Ukraine : suite …

En discutant avec mon fils qui sévit dans un organisme financier et se trouvant de facto informé des évènements géopolitiques dans le cadre de son activité il m’a éclairé sur la genèse des évènements ukrainiens. Les évènements de Maïdan que l’on peut considérer comme l’étincelle qui a tout fait basculer sont en réalité l’aboutissement d’une longue négociation d’entrée de l’Ukraine dans la communauté européenne. Au cours de ces négociations l’Europe précisa ses conditions bien avant qu’elle se voile les yeux pour ne pas reconnaître la présence de bataillons néo-nazis collaborant avec l’armée régulière de Kiev. Il s’agissait d’intégrer l’Ukraine dans la communauté européenne à condition que ce pays coupe toute relation commerciale avec la Russie. Ces négociations avaient atteint leur intensité au début du mandat de Donald Trump, personnalité décoiffante qui ne plaisait pas du tout au clan Clinton qui fit tout pour construire une complot dans lequel aurait trempé Trump, complot organisé par la Russie. Par conséquent l’Ukraine devait couper tout lien avec la Russie et ensuite le dossier serait examiné plus en profondeur.

Pour la Russie, qui démentit toute intervention dans l’élection de Donald Trump (ce qui fut confirmé par la justice américaine plus tard), l’intégration de l’Ukraine dans la communauté européenne signifiait également une intégration dans l’OTAN. Or ce sujet était inacceptable pour la Russie et l’est toujours. D’où les évènements de Maïdan fomentés par la CIA, sentant que l’intégration probable de l’Ukraine dans la communauté européenne était une occasion inespérée de précipiter les évènements en mettant hors jeu le président ukrainien d’alors, pro-russe, en le remplaçant par un extrémiste anti-russe notoire afin de faciliter le rapprochement de l’Ukraine avec l’OTAN. On connait la suite. Je déplore qu’un analyste réputé en géopolitique comme Pascal Boniface soit totalement aveuglé par la propagande occidentale et qu’il persiste à clamer que Poutine est un malade agresseur qu’il faut condamner.

Je voudrais reprendre un exemple que j’ai déjà cité dans ce blog et qui concernerait vraiment les Français devenus globalement opposés à la Russie. Imaginons que les Flamands de Belgique, protestants et néerlandophones agressent les Wallons francophones et majoritairement catholiques. Comment la France réagirait-elle ? Je me suis posé la question et je la pose à nouveau à mes fidèles lecteurs. Il existe en Belgique une vraie frontière entre Flamands et Wallons. Ils se haïssent mais ne coexistent qu’à Bruxelles, la ville probablement la plus corrompue du monde occidental. Si les Flamands bombardaient les grandes villes de Wallonie on pourrait dire que c’est un conflit interne qui ne regarde pas les Français. Et si les Wallons demandent de l’aide à la France que se passerait-il ? Exactement ce qu’a fait le Président russe pour protéger et même sauver la vie des ukrainiens russophones. 

Conclusion de ce billet : les intérêts en jeu en Ukraine dépassent les Européens. Il s’agit avant toute chose d’une redéfinition de la politique internationale avec comme conséquence la disparition du dollar en tant que monnaie de référence, le probable démantèlement de l’Union européenne et son repli vers un protectionnisme forcené pour faire face à une inflation couplée à une récession, deux phénomènes durables. Et ce ne sera pas la Russie qu’il faudra incriminer mais la politique stupide qu’a choisi l’Europe en se soumettant aveuglément aux visées hégémoniques des Etats-Unis. Pour appuyer mes propos voici par exemple ceci ;https://www.youtube.com/watch?v=_P2Kjea2YEQ ou encore cela :

Ukraine : le domaine du mensonge et de la réécriture de l’histoire en temps réel

En 2014 Victoria Nulland organisa avec le concours de la CIA les « évènements de Maïdan » dont le seul but était de faire fuir le Président élu pro-russe qui fut contraint de s’exiler en Russie. Son successeur mis en place par les Américains, un dénommé Porochenko qui porte bien son nom, et qui interdit l’enseignement du russe dans les écoles, mit fin au paiement des retraites dans les oblasts russophones, ne rétribua les fonctionnaires locaux que s’ils étaient ukrainophones et ordonna à son armée noyautée par des brigades non officielles ouvertement nazies de commencer à bombarder les villes du Donbass. Peu après ces évènements et ces mesures vexatoires mises en application, les russophones du Donbass et de la péninsule de Crimée organisèrent des « votations » comme on dit en Suisse pour connaître l’opinion populaire. Les habitants de la péninsule de Crimée votèrent massivement pour un rattachement immédiat à la fédération de Russie. La Crimée est hautement stratégique et immédiatement les Occidentaux réagirent en sanctionnant la Russie.

Les habitants du Donbass subirent des bombardements incessants occasionnant la mort de plus de 13000 personnes. On a en Occident tendance à occulter cette partie de l’histoire récente de l’Ukraine. À la fin de l’année 2021 il y eut d’importants mouvements de troupes à l’ouest du Donbass laissant présager une véritable boucherie car le pouvoir politique de Kiev, refusant toute négociation dans le cadre des accords de Minsk, voulaient en finir avec ces « porcs de russophones ». Que fit le Président russe ? Sentant un génocide se préparer il organisa une remise en ordre du Donbass, une opération spéciale pour garantir la sécurité des populations civiles de cette partie de l’Ukraine répondant à l’appel de ces dernières. Des familles entières vivaient leur quotidien dans des caves pour échapper aux bombardements quotidiens, les rares personnes courageuses s’aventurant des la rue étaient abattues par des snipers, si les occidentaux, confortablement installés dans leur salon pour voir défiler la propagande occidentale ne comprennent pas ce que cela signifie, ils sont irrécupérables.

Quand le Président russe a proposé au parlement la reconnaissance des républiques autoproclamées du Donbass il n’y avait plus place pour la moindre hésitation, les bataillons ukronazis étaient prêts à la boucherie.

Voilà la genèse du conflit ukrainien actuel qui a été largement documentée par des journalistes françaises courageuses, je cite, Chrystèle Néant et Anne-Laure Bonnel qui ont fait leur travail sur le terrain au péril de leur vie. Et l’Occident dans cette histoire : une monstrueuse suite de mensonges, c’est Poutine l’agresseur, c’est Poutine le mangeur d’enfants alors que les nazis ukrainiens éventraient sans hésiter des femmes enceintes sous prétexte qu’elles étaient russophones.

