Le déclin de l’Empire américain ?

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Dans un de ses ouvrages publié en 2002 intitulé « Après l’Empire », Emmanuel Todd prédisait un effondrement de l’Empire américain en se référant à des données démographiques. J’ai lu beaucoup d’ouvrages de Todd mais pas celui mentionné ici et je ne me sens pas capable de le commenter. Dans le sens des thèses de Todd c’est une statistique publiée par le National Center for Health Statistics (NCHS) américain qui m’a remis en mémoire son ouvrage : la fertilité aux USA s’est considérablement effondrée ces dernières années pour se situer à un niveau dangereusement bas qui n’assure plus du tout le renouvellement des générations. Il est coutumier d’exprimer le taux de fertilité en nombre de naissances pour 1000 femmes en âge de procréer, c’est-à-dire âgées de 15 à 44 ans. Je ne suis démographe mais une arithmétique simple indique que si 1000 femmes en âge de procréer ont 2100 enfants le renouvellement de la génération est assuré. En effet, à la fin d’une génération il ne reste plus que 2100 – 1000 personnes, soit 1100, les 100 personnes supplémentaires couvrant les aléas statistiques. En moyenne le graphique indique que la fertilité américaine globale est de 59,1 enfants pour 1000 femmes.

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La chute de fertilité est spectaculaire dans la tranche d’âge 15-19 ans depuis les années 1990. Cette tendance est intimement liée aux incertitudes économiques. Les adolescents ne veulent plus avoir d’enfants parce qu’elles ont pris conscience, la plupart vivant encore dans le foyer parental, que le fait de procréer est devenu financièrement insurmontable. élever un enfant coûte 15000 dollars par an, c’est le Département de l’Agriculture qui l’affirme. Il faut ajouter à cette charge les emprunts pour faire des études supérieures, le coût des cartes de crédit, les prêts pour acheter une automobile. Tous ces facteurs dissuadent les jeunes Américains de créer un foyer. Si l’économie américaine était aussi florissante selon les affirmations aussi bien du Président que de nombreux médias cette situation ne serait pas à déplorer tant elle est précisément déplorable. Tous les jeunes américains nés depuis l’année 2000 seront une génération perdue … C’est ce que prévoyait Emmanuel Todd et les fait commencent à lui donner raison.

Source : ZeroHedge

Brève. Aux USA des insecticides sont aussi utilisés comme des drogues dures !

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Ça se passe en Virginie de l’Ouest, un Etat durement touché par un chômage massif : à court de methamphetamine certaines personnes en manque ont trouvé une alternative, les bombes d’insecticide anti-guêpes. Dans cet Etat le taux d’overdoses mortelles atteint 58 pour 100000 habitants, que ce soit avec de la cocaïne, de l’héroïne, de la « meth » ou du fentanyl, soit 5 fois plus qu’en 2001. Le cas de l’insecticide spécialement dédié aux guêpes est alarmant car c’est presque du suicide. En effet, l’organisme développe rapidement une réaction immunitaire contre les composants du produit et le troisième « shoot » peut être fatal car il risque de provoquer une réaction allergique aigüe.

Dans le seul comté de Boone, au sud de l’Etat le nombre de décès a alerté la police qui, après enquête, a pu identifier le produit utilisé. Pour rappel, entre 1999 et 2017, soit en huit années, le CDC a répertorié un demi-million de morts par overdose aux USA …

Source et illustration : ZeroHedge.

La décadence morale et intellectuelle s’accélère aux Etats-Unis

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Le Docteur David Mackereth, médecin en exercice depuis 1989 auprès de Département du Travail et des Pensions, un peu l’équivalent de la médecine du travail dans beaucoup de pays européens a été démis de ses fonctions par ses supérieurs hiérarchiques car il a affirmé haut et fort que le sexe d’une personne est déterminé biologiquement et génétiquement à la naissance. Père de 4 enfants et médecin ne cachant pas ses convictions religieuses de baptiste réformiste , Mackereth a été mis à pied en raison de ses convictions médicales qui « datent de plusieurs siècles » et ne sont plus d’actualité. Pourtant il y a des millénaires que l’Homo sapiens sait reconnaître le sexe d’un enfant …

Pour en quelque sorte institutionnaliser la décadence morale, sexuelle et on pourrait dire aussi intellectuelle des USA, sans même mentionner le fait que des millions d’Américains utilisent quotidiennement toutes sortes de drogues psychotropes, l’administration américaine a fait passer la loi « Equality Act » en 2010. Déclarer que le sexe est déterminé biologiquement est une entorse à l’Equality Act et pour cette raison les services juridiques du département de la santé américain a congédié le Docteur Mackereth. Il lui a aussi été reproché son manque de réserve professionnelle, en d’autres termes un médecin ne doit pas systématiquement dire ce qu’il pense.

