La tradition séculaire du mensonge aux USA

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Le faux évènement ou fausse alerte – « false flag » en anglais – fait partie de la panoplie des Américains pour fomenter des guerres profitables et si les évènements récents relatifs à l’interférence russe dans les élections américaines font, selon de nombreuses analyses, partie des « false flags » (voir la dernière partie de ce billet) il s’agit en quelque sorte d’une tradition américaine séculaire.

Le premier spectaculaire « false flag » organisé de toute pièce par l’armée américaine et les services secrets fut l’incident du port de la Havane le 15 février 1898 lorsqu’une explosion fit sombrer le navire de guerre américain USS Maine fraîchement sorti des chantiers navals. Cet évènement fut attribué aux Espagnols dont Cuba était l’une des nombreuses colonies excitant la convoitise des USA. Il fut monté en épingle par la presse américaine puis par la Maison-Blanche pour l’utiliser comme prétexte pour la guerre américano-espagnole qui ne se limita pas à la Caraïbe mais s’étendit jusqu’aux Philippines et l’archipel des Mariannes où se trouve l’île de Guam. L’explosion de l’USS Maine fut accidentelle car provoquée par la houille bitumineuse se trouvant à bord comme combustible des machines à vapeur et qui dégageait naturellement du méthane (grisou). Premier grand « false flag » monté de toute pièce par le Président William McKinley pour mettre en oeuvre en particulier la doctrine Monroe d’emprise des USA sur les deux parties nord et sud du continent américain. (Illustration Wikipedia : l’USS Maine entrant dans le port de La Havane).

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Un autre false flag qui restera dans les mémoires tant ses conséquences furent désastreuses fut l’incident du Golfe du Tonkin qui « justifia » l’entrée en guerre des Américains au Vietnam et qui eut lieu les 2 et 4 août 1964. Selon la version officielle l’USS Maddox fut attaqué par trois vedettes nord-vietnamiennes lance-torpilles et riposta endommageant ces embarcations et tuant 6 marins vietnamiens le 2 août. Toujours selon la version officielle le même type d’incident eut donc lieu deux jours plus tard. Il n’en fallut pas plus pour que le Secrétaire à la Défense Robert McNamara fasse pression sur le Président Johnson pour qu’il décide de l’entrée en guerre des USA au Vietnam. Des documents déclassifiés ont clairement indiqué que ce fut un coup monté, qu’il n’y avait jamais eu confrontation directe entre le navire américain et une quelconque embarcation vietnamienne et qu’il avait été organisé par les services secrets américains. L’USS Maddox (illustration Wikipedia) lança des projectiles en direction d’embarcations vietnamiennes – probablement des bateaux de pêche – le 2 août et le 4 août il n’y eut aucun incident … La pression des médias et l’insistance du Pentagone firent le reste.

En ce qui concerne le 11 septembre 2001 les avis sont partagés : s’agit-il d’un coup monté (false flag) ou d’un réel attentat terroriste organisé par des ressortissants de l’Arabie Saoudite ? Il reste de nombreuses zones d’ombre dans l’enquête réalisée par la justice américaine et les services de renseignements. Il y a les partisans de l’acte terroriste audacieux commandité par Ben Laden (ou par l’Arabie Saoudite ?) et ceux qui pencheraient pour un acte terroriste déguisé et entièrement organisé par la CIA pour servir de prétexte à l’entrée en guerre des USA avec leurs alliés en Afghanistan. La majorité de l’opinion penche pour l’acte terroriste car il manque beaucoup d’éléments permettant de prouver le contraire, c’est-à-dire pour alimenter la théorie de la conspiration autorisant de facto les USA à entrer en guerre au Moyen-Orient.

