Transition énergétique à la française. Sans énergie nucléaire une catastrophe annoncée …

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Dans le cadre de la transition énergétique, écologique, festive et solidaire vers laquelle le gouvernement français veut précipiter le pays il y a comme un gros problème qui révèle l’amateurisme de ce gouvernement. Cette transition semble ne concerner que la production d’électricité. Première erreur ! D’abord la France, en termes d’émissions de carbone liées à la production d’électricité, fait figure d’excellent élève mondial puisque plus de 82 % de cette énergie électrique ne rejète aucun gaz délétère pour le climat car elle est d’origine nucléaire. L’électricité ne représente que 23 % de l’ensemble de l’énergie consommée en France. Vouloir focaliser la transition énergétique seulement sur l’électricité est une malhonnêteté et un non-sens écologique et financier qui dissimule le fait que les politiciens lourdement teintés d’écologie politique anti-nucléaire veulent tout simplement démanteler en partie le parc électro-nucléaire français qui est toujours le meilleur du monde et le restera encore longtemps.

Les postes d’utilisation d’énergie provenant des combustibles fossiles se répartissent entre les transports automobiles (33 %), le chauffage des habitations et le secteur tertiaire (45 %), l’industrie (19 %) et une infime partie dans le secteur agricole. Partant de cette constatation le gouvernement a décidé de taxer les carburants dans le cadre de cette transition énergétique ce qui a provoqué un soulèvement populaire tout à fait justifié. Une lourde taxation du gaz et du fuel domestique devrait automatiquement suivre si le gouvernement est logique avec ses idées mais il semble que le peuple est plus cohérent que le gouvernement car taxer ce peuple pour construire des moulins à vent ne plait pas à tout le monde …

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Parallèlement le gouvernement français, dont la créativité écologique est sans limites, promeut la voiture électrique convaincu qu’encore plus de moulins à vent disséminés dans la campagne française profonde permettront d’assurer le rechargement en temps voulu des batteries de ces véhicules électriques. Deuxième erreur ! Ceci est totalement erroné puisqu’il faut une disponibilité en énergie électrique 24/24 heures pour assurer le rechargement des voitures électriques et non pas quelques heures par jour quand il fait un temps venteux. Et pour les panneaux solaires c’est exactement le même cas de figure : les automobiles circulent plus souvent le jour que la nuit et leurs utilisateurs les rechargent la nuit justement quand il n’y a pas de soleil. Ce n’est que du bon sens basique.

J’ai mentionné sur ce blog à plusieurs reprises que les deux tranches 900 MW électriques de Fessenheim étaient juste suffisantes pour recharger les batteries de 400000 véhicules électriques légers soit environ 1,6 % du parc français de véhicules à l’exclusion des camions. À moins de vouloir obliger autoritairement tous les Français à se déplacer à pied ou en bicyclette ou encore à utiliser les transports en commun – quand il y en a – pour supprimer la totalité des émissions de CO2 produites par les véhicules automobiles il faudrait construire 140 tranches nucléaires du type de celles de Fessenheim ou 78 EPR de 1600 MW électriques, pas moins ! Conclusion : qui va oser prendre une telle décision et la rendre acceptable par le public ? Car il faudrait mettre en chantier dès aujourd’hui deux EPR chaque année pour atteindre les objectifs 2050 de réduction des émissions de CO2 fixés par l’Europe. Et pour « électrifier » entièrement le secteur tertiaire et résidentiel gros producteur de carbone, inutile d’imaginer les scénarios …

Pour les énergies électriques dites renouvelables la France a mis la charrue avant les boeufs sans examiner un seul instant ses voisins, l’Allemagne et le Danemark, dont les programmes de « verdissement » de la production électrique sont des catastrophes écologiques, environnementales, économiques et financières. Sur le papier tout est beau avec ces sources d’énergie intermittentes par nature, mais dans la réalité il n’existe pas à l’heure actuelle de technologies de stockage à grande échelle de l’énergie électrique. Il est probable qu’il faudra attendre des dizaines d’années et des centaines de milliards d’euros d’investissements pour espérer mettre en place des technologies de stockage à très grande échelle de l’électricité. Produire de l’hydrogène – c’est nouveau et c’est écolo car ça ne produit que de l’eau – est une autre lubie car cette « filière » consomme plus d’énergie qu’elle n’en restitue en raison des rendements déplorables tant de la production d’hydrogène elle-même que du fonctionnement des piles à combustible.

Il ne reste donc que l’atome et les écologistes ultra-politisés et pilotés par Greenpeace, une organisation génétiquement allergique à l’uranium, doivent se rendre à cette évidence avant qu’il ne soit trop tard.

