Syrie et changement climatique même combat ?

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Depuis 48 heures une intense vague de froid travers toute la moitié est des USA et personne n’en parle dans les médias européens : et pour cause c’est dérangeant car le climat est sensé se réchauffer jusqu’à devenir aussi dangereux qu’un conflit nucléaire généralisé. Ce samedi 14 avril 2018 de triste mémoire en raison de l’attaque irraisonnée des USA alliés avec la France et la Grande-Bretagne sur la Syrie 38 centimètres de neige sont tombé sur les villes Minneapolis et St-Paul, dans le centre du Wisconsin près de 50 centimètres de neige ont recouvert les cultures à peine émergeantes de la terre. Le Dakota du Sud et l’Idaho n’ont pas été épargnés par le blizzard. Cette vague de froid exceptionnelle pour la saison a atteint le Texas sous forme d’orages de grêle dévastateurs.

Naturellemt l’opinion internationale se focalisait sur l’attaque criminelle de l’alliance franco-anglo-américaine contre de simples laboratoires d’analyse et de contrôle alimentaire qui n’ont fait heureusement aucune victime en Syrie. Ces attaques condamnables par la communauté internationale auraient-elles eu pour but d’occulter le changement climatique qui s’oriente définitivement vers le froid contrairement aux affirmations mensongères de l’IPCC comme celles tout aussi mensongères de Washington au sujet de l’utilisation d’armes chimiques par le régime de Damas contre ses citoyens ?

Je ne suis pas complotiste mais quand je constate que Hulot déclare droit dans ses bottes qu’il faut moins polluer, moins brûler de gaz et moins rouler en voiture (surtout quand il n’y a même pas de trains) alors que le climat va inéluctablement se refroidir, j’ai carrément froid dans le dos …

Source et illustration pour les infos météo nord-américaines AP, 21h30 UTS samedi 14 avril 2018

Pour satisfaire votre humeur une chanson de Manu Chao :

https://www.youtube.com/watch?v=myq3vGhwh-4 , écoutez bien les paroles elles sont d’actualité !

La guerre commerciale dans tous ses états : le cas de Volkswagen

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Après le « dieselgate » Volkswagen s’est retrouvé aux USA dans une situation catastrophique. Outre les amendes infligées par les Etats-Unis (4,3 milliards de dollars d’amendes fédérales) la firme allemande, propriétaire d’Audi, s’est trouvée confrontée à une punition émanant des tribunaux ayant traité une gigantesque « class-action » au sujet des véhicules diesel « trafiqués » pour passer les tests de pollution complètement drastiques donc par essence même (sans jeu de mots) inatteignables en raison de la technologie diesel qui produit fatalement des oxydes d’azote tout simplement parce qu’il y a de l’azote dans l’air !

Volkswagen et Audi ont racheté aux Américains 350000 véhicules qu’ils stockent dans 37 endroits différents (illustration) et qu’ils doivent entretenir dans le but de les revendre à d’hypothétiques acheteurs dans des pays moins regardants en ce qui concerne la pollution. Cette opération a déjà coûté à la firme allemande la coquette somme de 7,4 milliards de dollars mais ce n’est qu’un début dans les déboires astronomiques de Volkswagen. En effet, cette firme s’est engagée à provisionner 25 autres milliards de dollars pour indemniser les clients américains d’ici la fin du mois de juin 2019. Ça fait beaucoup d’argent pour satisfaire la paranoïa américaine et en particulier californienne, Etat qui a levé le juteux lièvre des moteurs diesel de VW.

Quand on garde en mémoire le fait que le marché automobile américain ne vit qu’à crédit, par conséquent qu’une monstrueuse « bulle » de crédit automobile est à la limite d’éclater et que la majorité des véhicules pour particulier vendus ces derniers mois sont des SUV à essence made in USA n’importe quel individu soucieux de l’environnement est en droit de se poser des questions existentielles !

