Les effets pervers de la politique de l’ « enfant unique » en Chine

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La politique de l’enfant unique mise en place en 1979 et assouplie en 2015 a profondément perturbé la démographie de la Chine. Il s’agissait de freiner la croissance démographique du pays ou du moins de la contrôler. La Chine, durant les années 1980 et 1990, développa très rapidement les conditions sanitaires et médicales car il s’agissait pour le gouvernement d’atteindre des standards équivalents à ceux des pays occidentaux. Dans le même temps l’afflux de main-d’oeuvre des campagnes vers les villes provoqué par la mécanisation de l’agriculture eut pour conséquence une prise de conscience des couples en âge de procréer des nouvelles techniques d’investigation du sexe des embryons in utero. Comme en Inde, pour une famille chinoise un enfant mâle a plus de chances de réussir dans la vie qu’une fille, parallèlement à la politique autoritaire de l’enfant unique par couple, se développèrent les avortements sélectifs.L’avortement était en effet toléré sinon encouragé par la loi dans le cadre de cette politique de l’enfant unique.

Et en moins de trois décennies arriva ce qui aurait pu être parfaitement prévu par les démographes : une pénurie de filles à marier. Il y a en effet depuis plus de 30 ans près de 120 naissances d’enfants de sexe masculin pour 100 naissances de filles et l’effet de ce déséquilibre va perdurer encore pendant au moins une génération voire plus. La modification de cette politique de l’enfant unique a été assouplie mais les effets de cette décision ne se concrétiseront que vers les années 2040 au plus tôt. D’ici là la population de la Chine va vieillir dangereusement. Fort heureusement la Chine profitera des avancées technologiques du Japon qui est déjà confronté au vieillissement critique de sa population et développe des robots d’assistance à domicile des vieillards.

Devant cette « pénurie » alarmante de femmes à marier la ville de Pékin a mis en place une sorte de banque de données qui concerne déjà plus d’un million et demi de femmes célibataires ou divorcées dont les âges s’étendent de 15 à 40 ans.

Cette banque comporte les moindres détails de ces personnes candidates potentielles au mariage (« BreedReady » en anglais) et pour qu’elles aient au moins deux enfants le gouvernement va prendre des mesures autoritaires quitte à les forcer à se marier dans ce but. Cette initiative gouvernementale aura-t-elle des effets ? On peut en douter dans la mesure où il existe en Chine une multitude de sites de rencontres, tous surveillées par le Parti d’un oeil bienveillant puisque le taux de fécondité en Chine est en chute libre et a atteint 0,8 enfant par femme en âge de procréer. La politique de l’enfant unique a définitivement déséquilibré le paysage démographique de la Chine et aucune initiative, y compris autoritaire, ne pourra juguler l’effondrement soudain et dévastateur de la population dans les années à venir.

Source partielle : The Guardian

Les lettres d’amour c’est désuet, maintenant on tweete …

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Imaginons un monde sans télévision. Pour occuper nos loisirs nous aurions le choix entre la lecture, le jardinage et des travaux manuels de détente (liste non exhaustive). Par exemple la tapisserie est un excellent passe-temps comme les modèles réduits. J’ai pour ma part choisi, puisque je n’ai pas de télévision, la sculpture, en réalité le moulage. C’est relativement facile et peu coûteux. Internet a aussi envahi nos vies quotidiennes et nous n’écrivons plus : nous envoyons des messages en laissant des traces sur Facebook ou Twitter, je dis des traces car ce n’est pas vraiment de l’écriture. Je fais des efforts pour rédiger des billets sur mon blog en une prose si possible correcte sans être constellée de fautes d’orthographe ou de syntaxe déplorables. Oh ! je fais encore des fautes qui m’échappent à la relecture, j’ai toujours été brouillé par les accords de participe passé !

