Quelques mémoires de ma carrière de chercheur en biologie (4)

Le cas d’un fongicide (deuxième partie de cette rubrique, relire le billet du 3 novembre 2018)

articles-botrytiscinerea_text_2.jpg

Durant plus d’un mois je passais donc mes journées à lire cette énorme bibliographie relative à l’Iprodione et il me restait enfin une dizaine d’articles, tous émanant de laboratoires universitaires sans aucun lien avec la société propriétaire de la molécule et n’ayant bénéficié d’aucun aide financiaire de cette dite société au sein de laquelle je poursuivais mes travaux, il faut le préciser. j’avais noté les observations relatant l’éclatement des cellules du champignon au cours de sa croissance mais le fongicide n’avait pas d’effet sur les spores. Le mécanisme d’action de la molécule se mettait donc en jeu quand il y avait une activité métabolique puisque les spores sont des cellules dormantes. Les membranes cellulaires des champignons phytopathogènes sont, comme pour la plupart de celles des êtres vivants, constituées de polymères de sucres, essentiellement du glucose, entrelacés d’acides gras et de stérols, ces polymères de sucres, des polysaccharides, servant d’architecture pour le maintien de l’intégrité de cet ensemble complexe. Au cours de la croissance du champignon ces membranes éclataient. La molécule fongicide devait donc interférer avec la synthèse de l’un ou l’autre des composants membranaires et très probablement les polysaccharides puisque aucun article n’avait fait mention d’une perturbation ni des acides gras, en particulier les phospholipides ni des stérols.

Un seul court article mentionnait enfin un déficit significatif de la teneur en acide ascorbique intracellulaire. Cette observation n’avait apparamment jamais attiré l’attention de qui que ce soit mais elle était pourtant la preuve que l’Iprodione agissait sur le métabolisme des sucres puisque l’acide ascorbique, plus connu sous le nom de vitamine C, est synthétisé à partir d’une forme phosphorylée du glucose particulière, le glucose-1-phosphate, nous allons y revenir. Toutes les voies de biosynthèse conduisant à des polymères du glucose comme par exemple le glycogène chez les animaux et y compris chez l’homme ou encore les polysaccharides membranaires comme chez le champignon sont issues de ce glucose-1-phosphate. Or tous les organismes vivants sont incapables d’ajouter directement un groupe phosphate en position 1 du glucose. Ce que la cellule sait faire c’est produire du glucose phosphorylé en position 6 puis à l’aide d’un enzyme particulier transférer ce phosphate de la position 6 à la position 1 car c’est thermodynamiquement moins dispendieux.

Capture d’écran 2018-11-25 à 21.46.19.png

J’avais donc intuitivement identifié la cible primaire de l’Iprodione mais encore fallait-il prouver que cette intuition était exacte. Et pour ce faire il fallait donc purifier l’enzyme en question, tâche à laquelle je me livrais en partant de cultures in vitro du champignon qui était heureusement coopératif puisqu’il était très aisé d’en obtenir des quantités suffisantes en quelques jours. En quelques 6 mois je réussis à isoler l’enzyme et en caractériser les paramètres cinétiques. Restait l’étape critique : essayer de voir quel effet l’Iprodione avait sur l’activité de cet enzyme appelé phosphoglucomutase. Hélas les premiers essais furent totalement négatifs. Peut-être que l’enzyme purifié ne se comportait pas à l’identique dans un milieu aqueux très simplifié en regard de la soupe complexe du cytoplasme d’une cellule ou qu’il devait être associé à d’autres éléments pour devenir sensible à l’Iprodione, bref, rédiger une publication au sujet de cette purification me paraissait trivial car je n’avais pas apporté de modifications innovantes dans les protocoles de purification du même enzyme à partir d’autres êtres vivants décrits dans la littérature.

Ma conviction était trop fortement ancrée dans mon cerveau pour abandonner et cet échec apparent eut lieu peu avant les vacances de fin d’année et je partis, je m’en souviens très bien, au sud du Sénégal avec mon dernier fils dans un petit hôtel situé dans le delta du Saloun. De retour au laboratoire je repris la solution d’Iprodione qui était restée sur la paillasse à la température ambiante et recommençais mon travail d’investigation et, Oh surprise ! « ma » phosphoglucomutase était cette fois totalement inhibée par des ajouts infimes de cette « vieille » solution d’Iprodione. Il n’y avait plus de doute, l’Iprodione inhibait donc bien cet enzyme et ce dernier pouvait être considéré comme la cible primaire du fongicide. Encore fallait-il le prouver.

