Politique-fiction : les « évènements » d’Algérie

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À la suite de mon billet relatif aux terres rares j’ai poursuivi ma réflexion en relisant l’histoire car effectuer ce genre d’exercice est parfois une source de surprises. Il ne faut pas lire cette histoire telle qu’elle est enseignée au collège, certainement pas, car elle a été lissée et parfois profondément modifiée par les technocrates dans de nombreux pays européens et en particulier en France pour la rendre conforme aux aspirations modernes. Il est triste de constater cette violation du patrimoine de l’humanité toute entière car notre histoire fait partie de nous-mêmes, de ce qui a fait ce que nous sommes aujourd’hui bien que souvent nous n’en soyons pas conscients.

C’est à l’issue d’une conversation avec une amie « pied-noire » un peu houleuse, pas cette amie mais la conversation, au sujet de la crise algérienne qui en fut l’objet, que m’est venu à l’esprit cette réflexion qui n’est pas une « fake news » comme on dit mais juste le fruit de mes réflexions sur l’histoire récente.

Il s’agit donc d’une analyse très personnelle de l’histoire passée de l’Algérie qui concerne encore sentimentalement des centaines de milliers de personnes déplacées depuis l’Algérie vers la France métropolitaine jusqu’en 1962. Les « pieds-noirs » alimentent encore aujourd’hui une haine inextinguible à l’encontre du Général De Gaulle car à leurs yeux il fut l’instigateur de la séparation entre la France et l’Algérie et l’auteur de toutes les sombres misères que ces populations endurèrent revenant d’Alger, d’Oran ou d’autres ports dans des bateaux bondés pour affronter les hivers rigoureux des années 1960.

La « crise » algérienne que d’aucuns appèlent la « guerre » d’Algérie était à l’époque sous-jacente bien avant que De Gaulle soit appelé par les Français en quelque sorte à la rescousse. Dès le début des années 1950, les géologues français avaient détecté la probable présence de pétrole en Algérie, les USA étaient engagés dans la guerre de Corée et ne semblaient pas s’intéresser à ce que faisait la France en Algérie. Dans le même temps les scientifiques français développaient dans le secret l’éventualité de la mise au point d’un armement nucléaire, une préoccupation qui occupait au même moment non pas seulement la France mais aussi l’Union soviétique et la Grande-Bretagne, dernier pays qui, déjà vassal des USA, ne fit que profiter des avancées technologiques américaines pour s’approprier la possession d’un armement nucléaire pour marquer, en pleine décolonisation, son existence géostratégique. Pour les Français l’énergie et les armements nucléaires étaient issus d’une longue tradition scientifique initiée par les Curie au début du XXe siècle.

Les évènements d’Algérie prirent une soudaine ampleur au tournant de l’année 1954 quand fut découvert du pétrole en plein désert à Hassi Messaoud par la Snrep. Au même moment la Tunisie et le Maroc devinrent des pays souverains et ce fait explique comment le FLN tout nouvellement créé ou allant bientôt l’être put recevoir des armements et beaucoup d’argent de pays tiers. L’histoire dit que c’était l’Egypte qui finançait la guerre civile algérienne, un autre terme pour qualifier les évènements d’Algérie. Nasser en voulait à la France et à la Grande-Bretagne au sujet de leur intervention sur le canal de Suez. Tout ça était bien compliqué et ce n’est que cette convergence de divers faits qui m’a conduit à dire à cette amie pied-noire qu’il était raisonnable de penser que les Américains avaient agi dans l’ombre. Le fiasco de l’expédition franco-anglaise de Suez fut le point de départ d’une sorte de protectorat des Etats-Unis envers l’Egypte et les Américains y sont toujours aujourd’hui. Il suffit de se souvenir du supposé « printemps arabe » égyptien fomenté par les Frères Musulmans qui fut un échec total et se conclut par une reprise du pouvoir par l’armée, ouvertement soutenue par les USA.

Alors qui finança le FLN sachant qu’il y avait du pétrole et probablement aussi du gaz qui fut découvert plus au sud quelques années plus tard à Hassi R’mel ? La réponse semble évidente mais que mes lecteurs n’aillent pas considérer qu’il s’agit d’une vérité qui ne sera probablement jamais dévoilée au grand jour. Cette conjonction d’évènements me permit d’indiquer à cette amie que probablement les services secrets américains manipulaient les protagonistes revendiquant une indépendance de l’Algérie. Je me trompe peut-être mais comment infirmer une telle hypothèse ?

