Brève. Chronique politique internationale : les USA

Je ne peux m’empêcher de commenter la passation de pouvoir des Républicains américains au profit de la gauche démocrate et son leader, le vieux Joe Biden. La clique gauchiste américaine va mettre ses doigts dans la confiture comme ce fut le cas sous Obama (« fils de pute » selon le président philippin Duterte). Les interventions militaires vont reprendre après 4 ans de paix trumpiste. Le complexe militaro-industriel va aussi gouter à la belle confiture. Quand je parle de confiture il s’agit de la corruption généralisée sous l’administration Obama dont les gauchistes américains ont fait une très belle démonstration en truquant massivement les élections du 2 novembre dernier. Cet événement extrêmement préoccupant pour la survie de la démocratie américaine n’a pas vraiment alerté les autres démocraties partenaires des USA, je pense aux pays de l’Union européenne. Et c’est bien normal puisque la majorité d’entre eux ne sont plus des démocraties depuis l’apparition du SARS-CoV-2 à commencer par la France qui, jour après jour, bafoue les principes fondateurs de la République en réduisant les libertés individuelles. Le SARS-CoV-2 a bon dos …

Biden, un gauchiste de la trempe d’Obama, a déjà pris une multitude de décisions pour, selon ses propres termes, rendre l’Amérique plus verte, plus sociale, plus exemplaire encore, le principe qui a conduit Obama a guerroyer au nom de la démocratie. La situation internationale va donc redevenir tendue dans l’un des endroits les plus névralgiques du globe, le Golfe persique. L’une des inconnues sera la position de l’administration Biden vis-à-vis de la Chine car il y a deux autres points chauds dans la région : les Spartley et Taïwan. Je ne pense pas que les USA enverront des avions ou des drones bombarder l’Iran car la Russie et la Chine n’apprécieront pas. En ce qui concerne Taïwan la proximité d’Okinawa, la plus importante base militaire américaine dans la région à dix minutes de vol d’un F35 des côtes chinoises, poussera Pékin à réfléchir. Normaliser les relations économiques avec la Chine serait un choix plus rationnel, mais on ne peut jamais jurer de quoi que ce soit.

Que Biden ait déjà décidé de contribuer financièrement à l’OMS était attendu, que les USA réintègrent les accords sur le climat de Paris, ce ne sont que des formalités diplomatiques sans conséquences. Dans le concret, domestique, il va y avoir une valse de mécontentements dont la nouvelle administration n’a pas évalué l’ampleur. La limitation du fracking (voire son interdiction) va achever cette industrie de l’extraction du gaz et du pétrole de roche mère qui souffre depuis que le cours du baril de WTI stagne autour de 50 dollars. L’arrêt du pipe-line XXL va susciter de sérieux mécontentements au Canada et pour le charbon n’en parlons même pas, ce sera une catastrophe dans plusieurs Etats de l’Est. Cerise sur le gâteau, décider de légiférer sur le minimum du salaire horaire à 15 dollars va mécontenter Wall Street, la révision de l’assiette de l’impôt en direction des plus riches ne va pas non plus être apprécié par les financiers de Wall Street qui pour l’instant n’ont pas l’air de s’en préoccuper puisque les 1,9 trillions de dollars promis par Joe, le fameux « stimulus » iront immédiatement se réinvestir sur le NASDAQ et le SP500. Cette aide financière risque d’être la dernière et après ce sera « terra incognita ». Reste la régularisation des quelques 10 millions d’immigrés clandestins tolérés sur le sol américain … Je ne sais pas trop comment analyser cette décision sinon quelle poussera vers le bas les salaires comme ce fut le cas en Espagne lors du boom immobilier des années 2000 quand des centaines de milliers d’immigrants en provenance d’Amérique latine arrivèrent massivement sur le marché du travail. L’année 2021 va sans aucun doute être riche en surprises, rebondissements et éventuellement des larmes et du sang …

Réflexion libre sur l’actualité, les cas de Trump et Jack Ma

Le Chinois Jack Ma a disparu de la circulation et les médias bien-pensants n’osent pas trop commenter cette nouvelle qui après tout ne concerne que la Chine et les Chinois. Les commentateurs se perdent en conjectures. Pourtant cette information mérite une analyse compte tenu des évènements récents qui ont enflammé la ville de Washington et tous les médias du monde. Il y a quelques mois le Président Trump a laissé entrevoir que certains « GAFAM » enfreignaient la loi dite anti-trust américaine (Clayton Act, 1914) et qu’il était nécessaire de légiférer afin de réduire la puissance de ces sociétés privées. À la suite des évènements du 6 janvier 2021 le Président Trump a été interdit de parole par Google, Facebook, Twitter et d’autres canaux (illustration).

C’était une revanche des GAFAMs qui n’ont pas l’intention d’être dérangés dans leurs affaires par la nouvelle administration démocrate, car le message s’adressait aussi aux Démocrates. Il s’adressait également à tout pays manifestant une certaine hostilité à l’égard de ces entreprises privées qui ont acquis une puissance telle que plus aucun Etat ne peut les contrôler. Cependant certaines administrations des Etats-Unis collaborent avec ces entreprises pour la collecte de données concernant les citoyens anonymes. On se trouve donc, dans un pays dit démocratique comme les USA devant un paradoxe. L’activité de ces groupes, les GAFAMs, arrange le gouvernement américain mais leur puissance financière est dérangeante, et quand un pays comme la France s’estime en droit de taxer les bénéfices réalisés par ces mêmes groupes sur le sol français, le gouvernement américain se rebiffe, à n’y rien comprendre. C’est pourtant limpide, une démocratie ne peut plus gérer de tels puissances technologiques et financières tout en collaborant sous le manteau avec elles.

La Chine a pressenti ce danger lorsque Jack Ma, le fondateur d’Alibaba, a décidé d’une IPO (introduction en bourse) de la filiale Ant de ce groupe. Alibaba est le pendant d’Amazon en Chine et dans de nombreux pays d’Asie avec plus d’un milliard de clients et Ant est le concurrent direct de Visa et MasterCard avec sa plateforme Alipay. Alibaba et Ant sont deux monstres dont le pouvoir financier devait, d’une manière ou d’une autre, inquiéter le gouvernement chinois. Les projets d’extension de l’activité de Ant en Europe et en Amérique du nord n’ont probablement pas plu au gouvernement central chinois pour toutes sortes de raisons. On peut citer un embryon de collaboration avec Visa et MasterCard et l’implantation d’Alipay dans « trop » de pays. Les projets d’extension de Ant vers des services financiers n’ont pas non plus été du goût des dirigeants de Pékin car la monnaie, qu’elle soit scripturale, électronique ou fiduciaire, est le premier pouvoir régalien d’un Etat. Si un Etat perd le contrôle de sa monnaie, il perd une grande partie de sa souveraineté.