J’étais confronté à un nouveau problème : identifier ce qui s’était passé en deux semaines au sein de cette solution dans du diméthylsulfoxyde abandonnée dans un coin de paillasse à la température ambiante et à la lumière. La démarche pouvait alors être d’identifier toutes les molécules issues de l’Iprodione qui avaient pu apparaître dans cette solution lors de processus complexes d’oxydation ou de dégradation spontanée ou bien de tester les unes après les autres toutes celles qui avaient été décrites dans la littérature relatives à la dégradation de la molécule initiale. Un tel processus dégradatif pouvait aussi exister dans des conditions réelles d’utilisation du fongicide soit à l’extérieur du champignon, soit à l’intérieur des cellules de ce dernier. Pour avoir une petite idée de ce qui avait pu se passer dans cette solution « vieillie » je fis une petite vérification en soumettant un échantillon à une analyse chromatographique dont le résultat pouvait être hasardeux dans la mesure où il était alors nécessaire de détecter d’éventuels produits secondaires dans l’ultra-violet lointain, technique qui pouvait prêter à confusion. Le résultat fut décevant car en dehors du pic de l’authentique fongicide il existait des dizaines d’autres entités en quantités infimes, autant dire chercher une aiguille dans une meule de foin.

Suite et fin (peut-être) dans le prochain épisode. Illustrations Wikipedia.

Quelques mémoires de ma carrière de chercheur en biologie (3)

 Le cas d’un fongicide (première partie).

Un peu las de tenter de trouver une nouvelle cible pour un nouvel herbicide et après une multitude de tentatives pour caractériser l’ultime étape de la voie de biosynthèse de la vitamine B6, toutes conduisant à des échecs, à croire qu’il n’existait pas d’enzyme précisément dédié à ce travail spécifique, je me décidais un jour à aller frapper à la porte du directeur des recherches du centre, un homme d’environ 10 ans mon cadet qui avait fait carrière en tant que chimiste dans la compagnie dont il dirigeait l’un de ses centres, qui de plus habitait sur le territoire de ma commune natale, mais cela n’a rien à voir avec mon propos.

Il me reçut très amicalement (nous nous connaissions déjà) et il m’entretint de toutes sortes de sujets qui n’avaient apparemment rien à voir avec la requête que j’avais décidé de lui présenter. Par exemple il mentionna sans entrer dans les détails les manoeuvres des actionnaires du groupe Rhône-Poulenc qui voulaient le vendre « par appartements » afin de recentrer les activités dans la santé humaine. Ceci signifiait qu’à terme le secteur agro-chimie serait démantelé. Plus inquiétant celui de la chimie fine, c’est-à-dire entre autres domaines celui de la purification des terres rares qui était à l’époque – il y a plus de 25 ans – le quasi-monopole mondial de la France (on sait ce qui s’est passé par la suite) allait être mis en veilleuse pour des raisons strictement financières. Rétrospectivement les manoeuvres du sieur Jean-René Fourtoux (avec ou sans x, je ne sais plus) aboutirent à un désastre industriel français irréparable. Aujourd’hui encore le « reste » de ce que fut Rhône-Poulenc du temps de sa splendeur, je veux parler de Sanofi, pourrait bien devenir la proie de fonds « vautours » américains ou apatrides et c’est très inquiétant. Force est de constater que la désindustrialisation de la France ne semble pas préoccuper le gouvernement et c’est tout aussi inquiétant. Bref, cet aparté n’avait pas vraiment de lien avec le propos de ce billet.

En vérité la suite des évènements me poussa vers la sortie comme je vais l’exposer en deux parties, dans ce présent billet puis dans le suivant de cette petite série. Le Directeur des recherches du centre me suggéra de me pencher sur le mode d’action d’un fongicide appelé iprodione largement utilisé pour combattre la pourriture des légumes et des fruits par le champignon Botrytis cinerea. J’ai déjà mentionné dans ce blog les quelques travaux que je fis à ce sujet mais je voudrais revenir ici sur la stratégie qu’adopte un chercheur quand il aborde un sujet entièrement nouveau pour lui. Identifier la cible primaire d’une molécule chimique dont j’étais totalement ignorant allait être une tâche ardue. Le Directeur appela en ma présence la secrétaire du chef-produit de ce pesticide et la pria de m’accueillir tout de suite. Quand c’est le grand chef qui contacte directement une personne très subalterne ça marche très bien. Je quittais le bureau de ce monsieur pour lequel j’avais beaucoup d’estime et me rendis dans le bureau de cette secrétaire. En quelques mots elle avait été informée de l’objet de ma visite inopinée et elle avait déjà préparé deux cartons d’articles scientifiques relatifs au fongicide en question. Il y avait 1000 « papiers » émanant d’une multitudes de laboratoires disséminés dans le monde entier, très peu d’entre eux ayant un lien direct avec la société. Ce produit avait été découvert (de mémoire) en 1984 et très rapidement autorisé car il n’était que très peu toxique pour les animaux excepté certains poissons et il constituait une avancée considérable pour combattre les attaques fongiques par le Botrytis et Sclerotinia qui provoquent des phénomènes de pourriture préjudiciables aux cultures, en particulier la vigne. Pour les viticulteurs il avait tout de suite été considéré comme magique !

