Les histoires racontées par les médias commencent à dépasser même la crédulité des Américains

Capture d’écran 2019-06-17 à 18.25.41.png

Traduction d’un article de Paul Craig Roberts paru sur son blog le 15 Juin 2019. Ces deux derniers jours ont été émaillés par des développements intéressants. Les USA ou Israël ont frappé un navire japonais avec des petites roquettes et ont tenté de rendre responsables des mines iraniennes. L’armateur japonais a mis fin à ce « faux » évènement. Il a fait remarquer que les dégâts se trouvaient au dessus de la ligne de flottaison et non pas au dessous et que des membres de l’équipage ont vu s’approcher des objets volants.

Dans les pages du New-York Times, David Sanger, un journaliste en général peu fiable à mon avis, a révélé – ce qu’une personne comme moi ayant une expérience de Washington longue d’un quart de siècle considérerait comme une information sensible pour la sécurité nationale – que Washington introduisait un programme malveillant dans le réseau électrique russe. Qui a divulgué une telle information sensible pour la sécurité nationale ? Pourquoi cette personne, ayant divulgué une telle information à un journaliste, ne serait-elle pas poursuivie et arrêtée ? Pourquoi Sanger lui-même, comme Julian Assange, n’est-il pas arrêté ? Donner de telles informations à la Russie après les avoir rendues publiques n’a aucun sens car cela permet à la Russie de détecter et éliminer de tels logiciels malveillants.

Comme cela n’a aucun sens, la question est de savoir si l’histoire de Sanger est correcte ou bien si la NSA veut améliorer son image de marque avant qu’elle ne devienne une victime avec Brennan, Comey et Hillary Clinton dans le cadre de la tentative de « Russiagate » du Président Trump. L’histoire de Sanger perd toute sa crédibilité lorsqu’il réitère l’allégation réfutée selon laquelle : l’Agence russe de recherche sur internet est le groupe se trouvant au coeur du piratage informatique lors des élections de 2016 aux Etats-Unis. Ce fut l’une des quatre opérations que son soi-disant petit groupe de la Russie avait organisées autour des élections de mi-mandat. Les responsables ont parlé publiquement de ces incidents bien qu’ils n’aient fourni que très peu de détails.

Ray McGovern, William Binney et d’autres professionnels du renseignement à la retraite ont prouvé de manière concluante qu’il n’y avait pas eu de piratage informatique. Les informations révélées par Wikileaks provenaient de fuites provenant du Comité national démocrate (DNC). Comment est-il possible que David Sanger ne le sache pas ? Comment son éditeur du New-York Times l’ignore ?

Liens : https://www.lewrockwell.com/2019/06/no_author/the-gulf-of-credibility/

https://www.nytimes.com/2019/06/15/us/politics/trump-cyber-russia-grid.html?ref=cta&nl=top-stories?campaign_id=61&instance_id=0&segment_id=14339&user_id=c57a8c2d498023b54c8a416a37b2bb8a&regi_id=21653813ries , et aussi

https://consortiumnews.com/2019/06/13/ray-mcgovern-doj-bloodhounds-on-the-scent-of-john-brennan/

Commentaire. Les mensonges répétés de la CIA, de la NSA, du Pentagone et du FBI sont devenus tellement grossiers qu’ils procurent une image ternie des USA au monde entier, sauf aux USA, en Grande-Bretagne, en Arabie saoudite et en Israël, et peut-être aussi auprès de quelques autres pays européens, en France peut-être ? … Illustration : centrale électrique à cogénération (chauffage urbain) dans la banlieue de Moscou (source NYT).

Actualité : un remake de l’incident du Golfe du Tonkin ?

Capture d’écran 2019-06-13 à 16.07.52.png

Les deux navires transportant du pétrole pour l’un et en partie du méthanol pour l’autre, l’un à destination du Japon et l’autre de la Corée, ayant heurté des mines magnétiques semblent être un grossier remake de l’incident du Golfe du Tonkin qui fut l’évènement prétexte pour l’entrée en guerre des USA au Vietnam. Il s’agissait d’une « fake news, un coup monté par la CIA. Est-ce le cadeau empoisonné que laisse John Bolton viré par Donald Trump ? On le saura dans 50 ans …

Curieusement le Premier Ministre Japonais Shinzo Abe se trouvait à Téhéran en visite officielle au moment de l’évènement qui fait trembler la planète entière. Peut-être que cette visite n’a pas plu aux stratèges de Washington, selon l’adage « tout pays ami de l’Iran est un ennemi des Etats-Unis ». Un nouveau « faux drapeau » ? Si la CIA ou le Pentagone sont les instigateurs de ce « coup » il en va de la survie de l’humanité toute entière … Et pourtant Donald Trump venait de proposer à l’Iran des discussions sans conditions préalables, comprenne qui pourra.