Les exigences légales ont obligé VW ces derniers mois à envoyer 437273 lettres à des propriétaires de véhicules diesel pour les indemniser et racheter leurs véhicules. Ils devront d’ici la fin de ce mois de juin 2018 débourser encore 8 milliards de dollars. Comme on peut le comprendre aisément il s’agit d’une véritable vendetta commerciale contre les automobiles européennes et le gouvernement fédéral américain se frotte les mains en utilisant les tribunaux pour mettre en place sa politique « America First ». Tous les pays producteurs de voitures automobiles seront tôt ou tard concernés, que ce soit le Japon, l’Europe, la Corée …

La situation de VW est tout aussi critique en Allemagne. En effet, les municipalités bien-pensantes veulent interdire les véhicules diesel dans les grandes villes suivant le modèle démagogique d’Anne Hidalgo à Paris. Du coup le prix des voitures diesel d’occasion s’effondre et par conséquent les concessionnaires auto n’ont plus un client : il est plus logique d’acheter une voiture diesel d’occasion presque neuve à prix bradé plutôt qu’un véhicule neuf à essence. Pour continuer à faire fonctionner leurs usines BMW et VW proposent de racheter les voitures diesel et de les échanger contre des voitures essence. La situation des constructeurs auto allemands devient donc particulièrement critique et c’est un très mauvais signe pour l’industrie allemande en général !

Source et illustration (Victorville, Californie, le 28 mars 2018) : Reuters et Challenges : http://www.challenges.fr/automobile/actu-auto/interdiction-diesel-en-allemagne-bmw-et-volkswagen-rachetent-votre-diesel_578399

Note. Lors de l’éclatement du scandale du dieselgate j’avais laissé un billet sur ce blog qui allait à contre-courant des informations et je maintiens mon point de vue : https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/10/04/volkswagen-a-fraude-intentionnellement-pas-si-sur/ .

Et maintenant, l’ère du dirigisme

Ce billet est un copié-collé d’un article paru dans les pages du Temps (Genève) sous la plume de Stéphane Garelli, professeur émérite, IMD et Université de Lausanne, publié vendredi 23 mars 2018 à 18:27

Le monde entre dans une nouvelle ère où les empires économiques et les blocs régionaux reprennent le dessus et où le politique l’emporte sur les marchés. Une deuxième période «Trente Glorieuses» s’achève. Depuis la chute du mur de Berlin, le monde a connu pendant trente ans une ouverture des marchés sans précédent. La globalisation était là. Aujourd’hui, une nouvelle ère s’ouvre, celle du dirigisme économique. Les signes avant-coureurs sont de plus en plus clairs.

Quand le président Trump a annoncé des mesures de protection sur l’acier et l’aluminium américains, les optimistes – il y en a et il en faut – ont voulu minimiser son action. Tous les présidents américains depuis Jimmy Carter ont adopté à un moment ou un autre des mesures protectionnistes, et l’économie mondiale a survécu.

Peu d’impact

Effectivement, les barrières tarifaires de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium auront relativement peu d’impact. Elles affecteront tout au plus 2% des importations américaines et 0,2% du produit intérieur brut (PIB), et de nombreux pays seront exclus. Mais ce qui a changé, c’est la logique qui justifie cette politique.

Auparavant, les présidents américains voulaient défendre l’emploi. Cette fois-ci, le président Trump fait recours à la section 232 de la loi sur l’expansion commerciale de 1962 qui dénonce une atteinte à la sécurité nationale. C’est le même motif qui l’a poussé récemment à bloquer le rachat de Qualcomm par Broadcom. En plaçant le débat sur une dimension politique, le président crée une belle pagaille: «America First».

«China First»

Car la Chine fait pareil. Malgré les déclarations du président Xi Jinping à Davos, la politique économique chinoise reste protectionniste et le marché intérieur difficile d’accès aux entreprises étrangères. Les grandes sociétés technologiques américaines le savent. Elles doivent, par exemple, composer avec les restrictions imposées sur la liberté d’expression sur Internet ou sur l’emplacement des serveurs de données personnelles. La priorité économique est de développer des entreprises purement chinoises: «China First».

La Russie emboîte le pas. Le président Poutine, lui aussi réélu presque à vie, continue de se détourner de l’Europe. Son modèle est le président chinois, pas Angela Merkel ni Emmanuel Macron. Les mesures de rétorsion politiques et économiques sont passées par là. Les relations commerciales avec l’Europe n’apportent pour lui que des problèmes. Qu’importe ce que pensent les autres: «Russia First».


