En France où passe tout ce pognon de fou ?

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J’ai noté sur un bout de papier diverses données relatives au budget de l’Etat français dont le poids représente 56 % du produit national brut, une notion contestable mais qui néanmoins donne une image de la réalité. Pendant des années, depuis le septennat de Giscard, ce sont les petits arrangements entre amis politiques qui se sont surajouté les uns après les autres pour former un système kafkaïen de passe-droit, d’avantages fiscaux, de facilités variées pour laisser circuler librement les capitaux, c’est du moins ce qu’affirmaient les politiciens. Simultanément la complexification du code du travail a figé la créativité des entrepreneurs et, ajoutant à ce code d’une complexité telle qu’aucun autre pays dans le monde oserait s’en inspirer, les mesures fiscales imposées aux entreprises découragent plus d’un citoyen de laisser libre cours à ses projets d’entrepreneur. L’ensemble de ces lois et décrets a conduit l’Etat français au bord du gouffre.

La dette de la France, toutes dettes confondues, hors dettes privées, des entreprises et des personnes physiques, mais incluant les dettes des entreprises publiques, des hôpitaux et des collectivités locales atteint 3,5 fois le montant du PIB : encore plus que celle du Japon, pays tant critiqué par de nombreux analystes économiques pour sa gestion. Peu de ces analystes dénoncent le montant monstrueux de la dette de l’Etat français. Et pourtant, tous ces petits arrangements de copinage accumulés avec les années qui devraient faire l’objet d’un audit détaillé et impartial montrent que les quelques centaines de niches fiscales organisées pour favoriser les uns ou les autres représentent un manque à gagner pour l’Etat français de 200 milliards d’euro chaque année. La corruption, le plus souvent organisée par les politiciens eux-mêmes, représente également 200 milliards perdus chaque année. Ce poste comprend les arrangements consentis par le ministère des finances pour les plus riches afin qu’ils protègent au mieux leur patrimoine considérant qu’ils sont utiles pour l’économie française, ce qui conduit tout naturellement à des évasions fiscales massives. Bref, il s’agit d’une collusion entre le monde politique et le monde financier puisque c’est ce dernier qui dirige le pays et non pas les élus.

À tous ces manques à gagner pour l’Etat il est également intéressant de se pencher sur les postes de dépense extravagants. La « politique de la famille » coûte globalement à l’Etat 300 milliards d’euros par an si on prend en compte les allocations familiales, les réductions d’impôt selon le nombre d’enfants, les allocations variées de rentrée scolaire ainsi que la prise en charge des visites prénatales et post-natales, sans oublier les congés accordés aux mères en partie à la charge de l’Etat. Le chiffre de 300 milliards est une estimation haute qui peut être contestée puisque les estimations varient entre 75 et 300 milliards. J’ai tout noté depuis plus d’un mois ! Et pourtant … le taux de natalité en France diminue régulièrement pour ne plus assurer le renouvellement de la population. Si on entre dans le détail il faut reconnaître que pour les Français « de souche » le taux de natalité est à peine de 1,4 enfant par femme féconde et le taux de natalité global de la France reste enviable pour des pays comme l’Espagne, l’Italie ou encore l’Allemagne car dans la population immigrée ancienne ou récente ce taux est très supérieur à 1,4 enfant par femme. En effet, avoir des enfants, beaucoup d’enfants, correspond en Afrique, du Maghreb au sud du Sahel à un capital, et en France à une rente : les immigrés d’Afrique ont importé leur concept de capital humain que représentait dans leur pays d’origine le fait d’avoir beaucoup d’enfants, plus de 4 par couple. Ce n’est pas moi qui l’affirme mais une des sources citées en fin de billet.

Et pour ne pas être en reste il faut ajouter deux postes à ce manque à gagner qui se monte déjà à plus de 200 milliards par an (on ne peut pas tout supprimer) : le coût de fonctionnement global de ce monde politique qui s’élève à 15 milliards par an, vous avez bien lu. Deux petits détails : le seul fonctionnement du Sénat coûte aux contribuables 1 milliard d’euros par an et celui de l’Elysée, il y a moins de rentiers à l’Elysée qu’au Sénat, seulement 105 millions d’euros par an ! Pour aggraver la situation l’administration, je n’ose pas dire toute l’administration mais seulement celle de la santé, accepte les yeux fermés ou sur ordre du gouvernement de laisser passer une fraude sur les retraites ou les soins de santé, fraude qui coûte aux contribuables 15 milliards d’euros par an. Au bas mot si le gouvernement acceptait qu’un bureau d’audit privé passe en revue l’ensemble des dépenses de l’Etat, un premier jet d’une telle intervention d’audit, si elle était prise en considération, ce qu’elle ne fait jamais avec les rapports de la Cour des Comptes, permettrait instantanément d’économiser au moins 430 milliards d’euros.

À ces économies l’audit des comptes publics qui est réclamé par un nombre croissant de citoyens pourrait se pencher sur les subventions accordées généreusement par l’Etat aux « associations à but non lucratif type loi de 1901 ». La grande majorité de ces associations est inutile voire néfaste. Mais encore une fois les lois sont ainsi faites pour encourager une autre forme de corruption légale car un grand nombre de ces associations représente un levier pour l’action des politiciens. Les estimations du montant des aides de l’Etat aux associations sont très vagues puisque certains analystes mentionnent seulement 10 milliards d’euros et d’autres jusqu’à 50 milliards par an. Quel est le montant exact des aides de l’Etat aux partis politiques et aux syndicats ? Nul ne le sait car il s’agit pour les premières de copinages sordides décidés depuis longtemps par ce même monde politique et pour les syndicats il s’agit d’acheter la paix sociale, on peut légitimement s’étonner.

Il y a donc des « mines » d’économies parfaitement exploitables pour équilibrer le budget de l’Etat qui ainsi pourra commencer à rembourser ses dettes plutôt que de léguer ce fardeau à nos petits-enfants. De plus toutes les « économies » réalisables – demain matin – permettraient de réduire substantiellement les impôts et autres taxes ou contributions car l’Etat français dans sa frénésie de taxations diverses ne fait qu’accélérer la paupérisation du petit peuple. Enfin, comme une cerise sur ce gâteau fiscal et tout ce pognon fou dépensé outrageusement, il ne faut pas oublier les taxes sur les carburants, l’électricité et le gaz qui ne servent qu’à défigurer la campagne française profonde avec d’énormes moulins à vent qui ne servent à rien. Ce sont des impôts déguisés en « contribution pour le sauvetage du climat ». On ne peut qu’être admiratif devant cette créativité à double sens des services financiers français. Mais si cette situation perdure il est certain que ça ne pourra que très mal se terminer …

Sources : par ordre alphabétique Patrick Artus, Philippe Béchade, Olivier Delamarche, Charles Gave, Jacques Sapir, Eric Zemmour, et bien d’autres analystes qui, raisonnablement, ne peuvent être taxés ni d’extrême gauche ni d’extrême droite.

Illustration. Fondation d’une éolienne dans la campagne française, voilà où passe par exemple tout de pognon fou …

Brèves.