La prophylaxie homéopathique, c’est nouveau, ça vient de sortir.

Capture d’écran 2019-06-11 à 17.48.46.png

Il y a plus de 30 ans au cours d’un dîner auquel j’avais été convié chez des amis, je fis la connaissance de Christian Boiron, l’héritier de la plus importante usine de médicaments homéopathiques de France et il me déclara, connaissant mon cursus universitaire, qu’il gagnait de l’argent en vendant du glucose, de l’eau et de l’alcool. Il avait donc une haute opinion de l’efficacité de l’homéopathie. Aux USA comme dans de nombreux autres pays européens l’homéopathie est toujours considérée comme une alternative efficace à l’allopathie et, bien qu’aucune évidence scientifique n’ait jamais pu être avancée pour prouver l’efficacité de cette « médecine alternative » elle reste toujours très populaire, à tel point que des médecins peu scrupuleux proposent l’homéopathie comme une alternative à la vaccination. Cette thérapie consiste à proposer aux patients un traitement consistant à ingérer de fortes doses de vitamine C. Parallèlement ce traitement est supposé « réparer » les dégâts de la vaccination qui est pour ces mêmes médecins la cause principale de l’autisme. Il s’agit dans les pays anglo-saxons, Canada, USA, Grande-Bretagne et Australie de la thérapie CEASE ( cease-therapy.com ). Divers extraits homéopathiques sont ajoutés à la vitamine C et le traitement « orthomoléculaire » ainsi formulé permet au cerveau de l’enfant de se régénérer. Aux Etats-Unis plus de 2000 enfants suivent un tel traitement, ça laisse rêveur.

La « prophylaxie homéopathique » prétend que les « nosodes », un terme regroupant des extraits dilués de tissus humains (ou animaux) infectés par des bactéries ou des virus pathogènes, sont une alternative aux vaccins. Pris oralement ils sont considérés comme plus efficaces que ces derniers. La FDA (aux USA) n’a jamais approuvé ce type de traitement qui est supposé être la panacée pour consolider le système immunitaire des enfants non vaccinés. On ne peut que constater tristement que la rougeole, considérée depuis le début des années 2000 comme éradiquée de part et d’autre de l’Atlantique Nord, a fait un retour inattendu dans ces pays pourtant considérés comme à la pointe du confort sanitaire et médical. La population semble ignorer que la médecine est une science, elle s’enfonce aujourd’hui dans un obscurantisme inquiétant.

Source partielle : The Guardian

Lire aussi l’article paru sur le site Contrepoints ce 12 Juin 2019 :

https://www.contrepoints.org/2019/06/12/346618-le-scandale-du-remboursement-de-lhomeopathie?utm_source=Newsletter+Contrepoints&utm_campaign=883dea8e17-Newsletter_auto_Mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_865f2d37b0-883dea8e17-113560105&mc_cid=883dea8e17&mc_eid=f88419e9a8

 

IPCC : la mise à mort d’un climatologue

Capture d’écran 2019-06-09 à 13.01.49.png

Le Docteur en Climatologie Roger Pielke Jr. était un scientifique à l’Université du Colorado à Boulder. Il faut parler de lui au passé car il a finalement démissionné de ses fonctions de spécialiste mondial des évènements météorologiques extrêmes. Il a mis en évidence que la fréquence de ces évènements extrêmes, typhons et autres ouragans, sécheresses prolongées, inondations, tornades, vagues de froid et de chaleur, n’était pas connectée au réchauffement climatique d’origine anthropique alors que l’IPCC soutenait le contraire. Cet organisme onusien avait pris en compte pour soutenir son argumentation le fait que le montant des indemnisations consenties par les compagnies d’assurance occasionnées par les phénomènes météorologiques extrêmes ne cessait d’augmenter comme la température de surface globale selon ses modèles prévisionnels utilisés par les actuaires de ces compagnies d’assurance et de réassurance comme Munich Re. Force est de constater qu’il ne s’agissait plus vraiment de climat …

