Les Américains prétendent être un exemple de démocratie, de paix et de liberté et n’ont cessé de promouvoir les droits des hommes. Ah bon ?

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L’objet de ce billet est de montrer que les Américains sont un peuple guerrier depuis la fondation de leur Etat en 1776. Ce pays n’a connu que très peu d’années de paix depuis cette date, en guerre 93 % du temps !!! Il y eut d’abord les guerres génocidaires contre les Indiens Séminoles, Appaches, Navajos, Paiutes, Sioux et autres Comanches qui firent l’objet de nombreux films de propagande hollywoodienne tout simplement honteuse. Durant ce même XIXe siècle les Américains commencèrent à affirmer leurs vues hégémoniques sur l’Océan Pacifique comme si c’était « leur » mer en intervenant à Fiji (1855), en Corée (1871), à Formose (1867) ou encore aux Samoa (1898) et ensuite aux Philippines (1899).

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Je n’invente rien, tous les livres d’histoire le démontrent : les Américains sont un peuple constitué d’immigrés sans foi ni loi (à de très rares exceptions près) qui n’avaient d’autre choix pour s’affirmer que de faire la guerre pour la plus grande prospérité de leurs industries de l’armement et de la finance. Et ce constat est toujours valable aujourd’hui. Les immigrés blancs ont pratiquement exterminé les aborigènes indiens qui vivaient sur leur sol depuis plusieurs millénaires et savaient gérer les troupeaux de bisons qui constituaient leur principale source de protéines. Les Américains ont atteint les limites de l’abjection en planifiant l’extermination des bisons des grandes plaines pour affamer ces Indiens. On appellerait aujourd’hui ce genre de stratégie un crime génocidaire contre un peuple, pire dans son déroulement stratégique prémédité que l’extermination des Juifs par l’Allemagne nazie. Aujourd’hui les quelques rares aborigènes qui restent sont parqués dans des réserves et si le sous-sol recèle quelques ressources économiquement rentables ils sont alors expulsés manu militari comme il se doit.

Tous ces épisodes guerriers sont présentés dans la première illustration de ce billet qui n’a que comme vocation de faire la lumière sur la vraie nature de la nation américaine, un pays qui a toujours vécu de la guerre, un objectif évident qui a encore de beaux jours devant lui.

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Au XXe siècle on assiste à une diversification ahurissante de l’idéologie hégémonique américaine. Il y eut d’abord les interventions au Nicaragua (1912) puis à Haïti (1915) suivies par l’occupation de la République Dominicaine (1916). Inutile de rappeler que les USA tentent toujours de contrôler les régimes politiques en Amérique centrale et en Amérique du Sud par n’importe quel sale business comme par exemple le blocus financier du Vénézuela, le gouvernement d’inspiration bolivarienne étant de gauche – sinon communiste – c’est donc un ennemi des USA et un danger pour la nation américaine. L’intervention américaine en Europe lors de la Première Guerre Mondiale, il y a tout juste 100 ans, fut relativement courte, deux années seulement mais cruciale en ce qui concerna le flot de capitaux vers la Grande-Bretagne et la France pour financer le conflit. Les guerres ont toujours fait fonctionner l’industrie de la finance américaine à plein régime …

L’attaque de Pearl Harbor par les Japonais fut une occasion unique pour les USA afin d’élargir leur domination sur l’Océan Pacifique avec la vassalisation pure et simple du Japon à la fin du conflit couronné par l’humiliation de l’Empereur japonais orchestrée par l’armée américaine. La guerre de Corée (1950-1953) se termina par un statut quo mais les Américains avaient mis le pied sur le continent asiatique afin d’asseoir leur domination sur cette partie de l’Océan Pacifique. La guerre du Vietnam dont la motivation officielle était de combattre le communisme ou du moins le contenir dura 20 ans et fut le premier échec américain dans ses entreprises guerrières. Échaudée l’armée américaine aiguisa ses baillonettes à Grenade (1983) puis de nouveau à Panama (1989) qui se termina avec l’installation de Noriega par la CIA aux commandes du pays.

