Eugénisme : une sordide saga dans l’Amérique des années 1930

Se replonger dans le bon vieux temps, un âge d’or des certitudes sociales et morales, est au mieux une erreur, au pire une folie. Pour preuve, au moins sur les thèmes de la moralité sexuelle, de l’autonomie et des droits des femmes, il est difficile de surpasser le procès qui eut lieu en 1936 au sujet de la succession d’un célèbre inventeur californien. La saga triste et sordide est exposée dans un livre récent, The Unfit Heiress : « The Tragic Life and Scandalous Sterilization of Ann Cooper Hewitt », par Audrey Clare Farley.

Ann était la fille de Peter Cooper Hewitt, un ingénieur riche et très respecté qui développa la lampe à vapeur de mercure. Elle était un enfant naturel issu d’une liaison extraconjugale de Peter Cooper Hewitt avec Marion Jeanne Andrews, qu’il épousa après la mort de sa première femme. Son testament précisait que les deux tiers de sa succession devaient être attribués à Ann, qu’il reconnut comme sa fille et un tiers à Marion – mais la part d’Ann reviendrait à sa mère si Ann mourait sans enfant. Hewitt mourut en 1921.

Marion, se faisant maintenant appeler Mme Maryon Brugière-Denning-Hewitt-d’Erlanger-McCarter, avec un nom de famille pour chacun de ses nombreux maris, a eu une inspiration incroyable. Peu avant le 21e anniversaire de sa fille Ann en 1935, alors qu’elle allait atteindre légalement sa majorité, Ann a été hospitalisée pour une appendicectomie. Maryon a dit aux médecins que sa fille était «  à moitié débile » et leur a ordonné de la stériliser en même temps moyennant un paquet de dollars conséquent. Les médecins se sont conformés aux ordres et Mme B-D-H-d’E-McC devint certaine d’hériter de toute la fortune de Hewitt à la mort de sa fille.

Ann, cependant, n’était pas faible d’esprit, elle pouvait parler plusieurs langues étrangères et était largement connue dans la haute société de Los Angeles. Elle a donc poursuivi sa mère et les médecins devant la justice. L’affaire a pris une dimension sensationnelle et malsaine, une de ces histoires qui captiverait aujourd’hui des dizaines de millions de personnes. Au cours du procès Maryon a déclaré que sa fille était sexuellement déviante et vagabonde et de son côté Ann déclara que sa mère était dépensière, souvent ivre et qu’elle se négligeait.

Le tribunal a cru la mère.

Dans son livre Farley examine pourquoi. Elle fait valoir que la décision du tribunal reflétait une croyance largement répandue aux Etats-Unis dans les années trente en l’eugénisme – ainsi qu’au racisme et à l’autorité patriarcale, dans le cas du procès plutôt matriarcale.

Afin de protéger la race blanche des « indésirables », les eugénistes étaient déterminés, entre autres mesures, à éliminer la « sous-humanité » de leurs propres rangs. Confrontés à des défauts mentaux, moraux et physiques, ils ciblaient les blancs pauvres, handicapés, dépendants de substances illicites et sexuellement transgressifs perçus comme menaçant la vitalité du pool génétique, soit en raison de leurs traits héréditaires, soit en raison de leur apparente probabilité de franchir la ligne rouge que définissaient les bonnes moeurs.

Cela semble juste. L’eugénisme faisait partie du « papier peint » national dans les années 1920 et 1930. Voici ce que Margaret Sanger, la fondatrice de Planned Parenthood, a écrit dans son projet de « baby code » en 1934 :

« Les personnes débiles d’esprit, les criminels congénitaux habituels, les personnes atteintes d’une maladie héréditaire et d’autres personnes jugées biologiquement inaptes par les autorités doivent être stérilisées ou, en cas de doute, doivent être isolées de manière à empêcher la perpétuation de leurs afflictions par la reproduction ».

Même les partisans d’Ann ont accepté la nécessité de l’eugénisme. Ils ont simplement affirmé qu’une riche fille blanche comme elle ne méritait pas d’être stérilisée. La stérilisation eugénique imposée à des « personnes pauvres, handicapées et « rebelles » » était un moyen de « réduire le nombre de personnes malsaines dans la population », écrit Farley dans son ouvrage.

Maryon n’a pas eu beaucoup de temps pour profiter de son héritage, elle décéda en 1939. Ann s’est également mariée cinq fois et décéda en 1956 à l’âge de 40 ans.

Article de Michael Cook paru sur son site BioEdge. Lien: https://en.wikipedia.org/wiki/Peter_Cooper_Hewitt

Brève. Géopolitique européenne

La tension est ravivée en Ukraine par l’entremise du parti démocrate américain. C’est une vieille histoire qui date de l’administration Obama. La vraie raison de ces déclarations tonitruantes provenant surtout de l’Ouest est le gazoduc NordStream-2. Les Américains veulent contrôler les approvisionnements énergétiques de l’Europe occidentale et à quelques mois du départ à la retraite de la Chancelière Merkel il était nécessaire de mettre la pression sur l’Allemagne, le pays européen le plus impatient de pouvoir disposer du gaz naturel russe. La politique de « verdissement » du secteur de l’énergie allemand a rencontré d’immenses difficultés au cours de l’hiver passé : des moulins à vent en berne, des panneaux solaires recouverts de neige, ce qui a démontré que le passage aux énergies renouvelables (intermittentes) n’était pas acquis. À tel point que des centrales thermiques censées être fermées définitivement ont du reprendre du service in extremis en raison des conditions météorologiques. Si dans moins d’un an le gazoduc NordStream-2 n’est pas opérationnel alors la situation de l’ensemble de l’économie allemande deviendra très délicate.