Les pays occidentaux, à commencer par la France et l’Allemagne qui n’ont strictement rien fait pour faire appliquer les accords de Minsk, mentent chaque jour, chaque minute. Ils ont sanctionné la Russie. Pas de chance le peuple russe a su s’organiser depuis les premières sanctions relatives au rattachement de la Crimée. Les Occidentaux otaniens paieront pour leurs mensonges et ils en subissent déjà les conséquences. Jamais Vladimir Poutine ne reculera. Les quelques rares politiciens européens restants le savent. Ils devront se rendre à la raison ou accepter le délabrement attendu de l’Europe, de son euro artificiel, de sa Commission aussi corrompue que les gouvernements successifs de Kiev. Et l’effet en retour de ces sanctions envers la Russie sera tout simplement dévastateur. Personnellement je souhaite que l’Europe souffre, comme une punition d’avoir soutenu un régime ukrainien à la tête duquel se trouve un individu drogué et corrompu, d’avoir armé les yeux fermés des bataillons de fanatiques nazis qui n’ont qu’une idée, massacrer des russophones. Honte à l’Europe, honte aux Etats-Unis, Honte à l’Allemagne et à la France qui n’ont pas fait respecter les accords de Minsk, honte à tous les idiots qui regardent les journaux télévisés chaque jour pour se donner bonne conscience. Les Occidentaux emmenés par les Américains sont des spécialistes de la réécriture de l’histoire et aujourd’hui cette attitude scandaleuse s’effectue en temps réel. Cette histoire, dans 50 ou 100 ans révèlera les turpitudes hégémoniques des Américains. Ce sera un mauvais souvenir car l’empire américain aura disparu comme l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui, vouée à l’échec … 

Peste ou choléra : on va laisser notre peau dans les deux cas

Qu’il s’agisse de Macron ou de Le Pen à la tête de l’Etat français la France va s’enfoncer dans la crise et le peuple va souffrir jusqu’à ce que celle-ci devienne insupportable. Personnellement je suis convaincu que le mois de mai sera torride. Qu’il s’agisse de la peste ou du choléra le troisième tour, entendez les élections législatives, pourrait réserver quelques surprises rendant l’Etat ingouvernable sinon par décret. Macron en est un habitué et on appelle ça une dictature. Et comme la France n’est plus une démocratie puisque le pouvoir judiciaire n’est plus indépendant comme c’est toujours le cas en Espagne, l’un des rares pays européens où le gouvernement a essuyé un veto de la Cour constitutionnelle au sujet du pass vaccinal. La situation est donc critique. Entre un Macron qui refuse d’admettre qu’il est incompétent et une Le Pen qui sait qu’elle est incompétente il n’y a pas lieu de se réjouir.

Donc la France, maintenant classée 24e pays dans le monde par le volume de son économie, n’est plus qu’un petit pays aux yeux du reste du monde et elle s’achemine vers une crise profonde qui ne pourra que très mal se terminer et, je le répète, le mois de mai prochain sera torride. La descente vers l’enfer que le peuple endurera va s’accélérer mais il y a pire. Le déclassement de la diplomatie française au profit de l’Elysée a pris une tournure inquiétante avec la décision par décret et dans l’entre-deux tours des élections de la suppression du corps des diplomates. Le Quai d’Orsay va devenir une coquille vide. Le deuxième réseau diplomatique du monde va ainsi disparaître. La diplomatie sera l’affaire de l’Elysée et quand on se souvient de la totale incurie du Président à activer les accords de Minsk-2 en co-responsabilité avec Madame Merkel puis son successeur on ne peut s’empêcher d’accuser la France et l’Allemagne d’avoir contribué à l’intervention de la Russie dans le Donbass pour sauver des vies humaines perpétuellement sous le feu des bataillons nazis du gouvernement de Kiev.

Il est vrai qu’il aurait fallu être un fin diplomate pour amener à la table des négociations le président ukrainien notoirement adepte de drogues dures qui ne connait qu’une chose détourner les aides occidentales et revendre les armes venues de tous les pays européens à des trafiquants internationaux, l’Ukraine étant la plaque tournante de tous les trafics. La France s’est ridiculisée alors qu’elle avait encore quelque pouvoir pour éviter l’opération spéciale russe. L’Allemagne ne veut pas déplaire à son protecteur depuis 75 ans, elle a accepté de laisser non fonctionnel le gazoduc Nord-Stream-2 au péril de la totalité de son économie. Ces deux pays sont des fauteurs de guerre et avec la mentalité totalitaire de Macron qui veut tout diriger la situation ne pourra que se dégrader. Quoiqu’il arrive je suis très pessimiste pour mon pays natal et surtout pour mes enfants et petits-enfants. Vu du Japon ce pessimisme est exacerbé.

Aux dernières nouvelles 50 officiers français seraient pris comme des rats dans les souterrains de l’usine Azovstal de Marioupol en Ukraine. Je ne savais pas que la France était en guerre contre la Russie (source : Ministère des Affaires étrangères de Turquie).

Je suis complotiste – épisode 1 : Marioupol

Je débute une série de courts billets qui démontrent que je suis complotiste, en d’autres termes que je ne suis pas du tout d’accord avec la doxa dont tous les téléspectateurs et lecteurs sont gavés telles des oies à qui on enfonce un entonnoir pour qu’elles deviennent tellement grasses que leur foie servira à satisfaire les gastronomes. Ces billets seront documentés par une vidéo trouvée sur internet puisque des textes arides sans illustration ne sont pas vendeurs malgré le fait que mon blog ne me rapporte pas un seul centime d’euro mais au contraire me coûte mon inscription annuelle.