Inutile de rappeler les conflits récents provoqués le plus souvent par les Américains eux-mêmes : première guerre du Golfe, Afghanistan, destruction de l’Irak et assassinat prémédité de Saddam Hussein, sans oublier de mentionner les interventions au Kosovo, en Somalie et en Libye. Aujourd’hui, dans un accès de mauvaise foi et de mensonges iniques les Américains se targuent de combattre l’ISIS, des bandes de voyous soutenus par la CIA pour faciliter la main-mise de Washington sur les ressources pétrolières et gazières tant de l’Irak que de la Syrie avec en prime des enjeux géostratégiques importants. Il reste un énorme point chaud : la Mer de Chine Méridionale car à cet endroit aussi il y a un gros potentiel de réserves énergétiques … Mais la Chine c’est un gros morceau allié de facto de la Russie. Et après cette revue historique faut-il encore croire au message universel de démocratie des USA ?

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Source : Zerohedge initialement paru sur le site AHTribune, illustration de conclusion : Mossoul, jadis une cité prospère, « libérée » avec l’aide de l’armée américaine, mais c’est bien sûr !!!

Les dommages « collatéraux » de la guerre en Syrie

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Quand Poutine et Trump ont taillé le bout de gras à Hambourg la semaine dernière, ont-ils abordé les désastres sanitaires et humains occasionnés en Syrie par cette guerre civile largement provoquée et soutenue par les USA ? Certainement pas ! Non contents de « droner » des autobus bourrés d’enfants fuyant les zones de combat ou des hôpitaux et des écoles, de toutes les façons les Américains s’en lavent les mains (couvertes du sang d’innocents) et n’attendent tout simplement qu’une chose : que le pays soit complètement ruiné. Ils se moquent de ces dommages pudiquement appelés collatéraux par les haut-gradés du Pentagone. C’est tout simplement écoeurant !

Une information qui n’a été reprise par aucun média occidental – et pour cause ils sont tous à la botte de la CIA – concerne le désastre sanitaire syrien qui a atteint des proportions effrayantes. Dans la ville de Raqqa, tenue par ce qu’on a coutume d’appeler des rebelles, en d’autres termes des groupes de voyous financés par l’Arabie Saoudite et armés par les USA, et également dans le district de Deir-Ez-Zor, une épidémie de poliomyélite a provoqué ce printemps la paralysie irréversible de 25 enfants qui n’avaient pu être vaccinés en raison du conflit et donc du manque de vaccin. Alors que l’OMS s’est récemment félicité d’avoir pratiquement éradiqué la poliomyélite dans le monde, il s’agit ici d’un douloureux rappel à l’ordre adressé à l’humanité toute entière : ce sont surtout des innocents qui paient le plus lourd tribut aux conflits armés provoqués par Washington comme si la Syrie était un ennemi de l’Amérique !

Des équipes de volontaires, au total 416 personnes ont été dépêchées sur place, à Deir-Ez-Zor et Hasaka pour vacciner dans l’urgence plus de 300000 enfants avec des vaccins oraux en provenance d’Europe ou injectables en provenance, ironie de la situation, des USA. Le vaccin injectable en provenance des USA est dirigé contre les type 1 et 3 du virus, le type 2 ayant disparu de la planète il y a plus de 20 ans selon l’OMS, or l’épidémie syrienne actuelle est surtout provoquée par le virus de type 2, encore une ironie de la guerre … Mais infiniment préoccupante (collatéralement) car pratiquement plus personne n’est vacciné aujourd’hui dans le monde pour être protégé contre le virus de la polio de type 2. 

Seule la formulation orale immunisant contre les trois types de virus pourra donc être vraiment efficace. Cependant il n’y aura certainement pas assez de doses pour juguler l’épidémie. Déplorable situation : les Américains sont des criminels qui doivent être poursuivis par la justice internationale ! Tout simplement écoeurant.