Alors que se passe-t-il dans de Donbass ? Le gouvernement central de Kiev a donné carte blanche aux groupes néo-nazis lourdement armés de « se défouler » en bombardant ici et là des populations civiles. Ces néo-nazis sont soutenus par la CIA qui veut attiser les tensions entre le Donbass russophone et chrétien orthodoxe et le reste du pays « ukrainophone », un dialecte proche du polonais, il faut appeler un chat un chat, et à majorité catholique. Que les Russes aient décidé d’effectuer des manœuvres militaires sur son territoire, rien ne les en empêche. Les aboiements du Secrétaire général de l’OTAN frisent le comique. Imaginez que le gouvernement suisse manifeste sa désapprobation auprès du gouvernement français parce que des bataillons de chasseurs alpins de l’armée de terre française sont en manœuvre dans le massif du Mont-Blanc, le monde entier serait pris d’un immense fou-rire.

Les USA, dans leur rêve hégémonique, veulent intégrer l’Ukraine dans l’OTAN et ni la Russie ni la Biélorussie ne veulent en entendre parler. D’autre part la CIA prétend que l’Oblast de Kaliningrad doit être supprimé car il n’a aucune raison d’être. Il est d’ailleurs révélateur que les actions de la CIA dans ce territoire russe coïncident avec les récents évènements d’Ukraine. La désinformation organisée par la CIA est tellement efficace que les chefs d’Etat européens demandent maintenant à la Russie de retirer ses troupes du Donbass ! On croit rêver. La Russie se moque de l’Ukraine mais elle réagira si des aventuriers suicidaires osent pénétrer sur le territoire russe. C’est normal.

Le parti démocrate US veut déclencher une guerre pour relancer l’économie américaine car seul le complexe militaro-industriel américain est encore en état de fonctionnement. La Russie veut vendre son gaz et n’a cure des gesticulations des Ukrainiens. D’autre part quelle que soit sa nationalité et la nature de sa mission un navire pénétrant dans la Mer Noire ne peut pas y séjourner plus de trois semaines (Convention de Montreux, 1936) s’il ne bat pas le pavillon de l’un des pays riverains et des navires de l’US-Navy ont été contraints de quitter la Mer Noire très récemment. Enfin l’Ukraine est un pays divisé et selon les statuts de l’OTAN aucun pays candidats pour rejoindre cette organisation doit d’abord régler ses problèmes nationaux. Or ces problèmes datent de plus de deux siècles et il y a fort à parier que la seule solution est une partition de ce pays artificiel. Quant au gaz russe l’Allemagne finira par taper du poing sur la table pour signifier aux Américains qu’ils s’occupent de leurs problèmes domestiques, qu’ils cessent de mentir comme ils l’ont fait depuis le 11 septembre et qu’ils reconnaissent qu’ils n’ont plus aucun droit sur les autres pays du monde.

Note à l’intention de mes honorables lecteurs. Cette semaine je fais visiter l’île de Tenerife à l’un de mes neveux et j’en ferai profiter mes lecteurs avec quelques photos de cet endroit parfois surprenant.

Géopolitique. Diverses remarques : USA et Europe

Je voudrais présenter mes plus humbles excuses auprès de mes fidèles lecteurs car je n’ai pas l’intuition analytique surprenante par sa finesse d’Emmanuel Todd qui, bien avant la chute du mur de Berlin, eut l’audace de prédire le collapsus du bloc soviétique. Todd a récidivé en prédisant la chute de l’Empire américain dont on assiste aujourd’hui à la déliquescence. Ce pays, il y a encore quelques années, dominait le monde et, miné par l’usage de diverses drogues, par l’extravagante consommation de boissons sucrées conduisant à un surpoids de près de 60 % de la population avec toutes ses conséquences pathologiques, une chute alarmante de l’espérance de vie, une mortalité infantile en augmentation et un chômage massif de près d’un tiers de la population active, ce pays ne peut que régresser.

J’avais écrit des billets de politique-fiction sur ce blog et je me suis systématiquement trompé. Mais pour ce qui concerne les Etats-Unis, la situation est préoccupante. Juste une remarque préliminaire. Si le vieux « Joe » avait dit à son électorat au moment de la campagne électorale présidentielle, clairement, qu’il allait au cours de la première année de son mandat entrer en guerre contre un pays de son choix, ces électeurs auraient-t-ils voté pour lui ? En ce qui concerne mes « fictions » je me suis trompé au sujet d’un encombrement des maternités à la fin de l’année 2020, neuf mois après le premier confinement qu’ont subi les Français. J’avais oublié qu’en France le nombre annuel d’avortements atteint le chiffre invraisemblable de 280000 par an. Et pour une révolution lors du 150e anniversaire de la Commune, rien ne s’est passé et Christophe Claudel dont j’ai inséré sur ce blog son article l’a très bien expliqué dans une prose un peu laborieuse : les Français sont devenus des moutons dociles et il n’y a plus rien à espérer.