Illustration : Champ pétrolifère d’Hassi Messaoud (Wikipedia)

La face cachée de la politique impérialiste américaine.

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Dans les dessous de la politique agressive des USA vis-à-vis de la Corée du Nord ce ne sont pas les bombinettes de Kim Jong-un qui effraient les USA et encore moins le Japon ou la Corée du Sud car les systèmes de défense (THAAD) mis en place dans ces deux derniers pays peuvent, du moins jusqu’à un certain point annihiler les fusées nord-coréennes. Depuis plus d’un an le monde entier a assisté à une mise en scène militaire et politique qui n’a de sens que si on se remémore le fait que toutes ces armes de plus en plus sophistiquées nécessitent comme les moulins à vent et les smart-phones, les téléviseurs et les ordinateurs des lanthanides encore appelés des terres rares. Actuellement c’est la Chine qui contrôle le marché mondial des terres rares à plus de 95 % en volume et en valeur ainsi que les marchés du tungstène, du zirconium, du hafnium, du rhénium (voir note en fin de billet) et du molybdène, des métaux également nécessaires à toutes sortes d’application industrielles, militaires mais aussi dans le domaine de l’énergie nucléaire. En effet, les gisements chinois de terres rares, les premiers du monde pour l’instant, estimés à 55 millions de tonnes de minerais resteront encore longtemps les premiers du monde à être exploités.

Récemment, comme je l’ai relaté sur ce blog, le Japon envisage très sérieusement de prélever les dépôts sous-marins riches en ces métaux irremplaçables et il n’y a pas lieu de douter un instant que dans un proche avenir avec le génie incroyable des ingénieurs japonais ce sera chose faite. Les gisements sous-marins identifiés par les Japonais représentent environ 16 millions de tonnes d’équivalents de minerais terrestres seulement dans le site exploré jusqu’à présent …

Là où la Corée du Nord intéresse les USA est la découverte (en 2013) à 150 kilomètres au nord-ouest de Pyongyang d’un gisement de terres rares contenant également tous les métaux mentionnés ci-dessus, gisement d’environ 210 millions de tonnes (pour l’USGS 110 millions de tonnes) d’oxydes exploitables économiquement, situation qui peut potentiellement faire de la Corée du Nord un partenaire commercial incontournable pour tous les pays utilisant ces métaux. Ce gisement nord-coréen double, sur le papier, l’ensemble de toutes les réserves mondiales connues de terres rares !

Les Américains vont probablement faire ami-ami avec la Corée du Nord (DPRK) et mettre massivement la main à la poche pour aider ce pays à développer l’extraction et la purification de ces métaux irremplaçables aujourd’hui. Le souci est que la Chine ne l’entend pas de cette oreille en raison de ses liens étroits avec la DPRK. Il ne s’agit donc plus d’un « conflit » entre les USA et la DPRK mais bien d’un conflit avec la Chine car les enjeux économiques et militaires sont immenses.

Et ceci explique la guerre commerciale décidée par The Donald pour tenter de faire plier la Chine, mais ce sera peine perdue car la Chine est aussi un allié de la pragmatique Russie et place également ses pions en achetant du pétrole et du gaz à l’Iran en payant sa facture en yuans. C’est dire à quel point la situation se complique pour les Etats-Unis et il semble qu’elle échappe au contrôle de la Maison-Blanche.

Venons-en enfin à l’Ukraine et le coup monté de la Place Maiden où des snipers rémunérés par la CIA tiraient aveuglément sur la foule pour accélérer le coup d’Etat afin que ce pays bascule dans le camp occidental, en d’autres termes pour qu’il devienne un vassal de plus des USA. Ce n’est pas parce que l’Ukraine a une frontière commune avec la Russie et qu’en Crimée, depuis toujours, il existe une immense base militaire russe à Sebastopol. La vraie raison pour laquelle les USA ont organisé ce coup c’est tout simplement pour priver la Russie de ses approvisionnements essentiels en titane, zirconium et hafnium provenant d’Ukraine pas seulement pour développer et moderniser son armement mais aussi pour son programme d’énergie nucléaire civile qui est probablement le plus à la pointe dans le monde …

Comme quoi ce que racontent les médias « main-stream » doit être vraiment pris avec une infinie précaution.