Source et illustration (un enfant syrien recevant le vaccin oral) : STAT news

Nouvelles de l’Armageddon

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Les Américains s’étaient aperçu que le laboratoire PF-4 (Plutonium Facility 4) de Los Alamos était tellement dangereux pour les travailleurs qu’il avait été fermé en 2011. Dans cet établissement où il y eut 22 morts par irradiation directe intempestive durant les quelques dix années précédentes la principale activité actuelle est de tester si les bombes nucléaires sont toujours en état de marche, entendez d’exploser sans encombre. Elles sont donc démontées périodiquement et les éléments de plutonium testés ainsi que les explosifs spéciaux qui permettent à ces éléments en forme de tranches d’orange de tous se rejoindre à la milliseconde près pour provoquer l’explosion A ou H selon les modèles.

Or le plutonium existe sous forme de plusieurs isotopes et selon les armes il contient plus ou moins d’isotope 240 qui a la fâcheuse tendance à fissionner spontanément (fort heureusement partiellement) et détériorer l’ensemble du système par émission erratique de neutrons et de rayons gamma de haute énergie. Le gouvernement américain dépense pourtant 2 milliards de dollars par an pour l’entretien de ses bombes (vous avez bien lu) destinés au PF-4, pour rien !

Le travail de maintenance n’est plus assuré depuis 6 ans et beaucoup de bombes – personne ne sait exactement combien, c’est ultra-top-secret – seraient impropres à « la consommation », en quelque sorte avec une date de péremption comme une denrée alimentaire vulgaire, par manque d’entretien. Il semblerait que seules celles embarquées à bord de sous-marins resteraient fiables car elles ne contiennent que très peu de plutonium-240 pour préserver la santé des marins (elle sont dix fois plus coûteuses à fabriquer, nul ne connaît exactement le prix de revient d’une bombe … ça ne coûte rien ce sont les contribuables qui paient). Dans le cas contraire, comme les bombes des missiles intercontinentaux et celles, les plus vieilles, embarquées dans des bombardiers stratégiques, celles-ci sont carrément dangereuses pour les personnes qui les manipulent mais nul ne sait dans les hautes sphères de l’armée américaine si elles sont capables d’exploser correctement ou de faire psschhiiittt …

Tout pour plaire !

Source et illustration : Science Magazine

La disparition programmée de la France

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C’est encore une traduction d’un billet de Paul Craig Roberts paru il y a 3 jours sur son blog et j’ai cru utile d’en informer mes lecteurs non anglophones. PCR est en effet un des rares analystes de la toile qui présente une opinion clairvoyante de la géopolitique et de l’économie avec un recul tel que sa vision de la situation peut être considérée comme fiable. Universitaire, écrivain et journaliste, PCR fut appointé Secrétaire assistant au Trésor par Ronald Reagan puis fut de nombreuses années consultant auprès du Département de la Défense et ensuite du Commerce. Il connaît intimement les rouages de l’Administration américaine et ses analyses doivent être prises en considération pour comprendre les tendances actuelles de la géopolitique. Traduit en prenant une certaine liberté dans les figures de style.

L’électorat français manipulé et insouciant a voté pour abolir la Nation Française. Dans 5 ans la France n’existera plus que comme une entité géographique, ce sera une province de l’Europe, elle-même une province du capitalisme global.

Les Français avaient une dernière chance de sauver leur pays, mais ils ne l’ont pas saisie car ils ne le pouvaient pas à moins d’être taxés de fascistes et de racistes. Leur choix a donc conduit à la défaite de Marine Le Pen, leader du seul parti politique français qui défend une certaine idée de la nation française.

Après 5 ans de législature Macron, il ne restera rien de la France (voir note 1). Macron, le candidat choisi par Washington et les banquiers internationaux, représente « l’élite atlantiste totalement dévouée à la globalisation », utilisant le peu qui reste de pouvoir aux gouvernements nationaux pour les affaiblir encore plus, prenant des décisions favorables aux « marchés », c’est-à-dire le capital international aux mains des grandes banques et des institutions financières, en particulier celles localisées aux USA comme par exemple Goldman-Sachs.

