La grande banlieue résidentielle de Tokyo : des aspects déroutants

Vue du jardin de la maison de mon fils il y a deux petites maisons séparées l’une de l’autre de moins d’un mètre. Le confortable mur appartenant à la maison de mon fils et recouvert d’une plante grimpante protège en quelque sorte le domaine privé de ma belle-fille et de son époux. Il y a des fleurs et, luxe rare dans ce quartier, une petite pelouse. Les deux petites maisons voisines m’ont conduit à écrire ce billet décrivant ce qui se passe dans cette banlieue à près de 20 kilomètres à l’ouest du quartier de Shinjuku. La petite maison blanche a été récemment repeinte et il y a quelques jours des géomètres sont venus faire des relevés probablement pour un projet de vente. Depuis lors j’entends quand je vais fumer ma cigarette dans le jardin des éclats de voix incessants presque jour et nuit avec une petite voix féminine et de bonnes grosses répliques graves masculines. Est-ce un couple se déchirant à propos d’une vente de cette maison ? J’ai posé la question à mon fils qui m’a tout de suite répondu que c’était la mère, une vieille dame de plus de 70 ans, qui débattait avec son fils âgé d’une cinquantaine d’années et ce dernier est un « hikikomori ». J’avais à plusieurs reprises entrevu le visage spectral d’une sorte de fantôme avec de longs cheveux gris m’observant par la fenêtre protégée par une tenture entre les volets anti-typhons du premier étage.

Les hikikomori sont des gens ayant décidé de s’isoler de l’extérieur et de vivre dans leur chambre sans jamais sortir de chez eux. Que font-ils, je l’ignore, pour quelle raison, des hypothèses parvenant de psychiatres ayant examiné deux douzaines de ces personnes, un échantillon très restreint, ont conclu qu’ils ne présentaient aucune pathologie bien définie. L’explication la plus communément admise est un « burn-out » au cours des études très compétitives pour accéder à la high school ou à l’université. Il y a des « vieux » hikikomori comme le voisin de mon fils, d’une cinquantaine d’années. Ils ont échoué lors de la féroce compétition des années quatre-vingt à la suite de la crise financière que traversa le Japon. Il y a maintenant de jeunes hikikomori rejetés par la tout aussi féroce compétition qui règne à tous les niveaux du cursus scolaire. Les estimations communément admises font état de près d’un million d’hikikomori au Japon, une énorme perte pour l’économie du pays dont la population est vieillissante.

L’autre maison recouverte d’ampélopsis est abandonnée depuis plusieurs années. Dans un hypothétique avenir elle sera rasée mais son accès, comme c’est aussi le cas pour la maison blanche, est réduit à une petite allée. Cette allée en impasse débouche sur la rue à peine plus large mais comme toujours dans ces quartiers résidentiels le dédale de ruelles n’oblige jamais les entreprises à bloquer un accès aux maisons environnantes. Cette maison abandonnée ne présente aucun danger et un tremblement de terre violent ne la précipitera pas au sol à moins que sa structure en bois soit déjà largement détériorée par les termites. Dans toute la région de Tokyo il y aurait plus de 200000 maisons abandonnées, la plupart d’entre elles n’étant pas mises en vente par la famille, les descendants s’il y en a, car les procédures administratives sont complexes, leur démolition coûteuse pour proposer un terrain nu à la vente et le fisc se sert en priorité sur le fruit de cette vente. En conséquence le nombre de maisons abandonnées est considérable. Je citerai le cas de la maison des grand-parents de ma bru à Shikoku. Après leur décès elle a été tout simplement abandonnée et personne n’y pense plus. Voilà quelques aspects déroutants d’un pays en pleine effervescence économique compte tenu de la chute du yen par rapport au dollar et aux autres devises et à ma connaissance il n’y a pour l’instant pas d’inflation, mais elle arrivera aussi dans le pays du soleil levant un jour. 

Nouvelles du Japon : la gestion des ordures ménagères

Lorsque j’ai vu le reportage de Radio Canada traitant de la gestion des ordures ménagères au Québec (lien en fin de billet) je me suis immédiatement souvenu de la même problématique au Japon. Dans les villes japonaises il y a de larges artères bordées de quartiers accessibles seulement par des rues étroites rarement dessinées en angle droit et parfois sinueuses. C’est une vieille tradition dont le but était de faire en sorte que les brigands s’égarent et qu’ils puissent être faits prisonniers dans de petites impasses où ils pensaient se mettre à l’abri. Les temps ont changé et si des quartiers entiers de Tokyo ont été entièrement détruit par les bombardements américains le dessin des petites rues n’a pas changé. Il est donc impossible à de gros camions de circuler dans un tel dédale de ruelles. Et il n’y a pas d’espace disponible pour que les municipalités puissent installer des bennes à ordure de différentes couleurs pour la collecte des ordures ménagères afin que celles-ci soient vidées par des camions équipés à cet effet. Chaque petit groupe de maisons dans un quartier résidentiel dispose donc d’une sorte de caisse légère pliable qui puisse être recouverte d’un panneau de plastique tissé pour protéger les ordures des gros corbeaux qui vivent de partout dans la grande ville de Tokyo. Il y a également des caisses pliables de différentes couleurs pour que chaque foyer vienne y déposer ses propres rejets.

Dans le quartier où réside mon fils le mardi est réservé aux « brûlables », c’est-à-dire les déchets alimentaires et les matières plastiques non recyclables ainsi que les déchets végétaux. Tous ces déchets doivent se trouver dans des sacs spéciaux achetés dans n’importe quel magasin. Ces sacs sont suffisamment transparents pour que les employés de la ville chargés de la collecte devinent facilement leur contenu.

Le mercredi est le jour des papiers et cartons et des bouteilles en polyéthylène (PET). Ces bouteilles doivent être rincées et l’étiquette détachable enlevée ainsi que le bouchon car ils entrent dans la catégories des matières plastiques non recyclables. Les papiers et cartons doivent être disposés dans la rue après avoir été liés en paquets avec une ficelle elle-même réalisée avec du papier recyclé et dont l’usage est réservé à cet effet. Souvent un camion ne collecte que les cartons car le recyclage des cartons est très prisé et parfaitement organisé dans des petites unités dispersées à la périphérie de Tokyo. Il faut naturellement détacher les rubans de plastique collant des cartons et ces rubans font partie des « brûlables ».