Le prix de l’essence dans l’archipel des Canaries

Ici à Tenerife où j’ai choisi de vivre ma retraite paisiblement loin des frimas hivernaux et des chaleurs étouffantes estivales car le climat y est printanier toute l’année il se prépare une révolte type « gilets jaunes » et les premiers à manifester seront les chauffeurs de taxi. La situation des chauffeurs de taxi à Santa Cruz de Tenerife – je fais cette précision car il existe une autre ville dans l’île de La Palma également appelée Santa Cruz – est catastrophique. Il y a eu trop de licences accordées par la mairie au moment de la grande crise de 2008 pour combattre le chômage et tous ces hommes et femmes, endettés pendant des années pour rembourser leur banquier qui leur avait accordé un crédit pour acheter, qui une Prius, qui une Mercedes, et être promus chauffeurs de taxi, crèvent la faim car il y a trop de concurrence puisqu’il y a trop de taxis. J’avais un rendez-vous ce mercredi 8 janvier avec un médecin tôt le matin dans le centre de santé dont je dépends et j’ai choisi de faire appel à un taxi pour me conduire dans cet endroit situé à deux kilomètres et demi de mon domicile d’autant plus que le temps était exceptionnellement maussade.

Ayant tout de suite identifié que j’étais un Français en raison de mon accent le chauffeur entama la conversation et je répondis dans mon espagnol approximatif. Il me parla des « gilets jaunes » avec admiration. Et il m’avoua qu’ici, dans cette île paisible, la révolte couvait. Il me parla du prix du carburant et de l’augmentation programmée de son prix. Le gouvernement local a décidé que cette augmentation aurait lieu après la rentrée des classes en septembre prochain pour ne pas perturber la saison touristique. Le prix du super sans plomb va passer de un euro zéro cinq le litre à un euro cinquante.

Il avait déjà fait le calcul : 43 % d’augmentation ! Je lui ai expliqué que cette augmentation était le résultat des agissements des écologistes locaux qui ont obtenu la fermeture de la raffinerie de pétrole justement située à l’orée de la ville et qui existe depuis les années 1930 qui selon eux est polluante mais contribuait à une fiscalité très avantageuse pour tout l’archipel en ce qui concerne les carburants, ce que ces mêmes écologistes ont semblé oublier.

Mais j’ai ajouté que non seulement lui et collègues allaient souffrir de ces augmentations car il y aura aussi le gaz de pétrole pour les cuisines, le carburant pour les bateaux, le kérosène pour les avions qui augmenteront dans les mêmes proportions. Au final, dans l’archipel qui dépend largement d’importations tant de l’Espagne péninsulaire que de l’Europe, de l’Amérique du sud ou d’autres pays pour vivre tout va augmenter en conséquence puisque tous ces carburants étaient détaxés. En passant le long du port où il y a en permanence des plate-formes pétrolières en maintenance il m’a avoué (ce que je connaissais déjà) que le Maroc pompait du pétrole dans ses eaux territoriales. Je l’ai informé qu’il y avait aussi du pétrole au large des îles de Fuerteventura et de Lanzarote. Pourquoi alors avoir fermé cette raffinerie ?

En septembre prochain la situation pourrait bien être explosive ici aux Canaries et les écologistes locaux devront opter pour l’absentéisme et rester cachés chez eux. Mêmes causes et mêmes effets puisque l’élément qui a fait bondir les provinciaux français était une augmentation somme toute modeste des carburants en raison des idées stupides de ces même écologistes …

En France : le grand débat sur l’ « âge pivot » de départ à la retraite et les « régimes spéciaux ».

Juste deux exemples pour démontrer la stupidité de cet âge pivot qu’aux dernières nouvelles le gouvernement français aurait abandonné. Pourquoi, comme dans la plupart des pays de l’OCDE, le gouvernement français ne laisse-t-il pas le choix aux travailleurs, qu’ils soient employés d’une entreprise, leur propre employeur ou salariés de la fonction publique, prendre leur retraite quand ils le désirent. Pourquoi les fonctionnaires français veulent absolument légiférer sur tout ce qui concerne la vie des citoyens ? Qu’il y ait des régimes spéciaux, je veux bien, mais il faut tout de même rappeler l’origine par exemple des régimes spéciaux des agents roulants de la SNCF :

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Pour l’un de mes neveux, toute sa carrière a consisté à nettoyer les égouts de la ville de Lyon, c’est tout à fait normal qu’il ait profité de sa retraite à l’âge de 50 ans. Pour ce régime très spécial il n’y aura jamais, par décence, d’âge pivot et c’est bien normal ! A contrario l’autre exemple parle encore plus en ce qui concerne cet âge « pivot » : ma fille a commencé sa carrière à l’âge de 19 ans. Jusqu’à quel âge devra-t-elle travailler pour disposer de sa pleine retraite ? À 64 ans après avoir transpiré pendant 45 ans ? … Cette histoire de réforme des retraites françaises est stupide et pleine d’arrières pensées vraiment malsaines de la part du gouvernement français, d’autant plus que ces retraites sont, cerise sur le gâteau, taxées avec des impôts appellés pudiquement contributions (CSG) alors qu’il s’agit d’une deuxième imposition rétroactive sur le salaire perçu lors de la vie active, ce qui est parfaitement illégal en regard de la loi puisque quelle que soit cette retraite, système public ou retraite complémentaire, elle a été constituée à titre onéreux dans les deux cas. Je m’étonne d’ailleurs qu’aucun retraité ne s’émeuve de cette situation …

Illustration : Gabin dans le film « La bête humaine » de Jean Renoir

L’industrie nucléaire : un gâchis français

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Journaliste et ancien homme politique, Olivier Pichon regrette que les responsables politiques français délaissent l’énergie nucléaire. Un «fleuron hérité des Trente glorieuses» qui garantit selon lui l’indépendance et la puissance de la France.