Pour se donner l’illusion qu’il est encore le leader du monde l’Amérique, maintenant dirigée par une équipe hétéroclite constituée d’opportunistes en tous genres, n’a plus d’autre choix que de fomenter un conflit armé avec un pays quelconque pour redémarrer une pseudo activité industrielle, comme si les USA vivaient encore les années 1940 lorsque Roosevelt orienta la totalité de l’industrie américaine pour fournir à l’Europe le soutien qui permit à la Grande-Bretagne de vaincre l’Allemagne nazie. Au passage il faut rappeler que sans la percée sur le front est de l’armée soviétique les Américains et les Anglais auraient rencontré de réelles difficultés pour vaincre le IIIe Reich. Comme chacun sait les vainqueurs réécrivent l’histoire comme ils l’entendent, mais c’est une autre affaire.

Malheureusement pour les Etats-Unis la donne géopolitique a changé. À force de traiter les Russes et les Chinois de « sous-hommes » incapables d’installer une démocratie « à l’américaine », excusez l’euphémisme, la politique américaine a réussi ce qu’elle devait éviter à tout prix : rapprocher la Chine et la Russie. En conséquence toute velléité guerrière quelle qu’elle soit de la part des USA à l’encontre de quelque pays que ce soit, aujourd’hui, constituera un très grand risque, une aventure à coup sûr perdante. L’administration Biden devrait prendre conscience que le monde a changé depuis Obama, le bloc Russie + Chine constitue un challenge qui ne pourra même pas conduire à un conflit nucléaire dont personne ne veut puisqu’il s’agirait de la plus grande extinction massive depuis la chute de la météorite qui anéantit les dinosaures il y a 65 millions d’années. Économiquement en chute libre les Etats-Unis sont devenus dépendants de la Chine, comme d’ailleurs l’Europe, et « faire des misères » à ce pays est un jeu qui se retournera contre le peuple américain.

Emmanuel Todd avait raison en prédisant la chute de l’empire américain et il a raison également en prédisant la chute de l’Union européenne. En effet l’Europe est le « pré carré » des Américains. L’Europe occidentale était déjà sous la coupe des USA lors de la guerre froide et depuis la chute du mur de Berlin c’est l’ensemble de l’Union élargie qui est dominée militairement par les Américains. À cette domination militaire il faut ajouter la domination économique et financière, le dollar étant toujours la monnaie d’échange au sein de l’Europe, le système SWIFT (américain) et les lois extraterritoriales américaines rendant de fait l’ensemble de l’économie européenne prisonnière des USA. Tout projet industriel ou commercial non conforme à la doctrine américaine est, en Europe, soigneusement combattu par tous les moyens, les plus tordus, par les Américains. L’exemple du gazoduc NordStream-2 en est une illustration.

Il y a pire encore. Les USA ont entrainé l’Europe dans le déclin idéologique en exportant les analyses ultra-gauchistes émanant des campus universitaires, y compris des plus prestigieuses universités de la côte est comme de la côte ouest. Les mouvements LGBT ou BLM (Black Live Matters) ont trouvé un terrain de choix en particulier dans les universités françaises qui, comme le gouvernement feint de l’ignorer, sont des pétaudières de gauchistes prétendant réformer le monde en attendant d’hypothétiques allocations de chômage. Ce qui sévit aujourd’hui dans ces universités me rappelle les conversations houleuses auxquelles j’ai participé en mai 1968 à l’Université de Lyon. J’osais dire haut et fort aux étudiants avec qui je suivais les cours de biologie que lorsqu’ils auraient décroché un poste de recherche pour préparer une thèse de doctorat leurs revendications s’éteindraient avec une rapidité proportionnelle au montant de leur premier salaire. C’est exactement ce qui arriva. Aujourd’hui la situation est très différente. Comme pour les hôpitaux les universités sont des laissées pour compte budgétaires et les rares diplômés français s’expatrient.

Donc l’Europe s’enfonce dans le déclin et le SARS-CoV-2 a juste un peu accéléré ce processus mortifère inexorable. Bienvenue dans un monde où tout sera beau et tous seront gentils … Prochain billet de géopolitique, le cas des Ouïghours.