L’Equality Act stipule clairement qu’il est illégal d’établir une discrimination directe ou indirecte à l’égard d’une personne sur la base d’une « caractéristique protégée » comme la réassignation du sexe, comprenez la trans-sexualité. Belle illustration de l’ineptie de la théorie du genre !

Source : The Telegraph

Actualité. Iran – USA – Europe

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À l’issue de l’accord entre l’Iran et la ‘Commission du plan d’action compréhensif », c’est lourd, c’est dit, le JCPOA, un organisme émanant de cet accord et supervisé par l’agence internationale de l’énergie atomique (IAEA) et l’ONU, a mandaté des experts internationaux indépendants pour contrôler les activités d’enrichissement d’uranium en Iran. Le JCPOA a été signé en Juillet 2015 entre l’Iran et les E3/EU+3, c’est-à-dire la Chine, la France, l’Allemagne, la Russie, la Grande-Bretagne et les USA. Il a été mis en application en Janvier 2016. Selon les termes de cet accord l’Iran s’engage à limiter ses activités d’enrichissement d’uranium, à se débarrasser de son stock d’uranium enrichi au delà d’une teneur en isotope 235 supérieure à 4 % et de limiter ses activités ultérieures de stockage d’uranium enrichi à 4 % pendant les 15 prochaines années.

Le Président iranien Hassan Rouhani a prévenu les signataires du JCPOA hors USA le 8 mai 2019 que s’ils ne prenaient pas de mesure pour protéger l’économie de l’Iran contre les sanctions décidées par les USA unilatéralement sans consulter les autres signataires du traité son pays reprendrait ses activités d’enrichissement au delà des limites autorisées par le traité et au delà d’un délai de 60 jours sans action de ces signataires. La position du gouvernement iranien avait au moins le mérite d’être claire. D’ailleurs Rouhani a prévenu hier 5 juillet 2019 que dès le 7 l’Iran reprendra ses activités d’enrichissement « autant qu’il le faudra ». Le Haut commissaire aux affaires internationales européen, les ministres des affaires étrangères de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne ont déclaré qu’ils restaient toujours en faveur du traité et de son application scrupuleuse par l’Iran. L’attitude des dirigeants Iraniens à l’égard de l’Europe est claire : ils veulent que l’Union européenne agisse rapidement.

Selon les termes de l’accord JCPOA il est interdit à l’Iran de détenir plus de 300 kg d’uranium (équivalent métal mais sous forme d’oxyde) enrichi à 4 % or le 17 juin dernier l’Organisation de l’Energie Atomique iranienne a prévenu que ses stocks dépasseraient cette limite le 27 juin. L’agence de presse iranienne ISNA a confirmé ces derniers jours que cette limite avait été dépassée. Les représentants de la JCPOA se sont donc réunis le 28 juin pour appeler l’Iran à respecter les termes de l’accord et à discuter d’une procédure pour contourner les sanctions imposées par les USA sans avoir consulté les co-signataires de l’accord JCPOA. La réunion était présidée par le secrétaire aux affaires extérieurs européennes Helga Schmid mandatée par le Haut Commissaire européen Federica Mogherini. Elle comprenait l’Iran, la Chine, la France, l’Allemagne, la Russie et la Grande-Bretagne.

Sur le site du Ministère des Affaires Etrangères de Russie, le vice-ministre des affaires étrangères Sergey Ryabkov a déclaré que le retrait des USA du JCPOA était regrettable, qu’il mettait en danger le processus d’application du traité et que ce retrait était en claire violation de la résolution 2231 du Conseil de Sécurité des Nations-Unies. Ce retrait constituait un sérieux coup pour la sécurité régionale (au Moyen-Orient) et mondiale.

Ryabkov a ajouté qu’il était du devoir des autres signataires de trouver des mesures pratiques pour que l’Iran puisse exporter son uranium enrichi ainsi que ses stocks d’eau lourde en dépit des sanctions américaines. Il a ajouté que l’IAEA était le seul organisme autorisé à faire appliquer par l’Iran ses obligations dans le cadre du JCPOA et qu’il était d’une extrême importance que l’IAEA remplisse scrupuleusement sa mission de contrôle des activités nucléaires iraniennes. La « commission conjointe » a également précisé que selon le paragraphe 8 des dispositions mises en place lors de la réunion des ministres du 6 Juin 2018 il était du devoir des pays signataires de mettre en place des mesures concrètes afin de maintenir des conditions de normalisation des relations économiques et commerciales avec l’Iran. Après la réunion de la dernière semaine de ce mois de Juin passé, les déclarations ont clairement signifié qu’il était du devoir des signataires (hors USA) d’oeuvrer pour préserver la stabilité et la paix dans la région moyen-orientale. Dans le même temps il était du devoir de ces derniers d’oeuvrer de telle sorte que les sanctions US soient levées, sanctions pour lesquelles ils exprimaient leur vif regret …