La frivolité, c’est d’abord cette confusion médiatique qui s’accommode de toutes les contradictions : la voiture électrique est supposée écologique (et on ne parle pas du recyclage des batteries) mais celle-ci ne peut se passer du nucléaire, lequel est réputé non écologique, 69% des Français pensant que le nucléaire est producteur de CO2 ! Puis cela continue avec des fautes de politique industrielle, avec la bureaucratie, avec la corruption… Bref, nous sommes entrés dans une période de grande incertitude qui, outre les problèmes de hausse des tarifs (paie-t-on ici les erreurs de gestion ou le coût pharaonique des investissements ?) et leurs conséquences sociales, pose les questions de la gouvernance et de la souveraineté. Ce doute contemporain est exactement parallèle à la remise en cause du modèle français en général. Bilan énergétique français, une affaire de polytechniciens Selon Corinne Lepage, ministre de l’Environnement entre 1995 et 1997, «le nucléaire civil est le frère jumeau du nucléaire militaire, considéré par De Gaulle comme le véritable outil de l’indépendance nationale» (cité par Slate.fr, «Comment la France est devenue nucléaire (et nucléocrate)». La Commission PEON (Production d’électricité d’origine nucléaire), créée en 1955, va mettre au point la stratégie électronucléaire adoptée en 1973 par Pierre Messmer, Premier ministre de Georges Pompidou, dans un fameux discours à l’Assemblée nationale, deux mois après la guerre du Kippour et le quadruplement du prix du pétrole. Philippe Simonnot, dans son livre Les Nucléocrates publié en 1978, souligne : «Il y aura au total quinze « fonction publique » et parmi eux onze polytechniciens dont six du corps des Mines et quatre du corps des Ponts. Quant à la fonction privée, treize personnalités représentant tous les secteurs (Thomson, Péchiney, Alsthom, CGE, Babcock Wilcox, Framatome, Creusot Loire, etc.) parmi lesquelles neuf polytechniciens dont trois Mines et trois Ponts.» La stratégie du tout nucléaire est soutenue par ces grands corps d’Etat et par la classe politique, elle aussi largement issue de ce sérail. Les communistes se rallient à la perspective d’une création massive d’emplois publics. La CGT, liée à EDF qui lui reverse 1% de son chiffre d’affaires via le comité d’entreprise, approuve le plan. Aujourd’hui (chiffres de 2018), les 58 réacteurs du parc nucléaire ont produit 393,2 TW (un térawatt vaut 1000 gigawatts), la part du nucléaire dans le mix électrique s’élevant à 71,7 % de la production en France. Ce programme nucléaire avait le mérite de la clarté (sans jeu de mot). Mais c’était sans compter avec les verts, puis l’affaire Lauvergeon, la chute d’Areva, les difficultés de l’EPR et les mécomptes d’Alstom (que Politique magazine a évoqué), et les renoncements de l’Etat stratège. Le temps du doute et de l’incohérence de l’Etat L’indépendance énergétique et le centralisme technocratique de l’Etat ne seront pas abandonnés par la gauche arrivée au pouvoir en 1981, même si elle stoppe la construction de la centrale de Plogoff face à l’ampleur des manifestations. Mais la première faille du système apparaît sous Jospin, Premier ministre du «gaulliste» Chirac. La fermeture de la centrale de Creys-Malville, en 1998, s’apparente à un suicide économique et technologique. Madame Voynet, alors ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement, a une responsabilité considérable dans cette affaire. L’origine de la décision politique de l’arrêt définitif du réacteur nucléaire Superphénix de la centrale de Creys-Malville est un incident mineur qui donna lieu à un emballement médiatique faisant la part belle aux écologistes. Ce remarquable surgénérateur, unique au monde, sera finalement sacrifié sur l’autel de la «majorité plurielle» arrivée au pouvoir en juin 1997 après la dissolution de l’Assemblée nationale par Chirac. Le chantier était achevé et le combustible, déjà fabriqué, pouvait produire 30 milliards de kWh (30 TWh). Un gâchis de grande dimension comme seul l’Etat est capable d’en faire. Dans le même temps, ce réacteur aurait pu participer à peu de frais à la recherche sur la réutilisation des déchets radioactifs de haute activité (le plutonium est extrait des combustibles nucléaires usés) et à longue durée prévue par la loi de décembre 1991 sur les déchets nucléaires. Une faute financière, technologique et sociale d’une ampleur sans précédent. Puis ce fut le problème Areva : pertes abyssales, programmes industriels aux apparences hasardeuses (Finlande), scandale et corruption (UraMin)… L’équipementier nucléaire s’était engagé dans des investissements réalisés entre 2007 et 2010 qui représentaient plus de quatre fois la capacité d’autofinancement du groupe ; les besoins financiers étant alors estimés à plus de trois milliards d’euros. Au final, l’Etat a contraint Anne Lauvergeon à céder l’une de ses plus belles pépites, Areva Transmission & Distribution, aux groupes Alstom et Schneider Electric. À elle seule, cette filiale réalisait 40% des ventes du groupe. Une grande constance dans le bradage du patrimoine industriel français : se séparer du rentable pour garder le déficitaire. En 2007, Areva avait annoncé l’acquisition d’UraMin pour 1,8 milliard d’euros, un prix exorbitant pour des mines d’uranium qui ne valaient rien, la teneur en uranium s’avérant extrêmement faible. On ne les étudia qu’après les avoir achetées… On reste confondu devant tant d’incohérence et de légèreté ! Une gabegie qui a valu à Anne Lauvergeon d’être mise en examen pour «présentation et publication de comptes inexacts et diffusion de fausses informations» (sans compter un conflit d’intérêt avec son mari, un certain Fric (sic), qui avait servi d’intermédiaire dans la vente). Elle avait entre-temps tenté la coûteuse diversification d’Areva dans les énergies renouvelables (l’éolien danois) qui fut un échec cuisant. En décembre 2017, Areva est donc reprise par EDF et les clients d’EDF vont pouvoir payer pour les erreurs de madame Lauvergeon et la faiblesse de l’Etat qui n’a pas joué son rôle d’actionnaire – ou l’a joué avec son talent habituel. EDF a le contrôle exclusif des activités industrielles, de conception et de fourniture de réacteurs nucléaires d’Areva. Mais, face aux révélations sur la conduite médiocre de ses chantiers, cet accord vient d’être mis en cause par un rapport parlementaire (mars 2019). Voyage en Absurdie Mais c’est l’Europe qui pose problème à la France en ce domaine : pourra-t-elle faire cavalier seul (ce qu’elle fait pour le nucléaire militaire comme l’on sait) ? L’ambitieux plan allemand pour le renouvelable, mis en œuvre sous la pression des Verts, a peiné à s’imposer et a entraîné un coût supérieur de l’électricité pour les Allemands ; et des aberrations écologiques puisque, pour compenser l’arrêt des réacteurs nucléaires ou bien suppléer aux carences du vent et de l’ensoleillement, il a fallu recourir à l’énergie fossile (le lignite, charbon fortement polluant). L’arrêt des sept réacteurs les plus anciens outre-Rhin, à la suite de la catastrophe japonaise de Fukushima (octobre 2011), contraint aujourd’hui l’Allemagne à importer de l’énergie, notamment française – et donc issue du nucléaire ! «La remise en cause du tout nucléaire français est inévitable, ne serait-ce que dans un cadre européen où l’objectif est d’avoir 45% d’électricité issue du renouvelable en 2020», estimait Corinne Lepage en 1998. Nous en sommes très loin et 2020, c’est aujourd’hui. Il faudrait ouvrir une centrale nucléaire par jour dans le monde pour respecter l’objectif d’émissions carbone zéro en 2050 (source : BBC et recherches de l’université du Colorado)… De toute façon, la France n’a pas réussi à bâtir une industrie des renouvelables. Pour le solaire et l’éolien terrestre, on ne trouve pratiquement que des équipements étrangers. Nucléaire français, quel avenir ? Mais la France maîtrise-t-elle encore l’industrie nucléaire ? EDF en aura-t-elle un jour fini avec les galères des EPR (réacteur européen à eau pressurisée) ? Le 25 septembre 2019, l’électricien prévenait que la facture des deux EPR britanniques d’Hinkley Point allait être supérieure de trois milliards d’euros pour un coût total de 25 milliards. Depuis une quinzaine d’années, la filière nucléaire accumule les désillusions avec ce réacteur de troisième génération. Mis en œuvre en 2003, le premier prototype, celui d’Olkiluoto en Finlande, n’est toujours pas lancé. Celui de Flamanville (Manche) devait être mis sur le réseau en 2020. La facture pourrait être alourdie de deux milliards d’euros pour des problèmes de soudures évidemment non budgétés. L’échec est d’autant plus cuisant qu’il émane de la France, pays qui, dans les années 1970 et 1980, faisait l’admiration du monde entier pour ses réussites nucléaires. Aujourd’hui, seulement deux réacteurs EPR fonctionnent, ceux de Taishan en Chine. On se souvient que l’abandon du surgénérateur de Creys-Malville fut une faute sur le plan de la connaissance scientifique et technologique. Le projet Astrid, prototype de réacteurs dits «de quatrième génération», avait repris l’expérimentation. Avec cette technologie, on multiplie par 500 les réserves uranifères et on divise par 10 les déchets à longue durée de vie, avec un recyclage complet des matières. On voit l’avantage d’un réacteur cent fois plus efficace que ceux actuellement en service. Mais le Commissariat à l’Energie Atomique («et aux énergies alternatives», comme on dit depuis 2010) a renoncé discrètement au prototype qui devait être construit dans le Gard. L’avenir de la filière nucléaire s’assombrit. Et que de temps et d’argent perdus ! Pour conclure donnons la parole à Yves Bréchet, haut-commissaire (ER) à l’énergie atomique de 2012 à 2018 : «La capacité de l’Etat à mener une vision à long terme se délite, alors qu’en même temps il bavarde de plus en plus». Et celui-ci d’ajouter que la génération qui a construit le parc nucléaire français a aussi élaboré le TGV ou la filière aéronautique. «Elle savait qu’il fallait reconstruire le pays et assurer sa souveraineté à la suite des chocs pétroliers, là où nos élites actuelles n’ont plus qu’à construire leur carrière». Illustration : CPN de Cruas-Meysse.