Retour sur l’ « agent orange », le cas de Madame Tran To Nga

Qui se souvient de la pire défaite de l’armée française depuis 1940 ? Je vais rafraichir la mémoire de mes lecteurs car je m’en souviens très bien. J’étais en pension, j’avais un peu plus de 8 ans et tous les soirs nous écoutions le bulletin d’information à la radio qui entre novembre 1953 et mai 1954 égrenait le nombre de morts dans les rangs de l’armée française. Au cours du siège de Dien bien Phu il y eut officiellement 2293 morts et 11721 prisonniers du côté français et nul ne sait quelles furent les pertes du Viet-Cong. Près de 9000 de ces prisonniers français moururent en captivité. Je m’en souviens, car ces évènements marquèrent à jamais ma mémoire de jeune enfant, qu’on ne parla jamais des prisonniers, du moins en ce qui concernait leur nombre et leur sors. Puisqu’après cette cuisante défaite la France envoya à nouveau des troupes se battre en Algérie il est facile aujourd’hui de critiquer les Américains va-t-en-guerre à nouveau avec l’équipe du vieux Joe, une obsession des démocrates américains car les Français n’ont cessé de faire la guerre pendant plus de dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale. Il n’y a pas lieu de s’en vanter. Quand les Français se retirèrent du Vietnam ce furent donc les Américains qui prirent la relève « au nom de la démocratie » et ils n’ont jamais cessé depuis de faire la guerre presque dans le monde entier toujours au nom de la démocratie. Les Français se battaient pour maintenir leur empire colonial mais les Américains se battaient se se battent toujours pour la démocratie. J’avoue que j’ai de la peine à comprendre l’attitude de nos « amis » américains car leur notion de démocratie m’échappe.

Bref, quand les Américains prirent la relève au Vietnam, après la guerre de Corée qui se terminait à peine, ils employèrent les grands moyens : des millions de tonnes de bombes et plus de quarante mille tonnes de défoliant pour repérer les mouvements du Viet-Cong lourdement appuyé par l’armée chinoise dans la forêt tropicale dense. Le produit défoliant était supposé contenir du 2,4,5-T, un défoliant ayant des propriétés herbicides puissantes maintenant interdit mais la commande de l’armée américaine auprès des compagnies de phytochimie s’appelait poétiquement l’ « agent orange » et c’est à ce moment-là que commence l’histoire de Madame Tran To Nga.

Contaminée alors qu’elle était une toute jeune fille cette franco-vietnamienne a toujours combattu pour que le Vietnam soit indemnisé des ravages profonds provoqués par l’agent orange. Tous ses enfants ont souffert de malformations et de diverses maladies dont l’explication se trouve dans le fait que la dioxine présente dans l’agent orange est un agent mutagène puissant et les mutations délétères se transmettent à la descendance (voir infra).

Encore aujourd’hui l’administration américaine et le Pentagone ont toujours refusé de reconnaître leur responsabilité : on était en temps de guerre, les pires crimes contre l’humanité n’étaient pas reconnus et la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) était tout simplement ignorée. Si le gouvernement fédéral américain a finalement indemnisé des combattants victimes de l’agent orange à hauteur de 180 millions de dollars en 1984 il s’agissait essentiellement des fonctionnaires de l’armée américaine.

Madame Tran To Nga a décidé de s’attaquer aujourd’hui aux fabricants de l’agent orange. C’est un combat perdu d’avance car ni Dow Chemical ni Monsanto, les deux principales firmes impliquées à cette époque, ne se sentent coupables directement puisqu’elles devaient faire face à une commande massive de l’armée et par conséquent toutes les précautions de fabrication n’ont pas été prises, dans l’urgence, pour satisfaire ces commandes. L’impureté incriminée et le TCDD (2,3,7,8-tetrachloro dibenzodioxin). Cette molécule s’intercale entre les appariements ioniques des bases puriques et pyrimidiques de l’ADN et provoque des erreurs de lecture au cours de la réplication de l’ADN lors par exemple d’une division cellulaire avec apparition de cancers ou pire lors de la gamétogenèse avec transmission à la descendance des erreurs de réplication.

Pour conclure ce billet je voudrais relater l’histoire de la belle-soeur d’origine laotienne d’un de mes amis français résidant ici qui date de seulement d’hier premier mars 2021. Elle a une quarantaine d’années et a eu deux filles qui ont aujourd’hui 14 et 12 ans. L’aînée souffre d’une forme rare de dysfonctionnement de la lignée sanguine blanche avec un fort déficit en plaquettes découvert il n’y a que quelques jours. Il peut s’agir d’une conséquence sur le long terme de l’agent orange puisque le Laos n’a pas été épargné par l’armée américaine lors de la guerre du Vietnam, ce pays étant considéré comme base-arrière et complice du Viet-Cong. La grand-mère de cette jeune adolescente a peut-être été exposée à l’agent orange lors de cette guerre et a transmis une ou plusieurs mutations à sa fille que celle-ci a transmis à l’une de ses filles. Si une mutation ne se trouve que sur l’un des allèles il y a une chance sur deux qu’elle soit transmise à la descendance. Si le gène de l’un des allèles est défectueux il peut être compensé en partie ou totalement par le gène sain. Cette Laotienne, disposant des deux allèles n’a pas souffert de symptômes délétères mais l’une de ses filles a récupéré l’allèle défectueux et pour une raison inconnue le (ou les) gène défectueux s’est exprimé. Ceci peut expliquer pourquoi peut apparaître au cours de la deuxième génération ce type de problème. Cette jeune adolescente a été prise en charge à l’hôpital à Bordeaux … Mais mon hypothèse est peut-être spéculative.