Inspiré d’un article paru sur le site ZeroHedge écrit par Pepe Escobar et originellement publié sur le site Asia Times

Notes. 1. La France fut le premier pays au monde à maîtriser la purification industrielle des terres rares, activité qui a été reprise depuis la disparition de Rhône-Poulenc par la société belge Solvay, restée depuis leader mondial dans ce domaine. Les premiers gisements de terres rares ont été exploités au Brésil et en Inde au début des années 1940. Les applications étaient « rares » et la plus connue était celle du cérium dans les pierres à briquet. Puis l’Afrique du Sud se positionna dans ce créneau et ensuite la Californie devint le leader mondial des terres rares dont on ne soupçonnait alors pas toutes les applications futures dans les années 1970. Le gisement massif de Moutain Pass fut par la suite abandonné pour des raisons liées à la préservation de l’environnement. Ce fut alors l’apparition de la suprématie de la Chine avec les immenses gisements de Mongolie Intérieure. La flambée des prix des terres rares liée à la croissance astronomique des nouvelles technologies à la fin des années 2000 réactiva la recherche de nouveaux gisements exploitables du Malawi au Canada en passant par Madagascar et le Groenland.

À ce jour des mines ont été remises en exploitation tant en Californie (Mountain Pass) qu’en Australie, en Malaisie et en Afrique du Sud. La pression de la Chine sur les prix a disparu et par exemple l’une des terres rares les plus utilisées est le cérium sous forme d’oxyde pour polir les écrans de télévision, les lentilles et les pare-brises des voitures. Le kilo d’oxyde de cérium est passé de 118 dollars en septembre 2011 à 8,5 dollars aujourd’hui. Pour l’anecdote à propos de l’oxyde de cérium le polissage des pare-brises des voitures fait que les insectes ne s’accrochent plus à ces pare-brises, les micro-aspérités du verre ayant été éliminées, ce qui a conduit les écologistes à clamer que les insectes avaient – surtout en Europe – tous disparu puisqu’après un parcours routier le pare-brise était toujours aussi propre !

Le cas de l’europium est emblématique. Ce métal est utilisé en imagerie médicale et dans les industries nucléaires civiles et pour certains armements. Un kilo d’europium valait 403 dollars en 2009. Son prix a atteint 4900 dollars fin 2011 et aujourd’hui il est négocié à 1110 dollars sur le marché export alors que son prix n’est que de 630 dollars pour l’industrie chinoise domestique (source : Mining.com ).

2. Le zirconium est utilisé dans des alliages spéciaux à travers lesquels les neutrons passent librement. Ces alliages sont utilisés pour fabriquer les gaines de combustible des réacteurs nucléaires. Le hafnium est utilisé dans de nombreux circuits intégrés. Ce métal a détrôné l’argent pour la fabrication des barres de contrôle des réacteurs nucléaires en raison de sa très large section de capture des neutrons ( exprimée en barns). Enfin le rhénium est aussi un métal stratégique important car il entre dans la composition de super-alliages résistants aux hautes températures. Il est majoritairement utilisé dans les moteurs d’avions et les turbines à gaz dans des alliages spéciaux contenant également du tungstène et du ruthénium.

Brûler du bois pour réduire l’empreinte carbone est un pur non-sens

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Dans le paquet du programme de transition énergétique écologique, renouvelable et solidaire mis en place par le gouvernement français devant tenir compte des exigences de l’accord de Paris relatif au sauvetage du climat le volet chauffage domestique a été abordé et la solution trouvée pour émettre zéro carbone consiste à chauffer les maisons individuelles avec du bois plutôt que d’utiliser du gaz qui enrichit les méchants Russes ou Qataris ou du gasoil qui enrichit les méchants émirs pourvoyeurs de fonds vers les mosquées fondamentalistes européennes. Dans l’esprit étriqué des écologistes l’empreinte carbone du bois est égale à zéro et pourquoi pas utiliser aussi du bois pour produire de l’électricité comme par exemple dans la centrale électrique de Gardanne dans le sud de la France. Tout paraît à première vue sensationnel et comme de plus la France compte dans ses doux paysages de nombreuses forêts mal exploitées autant puiser dans ces dernières pour réduire l’empreinte carbone.