Je décidais de lire tous les articles à tête reposé et je fis deux aller-retour entre le bâtiment administratif et le laboratoire pour transporter ces cartons. Les articles étaient classés par année de parution, un curieux système, mais ils étaient également numérotés dans l’ordre de leur arrivée sur le bureau du chef-produit, encore plus curieux. En lisant les résumés je fis un classement sommaire : 1. les observations macroscopiques, 2. les observations microscopiques et 3. les investigations aux niveaux chimique et métabolique. Les observations macroscopiques concernaient surtout l’évolution de l’attaque fongique et ses effets sur la plante. Le résultat de l’intervention du fongicide était montré à l’aide de photos et ces publications ne présentaient pas d’intérêt car on peut faire dire ce que l’on veut avec des photos. Au niveau microscopique c’était évident, le fongicide provoquait un éclatement des cellules du champignon provoqué par une fragilisation des membranes cellulaires. Les spores semblaient aussi curieusement altérés comme s’ils avaient perdu leur substance. Ils ressemblaient à des petits pois séchés, au microscope naturellement. Il me parut tout de suite évident que l’architecture des membranes cellulaires était perturbée lors de la multiplication cellulaire. Il me fallait trouver parmi ces 1000 publications d’autres pistes pour affiner ce « diagnostic ».

Suite dans les prochains billets. Mon blog restera inactif jusqu’à mardi 6 novembre 2018.

Suite de la controverse sur le glyphosate : affligeant !

Capture d’écran 2017-09-22 à 17.38.33.png

Glyphosate : pourquoi les agriculteurs sont-ils si attachés à ce produit toxique

C’est le titre en rouge d’une dépêche de l’Agence France Propagande (voir le texte ci-dessous) : le glyphosate est passé au fil des jours de « cancérigène probable » à toxique ! Je rappelle à mes lecteurs que j’ai souvent dans ce blog disserté au sujet de cet herbicide qui excite les folliculaires des écologistes car ils associent ce produit à leur bête noire Monsanto et aux plantes génétiquement modifiées résistantes à cet inhibiteur d’un enzyme qui n’existe que chez les plantes, certains champignons et bactéries. Le glyphosate est une molécule très simple, un dérivé substitué sur l’azote de l’acide aminé glycine qui a la particularité de comporter un groupement phosphonate, c’est-à-dire une liaison carbone-phosphate qui n’existe pas dans la nature. Pour ce qui est des effets cancérigènes « probables » de ce produit, selon le Centre International de Recherche sur le Cancer, c’est tout simplement une vue de l’esprit car cette molécule, de par sa structure et ses propriétés ioniques, ne peut pas interagir avec l’ADN et par conséquent ne peut pas être cancérigène. Maintenant, en toute honnêteté, les détracteurs de cet herbicide devraient par la même occasion demander l’interdiction de tous les détergents couramment utilisés dans l’industrie et à la maison comportant un groupement phosphonate … et il y en a des multitudes.

Je rappelle également à mes lecteurs qu’une seule personne est décédée à cause du glyphosate : une Australienne qui, voulant mettre fin à ses jours dans les années 1990, a pris un bidon de RoundUp et a avalé plusieurs grosses gorgées de ce produit « formulé ». Elle a succombé à un grave oedème pulmonaire provoqué par les détergents et tensioactifs présents dans la formulation, diagnostic confirmé par le corps médical. D’autre part, aucune étude sérieuse sur des cultures de cellules humaines n’a pu démontrer une quelconque toxicité (cytotoxicité) de ce produit. Par contre le produit « formulé » est létal pour ces mêmes cellules. Le problème nouveau du glyphosate est apparu à la suite de la publication mensongère de l’IARC (Centre International de Recherche sur le Cancer), un ramassis onusien (encore un !) de personnages totalement incompétents et j’écris cela parce que je connais bien cet endroit sinistre infiltré de fonctionnaires internationaux écolos bien-pensants ! (Voir addendum et illustration en fin de billet).

Comme pour le fipronil dans les oeufs, cette histoire de glyphosate est un non-évènement organisé par des ONGs qui sèment la terreur dans les esprits sans aucune espèce de commencement de preuve scientifique. Il en est exactement de même pour le climat et bien d’autres sujets de société. Ci-après la dépêche de l’AFP. Voir l’addendum en fin de billet.

