Les racines génocidaires du « New Deal » vert : limiter la croissance et … libérer Prométhée.

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Traduction d’un article de Matthew Ehret paru le 31 juillet 2019 sur le site Oriental Review. M. Ehret est un journaliste et conférencier canadien. Il a créé la Canadian Patriot Review et il est cofondateur de la Rising Tide Foundation. Les inserts en italique et entre parenthèses sont de mon fait.

Le Prince Charles vient de donner au monde 18 mois pour sauver la planète (tout le monde sait que le Prince Charles est un spécialiste du climat). Au cours des dernières années, le Prince Charles et son père, parmi d’autres aristocrates consanguins d’Europe, ont manifesté un incroyable intérêt pour la sécurité de la Terre contre les machines émettrices de pollution qui consomment avec avidité et se reproduisent sans limite tout en n’ayant aucune considération pour Gaïa, notre mère à tous. Ces derniers mois la prise de conscience de cet état de fait a pris la forme d’un « Green New Deal » promu aux USA par la représentante démocrate Alexandria Ocasio-Cortez et le sénateur Bernie Sanders (illustration). Une campagne à l’intention des enfants approuvée par le Pape François et dirigée par Greta Thunberg s’est répandue en Europe et en Amérique du Nord tandis qu’un club de milliardaires dirigé par Al Gore et George Soros finance le mouvement « Sunrise » pour lutter contre le réchauffement climatique.

Cette passion déclarée pour sauver la planète est-elle authentique ? Ces oligarques et milliardaires se soucient-ils vraiment du « Green New Deal » autant que les médias bienveillants le prétendent … ou bien y a-t-il quelques chose de beaucoup plus sombre en jeu ? Pour répondre à ces questions il faut d’abord examiner rapidement ce qu’est le « Green New Deal », d’où il vient et ce que ses concepteurs ont déclaré vouloir réaliser avec sa mise en oeuvre.

Comme son nom l’indique le « Green New Deal » est un vaste programme politique qui tire son nom du « New Deal » initial de 1932 promulgué sous la direction du Président Franklin Roosevelt. Il s’agissait à l’origine d’un programme de réforme bancaire et de construction d’infrastructures massif afin de guérir les Etats-Unis des blessures profondes provoquées par quatre années de grande dépression. Alors que le « Green New Deal » de 2019 propose également de réviser en profondeur les règles de la finance et la planification d’infrastructures sa similitude avec le New Deal de Roosevelt s’arrête là. Le New Deal de Roosevelt était motivé par des projets qui allaient augmenter les capacités de production de la nation dans son ensemble grâce à des investissements dans des projets hydroélectriques, des couloirs de transport, la Tennessee Valley Authority et des milliers d’autres projets d’infrastructure. Le « Green New Deal », a contrario, cherche à réduire la puissance du travail et réduire le niveau de vie des citoyens en investissant dans des infrastructures vertes à croissance zéro. Si la vraie nature de ce « Green New Deal » était explicitée personne ne boirait cette potion amère.

Comme les Présidents Poutine et Trump l’ont souligné à diverses reprises, non seulement il n’a jamais été prouvé que le CO2 d’origine humaine entraînait des variations climatiques, mais il est apparu clairement que, depuis 1998, la tendance au réchauffement qui prévalait depuis 1938 a fait une étrange pause. Tandis que la teneur en CO2 augmentait sans cesse des scientifiques ont alerté le monde sur le fait que l’on était sur le point d’entrer dans un âge glaciaire. Ce simple fait met en évidence l’embarrassante réalité selon laquelle l’augmentation des teneur en CO2 a toujours par le passé suivi des épisodes de réchauffement et jamais l’inverse, ce qui a tendance à prouver que ce « gaz à effet de serre » est effectivement affecté par le réchauffement du climat, probablement par des facteurs d’origine spatiale, comme l’a souligné à plusieurs reprises le Président Poutine. Encore plus surprenant encore pour certains, des études récemment publiées par la NASA ont montré que la biomasse mondiale avait augmenté de 10 % ces dernières années, en grande partie en raison des politiques de croissance économique de la Chine et de l’Inde. Après tout, on a observé que les plantes poussaient beaucoup mieux lorsqu’elles étaient nourries par des niveaux accrus de dioxyde de carbone.

Quelle est l’origine de ce « Green New Deal » ?

Comment autant de scientifiques respectables auteurs de travaux de grande valeur et autant de politiciens ont-ils pu supposer qu’une telle erreur était pourtant la vérité à tel point qu’une refonte totale de la société doit être envisagée ? Cela ne s’est évidemment pas produit du jour au lendemain, mais la pression actuelle pour transformer notre monde entier en le confrontant à la « réalité » devenue incontestable du réchauffement planétaire provoqué par l’homme trouve ses origines dans le mouvement néo-malthusien des années 1968-1972. Dans ce court intervalle de temps qui connut les assassinats de grands leaders politiques comme John F. Kennedy, Enrico Mattei, Martin Luther King et Bob Kennedy et la mort de Charles de Gaulle, le vide que laissa ces disparitions fut vite comblé par l’établissement sur la scène politique de lâches et de parasites. Il y eut un changement de paradigme vers le conservationnisme rejetant l’éthique de la croissance industrielle qui définissait la civilisation occidentale jusqu’à présent. Ce réveil malthusien répondait au défi lancé par le président de la société eugénique et fondateur de l’UNESCO Julian Huxley (illustration,frère d’Aldous) qui écrivit en 1946 :

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« L’unification politique dans un gouvernement mondial sera nécessaire même si toute politique eugénique radicale sera politiquement et psychologiquement impossible pendant de nombreuses années, il importera que l’UNESCO veille à ce que ce problème eugénique soit examiné avec le plus grand soin et que l’esprit du public soit informé des problèmes en jeu, de sorte que ce qui est maintenant impensable puisse au moins devenir pensable. »

Naturellement, à peine un an après que le monde eut pris conscience des horreurs de l’eugénisme nazi Huxley et ses associés parmi l’élite anglo-américaine qui finança Hitler eurent un grand travail à réaliser pour redorer l’image de l’eugénisme et le reformuler sous un autre nom.