Capture d’écran 2019-06-09 à 09.54.26.png

Les propositions de Pielke démontraient clairement que si les compagnies d’assurance devaient payer de plus en plus d’indemnisations avec parallèlement une augmentation des primes d’assurance, cela ne signifiait en aucun cas qu’il s’agissait d’une augmentation de la supposée fréquence de ces phénomènes météorologiques extrêmes mais seulement de l’augmentation du prix des habitations et des installations industrielles et commerciales situées dans des zone à risque bien connues des météorologues comme par exemple la Floride aux USA. Il rapprocha donc pour soutenir son argumentation les statistiques météorologiques relatives en particulier au nombre d’ouragans atteignant la terre ferme depuis la fin de la seconde guerre mondiale aux USA. Mal lui en prit car ces statistiques, pourtant accessibles au public, contredisaient frontalement les thèses de l’IPCC.

Capture d’écran 2019-06-09 à 10.14.54.png

 

Capture d’écran 2019-06-09 à 10.13.36.png

Il fallait donc abattre le soldat Pielke qui avait pourtant fait partie des scientifiques recrutés par l’IPCC pour la rédaction du rapport destiné aux décideurs politiques en 2007. Cependant son argumentation fut soigneusement ignorée et remplacée par la référence à une unique publication dans laquelle figurait un graphique que cet organisme osa modifier afin d’être en accord avec la politique climatique de l’ONU. La popularité de Pielke avait pourtant atteint son sommet en 2006 lorsqu’il participa en Mai de cette année-là à une workshop sur les évènements météorologiques extrêmes à Hohenkammer en Allemagne. Les thèses de Pielke figurèrent dans un rapport spécial de l’IPCC en 2012 relatif aux évènements climatiques extrêmes en reprenant le « Consensus de Hohenkammer » concluant que après avoir relié la croissance des populations et les changements économiques dans les régions à risque, que ce soit aux USA ou partout ailleurs dans le monde, il n’y avait aucun lien statistiquement significatif entre le réchauffement climatique et les indications des dommages liés à ces évènements extrêmes. Mais l’IPCC n’entra pas dans les détails au cours de la rédaction finale de ce rapport spécial.

Capture d’écran 2019-06-09 à 09.55.24.png

En 2013 Pielke fut convoqué par une commission de la Chambre des Représentants, le Congrès, pour exposer ses prises de position (lien). Peu de temps après John Holdren, conseiller scientifique d’Obama, accusa Pielke d’avoir faussé ses conclusions devant le Congrès ce qui provoqua une véritable chasse aux sorcières pour tenter de découvrir si par hasard Pielke n’était pas financé par les compagnies pétrolières. Le DNC, appareil du parti démocrate, obtint que Pielke soit banni des réseaux sociaux et il fut poussé vers la sortie quelques mois plus tard par la direction de l’Université du Colorado.

Et pourtant, globalement, il n’existe aucune relation de cause à effet statistiquement significative entre le changement du climat et la fréquence des évènements extrêmes quelle que soit la région du monde considérée bien que le Premier Ministre canadien Trudeau soutienne le contraire. Il s’agit de « fake news » entretenues par le monde politique. Après de tels évènements – la mise à mort de Pielke – les scientifiques sont devenus prudents et restent silencieux de peur d’être massacrés comme le fut Pielke bien qu’ils disposent de tous les arguments scientifiques contredisant les prises de position de l’IPCC, des écologistes et des politiciens. Quelque chose est devenu vraiment terrifiant, mais ce n’est pas le climat !