Madame Helga Schmid a insisté sur les progrès du mécanisme INSTEX (INstrument in Support of Trade EXchanges), un véhicule spécial mis en place par la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne en janvier 2019 pour faciliter les transactions commerciales avec l’Iran hors dollar. Ces trois pays ont informé les participants au meeting que l’INSTEX était opérationnel, accessible à tous les membres de l’Union Européenne et que les premières transactions étaient en cours de traitement. Ce mécanisme INSTEX est destiné à être ouvert à d’autres pays ne faisant pas partie de l’Union Européenne, selon Helga Schmid.

Les participants ont aussi été informés des progrès effectués dans la mise en conformité du réacteur de recherche iranien Arak ainsi que l’installation de production d’isotopes faisant partie de la conversion de l’usine de Fordow dans le cadre des termes du JCPOA. L’IAEA a confirmé que dans le cadre du JCPOA l’Iran avait déjà exporté vers la Russie 11 tonnes d’uranium métal vers la Russie, démantelé une grande partie des centrifugeuses de Natanz et de Fordow et que le réacteur Arak ne pouvait plus être opérationnel car les ouvertures de la cuve du coeur du réacteur avaient été pratiquées selon les termes du traité JCPOA.

Source : IAEA

Commentaire. Le trio Bolton-Pompeo-Trump se moque des accords internationaux et des résolutions de l’ONU, ce n’est pas nouveau dans l’attitude américaine. Les Américains se croient toujours les maîtres du monde et ils croient également que leur dollar subsistera à leurs turpitudes. Ils considèrent que le « billet vert » leur permettra de dominer le monde. Si les Européens, appuyés par la Chine et la Russie – cette fois-çi c’est un élément nouveau – refusent de « baisser leur culotte », excusez cette expression avilissante, et résistent au diktat américain en implémentant le dispositif INSTEX alors la suprématie du dollar sera détruite de facto. Les Iraniens commerceront en roubles, en yuans ou en or et donc, si les dirigeants européens ont une once de respect d’eux-mêmes, en euros. Reste à savoir quelle sera l’attitude à l’évidence pro-européenne de Christine Lagarde mais aussi, imprégnée de culture anglo-saxonne depuis de nombreuses années, vendue aux intérêts de la politique de la Maison-Blanche (je peux me tromper et je l’espère). Les Allemands à qui a été confiée la responsabilité de co-signer l’accord JCPOA alors qu’ils ne sont pas une « puissance nucléaire » devraient honorer leur engagement. Par contre faire confiance aux Anglais … on n’est plus à l’époque de Churchill ! Bref, sans la pression des Russes et des Chinois, alliés de l’Iran et qui n’ont pas du tout apprécié le revirement de l’administration américaine, si Trump et ses complices « imbéciles » comme le dit si bien Paul C. Roberts ne considèrent pas la réalité de la situation ils récolteront une « dédollarisation » accélérée du commerce international et un rapprochement inévitable entre l’Europe et la Russie et le jeu de poker menteur organisé par la Maison-Blanche s’arrêtera parce que aucun des autres joueurs ne pariera plus sur le dollar.

Le déclin de l’économie américaine : ce que la presse main-stream dit et la réalité

Traduction d’un article de Paul Craig Roberts paru sur son site le 25 JUIN 2019.

Depuis Juin 2009 les Américains vivent dans la fausse réalité d’une économie florissante. Des « fake-news » et des statistiques truquées ont entretenu cette fausse impression car les vrais chiffres ont été ignorés. Par exemple il serait normal dans une économie remise de la crise ou en croissance de voir le nombre d’emplois augmenter puisqu’il devrait y avoir plus d’offres d’emploi. Pourtant durant la décennies passée Juin 2009-Mai 2019 le taux des emplois n’a cessé de diminuer, passant de 65,7 à 62,8 % de la population en âge de travailler. Une autre caractéristique d’une économie prospère est un fort investissement dans les entreprises. Pourtant les entreprises américaines ont en grande majorité utilisé leurs profits non pas pour se développer mais pour réduire leur capitalisation sur les marchés en rachetant leurs actions. Pire encore d’autres entreprises ont emprunté de l’argent pour racheter encore plus leurs propres actions, manoeuvre ayant pour conséquence un plus fort endettement alors qu’elles réduisaient leur capitalisation boursière ! C’est-à-dire que les conseils d’administration, les dirigeants et les actionnaires de ces entreprises ont choisi de piller leurs propres compagnies, ce qui indique clairement que les dirigeants et les propriétaires de ces entreprises ne considèrent plus que l’état de l’économie justifie de nouveaux investissements.