Mon premier exemple de type complotiste concerne le théâtre de de Marioupol, ville sur le point d’être totalement nettoyée de la vermine nazie ukrainienne dont la mission est d’exterminer les russophones qui peuplent la partie est de leur pays. La presse occidentale aux ordres de Washington relate les évènements de Marioupol en les regardant en quelque sorte dans un miroir. L’explosion du théatre de Marioupol aurait été due à un bombardement par l’armée russe (d’occupation) et le nombre de morts, civils incluant des enfants, aurait été de 300. Un fausse nouvelle comme vous pourrez le constater en regardant le commentaire de Michel Collon :

https://www.investigaction.net/fr/theatre-de-marioupol-une-mise-en-scene-le-mediamensonge-du-jour/

Plus d’infos qui ne sont pas reprises par la presse occidentale …

À propos de l’opération russe en Ukraine :

https://crowdbunker.com/v/gdMYUfGPsS

Et d’autres points de vue :

ou encore ceci : https://www.donbass-insider.com/fr/2022/03/20/donbass-les-civils-evacuent-marioupol-et-revelent-les-methodes-de-combat-des-neo-nazis-du-regiment-azov/ et enfin :

Les pays occidentaux se sont enfoncés dans le déni et la plus extrême propagande anti-russe, changeant le nom d’un lycée portant celui de Soljenitsyne aussi incroyable que cela puisse paraître, interdisant la présence de tout athlète ou tout artiste sur le sol de quel pays occidental que ce soit, et enfin bloquant ou gelant (comme vous voudrez) les avoirs de personnes physiques russes mais plus inquiétant encore les avoirs de la banque centrale russe.

L’explication est simple. Alors que ce sont les pays occidentaux qui ont créé la situation actuelle en Ukraine après les évènements de Maïdan et mis en place un président lourdement imprégné d’idéologie néo-nazie, ces mêmes pays occidentaux ont financé et armé des groupes ouvertement nazis qui se sont incorporés à l’armée ukrainienne pour en finir avec les populations russophones du Donbass, comprenez pour harceler jusqu’à ce que mort s’en suive des populations civiles dont la seule erreur était de parler russe. Poroshenko, le président ukrainien mis en place par les Américains, avait déclaré en 2015 que ces russophones étaient des sous-hommes qu’il fallait les éliminer. La journaliste Anne-Laure Bonnel a réalisé plusieurs films au sujet de la situation dans le Donbass en 2015 et un autre film plus récent dans ce même Donbass. Ils ont été censurés. C’est dire à quel point l’Occident se sent vraiment très mal dans cette histoire.

Pour l’opinion occidentale ce ne sont pas les commandos néo-nazis ukrainiens qui bombardent et tuent des civils russophones mais les Russes ! Poutine est un ogre mangeur d’enfants, il doit être éliminé. Il ne faut plus acheter ni pétrole ni gaz russe pour mettre l’économie russe à genoux. Poutine est atteint de sclérose en plaque et il devient fou. La propagande occidentale organisée par l’OTAN et les Etats-Unis a atteint un tel degré d’intensité qu’elle constitue une explication nette de l’échec de l’Occident dans son projet d’intégration de l’Ukraine dans cette organisation criminelle qu’est l’OTAN. Les Occidentaux vont payer très cher leurs mensonges …Autres liens : https://www.youtube.com/watch?v=rDcISXdWhkc&ab_channel=Maisonrussedessciencesetdelaculture%C3%A0Paris

Ukraine : l’Occident et le reste du monde

Article de Régis de Castelnau paru sur son site Vu du Droit le 18 mars de cette année et que je me suis permis de « rebloguer » comme on dit.

La réaction de l’Occident à l’invasion russe en Ukraine est finalement, dans sa version française, un symptôme assez accablant de l’état dans lequel nous nous trouvons. Le furieux délire guerrier qui s’est emparé des élites françaises, couplé à leur occidentalisme indécrottable les empêche d’accéder au réel et de faire l’effort d’une analyse qui permettrait de s’abstraire des biais qui nous donnent de la réalité l’image de ce que nous voudrions qu’elle soit. C’est-à-dire en bon français de prendre ses désirs pour des réalités.

Il existe un précédent, permettant de se livrer à des comparaisons. Celui de l’invasion soviétique de l’Afghanistan en décembre 1979. Nourris d’antisoviétisme et d’anticommunisme, les débats dans notre pays avaient fait rage. Ce fut un affrontement politique particulièrement dur. Pour en avoir un souvenir très précis, je peux témoigner que jamais notre pays ne bascula dans de tels excès. Ce n’est pas bon signe pour ce que nous sommes devenus.

Délires guerriers
Une mention particulière pour la partie petite-bourgeoise du bloc élitaire. Qui, de BHL à Brice Couturier en passant par Xavier Gorce, Raphaël Glucksmann, Daniel Cohn-Bendit, Luc Ferry , Patrick Cohen, François Berléand, et autres Jean-Michel Apathie s’était signalée au moment des gilets jaunes par un mépris social haineux parfaitement écœurant. Mais qui en fait ne faisait que refléter l’opinion des couches auxquelles ils appartiennent. La violence de la répression judiciaire de ce mouvement social menée par une magistrature appartenant aux mêmes couches sociologiques en fut la preuve douloureuse pour les éborgnés et les embastillés.

Ces petits-bourgeois sont les premiers porteurs du spasme délirant qui a saisi notre pays depuis l’agression russe. Qui les amène à dire n’importe quoi, à prendre toutes les propagandes inévitables en temps de guerre, pour des vérités révélées. À transformer en héros des aigrefins douteux et corrompus. À pérorer sur le sort des armes, munis de leur ignorance totale des questions militaires. À afficher un délire guerrier généreux du sang des autres en hurlant à la trahison de ceux qui appellent à la raison et militent pour la cessation des combats. Révélant d’ailleurs leur lâcheté morale puisqu’ils furent muets lorsque l’Occident fit bien pire. Et dévoilant avec l’argument, selon lequel on peut bombarder des Arabes mais pas des blancs, un racisme dont on constate qu’il ne demandait qu’à s’exprimer. Arrivant ainsi à donner raison à Aimé Césaire disant à propos de la Shoah : « au fond, ce que le bourgeois ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme… c’est le crime contre l’homme blanc. »

Et malheureusement la pulsion à laquelle nous assistons aujourd’hui témoigne de cet effondrement du niveau des élites occidentales en général, et françaises en particulier qui ne font même plus l’effort de donner le change.

La question militaire

Il ne s’agit pas ici de réfuter ou même de discuter des informations invérifiables mais d’essayer de comprendre ce qui se passe à propos d’une opération militaire qui nous a tous surpris dans son principe et dans ses modalités. Et qui surtout, est organisée sous ce que les Russes appellent la « maskirovska », c’est-à-dire le fait de masquer le mieux possible ses réelles intentions.