« Il faut soigner les plantes pour protéger les animaux et les hommes »: Christiane Lambert, patronne du premier syndicat d’agriculteurs FNSEA, défend une utilisation « raisonnée » du glyphosate, désherbant controversé, classé « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’OMS en 2015.
Question: Pourquoi beaucoup d’agriculteurs, réputés être proches de la nature, défendent-ils bec et ongle l’utilisation du glyphosate, jugé dangereux pour la santé et les nappes phréatiques par les défenseurs de l’environnement?
Réponse: « C’est l’herbicide le plus utilisé au monde, qui n’a pas d’équivalent sur le marché, et les agriculteurs ont besoin de tuer les mauvaises herbes, chardons et plantes vivaces, afin de préserver les plantes qu’ils cultivent. Sinon, les mauvaises herbes aspirent l’eau et les ressources du sol, et empêchent les céréales ou les légumes de se développer correctement.
Nous préconisons une utilisation raisonnée de ce produit, en faible quantité, avec 1,5 litre par hectare maximum, surtout pour nettoyer les couverts végétaux de l’hiver avant de planter les graines au printemps. 
Aux Etats-Unis, il est utilisé à plusieurs reprises sur une même parcelle, et notamment juste avant la moisson, pour dessécher les plants de blé. C’est ce qui explique, à mon avis, qu’on puisse retrouver des traces de glyphosate jusque dans les céréales du petit-déjeuner, heureusement pas en proportions dangereuses pour la santé, car celles-ci sont souvent des céréales non produites en France. »
Q: Les risques du glyphosate ont justement été évalués en se fondant notamment sur des études d’exposition agricole menées aux Etats-Unis et au Canada. Ne peut-on pas le remplacer ou utiliser des moyens mécaniques pour désherber, comme dans l’agriculture biologique, où, du coup, les rendements des cultures sont plus faibles ?
R: « On peut le remplacer, mais par des produits à doses plus importantes, car ils sont moins efficaces. Par exemple, pour obtenir le même effet, il faut 4 litres par hectare d’un anti-graminée et 3,5 litres d’un anti-dichotyledone. Ce qui veut dire aussi passer deux fois le tracteur dans le champ au lieu d’une, tasser les sols et brûler du carburant. Il nous faut bien enlever les mauvaises herbes, sinon nos récoltes ne sont pas acceptées par les moulins !
Pour ce qui est des outils de désherbage mécaniques, ils ne sont pas utilisables pour toutes les cultures et les robots en cours d’expérimentation, coûtent encore très cher. 
Plus largement, les produits phytosanitaires sont des médicaments pour soigner les plantes malades. Si mon blé est malade de la fusariose, et que je n’ai pas le droit de le traiter, il développe des mycotoxines naturelles, qui, une fois ingérées par l’animal, produit des avortements, notamment chez les truies. Et je ne vous parle pas des dégâts sur les hommes. »
Q: Allez-vous rencontrer Nicolas Hulot qui est soucieux des « effets cocktails » croisés des pesticides sur la santé et l’environnement afin de discuter des différends qui opposent les écologistes et une partie des agriculteurs ?
R: « Nous devons nous voir lundi, pour évoquer les Etats généraux de l’alimentation. Le rendez-vous était pris il y a une semaine.  
Les agriculteurs sont prêts à une alternative dès qu’elle sera prête sur le plan technique, mais nous ne pouvons pas accepter un arrêt brutal car il est impossible de livrer des produits agricoles qui ont des problèmes. Les utilisations de pesticides ont beaucoup baissé en France avec le plan Ecophyto lancé par Stéphane Le Foll et nous sommes prêts à relever le défi de parvenir à -25% d’ici 2020 et -50% d’ici 2025.
Propos recueillis par Isabel MALSANG
(©AFP / 22 septembre 2017 16h12)

Capture d’écran 2017-09-24 à 13.02.14.png

Addendum. La classification du glyphosate comme cancérigène « probable par l’IARC a précédé une publication émanant du National Cancer Institute (NCR) relative à la totale innocuité du glyphosate, étude conduite par l’éminent Professeur Aaron Blair (illustration), spécialiste en épidémiologie du cancer et dont les travaux ont concerné plus particulièrement les pesticides durant toute sa carrière. Questionnés par l’Agence Reuters à ce sujet, les « spécialistes » de l’IARC ont répondu laconiquement qu’ils ne prenaient pas en compte les travaux non publiés dans leurs « recommandations ». Lorsque l’IARC a publié son pamphlet mensonger, plus d’une centaine de résidents de Californie ont déposé plainte auprès des tribunaux pour empoisonnement par le glyphosate, ces personnes ayant souffert ou souffrant de cancers.

