Le sofosbuvir vous connaissez ?

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Ca coûte 500 euros la pilule en Europe, mais c’est vrai ! A regarder la formule de ce produit il faut constater que les chimistes n’ont pas pondu un truc aussi compliqué sans idée derrière la tête. Il a fallu plusieurs années, l’histoire ne le dit pas, de recherches ultra-sophistiquées pour arriver à imaginer une telle molécule afin qu’elle inhibe spécifiquement l’ARN polymérase du virus de l’hépatite C. Il a été nécessaire d’étudier cet enzyme puis de faire toutes sortes de modélisations à l’aide d’ordinateurs super-puissants pour en arriver à cette molécule particulièrement complexe imaginée par des chimistes créatifs qui arrive à bout du virus en quelques semaines. Les laboratoires Gilead s’en mettent déjà plein les poches et ils ont raison, ce succès commercial promis couronne en quelque sorte celui de leurs travaux de recherche. Donc, rien à dire sauf que la dite pilule est vendue 1000 dollars aux USA, 500 euros en Europe et … en Egypte ou en Inde elle ne coûte que dix dollars. Selon les laboratoires Gilead qui exploitent une licence de Pharmasset ce prix exorbitant est parfaitement justifié, point barre.

D’après les analystes financiers Gilead va faire tellement de bénéfice avec ce produit que la totalité des capitaux engagés pour la R&D et les certifications du produit vont être amortis en moins d’une année alors qu’il ne sont toujours qu’en phase trois d’évaluation. Il est vrai qu’au prix unitaire de 1000 dollars la pilule qu’il faut quotidiennement avaler pendant au moins six semaines, faites le calcul … Rien qu’aux USA où il y a trois millions de personnes chroniquement affectées par l’hépatite C on arrive au résultat extravagant de 120 milliards de dollars. Divisons pas deux pour l’Europe, il y a en gros le même nombre de personnes qui souffrent d’hépatite C et à 500 euros la pilule avec le même protocole on arrive encore à 40 milliards d’euros. En plus le virus constitue une sorte de rente de situation pour Gilead puisqu’il s’agit d’une maladie assez aisément transmissible par le sang, ne parlons pas des piqûres des camés, mais d’un simple rapport sexuel un peu turbulent ou d’un baiser gourmand un peu appuyé.

Or ce produit n’en est encore qu’en phase trois des essais cliniques et on est en droit de se demander s’il n’y a pas un vice de fonctionnement au niveau des autorités de certification tant aux USA qu’en Europe. Il est vrai que l’hépatite C est un véritable cauchemar pour le corps médical qui ne disposait jusqu’au Sofosbuvir que d’interféron avec tous les effets secondaires insupportables pour les patients.

Pour le Japon la situation est encore plus critique car les manigances de Gilead dans ce pays sont du pain béni. Le Japon est le pays de l’OCDE où l’incidence de cas d’hépatite C est la plus élevée et compte tenu du penchant compulsif des médecins japonais pour prescrire tout et n’importe quoi, on comprend que le marché du Sofosbuvir alias Sovaldi y est particulièrement prometteur. Pour autant, selon les déclarations réitérées de la direction autorisée de Gilead, le coût d’une pilule de Sovaldi revient, sortie d’usine, à environ 130 dollars aux USA alors pourquoi seulement 10 dollars en Inde, qu’on souffre d’hépatite C ou non on peut se poser la question.

Décidément les compagnies pharmaceutiques en particulier américaines ne reculent devant rien et leur arrogance a atteint les limites du supportable dans le seul but d’amortir au plus vite les investissements de R&D et pour ce produit qui n’en est encore qu’en phase trois d’évaluation. C’est à se demander si les principes basiques de l’éthique sont encore respectées dans ce secteur industriel, on peut en douter …

Sources : Forbes et http://www.gilead.com

De sérieux doutes pour un traitement définitif du cancer

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« Le cancer est aussi vieux que l’existence des organismes multicellulaires apparus sur la Terre et il ne sera jamais éradiqué ». C’est ce qu’a déclaré de manière lapidaire le Professeur Thomas Bosch de l’Université de Kiel en Allemagne. Autant dire que ce n’est pas rassurant du tout. Malgré les immenses progrès réalisés à l’aide des outils modernes de la génétique moléculaire qui ont permis d’identifier les gènes impliqués directement dans l’apparition de nombreux cancers et les avancées thérapeutiques conséquentes tant en chimiothérapie qu’en immunologie ciblée, il faut se rendre à l’évidence et c’est difficile à admettre, on n’arrivera probablement jamais à bout de cette maladie qui atteint des dizaines de millions de personnes dans le monde chaque année. Et quand ce sont des biologistes spécialisés depuis de nombreuses années dans la recherche sur le cancer qui font ce genre de déclarations il y a de bonnes raisons de les croire. Si on classe à part les tumeurs d’origine virale comme le cancer du col de l’utérus, la plupart des cancers sont liés à un dysfonctionnement d’un ou plusieurs gènes. On a tous encore en mémoire l’ablation volontaire des deux glandes mammaires d’Angelina Jolie (ci-dessus dans le film l’Echange) parce qu’elle est porteuse de mutations sur les gènes BRCA 1 et 2 afin d’éviter justement de souffrir de cancers du sein. La génétique moderne a en effet identifiée le rôle de ces gènes qui codent pour des protéines dites suppresseurs de tumeurs. Bien que ne se trouvant pas sur le chromosome X – les gènes BRCA 1 et 2 sont respectivement localisés sur les chromosomes 17 et 13 – ils participent à un mécanisme complexe qui inactive l’un des deux chromosomes X de la femelle et donc chez la femme dans le cas des humains. Tant pis pour les adeptes de la théorie du genre mais la femme et l’homme sont différents génétiquement, c’est comme ça.