Macron se définit lui-même comme un homme de la diversité, allant jusqu’à déclarer qu’il n’y a pas de culture française spécifique. La nouvelle Ministre des Armées déclare quant à elle qu’elle « ne se sent pas Française ». Macron suit en cela la russophobie des néo-conservateurs américains en allant à l’Elysée dans un véhicule militaire, une première dans la République Française.

Le but de la visite de Poutine en France (dans les ors et les cristaux du Château de Versailles) n’est pas clair dans la mesure où Macron est sous l’entier contrôle de Washington. Peut-être que Poutine a demandé à Macron de se joindre aux Russes pour combattre le terrorisme ou tout simplement a-t-il seulement voulu se rendre compte du fait que Macron avait pris conscience de la politique belliciste dans laquelle Washington veut entrainer l’Europe. Cette invitation était peut-être aussi une exigence de Washington pour donner un espoir d’ouverture de l’Europe vers la Russie alors que les USA finalisent leur plan d’attaque de ce pays.

Seulement deux pays sont des obstacles aux visées hégémoniques des USA, la Chine et la Russie. La Russie est l’obstacle le plus dérangeant car l’Europe est dépendante de ce pays pour son énergie et l’armement nucléaire russe est hautement sophistiqué (voir note 2). Washington considère que la puissance de la Russie repose sur un seul homme et que ce dernier peut être éliminé comme le fut JFK. Quant au leadership de la Chine, il est dilué dans le Parti, une sorte de démocratie à la chinoise que Washington aimerait bien discréditer aux yeux du peuple (comme ce fut le cas à Hong-Kong lors de mouvements de protestation organisés par la CIA, note de votre serviteur).

On ne peut que conclure que Washington emmène le monde entier vers un conflit de grande envergure et tant la Russie que la Chine doivent être conscients qu’elles sont les premières cibles et comme leurs approches diplomatiques sont systématiquement repoussées tant par les USA que l’Europe, ces deux pays en arriveront à la conclusion qu’ils n’ont pas d’autre choix que de se soumettre à Washington ou faire la guerre.

Source : Paulcraigroberts.com

Note 1 : Le plan de Macron est de privatiser tout ce qui peut l’être depuis le système de retraite jusqu’aux services dits publics en passant par l’éducation, les hôpitaux et tous les services de proximité. Dans 5 ans l’Etat français sera entre les mains d’organismes financiers supranationaux. Est-ce vraiment ce qu’ont voulu les électeurs ?

Note 2 : Un seul missile multi-ogives russe est capable de détruire la moitié de la Grande-Bretagne. Deux missiles suffiront à vitrifier l’Ile-de-France et la majeure partie de la région Rhône-Alpes. La Russie dispose de plus de 500 missiles opérationnels capables de passer au travers des systèmes de défense THADD américains. Si Macron feint d’ignorer ce genre de « détail » c’est qu’il est tout simplement inconscient.

Billet d’humeur politique : Trump renvoyé dans sa tour ?

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Aux USA le Président, contrairement aux dispositions françaises iniques, est responsable devant la loi et il peut à tout moment être poursuivi par la justice qui reste encore, du moins en apparence (comme en France), indépendante. À ce propos espérons que le « Sage » du Béarn saura redonner à la justice l’image qui en a été ternie en profondeur par sa prédécesseure qui ne s’embarrassait pas de scrupules. Bref, ce qui se passe en ce moment à Washington est soit un mélodrame ridicule soit une action en profondeur destinée à « empêcher » Donald Trump de perdurer dans ses fonctions de Président. Le New York Times que les Français peuvent comparer au Monde en termes de prises de position gauchistes se glorifiait hier (ou avant-hier, je ne sais plus) dans ses lignes en Une de la nomination du dénommé Robert Mueller, ancien directeur du FBI, comme procureur spécial dont la mission sera de garantir l’indépendance de l’enquête relative à la « Russian connection » du Donald et de certains membres de sa famille dont son gendre.