Nestlé et la privatisation de l’eau : un problème mondial

Le 14 Novembre 2019 le groupe canadien Wellington Water Watchers a organisé une conférence intitulée « All Eyes on Nestlé » dans la ville de Guelph, Ontario, réunissant des peuples autochtones et des mouvements de citoyens luttant contre les prélèvements d’eau de Nestlé au Canada, aux Etats-Unis, en France et au Brésil. À la suite de cet évènement public, les représentants des organisations concernées se sont réunis pour un atelier d’échange d’informations et de discussions sur d’éventuelles stratégies communes de résistance à cette entreprise géante d’accaparement de l’eau. À partir des expériences et des histoires partagées par des groupes aussi différents que le Collectif Eau-88 de la ville de Vittel en France, Save Our Water d’Elora au Canada ou encore les Michigan Citizens for Water Conservation des Etats-Unis, il est devenu clair qu’il y a un point commun dans tous ces endroits où Nestlé prélève de l’eau pour ses installations d’embouteillage, contrairement à l’affirmation de Nestlé que s’il y a des problèmes il s’agit toujours de problèmes localisés. Dans la réalité le schéma commun mis en place par Nestlé montre par exemple que les quantités d’eau prélevées – pour lesquelles Nestlé ne paie presque rien – font généralement baisser le niveau des eaux souterraines, affectent les écosystèmes et mettent en danger l’approvisionnement en eau des citoyens locaux.

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À Vittel, par exemple, Nestlé et la communauté urbaine prélèvent l’eau dans le même aquifère et les institutions publiques françaises ont reconnu que cette situation mettait en danger cet aquifère car les prélèvements d’eau étaient plus importants que les eaux nécessaires à sa reconstitution naturelle. La solution proposée par les autorités françaises ? Construire une canalisation d’environ 14 kilomètres pour acheminer l’eau d’un autre endroit pour les habitants de la ville de Vittel afin que Nestlé puisse continuer son activité de pompage des eaux souterraines de Vittel sans perturber l’alimentation en eau de la ville de 5200 habitants. Grâce à la résistance du Collectif Eau 88, le projet d’aqueduc a été abandonné et une autre solution doit donc être trouvée pour protéger l’aquifère. Sans l’intervention de ce mouvement citoyen le projet de canalisation aurait été approuvé et financé avec l’argent des contribuables.

Dans le Comté de Wellington au nord-ouest de Toronto, Nestlé Waters Canada a obtenu le permis d’extraire 4,7 millions de litres d’eau par jour dans des puits situés à Hillsburg et Aberfoyle et selon Mike Balkwill de Wellington Water Watchers « la société a demandé le renouvellement de ses permis, tandis qu’elle extrait l’eau sans le consentement des « Six Nations » (voir note en fin de billet) sur le territoire duquel elle opère et malgré l’opposition de plusieurs organisations autochtones ». Et encore une fois grâce à la résistance des Six Nations et d’autres mouvements de citoyens, le moratoire sur les permis de prélèvement d’eau qui devait se terminer le premier Janvier 2020 a été récemment prolongé que jusqu’en octobre 2020. La situation est la même en Floride où, bien que la régie locale de l’eau considère que le système d’alimentation en eau se remet à peine de sa surexploitation, Nestlé souhaite toujours pomper l’eau de Ginnie Springs. Le schéma commun qui se dégage des ces cas et de bien d’autres comme dans l’Etat du Michigan ou dans la petite ville de Sao Lourenço au Brésil, montre également que ce sont toujours les groupes locaux qui défendent l’eau et non les autorités de l’eau ou de l’environnement dépendant de l’État. Au contraire, autre schéma qui se répète dans la plupart des cas, les gouvernements se rangent très souvent du côté de la société Nestlé contre les citoyens.

Pire encore, dans de nombreux endroits Nestlé « fusionne » avec les autorités locales comme dans le Maine (USA) où un directeur de Nestlé faisait partie du conseil d’administration de l’agence de protection de l’eau et de l’environnement de l’État ou à la ville de Vittel où la maire adjointe et conseillère départementale a été poursuivie pour conflit d’intérêt concernant le projet de canalisation. Madame Claudie Pruvost était l’épouse d’un cadre de Nestlé à Vittel, présidente d’une association qui avait été choisie pour soutenir le projet de développement et de gestion de l’eau à la commission local de l’eau que Madame Pruvost présidait. Son procès a été retardé car l’affaire a dû être transférée du tribunal d’Epinal, le plus proche de Vittel, à la ville de Nancy, car la vice-présidente du tribunal d’Epinal est l’épouse du directeur de Nestlé Waters à Vittel !

La stratégie de Nestlé est d’établir des alliances ou des partenariats avec les gouvernements pour se protéger et protéger ses opérations locales d’embouteillage, en particulier dans son pays d’origine, la Suisse, où son image doit être mieux protégée. Récemment l’ancien directeur des affaires publiques de Nestlé, Christian Frutiger, a été nommé vice-directeur de la Direction du développement et de la coopération de la Suisse (DDC) qui est responsable des programmes d’aide au développement où il occupera le poste de responsable du programme Global Water du DDC !

Les dommages écologiques causés par les prises d’eau et les installations d’embouteillage de Nestlé ne sont pas non plus limitées localement. Les bouteilles en PET (poly-éthylène-téréphtalate) sont l’une des principales sources de déchets plastiques dans le monde. Un seul exemple pour donner une idée de l’ampleur de la contribution de Nestlé à ce problème : selon le Wellington Water Watchers, si le gouvernement approuve les permis de Nestlé pour prélever l’eau dans le comté de Wellington destinée à l’embouteillage, l’entreprise produira plus de 3 milliards de bouteilles de 500 ml par an, qui, mises bout à bout, feraient 16 fois le tour de la Terre ! Et cette quantité de plastique ne provient que deux sites du comté de Wellington. Nestlé possède des dizaines de telles installations d’embouteillage dans le monde entier, utilisant d’énormes quantités de combustibles fossiles pour produire des dizaines de milliards de bouteilles en PET chaque année. Si on ajoute à cela le carburant consommé pour transporter toutes ces bouteilles principalement par camion on ne peut que constater l’impact significatif de Nestlé sur l’environnement.