Le jeudi c’est plus compliqué car c’est le jour de la collecte des bouteilles en verre qui ont été rincées auparavant, la collecte des canettes en aluminium également rincées et les sacs de plastique recyclable comme par exemple les emballages alimentaires eux-même fabriqués avec du polyéthylène. Enfin le vendredi est un nouveau jour de « brûlables ». Pour éviter que ces petits camions d’un poids d’à peine plus de 10 tonnes à pleine charge roulant à l’essence ou plus souvent GPL n’effectuent jamais de longs parcours, les centres de collecte sont dispersés dans la périphérie de la ville et dans le vrai centre de Tokyo ces petits camions déversent leur contenu dans des barges qui achemineront ensuite leur chargement vers des centres de retraitement ou d’incinération en empruntant les nombreux canaux et rivières de la ville. Il existe enfin de grosses usines d’incinération situées autour de la baie de Tokyo et de petites unités disséminées dans la banlieue qui toutes produisent de l’électricité et parfois de la vapeur pour le chauffage des édifices publics ou des grands ensembles résidentiels.

Il n’existe pas d’enfouissement des ordures au Japon, c’est interdit, tout ce qui est recyclable est recyclé et tout ce qui n’est pas recyclable est brûlé ce qui est très loin d’être le cas dans les pays occidentaux dont le Canada. Pour l’anecdote les petits camions de ramassage des cartons + papiers sont en compétition pour celui qui collectera le plus de carton et pour les canettes en aluminium c’est un peu le même spectacle auquel il m’est arrivé d’assister. Il est enfin interdit de disposer de rejets domestiques dans des sacs opaques. Ils ne sont pas ramassés et un petit mot doux signale au foyer qui a commis cette entorse au règlement qu’il n’a pas respecté la règle. Pour qu’un tel système fonctionne il faut naturellement une grande discipline et un respect des règles. C’est le cas dans quelques pays d’extrême-orient dont le Japon mais c’est inimaginable dans les pays européens où on trouve dans les bennes situées dans les rues un peu tout et n’importe quoi. Lorsque la collecte est terminée la rue reste parfaitement propre et c’est mieux ainsi car au Japon il n’existe pas de services de voirie excepté dans les quartiers d’affaires du centre de Tokyo ou d’Osaka surtout pour ramasser les feuilles mortes. À ce sujet dans les quartiers résidentiels pavillonnaires chaque riverain de la rue étroite est responsable de la moitié de cette rue qui jouxte sa maison.

Il reste le fameux problème des « encombrants ». Il faut à Tokyo contacter une entreprise pour enlever ces encombrants et cette opération est payante. Ces gros objets ou parfois plus petits comme des accessoires de cuisine dont la réparation est prohibitive sont souvent confiés à des retraités qui, pour arrondir leur petite retraite vont les trier, récupérer les métaux, et s’adresser alors aux services de recyclage dédiés pour le bois, les métaux et les matières plastiques qui constituent ces « encombrants ». Dans certains quartiers résidentiels de la banlieue de Tokyo on se demande parfois si on n’est pas dans un pays sous-développé, et pourtant c’est loin d’être le cas alors que des « vieux » recyclent comme ils peuvent des encombrants. Pour terminer ce billet il faut remarquer que le site de la CIA mentionne que seulement 2,9 % des « ordures » ménagères sont correctement recyclées au Japon, j’émets quelques sérieux doutes car si brûler des rebuts domestiques et également des industries et des bureaux doit être négligé bien qu’il s’agisse de produire de l’énergie ne peut pas figurer dans les statistiques de cet organisme alors, je le répète, j’émets de très sérieux doutes compte tenu de ce que j’ai observé lors de mes nombreux séjours au Japon.

Réflexions

Je cite de mémoire une citation d’André Malraux « Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas ». Si ce n’est pas la vraie citation elle prête néanmoins à la réflexion. La religion relève du domaine personnel et privé. Par exemple quand j’observe des Japonais se prosterner devant une divinité dans un sanctuaire shinto au Japon, y compris ma belle-fille, j’ignore ce qu’ils pensent à cet instant précis, c’est leur problème. Quand j’étais enfant, à la messe du dimanche nous ne devions pas regarder l’hostie au cours de l’« élévation » bien signalée par des petits coups de clochette dispersés par les enfants de choeur. Il m’est naturellement arrivé de regarder ce spectacle et je n’ai jamais rien trouvé de surnaturel. Hormis la religion musulmane qui est une organisation politique de conquête par les armes comme cela est précisé dans les dernières sourates du Coran, les autres religions monothéistes relèvent de la sphère privée. Si Lénine a clamé que la religion était l’opium du peuple son idéologie totalitaire devait conduire à un remplacement de cet opium par l’idéologie communiste. Ce rêve de Lénine de « grand remplacement » niait la nature humaine et l’aspect privé et personnel de la religion. Vladimir Poutine l’a bien compris et a encouragé le retour en force de la religion chrétienne orthodoxe.

La question fondamentale qui apparaît dès que l’on réfléchit au sujet des religions est la vraie motivation qui conduit l’homme à s’embarrasser de ce fardeau conceptuel qu’est la religion. Pourquoi l’homme a inventé la religion et l’existence hypothétique d’un dieu, c’est là la question fondamentale. On peut formuler cette question différemment : pourquoi l’homme a-t-il besoin d’une référence divine dans sa vie de tous les jours ? Et comment ce besoin est-t-il apparu ? Il y a 20000 ans nos ancêtre chasseurs-cueilleurs avaient-ils des angoisses métaphysiques, certainement pas. Ils étaient effrayés par les orages, les éclipses du Soleil ou de la Lune, le passage d’une comète dans le ciel mais il leur fallut des millénaires pour envisager d’enterrer leurs morts, ce qui devint une sorte de rituel dès l’instant où ils se sédentarisèrent. Le fait d’enterrer les morts ne signifiait pas qu’ils devaient échapper aux charognards mais plutôt que la mort était un passage vers un monde inconnu d’où pourrait revenir le vieux chef de la tribu enseveli la veille. Voilà l’origine de toute religion : il existe un « au-delà » mystérieux. Marc-Aurèle disait dans ses mémoires que si les âmes de tous les défunts du passé flottaient dans l’air cet air serait irrespirable. Il avait « cru » aux multiples divinités de Rome puis il se convertit timidement à la religion chrétienne.

On en arrive donc à l’existence putative d’un dieu, la base de toute religion monothéiste. Bien qu’ayant été élevé dans la religion catholique lorsque je me suis plongé dans les études scientifiques j’ai naturellement remis en question l’existence de Dieu. Il faut avoir un cerveau aux capacités de raisonnement limitées pour considérer que le pari de Pascal constitue une preuve satisfaisante de l’existence de Dieu. C’est trop simple. Einstein s’émerveillait de l’harmonie des lois de la physique et il pensait sans se dissimuler qu’il y avait quelque chose de divin. Je veux bien mais toutes ces lois sont décrites par des équations mathématiques dont la complexité n’a rien de divin. Elles ont aussi servi à mettre au point l’arme terrifiante qu’est la bombe nucléaire. Pour l’aspect divin de la nature on est en droit de se poser quelques questions. Le problème sans solution pour un scientifique est donc l’existence même de Dieu. Par conséquent, courant le risque d’être déconsidéré par quelques-uns de mes lecteurs, je dirai ici que Dieu n’existe pas et qu’il s’agit d’un concept dont l’homme a besoin pour se rassurer, conscient qu’il est de sa condition de mortel. Les mouvements messianiques, les gesticulations des activistes prosélytes ne sont que le reflet de cette angoisse de la mort.

