Petite histoire vécue très personnelle : l’effet de la télévision sur le comportement.

Il y a quelques jours je suis allé dans la province d’Alicante aider à la mesure de mes moyens une de mes nièces à déménager. Constatant selon mes dires que j’étais esseulé sentimentalement parlant, ce qui est exact, celle-ci entreprit, parce qu’elle aime bien son vieil oncle et je l’en remercie si elle lit mon blog, d’organiser une rencontre avec une de ses amies, Colombienne d’origine et fort belle femme au demeurant, pour que, affinités aidant, je l’invite éventuellement à Tenerife. Un soir je me retrouvais dans un petit restaurant avec cette charmante femme, un rendez-vous organisé par ma nièce, et après avoir dégusté quelques tapas elle m’invita à aller boire un café chez elle. Il était un peu plus de 21h et quand une femme assez attirante, célibataire de surcroit, invite un homme chez elle à un tel moment de la soirée, ce dernier peut s’imaginer que cette tasse de café ne sera en fait qu’un début.

Bref, la première chose qu’elle fit en m’accueillant chez elle fut d’allumer la télévision. Je lui fit observer que si elle venait me voir à Tenerife elle serait surprise de constater qu’il n’y a pas de télévision chez moi. Fort heureusement elle n’avait pas mis le son du téléviseur à un degré trop élevé et nous pouvions ainsi bavarder dans la limite de mon espagnol un peu précaire tout en jetant un coup d’oeil à une émission totalement débile comme il y en a tant sur le « petit » écran qui est devenu de plus en plus grand au fil des années pour bien occuper l’espace et en mettre plein la vue à tous les membres de la famille y compris les visiteurs. Elle me fit comprendre qu’échanger un baiser ne serait pas nécessairement un geste engageant. En gentleman que je suis fondamentalement je me rapprochai d’elle mais elle me repoussa car pour elle je sentais trop le tabac, à son goût. Elle n’ignorait pas que j’étais fumeur puisque nous avions dégusté ces tapas en terrasse et j’avais grillé au moins 2 cigarettes au tabac brun très odorant. Je lui répondis alors que je fumais depuis 58 ans et que je n’avais pas l’intention de quitter la cigarette à mon âge. La situation devenait de plus en plus compliquée.

Pour mettre une petite touche d’humour dans une conversation sans suite je lui déclarai que j’avais fumé dans ma vie au moins 25 km de cigarettes. Elle trouva cette boutade un peu drôle et se mit à rire. J’en profitai alors pour lui glisser un baiser innocent et furtif derrière son oreille droite, un endroit assez douillet de l’anatomie d’une femme de surcroit toujours légèrement parfumé. Avec une lourde arrière-pensée je lui dis avec un aplomb qui me surprit moi-même que j’avais eu l’impression de déposer un baiser sur son sexe que j’imaginais, comme tout septuagénaire un peu libidineux (mais pas trop tout de même), être agréablement paré d’une pilosité aussi abondante que ses sourcils ou sa chevelure. Elle me répondit immédiatement qu’elle rasait son sexe !

La situation me parut alors sans issue et fort heureusement, quelques secondes plus tard, mon petit-neveu téléphona pour me prévenir qu’il m’attendait en bas de l’immeuble pour rentrer à la maison, ce qui me délivra de l’encombrante nécessité d’expliquer mon point de vue à cette charmante personne au sujet de l’utilité des poils pubiens que mes lecteurs ont découvert sur ce blog.

Je ne revis plus cette Colombienne et pour cause. Allumer la télévision quand on reçoit une personne chez soi, refuser un baiser (innocent, mais pas complètement) à cause des odeurs de tabac – je veux bien l’admettre, fumer est un vilain défaut comme ne pas pouvoir se passer de télévision chez soi – mais se raser le sexe fut l’argument final pour clore cette rencontre galante indubitablement vouée à un échec total en prenant en considération l’enchainement de ces évènements révélateurs.