1001 Nature Trust et le Club de Rome

En 1968 fut fondée une organisation connue sous le nom de Club de Rome sous la direction de deux misanthropes Aurelio Peccei et Sir Alexander King. Rapidement cette organisation (on dirait aujourd’hui un « think-tank ») prit rapidement de l’ampleur dans le monde anglo-saxon avec des membres comptant divers idéologues de la communauté politique, économique et scientifique qui ont tous convenu que la meilleure forme de gouvernance de la société était une dictature scientifique. Sir Alexander King a écrit :

« En cherchant un nouvel ennemi pour nous unir, nous avons eu l’idée que la pollution, la menace du réchauffement de la planète, les pénuries d’eau, la famine, etc … iraient de l’avant. Tous ces dangers sont causés par l’intervention humaine. Ce n’est que par le biais de changements d’attitude qu’ils peuvent être surmontés. Le véritable ennemi est donc l’humanité elle-même.« 

Afin de financer ce changement de paradigme le 1001 Nature Trust avait été fondé en 1970 par le Prince Bernhard des Pays-Bas (Bernhardt de Lippe-Biesterfeld, époux de la future reine Juliana), porteur de sa carte de membre du parti nazi et fondateur du Groupe Bilderberg en 1954, qui avait travaillé aux côtés du Prince Philip Mountbatten (époux de la Reine Elizabeth II), son compagnon misanthrope, et de Sir Julian Huxley pour créer quelques années auparavant le World Wildlife Fund (WWF). Le plan était très simple : chacun des 1001 membres fondateurs a versé 10000 dollars dans la fiducie qui a ensuite été dirigée vers le changement de paradigme vert. Parmi les autres membres importants du Club 1001 on compte des têtes couronnées royales et princières, des milliardaires et des sociopathes technocratiques qui ne souhaitaient rien d’autre que gérer ce « Nouveau Monde » hautement prometteur financièrement en tant que membres « alpha ». Beaucoup d’entre eux firent ensuite partie du Club de Rome dont le Canadien Maurice Strong qui est ensuite devenu vice-président du WWF sous la présidence du Prince Philip en remplaçant un autre vice-président du WWF, Louis Mortimer Bloomfield. Bloomfield était membre du Club 1001 et il avait été identifié par le procureur de la Nouvelle-Orleans, Jim Garrison, comme étant l’un des instigateurs de l’assassinat du Président John F. Kennedy, notoirement opposé aux mouvement malthusien.

Le document qui devint ces années-là la véritable bible et le plan directeur de ce nouveau mouvement anti-humaniste et néo-malthusien qui a donné naissance au programme « Green New Deal » d’aujourd’hui s’intitule « Limits of Growth » paru en 1972. Il détient le record du livre sur l’écologie le plus lu, vendu à 30 millions d’exemplaires et traduit en 32 langues. Un article récent célébrant la parution de cet ouvrage déclarait :

« Cet ouvrage a contribué au lancement de la modélisation informatique moderne de l’environnement à l’échelle mondiale. Après la parution de « Limits of Growth » les environnementalistes, scientifiques et décideurs politiques ont de plus en plus pensé aux problèmes écologiques en termes planétaires et comme étant interconnectés de manière dynamique. Il faut relire ce livre, car plus que tout autre il a introduit le concept de changement climatique anthropocentré auprès d’un immense public.« 

Le livre lui-même est le résultat d’une étude réalisée par une équipe de statisticiens du MIT co-signée par Jay Forrester et Dennis Meadows. Comme Alexandria Ocasio-Cortez aujourd’hui, ces jeunes professeurs du MIT n’étaient que des marionnettes en papier manipulées par les plus grands ingénieurs en sciences sociales qui géraient le spectacle en coulisse. Cette étude émanant du MIT n’a même pas été initiée au MIT, elle le fut à Montebellow au Québec en 1971 sous la houlette de Pierre Elliot Trudeau, l’un des « parrains » du Club de Rome, qui a alloué de l’argent des contribuables canadiens à ce projet. Il fut décidé lors d’une réunion rassemblant un réseau de conseillers privés de la fondation Rhodes (qui finance des bourses d’étude) réunis autour d’Alexander King (illustration ci-dessus), Maurice Strong, Maurice Lamontagne (fondateur d’Environnement Canada), Michael Pitfield, fondateur du SCRS, service de renseignement et de sécurité du Canada et le Gouverneur général Roland Michener de financer ce projet. Le projet a ensuite été en partie financé au MIT par la fondation Volkswagen dont le passé soutenu par les nazis aurait dû indisposer certains statisticiens du MIT.

Le malthusianisme en bref.

Les membres du Club de Rome/WWF/Club 1001 se sont surnommés « néo-malthusiens » en référence à l’idéologie popularisée par Thomas Malthus (illustration ci-après). L’essai de Malthus paru en 1799 sur le principe de la population a noté de façon pessimiste que la population humaine s’accroissait de manière géométrique tandis que la production alimentaire augmentait de manière arithmétique, menant inévitablement à un point critique de surpopulation.

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Ce point de crise a été le fondement du concept que les auteurs de « Limits of Growth » ont appelé par la suite la « capacité de charge » (carrying capacity). Bien sûr, plutôt que de permettre à ces « bovins » d’humains de développer leur esprit afin de faire plus de découvertes et d’inventions qui compenseraient ce point critique, Malthus, et plus tard ses héritiers, savaient que l’Empire britannique dont il était un employé n’aurait jamais pu exister si ce pouvoir créatif n’avait pas été libéré. En dépit des faits Malthus a froidement préconisé l’élimination des faibles pour faire de la place aux plus forts. N’étant pas au fait des subtilités de langage utilisées dans l’actualité au XXIe siècle, Malthus est allé jusqu’à proposer que l’on pratique des infanticides :

 » Tous les enfants naissant au delà de ce qui serait nécessaire pour maintenir la population au niveau souhaité doivent nécessairement périr, à moins que les décès des adultes leur laisse une place suffisante … nous devons donc faciliter, au lieu de tenter maladroitement et en vain, les opérations de la nature dans la production de cette mortalité.« 

En reformulant les hypothèses de Malthus dans un système informatique complexe, ces néo-malthusiens ont voulu créer un mouvement d’annulation volontaire fondé sur la honte parmi une génération entière de baby-boomers. Bien sûr, si vous supposez que le progrès technologique est terminé, il apparaîtra certainement qu’un système fermé des ressources limitées et fixes ne peut être géré que par une élite technocratique qui obtient des rendements décroissants à mesure que le monde s’installera dans un « équilibre mathématique » imaginaire de la « durabilité ». Heureusement pour l’humanité la réalité est rarement conformes aux idéaux pessimistes des racistes et des impérialistes.

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L’enchainement de Prométhée.