Ces schémas sont intrinsèques aux activités d’embouteillage de Nestlé et au pouvoir économique et politique de cette multinationale géante. Le Canada, les Etats-Unis et la France comptent parmi les sociétés démocratiques les plus riches et les plus traditionnelles de la planète et pourtant les citoyens doivent se battre encore avec beaucoup d’énergie et parfois très longtemps pour atteindre un niveau minimal de protection des eaux souterraines et de surface et des écosystèmes pour préserver l’avenir de leur accès à l’eau, des situations qui devraient, dans une démocratie, être considérées comme acquises et relevant des devoirs de l’Etat. Si Nestlé réussit à avoir les gouvernements de son côté et contre les citoyens dans ces démocraties traditionnelles que sont le Canada, les Etats-Unis et la France, qu’arrive-t-il aux communautés confrontées à l’eau de Nestlé qui s’accapare l’eau dans des sociétés beaucoup moins démocratiques et beaucoup plus vulnérables en Afrique, en Amérique latine ou en Asie ?

Comme l’expliquent dans leur ouvrage classique « Monopoly Capital » Paul A. Baran et Paul M. Sweezy, à notre époque les multinationales sont devenues les principale source de pourvoir économique et politique :

 » Le pouvoir politique est officiellement mis en place par les votes des citoyens et l’argent en est la vraie source : le système politique, en d’autres termes, est de forme démocratique et son contenu est ploutocratique (…) Il suffit de dire que toutes les activités et fonctions publiques qui peuvent être considérées comme constituant les caractéristiques essentielles du système politique – endoctriner par la propagande le public électoral, organiser et maintenir des partis politiques, mener des campagnes électorales – ne peut être réalisé qu’au moyen d’argent, de beaucoup d’argent. Et comme dans le capitalisme monopolistique les grandes sociétés sont la source d’énormes capitaux, elles sont également la principale source de pouvoir politique« .

Dans la réalité, certaines sociétés transnationales réalisent des bénéfices supérieurs au PNB de la grande majorité des pays du monde. Un exemple peut donner une meilleure vision du pouvoir économique et politique de ces sociétés par rapport à d’autres institutions nationales ou internationales. En 2017 Nestlé a dépensé 7,2 milliards de dollars américains uniquement pour des efforts de publicité à l’échelle mondiale. Le budget de l’organisation mondiale de la santé (OMS ou WHO) pour l’exercice 2016-2017 était de 4,38 milliards de dollars. Il est également important de comprendre que la société transnationale moderne est également le digne successeur « naturel » des anciennes puissances coloniales, à la différence que, alors que les anciennes puissances coloniales se concentraient sur l’exploitation des pays du sud, leurs héritiers contemporains, les grandes compagnies transnationales, sont capables d’exploiter aussi les pays du nord lorsque les ressources dont ils ont besoin s’y trouvent comme Paul Sweezy l’a expliqué dans cette citation de « Modern Capitalism and Other Essays » :

 » (…) Il n’y a aucune raison de supposer qu’une entreprise exempterait volontiers les marchés et les sources d’approvisionnement étrangers de son horizon de planification simplement parce qu’ils se trouvent à l’extérieur d’un ensemble particulier de frontières nationales « .

Dans les faits, les communautés du Canada, de la France et des Etats-Unis qui tentent de protéger leurs ressources en eau de Nestlé mènent les mêmes batailles que les communautés du sud du monde ont toujours dû mener pour protéger leurs propres ressources de l’accaparement colonial. Les anciennes puissances coloniales ont utilisé des oligarchies locales soumises à leurs opinions politiques et économiques en tant que dirigeants de leurs colonies qui sont devenues le « modèle de gouvernance » dans la plupart des pays du Sud. Avec le néolibéralisme ce modèle a été exporté vers le Nord du monde où les grandes sociétés transnationales prennent progressivement le pas sur l’espace démocratique et le pouvoir politique, transformant de nombreux endroits du Nord en images miroir des communautés colonisées du Sud du monde. Sous cette nouvelle puissance coloniale les gouvernements des pays du sud comme du nord deviennent des serviteurs volontaires du secteur des entreprises, s’assurant que, malgré les dommages sociaux et environnementaux, les entreprises transnationales ont accès aux ressources dont elles ont besoin.

Cet état de fait crée une ouverture nouvelle importante pour la communication, la solidarité, la compréhension et l’action commune entre les groupes de citoyens qui luttent contre la privatisation de l’eau dans le nord et le sud du monde. La lutte, au sud ou au nord, est la même : garder l’eau aux mains du public sous contrôle démocratique. Et se battre pour l’eau c’est aussi se battre pour nos démocraties en voie de disparition sous la menace du contrôle autoritaire des grandes entreprises transnationales au sud comme au nord. Une nouvelle alliance entre le sud et le nord peut favoriser l’émergence d’un puissant mouvement défiant le secteurs économique de ces entreprises et de leurs serviteurs, le monde politique. Les entreprises, évidemment, riposteront et Nestlé, encore une fois, a déjà acquis une longue expérience fructueuse durant son passé de lutte contre la société civile.

Dans les années 1970, un boycott international a été organisé contre Nestlé en raison de sa promotion de l’alimentation pour bébés au biberon décourageant l’alimentation maternelle au sein, ce qui a provoqué des maladies et de nombreux décès d’enfants dans les pays pauvres du sud. Cette campagne, connue sous le nom « Nestlé tue les bébés » a eu un impact sans précédent sur l’entreprise et porta gravement atteinte à son image. Pour contrer cette campagne Nestlé engagea Raphael Pagan, un officier du renseignement du Département américain de la défense. Pagan avait conseillé les Présidents américains Nixon et Reagan sur les politiques à conduire avec les pays du tiers-monde, ce qui signifie comment combattre les mouvements de libération de ces pays du tiers-monde. En fait, Nixon fut le président américain qui apporta son soutien au général Pinochet lors de son coup d’Etat contre le président élu Salvador Allende au Chili, précipitant ce pays dans une dictature militaire meurtrière qui dura des années. Pagan, reçut un « Life Achievement Award » du président Reagan, le président qui faisait la guerre au gouvernement nicaraguayen sandiniste, tuant et terrorisant des dizaines de milliers de personnes en Amérique centrale. Raphael Pagan a été très efficace dans la lutte contre le boycott international contre Nestlé, essentiellement en concevant une stratégie consistant à diviser les groupes de la société civile qui organisaient la campagne de boycott. Ce partenariat avec le renseignement militaire américain pour lutter contre les organisations de la société civile a remporté un tel succès que Nestlé a par la suite approfondi cette collaboration.

En 2002 Nestlé a embauché John Hedley, un ancien agent du MI6, le renseignement militaire britannique, en tant que chef de la sécurité du groupe. Hedley était, entre autres fonctions, responsable de l’organisation d’une opération dont le but était d’espionner des groupes de la société civile critiques pour Nestlé en Suisse, principalement le groupe ATTAC (voir note en fin de billet). Lorsque cette opération a été dévoilée par un journaliste d’investigation suisse qui l’a dénoncée à la télévision suisse, Nestlé a dû faire face à un procès et a été condamné par la justice suisse. Puis Nestlé a développé ce qui est connu sous le nom de « War room », un centre de communication de haute technologie qui suit en temps réel toute mention faite à Nestlé dans les médias sociaux, afin que l’entreprise puisse réagir rapidement à toute « menace » posée par des personnes physiques.

