Brève. Ukraine : Joe Biden empêtré dans une sombre affaire de corruption, « tel est pris qui croyait prendre » …

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Décidément les Démocrates américains sont pourris et comme pour les poissons, dit-on, la pourrissement commence par la tête, en l’occurence Joe Biden. Après avoir organisé les évènements de Maiden, Obama ferma les yeux ou plutôt favorisa l’envoi de centaines d’agents américains en Ukraine, faisant fi de la corruption qui régnait dans ce pays à tous les étages de l’administration et du milieu des affaires. Le Vice-président Joe Biden propulsa son fils Hunter au conseil d’administration de la société Burisma Holdings en 2016. Cette société rémunéra outre mesure Hunter Biden dont la fonction était de faire seulement partie du conseil d’administration de cette société impliquée dans le gaz naturel en Ukraine. La justice ukrainienne s’intéressa de près aux comptes de cette société et Joe Biden en personne, alors vice-président des USA, fit pression au printemps 2016 sur le gouvernement ukrainien pour qu’il limoge le procureur général ukrainien qui refusait de clore le dossier sur l’affaire de corruption concernant Burisma Holdings et son fils Hunter. Sous la pression insistante de Biden le procureur fut écarté de ses fonction en mars 2016.

Cette affaire arriva sur le bureau de Rudy Giuliani en 2018, conseiller juridique de Donald Trump et ancien maire de New-York. Le 25 juillet 2019 Trump appela donc son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, nouvellement élu, pour lui proposer l’aide du Département de la justice américain (DoJ) pour éclaircir cette affaire de corruption, Hunter Biden étant toujours en poste à Kiev. Le faux lanceur d’alerte révéla il y a quelques jours l’existence de cet appel téléphonique. Cette conversation ne faisait nullement apparaître une aide financière mais seulement un soutien du DoJ. Le faux lanceur d’alerte a donc déformé les propos de Donald Trump.

L’effet boomerang va se retourner contre Joe Biden car celui-ci menaça le gouvernement de Poroshenko de supprimer l’aide financière accordée par Obama à l’Ukraine (USAID) dans le cadre de cette affaire de corruption s’il ne limogeait pas le procureur général ukrainien Viktor Shokin. Joe Biden est donc pris à son propre piège. Nancy Pelosi, à 79 ans et proche du gâtisme, a-t-elle compris le fond de cette sombre affaire de corruption en soutenant la procédure d’impeachment que le Parti Démocrate a l’intention de mettre en place ? Personnellement j’en doute car elle ne veut que l’élection de Joe Biden en 2020. Ça sent de plus en plus la pourriture dans le marigot de Washington.

Source : TheHill (thehill.com) du 26 septembre 2019. Les curieux peuvent lire cette page de Wikipedia : https://en.wikipedia.org/wiki/Burisma_Holdings

Une autre approche des cycles du climat.

Il y a quelques jours Michael Mann, l’auteur controversé de la courbe en crosse de hockey, déclara haut et fort que la température de 100°F (37,7 °C) relevée à Huntsville, Alabama une semaine auparavant était à l’évidence le résultat du réchauffement climatique. Mann a-t-il vraiment fait une petite recherche sur les températures relevées dans le sud-est des Etats-Unis depuis la fin du XIXe siècle ?

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Voici le nombre de jours chaque année durant lesquels les températures relevées dans toutes les stations météo de l’Arkansas, Louisiane, Missouri, Alabama, Floride, Géorgie,Caroline du Sud, Caroline du Nord, Tennessee, Kentucky et Virginie ont dépassé 90°F soit 32°C avec en bleu le nombre brut de jours et en rouge la moyenne courante de ce nombre de jours sur 5 années.

Ce type de résultats peut être trouvé non seulement aux USA mais également en Europe ou encore au Japon. C’est une des présentations graphiques privilégiées par Kirye, fameuse blogueuse japonaise au sujet du climat (@KiryeNet) car elle considère, à juste titre, que mentionner des moyennes de températures est un non-sens scientifique. Ce que l’on remarque tout de suite est qu’entre les années 1920 et 1960 « il faisait plus chaud » qu’aujourd’hui. Cet optimum de températures se retrouve également en Europe et en particulier dans les pays traversés par la chaine des Alpes. Ce qui est également évident est une stabilisation du nombre de jours au cours desquels des températures « extrêmes » ont été comptabilisés depuis 1980. Il ne s’agit pas ici, et il est important de le noter, de manipulations des températures pour établir des écarts ou des « anomalies » rapportés à des moyennes dont on ignore le plus souvent l’origine, il s’agit de nombres de jours durant lesquels les températures ont atteint un certain seuil. Ces résultats concernent un grand quart Est des Etats-Unis et peuvent donc être considérés comme significatifs.

Au sujet de cet « optimum » 1920-1960 il faut garder en mémoire que le recul des glaciers observé au front de ces derniers se produit avec une latence d’environ 30 à 40 ans par rapport au début d’une période « plus chaude ». C’est ce qui s’est produit dans les Alpes françaises et suisses. On incrimine à tort le recul des glaciers au soi-disant réchauffement moderne du climat lié à l’accumulation de CO2. En réalité les glaciers alpins ont amorçé leur recul dès le début des années 1950 après avoir considérablement « avancé » au cours du XIXe siècle, le petit âge glaciaire. Et puisque j’ai mentionné le CO2 l’augmentation considérée comme spectaculaire et provoquée, selon les affirmations de l’IPCC, par l’activité humaine est le résultat d’un dégazage des océans provoqué par cet « optimum » 1920-1960, dégazage qui lui aussi présente une latence en raison de l’inertie thermique des eaux océaniques.

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Pour assortir mon propos je rappelle l’illustration très parlante du nombre de taches solaires observées et le calcul tout simple de l’excès ou du déficit de ce nombre de taches solaires exprimé par rapport au nombre moyen de celles-ci observées depuis 1750 pour chaque cycle solaire dix ans et un mois après le début de chaque cycle. J’ai déjà mis en ligne à plusieurs reprises cette représentation très parlante, si on peut dire les choses ainsi. Les glaciers alpins ont considérablement avancé en raison du « petit âge glaciaire » qui débuta à l’orée du XIXe siècle pour être suivi par un réchauffement brutal à la fin des années 1930 provoquant le retrait des glaciers alpins. Le glacier d’Argentières menaçait le village éponyme à la fin du XVIIIe siècle comme le montre l’illustration ci-dessous …

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Source et illustration : blog de Tony Heller (realclimatescience.com), Wikipedia et sur ce blog le billet du 21 février 2019

Peut-on se faire une idée de l’état de santé d’un pays en examinant les statistiques ? Le cas des USA

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Je me suis amusé à étudier les dix premiers médicaments par ordre de nombre de prescriptions aux USA datant de 2016. Ces statistiques sont disponibles sur le lien https://clincalc.com/DrugStats/Top300Drugs.aspx et elles sont très démonstratives de l’état de santé en général de la population nord-américaine.

La palme revient au Levothyrox, hormone thyroïdienne appellée T4 synthétique aussi dénommé thyroxine. On peut douter que des pans entiers de la population américaine souffrent de problèmes de thyroïde. Cependant l’administration quotidienne de thyroxine provoque un amaigrissement et c’est probablement pour cette raison que le Levothyrox est si abondamment prescrit malgré le fait qu’il peut induire des problèmes cardiovasculaires.