Bref, toute cette entrée en matière pour dire que de nombreux cancers sont d’origine génétique et cette situation ne date pas d’aujourd’hui.

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L’équipe du Professeur Bosch a en effet découvert que les gènes impliqués chez l’homme dans l’apparition de cancers sont déjà présents dans des organismes multicellulaires primitifs comme l’hydre d’eau douce, un polype archaïque commun apparenté aux coraux bien connu des zoologistes. C’est un animal très ancien, bien que doté d’un système nerveux rudimentaire, dont le tissu est constitué de cellules épidermiques isolant les cellules internes qui ont une fonction digestive dans le corps tubulaire surmonté de tentacules munies de dards urticants pour attraper des proies. Le génome de l’hydre a été partiellement élucidé en 2010 (voir le lien, open access) et il a créé de nombreuses surprises. D’abord il code pour 20000 protéines différents ce qui n’est pas négligeable pour un organisme aussi simple. Bien que l’hydre soit très éloignée des vertébrés et a fortiori de l’homme, le fait que cette créature primitive (je me répète) soit capable de se multiplier par bourgeonnement et d’être donc quasiment immortelle, bien que pouvant également se reproduire de manière sexuée fait qu’elle possède aussi des cellules souches ne serait-ce que pour produire des gamètes lors de cette reproduction sexuée. L’équipe du Professeur Bosch a découvert que l’hydre développait aussi des tumeurs et les cellules de ces tumeurs sont toutes du type des cellules germinales précurseurs des gamètes femelles (les ovules) et qu’elles ressemblent étrangement aux cancers des ovaires chez la femme.

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Le fait que l’architecture de l’hydre soit très simple – deux couches de cellules – a permis de mettre facilement en évidence le caractère invasif de ces cellules cancéreuses comme c’est le cas pour de nombreuses cellules cancéreuses chez l’homme. Cette propriété invasive ainsi que l’apparition de la malignité sont donc le résultat d’une très ancienne évolution et c’est là tout l’intérêt des résultats de ces travaux car rechercher les causes des cancers dès l’origine de l’évolution animale permettra peut-être d’y voir plus clair sans que l’on puisse pour autant affirmer qu’on arrivera un jour à maîtriser ce mal. Il reste néanmoins que 44 gènes de l’hydre exprimés dans les tumeurs présentent des analogies avec les gènes exprimés dans les cellules malignes humaines.

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Le résultat illustré par la figure (tirée de l’article de Nature, voir le DOI) provient de l’analyse des principaux composants (PC) du transcriptome, c’est-à-dire des ARN messagers (transcripts) présents dans les cellules tumorales permettant ainsi d’identifier les gènes exprimés après leur séquençage à l’aide de machines automatiques. On aboutit ainsi à ce que l’on appelle une « signature » spécifique de la tumeur mais ce résultat apparemment simple a représenté tout de même l’analyse de 690540 séquences dont la contiguïté a été précisée pour 31473 d’entre elles. Il y a une divergence claire entre les transcripts de la tumeur et leurs homologues asexué (hydre normale) ou femelle car ils sont différents également de ces derniers y compris des femelles produisant des gamètes.

Ce travail montre ainsi clairement que les causes de cancer semblent universellement résider dans une dérégulation de l’expression des gènes au niveau des facteurs de transcription. Or quand on sait que le génome humain code pour 2500 facteurs de transcription différents (voir le lien sur ce blog), soit 5 % de l’ensemble de nos gènes transcrits et traduits, il est facile de comprendre que la lutte contre le cancer a encore de beaux jours devant elle …

Sources : Nature ( DOI: 10.1038/ncomms5222) et Christian-Albrechts-Universität zu Kiel press release

http://www.nature.com/nature/journal/v464/n7288/full/nature08830.mlLien sur ce blog : https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/03/28/un-genome-400-sortes-de-cellules-comment-ca-marche/

Sécurité sociale : le trou va s’agrandir

 