J’en arrive donc à la dernière réflexion dans ce billet. En dehors des musulmans qui considèrent que leur religion est aussi une idéologie politique conquérante, selon les dernières sourates du Coran, le monde moderne « ultra-connecté » a favorisé une transition fondamentale dans l’appréhension de la condition de mortel de l’homme. La pandémie de coronavirus l’a bien montré : la peur de la mort instillée par les décideurs politiques dans l’ensemble des populations a fait perdre à ces dernières tout repère religieux puisque la vie se résume maintenant à des histoires d’ARNs et de molécules chimiques, des protéines et de leurs récepteurs cellulaires. Le nouveau dieu est celui qui réussira à sauver le plus de vies, comprenez le lobby pharmaceutique. Et le cas du coronavirus est caricatural. Un virus, comme un papillon ou un être humain, est une créature divine et elle répand la mort !

Alors le débat est clos, mais pas complètement. Pour reprendre le mot de Malraux, puisque le coronavirus n’a pas vraiment convaincu il y a depuis plus de 30 ans la déesse Gaïa en péril. Et c’est devenu maintenant une véritable propagande quotidienne jusqu’à la nausée. Le nouveau dieu c’est Gaïa et la nouvelle religion est la protection du climat par tous les moyens. J.-M. Jancovici dans l’un de ses récents exposés de pure propagande prévoit que nous allons tous devoir souffrir pour sauver le climat. Ben voyons ! On se retrouve au douzième siècle avec la géniale invention par l’Eglise de Rome du purgatoire. On y est ! Pour ne pas griller trop longtemps dans cet antichambre de l’enfer l’Eglise de Rome il fallut institutionnaliser le purgatoire, ce qui fut fait au Concile de Lyon en 1274. Avant de mettre en place le système inique des indulgences les fidèles étaient invités à la repentance de leur vivant. Jancovici (lien) affirme qu’il faudra souffrir pour sauver Gaïa mais surtout pour ne pas être grillés comme des toasts par le réchauffement du climat dont nous sommes coupables de par notre consommation délirante. Tous les éléments sont réunis pour mettre en place cette nouvelle religion qu’envisageait Malraux. Cette nouvelle religion a fait des adeptes bien décidés à vaincre et convertir à leurs délires le maximum d’indécis mais aussi et surtout les nouveaux mécréants qui ne veulent pas modifier leur style de vie pour sauver le climat.

Cette nouvelle religion du climat affirme que l’homme peut modifier le cours naturel des choses. C’est une pure illusion. Jamais l’homme ne pourra modifier l’activité du Soleil, un astre longtemps considéré comme un dieu et les Egyptiens savaient que toute vie dépendait du Soleil comme François Jacob le disait si justement : « En fin de compte c’est le Soleil qui fournit son énergie à la plupart des êtres vivants ». Et ceci est valable pour le projet délirant de fusion ITER devant mimer l’activité du Soleil qui n’est qu’un rêve fou auquel je ne crois pas un seul instant. Les conciles d’autrefois ont été rétablis, il s’agit des « COP », la collecte des indulgences a été remplacée par la taxe carbone que tous doivent payer, riches comme pauvres, les processions pour faire venir la pluie sont maintenant des manifestations de rue pour le climat, la Vierge a été réincarnée en une petite suédoise un peu dérangée mentalement et l’Inquisition renaît avec la censure par les GAFAM de toute présentation contraire aux principes mêmes du changement du climat comme les critères ESG qui pénalisent une multitude d’investissements pourtant productifs et utiles pour l’économie. Cette nouvelle religion nous promet des souffrances, donc il faudra faire des sacrifices pour racheter notre âme, payer, toujours payer et payer encore comme les peuples d’Europe se sont soumis au pouvoir temporel de la papauté pendant des siècles. Cette nouvelle Eglise a abandonné son épicentre romain pour Genève, ville concentrant la plus forte densité d’organismes internationaux dont l’Organisation Météorologique Mondiale et sa filiale idéologique l’IPCC ainsi que le World Economic Forum, Genève la ville de Calvin, quelle ironie funeste …

Lien : https://www.youtube.com/watch?v=hIZCFBHr4oc

Du « pass » sanitaire au pass climatique

L’épidémie coronavirale a été mise à profit par divers pays pour mettre en place un système de contrôle en temps réel de l’état sanitaire de chaque individu. Ce système de contrôle restreint les libertés individuelles et viole le secret médical, c’est un fait, mais il ouvre la porte à des extensions utilisant la même technologie informatique qu’il est facile d’imaginer. En effet la République populaire de Chine a déjà mis en place un système de surveillance généralisée de l’ensemble de la population conduisant à une évaluation en temps réel du degré de civisme de chacun qui rappelle de loin le permis de conduire à points que le législateur français imposa il y a quelques années. Si on est un bon conducteur respectueux de la loi on est bien considéré et on reste libre de circuler en voiture. Si on perd des points, on est puni et dans le pire des cas on est rééduqué. C’est sensiblement la description du carnet civique chinois.

Dès qu’un tel système est mis en place il peut facilement être étendu à d »autres domaines concernant toujours les comportements individuels. L’épidémie coronavirale a préparé les citoyens à la grande problématique qui va concerner, de gré ou de force, toutes les démocraties occidentales, celle du climat et par conséquent des émissions de carbone. Dans un article de la revue scientifique Nature Sustainability paru le 16 août dernier il est mentionné que toutes les dispositions mises en place pour le contrôle sanitaire de la population peuvent et donc doivent être étendues aux « permis personnels d’émissions de carbone » (Personal Carbon Allowances, PCA). En bref, chaque individu disposera d’un crédit carbone pour se déplacer, voyager, chauffer son logement et cuisiner, l’éclairer et utiliser les technologies de communication. Un compteur électrique intelligent pourra suivre en temps réel la consommation d’électricité et toutes les autres utilisations de combustibles carbonées seront d’une manière ou d’une autre contrôlées. Un « bon » citoyen ne « consommant » pas tous ses crédits carbone pourra les vendre une autre personne si celle-ci est sur le point de dépasser son quota de carbone. Toutes ces transactions de personne à personne physique seront naturellement suivies avec bienveillance par un organisme étatique, cela va de soi.