Les velléités de Jack Ma de développer les activités financières de Ant et le projet d’IPO ont probablement déplu – à juste titre – au gouvernement central de Pékin, c’est peut-être la raison de la disparition des radars de Jack Ma et ceci s’explique car la Chine n’est pas une démocratie contrairement aux Etats-Unis dont le Président, toujours en fonction jusqu’au 20 janvier s’est vu interdit de séjour par Zuckerberg et d’autres magnats des GAFAMs. En Chine ces individus seraient probablement en prison.

Au terme de cette courte réflexion on peut penser ce que l’on veut de la Chine et de son régime politique mais il y a un point qui mériterait d’être développé : la lente, mais certaine, dérive des démocraties européennes vers le totalitarisme. Souvenez-vous que dans les années 1930-1940 il fallait plus des doigts d’une main pour dénombrer les régimes dictatoriaux en Europe : la Russie soviétique, l’Allemagne, l’Autriche, la Grèce, l’Espagne, le Portugal, la Croatie et dans une moindre mesure la Norvège et la France … Le démon du totalitarisme n’est pas mort et il peut renaître à tout moment.

Réflexion. La revanche du marxisme !

Je n’ai pas été surpris par le constat formulé par Régis Debray au cours d’un entretien avec Edwy Plenel. On ne peut dire que ces deux personnages soient de « droite » mais mon malaise a été d’entendre Debray dire que le marxisme a pris sa revanche après la chute du mur de Berlin et du bloc soviétique en s’extériorisant dans l’idéologie du Parti Démocrate américain. J’ai souvent écrit sur ce blog que la gauche écologiste était fortement teintée de crypto-trotskysme incarnée aux Etats-Unis par AOC (cf. ci-dessous). Debray en a reconnu la réalité ! Dans un pays qui inventa le MacCarthysme on ne peut qu’être surpris par la remarque de Régis Debray et pourtant …

Quand on analyse les gesticulations d’une Alexandria Ocasio-Cortez aux Etats-Unis ou d’un Mélanchon en France ou encore de n’importe quel leader du mouvement gauchiste EELV, également en France, qui veulent tous réguler l’économie et le comportement des citoyens, n’est-ce pas une sorte de néo-marxisme ? Tous ces gauchistes d’EELV se sont alliés aux socialistes pour enlever des municipalités notoires de par leur importance sur le territoire français. Écolo-gauchistes et socialistes en perte de vitesse : même combat pour se refaire une santé ! Se retranchant derrière le faux prétexte d’une destruction de l’individu par le libéralisme et la mondialisation ces néo-marxistes veulent au contraire instaurer des régimes autoritaires beaucoup plus préjudiciables aux libertés individuelles. Subissant la pression des écologistes qui sont tous des crypto-troskystes le Président de la République française a choisi cette voie en instaurant de facto un état totalitaire en France, peut-être pas par idéologie personnelle mais surtout pour asseoir son autorité sur les 65 millions de personnes dont il a la charge de par sa fonction de président élu au suffrage universel. Il en est de même en Espagne avec le premier ministre Pedro Sanchez issu de la mouvance marxiste Podemos.

Si le communisme à la chinoise est parfaitement adapté au peuple chinois qui a toujours été gouverné par des régimes autoritaires, qu’il s’agisse des régimes impériaux passés et maintenant du Parti au pouvoir se réclamant des valeurs de Lénine, l’évolution de ce pays vers l’enrichissement d’une classe moyenne représentant tout de même plus de 800 millions de personnes ne ressemble en rien au système soviétique qui ne fit jamais la promotion d’une classe moyenne consommatrice de biens et accédant à une forme de capitalisme, ce qui est toléré et encouragé par le parti chinois.

Il est difficile d’imaginer que le Parti démocrate américain puisse réussir à imposer aux Américains des mesures radicales comme par exemple la lutte contre le réchauffement climatique. Attendons de constater la catastrophe californienne à venir ! Ce sera un bel exemple de l’impossibilité d’adapter l’idéologie néo-marxiste à un pays pétri de libéralisme. Il en sera de même en France et également en Espagne, la peur du virus sera vite oubliée car l’épidémie suivra le même scénario que la grippe espagnole de 1918-1919 qui disparut pour des raisons encore inexpliquée. Alors les peuples se réveilleront et si de surcroit ils comprennent que tout ce qui a été dit sur le climat n’était qu’une succession de mensonges la réaction de ces peuples que les politiciens veulent asservir sera violente. L’année 2021 sera une année fascinante. Lien : https://www.youtube.com/watch?v=p0kBIIY9MsU vers 1 heure, 07 minutes

Les étudiants de la Johns Hopkins University jettent un pavé dans la mare !

Il y a quelques jours les étudiants de l’Université américaine qui centralise les données mondiales relatives au SARS-CoV-2 ont publié sur leur journal interne des statistiques concernant la mortalité aux USA entre le premier février et le 5 septembre de cette année 2020. Le graphique ci-dessous résume l’ensemble des données par tranche d’âge :

Le fait que le virus ait muté durant cette période en essaimant en divers clones tous issus de la souche dite Wuhan initiale n’a pas modifié l’agressivité de ce microorganisme qui semble toujours aussi létal pour les patients âgés de plus de 65 ans … selon les statistiques officielles traitées par cette équipe d’étudiants. En effet sur cette période de 7 mois 74 % des morts étaient âgés de plus de 65 ans. De plus, et là cette étude interne de l’Université a quelque peu gêné le monde politique et pas seulement aux Etats-Unis puisque le monde politique américain a fait pression pour qu’elle soit retirée, sur la même période le nombre de décès quotidiens dans cette tranche d’âge est resté stable avant comme après le pic épidémique du printemps. Inutile ici de revenir sur le fait qu’il existait et qu’il existe encore un traitement parfaitement efficace lorsqu’il est appliqué dès l’apparition des premiers symptomes et que ce traitement n’est plus remis en question, je veux dire la tri-thérapie hydroxychloroquine+azithromycine+zinc, ce que les étudiants de la Johns Hopkins ont montré est que le nombre de morts n’a pas varié avant ce pic épidémique et durant ce même pic puisque les mois de février et mars ont été inclus dans ce graphique alors que le premier pic épidémique a débuté au cours des derniers jours de mars 2020.

Ces mêmes étudiants non conformistes ont découvert en analysant toutes les causes les plus communes de mortalité aux USA que, en raison du coronavirus, toutes ces autres causes de mortalité avaient diminué comme par magie y compris pour les cancers ! Curieux n’est-il pas ? Il est important de rappeler ici que toutes les co-morbidités potentielles ou avérées sont consignées par les médecins et qu’elles sont centralisées par le CDC. Ces données sont disponibles pour les universitaires. Or ce n’est pas le cas dans les pays de l’Union européenne mais globalement la situation en Europe comme aux Etats-Unis est sensiblement identique. Par conséquent l’étude des étudiants de la Johns Hopkins pourrait être transposée point par point à n’importe quel pays européen. Cette étude met donc en évidence le fait que, et les étudiants n’en expliquent pas les raisons, la mortalité du coronavirus a été largement surévaluée d’ailleurs curieusement au détriment, si on peut dire les choses ainsi, de la grippe saisonnière et des maladies respiratoires chroniques.