Capture d’écran 2017-09-24 à 12.58.53.png

La société Monsanto a naturellement réagi lorsqu’elle a pris connaissance des travaux du NCR. Le Docteur Blair, interrogé par Reuters, a confirmé que le glyphosate ne pouvait en aucun cas être classé parmi les substances cancérigènes y compris « probables » comme l’a fait l’IARC. Lorsqu’au mois de mars 2015 le Docteur Blair assista à une réunion à l’IARC entouré de 17 « spécialistes » du sérail il ne mentionna pas ses travaux en cours sur le glyphosate car ils n’avaient pas encore été publiés. Le Docteur Blair, interrogé au sujet de la décision de l’IARC, déclara qu’à l’évidence cet organisme (photo, source Reuters) avait délibérément ignoré systématiquement toutes les études déjà publiées qui montraient que le glyphosate n’était pas (et ne pouvait pas être) cancérigène, ce que j’ai écrit noir sur blanc au début de ce billet. Il apparaît donc clairement que cette histoire de glyphosate (RoundUp) a été montée de toute pièce, entrainant des décisions politiques européennes totalement infondées qui non seulement ternissent la réputation des dirigeants politiques, ce qui n’est pas un fait nouveau, mais mettent en péril l’agriculture dans son ensemble, ce qui est beaucoup plus préoccupant. Tout ça pour satisfaire des groupuscules écologistes politiques pour qui la science n’a aucune importance en comparaison de leur idéologie déconnectée de la réalité.

Source et dernières illustrations (Aaron Blair et IARC) : Reuters, 14 juin 2017


Les néonicotinoïdes. Des agitations médiatiques : pour rien ?

Osmia_rufa_couple_(aka).jpg

Je ne suis plus très bien informé de la situation politique et médiatique française et c’est en lisant Contrepoints que j’ai cru comprendre qu’un débat avait eu lieu récemment au sujet des néonicotinoïdes et de leurs effets sur les insectes butineurs dont les abeilles en particulier. Le même débat fait également rage en Europe. Il semblerait que certains de ces insecticides soient interdits en Europe en 2018 pour justement préserver la santé des ruches. Mais qu’en est-il exactement ? Il est important de remarquer ici que le fameux principe de précaution entre encore une fois en scène car il existe toujours beaucoup de « flou » dans cette histoire à rebondissements des néonicotinoïdes.

Deux articles parus dans la revue scientifique Science viennent clarifier la situation. Il s’agit d’une étude réalisée dans la partie méridionale de l’Etat de l’Ontario et d’une large autre étude réalisée en Europe, en Grande-Bretagne, en Allemagne et enfin en Hongrie sur 33 sites différents. L’étude réalisée en Europe est à peu près claire : certains néonicotinoïdes ont un réel effet sur la vitalité des ruchers comme par exemple la clothianidine alors qu’un autre néonicotinoïde, le thiaméthoxane ne présente pas d’effet toxique. De plus les résultats varient selon que l’étude a été réalisée en GB, en Allemagne ou en Hongrie, observation qui a laissé les auteurs de l’étude sous la direction du Docteur Woodcock plutôt perplexes. Et la situation s’est trouvée encore plus compliquée puisque les néonicotinoïdes ont paradoxalement un effet bénéfique sur la vitalité des butineurs sauvages solitaires ou sociaux comme le bourdon commun (Bombus terrestris) ou l’osmie rousse (Osmia bicornis, illustration). L’étude a été menée sur des ruches situées près de champs de colza dont les graines avaient été enrobées avec un cocktail de pesticides pour être plus aisément semées avec des machines comme c’est maintenant un pratique courante pour les grandes cultures. Aucun néonicotinoïde n’a été utilisé directement sur les cultures avant ou durant la floraison.

Il ressort de cette étude que les quantités de néonicotinoïdes présents dans le pollen apparaissent trop faibles pour présenter un effet délétères sur les abeilles. Je rappelle à mes lecteurs que cette classe d’insecticides est systémique, en d’autres termes les doses relativement faibles présentes dans l’enrobage des graines migrent dans toutes les parties de la plante en cours de croissance et sont dès lors diluées, si on peut dire les choses ainsi, n’en déplaise aux pourfendeurs des insecticides de ce type dont les doses utilisées dépassent rarement une vingtaine de grammes par hectare.

L’étude réalisée au Canada a clairement montré que les abeilles n’étaient pas exposées aux néonicotinoïdes lors du butinage mais plutôt lors des semis, dans ce cas de soja dont les graines étaient également enrobées. Cette observation remet en cause toutes les observations et études réalisées auparavant : c’est la poussière dégagée par les machines semeuses qui est toxique pour les abeilles et non pas le pollen lui-même qui n’a qu’un effet mineur avec encore une fois une grande variabilité des résultats et des quantités de matière active encore une fois trop faibles pour pouvoir présenter un effet notoire sur la vitalité des ruchers. Cependant les divers scientifiques qui ont participé à ces études restent tout de même prudents car malheureusement aucune étude n’a jamais été réalisée avec des doses infinitésimales de néonicotinoïdes du même ordre de grandeur que celles rencontrés dans le pollen. Il est donc déplorable d’agiter un drapeau noir ou rouge – à vous de choisir la couleur – comme le font les écologistes politisés et fondamentalistes puisqu’il n’y a toujours pas de preuves tangibles de la réelle toxicité des néonicotinoïdes quand ceux-ci sont utilisés dans les règles de l’art.