Source partielle et illustration : globalresearch.ca

Brève. Chronique politique internationale : les USA

Je ne peux m’empêcher de commenter la passation de pouvoir des Républicains américains au profit de la gauche démocrate et son leader, le vieux Joe Biden. La clique gauchiste américaine va mettre ses doigts dans la confiture comme ce fut le cas sous Obama (« fils de pute » selon le président philippin Duterte). Les interventions militaires vont reprendre après 4 ans de paix trumpiste. Le complexe militaro-industriel va aussi gouter à la belle confiture. Quand je parle de confiture il s’agit de la corruption généralisée sous l’administration Obama dont les gauchistes américains ont fait une très belle démonstration en truquant massivement les élections du 2 novembre dernier. Cet événement extrêmement préoccupant pour la survie de la démocratie américaine n’a pas vraiment alerté les autres démocraties partenaires des USA, je pense aux pays de l’Union européenne. Et c’est bien normal puisque la majorité d’entre eux ne sont plus des démocraties depuis l’apparition du SARS-CoV-2 à commencer par la France qui, jour après jour, bafoue les principes fondateurs de la République en réduisant les libertés individuelles. Le SARS-CoV-2 a bon dos …

Biden, un gauchiste de la trempe d’Obama, a déjà pris une multitude de décisions pour, selon ses propres termes, rendre l’Amérique plus verte, plus sociale, plus exemplaire encore, le principe qui a conduit Obama a guerroyer au nom de la démocratie. La situation internationale va donc redevenir tendue dans l’un des endroits les plus névralgiques du globe, le Golfe persique. L’une des inconnues sera la position de l’administration Biden vis-à-vis de la Chine car il y a deux autres points chauds dans la région : les Spartley et Taïwan. Je ne pense pas que les USA enverront des avions ou des drones bombarder l’Iran car la Russie et la Chine n’apprécieront pas. En ce qui concerne Taïwan la proximité d’Okinawa, la plus importante base militaire américaine dans la région à dix minutes de vol d’un F35 des côtes chinoises, poussera Pékin à réfléchir. Normaliser les relations économiques avec la Chine serait un choix plus rationnel, mais on ne peut jamais jurer de quoi que ce soit.

Que Biden ait déjà décidé de contribuer financièrement à l’OMS était attendu, que les USA réintègrent les accords sur le climat de Paris, ce ne sont que des formalités diplomatiques sans conséquences. Dans le concret, domestique, il va y avoir une valse de mécontentements dont la nouvelle administration n’a pas évalué l’ampleur. La limitation du fracking (voire son interdiction) va achever cette industrie de l’extraction du gaz et du pétrole de roche mère qui souffre depuis que le cours du baril de WTI stagne autour de 50 dollars. L’arrêt du pipe-line XXL va susciter de sérieux mécontentements au Canada et pour le charbon n’en parlons même pas, ce sera une catastrophe dans plusieurs Etats de l’Est. Cerise sur le gâteau, décider de légiférer sur le minimum du salaire horaire à 15 dollars va mécontenter Wall Street, la révision de l’assiette de l’impôt en direction des plus riches ne va pas non plus être apprécié par les financiers de Wall Street qui pour l’instant n’ont pas l’air de s’en préoccuper puisque les 1,9 trillions de dollars promis par Joe, le fameux « stimulus » iront immédiatement se réinvestir sur le NASDAQ et le SP500. Cette aide financière risque d’être la dernière et après ce sera « terra incognita ». Reste la régularisation des quelques 10 millions d’immigrés clandestins tolérés sur le sol américain … Je ne sais pas trop comment analyser cette décision sinon quelle poussera vers le bas les salaires comme ce fut le cas en Espagne lors du boom immobilier des années 2000 quand des centaines de milliers d’immigrants en provenance d’Amérique latine arrivèrent massivement sur le marché du travail. L’année 2021 va sans aucun doute être riche en surprises, rebondissements et éventuellement des larmes et du sang …

Réflexion libre sur l’actualité, les cas de Trump et Jack Ma

Le Chinois Jack Ma a disparu de la circulation et les médias bien-pensants n’osent pas trop commenter cette nouvelle qui après tout ne concerne que la Chine et les Chinois. Les commentateurs se perdent en conjectures. Pourtant cette information mérite une analyse compte tenu des évènements récents qui ont enflammé la ville de Washington et tous les médias du monde. Il y a quelques mois le Président Trump a laissé entrevoir que certains « GAFAM » enfreignaient la loi dite anti-trust américaine (Clayton Act, 1914) et qu’il était nécessaire de légiférer afin de réduire la puissance de ces sociétés privées. À la suite des évènements du 6 janvier 2021 le Président Trump a été interdit de parole par Google, Facebook, Twitter et d’autres canaux (illustration).

C’était une revanche des GAFAMs qui n’ont pas l’intention d’être dérangés dans leurs affaires par la nouvelle administration démocrate, car le message s’adressait aussi aux Démocrates. Il s’adressait également à tout pays manifestant une certaine hostilité à l’égard de ces entreprises privées qui ont acquis une puissance telle que plus aucun Etat ne peut les contrôler. Cependant certaines administrations des Etats-Unis collaborent avec ces entreprises pour la collecte de données concernant les citoyens anonymes. On se trouve donc, dans un pays dit démocratique comme les USA devant un paradoxe. L’activité de ces groupes, les GAFAMs, arrange le gouvernement américain mais leur puissance financière est dérangeante, et quand un pays comme la France s’estime en droit de taxer les bénéfices réalisés par ces mêmes groupes sur le sol français, le gouvernement américain se rebiffe, à n’y rien comprendre. C’est pourtant limpide, une démocratie ne peut plus gérer de tels puissances technologiques et financières tout en collaborant sous le manteau avec elles.