On (les médias) a tendance a trop rapidement oublier que le système de santé français, parait-il l’un des meilleurs du monde, a conduit pour son financement pharaonique à instaurer une flat-tax de près de 10 % sur tous les revenus, la CSG + CRDS, l’ensemble de la population active étant assujettie à cet impôt et ce n’est pourtant pas suffisant. Il faudra encore imaginer d’autres taxes et d’autres impôts pour combler ce puits sans fond qui ne cesse de s’agrandir en largeur et en profondeur. Comme si la situation n’était pas alarmante, le gouvernement actuel qui n’en est pas à une mesure démagogique près, a supprimé pour les congés de maladie (justifiés ou non) l’unique jour de carence pour les employés de l’Etat alors qu’il y a trois jours de carence dans le secteur privé et la Miss Touraine vient de supprimer le tiers payant. Parfait ! Tout va très bien. Pourquoi ne pas rembourser aussi les crèmes solaires, il y aura moins de mélanomes et la sécurité sociale ne s’en portera que mieux ! Donc maintenant tous les Français sont céémusés, c’est amusant mais pas pour leurs impôts parce qu’ils vont encore augmenter pour financer ces mesures débiles qui ont pour but d’annihiler le peu de responsabilité qui restait aux assurés sociaux. On va donc se trouver devant un dilemme sans solution, le trou déjà gigantesque de la sécurité sociale ne pourra que s’agrandir car tous les Français vont en profiter pour consulter par confort plutôt que par nécessité et se faire prescrire des médicaments le plus souvent coûteux et inutiles sans oublier les congés de maladies pour convenance personnelle.

Or le déficit de la sécurité sociale s’ajoute mécaniquement à la dette car il faut bien que l’Etat finance d’une manière ou d’une autre cette institution monstrueuse, anonyme et dérégulée, qui est le fruit des élucubrations idéologiques du gouvernement de Vichy largement dominé par les communistes puis reprises par le CNR en 1946. Depuis, la situation n’a fait qu’empirer et aujourd’hui le système, pourtant au bord de l’asphyxie, doit encore voir se dégrader son état financier avec des mesures totalement inappropriées de la Miss Touraine qui déresponsabilisent encore et toujours les citoyens contribuables.

« Est-il donc si difficile de laisser les hommes essayer, tâtonner, choisir, se tromper, se rectifier, apprendre, se concerter, gouverner leurs propriétés et leurs intérêts, agir pour eux-mêmes, à leurs périls et risques, sous leur propre responsabilité ; et ne voit-on pas que c’est ce qui les fait hommes ? Partira-t-on toujours de cette fatale hypothèse, que tous les gouvernants sont des tuteurs et tous les gouvernés des pupilles ? ».

Extrait de Harmonies économiques, Des Salaires, Frédéric Bastiat, 1850

Et si l’air conditionné contribuait à l’obésité ?

 

Notre organisme possède deux types de réserves d’énergie, le glycogène qu’on trouve dans le foie et les muscles, c’est un polymère de glucose qui se forme quand le taux de glucose dans le sang dépasse un certain seuil et ce processus est commandé par l’insuline, quand tout se passe bien, et le même processus a lieu dans les muscles. Il y a un autre système de stockage de l’énergie qui est constitué par la graisse dite brune ou encore « bonne » graisse. D’abord cette graisse est particulière parce qu’elle se trouve dans des cellules adipeuses le plus souvent associées au système musculaire et elle est brune parce que ces cellules censées fournir de l’énergie à la demande sont très riches en mitochondries dont la couleur est effectivement brune car elles contiennent des pigments contenant du fer. Les mitochondries sont les centrales énergétiques de toutes les cellules et quand il y a une demande soudaine en énergie, par exemple un effort musculaire, elles brûlent littéralement les graisses avec un équipement enzymatique particulièrement efficace pour quasiment inonder le tissu annexe avec de l’ATP (adénosine triphosphate), l’unité d’énergie de l’organisme. Pour que tout fonctionne bien la graisse se trouve sous forme de très fines gouttelettes dans ces cellules pour qu’elle soit justement rapidement disponible. C’est tout le contraire avec la graisse blanche qui a envahi la cellule et bloqué la vascularisation des tissus adipeux, les « mauvais » tissus adipeux, alors que la graisse brune est richement irriguée de fins vaisseaux pour transporter l’énergie le plus rapidement possible et recevoir également l’oxygène tout aussi rapidement. De surcroit la graisse « blanche » se présente sous forme de gros amas inaccessibles contrairement à la graisse brune.

La graisse brune joue un autre rôle essentiel qui est le maintien de la température du corps en brûlant encore une fois des graisses, cette fois sans produire d’énergie mais au contraire de la chaleur. Pour terminer cette petite entrée en matière déjà passablement compliquée, il faut rappeler que les graisses qui sont stockées dans les tissus adipeux bruns (ou blancs) sont fabriquées à partir des sucres, du glucose et du fructose, et non pas comme on a tendance à le croire à tort à partir des graisses que l’on ingère car ces dernières sont dégradées dans le foie pour également fournir de l’énergie par un autre système.