Lorsque l’on regarde les cartes de la situation militaire en Ukraine que l’on trouve sur Internet, il y a quand même un élément qui saute aux yeux. Quelle que soit la temporalité des opérations, l’idée d’un enveloppement complet de l’est ukrainien semble s’imposer. Avec une claire volonté d’enfermer dans des « chaudrons » les forces ukrainiennes qui étaient essentiellement rassemblées face aux séparatistes du Donbass. La maîtrise du ciel rendant leur ravitaillement ou leur dégagement matériellement impossible. Alors on nous a parlé de « blitzkrieg » raté, ce qui s’agissant des Russes est une absurdité. Depuis la guerre civile d’après la révolution d’octobre la pensée militaire russe a conçu une discipline appelée « art opératif », concept qu’il serait trop long d’expliciter ici mais que schématiquement on peut présenter comme le niveau d’articulation entre la stratégie qui définit les objectifs de la politique continuée par la guerre, et la tactique qui met en œuvre les opérations. Là encore « l’occidentalisme » dans les têtes, y compris celles des militaires, a joué son rôle. Que n’a-t-on entendu les ignorants et les propagandistes, nous dire que l’armée russe était enlisée, les officiers russes nuls, leurs soldats des pleutres qui désertaient ou se rendaient en masse. Le tout assorti d’une héroïsation des défenseurs ukrainiens, accompagnée d’accusations sur les atrocités que commettraient naturellement les moujiks. Que dire des bilans avancés, comme autant de rodomontades incompatibles avec la guerre telle qu’elle se déroule, c’est-à-dire les puissances de feu mobilisées de part et d’autre. Les villes sont très peu endommagées, et dans les campagnes les blindés russes circulent sur les routes ! Les analystes sérieux, y compris américains, considèrent qu’une fois réalisé le premier choc permettant de décapiter les moyens techniques du commandement ukrainien, et de clouer au sol son aviation, les Russes ont avancé avec des consignes d’engagement du feu très strictes. Afin de limiter les pertes parmi la population civile et les destructions inutiles des infrastructures routières, urbaines et vitales comme les centrales électriques. Cela ne rend pas la guerre plus morale et justifiée, mais l’idée semble être de contrôler l’est ukrainien, l’Ukraine utile, en lui conservant ses capacités économiques et agricoles. Cette prudence explique de probables échecs tactiques mais qui dans la conception russe de l’art opératif ont une importance secondaire. Au contraire de la pensée occidentale avec sa névrose de la bataille décisive.

Prétendre comme l’a fait notre inepte ministre de la défense que « l’Ukraine pouvait gagner militairement » n’a aucun sens. Il semble inévitable que sur un strict plan militaire le sort de l’armée ukrainienne soit scellé. Et les vrais spécialistes qui s’efforcent à l’objectivité prévoient son effondrement prochain. La question est donc redevenue directement politique.

Attention aux réveils douloureux

Nous avons dit dans ces colonnes qu’après la chute de l’Union soviétique considérée comme une victoire, la volonté américaine de mettre en place un nouvel ordre international qui lui soit totalement subordonné, était à l’origine directe de la guerre en Ukraine. Si cet événement donne bien sûr le signal du déclenchement d’une nouvelle guerre froide, il lance peut-être aussi le processus de la fin de la domination occidentale sur le monde.

La prise de conscience du rapport de force militaire en Ukraine, et de l’impossibilité pour l’OTAN d’intervenir sans déclencher l’apocalypse, a réactivé la bonne vieille kremlinologie. Bien sûr Poutine est pire qu’Hitler, il va être renversé par un coup d’État, les militaires vont se révolter, le peuple va lancer une insurrection, et autres conjectures fantaisistes toutes marquées par l’incapacité à déchausser ses lunettes occidentales. Et bien sûr tout le monde espère que les sanctions économiques vont asphyxier la Russie et pousser son peuple à la révolte, en provoquant son isolement politique et moral sur l’ensemble de la planète.

Histoire de redevenir sérieux, on se permettra quelques observations sur ces sanctions. L’UE a immédiatement exécuté les ordres américains en refusant de prendre en compte l’évidence des dégâts en retour sur les économies européennes. Qui provoqueront nécessairement des troubles sociaux majeurs. De ce point de vue les États-Unis sont beaucoup plus tranquilles. Les discours qui prétendent que l’OTAN va sortir renforcé de la crise et que l’UE ne s’est jamais mieux porté, sont des plaisanteries. L’Alliance militaire atlantiste vient de faire une nouvelle démonstration, qu’elle était parfaitement capable de mettre le bazar partout, avant de lâcher ses amis et ses alliés en rase campagne. De leur côté les Allemands ont parfaitement vu l’ouverture et pris la décision de se réarmer, c’est-à-dire de flanquer leur domination économique, d’une domination militaire. Désolé, mais l’Histoire nous apprend que la situation ainsi créée peut provoquer des déséquilibres dangereux. Nous serions avisés d’avoir la mémoire de la façon dont ce genre de choses s’est déjà terminé à plusieurs reprises au siècle dernier. D’ailleurs le premier geste déloyal de notre cher partenaire de l’UE a été d’acheter des F35 américains au lieu et place des Rafales. On pourra ajouter aussi la mise en avant des pays illibéraux que l’on sanctionnait à tout-va il y a encore quelques semaines comme la Pologne, la Tchéquie ou la Hongrie. Que l’on traitera à nouveau en parias à la première occasion.

Et puis surtout cette façon de se gargariser à propos de l’isolement russe dans le monde finit par être le signe d’un aveuglement complet. À l’ONU, le vote de la condamnation de l’invasion russe, incontestable violation du droit international, a permis de bien évaluer les rapports de force. Il n’était pas possible bien sûr de la soutenir, mais les abstentions ont été quasiment majoritaires, en nombre de pays et de populations concernées. Les pays d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique, ravis de voir l’arrogance américaine ainsi que celle de ses domestiques européens mise en cause se sont déclarés « neutres ». On pense au Pakistan relais historique des États-Unis dans cette région, ou au Japon qui refuse d’appliquer les sanctions économiques. Ou encore à l’Arabie Saoudite qui accepte désormais de se faire payer son pétrole en yuan. Sur ce dernier point l’étude des cartes démontre que seules l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Australie, c’est-à-dire le monde occidental, vont appliquer ces fameuse sanctions.