Et même les Britanniques s’y mettent. Le Brexit est perçu par les entreprises comme une attaque contre l’ouverture des marchés et la libre circulation des biens et des personnes: un retour en arrière évalué à une surcharge de coût de 65 milliards d’euros. Pour certains, la perfide Albion a ressurgi: «Britain forever».

L’Europe isolée

Tout cela laisse l’Europe bien isolée. Mais pourquoi sommes-nous si attachés à ce concept de monde ouvert et global ? André Malraux estimait que la pensée européenne – la Grèce, le christianisme, la Révolution française, voire le marxisme – a posé le principe de valeurs universelles. La Déclaration des droits de l’homme est «universelle» et ne s’adresse pas qu’aux Français. Au contraire, la pensée chinoise, aussi admirable soit-elle, est une pensée pour la Chine et pour les Chinois.

Cet universalisme a structuré notre monde, politiquement avec les Nations unies, économiquement avec les Accords de Bretton Woods, qui ont créé le FMI, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce. Cette approche globale touche à sa fin. On pouvait s’attendre à ce que la Chine et la Russie n’y adhèrent pas entièrement. Mais quand les Etats-Unis et le Royaume-Uni abandonnent le multilatéralisme, cela fait trop.

Le monde entre donc dans une nouvelle ère où le dirigisme économique prévaut et où le politique l’emporte sur les marchés. Avec la multiplication de leaders forts, les empires économiques et les blocs régionaux reprennent le dessus. Pour les entreprises, le monde va devenir beaucoup plus compliqué. Les règles du jeu vont changer et l’OMC va être marginalisé. L’Europe affaiblie et sa pensée universelle marginalisée risquent de devenir un anachronisme. Ce ne sont pas de bonnes nouvelles.

Billet d’humeur géopolitique : le poker menteur des 3 Grands

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Je ne suis pas du tout un spécialiste dans le vaste domaine – par définition – de la géopolitique mais comme chacun arrive à trouver des informations alternatives, c’est-à-dire autres que celles de la presse main-stream occidentale qui appartient à des grands groupes financiers multinationaux esclavagisés par les USA, des informations alternatives comme par exemple ZeroHedge (même Charles Gave va sur ce site tous les jours), il ressort que la géopolitique actuelle se résume en un jeu de poker menteur entre trois joueurs : les USA, la Russie et la Chine. Tout le reste n’a strictement aucune importance y compris si on peut déplorer de morts d’innocents et des destruction de villes entières comme au Yémen en ce moment même. Mais lequel des 3 joueurs est un menteur ?

Avant tout il est intéressant de décrire ces trois joueurs. Trump est un sanguin et un impulsif, ce n’est donc certainement pas un bon joueur de poker. Sentant que sa situation domestique s’aggrave il va surenchérir et tenter un foul ou une quinte pour se « refaire ». Poutine est l’archétype du joueur de poker professionnel, il est impassible, insondable et d’une patience admirable, attendant que ses adversaires fassent une erreur tactique fatale. Quant à Xi Ping il a devant lui un énorme paquet de jetons et il peut « suivre » n’importe quel coup car il a les poches pleines de dollars dont il aimerait bien se débarrasser à la première occasion, ce n’est pas une métaphore mais la réalité. La partie ne se joue pas dans un vulgaire tripot mais dans un endroit neutre, s’il en existe encore un sur notre planète, et chacun des trois joueurs est censé respecter les règles de la bienséance basique entre gentlemen. Il faut rêver …