Donc, la température du corps est régulée par les tissus adipeux bruns et on peut facilement visualiser ces derniers en imagerie par émission de positrons en injectant dans le sang un analogue du glucose, le désoxyglucose marqué avec du fluor radioactif ( F18). J’en ai déjà parlé dans un billet mais ce marqueur est un outil de choix pour visualiser les tissus adipeux bruns ou plus généralement la graisse brune. Ce fluor radioactif a une demi-vie d’un peu plus de 100 minutes, de quoi réaliser un examen radiologique mais il faut également qu’on puisse le produire sur place en bombardant dans un cyclotron de l’eau enrichie en isotope 18 de l’oxygène qui capte un proton, plus prosaïquement un noyau d’hydrogène, pour former ce fluor 18. Il faut ensuite vite synthétiser le désoxyglucose marqué, c’est maintenant réalisé avec un robot, et aller tout aussi vite dans le service de radiologie de l’hôpital le plus proche. Le fluor 18, quand il revient à sa destination initiale, émet deux positrons simultanément qui partent dans deux directions opposés et il reforme alors de l’oxygène 18, l’autre isotope stable de l’oxygène. Le tomographe détecte donc seulement les positrons deux par deux émis en coïncidence et un traitement informatique adéquat permet de réaliser une image de l’endroit où le désoxyglucose marqué est allé préférentiellement s’accumuler puisque les tissus croient qu’il s’agit de glucose. Et les tissus adipeux bruns font partie de ceux-la car leur métabolisme est très actif comme d’ailleurs celui des tumeurs, cette technique d’imagerie est pour ces raisons largement utilisée pour localiser ces dernières.

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Comme on peut le constater sur cette image le désoxyglucose-F18 se retrouve naturellement dans le foie, on s’y attendait, mais aussi dans les tissus adipeux bruns qui se trouvent à l’intérieur du corps et non pas à l’extérieur comme les tissus adipeux blancs devenus inutiles pour l’organisme et n’ayant plus d’autre fonction que de dégrader la silhouette des personnes obèses ou en surpoids. Dans ce cliché la réponse rénale est élevée car d’une part le rein est « colonisé » par de la graisse brune.

Mais revenons à la régulation de la température du corps. Il existe une température extérieure, vingt quatre degrés précisément, qui correspond au minimum de dépense énergétique de l’organisme pour spécialement maintenir sa propre température à 37 degrés, pour nous humains. En deçà l’organisme dépense de l’énergie pour se chauffer, au delà il dépense de l’énergie pour se refroidir car plus il fait chaud plus l’échange de température entre le corps et l’air ambiant est difficile, c’est un principe thermodynamique fondamental qui veut que la chaleur va toujours du corps chaud vers le corps froid. Pour étudier dans le détail ce qui se passe au niveau des tissus adipeux bruns au cours de la régulation thermique du corps il n’y a pas d’autre solution que de soumettre des volontaires à diverses températures ambiantes et d’observer par tous les moyens dont dispose un biologiste quelles sont les modifications du métabolisme, d’une part, et donc des tissus adipeux bruns, d’autre part, justement par tomographie d’émission de positrons. C’est ce qui a été entrepris au National Institute of Health à Bethesda près de Washington dans le cadre d’un programme d’étude des effets de l’exposition chronique de l’organisme au froid et ses conséquences sur le développement éventuel du diabète puisque tout est en définitive une histoire de glucose.

Les résultats obtenus sont contre-intuitifs comme on va le voir plus loin en ce qui concerne le tissu adipeux brun. Cinq volontaires en bonne santé ont accepté de se soumettre pendant plusieurs mois à un test, contre une substantielle rémunération puisqu’ils étaient isolés dans ce qu’on appelle une chambre métabolique qui permet d’effectuer toutes sortes de mesures durant les dix heures au cours desquelles ils n’exerçaient pas leur activité professionnelle, c’est-à-dire la nuit. Une chambre métabolique permet de mesurer la chaleur dégagée par le corps, l’oxygène consommé et le gaz carbonique et l’eau rejetés par la respiration, etc. Le premier mois ils se reposaient et dormaient dans une pièce à la température de 24 degrés, celle dont j’ai parlé plus haut, le mois suivant ils dormaient à une température ambiante de 19 degrés, retour à 24 degrés le mois suivant pour revenir à une sorte de condition de contrôle et enfin le dernier mois à 27 degrés. Chaque fin de mois une série de paramètres impressionnante était scrupuleusement analysée et les volontaires étaient soumis à une tomographie par émission de positrons pour se faire une idée de l’évolution de leur tissu adipeux brun. Le protocole à chaque fin de mois était donc le suivant :

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Lors du mois passé, la nuit, à 19 degrés, on aurait pu s’attendre intuitivement à une diminution significative du tissu adipeux brun puisque l’organisme dépense de l’énergie pour maintenir sa température à 37 degrés. Pas du tout ! Comme le montrent clairement les imageries par émission de positrons, c’est tout le contraire qui se passe.