Source :

https://business.financialpost.com/opinion/ross-mckitrick-this-scientist-proved-climate-change-isnt-causing-extreme-weather-so-politicians-attacked

Illustrations figurant dans l’exposé de Pielke sur les réseaux sociaux (lien ci-dessous)

Autres liens :

https://sciencepolicy.colorado.edu/research_areas/sparc/research/projects/extreme_events/munich_workshop/ccdl_workshop_brochure.pdf

https://threadreaderapp.com/thread/987052536883376128.html

https://youtu.be/LS8Rr0AxmFI (exposé de Pielke devant la Commission du Congrès américain)

USA : la « beauté » du gaz de schiste pour sauver le climat est un leurre

Capture d’écran 2019-06-07 à 16.24.39.png

Avec 52 dollars le baril à la bourse de New-York et un prix du gaz naturel parallèlement en chute libre les industriels du pétrole et du gaz de roche mère (schistes) aux Etats-Unis sont aux abois. Déjà criblés de dettes (qui ne seront jamais remboursées à moins que l’Iran bloque le détroit d’Ormuz) ils sont condamnés à brûler le gaz naturel qui jaillit mélangé à du pétrole des forages pratiqués dans le Bakken et les schistes permiens. En effet il n’existe pas d’infrastructures pour transporter ce gaz par gazoduc vers les usines de liquéfaction situées au Texas, sur la côte du Golfe du Mexique. Pour les trois premiers mois de l’année 2019 quelques 660 millions de pieds-cube de gaz ont été tout simplement brûlés et les fumées répandues dans l’atmosphère.

Pour les non-spécialistes dont je fais partie un pied-cube représente 0,0283 mètre-cube mais dans l’industrie gazière il représente le nombre de molécules de gaz naturel étant entendu que ce gaz – dont le gaz de schiste – ne contient pas nécessairement que du méthane. La cotation en bourse du gaz naturel s’exprime sur la base du million de pieds-cube dont le symbole est MMcf ou millier de milliers de pieds-cube. Dans les conditions standard de pression et de température (288 °K et 101,56 kPa) un pied-cube contient 1,198 gramme de molécules de gaz naturel. Dans le bassin permien plus de 20 % du gaz provenant des forages a été brûlé en 2018. Dans l’Etat du Dakota du Nord les autorités ont fixé une limite à cette pratique qui est selon la loi de 15 % du gaz provenant des forages. Or toutes les entreprises ont outrepassé cette limite dès l’année 2016, un fait qui a mis en émoi la section locale du Sierra Club. La totalité du gaz brûlé dans le Dakota du Nord par les exploitants du Bakken durant le mois de mars 2019 aurait suffi à assurer le chauffage de toutes les habitations de cet Etat pendant 10 ans !

Plus incroyable encore, comme l’Etat dépend pour ses revenus des taxes sur le pétrole recueilli, limiter les extractions pour limiter le brûlage du gaz aurait également réduit les ressources financières et par conséquent les autorités laissent faire … De ce fait les statistiques parvenant à l’Environmental Defense Fund sont toutes fausses. Enfin pour aggraver le tableau déjà franchement déplorable, si le gazoduc reliant les champs gaziers et pétrolifères tant de Bakken que du Permien n’est toujours pas terminé le simple fait que les cours du gaz naturel pratiqués au hub de Waha où se trouvent des unités de liquéfaction sont chroniquement dans une zone négative. en d’autres termes le « gaz naturel de schiste » provenant de ces bassins d’une manière ou d’une autre comme par exemple compressé est loin d’être rentable : il vaut bien mieux le brûler sur place …

La « beauté » du gaz de schiste est donc un leurre, du moins aux USA où les infrastructures de transport sont cruellement inexistantes. Chaque mois le gaz naturel brûlé représente la consommation mensuelle de trois pays comme Israël, la Colombie ou la Roumanie, ça laisse rêveur.

Source : Oilprice.com

Au Texas, le mouvement anti-vaccins se porte bien !

Le Docteur Peter Hotez du collège de médecine de l’Université Baylor a déclaré dans une interview au Washington Post au début du mois de mai de cette année qu’au Texas plus de 64000 enfants scolarisés n’étaient pas vaccinés et que plus de 300000 autres enfants scolarisés à la maison ne l’étaient pas non plus. Immédiatement, il fut invectivé par le représentant (député au parlement du Texas) républicain Jonathan Stickland l’accusant de sorcellerie ! Hotez est pourtant pédiatre et spécialiste des vaccins et il ne reçoit aucune aide financière des industriels produisant des vaccins. Outre ses activités de pédiatre il a focalisé ses travaux de recherche sur le développement potentiel de vaccins dirigés contre les maladies tropicales « oubliées » par les grands groupes pharmaceutiques et ceci à titre strictement gratuit.