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Ce qui encourage les conspirationnistes dans cette affaire est le témoignage totalement truqué 9 ans plus tard de Nayirah al-Sabah, une Koweitienne de 15 ans qui affirma le 10 octobre 1990 devant la Commission des Droits de l’Homme à Washington que les Irakiens (qui avaient envahi le Koweit) avaient débranché les couveuses dans les maternités de Koweit-City. Nayirah fut présentée comme une infirmière (de 15 ans ?) d’une maternité de cette ville. En réalité elle était la fille de l’Ambassadeur du Koweit en poste à Washington ! Comme le montre la photo ci-dessus tant le Président George Bush (père), ancien directeur de la CIA faut-il le rappeler, que l’ambassadeur du Koweit se réjouissent en regardant Nayirah lors de sa prestation rediffusée par toutes les télévisions du monde. Il s’avéra qu’aucune couveuse n’avait été débranchée par les militaires irakiens. Cet évènement totalement truqué signa l’entrée en guerre des USA en Irak – l’opération Desert Storm – qui fil la une de CNN pendant des semaines et les opinions publiques du monde entier furent bluffées. L’affaire des armes de destruction massive de Saddam Hussein (comme si les USA ne possédaient ni gaz de combat, ni armes biologiques, ni bombes anti-personnel, ni ogives nucléaires de destruction massive) servit de prétexte à la seconde guerre d’Irak (illustration captée sur le site de ZeroHedge) alors qu’il s’avéra que l’Irak ne possédait qu’un armement traditionnel.

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L’affaire de l’interférence russe dans les récentes élections américaines entre-t-elle dans la catégorie des fausses alertes ? Si 3 des 15 agences de renseignement américaines se sont accordées pour affirmer que la Russie avait interféré dans ces élections, elles n’ont toujours pas pu apporter de preuves incontestables comme on a coutume de le dire « noir sur blanc ». Ce ne sont donc que des rumeurs au même titre que l’USS Maine et l’USS Maddox. Il existe cependant de nombreux éléments troublant comme en particulier les écoutes de la « Trump Tower » à New-York avant et pendant la campagne électorale. Il s’agit d’une affaire particulièrement embarrassante car si ces écoutes eurent réellement lieu elles furent ordonnées par Obama lui-même … Pire encore, les évènements de Maiden en janvier 2015, commandités par la CIA sur ordre d’Obama et ayant pour but d’évincer le Président ukrainien pro-russe en le remplaçant par une marionnette, Petro Poroshenko, notoirement corrompu, fasciste sinon nazi de surcroit, à la solde de la Maison-Blanche aurait permis à Hillary Clinton d’organiser cette fausse interférence russe en pleine crise du vol MH17 que ce soient Trump ou un autre individu qui devienne par la suite candidat du Parti Républicain. L’information a été révélée par le site Politico qu’on n’est naturellement pas obligé de croire sur parole mais c’est tout de même troublant (voir le lien).

Curieux tout de même que plus personne ne parle du vol MH17 : un autre false flag ?

Pour justifier une guerre auprès de l’opinion publique il faut des arguments que cette dernière est prête à admettre afin de satisfaire l’agenda des néo-conservateurs américains pour établir la totale hégémonie de l’impérialisme américain sur le monde et tous les moyens sont bons même les coups les plus tordus. Quand un gouvernement contrôle l’opinion il contrôle le peuple comme se plaisait à le dire Goebbles en son temps. La ploutocratie en place à Washington, main dans la main avec le complexe militaro-industriel tentaculaire américain, n’est constituée que d’une bande de menteurs de la pire espèce qu’il n’y a aucune raison de croire sur parole …

Source : adapté d’un article de ZeroHedge : http://www.zerohedge.com/news/2017-09-20/never-forget-us-government-jas-known-history-using-flase-flags

http://www.politico.com/story/2017/01/ukraine-sabotage-trump-backfire-233446

La disparition des abeilles : mythe ou réalité ?

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Les 6, 20 et 29 février 2016 j’ai laissé trois billets sur ce blog relatifs à la maladie des colonies d’abeilles et il semble que, du moins aux USA, ce phénomène soit en voie d’atténuation significative. Selon les dernières statistiques du Département de l’agriculture américain (USDA) le nombre d’essaims actifs a augmenté de 3 % depuis le début de l’année 2017 soit une augmentation du nombre d’environ de 90000 ruches sur un total de 2,9 millions enregistrées auprès des autorités. Selon Tim May, vice-président de l’association nord-américaine des apiculteurs « pour sauver les abeilles il faudrait savoir exactement de quoi elles souffrent » (sic) … cela va de soi. Si les ruches meurent toujours car une colonie n’est pas éternelle leur disparition a diminué de plus de 60 % entre avril et juin de cette année par comparaison avec la même période de l’année 2016, toujours aux USA.