Il y a enfin l’étonnante pulsion suicidaire qui consiste à complètement gripper la globalisation pourtant organisée sous impulsion occidentale. Violer ses propres règles, se permettre n’importe quoi au plan du droit, ne pourra que se retourner contre ces occidentaux qui jusqu’à présent en profitaient. Le dollar va être fragilisé en tant que monnaie de réserve, les circuits économiques vont être lourdement affectés et d’autres vont évidemment se mettre en place. Il est possible que l’on assiste à l’effondrement du droit des brevets et de la propriété intellectuelle devenus d’ailleurs une confiscation inédite du savoir par l’Occident. Et de façon générale à une altération profonde de la régulation juridique de la globalisation. Et il n’est vraiment pas sûr que cette insécurité qui s’installe soit de l’intérêt de l’Occident.

L’Occident et les Autres

Et ce d’autant que la construction d’un axe Chine/Russie, qui n’est certes pas une alliance militaire, constitue quand même un événement historique de portée considérable. L’Empire du milieu continuera à défendre ses intérêts, tout comme la Russie bien sûr. Mais ils viennent de s’accorder sur une analyse de la situation mondiale, et de prévoir leur coopération pour les 30 ans qui viennent. Tirant les conséquences du déclin de l’Amérique et de son comportement, ils affirment leur refus de sa prétention à rester le gendarme du monde. Depuis 30 ans les USA et leurs alliés se sont tout permis, utilisant souvent une violence sans bornes, en piétinant le droit et la morale. La Russie et la Chine viennent de dire clairement qu’elles ne l’accepteraient plus. Il est probable que l’agression russe en soit le premier signal.

Il s’est déroulé un événement que notre presse mainstream provincialiste a totalement ignoré malgré son importance. Le 4 février 2022, à trois semaines de l’invasion russe en Ukraine, Vladimir Poutine et Xi Jiping ont adopté une déclaration commune que tout le monde aurait dû lire attentivement. Cela aurait peut-être permis d’être moins surpris. Cette longue déclaration reproduit les analyses convergentes des deux parties sur la situation du monde et la coopération qu’elles entendent mettre en œuvre dans l’avenir.

Elle est précédée d’un préambule on ne peut plus clair qui se termine par ces mots :

« Certains acteurs, qui ne représentent qu’une minorité à l’échelle internationale, continuent de préconiser des approches unilatérales pour traiter les questions internationales et de recourir à la force ; ils s’immiscent dans les affaires intérieures d’autres États, portant atteinte à leurs droits et intérêts légitimes, et incitent aux contradictions, aux différences et à la confrontation, entravant ainsi le développement et le progrès de l’humanité, contre la volonté de la Communauté internationale. »

L’historienne Sophie Bessis avait publié il y a 20 ans un livre intitulé : « l’Occident et les autres » dans lequel elle analysait la façon dont l’Occident dominait le monde depuis le XVe siècle : « l’Occident gouverne le monde depuis si longtemps que sa suprématie lui paraît naturelle. Elle est à ce point constitutive de son identité collective qu’on peut parler d’une véritable culture, sur laquelle les Occidentaux continuent de construire leurs rapports avec l’Autre : rien ne semble ébranler durablement la conviction qu’ils ont de leur supériorité. »

Pour les Chinois et les Russes, la « Communauté internationale » visée dans le préambule de leur déclaration commune, n’est pas celle, réduite à l’Occident, dont on nous rebat les oreilles, et nous nous gargarisons. C’est une nouvelle qui émerge et qui refuse la gouvernance de ces « certains acteurs » dont nous savons très bien qui les Chinois et les Russes visent avec cette formule.

La mondialisation était vue et voulue par l’Occident comme la version la plus récente de sa domination. À l’inverse, les « Autres » la veulent aujourd’hui comme un facteur de redistribution des cartes économiques mondiales.

Nous ferions bien d’ouvrir les yeux.

Le lien entre le FMI et la crise ukrainienne

Note à l’intention de mes lecteurs. J’aurais volontiers changé le titre de cet article en par exemple « Le dessous des billets de 100 dollars » mais j’ai respecté celui de l’auteur (note en fin de billet).

Les préoccupations sécuritaires de la Russie, découlant de l’intention de l’Ukraine d’intégrer l’OTAN, ont été largement débattues dans les médias. Mais le lien du Fond monétaire international (FMI) avec l’Ukraine, qui est une question parallèle, n’a guère retenu l’attention. Le FMI, comme on le sait, « ouvre » les économies du monde entier à la pénétration du capital des puissances occidentales en rendant ces économies favorables aux investisseurs (investor-friendly) par l’adoption d’une série de mesures austères anti-populaires. Cette « ouverture » implique généralement l’appropriation des ressources naturelles des pays et de leurs terres par ce capital occidental. Le mécanisme que le FMI utilise généralement à cette fin consiste à imposer des « conditionnalités » aux pays qui ont besoin de soutenir leur balance des paiements en échange de prêts.

Toutefois, outre ce rôle général joué par le FMI, il arrive qu’il joue un rôle spécifique, à savoir celui de soutenir les objectifs de guerre froide du gouvernement américain. Et dans le cas de l’Ukraine, il a joué ce rôle spécifique presque dès le début, en dehors de son rôle général d’ouverture de l’économie ukrainienne aux capitaux occidentaux.

Avant 2014, alors que Viktor Ianoukovitch était le président de l’Ukraine, son pays avait entamé des négociations avec le FMI dans le cadre de son intégration commerciale à l’Union européenne. Le FMI avait demandé à l’Ukraine d’entreprendre un certain nombre de « réformes » : réduire les salaires, « réformer » et « réduire » les secteurs de la santé et de l’éducation, qui étaient en Ukraine de grands secteurs générateurs d’emplois, et réduire la subvention sur le gaz naturel qui était fournie par l’État à tous les citoyens ukrainiens et leur assurait une énergie à un prix abordable1. Réticent à mettre en œuvre ces « réformes » qui auraient imposé un lourd fardeau à la population, le président Ianoukovitch a mis fin aux négociations avec le FMI et en a entamée d’autres avec la Russie.

Ce fut son « crime » impardonnable. Rompre les négociations avec le FMI revenait à échapper à l’hégémonie non seulement du capital international qui entendait imposer un régime néolibéral, mais aussi des puissances impérialistes occidentales, en particulier les États-Unis, et donc l’OTAN. En d’autres termes, l’OTAN et le FMI n’étaient pas considérés comme des organisations distinctes, chacune travaillant dans sa propre sphère d’activité, avec son propre objectif, mais comme des organisations ayant des objectifs similaires et se chevauchant. Les États-Unis, irrités par la témérité de M. Ianoukovitch qui se tournait vers la Russie plutôt que vers le FMI, décidèrent de limiter les « dégâts » : le président ukrainien fut renversé par un coup d’État parrainé par les États-Unis, mené avec l’aide des éléments ukrainiens nazis qui se retrouvèrent à l’avant-garde des manifestations anti-Ianoukovitch précédent le coup d’État. Ces éléments ont depuis été officiellement incorporés dans l’armée ukrainienne avec l’inclusion dans celle-ci du bataillon Azov, une unité militaire d’infanterie d’extrême droite, entièrement composée de volontaires, qui faisait auparavant partie de la réserve militaire de la Garde nationale ukrainienne.