Seulement il y a un gros problème : les écologistes, le laryngophoniste en charge de cette transition en tête, ont mal fait leurs calculs ou plutôt n’en ont pas fait du tout et se sont lançé tête baissée et les yeux bandés dans ce projet y compris d’ailleurs la Commission Européenne et en son temps le Sieur Obama aux USA.

Utiliser du bois pour se chauffer ou produire de l’électricité est tout simplement un non-sens en termes d’empreinte carbone. C’est ce qu’a démontré une équipe de scientifiques américains dirigée par le Docteur John D. Sterman du MIT. Utiliser du bois ou d’autres « bio-combustibles » en lieu et place du charbon ou du gasoil est loin d’être neutre en termes de carbone. En tenant compte de tout le processus de valorisation du bois, depuis l’abattage, la transformation en briquettes ou en granulés, le transport, le stockage et la distribution, ce bois finalement utilisé comme combustible rejette plus de CO2 que le charbon pour la production d’électricité ou le gasoil pour le chauffage domestique. De plus les rendements tant pour la production d’électricité que pour le chauffage sont inférieurs à ceux obtenus avec le charbon.

Un autre point qui a été cavalièrement passé sous silence par les écologistes est l’introduction d’une « dette de carbone », conséquence directe de l’abattage des arbres. En effet pour qu’une forêt retrouve sa pleine efficacité de fixation de CO2 atmosphérique il faut attendre entre 30 et 100 ans, trente ans pour un feuillu ou un résineux à croissance rapide et jusqu’à 100 ans pour un chêne ! Et quand cette dette aura été « payée » par la croissance des arbres du CO2 supplémentaire se sera accumulé dans l’atmosphère. Il en est de même pour toutes les autres biomasses végétales considérées et pas seulement le bois. En conclusion il est plus judicieux de ne pas toucher aux forêts si on veut sauver le climat et d’abandonner toute idée d’utilisation d’une quelconque biomasse pour produire de l’énergie thermique ou électrique !

Il est ici opportun de rappeler que ces mêmes écologistes français ont mis à mal et détruit des plantations expérimentales de peupliers rendus stériles par modification génétique dans des laboratoires de l’INRA au nom du sauvetage des écosystèmes naturels. Des années de travaux ont été réduits à néant malgré le fait que ces arbres destinés à produire du papier poussaient environ 30 % plus vite que des peupliers fleurissant chaque année. On ne peut que constater en rappelant ces faits que les écologistes n’en sont pas à une approximation près et qu’ils se contredisent souvent dans leur idéologie surranée sinon totalement stupide : détruire des écosystèmes et la biodiversité pour se chauffer, n’est-ce pas encore une aberration de leur part ?

Source : https://doi.org/10.1088/1748-9326/aaa512 , illustration vue de la forêt de Brocéliande trouvée sur internet.

USA : la guerre pour le charbon a commencé

USA : la guerre pour le charbon a commencé

Aux Etats-Unis la désaffection pour l’énergie nucléaire depuis le grand tsunami du Kanto au Japon en mars 2011 a conduit les compagnies d’électricité à délaisser l’entretien de ces installations avec le but inavoué de tout simplement fermer ces usines bien avant qu’elles ne deviennent obsolètes. Avec la campagne anti-charbon qui a eu pour conséquence depuis l’administration Obama la fermeture pure et simple de nombreuses mines et d’usines de production électrique la situation du réseau électrique nord-américain devient critique. Cette situation préoccupe le locataire de la Maison-Blanche qui veut repenser les régulations mises en place par son prédécesseur pour la protection de l’environnement.

Si le gaz de schiste est devenu très compétitif il n’en reste pas moins que les équipements de production d’électricité à partir de gaz ne servent qu’à lisser la charge erratique des énergies renouvelables sur le réseau électrique. Pour le Président américain préserver l’équilibre du réseau est une priorité de sécurité nationale et c’est la raison pour laquelle l’administration Trump a décidé d’aider les compagnies d’électricité à investir dans les centrales électriques nucléaires ou à charbon existantes de toute urgence et à obliger les distributeurs à acheter prioritairement l’électricité produite par ces installations.