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L’organisme dépense moins d’énergie pour se réchauffer  et plus d’énergie pour se refroidir et le tissu adipeux régresse après trente nuits passées à dormir à 27 degrés suivant le mois de référence à 24 degrés où il était revenu à la normale. Ce résultat est totalement contre-intuitif et il a été vérifié avec une série de paramètres sanguins dont une plus grande sensibilité à l’insuline et aux hormones thyroïdiennes. Ce résultat suggère que les personnes qui se trouvent dans des conditions de vie leur permettant d’accumuler plus de graisses brunes ont besoin de moins d’insuline que leurs contreparties ayant moins de graisses brunes pour réguler le taux de glucose sanguin. L’une des conclusions suggérées par cette étude est que l’utilisation forcenée de l’air conditionné aurait des effets dévastateurs sur le métabolisme des graisses car lorsque les tissus adipeux bruns sont saturés l’organisme choisirait alors de stocker ses surplus de graisses dans les tissus adipeux blancs, ceux qui causent le surpoids et l’obésité et par voie de conséquence l’apparition de diabète. Et il s’agit pourtant d’une différence discrète de seulement 3 degrés ! En conclusion, à côté d’une mauvaise alimentation, trop riche en sucres, et d’un manque d’exercices physiques réguliers, s’abstenir de mettre l’air conditionné la nuit quand il fait chaud ne peut avoir que des effets bénéfiques sur la santé. On peut tout de même encore dormir confortablement quand la température atteint 27 degrés dans sa chambre surtout si c’est pour éviter de devenir obèse et diabétique, un bon ventilateur est beaucoup plus sain … Reste une question en suspens, se chauffer à 27 degrés, au moins la nuit, en plein hiver est-il vraiment écolo-compatible ? Peut-être que la santé est plus importante que le climat !

Source : American Diabetes Association

Pour les curieux : DOI: 10.2337/db14-0513 et« supplementary data », l’accès à l’article lui-même est payant. Illustrations tirés de Wikipedia et de cet article.

L’AFP dévoile enfin son idéologie

 

Je livre brute de parution cette dépêche de l’AFP à mes lecteurs. Si ensuite certains prétendent que l’AFP n’est pas l’organe de presse dédié des ONG anti-nucléaire, anti-CO2 et anti-tutti quanti il y a de sérieuses questions à se poser quant à l’impartialité de cette agence qui est un ramassis de gauchistes à la solde de Greenpeace et consorts.

Les voitures électriques de Bolloré et la Zoé de Renault pas écologiques

Lyon – Le Jury de déontologie publicitaire (JDP) a estimé jeudi que les véhicules électriques d’autopartage Bluely à Lyon et Autolib à Paris, tout comme la Zoé de Renault, ne peuvent se prétendre du qualificatif écologique dans leurs publicités. En avril, ce jury avait déjà épinglé pour les mêmes raisons la Bluecub, la voiture électrique d’autopartage de Bordeaux, appartenant comme Bluely et Autolib au groupe Bolloré. Dans une décision rendue publique jeudi, le JDP, instance liée à l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), constate que les publicités pour Bluely et Autolib font état du caractère « écologique » du service promu sans le moindre élément de relativisation ou de comparaison. Or, poursuit la décision, l’utilisation de ce service induit nécessairement certains effets négatifs sur l’environnement, notamment les pièces d’usure des véhicules utilisés et l’électricité nécessaire à leur rechargement, dont il n’est pas établi qu’elle serait intégralement issue de sources renouvelables. A l’appui de ce jugement, le jury cite une résolution développement durable de l’ARPP, stipulant que dans le cas où il serait impossible de justifier des formulations globales (comme écologique – ndlr), la publicité doit les relativiser en utilisant des formulations telles que « contribue à ». C’est pour non respect de cette résolution que le jury a également ciblé une publicité pour la Zoé de Renault, qui affirmait pour lutter contre la pollution, roulez en voiture, à la suite d’une plainte de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT). L’association Observatoire du nucléaire qui, de son côté, avait saisi le JDP concernant Bluely et Autolib, comme pour la Bluecub, a salué ces décisions dans un communiqué. L’ONG anti-nucléaire avait notamment mis en avant le fait que l’électricité utilisée pour le rechargement des batteries sur le réseau est à 75% d’origine nucléaire, et l’importation, pour ces batteries, de lithium de pays d’Amérique du sud dont l’environnement est gravement pollué. Certes, la voiture électrique ne pollue pas au moment où elle circule, mais elle pollue avant et après, et surtout elle délocalise la pollution, affirme-t-elle. Après le jugement concernant Bluecub, le groupe Bolloré avait assuré qu’en bons élèves, ils allaient retirer le mot écologique de leur publicité. Mais une fois obtenus des certificats d’énergie renouvelable pour nos véhicules on remettra le mot qu’on veut, avait-il ajouté, estimant que le vrai sujet était la pollution dans toutes les villes. Le projet de loi sur la transition énergétique, présenté le 18 juin en Conseil des ministres, prévoit plusieurs mesures visant au développement des véhicules électriques.