Dans ces conditions comment peux-t-on considérer que l’économie est en plein essor si les entreprises ne voient pas d’opportunités d’investissements ? Pendant toute cette décennie de supposée croissance économique les vraies consommations de détail ont décliné pour se retrouver aujourd’hui à 1,3 %, et encore, ce chiffre est surévalué puisque le calcul de l’inflation a été modifié pour faire croire qu’elle était plus faible que dans la réalité. Par exemple l’indice des prix à la consommation, indice qui normalement devrait refléter le prix réel d’un standard de vie constant, mesure maintenant un standard de vie variable. Si le prix d’un bien de consommation pris en considération dans ce calcul augmente, ce prix est remplacé par une alternative moins coûteuse, manoeuvre qui réduit arithmétiquement l’indice de l’inflation. Si le prix d’un bien de consommation augmente ce dernier est considéré comme entrant dans la catégories de l’augmentation de la qualité et il n’est pas pris en compte dans le calcul de cet indice.

Les prix des biens de consommations au détail ne peuvent pas augmenter quand la plupart des salaires n’ont pas augmenté depuis plusieurs dizaines d’années, selon une enquête de Pewresearch parue en août 2018. Les salaires des employés à plein temps ont chuté de 4,4 % depuis 1973 en dollars actualisés. Les experts en économie éludent cette évidence. Par exemple ils font remarquer que les gens travaillent plus longtemps et donc que leurs revenus réels sont en hausse mais pas leurs salaires nominaux. Ces mêmes experts à la solde du gouvernement affirment aussi que les départs massifs à la retraite des « baby-boomers » ont réduit la force de travail globale mais ils semblent ignorer que si vous allez dans un grand magasin vous verrez beaucoup de retraités travailler pour arrondir leurs fins de mois difficiles car leur retraite, compte tenu de la fraude sur les statistiques de l’inflation qui n’a pas permis de revaloriser leurs maigres pensions, ne leur suffit plus pour vivre.

Ces mêmes experts gouvernementaux affirment que le faible taux de chômage signifie qu’il y a un manque de main-d’oeuvre et donc que quiconque désire travailler peut trouver un emploi mais ils oublient de dire que des millions de chômeurs, découragés car ne trouvant pas d’emploi, ne sont plus pris en compte dans les statistiques. En effet, selon la loi, si vous n’avez pas recherché activement un emploi pendant 4 semaines consécutives vous n’êtes plus considéré comme chômeur et donc vous n’êtes plus pris en compte dans les statistiques.

C’est coûteux de rechercher un emploi. Quand on dispose de peu d’argent il faut le dépenser pour se déplacer et se montrer pour une interview et rapidement il ne reste plus d’argent pour continuer à chercher. C’est également émotionnellement onéreux car plus on essuie des échecs plus on perd confiance en soi et on finit par ne plus avoir d’espoir. Les gens se rattrapent alors sur des petits boulots payés cash pour pouvoir survivre. Comme conséquence de cet état de fait beaucoup de sans-abri trouvent des petits boulots qui leur suffisent pour vivre car ils ne peuvent même pas payer un loyer et ils vivent dans la rue. Le taux de chômage officiel de 3,5 % n’est que de la propagande. En incluant tous les chômeurs découragés et ceux qui ont des petits boulots payés cash, donc non déclarés, leur permettant de survivre difficilement, on arrive plutôt à un taux de chômage de 21 %. Ces 21 % expliquent pourquoi un tiers des jeunes de 18 à 34 ans vivent toujours chez leurs parents : ils ne gagnent pas assez d’argent (ou n’en gagnent pas du tout) pour avoir une existence indépendante. Dans le même sens la Réserve Fédérale a indiqué que 40 % des ménages américains ne disposent pas d’économie supérieures à 400 dollars.