Selon une récente étude les 99 réacteurs nucléaires américains actuellement en fonctionnement et datant tous des années 1960-1970 nécessitent des investissements de sécurité qui avaient pourtant été exigés à la suite de l’accident japonais. Aujourd’hui seulement deux réacteurs sont en construction en Géorgie et nul ne sait quand ils seront connectés au réseau, cf. les déboires de Westinghouse. Quant aux centrales brûlant du charbon beaucoup d’entre elles ne sont pas rentables pour les raisons invoquées ci-dessus avec l’arrivée massive du gaz de schiste et l’obligation pour les opérateurs de réduire les émissions de CO2 selon un plan – le « Clean Power Act » – totalement insoutenable qui entraine la fermeture des usines les unes après les autres.

Or Donald Trump a promis lors de sa campagne électorale de soutenir l’industrie du charbon. Comment les « utilities » vont-elles réagir ? La question est cruciale pour l’administration Trump car d’une manière générale les industriels de l’énergie n’apprécient pas que des décisions fédérales viennent les contraindre dans leurs stratégies commerciales. Mais selon la Maison-Blanche il s’agit d’une décision de sécurité nationale qui prime avant toute autre considération. Il est donc clair que la raison du retrait des USA de l’accord de Paris est évidente : ces accords mettent en danger la sécurité du pays ainsi que son économie. Pour abonder dans le sens de la décision de Donald Trump une récente étude a montré que l’histoire montée de toute pièce de l’effet de serre du CO2 était une imposture scientifique. Ce sujet fera l’objet d’un prochain billet sur ce blog.

Source partielle : AFP, dépêche du premier juin 2018.

Brève : le jour le plus long

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C’est ce soir 8 mai 2018 à 18h GMT que Trump annoncera s’il dénonce l’accord international sur le nucléaire iranien. Boris Johnson, le ministre des affaires étrangères anglais a déclaré que ce serait une erreur mais, comme Madame Merkel et Macron l’ont précisé il serait opportun de réviser quelques points de détail de ce traité qui demanda pourtant plus de six ans de négociations. Il est vrai que Macron ne veut pas se fâcher avec son homologue allemande et joue sur le velours. Quant aux Israéliens, les premiers concernés dans cette histoire bien que possédant eux-même un arsenal nucléaire, ils ont monté une sale affaire consistant à ternir l’image des négociateurs américains Rhodes et Kahl avec l’appui ouvert de Netanyahu. Les chancelleries ont eu vent de cette sombre histoire orchestrée par une firme d’espionnage israélienne privée à la demande de Trump.

Si le Président américain dénonce ce traité un risque d’embrasement régional et peut-être mondial deviendra alors bien réel.

Source : The Observer de ce jour

Macron : l’homme de l’ombre ?

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Voici un billet écrit par Gilbert Doctorow, analyste politique indépendant basé à Bruxelles, paru sur le site « Une Parole Franche » ( usforeignpolicy.blogs.lalibre.be ) un blog trouvé sur le quotidien La Libre Belgique. Je me suis contenté de corriger quelques fautes d’orthographe et de syntaxe. Figurent en italiques les rares ajouts de mon crû pour la bonne compréhension du texte. J’ai cru intéressant de le soumettre à mes lecteurs. Je ne fais aucun commentaire. Bonne lecture.

L’ascension de Macron au pouvoir : l’ingérance américaine dans la vie politique française

Si nous regardons les élections présidentielles françaises de 2017, prises isolément, il n’y a pas de raisons de croire ma déclaration d’ingérance américaine parce qu’il n’y a pas des preuves d’une intervention de l’extérieur. L’année passée en Amérique et en France on disait que Macron était élévé à la présidence par les efforts et l’argent des banquiers internationaux, les même qui l’ont

recruté, lui ont donné un boulot chez eux et finalement, après une carrière météorique non-justifiée par aucune réalisation professionnelle, lui ont trouvé une position dans le palais de l’Elysée comme assistant au secrétaire général auprès de François Hollande, ensuite Ministre de l’Economie et des Finances. Bien sûr, ses amis les banquiers internationaux ont des liens étroits avec la capitale de la finance mondiale, New York. Mais personne n’a suggéré un quelconque rôle du gouvernement des Etats-Unis dans sa réussite … Jusqu’à maintenant.

L’argument en faveur d’une influence américaine devient beaucoup plus fort quand on regarde six ans en arrière et surveille la compétition pré-électorale pour le scrutin du printemps 2012. Seulement un aveugle ne voit pas comment la main des Etats-Unis a pesé sur les équilibres pour assurer l’élection d’un esprit lent, l’insignificant François Hollande, au lieu du favori du Parti Socialiste, Dominique Strauss-Kahn. 