Pour revenir à Facebook (Fakebook) et Twitter, des inventions d’escrocs et de menteurs, ces deux outils, si on peut dire les choses ainsi, sont plus nocifs pour l’humanité que n’importe quelle autre maladie infectieuse. On n’écrit plus aujourd’hui, on tweete. Si j’envoyais une lettre d’amour dans un style très poétique à une femme aujourd’hui – et je sais que j’en suis encore capable – elle ne comprendrait pas mes propos parce qu’elle a probablement perdu l’habitude de lire plus de 150 caractères. Et pourtant quoi de plus beau qu’une belle lettre d’amour dans laquelle on entre dans la profondeur des sentiments et des émotions, écrite d’une main hésitante et un peu fébrile. Autrefois quand il y avait le feu dans une maison l’occupante sauvait d’abord les lettres d’amour que lui avaient envoyé ses amants, le reste n’avait pas d’importance …

John Keats, mondialement connu pour ses poèmes, était aussi un écrivain immense dans toutes les lettres d’amour qu’il écrivit à l’élue de son coeur, Fanny Brawne, et chacune de ses lettres était aussi un poème.

Qui aujourd’hui à l’ère des impulsions lumineuses circulant dans des fibres de verre à la vitesse de la lumière ira dans un papeterie acheter une enveloppe et du beau papier pour écrire une lettre d’amour. Et pourtant n’y a-t-il pas plus belle preuve d’amour …

Inspiré d’un article paru sur le site Takimag. Illustrations Fanny Brawne .

La propagande médiatique européenne par omission

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En Europe, tous les pays sont concernés par des zones de non-droit (no-go-zones) mais il ne faut surtout pas en parler, c’est l’omerta absolue sur ordre des gouvernements. En Suède, terre d’accueil de nombreux « migrants » (cf. note), la police a dénombré 60 zones de non-droit dont 3 près de Stockholm. En Grande-Bretagne les nouveaux migrants se sont concentrés autour des grandes métropoles industrielles telles que Liverpool ou Manchester. En Belgique c’est Bruxelles qui se débat avec un quartier où la charia a pris le dessus sur les lois du pays. En France un partie du nord de Paris et la banlieue nord comportent des zones de non-droit mais il en existe aussi à Béziers, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Lyon, Marseille …

Dans ces endroits particuliers les migrants se sont concentrés pour y retrouver leurs coreligionnaires et ni la police, ni les médecins, ni les pompiers ni même les postiers osent s’y aventurer. En ce qui concerne la Suède, afin de dissimuler la nature très critique de cette situation les grands médias ont prétendu que ce pays suréquipait son armée pour faire face à une invasion imminente de la Russie. C’est une fakenews dans toute sa splendeur car d’une part la Suède ne présente aucun intérêt stratégique pour Moscou et d’autre part tout simplement parce que le gouvernement suédois n’a plus d’autre solution que de faire intervenir l’armée lourdement équipée pour tenter de mettre de l’ordre dans ces zones. En effet, une majorité des hommes y sont armés et c’est la raison pour laquelle la police ne s’y aventure plus pour ne pas se faire tirer dessus comme des lapins, ni les services de voirie – ces quartiers sont devenus des dépotoires – ni les médecins ni les pompiers. Voilà donc les vraies « news » que ne font pas circuler les grands médias car ces concentrations de migrants dans des zones-suburbaines maintenant désertées par habitants locaux traditionnels constituent un véritable cancer qui menace de l’intérieur les démocraties européennes. Quand Viktor Orban décide de fermer son pays à un quelconque migrants il est traité de nazi et d’autres noms d’oiseaux par les autres pays européens, gouvernements et médias compris. Encore une fakenews : Orban veut seulement protéger son pays contre ce cancer destructeur.

Pour conclure, puisqu’aucun média ne mentionne ce problème c’est donc bien la preuve qu’il dérange en haut lieu, qu’il est bien réel et qu’il ne faut surtout pas en parler afin de ne pas provoquer d’émeutes pouvant aboutir à de véritables massacres.

Sources diverses dont des blogs nord-américains parmi lesquels ZeroHedge. Relire le billet du 13 février dernier sur ce blog

Note. J’ai utilisé le terme « migrant » à dessein et par pudeur dans la mesure où un migrant au sens étymologique du terme est une personne qui va d’un lieu vers un autre, donc ce n’est pas un « immigrant » qui, lui, reste dans le lieu où il a terminé sa marche. En quelque sorte de la pudeur sémantique de la part du mond politique totalement désarmé devant le désastre annoncé !