Il est clair que remplacer tout le parc automobile d’un pays comme la France avec des voitures électriques constitue un véritable challenge car il faudra alimenter les réacteurs nucléaires de la génération actuelle, c’est-à-dire des réacteurs à eau pressurisée (PWR) qui paraîtront dans quelques décennies complètement démodés en regard, par exemple, des réacteurs à haute température refroidis à l’hélium bénéficiant d’un rendement thermique excellent. Mais comme cette technologie n’est encore qu’en cours de développement expérimental la seule alternative reste le PWR qui bénéficie d’une robuste expérience. La France et la Belgique sont les deux pays au monde les plus « nucléarisés » en termes de production électrique mais il faudra aussi se confronter à l’approvisionnement en combustible pour cette filière PWR qui utilise un uranium enrichi en isotope 235 à hauteur de 4 %.

La France peut servir d’exemple pour qu’il soit permis de faire un peu de prospective. Avec 58 réacteurs de diverses puissances allant de 900 MWe (34 tranches), 1300 MWe (20 tranches) et 4 tranches 1450 MWe la France « consomme » chaque année l’équivalent de 8000 tonnes d’uranium naturel dont environ – toujours en équivalent U naturel – 960 tonnes de MOX et 1120 tonnes (toujours en équivalent U naturel) d’uranium ré enrichi dans les installations ultra-modernes George Besse II. La totalité de l’uranium utilisé en France est importée car toutes les mines d’uranium de l’Hexagone ont été fermées. la France n’importe donc que 6000 tonnes d’uranium naturel sous forme de « yellow cake », soit 7000 tonnes d’oxyde U3O8.

Si tous les pays du monde convertissaient leur parc automobile en voitures électriques la planète serait-elle en mesure de fournir tout l’uranium nécessaire ?

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Selon le dernier rapport de la Nuclear Energy Agency conjointement avec l’IAEA (disponible sur le site de la NEA, n° 7413) d’où ces informations proviennent les réserves mondiales d’uranium métal prouvées se situent dans une fourchette comprise entre 12 et 20 millions de tonnes. À cette estimation très incertaine car comme pour le pétrole de nombreux pays dissimulent leurs véritables réserves il faut ajouter les gisements dits non conventionnels comme les phosphates, les gisements profonds et enfin l’eau de mer. J’ai déjà mentionné ce dernier gisement infini sur ce blog. Quant aux dépôts de phosphate il en existe non pas seulement au Maroc, la première réserve mondiale, mais également en Russie, au nord de la Chine ou encore au Chili. Il reste que l’exploitation des gisements d’uranium est assujettie aux cours mondiaux du Yellow cake et si la demande augmentait en raison de « transitions énergétiques » censément pensées et préparées alors les cours du yellow cake augmenteraient et de nombreux gisements déjà identifiés et non exploités deviendraient rentables.

Si on émet des doutes quant à la fiabilité de l’uranium comme énergie du futur il reste aussi les gisements massifs de thorium et enfin la surrégénération qui a été déplorablement abandonnée par la France. Comme son nom l’indique un réacteur à neutrons rapides surrégénérateur produit plus de combustible qu’il n’en consomme. Il s’agit de plutonium et la France, dans le cadre du projet européen NERSA, maîtrisait parfaitement le retraitement du combustible irradié. Ce fut une catastrophe industrielle dont l’ampleur apparaît maintenant avec cette « transition énergétique » dans laquelle la France s’engouffre en mettant à nouveau la charrue devant les boeufs pour se conformer aux diktats des mouvements écologistes.

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Illustrations : page de titre du rapport de la NEA (yellow cake), principaux pays producteurs d’uranium et connaissancedesenergies.org pour le « paysage » énergétique français. Lire aussi les articles de Michel Gay sur le site Contrepoints du 9 septembre 2018 relatif à la durée d’exploitation d’un réacteur nucléaire et du 21 juillet 2018 au sujet du stockage de l’électricité sous forme d’hydrogène entre autres multiples articles sur le sujet de l’énergie de ce même auteur.

La Suisse toujours à la pointe du stockage de l’électricité

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En Suisse il y a des montagnes, des lacs, des barrages d’altitude et cette particularité topologique est exploitée pour stocker de l’électricité. L’eau déposée sous forme de neige ou de pluie dans ces montagnes constitue une réserve d’énergie solaire puisque cette eau s’est évaporée de l’océan grace à la chaleur du Soleil. Le stockage de l’énergie est le point central de la problématique mise en place par de nombreux pays en ce qui concerne les énergies dites renouvelables et la seule technologie rentable est le pompage-turbinage de l’eau. Si on parle de rentabilité une usine de ce type perd 20 % de l’énergie électrique afférente pour le pompage de l’eau puis le turbinage. Tout dépend donc du prix d’achat et du prix de renvente de cette énergie. Enfin, il faut tenir compte du coût de l’installation proprement dite qui dans un relief montagneux peut prendre des proportions pharaoniques.