La Chine a pressenti ce danger lorsque Jack Ma, le fondateur d’Alibaba, a décidé d’une IPO (introduction en bourse) de la filiale Ant de ce groupe. Alibaba est le pendant d’Amazon en Chine et dans de nombreux pays d’Asie avec plus d’un milliard de clients et Ant est le concurrent direct de Visa et MasterCard avec sa plateforme Alipay. Alibaba et Ant sont deux monstres dont le pouvoir financier devait, d’une manière ou d’une autre, inquiéter le gouvernement chinois. Les projets d’extension de l’activité de Ant en Europe et en Amérique du nord n’ont probablement pas plu au gouvernement central chinois pour toutes sortes de raisons. On peut citer un embryon de collaboration avec Visa et MasterCard et l’implantation d’Alipay dans « trop » de pays. Les projets d’extension de Ant vers des services financiers n’ont pas non plus été du goût des dirigeants de Pékin car la monnaie, qu’elle soit scripturale, électronique ou fiduciaire, est le premier pouvoir régalien d’un Etat. Si un Etat perd le contrôle de sa monnaie, il perd une grande partie de sa souveraineté.

Les velléités de Jack Ma de développer les activités financières de Ant et le projet d’IPO ont probablement déplu – à juste titre – au gouvernement central de Pékin, c’est peut-être la raison de la disparition des radars de Jack Ma et ceci s’explique car la Chine n’est pas une démocratie contrairement aux Etats-Unis dont le Président, toujours en fonction jusqu’au 20 janvier s’est vu interdit de séjour par Zuckerberg et d’autres magnats des GAFAMs. En Chine ces individus seraient probablement en prison.

Au terme de cette courte réflexion on peut penser ce que l’on veut de la Chine et de son régime politique mais il y a un point qui mériterait d’être développé : la lente, mais certaine, dérive des démocraties européennes vers le totalitarisme. Souvenez-vous que dans les années 1930-1940 il fallait plus des doigts d’une main pour dénombrer les régimes dictatoriaux en Europe : la Russie soviétique, l’Allemagne, l’Autriche, la Grèce, l’Espagne, le Portugal, la Croatie et dans une moindre mesure la Norvège et la France … Le démon du totalitarisme n’est pas mort et il peut renaître à tout moment.

Réflexion. La revanche du marxisme !

Je n’ai pas été surpris par le constat formulé par Régis Debray au cours d’un entretien avec Edwy Plenel. On ne peut dire que ces deux personnages soient de « droite » mais mon malaise a été d’entendre Debray dire que le marxisme a pris sa revanche après la chute du mur de Berlin et du bloc soviétique en s’extériorisant dans l’idéologie du Parti Démocrate américain. J’ai souvent écrit sur ce blog que la gauche écologiste était fortement teintée de crypto-trotskysme incarnée aux Etats-Unis par AOC (cf. ci-dessous). Debray en a reconnu la réalité ! Dans un pays qui inventa le MacCarthysme on ne peut qu’être surpris par la remarque de Régis Debray et pourtant …

Quand on analyse les gesticulations d’une Alexandria Ocasio-Cortez aux Etats-Unis ou d’un Mélanchon en France ou encore de n’importe quel leader du mouvement gauchiste EELV, également en France, qui veulent tous réguler l’économie et le comportement des citoyens, n’est-ce pas une sorte de néo-marxisme ? Tous ces gauchistes d’EELV se sont alliés aux socialistes pour enlever des municipalités notoires de par leur importance sur le territoire français. Écolo-gauchistes et socialistes en perte de vitesse : même combat pour se refaire une santé ! Se retranchant derrière le faux prétexte d’une destruction de l’individu par le libéralisme et la mondialisation ces néo-marxistes veulent au contraire instaurer des régimes autoritaires beaucoup plus préjudiciables aux libertés individuelles. Subissant la pression des écologistes qui sont tous des crypto-troskystes le Président de la République française a choisi cette voie en instaurant de facto un état totalitaire en France, peut-être pas par idéologie personnelle mais surtout pour asseoir son autorité sur les 65 millions de personnes dont il a la charge de par sa fonction de président élu au suffrage universel. Il en est de même en Espagne avec le premier ministre Pedro Sanchez issu de la mouvance marxiste Podemos.

Si le communisme à la chinoise est parfaitement adapté au peuple chinois qui a toujours été gouverné par des régimes autoritaires, qu’il s’agisse des régimes impériaux passés et maintenant du Parti au pouvoir se réclamant des valeurs de Lénine, l’évolution de ce pays vers l’enrichissement d’une classe moyenne représentant tout de même plus de 800 millions de personnes ne ressemble en rien au système soviétique qui ne fit jamais la promotion d’une classe moyenne consommatrice de biens et accédant à une forme de capitalisme, ce qui est toléré et encouragé par le parti chinois.