Le lendemain, lors du petit-déjeuner, mon petit-neveu me demanda si j’allais revoir cette amie de sa mère et l’inviter à Tenerife. Je lui répondis qu’il n’en était pas question pour les trois raisons évoquées plus haut. Il me surprit alors en me déclarant que lui aussi se rasait les poils pubiens et que la plupart de ses petites amies en faisaient de même. Comme j’ai la réputation dans ma famille d’être un vieil obsédé habité par une lubricité que réprouve la morale judéo-chrétienne je ne pus m’empêcher de demander à ce jeune homme pour quelle raison il se pliait lui aussi à ce genre de pratique et il me déclara que dans tous les films « porno » qu’il avait vu à la télévision autant les femmes que les hommes étaient rasés et que c’était, donc, plus propre et plus esthétique. J’ai enfin trouvé de la bouche d’un jeune homme de 20 ans quelle était la vraie raison de cette mode stupide, inconfortable et de surcroît source d’infections variées.

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Le débat à ce sujet me semble donc clos, il s’agit d’une conséquence subconsciente des messages télévisuels perçus par des millions de personnes dans le monde qui, par un geste paraissant anodin, s’identifient dans leurs comportements à des acteurs de cinéma de qualité désespérément médiocre oeuvrant dans des films d’une facture tout aussi médiocre. Illustration : une photo personnelle du sexe d’une de mes « petites amies » transformée à l’aide d’un petit logiciel de traitement d’images il y a plus de 20 ans qui rappelle un peu « L’Origine du Monde » de Gustave Courbet.

 

Nouvelles du Japon : l’immigration.

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Le Japon, pays insulaire très fortement imprégné de traditions séculaires, reste, malgré le besoin criant de main-d’oeuvre peu ou moyennement qualifiée, presque hermétiquement fermé à l’immigration. Par exemple en 2017 sur 19628 demandes de visas de résidence temporaire seules 45 ont été satisfaites sur des bases essentiellement humanitaires et 20 autres se sont vues accorder un visa de résidence temporaire sans contrat de travail auprès d’une entreprise nippone ou étrangère. La Diète (Parlement) examine en ce moment un projet d’accueil d’étrangers pouvant présenter un contrat de travail auprès d’une entreprise japonaise afin de bénéficier d’un visa temporaire durant 5 années que l’on pourrait appeler probatoires et renouvelable ensuite à condition que le candidat à un visa de plus longue durée puisse prouver qu’il a acquis des notions de japonais, alors seulement il aura l’autorisation de faire venir éventuellement sa femme et ses enfants s’il avait auparavant fondé une famille. Au total, selon les propositions du gouvernement, environ 150000 étrangers pourraient ainsi être accueillis sur le territoire Japonais, un goutte quand on sait que le marché du travail propose près de deux postes pour un candidat. Mais là n’est pas vraiment l’objet de ce billet inspiré de loin d’un article paru sur The Guardian parce que l’illustration m’a rappelé quelques souvenirs. Fait impensable au Japon des graffitis détériorent l’image de Tokyo, ville remarquablement propre bien qu’il n’existe pas de personnes rétribuées par la municipalité pour nettoyer les rues.

Pour accéder aux services d’immigration, situé sur une île artificielle où l’activité est essentiellement portuaire, il faut prendre un autobus depuis la gare ferroviaire de Shinagawa. Pour accéder à l’arrêt d’autobus il existe des escaliers et des rampes. L’illustration ci-dessus montre les graffitis sur ces rampes ainsi que sur le trottoir proche du bâtiment abritant les services d’immigration dont les abords sont d’ailleurs plutôt sales et ces graffitis qui ont tout simplement horrifié les Tokyoïtes car la tradition de respect de l’espace public n’a pas été respectée. Le bureau d’immigration a déposé une plainte pour insulte et même le Premier Ministre a été interpellé à la Diète. Certes le gouvernement japonais songe à assouplir la politique d’immigration du pays mais la population dans son ensemble reste très réticente. Et c’est facile à comprendre. À Tokyo les quartiers les plus sales, toutes proportions gardées en comparaison de certaines grandes villes européennes ou américaines, je ne parle même pas de Douala ou de Dakar, deux villes africaines que je connais, donc, ces quartiers sont ceux fréquentés par les touristes comme Shibuya, Roppongi ou même Ginza.