Comment appeler ce genre de trucage des données ? C’est de la malhonnêteté délibérément organisée sur ordre du gouvernement central dont en particulier le sinistre Docteur Fauci dont les homologues français sont Salomon ou Delfressy. Pour les amateurs anglophones voici le lien vers cet article : https://johnbwellsnews.com/a-closer-look-at-u-s-deaths-due-to-covid-19/ . On se trouve donc clairement devant une gigantesque machination statistique mise en place par les gouvernements délibérément sur ordre du lobby pharmaceutique occidental pour transformer tous les citoyens en consommateurs obligés en détournant l’opinion de cette supercherie par la mise en place de mesures totalement inadaptées et inutiles entretenant parallèlement une peur qui finalement, comme l’indiquent les travaux de ces étudiants de la Johns Hopkins l’ont clairement indiqué, n’avait pas lieu d’être. Au final, quoiqu’en disent les décideurs politiques, ce virus n’a pas du tout été aussi dangereux et létal qu’ils le prétendent. Tout ça pour rien, à un détail près : qu’il s’agisse de l’Amérique du nord ou de l’Europe occidentale les économies ont été profondément perturbées, un signe de décadence de la civilisation ?

France et SARS-CoV-2 : le meilleur élève ?

Les médias français, tous pro-gouvernementaux à de rares exceptions près, clament que la gestion de la pandémie coronavirale a été gérée correctement comment dans des pays comme les USA ou le Brésil et que la France a fait beaucoup mieux que ces deux derniers pays. Je n’ose pas écrire ici qu’il s’agit d’une grosse supercherie. Si on examine les statistiques mondiales collectées par la Johns Hopkins University, les 4 pays leaders par le nombre de « cas » positifs en millions sont les USA (13,4), l’Inde ( 9,4) le Brésil (6,3) et la France (2,27). En nombre de morts, au 30 novembre 2020, ce classement est légèrement différent : USA (266000), Brésil (172000), Inde (137000) et France (52400) toujours quatrième dans le classement.

Les USA comptent 331 millions d’habitants et si on rapporte le nombre de morts dans chacun de ces 4 pays à la population américaine – c’est une simple affaire de règles de trois comme je les affectionne – on découvre alors que la France n’a pas fait vraiment mieux que le Brésil ou les USA. Nombre de morts rapportés à 331 millions d’habitants : USA (266000), Brésil (268000), France (264800) et Inde (32800). Les journalistes papier ou des chaines de télévision devraient donc revoir leur copie d’autant plus que la centralisation colbertienne à la française n’a pas amélioré la situation en comparaison des trois autres pays cités qui sont des Etats fédéraux où le gouvernement central n’a que peu de pouvoir. Les USA et la France ont des économies comparables sur le plan du développement alors qu’au Brésil et en Inde une large proportion de l’économie est dite informelle. Pourquoi le nombre de morts est-il 8 fois plus élevé au Brésil qu’en Inde ? Ces journalistes bien-pensants diront que là se trouve la preuve de la très mauvaise gestion de l’épidémie par le Président Jair Bolsonaro. Ils pourraient également avancer que les statistiques de l’Etat indien sont particulièrement douteuses. La Johns Hopkins University ne fait pas de distinctions, elle recueille les données fournies par chaque gouvernement.

Pour clore ces analyses d’un élève de cours moyen les taux de létalité, c’est-à-dire le nombre de morts rapporté au nombre de cas, sont sensiblement identiques pour ces 4 pays, environ 21 +/- 5 morts pour 1000 cas positifs. Cette dernière figure est à considérer avec une extrême précaution car les critères de classement des « morts par SARS-CoV-2 » peuvent être biaisés pour des raisons politiques voire idéologiques. Ce dernier point fera l’objet d’un prochain billet sur ce blog.

Le Grand Reset du WEF : pas pour tout le monde !

Ce dimanche passé à Hanoï au Vietnam a été enfin conclu le RCEP ou Regional Comprehensive Economic Partnership, la plus importante zone de libre-échange du monde représentant plus de 2 milliards de personnes. Aux dix pays membres de l’ASEAN, Myanmar, Thaïlande, Cambodge, Laos, Vietnam, Philippines, Brunei, Malaisie, Indonésie, et Singapour, se sont joint à cet ensemble la Chine, la Corée (du sud), le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Sur les parchemins du traité la République de Chine, appelée aussi Taïwan, ne figure pas malgré le fait que l’économie de ce pays, rapportée au nombre d’habitants (23 millions), est identique à celui de la France. La signature de ce traité qui avait fait l’objet de très longues discussions depuis 2012 a été donc effective à la suite du retrait par décision de Donald Trump de l’accord commercial trans-Pacifique plus connu sous l’acronyme de TPP. Le RCEP comprend donc un tiers de la population du monde et près de 30 % du produit brut mondial.

Si les conséquences de ce traité paraissent effrayantes pour l’Union européenne qui patauge dans le marasme depuis la crise de 2008 ainsi que pour Donald Trump qui a eu un sursaut de mauvaise humeur, la mise en place de cet accord de libre-échange global ne sera effective qu’après d’autres discussions entre tous ces pays malgré le fait qu’il existe déjà une multitude d’accords de libre-échange bilatéraux dans cette nouvelle zone économique gigantesque. Le pilier de base de ce traité est que tous les pays seront traités sur une base d’égalité. Ceci sous-entend que chaque membre sera incité à chercher des fournisseurs et des clients dans cette zone RCEP. Ce traité historique pourra changer la face du monde et définitivement déplacer l’épicentre économique du monde dans cette zone. Après ratification définitive par les Parlements de chaque pays membre l’Europe et l’Amérique n’auront plus que leurs yeux pour pleurer. S’il paraît incongru que l’Australie et la Nouvelle-Zélande se soient jointes à ce traité il est cependant compréhensible que ces deux pays soient partie prenante de l’avenir économique de cette zone. En effet l’Australie est le premier exportateur de charbon et de minerai de fer vers cette zone et la Nouvelle-Zélande un partenaire important pour l’exportation de viande, de produits laitiers et de laine vers la Chine, le Japon, la Corée et d’autres pays comme Singapour (le plus petit de la zone) ou le Vietnam.

Parallèlement à la mise en place d’un accord global de libre-échange les accords de swap sont d’ors et déjà envisagés. Il en existe entre certains pays comme notamment la Chine et le Japon. L’autre projet auquel tiennent les Chinois est l’élaboration rapide de l’équivalent de la procédure de paiement électronique interbancaire SWIFT réservée à cette zone, les transactions hors-RCEP relevant du système SWIFT. Mais la mise en place d’une monnaie commune n’est pas à l’ordre du jour, probablement parce que l’exemple de la zone euro n’est pas vraiment convaincant … Source partielle : BBC News

Fait divers. USA : enlèvement fœtal se terminant par une injection létale

Article de Michael Cook paru sur son site BioEdge le 24 octobre 2020. Remarque liminaire : je ne suis pas un adepte des faits divers mais celui-ci m’a paru tellement exceptionnel qu’il méritait d’être noté.