Mueller n’a pas été mandaté par Trump mais par la Chambre des Représentants, c’est aussi une preuve de démocratie (en apparence aussi). Cependant la mission de Mueller pourrait bien faire pssschitttt (cf. Jacques Chirac) car pour prouver que des mensonges sont vrais il n’y a pas d’autre alternative que de mentir encore et toujours plus.

Depuis l’élection libre et démocratique des habitants de la Crimée pour être rattachés à la Russie, les USA n’ont jamais cessé de mentir au sujet de Poutine et de son pays, lui trouvant toutes sortes de travers extravagants comme par exemple d’avoir délibérément abattu le vol MH17 de Malaysia Airlines et envahi le Donbass. Poutine n’est pas dans les petits papiers de l’agenda néo-con américain comme l’Iran et ses dirigeants (ça remonte à Mossadegh, 1953), comme Assad qui est un tyran bien pire que Saddam Hussein qui disposait de milliers de tonnes de gaz de combat …

Les mensonges du « marigot » du Potomac ont été utilisés comme armes de destruction massive à travers le monde par le Pentagone et la CIA pour tuer froidement et lâchement, le plus souvent, plus de 20 millions de personnes dans 37 pays différents dans le monde depuis la fin de la seconde guerre mondiale * et faire plus de 200 millions de blessés afin d’établir la suprématie américaine dans le monde entier entrainant souvent les membres de l’OTAN dans ces exactions sanguinaires sans aucune justification morale autre que cet impérialisme dont aucune administration américaine n’a pu se défaire car elle est menottée par le complexe militaro-industriel.

Le tort de Trump, et il risque de le payer très cher, a été d’envisager un rapprochement avec la Russie …

* Thème d’un prochain billet

L’OTAN menace notre sécurité

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Cet article provient du quotidien Le Temps

L’OTAN masse des troupes et des armes aux marches de la Russie. Nous tenons à exprimer notre inquiétude devant la propagande qui déforme la réalité des menaces qui pèsent sur la paix. Cette propagande insidieuse fabrique des ennemis imaginaires pour justifier le surdéveloppement de dépenses militaires, des conquêtes de territoires ou de «parts de marché», des prises de contrôle d’approvisionnement énergétique et pour corroder la démocratie.

Dirigeants russes humiliés

Non, la Russie n’est pas l’agresseur et ne menace aucunement les Pays Baltes, la Pologne ou la Suède. A l’implosion de l’URSS et du Pacte de Varsovie, la bévue stratégique des Etats-Unis et de leurs alliés a été de ne pas refonder l’architecture internationale de sécurité. Oubliée la Charte de Paris (1990) qui promettait la paix à l’Europe. Dans son livre, Le Grand échiquier – l’Amérique et le reste du monde, Zbigniew Brezinski posait en 1997 la question de savoir s’il fallait intégrer la Russie dans l’OTAN et dans l’UE. Il finissait par privilégier la sécurité tactique sur la paix stratégique, non sans prévoir que cela déclencherait des réactions russes.

Il préconisait l’intégration de l’Ukraine, l’un des cinq «pivots géopolitiques» de l’Eurasie, dans l’OTAN et dans l’UE. En 2010, Charles A Kupchan, Professeur à Georgetown University, proposait d’intégrer les Russes dans l’OTAN. Oubliant la promesse des USA aux Russes, lors de la réunification allemande, de ne pas étendre l’OTAN à l’Est, les Occidentaux n’ont eu de cesse de repousser, d’encercler et d’humilier les dirigeants russes successifs. Quoi que nous pensions du régime russe, le principal défaut de Vladimir Poutine (et de bien d’autres pays du monde), aux yeux des Occidentaux, est de cesser d’acquiescer aux volontés hégémoniques occidentales.