Non seulement les touristes ne respectent pas la coutume locale du respect de l’espace public mais si en plus le gouvernement ouvre toutes grandes les portes du pays à l’immigration, jusqu’où ira-t-on ?, doivent penser les Japonais à juste titre. Bref, à l’horizon 2020 et pour calmer les esprits le premier ministre a décidé d’accueillir 60 immigrés sans contrat de travail chaque année … dès 2020. Un effet peut-être louable mais qui n’est pas vraiment du goût de la population.

Nouvelles du Japon : le paiement en cash

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Comme a coûtume de le souligner Emmanuel Todd le Japon et l’Allemagne sont deux pays très semblables du point de vue de leur structure sociologique, une observation provenant de l’analyse des structures familiales de ces deux pays. Mais il y a d’autres similitudes tout aussi surprenantes. D’abord la syntaxe de la langue japonaise, le verbe en fin de phrase, est très proche de la syntaxe de la langue allemande. De plus les kanji sont souvent des ensembles d’idéogrammes parfois complexe et de même la langue allemande associe des mots qui peuvent atteindre une longueur démesurée. Dans la vie quotidienne les Japonais et les Allemands se rejoignent aussi sur un point particulier : ils préfèrent régler leurs menues dépenses quotidiennes avec de la monnaie papier ou métal et rechignent souvent à utiliser une carte de paiement ou de crédit. J’ignore comment les Allemands gèrent une petite épargne mais au Japon c’est presque une habitude que d’avoir un peu de billets de banques à la maison dans un coin inattendu.

Au contraire du Japon dans la majorité des pays voisins, Corée, Chine ou encore Vietnam et Thaïlande, les consommateurs paient leur taxi, leur restaurant et leurs emplètes avec leur smartphone. Au Japon on paie en cash avec des billets de 1000, 5000 ou 10000 yens qui semblent tous sortir directement de l’imprimerie de la BoJ. Une petite start-up de Tokyo a décidé de s’infiltrer dans ce mode de paiement avec un smartphone dans la mesure où tous les Japonais en possèdent un, il suffit de prendre le train ou le métro pour s’en rendre compte. En effet rares sont les passagers qui, s’ils ne dorment pas, lisent un livre ou le journal dans les transports en commun, sont tous rivés sur leur téléphone pour jouer, lire leurs messages ou en envoyer ou encore recevoir l’alerte pour un tremblement de terre.

Cette start-up est arrivée à convaincre la plus importante compagnie de taxis de Tokyo, la Nihon Kotsu, la chaine de magasins de proximité Lawson et quelques autres sociétés d’introduire le mode de paiement QR-code. Je précise à mes lecteurs que les trajets sur le tramway de ma ville, Santa Cruz de Tenerife, peuvent être payés à l’aide d’un smartphone depuis plusieurs années à l’aide de ce système QR-code.

Au Japon il existe un concurrent direct d’Amazon, Rakuten Inc., qui gère sa propre banque, ses propres cartes de crédit et la start-up dont il est question ici, Origami Inc. vient d’approcher Rakuten pour que ses clients adoptent ce mode de paiement. D’autres sociétés comme Line Corp dont l’application d’envoi de messages instantanés est utilisée par près de la moitié de la population japonaise ou encore Yahoo Japan allié à SoftBank, le géant de la télécom japonaise sont intéressés par la technologie développée par Origami.

Avec l’application d’Origami non seulement le mode de paiement sera facilité mais les consommateurs pourront être directement sollicités sur leur téléphone, ce qui est à l’évidence la finalité de cette start-up. Il est intéressant de rappeler ici que le QR-code (Quick Response code) a été inventé par Toyota en 1990 pour « tracer » les pièces des automobiles plus facilement et quand il y a 20 ans les Japonais ont opté pour le système de paiement des trains et des métros à l’aide de cartes sans contact (Suica ou Pasmo) le choix parut évident : la technologie de communications en champ restreint qui existe dans tous les distributeurs de billets et surtout dans un pays où si on perd son porte-feuille on le retrouve rapidement au poste de police proche intact et contenant exactement le cash qui s’y trouvait. J’en sais quelque chose puisque j’ai perdu un jour – à la fête d’automne dans un sanctuaire shinto – mon porte-feuille que j’ai retrouvé le lendemain au poste de police. Au Japon seulement 20 % de la population utilise un mode de paiement sans cash alors qu’en Chine 60 % et en Corée 90 % de la population a choisi le paiement électronique sans contact y compris avec les QR-codes. Ce sont pas moins de 100000 magasins de détail que la société Origami convoite, le QR-code ne nécessitant aucun investissement supplémentaire contrairement au paiement sans contact. Toyota est naturellement derrière ce projet qui pourrait révolutionner les habitudes des Japonais et il est aussi soutenu financièrement par les organismes financiers tels que JCB, Saison Card, Sumitomo Mitsui ou encore Union Pay qui toutes mettent des cartes de paiement à la disposition des consommateurs.