Formé depuis longtemps à Londres et proche collaborateur du premier ministre canadien Pierre Elliot Trudeau, Maurice Lamontagne était membre du Club de Rome et ancien président du conseil privé de ce club. Parmi tous les membres du Club de Rome Lamontagne a été toujours décisif en identifiant le plus grand ennemi de la Terre comme étant la créativité humaine elle-même. Dans ses rapports au Sénat canadien qui réformaient le financement et la planification scientifique canadienne, Lamontagne écrivit :

 » La nature impose des contraintes précises à la technologie elle-même et si l’homme persiste à les ignorer l’effet final de son action à long terme peut être de réduire plutôt que d’accroître le potentiel de la nature en tant que fournisseur de ressources et d’espace habitable … Mais alors une question se pose : comment pouvons-nous arrêter la créativité de l’homme ? « 

Reconnaissant à juste titre que l’envie de découvrir l’inconnu est inhérente à la condition humaine Lamontagne répond à sa propre question en écrivant :

 » Comment pouvons-nous proclamer un moratoire sur la technologie ? Il est impossible de détruire les connaissances existantes, il est impossible de paralyser le désir inné de l’homme d’apprendre, d’inventer et d’innover … En dernière analyse, nous constatons que la technologie n’est qu’un outil créé par l’homme à la recherche de ses aspirations infinies et n’est pas l’élément significatif envahissant le milieu naturel. C’est la croissance matérielle elle-même qui est à l’origine du conflit entre l’homme et la nature. « 

Ainsi donc la créativité et ses fruits du progrès technologique ne sont acceptables que s’ils réduisent le conflit entre l’homme et la nature, selon Lamontagne ! La « mauvaise » technologie, dans sa formulation, a pour effet d’augmenter la croissance matérielle de l’humanité, c’est-à-dire les pouvoirs de productivité. Si en revanche nous promouvons des technologies à faible densité énergétique telles que les éoliennes, les panneaux solaires et les biocarburants, qui entraînent une réduction de la capacité de travail de l’homme alors la technologie peut être définie comme une « bonne chose » selon cette logique tordue. Ce rapport a été repris par un autre membre du Club de Rome, Omond Solandt, qui l’a présenté au Sénat américain. Solandt a initié sa carrière comme conseiller scientifique auprès de Lord Mountbatten (mentor aux penchants pédophiles du Prince Philip) pendant la seconde guerre mondiale puis il a dirigé le Conseil de recherches pour la défense jusqu’en 1957 et il a ensuite intégré le MK Ultra (lien en fin de billet, je conseille à mes lecteurs de lire l’article en français sur MK Ultra) aux côtés du tristement célèbre Ewan Cameron de l’Université McGill au Canada. Solandt a dit de manière sophistiquée que  » il n’est plus nécessaire de faire de la science. Il faut plutôt comprendre, guider et utiliser efficacement la science pour le bien-être de l’humanité « . Ce qui définit « le bien-être de l’humanité » pour un membre promoteur de MK Ultra ne peut que donner des frissons !

En prévision du déchainement de l’ordre post-industriel avec la fluctuation du dollar américain en 1971 et la destruction du système monétaire de Bretton Woods qui incluait au moins un minimum de réglementations des spéculateurs monétaristes, Lamontagne a prescrit que la nouvelle sagesse ne visait plus seulement les découvertes scientifiques dans les domaines médical, atomique et spatial mais une réorientation vers des projets d’ingénierie plus pratiques. Il a aussi proposé de réduire les budgets alloués aux sciences « dures » en élargissant cette notion de science aux sciences humaines, sociales et monétaires. Ces programmes ont progressivement absorbé une grande partie des fonds alloués aux sciences exactes et à la science pure. Dans le premier volume de son rapport Lamontagne a déclaré ceci :

 » La nouvelle sagesse prescrit qu’un effort de recherche et développement supplémentaire soit consacré aux sciences de la vie et aux sciences sociales plutôt qu’aux sciences physiques, aux objectifs économiques et sociaux plutôt qu’à la curiosité et à la découverte. « 

À la défense de Prométhée

Un scientifique canadien de premier plan a rapidement pris position contre cette transformation impulsée par le Club de Rome. Ronald Hayes, Professeur de sciences de l’environnement à l’Université Dalhousie et fonctionnaire canadien, a écrit un livre en 1973 intitulé « L’Enchainement de Prométhée : l’évolution d’une structure de puissance pour la science canadienne  » dans lequel il a identifié Lamontagne comme un serviteur du dieu Zeus décrit par Eschyle dans la célèbre tragédie Prométhée enchaîné. Le drame grec antique racontait l’histoire du demi-dieu Prométhée, puni pendant dix-mille ans pour avoir enseigné à l’humanité, par défi, l’usage du feu que Zeus avait monopolisé pour lui-même. En attaquant l’appel de Lamontagne à déconstruire toute la structure de financement de la science canadienne mise en place entre 1938 et 1971 et à mettre en place un nouveau système technocratique le Professeur Hayes déclara que le principal problème avec l’approche de Lamontagne s’appelait le syndrome égyptien :

 » Si seulement nous pouvions détruire tout ce que les Israéliens ont construit et réduire la Palestine à un désert, tout le monde serait égal et nous pourrions commencer à construire un monde meilleur pour les Arabes. Ainsi Lamontagne veut détruire le conseil national de la recherche, l’organisme qui a lancé et nourri une grande partie de la recherche gouvernementale et abondé les programmes des cycles supérieurs dans les universités. C’est une erreur de l’administration Trudeau dont se fait l’écho Lamontagne. « 

Il n’y a pas de limite à la croissance.

Dix ans après la publication de « Limits of Growth » le candidat à la présidence américaine et fondateur de la Fusion Energy Foundation, Lyndon Larouche (1922-1919) a réagi au mouvement néo-malthusien avec encore plus de force que Hayes. Dans sa première publication en 1982 de son ouvrage « Il n’y a pas de Limite à la Croissance  » Larouche écrivait :

 » Ce n’est pas la croissance de l’industrie qui détruit les forêts du monde. Dans la plupart des cas la cause est un déficit de production industrielle, une mauvaise gestion industrielle de l’écosphère. Au cours des 15 dernières années la plus grande cause et unique de destruction de l’ « écologie » du monde a été la tolérance des politiques réclamées par les soi-disant écologistes, les soi-disant néo-malthusiens du Club de Rome, l’Institut International pour l’Analyse des Systèmes Appliqués, le Fond mondial pour la nature, l’Institut Aspen, la Fondation Ford, la Fondation Rockfeller, le US Sierra Club, etc. Nous n’investissons pas assez d’énergie produite industriellement dans la gestion de l’eau, les produits chimiques, etc, l’agriculture de la biosphère terrestre. Dans le même temps nous utilisons la biomasse comme combustible et d’autres usages traditionnels. Nous devrions plutôt utiliser de l’énergie d’origine nucléaire, utiliser des matériaux modernes fabriqués industriellement à la place du bois d’oeuvre pour la construction de logements, etc. « 

Décrivant l’influence extraordinaire que les limitations de la croissance ont eu sur la consolidation du renouveau néo-malthusien comme facteur dominant dans les cercles politiques occidentaux, Larouche a identifié les erreurs fondamentales qui ne sont que timidement remises en cause par les prises de position de Trump aux USA. Il a déclaré :

 » L’étude elle-même, « Limits of Growth », était particulièrement frauduleuses à deux égards. Premièrement, en essayant de prouver que la société industrielle utilise trop rapidement les ressources naturelles qui restent. Meadows et Forrester ont fortement minimisé les quantités connues de ces ressources. Deuxièmement, plus important encore, Meadows et Forrester ont projeté le taux de consommation des ressources naturelles en utilisant des systèmes d’équations linéaires simultanément. Cette utilisation dans un « modèle » informatique d’équations linéaires intègre l’hypothèse selon laquelle il n’y a aucun progrès technologique dans la société. En fait le progrès technologique, y compris la redéfinition fondamentale de la signification des « ressources naturelles », constitue depuis cinq siècles le trait marquant de la civilisation européenne. Les limites de la croissance dans ce modèle reposaient sur l’hypothèse que de tels progrès technologiques étaient parvenus à un arrêt brutal et absolu. « 

Entropique ou anti-entropique ?