L’économie américaine a été poussée vers le déclin par des capitalistes avides sans aucune vue de long terme. Lorsque l’Union soviétique s’est effondrée au cours de la dernière décennie du XXe siècle, l’Inde et la Chine ont ouvert leurs économies aux pays occidentaux. Les entreprises de ces pays ont trouvé tant en Chine qu’en Inde une main-d’oeuvre à bon marché pour accroître leurs profits en produisant à l’étranger des biens et des services destinés à leurs marchés intérieurs. Les entreprises qui hésitaient à délocaliser leurs productions ont été menacées par Wall Street de prises de contrôle dans leur pays à moins de réaliser encore plus de bénéfices grâce à ces délocalisations de leurs productions.

Le transfert de millions d’emplois américains à haute productivité et à forte valeur ajoutée en Asie a détruit les carrières et les perspectives de millions d’Américains et a eu de graves répercussions sur les budget nationaux et locaux ainsi que sur les fonds de pension. Les coûts externes de la délocalisation des emplois ont été extrêmement élevés. Ces coûts ont largement dépassé et de loin les bénéfices tirés de cette délocalisation. Presque du jour au lendemain des villes américaines prospères qui constituaient jadis une force industrielle et manufacturière sont devenues des friches économiques. La « guerre commerciale » avec la Chine est une gesticulation visant à dissimuler le fait que les problèmes économiques des Etats-Unis sont le résultat des agissements de ses propres entreprises et du fait que Wall Street a orchestré la délocalisation des emplois américains et du fait que le gouvernement américain n’a rien fait pour arrêter la déconstruction de son économie.

La politique économique de l’administration Reagan axée sur l’offre, systématiquement mal présentée et mal décrite, a permis de remédier à la « stagflation », au malaise de la hausse de l’inflation et du chômage décrit à l’époque comme une aggravation des compromis entre inflation et chômage. Personne n’a vu de courbe de Phillips (cf. note en fin de billet) depuis que l’administration Reagan s’est débarrassée de cet écueil. La Réserve Fédérale n’a même pas été capable de la ressusciter avec des années d’impression monétaire. L’administration Reagan avait mis l’économie américaine sur les rails vers une croissance à long terme non inflationniste, cette perspective a été contrecarrée par la hausse de la délocalisation des emplois.

Normalement l’objectif d’un gouvernement est de protéger les emplois de son pays parce que le gouvernement a besoin des revenus provenant des taxes et des impôts plutôt que de devoir verser des indemnités de chômage et d’entretenir un système de protection sociale. Normalement les politiciens préfèrent les succès économiques aux échecs. Mais la cupidité a triomphé des jugements rationnels et les perspectives de l’économie ont été sacrifiées aux sociétés « court-termistes » et à la cupidité de Wall Street.

En effet les profits tirés de la délocalisation des emplois sont à court terme car la délocalisation des emplois repose sur une erreur d’appréciation qui suppose que ce qui est vrai pour un acteur économique est aussi vrai pour l’ensemble des autres acteurs. Une société individuelle peut tirer avantage de l’abandon de sa main-d’oeuvre nationale et opter pour une production à l’étranger de ses produits pour son marché intérieur. Toutefois lorsque de nombreuses entreprises font de même l’impact sur le revenu des consommateurs domestiques est grave. Alors comme les petits emplois du genre employé d’un supermarché comme Walmart ne rémunèrent pas comme le secteur manufacturier la demande globale des consommateurs est affectée par la baisse des revenus et la demande pour les produits des entreprises délocalisées est moindre. Par conséquent la croissance économique faiblit et lorsque cela s’est produit Alan Greenspan, le Président de la FED à l’époque, a alors décidé de substituer un accroissement de l’endettement des consommateurs à la croissance manquante de leurs revenus. Le problème avec la solution de Greenspan est que la croissance de cette dette privée des consommateurs est limitée par le montant de leurs revenus et lorsque la dette ne peut plus être remboursée elle ne peut plus augmenter. En outre, le service de cette dette absorbe une partie du pouvoir d’achat des consommateurs. Ainsi la délocalisation des emplois a limité l’expansion de la demande globale des consommateurs. Alors que les entreprises rachètent leurs actions au lieu d’investir rien ne peut plus stimuler l’économie. Les chiffres produits plus haut ne sont que des illusions produites par la sous-estimation de l’inflation réelle.

Une grande partie de la prospérité et de la puissance des Etats-Unis après la seconde guerre mondiale est due au rôle du dollar comme monnaie de réserve mondiale. Ce rôle garantit une demande mondiale en dollars et cette demande signifie aussi que le monde finance les déficits budgétaires et commerciaux des Etats-Unis en achetant de la dette américaine. Le monde donne des biens et des services aux USA en échange d’une monnaie de papier. Les USA paient leurs factures en imprimant de la monnaie ! N’importe qui serait capable de comprendre qu’un gouvernement protégerait un tel avantage et n’encouragerait pas au contraire des pays étrangers à abandonner ses dollars. Mais le gouvernement américain, insouciant dans son arrogance, son orgueil et sa totale ignorance, a fait tout ce qui était en son pouvoir pour provoquer la fuite du dollar.

