est déjà une caractéristique essentielle de la production alimentaire. Pourtant, l’accord vert européen conduira à faire appel à une agriculture de qualité inférieure dans les endroits où les terres agricoles sont moins productives. Cela peut aider à remplir le ventre dans une Europe qui compte moins d’agriculteurs. Cela pourrait même donner bonne conscience aux militants et aux bureaucrates de Bruxelles. Mais cela n’aidera certainement pas le climat comme ils le prétendent.

L’objectif d’une agriculture moderne devrait être de produire plus de nourriture sur moins de terres. Pourtant, l’approche actuelle de l’UE, fondée sur l’idéologie plutôt que sur la science, conduira à produire moins de nourriture sur davantage de terres.

Qu’est-ce qui est « vert » au sujet de tout cela ?

Tout ce plan est censé se dérouler, soit dit en passant, à une époque de croissance démographique mondiale. Les démographes s’attendent à ce que 2 milliards de personnes supplémentaires habitent notre planète d’ici 2050. Nous devons également les nourrir. Déterminer comment y parvenir au cours des 30 prochaines années est le principal défi de l’agriculture – et la solution, si nous en trouvons une, réside dans l’utilisation de technologies, produits et stratégies innovants, en particulier dans les pays en développement.

Ce dont nous n’avons pas besoin, c’est du fardeau supplémentaire des restrictions qui rendra plus difficile pour les Européens de se nourrir.

Le pire, cependant, est que le « Green Deal européen » semble supposer que les agriculteurs sont les ennemis de la conservation. La Commission européenne considère les agriculteurs comme un problème à résoudre et donc à traiter, voire à éliminer, plutôt que comme des alliés dans une cause commune.

Les agriculteurs travaillent déjà dur pour être aussi « verts » que possible. Dans beaucoup de fermes européennes, une petite partie de l’électricité est produite avec des panneaux solaires. La localisation GPS et d’autres technologies sont quotidiennement utilisées pour réduire les déchets que de soit pour épandre le fumier ou combattre les mauvaises herbes. Des couvertures végétales sont plantées pour prévenir l’érosion des sols. Des bandes de fleurs sont ménagées entre les parcelles pour attirer les insectes pollinisateurs et améliorer la biodiversité. Si le temps et la technologie le permettent, les agriculteurs ferons encore plus. Cependant, le moyen le plus sûr d’empêcher l’innovation positive est de menacer la capacité des agriculteurs à gagner leur vie.

Pour les agriculteurs – et pour tous les Européens – le Green Deal européen est un accord pourri.

Liens : https://ec.europa.eu/info/strategy/priorities-2019-2024/european-green-deal_en

https://ec.europa.eu/info/strategy/priorities-2019-2024/european-green-deal/actions-being-taken-eu/farm-fork_en

Source : www.globalfarmersnetwork.org

L’auteur de cet article, Marcus Holtkoetter, est un agriculteur du Nord de l’Allemagne depuis de nombreuses générations. Il cultive de l’orge, du blé, du colza et élève des porcs. Il est très actif sur les réseaux sociaux.