Le gouvernement arrivé au pouvoir après le coup d’État de 2014 reprit les négociations avec l’Union européenne, en échange de quoi il obtint un engagement de prêt de 27 milliards de dollars de la part du FMI après avoir montré ses « bonnes intentions » en réduisant de moitié la subvention sur le gaz accordée aux citoyens. Ce prêt présentait plusieurs caractéristiques notables : premièrement, il était énorme, beaucoup plus important (en fait plus de six fois) que ce que le FMI accorderait normalement dans une situation comparable ; deuxièmement, il a été accordé à un pays en pleine guerre civile (comme l’Ukraine l’était alors), ce qui va à l’encontre des pratiques habituelles du FMI ; et, troisièmement, on savait dès le départ que le prêt ne pourrait pas être remboursé, de sorte que le seul moyen par lequel on chercherait à le rembourser serait la prise de contrôle par le capital occidental des terres et de leurs ressources naturelles (dont la plus importante est le gaz naturel).

Les opérations du FMI en Ukraine en 2014 font donc ressortir non seulement l’aspect typique de sa politique, qui consiste à ouvrir l’économie au capital occidental, mais aussi un aspect supplémentaire, à savoir une aide aux objectifs de la guerre froide américaine. L’objectif consistant à ouvrir les marchés, la terre et les ressources naturelles de l’Ukraine au capital occidental aurait pu être atteint en 2014 même avec un prêt beaucoup plus petit du FMI. Mais la taille extraordinaire du prêt qui fut alors accordé souligne le lien entre l’administration américaine (qui veut intégrer l’Ukraine dans son orbite), les oligarques ukrainiens (qui veulent sortir leur richesse du pays en dollars ou en euros), le gouvernement post-coup d’État (qui doit organiser tous ces transferts) et le FMI (qui doit payer la facture).

Aujourd’hui, à la suite de l’invasion par la Russie, l’Ukraine a de nouveau demandé l’aide du FMI, et l’actuelle directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a recommandé au conseil d’administration du FMI d’apporter cette aide. Le montant exact de l’aide et l’objectif pour lequel elle est demandée ne sont pas encore clairs, mais une chose reste certaine : une fois que la crise actuelle aura pris fin dans cette région, quelle que soit la forme que prendra cette résolution, l’Ukraine deviendra une deuxième Grèce en Europe. Dans le cas de la Grèce également, le prêt du FMI était beaucoup plus important que ceux qui sont habituellement accordés par cette organisation. La plus grande partie de ce prêt était destinée à garantir que les banques européennes qui avaient prêté à la Grèce puissent récupérer leur argent. Aujourd’hui, la Grèce est prise dans l’étau de la dette perpétuelle.

Il s’ensuit que le FMI a beaucoup changé depuis sa création. Lorsqu’il a été créé à Bretton Woods en 1944, il faisait partie d’un système international fondé sur la poursuite d’une stratégie économique dirigiste. En fait, John Maynard Keynes, l’économiste britannique partisan d’une intervention dirigiste, ainsi que Harry Dexter White, le représentant américain, furent les principaux artisans de ce régime international. Alors que chaque pays imposait et continuait d’imposer des contrôles des échanges et des capitaux, si un problème de balance des paiements survenait dans un pays donné, celui-ci pouvait emprunter au FMI afin de « stabiliser » sa propre économie. À partir de là, le FMI s’est transformé en promoteur de l’« ajustement structurel », ne se contentant pas d’accorder des prêts pour résoudre les problèmes transitoires de balance des paiements (jusqu’à ce que l’économie présentant un déficit de la balance des paiements se soit « stabilisée »), mais en promouvant en fait un régime néolibéral, à savoir un ensemble de politiques impliquant le démantèlement de tous les contrôles des échanges et des capitaux, la privatisation des actifs du secteur public, l’introduction de la « flexibilité du marché du travail » (ce qui signifie attaquer les syndicats).

De facilitateur d’un régime dirigiste, le FMI est devenu un destructeur du régime « dirigiste » et un instrument d’introduction d’un régime néolibéral. Il est devenu un instrument aux mains du capital financier international, permettant sa pénétration dans tous les coins du monde. Mais il n’est pas seulement un instrument du capital financier international ; il sert également d’instrument aux puissances occidentales dominantes qui soutiennent ce capital. Tout en défendant les intérêts du capital financier international, le FMI s’intègre dans l’ensemble de l’appareil coercitif de ces puissances occidentales.

Le combat de Poutine n’est en aucun cas un combat contre l’hégémonie du capital financier international. Il n’est pas un socialiste menant une bataille idéologique contre la soumission d’un pays voisin à une organisation qui agit dans l’intérêt du capital financier international. Ses préoccupations ne concernent que la sécurité de la Russie et se limitent à ce que son pays ne soit pas encerclé par l’OTAN. Et sa proposition d’aide à Ianoukovitch à la place de l’« assistance » du FMI en 2014 n’a été faite que pour cette raison. En d’autres termes, il ne s’intéresse qu’au rôle du FMI en tant que promoteur des intérêts géostratégiques américains, et non au rôle du FMI en tant que promoteur du néolibéralisme en général. En fait, l’inégalité flagrante et même la misère absolue qu’engendre un régime néolibéral ne sont pas très éloignées de ce que Poutine lui-même a « réalisé ».

Source : article originellement paru sur le site Peoples Democracy via la version en français du site Arrêt sur Info qui a été censuré. Auteur : Prabhat Patnaik, économiste indien de tendance marxiste, chroniqueur et essayiste, ancien professeur d’économie à l’Université Nehru de New-Delhi.