Le deuxième médicament est le Lisinopril. Il s’agit d’un inhibiteur de conversion de l’angiotensine et donc son utilisation première est de diminuer la tension artérielle et ainsi de réduire les risques d’accidents cardiaques. Le troisième médicament est l’Atorvastatin un médicament qui réduit le taux de « mauvais » cholestérol sanguin, il s’agit d’une « statine » que les médecins prescrivent à tort dès que le taux de cholestérol dépasse un certain seuil fixé par le lobby pharmaceutique en accord avec les autorités sanitaires nationales. Je n’en dirai pas plus.

Le quatrième médicament est la Metformine. On est toujours dans le même domaine. Il s’agit d’une molécule de la classe des biguanides qui inhibent, heureusement partiellement le complexe I de la chaine respiratoire mitochondriale provoquant ce que les spécialistes dans ce domaine particulier de la biologie appellent un découplage. Outre cette action les biguanides inhibent très fortement la gluconéogenèse, c’est bon pour le diabète non insulino-dépendant, et le découplage mitochondrial partiel provoque un amaigrissement. Lorsque je travaillais sur les mitochondries nous avions une très mauvaise opinion au sujet des biguanides que l’on considérait comme des poisons dangereux.

Le produit suivant est l’Amlodipine aussi appellé Norvasc. Il s’agit d’un médicament anti-hypertension dont le mode d’action est différent de celui du Lisinopril car il agit sur les flux de calcium dans les muscles et en particulier le muscle cardiaque sans toutefois provoquer de diminution du rythme cardiaque. Il s’agit aussi d’un médicament dangereux provoquant une vasodilatation généralisée à tout le corps. Passons au médicament suivant, le sixième de la liste. il s’agit du Metoprolol, encore une drogue pour combattre l’hypertension en bloquant les récepteurs beta-adrénergiques des cellules cardiaques, on a coûtume d’appeler ce produit un beta-bloquant qui est classé sur la liste noire du dopage sportif dans les disciplines de précision comme le tir à l’arc car il diminue le rythme cardiaque. Sans autre commentaire désobligeant de ma part.

Le septième produit est l’Omeprazole, un inhibiteurs de la sécrétion d’acide chlorhydrique dans l’estomac. Son utilisation est de combattre les ulcères de l’estomac. Il faut se rendre à l’évidence des millions d’Américains souffrent d’aigreurs d’estomac, peut-être boivent-ils trop de sodas …

Le huitième produit, la Simvastatine est aussi une « statine », ce qui renforce le fait que des millions d’Américains souffrent de problèmes de cholestérol. Le Losartan, le neuvième de la liste, est aussi classé dans la catégorie des produits abaissant la pression artérielle en inhibant le récepteur de l’angiotensine. Et enfin le dixième produit de cette sélection longue de 300 produits est l’Albuterol, aussi connu sous les noms de Salbutamol et Ventoline, qui n’entre pas dans les catégories listées plus haut puisqu’il s’agit d’un anti-asthmatique, un agoniste des récepteurs adrénergiques à l’inverse des beta-bloquants mentionnés plus haut, pour faire court. Il y a donc beaucoup d’asthmatiques aux USA.

Ce petit tour d’horizon fait ressortir que les Américains souffrent de surpoids pathologique et tous les moyens sont bons à prendre pour perdre du poids y compris en se faisant prescrire de la thyroxine, un non-sens déontologique médicalement parlant. Les Américains souffrent aussi de problèmes cardiovasculaires et c’est facile à comprendre. Imaginez que tous les jours vous portiez un pack de 10 bouteilles d’un litre et demi d’eau minérale dans chaque main que vous ne posez que quand vous allez dormir. À l’évidence le coeur se fatigue et avec un surplus de cholestérol provoqué par une dégradation des fonctions hépatiques en raison de ce surpoids et de la malbouffe industrielle alors il faut s’intoxiquer avec toutes sortes de produits tous aussi dangereux les uns que les autres. Quant aux anti-asthmatiques peut-être que la pathologie contre laquelle est dirigée l’Albuterol provient aussi d’une conséquence indirecte de l’obésité qui touche 60 % des Américains tous âges confondus. On touche du doigt le déclin sanitaire alarmant d’un peuple qui se targue d’être toujours le maître du monde.

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Note. En treizième position du classement cité se trouve l’hydrocodone associée à l’acetaminophene (paracetamol). L’hydrocodone est un opioïde dérivé de la thébaïne, un très proche parent de la morphine. Depuis 2014 la prescription d’hydrocodone est très étroitement rêglementée ce qui n’empêche pas des médecins complaisants de prescrire ce produit. Un autre dérivé de la thébaïne, l’Oxycodone, connue aussi sous le nom d’Oxycontin, fut jusque dans un passé récent le produit phare des Laboratoires Purdue Pharma qui organisèrent une publicité aggressive pour vendre ce produit à grande échelle dès 1990. Or il s’agit d’un opioïde encore plus puissant que la morphine dont la prescription a largement débordé les indications arrêtées par le législateur, c’est-à-dire le traitement des douleurs provoquées par des cancers en phase terminale. Progressivement l’Oxycontin est presque devenue accessible « over-the-counter » provoquant une aggravation de la crise des opioïdes aux USA, pays où environ 140 personnes meurent chaque jour de surdosage médicamenteux, en particulier d’opioïdes. La thébaïne est une molécule extrêmement difficile à synthétiser mais elle est très abondante dans le pavot. La culture du pavot en Afghanistan sous le contrôle de milices privées elles-mêmes contrôlées par la CIA est la principale source d’approvisionnement en thébaïne des laboratoires pharmaceutiques américains. Purdue Pharma est en faillite, croulant sous les plaintes de particuliers et des Etats mais le business du pavot se porte très bien …

Petite leçon d’histoire à Justin Trudeau (… et à beaucoup d’autres).

 

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Par Michael Jabara Carley, article paru sur le site voltairenet.org

Alors que le gouvernement polonais demande, trois quart de siècles plus tard, des dommages de guerre à l’Allemagne, la presse internationale souligne la responsabilité soviétique dans la Seconde Guerre mondiale. C’est oublier que durant six ans, l’URSS essaya de former une alliance contre le nazisme et ne trouva aucun soutien. C’est oublier qu’en 1938, l’alliance de la Grande-Bretagne, de la France et de la Pologne avec l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste lors des accords de Munich dépeça la Tchécoslovaquie au profit de l’Allemagne et de la Pologne. En réalité, l’accord germano-soviétique de 1939, qui dépeça la Pologne, n’est que la conséquence de l’anti-soviétisme européen.