En 2011, Nestlé a organisé sa conférence annuelle « Créer des Valeurs Partagées » à Washington en partenariat avec le Conseil de l’Atlantique (Atlantic Council), une organisation basée aux Etats-Unis qui rassemble les grandes entreprises, les politiciens et l’armée. Le Conseil de l’Atlantique (ou Conseil Atlantique) est membre de l’OTAN sinon une émanation de cette organisation. La principale table ronde de cette conférence fut organisée par le Président (CEO) de Nestlé Peter Brabeck et le Président du Conseil Atlantique Frederik Kempe. Elle avait pour intitulé : « Création de valeur partagée en Amérique latine, opportunités, obstacles et orientations futures en matière de nutrition, d’eau et de développement rural« .

On peut supposer que ce que ce panel a appelé « obstacles » était – et est toujours – les mouvements de la société civile essayant de garder leurs ressources naturelles, y compris l’eau, entre les mains du public. Lorsqu’elles sont confrontées à ce type de résistance de la société civile des entreprises transnationales comme Nestlé peuvent trouver utile d’avoir l’OTAN à leurs côtés pour aider à « convaincre » les gouvernements rebelles de céder leurs ressources naturelles au profil (et aux profits) du secteur correspondant de ces entreprises mais certainement pas pour le développement de leur pays. Dans ce cadre Nestlé maintient un programme d’embauche d’anciens militaires américains (lien). C’est peut-être juste pour garder des liens étroits avec l’armée américaine car, selon les informations disponibles, Nestlé n’embauche pas d’anciens militaires suisses ou français.

Tous ces exemples sont suffisants pour démontrer que Nestlé a une position de leader mondial pour imposer son contrôle sur les institutions démocratiques de divers pays afin d’avoir accès aux ressources naturelles comme l’eau. Ces exemples montrent également que Nestlé est très en avance dans le développement de stratégies et de partenariats dans le but de contrer la résistance de la société civile. Seuls et unis, du nord au sud, nous pouvons espérer protéger nos ressources en eau de l’accaparement par ces entreprises géantes et protéger nos démocraties du contrôle de ces entreprises, il n’y a pas d’autre moyen.

Traduction d’un article de Franklin Frederick paru sur le site Global Research en 2019.

Lien : https://www.nestleusacareers.com/military/

Notes. Six Nations regroupe six populations autochtones canadiennes, voir https://en.wikipedia.org/wiki/Six_Nations_of_the_Grand_River. Par extension « Six Nations » regroupe les actions de toutes les populations autochtones canadiennes . ATTAC : https://fr.wikipedia.org/wiki/Association_pour_la_taxation_des_transactions_financières_et_pour_l%27action_citoyenne

Le système des retraites japonais : un exemple à suivre en France ? Pas vraiment.

De retour dans « mon île » mes pensées vont toujours vers le Japon. Ainsi, plus au fait de l’actualité européenne et en particulier française, il me revient en mémoire le système de retraites japonais alors que la France s’enfonce dans un marasme social inquiétant provoqué par la réforme du système de retraite français. Ce dossier brûlant a été confié à un grand commis de l’Etat qui s’est révélé être beaucoup plus un profiteur du système qu’un « commis » au sens gaullien du terme comme par exemple Marcel Boiteux, Président d’EDF, que j’eus le privilège de rencontrer brièvement rue Murat à Paris. Ce genre de personnage n’existe plus en France et c’est bien regrettable. Donc le scandale Delevoye, en regard duquel l’ « affaire Fillon » apparait comme une minuscule incartade d’enfant de l’école primaire, a envenimé la rancoeur du peuple qui se sent floué par la mafia qui dirige la France aujourd’hui. Fillon aurait pu être reconnu comme un « grand commis de l’Etat », aujourd’hui tout l’appareil dirigeant du pays est corrompu. Cette corruption a été institutionnalisée par des lois que les politiciens ont mis en place à leur propre avantage afin, en toute impunité donner libre cours à leurs magouilles en tous genres.

Le but ultime du gouvernement est de mettre la main sur les retraites par capitalisation constituées par certaines corporations qui ne croient plus depuis longtemps à la pérennité du système par répartition imaginé par le Comité National de la Résistance au sortir de la deuxième guerre mondiale, système qui ne peut fonctionner que si le taux de natalité est suffisamment élevé afin que les générations accédant au marché du travail soient assez étoffées pour financer la retraite de ceux qui quittent ce marché du travail. Or depuis près de 50 ans le taux de natalité s’est effondré en France et le système du CNR ne fonctionne plus pour cette simple raison démographique. L’expert Delevoye a imaginé des mécanismes de restauration du système des retraites très complexes qui n’ont pas d’autre but que de spolier l’ensemble des Français.

La seule solution qui était encore viable il y a à peine 5 ans aurait été d’instaurer en France un système généralisé de retraite par capitalisation, les charges sociales acquittées par les salariés, les entreprises et les indépendants, artisans, commerçants et agriculteurs, permettant de constituer cette capitalisation. Le système français par répartition ne profite pas à l’économie puisqu’il est déficitaire : voilà l’un des maux de l’économie de la France qui ne dispose pas des capitaux nécessaires pour investir et créer des emplois, ce qu’un système par capitalisation aurait précisément pu faire.

Le cas du Japon est exemplaire dans la mesure où les retraites sont exclusivement constituées par capitalisation. Les capitaux réunis sont gigantesques et sont investis dans l’industrie japonaise. Ce sont des institutions financières privées qui gèrent en partie les investissements et elles sont tenues de réaliser des profits afin d’abonder ces fonds. Il s’agit entre autres de BlackRock, le plus important gestionnaire de fonds de pension du monde. Cette société financière non bancaire a d’ailleurs été contactée par le gouvernement français en vue d’obtenir des conseils relatifs à la réforme des retraites en cours de gestation, et c’est significatif des intentions de l’Etat français. Brièvement la loi japonaise précise que chaque année le gouvernement et les grandes entreprises industrielles et commerciales font les comptes des sous qui restent dans les caisses. Si le montant des capitaux disponibles pour payer les retraites a augmenté, les retraites augmentent et s’il a diminué les retraites diminuent. Libre à ceux qui décident de se constituer un capital supplémentaire d’en prendre soin en en prenant acte, un peu comme les systèmes d’assurance-vie si chers aux Français.

Il y a cependant un gros risque pour les souscripteurs français de contrats d’assurance-vie : ou bien ce seront les compagnies d’assurance qui, acculées par des taux d’intérêt trop bas sur les marchés, se serviront dans le bas de laine de leurs clients ou bien ce sera le gouvernement qui s’en chargera de par la loi comme cela fut le cas avec le Front populaire en 1936.

Par conséquent, et j’en revient au Japon, il arrive que des « petits » retraités japonais se trouvent dans l’obligation de trouver des « petits boulots » pour arrondir leurs fins de mois mais ce n’est pas un problème au Japon puisqu’il y a une pénurie criante de main-d’oeuvre, ce qui n’est pas le cas de la France avec plus de 7 millions de chômeurs. Ainsi il est courant de voir au Japon des septuagénaires assurer la sécurité des passages pour piétons aux alentours des écoles. Il sont rémunérés quelques milliers de yens pour ce travail. Et s’ils restent encore « bon pied, bon oeil » ils osent tirer des fibres optiques sur les réseaux de câbles dans les rues.