J’ai eu pour ma part plusieurs échanges de courriers électroniques avec le Docteur Woodcock qui a eu l’honnêteté de me déclarer ceci (je cite) :

« Je pense que les produits systémiques sont la voie à adopter, j’aime la nature ciblée de leur utilisation. La question que je vois actuellement est de trouver des approches atténuantes pour les utiliser efficacement. Au Royaume-Uni ils pourraient être appliqués de manière prophylactique à chaque culture : la clothanidine pour les céréales et le tandem clothianidine/thiaméthoxane pour le colza compte tenu des résultats actuels qui ne sont pas fiables. Les effets sur les abeilles sont très subtils et je soupçonne que les populations robustes d’abeilles soutenues par la création d’un meilleur habitat à proximité des grandes cultures, leur procurant un environnement de meilleure qualité pourrait parfaitement compenser l’impact de ces pesticides. Malheureusement ce n’est pas ainsi que la réglementation fonctionne car elle ne tient pas compte du passage par l’agriculteur d’une matière active à une autre, seul est pris en considération l’impact du pesticide. Je suis désolé pour beaucoup d’agriculteurs qui ne bénéficient pas directement des insectes pollinisateurs (cas du blé par exemple) qui pâtiront d’une régulation sur ces néonicotinoïdes qui pourrait porter préjudice à leur situation financière pour simplement satisfaire un désir sociétal non justifié de préservation quel qu’en soit le coût des insectes pollinisateurs dont les abeilles en particulier« .

Le commentaire du Docteur Woodcock a le mérite d’être clair, je laisse à mes lecteurs le soin d’en juger par eux-mêmes …

Sources : Science, 356, 1393-1395 (2017) du 30 juil 2017 doi : 10.1126/science.aaa1190 et Science, 356, 1395-1397 (2017) du 30 juin 2017 doi : 10.1126/science.aaa7470 Illustration couple d’osmies (Wikipedia)

Le Roundup revient sur le devant de la scène européenne

Capture d’écran 2017-03-22 à 12.31.07.png

Depuis 1974, année mémorable pour la firme Monsanto qui commercialisa pour la première fois le glyphosate sous le nom de Roundup, combien y a-t-il eu de morts prouvées comme étant la conséquence directe de cet herbicide alors que des centaines de millions de personnes ont utilisé ce produit ?

Au début des années 1990 une Australienne s’est suicidée en avalant une bonne louche de cet herbicide, c’est tout ! Après autopsie réalisée à la demande de Monsanto (bien que ce fait n’ait jamais été officiellement reconnu) il fut prouvé sans contestation possible qu’elle était morte en raison d’un oedème pulmonaire fulgurant dont la cause était la formulation contenant des tensioactifs puissants et non pas la matière active elle-même du Roundup. Avalez une louche de liquide pour vaisselle les conséquences seront identiques : vous mourrez d’un oedème pulmonaire. Toutes les études consistant à rechercher la toxicité ou la carcinogénicité du glyphosate ont été réalisées avec la matière active et non la formulation de ce produit : elles sont donc toutes sans valeur. Pour un chimiste ou un biochimiste qui connait son métier il est impossible que la molécule de glyphosate puisse interférer avec l’ADN d’une quelconque manière que ce soit et provoquer l’apparition de cancers. C’est pourtant ce que l’organisme onusien IARC (Centre International de Recherche sur le Cancer) a déclaré il y a maintenant deux années en classant le glyphosate parmi les carcinogènes potentiels, un qualificatif obscur qui a relancé la controverse sur cet herbicide utilisé dans le monde entier en raison de son efficacité et de son coût modéré depuis plus de 40 ans.

L’Echa – agence européenne des produits chimiques – vient de conclure (15 mars 2017) que le glyphosate ne présentait aucun effet carcinogène dans la foulée des recommandations de l’EFSA (Agence Européenne pour la Sécurité Alimentaire) qui allaient dans le même sens. Comme on pouvait s’y attendre l’ONG multinationale et tentaculaire Greenpeace n’a pas attendu pour monter au créneau et bombarder du haut de sa superbe les experts tant de l’Echa que de l’EFSA en considérant que les conclusions de ces organismes étaient sans valeur, arguant du fait que ces experts travaillaient pour le compte de Monsanto ou avait été payés au moins quelques mois durant leur carrière par cette firme.

Il faut dire que Greenpeace excelle dans la stratégie du mélange des genres pour mieux entretenir la confusion. Le raisonnement de cet organisme qui oeuvre pour semer la terreur est le suivant : puisque Monsanto a mis au point des plantes génétiquement modifiées pour résister au glyphosate, le glyphosate est donc dangereux comme les plantes transgéniques le sont ou sont supposées l’être. En effet, la bête noire de Greenpeace est la firme Monsanto et tous les moyens – y compris les plus fallacieux – sont bons pour ternir la réputation de cette firme. À la suite des conclusions de l’Echa l’Agence Européenne pour la Protection des Cultures (ECPA) a déclaré qu’enfin la science prévalait sur les décisions politiques largement inspirées des conclusions erronées de Greenpeace et des fonctionnaires de l’IARC.