Le 23 août 2019, le cabinet du Premier ministre canadien a diffusé une déclaration à l’occasion de la « journée du Ruban noir », une journée nationale établie par le Parlement européen en 2008-2009 et dédiée à la commémoration des victimes du « totalitarisme » fasciste et communiste et à la signature, en 1939, du Pacte de non-agression entre l’Allemagne et l’Union soviétique, communément appelé « pacte Molotov-Ribbentrop ». Divers mouvements politiques de centre-droit au sein du Parlement européen ainsi que l’Assemblée parlementaire de l’Otan ont lancé ou soutenu cette idée. En 2009, lors de sa réunion en Lituanie, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a adopté une résolution « comparant les rôles qu’ont joué l’URSS et l’Allemagne nazie dans le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. »

La déclaration du Premier ministre Justin Trudeau suit ces lignes de façon analogue. En voici quelques extraits : « La journée du Ruban noir marque le sombre anniversaire du pacte Molotov-Ribbentrop. Signé entre l’Union soviétique et l’Allemagne nazie en 1939 pour diviser l’Europe centrale et orientale, ce pacte tristement célèbre a ouvert la voie aux atrocités effroyables perpétrées par ces régimes. Dans les années qui ont suivi, les régimes soviétique et nazi ont dépouillé des pays de leur autonomie, forcé des familles à fuir leur foyer et déchiré des communautés entières notamment des communautés juives et roms. À travers l’Europe, ils ont provoqué des souffrances immenses, alors que des millions de personnes ont été assassinées sans raison ou privées de leurs droits, de leurs libertés et de leur dignité [italiques ajoutées]. »

Déclaration censée résumer les causes et le déroulement de la Seconde Guerre mondiale, elle n’est en fait qu’une parodie des événements réels des années 1930 et des années de guerre. C’est une « histoire falsifiée » qui est motivée par des raisons politiques. Il ne s’agit en réalité que d’un tissu de mensonges.

Commençons par le commencement. Fin janvier 1933, le président Paul von Hindenburg nomma Adolf Hitler chancelier de l’Allemagne. En quelques mois, le gouvernement d’Hitler déclara illégaux les partis communistes et socialistes allemands et commença à mettre en place un État à parti unique. Grâce au traité de Rapallo signé en 1922, le gouvernement soviétique avait jusqu’ici maintenu des relations correctes ou tolérables avec l’Allemagne de Weimar. Toutefois, le nouveau gouvernement nazi renonça à cette politique et lança une campagne de propagande contre l’Union soviétique et ses représentants diplomatiques, commerciaux et d’affaires travaillant en Allemagne. Les nazis vandalisaient parfois des installations commerciales soviétiques et passaient à tabac les employés.

À Moscou, on déclencha la sonnette d’alarme. Des diplomates soviétiques, notamment le commissaire du peuple aux Affaires étrangères avaient lu Mein Kampf d’Hitler, un livre publié au milieu des années 1920 et dans lequel ce dernier détaille son plan pour imposer la domination allemande sur toute l’Europe. Ce bréviaire, devenu un best-seller en Allemagne, constituait dans n’importe quelle maison allemande, l’accessoire indispensable pour étoffer la cheminée ou la table du salon. Dans Mein Kampf, pour ceux d’entre vous qui ne le sauraient pas, les juifs constituent avec les slaves la catégorie des Untermenschen, des sous-hommes voués uniquement à l’esclavage ou qui ne méritent pas de vivre. Mais, le génocide nazi n’allait pas seulement cibler les juifs. Les territoires soviétiques à l’est de l’Oural allaient appartenir aux Allemands. La France faisait également partie des ennemis naturels qu’il fallait éliminer.

« Qu’en est-il du livre d’Hitler ? » Litvinov posait souvent la question aux diplomates allemands qui se trouvaient à Moscou. Oh ça, répondaient-ils, n’y prêtez pas attention. Hitler ne pense pas vraiment ce qu’il a écrit. Litvinov sourit poliment devant de tels propos, mais n’en croyait pas un seul mot !

En décembre 1933, le gouvernement soviétique instaura officiellement une nouvelle politique de sécurité collective et d’assistance mutuelle afin de résister à l’Allemagne nazie. Que signifiait exactement cette nouvelle politique ? L’idée du gouvernement soviétique était de reconstituer les forces de l’entente qui avaient fait face à l’Allemagne lors de la Première Guerre mondiale et qui seraient composées de la France, de la Grande-Bretagne, des États-Unis et même de l’Italie fasciste. Même si on ne le disait pas ouvertement, cette nouvelle politique désignait une stratégie d’endiguement et de préparation à la guerre contre l’Allemagne nazie, au cas où l’endiguement serait un échec.

En octobre 1933, Litvinov fut envoyé par Joseph Staline aux États-Unis pour négocier la reconnaissance diplomatique du gouvernement soviétique par les États-Unis. Il s’est entretenu avec le nouveau président états-unien, Franklin D. Roosevelt, au sujet de la sécurité collective pour faire face au Japon impérial et à l’Allemagne nazie. Les relations américano-soviétiques repartirent alors sur de bonnes bases. Mais en 1934, le département d’État (dont ses membres, à quelques exceptions près, étaient anticommunistes) sabota le rapprochement entrepris par Roosevelt et Litvinov.

Au même moment, des diplomates soviétiques abordaient la question de la sécurité collective avec le ministre français des Affaires étrangères, Joseph Paul-Boncour. En 1933 et 1934, Paul-Boncour et son successeur Louis Barthou développèrent des relations plus étroites avec l’URSS. Ce rapprochement s’expliquait par une raison très simple : les deux nations se sentaient menacées par l’Allemagne nazie. Mais, les très prometteuses relations franco-soviétiques furent sabotées par Pierre Laval, le successeur de Barthou, après la mort de ce dernier en Octobre 1934 à Marseille, lors de l’attentat contre le roi Alexandre 1er de Yougoslavie. Laval était un anticommuniste qui préférait un rapprochement avec l’Allemagne nazie qu’avec l’URSS et sa politique de sécurité collective. Laval n’était pas très favorable au pacte d’assistance mutuelle franco-soviétique, qui fut finalement signé en mai 1935 mais dont il retarda la ratification à l’Assemblée nationale française. J’appelle ce pacte la « coquille vide ». Le mal était déjà fait lorsqu’il fut écarté du pouvoir en janvier 1936. Après la défaite de la France devant l’Allemagne nazie en 1940, Laval collabora avec les Nazis. Condamné à mort pour haute trahison, il est fusillé à l’automne 1945.

Les diplomates soviétiques menaient également des pourparlers en Grande-Bretagne pour un rapprochement entre les deux nations. L’objectif était de jeter les bases pour une sécurité collective contre l’Allemagne nazie. Là aussi, la politique fut sapée, d’abord par la signature en juin 1935 de l’accord naval anglo-allemand. Il s’agissait d’un accord bilatéral, portant autorisation, pour l’Allemagne, du réarmement de sa flotte navale. Il prit de court les Français et les Soviétiques, qui considèrent cet accord comme un acte de trahison. Début 1936, un nouveau ministre britannique des Affaires étrangères, Anthony Eden, mit un terme au rapprochement en raison de « propagande » communiste. Les diplomates soviétiques croyaient qu’il était un « ami ». Il n’en était rien.

À chaque fois, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne coupaient court aux discussions prometteuses avec l’Union soviétique. De ce qu’on sait aujourd’hui, pourquoi ces gouvernements feraient-ils une chose aussi étrange en apparence ? Parce que les dirigeants états-uniens, français et britanniques étaient fortement influencés par l’anticommunisme et la soviétophobie, qu’ils ne percevaient pas la menace nazie. La plupart d’entre eux se montraient plutôt bienveillants à l’égard d’Hitler. Le fascisme constituait un bastion qui défendait le capitalisme contre l’expansion du communisme et l’essor de l’influence soviétique en Europe. La grande question qui se posait dans les années 1930 était : « Qui est notre ennemi n°1 ? » : l’Allemagne nazie ou l’URSS ? Bien souvent, la majorité de ces dirigeants répondit à côté de la plaque. Ils préférèrent amorcer un rapprochement avec l’Allemagne nazie que de se tourner vers la politique de sécurité collective et l’assistance mutuelle proposées par l’URSS. Pour les dirigeants européens, qui craignaient le communisme et manquaient souvent de confiance en eux, le fascisme représentait la force, la puissance et la bravoure. Pour ces dirigeants incertains de leur virilité et de leur sécurité face à l’essor de l’influence soviétique, les uniformes en cuir, l’odeur de sueur qu’exhalaient des dizaines de milliers de fascistes, défilant avec leurs tambours, leurs drapeaux et leurs flambeaux, étaient semblables à des aphrodisiaques. L’éclatement de la guerre civile espagnole en juin 1936 transforma la politique européenne en créant un clivage entre la droite et la gauche et rendit ainsi impossible l’assistance mutuelle contre l’Allemagne.