Comme je le précisais dans un précédent billet la société japonaise fonctionne très bien car tout le monde se sent solidaire de l’avenir de son pays et du bon fonctionnement de son économie. Il y a cependant un aspect de l’économie qui pourrait mettre en danger le système par capitalisation comme l’ont souligné certains analystes économiques. Il s’agit de la politique des taux zéro, voire négatifs, mise en place par les banques centrales. Les gestionnaires des gigantesques fonds de pension japonais sont donc confrontés à un choix. Ou bien les rentiers, entendez les retraités, sont spoliés (on dit euthanasiés dans le langage des économistes) ou bien les gestionnaires de ces fonds de pension trouvent des investissements profitables auprès des industriels afin d’assurer la pérennité du système. Paradoxalement les investissements réalisés par les gestionnaires des fonds de pension se trouvent dans une meilleure position, pour ce faire, que les banques qui n’ont plus d’autre choix que de proposer aux entreprises des prêts à des taux relativement élevés puisque les marchés financiers sont atones.

Si le monde politique français avait le moindre soupçon de curiosité il s’inspirerait du système japonais. Mais c’est impossible. Depuis l’ère Mitterand la France est devenue un pays socialo-marxiste (maintenant c’est un pays socialo-écolo-marxiste) et elle est engluée dans ses institutions et ses lois qui constituent un terrain favorable à la corruption ainsi qu’à la pression des « partenaires sociaux » – encore un concept inventé par le CNR – totalement corrompus et déconnectés des réalités modernes. Rien ne pourra être changé et le pays continuera à s’enfoncer inexorablement. Tous les rentiers seront spoliés et leur pouvoir d’achat disparaîtra, alors l’économie du pays s’effondrera de plus belle et ce sera le chaos. Voilà ce que la gauche française a créé avec son cortège de corruptions et son manque total de vision à long terme. Comme le dit si bien H16 ce pays est définitivement foutu et il ne reste aux électeurs, retraités ou non, que leurs yeux pour pleurer puisqu’ils ont voté pour des politiciens corrompus et incompétents.

Notes. Le Japon est le deuxième pays du monde pour le nombre de brevets déposés chaque année. C’est la conséquence directe de l’excellence des universités et des instituts techniques de ce pays. L’innovation est donc au centre des préoccupations économiques du pays, un terreau très favorable aux investissements qui sont le fait des initiatives privées et non pas du gouvernement comme c’est le cas en France, pays où le monde politique veut tout diriger. Pour l’innovation « à la japonaise » ce n’est pas le cas en France, pays où les universités et les écoles d’ingénieurs ne forment que très peu de véritables créateurs et si par hasard il en apparaît ces derniers fuient la France pour d’autres cieux plus favorables à leur épanouissement, notamment au Japon ! Juste un exemple à ce sujet : j’ai eu l’occasion de rencontrer à Tokyo il y a quelques jours une équipe d’animateurs 3D et d’informaticiens de grande classe tous français émigrés au Japon parce que l’environnement leur est propice pour développer leurs projets de haut vol compte tenu de la proximité de grandes entreprises telles que Sony ou Mitsubishi, entreprises sérieusement intéressées par la créativité des Français dans ce domaine.

Pour conclure ce billet le remplacement des générations, pour être optimal et permettre la pérennité du système de répartition des retraites en France, requiert des offres d’emploi pour les jeunes diplômés. Or ce n’est pas le cas : près de 60 % des jeunes diplômés français ne trouvent pas de travail. Au Japon, pratiquement 98 % des jeunes diplômés trouvent un emploi à la sortie des universités ou des instituts techniques, les 2 % restants choisissant de poursuivre les études ou leurs recherches. De l’autre côté des tranches d’âge, contrairement à la France où les entreprises sont asphyxiées par les charges sociales et les taxes, l’âge de départ à la retraite relève du choix des employés. Les agents de l’Etat japonais peuvent continuer à travailler jusqu’à 80 ans et le départ à la retraite reste dans le domaine du choix des employés. Fixer un âge pivot pour le départ à la retraite est une autre absurdité qui n’est instituée que pour brider les libertés des citoyens. En définitive le gouvernement français a globalement tout faux au sujet du projet de modification du système de retraites tel qu’il existe aujourd’hui. Il ne peut pas être viable, c’est un fait, mais ce n’est certainement pas cette pseudo-réforme qui le rendra pérenne.

L’éducation nationale française en pleine déconfiture : ce n’est pas une exception française !

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Les Français, râleurs et jamais satisfaits de leur sort, se plaignent – certes à juste titre – de la dégradation du système d’enseignement étatique de leur pays. Ce « mammouth » coûte une fortune (154 milliards d’euros en 2017, source Statista) pour des résultats médiocres voire insignifiants. Le personnel enseignant ( tous agents confondus 1133300 en 2017, même source, cf. note en fin de billet) est supposé transmettre aux enfants un enseignement satisfaisant alors que plus de 30 % des élèves en fin d’études secondaires savent à peine écrire et sont incapables de faire une « règle de trois » car jamais on ne leur a expliqué clairement ce dont il s’agissait. Si j’ai mentionné la règle de trois c’est simplement parce que les éleves de classe terminale (pour les non-Français il s’agit de l’année se terminant par le baccalauréat) ne savent même pas construire un raisonnement déductif : il semblerait que les enseignants sont devenus incapables d’apprendre à leurs éleves à raisonner et c’est très préoccupant. On se demande ce qu’ils apprennent au cours de leur formation d’enseignants mais c’est une autre histoire.

La responsabilité de cette situation calamiteuse n’est pas le fait des enseignants eux-mêmes qui sont supposés être tous de bonne volonté mais elle est à rechercher dans les groupes de réflexion néo-trotskystes du Ministère lui-même qui depuis 40 ans détruit systématiquement ce qui avait été mis en place dès la fin de la Révolution française, c’est-à-dire un enseignement équilibré, éclectique, permettant d’assurer aux générations successives d’enfants la possession de bases solides pour la réflexion, la conceptualisation et l’imagination. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et c’est regrettable : l’idéologie marxiste du Ministère de l’Education français consiste à uniformiser les élèves dans la médiocrité afin qu’ils se sentent tous égaux.

La France n’est ainsi plus capable de donner à ses enfants les outils nécessaires pour devenir compétitifs dans notre société moderne et les gouvernements successifs, y compris le gouvernement actuel, doivent être blâmés pour ne plus former que des jeunes adultes désarmés devant le destin futur qui les attend. Il n’est nul besoin de chercher l’erreur, la stratégie idéologique des politiciens qui gouvernent ce pays a consisté, depuis ces 40 dernières années à rendre des générations entières entièrement dépendantes de l’Etat-Providence pour une médiocrité de vie d’assistés. La première ineptie adoptée par les idéologues de la rue de Grenelle à Paris (là où se trouve le ministère français de l’éducation nationale) fut de rendre obligatoire la scolarité jusqu’au bacalauréat et la dernière imbécillité en date est de rendre les mathématiques optionnelles lors des trois années de scolarité précédant le baccalauréat. On croît rêver, tout simplement !

Mais l’apanage de la ruine du système éducatif n’est pas propre à la France. En effet, les Etats-Unis font presque mieux en la matière comme l’a décrit Michael Snyder sur le blog « The American Dream » en prenant quelques exemples pour illustrer son propos. Le programme PISA (Program for International Student Assessment) évalue tous les 5 ans le niveau scolaire des enfants de 15 ans dans le monde entier sur divers sujets. Ce programme prend en considération plus de 30 millions d’étudiants de 79 pays différents. « Étudiant » est pris ici dans le sens littéral du terme, c’est-à-dire des enfants de 15 ans qui « étudient » ou sont censés étudier.