Insupportable mais vrai : l’Europe et les Etats-Unis ont oublié les évènements de Yougoslavie

Alors que les pays occidentaux ont atteint le paroxysme du mensonge au sujet de la remise en ordre de l’Ukraine par la Russie, invasion selon les pays occidentaux, pour faire une véritable opération de police dans les régions russophones bombardées tous les jours par les forces armées gouvernementales ukrainiennes depuis 2014. Si l’Organisation des Nations-Unies avait depuis les évènements de Maïdan rempli leur devoir des casques bleus auraient été envoyés dans l’est de l’Ukraine … mais on ne sait plus trop quand l’ONU a pris ces dix dernières années une telle décision et où ces fameux casques bleus se sont déployés.

Certainement pas dans l’ancienne Yougoslavie, beaucoup plus près de Paris ou Milan que l’Ukraine, puisque l’OTAN, principal acteur de cette guerre, n’en voulait pas. Les forces otaniennes ont bombardé la Serbie pendant 78 jours après avoir accusé les dirigeants serbes de crimes de guerre sous le prétexte fallacieux que les Serbes se livraient à des activités génocidaires dans la province du Kosovo. Constatant que le pouvoir central de Belgrade était attaqué frontalement toutes les provinces revendiquèrent leur indépendance mais dans la réalité il se passait au Kosovo un véritable génocide à l’égard des Slaves organisé et financé par l’Albanie et et soutenu par l’OTAN. Cette ex-sous-province de la Serbie était peuplée de musulmans et de chrétiens orthodoxes et ils ne parlaient pas la même langue. Tous les Slaves ont fui vers la Serbie (ceux qui n’ont pas été exterminés), les églises détruites ou transformées en mosquées. Et encore aujourd’hui il n’est pas apprécié de parler de la guerre de la Yougoslavie car les pays européens n’ont toujours pas pu laver leur conscience de leur fautes criminelles.

Le parallèle entre le Kosovo et le Donbas est évident. Dans le cas de la Yougoslavie l’OTAN est intervenue directement mais dans le cas du Donbas elle n’est intervenue qu’indirectement en finançant, entrainant et équipant l’armée ukrainienne pour provoquer un génocide des russophones du sud et de l’est du pays. Pour se faire une bonne réputation l’OTAN a traduit divers dirigeants serbes devant la Cour Internationale de Justice pour génocide et crimes de guerre. Aujourd’hui encore l’Occident refuse de reconnaître la réalité et ne pense qu’à ses intérêts, encouragé en cela par les Etats-Unis. Il est tout à fait incroyable de constater le peu de mémoire dont font preuve les Etats européens. Les Slaves étaient considérés comme des sous-hommes par Hitler, un argument repris par les commandos nazis Azov et l’Occident ne dit rien et pire encore supporte matériellement ces nazis.

L’Europe est revenue en 1940 mais en regardant dans un miroir déformant. Plus personne ne parle de l’agression de la Serbie par les forces de l’OTAN et tous les pays de l’Union européenne sont coupables des bombardements des villes serbes dont surtout Belgrade. Je vais bientôt quitter l’Europe définitivement pour finir ma vie au Japon sans aucun regret. Ce qui se passe en Europe au sujet des évènements d’Ukraine est une marque de dégénérescence profonde du mental des peuples transmise par les dirigeants politiques, le coronavirus avait déjà porté un grand coup à la faculté de discernement des populations mais les évènements d’Ukraine ont vraiment achevé la dignité de tous les peuples d’Europe occidentale. 

L’Occident est tombé bien bas …

Outre les sanctions décidées par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et moins véhémentement d’autres Etats européens à l’encontre de la Russie il y a maintenant la chaine d’information et de télévision RT qui est censurée. Selon la Charte des Nations-Unies toute sanction émanant d’un pays à l’encontre d’un autre pays doit être approuvée par le Conseil de Sécurité de l’ONU. Par conséquent les Etats-Unis violent cette Charte allègrement comme également la Grande-Bretagne. Les exemples sont multiples, inutile d’en écrire une liste ici. Quant à la censure depuis deux ans de pandémie coronavirale de nombreux médias en ont fait les frais. Il ne fallait pas parler d’hydroxychloroquine ni d’Ivermectine au risque d’être censuré.

Je disais hier au seul ami que j’ai encore ici à Tenerife qu’à propos des évènements d’Ukraine lorsque toutes les chaines de télévision et de radio tiennent le même discours on peut se poser quelque question : on dit communément « il y a un lézard » comme ce qui se passe pour le « réchauffement climatique », l’écologie et l’environnement. C’est exactement ce à quoi on a pu assister depuis la « révolution » de Maïdan entièrement fomentée par la CIA. L’OTAN a armé les commandos Azov pour tuer le maximum de russophones à l’est de l’Ukraine comme le fit l’Allemagne nazie avec les juifs et les slaves. Les Occidentaux ont prétendu unanimement qu’il s’agissait d’infiltrations russes et que les Russes alimentaient une guerre larvée contre l’Ukraine. Les positions occidentales se sont durcies quand la population de la Crimée a décidé de son rattachement à la « mère patrie » après une consultation populaire à laquelle la Russie n’a pas participé. Zelinski, le « pantin à roulettes » pour reprendre une fameuse expression de H16, a pris contact avec le Président Vladimir Poutine. Ce dernier a été très clair : démilitarisation de l’Ukraine, dissolution des commandos nazis Azov, neutralité de l’Ukraine et formation d’un Etat fédéral. Impossible de savoir si cet ancien bateleur a compris le message et s’il connait au moins la Suisse, un Etat fédéral neutre qui compose avec quatre langues et au moins deux religions, le protestantisme et le catholicisme.

À mon humble avis personnel Poutine ordonnera rapidement à ses troupes de quitter le pays tout en laissant des observateurs que les Nations-Unies, si cet organisme servait encore à quelque chose, auraient mieux fait d’envoyer il a de nombreuses années. Puis la Russie pourra oeuvrer pour une dissolution de l’OTAN qui est un organisme nuisible et criminel, c’est toujours mon opinion personnelle.

J’ai montré cette photo à mon ami français hier après-midi. On y voit le drapeau rouge et blanc avec la croix gammée (swastika), la bannière des commandos Azov avec l’insigne de la Schutzstaffel et les couleurs de la bannière de l’Ukraine, dédoublé sur les uniformes de la Waffen SS, et, insulte pour l’OTAN, la bannière de cet organisme, encore que ça se discute car les commandos Azov semblent considérer que l’OTAN pourrait bien être aussi une organisation nazie. C’est naturellement oublier que les Britanniques, les Américains et les Russes ont combattu le nazisme lors de la seconde guerre mondiale mais seuls les Russes qui ont perdu plus de 20 millions de combattants contre l’Allemagne nazie se sont souvenu et ont compris que ce régime ukrainien ultra-violent était insupportable à leur porte. Belle analyse des Occidentaux qui nient en bloc la réalité de la situation ! Cette photo dont l’authenticité pourrait être mise en doute résume tout.