Les meilleures conditions adoptées par les apicultures sur recommandation de l’USDA pour dédoubler les ruches, leurs discussions avec les agriculteurs afin qu’ils n’utilisent pas de pesticides lors de la période critique d’essaimage et de dédoublement des colonies semblent avoir été un succès. Malgré ces efforts aux résultats encourageants, il reste toujours que 13 % des colonies meurent en raison de l’usage de ces pesticides, 12 % à la suite d’infestations avec des parasites autres que le varroa et enfin 4,3 % en raison d’autres maladies. Les principales causes de la mort des ruches restent toujours le mauvais temps, l’insuffisance de pollen pour les butineuses, le manque de nourriture à la fin de l’hiver et enfin et surtout les mauvaises pratiques d’élevage des apiculteurs eux-mêmes. La disparition des colonies d’abeilles deviendrait-elle un mauvais souvenir ? Selon le Docteur May Berenbaum, entomologiste à l’Université d’Illinois, les pesticides ont été peut-être un peu trop tôt incriminés pour masquer les mauvaises pratiques d’un grand nombre d’apiculteurs pour une raison assez simple à comprendre : près de la moitié des ruches américaines sont infestées par le varroa et les apiculteurs n’aiment pas trop reconnaître qu’ils ne connaissent pas leur métier ou plus simplement leur passe-temps. Belle démonstration d’un évènement monté en épingle par les défenseurs de l’environnement alors que les arguments scientifiques irréfutables d’une effet nocif des pesticides, en particulier des néonicotinoïdes, se font toujours attendre. En Europe la situation est sensiblement identique et ce n’est pas le moratoire décrété par les instances bruxelloises au sujet de l’utilisation des néonicotinoïdes qui y est pour quoi que ce soit. Il était politiquement correct d’interdire ces produits en vertu du détestable principe de précaution qui à l’évidence ne s’applique pas aux USA …

Source : Bloomberg, illustration : varroa (Wikipedia)

Crise climatique : Greenpeace devant les tribunaux fédéraux américains

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C’est une note émanant du siège social de la société pétrolière et gazière Energy Transfer Equity, basée à Dallas, Texas, qui a informé le monde entier que l’organisation Greenpeace – Greenpeace International, Greenpeace Inc, Greenpeace Fund Inc, BankTrack et EarthFirst ! – était poursuivie pour violation de l’acte dit RICO en termes juridiques, acronyme de « Racketeer Influenced and Corrupt Organizations ». Greenpeace fait campagne depuis plusieurs années contre l’installation du pipe-line XXL qui est en construction depuis le Dakota du Nord vers le Texas avec un prolongement prévu vers le Canada. Cette organisation, donc classée comme un groupement pratiquant le rackett et se complaisant dans la corruption active, une excellente définition juridique de son image, est accusée d’utiliser des moyens illégaux et mensongers pour dissuader les partenaires du projet XXL dont Energy Transfer Equity.

Les arguments de Greenpeace sont les suivants selon le site d’Energy Transfer Equity :

– violation des traités définissant les territoires accordées aux tribus indiennes,

– profanation des sites sacrés de la tribu Sioux de la Roche Dressée,

– construction de l’oléoduc sans avoir consulté cette tribu,

– utilisation illégale de la force publique contre les manifestants opposés à la construction de l’oléoduc sur le site du Lac Oahe.

Greenpeace n’a plus qu’une petite représentation aux USA et est aujourd’hui immatriculée aux Pays-Bas à la suite de démelés avec les services fiscaux américains. Il est probable que les lourdes compensations financières demandées par Energy Transfer signeront l’arrêt de mort de toute activité de cette organisation terroriste et mafieuse aux USA, et après la Chine, l’Inde et la Russie, ça fait très désordre.