Mais le Japon est le pays par excellence de la tradition. Il existe dans tous les foyers japonais un téléphone avec fax (qui est très rarement utilisé aujourd’hui) et l’habitude du paiement cash profondément ancrée dans les esprits deviendra peut-être plus rapidement qu’on ne le pense obsolète car une application smartphone a quelque chose de ludique. Les réseaux de distribution ont bien compris que ce type de paiement QR-code leur permettra aussi de cibler la clientèle sur leur smartphone. Attendons d’assister à cette évolution.

Source : Bloomberg, illustration Origami’s QR-code payment service

Note à l’intention de mes fidèles lecteurs. Une semaine sans connexion internet m’a fait découvrir que finalement on pouvait aussi très bien vivre au quotidien sans le web. Je n’ai pas suivi l’évolution des cours de la bourse (à titre documentaire je le précise) ni de la politique, ni de la science en général. De véritables vacances « électroniques » pour aller aider une de mes nièces à déménager. Je souhaite à tous mes lecteurs de s’offrir de tels moments, y compris sans téléphone portable, dont je trouve l’invasion dans la vie quotidienne vraiment inquiétante. Je précise que ce billet avait été rédigé avant de prendre mes « vacances électroniques ».

Billet d’humeur socio-religieuse

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Je sais très bien qu’il ne faut pas parler de religion mais il y a des limites que les institutions européennes ont franchi et c’est tout à fait regrettable. Voici les faits (lien en fin de billet). Une Autrichienne eut le courage en 2009 de déclarer lors de plusieurs conférences publiques que le prophète Mahomet consomma les félicités d’un mariage arrangé avec une fillette prénommée Aisha alors qu’il avait plus de 50 ans et cette dernière à peine 11 ans. Cette Autrichienne ne tourna pas sa langue sept fois dans sa bouche et déclara que le prophète Mahomet était un pédophile (sic). Ça n’a pas vraiment plu aux autorités autrichiennes qui l’ont condamnée en 2011 à 480 euros d’amende pour avoir tenté de semer le désordre dans le paysage religieux du pays. La Cour Européenne des Droits de l’Homme s’est emparée de ce sujet, disons brûlant, après la décision en appel qui confirma l’arrêt en première instance mais sous un autre angle, l’Autrichienne en question ayant sollicité la CEDH.

Cette Cour dont la juridiction concerne tous les citoyens européens a arrêté sa décision en statuant sur la validité de l’arrêt en appel qui avait pour but « légitime » de préserver la paix religieuse en l’Autriche.

Autant dire que, comme je l’écrivais au début de ce billet il est préférable de ne pas parler en public de religion et donc qu’il est tout aussi préférable de fermer sa gueule. Mais en sous-entendu c’est dans les faits la liberté d’expression que la CEDH a condamné. Franchement qu’est-ce qu’on en a à faire des histoires d’amour du prophète Mahomet. Si cette fillette avec qui il « consomma » alors qu’elle avait atteint l’âge de 11 ans était nubile, est-il tout aussi répréhensible de traiter de pédophile l’homme qui a engrossé une Péruvienne de 11 ans qui a accouché d’un enfant il y a quelques mois alors qu’elle n’avait pas encore 12 ans. Personne ne s’en est ému, c’était tout simplement un fait divers comme un autre, un peut glauque pour un Européen, mais probablement normal voire banal au Pérou ou au Bangladesh, que sais-je.