Puisque ce billet mentionne Monsanto, le leader mondial des plantes vivrières de grande culture génétiquement modifiées, la situation est identique à celle du Roundup. Depuis maintenant 40 ans que les êtres humains et les animaux consomment ou utilisent des plantes transgéniques et leurs produits dérivés, je pense au soja, au maïs et au coton, combien de personnes (ou d’animaux) se sont retrouvés indisposés ou malades après avoir consommé ces produits ? Combien de cas de relation directe de cause à effet ont été dûment répertoriés et étudiés ? Si j’ai mentionné le coton il ne faut pas oublier que la plupart des huiles végétales utilisées en cuisine contiennent des quantités non négligeables d’huile de graines de coton. Quant à la lécithine de soja transgénique elle se retrouve dans toutes les sauces et mayonnaises industrielles dans le monde entier …

Mais revenons au glyphosate. Pour l’anecdote, je me souviens avoir eu une discussion haletante avec des « formulateurs », ces spécialistes de la mise au point de formules permettant à une molécule chimique de pénétrer dans une plante, un insecte ou un champignon phytopathogène. Les formules mises au point par les firmes agrochimiques sont tenues secrètes. Elle ne sont protégées par aucun brevet car il s’agit d’un savoir-faire industriel. Personne ne connait la composition exacte des formulations qui contiennent parfois jusqu’à dix produits différents ! J’avais demandé à un formulateur si telle molécule dont j’avais mis en évidence la présence dans un champignon phytopathogène provenant de la dégradation d’un fongicide pouvait elle-même être considérée comme un fongicide potentiel. À la simple vue de la molécule il me répondit tout simplement « certainement pas, il faut la formuler « . Je découvris ainsi l’aspect parfois empirique de cette discipline particulière de l’agrochimie.

Greenpeace ne veut pas en rester là et a organisé une pétition citoyenne à l’échelle européenne pour que, forte d’un million de signatures, cette ONG puisse officiellement infléchir la Commission Européenne afin qu’elle ne revienne pas sur l’interdiction de l’utilisation du glyphosate et qu’elle entérine une autre décision beaucoup plus inquiétante pour le monde agricole, la réduction de l’usage des pesticides quels qu’ils soient à l’échelle européenne et à terme l’interdiction totale de leur utilisation. Autant dire que les agriculteurs qui se trouvent tous dans une situation économique précaire apprécieront les errements idéologiques infondés de cette ONG dont le rôle consiste uniquement à répandre la terreur, une terreur totalement infondée …

Source partielle : The Guardian

Vers une « séralinisation » de la Commission Européenne ?

Capture d’écran 2016-05-17 à 11.59.57.png

Au menu de l’ordre du jour de la Commission Européenne cette fin de semaine, la reconduction de l’autorisation du glyphosate ou son interdiction en Europe … Les organisations non gouvernementales qui se sont donné pour objectif d’orienter idéologiquement les instances décisionnelles européennes se frottent les mains d’avance : enfin une agriculture propre sans cet horrible pesticide de la non moins horrible société Monsanto qui provoque(rait) des cancers.

Il y a deux problèmes dans cette affaire qui pourrait ruiner une partie de l’agriculture. D’une part l’allégation de l’OMS via le Centre International de Recherche sur le Cancer (IARC) de considérer le glyphosate comme cancérigène est fausse car il n’y a jamais eu d’évidence depuis près de 30 ans que le glyphosate provoquait des cancers en particulier chez les personnels exposés directement à ce produit et à sa formulation. L’affirmation de l’IARC est tout simplement fantaisiste.

L’autre problème est beaucoup plus préoccupant ! Une étude très sérieuse menée indépendamment de la firme Monsanto par des agronomes de l’Université du Kansas et supervisée par les Départements de l’Agriculture tant du Canada que des USA a évalué le coût de l’interdiction des désherbants en général et du glyphosate en particulier puisque c’est le pesticides le moins coûteux et le plus efficace pour contrôler les mauvaises herbes dites adventices dans les cultures.

Malgré le fait que les améliorations génétiques des plantes de grande culture ont permis d’obtenir des rendements très améliorés en l’espace de moins de 50 ans, les « mauvaises herbes » constituent toujours un problème majeur pour les agriculteurs.