Source : enregytransfer.com via WUWT

L’Afghanistan : un eldorado minier

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Lors de leur séjour pas très touristique en Afghanistan qui dure maintenant depuis plus de 15 ans, la plus longue guerre dans laquelle se sont hasardé les USA depuis leur création, tourisme qui a coûté la vie à plus de 2500 soldats – un détail en comparaison des victimes collatérales le plus souvent civiles de ce pays qui ne demandait rien à personne – les Américains ont rétabli la culture du pavot (revoir l’article sur ce blog) mais les spécialistes de l’USGS (Geological Survey) ont mis les bouchées doubles pour identifier le potentiel du sous-sol afghan et ils n’ont pas été déçus, c’est le moins que l’on puisse dire. Ayant déjà dépensé plus de 1000 milliards de dollars dans ce conflit et envisageant de passer définitivement la main à des milices privées du genre Blackwater pour réaliser quelques économies il faudra bien que le Pentagone, les parasites de Wall Street et la CIA se remboursent, en quelque sorte, et puissent réaliser des profits car l’appétit de ces hautes autorités du « Deep State » américain en veulent encore plus que le trafic d’héroïne. C’est la raison pour laquelle le Président Trump a été expressément prié de ne plus envisager de retirer les Américains d’Afghanistan !

Du coup les ressources minières variées de l’Afghanistan sont maintenant la cible du pillage organisé de ce pays par les Américains. Il fallait s’y attendre un peu. L’illustration ci-dessus se passe de commentaires. Les montants estimés par l’USGS sont exprimés en milliards de dollars hors dépôts de lithium, un métal qui pourrait bien dans un proche avenir être classé comme stratégique. Mais ces montants peuvent être falsifiés pour dissimuler le véritable eldorado afghan. Finalement c’est surtout l’appât du gain qui a conduit les Américains à s’implanter en Afghanistan, pays aussi limitrophe de l’Iran, et pas seulement pour l’opium.

Sources : diverses, illustration pêchée sur le site thesaker.is

Note : Le niobium se trouve associé au fer dans certains minerais. Ce métal est utilisé en alliage dans les aciers spéciaux et pour la fabrication de fils supraconducteurs.

https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/07/01/la-cia-et-lopium-dafghanistan-un-gros-business/

L’affaire rocambolesque du talc pour bébé de J & J (suite)

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Comme de bien entendu ça se passe aux USA, pays où il y a plus d’avocats que de personnes incarcérées pour diverses raison en particulier la couleur de leur peau (population carcérale américaine : 2,5 millions, plus que dans n’importe quel pays totalitaire passé ou présent) mais il ne s’agit pas du sujet évoqué dans ce billet. La firme Johnson & Johnson a été condamnée ce lundi 21 août 2017 par un tribunal de Los Angeles à verser 417 millions de dollars dont 70 millions de dollars en dommages compensatoires et 347 millions en dommages punitifs à une femme de 63 ans qui la poursuivait car elle considérait que son cancer des ovaires avait été provoqué par le talc pour bébé qu’elle appliquait autour des parties intimes de son anatomie depuis l’âge de 11 ans. Pour bien comprendre le caractère surréaliste de cette histoire il faut faire quelques remarques au sujet du talc, J & J faisant face à plus de 4800 procès et ayant donc déjà été condamné à payer plus de 700 millions de dollars à divers plaignants (voir le lien sur ce blog), merci pour les avocats !

Le talc est constitué de particules solides et insolubles dans l’eau de silicate de magnésium. Il est fortement hygroscopique, il assèche donc la peau lors de la transpiration, et sa structure cristalline en feuillets facilite la friction de la peau, il n’y a plus d’irritations et celle-ci reste « douce ». Le talc utilisé dans l’industrie cosmétique ne contient pas d’amiante et ce point particulier est vérifié soigneusement car certains gisements de talc contiennent de faibles quantités d’amiante et le talc qui y est extrait n’est pas autorisé pour des usages cosmétiques. Cette régulation a été mise en place en 1970 aux USA puis a été appliquée dans tous les pays du monde. Le silicate de magnésium du talc n’a jamais pu être prouvé comme carcinogène tant sur des animaux de laboratoires que sur des cellules humaines en culture y compris à fortes doses. C’est d’ailleurs lors de ces études que l’interdiction du talc contenant de l’amiante a été mise en place, les animaux de laboratoire inhalant ce type de talc ayant développé des cancers de la plèvre.

L’argument des plaignants américains à l’encontre de J & J se base sur une classification controversée du talc par l’IARC ou Centre international de recherche sur le cancer, cet organisme onusien situé à Lyon, France, au sujet duquel j’ai déjà eu l’occasion de disserter, qui a classé le talc comme « possible carcinogénique » pour les humains alors qu’il n’existe aucune évidence scientifique pour étayer cette classification tout aussi absurde que de déclarer le glyphosate cancérigène « possible » (voire « probable ») pour la plus grande satisfaction des avocats qui sont payés à la commission, du moins aux USA. Les procès intentés à l’encontre de J & J se basent donc sur une « possible » accessibilité du talc jusqu’aux ovaires, c’est en tous les cas l’argument avancé par les avocats : les particules de talc seraient-elles munies de flagelles comme les spermatozoïdes ?