C’est le cas de l’usine de Nant de Drance en Suisse, près de la frontière française. Les Suisses sont des experts en matière de percement de tunnels et ils ont osé construire cette centrale électrique en plein coeur de la montagne pour améliorer les équipements de pompage-turbinage existants qui constituent une source appréciable de revenus pour le pays. Avec la proximité de l’Allemagne qui s’est lancée dans une course folle aux énergies renouvelables l’opportunité était trop belle pour ne pas être saisie : un franc est un franc … surtout en Suisse. Inutile de décrire l’ensemble de l’installation en voie d’achèvement qui sera équipée dans une salle souterraine grande comme deux terrains de football et haute de 52 mètres de 6 pompes-turbines de type Francis d’une puissance de 150 MW chacune.

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Le seuil de rentabilité de cette installation avait été estimé à 2,5 milliards de kWh soit une production d’électricité au prix spot élevé de 2500 heures par an. L’estimation actuelle tourne autour de 750 heures par an en raison des projections récentes de Swissgrid, société qui gère le réseau de la Confédération. Si ce projet était décidé aujourd’hui il serait tout simplement abandonné. Mais on peut toujours espérer que d’une manière ou d’une autre il deviendra rentable car c’est le seul système de stockage d’électricité rationnel pour lisser la production d’énergie par les installations dites renouvelables, que ce soient les moulins à vent ou les panneaux solaires. L’avenir le dira …

Sources et illustrations : http://www.nant-de-drance.ch/projet/comment-ca-marche/#c25 et https://www.letemps.ch/suisse/nant-drance-risque-dun-gouffre-financier?utm_source=Newsletters&utm_campaign=2d8b77a267-newsletter_briefing&utm_medium=email&utm_term=0_56c41a402e-2d8b77a267-109436145

L’écologie « à la française » de Hulot et Macron : une catastrophe environnementale, économique et sociale programmée !

L’écologie « à la française » de Hulot et Macron : une catastrophe environnementale, économique et sociale programmée !

Ce sont pas moins de 45 personnalités scientifiques du monde entier qui, outrées par la décision du gouvernement français de fermer tous les réacteurs nucléaires de la série 900 MW d’ici 2025, ont envoyé une lettre ouverte au Président de la République française. Il s’agit ci-après de la traduction par mes soins de ce document et en appendice la liste des signataires. Source : World Nuclear News ( http://www.world-nuclear-news.org/V-Environmentalists-appeal-to-Macron-for-nuclear-0406171.html )

Cher Président Macron,

Nous écrivons en tant qu’environnementalistes, conservationnistes et scientifiques du climat pour d’abord vous féliciter de votre élection à la présidence française et pour applaudir votre impulsion pour établir une taxe carbone. Personne n’a fait autant que la France dans la promotion d’une énergie propre sur le réseau (électrique). Dans ce contexte nous vous écrivons aussi pour exprimer notre surprise au sujet de votre décision de réduire la part de l’énergie nucléaire en France.

Peu de pays ont fait autant que la France pour démontrer les bénéfices humanitaires et environnementaux en créant une société disposant d’une énergie électrique abondante. Non seulement la France a accueilli la conférence des Nations-Unies sur le climat mais elle est aussi le pays au monde avec le moins d’émissions de carbone.

Toute réduction de la production électro-nucléaire en France accroitra fatalement la consommation d’énergie fossile et la pollution étant donnés les faibles performances et le caractère intermittent des énergies solaire et éolienne. L’Allemagne est un cas d’école. Ses émissions (de carbone) n’ont pas changé depuis 2009 et ont en réalité augmenté en 2015 et 2016 en raison de la fermeture de réacteurs nucléaires. En dépit du fait que l’Allemagne a installé 4 % de plus de panneaux solaires et 11 % de plus d’éoliennes ces deux années passées, la production d’énergie à partir de ces deux sources a diminué de 3 % et 2 % respectivement car il y a eu peu de vent et peu de soleil durant ces deux années 2015 et 2016.

Alors que la France produit une énergie électrique la plus propre et la moins coûteuse d’Europe, l’Allemagne produit une énergie électrique la plus onéreuse et la plus sale (du continent). L’Allemagne a dépensé en 2016 24 milliards d’euros au dessus du prix du marché de l’électricité uniquement pour l’achat des kW « renouvelables » alors que ses émissions (de carbone) ont stagné et l’Allemagne n’atteindra pas en 2020 ses objectifs de réduction d’émissions dans une large mesure. En dépit d’investissements considérables dans les énergies renouvelables seuls 46 % de l’électricité provient de sources propres alors que l’électricité produite en France provient à 93 % d’énergies propres.