Au printemps 2011, DSK était encore Directeur Général du Fonds Monétaire International où il travaillait depuis  2007. Avant son arrivée à Washington, il faisait une bonne carrière politique en France y compris notamment comme Ministre de l’Economie et des Finances. Il était considéré par beaucoup de monde très intelligent et un bon stratégiste pour son parti. En même temps dans sa position de Directeur Général du FMI il exposait des opinions ouvertement anti-américaines. On parlait en particulier de sa recommandation de remplacer le dollar US comme devise internationale de réserve par les « Special Drawing Rights » (droits de tirage spéciaux, DTS), une devise abstraite non liée à un pays seul. 

Quoi qu’il en soit, le 18 mai 2011 Strauss-Kahn était arrêté à New York accusé d’une aggression sexuelle contre une femme de chambre de son hôtel. L’arrestation fut dramatique : il fut retiré de son avion juste avant le décollage, mené sous (bonne) garde à un commissariat de police et, menotté, presenté dans un alignement de suspects pour que son accusatrice puisse l’identifier. Tout cela s’est passé sous les yeux des journalistes. On lui a promis une incarcération de longue durée pour un délit que ses amis ont caracterisé comme un piège politiquement motivé. L’affaire criminelle à son encontre a été finalement abandonnée. Un règlement à l’amiable a été conclu avec la femme de chambre. Et la carrière de DSK s’est terminée dans la honte. Son parti en désordre, la candidature pour la présidence passe à François Hollande, le conjoint de la candidate pour les élections de 2007 Ségolène Royal, son seul avantage étant son statut d’initié. 

Le titulaire et candidat de la Droite Nicolas Sarkozy est pénalisé par les machinations financières liées à sa première campagne électorale et par l’allégation qu’il a touché de l’argent libyen offert par le Colonel Muamar Ghaddafi. Ainsi l’insipide Hollande peut gagner une contestation au coude à coude et prendre charge du gouvernement français avec un programme qui consistera finalement à doper le taux d’emploi par une augmentation énorme du nombre de personnels dans le secteur étatique. 

La période du mandat de Hollande fut marquée par la stagnation économique et une France faible en Europe, qui trace timidement les sillons de la Chancelière allemande Angela Merkel dans l’alliance traditionnelle franco-allemande à la tête de l’UE.  

Au moment où les élections de 2017 approchent, le taux de popularité de François Hollande descend à 5 % de la population, et le Président annonce qu’il retire sa candidature. La lutte pour le pouvoir est concentrée entre le parti conservateur, les Républicains, formé par Nicolas Sarkozy, mais un parti qu’il ne dirige plus vers le scrutin à cause des scandales autour de lui, et le Front National, le parti populiste, xénophobe, eurosceptique, mené par Marine Le Pen. 

Parmi les Républicains, François Fillon, le premier ministre sous la présidence de Sarkozy de 2007 à 2012, est devenu assez rapidement le leader. Le 20 novembre 2016 il gagne le vote dans les primaires et il reste le favori au début du printemps. À sa faveur, Fillon est experimenté, compétent et reformateur économique.

De l’autre côté de l’Atlantique, l’éventualité d’une victoire de Le Pen ou de Fillon est insupportable. L’Establishment américain déteste Le Pen, parce que sa victoire ajoutera encore du dynamisme à la vague populiste. Cette vague a déjà gagné la Maison Blanche en novembre 2016 (avec l’élection de Donald Trump) et elle (la vague populiste) travaille à la déconstruction de l’Ordre International si bien aimé de Washington. 

Pour sa part, Fillon reçoit le support du groupe médiatique Bloomberg, où il est considéré comme la seule personne qui peut éviter l’eléction de Le Pen. Mais d’ailleurs, Fillon n’a pas plus d’amateurs en Amérique que Le Pen : tous les deux portent l’opprobre d’être des “amis” de Poutine.   