Tout comme Thomas Malthus quelques siècles auparavant les néo-malthusiens se devaient de nier l’existence des progrès technologiques – et de leur origine dans la créativité humaine – comme moyen par lequel les capacités de performance de l’humanité sont modifiées en fonction des découvertes et des inventions. Cette relation de l’humanité avec l’univers qui l’entoure définit absolument notre existence en tant qu’espèce au dessus de toutes les autres créatures de la biosphère. Etant donnée que les capacités de performance des autres espèces vivantes sont définies par l’environnement et par des caractéristiques génétiques, l’être humain peut transcender ces conditions de manière délibérée à condition de pouvoir accéder au meilleur patrimoine culturel et éducatif du passé, à condition d’avoir le désir et la curiosité de porter cet héritage vers des limites toujours plus élevées sans jamais s’attendre à butter sur un équilibre mathématique ou une mort par chaleur entropique, comme le prédisent avec leur pessimisme bon nombre de statisticiens de l’école « Limits to Growth ». Contrairement à cette école, les travaux de Larouche en science de l’économie physique réalisés entre 1952 et 1956 reposaient sur le concept opposé selon lequel la capacité de l’humanité de passer de formes de consommation d’énergie faibles à élevées (c’est-à-dire du bois au charbon, du charbon au pétrole, du pétrole à la fission nucléaire puis à la fusion, etc) permet de transformer sans limite le potentiel économique physique de l’humanité. Des sauts créatifs dans l’inconnu conduisent à de nouvelles découvertes de principes permettant à la densité de la population relative potentielle de l’humanité d’augmenter avec l’amélioration des niveaux de vie, de l’espérance de vie et du potentiel cognitif d’une manière qu’aucun autre animal – ce que les malthusiens souhaitent pourtant nous faire croire – ne peut atteindre. Ce fait même de la vie est la preuve essentielle que non seulement l’humanité mais aussi l’univers n’a aucune limite en ce qui concerne son potentiel de perfectionnabilité constante et donc son essence anti-entropique.

Le Vrai New Deal

Il faut espérer que ces lignes ont démontré que le « Green New Deal » n’est rien d’autre qu’une nouvelle forme d’eugénisme se faisant passer pour une réforme socialement consciente. Le fait est que ce « Green New Deal » n’est pas vert (car un monde recouvert de panneaux solaires accélérerait la désertification de la terre par chauffage) mais il n’y a aucun lien avec le véritable New Deal. Les effets d’un programme visant à réduire les émissions de CO2 à des niveaux « acceptables » conformément à la volonté des Britanniques aujourd’hui n’apporterait rien d’autre que le chaos, la famine et la dépopulation à l’humanité.

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Fort heureusement, le monde aujourd’hui compte près de 8 milliards d’âmes et, en dehors d’une poignée d’oligarques et de technocrates bornés et avides, ce sont tous des esprits qui pourraient volontairement se perfectionner et se déployer pour faire de grandes découvertes dans les domaines de la science et des arts. Le monde dans lequel vivent toutes ces personnes est de plus en plus façonné par le vrai New Deal dans le cadre de l’initiative Routes et Voies commerciales dirigée par la Chine, initiative qui compte maintenant 160 pays et représente le volume financier de plus de 20 plans Marshall. Cette initiative nécessite un retour à une éthique fondée sur l’amour de l’humanité et la conviction de l’utilité des progrès scientifique et technique. Cet esprit a été parfaitement explicité par le Président Xi Jinping qui a déclaré au Dialogue des Civilisations Asiatiques le 15 mai dernier :

 » Pour qu’une civilisation perdure il faut tout faire pour la maintenir en vie et valoriser son patrimoine de génération en génération. Plus important encore une civilisation doit s’adapter à l’évolution de la situation et innover. L’histoire des civilisations du monde nous dit que chaque civilisation doit progresser avec son temps et profiter du meilleur de ce temps pour se développer. Nous devons trouver de nouvelles idées pour donner une impulsion et une inspiration au développement de nos civilisations. Grâce à ces efforts, nous livrerons à nos civilisations des réalisations qui transcenderont dans le temps et l’espace et auront un attrait durable. Pour stimuler l’innovation et la créativité des personnes le meilleur moyen est de mettre en contact les différentes civilisations, de détecter les points forts des autres et d’y faire appel. « 

Le fait que les Présidents Poutine et Xi Jinping aient créé une alliance basée sur la planification à long terme, de grands projets d’infrastructure visant à améliorer les conditions de vie de tous et des progrès à la pointe de la technologie indique que le « grand jeu vert » créé à la suite des disparitions des dirigeants anti-malthusiens dans les années 1960 va enfin se terminer. L’automutilation lente des Etats-Unis a enfin une chance de s’arrêter avec le premier président anti-malthusien élu depuis l’époque Reagan qui était plutôt bien intentionné bien que parfois stupide, il y a 35 ans. Reagan n’avait pas cette alliance russo-chinoise avec laquelle coopérer pendant la guerre froide contrairement à Trump. L’offre faite à l’Amérique de rejoindre l’initiative Belt and Road et un nouveau système de coopération stratégique est sur la table du Président. Reste à savoir comment le Président Trump réagira.

Lire aussi https://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_MK-Ultra )

Selon Julian Assange nous vivons nos derniers instants de liberté

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Avant qu’il ne soit définitivement déconnecté du monde extérieur, Julian Assange donna une dernière interview relative au futur de la surveillance mondiale et comment les avancées technologiques ont changé l’humanité.

Dans une vidéo mise en ligne par le World Ethical Forum à Bercelone, Assange porte un regard critique sur ce qui fait face à l’humanité et il appelle cela dystopie – un univers orwellien – dont il dit sans hésitation qu’il sera bientôt impossible pour n’importe quel individu sur la planète de ne pas être inclus dans les bases de données gouvernementales ainsi que celles détenues par les entités de la high-tech communément appelées les GAFAs.

 » La dernière génération née (avant celle que l’on a maintenant coutume d’appeler les « millenials » c’est-à-dire nés avant l’an 2000, note insérée pour une meilleure compréhension) est la dernière génération libre. Aujourd’hui, à peine un an après votre naissance les grandes oreilles connaissent déjà tout de vous. Votre identité dans une forme ou une autre – en raison des portraits et des noms que vos parents divulguent stupidement sur Facebook ou encore de la simple souscription à un contrat d’assurance ou à la demande d’un passeport – tout cela est connu des grandes puissances mondiales. « 

Assange prédit également que l’intelligence artificielle (il faut dire le traitement algorithmique ultra-rapide des données plutôt qu’intelligence artificielle) favorisera le piratage automatique de toutes ces données accroissant de ce fait l’échelle des activités hostiles au sein du cyber-espace.