L’influence du fumeux principe de précaution a donc permis à l’imbécillité humaine mercantile de franchir une nouvelle étape. C’est la seule conclusion qui puisse être trouvée pour cette histoire caricaturale et rocambolesque. Aux dernière nouvelles J & J a fait appel de la décision du tribunal de Los Angeles en raison du manque de preuves scientifiques dans les affirmations fantaisistes des avocats, mais le mal est fait et l’opinion publique, encore une fois et comme dans de nombreuses autres situations, considérera dorénavant le talc comme cancérigène, comme les pommes de terre frites, le glyphosate, la viande grillée, les « ondes » et pourquoi pas le clair de Lune pendant qu’on y est … Tous ces plaignants, plutôt que de s’adresser à des avocats, devraient consulter un psychiatre, voire plusieurs spécialistes, car ils sont vraiment dérangés mentalement !

Sources de l’information et illustration : Les Echos, American Cancer Society, et aussi sur ce blog : https://jacqueshenry.wordpress.com/2016/02/25/apres-lamiante-le-talc/

L’Apocalypse selon Saint Donald …

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Depuis la fin de la Guerre de Sécession (1861-1865) il n’y a plus jamais eu de conflit armé sur le sol américain et pourtant, comme je l’avais rappelé dans un billet de ce blog il y a quelques semaines, les USA n’ont jamais cessé de s’impliquer dans des conflits armés dans le monde entier, conflits souvent créés de toute pièce par les agissements des services secrets américains. Le peuple américain est, depuis l’enseignement de l’histoire à l’école, formaté par l’idéologie impérialiste de son pays. L’un des exemples le plus caricatural de cette désinformation est le récit de la guerre du Vietnam, un pays qui mettait en danger la sécurité américaine ! Près de 60000 soldats américains y laissèrent leur vie mais les livres d’histoire oublient de mentionner que ce pays essentiellement rural et paisible fut ruiné, des millions de Vietnamiens périrent brûlés vifs par le napalm, empoisonnés par l’agent orange ou encore torturés et assassinés au nom de la liberté américaine. Cette attitude consistant à réécrire l’histoire n’est pas une caractéristique unique des Américains mais elle atteint un tel degré de sophistication pour la plus grande gloire du pays que le citoyen américain moyen est littéralement sous hypnose et qu’il est incapable de comprendre que la politique de l’aristocratie néoconservatrice américaine qui a de facto ôté tout pouvoir décisionnel au Président actuel est suicidaire et apocalyptique.

C’est ce qu’expose en substance John Pilger (johnpilger.com) dans un récent éditorial de son blog daté du 4 août 2017 rappelant que le Prix Nobel de la Paix Barack Obama alloua quelques jours avant de quitter la Maison-Blanche 618 milliards de dollars au Pentagone pour moderniser son arsenal nucléaire et que durant sa dernière année de mandat présidentiel l’armée américaine largua 26171 bombes sur les pays – tous des dangers pour la sécurité américaine – où ses troupes étaient engagées, Afghanistan, Irak, Syrie, Yémen, Somalie, …

Un décompte assourdissant de trois bombes par heure, 24 heures sur 24 alors qu’Obama se déclarait ouvertement hostile à toute forme de conflit armé, approuvant par ailleurs les assassinats systématiques d’innocents à l’aide de drones pilotés depuis le Nebraska, une arme de destruction massive et de terreur qui n’a jamais fait l’objet d’un quelconque traité international relatif à son utilisation …

La position des USA vient de franchir le seuil de non-retour en réactualisant, depuis l’élection du nouveau président les sanctions contre la Russie décidées par le Congrès et le Sénat à l’unanimité, le concept de frappes nucléaires préventives contre ce même pays, concept si cher aux généraux du Pentagone depuis … la guerre du Vietnam pour annihiler l’aide chinoise au Vietcong qui fut finalement abandonné fort heureusement. Une telle décision revient à condamner l’humanité toute entière. Curieusement l’homme de la rue des deux côtés de l’Atlantique n’a pas vraiment l’air de se soucier de cette décision sous le prétexte de défendre la liberté et la sécurité de la Grande Amérique. L’Apocalypse nucléaire approche et si cet homme de la rue ne réagit pas ses jours sont comptés. C’est la conclusion de John Pilger.