La peine capitale soulève toujours des questions de bioéthique, mais il y a peu de cas plus frappants que celui Lisa Montgomery, qui doit être exécutée par injection létale dans un pénitencier fédéral de Terre Haute, dans l’Indiana, le 8 décembre prochain.

Le crime de Mme Montgomery était horrible (voir le lien pour plus de détail, en anglais). En 2004, elle a conduit du Kansas jusqu’au Missouri voisin pour rencontrer une femme enceinte de près de neuf mois nommée Bobbie Jo Stinnett. Elle a étranglé Mme Stinnett, a coupé le bébé de son ventre (en quelque sorte une césarienne post mortem) et est retournée à la maison où elle a affirmé que le bébé, vivant, était le sien.

Elle a été rapidement arrêtée et accusée d ‘ « enlèvement ayant entraîné la mort », ce qui est un crime fédéral. Elle sera la première femme à être exécutée dans une prison fédérale depuis 67 ans. Il s’agit d’un crime très rare, mais selon Wikipédia, « un enlèvement de fœtus » semble se produire tous les deux ans aux États-Unis.

Sans surprise, Mme Montgomery avait un parcours très perturbé. Son beau-père l’a violée à plusieurs reprises dès l’âge de 11 ans. Sa mère l’a prostituée à des hommes plus âgés. Elle a épousé son demi-frère à l’âge de 18 ans, a eu quatre enfants de lui, puis a subi des pressions pour une stérilisation involontaire.

Sandra Babcock, du Cornell Center on the Death Penalty Worldwide, reconnaît que les faits du crime sont incontestables, mais soutient que Mme Montgomery est trop perturbée mentalement pour mériter d’être exécutée :

« Selon ses avocats, Lisa continue de souffrir d’une maladie mentale qui déforme la réalité, et c’est à elle seule une raison de suspendre son exécution. Le Dr Katherine Porterfield, une spécialiste renommée de la torture et des traumatismes, a déclaré que l’impact des abus sexuels de Lisa était « massif » et que son trouble dissociatif était l’un des cas les plus graves qu’elle ait jamais vus. Mais la question la plus profonde est la suivante : les États-Unis devraient-ils exécuter une femme dont les antécédents de torture sexuelle et de prostitution des enfants ont été rejetés comme « l’excuse de l’abus » et dont les faibles compétences parentales ont été présentées au jury comme l’une des raisons de la tuer? »

Lien : https://www.news.com.au/lifestyle/real-life/true-stories/court-documents-reveal-excuse-womb-raider-lisa-montgomery-used-in-attempt-to-avoid-death-penalty/news-story/58c848e217c6d024d3c28f2f43eac9dc

Commentaire de votre serviteur. Je doute que David Cronenberg, spécialiste des films d’horreur puisse encore avoir l’audace d’imaginer un film à partir d’un tel fait divers. Pour les non-anglophones il faut préciser que cette femme a prémédité ce crime défiant l’entendement. Elle avait subi sous la contrainte une ligature des trompes et rencontra sa future victime lors d’un marché aux chiens. Elle simula une grossesse pendant plusieurs mois à son second époux qui ignorait peut-être qu’elle ne pouvait plus avoir d’enfant, sympathisa avec sa future victime et vint lui rendre visite pour voir le chien qu’elle avait acheté alors qu’elle savait que celle-ci était presque au terme de sa grossesse. Un vrai scénario de film d’horreur …

Réflexions géopolitiques à la suite de Fritz Vahrenholt

Le Professeur Vahrenholt a été très clair dans ses propos : les dispositions prises par la Présidente Ursula van der Layen sur une transition « post-covid » résolument écologiste, soutenable et solidaire devant conduire à une réduction drastique des émissions de carbone conduira fatalement à la ruine de l’Europe. Sur ce point il n’est même pas utile de discuter, c’est une évidence. Les énergies renouvelables relèvent d’un doux rêve, l’hydrogène également et les voitures électriques aussi. Cette volonté de la Présidente de l’Union européenne de tout vouloir changer tout de suite ne pourra que précipiter la catastrophe, je veux parler de la destruction totale de l’économie européenne. L’Union européenne en la personne de sa Présidente ne cache même plus ses intentions puisque c’est la société française EDF, le géant européen de la production d’électricité totalement décarbonée, qui est la cible de la Commission. Le nucléaire ça ne plait pas aux Allemands : ils vont terminer le nettoyage de leur pays de toute trace d’uranium, ils ont finalement obtenu la fermeture de la centrale de Fessenheim grâce à l’appui du parti vert allemand représenté en France par Corinne Lepage et maintenant ils décident de s’attaquer de front au seul dernier fleuron industriel français qui reste.

La situation de l’industrie automobile tant en France qu’en Italie, en Espagne et, il ne faut pas l’oublier, en Allemagne est alarmante. Les voitures électriques ne seront certainement pas la panacée car il faudra en cas d’incitation massive d’achat par les particuliers de véhicules électriques non seulement fabriquer sur le sol européen ces véhicules, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui, mais également de produire de l’électricité disponible 24/24 heures et à un coût abordable. Ce n’est donc certainement pas en tentant de saborder l’énergie nucléaire que cet objectif pourra être atteint.

L’Europe a également interdit les plantes génétiquement modifiées et l’usage de nombreux produits phytosanitaires. La conséquence, sur une durée qui peut se compter en quelques années, va être la disparition de toute une série de productions agricoles, depuis des fruits comme les pommes ou les poires jusqu’au sucre, on l’a vu récemment avec cette interdiction stupide des néonicotinoïdes sur les plantations de betteraves alors que les racines de cette plante sont récoltées avant que la plante ne fleurisse la deuxième année. La liste des industries et des productions agricoles attaquées par les décisions bruxelloises est longue mais il est certain que l’Europe va devenir le fantôme d’elle-même.

Comme la nature a horreur du vide qui va occuper cet espace admirablement pourvu d’infrastructures, de villes magnifiques, de terroirs uniques au monde ? Les migrants vont arriver massivement par pleins bateaux ou tout simplement à pied comme au Ve siècle car ils ne reculeront devant rien pour vivre et manger à leur faim. Il existe pourtant une solution. Il faut que les technocrates qui gouvernent l’Europe, ces technocrates non élus qui ne connaissent rien aux réalités quotidiennes des peuples qui forment l’Union européenne, se rendent à l’évidence. Ils doivent oeuvrer, et c’est urgent, pour un rapprochement entre la Russie et l’Europe …

Cette proposition (que je ne partage qu’avec moi-même) nécessitera un long travail diplomatique, certes, mais il faut se rendre à l’évidence : l’Europe aurait pu devenir la plus grande puissance économique et industrielle du monde, loin devant la Chine, mais les Etats-Unis ne veulent pas de cette puissance alors ils ont par tous les moyens fait en sorte que l’Europe s’embrouille dans de faux problèmes d’environnement, de carbone et d’interdictions stupides d’OGMs, entre parenthèses « made in USA » afin d’inhiber toute montée en puissance de l’Union européenne. Les Américains ont tout fait pour torpiller le projet NordStream-2. Ils réussissent à affaiblir l’Europe mais dans le même temps ils favorisent la montée en puissance de la Chine. Je ne sais pas si mon analyse est exacte mais le résultat est là.