L’étude s’est intéressée au maïs et au soja, deux grandes cultures importantes économiquement pour le Canada et les USA. Des essais en plein champ ont été réalisés durant 5 années sur des parcelles traitées ou non avant les semis par du glyphosate. Les semences utilisées étaient des variétés résistantes ou non au glyphosate. Les résultats obtenus sont indubitables. Pour le maïs, la chute de rendement observée est de 52 % et pour le soja elle est de 49,5 % sans « désherbage » systématique préalable.

Naturellement et comme on peut s’y attendre les écologistes ultra-politisés réfuteront cette étude puisque le rendement maximal obtenu est celui de sojas et de maïs résistants au glyphosate semés sur des champs traités avec cet herbicide au moment des semis. Néanmoins, il faut se rendre à l’évidence et se mettre à la place de l’agriculteur nord-américain. Si on lui interdit l’utilisation d’un désherbant il mettra tout simplement la clé sous le paillasson, les pertes potentielles ayant été estimées seulement pour le Canada et les USA à 43 milliards de dollars par an.

Les agriculteurs européens ne sont pas autorisés à cultiver des maïs hybrides F1 résistants au glyphosate mais ils utilisent cet herbicide pour préparer les champs dans une certaine limite qui ne détruit malheureusement pas tous les adventices. Les rendements des cultures de maïs en Europe sont de l’ordre de 30 % inférieurs à ceux obtenus couramment en Amérique du Nord dans des conditions optimales. Sans désherbant la seule alternative est de herser les champs à plusieurs reprises avant les semis (qui doivent être retardés) dans le but de détruire les adventices, une opération coûteuse en temps, en carburant et en matériel. La WSSA (Weed Science Society of America, société pour la science des adventices) insiste sur le fait que le désherbage mécanique est un pis-aller économique et environnemental.

Si la Commission Européenne interdit le glyphosate, elle signera l’arrêt de mort d’un des rares secteurs agricoles européens encore rentables, celui des céréaliers. Mais pas seulement car les adventices sont aussi un facteur loin d’être négligeable pour les rendements d’autres cultures comme les pois, les betteraves ou encore les fruits et légumes et les pommes de terre. Les agriculteurs européens et en particulier français doivent s’attendre à une décision calamiteuse de ces technocrates au service de la cause écologiste.

Source : http://wssa.net/wssa/weed/croploss/ Illustration : Kansas State University

Le glyphosate revient à la une des médias … pour la mauvaise cause.

L’intoxication médiatique bat son plein. L’IARC (Centre International de Recherche sur le Cancer), une émanation onusienne coûteuse et inutile située à Lyon avait déclaré le RoundUp probablement cancérigène à la suite d’une compilation d’articles relatifs aux effets de cet herbicide sur la santé des travailleurs de la terre nourricière. Comme je l’ai déjà mentionné dans ce blog, j’ai une opinion personnelle désastreuse au sujet de la qualité des travaux de ce « machin » onusien peuplé de fonctionnaires tous aussi obtus et inefficaces les uns que les autres et loin d’être des scientifiques de haut niveau. Quand on grenouille dans ce genre d’endroit il faut trouver des idées percutantes pour l’opinion publique et le RoundUp (Monsanto) constituait l’opportunité à saisir.

L’information a fait le tour de la planète et maintenant c’est chose faite, dans son édition en ligne du 22 avril 2016, le Guardian déclare que le glyphosate est carcinogène (voir le lien) et donc le « probablement » a disparu … La Commission Européenne a mandaté des spécialistes qui ont déclaré qu’il n’y avait aucune évidence pour que l’IARC classe le glyphosate parmi les « probables » carcinogènes et le fait qu’elle considère que cet herbicide ne présente aucun danger pour la santé humaine et animale ne nécessitait pas son interdiction de mise sur le marché ni de moratoire ce hérissé d’horreur le parti vert du parlement européen, une institution constituée de politiciens grassement payés avec les impôts des contribuables européens et qui sont notoirement absentéistes et totalement inutiles.

Seulement voilà, le parti vert est puissamment implanté dans ce parlement et il a le champ libre pour colporter de fausses informations, organiser des pétitions et influer sur les décisions de la Commission. Comme le Guardian ne cache pas ses sympathies pour les verts en général et pour « Paix Verte » en particulier il était du devoir de ce journal de relater tendancieusement les faits en oubliant que les dizaines de milliers d’études scientifiques sérieuses réalisées sur le glyphosate n’ont jamais pu mettre en évidence un quelconque effet sur la santé. Le glyphosate est maintenant considéré comme une substance toxique pour la santé publique et l’environnement. On assiste donc à une dérive de vocabulaire uniquement motivée par des positions idéologiques telles celles d’un Séralini qui mélangea les genres : il faut choisir entre la vraie science et l’activisme idéologique, surtout quand on est un politicien supposé au service de ses concitoyens … Mais on a encore le droit de rêver !

http://www.theguardian.com/environment/2016/apr/22/european-commission-glyphosate-weedkiller-leaked-proposal