Le pass sanitaire, impensable il y a encore une année a pourtant été adopté par des dizaines de millions de personnes. Ces millions d’individus de bonne foi vont également adopter sans protester le pass climat. Ils devront se plier aux injonctions gouvernementales pour atteindre le but du développement durable, comprenez une réduction du niveau de vie. Dans la pratique et comme pour le pass sanitaire ce sont les smartphones qui serviront de mouchards pour enregistrer à quelle température votre logement sera chauffé ou refroidi en été.

Klaus Schwab avait mentionné cette « fenêtre d’opportunité » ouverte par l’épidémie coronavirale vers un monde nouveau et forcément meilleur. Détrompez-vous chers lecteurs, ce monde de demain ne sera pas meilleur il sera totalitaire, gouverné par les grandes puissances financières apatrides et des décideurs politiques non élus et hors sol. L’article est disponible sur ce lien : https://www.climatedepot.com/2021/09/04/study-in-journal-nature-covid-passports-tracking-apps-home-smart-meters-are-key-to-implement-personal-carbon-allowances-restrictions-on-individuals-that-were-unthinkable-only-one-year-befo/

Nouvelles du Japon : Kodokushi

Alors que les JO se déroulent à Tokyo plutôt bien malgré l’arrivée de fortes pluies qui ne dureront que deux ou trois jours le nombre de vieillards mourant seuls chez eux atteindra chaque jour, dans cette ville, une douzaine dans l’indifférence générale. Le kodokushi (孤独死) ou mort solitaire est bien là et JO ou pas il ne perturbe même pas la population. C’est un phénomène normal. En France, lors des gesticulations gouvernementales pour juguler l’épidémie coronavirale, combien de « vieux » sont morts chez eux ou dans les mouroirs pudiquement appelés EHPAD sans avoir revu leurs proches ? On peut presque dire que kodokushi n’est pas unique au Japon.

Le vieillissement de la population japonaise n’explique pas tout. Si en 2003 il n’y eut que 1451 cas de kodokushi à Tokyo, en 2018 il y eut 3882 kodokushi. Les autorités sanitaires japonaises ont suggéré de munir tous les vieillards esseulés d’un bracelet électronique qui transmets les informations en temps réel et qui autorise le porteur du bracelet à alerter les services d’urgence. Ce sont surtout les sociétés qui louent de modestes appartements qui le réclament car les frais de nettoyage après kodokushi sont considérables … Ça laisse songeur. Cependant la loi japonaise interdit d’imposer ce type d’appareil car il s’agirait alors d’une atteinte aux libertés individuelles, sous-entendu si un vieillard veut mourir seul c’est son droit le plus strict. La situation va donc perdurer. Une analyse de ce phénomène a été réalisée et elle indique bien qu’il touche autant les femmes que les hommes ( https://doi.org/10.1186/s12910-021-00657-9 en accès libre). Pour les curieux voici un reportage très éclairant sur ce phénomène de société :

https://youtu.be/gep6UGZm6h4 , source : BioEdge

Que se passe-t-il en France ?

Sur le fronton de toutes les écoles françaises il y a inscrit en grandes lettres visibles de loin la devise du pays : « Liberté, Égalité, Fraternité », c’était du moins le cas dans mon enfance, et cette devise était parfois présente dans les salles de classe. Qu’en est-il aujourd’hui ? Que sont devenues la liberté, l’égalité et la fraternité ? La liberté a été foulée aux pieds par les politiciens sous le fallacieux prétexte que le coronavirus était dangereux, qu’il allait tuer des millions de personnes et qu’il fallait par conséquent être confinés autoritairement, respecter toutes sortes de mesures liberticides dont par exemple la fermeture des restaurants et des bars, ces lieux conviviaux auxquels ont toujours été attachés les Français. La liberté de mouvement a été restreinte, la liberté de parole et la liberté d’expression ont été bridées, la liberté d’information est maintenant contrôlée via des censures sur ordre de l’Etat français. Par exemple le quotidien en ligne France-Soir est maintenant censuré car il a osé publier des articles et des interviews d’une objectivité remarquable au sujet du coronavirus que l’on ne trouvait nulle part ailleurs. Des médecins fameux et de renommée mondiale ont été privés de parole et le gouvernement comme au bon vieux temps du régime de Vichy a mandaté l’Ordre des Médecins, une organisation fasciste créée par Pétain, pour poursuivre les médecins récalcitrants sous le prétexte invraisemblable que ce sont des charlatans. Ces mêmes médecins ont été privés de leur liberté fondamentale de prescrire les médicaments qu’ils jugent en leur âme et conscience et forts de leur expérience passée susceptibles de sauver des vies, le devoir fondamental du médecin.

L’égalité ? En France où est l’égalité devant la loi par exemple : la justice est aux ordres du politique et pourtant cette séparation du pouvoir judiciaire et du pouvoir exécutif est la base même de la démocratie. Quant au pouvoir législatif, entendez les représentants du peuple au Parlement et au Sénat, il est totalement aux ordres : les élus du peuple n’ont même plus droit à la parole puisque le pouvoir décide par décrets et ordonnances. De plus ce pouvoir contrôle les canaux d’information grand public car ils sont eux-mêmes contrôlés par quelques 7 ou 8 personnages faisant partie de la caste « stato-financière », comme l’a si bien dit Emmanuel Todd, caste qui a porté au pouvoir l’actuel président de la République, cette République finançant par ailleurs ces canaux d’information pour mieux les contrôler. Ainsi la nation est scindée en deux classes : les riches et les gouvernants et tout le reste de la population qui n’a plus droit à la parole.

La fraternité ? Elle n’existe plus depuis bien longtemps en dehors de quelques organisations caritatives comme la Fondation Abbé-Pierre ou les Restos-du-coeur qui se battent pour permettre à une horde de pauvres de ne pas aller mourir dans un caniveau comme des chiens galeux. Rien d’autre à ajouter pour la fraternité, c’est le chacun pour soi et cette attitude a été amplifiée par le coronavirus, c’est désespérant.