Mais puisque la CEDH a mis le doigt sur la liberté d’expression je voudrais ici relater les 7 années de mon adolescence que j’ai enduré en pension chez les curés. Combien de fois je me suis fait caresser les fesses de jeune adolescent, je ne m’en souviens plus. Combien de fois ces curés m’attiraient pour m’asseoir sur leurs genoux, c’est une façon de parler, pour que je me livre à quelques confidences alors que je sentais leur pénis se dresser sous leur soutane … Pendant des années j’ai essayé d’oublier ces heures sombres de mon adolescence. Aujourd’hui les scandales de pédophilie à répétition qui ternissent l’image du catholicisme ne semblent pas émouvoir le pape et ne semblent pas non plus émouvoir la CEDH. Le célibat des prêtres est irrévocable ! C’est consternant … Le « concile » qui décreta le célibat des prêtres eut lieu au IVe siècle (synode l’Elvire, voir le lien), autant dire dans une période sombre de l’histoire de l’Europe et l’avènement de la religion musulmane eut lieu quelques centaines d’années plus tard, c’était encore ce que les climatologues ont appelé avec un brin d’humour le « dark age », ça veut tout dire. Tous les évangiles apocryphes précisent que Jésus se maria avec Marie-Madeleine, une ancienne pute avec qui il eut deux enfants. Il fut enterré à ses côtés. Le reste c’est de la légende. Dans son oeuvre, je crois me souvenir « Les 95 principes », Luther a bien précisé que les pasteurs (équivalent des prêtres dans la religion catholique) pouvaient se marier et avoir des enfants. Il s’agissait de l’un des principaux points sur lequels la religion dite protestante s’opposait aux pratiques obsolètes du catholicisme – obsolètes bien avant l’époque de Luther – c’est dire … Si le pape veut sauver l’Eglise catholique il n’a pas d’autre choix que de rétablir le mariage pour les curés (ils pourront se reproduire) et alors les scandales de pédophilie ne seront plus qu’un mauvais souvenir.

Billet suscité par un article paru sur le site ZeroHedge qui a le mérite d’informer même les « bien-pensants ».

Liens : https://en.wikipedia.org/wiki/Synod_of_Elvira

https://www.zerohedge.com/news/2018-10-28/eu-court-upholds-prosecution-woman-comparing-muhammads-marriage-six-year-old-girl

La France n’est plus une démocratie

Le titre de ce billet paraît trompeur et pourtant c’est la stricte vérité : la France n’est plus une démocratie car la presse et les médias sont asservis au pouvoir de l’argent. Et comme les connexions entre le pouvoir politique et les oligarques qui possèdent l’ensemble de la presse française ne peuvent pas être ignorées alors par voie de conséquence je ne lis plus aucune presse française en ligne et il y a bien longtemps que je ne regarde plus la télévision qu’elle soit française ou espagnole. D’ailleurs je n’ai même pas de « télé » chez moi. Toutes les information figurant sur ce billet sont disponibles sur internet, et elles peuvent être vérifiées par n’importe quelle personne soucieuse d’apprendre à quelle sauce idéologique son cerveau est agrémenté. Il y a certainement des erreurs ou des oublis mais que mes lecteurs me pardonnent …

Comme le disaient Albert Camus : « il vaut mieux une presse pauvre et libre qu’une presse riche et asservie » , et Camille Desmoulins : « la presse est la sentinelle de la démocratie« .

La presse libre est un pilier fondamental de la démocratie. Sans presse libre il n’y a plus de liberté d’opinion et à terme il n’y aura plus du tout de liberté d’expression. Cette évolution conduira le pays des droits de l’homme vers un régime totalitaire sous la coupe réglée des puissances financières. La presque totalité de la presse française et des médias est contrôlée par 9 oligarques et leurs holdings comptant parmi les plus grandes fortunes mondiales : Bolloré, Lagardère, Drahi, Arnault, Pinault, Bouygues, Dassault, Niel et Pigasse de la banque Lazard (car il faut bien des banquiers dans ce bazard de gros, très gros sous). Les miettes sont réparties entre Médiapart, Le Canard enchainé et quelques sites courageux comme le nouveau site d’Aude Lancelin, LeMedia, que je conseille vivement à mes lecteurs ou encore Contrepoints. Entrons dans les détails et je m’excuse auprès de mes lecteurs si cette énumération comporte des oublis, je le répète, car je ne suis pas du tout un journaliste d’investigation et il y a certainement des erreurs dans ce billet.