Note. Après avoir rédigé ce billet j’ai découvert ce matin cet entretien avec Emmanuel Leroy :https://www.francesoir.fr/videos-les-debriefings/emmanuel-leroy

Les exactions répétées de l’OTAN … jusqu’à l’Ukraine

En raison de l’évolution des évènements je tenais à mettre en ligne ce billet écrit il y a plus de deux jours. Je ne suis donc pas certain d’assurer ma fidélité ce vendredi.

Entre les mois de mars 1998 et juin 2020 l’OTAN a abondamment bombardé la Serbie qui tentait de mettre fin à des exactions des Albanais du Kosovo sur le territoire de ce qui était encore la Yougoslavie. Cette agression sans mandat de l’ONU fut applaudie par les démocraties occidentales. L’intervention de l’OTAN n’entrait pas dans le cadre de sa mission puisqu’il s’agissait d’évènements d’ordre civil qui ne la concernaient pas. Depuis 2011 la coalition occidentale s’est efforcé d’alimenter une guerre civile par djihadistes interposés financés par l’Occident pour tenter de mettre à genou le régime légitimement au pouvoir à Damas en Syrie sans aucun mandat des Nations-Unies. Cette guerre civile dure toujours et après une litanie de mensonges, la spécialité des Anglais et des Américains, la situation semble stabilisée mais reste très fragile. Il faudra que le gouvernement de Damas attende encore pour retrouver ses frontières originelles. Qu’est-ce que l’OTAN avait à faire dans ce conflit ? Enfin l’intervention, encore une fois de l’OTAN, en Libye est exemplaire. Sous le prétexte fallacieux d’un conflit potentiellement meurtrier entre des dissidents opposés au régime en place dénoncé par BHL, le grand analyste géopolitique que tous les Français connaissent, une coalition franco-britannique avec le soutien des bases américaines situées dans le sud de l’Italie attaqua la Libye encore une fois sans aucun mandat des Nations-Unies. On connait ce qu’en fut le résultat.

Aujourd’hui la situation se répète en Ukraine. Après avoir fomenté un coup d’Etat à Kiev dont le souvenir est la Révolution de Maïdan en février 2014 organisée par les services secrets britanniques et américains la situation dans ce pays n’a jamais cessé d’être perturbée. Le renversement du régime pro-russe de Kiev qui était à l’origine la raison d’être de cet événement a conduit la partie ukrainophone et catholique du pays à alimenter une guerre civile pour éradiquer les russophones de religion orthodoxe de l’est du pays. Les habitants de la péninsule de Crimée, péninsule qui abrite la très importante installation militaire russe de Sébastopol ont vite compris qu’ils devaient craindre une invasion des forces ukrainiennes néo-nazies et ils ont organisé une consultation populaire qui a conduit cette province à se rattacher à la Russie.

Les Occidentaux n’ont toujours pas compris qu’ils avaient mis le feu aux poudres en février 2014 dans un pays divisé entre les habitants de l’ouest et du centre du pays et les russophones de l’est, essentiellement du Donbas. L’armée ukrainienne n’a jamais cessé de bombarder les villages et les villes de cette région. Le sort de la Crimée, sans cette consultation populaire et son rattachement à la Russie, aurait été identique. Comme en Yougoslavie, comme en Syrie et comme en Libye il s’agit de guerres civiles. Le cas du conflit en Arménie est exemplaire de la mauvaise foi de l’OTAN et plus généralement des Occidentaux. Bien que chrétiens les Arméniens ont été attaqués par l’Azerbaïdjan et la Turquie. Il est vrai que l’Arménie ne se situait pas dans le rayon d’action de cette organisation militaire agressive mais il a fallu l’intervention de la Russie pour mettre fin à ce conflit ethnique et religieux. Les frontières de l’Arménie ont été modifiées puisque l’Azerbaïdjan a annexé une partie de l’Arménie sans que qui que ce soit en Europe occidentale s’en émeuve.

Alors, devant ces exactions peu glorieuses et répétées des membres de l’OTAN, Moscou a décidé d’agir pour protéger les populations russophones du Donbas et mettre un terme aux agressions des commandos néo-nazis de Kiev. Il est tout à fait remarquable de constater que les Occidentaux inversent la situation qui fut créée par les événement de Maïdan par eux-mêmes. Contrairement à ce que les médias répètent en boucle ce ne sont pas les russophones du Donbas qui bombardent les ukrainiens de l’ouest mais très exactement l’inverse. Le pouvoir russe a décidé de nettoyer l’abcès et de mettre ainsi fin à cette guerre civile qui dure depuis maintenant 8 ans. Jusqu’où ira la Russie ? Nul ne le sait pour l’instant. Mais en tout état de cause les sanctions infligées à la Russie seront contre-productives. Fermer la Russie à l’accès au système SWIFT n’aura aucune conséquence sur l’économie de la Russie mais sera lourde de conséquences pour des pays comme l’Allemagne. Qui plus est, confrontée à ces dures sanctions le Kremlin pourrait décider d’arrêter tout transit de gaz par le réseau ukrainien et éventuellement arrêter celui de Nord-Stream-1, pourquoi pas ? Les Américains ne diront rien puisque ce sera tout bénéfice pour eux. Mais ce sera vite la panique totale en Europe occidentale : chacun récolte les graines qu’il a semé … Cette vidéo à voir absolument :https://www.youtube.com/watch?v=Qv1-s0IYHeE&ab_channel=SudRadio

Note. Plus personne ne parle du vol MH17 qui, selon la réthorique occidentale, fut imputé aux forces du Donbas pro-russes sans aucun commencement de preuve. Encore une fois les Occidentaux, Néerlandais compris, se sont ridiculisés car l’enjeu politique depuis le tout début de la Révolution de Maïdan était l’occupation, au sens littéral du terme, de l’Ukraine par l’OTAN pour menacer directement la Russie. J’ai écouté l’allocution de Biden ce soir et j’ai constaté que seules maintenant les sanctions financières et commerciales sont les armes qui restent aux USA pour contrecarrer les visées de la Russie. Comme Obama Biden est un « fils de pute ».