 » Il n’y a pas de limites on line. Il faut 220 millisecondes pour aller de New-York à Nairobi ! Comment pourrait-il y avoir la paix dans un tel scénario ? » dit Assange.

Les entités en ligne (entendez les GAFAs et les organismes gouvernementaux de surveillance comme la NSA) créent leurs propres protections en utilisant une cryptographie qui leur est propre. Cependant la taille de cette activité qui dépasse celle de n’importe quelle entreprise d’envergure raisonnable, le nombre de personnes « traitées », les différents types de logiciels et de serveurs informatiques qui sont le nerf de cette activité font qu’il est très difficile de mesurer le danger qui nous attend tous.

Et Assange d’affirmer : « Je pense qu’il est complètement impossible d’établir des protections frontalières qui puissent être suffisamment fiables et stables pour éliminer toute sorte de conflit. En conséquence il y aura encore plus de conflits dans le monde, et chacun y perdra sa liberté individuelle. »

Source : via ZeroHedge, Lien sous réserve de sa fonctionnalité :

5ba3f0dffc7e9226108b45b9.mp4 (World Ethical Data Forum), autre lien :

https://www.rt.com/news/438968-assange-last-interview-black-out/ Illustration : Place George Orwell à Barcelone où Orwell vint combattre le fascisme et le totalitarisme en 1936.

Qu’est-ce qui menace la science ?

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Traduction d’un article de Jeremy J. Baumberg, nano-physicien à l’Université de Cambridge paru sur le site Project Syndicate le 11 septembre 2018

La globalisation et la digitalisation du savoir, ainsi que le nombre croissant de scientifiques, tout semble à première vue être des éléments positifs pour les progrès de la science. Cependant ces tendances sont les deux faces d’un Janus (illustration) car elles encouragent aussi une recherche scientifique hyper-compétitive, victime de tendances et des modes du moment.

La connaissance scientifique et l’innovation technologique, comme Yuval Noah Harari l’a bien écrit dans son livre « Sapiens : une brève histoire de l’espèce humaine« , sont les deux principaux piliers du progrès économique. Pourtant il y a très peu de débats au sujet de la science d’aujourd’hui, malgré des défis significatifs provoqués par la globalisation, la digitalisation de la connaissance et le nombre croissant de scientifiques. À première vue ces tendances semblent positives. La globalisation connecte tous les scientifiques du monde entre eux, ce qui évite de dupliquer inutilement des travaux mais aussi de développer des standards universels de bonne pratique. La création de bases de données digitales permet de puiser des connaissances scientifiques et de favoriser l’apparition de nouvelles idées pour de nouveaux travaux de recherche. Enfin, le nombre croissant de scientifiques signifie que plus de recherche scientifique est envisagée, accélérant le processus de développement scientifique.

Cependant ces tendances sont les deux faces d’un Janus et pour comprendre pourquoi il faut reconnaître d’abord que la science est une sorte d’écosystème. Comme dans n’importe quel écosystème il existe une compétition acharnée entre les acteurs. Les Universités sont en compétition entre elles pour leur classement international. Les journaux scientifiques sont en concurrence pour publier les travaux scientifiques les plus remarquables. Les organisateurs des congrès scientifiques sont à l’affut des meilleurs conférenciers. Les journalistes cherchent les meilleurs scoops. Les pourvoyeurs de crédits de recherche sont en compétition pour trouver et apporter leur soutien aux travaux de recherche qui atteindront les avancées les plus significatives en termes d’impact social, de sécurité ou de profitabilité commerciale.

Comme dans les milieux naturels cette compétition complexe fait apparaître deux écosystèmes : celui des biens et celui des services. Nos écosystèmes naturels produisent des biens sous forme de matériaux à l’état brut et des services tels que le maintien d’un taux satisfaisant d’oxygène dans l’atmosphère, de pollinisation des plantes, de maintien de la propreté de l’eau et de l’air, et même de nous procurer la beauté et l’inspiration. Les « biens » de nos écosystèmes scientifiques sont les connaissances indépendantes, sophistiquées et revues par des pairs, qui stimulent vers l’avenir nos sociétés et nos économies. Les « services » de nos écosystèmes scientifiques sont constitués par une meilleure compréhension de notre monde et la structure qui soutient le mieux les progrès nous permettant d’innover et de résoudre toutes sortes de problèmes.

L’écosystème scientifique est bénéfique dans des domaines plus difficiles à évaluer. Il nous imprègne de la beauté des mathématiques, des valeurs inhérentes de l’éducation, de la croyance en la valeur intrinsèque des communautés scientifiques transnationales et de l’intérêt des discussions scolastiques (je n’ai pas trouvé de meilleure traduction à « scholarly discussions »). Et pourtant les organismes privés ou publics finançant la recherche ont sous-estimé ces « services » essentiels des écosystèmes scientifiques. De ce fait les trois points exposés plus haut, globalisation, digitalisation des connaissances et nombre croissants de scientifiques, amplifient le problème. Si la globalisation stimule la compétition elle renforce aussi certaines prises de position comme celles de savoir dans quels domaines de la recherche scientifique il faut prioritairement investir. Lors de mes réunions avec des officiels gouvernementaux dans le monde entier j’ai immédiatement décelé cette tendance. Les gouvernements privilégient les domaines de recherche bénéfiques pour le futur de leur pays et identifient alors ceux qu’il faut uniquement soutenir. En général ces domaines sont tous les mêmes.

Quand les médias ont alors identifié ces sujets de recherche « tendance » ceux-ci attirent la vaste majorité des aides financières. Le soutien financier à des recherches parallèles réduit alors l’efficacité de chaque investissement et l’attitude moutonnière des pourvoyeurs de fonds peut tout aussi bien nuire à l’émergence des découvertes les plus significatives qui le plus souvent résultent d’une combinaison de plusieurs disciplines apparemment sans lien entre elles.

La digitalisation des connaissances a amplifié cet effet. La crédibilité d’un résultat scientifique réside dans le nombre de fois où il est cité par d’autres scientifiques dans leurs travaux. Toutes les publications scientifiques sont enregistrées digitalement et le nombre de citations peut être obtenu instantanément, ce qui permet de classer les chercheurs scientifiques très facilement. Le « h-index » ou indice de Hirsch est une approche permettant d’évaluer individuellement la productivité et l’impact d’un chercheur, d’un laboratoire ou d’une université. Il tient compte du nombre de fois où une publication est citée dans d’autres travaux et il est devenu une sorte de valeur monnayable. Si le « h-index » d’un chercheur était son bitcoin convertible en salaires et crédits de recherche alors le nombre de citations de ses travaux constituerait la blockchain dont il dépend finalement. Mais encore une fois les mêmes chercheurs effectuant les mêmes types de recherches sont récompensés de manière inéquitable, laissant peu de place à ceux dont « l’estime » par le h-index est moins favorable.