La « taxe pluie » pour bientôt ?

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Le gouverneur de l’Etat du New-Jersey, le démocrate Phil Murphy a découvert que les finances n’étaient plus capables de payer les retraites des anciens employés. Le New-Jersey détient le record nord-américain de la pression fiscale et il était problématique de trouver un nouvel impôt qui ne mécontenterait pas trop les citoyens. Mais il a trouvé la solution : faire financer par un nouvel impôt de nouvelles infrastructures pour contenir les chutes de pluie catastrophiques à venir en raison du réchauffement climatique. Cet investissement a été estimé à 15,6 milliards de dollars et puisqu’il y a urgence il faut donc faire vite !

L’Etat va donc créer un nouvel impôt appelé « rain-tax », en français l’impôt sur la pluie. L’ancien Gouverneur du Maryland, le démocrate Anthony Brown avait tenté la même manoeuvre en 2012 mais il a été chassé de son siège lors des élections suivantes. La France partage avec le New-Jersey la créativité fiscale tous azimuts la plus diversifiée et on en connait les conséquences directes avec les « Gilets jaunes ». C’est parce que le diesel est mauvais pour le climat que l’on taxe les conducteurs, dans le New-Jersey on taxe la population parce qu’il pleut trop souvent et trop abondamment. En ce moment même les températures sont toujours largement en dessous de zéro degrés. Alors pourquoi le Gouverneur n’instituerait-il pas aussi une « taxe froid », un froid lui-même provoqué par le réchauffement climatique comme l’affirment certaines hautes personnalités onusiennes ?

Dans le même registre la France avait fait preuve, en son temps, d’une très nette avancée dans la créativité fiscale en instituant un « impôt sécheresse », je ne me souviens plus exactement en quelle année, et en d’autres temps les fonctionnaires du ministère des finances à Paris n’avaient-ils pas aussi inventé la taxe sur les portes et fenêtres, c’était plus confortable car la température des logements restait tempérée par grand froid ou fortes chaleurs … Finalement on n’arrête plus le progrès, surtout dans le domaine météorologico-fiscal.

Source et illustration : ZeroHedge

Petite histoire vécue très personnelle : l’effet de la télévision sur le comportement.

Il y a quelques jours je suis allé dans la province d’Alicante aider à la mesure de mes moyens une de mes nièces à déménager. Constatant selon mes dires que j’étais esseulé sentimentalement parlant, ce qui est exact, celle-ci entreprit, parce qu’elle aime bien son vieil oncle et je l’en remercie si elle lit mon blog, d’organiser une rencontre avec une de ses amies, Colombienne d’origine et fort belle femme au demeurant, pour que, affinités aidant, je l’invite éventuellement à Tenerife. Un soir je me retrouvais dans un petit restaurant avec cette charmante femme, un rendez-vous organisé par ma nièce, et après avoir dégusté quelques tapas elle m’invita à aller boire un café chez elle. Il était un peu plus de 21h et quand une femme assez attirante, célibataire de surcroit, invite un homme chez elle à un tel moment de la soirée, ce dernier peut s’imaginer que cette tasse de café ne sera en fait qu’un début.

Bref, la première chose qu’elle fit en m’accueillant chez elle fut d’allumer la télévision. Je lui fit observer que si elle venait me voir à Tenerife elle serait surprise de constater qu’il n’y a pas de télévision chez moi. Fort heureusement elle n’avait pas mis le son du téléviseur à un degré trop élevé et nous pouvions ainsi bavarder dans la limite de mon espagnol un peu précaire tout en jetant un coup d’oeil à une émission totalement débile comme il y en a tant sur le « petit » écran qui est devenu de plus en plus grand au fil des années pour bien occuper l’espace et en mettre plein la vue à tous les membres de la famille y compris les visiteurs. Elle me fit comprendre qu’échanger un baiser ne serait pas nécessairement un geste engageant. En gentleman que je suis fondamentalement je me rapprochai d’elle mais elle me repoussa car pour elle je sentais trop le tabac, à son goût. Elle n’ignorait pas que j’étais fumeur puisque nous avions dégusté ces tapas en terrasse et j’avais grillé au moins 2 cigarettes au tabac brun très odorant. Je lui répondis alors que je fumais depuis 58 ans et que je n’avais pas l’intention de quitter la cigarette à mon âge. La situation devenait de plus en plus compliquée.