Bolloré est propriétaire de Canal+, de C-news (anciennement i-Télé) de Havas et de DailyMotion. La holding Lagardère est propriétaire du journal Le Monde, de Paris-Match et de l’Obs. Elle est appuyée par Xavier Niel (Free) Pigasse (Banque Lazard). Le journal Le Monde qui à l’époque de Beuve-Méry appartenait aux journalistes selon les souhaits du Comité National de la Résistance est devenu un organe de propagande qui ne se gène pas pour classer ses concurrents et d’autres sites accessibles sur le Web avec son « Decodex » alors qu’il ferait mieux de balayer devant sa porte. La holding Lagardère est actionnaire du Crédit Mutuel avec le groupe Bolloré, banque qui contrôle un grand nombre de titres de presse papier régionaux depuis la Lorraine jusqu’à Rhône-Alpes. En outre Lagardère est actionnaire majoritaire d’Europe 1, propriétaire de l’hebdomadaire Elle mais aussi et surtout propriétaire du groupe Hachette qui contrôle de nombreuses éditions, proprement désarmant !

Patrick Drahi qui a arrangé en sous-main l’élection du Président Macron avec la banque Rothschild est un homme d’affaires franco-israélien émigré fiscal à Zermatt dont la holding possède SFR, Libération, l’Express et plus de 50 autres titres de presse hebdomadaire ou quotidienne comme la Voix du Nord. Drahi est en outre propriétaire de BFM-TV (qui vient de racheter la chaine de télévision lyonnaise jusque là indépendante TLM), de RMC, de l’hebdomadaire Télérama acheté chaque semaine par des millions de téléspectateurs et enfin de la chaine de télévision i-24 News qui était initialement basée à Jaffa (Israël).

Bernard Arnault est propriétaire du journal Le Parisien et du quotidien économique Les Echos, organe de propagande du Medef et main dans la main avec Natixis. François Pinault est propriétaire de l’hebdomadaire Le Point. La holding Bouygues est propriétaire de TF1, LCI, TMC et TV Breizh.

La holding Dassault possède Le Figaro. Si vous voulez vraiment savoir ce qui se passe en France alors allez lire des journaux en français de Belgique, de Suisse ou du Québec ou des journaux en langue anglaise, je ne lis malheureusement pas l’allemand. Où est la démocratie en France avec une telle presse et des médias contrôlés par le pouvoir de l’argent qui utilisent les sondages d’opinion pour influencer les choix des électeurs ? Bienheureux celui qui pourra prétendre que la France est toujours une démocratie ! Qu’il garde ses illusions pour lui. Pour ce qui concerne les médias américains, c’est pire puisque 6 grands groupes financiers (Disney, Time-Warner, Bloomberg, Murdoch, …) contrôlent l’ensemble des médias alors qu’il y a encore 50 ans 350 familles indépendantes de la grande finance étaient propriétaires de journaux et de chaines de radio ou de télévision et de quotidiens papier locaux ou nationaux.

Inspiré d’une conférence de Laurent Mauduit, ex-journaliste du Monde maintenant à Mediapart. Note à l’intention de mes honorables lecteurs : pas de billet dimanche 14 et lundi 15 octobre. J’espère faire de belles photos d’aurores boréales au dessus de la Sibérie, si il y en a …

Nouvelles du Japon : la fertilisation in vitro (IVF) va-t-elle sauver la démographie de ce pays ?

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D’abord les faits : cinq pour cent des nouveaux-nés japonais ont été conçus par fertilisation in vitro, c’est le pourcentage le plus élevé du monde. La population du Japon est de moins de la moitié de celle des USA et pourtant il y a 30 % de plus de cliniques spécialisées dans la fertilisation in vitro. En 2016 il y a eu moins d’un million de naissances au Japon et il en est ressorti que le taux de fertilité avait atteint le triste record de 1,44 enfant par femme en âge de procréer. Pour rappel afin que la population reste stable en nombre il faut un taux de fertilité de 2,1.