Cet état de choses est amplifié par le nombre croissant de diplômés scientifiques. Allez dans une réunion de chimistes et demandez-leur combien ils ont de collègues dans le monde. Ils n’en savent fichtre rien. Demandez-leur combien de ces autres chimistes ont besoin de leurs résultats pour leurs propres travaux, ils regarderont leurs chaussures. Ce que l’on sait est que le nombre de scientifiques dans le monde croit beaucoup plus vite que la population dans son ensemble. Plus de scientifiques ne signifie par pour autant plus de découvertes mais la conséquence est une plus forte compétition dans cet écosystème et une inflation du h-index, exactement comme l’impression de monnaie créé de l’inflation.

En conséquence depuis plusieurs décennies les scientifiques se sont senti de plus en plus en compétition pour mettre en avant leurs travaux et dans cet écosystème scientifique complexe et interconnecté trouver une solution n’est pas simple. Il y a cependant quelques pistes dignes d’être explorées. Le plus fondamental est d’encourager la diversité des institutions, des mécanismes de financement et les approches scientifiques de recherche et ceci est fondamental pour éviter toute conformité fatale à la créativité. Les écosystèmes nécessitent toujours une diversité pour une meilleure résilience, c’est un fait acquis. Un tel écueil de conformisme peut venir des géant de la technologie méga-riches mais aussi du financement « crowd-sourcing » et des riches mécènes de la technologie.

Pour encourager cette diversité il faudrait mettre en place des arbitres scientifiques pour explorer les domaines de recherche plus systématiquement, pour réaliser un travail de prospective en profondeur afin d’identifier, au delà des tendances actuelles, les liens prometteurs interdisciplinaires ainsi que les résultats déjà acquis mais conflictuels qui méritent des investigations supplémentaires. Au final, outre la métrique unidimensionnelle du h-index, il faudrait mettre en place un système d’évaluation plus compréhensif et multi-facettes des travaux scientifiques. Et ce n’est qu’ainsi que les nouveaux arrivants dans le monde scientifique chaque année pourront contribuer efficacement et de manière significative à l’avancement de la science et par conséquent aux progrès de l’humanité.

Bref commentaire de mon cru à cet article. La recherche scientifique est devenue malheureusement un instrument des politiciens et de certaines organisations non gouvernementales pour faire en sorte que la recherche universitaire soit orientée et satisfasse à des objectifs prédéterminés. Il va de soi que dans un tel environnement il ne peut plus exister de recherche scientifique objective. Avant qu’il ne soit trop tard il faut – et il est urgent – que les scientifiques du monde entier prennent conscience qu’ils sont manipulés par des groupes de pression transnationaux et refusent les diktats qui leur sont imposés car il en va de la survie du monde scientifique dans son ensemble. Je ne citerai que deux exemples. La supposée dangerosité des organismes, les plantes de grandes cultures, génétiquement modifiées est le premier exemple. Je connais très bien ce domaine particulier de la recherche scientifique et je peux affirmer sans que qui que ce soit puisse me contredire à l’aide d’arguments prouvés scientifiquement (car il n’en existe aucun) que les plantes génétiquement modifiées sont totalement anodines pour la santé humaine ou animale. Je citerai également le glyphosate qui ne peut pas, compte tenu de la nature de cette molécule, être cancérigène, c’est une pure invention d’activistes qui se déclarent des scientifiques mais sont au contraire des imposteurs animés de préoccupations essentiellement idéologiques.

La nouvelle ruée vers l’or

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Il y a une trentaine d’années, entre deux congrès scientifiques qui avaient lieu à l’Université du Queensland à Brisbane j’avais décidé d’aller explorer une toute petite partie de cet immense pays. Depuis Bundaberg, petite bourgade côtière construite autour de ce qui était à l’époque l’une des plus grandes sucreries du monde, je partis dans ce que les Australiens appellent l’ « outback » ou encore le « bush », en suivant la petite route tortueuse 75 au milieu de nulle part. La fin du jour arrivait et les petits kangourous se promenaient en famille. Le but de cette excursion était la toute petite ville de Cracow où une ancienne mine de cuivre et d’argent venait d’être remise en exploitation. Il y avait un seul tout petit hôtel à Cracow et j’espérais bien pouvoir y dormir une nuit (illustration : bar de l’hôtel de Cracow).

Le tenancier de cet établissement, un homme affable fut surpris qu’un Français se perde dans cet endroit qu’il me décrivit comme devenu soudainement hostile en raison des immenses travaux qui venaient juste de débuter pour le creusement d’un immense trou de la taille d’une centaine de terrains de football pour extraire non plus du cuivre mais de l’or. Je ne me souviens plus quoi la serveuse me servit pour le dîner tant la nourriture australienne manque de caractère mais par contre, dans ce bar comme dans beaucoup d’autres endroits du Queensland, je me souviens parfaitement de la bière « XXXX bitter », une sorte de bière brune assez alcoolisée qui ressemble à la Guinness. Et je m’en souviens d’autant mieux que quelques dizaines de minutes plus tard un homme entra, posa son détecteur de métaux qu’il s’était probablement procuré dans les boutiques de surplus de l’armée et offrit une tournée générale.

Il venait de trouver deux pépites d’or, deux « nuggetts » de la taille de mon pouce au milieu des buissons fréquentés par les petits wallabys peu agressifs et plutôt curieux. L’ancienne mine de cuivre venait d’être rachetée par la société Newcrest Mining mais avec de la patience et un bon détecteur de métaux il était encore possible, non pas de faire fortune, mais de vivre aisément, du moins dans cet endroit précis.

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Aujourd’hui les milieux financiers s’inquiètent de la disponibilité en or-métal et probablement à tors car en raison de la demande en or-métal de pays comme la Chine ou la Russie, la prospection et la découverte de nouveaux gisements un peu partout dans le monde, comme par exemple au Nigeria il y a seulement quelques semaines, a permis d’obtenir une estimation de l’ordre de plus de 200000 tonnes d’or déjà extraites dans le monde, selon le World Gold Council (WGC). L’US Geological Survey (USGS) a estimé que 54000 tonnes d’or pouvaient encore être extraites de mines à ciel ouvert et des milliers de tonnes restaient à extraire dans des mines souterraines à découvrir ou remettre en exploitation. Lorsque le prix de l’once d’or atteindra 10000 dollars, une projection considérée comme raisonnable par le WGC, il y aura encore plus d’or extrait de cette multitude de petites mines abandonnées.

Source et illustration : https://www.gold.org/about-gold/gold-supply/gold-mining/how-much-gold-has-been-mined

Nouvelles du Japon : pas de pétrole mais des idées !