Alors que se passe-t-il au juste en France ? Tout simplement une lente mais certaine dérive vers un totalitarisme autoritaire, dérive mise en place par petites touches pour préparer le pays au grand reset préconisé par Klaus Schwab et sa secte supranationale de super-riches et de grands dirigeants politiques dont fait partie le président français. Mais pour l’instant cette dérive vers le totalitarisme est masquée par l’urgence sanitaire et il y a deux explications alternatives. Ou bien le pouvoir refuse d’admettre ses mensonges et ses nombreuses erreurs de gestion de l’épidémie, et ces erreurs s’accumulent chaque jour, ou alors le pouvoir politique est pieds et poings liés par le lobby pharmaceutique, c’est-à-dire corrompu, et fait tout pour que l’épidémie ne soit pas enrayée et qu’elle perdure pour le plus grand profit des entreprises pharmaceutiques. Le lobby pharmaceutique est l’un des membres les plus influents de la secte de Schwab, faut-il le rappeler ? Le président français est-il lui-même corrompu ? On est en droit de se poser la question. Mais comme cela était mentionné plus haut la justice n’est plus indépendante du pouvoir exécutif alors elle ne mandatera jamais un juge d’instruction pour aller voir en détail ce qui se passe réellement dans les hautes sphères du pouvoir. Et si un journaliste d’investigation courageux tente de démêler ces arcanes de la corruption du pouvoir il sera embastillé manu militari voire « suicidé ». Les citoyens français peuvent toujours rêver à un avenir meilleur, ce n’est qu’une illusion …

Nouvelles du Japon : Naomi Osaka, héroïne japonaise contre les discriminations

L’actuelle troisième joueuse mondiale de tennis, de mère nippone et de père haïtien, a été érigée en héroïne de mangas pour filles. Un choix qui n’est pas anodin et qui permet d’interroger le Japon sur son rapport à la diversité ethnique alors qu’il se voit toujours en société relativement homogène.

Héroïne des courts de tennis, Naomi Osaka devient héroïne de manga. La joueuse japonaise, actuelle numéro 3 mondiale, va se retrouver, avec raquette et cheveux roses, à la une d’Unrivalled – Naomi Tenkaichi, littéralement : « Sans rivale – Naomi, la meilleure sous le ciel ».

L’éditeur Kodansha a annoncé le 29 novembre que le mensuel Nakayoshi, numéro un au Japon de « shojo manga » (少女漫画), les mangas pour filles, publierait dès février 2021 la série dessinée par l’auteure à succès Futago Kamikita, avec une héroïne « combattant pour protéger de l’obscurité, les rêves et les espoirs de chacun », soutenue par sa sœur, Mari, et ses parents.

L’éditeur surfe sur la popularité de celle qui est devenue l’icône d’un Japon métissé et ouvert au monde. Née en 1997 de mère nippone et de père haïtien, la jeune femme au sourire timide et à la volonté de fer a grandi aux Etats-Unis mais a choisi, devenue adulte, la nationalité japonaise.

Du racisme au Japon ?

Ses succès et son style faussement ingénu teinté de « kawaii » (« mignon », 可愛い ) l’ont vite rendue populaire – elle a une poupée Barbie à son effigie – et donnent un écho particulier à ses prises de position en soutien au mouvement Black Lives Matter (BLM) aux Etats-Unis et à la lutte contre les discriminations dans son pays natal. Les appuis sont nombreux, les critiques également. « Il n’y a pas de racisme au Japon. Ne provoquez pas de problème », lui a lancé en juin un Japonais sur Twitter. Pas démontée, la jeune femme a réagi par un virulent « NANIIIII?! » (« Quoi ?! » en japonais, 何 ) car elle se veut la « représentante des gens qui pensent qu’ils ne sont pas représentés ».

Sa voix porte dans un pays qui abritait, fin 2019, 2,93 millions d’étrangers, un record, dont 810 000 Chinois, 440 000 Coréens du Sud et 410 000 Vietnamiens. L’Archipel compte aussi un nombre croissant de métis, les « hafu » (prononciation japonaise de « half », « moitié » en anglais, métis, ハーフ), de plus en plus visibles dans le sport de haut niveau avec Naomi Osaka, mais aussi avec les sprinters Abdul Hakim Sani Brown (Nippo-ghanéen) ou Asuka Cambridge (Nippo-jamaïcain) ou le joueur de baseball Yu Darvish (Nippo-iranien). Une naissance sur 30 était en 2019 celle d’un « hafu » contre une sur 50 en 1990.

Cette internationalisation n’empêche pas les discriminations de perdurer dans un pays qui se sent toujours ethniquement pur. Longtemps, les victimes furent les Chinois et les Coréens. Nombre d’entre eux ont choisi un nom japonais pour « se fondre » dans la majorité. En l’absence de législation contre les discriminations, des politiciens n’hésitent pas à jouer sur le rejet de l’étranger. Candidat à la mairie de Tokyo en juillet, Makoto Sakurai, auparavant organisateur des « Heito supitchi », les discours de haine dans les rues contre les Coréens, appelait à interdire les aides sociales aux étrangers. Selon une enquête gouvernementale de 2017, 40% des étrangers se sont vu refuser l’accès à un appartement au motif que la résidence est « interdite aux étrangers ».

Blancheur de la peau

Les clichés perdurent dans un pays où la blancheur de peau reste valorisée et où une peau sombre, voire une simple ascendance étrangère, peut susciter de l’hostilité. « Comment Mme Osaka, multiculturelle, peut-elle représenter le Japon ? » s’interrogeait en 2019 Kunihiko Miyake, le président du centre d’analyses Foreign Policy Institute. Dans un spot publicitaire la même année, le géant des nouilles instantanées Nissin présentait Naomi Osaka et l’autre star du tennis nippon, Kei Nishikori, en version manga. La joueuse y apparaissait très « blanche» ». « Je suis bronzée, c’est assez évident », avait-elle réagi. Nissin avait retiré le spot et présenté ses excuses : « Il n’y avait aucune intention de blanchir ».

Au Japon, il y a une pression excessive pour que les gens se comportent et apparaissent comme des Japonais «normaux», regrette Julian Keane, du Centre de recherche sur les cultures urbaines de l’Université d’Osaka (ouest). « Un hafu qui réussit à l’international est généralement salué pour son héritage japonais, pas pour son héritage multiculturel », ajoute Kaori Mori Want, de l’Université Konan (Okayama, sud-ouest).

La hausse du nombre d’étrangers pousse de plus en plus de victimes à s’exprimer. « Je pensais que si je sautais de mon balcon et que je renaissais, je serais peut-être un Japonais normal », a ainsi écrit en juin, dans un tweet très remarqué, Louis Okoye, métis nippo-nigérian aujourd’hui joueur de baseball professionnel, qui a profité du mouvement BLM pour détailler son enfance ponctuée de moqueries sur sa couleur de peau.

Naomi Osaka peut-elle changer la donne ? Son sponsor, Nike, semble y croire. Dans une publicité diffusée depuis le 28 novembre dans l’archipel, vue plus de 16,8 millions de fois et suscitant de vifs débats sur Twitter, l’équipementier sportif met en scène trois jeunes footballeuses, une Japonaise, une Coréenne et une Noire. Toutes victimes de harcèlement à l’école, elles s’interrogent sur leur normalité, leurs qualités, avant de surmonter leurs souffrances par la persévérance. Un peu comme Naomi Osaka, d’ailleurs présente dans le spot.