Résumons donc les cartes qui se trouvent dans les mains de ces trois joueurs. Les USA clament toujours être la nation la plus puissante du monde. Pour en arriver là Washington s’est imposé en protecteur de l’Europe occidentale depuis la fin de la seconde guerre mondiale lors de la guerre froide, s’est livré à de multiples conflits le plus souvent créés par ses services secrets et a installé plus de 1000 établissements militaires de par le monde. Après la chute de l’Union soviétique, les USA ont immédiatement étendu leur influence via l’OTAN en fomentant des coups tordus dont le plus emblématique dans l’horreur des mensonges et du sang versé fut le conflit du Kosovo. Vint enfin, toujours en considérant l’Europe, l’invraisemblable évènement de Maiden fomenté par la CIA pour expulser le Président pro-russe et le remplacer par un pantin fasciste à la solde de Washington. Les Etats Baltes sont également tombés dans le filet de l’OTAN les uns après les autres avec en contrepartie des aides financières conséquentes en dollars fraîchement imprimés. Les USA ont donc étendu leur zone d’influence jusqu’à la frontière russe. Restait la Crimée mais les stratèges de Washington n’ont pas voulu admettre que jamais la Russie n’abandonnerait, et en aucun cas, son port militaire de Sébastopol, d’où les sanctions organisées conjointement entre l’Europe et les USA pour « punir » la Russie de l’ « annexion » de la Crimée.

Au Moyen-Orient après les sales guerres d’Afghanistan et d’Irak, des échecs stratégiques cuisants pour les USA comparables à leur désastre vietnamien, il était nécessaire de créer un autre abcès de fixation dans la région avec la guerre civile syrienne, la Syrie étant un allié de longue date de la Russie. Les Américains ont financé ouvertement avec l’appui consentant de l’Arabie saoudite ses groupes dits rebelles, y compris Daesh, contre Assad et on connaît la suite : la patience de la Russie a fini par payer et les USA ont fait un pari sur leur main (je parle du poker) désastreux. Ça arrive et je me suis retrouvé parfois dans ce genre de situation il y a de nombreuses années quand je jouais au poker avec quelques amis. Reste la carte majeure des Américains : le pétrodollar qui permet à ce pays de virtuellement contrôler tous les échanges commerciaux dans le monde et cerise sur le gâteau les Américains ont exterritorialisé leur juridiction au sujet de l’utilisation du dollar par des banques étrangères (voir l’amende infligée à la BNP et à bien d’autres banques européennes et y compris américaines) sous le fallacieux prétexte qu’il leur était interdit d’utiliser cette monnaie internationale pour des transactions avec des pays « punis » par Washington. Cet agissement des Américains est contraire à toutes les lois internationales, au poker ça s’appelle tricher mais ils n’en ont cure, ils sont les plus forts. Jusqu’à quand ?

La Russie quant à elle dispose d’autres cartes majeures dans son jeu. Ses réserves d’hydrocarbures liquides et gazeux sont les plus importantes du monde et elle est riche d’une multitude d’autres ressources minières depuis les diamants et l’or jusqu’à la bauxite et le lithium. D’immenses territoires équivalents à plusieurs fois la surface de l’Union européenne ne sont toujours pas explorés ni exploités. La Russie, sur le plan strictement géopolitique compte parmi ses alliés indéfectibles l’Iran et la Syrie au Moyen-Orient et la Chine, le troisième protagoniste du poker menteur, ainsi que quelques autres pays d’importance stratégique secondaire. La Russie dispose dans son jeu d’un joker qui est la fourniture de gaz naturel à l’Union européenne à un prix bien inférieur au gaz naturel liquéfié provenant du Qatar ou même des USA arrivant depuis quelques mois dans les ports méthaniers européens.

Les cartes maîtresses de la Chine sont sa puissance économique, son nombre d’habitants et donc une immense armée de mieux en mieux équipée. L’armée chinoise compte autant de guerriers bien entrainés que d’habitants en France, c’est dire … Sur le plan stratégique la Chine est entourée d’alliés des USA qui ne peuvent pas se permettre de ne plus commercer avec Pékin. Il s’agit essentiellement de la Corée du Sud, du Japon, de Taiwan et dans une moindre mesure du Vietnam. C’est l’un des aspects du jeu de poker menteur des USA : des alliés prêts à rejeter leurs alliances stratégiques pour donner une priorité à leurs agendas économiques.