Le cas de l’Italie était particulier. Le gouvernement soviétique maintenait des relations correctes avec Rome même si l’Italie était un pays fasciste et la Russie, un État communiste. L’Italie avait combattu aux côtés de l’Entente durant la Première Guerre mondiale et Litvinov souhaitait l’attirer dans la nouvelle coalition qu’il tentait de former. Benito Mussolini avait toutefois des ambitions impérialistes en Afrique de l’Est où il déclencha une guerre d’agression contre l’Abyssinie, le dernier territoire n’ayant jamais été colonisé par les puissances européennes. Pour faire court, la crise abyssinienne marquait le début de la fin des espoirs de Litvinov pour rallier l’Italie à sa cause.

Les diplomates soviétiques connurent aussi leurs premiers succès en Roumanie. Le ministre roumain des Affaires étrangères, Nicolae Titulescu, était favorable à la sécurité collective et travaillait en étroite collaboration avec Litvinov pour améliorer les relations soviéto-roumaines. C’était lui, en dépit de la fourberie et de la mauvaise foi de Laval, qui avait soutenu Litvinov lorsque ce dernier menait des pourparlers avec la France pour la signature du pacte d’assistance mutuelle. Bien que Titulescu et Litvinov aient abordé la question de l’assistance mutuelle, les discussions n’aboutirent à rien. La Roumanie était gouvernée par des dirigeants d’extrême droite qui s’opposaient à l’amélioration des relations avec les Soviétiques. En août 1936, Titulescu se retrouva écarté de la scène politique et fut contraint de démissionner. Il passa la plupart de son temps à l’étranger, craignant pour sa vie à Bucarest.

Tout comme Titulescu, le président de la Tchécoslovaquie, Eduard Beneš, était favorable à la sécurité collective contre la menace nazie. En mai 1935, il signa le pacte d’assistance mutuelle avec l’URSS, mais l’affaiblit pour éviter d’aller au-delà de celui que les Soviétiques avaient signé avec la France et qui fut saboté par Laval. Les Tchécoslovaques craignaient l’Allemagne nazie et ce, à juste titre. Mais, ils ne s’allieraient pas complètement avec l’URSS sans le soutien total de la Grande-Bretagne et de la France, ce qu’ils n’obtiendraient jamais.

La Tchécoslovaquie et la Roumanie regardaient du côté d’une puissance comme la France et n’iraient pas au-delà des engagements pris par cette dernière à l’égard de l’URSS. La France, quant à elle, regardait du côté de la Grande-Bretagne. Les Britanniques jouaient un rôle essentiel en ces temps-là. S’ils étaient prêts à s’engager, à s’allier avec l’URSS, tous en feraient autant. Sans leur engagement, tout volait en éclats.

L’Union soviétique tenta aussi d’améliorer ses relations avec la Pologne. Là également, les diplomates soviétiques ne parvinrent pas à atteindre leurs objectifs en raison de la signature du pacte de non-agression entre le gouvernement polonais et l’Allemagne nazie en janvier 1934. Les dirigeants polonais n’ont jamais caché leur désir de s’allier avec l’Allemagne nazie. La Pologne renonça à améliorer ses relations avec l’URSS. Elle fit constamment obstruction à la sécurité collective en sabotant les tentatives soviétiques de créer une alliance anti-nazie. Pire encore, les Polonais jouèrent le rôle de complices lors du démembrement de la Tchécoslovaquie par les Nazis en 1938, avant qu’ils ne soient victimes de l’agression de ces mêmes Nazis en 1939. Les diplomates soviétiques avaient prévenu à plusieurs reprises leurs homologues polonais que leur pays se dirigeait tout droit à sa perte si on ne changeait pas sa politique. Au moment propice, l’Allemagne se retournerait contre eux et les anéantirait. Mais ils ne prenaient pas au sérieux ces avertissements et en riaient. Les Russes sont des « barbares », disaient-ils, les Allemands, un peuple « civilisé ». Le choix entre ces deux peuples était donc évident.

Soyons clairs. Les archives montrent nettement que le gouvernement soviétique a proposé sa politique de sécurité collective et une assistance mutuelle à la France, la Grande-Bretagne, la Pologne, la Roumanie, la Tchécoslovaquie et même à l’Italie fasciste. Mais, dans chaque cas, les propositions furent rejetées, voire méprisées, comme c’est le cas de la Pologne, le grand perturbateur de la mise en application de la sécurité collective dans la période qui précède la guerre en 1939. Aux États-Unis, le département d’État sabota l’amélioration des relations avec Moscou. À l’automne 1936, toutes les négociations des Soviétiques pour une assistance mutuelle tombèrent à l’eau et ils se retrouvèrent seuls. Personne ne voulait s’allier avec Moscou pour se mettre ensuite l’Allemagne à dos : toutes les puissances européennes mentionnées ci-dessus, menèrent des pourparlers avec Berlin pour éloigner le loup loin de leurs habitats. Même la Tchécoslovaquie en fit autant. Énoncée ou non, l’idée était de pousser Hitler à réorienter ses ambitions vers l’Est, contre l’URSS.

Survint ensuite « la trahison de Munich » en septembre 1938. La Grande-Bretagne et la France livrèrent la Tchécoslovaquie à l’Allemagne. « La paix à tout prix », déclara Neville Chamberlain, le premier ministre britannique. La Grande-Bretagne et la France abandonnèrent la Tchécoslovaquie, qui fut démembrée au prix de « la paix ». La Pologne obtint une modeste part du butin au titre de cet accord honteux. Winston Churchill la comparait à « un chacal ». En février 1939, on pouvait lire dans le Manchester Guardian que cette conciliation de la part des Britanniques était un plan qui consistait à acheter ses ennemis en vendant ses amis. Cette description est juste.

Il existait toutefois, en 1939, une toute dernière opportunité de signer le pacte d’assistance mutuelle anglo-franco-soviétique contre l’Allemagne nazie. Je l’appelle l’ « alliance qui n’a jamais existé ». En avril 1939, le gouvernement soviétique proposa à la France et à la Grande-Bretagne une alliance militaire et politique contre l’Allemagne nazie. Les conditions relatives à la constitution de cette alliance furent soumises sur papier à Paris et Londres. À l’automne 1939, la guerre semblait inévitable. Ce qui restait de la Yougoslavie disparut en mars, englouti par la Wehrmacht sans coup férir. Au cours de ce mois, Hitler soutenait que les Allemands peuplaient la ville de Memel, en Lituanie. En avril, un sondage de Gallup mené en Grande-Bretagne et en France révéla qu’une très grande partie de la population britannique et française était pour une alliance avec l’Union soviétique. Churchill, qui était alors député ordinaire, déclarait à la Chambre des communes que, sans l’URSS à leurs côtés, ils ne pourraient se défendre contre les Allemands.