Relire : https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/07/13/les-americains-pretendent-etre-un-exemple-de-democratie-de-paix-et-de-liberte-et-nont-cesse-de-promouvoir-les-droits-des-hommes-ah-bon/

Note 1. Illustration du film « On The Beach » de Stanley Cramer (1959) décrivant l’hiver nucléaire vécu depuis l’Australie après un conflit généralisé ayant détruit toute forme de vie dans l’hémisphère nord.

Note 2. L’armée américaine est présente dans plus de 160 pays dans le monde, depuis la Norvège ou l’Estonie jusqu’aux Philippines, l’Australie, le Japon (occupé de facto depuis 72 ans) ou encore le Chili. Rien qu’en Europe, plus de 250 missiles nucléaires multi-charges, chacune ayant 20 fois la puissance destructrice de la bombe d’Hiroshima, sont déployés, en Allemagne, Turquie, Espagne, Italie, pour ne citer que les pays hébergeant officiellement des bases militaires américaines. Depuis l’élection de Donald Trump, le nombre d’assassinats à l’aide de drones a augmenté de 432 % tant en Syrie qu’en Irak ou au Yémen en appui des forces saoudiennes qui combattent une « rébellion » chiite supposée être financée par l’Iran. Les mouvements djihadistes servent de prétexte aux USA pour s’imposer dans de nombreux pays du monde, en particulier ces dernières semaines dans la province philippine de Mindanao. Il n’y a plus que la guerre qui permet encore à l’économie américaine de fonctionner tant bien que mal, alors que plus de 100 millions de personnes n’ont pas d’emploi et plus de 50 millions d’entre eux se nourrissent grâce à l’aide publique … beaucoup de chair à canons pour la prochaine guerre qui se profile. Mais où ?

Note 3. Selon les dernières informations le Président américain a donné le feu vert à l’Air Force basée à Guam pour des frappes préventives sur le territoire de la Corée du Nord : on s’achemine donc lentement mais sûrement vers un conflit généralisé. Inutile de faire des provisions de nourriture et de se munir de masques à gaz, nous mourrons tous, sans exception.

Géopolitique : avec les sanctions US contre la Corée du Nord, l’Iran et la Russie qui va sortir gagnant ?

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Pour se faire une idée du vent de folie qui souffle sur Washington il suffit de constater le vote des deux chambres en faveur des sanctions économiques qui ont pour but d’isoler la Russie, l’Iran et dans une moindre mesure la Corée du Nord du marché économique mondial puisque c’est le dollar qui est utilisé pour la très grande majorité des échanges commerciaux dans le monde. Un vent de folie à Washington devenu caricatural avec l’affaire de l’interférence russe dans le processus électoral américain, une psychose montée de toutes pièces par la CIA avec le concours inconditionnel des médias pour satisfaire la doctrine des néoconservateurs à savoir maintenir l’hégémonie américaine sur les sources d’énergie mondiales. Les conflits soigneusement organisés par les USA en Irak puis en Libye et enfin en Syrie n’étaient motivés que par ce souci géopolitique de maintien de cette hégémonie américaine sur le pétrole et le gaz de ces pays. La levée de façade des sanctions contre l’Iran, un autre pays très riche en hydrocarbures, à la suite de l’accord relatif au programme nucléaire iranien, a donc été remise en cause par le Congrès et le Sénat américains dans un vote unanime (moins 5 voix) digne d’un pays totalitaire, c’est presque risible. Ce n’est pas la première fois que les USA dénoncent ignominieusement des accords passés et c’est déplorable, plus aucun pays ne peut leur faire confiance.