François Fillon a rencontré avec Vladimir Poutine dans les couloirs du Forum International Economique de Saint-Pétersbourg  en juin 2015 et a été invité aux débats sur la television d’état russe, Fillon a donné des commentaires favorables au rétablissement de relations normales avec la Russie. A plusieurs reprises, il s’exprime contre les sanctions américaines. S’il est élu Président de la République française, Fillon créera un tandem transatlantique avec Trump pour contrer la direction actuelle stratégique des Etats-Unis : de nous (le Deep State) en prendre à l’ours russe et de présenter l’image d’un ennemi aggressif à l’Est de l’Europe pour rassembler les alliés et consolider l’emprise hégémonique sur le Vieux Continent comme dans le monde entier.

Ainsi, pas de raison pour nous d’être surpris, si la candidature de Fillon est déraillée (sic dans le texte original, voir le lien ci-dessus) juste quelques semaines avant le premier tour des élections présidentielles. Fillon est accusé de détournement de fonds publics: “il a payé à son épouse et ses enfants des centaines de milliers d’euros en remunération de l’Etat pour peu de travai sinon aucune service rendu.” Est-ce que Fillon était coupable?  Sans doute, oui.  Mais un tel jugement ignore la réalité des habitudes dans la vie politique de la France depuis des décénnies, où de telles pratiques étaient très répandues à cause des fautes dans le système de financement des élections et de compensation des élus. La France, comme beaucoup d’autres pays européens y compris son voisin l’Allemagne a connu une corruption institutionalisée. 

Avec Fillon deshonoré et écarté, le flambeau de la lutte contre Marine Le Pen passe au candidat hors Establishment et sans appui d’un parti traditionnel, Emmanuel Macron, qui a monté une campagne sur le principe de l’anti-corruption. Lui aussi est un “populiste” mais il accepte l’Ordre International existant et la domination américaine des affaires globales. Macron est le candidat parfaitement adéquat aux besoins des possibles intervenants d’outre-Atlantique. Il n’a pas d’expérience de la politique électorale, n’a pas de mécanisme de parti pour l’accompagner et, comme nous l’avons remarqué en sus (lire la première partie du billet de Doctorow à ce sujet), possède des fautes de sa personnalité qui le rendent assujetti au chantage.

Dans cet exposé, j’ai établi les motifs et les moyens pour que le Deep State américain ait pu influencer les élections présidentielles de 2017 en France et ait placé Emmanuel Macron sur le trône. Il me manqué les preuves que les agents des services de renseignement américaines ont saisi l’opportunité. Mais l’ingérance des Etats-Unis dans le précédant cycle électoral nous suggère qu’une telle intervention était “highly likely”, n’est-ce pas ?

© Gilbert Doctorow, 2018


L’outrecuidance israélienne : « Made in France »

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Nul n’ignore qu’Israël possède l’arme atomique : les estimations des analystes considèrent qu’Israël est en possession d’un arsenal nucléaire d’environ 200 bombes d’une puissance équivalente à 10 fois celle d’Hiroshima. C’est un secret de polichinelle que seul le Premier Ministre israélien semble ignorer, lui dont le pays n’a jamais ratifié l’accord international de non-prolifération des armes nucléaires ni jamais admis un quelconque contrôle par l’IAEA de ses activités « radioactives ».

Israël est le seul pays au monde à s’être doté de ce type d’armement avec des financements entièrement privés. C’est non pas le lobby sioniste américain qui l’a financé mais le lobby évangéliste de ce pays qui est encore plus « sioniste » que la communauté juive des USA. Ce sont des donations parfois considérables qui ont permis à l’Israël de Ben Gourion et de Golda Meir d’acquérir les matériels et l’ensemble des technologies nécessaires à la fabrication d’armes nucléaires auprès, devinez de qui ? De la France, avec un petit coup de pouce financier de la part de Washington, pressé par le lobby juif et le lobby évangéliste américains.

L’histoire est complexe mais elle est remarquablement exposée par Philippe Simonnot, économiste et historien, ceci il y a quelques jours sur le plateau de TVLibertés (lien en fin de billet et dont je me suis largement inspiré). Selon les Évangélistes lorsque tous les Juifs seront rassemblés en Israël le retour du Messie sera alors possible. C’est la raison pour laquelle les Évangélistes voulaient la création d’un Etat d’Israël fort et le doter de l’arme nucléaire faisait partie de ce programme sioniste, sioniste non pas d’un point de vue politique mais surtout d’un point de vue conceptuel strictement religieux. On pourrait plutôt dire ici non pas sionisme mais messianisme. Pourvoir Israël d’un armement nucléaire ne devait pas aux yeux de Guy Mollet (« Souper de Sèvres » en 1956 avec Ben Gourion) être gratuit et c’est ainsi que les Évangélistes américains purent réunir des sommes colossales pour armer Israël. Quand De Gaulle arriva en 1958 au pouvoir en France il voulut mettre un terme à cet accord inique, lui qui considéra que la France n’avait pas sa place dans l’OTAN. Il fut soumis à la pression non seulement de la communauté juive de France mais également de Washington et des Anglais qui voyaient d’un mauvais oeil que ce pays tout nouveau ne puisse pas faire face à des agressions de la part des pays arabes et ceci d’autant plus que l’Empire britannique avait toujours un besoin incontournable du canal de Suez et du pétrole de la région.

