Les taux des emprunts d’Etat français à dix ans augmentent, où est le problème ?

Depuis août 2019 la tendance de l’évolution des taux à dix ans émis par la France est orientée vers une augmentation. Ces taux fluctuaient autour de zéro depuis mai de la même année. Ce 17 janvier ce taux a atteint 0,358 %, pas de quoi affoler l’Agence France Trésor ni le patron de Bercy car la France continue à emprunter à court terme avec des taux négatifs. Et c’est presque le jack-pot pour les finances publiques de la France puisque les intérêts des emprunts à un mois sont toujours à moins 0,64 % ! Pour prêter de l’argent à l’Etat français sans se faire arnaquer, du moins sur le papier, il faut consentir à placer son argent pendant 20 ou 30 ans, les taux étant respectivement de 0,67 et 1 %. On est encore très loin des taux à 10 % de la fin des années 1970.

Mais comme je l’ai suggéré les investisseurs croient en la pérennité de l’Etat français et ils ne s’attache qu’au taux pratiqué à ce jour. Mais si on prend en compte une inflation de 7 % ( ce qui était le cas dans les années 1970 et Pierre Jovanovic parle de 15 % d’inflation aujourd’hui) alors un investisseur courageux qui prêtera sur 10 ans une certaine somme d’argent aura perdu tout son capital au cours de cette période. De plus cette remontée des taux affaiblit la valeur négociable sur le second marché de ces titres de dette souveraine. La Banque Centrale Européenne tente de contrôler ce second marché de la dette, pas seulement celle de la France, et pour tenter d’assainir ce marché elle a vendu il y a quelques jours pour 945 milliards d’euros de dette souveraine émise par les Etats de la zone euro, devinez à qui ? À l’Arabie saoudite et au Qatar, via des gestionnaires de fonds américains, puisque la BCE n’a pas trouvé d’autres investisseurs … La BCE vend la dette des Etats de la zone euro aux seuls Etats disposant de liquidités, les monarchies pétrolières du Moyen-Orient, c’est un fait nouveau qui devrait attirer l’attention des peuples et des candidats à la présidentielle française.

La situation est donc très grave, personne n’en parle, y compris Eric Zemmour, pourtant concerné directement par cet événement soigneusement occulté par les grands médias européens et français. Qu’adviendra-t-il quand ces gigantesques gestionnaires de fond, américains faut-il le préciser, demanderont des comptes aux Etats. Qu’adviendra-t-il quand les Saoudiens réclameront leur « pognon » qui se sera évaporé en raison de l’inflation ? La conversion de toutes les églises et de tous les temples en mosquées et l’installation de la charia ? La BCE est donc d’une inconséquence coupable en ayant outrepassé sa mission et les Etats de la zone euros, pourtant, ne réagissent pas. On vit dans un monde potentiellement très dangereux …

COP21 : Apple a décidé de verdir sa pomme

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Je ne sais pas si le verbe « verdir » peut s’appliquer à une pomme, toujours est-il que la société à la pomme basée à Cupertino s’est lancée dans l’émission d’obligations vertes suivant les conseils de financiers avisés comme BlackRock et JP Morgan Chase. Il y a en effet un engouement pour le verdissement de l’économie qui ne cesse d’amplifier depuis la fin de la mémorable COP21. Mademoiselle Ségolène n’a rien à voir dans cette histoire bien qu’elle ait été promue grande prêtresse du « machin climatique vert » onusien. Le climat est devenu l’affaire des grands groupes financiers alliés pour la bonne cause (la leur) aux mastodontes des technologies de l’information que sont par exemple Apple ou encore Foxconn, le manufacturier d’Apple, sans oublier Google et Facebook.

L’émission d’obligations vertes par Apple atteint le montant encore dérisoire de 1,5 milliard de dollars mais le mouvement est lancé. Ce fut déjà le cas en 2015 qui vit l’émission d’obligations vertes atteindre 42,4 milliards de dollars. Il est prévu que ce montant atteigne plus de 50 milliards en 2016. Tout va donc très bien pour le milieu de la finance qui a trouvé un autre os à ronger, un os particulièrement juteux puisque des centaines de millions de gogos vont se faire piéger et leur épargne sera réduite à un bout de papier plus ou moins vert tout juste bon à emballer des épluchures de pommes de terre même pas « bio ».

Comme Google l’a déjà fait Apple va se lancer dans les buildings verts, l’énergie verte, le stockage de cette énergie verte et l’efficacité énergétique verte. Tout un programme qui constitue l’une des promesses d’Apple formulée lors du grand raout du Bourget. Et pas seulement Apple mais aussi Facebook et les quelques autres « grands » des nouvelles technologies. La société de consultants Ernst & Young a été choisie pour superviser le marché des obligations vertes et exiger la plus limpide transparence pour éviter que la couleur verte ne se ternisse pas trop vite. En effet, les banquiers, les compagnies d’assurance, les fonds de pension, les fonds souverains, les gestionnaires de portefeuille comme BlackRock se précipitent tous avec la voracité qui caractérise les gros bonnets de la finance vers ce nouvel eldorado non plus doré mais vert pomme … il n’y a à peu près plus que dans ce domaine coloré qu’on peut encore espérer gagner de l’argent et la Directrice verte d’Apple, Lisa Jackson, l’a bien dit en une phrase éloquente : « les investisseurs vont mettre leur pognon là où leur coeur et leurs angoisses se retrouvent », comprenez : dans la couleur verte.

On ne peut déjà plus dénombrer les produits de grande consommation arborant fièrement le « label vert » obtenu auprès des organisations non gouvernementales du genre « Vouvouèfe » ou « Paix Verte » pour éviter tout chantage économique. Les « grands » de la Silicon Valley se convertissent aussi tous au vert et obligent leurs partenaires et fournisseurs à se convertir aussi au vert le plus rapidement possible. L’éclatement de la bulle verte en formation ruinera des millions de petits épargnants au profit des puissances financières dirigées par une poignée de coquins. Un grand merci à la COP21 qui a organisé ce racket légal ! Et ce n’est qu’un début car il y a aussi l’organisation des quotas de carbone à l’échelle mondiale, un autre traffic très juteux que lorgnent les financiers du monde entier …

Source : Thomson Reuters