Logiquement, on pourrait penser que les dirigeants britanniques et français auraient saisi à deux mains les propositions des Soviétiques. Mais ce ne fut pas le cas. Le ministère britannique des Affaires étrangères rejeta la proposition d’alliance tripartite de l’Union soviétique. La France, à contrecœur, dut s’aligner sur la position britannique. Litvinov fut démis de ses fonctions de commissaire du peuple aux Affaires étrangères et fut remplacé par Viacheslav M. Molotov, fidèle second de Staline. La politique soviétique demeura inchangée pendant un certain temps. En mai, Molotov envoya un message à la Pologne dans lequel il précisait que, si le pays le souhaitait, le gouvernement soviétique le prêterait main forte s’il était agressé par l’Allemagne. Aussi incroyable que cela puisse paraître, les Polonais repoussèrent la main tendue de Molotov dès le lendemain.

Malgré le premier refus des Britanniques de s’allier avec les Soviétiques, les pourparlers pour une alliance anglo-franco-soviétique se poursuivirent pendant l’été 1939. Pourtant, au même moment, les dirigeants britanniques furent surpris en train de négocier avec les Allemands pour amorcer une certaine détente au cours de la dernière heure avec Hitler. L’information fut révélée dans les journaux britanniques à la fin du mois de juillet, au moment où la Grande-Bretagne et la France s’apprêtaient à envoyer des délégations militaires à Moscou pour contracter une alliance. La nouvelle provoqua un scandale à Londres, ce qui fit naître chez les Soviétiques, des doutes concernant la bonne foi des Anglais et des Français. Ce fut le moment où Molotov commença à s’intéresser aux propositions d‘accords des Allemands.

C’était le premier scandale d’une longue série à venir. Les délégations militaires franco-britanniques se rendirent à Moscou à bord d’un navire de commerce affrété et naviguant à faible allure, à une vitesse maximale de treize nœuds. Un responsable du ministère britannique des Affaires étrangères avait suggéré qu’on embarque les délégations dans une flotte composée de croiseurs de la Royal Navy pour faire passer un message. Le ministre britannique des Affaires étrangères, Edward Lord Halifax, trouvait cette idée trop provocatrice. Voilà pourquoi les délégations françaises et britanniques partirent à bord d’un navire de commerce et mirent cinq jours avant d’arriver en URSS. Compte tenu du contexte où une guerre pouvait éclater à tout moment, cinq jours pesait sur la balance.

Cette situation pouvait-elle être devenir plus grotesque ? Elle pouvait bel et bien l’être. Le négociateur en chef britannique, l’amiral Sir Reginald Drax, n’était pas habilité à signer un accord avec le camp soviétique. Son homologue français, le général Joseph Doumenc, ne possédait qu’une vague lettre d’autorisation du président du Conseil. Il était autorisé à négocier mais ne pouvait pas signer un accord. Doumenc et Drax n’appartenaient pas à l’effectif statutaire. À l’inverse, le camp soviétique était composé du commissaire du peuple à la Guerre disposant des pleins pouvoirs. « Tout indique jusqu’ici que les négociateurs militaires soviétiques sont vraiment prêts à faire des affaires », informa l’ambassadeur britannique à Moscou. Contrairement à ces derniers, les délégations britanniques avaient pour instruction d’y « aller très lentement ». Lorsque Drax rencontra le ministre britannique des Affaires étrangères avant leur départ pour Moscou, il lui posa une question sur « les risques de voir les négociations échouer ». « Il y eut un silence bref mais frappant, et le ministre britannique des Affaires étrangères fit alors remarquer que, dans l’ensemble, il serait préférable de prolonger les négociations le plus longtemps possible ». Doumenc nota qu’il était envoyé à Moscou « les mains vides ». Ils n’avaient absolument rien à offrir aux négociateurs soviétiques. Les Britanniques pourraient dépêcher deux divisions en France si une guerre éclatait en Europe. L’Armée rouge pourrait mobiliser très rapidement une centaine de divisions et les forces soviétiques venaient juste de venir à bout des Japonais après de rudes combats à la frontière de la Mandchourie. Staline n’en croyait pas ses oreilles. « Ces gens ne sont pas sérieux », conclut-il. Et il avait bien raison. Les dirigeants français et britanniques pensaient pouvoir se payer la tête de Staline. C’était une grosse erreur de leur part.

Après toute la fourberie et la mauvaise foi dont ils ont fait preuve, qu’auriez-vous fait à la place de Staline ou à la place de n’importe quel dirigeant russe ? Prenons, par exemple, le cas des Polonais. Ils ont contrarié les plans des Soviétiques à Londres, Paris, Bucarest, Berlin et même à Tokyo… Partout où ils pouvaient mettre des bâtons dans les roues des Soviétiques. Ils partagèrent avec Hitler le butin du démembrement de la Tchécoslovaquie. En 1939, ils essayèrent de compromettre, à la dernière minute, une alliance anti-nazie dont l’URSS était signataire. Je sais que tout ceci paraît invraisemblable, comme une histoire sensationnelle dans un mauvais roman, mais c’est la réalité. Et pourtant, les Polonais ont osé accuser le camp soviétique de les avoir poignardés dans le dos. C’était le renard qui prêchait aux poules. Les dirigeants du pays ont causé leur propre perte et celle de leur peuple. Depuis lors, rien n’a changé. Le gouvernement polonais marque le début de la Seconde Guerre mondiale en invitant les anciennes puissances de l’Axe à Varsovie. Il ignore la Fédération de Russie et son Armée rouge, qui pourtant, ont libéré la Pologne en payant au prix fort (plusieurs victimes). C’est un fait historique que les nationalistes polonais ne peuvent tout simplement pas digérer et qu’ils cherchent à effacer de nos mémoires.

Après avoir tenté, pendant près de six ans, de créer en Europe une large coalition anti-allemande (notamment avec la Grande-Bretagne et la France), le gouvernement soviétique revenait les mains vides. Vides. Même si l’URSS s’était retrouvée seule vers la fin de 1936, ses dirigeants tentaient de conclure des accords avec la France et la Grande-Bretagne. Les Britanniques, les Français, les Roumains, les Tchécoslovaques, et surtout les Polonais, avaient saboté, rejeté, esquivé, fragilisé les propositions et accords des Soviétiques et essayé, eux-mêmes, de passer des accords avec Berlin pour sauver leur peau. Sourires polis et complices, c’était comme s’ils rendaient service à Moscou en faisant plaisir aux diplomates soviétiques qui leur parlaient de Mein Kampf et de la menace nazie. Le gouvernement soviétique craignait d’être délaissé et d’être obligé de combattre seul la Wehrmacht, pendant que les Français et les Britanniques joueraient aux arbitres à l’ouest. Après tout, c’est exactement ce qu’ils ont fait quand la Pologne est tombée début septembre, en seulement quelques jours, entre les mains des envahisseurs de la Wehrmacht. Si la France et la Grande-Bretagne ne lèveraient pas le petit doigt pour aider la Pologne, auraient-elles fait plus pour l’URSS ? C’est une question que Staline et ses collègues se sont certainement posée.