Alors se posera (et se pose déjà) la légitimité de l’OTAN. Trump a déploré que l’OTAN était une charge financière insupportable pour son pays, oui peut-être, mais comment demander aux Européens de mettre un « pognon de dingue » au pot alors que tous les pays européens de débattent dans une crise économique qui ne date pas du SARS-CoV-2. Cependant un rapprochement entre l’Europe et la Russie pourrait également réussir sans l’appui des Américains si seulement les gouvernements des différents Etats européens ainsi que la Commission elle-même cessaient de suivre aveuglément la politique anti-russe de la Maison-Blanche. Je ne suis pas un spécialiste de la géopolitique mais je laisse à mes lecteurs ce billet pour alimenter leur réflexion sur l’avenir de l’Europe, avenir qui me paraît incertain sinon périlleux …

Chine-USA : un nouvel Hiroshima ?

Dans un article majeur pour marquer le 75e anniversaire du bombardement atomique d’Hiroshima paru le 3 août 2020, John Pilger décrit des reportages à partir de cinq « ground-zero » pour les armes nucléaires – d’Hiroshima à Bikini, du Nevada à la Polynésie et à l’Australie. Il prévient que si nous n’agissons pas maintenant, la Chine est le prochain « ground-zero ».

Quand je suis allé pour la première fois à Hiroshima en 1967, l’ombre sur les marches était toujours là. C’était une impression presque parfaite d’un être humain tranquille : les jambes écartées, le dos plié, une main à ses côtés alors qu’il attendait qu’une banque ouvre.

À huit heures et quart le matin du 6 août 1945, lui et sa silhouette ont été brûlés dans le granit :

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J’ai regardé l’ombre pendant une heure ou plus, puis j’ai marché jusqu’à la rivière où des survivants vivaient encore dans des cabanes. J’ai rencontré un homme appelé Yukio, dont la poitrine était gravée avec le motif de la chemise qu’il portait lorsque la bombe atomique a été larguée. Il a décrit un énorme flash au-dessus de la ville, « une lumière bleuâtre, quelque chose comme un court-circuit électrique », après quoi le vent a soufflé comme une tornade et une pluie noire est tombée. «J’ai été jeté par terre et j’ai remarqué qu’il ne restait que les tiges de mes fleurs. Tout était immobile et calme, et quand je me suis levé, il y avait des gens nus, ne disant rien. Certains d’entre eux n’avaient ni peau ni cheveux. J’étais certain que j’étais mort ». Neuf ans plus tard, je suis retourné pour le retrouver, il était mort de leucémie.

« Pas de radioactivité dans les ruines d’Hiroshima », disait le 13 septembre 1945 en première page du New York Times, un classique de la désinformation plantée. « Le général Farrell a nié catégoriquement que [la bombe atomique] ait produit une radioactivité dangereuse et persistante » a rapporté William H. Lawrence.

Un seul journaliste, Wilfred Burchett, un Australien, avait osé le périlleux voyage à Hiroshima au lendemain du bombardement atomique, au mépris des autorités d’occupation alliées, qui contrôlaient le service de presse. « J’écris ceci comme un avertissement au monde », a rapporté Burchett dans le London Daily Express du 5 septembre 1945. Assis dans les décombres avec sa machine à écrire Baby Hermes, a décrit des salles d’hôpital remplies de personnes sans blessures visibles qui mouraient de ce qu’il appelait « une peste atomique ». Pour cela, son accréditation de journaliste lui a été retirée, il a été mis au pilori et sali. Son témoignage de la vérité ne lui a jamais été pardonné.

Le bombardement atomique d’Hiroshima (et de Nagasaki) était un acte de meurtre de masse prémédité qui a révélé une arme intrinsèquement criminelle. Cela a été justifié par des mensonges qui constituent le fondement de la propagande de guerre américaine du XXIe siècle, mettant en scène un nouvel ennemi et une nouvelle cible : la Chine.

Au cours des 75 années écoulées depuis Hiroshima, le mensonge le plus durable est que la bombe atomique a été larguée pour mettre fin à la guerre dans le Pacifique et sauver des vies.

« Même sans les bombardements atomiques », a conclu le Strategic Bombing Survey des États-Unis de 1946, « la suprématie aérienne sur le Japon aurait pu exercer une pression suffisante pour provoquer une reddition inconditionnelle et éviter la nécessité d’une invasion ». Sur la base d’une enquête détaillée en tous points et étayée par le témoignage des dirigeants japonais survivants impliqués, l’opinion du Survey est que … le Japon se serait rendu même si les bombes atomiques n’avaient pas été larguées, même si la Russie n’était pas entrée en guerre [contre le Japon] et même si aucune invasion n’avait été planifiée ou envisagée.

Les Archives nationales de Washington contiennent des ouvertures japonaises vers la paix documentées dès 1943. Aucune n’a été prise en considération. Un câble envoyé le 5 mai 1945 par l’ambassadeur d’Allemagne à Tokyo et intercepté par les États-Unis indiquait clairement que les Japonais réclamaient désespérément la paix, y compris « la capitulation même si les conditions étaient dures ». Rien n’a été fait. Le secrétaire américain à la guerre, Henry Stimson, a déclaré au président Truman qu’il avait «peur» que l’US Air Force ne fasse pas bombarder le Japon de telle sorte que la nouvelle arme ne puisse pas « montrer sa force ». Stimson a admis plus tard que « aucun effort n’a été fait, et aucun n’a été sérieusement envisagé, pour parvenir à la reddition simplement afin de ne pas avoir à utiliser la bombe [atomique] ».

Les collègues de Stimson – dans la perspective de l’après-guerre qu’ils façonnaient alors « à notre image », comme l’a dit assez fameusement le planificateur de la guerre froide George Kennan – ont clairement indiqué qu’ils étaient impatients de « frapper les Russes avec la bombe [atomique] détenue de manière plutôt ostentatoire. Le général Leslie Groves, directeur du projet Manhattan qui a fabriqué la bombe atomique, a déclaré ceci : « Il n’y a jamais eu d’illusion de ma part que la Russie était notre ennemie et que le projet était mené avec cette arrière-pensée ».

Le lendemain de la destruction totale d’Hiroshima, le président Harry Truman a exprimé sa satisfaction face au « succès retentissant de l’expérience ».

L ‘« expérience » s’est poursuivie longtemps après la fin de la guerre. Entre 1946 et 1958, les États-Unis ont fait exploser 67 bombes nucléaires dans les îles Marshall dans le Pacifique : l’équivalent de plus d’une bombe équivalente à celle d’Hiroshima par jour pendant 12 ans. Les conséquences humaines et environnementales ont été catastrophiques. Pendant le tournage de mon documentaire « The Coming War on China » (version complète disponible : https://www.youtube.com/watch?v=GDl9ecICIYg ) j’ai affrété un petit avion et me suis envolé pour l’atoll de Bikini dans les Marshalls. C’est ici que les États-Unis ont fait exploser la première bombe à hydrogène au monde. Il reste de la terre empoisonnée. Au niveau de mes chaussures mon compteur Geiger a enregistré une dose dangereuse. Les palmiers se dressaient dans des formations surnaturelles. Il n’y avait pas d’oiseaux.