Pour mettre une petite touche d’humour dans une conversation sans suite je lui déclarai que j’avais fumé dans ma vie au moins 25 km de cigarettes. Elle trouva cette boutade un peu drôle et se mit à rire. J’en profitai alors pour lui glisser un baiser innocent et furtif derrière son oreille droite, un endroit assez douillet de l’anatomie d’une femme de surcroit toujours légèrement parfumé. Avec une lourde arrière-pensée je lui dis avec un aplomb qui me surprit moi-même que j’avais eu l’impression de déposer un baiser sur son sexe que j’imaginais, comme tout septuagénaire un peu libidineux (mais pas trop tout de même), être agréablement paré d’une pilosité aussi abondante que ses sourcils ou sa chevelure. Elle me répondit immédiatement qu’elle rasait son sexe !

La situation me parut alors sans issue et fort heureusement, quelques secondes plus tard, mon petit-neveu téléphona pour me prévenir qu’il m’attendait en bas de l’immeuble pour rentrer à la maison, ce qui me délivra de l’encombrante nécessité d’expliquer mon point de vue à cette charmante personne au sujet de l’utilité des poils pubiens que mes lecteurs ont découvert sur ce blog.

Je ne revis plus cette Colombienne et pour cause. Allumer la télévision quand on reçoit une personne chez soi, refuser un baiser (innocent, mais pas complètement) à cause des odeurs de tabac – je veux bien l’admettre, fumer est un vilain défaut comme ne pas pouvoir se passer de télévision chez soi – mais se raser le sexe fut l’argument final pour clore cette rencontre galante indubitablement vouée à un échec total en prenant en considération l’enchainement de ces évènements révélateurs.

Le lendemain, lors du petit-déjeuner, mon petit-neveu me demanda si j’allais revoir cette amie de sa mère et l’inviter à Tenerife. Je lui répondis qu’il n’en était pas question pour les trois raisons évoquées plus haut. Il me surprit alors en me déclarant que lui aussi se rasait les poils pubiens et que la plupart de ses petites amies en faisaient de même. Comme j’ai la réputation dans ma famille d’être un vieil obsédé habité par une lubricité que réprouve la morale judéo-chrétienne je ne pus m’empêcher de demander à ce jeune homme pour quelle raison il se pliait lui aussi à ce genre de pratique et il me déclara que dans tous les films « porno » qu’il avait vu à la télévision autant les femmes que les hommes étaient rasés et que c’était, donc, plus propre et plus esthétique. J’ai enfin trouvé de la bouche d’un jeune homme de 20 ans quelle était la vraie raison de cette mode stupide, inconfortable et de surcroît source d’infections variées.

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Le débat à ce sujet me semble donc clos, il s’agit d’une conséquence subconsciente des messages télévisuels perçus par des millions de personnes dans le monde qui, par un geste paraissant anodin, s’identifient dans leurs comportements à des acteurs de cinéma de qualité désespérément médiocre oeuvrant dans des films d’une facture tout aussi médiocre. Illustration : une photo personnelle du sexe d’une de mes « petites amies » transformée à l’aide d’un petit logiciel de traitement d’images il y a plus de 20 ans qui rappelle un peu « L’Origine du Monde » de Gustave Courbet.

 

Nouvelles du Japon : l’immigration.