Le pacte germano-soviétique ou pacte Molotov-Ribbentrop résulte de l’incapacité des Soviétiques de former une coalition anti-nazie avec les puissances occidentales. Le pacte était affreux. C’était un sauve-qui-peut soviétique, et il contenait un codicille secret qui prévoyait la création de « sphères d’influence » en Europe de l’Est « en cas de… réaménagement(s) territorial ou politique ». Mais ce n’était pas pire que ce que les Français et les Britanniques ont fait à Munich. « C’est la réponse du berger à la bergère », nota l’ambassadeur de France à Moscou. Le démembrement de la Tchécoslovaquie n’était que le prélude des évènements qui suivirent. Comme l’a si bien dit, il y a longtemps, l’historien britannique, feu A.J.P. Taylor : les violentes accusations formulées par les Occidentaux à l’encontre de l’URSS « provenaient de ces mêmes dirigeants politiques qui se sont rendus à Munich…. En réalité, les Russes n’ont fait que ce que les dirigeants occidentaux avaient envisagé eux-mêmes de faire. L’amertume de ces derniers était l’amertume de la déception, mêlée de colère et dont les déclarations communistes n’étaient pas plus sincères que leurs propres déclarations en faveur de la démocratie (leurs négociations avec Hitler le prouvent) ».

Il s’ensuit une période d’apaisement soviétique vis-à-vis de l’Allemagne nazie pas plus attrayante que la politique d’apaisement anglo-française qui l’a précédée. Staline commit alors une énorme erreur de jugement. Il négligea les mises en garde de son propre service de renseignement militaire contre une invasion de l’URSS par l’Allemagne nazie. Il se disait qu’Hitler ne serait pas assez fou pour envahir l’Union soviétique alors que la Grande-Bretagne était toujours une puissance belligérante. Quelle erreur de sa part ! Le 22 juin 1941, les puissances de l’Axe déployèrent une force militaire impressionnante et envahirent l’Union soviétique le long d’un front allant de la mer Baltique à la mer Noire.

Cette invasion marque le début de la Grande Guerre patriotique, une guerre d’une violence inouïe et d’un niveau inimaginable de brutalité et de destruction qui aura duré 1418 jours. L’URSS finit par s’allier avec la Grande-Bretagne et les États-Unis pour combattre l’Allemagne nazie. Ce fut l’Alliance des Trois Grands (Grande-Bretagne, États-Unis, URSS). La France avait bien entendu disparu, à la suite de la débâcle de son armée, écrasée par les troupes allemandes en mai 1940. Pendant les trois premières années de combat, de juin 1941 à juin 1944, l’Armée rouge se battait, presque toute seule, contre la Wehrmacht. Quelle ironie ! Staline avait fait tout ce qui était en son pouvoir pour éviter de se retrouver seul face à l’Allemagne, et pourtant, son Armée rouge dut affronter, presque toute seule, les troupes allemandes et les puissances de l’Axe. Mais un retournement de situation se produisit à Stalingrad, seize mois avant le débarquement des Alliés occidentaux en Normandie. Voici ce qu’a écrit le président Roosevelt à Staline le 4 février 1943, au lendemain de la reddition des dernières forces allemandes à Stalingrad. « En tant que Commandant en chef des Forces armées des États-Unis d’Amérique, je vous félicite pour la brillante victoire, à Stalingrad, des armées placées sous votre commandement suprême. Les 162 jours de combat épique pour le contrôle de la ville qui a toujours honoré votre nom et le résultat décisif que tous les Américains [États-uniens] célèbrent aujourd’hui, resteront l’une des fiertés des peuples unis contre le nazisme et ses imitateurs. Les commandants et les combattants de vos armées sur les fronts ainsi que les hommes et les femmes qui les ont soutenus, dans les usines comme dans les champs, se sont unis, non seulement pour couvrir de gloire les divisions de leur pays, mais aussi pour insuffler, par leur exemple, une nouvelle détermination à toutes les Nations Unies pour faire plier toute résistance et provoquer ainsi la défaite finale et la capitulation sans condition de l’ennemi commun. » Comme Churchill avait dit à Roosevelt à peu près au même moment : « Dis-moi, qui se bat vraiment aujourd’hui ? Staline tout seul ! Et regarde comment il se débrouille… ». Nous ne devrions pas, en effet, oublier avec quelle ténacité l’Armée rouge a combattu.

De juin 1941 à septembre 1943, aucune division états-unienne, britannique ou canadienne n’a combattu sur le continent européen. Aucune ! Les combats en Afrique du Nord n’étaient qu’un évènement mineur lors duquel les forces anglo-américaines affrontèrent deux divisions allemandes au moment où l’Allemagne déployait plus de deux cents divisions sur le front soviétique. La campagne d’Italie, qui débuta en septembre 1943, fut un fiasco. Elle paralysa plus de divisions alliées que de troupes allemandes. Lorsque les alliés occidentaux débarquèrent enfin en France, la Wehrmacht n’était plus que l’ombre d’elle-même. L’armée allemande n’était plus aussi puissante que lorsqu’elle franchissait les frontières soviétiques en juin 1941. Le débarquement en Normandie, une stratégie rendue possible par les efforts de l’Armée rouge, fut une douche froide. Elle n’a eu, en aucun cas, une influence « décisive » sur l’issue de la Seconde Guerre mondiale, contrairement à ce que prétendent les médias traditionnels occidentaux.

En Union soviétique, le peuple soviétique, les Slaves comme les Juifs furent victimes d’une tentative de génocide perpétrée par les Allemands, qui les pillaient, brûlaient et assassinaient sans relâche. On estime que 17 millions de civils ont péri aux mains des armées nazies et de leurs complices ukrainiens et baltes. Dix millions de soldats de l’Armée rouge ont perdu la vie au cours de la guerre, en libérant l’Union soviétique et les pays de l’Est et en éliminant la brute nazie dans sa tanière à Berlin. Une grande partie de l’Union soviétique, allant de Stalingrad à l’est jusqu’au Caucase et de Sébastopol au sud jusqu’aux frontières roumaine, polonaise et balte, à l’ouest et au nord, fut dévastée. Bien qu’il y ait eu des massacres de civils perpétrés par les nazis à Oradour-sur-Glane (France) et à Lidice (Tchécoslovaquie), on en compte des centaines en Union soviétique, en Biélorussie et en Ukraine, dans des endroits dont les noms nous sont inconnus ou qui ne sont mentionnés que dans des archives soviétiques encore inexplorées ou non publiées. Quels que soient les péchés, les turpitudes et les erreurs commises par le gouvernement soviétique entre septembre 1939 et juin 1941, ce dernier s’est racheté grâce à ses énormes sacrifices et à la victoire de ses divisions sur l’Allemagne nazie.