Les trois joueurs disposent à des degrés divers d’un arsenal nucléaire capable de provoquer une extinction massive de la majorité des espèces vivantes, y compris l’humanité toute entière, en cas de conflit. Ces cartes sont des gros atouts mais utilisables que si les trois joueurs n’ont plus de marge de mensonge et voient leurs finances mises en jeu (au poker ça s’appelle des caves) tellement dégradées qu’ils n’ont plus d’autre choix que le suicide collectif. Devant ce danger dont tout le monde a conscience, il n’y aura pas de guerre nucléaire mais au contraire une guerre économique. Et le premier joueur du poker menteur, les USA, a joué sa carte avant les deux autres en instituant des barrières douanières pour l’acier et l’aluminium à l’encontre de la Chine. La riposte de Pékin ne s’est pas fait attendre et elle était prévisible : le pétro-yuan ! Autant dire que le jeu a pris d’un seul coup une toute autre ampleur car il en va de la survie du dollar et de sa suprématie mondiale.

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Qu’un négociant comme Glencore se soit immédiatement positionné le 27 mars 2018 sur les « futures » libellés en pétro-yuans sur le pétrole pour Septembre 2018 (illustration ci-dessus) doit provoquer des sueurs froides chez les traders de Wall Street au moment même où j’écris ces lignes. La guerre économique est donc bien déclarée et elle n’a rien à voir avec l’acier ou l’aluminium qui ne sont que des épiphénomènes de façade. La Chine va taxer plus de 1000 articles made in USA y compris le soja. Il est tout à fait prévisible que dans quelques mois les Chinois achèteront du soja au Brésil avec des pétro-yuans. Sur les places boursières d’Hong-Kong et de Shanghaï ces pétro-yuans sont adossés à l’or ! Pourquoi deux des joueurs, les Russes et les Chinois, achètent tout l’or métal, c’est-à-dire physique et non pas papier, disponible dans le monde en ce moment, c’est évident car ils préparent le tour de table final quand il faudra payer les dettes du jeu sur la table de poker …

La fin de la suprématie du dollar comme devise internationale signifiera également la fin de l’impérialisme américain. L’une des conséquences aux répercussions internationales extrêmes sera donc un brusque renchérissement de l’or, par conséquent un assainissement du système monétaire mondial et un pouvoir accru de l’Organisation de Coopération de Shanghaï qui regroupe 43 % de la population mondiale, ça fait beaucoup de gens. Ceci explique d’ailleurs que deux des joueurs de la table de poker accumulent en ce moment même non plus des bouts de papier mais de l’or métal comme je viens de le dire et je le répète ici car il s’agit d’un fait d’une importance géopolitique extrême. Finalement le gagnant de cette partie de poker sera la Chine, à n’en point douter, et la Russie par voie de conséquence. Comme je l’avais relaté dans un billet de ce blog en traduisant un article de Paul Craig Roberts : dans un partie de poker à trois joueurs il y a deux solutions, soit un seul gagnant, soit un seul perdant car on ne peut pas faire abstraction des alliances entre joueurs. Les USA partaient gagnants au début de la partie qui commença lors de la chute du bloc soviétique, aujourd’hui les règles du jeu ont changé. La coalition de facto Russie-Chine s’est considérablement renforcée.

Les quelques cartes qui restent dans les mains de Washington ne sont plus que des conflits régionaux comme par exemple une guerre avec l’Iran mais ils sont parfaitement conscients des risques d’une telle aventure guerrière car la donne ne leur est pas favorable, loin de là. En attaquant l’Iran les USA réveilleront les inimitiés entre Chiites et Sunnites, un évènement qui déstabilisera l’Arabie Saoudite et les USA n’en veulent pas. De plus Israël n’aura pas d’autre choix que ses yeux pour pleurer depuis son récent rapprochement de façade éhonté avec l’Arabie Saoudite. La Chine a compris qu’elle pouvait faire bien mieux et tout remettre en ordre à son profit en émettant ses pétro-yuans … Il fallait y penser. Si l’Iran est dans le collimateur de Washington c’est tout simplement parce que ce pays exporte déjà depuis des mois du pétrole vers la Chine qui paie en yuans et non plus en dollars, la Chine étant depuis quelques mois le plus gros consommateur de pétrole du monde, n’en déplaise aux combattants protecteurs du climat, c’est un fait et il est devenu incontournable. L’animosité des USA à l’égard de l’Iran n’est pas du tout provoquée par l’accord relatif au nucléaire arrachée par l’Europe et les Etats-Unis en 2015 ou alors ils sont des menteurs car l’Iran n’a pas besoin de bombes atomiques puisqu’il est allié des Russes : la carte qu’a sorti Trump dans son jeu ne vaut rien !