Les Etats-Unis utilisent leur système financier basé sur le dollar pour contraindre les autres pays à tenir compte des intérêts américains à leurs dépens. Les sanctions imposées à d’autres pays, les menaces de sanctions, le gel des avoir et les confiscations, etc, ont conduit de grandes parties du monde, Russie, Chine, Inde, Iran, à des transactions non monétaires qui réduisent la demande de dollars. Par exemple les menaces américaines à l’égard de l’Europe qui achètent de l’énergie russe et des produits technologiques chinois sont des éléments qui déstabilisent l’appartenance de l’Europe à l’Empire américain. Si la valeur du dollar s’effondrait en raison du manque de demande sur les marchés, les Etats-Unis, massivement sur-endettés, se retrouveraient relégués à l’état de pays du tiers-monde.

Il est vrai que de nombreux pays dans le monde ont des leaders politiques mauvais mais les leaders politiques des Etats-Unis sont les pires de tous. Jamais très bon, le leadership américain est tombé dans un déclin abrupt avec l’avènement des Clinton, se poursuivant par Bush, Obama et Trump. La crédibilité des Américains est au plus bas. Des imbéciles comme John Bolton et Pompeo pensent pourvoir restaurer cette crédibilité en explosant un ou des pays. À moins que ces imbéciles dangereux ne soient licenciés nous devrons tous faire l’expérience de leurs erreurs.

Auparavant la Réserve fédérale suivait une politique monétaire dans le but de réduire l’inflation et le chômage, mais aujourd’hui et au cours des dix dernières années sa politique monétaire consiste à protéger les bilans des grandes banques « trop grosses pour faire faillite » et d’autres institutions financières privilégiées par le pouvoir. Par conséquent il est problématique d’attendre des résultats sur le chômage et l’inflation. Il est aussi possible de faire face à une récession et de maintenir des prix élevés des instruments financiers grâce au soutien de la FED à ces instruments. Il est aujourd’hui possible pour la FED d’empêcher une baisse des marchés boursiers en achetant des contrats à terme sur l’indice S&P et d’empêcher une hausse du prix de l’or en faisant en sorte que ses agents fassent basculer des positions nues sur le marché des contrats à terme. De telles manoeuvres ne se sont jamais produites quand j’étais au Trésor. Ce type d’intervention a son origine dans l’équipe de protection anti-crise créée par le clan Bush au cours de la dernière année de l’administration Reagan. Une fois que la FED a appris à se servir de ces instruments elle l’a fait de manière plus agressive.

Les observateurs des marchés qui suivent les tendances du passé oublient que la manipulation du marché par les autorités centrales joue aujourd’hui un rôle plus important que par le passé. Ils s’attendent à tort à ce que les tendances établies par les forces du marché se maintiennent dans cet environnement économique manipulé.

Liens figurant dans l’article de PCRoberts :

https://www.bls.gov/charts/employment-situation/civilian-labor-force-participation-rate.htm

https://www.multpl.com/us-real-retail-sales-growth

https://www.pewresearch.org/fact-tank/2018/08/07/for-most-us-workers-real-wages-have-barely-budged-for-decades/

https://www.businessinsider.com/record-median-household-income-is-hiding-a-chilling-fact-2017-9

http://shadowstats.com/

https://www.cnbc.com/2018/05/22/fed-survey-40-percent-of-adults-cant-cover-400-emergency-expense.html

https://www.claritypress.com/product/the-failure-of-laissez-faire-capitalism/

Note. La courbe de Phillips illustre une relation empirique négative entre le taux de chômage et l’inflation, c’est-à-dire le taux de croissance des salaires nominaux. En d’autres termes, au delà d’un certain niveau de chômage les salariés ne sont plus en position de force pour exiger une hausse de salaire. Lire aussi : https://en.wikipedia.org/wiki/Phillips_curve

Note. Pour ceux qui ne savent pas qui est Paul Craig Roberts : https://en.wikipedia.org/wiki/Paul_Craig_Roberts .Cette personnalité réalise des analyses froides et non partisanes. Qu’on n’aille pas me taxer d’anti-américanisme primaire mais les faits sont là et ils parlent d’eux-mêmes. La situation économique de l’Europe est également loin d’être enviable. En dehors de l’Allemagne et dans une moindre mesure des Pays-Bas toutes les économies européennes seraient en récession profonde si celles-ci n’étaient pas adossées à de la dette alimentée par de la fausse monnaie. Un jour ou l’autre le système économique implosera et alors on entrera dans une « terra incognita ».