La CIA en embuscade

Après l’illégale guerre d’Irak, l’extension du nombre de pays membres de l’OTAN et l’expansion tous azimuts de son aire d’action, le renversement du régime de Kadhafi en Libye, puis ce que nous considérons comme un coup d’Etat en Ukraine organisé et soutenu par les Etats-Unis, auront été les lignes rouges déclenchant les ripostes russe et chinoise qui avaient déjà constitué l’Organisation de Coopération de Shanghai après le premier élargissement de l’OTAN. Il aura fallu les opérations en Libye et en Ukraine et l’appui de l’occident (dès 2006 selon Time Magazine du 19 décembre 2006) aux «rebelles» résolus à renverser le régime syrien, pour que les Russes soutiennent surtout l’autonomie de la Crimée et interviennent militairement en Syrie.

Tandis que la CIA a surveillé l’élection présidentielle française de 2012, que la NSA, espionne partout entreprises, organisations et particuliers, la mode est d’imputer aux dirigeants russes une ingérence directe dans les élections américaines, françaises, allemandes.

Les pays européens renforcent leur alignement sur la politique étrangère des Etats-Unis, embargo contre la Russie inclusivement. Le Président François Hollande parachève la réintégration de la France dans le commandement militaire de l’OTAN, entamée par Nicolas Sarkozy.

Et les pays neutres?

Et les pays neutres? La Suède rétablit la conscription, ce au moment de la diffusion sur Arte d’un reportage édifiant intitulé «Guerre froide dans le Grand Nord». L’Etat-major suédois manœuvrait naguère de concert avec l’OTAN et les Etats-Unis, ce à l’insu du gouvernement d’Olof Palme qui préconisait la détente avec Moscou… et qui en mourut assassiné. L’adhésion de la Suisse au Partenariat pour la paix (ou PpP) de l’OTAN vaut-elle neutralité? William Perry, ex-Secrétaire à la Défense a déclaré: «La différence entre l’adhésion pleine et entière à L’OTAN et le PpP doit tendre à devenir plus ténue qu’une feuille de papier». Des avions suisses survolent la Baltique aux côtés de chasseurs de l’OTAN.

Non, l’OTAN, devenue une alliance offensive, n’assure pas notre sécurité. Misons sur l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), dialoguons avec la Russie et mettons en œuvre les articles 46 et 47 de la Charte de l’ONU, stipulant un comité d’état-major auprès du Conseil de Sécurité.

Article paru dans le quotidien Le Temps sous les plumes de Gabriel Galice, Daniele Ganser et Hans von Sponeck. Au sujet des exactions de la CIA à propos de la Crimée il est tout à fait intéressant de lire l’article d’Arina Tsukanova relaté par Paul Craig Roberts (paulcraigroberts.org) sur son blog : http://www.strategic-culture.org/news/2017/03/28/so-who-annexed-crimea-peninsular-then.html

Note d’actualité. Fort heureusement pour l’Europe, l’OTAN n’a pas participé aux frappes aériennes effectuées la nuit dernière par les USA. Il est déplorable de constater que la politique agressive des Etats-Unis envers un pays souverain décidée sur la base de renseignements partiels rappelle étrangement l’attitude américaine lors de l’incident du Golfe du Tonkin qui signa l’entrée en guerre des USA au Viet-Nam. Il reste à espérer que cette agression injustifiée des Américains n’entrainera pas un conflit généralisé au cours duquel l’Europe serait une des premières cibles puisque de facto l’Europe est l’alliée des USA via l’OTAN

La vérité peut-elle prévaloir (sur l’agenda politique américain) ?

La vérité peut-elle prévaloir (sur l’agenda politique américain) ?

Il s’agit de la traduction (par mes soins et aussi fidèlement que possible) d’un billet de Paul Craig Roberts qui m’a fait froid dans le dos et pour cette raison j’ai cru bon d’en faire part mes fidèles lecteurs. Entre parenthèses et en caractères italiques figurent quelques remarques ou explications.

Selon les statistiques économiques américaines officielles, le produit intérieur brut du pays s’est accru depuis 22 trimestres consécutifs atteignant 12,1 % de plus que son plus haut avant la crise économique de 2008-2009. Pourtant, la production manufacturière et la production industrielle américaines n’ont toujours pas atteint le niveau pré-crise.