(©AFP / 26 juin 2014 15h13)

Apparemment la déontologie de base n’a pas l’air d’effleurer un seul instant les journalistes de l’AFP à la solde du gouvernement socialo-écolo-marxiste français. Quand un pays ne dispose plus que d’informations idéologiquement déviées c’est un pays totalitaire et la France en prend le chemin clairement ! De plus comme mes lecteurs peuvent le remarquer l’AFP glisse dans ses dépêches des lézards qui brouillent le reformatage de leur texte original … C’est Orwellien !

Un gâchis alimentaire innommable !

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Près du tiers des denrées alimentaires qu’on trouve sur les linéaires des supérettes et des supermarchés est purement et simplement jeté, environ 4 milliards de tonnes chaque année en l’Europe, soit la faramineuse somme de 350 milliards d’euros, estimation la moins pessimiste selon le journal Comprehensive Reviews in Food Science, qui part dans les décharges d’ordures et les fours d’incinération. Cette somme est équivalente au produit national brut de la Belgique ! Tout ceci a un coût qui est répercuté sur le prix de la nourriture effectivement vendue. En d’autres termes, le consommateur achète ses denrées alimentaires 30 % plus chères pour compenser ces pertes obligatoires en raison de la législation en vigueur. Ou encore, seulement pour l’Europe, tout ce gaspillage permettrait de nourrir gratuitement et confortablement plus de 100 millions de personnes par exemple dans le continent Africain voisin, hors coûts de transport, naturellement ! On estime que ce gaspillage dans l’ensemble des pays de l’OCDE permettrait de nourrir gratuitement 1 milliard de personnes dans le monde ! Pourquoi un tel scandale existe-t-il ? D’abord il résulte d’une application du principe de précaution afin d’éviter des intoxications parmi les populations à risque, enfants, personnes immunodéprimées et vieillards, en raison de dispositions réglementaires qui ont en quelque sorte institutionnalisé ce principe. On peut ou ne pas adhérer à cette démarche mais il y a tout de même des limites qui sont vite dépassées car les industriels de l’agro-alimentaires en profitent largement pour se frotter les mains et remplir leurs porte-feuilles déjà bien garnis avec la malbouffe dont ils inondent le marché. Les législateurs, violemment sollicités pour satisfaire les exigences de ce secteur industriel, ont trouvé un stratagème qui les a affranchi de toute responsabilité morale dans ce scandale en laissant planer une incertitude sémantique dans l’étiquetage des denrées alimentaires, périssables ou non, ce qui donne une toute autre dimension à ce problème. Il y a trois étiquetages utilisés pour semer la confusion chez le consommateur et accélérer la mise au rebut des produits tout en faisant que l’industriel et le revendeurs sont protégés juridiquement et moralement. La mention « à vendre avant telle date » ou « date limite de vente » est la plus importante pour le revendeur mais elle n’indique en aucun cas si le produit en question est encore susceptible d’être consommé. C’est une date butoir décidée par le législateur en accord avec l’industriel et on peut imaginer sans peine qu’il y a collusion ou conflit d’intérêts évidents. L’autre mention « à consommer jusqu’à … », sous-entendu sans risque, est plus précise mais les critères mis en place pour faire figurer cette indication sur un produit alimentaire sont loin d’être clairs compte tenu de l’amélioration des conditions d’empaquetage, des conditions d’hygiène des ateliers de productions, du respect de la chaine du froid pour tous les produits devant être conservés à une température précise et enfin des techniques modernes d’amélioration de la conservation de certains produits comme l’irradiation par les rayons gamma largement développée pour de nombreux produits ou le conditionnement sous atmosphère inerte.

Après ces « dates limites » de vente ou de consommation, il y a une autre mention encore plus confuse qui est « meilleur avant telle date ». Apparemment cette précision pourrait faire penser qu’on laisse au consommateur le soin de prendre lui-même le risque de s’intoxiquer, dans le pire des cas, ou de ne pas être pleinement satisfait de la qualité du produit, dans le meilleur des cas, car cette indication fait référence aux propriétés organoleptiques du produit et non à sa qualité sanitaire. Cette mention peut aussi vouloir dire que le revendeur peut laisser le produit sur les linéaires puisque rien n’indique clairement qu’après la date effectivement indiquée il ne doit plus être consommé, « meilleur » étant un terme suggestif plutôt vague. En conséquence l’industriel de l’agroalimentaire et le revendeur se protègent grâce à ces indications sibyllines qui non seulement sèment le trouble dans l’esprit du consommateur mais favorisent d’autant plus le gaspillage.