Le solaire et l’éolien peuvent jouer un rôle important en France. Cependant, si la France s’engage à investir dans ces énergies avec une ampleur comparable à celle de l’Allemagne elles devront s’ajouter aux énergies propres existantes et non pas les remplacer de manière inconséquente (en anglais « inadvertently »). Ce type d’énergie « renouvelable » pourra contribuer à l’électrification du secteur des transports comme la France l’a déjà fait pour les trains et devrait continuer à le faire dans cette direction avec les véhicules personnels.

Passer du nucléaire aux combustibles fossiles affectera gravement l’économie de la France pour trois raisons : un prix de l’électricité plus élevé pour les consommateurs et l’industrie, la fin de l’exportation lucrative d’électricité (d’origine française vers d’autres pays européens) et enfin – et probablement le plus désastreux – la fin de l’industrie nucléaire française à l’export. Si l’infrastructure nucléaire (en anglais « fleet ») française est forcée à opérer avec une capacité amoindrie l’ensemble de cette activité elle fragilisera cette industrie en renchérissant les coûts de fonctionnement et en détruisant un part de ses revenus. Eventuellement cette situation conduira à une sécurité des installations moins fiable et à une raréfaction de la recherche, du développement et des capacités à l’exportation. Les pays qui cherchent à développer l’énergie nucléaire recherchent justement en France une technologie que le pays utilise et a approuvé.

Traditionnellement le programme nucléaire civil français était envié par de nombreux pays. Ce programme démontra au courant des années 1970 et 1980 que la décarbonisation du secteur industriel de production de l’électricité était en fait possible. Pour la France la prochaine étape nécessaire pour aider à combattre le changement du climat et améliorer la qualité de l’air est d’accroitre la production « propre » d’électricité à partir de toutes les sources non carbonées fossiles et de réduire massivement l’utilisation de ces énergies fossiles dans les secteurs du chauffage et du transport. L’énergie nucléaire doit jouer un rôle central dans cette évolution.

J’ai mis entre parenthèses ou entre guillemets quelques mots ajoutés volontairement pour la bonne compréhension du texte. Ce document se passe de commentaires mais j’en ferai tout de même un seul. L’organisme AirParif qui contrôle en temps réel la qualité de l’air que respirent les résidents de Paris et de sa région a détecté des pics de pollution riches en sulfates à plusieurs occasions. Il se trouve que cette pollution provient d’Allemagne, qu’elle est produite par les centrales électriques brûlant du charbon et que par régimes de vents d’est et est-nord-est elle arrive sur la France en se moquant des frontières.

Lettre datée du 4 juillet 2017, Signataires :

James Hansen, Climate Science, Awareness, and Solutions Program, Columbia University, Earth Institute, Columbia University  

Kerry Emanuel, Professor of Atmospheric Science, Massachusetts Institute of Technology  

Robert Coward, President, American Nuclear Society  

Andrew Klein, Immediate Past President, American Nuclear Society  

Steven Pinker, Harvard University, author of Better Angels of Our Nature  

Richard Rhodes, Pulitzer Prize recipient, author of Nuclear Renewal and The Making of the Atomic Bomb  

Robert Stone, filmmaker, ‘Pandora’s Promise’  

Pascale Braconnot, Climate Scientist, IPSL/LSCE, lead author for the IPCC Fourth Assessment Report and Fifth Assessment Report  

Francois-Marie Breon, Climate Researcher, IPSL/LSCE, lead author for the IPCC Fifth Assessment Report  

Ben Britton, Ph.D, Deputy Director of the Centre for Nuclear Engineering, Imperial College London  

Claude Jeandron, President, Save the Climate, French association  

James Orr, Climate Scientist, IPSL/LSCE  

Didier Paillard, Climate Scientist, IPSL/LSCE  

Didier Roche, Climate Scientist, IPSL/LSCE  

Myrto Tripathi, Climate Policy Director, Global Compact France  

John Asafu-Adjaye, PhD, Senior Fellow, Institute of Economic Affairs, Ghana, Associate Professor of Economics, The University of Queensland, Australia  

M J Bluck PhD, Director, Centre for Nuclear Engineering, Imperial College London  

Gwyneth Cravens, author of Power to Save the World  

Bruno Comby, President, Environmentalists for Nuclear Energy  

Wolfgang Denk, European Director, Energy for Humanity  

David Dudgeon, Chair of Ecology & Biodiversity, School of Biological Sciences, The University of Hong Kong, China  