J’ai marché à travers la jungle jusqu’au bunker en béton où, à 6 h 45 le matin du 1er mars 1954, le bouton a été enfoncé. Le soleil, qui s’était levé, se leva à nouveau et vaporisa une île entière dans la lagune, laissant un vaste trou noir, qui vu des airs est un spectacle menaçant : un vide mortel dans un lieu de beauté. Les retombées radioactives se sont propagées rapidement et « de manière inattendue ». L’histoire officielle affirme que « le vent a soudainement changé ». C’était le premier de nombreux mensonges, comme le révèlent des documents déclassifiés et le témoignage des victimes. Gene Curbow, un météorologue affecté à la surveillance du site d’essai, a déclaré : « Ils savaient où les retombées radioactives allaient aller. Même le jour du tir, ils avaient toujours la possibilité d’évacuer les gens, mais [les gens] n’ont pas été évacué, je n’ai pas été évacué … Les États-Unis avaient besoin de cobayes pour étudier ce que feraient les effets des radiations ».

Comme Hiroshima, le secret des îles Marshall était une expérience calculée sur la vie d’un grand nombre de personnes. Il s’agissait du projet 4.1, qui a commencé comme une étude scientifique sur des souris et est devenu une expérience sur « des êtres humains exposés au rayonnement d’une arme nucléaire ». Les habitants des Marshalls que j’ai rencontrés en 2015 – comme les survivants d’Hiroshima que j’ai interviewés dans les années 1960 et 1970 – souffraient d’une gamme de cancers, généralement du cancer de la thyroïde, des milliers étaient déjà morts. Les fausses couches et les mort-nés étaient courants, les bébés qui vivaient étaient souvent horriblement déformés.

Contrairement à Bikini, l’atoll voisin de Rongelap n’avait pas été évacué lors du test de la première bombe H. Directement sous le vent de Bikini, le ciel de Rongelap s’est assombri et il a plu ce qui a d’abord semblé être des flocons de neige. La nourriture et l’eau ont été contaminées et la population a été victime de cancers. C’est toujours vrai aujourd’hui. J’ai rencontré Nerje Joseph, qui m’a montré une photo d’elle-même enfant sur Rongelap. Elle avait de terribles brûlures au visage et une grande partie de son scalp n’avait plus de cheveux. « Nous nous baignions au puits le jour où la bombe a explosé », a-t-elle dit. « De la poussière blanche a commencé à tomber du ciel. J’ai tendu la main pour attraper la poudre. Nous l’avons utilisée comme savon pour laver nos cheveux. Quelques jours plus tard, mes cheveux ont commencé à tomber ». Lemoyo Abon a déclaré: « Certains d’entre nous étaient à l’agonie, d’autres avaient la diarrhée. Nous étions terrifiés. Nous pensions que ce devait être la fin du monde ».

Le film d’archive officiel américain que j’ai inclus dans mon film qualifie les insulaires de « gentils sauvages ». À la suite de l’explosion, on voit un responsable de l’Agence américaine de l’énergie atomique se vanter que Rongelap « est de loin l’endroit le plus contaminé sur terre », ajoutant: « il sera intéressant d’obtenir une mesure de l’absorption humaine lorsque les gens vivent dans un environnement aussi contaminé ». Des scientifiques américains, y compris des médecins, ont bâti des carrières distinguées en étudiant « l’assimilation humaine ». Ils figurent sur des films terrifiants, vêtus de leur blouse blanche, attentifs à leur bloc-notes. Lorsqu’un insulaire est décédé à l’adolescence, sa famille a reçu une carte de sympathie du scientifique qui l’a étudié.

J’ai signalé cinq « ground-zero » nucléaires à travers le monde – au Japon, aux Îles Marshall, au Nevada, en Polynésie et à Maralinga en Australie. Plus encore que mon expérience de correspondant de guerre, cela m’a fait découvrir la cruauté et l’immoralité d’une grande puissance : c’est-à-dire la puissance impériale, dont le cynisme est le véritable ennemi de l’humanité.

Cela m’a vraiment frappé lorsque j’ai tourné à Taranaki Ground Zero à Maralinga dans le désert australien. Dans un cratère en forme de grand plat à frire se trouve un obélisque sur lequel a été inscrit : « Une arme atomique britannique a été testée et a explosé ici le 9 octobre 1957 ». Sur le bord du cratère se trouve ce signe : AVERTISSEMENT: RISQUE DE RADIATION Les niveaux de rayonnement sur quelques centaines de mètres autour de ce point peuvent être supérieurs à ceux considérés comme sûrs pour une occupation permanente. Car aussi loin que l’œil pouvait voir, et au-delà, le sol était irradié. Le plutonium brut gisait, dispersé comme de la poudre de talc : le plutonium est si dangereux pour les humains qu’un tiers de milligramme donne 50% de chances de cancer.

Les seules personnes qui auraient pu voir le signe étaient des Australiens autochtones, pour qui il n’y avait pas d’avertissement. Selon un récit officiel, s’ils avaient de la chance « ils étaient chassés comme des lapins ».

Aujourd’hui, une campagne de propagande sans précédent nous chasse tous comme des lapins. Nous ne sommes pas censés remettre en question le torrent quotidien de rhétorique anti-chinoise, qui dépasse rapidement le torrent de rhétorique anti-russe. Tout ce qui est chinois est mauvais, un anathème, une menace : Wuhan … Huawei. Comme c’est déroutant quand « notre » chef le plus vilipendé le dit. La phase actuelle de cette campagne n’a pas commencé avec Trump mais avec Barack Obama, qui s’est envolé en 2011 pour l’Australie pour déclarer la plus grande accumulation de forces navales américaines dans la région Asie-Pacifique depuis la Seconde Guerre mondiale. Soudainement, la Chine était devenue une « menace ». C’était un non-sens, bien sûr. Ce qui est une menace, c’est la vision psychopathique incontestée qu’a l’Amérique d’elle-même comme la nation la plus riche, la plus prospère, la plus « indispensable ».

Ce qui n’a jamais été contesté, ce sont ses prouesses en tant qu’intimidateur, avec plus de 30 membres des Nations Unies subissant des sanctions américaines de quelque sorte que ce soit et une traînée de sang traversant des pays sans défense bombardés, leurs gouvernements renversés, leurs élections perturbées, leurs ressources pillées. La déclaration d’Obama est devenue connue comme le « pivot vers l’Asie ». L’un de ses principaux défenseurs était sa secrétaire d’État, Hillary Clinton, qui, comme l’a révélé WikiLeaks, voulait renommer l’océan Pacifique « la mer américaine ».