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Le Japon, pays insulaire très fortement imprégné de traditions séculaires, reste, malgré le besoin criant de main-d’oeuvre peu ou moyennement qualifiée, presque hermétiquement fermé à l’immigration. Par exemple en 2017 sur 19628 demandes de visas de résidence temporaire seules 45 ont été satisfaites sur des bases essentiellement humanitaires et 20 autres se sont vues accorder un visa de résidence temporaire sans contrat de travail auprès d’une entreprise nippone ou étrangère. La Diète (Parlement) examine en ce moment un projet d’accueil d’étrangers pouvant présenter un contrat de travail auprès d’une entreprise japonaise afin de bénéficier d’un visa temporaire durant 5 années que l’on pourrait appeler probatoires et renouvelable ensuite à condition que le candidat à un visa de plus longue durée puisse prouver qu’il a acquis des notions de japonais, alors seulement il aura l’autorisation de faire venir éventuellement sa femme et ses enfants s’il avait auparavant fondé une famille. Au total, selon les propositions du gouvernement, environ 150000 étrangers pourraient ainsi être accueillis sur le territoire Japonais, un goutte quand on sait que le marché du travail propose près de deux postes pour un candidat. Mais là n’est pas vraiment l’objet de ce billet inspiré de loin d’un article paru sur The Guardian parce que l’illustration m’a rappelé quelques souvenirs. Fait impensable au Japon des graffitis détériorent l’image de Tokyo, ville remarquablement propre bien qu’il n’existe pas de personnes rétribuées par la municipalité pour nettoyer les rues.

Pour accéder aux services d’immigration, situé sur une île artificielle où l’activité est essentiellement portuaire, il faut prendre un autobus depuis la gare ferroviaire de Shinagawa. Pour accéder à l’arrêt d’autobus il existe des escaliers et des rampes. L’illustration ci-dessus montre les graffitis sur ces rampes ainsi que sur le trottoir proche du bâtiment abritant les services d’immigration dont les abords sont d’ailleurs plutôt sales et ces graffitis qui ont tout simplement horrifié les Tokyoïtes car la tradition de respect de l’espace public n’a pas été respectée. Le bureau d’immigration a déposé une plainte pour insulte et même le Premier Ministre a été interpellé à la Diète. Certes le gouvernement japonais songe à assouplir la politique d’immigration du pays mais la population dans son ensemble reste très réticente. Et c’est facile à comprendre. À Tokyo les quartiers les plus sales, toutes proportions gardées en comparaison de certaines grandes villes européennes ou américaines, je ne parle même pas de Douala ou de Dakar, deux villes africaines que je connais, donc, ces quartiers sont ceux fréquentés par les touristes comme Shibuya, Roppongi ou même Ginza.

Non seulement les touristes ne respectent pas la coutume locale du respect de l’espace public mais si en plus le gouvernement ouvre toutes grandes les portes du pays à l’immigration, jusqu’où ira-t-on ?, doivent penser les Japonais à juste titre. Bref, à l’horizon 2020 et pour calmer les esprits le premier ministre a décidé d’accueillir 60 immigrés sans contrat de travail chaque année … dès 2020. Un effet peut-être louable mais qui n’est pas vraiment du goût de la population.

Nouvelles du Japon : le paiement en cash

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Comme a coûtume de le souligner Emmanuel Todd le Japon et l’Allemagne sont deux pays très semblables du point de vue de leur structure sociologique, une observation provenant de l’analyse des structures familiales de ces deux pays. Mais il y a d’autres similitudes tout aussi surprenantes. D’abord la syntaxe de la langue japonaise, le verbe en fin de phrase, est très proche de la syntaxe de la langue allemande. De plus les kanji sont souvent des ensembles d’idéogrammes parfois complexe et de même la langue allemande associe des mots qui peuvent atteindre une longueur démesurée. Dans la vie quotidienne les Japonais et les Allemands se rejoignent aussi sur un point particulier : ils préfèrent régler leurs menues dépenses quotidiennes avec de la monnaie papier ou métal et rechignent souvent à utiliser une carte de paiement ou de crédit. J’ignore comment les Allemands gèrent une petite épargne mais au Japon c’est presque une habitude que d’avoir un peu de billets de banques à la maison dans un coin inattendu.

Au contraire du Japon dans la majorité des pays voisins, Corée, Chine ou encore Vietnam et Thaïlande, les consommateurs paient leur taxi, leur restaurant et leurs emplètes avec leur smartphone. Au Japon on paie en cash avec des billets de 1000, 5000 ou 10000 yens qui semblent tous sortir directement de l’imprimerie de la BoJ. Une petite start-up de Tokyo a décidé de s’infiltrer dans ce mode de paiement avec un smartphone dans la mesure où tous les Japonais en possèdent un, il suffit de prendre le train ou le métro pour s’en rendre compte. En effet rares sont les passagers qui, s’ils ne dorment pas, lisent un livre ou le journal dans les transports en commun, sont tous rivés sur leur téléphone pour jouer, lire leurs messages ou en envoyer ou encore recevoir l’alerte pour un tremblement de terre.