Sources et illustrations : Oilprice.com, UBS et Reuters reprises, entre autres sites alternatifs, par ZeroHedge. Pour plus d’informations sur l’Organisation de Coopération de Shaghaï OCS) lire l’article de Jean-Baptiste Noé à ce sujet : insitutdeslibertes.org/locs-nous-regarde/

Petits meurtres entre amis … à qui profite le crime ?

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L’Affaire Skripal père et fille serait-elle un coup monté de toute pièce par le MI6 et la CIA ? N’importe qui, ayant un certain sens critique et n’étant pas intoxiqué par la presse main-stream, peut se poser la question. Tenter d’assassiner un agent double, traître aux intérêts de son pays natal – la Russie – exilé en Grande-Bretagne et ne pouvant plus exercer de ce fait son exécrable métier d’espion n’est finalement qu’un prétexte pour attiser les tensions entre les USA, accompagnés de leur allié indéfectible la Grande-Bretagne, à l’encontre de la Russie.

La substance chimique utilisée est très probablement un organo-phosphoré neurotoxique que toutes les armées des pays développés connaissent et possèdent et pas seulement la Russie. Cette tentative de meurtre (puisque les deux victimes ne sont pas encoré décédées) a été vraiment trop vite attribuée à une ingérence de la Russie dans les affaires intérieures de la Grande-Bretagne. Et cette histoire digne d’un film d’espionnage comme il y en eut tant durant la guerre froide, comme en particulier la plupart des « James Bond » qui n’étaient que des films d’ouverte propagande anti-soviétique, frise le ridicule !

Pratiquement au même moment « The Donald » vire d’un tweet Rex Tillerson accusé de trop de sympathie avec la Russie et les Américains contents de vendre leur gaz naturel liquéfié aux Anglais veulent faire capoter le projet de gazoduc NordStream (illustration). Cette tentative d’assassinat arrive à point nommé pour que les USA qui viennent d’accorder à l’Ukraine le statut de membre à part entière de l’OTAN et continuent à faire la loi en Europe. À quelques jours seulement des élections présidentielles en Russie c’était remarquablement bien organisé. Du vrai James Bond !

Source partielle et illustration : strategic-culture.org

Pour la petite histoire, lorsque je sévissais comme chercheur en biologie j’étais responsable des produits dangereux dans le laboratoire. Dans le petit placard verrouillé où étaient entreposés ces produits il y avait un flacon de di-isopropyl-phosphofluoridate. Il s’agit d’un puissant inhibiteur de l’acétyl-choline estérase apparenté au Tabun, un produit neurotoxique bien connu des biologistes … et des militaires. Toute utilisation de ce produit requérait un protocole strict dont en particulier la disponibilité de l’antidote. L’individu qui a manipulé le produit pour tenter d’assassiner l’agent double à Salisbury devait nécessairement être en possession de l’antidote. C’est une condition vitale pour n’importe quel agent des services d’espionnage qu’il soit américain, anglais ou russe.

Les Américains sont des criminels !

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La compagnie aérienne iranienne Aseman Airlines dont un avion (vol 3704) s’est écrasé dans la région montagneuse de Zagros à environ 500 kilomètres au sud de Téhéran avait été mise en 2012 sur la liste noire des compagnies interdites de vol en Europe en raison des mauvaises conditions de sécurité de ses aéronefs. L’avion qui s’est écrasé avec 66 personnes à bord était un ATR 72 bien connu ici dans l’archipel des Canaries pour assurer les liaisons inter-îles. La compagnie franco-italienne ATR est cotée à la bourse de New-York et a de ce fait souffert de l’embargo décrété unilatéralement par les USA avec le soutien forcé des Nations-Unis et de l’Union Européenne, laquais des USA en matière de politique étrangère, pour punir l’Iran afin que ce pays cesse son programme d’enrichissement d’uranium. En raison de cet embargo l’Iran a souffert ces dernières années de nombreux problèmes aéronautiques car l’entretien des avions ne pouvait plus être assuré dans cette situation de blocus économique inique.