Il est difficile d’imaginer que le Parti démocrate américain puisse réussir à imposer aux Américains des mesures radicales comme par exemple la lutte contre le réchauffement climatique. Attendons de constater la catastrophe californienne à venir ! Ce sera un bel exemple de l’impossibilité d’adapter l’idéologie néo-marxiste à un pays pétri de libéralisme. Il en sera de même en France et également en Espagne, la peur du virus sera vite oubliée car l’épidémie suivra le même scénario que la grippe espagnole de 1918-1919 qui disparut pour des raisons encore inexpliquée. Alors les peuples se réveilleront et si de surcroit ils comprennent que tout ce qui a été dit sur le climat n’était qu’une succession de mensonges la réaction de ces peuples que les politiciens veulent asservir sera violente. L’année 2021 sera une année fascinante. Lien : https://www.youtube.com/watch?v=p0kBIIY9MsU vers 1 heure, 07 minutes

Les étudiants de la Johns Hopkins University jettent un pavé dans la mare !

Il y a quelques jours les étudiants de l’Université américaine qui centralise les données mondiales relatives au SARS-CoV-2 ont publié sur leur journal interne des statistiques concernant la mortalité aux USA entre le premier février et le 5 septembre de cette année 2020. Le graphique ci-dessous résume l’ensemble des données par tranche d’âge :

Le fait que le virus ait muté durant cette période en essaimant en divers clones tous issus de la souche dite Wuhan initiale n’a pas modifié l’agressivité de ce microorganisme qui semble toujours aussi létal pour les patients âgés de plus de 65 ans … selon les statistiques officielles traitées par cette équipe d’étudiants. En effet sur cette période de 7 mois 74 % des morts étaient âgés de plus de 65 ans. De plus, et là cette étude interne de l’Université a quelque peu gêné le monde politique et pas seulement aux Etats-Unis puisque le monde politique américain a fait pression pour qu’elle soit retirée, sur la même période le nombre de décès quotidiens dans cette tranche d’âge est resté stable avant comme après le pic épidémique du printemps. Inutile ici de revenir sur le fait qu’il existait et qu’il existe encore un traitement parfaitement efficace lorsqu’il est appliqué dès l’apparition des premiers symptomes et que ce traitement n’est plus remis en question, je veux dire la tri-thérapie hydroxychloroquine+azithromycine+zinc, ce que les étudiants de la Johns Hopkins ont montré est que le nombre de morts n’a pas varié avant ce pic épidémique et durant ce même pic puisque les mois de février et mars ont été inclus dans ce graphique alors que le premier pic épidémique a débuté au cours des derniers jours de mars 2020.

Ces mêmes étudiants non conformistes ont découvert en analysant toutes les causes les plus communes de mortalité aux USA que, en raison du coronavirus, toutes ces autres causes de mortalité avaient diminué comme par magie y compris pour les cancers ! Curieux n’est-il pas ? Il est important de rappeler ici que toutes les co-morbidités potentielles ou avérées sont consignées par les médecins et qu’elles sont centralisées par le CDC. Ces données sont disponibles pour les universitaires. Or ce n’est pas le cas dans les pays de l’Union européenne mais globalement la situation en Europe comme aux Etats-Unis est sensiblement identique. Par conséquent l’étude des étudiants de la Johns Hopkins pourrait être transposée point par point à n’importe quel pays européen. Cette étude met donc en évidence le fait que, et les étudiants n’en expliquent pas les raisons, la mortalité du coronavirus a été largement surévaluée d’ailleurs curieusement au détriment, si on peut dire les choses ainsi, de la grippe saisonnière et des maladies respiratoires chroniques.

Comment appeler ce genre de trucage des données ? C’est de la malhonnêteté délibérément organisée sur ordre du gouvernement central dont en particulier le sinistre Docteur Fauci dont les homologues français sont Salomon ou Delfressy. Pour les amateurs anglophones voici le lien vers cet article : https://johnbwellsnews.com/a-closer-look-at-u-s-deaths-due-to-covid-19/ . On se trouve donc clairement devant une gigantesque machination statistique mise en place par les gouvernements délibérément sur ordre du lobby pharmaceutique occidental pour transformer tous les citoyens en consommateurs obligés en détournant l’opinion de cette supercherie par la mise en place de mesures totalement inadaptées et inutiles entretenant parallèlement une peur qui finalement, comme l’indiquent les travaux de ces étudiants de la Johns Hopkins l’ont clairement indiqué, n’avait pas lieu d’être. Au final, quoiqu’en disent les décideurs politiques, ce virus n’a pas du tout été aussi dangereux et létal qu’ils le prétendent. Tout ça pour rien, à un détail près : qu’il s’agisse de l’Amérique du nord ou de l’Europe occidentale les économies ont été profondément perturbées, un signe de décadence de la civilisation ?

France et SARS-CoV-2 : le meilleur élève ?