Article de Philippe Esnard, correspondant à Tokyo du quotidien Le Temps

Note. J’ai deux petits-enfants métis franco-japonais. Ils sont parfaitement intégrés …

Petite leçon de grammaire

Comme beaucoup de « vieux » de ma génération, au collège on apprenait le latin puis le grec deux ans plus tard et accessoirement l’anglais également dès l’entrée au collège. Cet anglais était enseigné par un professeur qui visiblement n’avait jamais mis les pieds sur le territoire de Sa Majesté la Reine Elizabeth deuxième du nom. Par contre le professeur de latin connaissait sa matière et, Gaffiot aidant, on arrivait sans peine à traduire Cicéron, Séneque ou encore Ovide. Bref, passons à l’enseignement du français, tout de même la langue natale, qui se devait d’être correctement enseignée. Comment apprenait-on le français de mon temps ? Essentiellement en lisant toutes sortes de textes comme les incontournables Racine, Molière et Lafontaine mais aussi, pêle-mêle, Rimbaud, Rabelais, Gérard de Nerval, Madame de Sévigné et parfois Marguerite Yourcenar pour les privilégiés. De plus on devait apprendre et réciter de mémoire des textes variés en prose ou en vers.

L’orthographe s’apprenait donc par la lecture, la mémoire visuelle dans mon cas, mais également en faisant des efforts lors des dissertations ou des explications de texte. Le professeur était exigeant et on le devenait soi-même. Quant à la syntaxe, même cas de figure, le meilleur moyen de comprendre et appliquer un bonne syntaxe résidait encore dans la lecture comme Hugo ou Stendhal et qui sais-je encore. J’ai donné quelques cours bien des années après le collège, années dont je viens de parler, à l’Université à des étudiants « bac+5 » qui devaient rédiger un rapport de 10 pages. La note que je devais attribuer à leur copie était éliminatoire (je crois que ça n’existe plus) et ces étudiants le savaient. Puisque j’étais plutôt conciliant et que je n’avais pas l’intention de les mettre dans une situation difficile je leur ai proposé un essai, une sorte de rapport « blanc ». Sur mon groupe de 30 élèves – ils briguaient tout de même le diplôme de maîtrise en fin d’année – je mis 15 zéro, 12 huit sur vingt et 3 douze sur vingt. Dans l’ensemble tous ces rapports étaient de très bonne qualité mais les notes étaient relatives à l’orthographe. Je leur ai donné une bonne leçon et rendu un très grand service. Pour trouver un emploi qualifié, après cinq années d’études universitaires dans une discipline scientifique, la science ne suffit pas, il faut aussi parler correctement sa propre langue avec le minimum de fautes d’orthographe et de syntaxe et également être capable de s’exprimer clairement. Je ne suis pas certain que ce soit encore le cas.

Bref, j’ai capté cette illustration lors d’une émission de Frédéric Taddeï, l’un des rares journalistes qui laisse ses invités s’exprimer sans les interrompre sans arrêt et elle m’a donné l’occasion de disserter au sujet de la langue française. Ici il s’agit d’écriture dite « inclusive ». Je n’ai toujours pas compris ce que « écriture inclusive » signifiait. J’ai lu ou plutôt tenté de décrypter le slogan que brandissait probablement une femme, je pense que peu d’hommes se vernissent les ongles, et je n’ai rien compris. Je passe sur « quand tout sera privé » qui ne veut strictement rien dire, il aurait été plus correct d’écrire « privatisé » puisque c’était le motif de cette manifestation, me semble-t-il. Suit alors « on sera privé-e-s de tout ». À quoi sert ce « -e-s » puisque « on » n’a pas de genre au sens grammatical du terme : par définition il s’agit d’un pronom indéfini. On ne peut pas écrire « On est » : c’est également doublement faux si on écrit privé au pluriel sauf si on ajoute « tous » ce qui donne « On est tous privés » et si on veut donner un genre à l’article « on » on peut lui enjoindre le mot « toutes », ce qui donnera alors « on est toutes privées ». Les adjectifs « privés » et « privées » s’accordent alors avec respectivement les mots « tous » et « toutes » qui introduisent un genre au pronom indéfini « on ». Qu’est-ce que c’est que ce charabia dit inclusif, qui a inventé ce truc stupide et pourquoi ? Je suppose que c’est sorti du cerveau dérangé de viragos écolo-gauchistes mal baisées qui n’ont probablement jamais lu ni Hugo, ni Zola, ni Verlaine et encore moins Montherlant ou Voltaire. La langue française est maintenant parfaitement parlée et écrite par des Sénégalais ou des Ivoiriens, c’est un comble !

Politique contre science : le principe de précaution

L’invocation du principe de précaution – un concept développé par les militants écologistes du XXe siècle – intensifie considérablement l’attaque contre la science moderne. Article de Ralph Alexander paru sur son blog Science under Attack.

Destiné à la prise de décision lorsque les preuves scientifiques disponibles sur une menace potentielle pour l’environnement ou la santé sont très incertaines, le principe de précaution a été utilisé pour justifier un certain nombre de politiques et de lois environnementales à travers le monde. Malheureusement pour la science, le principe a également été utilisé pour soutenir une action politique sur des dangers présumés, dans les cas où il n’y a que peu ou pas de preuves de ces dangers.

Les origines du principe de précaution (1, références et liens en fin de billet) remontent à l’application au début des années 1970 du principe allemand de «Vorsorge» ou de prévoyance, basé sur la conviction que les dommages environnementaux peuvent être évités par une planification minutieuse. Le « Vorsorgeprinzip » est devenu le fondement de la législation et des politiques environnementales allemandes dans des domaines tels que les pluies acides, la pollution et le réchauffement climatique. Le principe reflète le vieil adage selon lequel « il vaut mieux prévenir que guérir » et peut être considéré comme une réaffirmation de l’ancien serment d’Hippocrate en médecine : « Premièrement, ne faites pas de mal ».

Formellement, le principe de précaution peut être énoncé comme suit : « Lorsqu’une activité soulève des menaces d’atteinte à la santé humaine ou à l’environnement, des mesures de précaution devraient être prises même si certaines relations de cause à effet ne sont pas pleinement établies scientifiquement ». Mais en dépit de ses nobles intentions, le principe de précaution repose dans la pratique bien plus sur des considérations politiques que sur la science. C’est l’affirmation « non pleinement établie scientifiquement » qui à la fois embrasse le principe en cause et, en même temps, la laisse ouverte à la manipulation et à la subversion de la science.