Erle C. Ellis, Ph.D, Professor, Geography & Environmental Systems, University of Maryland  

Christopher Foreman, author of The Promise & Peril of Environmental Justice, School of Public Policy, University of Maryland  

Martin Freer, Professor, Head of Physics and Astronomy, University of Birmingham, Director of the Birmingham Energy Institute (BEI)  

Kirsty Gogan, Executive Director, Energy for Humanity  

Joshua S. Goldstein, Prof. Emeritus of International Relations, American University  

Malcolm Grimston, author of The Paralysis in Energy Decision Making, Honorary Research Fellow, Imperial College London  

Mel Guymon, Guymon Family Foundation  

Steven Hayward, Senior Resident Scholar, Institute of Governmental Studies, UC Berkeley  

John Laurie, Founder and Executive Director, Fission Liquide  

Joe Lassiter, Professor, Harvard Business School  

John Lavine, Professor and Medill Dean Emeritus, Northwestern University  

Martin Lewis, Department of Geography, Stanford University  

Mark Lynas, author, The God Species, Six Degrees  

Michelle Marvier, Professor, Environmental Studies and Sciences, Santa Clara University  

Alan Medsker, Coordinator, Environmental Progress – Illinois  

Elizabeth Muller, Founder and Executive Director, Berkeley Earth  

Richard Muller, Professor of Physics, UC Berkeley, Co-Founder, Berkeley Earth  

Rauli Partanen, Energy Writer, author of The World After Cheap Oil  

Peter H. Raven, President Emeritus, Missouri Botanical Garden. Winner of the National Medal of Science, 2001  

Paul Robbins, Director, Nelson Institute for Environmental Studies, University of Wisconsin-Madison  

Samir Saran, Vice President, Observer Research Foundation, Delhi, India  

Michael Shellenberger, President, Environmental Progress  

Jeff Terry, Professor of Physics, Illinois Institute of Technology  

Tim Yeo, Chair, New Nuclear Watch Europe; former Chair, Energy and Climate Change Parliamentary Select Committee 

Selon la Banque Mondiale quel est le problème le plus critique dans le monde aujourd’hui ?

Le vrai lien entre les combustibles fossiles et la qualité de vie

Ce n’est pas du tout ce à quoi on a tendance à penser en ces temps d’intoxication politique, intellectuelle et médiatique généralisée dans tous les domaines. Ce n’est pas le réchauffement climatique ni le « vilain Poutine » ni le « méchant Assad » ni l’horrible « califat islamique ». Il s’agit d’un problème éminemment plus tangible, considérable, et pourtant il n’y a aucun lobby pour en faire la publicité auprès des décideurs, des ONGs bien pensantes et politiquement correctes et des gouvernements parce que tous les pays développés n’en ont cure, il s’agit de la pauvreté créée par le manque d’énergie dans les pays du tiers monde. Dans les pays occidentaux la mauvaise foi va jusqu’à convaincre ces décideurs que trop d’énergie à portée de la main, toute l’énergie dont on a besoin (et quand on dispose d’énergie on en a de plus en plus besoin), est un problème à dénoncer très salutairement pour se donner bonne conscience. La honte que devraient au contraire dénoncer ces ONGs est que pour 6 personnes sur 7 vivant dans des pays en voie de développement ou pauvres le manque d’énergie est une calamité. Le seul paramètre qui sépare indubitablement les pays pauvres des pays riches est l’énergie disponible. Mais on a coutume maintenant pour satisfaire la bien-pensance à attaquer les compagnies productrices d’énergie – en anglais les « utilities » – parce qu’elles sont accusées de détruire la planète et cela en se plaçant cyniquement sur un plan moral que rien ne justifie … Pourtant, l’un des plus grands progrès technologiques du XXe siècle a été l’électrification des villes qui permit de réduire la pollution et d’ouvrir la porte à toutes sortes de progrès technologiques. On a longtemps clamé que l’électricité était une « fée » contribuant au bonheur des hommes. Le XXe siècle fut dans un premier temps celui de l’électricité-charbon. Puis vint l’électricité-pétrole et ensuite l’électronucléaire. Mais il s’agissait toujours de la « fée électricité » quelle que fût son origine. L’énergie disponible permit l’essor de l’industrie, des chemins de fer, de l’automobile puis des liaisons maritimes et par aéroplanes, personne ne pourra le nier. Ces progrès technologiques majeurs, électricité, moteurs à vapeur puis moteur à explosion, ont paradoxalement ralenti la croissance de la population dans les pays dotés de ces formes d’énergie abondante et bon marché.