La question est donc : qu’est-ce qui alimente la croissance du PIB américain ? À mon avis (c’est PCR qui écrit et non votre serviteur) la croissance réelle du PIB est une illusion créée par la sous-estimation de l’inflation. La façon dont le gouvernement américain appréhende l’inflation a en réalité fait disparaître cette dernière.

Autrefois, si le prix d’un article inclus dans la mesure de l’inflation augmentait, le taux d’inflation s’accroiterait de cette augmentation multipliée par le « poids » de cet article dans l’indice. Aujourd’hui, si le prix d’un article augmente et que cet article est inclus dans le calcul du taux d’inflation il est alors tout simplement exclu de ce calcul et remplacé par un autre article de prix inférieur. L’autre stratagème utilisé par le gouvernement est de sous-estimer l’inflation en considérant qu’une augmentation du prix d’un article reflète en réalité une amélioration de sa qualité et alors il n’est donc pas pris en compte. En appliquant de telles méthodes une inflation réelle de 8 % peut très bien être ramenée à 2 % !

Une inflation réduite artificiellement fait ressortir un accroissement artificiel du PIB. Comme le PIB est estimé à partir des prix des produits de consommation pour savoir si ce PIB est le résultat d’une augmentation de la production de biens et services ou tout simplement le résultat d’une inflation le PIB nominal est donc diminué de la mesure de l’inflation. Par exemple si le PIB augmente de 5 % cette année par rapport à l’année dernière et que l’inflation a été de 2 %, le PIB réel n’aura été que de 3 %. Mais si comme l’exemple ci-dessus l’a décrit l’inflation réelle a été de 5 ou 8 % alors l’accroissement du PIB aura été de zéro ou aura décliné de 3 %. La principale raison pour laquelle le gouvernement américain a modifié ses mesures du taux d’inflation est d’économiser sur le poste de la Sécurité sociale relatif aux ajustements du coût de la vie pour les personnes pouvant bénéficier d’allocations indexées sur l’inflation. Durant toutes les années durant lesquelles les retraités n’ont pas pu bénéficier d’une augmentation de leur retraite en raison de la politique de taux proches de zéro de la Réserve Fédérale afin d’aider les banques « trop grosses pour faire faillite », ces retraités se sont vu refuser un ajustement de leur retraite de la sécurité sociale indexée sur le coût de la vie …

Pour dire les choses avec franchise, l’image de l’économie qui est présentée au public est une réalité virtuelle. La convalescence de l’économie (américaine), le faible taux d’inflation et les statistiques du chômage ne sont pas plus réels que les armes de destruction massive de Saddam Hussein, que les armes chimiques de Assad, que les bombes nucléaires de l’Iran ou que l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Comme dans le film du même nom les Américains vivent dans un « Matrix », un monde qui est le produit du pouvoir du gouvernement de contrôler toutes les explications. L’indice de la production industrielle émanant de la Réserve Fédérale (FED) représente 61 % du PIB et reste inférieur à celui précédant la crise de 2008 alors que le gouvernement clame qu’il a augmenté de 12,1 %.

Essayez de trouver une explication à cette différence dans les médias spécialisés, c’est peine perdue. Depuis le début de ce XXIe siècle les mensonges et les fausses nouvelles ont pris le dessus sur la vérité des faits pour respecter l’agenda décidé à l’avance. Par exemple l’agenda des néo-conservateurs de détruire 7 pays du Proche-Orient en 5 ans a été alimenté par les fausses nouvelles concernant Saddam Hussein, Assad, Khadaffi et l’Iran. L’agenda du complexe militaro-sécuritaire américain d’une nouvelle Guerre Froide a été alimenté par les fausses nouvelles de la menace d’une invasion de l’Europe par la Russie. Le projet de normalisation des relations USA-Russie a été immédiatement tué dans l’oeuf par les fausses nouvelles reprises par tous les médias qui stipulaient une interférence de la Russie dans le processus électoral américain.