Un exemple notable de l’intrusion du principe de précaution politique dans la science est l’interdiction des cultures d’OGM (organismes génétiquement modifiés) par plus de la moitié des pays de l’Union européenne. Les interdictions découlent de la croyance répandue et fondée sur la peur selon laquelle la consommation d’aliments génétiquement modifiés est dangereuse, malgré le manque de preuves scientifiques que les OGM ont déjà causé des dommages à un être humain ou à un animal.

Dans une étude réalisée en 2016 par la National Academy of Sciences, Engineering and Medicine aucune preuve substantielle n’a été trouvée que le risque pour la santé humaine était différent pour les cultures OGM actuellement sur le marché que pour leurs homologues traditionnellement croisées. Cette conclusion provient d’études épidémiologiques menées aux États-Unis et au Canada, où la population consomme des aliments OGM depuis la fin des années 1990, et d’études similaires au Royaume-Uni et en Europe, où très peu d’aliments OGM sont consommés.

Le principe de précaution sous-tend également la CCNUCC (Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques), le traité de 1992 qui a servi de base à toute action politique ultérieure sur le réchauffement climatique. Il y a un manque de preuves scientifiques empiriques pour le récit du changement climatique anthropique catastrophique (causé par l’homme). Pourtant, la peur irrationnelle des conséquences désastreuses du réchauffement climatique pousse les militants à invoquer le principe de précaution afin de justifier des remèdes inutiles et coûteux tels que ceux inscrits dans l’Accord de Paris ou le Green New Deal.

L’un des plus gros problèmes du principe de précaution est qu’il préconise essentiellement l’évitement des risques. Mais l’évitement des risques comporte ses propres risques.

Les dangers, grands et petits, font partie intégrante de la vie quotidienne. Nous acceptons le risque, par exemple, d’être tué ou gravement blessé en voyageant sur les routes car le risque est contrebalancé par la commodité de se rendre rapidement à destination ou par notre désir d’avoir des produits frais disponibles au supermarché. L’application du principe de précaution signifierait, en plus des mesures de sécurité déjà en place, réduire toutes les limites de vitesse à 20 kilomètres/heure ou moins – une solution manifestement impraticable qui nous ramènerait à l’époque du cheval et de la diligence de nos ancêtres.

Un autre exemple concret d’une conséquence involontaire du principe de précaution est ce qui s’est passé à Fukushima, au Japon, à la suite de l’accident nucléaire déclenché par un tremblement de terre et un tsunami massifs le 11 mars 2011. Comme l’ont décrit les auteurs d’un récent document de travail (2), L’arrêt de la production d’énergie nucléaire par mesure de sécurité et son remplacement par l’énergie fossile ont fait grimper les prix de l’électricité jusqu’à 38%, diminuant la consommation d’électricité, en particulier pour le chauffage pendant les hivers froids. Cela a eu un effet dévastateur, selon les auteurs de ce rapport : « L’augmentation estimée de la mortalité due à la hausse des prix de l’électricité dépasse largement la mortalité due à l’accident lui-même, ce qui suggère que la décision de cesser la production nucléaire a causé plus de tort que de bien » (voir également 3).

Le respect du principe de précaution peut également étouffer l’innovation et constituer un obstacle au développement technologique. Dans le pire des cas, une technologie avantageuse peut être interdite en raison de son impact potentiellement négatif, laissant ses avantages positifs non réalisés (4). Dans l’exemple cité dans le lien 4, le principe de précaution a été masqué par un autre principe tout aussi contestable qui en est un corollaire, celui de la traçabilité d’un produit. Cela pourrait bien être le cas pour les OGM et leurs dérivés alimentaires courants. Les plus de 30 pays qui ont interdit la culture de cultures génétiquement modifiées peuvent se fermer à la promesse de produire des aliments moins chers et plus nutritifs.

Le principe de précaution oppose la science à la politique. Dans un monde idéal, le conflit entre les deux serait résolu avec sagesse. Dans l’état actuel des choses, cependant, la science est souvent soumise aux besoins et aux caprices des décideurs.

1. http://www.ejolt.org/2015/02/precautionary-principle/

2. https://www.iza.org/publications/dp/12687/be-cautious-with-the-precautionary-principle-evidence-from-fukushima-daiichi-nuclear-accident

3. https://jacqueshenry.wordpress.com/2020/01/31/la-stupidite-du-principe-de-precaution-illustration-avec-le-tritium-a-la-centrale-nucleaire-de-fukushima-daiichi/

4. https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/07/04/le-principe-de-precaution-et-simone-veil-une-catastrophe/

La politique de stérilisation forcée de minorités et de handicapés a perduré aux Etats-Unis jusqu’à très récemment.

En août 1964, le North Carolina Eugenics Board s’est réuni pour décider si une femme noire de 20 ans devait être stérilisée. Parce que son nom et son dossier ont été retrouvés dans les archives, nous l’appellerons Bertha. Elle était une mère célibataire avec un enfant qui vivait au O’Berry Center pour adultes afro-américains ayant une déficience intellectuelle dans la ville de Goldsboro. Selon le North Carolina Eugenics Board, Bertha avait un QI de 62 et présentait « un comportement agressif à tendance sexuelle ». Elle était devenue orpheline lorsqu’elle était enfant et avait reçu une éducation limitée. Probablement en raison de son « faible score de QI », le jury a déterminé qu’elle n’était pas en mesure de se réadapter.

Au lieu de cela, le conseil du North Carolina Eugenics Board a recommandé la « protection par stérilisation » pour Bertha, car elle était « débile » et jugée incapable « d’assumer la responsabilité d’elle-même » et de son enfant. Sans l’en informer, le tuteur de Bertha a signé le formulaire de stérilisation.

L’histoire de Bertha est l’une des 35 000 histoires de stérilisation que nous reconstruisons au laboratoire de stérilisation et de justice sociale (https://www.ssjlab.org/). Notre équipe interdisciplinaire explore l’histoire de l’eugénisme et de la stérilisation aux États-Unis à l’aide de données des archives et d’histoires. Jusqu’à présent, nous avons consulté des documents historiques de la Caroline du Nord, de la Californie, de l’Iowa et du Michigan.

Eugénisme

Plus de 60 000 personnes ont été stérilisées dans 32 États au cours du XXe siècle sur la base de la « fausse science » de l’eugénisme, un terme inventé par Francis Galton en 1883 (voir les liens en fin de billet).