Nouvelles du Japon : Mais où est passée la ville d’Hiroshima ?

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Tous les Japonais savent ce qui s’est passé le matin du 6 août 1945. À 8 h15, une bombe nucléaire a été larguée sur la ville d’Hiroshima. Les Américains avaient jusque là épargné cette ville des bombardements classiques afin de pouvoir évaluer en vraie grandeur les effets d’une arme nucléaire sur une ville non endommagée. L’objet a explosé à environ 600 mètres au dessus de la ville.

Tout le monde connait les effets terribles de l’explosion, du feu et des radiations, ainsi que le coût humain inimaginable à l’époque. En une fraction de seconde 66000 personnes ont péri et 69000 autres ont été blessées. L’enquête effectuée ensuite par les Américains a permis de cartographier Hiroshima après l’explosion, de calculer le rendement de la bombe et sa capacité de destruction. Le monde entier a vu des photos de la ville avant et après l’explosion et des images du champignon nucléaire qui s’élevait au dessus d’Hiroshima dans les instants qui ont suivi l’explosion. L’estimation finale du nombre de morts atteignit 145000.

Mais le géologue suisse diplômé de l’Université de Bâle Mario Wannier reconverti dans l’étude des micro-biotopes marins a fait une découverte il y a quelques années qui soulevait la question effrayante que personne n’osait poser : qu’est-il arrivé à la ville d’Hiroshima ?

On savait ce qui s’était passé ce jour-là mais que s’est-il passé physiquement avec les bâtiments de la ville pratiquement tous disparus, où est allé Hiroshima ? La bombe a explosé avec une force équivalente à environ 16000 tonnes de TNT détruisant environ 90 % des bâtiments et presque toutes les structures situées dans un cercle de 1,6 km sous la bombe ont été complètement détruites. Elle se sont « évaporées ». Seulement environ 50 bâtiments de construction particulièrement résistante, tels que celui de la Banque de Hiroshima (illustration), sont restés intacts. Le reste s’est retrouvé dans le vaste champignon atomique. Wannier s’est rendu dans la péninsule de Motoujina à 6 km au sud de l’hypocentre de la bombe d’Hiroshima et a prélevé des échantillons de sable le long de la mer dans le cadre de ses études sur les écosystèmes marins. Ce qu’il a découvert dans ce sable était la présence de milliers de minuscules globules de verre alors qu’il étudiait la micro-faune marine. Il s’est alors rendu sur d’autres plages de la péninsule et a ensuite examiné les échantillons au microscope électronique et analysé ceux-ci à l’aide de rayons X au Berkeley Lab en Californie.

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Ces globules microscopiques de verre étaient les traces des retombées du champignon atomique. Wannier estime que 2,5 % du sable des plages aux alentours d’Hiroshima sont constitués de ces débris. C’est la ville elle-même, fondue et littéralement évoaporée par la chaleur infernale de l’explosion nucléaire, qui s’est dispersée ainsi. Elle est maintenant mélangée avec le sable des plages. Wannier, en bon géologue, a appelé ces granules des hiroshimaites par analogie avec les trinitites, les granules provenant des retombées nucléaires du programme Trinity en juillet 1945 au Nouveau-Mexique.

Comme le déclara Wanner : « Au départ je cherchais des micro-organismes dans les sables de la plage pour évaluer l’état de santé des environnements marins peu profonds. Au lieu de cela j’ai découvert une ville disparue« . Wanner a estimé que tous ces granules vitrifiés représentaient des dizaines de milliers de tonnes. Des débris similaires ont été retrouvés à 12 kilomètres au sud-est de l’hypocentre sur l’île de Miyajima (illustration). La présence de ces débris recouvre approximativement la zone couverte par le nuage atomique. Après le bombardement de Hiroshima suivi de celui de Nagasaki trois jours plus tard, les interventions d’urgence se focalisèrent sur le sauvetage des blessés mais personne ne songea alors à ce qui était arrivé à la ville elle-même. La localisation des structures urbaines disparues n’a pas été abordée.

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Les travaux de Wanner et de son équipe constituent la première description de débris de chutes provenant d’une explosion nucléaire en milieu urbain. Malgré le fait qu’une bombe plus puissante ait été larguée sur Nagasaki, les effets physiques de l’explosion n’ont pas été aussi dramatiques qu’à Hiroshima. En effet, l’explosion de Hiroshima a été contenue par les montagnes environnantes. Wannier s’attend tout de même à ce que si des spécialistes examinent les alentours de Nagasaki ils retrouveront des granules similaires à ceux retrouvés sur les plages des environs de Hiroshima.