Bien que le Japon soit probablement le pays du monde le plus en avance technologiquement le taux de succès des IVF y est le plus faible de tous les pays développés en atteignant un peu moins de 10 % de succès. La question qui vient à l’esprit est de savoir pourquoi les IVF sont si répandues au Japon. Bien que le système de santé publique ne prenne pas en charge les IVF le gouvernement japonais accorde une subvention de 150000 yens pour les couples désirant un enfant. Or compte tenu de l’organisation sociale du pays un grand nombre de femmes travaillent et il reste peu d’heures chaque jour au couple pour augmenter ses chances d’avoir un enfant. De plus les femmes se marient de plus en plus tardivement et peu d’entre elles ont un enfant en dehors du mariage. De ce fait la plupart des femmes qui se soumettent à une IVF ont dépassé la quarantaine, deux fois plus qu’en Grande-Bretagne ou en France.

Le gouvernement du Premier Ministre Shinzo Abe a fixé comme objectif de voir remonter le taux de natalité à 1,8 à l’horizon 2026 et si les protocoles pour effectuer des IVF étaient mieux adaptés (voir note) et que le taux de réussite doublait le nombre de naissance pourrait augmenter de 300000 enfants par an contrebalançant alors le nombre de décès. La firme danoise Origio qui vend les produits utilisés pour les IVF déplore que la société japonaise d’obstétrique et de gynécologie soit par trop restrictive en ce qui concerne les dons de sperme ou encore les mères porteuses pour autrui. De ce fait des centaines de Japonaises partent quelques mois à l’étranger chaque année pour se soumettre à une IVF sachant que près d’un cinquième des couples japonais ne réussissent pas à avoir un enfant. En effet la raison de ces choix est qu’un tentative d’IVF coûte entre 300000 et 500000 yens.

Note. Pour des raisons difficiles à expliquer les médecins japonais pratiquant des IVF ne respectent pas les protocoles généralement admis dans d’autres pays en ce qui concerne les doses de gonadotropine (hyper-stimulation des ovaires) utilisées pour favoriser la réussite d’une IVF car ils redoutent des effets secondaires indésirables pourtant parfaitement connus et décrits dans la littérature médicale. Cette attitude étrange est la raison pour laquelle les IVFs ont un taux de réussite si faible au Japon.

Sources : The Economist et BioEdge, illustration BioEdge

L’instinct dominateur de l’homme : une vieille histoire

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C’est au cours d’une conversation avec mon fils que m’est venue l’idée d’écrire ce billet. Il s’agit de la domination masculine. Mon fils venait d’assister dans la société dans laquelle il travaille à Tokyo à la mutation d’une jeune cadre confirmée (sur sa demande à elle), une femme d’une trentaine d’années, grande, blonde aux yeux bleus parlant couramment le japonais, le chinois et l’anglais, outre le français sa langue maternelle, et brillante experte en informatique. C’était beaucoup trop à assumer pour ses supérieurs hiérarchiques directs japonais qui à force de brimades quotidiennes l’ont poussée, en quelque sorte, vers la porte de sortie. Mon fils m’a demandé quelle était mon opinion au sujet de cette attitude dominante de l’homme vis-à-vis des femmes sur le lieu de travail.

J’ai tout de suite objecté que cette attitude n’était pas réservée au lieu de travail, bien au contraire. Il s’agit de la conséquence d’un instinct profondément inscrit dans nos gènes. Que je rassure ici mes lecteurs je ne suis ni anthropologue ni sociologue mais je vais tenter de livrer mon point de vue d’ancien biologiste sans aucune prétention dans ce domaine complexe de la vie sociale en groupes.