Pratiquement toute la population américaine croit à tous ces mensonges pourtant évidents. Une majorité de la population américaine veut que le Président Trump fasse l’objet d’une procédure d’empêchement en raison de ses « russian connexions » ! Les médias et internet créent une réalité virtuelle conforme à l’agenda des élites en rendant la compréhension de la réalité inaccessible à la majorité des citoyens. Mon site web (c’est PCR qui parle de son site paulcraigroberts.org) qui a pour mission de procurer des informations crédibles est qualifié de pro-russe, de fasciste et de terroriste … Une démocratie ne peut plus fonctionner correctement quand les mensonges surpassent la réalité et sont au service des agendas secrets. Et la vie sur la Terre non plus. Les deux dernières guerres mondiales avec leurs millions de morts et leurs dizaines de milliers de villes détruites ont été menées avec des armes de pacotille en comparaison des bombes thermonucléaires d’aujourd’hui. Selon de nombreux rapports un seul missile russe Satan II est suffisant pour vitrifier la France ou l’Etat du Texas.

La Russie, entourée par les 28 Etats européens membres de l’OTAN qui lui sont hostiles, une organisation dominée par des généraux américains va-t-en-guerre et paranoïaques, ne peut plus compter que sur son arsenal nucléaire pour protéger sa terre. Et c’est évident car de nombreux officiels russes ont répété ces dernières années qu’ils ne combattraient plus jamais sur leur propre territoire. Le message n’a pas été compris alors qu’il est pourtant très clair. Si vous avez un tant soit peu de neurones, demandez-vous pour quelle raison ce conflit contre la Russie est orchestré. Putine a dit et répété qu’il n’était pas belliqueux et que la Russie ne menaçait personne. Mais la presse occidentale putifiée (presstitutes) déclare à longueur d’éditorial que la Russie est une menace et les généraux que Trump a nommé aux plus hautes positions gouvernementales disent et répètent que la Russie constitue la principale menace pour les Etats-Unis. Si vous osez croire les propos de Putine vous êtes un agent de Moscou et pire, un traitre. Si vous croyez à la lettre les informations des médias vous signez pour l’Armageddon (la guerre nucléaire conduisant inévitablement à la destruction de l’humanité).

Les décideurs qui ne disposent pas d’informations valides ne peuvent pas prendre de décisions valables. Nulle part en Occident on peut trouver d’informations réelles et valides en dehors de mon site web et de quelques autres (c’est toujours PCR qui écrit, je ne parle naturellement pas de mon propre blog). Le nombre de lecteurs de mon site et le nombre de re-blogs et de traductions est plus large que celui du Washington Post ou du New-York Times mais reste inférieur à la totalité des médias occidentaux qui répètent tous les mêmes mensonges. Mes lecteurs ne sont pas organisés, ils sont disséminés dans le monde entier mais ils pourraient peser sur les décisions du Congrès et de la Maison-Blanche s’ils étaient unis.

Au contraire les néo-conservateurs sont organisés. Le complexe militaro-sécuritaire américain est également très bien organisé comme le sont les corporations financières et les grandes multinationales. Pour le complexe militaro-sécuritaire américain le monde entier peut être pris en otage pour justifier leur énorme budget. Pour les banques, Wall Street et les grandes firmes multinationales le monde existe pour être pillé. Le pillage en règle du monde entier continue avec le Fond Monétaire International et la Banque Mondiale, considérés comme des organisation qui oeuvrent pour le bien des pays qui leur demandent leur aide.

Rarement dans l’histoire les peuples ont eu droit à la parole et ceux qui tentent de redonner la parole au peuple sont vite déconsidérés par les élites qui détiennent le pouvoir réel. Quand Thomas Paine publia son livre Rights of Man (1791) qui constitue pourtant le fondement de la révolution américaine il fut déclaré hors-la-loi par le gouvernement britannique, considéré comme un alcoolique dégénéré aux USA par les habitants de la Nouvelle-Angleterre. Il n’existe aucun monument à la mémoire de T. Paine à Washington. Le langage clair et direct de Paine n’est tout simplement pas en accord avec le discours politique contemporain qui la plupart du temps ne veut rien dire et ne sert qu’à vous enfumer avec de fausses informations.