Source. Berkeley Lab : https://newscenter.lbl.gov/2019/05/13/study

Commentaire. Après les deux bombardements urbains effectués par les Américains, le pire crime de guerre jamais commis, la face du monde a changé. L’humanité n’est plus la même. L’arsenal nucléaire disponible aujourd’hui est suffisant pour détruire plusieurs fois toute forme de vie terrestre. Les rares survivants terrés dans des abris anti-atomiques ne résisteront pas à l’ « hiver nucléaire » de plusieurs dizaines d’années qui s’ensuivra. Les gesticulations actuelles des politiciens et des responsables militaires américains paraissent donc particulièrement ridicules en regard des risques encourus par le développement d’un conflit mettant précisément en confrontation directe inévitable les deux principales puissances nucléarisées que sont les USA et la Russie. La moindre bombe dont disposent ces deux pays est 1000 à 50000 fois plus puissante que celles larguées sur les deux villes japonaises en 1945 …

Les histoires racontées par les médias commencent à dépasser même la crédulité des Américains

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Traduction d’un article de Paul Craig Roberts paru sur son blog le 15 Juin 2019. Ces deux derniers jours ont été émaillés par des développements intéressants. Les USA ou Israël ont frappé un navire japonais avec des petites roquettes et ont tenté de rendre responsables des mines iraniennes. L’armateur japonais a mis fin à ce « faux » évènement. Il a fait remarquer que les dégâts se trouvaient au dessus de la ligne de flottaison et non pas au dessous et que des membres de l’équipage ont vu s’approcher des objets volants.

Dans les pages du New-York Times, David Sanger, un journaliste en général peu fiable à mon avis, a révélé – ce qu’une personne comme moi ayant une expérience de Washington longue d’un quart de siècle considérerait comme une information sensible pour la sécurité nationale – que Washington introduisait un programme malveillant dans le réseau électrique russe. Qui a divulgué une telle information sensible pour la sécurité nationale ? Pourquoi cette personne, ayant divulgué une telle information à un journaliste, ne serait-elle pas poursuivie et arrêtée ? Pourquoi Sanger lui-même, comme Julian Assange, n’est-il pas arrêté ? Donner de telles informations à la Russie après les avoir rendues publiques n’a aucun sens car cela permet à la Russie de détecter et éliminer de tels logiciels malveillants.

Comme cela n’a aucun sens, la question est de savoir si l’histoire de Sanger est correcte ou bien si la NSA veut améliorer son image de marque avant qu’elle ne devienne une victime avec Brennan, Comey et Hillary Clinton dans le cadre de la tentative de « Russiagate » du Président Trump. L’histoire de Sanger perd toute sa crédibilité lorsqu’il réitère l’allégation réfutée selon laquelle : l’Agence russe de recherche sur internet est le groupe se trouvant au coeur du piratage informatique lors des élections de 2016 aux Etats-Unis. Ce fut l’une des quatre opérations que son soi-disant petit groupe de la Russie avait organisées autour des élections de mi-mandat. Les responsables ont parlé publiquement de ces incidents bien qu’ils n’aient fourni que très peu de détails.

Ray McGovern, William Binney et d’autres professionnels du renseignement à la retraite ont prouvé de manière concluante qu’il n’y avait pas eu de piratage informatique. Les informations révélées par Wikileaks provenaient de fuites provenant du Comité national démocrate (DNC). Comment est-il possible que David Sanger ne le sache pas ? Comment son éditeur du New-York Times l’ignore ?

Liens : https://www.lewrockwell.com/2019/06/no_author/the-gulf-of-credibility/

https://www.nytimes.com/2019/06/15/us/politics/trump-cyber-russia-grid.html?ref=cta&nl=top-stories?campaign_id=61&instance_id=0&segment_id=14339&user_id=c57a8c2d498023b54c8a416a37b2bb8a&regi_id=21653813ries , et aussi

https://consortiumnews.com/2019/06/13/ray-mcgovern-doj-bloodhounds-on-the-scent-of-john-brennan/

Commentaire. Les mensonges répétés de la CIA, de la NSA, du Pentagone et du FBI sont devenus tellement grossiers qu’ils procurent une image ternie des USA au monde entier, sauf aux USA, en Grande-Bretagne, en Arabie saoudite et en Israël, et peut-être aussi auprès de quelques autres pays européens, en France peut-être ? … Illustration : centrale électrique à cogénération (chauffage urbain) dans la banlieue de Moscou (source NYT).