De nombreuses études plus ou moins scientifiques tirent la sonnette d’alarme au sujet de l’accroissement de la population de la planète : on parle de plus de 12 milliards dans 80 ans … Pourtant les pays ayant un taux de natalité élevé sont ceux qui ne disposent que de peu ou de pas du tout d’énergie. Dans les familles sub-sahéliennes les enfant constituent un capital en main-d’oeuvre car ils sont envoyés collecter du bois dans la brousse pour faire cuire les aliments, il n’y a ni gaz, ni kérosène ni électricité ! Cette carte des taux de fertilité est parlante (Wikimedia) :

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On peut aussi représenter l’espérance de vie en fonction de la consommation d’énergie toutes sources confondues converties en kWh, ici aussi 194 pays sont représentés, et il n’y a pas non plus photo (Source Banque Mondiale) :

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Plus les pays consomment d’énergie plus ils produisent de richesse. L’Allemagne par exemple consomme 7100 kWh par habitant et par an et le PIB moyen par habitant est de 45000 dollars. Au Mozambique 450 kWh pour 1100 dollars. En Allemagne l’espérance de vie est de 80 ans et au Mozambique de 53 ans … encore une fois il n’y a pas de doute à avoir, ce sont des données de la Banque Mondiale ! La situation de ces pays sous-développés s’aggrave avec une dette publique en constante augmentation comme le précise la Banque Mondiale et d’où sont tirés les graphiques ci-dessus et ci-après ( http://data.worldbank.org/sites/default/files/gdf_2012.pdf ) .

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Et pourtant on entend dire sans arrêt comme un disque rayé que le charbon, le pétrole et le gaz sont mauvais pour la planète alors que les faits démontrent une toute autre situation. Le mix énergétique global est basé à 80 % sur ces ressources carbonées fossiles qui dominent le marché de l’énergie, électricité ou transport et industrie, en raison de leur prix modique ( y compris des investissements modérés pour construire une usine de production), de leur disponibilité et de leur « densité » d’énergie par rapport à d’autres sources, hormis le nucléaire réservé à la production d’électricité décarbonée. Si les énergies éolienne et photovoltaïque (elles-mêmes mises en place pour un coût en énergies fossiles massif qu’on a curieusement tendance à tout simplement ignorer) pouvaient remplacer les combustibles fossiles carbonés ce ne serait que dans le domaine de la production d’électricité. Or une étude récente ( http://arstechnica.com/science/2012/03/study-alternative-energy-has-barely-displaced-fossil-fuels/ ) a montré sans ambiguité qu’en raison de leur intermittence elles ne pourront jamais atteindre ce but car elles ne peuvent satisfaire les demandes en énergie des transports terrestres et de l’industrie.

Le graphique ci-dessous indique clairement, encore une fois, que l’espérance de vie est directement corrélée aux … émissions de carbone pour chaque pays (ici 130) pris en compte dans l’étude de la Banque Mondiale :

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C’est paradoxal mais c’est ainsi.

Venons-en à l’urbanisation de la population. Chaque année plus de 80 millions de personnes se déplacent dans les villes. L’urbanisation est telle que l’équivalent d’une ville comme Seattle (650000 habitants) s’ajoute chaque quinzaine de jours aux villes déjà existantes. La demande en énergie devra satisfaire les besoins en construction dont l’importance économique est évaluée à plus de 10000 milliards (dix mille …) de dollars à l’horizon 2020 selon le Global Construction Outlook 2020 : http://www.prnewswire.com/news-releases/global-construction-market-worth-103-trillion-in-2020-50-largest-most-influential-markets-292235961.html . Contrairement aux idées reçues ou véhiculées à dessein pour perturber le jugement des décideurs, l’urbanisation diminue l’impact humain sur l’environnement tout en stimulant la croissance économique qui à son tour augmente l’espérance de vie ( http://mitpress.mit.edu/books/environmental-advantages-cities ) :

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Finalement cette étude de la Banque Mondiale portant sur 194 pays scinde ces derniers en deux groupes, ceux qui utilisent moins de 2500 kWh/ habitant/an et les autres. Cette analyse honnête indique que la vérité est exactement à l’opposé de ce qu’on tente de nous faire croire : les pays qui utilisent le plus d’électricité génèrent le plus de richesse, émettent, certes, plus de CO2, sont plus urbanisés mais vivent en meilleure santé, ont un taux de natalité réduit et vivent plus longtemps. Pour conclure il est intéressant de revenir sur la part de l’électricité d’origine nucléaire qui ne cessera d’augmenter dans les décennies à venir selon l’Agence Internationale de l’Energie avec les technologies de quatrième génération, la surrégénération englobant le thorium et l’uranium-238 comme combustibles, quand la disponibilité et le prix des combustibles carbonés fossiles, évoluant en sens inverse, conduiront à ce choix afin d’éviter une paupérisation massive de l’ensemble de la population de la planète avec les conséquences difficiles à imaginer qui s’en suivront. Quant aux émissions de carbone il reste à prouver si elles sont réellement nocives pour la planète …