Stickland a répondu au WP en affirmant qu’il n’était pas contre la vaccination mais qu’il respectait le choix des parents et leur droit de ne pas faire vacciner leurs enfants, tout en soulignant que ces dits parents devaient prendre leurs responsabilités, ajoutant que le gouvernement de l’Etat du Texas ou l’administration fédérale devaient également prendre leurs responsabilités.

Aux USA 17 Etats laissent le libre choix aux parents pour des raisons personnelles ou « philosophiques » et pratiquement tous les Etats accordent des exemption pour des raisons religieuses. Le mouvement anti-vaccins a de ce fait pris de l’ampleur et malgré que 760 cas de rougeole déclarés ont alarmé la population dont 15 au Texas depuis le début de l’année 2019, ni le gouvernement fédéral ni les autorités des Etats ne semblent s’alarmer.

Hotez a enfoncé le clou en déclarant dans un Tweet que la situation devenait dangereuse dans certaines villes comme Austin ou encore Plano. Dans certaines écoles publiques de trop nombreux enfants non vaccinés représentent un réel danger car ce qui est appelé l’ « immunité de groupe » n’est plus assurée. Ces campagnes anti-vaccins, rapprochées à une augmentation de la mortalité infantile aux USA est bien le signe d’une régression de la société américaine. Ce sont des faits, ils n’on rien à voir avec le pseudo anti-américanisme dont je suis parfois accusé sur ce blog.

Source : Washington Post. L’Université Baylor est une université privée baptiste située dans la ville de Wako au Texas.

Deux discours contrastés séparés de cinquante années

Traduction d’un billet de Paul Craig Roberts paru sur son blog le 2 juin 2019

Note explicative. La tradition américaine veut que le Président des Etats-Unis se rende à l’école militaire de West Point faire un discours adressé aux cadets nouvellement admis après une dure sélection. En ce premier Juin 2019 c’est le vice président Mike Pence qui a fait ce discours traditionnel.

800px-President_Kennedy_American_University_Commencement_Address_June_10,_1963.jpg

Le vice président Pence à dit aux cadets qu’ils seront sur le « champ de bataille pour l’Amérique » et qu’ils « se déplaceront au son du canon » (voir le premier lien).

Pence n’a pas précisé pour quel agenda ils se battraient, que ce soit pour les intérêts des compagnies pétrolières, pour Israël, pour les banques new-yorkaises, pour l’idéologie conservatrice de l’hégémonie américaine ou pour le business de la drogue de la CIA, car en effet les cadets de West Point ne sauront jamais pour qui ou pour quels intérêts ils mourront.

Le discours de Pence est une parfaite illustration du modus operandi de « La Matrice » (Matrix, film de science-fiction sorti sur les écrans en 1999). Les cadets de West Point, tous innocents et naïfs sont comme des canards recrutés pour servir dans ce que le Général de la Marine américaine Smedley Buttler a appelé les hommes devant servir les intérêts des entreprises américaines (voir le deuxième lien). Depuis les années Clinton la guerre et la préparation à la guerre ont été la marque de fabrique des Etats-Unis. Dans l’histoire américaine les guerres ont toujours été faites pour l’Empire américain et pour les intérêts économiques et financiers qui tirent profit de cet Empire. Il y a très peu d’années dans l’histoire américaine durant lesquelles le gouvernement n’a pas été en guerre avec quelqu’un.

Le 10 Juin 1963, il y a 56 ans, un homme d’une envergure bien supérieure à celle de Pence, le président John F. Kennedy, prononçait le discours inaugural de la nouvelle promotion à l’American University, Washington DC. Son discours a abasourdi le complexe militaro-industriel américain. Il a révélé un Président décidé à établir des relations pacifiques avec l’Union soviétique. Ce serait une paix qui menacerait le budget, le pouvoir et l’importance de ce complexe. Le discours courageux de Kennedy était un clou dans son propre cercueil. Cinq mois plus tard, le Président Kennedy a été assassiné par la CIA avec la complicité des chefs d’Etat-major à Dallas, Texas. Leur action a été imputée à Oswald qui a été rapidement abattu à l’intérieur même de la prison de Dallas par un simple citoyen admis dans la prison à cet effet. Ainsi l’accusé fut abattu avant qu’il ne puisse nier son implication dans l’assassinat de Kennedy.