Paradoxalement la France, fille de pute (comme pourrait la qualifier Duterte) même sous De Gaulle (il faut appeler un chien un chien), fit appel aux capitaux iraniens du Shah pour l’extension et la modernisation de l’usine d’enrichissement d’uranium de Tricastin Eurodif pour entre autres objectifs alimenter Israël en uranium-235 de qualité militaire. Il faut rappeler ici que le Shah, tyran d’opérette sanguinaire, fut mis en place à Teheran par la CIA et c’est probablement avec l’appui de Washington qu’Eurodif fut en partie financé par l’Iran alors que, et là on ne peut que constater le double-jeu français totalement abject, la France hébergeait l’opposant emblématique iranien au Shah en la personne de l’imam Khomeiny.

Qu’on ne s’étonne donc pas des errements actuels de la politique étrangère de la France : rien n’a changé, la France est toujours une fille de pute ! Guy Mollet dota Israël de l’arme nucléaire, et que va faire Macron en ce qui concerne l’Iran et la Syrie ? Va-t-il perpétrer la politique de faux-culs de ses prédécesseurs ou se rendre à la réalité des faits ? Avec l’éclairage de Philippe Simonnot on comprend beaucoup mieux l’attitude incompréhensible de Macron quand il a décidé de participer aux bombardements en Syrie et qui ne dit pas le moindre mot quand Israël bombarde des positions militaires en Syrie ou comme ce pays l’a fait par le passé les installations atomiques de recherche civile irakiennes d’Osirak, en grande partie financées par la France, ou celles de Syrie il y a quelques années. Israël, puissance « atomique » avec l’étroite collaboration de la France, ne peut en aucune façon tolérer l’émergence d’une nation voisine détentrice de l’arme ultime de dissuasion ni d’une quelconque tentative de création du moindre institut de recherche sur des application civiles ou médicales de l’atome. Ses ennemis désignés dans la région sont le Hesbollah libanais, l’Iran et la Syrie, et Israël entend bien rester le pays à respecter quitte à s’allier pour sa bonne cause à l’Arabie Saoudite. La France, fille de pute notoire en matière de politique étrangère depuis le discours mémorable à l’ONU de Dominique de Villepin qui eut au moins les couilles de se prononcer contre une intervention en Irak, intervention qui arrangeait beaucoup Israël, se félicite de cette situation et abonde dans le sens d’une remise en question du traité, disons de non prolifération, arraché de haute lutte en ce qui concerne l’Iran.

Force est donc de constater que les agissements actuels à l’encontre de l’Iran sont téléguidés par Israël avec l’encouragement tant de la France que de la Grande-Bretagne et de concert avec la Maison-Blanche, car l’ennemi à discréditer au final, l’allié de l’Iran avec à ses côtés la Turquie est un gros morceau, il s’agit de la Russie ! Il faut enfin pour conclure cette prose que d’aucuns considéreront qu’elle est purement inspirée par un anti-américanisme primaire de ma part, de complotisme dénué de sens, voire d’un antisémitisme radical que jamais Israël n’a respecté une quelconque résolution de l’ONU depuis sa création officielle. Israël abat des innocents n’importe où et dans n’importe quelles circonstances, bombarde la Syrie quand celà lui convient, annexe des territoires impunément, détruit inlassablement l’identité palestinienne mais tout le monde entier en convient avec une condescendance vraiment affligeante en ce qui concerne en particulier la France. Comme le dit si justement H16 en parlant de la France ce pays est complêtement foutu dans tous les sens du terme.

Source : Philippe Simonnot sur TVLibertés, https://youtu.be/RvF8jtXBias