En 2013 l’Iran a fait une réclamation auprès de l’organisation internationale de l’aviation civile, un organisme dépendant de l’ONU, car l’embargo datant de 1995 mettait en danger la sécurité des passagers de ses compagnies aériennes. L’accord conclu en 2015 aurait du permettre de lever les sanctions prioritairement pour les pièces de rechange des avions, nombre d’entre eux étant cloués au sol par manque d’entretien obligatoire pour avoir l’autorisation de voler. Mais les Américains qui veulent faire la loi et imposer la leur dans le monde entier se sont fait tirer l’oreille et les pièces de rechange arrivent au compte-goutte dans le pays. À la suite de l’accord sur le nucléaire conclu entre l’Iran et le « Groupe des six » Aseman Airlines a passé une commande auprès de Boeing portant sur l’achat de 30 appareils 737-max pour renouveler la flotte d’ATRs mal entretenus et vieillissants. La Maison-Blanche se fait encore tirer l’oreille d’autant plus que l’Iran est dans le collimateur des néo-conservateurs et que Boeing fait partie du complexe militaro-industriel américain qui est seul maître à la Maison-Blanche quoiqu’on en pense.

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Ce sont donc des innocents qui sont victimes de la politique hégémonique des USA. Ce vieux contentieux entre les USA et l’Iran ne date pas d’hier ni d’avant-hier, il faut remonter à la destitution de Mossadegh organisée par la CIA pour mettre en place une marionnette au service des Etats-Unis en la personne du Shah. Depuis la chute de ce dictateur sanguinaire que la presse people encensait car il fallait dissimuler aux yeux du public occidental sa vraie nature puis la mise en place par Khomeny d’une république théocratique les Américains ont toujours cherché à déstabiliser l’Iran pour faire main-mise sur les nombreuses richesses de son sous-sol et pas seulement le pétrole.

Sources diverses, illustration : familles de victimes du crash le 18 février à Téhéran, un ATR d’Aseman Airlines.

Un gisement de terres rares inattendu : le charbon

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À quelques exceptions près toutes les terres rares, ou lanthanides sur le tableau périodique des éléments, sont cruciales dans les technologies nouvelles, que ce soient les smartphones, les écrans de télévision ou encore les ordinateurs. La Chine est devenue au cours des années le leader mondial dans ce domaine bien que le savoir-faire pour purifier ces éléments – pas si rares qu’on ne le croit – ait été développé il y a de nombreuses années en France par la division chimie fine de l’ancienne société Rhône-Poulenc aujourd’hui disparue. En Europe du moins c’est maintenant la société belge Solvay qui a racheté Rhodia et maintient une activité cryptique de purification de quelques-uns de ces éléments minéraux. Les USA sont donc totalement dépendants de la Chine comme d’ailleurs le Japon en ce qui concerne ces terres rares. Il y a quelques années le gouvernement américain a mandaté le département de l’énergie (DOE) pour effectuer des recherches sur les gisements de terres rares sur le sol américain malgré le fait qu’il existe toujours des gisements et d’anciennes mines désaffectées depuis des décennies.

En liaison avec le bureau de recherches géologiques et diverses universités un gisement inattendu et prometteur a été identifié. Il s’agit des dépôts de charbon de l’Illinois, des Appalaches du nord et de Pennsylvanie qui se sont révélés les plus intéressants car le charbon qui a été analysé contient jusqu’à 300 parties par million de ces éléments. De plus les eaux utilisées pour laver le charbon et qui sont stockées temporairement dans des bassins de décantation se sont également révélées riches en ces éléments. Le laboratoire nationale de technologie des énergies (NETL) va financer un programme de mise au point de l’extraction de ces terres rares afin de réduire à terme la dépendance des USA vis-à-vis de l’étranger. Ce programme entre dans le cadre d’une plus grande indépendance de l’économie américaine dans ce domaine des hautes technologies et le Pentagone n’est pas étranger à cette initiative car les terres rares sont aussi utilisées dans de nombreux armements …

Source : Energy Business Review, illustration Wikipedia ( https://en.wikipedia.org/wiki/Rare-earth_element )