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Le Japon, leader mondial de l’électronique embarquée sur les véhicules automobiles, des batteries lithium-ion, des aimants permanents de forte puissance et accessoirement leader mondial des dérailleurs de bicyclettes, importe tout ce dont il a besoin pour son industrie car il n’y a ni charbon, ni pétrole ni minerais sur l’archipel. Mais les Japonais ont des idées et disposent d’une immense zone maritime (voir la carte ci-dessus) et ainsi de fonds marins susceptibles d’être exploités. Déja en 2012 les premières tentatives d’extraction du méthane à partir d’hydrates présents dans les fonds marins ont été un succès copié peu d’années après par la Chine (liens sur ce blog) mais le grand partenaire chinois, premier producteur de terres rares du monde pourrait mettre à mal les industries électronique et automobile japonaises ou de n’importe quel autre pays, en particulier les USA, en contingentant ses exportations de terres rares ainsi que d’yttrium. L’yttrium n’est pas une terre rare à proprement parler mais il est extrait des mêmes minerais et ce métal de transition est très recherché par les industriels de l’électronique puisqu’il est nécessaire pour la confection d’écrans de télévision et d’ordinateurs. Quant aux terres rares leurs multiples applications dans les hautes technologies les ont rendues indispensables pour d’immenses créneaux industriels.

Le Japon n’a pas de pétrole, peut-être qu’il disposera de méthane dans quelques années mais aussi et surtout dans quelques années aussi il pourra devenir, compte tenu des tensions commerciales sur le marché des terres rares, le leader mondial dans ce secteur. Et les ingénieurs, géologues et océanologues japonais, sous l’impulsion du Ministère de l’Industrie du Japon (MITI) ont constitué un véritable commando pour étudier la faisabilité de l’extraction des terres rares qui se déposent au fond de l’océan dans des boues constituées d’apatite (carbonate de calcium) produite par les squelettes du phytoplancton. Ce processus de lente sédimentation piège les terres rares et bien d’autres métaux et « il suffit » d’aller suçer ces boues de granulométrie très fine et de les remonter à la surface. L’équipe de scientifiques dirigée par le Docteur Yasuhiro Kato du Centre de Ressourches Sous-Marines à Kanagawa et des Université de Tokyo et de Waseda (Shinjuku, Tokyo) a donc exploré les potentialités de récupération de terres rares de ces sédiments des fonds marins autour de l’île de Minamitorishima à près de 2000 kilomètres au sud-est de Tokyo et les résultats de l’étude sont infiniment supérieurs aux attentes.

Des échantillons de boues ont été récupérés à l’aide d’un robot suçeur puis séparées selon leur granulométrie à l’aide d’un hydrocyclône et la teneur en divers métaux (les terres rares sont des métaux) analysée par spectrographie de masse. Les résultats ont immédiatement indiqué une richesse extraordinaire, entre 0,2 et 0,5 % en moyenne et jusqu’à 2 % en fonction de cette granulométrie de pratiquement toutes les terres rares et d’yttrium. Les moins abondantes comme d’ailleurs dans les gisements continentaux sont le praseodyme, le samarium ou encore le terbium. Mais rapportée au km2 la quantité de terres rares et d’yttrium récupérable est astronomique : dans la partie la plus prometteuse du fond marin exploré et se situant à une profondeur moyenne de 5500 mètres la totalité des oxydes de terres rares récupérables se situe aux alentour de 16 million de tonnes pour l’ensemble des métaux les plus abondants : yttrium, europium, terbium et dysprosium.

Cette abondance en terres rares permet d’envisager une exploitation de tels gisements de manière économique dans les prochaines années.

Pour se faire une idée de ce que représentent ces gisements sous-marins la quantité d’yttrium métal récupérable correspond à 780 années de consommation d’yttrium au rythme actuel, 620 ans pour l’europium, 420 ans pour le terbium et 730 ans pour le dysprosium et des dizaines d’années pour les autres éléments présents en minorité. En conclusion de cette étude, après résolution des problèmes techniques et une étude de faisabilité en « 1/4-grand » tant de l’extraction que de la séparation et la purification de ces éléments chimiques, le Japon pourrait jouer un rôle clé sur ce marché au détriment de celui de la Chine.

Source et illustration : doi 10.1038/s41598-018-23948-5 en accès libre

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/03/12/une-avancee-decisive-dans-lexploitation-de-lhydrate-de-methane/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/06/03/la-course-aux-hydrates-de-methane-est-engagee/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/03/22/depuis-le-japon-apres-le-methane-les-terres-rares/

Les risques existentiels encourus par l’humanité : une évaluation.

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Un petit groupe d’universitaires comprenant des mathématiciens, des biologistes, des informaticiens, des juristes ou encore des philosophes a constitué à l’Université de Cambridge une équipe très spéciale dont la mission est d’étudier les risques existentiels, en d’autres termes les menaces auxquelles l’humanité peut être confrontée dans un futur indéterminé. Tous les aspects de la politique, des sciences et des technologies ont été abordés par ce centre pour l’étude des risques existentiels (CSER, acronyme de Center for the Study of Existential Risk). Selon les évaluations qui ressortent de leurs travaux il est urgent de sensibiliser l’opinion au sujet de ces risques qui ne sont pas ceux que l’on croit communément.

# 1 Intelligence artificielle

Le plus grand risque que court l’humanité serait l’intelligence artificielle prise globalement, non pas seulement des super-ordinateurs dans lesquels des algorithmes complexes influencent nos choix, ce qui est déjà le cas avec Google, ayant pour conséquence un appauvrissement de notre liberté de décision, mais également les machines considérées globalement en particulier les robots. Le risque serait, si aucun contrôle n’est organisé à l’échelle planétaire dès aujourd’hui, une prise en otage de l’ensemble de l’humanité. Les machines décideraient entièrement pour nous. Ce n’est pas de la science-fiction du genre « Terminator » mais bien une réalité qui nous concerne tous et le CSER classe l’intelligence artificielle comme la plus grande menace pour l’humanité dès 2075.

# 2 Risque biologique

Le développement inimaginable il y a encore 30 années de la biologie moderne constitue le second plus grand risque pour l’humanité. Les outils modernes de la biologie moléculaire ont ouvert la boite de Pandore. Les biologistes sont capables, notamment à l’aide de l’outil CRISPR-cas9 de créer des virus nouveaux et de modifier des bactéries anodines pour les transformer en facteurs pouvant provoquer une pandémie totalement incontrôlable qui décimera en quelques années l’ensemble de l’humanité. Ce que craint le CSER est que la banalisation des outils de la biologie moléculaire permette à n’importe quel biologiste un tant soit peu expérimenté de procéder dans son garage à ce genre d’approche sans qu’aucun contrôle puisse être mis en place. Le risque biologique existe déjà et il est classé comme très élevé.