Les médias français, tous pro-gouvernementaux à de rares exceptions près, clament que la gestion de la pandémie coronavirale a été gérée correctement comment dans des pays comme les USA ou le Brésil et que la France a fait beaucoup mieux que ces deux derniers pays. Je n’ose pas écrire ici qu’il s’agit d’une grosse supercherie. Si on examine les statistiques mondiales collectées par la Johns Hopkins University, les 4 pays leaders par le nombre de « cas » positifs en millions sont les USA (13,4), l’Inde ( 9,4) le Brésil (6,3) et la France (2,27). En nombre de morts, au 30 novembre 2020, ce classement est légèrement différent : USA (266000), Brésil (172000), Inde (137000) et France (52400) toujours quatrième dans le classement.

Les USA comptent 331 millions d’habitants et si on rapporte le nombre de morts dans chacun de ces 4 pays à la population américaine – c’est une simple affaire de règles de trois comme je les affectionne – on découvre alors que la France n’a pas fait vraiment mieux que le Brésil ou les USA. Nombre de morts rapportés à 331 millions d’habitants : USA (266000), Brésil (268000), France (264800) et Inde (32800). Les journalistes papier ou des chaines de télévision devraient donc revoir leur copie d’autant plus que la centralisation colbertienne à la française n’a pas amélioré la situation en comparaison des trois autres pays cités qui sont des Etats fédéraux où le gouvernement central n’a que peu de pouvoir. Les USA et la France ont des économies comparables sur le plan du développement alors qu’au Brésil et en Inde une large proportion de l’économie est dite informelle. Pourquoi le nombre de morts est-il 8 fois plus élevé au Brésil qu’en Inde ? Ces journalistes bien-pensants diront que là se trouve la preuve de la très mauvaise gestion de l’épidémie par le Président Jair Bolsonaro. Ils pourraient également avancer que les statistiques de l’Etat indien sont particulièrement douteuses. La Johns Hopkins University ne fait pas de distinctions, elle recueille les données fournies par chaque gouvernement.

Pour clore ces analyses d’un élève de cours moyen les taux de létalité, c’est-à-dire le nombre de morts rapporté au nombre de cas, sont sensiblement identiques pour ces 4 pays, environ 21 +/- 5 morts pour 1000 cas positifs. Cette dernière figure est à considérer avec une extrême précaution car les critères de classement des « morts par SARS-CoV-2 » peuvent être biaisés pour des raisons politiques voire idéologiques. Ce dernier point fera l’objet d’un prochain billet sur ce blog.

Le Grand Reset du WEF : pas pour tout le monde !

Ce dimanche passé à Hanoï au Vietnam a été enfin conclu le RCEP ou Regional Comprehensive Economic Partnership, la plus importante zone de libre-échange du monde représentant plus de 2 milliards de personnes. Aux dix pays membres de l’ASEAN, Myanmar, Thaïlande, Cambodge, Laos, Vietnam, Philippines, Brunei, Malaisie, Indonésie, et Singapour, se sont joint à cet ensemble la Chine, la Corée (du sud), le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Sur les parchemins du traité la République de Chine, appelée aussi Taïwan, ne figure pas malgré le fait que l’économie de ce pays, rapportée au nombre d’habitants (23 millions), est identique à celui de la France. La signature de ce traité qui avait fait l’objet de très longues discussions depuis 2012 a été donc effective à la suite du retrait par décision de Donald Trump de l’accord commercial trans-Pacifique plus connu sous l’acronyme de TPP. Le RCEP comprend donc un tiers de la population du monde et près de 30 % du produit brut mondial.

Si les conséquences de ce traité paraissent effrayantes pour l’Union européenne qui patauge dans le marasme depuis la crise de 2008 ainsi que pour Donald Trump qui a eu un sursaut de mauvaise humeur, la mise en place de cet accord de libre-échange global ne sera effective qu’après d’autres discussions entre tous ces pays malgré le fait qu’il existe déjà une multitude d’accords de libre-échange bilatéraux dans cette nouvelle zone économique gigantesque. Le pilier de base de ce traité est que tous les pays seront traités sur une base d’égalité. Ceci sous-entend que chaque membre sera incité à chercher des fournisseurs et des clients dans cette zone RCEP. Ce traité historique pourra changer la face du monde et définitivement déplacer l’épicentre économique du monde dans cette zone. Après ratification définitive par les Parlements de chaque pays membre l’Europe et l’Amérique n’auront plus que leurs yeux pour pleurer. S’il paraît incongru que l’Australie et la Nouvelle-Zélande se soient jointes à ce traité il est cependant compréhensible que ces deux pays soient partie prenante de l’avenir économique de cette zone. En effet l’Australie est le premier exportateur de charbon et de minerai de fer vers cette zone et la Nouvelle-Zélande un partenaire important pour l’exportation de viande, de produits laitiers et de laine vers la Chine, le Japon, la Corée et d’autres pays comme Singapour (le plus petit de la zone) ou le Vietnam.

Parallèlement à la mise en place d’un accord global de libre-échange les accords de swap sont d’ors et déjà envisagés. Il en existe entre certains pays comme notamment la Chine et le Japon. L’autre projet auquel tiennent les Chinois est l’élaboration rapide de l’équivalent de la procédure de paiement électronique interbancaire SWIFT réservée à cette zone, les transactions hors-RCEP relevant du système SWIFT. Mais la mise en place d’une monnaie commune n’est pas à l’ordre du jour, probablement parce que l’exemple de la zone euro n’est pas vraiment convaincant … Source partielle : BBC News