Cette start-up est arrivée à convaincre la plus importante compagnie de taxis de Tokyo, la Nihon Kotsu, la chaine de magasins de proximité Lawson et quelques autres sociétés d’introduire le mode de paiement QR-code. Je précise à mes lecteurs que les trajets sur le tramway de ma ville, Santa Cruz de Tenerife, peuvent être payés à l’aide d’un smartphone depuis plusieurs années à l’aide de ce système QR-code.

Au Japon il existe un concurrent direct d’Amazon, Rakuten Inc., qui gère sa propre banque, ses propres cartes de crédit et la start-up dont il est question ici, Origami Inc. vient d’approcher Rakuten pour que ses clients adoptent ce mode de paiement. D’autres sociétés comme Line Corp dont l’application d’envoi de messages instantanés est utilisée par près de la moitié de la population japonaise ou encore Yahoo Japan allié à SoftBank, le géant de la télécom japonaise sont intéressés par la technologie développée par Origami.

Avec l’application d’Origami non seulement le mode de paiement sera facilité mais les consommateurs pourront être directement sollicités sur leur téléphone, ce qui est à l’évidence la finalité de cette start-up. Il est intéressant de rappeler ici que le QR-code (Quick Response code) a été inventé par Toyota en 1990 pour « tracer » les pièces des automobiles plus facilement et quand il y a 20 ans les Japonais ont opté pour le système de paiement des trains et des métros à l’aide de cartes sans contact (Suica ou Pasmo) le choix parut évident : la technologie de communications en champ restreint qui existe dans tous les distributeurs de billets et surtout dans un pays où si on perd son porte-feuille on le retrouve rapidement au poste de police proche intact et contenant exactement le cash qui s’y trouvait. J’en sais quelque chose puisque j’ai perdu un jour – à la fête d’automne dans un sanctuaire shinto – mon porte-feuille que j’ai retrouvé le lendemain au poste de police. Au Japon seulement 20 % de la population utilise un mode de paiement sans cash alors qu’en Chine 60 % et en Corée 90 % de la population a choisi le paiement électronique sans contact y compris avec les QR-codes. Ce sont pas moins de 100000 magasins de détail que la société Origami convoite, le QR-code ne nécessitant aucun investissement supplémentaire contrairement au paiement sans contact. Toyota est naturellement derrière ce projet qui pourrait révolutionner les habitudes des Japonais et il est aussi soutenu financièrement par les organismes financiers tels que JCB, Saison Card, Sumitomo Mitsui ou encore Union Pay qui toutes mettent des cartes de paiement à la disposition des consommateurs.

Mais le Japon est le pays par excellence de la tradition. Il existe dans tous les foyers japonais un téléphone avec fax (qui est très rarement utilisé aujourd’hui) et l’habitude du paiement cash profondément ancrée dans les esprits deviendra peut-être plus rapidement qu’on ne le pense obsolète car une application smartphone a quelque chose de ludique. Les réseaux de distribution ont bien compris que ce type de paiement QR-code leur permettra aussi de cibler la clientèle sur leur smartphone. Attendons d’assister à cette évolution.

Source : Bloomberg, illustration Origami’s QR-code payment service

Note à l’intention de mes fidèles lecteurs. Une semaine sans connexion internet m’a fait découvrir que finalement on pouvait aussi très bien vivre au quotidien sans le web. Je n’ai pas suivi l’évolution des cours de la bourse (à titre documentaire je le précise) ni de la politique, ni de la science en général. De véritables vacances « électroniques » pour aller aider une de mes nièces à déménager. Je souhaite à tous mes lecteurs de s’offrir de tels moments, y compris sans téléphone portable, dont je trouve l’invasion dans la vie quotidienne vraiment inquiétante. Je précise que ce billet avait été rédigé avant de prendre mes « vacances électroniques ».