Les eugénistes ont appliqué les théories émergentes de la biologie et de la génétique à l’élevage humain. Les élites blanches avec de forts préjugés sur qui était « apte » ou « inapte » ont embrassé l’eugénisme, croyant que la société américaine serait améliorée par une augmentation de l’élevage des Anglo-Saxons et des Nordiques, qu’ils supposaient avoir un QI élevé. Quiconque ne correspondait pas à ce moule de perfection raciale, qui comprenait la plupart des immigrants, des Noirs, des Autochtones, des Blancs pauvres et des personnes handicapées, est devenu la cible des programmes d’eugénisme.

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Une vieille carte des États-Unis montrant l’état des lois d’eugénisme des États en 1913. Environ la moitié des États ont des lois ou sont en train de les créer.

L’Indiana a adopté la première loi sur la stérilisation au monde en 1907. Trente et un États ont emboîté le pas. Les stérilisations sanctionnées par l’État ont atteint leur apogée dans les années 1930 et 1940, mais se sont poursuivies et, dans certains États, ont augmenté au cours des années 1950 et 1960. Les États-Unis étaient le leader international de l’eugénisme. Ses lois sur la stérilisation ont en fait intéressé l’Allemagne nazie. La « loi de 1933 pour la prévention des descendants atteints de maladies héréditaires » du Troisième Reich était inspirée des lois de l’Indiana et de la Californie. En vertu de cette loi, les nazis ont stérilisé environ 400 000 enfants et adultes, pour la plupart des juifs et d’autres « indésirables », qualifiés de « défectueux ».

Racisme anti-noir et stérilisation

L’équipe du Laboratoire de stérilisation et de justice sociale (voir le lien plus haut) a découvert des tendances remarquables en matière de stérilisation eugénique. Au début, les programmes de stérilisation ciblaient les hommes blancs, se développant dans les années 1920 pour toucher le même nombre de femmes que d’hommes. Les lois utilisaient des étiquettes de handicap larges et en constante évolution telles que « faiblesse d’esprit » et « déficience mentale ». Au fil du temps, cependant, les femmes et les personnes de couleur sont devenues de plus en plus la cible, car l’eugénisme a amplifié le sexisme et le racisme.

Ce n’est pas un hasard si les taux de stérilisation des femmes noires ont augmenté avec le début de la déségrégation. Jusque dans les années 1950, les écoles et les hôpitaux américains étaient séparés par race, mais l’intégration menaçait de briser l’apartheid de Jim Crow. Le contrecoup impliquait la réaffirmation du contrôle de la suprématie blanche et des hiérarchies raciales spécifiquement à travers le contrôle de la reproduction des Noirs et des futures vies des Noirs par la stérilisation.

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En Caroline du Nord, l’Etat qui a stérilisé le troisième plus grand nombre de personnes aux États-Unis – 7600 personnes de 1929 à 1973 – les femmes étaient largement plus nombreuses que les hommes et les femmes noires étaient stérilisées de manière disproportionnée. Une analyse préliminaire montre que de 1950 à 1966, les femmes noires ont été stérilisées trois fois plus que les femmes blanches et plus de 12 fois plus que des hommes blancs. Ce schéma reflétait l’idée que les femmes noires n’étaient pas capables d’être de bons parents et que la pauvreté devait être gérée avec des contraintes de reproduction. La stérilisation de Bertha a été ordonnée par un conseil d’eugénisme de l’État, mais dans les années 1960 et 1970, de nouveaux programmes fédéraux comme Medicaid ont également commencé à financer des stérilisations non consensuelles. Plus de 100 000 femmes noires, latino-américaines et amérindiennes ont été touchées.

Beaucoup de femmes ont eu honte et ont dissimulé leur état sans même le dire à leurs parents et amis les plus proches. D’autres sont descendues dans la rue et ont intenté des poursuites pour protester contre la stérilisation forcée. Le puissant documentaire « No Más Bebés » ( https://www.pbs.org/independentlens/films/no-mas-bebes/ ) raconte l’histoire de centaines de femmes mexicaines américaines contraintes de se faire ligaturer les trompes dans un hôpital du comté de Los Angeles dans les années 1970. L’une d’elles, devenue plaignante dans une affaire contre l’hôpital des décennies plus tard, a déclaré que son expérience lui donnait toujours envie de pleurer ( https://www.nbcnews.com/news/latino/no-m-s-beb-s-looks-back-l-mexican-moms-n505256 )

Les stérilisations forcées continuent toujours

Entre 1997 et 2010, des stérilisations non désirées ont été effectuées sur environ 1 400 femmes dans les prisons californiennes. Ces opérations étaient basées sur la même logique de mauvaise parentalité et de gènes indésirables évidents qu’en Caroline du Nord en 1964. Le médecin effectuant les stérilisations a déclaré à un journaliste que les opérations étaient des mesures d’économie de coûts.

Malheureusement, la stérilisation forcée se poursuit. Des femmes roms ont été stérilisées contre leur gré en République tchèque aussi récemment qu’en 2007. Dans le nord de la Chine, les Ouïghours, un groupe minoritaire religieux et racial, ont été soumis à une stérilisation massive et à d’autres mesures de contrôle extrême de la population.

Toutes les campagnes de stérilisation forcée, quel que soit leur moment ou leur lieu, ont une chose en commun. Elles impliquent de déshumaniser un sous-ensemble particulier de la population jugée moins digne de reproduction et de formation d’une famille. Elles agrègent les perceptions du handicap avec le racisme, la xénophobie et le sexisme, aboutissant à la stérilisation disproportionnée des groupes minoritaires.

Article du Professeur d’histoire Alexandra Minna Stern, Université du Michigan, paru le 29 août 2020 sur le site The Conversation via le site BioEdge.

Note de votre serviteur. Quand un gouvernement mondial sera mis en place pour sauver le climat et maîtriser les épidémies l’une des premières dispositions que prendra ce gouvernement sera de limiter autoritairement les naissances. Les mouvements écologistes adorateurs de Gaïa ne clament-ils pas déjà que faire des enfants est mauvais pour le climat ? Si les peuples ne réagissent pas pour contrer cette mise en place rampante et insidieuse d’une gouvernance mondiale que les limitations des libertés individuelles relatives à la grippe coronavirale préfigurent alors ils se retrouveront relégués au rang d’esclaves de l’élite mondiale qui se sera arrogé tous les droits sur les individus. Triste destin que l’humanité se prépare, une soumission totale à laquelle elle consent déjà en silence.

Liens

https://www.medecinesciences.org/fr/articles/medsci/abs/2009/08/medsci2009256-7p641/medsci2009256-7p641.html

https://www.npr.org/sections/thetwo-way/2013/07/09/200444613/californias-prison-sterilizations-reportedly-echoes-eugenics-era?t=1598874364374

https://www.aljazeera.com/indepth/features/2016/07/roma-women-share-stories-forced-sterilisation-160701100731050.html