À la lumière de ces faits, la déclaration du Premier ministre Justin Trudeau le 23 août est une propagande anti-russe motivée par des raisons politiques et qui ne sert aucun intérêt national du Canada. Trudeau a insulté, sans raison, non seulement le gouvernement de la Fédération de Russie, mais aussi tous les Russes dont les parents et grands-parents ont participé à la Grande Guerre patriotique. Il tente d’ôter toute légitimité au caractère émancipateur de la guerre de l’URSS contre l’envahisseur allemand et de discréditer ainsi l’effort de guerre des Soviétiques. La déclaration de Trudeau sert les intérêts de sa ministre des Affaires étrangères à Ottawa d’origine ukrainienne, Chrystia Freeland, une russophobe qui rend hommage à son défunt grand-père, un complice ukrainien des Nazis en Pologne sous occupation allemande. Elle soutient un régime à Kiev qui est issu d’un coup d’État violent contre le président ukrainien élu (le coup d’État du Maïdan). Ce régime est également soutenu par des milices fascistes et, à l’étranger, par l’Union européenne et par les États-Unis. Aussi absurde que cela puisse paraître, ce régime commémore les actes des complices des Allemands lors de la Seconde Guerre mondiale, traités aujourd’hui, en héros nationaux. Il faudrait d’urgence donner une leçon d’histoire au Premier ministre canadien avant qu’il n’insulte de nouveau le peuple russe, et qu’il discrédite en même temps, les sacrifices des soldats et marins canadiens, qui se sont alliés avec l’URSS pour combattre l’ennemi commun.

Michael Jabara Carley

Traduction Mouhamadou Mourtada Fall 

Source Strategic Culture Foundation

 


Noam Chomsky affirme qu’Israël s’est immiscé dans les élections américaines et déclare que l’ingérence russe est « une blague ».

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Traduction d’un article d’Arjun Walia paru sur le site Collective Evolution

Il est tout d’abord important de comprendre pourquoi Donald Trump, depuis qu’il a décidé de se présenter à la présidence américaine, a été diabolisé par les médias traditionnels. La réponse est simple, parce qu’il est un perturbateur. De nombreux esprits auront du mal à discerner cela en raison du pouvoir que les médias traditionnels ont sur l’esprit des masses depuis des années. Ce n’est pas difficile pour eux de programmer la perception d’un évènement ou d’une personne dans l’esprit de l’être humain moyen. Ces médias ont une très grande capacité à le faire et leur positionnement découle de leurs relation avec des agences de renseignement telles que la CIA. Ces médias sont simplement un outil pour laver le cerveau des masses.

Les efforts coordonnés dans principaux organes de presse, notamment CNN, le NYT, le WaPo, le HuffPo et USA Today, ne diffèrent pas des attaques médiatiques concertées contre la Brésilienne Dilma Rousseff, qui a eu pour résultat plus tôt en 2016 sa destitution et son retrait du pouvoir. Dans le cas de Rousseff, nous voyons ce qui a été décrit à tour de rôle comme un coup d’Etat doux ou un coup d’Etat de Wall Street, à l’instar des « révolutions de couleur » survenues quelques années plus tôt (qui sont maintenant largement considérées comme ayant été orchestrées par la CIA et certaines ONGs). Dans les deux cas de faux prétextes ont été martelés sur les écrans à la maison, ce qui a attisé l’opinion publique. Au Brésil cette stratégie a fonctionné. Il semblait que ce mécanisme fonctionnerait aussi aux Etats-Unis lors de la campagne des présidentielles.

Quant à Donald Trump, sa présidence s’apparente à bien des égards aux deux piliers de l’idéologie de l’élite dirigeante américaine : le néolibéralisme et le néoconservatisme. C’est pourquoi nous le voyons constamment « démonisé » et les efforts pour le destituer sont constants. C’est pour quoi il y a eu tout de suite cette histoire de collusion russe, ce que beaucoup auraient dû être en mesure de reconnaître comme étant complètement fausse. De fait, il y a clairement eu une attaque du « Deep State » dirigée contre Trump. Que vous détestiez ou non Trump, ce qui est exposé ici, bien au delà du but, est bien plus considérable qu’on ne peut le penser.

Bienvenue en Amérique, pays où les fausses nouvelles sont considérées comme exactes et les nouvelles réelles lourdement censurées et ridiculisées.

Il n’y a pas longtemps Noam Chomsky a présenté ses idées appuyées par d’excellents arguments. Chomsky est connu pour être un critique profond, un linguiste, philosophe, un scientifique cognitif, historien, critique social et activiste politique, entre autres qualités. Je suis un fan de longue date et une grande partie de son travail résonne en moi profondément, bien que d’autres de ses oeuvres me semblent sans importance. À mon avis il est en général bien positionné pour ses analyses de la politique moderne et il a récemment rendues publiques ses réflexions sur la débacle du « Russia Gate ». Dans une interview avec « Democracy Now » il a expliqué que l’attention des médias sur le « Russia Gate » lors de l’élection américaine de 2016 était une bouffonerie. Il n’a pas confirmé ou nié sa conviction quant à savoir si cela s’était même produit ou non, mais il a expliqué ceci :

« Tout d’abord, si vous vous intéressez à une ingérence étrangère dans nos élections, quoique les Russes aient pu faire compte à peine ou très peu dans la balance en regard de ce que fait un autre État, ouvertement, effrontément et avec un énorme soutien.

L’intervention israélienne dans les élections américaines dépasse de loin tout ce que les Russes ont pu faire, à tel point que le Premier ministre israélien Netanyahu s’est lui)même rendu directement au Congrès, sans même en informer le Président, pour s’adresser aux Représentants sous un tonnerre d’applaudissements pour tenter de saper la politique du Président – c’est ce qui s’est passé sous l’administration Obama en 2015. »

Autre point. Le Docteur Ron Paul, candidat à trois reprises à la présidence et ancien membre de la Chambre des représentants des Etats-Unis, s’est exprimé sans détour sur l’ingérence des USA lors d’élections dans d’autres pays. Il a souligné que, dans un monde idéal, les USA ne devraient pas s’inquiéter des autres pays en tentant de s’ingérer dans leurs élections, et la raison est que cela n’arrive pas parce que le gouvernement américain est complètement hypocrite car il fait exactement la même chose dont il accuse la Russie d’avoir fait. Ron Paul a déclaré que le peuple américain devrait s’inquiéter de l’influence de la CIA sur les élections dans d’autres pays, probablement une centaine, c’est une constante, sans oublier les assassinats politiques auxquels la CIA a contribué. Et Ron Paul de remuer la confiture encore plus loin en révélant l’existence d’un gouvernement fantôme, reprenant les propos de RT (Russia Today), gouvernement fantôme allié à de grands médias pour faire passer un discours anti-russe auprès du public afin de semer la peur et la haine et de susciter de nouveaux débats entre Républicains et Démocrates.

Il y a d’autres problèmes plus importants.

La présentation de l’interview de Chomsky et ce qu’elle soulève, c’est qu’il y a des problèmes beaucoup plus urgents. Le soi-disant piratage des élections américaines par la Russie n’est pas vraiment important, il est simplement utilisé à des fins politiques et pour justifier des assassinats. La politique moderne est extrêmement corrompue et à « Collective Evolution » (note en fin de billet) nous présentons depuis des années la preuve que nombre de nos dirigeants politiques sont activement impliqués dans un comportement immoral et sans éthique. Cela ne devrait pas vraiment surprendre de constater que si on regarde ce qui se passe sur notre planète, c’est le résultat de leaders politiques psychopathes à qui nous permettons de contrôler toutes nos ressources et des prendre des décisions à notre place. En outre Chomsky met également en évidence d’autres interférences dans les processus électoraux que les médias ne prennent pas en compte.

Qui a vraiment le pouvoir ? Vivons-nous dans une démocratie ?