Il y a le cas particulier des œufs pour lesquels certains producteurs ont pris la peine d’imprimer sur la coquille la date de ponte. Or rien n’indique pendant combien de jours ou de semaines après cette date de ponte les œufs restent « meilleurs » ou « à consommer avant » telle date et il n’y a pas non plus de « date limite » de vente. Pour certains produits comme le miel, on nage en plein délire puisqu’il s’agit d’un produit presque totalement déshydraté et afficher une date limite de vente est une aberration sinon une escroquerie (voir le lien sur ce blog) et il en est de même pour de nombreux produits secs comme la farine qui, convenablement conditionnée peut se conserver plusieurs années. Eh bien non, il y a aussi sur les sacs de farine une date limite de vente, j’ai vérifié hier par curiosité dans mon supermarché préféré, et c’est la même chose pour le sucre ! Les boites de conserve variées sont également étiquetées avec une date limite de vente (voir l’illustration), comme les cornichons au vinaigre … Une énumération exhaustive est inutile.

On comprend donc sans peine que tout ce gâchis réglementairement organisé profite à l’industrie agroalimentaire au détriment des consommateurs entretenant parallèlement une famine chronique de centaines de millions de personnes. En effet, comme s’il fallait que les pays développés (OCDE) se donnent bonne conscience, l’aide alimentaire sous l’égide du HCR par exemple est dûment estampillée avec des inscriptions sur les sacs de farine ou les bidons d’huile « Product of USA » ou encore « Don de la Communauté Européenne » avec les drapeaux respectifs, la bannière étoilée et le cercle d’étoiles sur fond bleu. On distribue généreusement quelques dizaines de milliers de tonnes de denrées alimentaires à des peuples misérables dont une grande partie est détournée par des organisations mafieuses locales et dans le même temps on jette sans aucun état d’âme des milliards de tonnes de produits parfaitement propres à la consommation. Tout va très bien dans un monde ravagé par le mercantilisme de connivence !

Source : Comprehensive Reviews in Food Science

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/08/30/la-date-limite-de-vente-des-oeufs-et-du-miel/

Du côté de nos ancêtres ça se complique !

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Les fouilles du site d’Atapeurca au nord de l’Espagne, près de Burgos, n’en finissent pas de livrer les secrets de nos ancêtres hominidés et sur une échelle de temps difficile à appréhender. On a en effet retrouvé dans la Sima de los Huesos, littéralement « le trou aux os » des restes de proto-humains datés de plus de cinq cent mille ans, presque deux fois plus récents que les fameuses traces de pas d’humanoïdes retrouvées en Angleterre (voir le billet de ce blog du 9 avril 2014) ce qui signifie que des groupes isolés d’humanoïdes vivaient en Europe bien avant la dernière vague « Out of Africa » de l’homme moderne considérée comme remontant à environ 80000 ans. C’est pour cette raison que l’échelle de temps est difficile à imaginer car en près d’un million d’années il s’est passé beaucoup de choses, comme des périodes glaciaires ou des éruptions volcaniques cataclysmiques. Nos ancêtres ou plutôt nos cousins éloignés puisqu’il est maintenant prouvé qu’ils n’étaient pas nos ancêtres directs, que ce soient l’homme de Neandertal ou l’homme d’Heidelberg, ont disparu et ce qui est assez surprenant compte tenu des résultats des fouilles d’Atacuerpa et de la découverte des ossements les moins anciens en Croatie, c’est la disparition relativement récente de l’homme de Neandertal il y a seulement environ 30000 ans alors qu’il avait occupé toute l’Europe et une grande partie de l’Asie pendant près d’un demi million d’années après avoir succédé à l’homme d’Heidelberg. L’arrivée de l’homme moderne a probablement précipité la disparition de l’homme de Neandertal mais sans aucune explication convaincante pour diverses raisons. S’il y a eu effectivement des croisements entre l’homme moderne et ces hominidés qui se sont rencontré fortuitement puisqu’ils vivaient en petits groupes isolés, les analyses d’ADN n’ont pas pu montrer la présence de gènes d’origine néandertalienne permettant d’affirmer une réelle mixité. Tout au plus a-t-on retrouvé quelques 1,5 % de similitude entre l’ADN nucléaire de l’homme moderne et celui de l’homme de Neandertal. Le fait qu’on n’ait pas pu retrouver une similitude quelconque entre l’ADN mitochondrial de l’homme moderne et celui de l’homme de Neandertal pourrait exclure d’emblée la fertilité de la descendance d’un hypothétique croisement entre ces deux cousins devenus trop éloignés génétiquement, un peu comme la descendance entre une âne et une jument est stérile. En d’autres termes s’il y a eu échange génétique par croisement, celui-ci n’a jamais atteint une fréquence suffisante pour qu’il en reste des traces convaincantes dans notre patrimoine génétique actuel, à ces 1,5 % près.