Alors que Clinton n’a jamais caché son bellicisme, Obama était un maestro du marketing. « J’affirme clairement et avec conviction », a déclaré le nouveau président en 2009, « que l’engagement de l’Amérique est de rechercher la paix et la sécurité d’un monde sans armes nucléaires ». Obama a augmenté les dépenses en ogives nucléaires plus rapidement que n’importe quel président depuis la fin de la guerre froide. Une arme nucléaire « utilisable » a été développée. Connu sous le nom de B61 Model 12, cela signifie, selon le général James Cartwright, ancien vice-président des chefs d’état-major interarmées, que « plus petite [rend son utilisation] plus plausible ».

La cible est la Chine. Aujourd’hui, plus de 400 bases militaires américaines encerclent presque la Chine avec des missiles, des bombardiers, des navires de guerre et des armes nucléaires. De l’Australie au nord en passant par le Pacifique en passant par l’Asie du Sud-Est, le Japon et la Corée et à travers l’Eurasie jusqu’en Afghanistan et en Inde, les bases forment, comme me l’a dit un stratège américain, « l’étau parfait ». Une étude de la RAND Corporation – qui, depuis le Vietnam, planifie les guerres américaines – s’intitule War with China: Thinking Through the Impensable. Commissionnés par l’armée américaine, les auteurs évoquent le tristement célèbre slogan de son principal stratège de la guerre froide, Herman Kahn : « penser l’impensable ». Le livre de Kahn, On Thermonuclear War, a élaboré un plan pour une guerre nucléaire « gagnable ». Le point de vue apocalyptique de Kahn est partagé par le secrétaire d’État de Trump, Mike Pompeo, un fanatique évangélique qui croit en « l’enlèvement final ». C’est peut-être l’homme le plus dangereux du monde. « J’étais directeur de la CIA », se vantait-il, « nous avons menti, nous avons triché, nous avons volé. C’était comme si nous avions des cours de formation entiers ». L’obsession de Pompeo est la Chine.

La finalité du jeu de l’extrémisme de Pompeo est rarement, voire jamais, discutée dans les médias anglo-américains, où les mythes et les fabrications sur la Chine sont monnaie courante, tout comme les mensonges sur l’Irak. Un racisme virulent est le sous-jacent à cette propagande. Classés « jaunes » alors qu’ils étaient blancs, les Chinois sont le seul groupe ethnique à avoir été interdit par une « loi d’exclusion » d’entrer aux États-Unis, car ils étaient Chinois. La culture populaire les a déclarés sinistres, indignes de confiance, sournois, dépravés, malades, immoraux. Un magazine australien, The Bulletin, a été consacré à promouvoir la peur du « péril jaune » comme si toute l’Asie était sur le point de tomber sur la colonie réservée aux Blancs – l’Australie – par la force de la gravité.

Comme l’écrit l’historien Martin Powers, reconnaissant le modernisme de la Chine, sa moralité laïque et « ses contributions à la pensée libérale menaçaient le visage européen, il est donc devenu nécessaire de supprimer le rôle de la Chine dans le débat … Pendant des siècles, la menace de la Chine contre la supériorité mythique de l’Occident en a fait une cible facile pour la course à l’ennemi ». Dans le Sydney Morning Herald, infatigable contre la Chine, Peter Hartcher a décrit ceux qui ont répandu l’influence chinoise en Australie comme « des rats, des mouches, des moustiques et des moineaux ». Hartcher, qui cite favorablement le démagogue américain Steve Bannon, aime interpréter les « rêves » de l’élite chinoise actuelle, dont il est apparemment au courant. Ceux-ci sont inspirés des aspirations pour le « Mandat du Ciel » d’il y a 2 000 ans. Ad nauseum …

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Pour lutter contre ce « mandat », le gouvernement australien de Scott Morrison a fait appel à l’un des pays les plus sûrs de la planète, dont le principal partenaire commercial est la Chine, pour un marché de centaines de milliards de dollars de missiles américains pouvant être tirés sur la Chine. Les effets sont déjà évidents. Dans ce pays historiquement marqué par un racisme violent envers les Asiatiques, les Australiens d’origine chinoise ont formé un groupe d’autodéfense pour protéger leurs livreurs. Des vidéos sur téléphones portables montrent un livreur frappé au visage et un couple chinois victimes de violence raciale dans un supermarché. Entre avril et juin 2020, il y a eu près de 400 attaques racistes contre des Australiens d’origine asiatique. « Nous ne sommes pas votre ennemi », m’a dit un stratège de haut rang en Chine, « mais si vous [en Occident] décidez que nous le sommes, nous devons nous préparer sans tarder ». L’arsenal de la Chine est petit par rapport à celui des États-Unis, mais il se développe rapidement, en particulier le développement de missiles maritimes conçus pour détruire des flottes de navires.

« Pour la première fois », a écrit Gregory Kulacki de l’Union of Concerned Scientists, « la Chine envisage de mettre ses missiles nucléaires en état d’alerte afin qu’ils puissent être lancés rapidement en cas d’attaque … Ce serait une action importante et dangereuse, un changement de la politique chinoise … ».

À Washington, j’ai rencontré Amitai Etzioni, éminent professeur d’affaires internationales à l’Université George Washington, qui a écrit qu’une « attaque aveuglante contre la Chine » était prévue, « avec des frappes qui pourraient être perçues à tort [par les Chinois] comme des tentatives préventives de sortir ses armes nucléaires, les enfermant ainsi dans un terrible dilemme de les utiliser ou de tout perdre, ce [qui mènerait] à une guerre nucléaire ».

En 2019, les États-Unis ont organisé leur plus grand exercice militaire depuis la guerre froide, en grande partie dans le plus grand secret. Une armada de navires et de bombardiers à longue portée a répété un « Concept de combat air-mer pour la Chine » – ASB – bloquant les voies maritimes dans le détroit de Malacca et coupant l’accès de la Chine au pétrole, au gaz et à d’autres matières premières du Moyen-Orient et d’Afrique . C’est la peur d’un tel blocus qui a vu la Chine développer son Initiative de la Ceinture et de la Route le long de l’ancienne Route de la Soie vers l’Europe et construire de toute urgence des pistes d’atterrissage stratégiques sur les récifs et îlots contestés des îles Spratly.

À Shanghai, j’ai rencontré Lijia Zhang, une journaliste et romancière de Pékin, typique d’une nouvelle classe de non-conformistes au franc-parler. Son livre à succès porte le titre ironique « Socialism Is Great » ! Ayant grandi dans la révolution culturelle chaotique et brutale, elle a voyagé et vécu aux États-Unis et en Europe. « Beaucoup d’Américains imaginent », a-t-elle dit, « que les Chinois vivent une vie misérable et réprimée sans aucune liberté. L’idée [du] péril jaune ne les a jamais quittés … Ils n’ont aucune idée qu’il y a quelque 500 millions de personnes. sorti de la pauvreté, et certains diraient que c’est 600 millions ».