Il y a 30000 ans nos ancêtres étaient des chasseurs-cueilleurs et ils vivaient en petits groupes. Existait-il des couples stables, nul ne le sait. Les hommes avaient deux missions essentielles : trouver de la nourriture et protéger leur cellule familiale et celle du groupe. La femme, quant à elle, devait nourrir ses enfants et aussi et surtout procréer car la mortalité infantile devait être particulièrement élevée et il fallait faire vite car l’espérance de vie était probablement d’à peine 40 ans. Trente mille ans c’est peu de temps au cours de l’évolution et l’homme moderne n’est pas très différent de ces hommes (dits « modernes ») qui décorèrent diverses grottes de magnifiques peintures.

Lorsqu’émergea l’agriculture, l’élevage et la sédentarisation des chasseurs-cueilleurs avec comme corollaire une organisation plus sophistiquée de la société ainsi que l’apparition de la notion de monnaie ainsi que le langage les cellules familiales se structurèrent probablement en couples stables et les « chefs » imposèrent des règles élémentaires de vie en société. Mais l’homme tenait toujours le rôle de pourvoyeur de nourriture pour « sa » famille et la femme, gardienne des enfants, en charge de les élever et également de procréer inlassablement pour les raisons indiquées ci-dessus. Dans les pays développés c’était à peu de détails près la règle au début du XXe siècle en milieu rural : l’homme n’avait pas fondamentalement évolué du point de vue sociétal depuis 30000 ans !

Ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que tout commença à changer en ce qui concerne le statut de la femme. Il y a d’abord eu l’apparition des antibiotiques et des vaccins qui ont réduit très rapidement la mortalité infantile réduisant de ce fait l’obligation physiologique de la femme à procréer. Les progrès techniques dans tous les domaines, y compris l’agriculture, ont favorisé l’apparition de toutes sortes de conforts domestiques qui ont radicalement modifié la vie laborieuse des femmes, que ce soient la cuisinière puis la machine à laver, le réfrigérateur et bien d’autres équipements qui apparaissaient dès les années 1950 comme des gadgets, je ne mentionnerai que le cas de l’aspirateur, facilitant la vie quotidienne des femmes. L’abondance de nourriture a également contribué à cette évolution dont la conséquence fut une augmentation exponentielle de la population humaine car comme c’est le cas pour n’importe quel animal quand il y a abondance de nourriture la population augmente. Les femmes ont alors pris conscience que leur situation pouvait évoluer vers plus de loisirs et éventuellement une vie professionnelle au même titre que les hommes. Porter des enfants presque sans relâche, comme un devoir, fut remis en question et l’apparition des procédés hormonaux de régulation des naissances fit le reste.

Il est donc normal que la femme revendique une égalité dans la société d’aujourd’hui puisque toutes les contraintes datant de 30000 ans ont disparu. Le problème réside donc dans le fait que l’homme n’est pas tout à fait d’accord car son instinct de domination n’a pas disparu d’un coup de baguette magique et certainement pas avec des antibiotiques ou des vaccins … La femme contemporaine revendique à juste titre une sexualité qui n’est pas nécessairement synonyme de procréation et cette posture heurte aussi l’instinct dominateur (et géniteur) de l’homme. Quant à l’égalité sur le lieu de travail c’est presque pire et comme me le relatait mon fils il arrive parfois que le comportement des hommes soit une caricature d’un autre âge surtout quand il s’agit d’une Européenne côtoyant des Japonais et qui plus est séduisante de par son aspect physique.

Pour en terminer avec cette petite dissertation sans prétention avec l’apparition de la monnaie la femme, sujet de convoitise pour l’homme, a imaginé de monnayer son corps – la prostitution est, dit-on, le plus vieux métier du monde – ruinant de ce fait ses velléités d’émancipation vers un statut plus respecté. Certes il ne faut pas généraliser mais ce métier, respectable d’ailleurs, représente encore pour l’homme l’image dégradée de la femme. Et puisque l’anecdote relatée par mon fils avait pour scène un lieu de travail, il est compréhensible que ces Japonais ayant pour la plupart une vie sentimentale inexistante s’en prennent à une Occidentale pour expurger leurs frustrations variées, eux qui sont des habitués nocturnes de bars à entraineuses qui pullulent de partout à Tokyo, ceci explique peut-être cela …

Illustration satirique pêchée sur la Tribune de Genève. Note : ce billet ne prend en aucun cas position contre le féminisme malgré l’illustration.