111 pays utilisent moins de 2500 kWh/habitant et par an, ont un revenu moyen de 3482 dollar par habitant et par an, émettent 1,44 tonne de CO2 par habitant et par an, leur urbanisation est de 45 % et leur espérance de vie de 66,3 années.

83 pays utilisent en moyenne 7077 kWh/an et par habitant, disposent d’un revenu moyen de 32111 dollars , émettent 9,95 tonnes de CO2 toujours par habitant et par an avec une urbanisation de 75 % et une espérance de vie de 77,1 années.

Sources : Banque Mondiale et Forbes.com

Pour ceux qui croient encore aux poissons d’avril …

 

Sans commentaire sinon pour mentionner que la rétroactivité est devenue coutumière dans les décisions gouvernementales

 

Electricité: vers une hausse rétroactive de la facture d’électricité pour août 2012-2013

PARIS – Le Conseil d’Etat devrait ordonner au gouvernement d’effectuer une hausse rétroactive des tarifs réglementés de l’électricité d’EDF entre août 2012 et août 2013 pour combler la hausse insuffisante de 2% décidée lors du retour de la gauche au pouvoir, a recommandé lundi le rapporteur public. Le rapporteur a appelé le Conseil d’Etat, dont la décision finale devrait intervenir d’ici deux semaines, à donner un délai de deux mois aux ministères de l’Economie et de l’Energie pour reprendre un arrêté conforme au droit, qui devrait se traduire par un paiement rétroactif pour les particuliers aux tarifs réglementés, soit environ 27 millions de foyers. Cette décision allonge la liste des revers de l’Etat dans ses tentatives de limiter les prix de l’énergie. Elle est aussi une nouvelle épine dans le pied du gouvernement, au lendemain d’une large défaite du Parti socialiste aux élections municipales.

(…)

En juillet 2012, le gouvernement Ayrault avait limité à 2% la hausse des tarifs de l’électricité alors que la Commission de régulation de l’énergie avait calculé une hausse nécessaire de 5,7% pour les particuliers, selon sa délibération de l’époque. Le Conseil d’Etat avait été saisi par l’Anode, un regroupement de petits concurrents (Direct Energie, Eni, Lampiris, etc.) des opérateurs historiques EDF (pour l’électricité) et GDF Suez (pour le gaz), qui s’estiment lésés par le fait que les prix de ses grands concurrents n’augmentent pas autant que prévu. Depuis, pour se mettre en conformité, l’exécutif a réalisé une hausse de 5% des tarifs en août 2013 et une autre de 5% suivra en août 2014.

 

(©AFP / 31 mars 2014 16h18)

Les écologistes déstabilisent l’Europe !

J’ai lu avec intérêt le rapport du CGSP et me suis arrêté page 112 sur le schéma n°12 (voir le lien). Quand on sait que le gouvernement français, soumis au diktat des écologistes, envisage d’arrêter une vingtaine de centrales dites « vieilles » d’ici 2020 et que c’est l’obsession première de l’ancien faucheur d’OGM (amnistié) promu ministre de l’énergie et de l’environnement par sa Majesté le Baron de Tulle, Brive et autres contrées, il y a vraiment de quoi se faire du souci. Du souci, oui, mais pas seulement pour la France, il en va de l’équilibre énergétique (électrique) de l’ensemble de l’Europe de l’Ouest. La lecture du rapport n’apporte pas d’informations vraiment nouvelles sinon que la gestion de l’intrusion des énergies renouvelables dans le mix énergétique européen, gaz à « effet de serre oblige », a déjà eu des effets dévastateurs sur les politiques d’investissement sur le long terme en fragilisant la situation financière de la plupart des fournisseurs d’électricité européens (voir le schéma 5 page 94) et même si les consommateurs finaux, tant les particuliers que les industriels, paieront la note (salée) de cette transition, l’abandon partiel du nucléaire tel qu’il a été décrété en France par pure idéologie, faut-il le rappeler, déstabilisera l’ensemble du marché électrique européen. Et pour cause !