Le Président Eisenhower, lors de son dernier discours public en 1961, avait déjà déstabilisé le complexe militaro-industriel de son pays en déclarant qu’il constituait une menace pour la démocratie américaine. Mais le Président alla bien plus loin à l’Université Américaine en déclarant son intention de faire la paix et d’éliminer la menace de guerre :

« J’ai choisi ce moment et cet endroit pour parler d’un sujet sur lequel l’ignorance abonde trop souvent et où la vérité est trop rarement perçue. Et pourtant c’est le sujet le plus important sur la Terre : la paix dans le monde. De quelle sorte de paix s’agit-il ? Quelle paix devons-nous chercher ? Pas une « Pax americana » imposée au monde avec des armes américaines, pas la paix de la tombe ou la sécurité des esclaves. Je parle de paix authentique, le genre de paix qui rend la vie sur la Terre digne d’être vécue, du genre de paix qui permet aux hommes et aux nations de grandir, d’espérer et de bâtir une vie meilleure pour leurs enfants, pas seulement la paix pour les Américains mais la paix pour tous, hommes et femmes, pas seulement la paix aujourd’hui à notre époque, mais la paix pour tous les temps à venir.

Je parle de paix à cause du nouveau visage de la guerre. La guerre totale n’a aucun sens à une époque où les grandes puissances peuvent maintenir des forces nucléaires importantes et relativement invulnérables et refuser de se rendre sans avoir recours à ces forces. Cela n’a aucun sens à une époque où une seule arme nucléaire contient près de dix fois la force explosive fournie par toutes les forces aériennes alliées au cours de la deuxième guerre mondiale. Cela n’a aucun sens à une époque où les poisons mortels générés par un échange nucléaire seraient transportés par les vents, l’eau, le sol et les semences jusqu’aux quatre coins du monde pour les générations à venir. » (Source troisième lien en fin de billet)

Kennedy était animé d’une immense confiance en l’Amérique qu’aucun autre président, à l’exception de Ronald Reagan, n’a eu depuis :

« Nous pouvons chercher un apaisement des tensions géopolitiques sans relâcher notre garde. Et pour notre part, nous n’avons pas besoin d’utiliser des menaces pour prouver au monde que nous sommes résolus. Nous n’avons pas besoin de brouiller les émissions étrangères de peur de voir notre foi en nous-mêmes érodée. Nous ne souhaitons pas imposer notre système à des personnes réticentes, mais nous souhaitons et sommes capables de nous livrer à une compétition pacifique avec n’importe quel peuple de la planète. »

Comparez le Washington d’aujourd’hui avec celui du Président Kennedy et vous pouvez constater l’effondrement total de l’Amérique. Aujourd’hui nous cherchons à éliminer toutes les informations à l’exception de celles diffusées par les personnes mandatée qui répètent les informations officielles. Nous brouillons les émissions étrangères et obligeant les services de presse russes à s’enregistrer en tant que  « agents étrangers ». Nous fermons des sites Web et interdisons la liberté d’expression sur Facebook et Twitter. Nous n’avons aucune diplomatie, seulement des menaces car, en effet, les menaces sont la marque de fabrique de l’Amérique, menaces de guerre, menaces de sanctions. Le président des Etats-Unis cède les territoires d’autres pays et décide qui sera le président du Vénézuela. L’Amérique a très peur aujourd’hui de la concurrence pacifique et impose des droits de douane à tous, depuis le Mexique jusqu’à la Chine.

Quand John Kennedy était président, l’Amérique était un pays fier, aujourd’hui c’est un pays couvert de honte et en chute libre, l’Amérique constitue un grave danger pour ses propres citoyens et pour le reste du monde.

https://www.whitehouse.gov/briefings-statements/remarks-vice-president-pence-west-point-graduation-ceremony/

https://www.paulcraigroberts.org/2019/05/27/something-to-think-about-on-memorial-day/

https://www.jfklibrary.org/archives/other-resources/john-f-kennedy-speeches/american-university-19630610