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# 3 Les armes autonomes

Ce risque, aussi, existe déjà : la perte de contrôle d’armements intelligents. Juste un exemple pour situer ce risque. L’armée sud-coréenne surveille sa frontière la séparant de la Corée du Nord à l’aide de robots construits par la firme Samsung. Ces machines sont capables de reconnaître un individu tentant de traverser cette frontière et de l’abattre sans l’autorisation d’une hiérarchie inexistante devenue inutile. Le CSER a imaginé les pires scenarii. Il suffirait de quelques camions remplis de robots intelligents pour détruire une ville entière. À l’extrême limite il deviendrait impossible d’identifier l’ennemi. Durant la guerre froide la stratégie était d’empiler des bombes nucléaires pour dissuader l’ennemi d’attaquer. Aujourd’hui il est tout à fait réaliste d’imaginer des armées sans combattants, des machines feront le travail en lieu et place des combattants traditionnels. Ce risque de guerre robotisée à l’aide de drones intelligents est déjà présent et devra faire l’objet de traités internationaux pour en limiter la portée. C’est l’une des retombées majeures du risque # 1.

# 4 Conflit nucléaire

Le CSER considère que le risque de conflit nucléaire entre les deux puissances (USA et Russie) possédant à elles deux plus de 90 % des armes nucléaires existant dans le monde serait surtout la conséquence d’une fausse alerte. Statistiquement et selon les leçons du passé la probabilité d’une fausse alerte initiant par erreur un conflit nucléaire conduisant à la disparition de l’humanité est de une fausse alerte tous les 14 ans. Il est donc loin d’être nul et l’équipe de Cambridge préconise une remise en question globale du risque de fausse alerte de la part des autorités russes et nord-américaines mais aussi chinoises, pakistanaises et indiennes. Sachant qu’un conflit nucléaire généralisé conduirait à une destruction totale de l’humanité le CSER classe pourtant ce risque comme peu élevé.

# 5 Risque climatique

Pour le CSER le risque du changement climatique d’origine humaine sur l’organisation de la société dans son ensemble doit être pris en considération mais il existe trop d’incertitudes pour évaluer l’ampleur de ce réchauffement ainsi que son impact sur l’humanité. Si ce risque existe déjà il est classé comme peu préoccupant par cet organisme de prospective.

# 6 Impact d’un astéroïde

Considéré comme probable au cours des 50 à 100 millions d’années à venir, classé très faible mais potentiellement aussi dévastateur que celui qui provoqua la disparition des dinosaures.

# 7 Invasion d’extra-terrestres

Si la probabilité de formes de vie intelligentes dans l’Univers n’est pas nulle une invasion de la Terre par des extra-terrestres a été considérée par le CSER mais classée imprévisible et extrêmement faible, ouf !

# 8 Manque de nourriture et famines massives

Compte tenu des prévisions de croissance de la population mondiale – 9,6 milliards d’habitants en 2050 – le risque de famine est loin d’être négligeable d’autant plus que l’accroissement des rendements agricoles de près de 70 % depuis la fin des années 60 repose entièrement sur la disponibilité en pétrole pour la production d’engrais et de produits chimiques permettant de combattre les ravageurs. Cette amélioration du rendement des cultures vivrières a probablement atteint son maximum et le risque étudié par le CSER est une attaque virale ou fongique massive de l’une ou l’autre des trois céréales les plus cultivées dans le monde, riz, maïs ou blé qui provoquerait une famine aux conséquences incontrôlables. La recherche et l’amélioration génétique des plantes afin qu’elles soient prémunies contre de tels dangers biologiques paraît nécessaire sinon urgente. Le CSER a évalué la venue de ce risque majeur vers les années 2050.

# 9 La rumeur des accélérateurs de particules

Un accident dans un accélérateur de particules comme celui du CERN « ferait » apparaître un petit trou noir qui finirait pas avaler tout ce qui l’entoure et au final jusqu’à la Terre entière. Sur le papier ce serait en théorie possible mais la probabilité qu’un tel évènement puisse arriver reste du domaine de la pure spéculation.

# 10 Un tyran planétaire

L’arrivée d’un homme à la tête d’une grande nation qui nierait les évidences scientifiques et technologiques pour accaparer pour lui et ses complices l’ensemble des richesses de la planète, une hypothèse qui semble avoir été abordée par le CSER dans la foulée de l’élection de Donald Trump qui a promis de mettre à plat l’affaire du réchauffement climatique. Comme des dizaines de milliers de chercheurs universitaires vivent de crédits alloués pour conforter l’hypothèse du réchauffement climatique d’origine humaine ils se sentent donc directement concernés et à leurs yeux un homme comme Donald Trump est dangereux car « il nie les évidences scientifiques ».

Cette énumération appelle quelques remarques. D’abord le dixième risque me paraît un peu spécieux. Qu’un groupe d’intellectuels considère que Donald Trump représente un danger pour la communauté scientifique parce qu’il doute de la véracité de la théorie du réchauffement climatique d’origine humaine me paraît excessif. J’aurais préféré un classement différent de ces risques en y incluant le risque d’un refroidissement du climat n’en déplaise aux tenants du dogme du réchauffement. La robotique, les machines intelligentes, les drones feront l’objet d’une étude internationale et de la mise en place d’un comité d’éthique ad hoc pour réguler les applications de ces technologies aussi bien que faire se peut de même qu’il existe des comités d’éthique qui se penchent sur l’utilisation des cellules embryonnaires humaines. Il s’agira d’une prise de conscience internationale quels que soient les intérêts industriels ou financiers en jeu. Personnellement je ne pense pas que l’asservissement de l’humanité toute entière par des machines puisse être plausible ni possible à moins que les hommes aient atteint un degré de dégénérescence intellectuelle avancé.

Les deux risques les plus préoccupants me paraissent être une attaque des grandes cultures vivrières par un ou des ravageurs incontrôlables comme c’est déjà le cas pour les frênes, les oliviers et les bananiers. Comme pour le phylloxéra et la vigne, l’ingéniosité humaine trouvera une parade mais un tel évènement laissera des traces douloureuses. Les risques « biologiques » pouvant se matérialiser par des expérimentations réalisées par un fou irresponsable sont également à craindre mais mettre au point un virus hautement pathogène tuera son inventeur avant qu’il ne se disperse dans la nature, un virus nécessite un « réservoir » et un vecteur. Je mettrai donc un gros bémol dans l’évaluation du risque # 2. Restent donc les risques # 5 et 8 qui se rejoignent dans le mesure où le refroidissement du climat annoncé par de nombreux géophysiciens et astrophysiciens aura pour conséquence une famine généralisée et une totale et profonde désorganisation de l’ordre mondial. Si j’étais membre du CSER je classerai ce risque en première urgence car apparaissant en 2025 au plus tard comme l’ont avancé des géophysiciens éminents.

Source et illustrations : Wired

Première illustration, quelques membres du CSER dans la prestigieuse bibliothèque de l’Université d’Oxford qui sent l’encaustique et le vieux parchemin. De gauche à droite Julius Weitzdörfer du CSER, Beth Barnes de la Future of Sentience Society, Stephen Cave du Leverhulme Center for Future Intelligence, Anders Sandberg, écrivain futuriste, Huw Price de l’Université de Cambridge et Jane Heal du CSER.