Il n’y a plus de démocratie aux USA, c’est le complexe militaro-industriel et l’intelligentsia néoconservatrice qui dirigent le pays. Le président Trump a été relégué au rôle de marionnette et il ne dispose dorénavant d’aucun pouvoir. Ce vote l’a réduit au silence et il a signé, un couteau sous la gorge, la décision de Capitol Hill. Il lui reste trois ans et six mois à faire les cent pas dans le bureau oval …

Mais qui va bénéficier de ce coup stratégique foireux américain ? De toute évidence les deux pays les plus friands en hydrocarbures, la Chine et l’Inde, vont tout naturellement se tourner vers la Russie. Il existe déjà des accords de swap yuan-rouble et les exportations de pétrole et de gaz russes vers la Chine ne passeront pas par la case dollar. Il est évident qu’il va en être de même avec l’Inde dans un très proche avenir. Le projet en cours de réalisation de la nouvelle route de la soie ne bénéficiera pas à l’Europe qui se trouvera de plus en plus isolée et vassalisée par Washington. C’est aussi ce que veulent les néocons américains : que l’Europe, incontestablement la première puissance économique mondiale, ne porte pas ombrage à la « Grande Amérique Démocratique » montrée en exemple à tous les pays du monde. Quelle mascarade !

Restent les mesures de rétorsion que peut décider Vladimir Poutine. Il y a par exemple le titane : Boeing importe plus du tiers du titane nécessaire à la construction des avions depuis la Russie. L’uranium (voir note en fin de billet), c’est encore plus critique puisque les capacités d’enrichissement américaines ne suffisent tout simplement pas à assurer le rechargement des réacteurs nucléaires et les USA importent du combustible enrichi made in Russia. Le zirconium et le tantale font également partie des exportations russes vers les USA comme les diamants industriels, la Russie étant le premier producteur de diamants noirs du monde. Plus de diamants, plus de trépans, plus de forages pour le fracking, plus de gaz, plus de pétrole de schiste … Il se trouve qu’Airbus et Areva ou encore Total en France vont également souffrir d’un embargo sur les exportations russes vers l’Europe et des sanctions contre l’Iran. Les médias n’ont retenu que la première mesure prise par Poutine, à savoir expulser des diplomates américains, ce n’était qu’un rideau de fumée car si Poutine décide d’un embargo total vers l’Europe sur de nombreuses matières premières essentielles pour l’économie européenne et en particulier allemande, le prochain hiver va être très rude, surtout sans gaz naturel !

Finalement c’est Poutine – le pragmatique – qui sortira gagnant dans cette histoire. Quant à imaginer un conflit nucléaire nul n’y songe vraiment car en quelques heures seulement l’humanité, les grenouilles, les hirondelles et les pandas seraient totalement anéantis.

Source et illustration : inspiré d’un article de Pepe Escobar paru sur le site informationclearinghouse.com .

Note : Dans l’illustration en tête de billet ne figurent que les importations d’hydrocarbures russes par l’Europe. Le cas de l’uranium est pourtant hautement significatif puisqu’il s’agit d’une ressource énergétique au même titre que le gaz naturel et le pétrole ou le charbon. Pour information la Russie est le plus important producteur mondial de SWUs, terme technique acronyme de Single Work Unit ou Separative Work Unit qui se réfère à la quantité d’énergie nécessaire pour produire de l’uranium enrichi à 3,75 % d’isotope 235 et qui fixe le prix de l’uranium enrichi sur le marché. À titre d’exemple le rechargement en combustible d’un réacteur d’une puissance électrique de 1300 MW nécessite 1 million de SWUs par an. La Russie, bien que n’arrivant qu’en sixième position dans le monde pour la production d’uranium naturel sous forme de « yellow cake » loin derrière le Kazakhstan, le Canada et l’Australie est cependant le premier pays du monde pour l’enrichissement et la production d’uranium combustible devant l’Europe (Allemagne, Pays-Bas et Grande-Bretagne), la Chine, la France – pour ses besoins domestiques – et les USA. La Russie contrôle 45 % des SWUs produites dans le monde et les USA importent 90 % de l’uranium combustible de leurs réacteurs nucléaires qui produisent plus de 20 % de l’électricité consommée dans le pays. Pour information également l’uranium extrait au Canada ou au Kazakhstan est majoritairement enrichi en Russie et dans une moindre mesure en Allemagne et aux Pays-Bas. Le vote des deux assemblées de Capitol Hill a été acquis sous le coup de l’émotion entretenue par les médias mais les conséquences risquent d’être très douloureuses pour le secteur énergétique américain. (Source : World Nuclear Association)