Il existe des accords de fourniture et d’échange d’électricité entre la France et l’Irlande et la Grande-Bretagne, entre la France et la péninsule ibérique, entre la France et le Bénélux et l’Allemagne et enfin entre la France l’Italie, la Suisse et l’Autriche. On voit clairement dans ce schéma 12 du rapport que la France constitue un pivot central pour l’ensemble des pays de l’ouest européen. Cette fonction de pivot stabilisateur repose sur la fiabilité et la constance de l’électricité d’origine nucléaire française, inutile de revenir sur ce point, facilitant les échanges entre tous les pays mentionnés ci-dessus.

Or la politique du gouvernement français va consister à terme à remplacer une partie du parc nucléaire français ( au moins 20 réacteurs de la série des 900 Mw) en énergies dites renouvelables, éolien et solaire. Or c’est sur ce point que réside le très gros risque de déstabilisation de l’ensemble du réseau électrique européen car il deviendra alors impossible sans ce pivot français de réguler le réseau. De plus la mise en place d’interconnexions a pris du retard en particulier en raison de l’opposition des écologistes pour l’implantation de lignes THT aériennes ayant dans certaines situations obligé les électriciens à mettre en œuvre des lignes souterraines en courant continu extrèmement coûteuses et moins fiables. Ce dernier point, peu évoqué dans le rapport, contribue à la fragilisation du réseau européen.

En conclusion, les élucubrations idéologiques des écologistes qui ont infiltré tous les gouvernements européens vont arriver finalement au but souhaité : fragiliser le tissu industriel européen et appauvrir les citoyens avec le renchérissement insoutenable de l’énergie électrique, une fiabilité du réseau amoindrie, un tarissement des investissements sur le long terme, en particulier dans le nucléaire. C’est exactement ce type d’argument que je développais dans un billet de mon blog ( https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/09/29/le-complot-du-climat/ ) daté du 29 septembre dernier.

On en est là, et il suffira d’un black-out européen généralisé, qui peut arriver à tout moment, par exemple à l’occasion de l’installation d’un anti-cyclone sur l’Europe avec absence de vent et température polaires, comme ce qui est arrivé aux USA il y a quelques semaines, du genre février 1956 pour ceux qui s’en souviennent et ont vécu plus de trois semaines avec des moins 25 degrés en permanence en plaine et un ciel plombé, pour qu’on se rende compte que finalement les écologistes ont vraiment tout faux !

http://www.strategie.gouv.fr/blog/wp-content/uploads/2014/01/CGSP_Rapport_Systeme_electrique_europeen_28012014.pdf

A propos de la transition énergétique allemande

Le SPD, allié pour la (mauvaise) bonne cause à la CDU d’Angela Merkel, commence à faire des siennes en Allemagne et ce n’est qu’un début ! Au début de la semaine, le citais dans mon blog la position allemande en ce qui concerne les tarifs consentis aux industriels qui jusqu’à aujourd’hui bénéficiaient, au moins pour certains gros consommateurs d’électricité, de certaines exemptions de taxes sur le prix du kWh, taxes redirigées vers le développement des sources d’énergie alternatives. Comme par ailleurs beaucoup d’industriels produisent leur propre électricité en Allemagne, comme au Japon depuis le tremblement de terre de mars 2011, par exemple les raffineries de pétrole fonctionnent indépendamment du réseau, le SPD, qui doit compter parmi ses membres des crypto-écologistes, est monté au créneau pour défendre les élucubrations ridicules résultant de cette fameuse transition énergétique made in Germany.

Résultat, le ministre de l’économie allemand Sigmar Gabriel veut taxer aussi l’électricité produite sur les sites industriels et envisage de revoir les tarifs préférentiels consentis à certains secteurs gros consommateurs comme la sidérurgie, l’automobile, la chimie ou encore l’industrie du papier. De deux choses (l’une) le moindre mal pour l’industrie allemande : réduire les subventions allouées aux projets d’énergies alternatives afin de ne pas mettre en place ces nouvelles taxes qui ont fait l’effet d’une bombe dans le milieu industriel allemand mais aussi au sein du puissant parti écologiste allemand, ça on pouvait s’y attendre.

On peut parier que la Chancelière tranchera en faveur de l’industrie, pilier de la force économique allemande. Mais ce qu’il faut retenir de cet épisode de politique interne allemande est la progressive lucidité qui réapparait dans cette classe politique : la transition énergétique allemande vit ses derniers soubresauts car le constat final après plus de 150 milliards d’euros investis dans toutes sortes de projets aussi coûteux et peu rentables les uns que les autres est que les émissions de carbone ont augmenté dans le même temps sans pour autant réduire le prix du kWh bien au contraire, voilà en clair la stupidité des élucubrations écologistes.

Sources : Reuters, Bloomberg et AFP