L’une des nombreuses citations que nous utilisons ici à Collective Evolution est celle de John F. Hylan, le maire de New-York : « Telle une pieuvre géante qui étend ses tentacules sur les villes, les Etats et la Nation toute entière, une petite coterie de puissants banquiers internationaux dirige le gouvernement des Etats-Unis pour ses propres intérêts égoïstes. Ils contrôlent les deux partis (Républicains et Démocrates) et contrôlent la majorité des journaux et magazines de ce pays« . Cela soulève la question suivante : vivons-nous vraiment dans un système démocratique ? Les gens ont-ils vraiment une voix ? Il semble que les entreprises et les autres puissances supérieures contrôlent totalement la politique et la volonté du peuple n’est jamais prise en compte. Pour la plupart, en particulier aux Etats-Unis, les élections se résument à deux personnes qui n’ont pas vraiment à coeur les meilleurs intérêts du peuple ou de l’humanité. Malgré cela, nous continuons à voter ce qui nous donne l’illusion de vivre dans une démocratie. Voter ne fait absolument rien pour le changement, et pourtant beaucoup d’Américains accordent encore une grande importance au vote. Il semble que le parti démocrate et le parti républicain ne sont que les deux ailes du même oiseau.

« Et c’est ainsi que fonctionne le système, c’est un système pourri, et je vois les élections comme une sorte de mascarade. Il y a tellement de duperies en tous genres, qu’il s’agisse d’un président démocrate ou d’un président républicain, ceux qui veulent maintenir un certain statut quo font semblant d’être aux manettes et de contrôler la situation. Ils deviennent un peu trop nerveux quand un indépendant comme Bernie Sanders, ou Ron Paul ou même Trump veulent changer les choses. Il y a tellement de gens qui pensent que le système est truqué et que voter est là seulement pour calmer les électeurs alors que ça n’a aucune importance » selon Ron Paul.

Il y a des dizaines et des dizaines de politiciens qui ont mentionné le « Deep State » et pas seulement Donald Trump. Malgré le fait que les médias traditionnels aient qualifié Trump de « complôtiste » il fait partie de ces politiciens qui ont exprimé les mêmes idées. Un autre excellent exemple vient de Theodore Roosevelt :

« Les partis politiques existent pour s’assurer d’un gouvernement responsable et pour exécuter la volonté du peuple. De ce personnel supérieur les deux grands partis politiques se sont séparé. Au lieu d’être les instruments de promotion du bien-être général, ils sont devenus les outils des intérêts corrompus qui les utilisent comme des armes au service de leurs objectifs. Derrière le gouvernement visible se trouve le siège du gouvernement invisible qui ne doit aucune allégeance ni aucune responsabilité envers le peuple. Détruire ce gouvernement invisible, contrecarrer l’alliance impie des entreprises corrompues et de la politique corrompue est la première tâche de l’homme politique » . Le fait est que la politique n’est pas ce que nous pensons. Tout ce qui nous est présenté n’est pas la réalité et nous sommes loin ici de la théorie du complot. Nous ne pouvons pas continuer à suivre le même processus tous les quatre ans en pensant qu’une différence sera apportée via le système politique moderne. Quelque chose doit changer car l’homme a beaucoup de potentiel et malheureusement il est gaspillé.

Au final la politique a clairement été présentée par Chomsky comme une sorte de jeu dans lequel un groupe tente de calomnier un autre groupe pour défendre ses propres intérêts. Il est rare que des décisions soient prises dans l’intérêt des peuples ou de la planète. La politique ne concerne pas la volonté du peuple, mais c’est plutôt un moyen d’inciter la population à penser d’une certaine manière tout en profitant à un petit groupe de l’élite financière. C’est devenu complètement inutile et participer à la vie politique devrait être déconseillé.

Notes. Traduction d’un article d’Arjun Walia paru sur le site Collective Evolution (collective-evolution.com) relative à une interview de Noam Chomsky : https://www.youtube.com/watch?v=x6qk01yq-dY ou encore https://www.youtube.com/watch?v=P2lsEVlqts0 et sur le site Democracy Now ! ( https://democracynow.org ). Les amateurs de Noam Chomsky peuvent aussi voir cette lecture donnée à l’Université d’Heidelberg en 2016 :

https://www.youtube.com/watch?v=OEoVvOh1qbw

Noam Chomsky est né en 1928

Le déclin de l’Empire américain ?

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Dans un de ses ouvrages publié en 2002 intitulé « Après l’Empire », Emmanuel Todd prédisait un effondrement de l’Empire américain en se référant à des données démographiques. J’ai lu beaucoup d’ouvrages de Todd mais pas celui mentionné ici et je ne me sens pas capable de le commenter. Dans le sens des thèses de Todd c’est une statistique publiée par le National Center for Health Statistics (NCHS) américain qui m’a remis en mémoire son ouvrage : la fertilité aux USA s’est considérablement effondrée ces dernières années pour se situer à un niveau dangereusement bas qui n’assure plus du tout le renouvellement des générations. Il est coutumier d’exprimer le taux de fertilité en nombre de naissances pour 1000 femmes en âge de procréer, c’est-à-dire âgées de 15 à 44 ans. Je ne suis démographe mais une arithmétique simple indique que si 1000 femmes en âge de procréer ont 2100 enfants le renouvellement de la génération est assuré. En effet, à la fin d’une génération il ne reste plus que 2100 – 1000 personnes, soit 1100, les 100 personnes supplémentaires couvrant les aléas statistiques. En moyenne le graphique indique que la fertilité américaine globale est de 59,1 enfants pour 1000 femmes.

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La chute de fertilité est spectaculaire dans la tranche d’âge 15-19 ans depuis les années 1990. Cette tendance est intimement liée aux incertitudes économiques. Les adolescents ne veulent plus avoir d’enfants parce qu’elles ont pris conscience, la plupart vivant encore dans le foyer parental, que le fait de procréer est devenu financièrement insurmontable. élever un enfant coûte 15000 dollars par an, c’est le Département de l’Agriculture qui l’affirme. Il faut ajouter à cette charge les emprunts pour faire des études supérieures, le coût des cartes de crédit, les prêts pour acheter une automobile. Tous ces facteurs dissuadent les jeunes Américains de créer un foyer. Si l’économie américaine était aussi florissante selon les affirmations aussi bien du Président que de nombreux médias cette situation ne serait pas à déplorer tant elle est précisément déplorable. Tous les jeunes américains nés depuis l’année 2000 seront une génération perdue … C’est ce que prévoyait Emmanuel Todd et les fait commencent à lui donner raison.

Source : ZeroHedge

Brève. Aux USA des insecticides sont aussi utilisés comme des drogues dures !

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Ça se passe en Virginie de l’Ouest, un Etat durement touché par un chômage massif : à court de methamphetamine certaines personnes en manque ont trouvé une alternative, les bombes d’insecticide anti-guêpes. Dans cet Etat le taux d’overdoses mortelles atteint 58 pour 100000 habitants, que ce soit avec de la cocaïne, de l’héroïne, de la « meth » ou du fentanyl, soit 5 fois plus qu’en 2001. Le cas de l’insecticide spécialement dédié aux guêpes est alarmant car c’est presque du suicide. En effet, l’organisme développe rapidement une réaction immunitaire contre les composants du produit et le troisième « shoot » peut être fatal car il risque de provoquer une réaction allergique aigüe.

Dans le seul comté de Boone, au sud de l’Etat le nombre de décès a alerté la police qui, après enquête, a pu identifier le produit utilisé. Pour rappel, entre 1999 et 2017, soit en huit années, le CDC a répertorié un demi-million de morts par overdose aux USA …

Source et illustration : ZeroHedge.