Si on considère les mathématiques, la science de toutes les sciences puisque les mathématiques sont un outil indispensable pour toutes les autres disciplines scientifiques y compris l’économie, la France, pourtant réputée pour son excellence mathématique, est juste un peu meilleure dans le classement que les USA (10 rangs au dessus) et dans ce dernier pays l’enseignement des mathématiques se dégrade année après année à tel point que le niveau d’un élève de l’échantillon chinois Beijing-Shanghai-Jiangsu-Zhejiang (B-S-J-Z) a 4 années d’avance sur son homologue américain. De plus le programme PISA a montré, honteuse ironie, que les plus mauvais élèves du BSJZ égalaient les meilleurs élèves américains du même âge.

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La récente réforme du Ministère de l’éducation nationale français considérant les mathématiques comme matière optionnelle lors des trois dernières années de scolarité aura pour conséquence de faire chuter la France dans le classement PISA et le petit élève chinois (illustration) aura à son tour 4 années d’avance sur son homologue français.

Dans ce genre d’analyse l’armée américaine est confrontée à un grave problème de recrutement en raison de la dégradation de l’enseignement et de la vie quotidienne « american style ». Si les recruteurs éliminent les candidats parce qu’ils n’ont pas le niveau éducatif requis, parce qu’ils sont en surpoids ou parce qu’ils utilisent des drogues illicites alors il ne reste pratiquement plus personne à enrôler dans l’armée ! Il est anecdotique de rappeler que les « marines » américains qui débarquèrent en Normandie en 1944 étaient presque tous titulaires du baccalauréat : autres temps, autres moeurs … dit-on.

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Petite information supplémentaire. Ma petite-fille termine sa scolarité dans une classe correspondant à un intermédiaire entre le cours moyen deuxième année et la classe de sixième en France. L’illustration ci-dessous est un vibreur qu’elle a construit en classe. On y distingue la bobine, la plaque de tôle dont l’extrémité se trouve près du pôle de la bobine ainsi que le fil établissant le contact vers le pôle « moins » de la pile. Le fil rouge permet à l’opérateur d’établir le contact avec le pôle « plus » de la pile. J’ai expliqué à ma petite-fille qu’elle apprendrait plus tard les lois mathématiques qui décrivent l’électro-magnétisme, ici la loi de Lenz. Cette petite réalisation permet aussi aux élèves à développer leur dextérité manuelle.

Notes. Michael Snyder est éditeur de theeconomiccollapseblog.com et éditorialiste du site themostimportantnews.com. Si on reprend les données de Statista citées au début de ce billet, globalement un fonctionnaire de l’éducation nationale française, tous postes confondus, coûte à l’Etat, donc aux contribuables, 135800 euros par an. Il s’agit d’un calcul spécieux mais qui justifie que comme avait osé le dire Claude Allègre en son temps ce mammouth a vraiment besoin d’être dégraissé.

Source : zerohedge

https://www.oecd.org/pisa/PISA%202018%20Insights%20and%20Interpretations%20FINAL%20PDF.pdf

Brève. Si c’était la NRC qui décidait pour l’ASN elle dirait que les réacteurs de Fessenheim sont bons pour le service jusqu’en 2059 !

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Les USA viennent de franchir une étape dans la lutte contre le réchauffement climatique dans le cas de la centrale électro-nucléaire de Turkey Point. Alors que la France s’apprête à initier le démantèlement de ses plus « vieilles » centrales nucléaires en commençant par la doyenne, la centrale de Fessenheim, les Etats-Unis appréhendent le changement climatique de manière diamétralement opposée, objective et pragmatique. Les deux unités nucléaires du complexe de production d’électricité de Turkey Point situé à une trentaine de kilomètres au sud de Miami comprenant deux unités thermiques classiques et une unité à gaz (illustration) ont été raccordées au réseau en 1972 et 1973. Il s’agit de réacteurs à eau pressurisée (PWR) de technologie Westinghouse strictement identique à celles de la centrale française de Fessenheim avec ses deux réacteurs, raccordés au réseau en 1978, dont une partie alimente l’Allemagne et la Suisse voisines, ce qui rapporte, c’est bon de le noter au passage, quelque 1,2 milliard d’euros à la France (voir à ce sujet l’article de Sébastien Richet sur le site Contrepoint, lien en fin de billet).

La NRC (Nuclear Regulation Commission) est l’équivalent de l’ASN française (autorité de sureté nucléaire) et elle a tout pouvoir, indépendamment du pouvoir politique, pour décider si oui ou non une installation nucléaire civile peut voir son exploitation prolongée. Cet organisme, contrairement aux politiciens, détient l’expertise dans ce domaine et c’est à lui et non au pouvoir politique, pour quelque raison que ce soit, de décider de la prolongation de l’exploitation d’une installation électro-nucléaire. La différence entre la France et les USA est claire : le pouvoir politique américain ne peut pas intervenir dans les décisions de la NRC alors que les écologistes se sont arrogé le droit de décider de la politique énergétique de la France. Pour les écologistes qui pourrissent la tête de l’Etat français la compagnie Electricité de France n’est qu’une entreprise parmi d’autres qui doit se plier à leurs volontés.

La NRC a décidé de prolonger la « durée de vie » des deux réacteurs de Turkey Point jusqu’à 80 ans. C’est-à-dire jusqu’en 2054, après on verra. Comme ceux de Fessenheim ces deux réacteurs sont en parfait état de marche et il n’y a aucune raison d’en arrêter l’exploitation. Les Etats américains comptent leurs sous, en France c’est le contribuable qui paie la facture : il faudra bien un jour éponger le déficit commercial de la France (cf. le TARGET2). Faut-il que Hollande ait succombé aux charmes des représentantes des partis écologistes pour prendre cette décision insensée de fermer la centrale de Fessenheim, que ce soit Corinne Lepage, l’indicible représentante des écolos suisses et allemands, ou encore la Miss Duflot, l’opportuniste numéro 1 du monde politique français qui s’est fait embaucher par Oxfam.

Il est tout à fait incompréhensible que Macron, fin connaisseur des chiffres et des bilans des entreprises, savoir-faire qu’il a acquis chez le banquier d’affaires le plus prestigieux du monde, ne comprenne pas que le pacte électoraliste de Hollande avec les partis écolos devrait tout simplement être dénoncé ainsi que cette transition énergétique écologique et solidaire qui ne veut rien dire pour préserver la santé énergétique de la France, son économie, son industrie et le bien-être de ses citoyens … s’il en est encore temps.

Si c’était la NRC qui décidait pour l’ASN elle dirait que les réacteurs de Fessenheim sont bons pour le service jusqu’en 2059 ( ! ) laissant largement le temps au gouvernement d’aiguiser ses couteaux pour « sauver le climat » puisque le nucléaire est la seule source d’électricité « zéro carbone ». Bien entendu les langues de vipère, et il y en a des charrettées dans le gouvernement français, toutes aussi incompétentes les unes que les autres, diront que c’est sous la pression de Donald Trump, propriétaire de toutes sortes de domaines luxueux en Floride, que l’exploitation de ces deux réacteurs a été prolongée. Pas de chance ! la NRC est, de par son statut, totalement impérméable aux injonctions des politiciens.

La France pourrit par la tête avecc les écolos, ce pays est définitivement foutu pour reprendre les mots d’H16.

Illustration : Florida Power & Light, exploitant de Turkey Point.

https://www.contrepoints.org/2019/10/16/355837-la-fermeture-de-fessenheim-nest-ni-economique-ni-ecologique-mais-politique