Les fouilles d’Atacuerpa ont récemment bousculé ce schéma évolutif en parallèle au moins durant les 100000 dernières années mais également avec la découverte d’un nouveau type d’humanoïdes appelé Homo antecessor. Cet humanoïde probablement capable de parler et de confectionner des outils a vécu en même temps que les hommes d’Heidelberg et de Neandertal qui étaient en réalité ses cousins issus de l’Homo erectus venu également d’Afrique il y a probablement un million d’années, celui-là même qui aurait laissé ces fameuses traces en Angleterre. L’illustration suivante résume la situation :

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Elle devrait être légèrement modifiée compte tenu des découvertes récentes d’Atacuerpa en prolongeant la branche antecessor au delà de 0,4 million d’années avant notre ère (échelle des temps à gauche) pour retrouver sur la planète simultanément l’homme de Flores qui, parti également d’Afrique, a atteint indépendamment l’Indonésie actuelle, un ou deux descendants directs de l’Homo erectus, cet Homo antecessor, les Denisovans et l’homme de Neandertal. L’Homo sapiens sapiens actuel a pris le dessus sur ces cinq hominidés tous issus de l’Homo erectus, encore qu’on n’a pas pu véritablement prouver une parenté directe entre l’Homo erectus et l’homme de Flores. Bref, l’homme moderne, parti d’Afrique il y a peu dans cette échelle de temps, a tout balayé sur son passage et la disparition de l’homme de Neandertal constitue le premier exemple de disparition d’une espèce intelligente apparentée à l’homme, probablement capable de parler mais aussi de confectionner des outils sophistiqués comme des éclats de silex servant de lames tranchantes ou montés sur des os pour servir d’armes. L’homme moderne, qui lui aussi avait évolué en Afrique pendant tout ce temps avant d’en partir, avait probablement atteint des degrés de technicité et d’organisation sociale plus avancés que tous les peuples qu’il put rencontrer au cours de ses migrations en Europe et en Asie.

Pour preuve de l’évolution africaine de l’homme moderne avant sa migration hors d’Afrique, les artéfacts artistiques les plus anciens jamais découverts ont été trouvés en Afrique du Sud et datent d’environ 80000 ans. Pour mémoire les peintures de Lascaux datent de 17000 ans et celles de la grotte Chauvet de 30000 ans. C’est-à-dire qu’au moment de la disparition des hommes de Neandertal, l’homme moderne était capable de décorer des grottes avec autant de raffinement même si son style de vie de chasseur-cueilleur était probablement semblable à celui de ses prédécesseurs sur le sol eurasiatique alors que l’homme de Neandertal n’a jamais laissé aucune trace artistique.

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Reste maintenant à tenter d’affiner les analyses d’ADN du nouvel Homo antecessor pour le positionner précisément dans un arbre généalogique ou plutôt phylogénétique, pour être plus précis, mais ce ne sera pas une tâche facile car même si on a trouvé quelques spécimens parmi les 28 différents dans le « trou aux os » d’Atacuerpa, il restera toujours des incertitudes qui ne seront peut-être jamais précisées. Les analyses d’ADN déjà effectuées n’ont pas montré autre chose que l’homme de Neandertal était tout simplement apparenté à l’Homo antecessor ou était son cousin éloigné. C’est un peu vague mais cela n’explique pas la disparition soudaine de l’homme de Neandertal.

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L’hypothèse que la descendance résultant d’un croisement entre l’homme moderne et l’homme de Neandertal soit stérile semble la plus plausible, l’homme moderne ayant absorbé les populations d’hommes de Neandertal en les rayant de la carte avec une descendance stérile. L’endogamie a aussi été évoquée car ce devait être un phénomène courant dans les petites communautés sans aucun contact avec d’autres groupes humains. Il reste enfin la transmission de maladies auxquelles les hommes de Neandertal n’avaient jamais été exposés et apportées par l’homme moderne, un peu le même phénomène que la grippe et la variole qui faillirent rayer de la carte du monde des civilisations entières, je pense entre autre aux Marquisiens qui furent pratiquement exterminés non pas par les armes par les Européens mais par la grippe et la variole qu’apportèrent les premiers explorateurs dès l’année 1595 puis l’implantation définitive des Français à la fin du Second Empire. La population d’alors, très probablement supérieure à cent mille habitants à en juger par les restes d’immenses villages structurés au milieu de la forêt qu’on peut facilement voir à Hiva Oa, par exemple, si on n’a pas peur de se faire agresser par des nuées de moustiques, chuta jusqu’à moins de 4000 au début du XXe siècle dans tout l’archipel. Il est facile d’imaginer un tel scénario avec tous les hominidés que rencontrèrent les hommes modernes dans leur lente invasion de ces nouveaux territoires.

Source : adapté d’un article paru dans le Washington Post, illustrations de Madrid Scientific Films (crânes d’Homo antecessor) et Wikipedia (reconstitution d’une femelle d’Homo erectus)