Les réalisations épiques de la Chine moderne, sa victoire sur la pauvreté de masse, et la fierté et le contentement de son peuple (mesurés par des sondages américains tels que Pew) sont volontairement inconnus ou mal compris en Occident. Cela seul est un commentaire sur l’état lamentable du journalisme occidental et la disparition du reportage honnête.

Le côté obscur répressif de la Chine et ce que nous aimons appeler son « autoritarisme » sont la façade que nous sommes autorisés à voir presque exclusivement. C’est comme si nous étions nourris d’histoires sans fin sur le super-méchant diabolique Dr. Fu Manchu. Et il est temps de se demander pourquoi : avant qu’il ne soit trop tard pour arrêter le prochain Hiroshima.

Traduction d’un article de John Pilger paru le 3 août 2020 sur son blog : http://johnpilger.com/articles/another-hiroshima-is-coming-unless-we-stop-it-now

Bref commentaire de votre serviteur. La Chine avait coutume de s’appeler l’Empire du Milieu et se suffisait à elle-même. Au fil des millénaires elle a intégré des peuples attirés par l’esprit industrieux de ce peuple à l’origine d’une multitude d’inventions dont je me contenterai d’en citer que deux exemples, la boussole et la poudre à canon. La Chine a construit une muraille pour ne pas être envahie par des hordes de pillards qui ont depuis été intégrés à l’Empire. Se suffisant à elle-même ce pays a toujours fait du commerce, jusqu’en Europe avec les routes de la soie. La Chine n’a aucune intention de domination du monde, elle veut simplement faire du commerce, ce qu’elle réussit admirablement. Si les Américains, minés par leur paranoïa messianique de domination du monde osaient se frotter à la Chine, il est curieux que les hauts stratèges de Washington n’aient pas pris un instant en compte le fait que la Russie réagirait immédiatement car si la Chine est encerclée dans une tenaille d’installations militaires américaines il en est de même pour la Russie. Alors ce serait un conflit nucléaire généralisé avec la disparition totale de l’humanité et de plus de 95 % de toutes les espèces animales. Si certains de mes lecteurs envisagent de me qualifier d’anti-américanisme primaire qu’ils s’informent : le vrai danger de la planète aujourd’hui ce ne sont ni le coronavirus ni le changement du climat, ni la surpopulation ou que sais-je encore mais uniquement le désir d’hégémonie totalitaire des Etats-Unis.

Brève. La politique étrangère ou une campagne électorale ont bon dos.

Aux Etat-Unis le président sortant craint pour sa réélection et c’est normal. Pour résumer la situation intérieure américaine, c’est un vrai bordel amplifié par des médias favorables au parti démocrate. Donc Trump va visiter les villes « chaudes » pour rassurer ses électeurs. Comme toute la vie américaine est basée sur des mensonges, des apparences et des faux débats tout est organisé pour dissimuler la lente décadence de ce pays, décadence amplifiée par la grippe coronavirale. Les Américains vivent avec de l’argent factice sorti du chapeau des banquiers de la FED, les Américains se réjouissent d’être les leaders mondiaux des technologies de la communication avec internet, Google, Facebook, Amazon et Microsoft. Les Américains sont fiers d’avoir répandu dans le monde entier le système GPS dont plus personne ne peut faire l’économie y compris le conducteur d’une moissonneuse-batteuse au fin fond de l’Ukraine ou dans la Beauce en France. Les Américains sont fiers d’avoir mis au point et de contrôler le système de compensation bancaire international SWIFT. Et pour conclure cet aperçu les Américains sont fiers de contrôler plusieurs systèmes de cartes de crédit universellement utilisés dans le monde comme Visa, Mastercard ou Amex et les Américains sont fiers de disposer de la plus grande flotte maritime du monde et de près de 1000 bases militaires, beaucoup d’entre elles disposant d’un arsenal nucléaire.

Et pourtant la situation intérieure américaine est catastrophique et ni Trump ni son rival Biden n’ont de solution magique pour la redresser. Les Américains ne peuvent pas en être fiers : la mortalité infantile augmente, l’espérance de vie diminue, plus de 60 % de la population est en surpoids et le nombre de personnes souffrant de diabète ou de maladies cardiovasculaires atteint des sommets qui rivalisent avec la progression des indices boursiers, eux aussi totalement artificiels. On n’est plus à DisneyLand mais dans la réalité quotidienne du chômage, de l’endettement et de la précarité qui frappent des dizaines de millions de personnes qui n’iront probablement pas voter parce qu’elles savent que leur cause est perdue d’avance. Alors Trump et Biden et sa « co-présidente » font le tour des popotes sans arriver à convaincre qui que ce soit.

En France la situation est en apparence plutôt meilleure mais ce n’est qu’une apparence et les responsables politiques le savent très bien. La crise sanitaire de la grippe coronavirale, finalement pas plus méchante qu’une grippe saisonnière classique, a sidéré la population avec le confinement, une situation inédite érodant les libertés individuelles. Aujourd’hui, alors que cette grippe a disparu, le gouvernement continue à entretenir la peur dans la population avançant le fallacieux prétexte que le nombre de « cas » augmente dangereusement alors que le nombre de morts est négligeable voire nul. C’est très exactement la même situation qui prévaut en Espagne avec l’obligation de porter un masque à tout instant et partout. Il faut entretenir la peur parce que le cerveau ne fonctionne plus correctement : le cerveau reptilien a pris les commandes, alors on devient incapable de raisonner sainement. Il y a une douzaine de milliers d’années nos ancêtres grimpaient aux arbres pour échapper aux bêtes fauves. Ils ne réfléchissaient plus car leur vie était en danger. Aujourd’hui les politiciens nous ont convaincu que nos vies étaient en danger et nous raisonnons exactement comme ces chasseurs-cueilleurs. Plutôt que de grimper aux arbres nous avons docilement obéi aux ordres de confinement. Comme nos ancêtres laissaient parfois des vieux incapables de grimper aux arbres se laisser dévorer par les fauves, nous avons laissé nos vieux mourir, seuls, dans des hospices.

Ce confinement n’a pas vraiment modifié le cours de l’épidémie mais son effet a détruit l’économie et la crise économique et sociale dont on parle ne fait que commencer. Des dizaines de milliers d’entreprises de toutes tailles ferment leurs portes en France mais aussi en Espagne ou en Italie et dans d’autres pays européens. Ce seront dans quelques semaines des millions de chômeurs qui s’ajouteront à ceux qui n’avaient pas de travail avant la grippe. Et on s’achemine avec certitude vers une situation critique et potentiellement incontrôlable dans les prochains jours. Alors pour que le peuple ne pense pas à cet avenir particulièrement incertain et dangereux le Président français montre ses muscles à Erdogan en Méditerranée orientale et se paie le luxe d’aller pour la deuxième fois au Liban donner des conseils aux politiciens locaux qui s’en moquent complètement. Mais tous les médias français reprennent l’information : elle a le mérite de capter l’attention du peuple pour lui faire oublier que la France se trouve dans une situation critique que l’on pourrait qualifier de pré-révolutionnaire. Tourisme électoral dans les Etats US, tourisme au Liban, même combat d’illusionnistes.